Shabbat 51a — Envelopper le froid, ajouter à l'enveloppe, retirer la marmite

Shabbat 51a

Sougya : Le daf clôt la discussion sur le déplacement de la terre (réfutation de Rav Houna et Chmouel), puis ouvre la michna : on n'enveloppe pas une marmite après la tombée de la nuit, mais on peut recouvrir ce qui s'est découvert, et envelopper une cruche d'eau froide. La guemara débat de la hatmana du froid : Chmouel permet, Rabbi interdisait puis se range à l'avis de Rabbi Yossi (kevar hora zaken).

Épisode de Rav Nahman et de son esclave Darou : Rabbi Ami s'irrite, car un homme important doit être plus strict. Enfin, la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel : ajouter ou échanger l'enveloppe, transvaser d'un récipient à l'autre, et les conditions pour retirer et remettre une marmite enveloppée dans une matière muktsé.

Hatmana du froid (tsonen) le Chabbat : qui permet, qui interdit ?Envelopper un aliment froidpour qu'il ne chauffe pasPERMISChmouel (Rav Yehouda au nom de)Rabbi Yossi, puis Rabbi (baraita)Rav Nahman l'appliqueINTERDITRabbi, avant d'entendreRabbi Yichmael b. R. Yossi(Rav Houna au nom de Rabbi)Rabbi se rétracte : 'kevar hora zaken'Abaye : Chmouel ajoute à la michna le cas d'un aliment qu'on envelopped'habitude pour le chauffer (tavchil) : même lui, on peut l'envelopper froid
Hatmana du froid : les positions et la rétractation de Rabbi
Rabban Chimon b. Gamliel : retirer et remettre la marmite enveloppéeGarniture / CouvercleCouvercle NILAL (déplaçable)Couvercle muktsé (non déplaçable)GarnitureNILALGarnituremuktséNotel oumahaziron ôte le couvercleet on saisit la marmiteNotel oumahazirle couvercle s'enlève ;la garniture muktsén'est pas touchéeDépendmarmite en partie découverte-> permissinon -> interditDépendmarmite en partie découverte-> permissinon -> interditRachi : si une partie est découverte, on saisit la marmite et le couvercle tombe de lui-même
Garniture et couvercle : quand peut-on retirer et remettre la marmite
1
לֹא מִשּׁוּם כִּלְאַיִם, וְלֹא מִשּׁוּם שְׁבִיעִית, וְלֹא מִשּׁוּם מַעֲשֵׂר, וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת! תְּיוּבְתָּא.

(... ils ne sont soumis ni à l'interdit de) kilayim (mélange de semences), ni à celui de la chevi'it (année sabbatique), ni à celui du ma'asser (dîme), et on les arrache le Chabbat ! C'est une réfutation (tiyouvta).

📜 Rachi (3)
לֹא מִשּׁוּם כִּלְאַיִם דְּאֵין זוֹ שְׁתִילָה:
Ni pour kilayim : car ce n'est pas une plantation.
וְלֹא מִשּׁוּם מַעֲשֵׂר דְּנֵימָא בָּטְלָה לָהּ אַגַּב קַרְקַע וַהֲרֵי הוּא כְּלוֹקְטָהּ מִתְּחִלָּה וִיהֵא צָרִיךְ לְעַשֵּׂר עַל הַנּוֹסָף שֶׁמָּא נִיתְוַסֵּף:
Ni pour le ma'asser : (on aurait pu) dire que (le navet) s'est annulé du fait du sol, et qu'il est comme s'il était cueilli depuis le début ; il faudrait alors prélever la dîme sur ce qui s'est ajouté, de peur qu'il n'ait grandi.
וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת שֶׁאוֹחֲזָהּ בְּמִקְצָת עָלֶיהָ הַמְגֻולִּין וְלָא חָייֵשׁ אִם הֶעָפָר נִיזּוֹז מֵאֵלָיו וה"ה לִסְלִיקוּסְתָּא:
Et on les arrache le Chabbat : il le saisit par une partie de ses feuilles découvertes, et on ne se soucie pas que la terre bouge d'elle-même ; et il en va de même pour la selikousta.
💡 Explication

Fin de la sougya de 50b : la baraita sur les navets et radis enterrés permet de les arracher le Chabbat, même si de la terre se déplace. Cela contredit Rav Houna et Chmouel, qui se souciaient du déplacement de la terre. La guemara conclut : tiyouvta, réfutation définitive.

2
מַתְנִי׳ לֹא כִּסָּהוּ מִבְּעוֹד יוֹם — לֹא יְכַסֶּנּוּ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ. כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה, מֻותָּר לְכַסּוֹתוֹ. מְמַלֵּא אֶת הַקִּיתוֹן וְנוֹתֵן לְתַחַת הַכַּר אוֹ תַּחַת הַכֶּסֶת.

MICHNA. S'il ne l'a pas couvert (la marmite) pendant qu'il faisait encore jour, il ne la couvrira pas après la tombée de la nuit.

S'il l'a couverte et qu'elle s'est découverte, il est permis de la recouvrir. On remplit la cruche (kiton) et on la met sous l'oreiller (kar) ou sous le coussin (késet).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' לֹא יְכַסֶּנּוּ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ הָא פָּרֵישְׁנָא טַעְמָא בפ"ב (דַּף לד.) מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ אֵין טוֹמְנִין בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף הֶבֶל מִשֶּׁחָשֵׁיכָה גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ:
Michna. Il ne la couvrira pas après la tombée de la nuit : nous en avons expliqué la raison au deuxième chapitre (34a) : pourquoi a-t-on dit qu'on n'enveloppe pas, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, après la tombée de la nuit ? C'est une gezera (décret), de peur qu'il ne fasse bouillir.
מְמַלֵּא הַקִּיתוֹן שֶׁל צוֹנֵן:
On remplit la cruche : (d'eau) froide.
וְנוֹתֵן לְתוֹךְ הַכַּר שֶׁלֹּא יֵחַמּוּ בְּחֹום הַקַּיִץ וְהַחַמָּה כְּגוֹן כַּר וְכֶסֶת שֶׁל לְבָדִין שֶׁאֵינוֹ מְחַמֵּם:
Et on la met sous l'oreiller : pour qu'elle ne chauffe pas dans la chaleur de l'été et du soleil, par exemple un oreiller et un coussin de feutre, qui ne réchauffent pas.
🗂️ Tossefot (1)
כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה מֻותָּר לְכַסּוֹתוֹ נִרְאֶה לר"י דה"ה דְּמֻותָּר לְגַלּוֹתוֹ בְּיָדַיִם וְלַחֲזֹור וּלְכַסּוֹתוֹ כְּמוֹ שֶׁמֻּותָּר לִיטֹּול הַקְּדֵרָה וּלְהַחֲזִירָהּ וְהָא דִּנְקַט כִּסָּהוּ וְנִתְגַּלָּה מִשּׁוּם דְּנִתְגַּלָּה מִבְּעוֹד יוֹם אַיְירֵי דֻּומְיָא דְּרֵישָׁא לֹא כִּסָּהוּ מִבְּעוֹד יוֹם וְקָאָמַר דְּמֻותָּר לְכַסּוֹתוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ אֲבָל אִם גִּילָּהוּ בְּיָדַיִם מִבְּעוֹד יוֹם כְּדֵי לְכַסּוֹתוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ אָסוּר לְכַסּוֹתוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ דְּדָמְיָא לִתְחִלַּת הַטְמָנָה:
S'il l'a couverte et qu'elle s'est découverte, il est permis de la recouvrir : il semble au Ri qu'il en va de même s'il la découvre de ses mains : il peut la recouvrir, de même qu'il est permis de prendre la marmite et de la remettre. S'il a dit 'l'a couverte et elle s'est découverte', c'est qu'il s'agit d'un cas où elle s'est découverte de jour, comme dans la première partie, 'il ne l'a pas couverte de jour', et il dit qu'il est permis de la couvrir après la tombée de la nuit. Mais s'il l'a découverte de ses mains pendant le jour afin de la couvrir après la tombée de la nuit, il est interdit de la couvrir après la tombée de la nuit, car cela ressemble à un début de hatmana.
💡 Explication

La michna pose trois règles. (1) La hatmana (envelopper une marmite pour garder sa chaleur) ne peut commencer après la nuit, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur : décret de peur qu'il trouve le plat refroidi et le fasse bouillir. (2) Une enveloppe mise de jour qui a glissé peut être remise. (3) On peut envelopper de l'eau froide pour la garder fraîche.

Tossefot (Ri) : la permission de recouvrir couvre aussi le cas où il l'a découverte lui-même le Chabbat ; elle est refusée s'il l'a découverte de jour dans le but de la couvrir la nuit.

3
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מֻותָּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קָמַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: מְמַלֵּא אָדָם קִיתוֹן וְנוֹתֵן תַּחַת הַכַּר אוֹ תַּחַת הַכֶּסֶת!

GUEMARA. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il est permis d'envelopper le froid (tsonen).

Rav Yossef a dit : que nous apprend-il ? Nous l'avons déjà appris : un homme remplit une cruche et la met sous l'oreiller ou sous le coussin !

📜 Rachi (1)
גְּמ' מֻותָּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן מִפְּנֵי הַחַמָּה שֶׁלֹּא יֵחַמּוּ וְלָא גָּזְרִינַן אַטּוּ הַטְמָנָה כְּדֵי שֶׁיֵּחַמּוּ:
Guemara. Il est permis d'envelopper le froid : à cause du soleil, pour qu'il ne chauffe pas ; et nous ne décrétons pas à cause de l'enveloppe destinée à chauffer.
4
אָמַר לֵיהּ אַבַּיֵּי: טוּבָא קָמַשְׁמַע לַן, דְּאִי מִמַּתְנִי׳ הֲוָה אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי — דָּבָר שֶׁאֵין דַּרְכּוֹ לְהַטְמִין, אֲבָל דָּבָר שֶׁדַּרְכּוֹ לְהַטְמִין לָא — קָמַשְׁמַע לַן.

Abaye lui dit : il nous apprend beaucoup. Car si c'était (seulement) par la michna, j'aurais dit : ces paroles (valent pour) une chose qu'on n'a pas l'habitude d'envelopper ; mais une chose qu'on a l'habitude d'envelopper, non.

Il nous apprend (que si).

📜 Rachi (2)
אִי מִמַּתְנִי' הֲוָה אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי כְּגוֹן מַיִם צוֹנְנִין שֶׁאֵין דַּרְכָּן לְהַטְמִין תַּחַת כַּר וְכֶסֶת לְחַמְּמָן שֶׁאֵין מִתְחַמְּמִין בְּכָךְ הִלְכָּךְ לֵיכָּא לְמִיגְזַר:
Si c'était par la michna, j'aurais dit : ces paroles, par exemple de l'eau froide, qu'on n'a pas l'habitude d'envelopper sous un oreiller et un coussin pour la chauffer, car elle ne se réchauffe pas ainsi ; c'est pourquoi il n'y a pas lieu de décréter.
אֲבָל דָּבָר שֶׁדַּרְכּוֹ לְהַטְמִין לְחַמֵּם כְּגוֹן תַּבְשִׁיל אֵימָא לֹא יַטְמִינֶנּוּ מִפְּנֵי הַחַמָּה:
Mais une chose qu'on a l'habitude d'envelopper : pour la chauffer, par exemple un plat cuisiné ; j'aurais dit qu'on ne l'enveloppera pas (même) à cause du soleil.
💡 Explication

Pourquoi Chmouel doit-il enseigner ce que la michna dit déjà ? Abaye : la michna parle d'eau, qu'on n'enveloppe jamais pour la chauffer. On aurait pu interdire un plat cuisiné froid, car on a l'habitude de l'envelopper chaud, et là on craindrait la confusion. Chmouel permet aussi ce cas.

5
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: אָסוּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. וְהָתַנְיָא: רַבִּי הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן! לָא קַשְׁיָא, הָא מִקַּמֵּיהּ דְּלִישְׁמְעֵיהּ מֵרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי, הָא לְבָתַר דְּלִישְׁמְעֵיהּ. כִּי הָא דְּיָתֵיב רַבִּי וְאָמַר: אָסוּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. אָמַר לְפָנָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: אַבָּא הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. אָמַר: כְּבָר הוֹרָה זָקֵן.

Rav Houna a dit au nom de Rabbi : il est interdit d'envelopper le froid. Or il est enseigné (dans une baraita) : Rabbi a permis d'envelopper le froid !

Il n'y a pas de difficulté : celle-ci (a été dite) avant qu'il l'entende de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, celle-là après qu'il l'eut entendu. Comme dans ce cas où Rabbi était assis et dit : il est interdit d'envelopper le froid.

Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi dit devant lui : mon père a permis d'envelopper le froid. Il dit : l'Ancien a déjà statué (kevar hora zaken).

📜 Rachi (1)
הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן מִפְּנֵי הַחֹום:
Il a permis d'envelopper le froid : à cause de la chaleur.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' מַאי נָאקָה בַּחֲטָם אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן נְאָקָה חִיוָּרָתָא בִּזְמָמָא דְּפַרְזְלָא. וְהַלּוֹבְדְקִים בִּפְרוּמְבְּיָא אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא חֲמָרָא לוּבָא בְּפָגָא דְּפַרְזְלָא. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל מַחְלִיפִין לִפְנֵי רַבִּי שֶׁל זוֹ בָּזוֹ מַהוּ נָאקָה בְּאַפְסָר לָא תִּיבְּעֵי לָךְ כֵּיוָן דְּלָא מִינַּטְרָא בֵּיהּ וַדַּאי מַשּׂוֹי הוּא. כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ גָּמָל בַּחֲטָם מַאי מִי אָמְרִי' כֵּיוָן דְּסַגִּי לֵיהּ בְּאַפְסָר מַשּׂוֹי הוּא. אוֹ דִּילְמָא כָּל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָּא לָא אָמְרִי' מַשּׂוֹי הוּא אָמַר לְפָנָיו ר' יִשְׁמָעֵאל בַּר' יוֹסֵי כָּךְ אָמַר אַבָּא אַרְבַּע בְּהֵמוֹת יוֹצְאוֹת בְּאַפְסָר הַסּוּס וְהַפֶּרֶד וְהַגָּמָל וְהַחֲמוֹר. לִמְעוּטֵי מַאי לַָאו לְמַעוֹטֵי גָּמָל בַּחֲטָם לָא לְמַעוֹטֵי נָאקָה בְּאַפְסָר בְּמַתְנִיתָא תָּנָא לֻובְדְּקִים וְגָמָל יוֹצְאִין בְּאַפְסָר בְּאַפְסָר אִין בַּחֲטָם לָא אַלְמָא כָּל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא מַשּׂוֹי הוּא וְאָסוּר. וְכֵן הִלְכְתָא. וְאִי קָשֶׁה לָךְ וְהָא חָזֵינָא הָכָא דְּלוּבְדְקִים מִנְּטַר בְּאַפְסָר וְאָמַר דְּיוֹצֵא בִּפְרוּמְבְּיָא וּפְרוּמְבִּיָּא עָדִיף מֵאַפְסָר דְּקָתָנֵי לְקַמָּן חֲמוֹר שֶׁעֲסָקָיו רָעִים מַהוּ לָצֵאת בִּפְרוּמְבְּיָא אַלְמָא דְּעָדִיף מֵאַפְסָר. וי"ל דְּלָא הָוֵי כ"כ נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא גַּבֵּי לוּבְדְּקִים דְּנַחְשֹׁוב לֵיהּ כְּמַשּׂוֹי. אע"ג דִּלְגַבֵּי חֲמוֹר פְּשִׁיטָא לֵיהּ דְּאָסוּר בִּפְרוּמְבְּיָא מִשּׁוּם דְּסַגִּי לֵיהּ בְּאַפְסָר לָא אָמְרִינַן מִשּׁוּם דְּגַבֵּי חֲמוֹר חֲשִׁיב לֵיהּ נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא הָוֵי גַּם גַּבֵּי לוּבְדְּקִים וְאָסוּר. ואע"ג דְּאָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כַּחֲנַנְיָא דְּאָמַר נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא לָאו מַשּׂוֹי הוּא לֵית הִלְכְתָא כְּוָתֵיהּ דְּהָא רַב פְּלִיג עָלֶיהָ וְאָמַר בֵּין לְנוֹי בֵּין לְשַׁמֵּר אָסוּר וּמוֹתְבִינַן עֲלֵיהּ דְּרַב וְלָא קָאָמְרִי' תְּיוּבְתָּא אֶלָּא פָּרִיקוּ לֵיהּ תְּלָתָא בָּתְרָאֵי וְאִינּוּן אַבַּיֵּי וְרָבָא וְרָבִינָא וּמִדְּאִיכְּפַלוּ וּפָרִיקוּ כּוּלְּהוּ אַלִּיבָּא דְּרַב שְׁמַע מִינָּה הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ וְעוֹד דקי"ל כְּרַב בְּאִיסּוּרֵי הִלְכָּךְ כָּל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא אָסוּר כְּגוֹן פָּרָה בְּאַפְסָר וְסוּס יוֹצֵא בְּרֶסֶן אוֹ בְּאַפְסָר דְּרָסָן שֶׁלָּנוּ כְּמוֹ שִׁיר שֶׁלָּהֶן דִּלְדִידַן נְטִירוּתָא דְּסוּס בְּרֶסֶן. וְאָסוּר לָצֵאת בִּשְׁנֵיהֶן בְּרֶסֶן וּבְאַפְסָר. וְכָל נוֹי בְּהֵמָה אָסוּר לָצֵאת בָּהּ בְּשַׁבָּת. וּמֻותָּר לִיתֵּן הָרֶסֶן אוֹ הָאַפְסָר בְּסוּס וְלֵית בֵּיהּ מִשּׁוּם אִיסּוּר טִלְטוּל דְּמוּכָן הוּא לִבְהֵמָה וּמֻותָּר לִכְרֹוךְ חֶבֶל הָאַפְסָר סְבִיב הַצַּוָּאר שֶׁל בְּהֵמָה וְתֵצֵא בּוֹ כִּדְאָמַר דְּעִיגְלֵי דְּרַב הוּנָא יוֹצְאִין בְּאַפְסְרֵיהֶן כְּרוּכִין בְּשַׁבָּת. וּמֻולְאוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּייוֹצְאִין כְּרֻוכִּין בְּאַפְסְרֵיהֶן בְּשַׁבָּת. וְכָל בַּעֲלֵי הַשִּׁיר יוֹצְאִין בְּשֵׁיר וְנִמְשָׁכִין בְּשֵׁיר מַאי יוֹצְאִין וּמַאי נִמְשָׁכִין. אָמַר רַב הוּנָא אוֹ יוֹצְאִין כְּרוּכִים אוֹ יוֹצְאִין נִמְשָׁכִין וּמַסְּקָנָא דִּשְׁמַעְתְּתָא דְּיוֹצְאִין כְּרֻוכִּין וְיוֹצְאִין נִמְשָׁכִין:
Guemara. Qu'est-ce que 'la chamelle (naka) avec l'anneau nasal (hotem)' ? Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : une chamelle blanche avec une muselière de fer. 'Et les loubdekim avec la frumbia' : Rabba bar Rav Houna a dit : un âne libyen avec un mors de fer. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : on a interverti devant Rabbi ceux-ci et ceux-là. Qu'en est-il ? La chamelle avec un licou (afsar), ne le demande pas : puisqu'elle n'est pas gardée par lui, c'est certainement un fardeau (massoui). Demande-le pour le chameau avec l'anneau nasal : qu'en est-il ? Disons-nous, puisqu'un licou lui suffit, c'est un fardeau ? Ou peut-être, de toute garde supplémentaire, ne disons-nous pas que c'est un fardeau ? Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi a dit devant lui : ainsi a dit mon père : quatre bêtes sortent avec le licou : le cheval, le mulet, le chameau et l'âne. Pour exclure quoi ? N'est-ce pas pour exclure le chameau avec l'anneau nasal ? Non, pour exclure la chamelle avec le licou. Dans une baraita il est enseigné : les loubdekim et le chameau sortent avec le licou ; avec le licou oui, avec l'anneau nasal non. Il en ressort que toute garde supplémentaire est un fardeau et interdite. Et telle est la halakha. Et si tu objectes : nous voyons pourtant ici que les loubdekim sont gardés par le licou, et on dit qu'ils sortent avec la frumbia, or la frumbia est supérieure au licou, comme il est enseigné plus loin : un âne de mauvaise conduite, peut-il sortir avec la frumbia ? Il en ressort qu'elle est supérieure au licou. On peut répondre que ce n'est pas une garde supplémentaire importante au point de la considérer comme un fardeau pour les loubdekim. Bien que pour l'âne il soit évident que la frumbia est interdite parce qu'un licou lui suffit, nous ne disons pas : puisque pour l'âne on la considère comme une garde supplémentaire, elle l'est aussi pour les loubdekim et interdite. Et bien que Chmouel ait dit que la halakha suit Hanania, qui dit qu'une garde supplémentaire n'est pas un fardeau, la halakha ne suit pas son avis, car Rav le conteste et dit : que ce soit pour l'ornement ou pour la garde, c'est interdit ; on a objecté contre Rav et on n'a pas conclu à une réfutation, mais les trois derniers, Abaye, Rava et Ravina, ont résolu (les objections) pour lui ; puisqu'ils se sont tous appliqués à résoudre selon Rav, on en déduit que la halakha suit son avis. De plus, nous tenons que la halakha suit Rav dans les interdits. Par conséquent toute garde supplémentaire est interdite, par exemple une vache avec un licou, et un cheval sort avec la bride (resen) ou avec le licou, car notre bride est comme leur collier (chir) : pour nous, la garde du cheval se fait avec la bride. Il est interdit de sortir avec les deux, la bride et le licou. Et tout ornement d'animal, il est interdit de sortir avec le Chabbat. Il est permis de mettre la bride ou le licou au cheval, et il n'y a pas là d'interdit de déplacement (tiltoul), car c'est préparé pour l'animal. Il est permis d'enrouler la corde du licou autour du cou de l'animal et qu'il sorte ainsi, comme il est dit que les veaux de Rav Houna sortaient avec leurs licous enroulés le Chabbat, et les moutons de la maison de Rabbi sortaient enroulés dans leurs licous le Chabbat. 'Et tous ceux qui portent un collier sortent avec le collier et sont tirés par le collier' : que signifie 'sortent' et que signifie 'sont tirés' ? Rav Houna a dit : soit ils sortent enroulés, soit ils sortent tirés. La conclusion de la sougya est qu'ils sortent enroulés et sortent tirés.
💡 Explication

Deux traditions contradictoires sur Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi). Solution chronologique : il interdisait, puis, apprenant que Rabbi Yossi permettait, il s'est rangé à son avis : kevar hora zaken, l'Ancien a déjà tranché.

Note : la glose du Roch rattachée ici par la source porte en réalité sur la sougya suivante (chapitre Bameh Behema, animaux qui sortent avec licou ou anneau le Chabbat). La mention de Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi citant son père explique ce rattachement.

6
אָמַר רַב פָּפָּא: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה מְחַבְּבִין זֶה אֶת זֶה. שֶׁאִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי קַייָּם, הָיָה כָּפוּף וְיוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבִּי. דְּהָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי דִּמְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו הֲוָה, וְכָפוּף וְיוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבִּי, וְקָאָמַר: כְּבָר הוֹרָה זָקֵן.

Rav Pappa a dit : viens et vois combien ils s'aimaient l'un l'autre. Car si Rabbi Yossi avait été vivant, il aurait été soumis et assis devant Rabbi.

En effet, Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi, qui remplissait la place de ses pères, était soumis et assis devant Rabbi, et (Rabbi) dit : l'Ancien a déjà statué.

📜 Rachi (3)
מְמַלֵּא מְקוֹם אֲבוֹתָיו גָּדוֹל כְּאָבִיו:
Qui remplissait la place de ses pères : grand comme son père.
הָיָה כָּפוּף וְיוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבִּי מִפְּנֵי כְּבוֹד הַנְּשִׂיאוּת וְלֹא הָיָה מוֹרֶה לְפָנָיו אע"פ שֶׁגָּדוֹל הֵימֶנּוּ:
Il aurait été soumis et assis devant Rabbi : par honneur pour la fonction de Nassi, et il n'aurait pas enseigné la halakha devant lui, bien qu'il fut plus grand que lui.
כְּבָר הוֹרָה זָקֵן גָּדְלוֹ וְנָשְׂאוּ עָלָיו:
L'Ancien a déjà statué : il l'a grandi et élevé au-dessus de lui.
🗂️ Tossefot (1)
אִילּוּ הָיָה ר' יוֹסֵי קַיָּים הָיָה כָּפוּף כּוּ' פֵּי' רַבֵּינוּ שְׁלֹמֹה מֵחֲמַת נְשִׂיאוּתוֹ דְּהָא ר"י הָיָה גָּדוֹל מֵרַבִּי כִּדְמוֹכַח בפ"ב דְּנִדָּה (דַּף יד: וְשָׁם) דְּאָמַר לֵיהּ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי לֵר' חָמָא בַּר בִּיסַּנָא כְּדִבְרֵי רַבִּי אוֹמֵר לָךְ אוֹ כְּדִבְרֵי אַבָּא אֲמַר לֵיהּ כְּדִבְרֵי רַבִּי אֱמֹור לִי אָמַר לֵיהּ זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים עָלָיו דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא שֶׁמַּנִּיחַ דִּבְרֵי הָרַב וְשׁוֹמֵעַ דִּבְרֵי הַתַּלְמִיד ור"ת מְפָרֵשׁ דְּוַדַּאי מִתְּחִלָּה הָיָה רַבִּי תַּלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי אֲבָל אַחַ"כּ נִתְחַכֵּם רַבִּי כִּדְקָאָמ' הָתָם וְר' חֲמָא סָבַר רַבִּי רֵישׁ מְתִיבְתָּא שְׁכִיחֵי רַבָּנָן גַּבֵּיהּ וּמְחַדְּדָן שֶׁמְּעֻתָּתֶיהָ:
Si Rabbi Yossi avait été vivant, il aurait été soumis, etc. : Rabbenou Chlomo (Rachi) explique : à cause de sa fonction de Nassi, car Rabbi Yossi était plus grand que Rabbi, comme il ressort du deuxième chapitre de Nidda (14b), où Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi dit à Rabbi Hama bar Bisna : te le dirai-je selon les paroles de Rabbi ou selon les paroles de mon père ? Il lui répondit : dis-le moi selon les paroles de Rabbi. Il lui dit : c'est celui dont on dit qu'il est un grand homme, qui laisse les paroles du maître et écoute celles de l'élève ! Rabbenou Tam explique qu'assurément, au début, Rabbi était l'élève de Rabbi Yossi, mais qu'ensuite Rabbi est devenu plus savant, comme il est dit là-bas : Rabbi Hama pensait que Rabbi est chef de la yechiva, les Sages sont fréquemment auprès de lui et aiguisent son enseignement.
💡 Explication

Rav Pappa souligne l'estime réciproque : Rabbi Yossi se serait soumis à Rabbi, Nassi ; Rabbi, de son côté, s'efface devant l'avis de Rabbi Yossi.

Tossefot discute le rapport entre les deux : Rachi pense que Rabbi Yossi était plus grand et que seule la fonction de Nassi explique sa soumission ; Rabbenou Tam pense que Rabbi, d'abord élève, est ensuite devenu plus savant.

7
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְדָרוּ עַבְדֵּיהּ: אַטְמִין לִי צוֹנֵן, וְאַיְיתִי לִי מַיָּא דְּאַחֵים קַפִּילָא אֲרַמָּאָה. שְׁמַע רַבִּי אַמֵּי וְאִיקְּפַד. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי טַעְמָא אֶיקְפֹּד? כְּרַבְּוָותֵיהּ עֲבִיד — חֲדָא כְּרַב, וַחֲדָא כִּשְׁמוּאֵל.

Rav Nahman dit à Darou son esclave : enveloppe-moi du froid, et apporte-moi de l'eau qu'a chauffée le cuisinier (kapila) araméen (non-Juif). Rabbi Ami l'apprit et s'irrita.

Rav Yossef a dit : pour quelle raison s'est-il irrité ? Il a agi selon ses maîtres : l'une selon Rav, l'autre selon Chmouel.

📜 Rachi (3)
אַטְמֵין לִי צוֹנֵן בְּשַׁבָּת:
Enveloppe-moi du froid : le Chabbat.
וְאַייְתִי לִי מַיָּא דְּאַחֵים קַפִּילָא אֲרַמָּאָה שֶׁהַחַמָּן נַחְתּוֹם נָכְרִי וּבְחוֹל וּלְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאֵין בָּהֶן מִשּׁוּם בִּשּׁוּלֵי נָכְרִים:
Et apporte-moi de l'eau qu'a chauffée le cuisinier araméen : qu'a chauffée un boulanger non-Juif, et en semaine ; cela nous apprend qu'il n'y a pas en elle d'interdit de bichoulei goyim (mets cuits par un non-Juif).
כְּרַבְּוָותֵיהּ כְּרַבּוֹתָיו:
Selon ses maîtres : selon ses maîtres.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְדָרוּ עַבְדֵּיהּ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אַמַּאי הֻוצְרַךְ הַשַּׁ"ס לְאַשְׁמְעִינַן שֵׁם הָעֶבֶד, וְסַגִּי לוֹמַר אָמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְעַבְדֵּיהּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהִזְכִּיר שֵׁם הָעֶבֶד לִרְבוּתָא, דְּלָא תֵּימָא גַּם רַב נַחְמָן סָבַר אָדָם חָשׁוּב צָרִיךְ לְהִזָּהֵר, וְהָא דְּאָמַר לְעַבְדּוֹ לַעֲשׂוֹת לוֹ כֵּן מִשּׁוּם דְּאֵין זֶה דָּבָר שֶׁל פַּרְהֶסְיָיא, כִּי אָמַר זֶה בְּבֵיתוֹ וְלֹא הָיָה זָר אִתּוֹ, וְדַרְכּוֹ שֶׁל עֶבֶד לִהְיוֹת עָצוּר בַּבַּיִת לַעֲבֹוד עֲבוֹדַת הַבַּיִת וְאֵין יוֹצֵא אָנֶה וָאָנָה וּמִי פִּרְסֵם הַדָּבָר? לְכָךְ הִזְכִּיר שֵׁם הָעֶבֶד שֶׁהָיָה דָּרוּ הַיָּדוּעַ שֶׁעָלָיו הָיָה אוֹמֵר רַב נַחְמָן נְהוֹם כְּרֵיסֵיהּ לָא שָׁוֵי (בָּבָא מְצִיעָא סד:), וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י מִשּׁוּם שֶׁהָיָה אוֹהֵב שִׁכְרוּת וְהוֹלֵךְ מִבַּיִת לַבַּיִת לִשְׁתּוֹת מֵהֶם שֵׁכָר עַייֵּן שָׁם. וּבְוַדַּאי זֶה מְגַלֶּה סוֹד לְסַפֵּר כָּל מַה שֶׁיִּרְאֶה וְיַעֲשֶׂה אֵצֶל אֲדוֹנוֹ רַב נַחְמָן כְּדֵי לִמְצֹא חֵן בְּעֵינֵיהֶם לְהַשְׁקוֹתוֹ שָׂכָר, וְדַרְכָּן שֶׁל בְּנֵי אָדָם שֶׁיִּרְצוּ לֵידַע מַה שֶׁיַּעֲשֶׂה הֶחָכָם גְּדוֹל הַדּוֹר בְּבֵיתוֹ כְּדֵי לִלְמֹוד מִמַּעֲשָׂיו וּמִנְהָגוֹ, וְאִם כֵּן וַדַּאי זֶה יְפַרְסֵם הַדָּבָר, וְעִם כָּל זֶה לֹא חָשׁ רַב נַחְמָן פֶּן יֹאמְרוּ לְהָקֵל.
Rav Nahman dit à Darou son esclave. On peut objecter : pourquoi le Talmud a-t-il eu besoin de nous indiquer le nom de l'esclave ? Il suffisait de dire : Rav Nahman dit à son esclave. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il a mentionné le nom de l'esclave pour marquer un chidouch (nouveauté) : ne dis pas que Rav Nahman lui aussi pensait qu'un homme important doit être prudent, et que s'il a dit à son esclave de lui faire cela, c'est parce que la chose n'était pas publique (farhesia), car il l'a dit dans sa maison sans étranger présent, et la manière d'un esclave est d'être retenu à la maison pour les travaux domestiques, sans aller ici et là ; qui donc aurait ébruité la chose ? C'est pourquoi il a mentionné le nom de l'esclave : c'était Darou, bien connu, à propos duquel Rav Nahman disait 'il ne vaut pas le pain de son ventre' (Bava Metsia 64b), et Rachi explique que c'était parce qu'il aimait l'ivresse et allait de maison en maison pour qu'on lui donne à boire de la bière ; voir là-bas. Assurément, celui-là révélait les secrets et racontait tout ce qu'il voyait et ce qui se faisait chez son maître Rav Nahman, afin de trouver grâce à leurs yeux et qu'on lui serve de la bière. Or c'est la manière des gens de vouloir savoir ce que fait le grand sage de la génération dans sa maison, pour apprendre de ses actes et de ses usages. S'il en est ainsi, celui-ci allait certainement ébruiter la chose ; et malgré tout Rav Nahman ne s'est pas inquiété qu'on en tire une conclusion permissive.
8
כִּשְׁמוּאֵל — דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מֻותָּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. כְּרַב — דְּאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק אָמַר רַב: כֹּל שֶׁהוּא נֶאֱכָל כְּמוֹת שֶׁהוּא חַי — אֵין בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּלֵי גּוֹיִם.

Selon Chmouel : car Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il est permis d'envelopper le froid. Selon Rav : car Rav Chmouel bar Rav Yitshak a dit au nom de Rav : tout ce qui se mange tel quel, cru, n'est pas soumis à l'interdit de bichoulei goyim.

💡 Explication

Les deux actes de Rav Nahman ont chacun une source : la hatmana du froid (Chmouel) ; l'eau chauffée par un non-Juif, car l'eau se boit crue, et bichoulei goyim ne s'applique qu'à ce qui ne se mange pas cru (Rav).

9
(הוּא) סָבַר אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי.

(Rabbi Ami) pensait : un homme important (adam hachouv) est différent.

📜 Rachi (1)
אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי שֶׁהָרוֹאֶה אוֹתוֹ שֶׁהוּא מֵיקֵל עוֹמֵד וּמֵיקֵל יוֹתֵר:
Un homme important est différent : car celui qui le voit être indulgent va se lever et être plus indulgent encore.
💡 Explication

Rabbi Ami ne conteste pas les deux halakhot. Il estime qu'un adam hachouv doit être plus strict, car ceux qui l'observent étendront la permission au-delà de sa limite.

Le Ben Yehoyada (segment 6) explique pourquoi le nom de l'esclave est cité : Darou, connu pour ébruiter ce qui se passait chez son maître, rendait l'acte de Rav Nahman public. Rav Nahman, lui, ne retenait pas cette crainte.

10
תָּנוּ רַבָּנַן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ אֵין טוֹמְנִין אֲפִילּוּ בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף הֶבֶל מִשֶּׁחָשֵׁכָה, אִם בָּא לְהוֹסִיף — מוֹסִיף. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: נוֹטֵל אֶת הַסְּדִינִין וּמַנִּיחַ אֶת הַגְּלוּפְקְרִין, אוֹ נוֹטֵל אֶת הַגְּלוּפְקְרִין וּמַנִּיחַ אֶת הַסְּדִינִין.

Nos maîtres ont enseigné : bien qu'on ait dit qu'on n'enveloppe pas, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, après la tombée de la nuit, s'il veut ajouter, il ajoute. Comment fait-il ?

Rabban Chimon ben Gamliel dit : il enlève les draps (sedinin) et met les couvertures épaisses (galoufkarin), ou il enlève les couvertures épaisses et met les draps.

📜 Rachi (2)
אֵין טוֹמְנִין אֶת הַחַמִּין מִשֶּׁחָשֵׁיכָה וַאֲפִילּוּ בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף הֶבֶל וּכְדַאֲמַרַן שֶׁמָּא יִמְצָא קְדֵרָתוֹ צוֹנֶנֶת כְּשֶׁיִּרְצֶה לְהַטְמִינָהּ וְיַרְתִּיחֶנָּה בְּשַׁבָּת אֲבָל אִם בָּא לְהוֹסִיף כִּיסּוּי עַל כִּיסּוּי מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה מוֹסִיף:
On n'enveloppe pas le chaud après la tombée de la nuit, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur : comme nous l'avons dit, de peur qu'il ne trouve sa marmite refroidie au moment de l'envelopper et qu'il ne la fasse bouillir le Chabbat ; mais s'il veut ajouter une couverture sur une couverture après la tombée de la nuit, il ajoute.
גְּלוּפְקְרָא קו"ט וְיֵשׁ בּוֹ הֶבֶל יוֹתֵר מִן הַסְּדִינִין וְנוֹטֵל אֶת הַגְּלוּפְקְרָא בִּימוֹת הַחַמָּה אִם יָרֵא שֶׁמָּא יַקְדִּיחַ תַּבְשִׁילוֹ מֵחֲמַת רֹוב כִּיסּוּי:
Galoufkara : 'kot' (couverture épaisse) ; elle garde plus de chaleur que les draps. Il enlève la galoufkara en été s'il craint que son plat ne brûle à cause de l'excès de couverture.
🗂️ Tossefot (1)
כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר נוֹטֵל אֶת הַסְּדִינִין כּוּ' נִרְאֶה לְרִ"י ולה"ר פור"ת דל"ג כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה דְּרַשְׁבָּ"ג פְּלִיג את"ק דְּלָא שָׁרִי אֶלָּא לְהוֹסִיף אֲבָל לְהַחֲלִיף אָסוּר וְרַשְׁבָּ"ג שָׁרִי אַף לְהַחֲלִיף וכ"ש לִיטֹּול וּלְהַחֲזִיר אוֹתוֹ דָּבָר דְּלָא הָוֵי כָּל כָּךְ תְּחִלַּת הַטְמָנָה וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר וְכֵן הָיָה רַשְׁבָּ"ג אוֹמֵר כְּלוֹמַר שֶׁהָיָה מֵיקֵל קֻולָּא אַחֲרִיתִי גַּבֵּי הַטְמָנָה:
Comment fait-il ? Rabban Chimon ben Gamliel dit : il enlève les draps, etc. : il semble au Ri et à Rabbenou Porat qu'on ne doit pas lire 'comment fait-il ?', car Rabban Chimon ben Gamliel conteste le Tana kama : (celui-ci) ne permet que d'ajouter, mais échanger est interdit ; Rabban Chimon ben Gamliel permet même d'échanger, et à plus forte raison de retirer et remettre la même chose, car ce n'est pas vraiment un début de hatmana. C'est ce qui est dit ensuite : 'et ainsi disait Rabban Chimon ben Gamliel', c'est-à-dire qu'il était indulgent sur un autre point concernant la hatmana.
💡 Explication

Ajouter une couverture à une hatmana déjà commencée de jour est permis. Rabban Chimon ben Gamliel permet aussi d'échanger draps et couvertures (plus ou moins chaudes).

Tossefot (Ri, Rabbenou Porat) : la formule 'comment fait-il ?' est à retirer ; Rabban Chimon ben Gamliel est en mahloket avec le Tana kama, qui ne permet que d'ajouter.

🖼️ Schéma
Après la tombée de la nuit : que peut-on faire avec l'enveloppe ?Commencer une hatmanainterdit même avecune matière qui n'ajoute pasAjouter une couverturepermis (tous)Échanger draps / couverturesRabban Chimon b. Gamliel(Ri : le Tana kama interdit)Transvaser dans un autre récipient, puis envelopperpermis selon Rabban Chimon b. Gamliel :il refroidit l'eau, il ne viendra pas à la faire bouillir
Hatmana après la nuit : commencer, ajouter, échanger, transvaser
11
וְכֵן הָיָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לֹא אָסְרוּ אֶלָּא אוֹתוֹ מֵיחַם, אֲבָל פִּינָּה מִמֵּיחַם לְמֵיחַם — מֻותָּר. הַשְׁתָּא אוֹקוֹרֵי קָא מֵקֵיר לְהוּ, אַרְתּוֹחֵי קָא מַרְתַּח לְהוּ?!

Et ainsi disait Rabban Chimon ben Gamliel : on n'a interdit que (dans) ce même récipient (meham) ; mais s'il a transvasé d'un récipient à un autre, c'est permis. Maintenant qu'il les refroidit, va-t-il les faire bouillir ?!

📜 Rachi (2)
וְכֵן הָיָה רַשְׁבָּ"ג מֵיקֵל קֻולָּא אַחֲרִיתִי בְּהַטְמָנָה:
Et ainsi disait Rabban Chimon ben Gamliel : indulgent sur un autre point concernant la hatmana.
לֹא אָסְרוּ לְהַטְמִין מִשֶּׁחֲשֵׁיכָה אֶלָּא בְּמֵיחַם שֶׁהוּחַמּוּ בּוֹ דְּהָתָם הוּא דְּאִיכָּא לְמִיגְזַר שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ: אֲבָל מְפַנֶּה הוּא מִמֵּיחַם לְמֵיחַם אַחֵר וּמַטְמִין זֶהוּ לְשׁוֹן הַתּוֹסֶפְתָּא וְהַיְינוּ נָמֵי פִּינָּהוּ מִמֵּיחַם לְמֵיחַם מֻותָּר דְּהַשְׁתָּא לֵיכָּא לְמִיגְזַר שֶׁמָּא יַרְתִּיחַ דְּהַשְׁתָּא אַקּוּרֵי קָא מֵיקַר לְהוּ בְּמִתְכַּוֵּין אַרְתוּחֵי מַרְתַּח לְהוּ בִּתְמִיהַּ:
On n'a interdit : d'envelopper après la tombée de la nuit que dans le récipient dans lequel (l'eau) a été chauffée, car là il y a lieu de décréter de peur qu'il ne fasse bouillir. Mais il transvase d'un récipient à un autre et enveloppe : c'est la formulation de la Tossefta, et c'est aussi 's'il a transvasé d'un récipient à un autre, c'est permis', car maintenant il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'il ne fasse bouillir : maintenant qu'il les refroidit intentionnellement, les fera-t-il bouillir ? (question rhétorique)
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל פִּינָּה מִמֵּיחַם לְמֵיחַם מֻותָּר ול"ד לְהַהוּא דְּכִירָה דְּבָעֵי בְּפֶרֶק כִּירָה (לְעֵיל שַׁבָּת לח:) פִּינָּה מִמֵּיחַם לְמֵיחַם מַהוּ דְּהָתָם רוֹצֶה בַּחֲמִימוּתָן לְכָךְ יֵשׁ לֶאֱסֹור כְּשֶׁהוּא צוֹנֵן אֲבָל הָכָא גַּבֵּי הַטְמָנָה כָּל כַּמָּה שֶׁהוּא צוֹנֵן טְפֵי שַׁפִּיר דָּמֵי כִּדְאָמַר לְעֵיל רַבִּי הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן וא"ת וְרַבִּי לֹא יָדַע לְעֵיל דְּמֻותָּר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן וְכִי לֹא יָדַע דִּשְׁמִיעַ לֵיהּ מֵאָבֹוה הָכָא דְּשָׁרֵי וְי"ל דְּהָכָא דַּוְקָא דְּמוּכָח מִילְּתָא שֶׁנִּתְכַּוֵּין לְצַנֵּן שֶׁפִּינָּהוּ מִמֵּיחַם לְמֵיחַם אֲבָל קִיתוֹן שֶׁל מַיִם דְּלָא מוּכָח מִידִי יְהֵא אָסוּר לְהַטְמִין. מִתּוֹסְפוֹת רַבֵּינוּ יְהוּדָה (ת"י):
Mais s'il a transvasé d'un récipient à un autre, c'est permis : cela ne ressemble pas au cas du kira (réchaud), où l'on demande au chapitre Kira (plus haut, 38b) : s'il a transvasé d'un récipient à un autre, qu'en est-il ? Là, il veut leur chaleur ; c'est pourquoi il y a lieu d'interdire lorsque c'est froid. Mais ici, pour la hatmana, plus c'est froid, mieux c'est, comme il est dit plus haut : Rabbi a permis d'envelopper le froid. Et si tu demandes : Rabbi ne savait-il pas plus haut qu'il est permis d'envelopper le froid ? Ne l'avait-il pas entendu de son père, qui le permet ici ? On peut répondre : ici précisément, la chose montre qu'il a eu l'intention de refroidir, puisqu'il a transvasé d'un récipient à l'autre ; mais une cruche d'eau, où rien ne le montre, il serait interdit de l'envelopper. Des Tossefot de Rabbenou Yehouda.
💡 Explication

Le décret contre la hatmana après la nuit craint qu'on fasse bouillir un plat refroidi. En transvasant l'eau dans un autre récipient, on la refroidit volontairement : on ne craint plus qu'il la fasse bouillir.

Tossefot distingue ce cas du réchaud (38b), où l'on veut garder la chaleur. Il répond aussi à la question : pourquoi Rabbi (fils de Rabban Chimon ben Gamliel) a-t-il d'abord interdit le froid ? Ici le transvasement montre l'intention de refroidir ; pour une simple cruche, rien ne la montre.

12
טָמַן וְכִיסָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת, אוֹ טָמַן בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת וְכִיסָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת — הֲרֵי זֶה נוֹטֵל וּמַחֲזִיר.

S'il a enveloppé et couvert avec une chose qu'on peut déplacer le Chabbat, ou s'il a enveloppé avec une chose qu'on ne peut pas déplacer le Chabbat et couvert avec une chose qu'on peut déplacer le Chabbat, il peut la retirer et la remettre (notel oumahazir).

📜 Rachi (4)
טָמַן הַקְּדֵרָה בְּדָבָר הַנִּיטָּל מַה שֶׁנָּתַן סְבִיבוֹתֶיהָ הָוֵי דָּבָר מוּכָן:
Il a enveloppé : la marmite, avec une chose qu'on peut déplacer : ce qu'il a mis autour d'elle est une chose prête (moukhan).
וְכִיסָּה עַל פִּיהָ נָמֵי דָּבָר הַמּוּכָן כְּגוֹן כְּלִי:
Et couvert : sur son ouverture, aussi avec une chose prête, par exemple un ustensile.
אוֹ שֶׁטָּמַן בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל וְכִיסָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל:
Ou s'il a enveloppé avec une chose qu'on ne peut pas déplacer : et couvert avec une chose qu'on peut déplacer.
הֲרֵי זֶה נוֹטֵל וּמַחֲזִיר דְּהוֹאִיל וְהַכִּיסּוּי נִיטָּל מְגַלֶּה הַקְּדֵרָה וְאוֹחֲזָהּ אֲבָל טָמַן וְכִיסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל אוֹ אַפֵּי' טָמַן בְּדָבָר הַנִּיטָּל וְכִיסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל אִם אֵין מִקְצָת פִּיהָ מְגֻולֶּה לֹא יִטֹּול דְּאֵין לוֹ בַּמֶּה יֹאחֲזֶנָּה וְאִם תֹּאמַר יִפְנֶה סְבִיבוֹתֶיהָ הוֹאִיל וְדָבָר הַנִּיטָּל הוּא וְיֹאחֲזֶנָּה בְּדֻופְנֵיהּ וְיַטֶּנָּה עַל צִדָּהּ וְיִפֹּול הַכִּיסּוּי כִּי הַהִיא דִּתְנַן לְקַמָּן (פֶּרֶק נוֹטֵל דַּף קמב:) הָאֶבֶן שֶׁעַל פִּי הֶחָבִית מַטָּהּ עַל צִדָּהּ וְהִיא נוֹפֶלֶת וְאִם הָיְתָה בֵּין הֶחָבִיּוֹת מַגְבִּיהָהּ וּמַטָּהּ עַל צִדָּהּ וְהִיא נוֹפֶלֶת הָא אוֹקִימְנָא הָתָם בְּשָׁכַח אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר וְהֵיכָא דִּמְגֻולֶּה מִקְצָתוֹ אֵין זֶה טִלְטוּל שֶׁמְּצַדְּדוֹ וְהַכִּיסּוּי נוֹפֵל מֵאֵלָיו:
Il peut la retirer et la remettre : puisque le couvercle peut être déplacé, il découvre la marmite et la saisit. Mais s'il a enveloppé et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer, ou même enveloppé avec une chose qu'on peut déplacer et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer, si une partie de son ouverture n'est pas découverte, il ne la prendra pas, car il n'a pas de quoi la saisir. Et si tu dis : qu'il dégage ce qui l'entoure, puisque c'est une chose qu'on peut déplacer, qu'il la saisisse par ses parois et l'incline sur le côté, et le couvercle tombera, comme ce que nous avons appris plus loin (chapitre Notel, 142b) : la pierre qui est sur l'ouverture du tonneau, on l'incline sur le côté et elle tombe ; et s'il était entre des tonneaux, on le soulève, on l'incline sur le côté et elle tombe ? Nous avons établi là-bas qu'il s'agit du cas où il l'a oubliée ; mais s'il l'a posée (volontairement), (le tonneau) devient un support (bassis) pour la chose interdite. Et là où une partie est découverte, ce n'est pas un déplacement (de la chose muktse), car il la bouge par le côté et le couvercle tombe de lui-même.
💡 Explication

Question pratique : la marmite est enveloppée (tamun, garniture autour) et couverte (kisse, couvercle). Si le couvercle est permis à déplacer, on l'enlève et on saisit la marmite, même si la garniture est muktse : on ne touche pas à celle-ci.

🖼️ Schéma
Rabban Chimon b. Gamliel : retirer et remettre la marmite enveloppéeGarniture / CouvercleCouvercle NILAL (déplaçable)Couvercle muktse (non déplaçable)GarnitureNILALGarnituremuktseNotel oumahaziron ôte le couvercleet on saisit la marmiteNotel oumahazirle couvercle s'enlève ;la garniture muktsen'est pas touchéeDépendmarmite en partie découverte-> permissinon -> interditDépendmarmite en partie découverte-> permissinon -> interditRachi : si une partie est découverte, on saisit la marmite et le couvercle tombe de lui-même
Les quatre combinaisons garniture / couvercle
13
טָמַן וְכִיסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת אוֹ שֶׁטָּמַן בְּדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת, וְכִיסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּשַׁבָּת, אִם הָיָה מְגֻולֶּה מִקְצָתוֹ נוֹטֵל וּמַחֲזִיר. וְאִם לָאו —

S'il a enveloppé et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer le Chabbat, ou s'il a enveloppé avec une chose qu'on peut déplacer le Chabbat et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer le Chabbat : si une partie en était découverte, il la retire et la remet ; et sinon —

🗂️ Tossefot (1)
אוֹ שֶׁטָּמַן בְּדָבָר הַנִּיטָּל וְכִיסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל הִקְשָׁה בַּקְּוַנְט' יִפְנֶה סְבִיבָהּ וְיֹאחֲזֶנָּה בְּדֻופְנֵיהּ וְיַגְבִּיהֶנָּה וְיַטֶּנָּה עַל צִדָּהּ כְּדִתְנַן בְּפֶרֶק נוֹטֵל (לְקַמָּן שַׁבָּת קמב:) הָיְתָה בֵּין הֶחָבִיּוֹת מַגְבִּיהָהּ כו' וּמְתָרֵץ דְּהָא אוֹקְמִינַן הָתָם בְּשָׁכַח אֲבָל בְּמַנִּיחַ נַעֲשָׂה בָּסִיס לְדָבָר הָאָסוּר וְקָשֶׁה דְּאִי חֲשִׁיב הָכָא כְּמַנִּיחַ אִם כֵּן בִּמְגֻולָּה מִקְצָתָהּ הֵיאַךְ נוֹטֵל וּמַחֲזִיר מַה בֵּין זֶה לְאֶבֶן שֶׁעַל פִּי הֶחָבִית דְּאָסְרִי' בְּמַנִּיחַ אַפֵּי' לְהַטּוֹתָהּ עַל צִדָּהּ וְעוֹד קָשֶׁה לְר"ת דְּהָא תְּנַן נוֹעֵר אֶת הַכִּיסּוּי וְהֵן נוֹפְלוֹת אַפֵּי' אֵינָן מְגֻולּוֹת מִקְצָתָן וְעַל כֵּן אוֹמֵר ר"ת דְּלָא חֲשִׁיב כְּמַנִּיחַ כֵּיוָן שֶׁדַּעְתּוֹ לִיטְלוֹ בְּשַׁבָּת וּבְפֶ' נוֹטֵל (שַׁבָּת דַּף קמג.) נְתָנָן בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מַגְבִּיהִין מֵעַל גַּבֵּי הַשֻּׁלְחָן עֲצָמוֹת וּקְלִיפִּים וב"ה אוֹמְרִים מְסַלֵּק אֶת הַטַּבְלָא וּמְנַעֲרָהּ וְלָא חֲשִׁיב לב"ה כְּמַנִּיחַ וְהָכָא מַיְירֵי בְּכִיסּוּי כְּעֵין כְּלִי חֶרֶס שֶׁנּוֹתְנִים עַל הַקְּדֵרָה שֶׁהַקְּדֵרָה בְּלוּעָה בְּתוֹכָהּ וְאִי אֶפְשָׁר לְנַעֵר הַכִּיסּוּי אֶלָּא אִם כֵּן יַגְבִּיהוּ קְצָת ור"י מְפָרֵשׁ כְּגוֹן שֶׁטָּמַן הַקְּדֵרָה בְּקֻופָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל וּלְמַעְלָה מִן הַקְּדֵרָה מִילֵּא כָּל הַקֻּופָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְהַגִּיעַ לַקְּדֵרָה אִם לֹא יְטַלְטֵל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל בְּיָדַיִם:
Ou s'il a enveloppé avec une chose qu'on peut déplacer et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer : le Kountres (Rachi) a objecté : qu'il dégage autour d'elle, la saisisse par ses parois, la soulève et l'incline sur le côté, comme nous l'avons appris au chapitre Notel (plus loin, 142b) : s'il était entre les tonneaux, on le soulève, etc. Et il répond que nous avons établi là-bas qu'il s'agit de l'oubli, mais s'il l'a posée, (le tonneau) devient un support pour la chose interdite. Mais c'est difficile : si ici on le considère comme 'posée', alors, lorsqu'une partie est découverte, comment peut-il la retirer et la remettre ? Quelle différence entre ce cas et la pierre sur l'ouverture du tonneau, où nous interdisons, en cas de pose volontaire, même de l'incliner sur le côté ? Et c'est encore difficile pour Rabbenou Tam, car nous avons appris : il secoue le couvercle et elles tombent, même si elles ne sont pas partiellement découvertes. C'est pourquoi Rabbenou Tam dit qu'on ne le considère pas comme 'posée', puisque son intention est de l'enlever le Chabbat ; et au chapitre Notel (143a) nous avons appris : Beit Chammai disent qu'on soulève de la table les os et les écorces, et Beit Hillel disent qu'on enlève toute la planche et on la secoue ; pour Beit Hillel, ce n'est pas considéré comme 'posée'. Et ici, il s'agit d'un couvercle comme un récipient d'argile qu'on met sur la marmite, de sorte que la marmite est engloutie à l'intérieur, et il est impossible de secouer le couvercle à moins de le soulever un peu. Le Ri explique : par exemple il a enveloppé la marmite dans un panier avec une chose qu'on peut déplacer, et au-dessus de la marmite il a rempli tout le panier d'une chose qu'on ne peut pas déplacer, de sorte qu'il ne peut atteindre la marmite sans déplacer de ses mains la chose qu'on ne peut pas déplacer.
💡 Explication

Si le couvercle est muktse, tout dépend de savoir si la marmite est en partie découverte : on la saisit par là, on la soulève, et le couvercle tombe de lui-même (tiltoul min hatsad, déplacement indirect). Sinon (suite en 51b), il faudrait toucher le muktse : interdit.

Tossefot conteste la réponse de Rachi par le bassis (support d'un objet interdit). Rabbenou Tam : pas de bassis, car il comptait l'enlever le Chabbat ; le cas vise un couvercle d'argile qui englobe la marmite. Le Ri : un panier rempli de muktse au-dessus de la marmite.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).