Shabbat 48b — La connexion (hibour) pour l'impureté : shelal des blanchisseurs, manche de hache, réceptacles du foyer et ciseaux à pièces

Shabbat 48b

Sougya : Le daf achève la question sur l'ouverture du col d'un vêtement : Rava la distingue du bouchon de tonneau, car le col fait partie du tissu (hibour) alors que le bouchon est un corps distinct. La Guemara passe ensuite à la notion de connexion (hibour) pour l'impureté.

Rabbi Yirmeya oppose à Rabbi Zeira deux mishnayot : le shelal des blanchisseurs est connexion même hors du moment du travail, le manche de hache seulement pendant le travail ; Rabbi Zeira répond selon l'intérêt du propriétaire. Rav établit que la règle "tout ce qui lui est attaché est comme lui" suit Rabbi Meir (réceptacles du foyer), et la Guemara explique pourquoi les Sages n'ont décrété l'impureté que par contact : pour faire une distinction visible (hekera) qui empêche de brûler la teroumah.

Enfin, une baraita sur les ciseaux à pièces (connexion pour l'impureté, non pour l'aspersion) amène la règle de Rava : selon la Torah, connexion pendant le travail pour les deux, hors du travail pour aucun.

Déroulement de la sougya du hibour (segments 1 à 10) Contradiction de Rabbi Yirmeya Shelal des blanchisseurs : hibour même hors du travail Manche de hache : seulement au travail Réponse de Rabbi Zeira Le bâton : jeté parmi le bois après usage Les vêtements : on préfère les garder liés pour les relaver s'ils se salissent Question : qui est le Tana de la règle "tout ce qui lui est attaché est comme lui" ? Rav : c'est Rabbi Meir (réceptacles de la fiole, des épices, de la lampe dans le foyer) Rabbi Meir Impurs par contact Pas impurs par l'espace intérieur (avir) Difficulté : soit comme le foyer, soit non ? Rabbi Chimon Purs : chaque réceptacle est un récipient à part Pas de difficulté Réponse Selon la Torah : pas comme le foyer Décret des Rabbanan (gezera) limité au contact = distinction visible pour ne pas brûler teroumah et kodachim Baraita : ciseaux à pièces et lame de rabot Hibour pour l'impureté, pas pour l'aspersion (haza'a) Difficulté : ma nafchakh (de toute façon) Rava (selon la Torah) Au travail : hibour pour les deux Hors du travail : hibour pour aucun (suite au daf 49a : le décret rabbinique)
Enchaînement des questions et réponses sur la connexion (hibour) pour l'impureté.
Hibour : les objets du daf comparés Objet Au travail Hors du travail Raison Shelal des blanchisseurs, anneau de clés, kilayim hibour (impureté) hibour (impureté) On préfère les garder liés jusqu'à ce qu'on commence à délier Bâton fait manche de hache hibour pas hibour Après usage, on jette le bâton parmi le bois Réceptacles du foyer (Rabbi Meir) impurs par contact, pas par l'espace intérieur Décret rabbinique avec distinction visible Ciseaux à pièces, lame de rabot Torah : impureté et aspersion Torah : ni l'une ni l'autre Les pièces servent un seul usage pendant le travail (Tossefot)
Statut de connexion de chaque objet du daf, pendant et hors du moment du travail.
1
מַה בֵּין זוֹ לִמְגוּפַת חָבִית. אָמַר לֵיהּ רָבָא: זֶה חִיבּוּר, וְזֶה אֵינוֹ חִיבּוּר.

Quelle différence y a-t-il entre ceci et le bouchon d'un tonneau ? Rava lui a dit : ceci est une connexion (hibour), et cela n'est pas une connexion.

📜 Rachi (2)
מַה בֵּין זוֹ לִמְגוּפַת חָבִית דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק חָבִית שֶׁנִּשְׁבְּרָה (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף קמו.) מֵבִיא אָדָם חָבִית וּמַתִּיז אֶת רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי הָאוֹרְחִים:
Quelle différence entre ceci et le bouchon d'un tonneau : car on a enseigné au chapitre 'Havit chenichbera (plus loin, Chabbat 146a) : on apporte un tonneau, on en tranche le haut avec une épée et on le pose devant les invités.
מִגּוּפָהּ אֵינָהּ מִן הֶחָבִית עַצְמוֹ ואע"פ שֶׁדְּבוּקָה בּוֹ אֵינוֹ חָשׁוּב חִיבּוּר שֶׁהֲרֵי לִינָּטֵל עוֹמֶדֶת אֲבָל הַבֶּגֶד כְּשֶׁנֶּאֱרָג כֻּולּוֹ חִבּוּר:
Le bouchon : il ne fait pas partie du tonneau lui-même ; et bien qu'il y soit collé, il n'est pas considéré comme connexion, puisqu'il est destiné à être enlevé. Mais le vêtement, lorsqu'il est tissé, est tout entier connexion.
🗂️ Tossefot (1)
וְכִי מַה בֵּין זֶה לִמְגוּפַת חָבִית פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּתַנְיָא לְקַמָּן בְּפֶרֶק חָבִית (שַׁבָּת דַּף קמו. וְשָׁם) רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר מַתִּיזָהּ בְּסַיִיף וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי הָאוֹרְחִין וְאֵין נִרְאֶה לְרִ"י דְּא"כ מַאי מְשַׁנֵּי זֶה חִיבּוּר וְזֶה אֵינוֹ חִיבּוּר הָתָם נָמֵי חִיבּוּר הוּא דְּרַשְׁבָּ"ג שָׁרֵי לְהַתִּיז אֲפִילּוּ גּוּף הֶחָבִית עִם הַמְּגוּפָה כִּדְמוֹכַח הָתָם דִּבְעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת מַהוּ לְמִיבְרַז חָבִיתָא בְּבֻורְטְיָא כו' אֲמַר לְהוּ לְפִתְחָא קָא מְכַוֵּין וְאָסוּר וּפָרִיךְ מֵהָא דְּשָׁרֵי רַשְׁבָּ"ג לְהַתִּיז רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף וּמְשַׁנֵּי הָתָם וַדַּאי לְעַיִן יָפָה קָא מִכַּוֵּין אֲבָל הָכָא אִי לְעַיִן יָפָה קָא מְכַוֵּין לִיפְתְּחֵיהּ מִיפְתָּח וְהָא דְּאָסַר לְמִיבְרַז חָבִיתָא הַייְנוּ בְּגוּף הֶחָבִית דְּחָבִיתָא חָבִית גּוּפָא מַשְׁמַע וְעוֹד דְּמִגּוּפָהּ שָׁרִי דִּתְנַן בְּמָתְנֵי' אֵין נוֹקְבִין מְגוּפָה שֶׁל חָבִית דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה וַחֲכָמִים מַתִּירִין מַשְׁמַע דְּשָׁרֵי רַשְׁבָּ"ג אַפֵּי' בְּגוּף הֶחָבִית דִּלְעַיִן יָפֶה קָא מִיכַּוֵּין וְהָכִי הֲוָה לֵיהּ לְשַׁנּוּיֵי בִּשְׁמַעְתִּין הָכָא לְפִתְחָא מְכַוֵּין הָתָם לְעַיִן יָפָה מְכַוֵּין ופיר"ת וְכִי מַה בֵּין זֶה. לִנְקִיבַת מְגוּפַת חָבִית דִּתְנַן בְּפֶ' חָבִית (גַּם זהשׁם) אֵין נוֹקְבִין מְגוּפַת חָבִית דִּבְרֵי רַ' יְהוּדָה וַחֲכָמִים מַתִּירִין וא"ת [הָתָם] לכ"ע לָא מִיחַייַּב חַטָּאת כִּדְאָמַר הָתָם בגמ' דְּבַר תּוֹרָה כָּל פֶּתַח שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא אֵינוֹ פֶּתַח אֲבָל הָכָא פֶּתַח בֵּית הַצַּוָּאר עָשׂוּי הוּא לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא וְאִם כֵּן מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ וְיֵשׁ לוֹמַר דְּהָכִי פָּרֵיךְ כֵּיוָן דִּמְחַיֶּיבֶת חַטָּאת בְּפוֹתֵחַ בֵּית הַצַּוָּאר מִשּׁוּם דְּעָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא א"כ נָמֵי גַּבֵּי מִגּוּפָהּ אִם עָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא הָיָה חַיָּיב חַטָּאת הִלְכָּךְ הַשְׁתָּא נָמֵי שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי אֶלָּא לְהוֹצִיא הָיָה לֶאֱסֹור מִדְּרַבָּנָן וּמְשַׁנֵּי זֶה חִיבּוּר וְזֶה אֵינוֹ חִיבּוּר שֶׁהַמְּגוּפָה אֵינָהּ מִן הֶחָבִית וַאֲפִילּוּ אִם הָיָה עָשׂוּי נֶקֶב שֶׁבַּמְּגוּפָה לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא לֹא הָיָה חַיָּיב חַטָּאת לְכָךְ שָׁרוּ רַבָּנָן:
Et quelle différence entre ceci et le bouchon d'un tonneau : le Kountres (Rachi) explique : comme on a enseigné plus loin au chapitre 'Havit (Chabbat 146a) : Rabban Chimon ben Gamliel dit : on le tranche avec l'épée et on le pose devant les invités. Cela ne semble pas juste au Ri, car alors, que répond-il : "ceci est une connexion et cela n'est pas une connexion" ? Là aussi c'est une connexion, car Rabban Chimon ben Gamliel permet de trancher même le corps du tonneau avec le bouchon, comme il ressort de là-bas : on a demandé à Rav Chechet : peut-on percer un tonneau avec une broche (bourtya) etc. ? Il leur a dit : il vise une ouverture, et c'est interdit. On objecte alors de ce que Rabban Chimon ben Gamliel permet de trancher le haut avec l'épée, et on répond : là, il vise certainement la belle apparence (le-ayin yafa) ; mais ici, s'il visait la belle apparence, qu'il l'ouvre [simplement]. Et ce qu'il interdit de percer le tonneau, c'est dans le corps du tonneau, car "havita" signifie le tonneau lui-même. De plus, le bouchon est permis, comme nous avons appris dans la mishna : on ne perce pas le bouchon d'un tonneau, paroles de Rabbi Yehouda, et les Sages permettent. On en déduit que Rabban Chimon ben Gamliel permet même dans le corps du tonneau, parce qu'il vise la belle apparence. Et ainsi aurait-il du répondre dans notre sougya : ici il vise une ouverture, là il vise la belle apparence. Rabbenou Tam explique : et quelle différence entre ceci et le percement du bouchon d'un tonneau, comme nous avons appris au chapitre 'Havit (ibid.) : on ne perce pas le bouchon d'un tonneau, paroles de Rabbi Yehouda, et les Sages permettent. Et si tu demandes : là, selon tous, on n'est pas passible d'un [sacrifice] 'hatat, comme il est dit là-bas dans la Guemara : selon la Torah, toute ouverture qui n'est pas faite pour faire entrer et sortir n'est pas une ouverture ; mais ici, l'ouverture du col est faite pour faire entrer et sortir ; quelle est donc sa difficulté ? On peut répondre qu'il objecte ainsi : puisqu'on est passible d'un 'hatat en ouvrant le col parce qu'il est fait pour faire entrer et sortir, alors pour le bouchon aussi, s'il était fait pour faire entrer et sortir, on serait passible d'un 'hatat ; par conséquent, maintenant aussi, qu'il n'est fait que pour faire sortir, il faudrait l'interdire d'ordre rabbinique. Et il répond : ceci est une connexion et cela n'est pas une connexion, car le bouchon ne fait pas partie du tonneau ; même si le trou du bouchon était fait pour faire entrer et sortir, on ne serait pas passible d'un 'hatat. C'est pourquoi les Rabbanan l'ont permis.
💡 Explication

Fin de la discussion commencée en 48a : celui qui ouvre l'ouverture du col d'un vêtement neuf le Chabbat est passible d'un 'hatat, car il rend le vêtement utilisable (il "fabrique un ustensile"). On demande pourquoi il en irait autrement du bouchon de tonneau, qu'on peut percer ou trancher.

Rava : le col fait partie du tissu, il est hibour ; le bouchon est un corps étranger posé sur le tonneau, destiné à être enlevé. L'ouvrir ne fabrique aucun récipient.

Rachi et Tossefot divergent sur la source visée : Rachi cite le tonneau tranché à l'épée (146a) ; le Ri objecte que là il s'agit du corps du tonneau, et Rabbenou Tam renvoie à la mishna du percement du bouchon, permis par les Sages.

2
רָמֵי לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: תְּנַן: שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין, וְשַׁלְשֶׁלֶת שֶׁל מַפְתְּחוֹת, וְהַבֶּגֶד שֶׁהוּא תָּפוּר בְּכִלְאַיִם חִיבּוּר לַטֻּומְאָה — עַד שֶׁיַּתְחִיל לְהַתִּיר. אַלְמָא שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה נָמֵי חִיבּוּר.

Rabbi Yirmeya a opposé à Rabbi Zeira : nous avons appris [dans une mishna] : le faufilage des blanchisseurs (shelal), la chaîne de clés, et le vêtement cousu avec du kilayim [sont] une connexion pour l'impureté, jusqu'à ce qu'on commence à les délier. Il en ressort que, même hors du moment du travail, c'est une connexion.

📜 Rachi (4)
שָׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִים דַּרְכָּם לִשְׁלֹול הַבְּגָדִים זֶה עִם זֶה קְטַנִּים עִם הַגְּדוֹלִים כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאבְדוּ:
Le shelal des blanchisseurs : leur usage est de faufiler les vêtements les uns aux autres, les petits avec les grands, afin qu'ils ne se perdent pas.
וּבֶגֶד שֶׁתְּפָרוֹ בְּכִלְאַיִם וְהֵן שְׁתֵּי חֲתִיכוֹת שֶׁל בֶּגֶד צֶמֶר שֶׁתְּפָרוֹ בְּחוּט שֶׁל פִּשְׁתָּן דְּוַדַּאי סוֹפוֹ לִיקָּרֵעַ וּלְהִפָּרֵד זֶה מִזֶּה מִשּׁוּם אִיסּוּר כִּלְאַיִם וְכֵן שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין סוֹפָן לְהִפָּרֵד אַפֵּ"ה חִיבּוּר לְטֻומְאָה וְאִם נִטְמָא זֶה נִטְמָא זֶה:
Et le vêtement cousu avec du kilayim : ce sont deux pièces d'un vêtement de laine cousues avec un fil de lin ; elles sont certainement destinées à être déchirées et séparées l'une de l'autre à cause de l'interdit de kilayim. De même le shelal des blanchisseurs est destiné à être séparé. Malgré cela, c'est une connexion pour l'impureté : si l'un est devenu impur, l'autre est devenu impur.
עַד שֶׁיַּתְחִיל לְהַתִּיר דְּמַעֲשֶׂה מוֹצִיא מִיַּד מַעֲשֶׂה וְכֵיוָן שֶׁהִתְחִיל לְהַתִּיר גַּלִּי עַל יְדֵי מַעֲשֶׂה דְּלָאו חַד בֶּגֶד הוּא:
Jusqu'à ce qu'on commence à délier : car un acte annule [le statut] d'un acte ; dès qu'on a commencé à délier, on a révélé par un acte que ce n'est pas un seul vêtement.
שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה כְּגוֹן שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין שֶׁלֹּא הֻוצְרַךְ לְשָׁולְלוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁעַת כִּיבּוּס וַאֲפִילּוּ הָכֵי חֲשִׁיב לֵיהּ חִיבּוּר אַחַר כִּיבּוּס:
Hors du moment du travail : par exemple le shelal des blanchisseurs, qu'on n'a eu besoin de faufiler que pour le moment du lavage ; et malgré cela, [la mishna] le considère comme connexion après le lavage.
🗂️ Tossefot (1)
חִיבּוּר עַד שֶׁיַּתְחִיל לְהַתִּיר הַאי חִיבּוּר הַיְינוּ לְטֻומְאָה וְלֹא לְהַזָּאָה כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת פָּרָה (פי"ב מ"ט) וא"ת וְאַמַּאי לָא מַייְתֵי מַתְנֵי' דְּמַסֶּכֶת פָּרָה וי"ל מִשּׁוּם דְּלָא קָתָנֵי בָּהּ עַד שֶׁיַּתְחִיל לְהַתִּיר וְלָא הֲוָה מָצֵי לְאוֹכוּחֵי מִינָּהּ דְּשָׁלָא בִּשְׁעַת מְלָאכָה נָמֵי חִיבּוּר:
Connexion jusqu'à ce qu'on commence à délier : cette connexion concerne l'impureté et non l'aspersion (haza'a), comme nous avons appris dans le traité Para (12, 9). Et si tu demandes : pourquoi ne cite-t-il pas la mishna du traité Para ? On peut répondre : parce qu'elle n'enseigne pas "jusqu'à ce qu'on commence à délier", et il n'aurait pas pu en prouver que, même hors du moment du travail, c'est une connexion.
💡 Explication

Hibour le-toumah : deux objets reliés forment une seule unité pour l'impureté ; si l'un est touché par une source d'impureté, l'autre devient impur aussi.

La mishna (Kelim / Para) cite trois cas de liaison provisoire : le shelal (faufilage des blanchisseurs), la chaîne de clés, et le vêtement cousu avec du kilayim (fil de lin sur laine), qu'il faudra défaire. Tous sont connexion jusqu'à ce qu'on commence à délier. Or le shelal ne sert que pendant le lavage : Rabbi Yirmeya en déduit que la connexion vaut même hors du moment du travail (she-lo bi-cheat melakha).

3
וּרְמִינְהוּ: מַקֵּל שֶׁעֲשָׂאוֹ יָד לְקֻורְדֹּום — חִיבּוּר לַטֻּומְאָה בִּשְׁעַת מְלָאכָה. בִּשְׁעַת מְלָאכָה — אִין, שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה — לָא!

Et il lui a opposé : un bâton dont on a fait un manche pour une hache est une connexion pour l'impureté au moment du travail. Au moment du travail, oui ; hors du moment du travail, non !

📜 Rachi (3)
מַקֵּל שֶׁל עֵצִים בְּעָלְמָא:
Un bâton : de simple bois.
שֶׁעֲשָׂאוֹ יָד לְקַרְדֹּום שֶׁלֹּא קְבָעוֹ לְתוֹכוֹ:
Dont on a fait un manche pour une hache : sans l'y fixer.
חִיבּוּר בִּשְׁעַת מְלָאכָה ואע"פ דִּבְאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ לָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה הָכָא בֵּית יָד הוּא וְנִתְרַבּוּ יָדוֹת לְכָל תּוֹרַת כְּלִי אוֹ הָאוֹכֵל בְּפֶ' הָעוֹר וְהָרֹוטֶב (חוֹלִין קיח.):
Connexion au moment du travail : et bien que, par eux-mêmes, les simples ustensiles de bois plats (pechoutei klei ets) ne reçoivent pas l'impureté, ici c'est un manche, et les manches ont été inclus pour toute la loi de l'ustensile ou de l'aliment, au chapitre Ha-or ve-ha-rotev (Houlin 118a).
💡 Explication

Deuxième mishna : le bâton simplement inséré dans la hache sert de manche (yad). Un manche suit le statut de l'ustensile : il transmet et reçoit l'impureté avec lui (principe des yadot, Houlin 118a). Mais seulement pendant le travail.

La contradiction est nette : dans la première mishna, la connexion survit au travail ; dans la seconde, elle disparaît.

4
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה אָדָם עָשׂוּי לְזָורְקוֹ לְבֵין הָעֵצִים, הָכָא שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה נָמֵי נִיחָא לֵיהּ, דְּאִי מִיטַּנְּפוּ הָדַר מְחַוַּור לְהוּ.

Il lui a dit : là, hors du moment du travail, l'homme a l'habitude de le jeter parmi le bois ; ici, même hors du moment du travail, cela lui convient, car s'ils se salissent, il les relave.

📜 Rachi (3)
לְזָורְקוֹ לְמַקֵּל וּמַצְנִיעַ הַקֻּורְדֹּום לְבַדּוֹ:
Le jeter : [jeter] le bâton, et ranger la hache seule.
נִיחָא לְהוּ שֶׁיְּהוּ שֶׁלּוּלְיָן:
Cela lui convient : qu'ils restent faufilés.
דְּאִי מִיטַּנְּפִי הֲדַר מְחַוַּור לְהוּ ע"י הַשָּׁלָל הַזֶּה:
Car s'ils se salissent, il les relave : au moyen de ce faufilage.
💡 Explication

Rabbi Zeira résout par l'intérêt du propriétaire : la connexion dure tant que l'homme souhaite que les parties restent unies. Le bâton, une fois le travail fini, retourne au tas de bois. Les vêtements faufilés, il préfère les garder liés pour pouvoir les relaver ensemble.

5
בְּסוּרָא מַתְנוּ לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא, בְּפֻומְבְּדִיתָא מַתְנוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְאָמְרִי לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: מַאן תְּנָא הָא מִלְּתָא דַּאֲמוּר רַבָּנַן כָּל הַמְחֻובָּר לוֹ הֲרֵי הוּא כָּמוֹהוּ?

À Soura, on enseignait cette halakha au nom de Rav 'Hisda ; à Poumbedita, on l'enseignait au nom de Rav Kahana, et certains disent au nom de Rava : quel est le Tana [qui enseigne] cette chose que les Rabbanan ont dite : tout ce qui lui est attaché est comme lui ?

📜 Rachi (1)
לְהָא שְׁמַעְתִּין דִּלְקַמֵּיהּ מַאן תְּנָא לְהָא כו'. כָּל הַמְחֻובָּר לוֹ כְּגוֹן שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין דַּאֲמַרַן לְעֵיל חִיבּוּר וְנִטְמָא אַף זֶה שֶׁלֹּא נָגְעָה בּוֹ הַטֻּומְאָה וְאִי לָאו דְּחִיבּוּר הוּא הָוֵי טָהוֹר ואע"ג דְּנָגַע בְּהַאי דְּאֵין כְּלִי מְקַבֵּל טֻומְאָה אֶלָּא מֵאַב הַטֻּומְאָה:
Cette halakha : celle qui suit : quel est le Tana de ceci etc. Tout ce qui lui est attaché : par exemple le shelal des blanchisseurs, dont nous avons dit plus haut qu'il est connexion ; celui-ci aussi devient impur, bien que l'impureté ne l'ait pas touché. Et si ce n'était pas une connexion, il serait pur, bien qu'il ait touché celui-là, car un ustensile ne reçoit l'impureté que d'un av ha-toumah (source principale d'impureté).
💡 Explication

La règle kol ha-mehoubar lo harei hou kamohou (tout ce qui est attaché à l'objet a son statut) fonde la mishna du shelal. Rachi précise l'enjeu : un ustensile devenu impur est un richon le-toumah, et un ustensile ne devient impur qu'au contact d'un av ha-toumah. Sans connexion, le second vêtement resterait donc pur même s'il touche le premier.

6
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: רַבִּי מֵאִיר הִיא. דִּתְנַן: בֵּית הַפַּךְ וּבֵית הַתַּבְלִין וּבֵית הַנֵּר שֶׁבַּכִּירָה מְטַמְּאִין בְּמַגָּע וְאֵין מְטַמְּאִין בָּאֲוִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֵר.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est Rabbi Meir. Car nous avons appris : le réceptacle de la fiole, le réceptacle des épices et le réceptacle de la lampe qui sont dans le foyer (kira) deviennent impurs par contact, et ne deviennent pas impurs par l'espace intérieur (avir), paroles de Rabbi Meir.

Et Rabbi Chimon [les] déclare purs.

📜 Rachi (4)
בֵּית הַפַּךְ וּבֵית הַתַּבְלִין וּבֵית הַנֵּר שֶׁבַּכִּירָה כִּירָה זוֹ מִיטַּלְטֶלֶת הִיא וּמְחֻובָּרִין לָהּ כְּלֵי חֶרֶס קְטַנִּים. בֵּית הַפַּךְ שֶׁמּוֹשִׁיבִין בְּתוֹכוֹ שֶׁמֶן לְהַפְשִׁיר:
Le réceptacle de la fiole, le réceptacle des épices et le réceptacle de la lampe qui sont dans le foyer : ce foyer est transportable, et de petits récipients d'argile y sont attachés. Le réceptacle de la fiole : où l'on place de l'huile pour la tiédir.
מְטַמְּאִין בְּמַגָּע אִם נָפְלָה טֻומְאָה בַּאֲוִירָן אוֹ לַאֲוִיר הַכִּירָה וְנָגְעָה הַטֻּומְאָה לְשׁוּלֵי הַכִּירָה נִטְמְאוּ גַּם אֵלּוּ אוֹ נָגְעָה טֻומְאָה לְשׁוּלֵיהֶם שֶׁל אֵלּוּ נִטְמֵאת הַכִּירָה:
Deviennent impurs par contact : si une impureté est tombée dans leur espace, ou dans l'espace du foyer et qu'elle a touché le fond du foyer, ceux-ci aussi deviennent impurs ; ou si l'impureté a touché leur fond, le foyer devient impur.
וְאֵין מְטַמְּאִין בְּטֻומְאַת הַכִּירָה כְּלוֹמַר בְּטֻומְאַת הָאֲוִיר שֶׁאִם נָפַל שֶׁרֶץ בַּאֲוִיר הַכִּירָה וְלֹא נָגְעָה הַטֻּומְאָה בְּדֻופְנֵיהּ הִיא טְמֵאָה דִּכְלִי חֶרֶס מְטַמֵּא בָּאֲוִיר וְהֵן טְהוֹרִין שֶׁאֵינָן חִיבּוּר לָהּ אֶלָּא לְעִנְיַן מַגָּע כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמָא לְקַמֵּיהּ:
Et ne deviennent pas impurs : de l'impureté du foyer, c'est-à-dire de l'impureté par l'espace : si un cherets est tombé dans l'espace du foyer sans que l'impureté touche ses parois, [le foyer] est impur, car un récipient d'argile devient impur par l'espace ; mais eux sont purs, car ils ne lui sont connexion que pour le contact, comme on en explique la raison plus loin.
וְר' שִׁמְעוֹן מְטַהֵר בְּמַגָּע אֶת מִי שֶׁלֹּא נָגְעָה בּוֹ הַטֻּומְאָה דְּכָל חַד כְּלִי בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא אַלְמָא לְרַבִּי מֵאִיר חִיבּוּר וּפְלִיגִי עָלֶיהָ:
Et Rabbi Chimon [les] déclare purs : par contact, celui que l'impureté n'a pas touché, car chacun est un récipient en soi. Il en ressort que, pour Rabbi Meir, c'est une connexion, et [Rabbi Chimon] diverge de lui.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב רַבִּי מֵאִיר הִיא אַהַהִיא דְּשָׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִים קָאֵי וְכֵן פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דִּבְהָהוּא דְּמַקֵּל שֶׁמָּא אַפֵּי' רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה דְּכֵיוָן שֶׁצָּרִיךְ הַקַּרְדֹּום לְמַקֵּל הָוֵי חִיבּוּר:
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est Rabbi Meir : cela se rapporte à [la mishna] du shelal des blanchisseurs, et ainsi l'a expliqué le Kountres (Rachi). Car pour [le cas] du bâton, peut-être même Rabbi Chimon reconnaît-il que, puisque la hache a besoin du bâton, c'est une connexion.
💡 Explication

Le foyer (kira) dont il s'agit est un ustensile d'argile transportable, sur lequel sont fixés de petits réceptacles d'argile. Un récipient d'argile a une particularité : il devient impur par son espace intérieur (avir), même sans contact avec ses parois.

Rabbi Meir : les réceptacles sont impurs quand l'impureté touche le foyer, mais pas quand elle est seulement dans son espace. Rabbi Chimon : ils sont toujours purs, chacun étant un récipient distinct. Rabbi Meir admet donc une connexion, comme la mishna du shelal.

Tossefot : le cas du manche de hache peut faire l'unanimité, car la hache a besoin du manche.

🖼️ Schéma
Réceptacles fixés au foyer (kira) selon Rabbi Meir Cas 1 : contact réceptacle cherets touche la paroi Foyer impur, réceptacle impur Cas 2 : espace intérieur (avir) réceptacle cherets dans l'air, sans contact Foyer impur, réceptacle pur Rabbi Chimon : le réceptacle est pur dans les deux cas
Selon Rabbi Meir, le réceptacle suit le foyer pour le contact, pas pour l'espace intérieur.
7
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן — קָסָבַר לָאו כְּכִירָה דָּמוּ. אֶלָּא לְרַבִּי מֵאִיר, אִי כְּכִירָה דָּמוּ — אֲפִילּוּ בַּאֲוִיר נָמֵי לִיטְּמוּ. אִי לָאו כְּכִירָה דָּמוּ — אֲפִילּוּ בְּמַגָּע נָמֵי לָא לִיטַּמּוּ!

Cela se comprend selon Rabbi Chimon : il estime qu'ils ne sont pas comme le foyer. Mais selon Rabbi Meir : s'ils sont comme le foyer, qu'ils deviennent impurs même par l'espace intérieur ; s'ils ne sont pas comme le foyer, qu'ils ne deviennent pas impurs même par contact !

📜 Rachi (1)
אַפֵּי' בַּאֲוִיר לִיטְּמוּ מֵחֲמַת כִּירָה אִם נִטְמֵאת כִּירָה מֵאֲוִירָהּ בְּלֹא נְגִיעָה:
Qu'ils deviennent impurs même par l'espace : à cause du foyer, si le foyer est devenu impur par son espace sans contact.
💡 Explication

La position de Rabbi Meir semble incohérente : ou bien les réceptacles font partie du foyer, et ils devraient suivre toutes ses impuretés ; ou bien ils n'en font pas partie, et ils ne devraient en suivre aucune. La position intermédiaire demande une explication.

8
לְעוֹלָם לָאו כְּכִירָה דָּמוּ וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזַרוּ בְּהוּ. אִי גָּזְרוּ בְּהוּ, אֲפִילּוּ בַּאֲוִיר נָמֵי לִיטְּמוּ!

En réalité, ils ne sont pas comme le foyer, et ce sont les Rabbanan qui ont décrété à leur sujet. S'ils ont décrété à leur sujet, qu'ils deviennent impurs même par l'espace intérieur !

📜 Rachi (1)
דְּגָזְרוּ בְּהוּ דְּלֶיהֱווֹ חִיבּוּר מִדְּרַבָּנָן:
Ils ont décrété à leur sujet : qu'ils soient connexion d'ordre rabbinique.
💡 Explication

Réponse : selon la Torah, les réceptacles sont distincts ; la connexion est une gezera (décret) des Sages. Nouvelle question : un décret aurait dû être complet, et inclure aussi l'impureté par l'espace.

9
עֲבַדוּ בְּהוּ רַבָּנַן הֶיכֵּרָא כִּי הֵיכִי דְּלָא אָתֵי לְמִשְׂרַף עֲלֵיהּ תְּרוּמָה וְקָדָשִׁים.

Les Rabbanan y ont fait une distinction (hekera), afin qu'on n'en vienne pas à brûler à cause de cela de la teroumah et des kodachim.

📜 Rachi (1)
עֲבוּד בְּהוּ רַבָּנָן הֶיכֵּרָא דְּלָא עֲבַדוּ לְהוּ כְּכִירָה מַמָּשׁ לִיטָּמֵא בַּאֲוִיר כִּי הֵיכִי דְּלִידְּעוּ שֶׁחִיבּוּר מִדִּבְרֵיהֶם וְלֹא לִשְׂרֹוף עַל טֻומְאָתָן תְּרוּמָה וְקָדָשִׁים:
Les Rabbanan y ont fait une distinction : ils ne les ont pas rendus entièrement comme le foyer, pour devenir impurs par l'espace, afin qu'on sache que la connexion est de leur fait, et qu'on ne brûle pas à cause de leur impureté de la teroumah et des kodachim.
🗂️ Tossefot (1)
עֲבַדוּ רַבָּנָן הֶיכֵּרָא כו' וְגַבֵּי שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין אִיכָּא נָמֵי הֶיכֵּרָא מַה שֶׁאֵינוֹ חִיבּוּר לְהַזָּאָה וְהָכָא גַּבֵּי כִּירָה לֹא שַׁיָּיךְ הַךְ הֶיכֵּרָא דְּלֵית בֵּיהּ הַזָּאָה:
Les Rabbanan ont fait une distinction etc. : et pour le shelal des blanchisseurs, il y a aussi une distinction : il n'est pas connexion pour l'aspersion. Mais ici, pour le foyer, cette distinction ne s'applique pas, car il n'y a pas d'aspersion pour lui.
💡 Explication

La teroumah et les kodachim (choses consacrées) rendus impurs selon la Torah doivent être brûlés. Mais une impureté seulement rabbinique n'autorise pas à les détruire. Les Sages ont donc limité leur décret au contact : ce signe distinctif (hekera) rappelle que l'impureté des réceptacles est rabbinique, et on ne brûlera pas la teroumah qui les aurait touchés.

Tossefot : pour le shelal, le signe distinctif est l'absence de connexion pour l'aspersion (eau de la vache rousse). Le foyer d'argile ne se purifie pas par aspersion, d'où un autre signe.

10
תָּנוּ רַבָּנַן: מַסְפֹּורֶת שֶׁל פְּרָקִים וְאִיזְמֵל שֶׁל רָהִיטְנֵי חִיבּוּר לַטֻּומְאָה, וְאֵין חִיבּוּר לְהַזָּאָה.

Les Rabbanan ont enseigné : des ciseaux à pièces et la lame d'un rabot sont une connexion pour l'impureté, et ne sont pas une connexion pour l'aspersion.

📜 Rachi (3)
אִיזְמֵל שֶׁל רְהִיטָנִי פליינ"א שֶׁמְּמַחֲקִים בָּהּ אֶת הַתְּרִיסִין וְנוֹתְנִין הַבַּרְזֶל לְתוֹךְ דְּפוּס שֶׁל עֵץ הַמְתֻוקָּן לוֹ וּלְאַחַר מְלַאכְתּוֹ נוֹטְלוֹ הֵימֶנּוּ:
La lame d'un rabot (rehitni) : "plaine" (rabot en vieux français), avec laquelle on aplanit les planches ; on place le fer dans un moule de bois préparé pour lui, et après son travail on l'en retire.
חִיבּוּר לְטֻומְאָה נִטְמָא זֶה טָמֵא זֶה:
Connexion pour l'impureté : si celui-ci est devenu impur, celui-là est impur.
וְאֵין חִיבּוּר לְהַזָּאָה וְצָרִיךְ לְהַזּוֹת עַל שְׁנֵיהֶם:
Et pas une connexion pour l'aspersion : il faut asperger sur les deux.
💡 Explication

Les ciseaux à pièces (misparayim chel perakim) sont formés de deux lames démontables ; la lame du rabot s'insère dans un fût de bois. L'aspersion (haza'a) de l'eau de purification (vache rousse) purifie un ustensile de l'impureté du mort. La baraita donne un statut double : l'impureté passe d'une pièce à l'autre, mais l'aspersion sur une pièce ne purifie pas l'autre.

11
מַה נַפְשָׁךְ: אִי חִיבּוּר הוּא — אֲפִילּוּ לְהַזָּאָה נָמֵי, אִי לָאו חִיבּוּר הוּא — אֲפִילּוּ לְטֻומְאָה נָמֵי לָא! אָמַר רָבָא: דְּבַר תּוֹרָה בִּשְׁעַת מְלָאכָה חִיבּוּר — בֵּין לְטֻומְאָה בֵּין לְהַזָּאָה. וְשֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה — אֵינוֹ חִיבּוּר לֹא לְטֻומְאָה וְלֹא לְהַזָּאָה.

De toute façon (ma nafchakh) : si c'est une connexion, [que ce soit une connexion] même pour l'aspersion ; si ce n'est pas une connexion, [que ce ne soit pas une connexion] même pour l'impureté ! Rava a dit : selon la Torah, au moment du travail, c'est une connexion, tant pour l'impureté que pour l'aspersion ; et hors du moment du travail, ce n'est une connexion ni pour l'impureté ni pour l'aspersion.

🗂️ Tossefot (2)
אִי חִיבּוּר הוּא אַפֵּי' לְהַזָּאָה נָמֵי כּוּ' קָשֶׁה לְרִ"י דְּבִשְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין נָמֵי תִּקְשֶׁה לָן הָכִי אִי חִיבּוּר הוּא אֲפִילּוּ לְהַזָּאָה נָמֵי אִי לָאו חִיבּוּר הוּא לְטֻומְאָה נָמֵי לֹא וְרָבָא נָמֵי דְּקָאָמַר דְּבַר תּוֹרָה בִּשְׁעַת מְלָאכָה חִיבּוּר בֵּין לְטֻומְאָה בֵּין לְהַזָּאָה אַמַּאי לָא קָאָמַר דְּבֵין בִּשְׁעַת מְלָאכָה בֵּין שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה גְּזַרוּ בֵּהּ רַבָּנַן טֻומְאָה כִּי הַהִיא דְּשָׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין וְתֵירֵץ ר"י דְּשָׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין וַדַּאי לָא הָוֵי חִיבּוּר אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן אֲפִילּוּ בִּשְׁעַת מְלָאכָה שֶׁאֵינָם צְרִיכִים זֶה לָזֶה וּלְהָכִי מְדַמֶּה לָהּ לְבֵית הַפַּךְ וּלְבֵית הַתַּבְלִין שֶׁכָּל אֶחָד הוּא תַּשְׁמִישׁ בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּלְהָכִי אֵינוֹ חִיבּוּר לְהַזָּאָה כֵּיוָן דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא אֵינוֹ חִיבּוּר אֲבָל מִסִּפֹּורֶת שֶׁל פְּרָקִים פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּבִשְׁעַת מְלָאכָה הָוֵי חִיבּוּר דְּבַר תּוֹרָה כֵּיוָן שֶׁמְּשַׁמְּשִׁין שְׁנֵיהֶם תַּשְׁמִישׁ א' וּצְרִיכִים זֶה לָזֶה בִּשְׁעַת מְלָאכָה מַה שֶׁאֵין כֵּן בִּשְׁלַל שֶׁל כּוֹבְסִים שֶׁאֵין תַּשְׁמִישׁ בֶּגֶד זֶה צָרִיךְ לָזֶה כְּלָל וְהָא דְּפָרִיךְ אִי לָאו חִיבּוּר הוּא אֲפִילּוּ לְטֻומְאָה נָמֵי לָא לָאו דַּוְקָא וְעִיקַּר קֻושְׁיָתוֹ הוּא דְּאַמַּאי אֵינוֹ חִיבּוּר לְהַזָּאָה וְרַשְׁבָּ"א מְפָרֵשׁ דְּגַבֵּי שְׁלָל שֶׁל כּוֹבְסִין אָתֵי לֵיהּ שַׁפִּיר אע"ג דְּאֵינוֹ חִיבּוּר לְהַזָּאָה מִשּׁוּם דְּלָא הָוֵי חִיבּוּר מִן הַתּוֹרָה גָּזְרוּ רַבָּנָן שֶׁיְּהֵא חִיבּוּר לְטֻומְאָה כֵּיוָן שֶׁכָּל בֶּגֶד טָמֵא בִּפְנֵי עַצְמוֹ מִן הַתּוֹרָה אֲבָל גַּבֵּי מִסִּפֹּורֶת פָּרִיךְ שַׁפִּיר אִי לָאו חִיבּוּר הוּא מִדְּאוֹרַייְתָּא אִם כֵּן אַמַּאי גָּזְרוּ חֲכָמִים טֻומְאָה כְּלָל דְּהָא כָּל פֶּרֶק בִּפְנֵי עַצְמוֹ טָהוֹר מִדְּאוֹרַיְיתָּא לְרַבָּנָן דִּתְנַן בְּמַס' כֵּלִים בפי"ג (מ"א) מִסִּפֹּורֶת שֶׁנֶּחְלְקָה לִשְׁנַיִם רַבִּי יְהוּדָה מְטַמֵּא וַחֲכָמִים מְטַהֲרִים אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּהָתָם מַייְרֵי כְּשֶׁאֵינָהּ שֶׁל פְּרָקִים וּלְפִי זֶה הָא דְּאָמַר הַשָּׁחוֹר וְהַזּוּג שֶׁל מִסְפָּרַיִם אַף עַל פִּי שֶׁנֶּחְלְקוּ טְמֵאִים אָתֵי כְּרַבִּי יְהוּדָה וְדֹוחַק וְהָא דְּאָמַר דְּגָזְרוּ עַל הַזָּאָה שֶׁבִּשְׁעַת מְלָאכָה מִשּׁוּם הַזָּאָה שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה אַף עַל גַּב דְּשֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה טָהוֹר גָּמוּר הוּא וְאֵין צָרִיךְ הַזָּאָה כְּלָל מ"מ כְּשֶׁחוֹזְרִים וְעוֹשִׂים בּוֹ מְלָאכָה חוֹזֵר לְטֻומְאָתוֹ יְשָׁנָה וְהֶחְמִירוּ חֲכָמִים בְּטֻומְאָה יְשָׁנָה שֶׁלֹּא תּוֹעִיל לוֹ הַזָּאָה שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ חִיבּוּר דְּבַר תּוֹרָה וְגָזְרוּ עַל הַזָּאָה שֶׁבִּשְׁעַת מְלָאכָה אַטּוּ הַזָּאָה שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת מְלָאכָה. רַשְׁבָּ"א:
Si c'est une connexion, même pour l'aspersion aussi etc. : difficulté pour le Ri : pour le shelal des blanchisseurs aussi, on devrait objecter ainsi : si c'est une connexion, même pour l'aspersion ; si ce n'est pas une connexion, pour l'impureté non plus. Et Rava aussi, qui dit : selon la Torah, au moment du travail, c'est une connexion tant pour l'impureté que pour l'aspersion, pourquoi ne dit-il pas que, tant au moment du travail qu'en dehors, les Rabbanan ont décrété l'impureté, comme pour le shelal des blanchisseurs ? Le Ri a répondu : le shelal des blanchisseurs n'est certainement une connexion que d'ordre rabbinique, même au moment du travail, car [les vêtements] n'ont pas besoin l'un de l'autre ; c'est pourquoi on le compare au réceptacle de la fiole et au réceptacle des épices, dont chacun a un usage en soi ; et c'est pourquoi il n'est pas connexion pour l'aspersion, puisque selon la Torah il n'est pas connexion. Mais pour les ciseaux à pièces, il est évident pour lui qu'au moment du travail c'est une connexion selon la Torah, puisque les deux servent un seul usage et ont besoin l'un de l'autre au moment du travail, ce qui n'est pas le cas du shelal des blanchisseurs, où l'usage d'un vêtement n'a aucun besoin de l'autre. Et ce qu'il objecte : "si ce n'est pas une connexion, pour l'impureté non plus", n'est pas précis ; l'essentiel de sa difficulté est : pourquoi n'est-ce pas une connexion pour l'aspersion ? Le Rachba explique : pour le shelal des blanchisseurs, cela se comprend bien, bien qu'il ne soit pas connexion pour l'aspersion : puisqu'il n'est pas connexion selon la Torah, les Rabbanan ont décrété qu'il soit connexion pour l'impureté, puisque chaque vêtement est impur en soi selon la Torah. Mais pour les ciseaux, il objecte à juste titre : si ce n'est pas une connexion selon la Torah, pourquoi les Sages ont-ils décrété l'impureté tout court ? Car chaque pièce en elle-même est pure selon la Torah d'après les Rabbanan, comme nous avons appris dans le traité Kelim, au chapitre 13 (mishna 1) : des ciseaux qui se sont séparés en deux, Rabbi Yehouda [les] déclare impurs et les Sages [les] déclarent purs ; bien qu'on puisse dire que là-bas il s'agit [de ciseaux] qui ne sont pas à pièces. Et selon cela, ce qui est dit : le cha'hor et la paire de ciseaux, bien qu'ils se soient séparés, sont impurs, suit Rabbi Yehouda ; et c'est forcé. Et ce qu'il dit [plus loin], qu'ils ont décrété sur l'aspersion au moment du travail à cause de l'aspersion hors du moment du travail, bien que hors du moment du travail [l'ustensile] soit totalement pur et n'ait pas du tout besoin d'aspersion : néanmoins, quand on y refait un travail, il revient à son ancienne impureté ; les Sages ont été stricts pour l'impureté ancienne, [décidant] que l'aspersion hors du moment du travail ne lui serve pas, puisqu'il n'est pas connexion selon la Torah ; et ils ont décrété sur l'aspersion au moment du travail à cause de l'aspersion hors du moment du travail. Rachba.
דְּבַר תּוֹרָה בִּשְׁעַת מְלָאכָה חִיבּוּר תֵּימַהּ מַאי שְׁנָא מִמּוּכְנִי דְּאָמַר (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף מד:) בִּזְמַן שֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת דְּאֵינוֹ חִיבּוּר וְצָרִיךְ לְחַלֵּק:
Selon la Torah, au moment du travail, c'est une connexion : étonnant : en quoi est-ce différent du mokhni (support à roues), dont on a dit (plus haut, Chabbat 44b) que, lorsqu'il se détache, ce n'est pas une connexion ? Il faut distinguer.
💡 Explication

Ma nafchakh : la baraita semble se contredire, car un même lien ne peut pas exister pour l'impureté et manquer pour l'aspersion.

Rava pose la loi de la Torah : le critère est le moment du travail. Pendant l'usage, les pièces forment un seul ustensile pour les deux lois ; hors de l'usage, elles sont séparées pour les deux. Le statut mixte de la baraita vient d'un décret rabbinique, expliqué au début du daf 49a.

Tossefot distingue le shelal, connexion purement rabbinique car les vêtements n'ont pas besoin l'un de l'autre, des ciseaux, dont les deux lames servent un seul usage et sont connexion selon la Torah pendant le travail.

🖼️ Schéma
Règle de Rava : ciseaux à pièces (selon la Torah) Impureté Aspersion (haza'a) Au travail Hors du travail hibour hibour pas hibour pas hibour La baraita (impureté oui, aspersion non) s'explique par un décret rabbinique (49a)
La règle de Rava pour les ciseaux à pièces selon la Torah.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).