Shabbat 50b — Se laver avec du natron et du sable, la berada, et retirer un objet enfoui dans du muktse (la koupa, la gouma, dets'a-chelfa)

Shabbat 50b

Sougya : Le daf achève la discussion de 50a sur les deux baraitot qui divergent sur le natron et le sable : la Guemara écarte l'attribution à Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon, car Rabbi Chimon permet même au nazir de se laver les cheveux, et conclut que les deux baraitot suivent Rabbi Yehouda, en divergeant sur le fait que le natron polit (gerir) ou non. Elle énumère ensuite les produits avec lesquels on peut se laver le visage le Chabbat (dont la berada), et rapporte que Mar Zoutra n'en usait pas, même en semaine, alors qu'Amemar et Rav Achi s'en servaient, chacun selon une baraita.

La seconde partie revient à la michna de la hatmana : la koupa de Rabbi Elazar ben Azaria, la gouma (cavité) qui s'effondre, puis les règles de Rav Houna et de Chmouel sur l'objet planté dans une matière muktse (dets'a, chelfa, vehadar dets'a), et l'objection de Rav Ketina tirée de la michna du navet enfoui.

Natron et sable le Chabbat : à qui attribuer les deux baraitot ? 1re tentative (50a) Baraita qui interdit = Rabbi Yehouda Baraita qui permet = Rabbi Chimon (davar she-eino mitkaven : acte non intentionnel) Objection (seg. 0) Rabbi Chimon : le nazir lave ses cheveux avec natron et sable, sans peigne or la baraita qui permet interdit les cheveux Conclusion (seg. 1) : les deux suivent Rabbi Yehouda deux Tanaim divergent sur son avis Gerir : le natron polit risque de memahek (lisser) -> interdit Lo gerir : il ne polit pas pas de memahek -> permis Seg. 2-3 : et le visage, les mains, les pieds ? permis chez un enfant, une femme, un sariss (sans barbe)
Le natron et le sable : de l'attribution à Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon aux deux Tanaim selon Rabbi Yehouda.
La marmite enfouie dans la koupa de toisons (seg. 11-13) Rabbi Elazar ben Azaria il incline la koupa sur le côté et prend (de peur que la cavité ne s'effondre) Hakhamim il prend (koupa droite) et il remet Rav : tous admettent si la gouma s'est effondrée, on ne remet pas (on déplacerait les toisons) Question (seg. 12) si la gouma est intacte, pourquoi Rabbi Elazar interdit-il ? Hochchin : on craint qu'elle s'effondre et qu'il remette -> incliner la koupa Ein hochchin : on ne craint pas cas d'une gouma intacte -> prendre et remettre
La koupa de toisons : ce que tous admettent et ce qui est discuté.
Retirer un objet planté dans une matière muktse (seg. 14-17) Veille de Chabbat : dets'a (planter), chelfa (retirer), vehadar dets'a (replanter) -> la place est élargie Rav Houna salikoussta (tige odorante dans la terre) fait la veille : permis sinon : interdit Chmouel couteau entre les briques fait la veille : permis sinon : interdit Mar Zoutra / Rav Achi couteau dans une haie de roseaux (gourdita) permis sans condition Rav Ketina (teyouvta) : michna du navet enfoui navet ou radis enfoui sous la vigne, quelques feuilles visibles : on le retire le Chabbat, sans dets'a-chelfa préalable (suite en 51a)
Dets'a, chelfa, vehadar dets'a : les trois enseignements et l'objection de Rav Ketina.
1
נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵס, אֲבָל לֹא סוֹרֵק!

(Rabbi Chimon dit :) Le nazir lave (sa tête) et sépare (ses cheveux avec les doigts), mais il ne peigne pas !

📜 Rachi (4)
נָזִיר בְּחוֹל כְּכָל אָדָם בְּשַׁבָּת:
Le nazir : en semaine, comme tout homme le Chabbat.
חוֹפֵף שְׂעָרוֹ בְּנֶתֶר וְחוֹל:
Lave : ses cheveux avec du natron et du sable.
וּמְפַסְפֵס מְנַפֵּץ שְׂעָרוֹ דְּכֵיוָן דְּאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין מֻותָּר וְעַל כְּרִחְיָךְ ר"ש קָא אָמַר לָהּ אַלְמָא נֶתֶר וְחוֹל זִימְנִין דְּאֵינוֹ מַשִּׁיר וְלָא דָּמֵי לִפְסִיק רֵישֵׁיהּ וְלָא יְמוּת:
Et sépare : il démêle ses cheveux ; puisqu'il n'en a pas l'intention, c'est permis, et c'est forcément Rabbi Chimon qui le dit. On en déduit que le natron et le sable, parfois, ne font pas tomber le poil, et que ce cas ne ressemble pas à pesik reicha vélo yamout (lui couper la tête sans qu'il meure).
אֲבָל לֹא סוֹרֵק בְּמַסְרֵק דְּוַדַּאי מַשִּׁיר:
Mais il ne peigne pas : avec un peigne, qui fait tomber le poil à coup sûr.
🗂️ Tossefot (2)
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵס כו' וּמַייְרֵי בְּנֶתֶר וְחוֹל דִּתְנַן בָּתַר הָכֵי בְּפֶ' ג' מִינִין (נָזִיר דַּף מב.) ר' יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר נָזִיר לֹא יָחֹוף רֹאשׁוֹ בַּאֲדָמָה לְפִי שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂעָר:
Rabbi Chimon dit : le nazir lave et sépare, etc. : il s'agit de natron et de sable, car on a enseigné ensuite, au chapitre Chlocha minim (Nazir 42a) : Rabbi Yichmael dit que le nazir ne lavera pas sa tête avec de la terre, parce qu'elle fait tomber le poil.
אֲבָל לֹא סוֹרֵק הָתָם מְפָרֵשׁ טַעְמָא מִשּׁוּם דִּלְהַשָּׁרַת נִימִין הַמְדֻולְדָּלוֹת מִתְכַּוֵּין:
Mais il ne peigne pas : là-bas on explique la raison : parce qu'il a l'intention d'arracher les cheveux qui pendent (détachés).
💡 Explication

En 50a, la Guemara attribuait la baraita qui interdit le natron et le sable à Rabbi Yehouda et celle qui permet à Rabbi Chimon, selon leur discussion sur le davar she-eino mitkaven (acte dont le résultat interdit n'est pas voulu).

Elle objecte ici : Rabbi Chimon permet même au nazir, à qui il est interdit de couper ses cheveux, de les laver avec ces produits. Or la baraita qui permet le natron le Chabbat interdit d'en laver ses cheveux (Rachi sur le seg. 2). Elle ne peut donc pas suivre Rabbi Chimon. Le peigne reste interdit car il arrache le poil à coup sûr (pesik reicha).

2
אֶלָּא הָא וְהָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וּתְרֵי תַּנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. הַאי תַּנָּא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר גָּרֵיר, וְהַאי תַּנָּא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר לָא גָּרֵיר.

Mais (disons plutôt que) l'une et l'autre (baraita) sont de Rabbi Yehouda, et ce sont deux Tanaim selon l'avis de Rabbi Yehouda. Ce Tana-ci, selon Rabbi Yehouda, pense que (le natron) polit (gerir), et ce Tana-là, selon Rabbi Yehouda, pense qu'il ne polit pas.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא הָא וְהָא הָנָךְ תַּרְתֵּי מַתְנֵי' דִּלְעֵיל דִּפְלִיגִי בְּנֶתֶר וְחוֹל ר' יְהוּדָה וּמַאן דְּאָסַר סָבַר זִימְנִין דְּגָרֵיר וְר' יְהוּדָה הָאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין אָסוּר וּמַאן דְּשָׁרֵי סָבַר לָא גָּרִיר כְּלָל וְאֵין כָּאן מִשּׁוּם מְמַחֵק:
Mais l'une et l'autre : ces deux baraitot citées plus haut, qui divergent sur le natron et le sable, sont de Rabbi Yehouda. Celui qui interdit pense que parfois il polit, et Rabbi Yehouda dit qu'une chose non intentionnelle est interdite ; celui qui permet pense qu'il ne polit pas du tout, et il n'y a pas ici (d'interdit) de memahek (lisser).
💡 Explication

Nouvelle attribution : les deux baraitot suivent Rabbi Yehouda, pour qui l'acte non intentionnel est interdit. Elles divergent sur un fait : le natron et le sable polissent-ils l'objet (gerir) ? S'ils polissent, on risque la melakha de memahek (lisser, polir une surface), donc c'est interdit ; sinon, c'est permis.

3
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא — כְּרַבִּי יְהוּדָה, אֵימָא סֵיפָא: אֲבָל פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו מֻותָּר. הָא מֵעֵבֶר שֵׂיעָר!

Selon qui l'as-tu établie ? Selon Rabbi Yehouda.

Cite alors la fin : "Mais son visage, ses mains et ses pieds, c'est permis." Or il fait tomber le poil !

📜 Rachi (1)
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא כְּר' יְהוּדָה ה"ג ול"ג לְהָא דְּתַנְיָא אָסוּר דְּהָא תַּרְוַיְיהוּ כְּר' יְהוּדָה אוֹקֵימְנָא לְהוּ וְעוֹד הַךְ סֵיפָא דְּפָרִיךְ אֲבָל פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו מֻותָּר לָאו סֵיפָא דְּהַהִיא דְּתַנְיָא אָסוּר הוּא אֶלָּא סֵיפָא דְּהַהִיא דְּתַנְיָא מֻותָּר דְּהָכִי תָּנֵי בָּהּ לֹא יִחוּף בָּהֶן שְׂעָרוֹ אֲבָל פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו מֻותָּר וְהָא מִלְּתָא גַּבֵּי הַךְ דְּתָנֵי מֻותָּר פָּרֵיכְנָא לֵיהּ לְעֵיל:
Selon qui l'as-tu établie ? Selon Rabbi Yehouda : telle est notre version. Nous ne lisons pas "celle qui a été enseignée : interdit", car nous avons établi l'une et l'autre selon Rabbi Yehouda. De plus, cette fin sur laquelle il objecte, "mais son visage, ses mains et ses pieds, c'est permis", n'est pas la fin de la baraita qui interdit, mais celle de la baraita qui permet, qui enseigne : "il ne lavera pas ses cheveux avec eux, mais son visage, ses mains et ses pieds, c'est permis". Et c'est à propos de celle qui permet que nous avons objecté plus haut.
🗂️ Tossefot (1)
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא כְּר' יְהוּדָה אֵימָא סֵיפָא כו' בִּשְׁלָמָא אִי כר"ש אָתְיָא שַׁפִּיר דְּאִיכָּא לְמֵימַר דִּשְׂעָרוֹת פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו אֵינָם נוֹשְׁרוֹת מַהֵר וְלָא הָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ וְשָׁרִי אֲבָל בְּרֹאשׁוֹ אָסוּר דְּהָוֵי פְּסִיק רֵישֵׁיהּ אֲבָל הַשְׁתָּא דְּאוֹקִימְתָּא כְּר' יְהוּדָה אע"ג דְּלָא הֲוָה פְּסִיק רֵישֵׁיהּ הֲוָה לָן לְמֵיסַר:
Selon qui l'as-tu établie ? Selon Rabbi Yehouda ; cite la fin, etc. : si elle suivait Rabbi Chimon, cela irait bien, car on pourrait dire que les poils du visage, des mains et des pieds ne tombent pas vite, que ce n'est pas un pesik reicha, et donc c'est permis ; mais pour la tête, c'est interdit, car c'est un pesik reicha. Mais maintenant que tu l'as établie selon Rabbi Yehouda, même si ce n'est pas un pesik reicha, nous devrions interdire.
💡 Explication

Difficulté contre la nouvelle attribution. La baraita qui permet le natron finit par : "on ne s'en lave pas les cheveux, mais visage, mains et pieds, c'est permis". Pour Rabbi Yehouda, même un risque non voulu de faire tomber des poils suffit à interdire. Pourquoi le visage serait-il permis ?

Tossefot : selon Rabbi Chimon, on aurait pu distinguer la tête (pesik reicha) du visage (pas de pesik reicha) ; selon Rabbi Yehouda, cette distinction ne suffit pas.

4
אִיבָּעֵית אֵימָא בְּקָטָן, וְאִיבָּעֵית אֵימָא בְּאִשָּׁה, וְאִיבָּעֵית אֵימָא בְּסָרִיס.

Si tu veux, dis (qu'il s'agit) d'un enfant ; si tu veux, dis d'une femme ; si tu veux, dis d'un sariss (eunuque).

📜 Rachi (1)
בְּקָטָן אִשָּׁה וְסָרִיס דְּלֵית לְהוּ זָקָן:
D'un enfant, d'une femme et d'un sariss : qui n'ont pas de barbe.
💡 Explication

Réponse : la permission pour le visage vise des personnes sans barbe. Il n'y a donc aucun poil à faire tomber, et l'avis de Rabbi Yehouda ne s'y oppose pas.

🖼️ Schéma
Natron et sable le Chabbat : à qui attribuer les deux baraitot ? 1re tentative (50a) Baraita qui interdit = Rabbi Yehouda Baraita qui permet = Rabbi Chimon (davar she-eino mitkaven : acte non intentionnel) Objection (seg. 0) Rabbi Chimon : le nazir lave ses cheveux avec natron et sable, sans peigne or la baraita qui permet interdit les cheveux Conclusion (seg. 1) : les deux suivent Rabbi Yehouda deux Tanaim divergent sur son avis Gerir : le natron polit risque de memahek (lisser) -> interdit Lo gerir : il ne polit pas pas de memahek -> permis Seg. 2-3 : et le visage, les mains, les pieds ? permis chez un enfant, une femme, un sariss (sans barbe)
Récapitulatif des segments 0 à 3.
5
אָמַר רַב יְהוּדָה: עֲפַר לְבֵינְתָּא שָׁרִי. אָמַר רַב יוֹסֵף: כֻּוסְפָּא דְּיַסְמִין שָׁרִי. אָמַר רָבָא: עֲפַר פִּלְפְּלֵי שָׁרִי. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: בַּרְדָּא שָׁרִי.

Rav Yehouda dit : la poudre de brique (afar levinta) est permise. Rav Yossef dit : le résidu de jasmin (kouspa deyasmin) est permis.

Rava dit : la poudre de poivre est permise. Rav Chechet dit : la berada est permise.

📜 Rachi (5)
עֲפַר לְבֵינְתָּא כְּתִישַׁת לְבֵינָה:
Poudre de brique : brique pilée.
שָׁרִי לְחוֹף פָּנָיו וְאַפֵּי' מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ זָקָן:
Est permise : pour se laver le visage, même à celui qui a une barbe.
כֻּוסְפָּא דְּיַסְמִין פְּסֹולֶת שֻׁומְשְׁמִין:
Kouspa deyasmin : résidu de sésame.
עָפָר פִּילְפְּלֵי שְׁחִיקַת פִּלְפְּלִין:
Poudre de poivre : poivre moulu.
בַּרְדָּא שָׁרִי לִרְחֹוץ פָּנָיו:
La berada est permise : pour se laver le visage.
💡 Explication

Liste de produits avec lesquels on peut se laver le visage le Chabbat, même avec une barbe (Rachi), car ils ne font pas tomber le poil. Rachi comprend kouspa comme le résidu de sésame pressé. La berada est définie au segment suivant.

6
מַאי בַּרְדָּא? אָמַר רַב יוֹסֵף: תִּילְּתָא אַהֲלָא וְתִילְתָּא אָסָא וְתִילְתָּא סִיגְלֵי. אָמַר רַב נְחֶמְיָה בַּר יוֹסֵף: כָּל הֵיכָא דְּלֵיכָּא רֻובָּא אַהֲלָא — שַׁפִּיר דָּמֵי.

Qu'est-ce que la berada ? Rav Yossef dit : un tiers d'ahala (aloès), un tiers de myrte et un tiers de violettes.

Rav Nehemia bar Yossef dit : partout où il n'y a pas une majorité d'ahala, c'est bien.

📜 Rachi (4)
אֻהְלָא שֹׁורֶשׁ עֵשֶׂב שֶׁשְּׁמוֹ אֹהֶל:
Ahala : la racine d'une herbe appelée ahal.
אָסָא הֲדַס:
Assa : le myrte (hadass).
סִגְלֵי עֵשֶׂב שֶׁקּוֹרִין ויאו"ל יֵשׁ בּוֹ שְׁלֹשָׁה עָלִין:
Siglei : une herbe appelée en langue vernaculaire violette ; elle a trois feuilles.
כָּל הֵיכָא דְּלֵיכָּא רֻובָּא אַהֲלָא שַׁפִּיר דָּמֵי וְאַפֵּי' הָוֵי טְפֵי מִתְּלָתָא אֻהְלָא וּפְלִיג אַדְּרַב יוֹסֵף דְּרַב יוֹסֵף תְּלָתָא אֻהְלָא דַּוְוקָא קָאָמַר שֶׁהָאָהָל עָשׂוּי לְלָבָן וּלְצַחְצֵחַ כְּבוֹרִית וּמַשִּׁיר שֵׂיעָר:
Partout où il n'y a pas une majorité d'ahala, c'est bien : même s'il y a plus d'un tiers d'ahala. Il diverge de Rav Yossef, car Rav Yossef a dit précisément un tiers d'ahala, parce que l'ahal sert à blanchir et à faire briller comme la borit (savon), et il fait tomber le poil.
💡 Explication

L'ingrédient délicat est l'ahala : selon Rachi, il agit comme la borit (savon) et fait tomber le poil. Rav Yossef fixe une proportion d'un tiers ; Rav Nehemia bar Yossef permet tant qu'il n'est pas majoritaire.

🖼️ Schéma
Composition de la berada Rav Yossef : un tiers chacun ahala myrte violette Rav Nehemia bar Yossef ahala < moitié le reste plus d'un tiers d'ahala : non tant que l'ahala n'est pas majoritaire : permis Rachi : l'ahala blanchit comme la borit (savon) et fait tomber le poil, d'où la limite sur sa proportion
La proportion d'ahala selon Rav Yossef et Rav Nehemia bar Yossef.
7
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת: מַהוּ לִפְצֹועַ זֵיתִים בְּשַׁבָּת? אֲמַר לְהוּ וְכִי בְּחוֹל מִי הִתִּירוּ? קָסָבַר מִשּׁוּם הֶפְסֵד אֳוכָלִין.

On demanda à Rav Chechet : peut-on fendre des olives le Chabbat ? Il leur répondit : l'a-t-on donc permis en semaine ?

Il pense (que c'est interdit) à cause de la perte de nourriture.

📜 Rachi (1)
לִפְצֹועַ זֵיתִים בליצי"א בְּלַעַ"ז עַל הַסֶּלַע לְמַתֵּק מְרִירוּתוֹ:
Fendre des olives : en langue vernaculaire, les écraser sur le rocher pour adoucir leur amertume.
🗂️ Tossefot (2)
מַהוּ לִפְצֹועַ זֵיתִים בְּשַׁבָּת פֵּירֵשׁ בַּקְּוַנְט' לְהַכּוֹתָם עַל הַסֶּלַע לְמַתֵּק מְרִירוּתָן וּמִיבַּעְיָא לֵיהּ אִי אֲסִיר בְּשַׁבָּת מִשּׁוּם שִׁוּוּי אוּכְלָא וְתִיקּוּנֵי אוּכְלָא וּפָרִיךְ וּבְחוֹל מִי הִתִּירוּ דְּאִיכָּא הֶפְסֵד אוֹכְלִין שֶׁנִּפְסַד הַמַּשְׁקֶה הַזָּב מֵהֶן:
Peut-on fendre des olives le Chabbat : le Kountras (Rachi) explique : les frapper sur le rocher pour adoucir leur amertume. La question serait : est-ce interdit le Chabbat parce qu'on rend l'aliment consommable et qu'on le prépare ? Et il objecte : l'a-t-on permis en semaine, puisqu'il y a une perte de nourriture, le liquide qui en coule étant perdu.
וְקָשֶׁה לפ"ז דִּבְפֶ' חָבִית גַּבֵּי דִּינֵי סְחִיטָה ה"ל לְמִיתְנֵי וְעוֹד מָה הֶפְסֵד אוֹכְלִין יֵשׁ כֵּיוָן שֶׁעוֹשֶׂה לְתַקְּנָם וּמְפָרֵשׁ ר"י מַהוּ לִפְצֹועַ לְחוֹף פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו כִּי הַהוּא דִּלְעֵיל וְדֶרֶךְ מֵי זֵיתִים לְהַעֲבִיר וּלְלַבֵּן כִּדְאָמַר בְּמַסֶּכֶת ע"ז חוֹלְטָן בְּרוֹתְחִין אוֹ מוֹלְגָן בְּמֵי זֵיתִים וּפָרִיךְ וּבְחוֹל מִי הִתִּירוּ דְּאִיכָּא הֶפְסֵד דְּנִמְאָסִין לַאֲכִילָה (ת"י):
Mais selon cela, c'est difficile : au chapitre Havit, à propos des lois de l'extraction (sehita), on aurait dû l'enseigner. De plus, quelle perte de nourriture y a-t-il, puisqu'il le fait pour les préparer ? Le Ri explique : peut-on fendre (des olives) pour se laver le visage, les mains et les pieds, comme dans le cas précédent ; car l'eau d'olive a pour effet d'enlever (le poil) et de blanchir, comme on dit dans le traité Avoda Zara : on les ébouillante dans l'eau bouillante ou on les nettoie dans l'eau d'olive. Et il objecte : l'a-t-on permis en semaine, puisqu'il y a une perte, car elles deviennent repoussantes pour la consommation.
💡 Explication

Deux lectures de la question. Rachi : fendre des olives pour les rendre moins amères ; la question porte sur la préparation d'un aliment. Tossefot (Ri) : les fendre pour se laver avec leur jus, dans la suite des produits de toilette.

La réponse de Rav Chechet vaut pour les deux : c'est interdit même en semaine, à cause de la perte de nourriture (hefsed okhalin).

8
לֵימָא פְּלִיגָא דִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: עוֹשֶׂה אָדָם כָּל צָורְכּוֹ בְּפַת! אָמְרִי: פַּת לָא מְאִיסָא, הָנֵי מְאִיסֵי.

Dirons-nous qu'il est en désaccord avec Chmouel ? Car Chmouel dit : on fait tout ce dont on a besoin avec du pain.

On répond : le pain ne devient pas repoussant, celles-ci (les olives) deviennent repoussantes.

📜 Rachi (1)
כָּל צָורְכּוֹ בֵּין תַּשְׁמִישׁ בֵּין לִפְרֵר אוֹתָהּ וּלְמַחְתָּה בְּתַבְשִׁיל רוֹתֵחַ:
Tout ce dont on a besoin : aussi bien s'en servir (pour un usage) que l'émietter et l'écraser dans un plat bouillant.
💡 Explication

Chmouel permet d'utiliser du pain pour tout usage, sans craindre de le gaspiller. La Guemara distingue : le pain employé reste mangeable, alors que les olives fendues deviennent repoussantes (meussot) et sont perdues pour la consommation.

9
אָמֵימָר וּמַר זוּטְרָא וְרַב אָשֵׁי הֲווֹ יָתְבִי, אַיְּיתוּ לְקַמַּייְהוּ בַּרְדָּא. אַמֵּימָר וְרַב אָשֵׁי מְשׁוֹ, מָר זוּטְרָא לָא מְשָׁא. אָמְרוּ לֵיהּ: לָא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַב שֵׁשֶׁת בַּרְדָּא שְׁרֵי?! אֲמַר לְהוּ רַב מָרְדֳּכַי: בַּר מִינֵּיהּ דְּמַר, דַּאֲפִילּוּ בְּחוֹל נָמֵי לָא סְבִירָא לֵיהּ.

Amemar, Mar Zoutra et Rav Achi étaient assis ; on leur apporta de la berada. Amemar et Rav Achi se lavèrent, Mar Zoutra ne se lava pas.

Ils lui dirent : le Maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rav Chechet, que la berada est permise ? Rav Mordekhai leur dit : excepté le Maître, qui ne le tient pas même en semaine.

💡 Explication

Récit : le refus de Mar Zoutra ne tient pas au Chabbat. Rav Mordekhai précise qu'il ne se sert pas de berada même en semaine. La raison est donnée au segment suivant.

🖼️ Schéma
Se servir de la berada : deux baraitot, deux usages (seg. 8-10) Mar Zoutra : ne s'en sert pas même en semaine Baraita : gratter les croûtes pour la douleur : permis pour embellir : interdit Rachi : lo yilbach guever (un homme ne portera pas l'habit d'une femme) Amemar et Rav Achi : s'en servent même le Chabbat (Rav Chechet) Baraita : on lave visage, mains et pieds chaque jour pour l'honneur de son Créateur Michle 16,4 : tout ce que Hachem a fait l'a été pour Lui
La position de Mar Zoutra et celle d'Amemar et Rav Achi, avec leurs sources.
10
סָבַר לַהּ כִּי הָא דְּתַנְיָא: מְגָרֵר אָדָם גִּלְדֵי צוֹאָה וְגִלְדֵי מַכָּה שֶׁעַל בְּשָׂרוֹ בִּשְׁבִיל צַעֲרוֹ, אִם בִּשְׁבִיל לְיַפּוֹת — אָסוּר.

Il pense comme ce qui a été enseigné : on gratte les croûtes d'excrément et les croûtes de plaie qui sont sur sa chair à cause de sa douleur ; si c'est pour embellir, c'est interdit.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם לְיַפּוֹת אֶת עַצְמוֹ אָסוּר מִשּׁוּם לֹא יִלְבַּשׁ גֶּבֶר שִׂמְלַת אִשָּׁה (דְּבָרִים כב):
Pour s'embellir, c'est interdit : à cause de "un homme ne portera pas l'habit d'une femme" (Devarim 22).
🗂️ Tossefot (1)
בִּשְׁבִיל צַעֲרוֹ וְאִם אֵין לוֹ צַעַר אַחֵר אֶלָּא שֶׁמִּתְבַּייֵּשׁ לֵילֵךְ בֵּין בְּנֵי אָדָם שָׁרִי דְּאֵין לְךָ צַעַר גָּדוֹל מִזֶּה:
À cause de sa douleur : et s'il n'a pas d'autre douleur que la honte d'aller parmi les gens, c'est permis, car il n'y a pas de douleur plus grande que celle-là.
💡 Explication

Selon cette baraita, un homme ne doit pas chercher à s'embellir : Rachi y voit l'interdit de lo yilbach guever simlat icha (se conduire à la manière des femmes). Mar Zoutra considère donc la berada comme un produit d'embellissement.

Tossefot : la honte de paraître en public compte comme une douleur, et permet de gratter.

11
וְאִינְהוּ כְּמַאן סַבְרוּהָ? — כִּי הָא דְּתַנְיָא: רוֹחֵץ אָדָם פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו בְּכָל יוֹם בִּשְׁבִיל קוֹנוֹ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּל פָּעַל ה׳ לַמַּעֲנֵהוּ״.

Et eux, selon qui l'ont-ils compris ? Comme ce qui a été enseigné : on lave son visage, ses mains et ses pieds chaque jour pour son Créateur, car il est dit : "Tout ce que Hachem a fait, (l'a été) pour Lui" (Michle 16,4).

📜 Rachi (2)
בִּשְׁבִיל קוֹנֵהוּ לִכְבוֹד קוֹנֵהוּ דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית ט׳:ו׳) כִּי בְּצֶלֶם אֱ-לֹהִים עָשָׂה וְגוֹ' וְעוֹד דְּהָרוֹאֶה בְּרִיּוֹת נָאוֹת אוֹמֵר בָּרוּךְ שֶׁכָּכָה לוֹ בְּעוֹלָמוֹ:
Pour son Créateur : pour l'honneur de son Créateur, car il est écrit (Berechit 9,6) : "car à l'image de D.ieu. Il a fait (l'homme)" ; et de plus, celui qui voit de belles créatures dit : béni soit Celui qui a de telles choses dans Son monde.
כֹּל פָּעַל ה' לַמַּעֲנֵהוּ הַכֹּל בָּרָא לִכְבוֹדוֹ:
Tout ce que Hachem a fait, pour Lui : Il a tout créé pour Son honneur.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רוֹחֵץ אָדָם פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו בְּכָל יוֹם, בִּשְׁבִיל כְּבוֹד קוֹנֵהוּ. נִרְאֶה לִי בס"ד עִנְיַן הַכָּבוֹד הַזֶּה, הוּא עַל פִּי מ"ש בַּמִּדְרָשׁ פָּרָשַׁת בְּהַר (מִשְׁלֵי יא, יז) גֹּמֵל נַפְשׁוֹ אִישׁ חָסֶד, זֶה הִלֵּל הַזָּקֵן שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁהָיָה נִפְטַר מִתַּלְמִידָיו הָיָה מְהַלֵּךְ וְהוֹלֵךְ עִמָּם. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, לְהֵיכָן אַתָּה הוֹלֵךְ? אָמַר לָהֶם: לַעֲשׂוֹת מִצְוָה! אָמְרוּ לוֹ: וְכִי מַה מִצְוָה זוֹ? אָמַר לָהֶן: לִרְחֹוץ בְּבֵית הַמֶּרְחָץ. אָמְרוּ לוֹ: וְכִי זוֹ מִצְוָה הִיא? אָמַר לָהֶם: הֵן. מָה אִם אִיקוֹנִין שֶׁל מְלָכִים שֶׁמַּעֲמִידִים אוֹתוֹ בְּבָתֵּי טַרְטִיאוֹת וּבְבָתֵּי קְרַקְסִיאוֹת, מִי שֶׁנִּתְמַנָּה עֲלֵיהֶם הוּא מוֹרְקָן וְשׁוֹטְפָן וְהֵן מַעֲלִין לוֹ מְזוֹנוֹת. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁהוּא מִתְגַּדֵּל עִם גְּדוֹלֵי מַלְכוּת. אֲנִי שֶׁנִּבְרֵאתִי בְּצֶלֶם וּבִדְמוֹת, דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית ט' ו') בְּצֶלֶם אֱ-לֹהִים עָשָׂה אֶת הָאָדָם, עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה! עַד כָּאן. וּפֵרַשְׁתִּי הַטַּעַם שֶׁאָמַר בָּזֶה גָּמָל נַפְשׁוֹ, דְּיָדוּעַ רְחִיצַת יָדַיִם וְרַגְלַיִם הוּא תִּיקּוּן הָעֲשִׂיָּה, יַעַן שֶׁהִיא סוֹף כָּל הָעוֹלָמוֹת שֶׁשָּׁם יֵשׁ גְּבוּל לַסְּפִירוֹת שֶׁבִּקְדֻושָּׁה וּלְכָךְ נֶאֱחָזִים שָׁם הַקְּלִיפּוֹת, כִּי הָאוֹיֵב נוֹתֵן עֵינָיו עַל הַגְּבוּל שֶׁמִּשָּׁם יִכָּנֵס, וְלָכֵן בַּעֲשִׂיָּה נֶאֱחָזִים הַקְּלִיפּוֹת בְּיוֹתֵר. וְכֵן בְּאָדָם שֶׁהוּא עוֹלָם קָטָן וְגוּפוֹ רוֹמֵז לִי' סְפִירוֹת שֶׁבִּקְדֻושָּׁה נֶאֱחָזִים הַחִיצוֹנִים בְּסוֹף הַגּוּף, וְאֵין סוֹף לַגּוּף אֶלָּא רַק בְּיָדַיִם וְרַגְלַיִם, וּמֵאַחַר שֶׁיֵּשׁ בְּיָדַיִם וְרַגְלַיִם דּוֹמָה לַעֲשִׂיָּה שֶׁהִיא סוֹף הָעוֹלָמוֹת, לְכָךְ אִם יִרְחַץ יָדָיו וְרַגְלָיו כְּדֵי לִדְחוֹת הַחִיצוֹנִים עַל יְדֵי הַמַּיִם שֶׁהֵם מֵי הַחֶסֶד, אָז כְּנֶגֶד זֶה נִדְחִים גַּם כֵּן הַקְּלִיפּוֹת מִן הָעֲשִׂיָּה, דִּכְמוֹ שֶׁעוֹשֶׂה הָאָדָם בְּגוּפוֹ כֵּן יִהְיֶה נַעֲשֶׂה בְּרוּחָנִיּוּת לְמַעְלָה דֻּוגְמַת הַצֵּל, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִילִּים קכא, ה) ה' צִלְּךָ עַל יַד יְמִינֶךָ, וְלָזֶה דָּרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל פָּסוּק זֶה עַל הִלֵּל כְּשֶׁהָיָה רוֹחֵץ גָּמָל נַפְשׁוֹ הִיא הָעֲשִׂיָּה, לְתַקְּנָהּ וּלְנַקּוֹתָהּ הִנֵּה הוּא אִישׁ חֶסֶד שֶׁרוֹחֵץ בְּמַיִם שֶׁהֵם מֵימֵי הַחֶסֶד. וְלָזֶה אָמַר רוֹחֵץ אָדָם פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו בְּכָל יוֹם, בִּשְׁבִיל כְּבוֹד קוֹנֵהוּ , כִּי עַל יְדֵי כֵּן נִדְחִין הַקְּלִיפּוֹת מֵעַל הָעֲשִׂיָּה. וְרָאִיתִי לְהָרַב יָפֶה שָׁעָה זַ"ל עַל סֵפֶר הַכַּוָּנוֹת, הַטַּעַם שֶׁאֵין אֲנַחְנוּ רוֹחֲצִים הָרַגְלַיִם מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּנוּ כֹּחַ לִדְחוֹת הַחִיצוֹנִים מֵעֲלֵיהֶם מִלְּבַד הַכֹּהֲנִים, שֶׁבִּזְכוּת הָעֲבוֹדָה וְהַמְקַדֵּשׁ כְּתִיב בְּהוּ (שְׁמוֹת ל, יט) וְרָחֲצוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו מִמֶּנּוּ אֶת יְדֵיהֶם וְאֶת רַגְלֵיהֶם, וּבָזֶה תָּבִין עִנְיָן רְחִיצַת עֶרֶב שַׁבָּת , כִּי זְכוּת הַשַּׁבָּת יְכוֹלָה הִיא שֶׁתָּגִין עַד כָּאן דְּבָרָיו. וְאֶפְשָׁר דִּרְחִיצַת רַגְלַיִם בְּחוֹל מְהַנֵּי קְצָת לִדְחוֹת הַקְּלִיפָּה מִן הַקְּדֻושָּׁה, אַךְ אֵין בָּנוּ כֹּחַ בַּחוֹל לִדְחוֹתָם לְגַמְרֵי כְּמוֹ עֶרֶב שַׁבָּת, וּכְמוֹ הַכֹּהֲנִים בְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ בְּכָל יוֹם, וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִדְחוֹתָם לְגַמְרֵי לְכָךְ אֵין חִיּוּב עַל הָאָדָם בִּרְחִיצַת רַגְלָיו בְּכָל יוֹם, אֲבָל וַדַּאי אִם יִרְחַץ עֲבִיד הַצָּלָה פּוּרְתָּא, וּלְהָכִי קָאָמַר כָּאן לִרְחֹץ פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו בְּכָל יוֹם לִכְבוֹד קוֹנֵהוּ. וְעוֹד נִרְאֶה לִי דְּאִיכָּא טַעְמָא בִּרְחִיצַת הַפָּנִים וְהַיָּדַיִם וְהָרַגְלַיִם בְּכָל יוֹם לִכְבוֹד הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, מִפְּנֵי כִּי בָּעֵינַיִם שֶׁהֵם קְבוּעִים בִּפְנִים נִרְמַז שֵׁם הֲוָיָ"ה, וְהֵם שְׁנֵי עֵינַיִם הֵמָּה שְׁתֵּי יודי"ן, וְחֹוטֶם וָא"ו הֲרֵי כ"ו [26] , וְכֵן בַּנְּחִירַיִים הַקְּבוּעִים בִּפְנִים שְׁתֵּי נְחִירַייִם כְּנֶגֶד ב' יודי"ן, וְהַכּוֹלֵל שֶׁבְּנֵיהֶם כְּנֶגֶד וָא"ו, וְכֵן בְּיָדַיִם יֵשׁ י"ד פִּרְקִין בְּיָמִין וּבִשְׂמֹאל, הֲרֵי כ"ח מִסְפַּר אוֹתִיּוֹת שֵׁם הֲוָיָ"ה בְּמִילּוֹאוֹ וּמִילּוּי מִילּוֹאוֹ, וְכֵן בָּרְגָלִים חָמֵשׁ אֶצְבָּעוֹת בְּיָמִין וְחָמֵשׁ בִּשְׂמֹאל וּשְׁלֹשָׁה פִּרְקֵי רְגָלִים כָּאן וְכָאן הֲרֵי הה"ו, וַעֲטֶרֶת הַיְּסוֹד אוֹת יוּ"ד, וְלָזֶה אָמַר יִרְחָצֵם לִכְבוֹד קוֹנֵהוּ שֶׁבָּם רָמוּז מִסְפַּר שְׁמוֹ יִתְבָּרֵךְ.
"On lave son visage, ses mains et ses pieds chaque jour, pour l'honneur de son Créateur." Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le sens de cet honneur repose sur ce qui est dit dans le Midrach sur la paracha Behar (Michle 11,17) : "L'homme de bonté fait du bien à son âme (gomel nafcho)" : c'est Hillel l'Ancien. Lorsqu'il quittait ses élèves, il marchait avec eux. Ses élèves lui dirent : Rabbi, où vas-tu ? Il leur dit : accomplir une mitsva. Ils lui dirent : quelle est cette mitsva ? Il leur dit : me laver au bain. Ils lui dirent : est-ce une mitsva ? Il leur dit : oui. Si les statues des rois, que l'on dresse dans les théâtres et les cirques, celui qui en est chargé les frotte et les rince, on lui donne sa subsistance, et de plus il fréquente les grands du royaume ; moi, qui ai été créé à l'image et à la ressemblance, comme il est écrit (Berechit 9,6) : "car à l'image de D.ieu. Il a fait l'homme", à plus forte raison ! Fin de citation. J'ai expliqué pourquoi il a dit ici "fait du bien à son âme". On sait que le lavage des mains et des pieds est le tikoun (réparation) du monde de l'Assiya, car c'est la fin de tous les mondes : là se trouve la limite des sefirot de la sainteté, et c'est pourquoi les kelipot (écorces, forces d'impureté) s'y accrochent, car l'ennemi pose les yeux sur la frontière par où il entrera ; c'est pourquoi les kelipot s'accrochent davantage à l'Assiya. De même chez l'homme, qui est un petit monde et dont le corps fait allusion aux dix sefirot de la sainteté, les forces extérieures (hitsonim) s'accrochent à l'extrémité du corps ; or l'extrémité du corps, ce sont seulement les mains et les pieds. Puisque les mains et les pieds ressemblent à l'Assiya, qui est la fin des mondes, s'il lave ses mains et ses pieds pour repousser les forces extérieures par l'eau, qui est l'eau du 'hessed (bonté), alors, en correspondance, les kelipot sont aussi repoussées de l'Assiya ; car ce que l'homme fait dans son corps se fait aussi dans le spirituel en haut, à la manière de l'ombre, comme il est dit (Tehilim 121,5) : "Hachem est ton ombre à ta droite". C'est pourquoi nos Maîtres ont appliqué ce verset à Hillel quand il se lavait : "fait du bien à son âme", c'est l'Assiya, pour la réparer et la purifier ; "l'homme de bonté", c'est celui qui se lave dans l'eau, qui est l'eau du 'hessed. C'est pourquoi il est dit : on lave son visage, ses mains et ses pieds chaque jour pour l'honneur de son Créateur, car ainsi les kelipot sont repoussées de l'Assiya. J'ai vu chez le Rav Yefé Chaa, sur le livre des Kavanot, la raison pour laquelle nous ne lavons pas les pieds : nous n'avons pas la force de repousser d'eux les forces extérieures, sauf les Kohanim, car, par le mérite du service et du Sanctuaire, il est écrit à leur sujet (Chemot 30,19) : "Aharon et ses fils s'y laveront les mains et les pieds". Par là tu comprendras le lavage de la veille de Chabbat, car le mérite du Chabbat peut protéger. Fin de ses paroles. Il se peut que le lavage des pieds en semaine serve un peu à repousser la kelipa loin de la sainteté, mais nous n'avons pas la force en semaine de les repousser complètement, comme la veille de Chabbat, et comme les Kohanim au Sanctuaire chaque jour. C'est pourquoi, puisqu'il est impossible de les repousser complètement, l'homme n'a pas l'obligation de laver ses pieds chaque jour ; mais s'il les lave, il opère assurément une petite protection. C'est pourquoi il est dit ici : se laver le visage, les mains et les pieds chaque jour pour l'honneur de son Créateur. Il me semble aussi qu'il y a une raison au lavage du visage, des mains et des pieds chaque jour pour l'honneur de Hachem, béni soit-Il : dans les yeux, fixés dans le visage, est évoqué le Nom (Havaya) ; les deux yeux sont deux yod, et le nez un vav, soit 26. De même les deux narines fixées dans le visage correspondent aux deux yod, et ce qui les réunit correspond au vav. De même, dans les mains, il y a quatorze phalanges à droite et à gauche, soit 28, nombre des lettres du Nom (Havaya) dans son milouy (orthographe développée) et le milouy de son milouy. De même, dans les pieds, cinq doigts à droite, cinq à gauche, et trois articulations des pieds de chaque côté, soit hé, hé, vav ; et la couronne du yessod est la lettre yod. C'est pourquoi il est dit qu'il les lave pour l'honneur de son Créateur, car en eux est évoqué le nombre de Son Nom, béni soit-Il.
💡 Explication

Amemar et Rav Achi suivent une autre baraita : se laver visage, mains et pieds chaque jour est un honneur rendu au Créateur. L'homme est créé à l'image de D.ieu. (Rachi), et soigner son corps honore Celui qui l'a fait. La berada sert alors à la propreté, et le problème de l'embellissement ne se pose pas.

Le Ben Yehoyada relie cette baraita au lavage de Hillel l'Ancien et y lit, selon le sod, un tikoun du monde de l'Assiya ainsi que des allusions au Nom divin dans le visage, les mains et les pieds.

12
רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: קֻופָּה, מַטָּהּ עַל צִדָּהּ וְנוֹטֵל, שֶׁמָּא יִטֹּול וְכוּ׳. אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאִם נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא — שֶׁאָסוּר לְהַחֲזִיר.

"Rabbi Elazar ben Azaria dit : la koupa (corbeille), il l'incline sur le côté et prend, de peur qu'il ne prenne, etc." Rabbi Abba dit au nom de Rabbi Hiya bar Achi au nom de Rav : tous admettent que si la gouma (cavité) s'est effondrée, il est interdit de remettre (la marmite).

📜 Rachi (2)
שֶׁאִם נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא שֶׁנָּפְלוּ הֲגִיזִין לִמְקוֹם מוֹשַׁב הַקְּדֵרָה:
Si la gouma s'est effondrée : les toisons sont tombées à l'emplacement de la marmite.
שֶׁאָסוּר לְהַחֲזִיר לְפִי שֶׁמֵּזִיז הֲגִיזִין לְכָאן וּלְכָאן:
Il est interdit de remettre : car il déplace les toisons de part et d'autre.
🗂️ Tossefot (1)
הַכֹּל מוֹדִים שֶׁאִם נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא שֶׁאֲסוּרָה לְהַחֲזִיר וְאַפֵּי' לר"א בֶּן תַּדַּאי דְּאָמַר בְּפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (לְקַמָּן שַׁבָּת קכג.) תּוֹחֵב בַּכּוּשׁ אוֹ בַּכַּרְכֵּר וְהֵן נִנְעָרוֹת מֵאֵלֵיהֶן דְּטִלְטוּל מִן הַצַּד לָא שְׁמֵיהּ טִלְטוּל וְכֵן קי"ל הָכָא עָדִיף טְפֵי מִטִּלְטוּל מִן הַצַּד שֶׁצָּרִיךְ לְטַלְטֵל אֵילָךְ וְאֵילָךְ כְּשֶׁרוֹצִין לְהַטְמִין:
Tous admettent que si la gouma s'est effondrée, il est interdit de remettre : même selon Rabbi Elazar ben Tadaï, qui dit au chapitre Kol hakelim (plus loin, Chabbat 123a) : on pique (avec un fuseau ou une navette) et elles se secouent d'elles-mêmes, car le déplacement indirect (tiltoul min hatsad) n'est pas considéré comme un déplacement, et c'est ainsi que nous tenons. Ici, c'est plus qu'un déplacement indirect, car il doit déplacer (les toisons) de part et d'autre, comme lorsqu'on veut enfouir.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב הוּנָא הַאי סְלִיקוּסְתָּא דָּצַהּ וּשְׁלָפָהּ וַהֲדַר דָּצַהּ שְׁרֵי וְאִי לָא אֲסִיר פֵּירוּשׁ סְלִיקוּסְתָּא אֲגֻודָּה שֶׁל בְּשָׂמִים כְּמוֹ חֲבַצֶּלֶת הַשָּׁרוֹן וְכַיּוֹצֵא בָּהּ שֶׁנּוֹתְנִין אוֹתָהּ בְּאֶרֶץ לַחָה כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתְיַיבֵּשׁ. וְקָסָבַר רַב הוּנָא אִם נְעָצָהּ מע"ש וּשְׁלָפָהּ וַהֲדַר נְעָצָהּ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא מְקוֹמָהּ מְרֻוָּוח וּכְשֶׁיִּטְּלֶנָּה בְּשַׁבָּת לֹא תִּתְקַלְקֵל הַגֻּומָּא מֻותָּר לְטַלְטְלָהּ בְּשַׁבָּת וְאִם לָאו אָסוּר. וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ. וְכֵן הָא דְּאָמַר שְׁמוּאֵל הַאי סַכִּינָא דְּבֵינֵי אֻורְבֵי דָּצַהּ וּשְׁלָפָהּ וַהֲדַר דָּצַהּ שְׁרֵי וְאִי לָא אֲסִיר. וְאָמַר מַר זוּטְרָא וְאִיתֵּימָא רַב אַשִּׁי בְּגֻודְרְיָיתָא דְּקָנֵי שַׁפִּיר דָּמֵי א"ל רַב מָרְדֳּכַי לְרָבָא מֵתִיב רַב קַטִּינָא תְּיוּבְתָּא הַטּוֹמֵן לֶפֶת וּצְנוֹנוֹת תַּחַת הַגֶּפֶן אִם הָיוּ מִקְצָתָן מְגֻולִּין אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ לֹא מִשּׁוּם שְׁבִיעִית וְלֹא מִשּׁוּם מַעֲשֵׂר וְלֹא מִשּׁוּם כִּלְאַיִם וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת וְסָלְקָא לָהּ בִּתְיוּבְתָּא אַלְמָא לֹא צָרִיךְ לְמִישְׁלַף וּמִיהְדָּר אֶלָּא לְגַלּוֹיֵי מִקְצָתָן וְכֵן הִלְכְתָא:
Rav Houna dit : la salikoussta, s'il l'a plantée, retirée, puis replantée, c'est permis ; sinon, c'est interdit. Explication : la salikoussta est un bouquet d'aromates, comme le lis de Charon et autres, que l'on met dans une terre humide pour qu'il ne se dessèche pas. Rav Houna pense que s'il l'a plantée la veille de Chabbat, retirée puis replantée, afin que sa place soit élargie et qu'en la prenant le Chabbat la cavité ne s'effondre pas, il est permis de la déplacer le Chabbat ; sinon, c'est interdit. La halakha n'est pas comme lui. De même ce qu'a dit Chmouel : le couteau entre les briques, s'il l'a planté, retiré puis replanté, c'est permis ; sinon, c'est interdit. Mar Zoutra, et certains disent Rav Achi, a dit : dans une haie de roseaux, c'est bien. Rav Mordekhai dit à Rava : Rav Ketina a objecté une réfutation : celui qui enfouit des navets et des radis sous la vigne, si une partie en est visible, il ne craint ni pour la chemita, ni pour le maasser, ni pour les kilayim, et on les prend le Chabbat. Et (la Guemara) conclut par une réfutation. On en déduit qu'il n'est pas nécessaire de retirer et de replanter, mais seulement d'en laisser une partie visible ; et telle est la halakha.
💡 Explication

Retour à la michna de la hatmana (enfouir un plat pour le garder chaud). La marmite est enfouie dans une koupa remplie de toisons, qui sont muktse. Selon Rabbi Elazar ben Azaria, on incline la corbeille pour retirer la marmite sans toucher les toisons.

Rav pose un point d'accord : si la gouma (la cavité laissée par la marmite) s'est effondrée, on ne remet pas la marmite, car il faudrait écarter les toisons à la main. Tossefot : ce geste dépasse le tiltoul min hatsad (déplacement indirect).

Le Roch cite ici la suite du daf (seg. 14-17) et tranche que la halakha ne suit pas Rav Houna : il suffit qu'une partie de l'objet soit visible.

🖼️ Schéma
La marmite enfouie dans la koupa de toisons (seg. 11-13) Rabbi Elazar ben Azaria il incline la koupa sur le côté et prend (de peur que la cavité ne s'effondre) Hakhamim il prend (koupa droite) et il remet Rav : tous admettent si la gouma s'est effondrée, on ne remet pas (on déplacerait les toisons) Question (seg. 12) si la gouma est intacte, pourquoi Rabbi Elazar interdit-il ? Hochchin : on craint qu'elle s'effondre et qu'il remette -> incliner la koupa Ein hochchin : on ne craint pas cas d'une gouma intacte -> prendre et remettre
La koupa de toisons (seg. 11-13).
13
תְּנַן, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: נוֹטֵל וּמַחֲזִיר. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּלָא נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא — שַׁפִּיר קָא אָמְרִי רַבָּנַן. אֶלָּא לָאו, אַף עַל פִּי דְּנִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא.

Nous avons appris : "Et les Sages disent : il prend et il remet." De quel cas s'agit-il ? Si la gouma ne s'est pas effondrée, les Rabbanan disent bien (et quelle serait la raison de Rabbi Elazar ?).

N'est-ce donc pas même si la gouma s'est effondrée ?

📜 Rachi (1)
שַׁפִּיר קָאָמְרִי רַבָּנַן וּמַאי טַעְמָא דר' אֶלְעָזָר:
Les Rabbanan disent bien : et quelle est la raison de Rabbi Elazar ?
🗂️ Tossefot (1)
אִי לֹא נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא פְּשִׁיטָא טְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְמִפְרַךְ מ"ט דְּמַאן דְּאָסַר:
Si la gouma ne s'est pas effondrée, c'est évident : il aurait mieux valu objecter : quelle est la raison de celui qui interdit ?
💡 Explication

Objection contre Rav : si la cavité est intacte, la permission des Hakhamim va de soi, et on ne comprend pas pourquoi Rabbi Elazar ben Azaria interdirait. Il faudrait donc que la discussion porte sur une cavité effondrée, contrairement à ce qu'a dit Rav.

14
לֹא, לְעוֹלָם דְּלָא נִתְקַלְקְלָה, וְהָכָא בְּחוֹשְׁשִׁין קָמִיפַּלְגִי. מָר סָבַר חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא נִתְקַלְקְלָה הַגֻּומָּא, וּמָר סָבַר אֵין חוֹשְׁשִׁין.

Non : en réalité (il s'agit d'un cas où) elle ne s'est pas effondrée, et ici ils divergent sur (le principe de) la crainte. Un Maître pense qu'on craint que la gouma ne s'effondre, et un Maître pense qu'on ne craint pas.

📜 Rachi (1)
חוֹשְׁשִׁין אִי שָׁרֵית לֵיהּ לִיטֹּול לְכַתְּחִילָּה בְּקֻופָּה זְקוּפָה פְּעָמִים שֶׁנִּתְקַלְקְלָה וְאָתֵי נָמֵי לְהַחֲזִירָהּ הִלְכָּךְ תַּקּוּן לֵיהּ רַבָּנָן לְהַטּוֹת קֻופָּה עַל צִדָּהּ:
On craint : si tu lui permets de prendre des le départ avec la koupa droite, il arrivera que la cavité s'effondre et qu'il vienne aussi à remettre (la marmite) ; c'est pourquoi les Rabbanan lui ont fixé d'incliner la koupa sur le côté.
💡 Explication

Réponse : la discussion porte sur une cavité intacte. Rabbi Elazar ben Azaria craint (hochchin) qu'en soulevant la marmite, la cavité ne s'effondre et qu'on vienne à la remettre de façon interdite ; il exige donc d'incliner la koupa. Les Hakhamim ne craignent pas (ein hochchin).

15
אָמַר רַב הוּנָא: הַאי סְלִיקוּסְתָּא — דָּצָהּ, שָׁלְפָה, וַהֲדַר דָּצָהּ — שָׁרִי. וְאִי לָאו, אֲסִיר.

Rav Houna dit : cette salikoussta, s'il l'a plantée, retirée puis replantée, c'est permis ; sinon, c'est interdit.

📜 Rachi (1)
סְלִיקוּסְתָּא עֵשֶׂב שֶׁהוּא נָאֶה לְמַרְאֶה וּלְהָרִיחַ וּמְמַלְּאִין כַּד עָפָר לַח וְתוֹחֲבִין אוֹתוֹ לְתוֹכוֹ וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי שָׂרִים וּכְשֶׁהוּא רוֹצֶה נוֹטְלוֹ וּמֵרִיחַ בּוֹ וּמַחֲזִירוֹ לִמְקוֹמוֹ וְאִי מִבְּעוֹד יוֹם דָּצָהּ לְתוֹךְ הֶעָפָר וּשְׁלָפָהּ וַהֲדַר דָּצָהּ שַׁפִּיר דָּמֵי לִיטְּלָה לְמָחָר וּלְהַחֲזִירָהּ שֶׁהֲרֵי הֻורְחַב מְקוֹם מוֹשָׁבָהּ וְהֻוחְלַק מִבְּעוֹד יוֹם וְאֵינוֹ מֵזִיז עָפָר:
Salikoussta : une herbe belle à voir et odorante. On remplit une jarre de terre humide, on l'y plante et on la présente aux princes ; quand il veut, il la prend, la sent et la remet à sa place. Si, encore de jour (la veille), il l'a plantée dans la terre, retirée puis replantée, il est bien de la prendre le lendemain et de la remettre, car la place où elle repose a été élargie et lissée de jour, et il ne déplace pas de terre.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' מְמַלֵּא אֶת הַקִּיתוֹן וְנוֹתֵן תַּחַת הַכַּר אוֹ תַּחַת הַכֶּסֶת:
Michna : on remplit la cruche (kiton) et on la met sous l'oreiller ou sous le coussin.
💡 Explication

La terre dans laquelle la tige est plantée est muktse. Si l'on retire la tige le Chabbat, on risque de déplacer de la terre. Rav Houna exige donc de planter, retirer et replanter la veille : le trou est alors élargi, et la tige sortira sans remuer la terre.

La glose du Roch rattachée ici est le début de la michna suivante (51a).

🖼️ Schéma
Retirer un objet planté dans une matière muktse (seg. 14-17) Veille de Chabbat : dets'a (planter), chelfa (retirer), vehadar dets'a (replanter) -> la place est élargie Rav Houna salikoussta (tige odorante dans la terre) fait la veille : permis sinon : interdit Chmouel couteau entre les briques fait la veille : permis sinon : interdit Mar Zoutra / Rav Achi couteau dans une haie de roseaux (gourdita) permis sans condition Rav Ketina (teyouvta) : michna du navet enfoui navet ou radis enfoui sous la vigne, quelques feuilles visibles : on le retire le Chabbat, sans dets'a-chelfa préalable (suite en 51a)
Dets'a, chelfa, vehadar dets'a (seg. 14-17).
16
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי סַכִּינָא דְּבֵינֵי אֻורְבֵי — דָּצָהּ, שָׁלְפָה, וַהֲדַר דָּצָהּ — שָׁרִי. וְאִי לָאו אֲסִיר.

Chmouel dit : ce couteau (planté) entre les briques, s'il l'a planté, retiré puis replanté, c'est permis ; sinon, c'est interdit.

📜 Rachi (1)
סַכִּינָא דְּבֵינֵי אֻורְבֵי שֶׁנּוֹעֲצִין סַכִּין בֵּין שׁוּרוֹת הַלְּבָנִים שֶׁבַּבִּנְיָן לְהִשְׁתַּמֵּר:
Le couteau entre les briques : on plante le couteau entre les rangées de briques de la construction pour le garder.
💡 Explication

Même règle chez Chmouel pour un couteau glissé entre les briques d'un mur : sans préparation la veille, le retirer risquerait de faire tomber du mortier ou des fragments.

17
מַר זוּטְרָא, וְאִיתֵּימָא רַב אָשֵׁי אָמַר: בְּגֻורְדְּיָתָא דִּקְנֵי שַׁפִּיר דָּמֵי.

Mar Zoutra, et certains disent Rav Achi, dit : dans une haie de roseaux (gourdita dekanei), c'est bien.

📜 Rachi (1)
בְּגוּרְדְּיָתָא דְּקָנֵי קָנִים הַדְּקָלִים שֶׁיּוֹצְאִין הַרְבֵּה בְּגֶזַע אֶחָד וּתְכוּפִין זֶה בָּזֶה שַׁפִּיר דָּמֵי לִנְעֹוץ בְּתוֹכָן סַכִּין לְשָׁמְרוֹ וְאֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא יִגְרֹור הַקְּלִיפָּה וְחַייָּב מִשּׁוּם מוֹחֵק:
Dans une haie de roseaux : des roseaux minces qui sortent nombreux d'une même souche et se serrent les uns contre les autres. Il est bien d'y planter un couteau pour le garder, et on ne craint pas qu'il n'en racle l'écorce et ne soit coupable de mohek (lisser).
🗂️ Tossefot (1)
גּוּרְדְּיָתָא דְּקָנֵי מִין אִילָן כְּפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס כִּדְמַשְׁמַע בְּעוֹשִׂין פַּסִּין (עֵירוּבִין יט:) וּמַיְירֵי לְמַטָּה מִג' דְּלֵיכָּא אִיסּוּר מִשְׁתַּמֵּשׁ בִּמְחֻובָּר כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (לְקַמָּן שַׁבָּת קכה:) וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף ק.):
Gourdita dekanei : une espèce d'arbre, selon l'explication du Kountras (Rachi), comme il ressort du chapitre Ossin passin (Erouvin 19b). Il s'agit (d'un endroit) à moins de trois (tefahim du sol), où il n'y a pas l'interdit de se servir d'un végétal attaché au sol, comme on dit au chapitre Kol hakelim (plus loin, Chabbat 125b) et au dernier chapitre d'Erouvin (100a).
💡 Explication

Dans une touffe de roseaux, le couteau peut être planté et retiré sans préparation. Rachi : on ne craint pas qu'en le retirant on racle l'écorce (mohek). Tossefot précise que le couteau est planté à moins de trois tefahim du sol, là où il n'y a pas d'interdit de se servir d'un végétal attaché au sol.

18
אֲמַר לֵיהּ רַב מָרְדֳּכַי לְרָבָא, מֵתִיב רַב קַטִּינָא תְּיוּבְתָּא: הַטּוֹמֵן לֶפֶת וּצְנוֹנוֹת תַּחַת הַגֶּפֶן, אִם הָיָה מִקְצָת עָלָיו מְגֻולִּים — אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ

Rav Mordekhai dit à Rava : Rav Ketina a objecté une réfutation : celui qui enfouit des navets et des radis sous la vigne, si une partie de leurs feuilles est visible, il ne craint (ni pour les kilayim...)

📜 Rachi (2)
מֵתִיב רַב קַטִּינָא תְּיוּבְתָּא לְהָנָךְ רַבָּנָן דְּאָמְרִי דְּאִי לֹא דָּצָהּ וּשְׁלָפָהּ אָסוּר:
Rav Ketina a objecté une réfutation : contre ces Maîtres qui disent que s'il n'a pas planté et retiré, c'est interdit.
הַטּוֹמֵן לֶפֶת לְהִשְׁתַּמֵּר בַּקַּרְקַע שֶׁכֵּן דַּרְכּוֹ הָא דִּנְקַט מִקְצָת עָלָיו מְגֻולִּין מִשּׁוּם נִיטָּלִין בְּשַׁבָּת נְקַט לָהּ וְלָאו מִשּׁוּם מִידִי אַחֲרֵינִי דְּאִי אֵין מִקְצָת עָלָיו מְגֻולִּין אֵין לוֹ בַּמֶּה לְאָוחְזָהּ אא"כ מֵזִיז הֶעָפָר בְּיָדַיִם:
Celui qui enfouit un navet : pour le conserver dans la terre, car c'est ainsi qu'on le garde. S'il a précisé "une partie de ses feuilles visible", c'est à cause de "on les prend le Chabbat", et non pour une autre raison : si aucune partie des feuilles n'est visible, il n'a rien par où le saisir, à moins de déplacer la terre avec les mains.
🗂️ Tossefot (2)
הַטּוֹמֵן לֶפֶת וּצְנוּנוֹת כו' ע"כ בְּשֶׁלֹּא הִשְׁרִישׁוּ מַייְרֵי דִּבְהִשְׁרִישׁוּ לֹא הָיוּ נִיטָּלִין בְּשַׁבָּת וְאִם תֹּאמַר בִּשְׁלָמָא כִּלְאַיִם וּשְׁבִיעִית אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמְעִינַן דְּלָא גָּזְרִינַן כְּשֶׁמִּתְכַּוֵּין לְהַטְמִין אַטּוּ דִּילְמָא אָתֵי לְנוֹטְעָהּ אֲבָל מַעֲשֵׂר אַמַּאי נַקְטֵיהּ דְּאַפֵּי' הִשְׁרִישׁוּ לֹא שַׁייָּךְ מַעֲשֵׂר כֵּיוָן דְּלֵיכָּא תּוֹסֶפֶת וְאִי נַקְטֵיהּ דְּשָׁרֵי לְעַשֵּׂר מִן הַתָּלוּשׁ מִמָּקוֹם אַחֵר עָלָיו אוֹ לַעֲשׂוֹתוֹ מַעֲשֵׂר עַל הַתָּלוּשׁ וְלָא חָיְישִׁי' דִּילְמָא אָתֵי לְעַשֵּׂר מִן הַתָּלוּשׁ עַל הַמְחֻובָּר אוֹ לְהֵפֶךְ א"כ הֲוָה לֵיהּ לְמִינְקַט תְּרוּמָה דִּבְכָל דֻּוכְתָּא רָגִיל לְהַזְכִּיר תְּרוּמָה עַל זֶה כִּדְאָמַר (תְּרוּמוֹת פ"א מַה) אֵין תּוֹרְמִין מִן הַתָּלוּשׁ עַל הַמְחֻובָּר פֵּירוֹת עֲרוּגָה זוֹ תְּלוּשִׁין יִהְיוּ תְּרוּמָה עַל פֵּירוֹת עֲרוּגָה זוֹ מְחֻובָּרִין וְאוֹמֵר ר"י דִּרְגִילוּת הוּא שֶׁמִּתּוֹסְפִין מֵחֲמַת לִיחְלוּחִית הַקַּרְקַע כְּמוֹ שֶׁאָנוּ רוֹאִין שׁוּמִין וּבְצָלִים שֶׁמִּתּוֹסְפִין אַפֵּי' כְּשֶׁמֻּונָּחִין בַּחַלּוֹן וְעַל אוֹתוֹ תּוֹסֶפֶת קָאָמַר דְּלָא בָּעֵי לְעַשּׂוֹרֵי וְדַוְקָא נְקַט הַטּוֹמֵן אֲבָל בְּמִתְכַּוֵּין לִנְטִיעָה חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם כֻּולָּן:
Celui qui enfouit des navets et des radis, etc. : il s'agit forcément du cas où ils n'ont pas pris racine, car s'ils avaient pris racine, on ne les prendrait pas le Chabbat. Et si tu demandes : on comprend qu'il faille nous apprendre (l'absence de crainte) pour les kilayim et la chemita, qu'on ne décrète pas, quand il entend enfouir, de peur qu'il ne vienne à planter ; mais pourquoi mentionner le maasser ? Même s'ils ont pris racine, le maasser ne s'y applique pas, puisqu'il n'y a pas de croissance. Et s'il le mentionne pour permettre de prélever la dîme sur eux pour du produit détaché d'un autre endroit, où d'en faire la dîme pour du produit détaché, sans craindre qu'on en vienne à prélever du détaché pour l'attaché ou l'inverse, alors il aurait dû mentionner la terouma, car partout on a l'habitude de mentionner la terouma à ce sujet, comme on dit (Teroumot 1,5) : on ne prélève pas la terouma du détaché pour l'attaché ; (et) les fruits de cette plate-bande, détachés, seront terouma pour les fruits de cette plate-bande, attachés. Le Ri dit : il est courant qu'ils grossissent par l'humidité du sol, comme nous voyons l'ail et les oignons grossir même posés sur une fenêtre ; c'est de cette croissance qu'il dit qu'il n'est pas nécessaire de prélever la dîme. Et il a dit précisément "celui qui enfouit" ; mais s'il entend planter, il doit craindre pour toutes (ces règles).
מִקְצָת עָלָיו מְגֻולִּים מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִתְנֵי וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת נְקַט מִקְצָת עָלָיו מְגֻולִּים כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וּבֶעָרוּךְ מַשְׁמַע דְּמִשּׁוּם כּוּלְּהוּ נְקַט דְּפֵירֵשׁ בְּשֵׁם רַב הַאי גָּאוֹן דְּגָרַס אִם הָיוּ מִקְצָתָם מְגֻולִּים שֶׁאִם הָאִמָּהוֹת טְמוּנִים בַּקַּרְקַע וְהֶעָלִים מְגֻולִּים הֲרֵי זוֹ זְרִיעָה מְעֻולָּה אֶלָּא דַּוְקָא מִקְצָתָן מְגֻולִּים אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם כִּלְאַיִם וּשְׁבִיעִית דְּלָאו זְרִיעָה הִיא וּמַה שֶׁהִקְשָׁה וַהֲלֹא זְרִיעָה מְעֻולָּה הִיא לָאו פִּירְכָא הִיא דִּבְלֹא הִשְׁרִישׁוּ אַיְירֵי כִּדְפָרֵישִׁית וּלְפֵירוּשׁוֹ קָשֶׁה דִּבְפֶרֶק חַלּוֹן (עֵירוּבִין דַּף עז. וְשָׁם) קָאָמַר רַב יְחִיאֵל כָּפָה סֵפֶל מְמַעֵט וּפָרִיךְ וְהָא נִיטֶּלֶת בְּשַׁבָּת הוּא וְאַמַּאי מְמַעֵט וּמְשַׁנֵּי דְּאִית לָהּ אֳוגָנִים וְחַבְרֵיהּ בְּאַרְעָא וּפָרִיךְ וְכִי יֵשׁ לוֹ מַאי הָוֵי וְהָתְנַן הַטּוֹמֵן לֶפֶת כּוּ' וְאִי גָּרַס מִקְצָת מְגֻולִּים מַאי פָּרִיךְ הָא לָא דָּמֵי לְסֵפֶל שֶׁיֵּשׁ לוֹ אֳוגָנִים וְאוֹמֵר רִ"י דְּיֵשׁ לוֹמַר דְּבִנְטִיעָה אִיכָּא קַרְקַע קָשֶׁה וְדָבוּק בְּיוֹתֵר וּמְדַמֶּה לֵיהּ לְסֵפֶל שֶׁיֵּשׁ לוֹ אֳוגָנִים וְאֵין לְהַקְשׁוֹת לְפֵירוּשׁ הֶעָרוּךְ דְּמַאי פָּרֵיךְ מִינָּהּ לִשְׁמוּאֵל לֵימָא דְּהַךְ מִשְׁנָה סָבַר טִלְטוּל מִן הַצַּד לָא שְׁמֵיהּ טִלְטוּל כְּאֶלְעָזָר בֶּן תַּדַּאי וּמִקְצָת מְגֻולִּין נְקַט מִשּׁוּם אַחֲרֵינִי וְלֹא מִשּׁוּם שַׁבָּת וּשְׁמוּאֵל סָבַר כְּרַבָּנָן דְּאִיכָּא לְמֵימַר דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּמִשּׁוּם שַׁבָּת נָמֵי נְקַט לָהּ מִדְּלָא תְּנָא בְּהֶדְיָא וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת אֲפִילּוּ מְכֻוסִּין ש"מ דִּמְכֻוסִּין אֲסוּרִין כְּרַבָּנָן וְאַפֵּ"ה מִקְצָתָן מְגֻולִּין שָׁרִי:
Une partie de ses feuilles visible : parce qu'il veut enseigner "on les prend le Chabbat", il précise "une partie de ses feuilles visible", comme l'explique le Kountras. Mais de l'Aroukh il ressort qu'il le précise pour toutes (les règles), car il explique au nom de Rav Haï Gaon, qui lit "si une partie d'eux était visible" : si les corps (des racines) sont enfouis dans la terre et les feuilles visibles, c'est une excellente semaille ; mais précisément si une partie d'eux est visible, il ne craint pas pour les kilayim et la chemita, car ce n'est pas une semaille. Et ce qu'il a objecté, "n'est-ce pas une excellente semaille ?", n'est pas une réfutation, car il s'agit du cas où ils n'ont pas pris racine, comme je l'ai expliqué. Selon son explication, c'est difficile : au chapitre Halon (Erouvin 77a), Rav Yehiel dit qu'un bassin (sefel) renversé réduit (la hauteur) ; on objecte : mais il peut être pris le Chabbat, pourquoi réduirait-il ? On répond qu'il a des rebords et qu'il est enfoncé dans la terre ; on objecte : et s'il en a, qu'importe ? N'avons-nous pas appris : celui qui enfouit un navet, etc. ? Or s'il lit "une partie d'eux visible", quelle est l'objection ? Ce cas ne ressemble pas au bassin qui a des rebords. Le Ri dit qu'on peut répondre : dans la plantation, la terre est dure et très collée, et il la compare au bassin qui a des rebords. On ne peut pas objecter à l'explication de l'Aroukh : quelle objection tire-t-il de là contre Chmouel ? Disons que cette michna pense que le déplacement indirect n'est pas considéré comme un déplacement, comme Elazar ben Tadaï, et qu'elle a précisé "une partie visible" pour les autres (règles) et non pour le Chabbat, alors que Chmouel pense comme les Rabbanan. On peut répondre qu'il comprenait qu'elle le précise aussi pour le Chabbat, puisqu'elle n'a pas enseigné explicitement "on les prend le Chabbat même couverts" ; on en déduit que couverts, ils sont interdits, comme les Rabbanan, et que néanmoins, une partie visible, c'est permis.
💡 Explication

Rav Ketina réfute Rav Houna et Chmouel par une michna : un navet enfoui dont quelques feuilles dépassent peut être retiré le Chabbat, sans préparation la veille, alors que de la terre bouge forcément. La suite de la michna et de la discussion est en 51a.

Rachi : les feuilles visibles servent à saisir le navet sans remuer la terre à la main. Tossefot discute avec l'Aroukh si cette précision vaut aussi pour les règles de kilayim et de chemita.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).