Shabbat 51b — Fin de Bame tomnin ; Bame behema : la garde superflue est-elle un fardeau ?

Shabbat 51b

Sougya : Le daf achève la baraita de Bame tomnin : couvercle muktse, nooret de lin fine, superposition des récipients, hatmana du froid et interdit de broyer la neige et la grêle pour en faire couler l'eau. Puis commence le cinquième chapitre, Bame behema : une bête peut sortir le Chabbat avec ce qui sert à la garder (afsar, hotem, perumbiya, chir), car cela n'est pas un fardeau.

La guemara définit ces termes, puis pose la question d'une garde superflue (netirouta yetera) : un chameau avec un anneau nasal. La preuve de Rabbi Yossi est rejetée ; la question dépend d'une mahloket entre le Tanna kamma et Hanania au sujet du chat, et Chmouel tranche selon Hanania.

Le daf se termine sur un récit de voyage entre Levi et Rabba bar Rav Houna.

Michna : avec quoi chaque bête sort-elle le Chabbat ?Principe (Rachi)ce qui garde la bête = parure, pas un fardeauGamal (chameau)Afsar (licou)suffit à le tenirNaka (chamelle blanche)Hotem (anneau de fer au nez)elle s'enfuit facilementLoubdekim (âne libyen)Perumbiya (mors de fer)tête et mâchoiresSous (cheval)Chir (chaîne au cou)on le tire par l'anneauBale hachir (chiens de chasse, petites bêtes) : sortent avec la chaîne et sont tirés par elle
La michna de Bame behema : chaque bête et le moyen de garde qui lui convient
Netirouta yetera : une garde superflue est-elle un fardeau ?Garde insuffisante = fardeaunaka avec afsar : évident(pas de question)La questiongamal avec hotem ?l'afsar lui suffit déjàPreuve de R. Yossi : 4 bêtes à l'afsarrejetée : exclut la naka à l'afsarMahloket de Tanaim : la hayya (bête sauvage) au sougar (collier)Tanna kamma : interditle chat : une simple corde suffitle collier = fardeauHanania : permistoute garde superfluen'est pas un fardeauChmouel : la halakha suit Hanania
La garde superflue (netirouta yetera) : question, preuve rejetée, mahloket et halakha
1
אֵינוֹ נוֹטֵל וּמַחֲזִיר.

(... et s'il n'est pas en partie découvert,) il ne le retire pas pour le remettre.

🗂️ Tossefot (1)
אֵינוֹ נוֹטֵל וּמַחֲזִיר נִרְאֶה לְרַשְׁבָּ"א דְּהַייְנוּ כְּרַשְׁבָּ"ג דְּאָמַר בְּפֶרֶק נוֹטֵל כֹּל הֵיכָא דְּאִיכָּא אִיסּוּרָא וְהֶיתֵּרָא בְּהֶיתֵּרָא טָרְחִינַן בְּאִיסּוּרָא לָא טָרְחִינַן אֲבָל לְרַבָּנָן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ שָׁרוּ בִּמְכֻוסּוֹת לְגַמְרֵי לִיטֹּול בְּיָדַיִם דָּבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל דִּבְפֶרֶק נוֹטֵל (לְקַמָּן שַׁבָּת קמב:) מַתְנֵי' דְּהָיְתָה בֵּין הֶחָבִיּוֹת מַגְבִּיהָהּ וּמַטָּהּ עַל צִדָּהּ מוּקֵי לָהּ כְּרַשְׁבָּ"ג מַשְׁמַע דְּרַבָּנָן דְּרַשְׁבָּ"ג שָׁרוּ לְטַלְטֵל אֶת הָאֶבֶן עַצְמוֹ:
Il ne retire pas pour remettre : il semble au Rachba que cela suit Rabban Chimon ben Gamliel, qui dit au chapitre Notel : partout où il y a un interdit et une chose permise, on se donne de la peine pour la chose permise, et on ne se donne pas de peine pour l'interdit. Mais pour les Rabbanan qui divergent de lui, ils permettent complètement, dans le cas des (marmites) couvertes, de déplacer à la main une chose qu'on ne peut pas déplacer. Car au chapitre Notel (plus loin, Chabbat 142b), la michna : (la pierre) qui se trouvait entre les tonneaux, on le soulève et on l'incline sur le côté, est établie selon Rabban Chimon ben Gamliel ; cela implique que les Rabbanan, en désaccord avec Rabban Chimon ben Gamliel, permettent de déplacer la pierre elle-même.
💡 Explication

Fin de la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel (51a) : si le couvercle est muktse et que la marmite n'est pas en partie découverte, on ne peut la retirer sans toucher le muktse. Donc on ne la retire pas.

Tossefot (Rachba) : cette rigueur suit Rabban Chimon ben Gamliel ; pour les Rabbanan, il serait permis de déplacer directement le muktse dans ce cas.

2
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נְעֹורֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה הֲרֵי הִיא כְּזֶבֶל.

Rabbi Yehouda dit : la nooret (déchet) de lin fine est comme le fumier.

📜 Rachi (1)
הֲרֵי זֶה כְּזֶבֶל דְּמוֹסִיף הַבְלָא וְאֵין טוֹמְנִין בָּהּ אֲפִילּוּ מִבְּעוֹד יוֹם:
Est comme le fumier : car elle ajoute de la chaleur, et on n'enveloppe pas en elle, même pendant le jour.
💡 Explication

La michna (47b) a énuméré les matières qui ajoutent de la chaleur (fumier, sel, chaux, sable) : on ne peut y envelopper une marmite, même la veille du Chabbat, de peur qu'on ne vienne à remuer les braises. Rabbi Yehouda range dans cette liste les fins déchets de lin.

3
מַנִּיחִין מֵיחַם עַל גַּבֵּי מֵיחַם וּקְדֵרָה עַל גַּבֵּי קְדֵרָה, אֲבָל לֹא קְדֵרָה עַל גַּבֵּי מֵיחַם, וּמֵיחַם עַל גַּבֵּי קְדֵרָה. וְטָח אֶת פִּיהָ בְּבָצֵק, וְלֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ, אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּהְיוּ מְשֻׁומָּרִים.

On pose un mehem sur un mehem, et une kedera sur une kedera, mais non une kedera sur un mehem, ni un mehem sur une kedera. Et on enduit son ouverture de pâte ; non pour qu'ils chauffent, mais pour qu'ils soient conservés.

📜 Rachi (5)
מֵיחַם שֶׁל נְחֹשֶׁת:
Mehem : de cuivre.
קְדֵרָה מִשֶּׁל חֶרֶס יֵשׁ סְפָרִים שֶׁכָּתוּב בָּהֶן אֲבָל לֹא מֵיחַם עַל גַּבֵּי קְדֵירָה וּמְפָרְשִׁים טַעְמָא מִפְּנֵי שֶׁהַקְּדֵירָה מְרַבֶּה חֲמִימוּת וּמוֹסֶפֶת הַבְלָא לְמֵיחַם אֲבָל בַּתּוֹסֶפְתָּא גָּרְסִינַן וּמֵיחַם עַל גַּבֵּי קְדֵירָה:
Kedera : d'argile. Il y a des livres où il est écrit : mais non un mehem sur une kedera, et on explique la raison : parce que la kedera multiplie la chaleur et ajoute de la chaleur au mehem. Mais dans la Tossefta nous lisons : et un mehem sur une kedera.
וְטָח אֶת פִּיהָ בְּבָצֵק הַנִּילּוֹשׁ מבעו"י כָּל הָנָךְ מַנִּיחִין נָמֵי בְּשַׁבָּת:
Et on enduit son ouverture de pâte : (pâte) pétrie pendant le jour. Tout cela, on le fait aussi le Chabbat.
וְלֹא שֶׁיֵּחַמּוּ שֶׁיְּהֵא הָעֶלְיוֹן צוֹנֵן וּנְתָנוֹ כְּדֵי שֶׁיָּחֹום מֵחֻומּוֹ שֶׁל תַּחְתּוֹן:
Non pour qu'ils chauffent : que le récipient supérieur soit froid et qu'on l'ait posé pour qu'il chauffe de la chaleur de celui du dessous.
אֶלָּא שֶׁיְּהוּ מְשֻׁומָּרִין שֶׁהָיוּ שְׁנֵיהֶן חַמִּין וְנָתְנוּ עַל גַּבָּיו שֶׁל זֶה כְּדֵי שֶׁיְּהֵא חֻומּוֹ מִשְׁתַּמֵּר בָּהֶן:
Mais pour qu'ils soient conservés : les deux étaient chauds, et on a posé l'un sur l'autre pour que leur chaleur soit conservée.
💡 Explication

Deux récipients : le mehem (bouilloire de cuivre) et la kedera (marmite d'argile). On peut les superposer le Chabbat quand les deux sont déjà chauds, pour conserver la chaleur. Il est interdit de poser un récipient froid pour le chauffer.

Rachi rapporte deux versions pour le cas du mehem sur la kedera ; la Tossefta le permet. Le Roch (plus bas) cite lui aussi la version qui permet toutes les combinaisons.

🖼️ Schéma
Superposer les récipients chauds (version de la michna chez Rachi)PERMISMehem sur mehemcuivre sur cuivrePERMISKedera sur kederaargile sur argileINTERDITKedera sur mehemargile sur cuivrediscutéMehem sur kederacuivre sur argileCondition communeles deux récipients sont déjà chauds : on garde la chaleur (mechoumarim),on ne chauffe pas un froid (cheyehamou)
Les quatre combinaisons et la condition de la conservation de chaleur
4
וּכְשֵׁם שֶׁאֵין טוֹמְנִין אֶת הַחַמִּין כָּךְ אֵין טוֹמְנִין אֶת הַצּוֹנֵן. רַבִּי הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן.

Et de même qu'on n'enveloppe pas le chaud, ainsi on n'enveloppe pas le froid. Rabbi a permis d'envelopper le froid.

💡 Explication

Il s'agit de la baraita citée en 51a : le Tanna kamma interdit la hatmana du froid le Chabbat, et Rabbi la permet, après s'être rangé à l'avis de Rabbi Yossi (kevar hora zaken).

5
וְאֵין מְרַזְּקִין לֹא אֶת הַשֶּׁלֶג וְלֹא אֶת הַבָּרָד בְּשַׁבָּת בִּשְׁבִיל שֶׁיָּזוּבוּ מֵימָיו, אֲבָל נוֹתֵן הוּא לְתוֹךְ הַכּוֹס אוֹ לְתוֹךְ הַקְּעָרָה וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ.

Et on ne broie ni la neige ni la grêle le Chabbat pour que leur eau coule ; mais il les met dans la coupe ou dans le plat, et il ne s'en soucie pas.

📜 Rachi (3)
וְאֵין מְרַזְּקִין כְּמוֹ מְרַסְּקִין מְשַׁבְּרִין לַחֲתִיכוֹת דַּקּוֹת בָּרָד גלצ"א בְּלַעַ"ז:
Et on ne broie pas (merazkin) : comme merasskin, on casse en petits morceaux ; barad (grêle), glace en langue étrangère.
כְּדֵי שֶׁיָּזוּבוּ מֵימָיו מִשּׁוּם דְּקָא מוֹלִיד בְּשַׁבָּת וְדָמֵי לִמְלָאכָה שֶׁבּוֹרֵא הַמַּיִם הָאֵלּוּ:
Pour que leur eau coule : parce qu'il crée (molid) le Chabbat, et cela ressemble à une melakha, car il crée cette eau.
אֲבָל נוֹתֵן לְתוֹךְ הַכּוֹס שֶׁל יַיִן בִּימוֹת הַחַמָּה כְּדֵי לְצַנֵּן ואע"פ שֶׁנִּימּוֹחַ מֵאֵלָיו וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ:
Mais il les met dans la coupe : de vin, en été, pour le rafraîchir ; et bien qu'elle fonde d'elle-même, il ne s'en soucie pas.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין מְרַסְּקִין לֹא אֶת הַשֶּׁלֶג וְלֹא אֶת הַבָּרָד מִכָּאן יֵשׁ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא יִרְחֹוץ יָדָיו בְּשֶׁלֶג וּבָרָד בְּשַׁבָּת וּפְעָמִים שֶׁמִּתְקָרְשִׁים וְיֵשׁ בָּרָד מְעֹורָב בָּהֶם אֵין לִרְחֹוץ בָּהֶן דְּאִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְרַסֵּק הַבָּרָד וְכָל הַזָּהִיר בּוֹ תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה:
On ne broie ni la neige ni la grêle : de là il faut prendre garde à ne pas se laver les mains avec de la neige ou de la grêle le Chabbat. Et parfois (les eaux) gèlent, ou de la grêle y est mélangée : on ne doit pas s'y laver, car il est impossible de ne pas broyer la grêle. Et quiconque y fait attention, que la bénédiction vienne sur lui.
💡 Explication

Broyer la glace pour la faire fondre revient à molid : faire apparaître une chose nouvelle (de l'eau) le Chabbat, ce qui ressemble à une melakha. Laisser fondre la glace d'elle-même dans un verre est permis.

Tossefot en tire une règle pratique pour l'ablution des mains en hiver.

6
הַדְרָן עֲלָךְ בַּמֶּה טוֹמְנִין

Nous reviendrons à toi, chapitre Bame tomnin (Avec quoi enveloppe-t-on).

⚖️ Rosh (1)
טָמַן וְכִסָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת אוֹ טָמַן בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל וְכִסָּה בְּדָבָר הַנִּיטָּל הֲרֵי זֶה נוֹטֵל וּמַחֲזִיר. טָמַן וְכִסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל אוֹ טָמַן בְּדָבָר הַנִּיטָּל בְּשַׁבָּת וְכִסָּה בְּדָבָר שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל אִם מְגֻולֶּה מִקְצָתָהּ נוֹטֵל וּמַחֲזִיר וְאִם לָאו אֵינוֹ נוֹטֵל. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר נְעֹורֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה הֲרֵי הוּא כְּזֶבֶל. מַנִּיחִין מֵיחַם ע"ג מֵיחַם וּקְדֵירָה ע"ג קְדֵירָה וּמֵיחַם ע"ג קְדֵירָה וּקְדֵירָה ע"ג מֵיחַם. וְטָח אֶת פִּיהָ בְּבָצֵק. וְלֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיָּחֹומּוּ אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁיְּהוּ מְשֻׁומָּרִים. וּכְשֵׁם שֶׁאֵין טוֹמְנִין אֶת הַחַמִּין כָּךְ אֵין טוֹמְנִין אֶת הַצּוֹנֵן רַבִּי הִתִּיר לְהַטְמִין אֶת הַצּוֹנֵן. וְאֵין מְרַסְּקִין אֶת הַבָּרָד וְאֶת הַשֶּׁלֶג בְּשַׁבָּת בִּשְׁבִיל שֶׁיָּזוּבוּ מֵימָיו אֲבָל נוֹתֵן הוּא לְתוֹךְ הַכּוֹס אוֹ לְתוֹךְ הַקְּעָרָה וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. צָרִיךְ אָדָם לִיזָּהֵר בַּחֹורֶף כְּשֶׁנּוֹטֵל יָדָיו בְּשַׁבָּת שֶׁלֹּא יְהֵא בָּרָד אוֹ שֶׁלֶג בְּמַיִם שֶׁמָּא יְרַסְּקֶנּוּ בְּמַיִם. כָּתַב רַבֵּינוּ בָּרוּךְ זַ"ל בְּסֵפֶר הַתְּרוּמוֹת וְאָסוּר לְהָחֵם פשטיד"א בְּשַׁבָּת אֵצֶל הַמְּדוּרָה מִשּׁוּם דְּשֻׁומָּן הַנִּקְרָשׁ נִימּוֹחַ וַהֲוָה לֵיהּ מוֹלִיד וְדָמֵי לְהַךְ דְּאֵין מְרַסְּקִין לֹא אֶת הַבָּרָד וְלֹא אֶת הַשֶּׁלֶג: הַדְרָן עֲלָךְ בַּמֶּה טוֹמְנִין
S'il a enveloppé et couvert avec une chose qu'on peut déplacer le Chabbat, ou enveloppé avec une chose qu'on ne peut pas déplacer et couvert avec une chose qu'on peut déplacer, il peut retirer et remettre. S'il a enveloppé et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer, ou enveloppé avec une chose qu'on peut déplacer le Chabbat et couvert avec une chose qu'on ne peut pas déplacer : si elle est en partie découverte, il retire et remet, et sinon, il ne retire pas. Rabbi Yehouda dit : la nooret (déchet) de lin fine est comme le fumier. On pose un mehem (récipient de cuivre) sur un mehem, une kedera (marmite d'argile) sur une kedera, un mehem sur une kedera et une kedera sur un mehem. Et il enduit son ouverture de pâte. Non pour qu'ils chauffent, mais pour qu'ils soient conservés (chauds). Et de même qu'on n'enveloppe pas le chaud, ainsi on n'enveloppe pas le froid ; Rabbi a permis d'envelopper le froid. Et on ne broie pas la grêle et la neige le Chabbat pour que leur eau coule, mais il les met dans la coupe ou dans le plat, et il ne s'en soucie pas. L'homme doit prendre garde, en hiver, lorsqu'il se lave les mains le Chabbat, qu'il n'y ait pas de grêle ou de neige dans l'eau, de peur qu'il ne les broie dans l'eau. Rabbenou Baroukh, de mémoire bénie, a écrit dans le Sefer HaTeroumot : il est interdit de chauffer une pachtida (tourte) le Chabbat près du feu, car la graisse figée fond, et c'est un molid (création d'une chose nouvelle) ; cela ressemble au cas où l'on ne broie ni la grêle ni la neige. Nous reviendrons à toi, chapitre Bame tomnin.
💡 Explication

Hadran : formule de clôture d'un chapitre. Le Roch résume ici les règles de la baraita, et ajoute deux applications : l'ablution des mains en hiver, et l'interdit (Sefer HaTeroumot) de chauffer une tourte près du feu, car la graisse figée fond (molid).

7
מַתְנִי׳ בַּמֶּה בְּהֵמָה יוֹצְאָה וּבַמָּה אֵינָהּ יוֹצְאָה? — יוֹצֵא הַגָּמָל בְּאַפְסָר, וְנָאקָה בַּחֲטָם, וְלוּבְדְּקִים בִּפְרוּמְבְּיָא, וְסוּס בְּשִׁיר.

Michna. Avec quoi une bête sort-elle, et avec quoi ne sort-elle pas ?

Le gamal (chameau) sort avec l'afsar (licou), la naka avec le hotem, les loubdekim avec la perumbiya, et le cheval avec le chir (chaîne).

📜 Rachi (6)
מַתְנִי' בַּמֶּה בְּהֵמָה יוֹצְאָה כו' לְפִי שֶׁהָאָדָם מְצֻווֶּה עַל שְׁבִיתַת בְּהֶמְתּוֹ בַּשַּׁבָּת וּמִידִי דְּמִינַּטְרָא בֵּיהּ בְּהֵמָה הָוֵי תַּכְשִׁיט וְאוֹרְחָא וְלָא הָוֵי מַשּׂוֹי וּמִידִי דְּלָא מִינַּטְרָא בֵּיהּ הָוֵי מַשּׂוֹי:
Michna. Avec quoi une bête sort-elle, etc. : parce que l'homme reçoit l'ordre du repos de sa bête le Chabbat. Ce par quoi la bête est gardée est une parure et son usage, et n'est pas un fardeau ; ce par quoi elle n'est pas gardée est un fardeau.
אַפְסָר קבישטר"א:
Afsar : licou (en langue étrangère).
נְאָקָה דרומי"ל:
Naka : dromadaire (en langue étrangère).
בַּחֲטָם מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Avec le hotem : expliqué dans la guemara.
וְלוּבְדְּקִים בִּפְרוּמְבְּיָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָ':
Et les loubdekim avec la perumbiya : expliqué dans la guemara.
בְּשִׁיר כְּמוֹ אֶצְעָדָה סְבִיב צַוָּארוֹ וְטַבַּעַת קָבוּעַ בָּהּ וּמַכְנִיסִין בּוֹ רְצוּעָה אוֹ חֶבֶל וּמוֹשְׁכִין הַבְּהֵמָה:
Avec le chir : comme un bracelet autour de son cou, avec un anneau fixé dedans ; on y fait passer une lanière ou une corde, et on tire la bête.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנִי' בַּמֶּה בְּהֵמָה יוֹצְאָה דְּאָדָם מֻוזְהָר עַל שְׁבִיתַת בְּהֶמְתּוֹ דִּכְתִיב לְמַעַן יָנוּחַ וְגוֹ' וּמִיהוּ לָאו דְּלָא תַּעֲשֶׂה מְלָאכָה אַתָּה וּבְהֶמְתֶּךָ לֵיכָּא אֶלָּא בִּמְחַמֵּר אַחַר בְּהֶמְתּוֹ כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ מִי שֶׁהֶחְשִׁיךְ (לְקַמָּן שַׁבָּת קנג.) וּבְרֵישׁ נְדָרִים (דַּף ב:) דִּיֵּיק בְּהַךְ דְּהָכָא וּבְכָל הָנֵי דִּלְעֵיל דְּאִיכָּא דֻּוכְתָּא דִּתְנָא בְּרֵישָׁא הָא דְּסָלֵיק מִינֵּיהּ וְאִיכָּא דֻּוכְתָּא דְּתָנֵי בְּרֵישָׁא הָא דְּפָתַח בֵּיהּ:
Michna. Avec quoi une bête sort-elle : car l'homme est averti du repos de sa bête, comme il est écrit : afin que se repose, etc. Toutefois, l'interdit de ne fais aucun travail, toi et ta bête, ne s'applique qu'à celui qui conduit sa bête (mehamer), comme il ressort du début de Mi chehehchikh (plus loin, Chabbat 153a). Et au début de Nedarim (2b), on déduit de ce cas-ci et de tous les précédents qu'il y a des endroits où le Tanna enseigne d'abord ce qu'il vient de terminer, et des endroits où il enseigne d'abord ce par quoi il a ouvert.
💡 Explication

Début du chapitre 5. Le fondement : la mitsva de chevitat behema, le repos de la bête. Elle ne doit pas porter de massoui (fardeau) dans le domaine public. Ce qui sert à la garder compte comme une parure ou un accessoire normal, et n'est pas un fardeau.

Tossefot : l'interdit explicite de faire travailler sa bête vise le mehamer (celui qui la conduit) ; ici, la source est le verset afin que se repose ton bœuf.

8
וְכָל בַּעֲלֵי הַשִּׁיר יוֹצְאִין בְּשֵׁיר וְנִמְשָׁכִין בְּשֵׁיר.

Et toutes les bêtes qui portent un chir sortent avec le chir et sont tirées par le chir.

📜 Rachi (2)
וְכָל בַּעֲלֵי הַשִּׁיר כְּגוֹן כְּלָבִים צַייָּדִים וְחַיּוֹת קְטַנּוֹת שֶׁנּוֹתְנִין שִׁיר לְצַוָּארָם לְנוֹי:
Et toutes les bêtes qui portent un chir : par exemple les chiens de chasse, et les petites bêtes à qui on met un chir au cou pour la beauté.
יוֹצְאִין וְנִמְשָׁכִין מְפָרֵשׁ בַּגְּמָ':
Sortent et sont tirées : expliqué dans la guemara.
9
וּמַזִּין עֲלֵיהֶן, וְטוֹבְלָן בִּמְקוֹמָן.

Et on les asperge et on les immerge à leur place.

📜 Rachi (2)
וּמַזִּין עֲלֵיהֶם בִּמְקוֹמָן כְּמוֹ שֶׁהֵם בְּצַוַּאר הַבְּהֵמָה אִם נִטְמְאוּ:
Et on les asperge à leur place : tels qu'ils sont au cou de la bête, s'ils sont devenus impurs.
וְטוֹבְלָן בִּמְקוֹמָן מַכְנִיסִין בְּהֵמָה לַמַּיִם לְהַטְבִּיל אֶת הַשִּׁיר:
Et on les immerge à leur place : on fait entrer la bête dans l'eau pour immerger le chir.
💡 Explication

Il s'agit de la purification du chir devenu impur : l'aspersion (haza'a, avec l'eau de la vache rousse) et l'immersion (tevila) se font sans retirer la chaîne du cou de la bête.

10
גְּמ׳ מַאי ״נְאָקָה בַּחֲטָם״? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: נָאקְתָּא חִיוָּרְתִּי בִּזְמָמָא דְפַרְזְלָא. ״וְלוּבְדְּקִים בִּפְרוּמְבְּיָא״ — אָמַר רַב הוּנָא: חֲמָרָא לוּבָא בְּפַגֵּי דְפַרְזְלָא.

Guemara. Qu'est-ce que la naka avec le hotem ?

Rabba bar bar Hana a dit : une chamelle blanche avec un anneau de fer. Et les loubdekim avec la perumbiya ?

Rav Houna a dit : un âne libyen avec un mors de fer.

📜 Rachi (5)
גְּמ' מַאי נְאָקָה וּמַאי חֲטָם:
Guemara. Qu'est-ce que la naka : et qu'est-ce que le hotem ?
חִיוַּרְתִּי שֶׁהִיא קָשָׁה לְהִשְׁתַּמֵּר מִפְּנֵי שֶׁבּוֹרַחַת:
Blanche : elle est difficile à garder, parce qu'elle s'enfuit.
בִּזְמָמָא דְּפַרְזְלָא מוזי"ל בְּלַעַ"ז נוֹקֵב אֶת חָוטְמוֹ וּמַכְנִיסוֹ בְּתוֹכוֹ וְהוּא כְּמִין טַבַּעַת:
Avec un anneau de fer (zemama) : (terme) en langue étrangère ; on lui perce le nez et on y fait entrer (l'anneau), qui est comme une bague.
חַמְרָא לוּבָא חֲמוֹר הַבָּא מִמְּדִינַת לוּב כְּמוֹ הַכּוּשִׁים וְהַלּוּבִים דְּאָסָא בְּדִבְרֵי הַיָּמִים (ב טז):
Âne libyen : un âne qui vient du pays de Louv, comme les Kouchim et les Louvim d'Assa, dans les Chroniques (II, 16).
בְּפַגֵּי דְּפַרְזְלָא פָּרְיִי' כְּעֵין שֶׁלָּנוּ פַּגֵּי כְּמוֹ זֶה קָנָה חֲמוֹר וּבֵית פַּגֵּי (ב"מ ד' ט) קיבציי"ל בֵּית רֹאשָׁהּ וּלְחָיֶיהָ:
Avec un mors de fer (pagei) : un frein, comme le nôtre. Pagei, comme dans : celui-ci a acheté l'âne et le pagei (Bava Metsia 9) ; (en langue étrangère) la partie de la tête et des mâchoires.
🗂️ Tossefot (1)
חַמְרָא לוּבָא אוֹמֵר ר"ת דְּלוּבָא הַייְנוּ מִצְרַיִם דִּכְתִיב (נַחוּם ג, ט) פּוּט וְלוּבִים הָיוּ בְּעֶזְרָתֵךְ וְאָמְרִינַן בִּירוּשַׁלְמִי גָּרֵיס הַבָּאִים מִלּוּב מַהוּ לְהַמְתִּין לָהֶם שְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת וּמַיְיתִי עֲלָהּ דְּהָדָא עֶלֶם מִצְרָאָה דְּצָוְוחִין לֵיהּ לוּב:
Âne libyen : Rabbenou Tam dit que Louv, c'est l'Égypte, car il est écrit (Nahoum 3, 9) : Pout et les Louvim étaient ton secours. Et dans le Yerouchalmi nous disons : Gris, qui vient de Louv, faut-il attendre trois générations pour lui ? Et on apporte à ce sujet : ce jeune Égyptien, qu'on appelle Louv.
💡 Explication

Définitions : la naka est une chamelle blanche, rapide et portée à fuir ; elle a besoin d'un hotem, anneau de fer passé dans le nez. Les loubdekim sont des ânes libyens, gardés par une perumbiya, un mors de fer qui prend la tête et les mâchoires.

11
לֵוִי שַׁדַּר זוּזֵי לְבֵי חוֹזָאֵי לְמִיזְבַּן לֵיהּ חֲמָרָא לוּבָא. צָרוּ שַׁדַּרוּ לֵיהּ שְׂעָרֵי, לְמֵימַר דְּנִיגְרֵי דַחֲמָרָא שְׂעָרֵי.

Levi envoya de l'argent à Bei Hozai pour qu'on lui achète un âne libyen. Ils nouèrent (l'argent) et lui envoyèrent de l'orge, pour dire : les pas de l'âne, c'est l'orge.

📜 Rachi (2)
צָרוּ שַׁדַּרוּ לֵיהּ שְׂעָרֵי צָרוּ מְעוֹתָיו וְשָׁלְחוּ לוֹ שְׂעוֹרִים בִּצְרוֹר מְעוֹתָיו וְלֹא רָצוּ לִקְנוֹת לוֹ חֲמוֹר מִפְּנֵי שֶׁהוּא רָחוֹק מִבָּבֶל מַהֲלַךְ חֲצִי שָׁנָה כִּדְאָמַר בְּהַגּוֹזֵל (ב"ק ד' קיב:) וְהִשִּׂיאוּהוּ עֵצָה לִקְנוֹת חֲמוֹר בִּמְקוֹמוֹ וְיַאֲכִילֶנּוּ שְׂעוֹרִים תָּמִיד וְנִמְצָא חֲמוֹרוֹ טוֹב וּמְשֻׁובָּח:
Ils nouèrent et lui envoyèrent de l'orge : ils nouèrent son argent et lui envoyèrent de l'orge dans le sac de son argent. Ils ne voulurent pas lui acheter d'âne, car (Bei Hozai) est loin de Babel, à une demi-année de marche, comme il est dit au chapitre HaGozel (Bava Kamma 112b). Et ils lui conseillèrent d'acheter un âne sur place et de lui donner toujours de l'orge ; ainsi son âne serait bon et excellent.
נִיגְרֵי דְּחַמְרָא שַׁעֲרֵי פְּסִיעוֹתָיו שֶׁל חֲמוֹר לְפִי שְׂעוֹרִים שֶׁהוּא אוֹכֵל:
Les pas de l'âne, c'est l'orge : les pas de l'âne sont à la mesure de l'orge qu'il mange.
12
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַחֲלִיפִין לִפְנֵי רַבִּי, שֶׁל זוֹ בְּזוֹ מַהוּ?

Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : on a interverti devant Rabbi : celui de l'une avec l'autre, qu'en est-il ?

📜 Rachi (1)
מַחֲלִיפִין שְׁאֵילָתָם נְאָקָה בְּאַפְסָר וְגָמָל בַּחֲטָם מַהוּ מַשּׂוֹי הוּא וְאָסוּר:
On a interverti : leur question (porte sur) la naka avec l'afsar et le gamal avec le hotem : qu'en est-il ? Est-ce un fardeau, donc interdit ?
13
נָאקָה בְּאַפְסָר לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, כֵּיוָן דְּלָא מִינַּטְרָא בֵּיהּ — מַשּׂאוֹי הוּא. כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ גָּמָל בַּחֲטָם מַאי? כֵּיוָן דְּסַגִּי לֵיהּ בְּאַפְסָר — מַשּׂאוֹי הוּא, אוֹ דִּילְמָא נְטִירוּתָא יַתִּירְתָּא לָא אָמְרִינַן מַשּׂאוֹי הוּא?

La naka avec l'afsar, ne le demande pas : puisqu'elle n'est pas gardée par lui, c'est un fardeau. Demande-le pour le gamal avec le hotem : qu'en est-il ?

Puisque l'afsar lui suffit, c'est un fardeau ? Ou peut-être, d'une garde superflue, nous ne disons pas que c'est un fardeau ?

🗂️ Tossefot (1)
אוֹ דִּילְמָא כָּל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא לָאו מַשּׂוֹי הִיא וְא"ת תִּפְשׁוֹט מִמַּתְנִיתִין דִּתְנַן וְלוּבְדְּקִים בִּפְרוּמְבְּיָא אע"ג דְּסַגִּי לָהּ בְּאַפְסָר כִּדְאָמַר בְּסָמוּךְ תְּנָא לוּבְדְּקִים וְגָמָל יוֹצְאִים בְּאַפְסָר וּפְרוּמְבִּיָּא עֲדִיפָא מֵאַפְסָר דְּאָמַר לְקַמָּן חֲמוֹר שֶׁעֲסָקָיו רָעִים כְּגוֹן זֶה מַהוּ לָצֵאת בִּפְרֻומְבְּיָא בְּשַׁבָּת אַלְמָא מַשְׁמַע דְּעָדִיף מֵאַפְסָר וי"ל דְּלָא הָוֵי נְטִירוּתָא יְתֵירְתָּא וְאוֹרְחֵיהּ נָמֵי בְּהָכִי וְלָא חֲשִׁיב מַשּׂוֹי:
Ou peut-être, de toute garde superflue, (nous ne disons pas que) c'est un fardeau : et si tu objectes, qu'on tranche d'après notre michna, où nous avons appris : et les loubdekim avec la perumbiya, bien que l'afsar leur suffise, comme il est dit juste après : il est enseigné, les loubdekim et le gamal sortent avec l'afsar ; et la perumbiya est supérieure à l'afsar, comme il est dit plus loin : un âne de mauvaise conduite, comme celui-ci, peut-il sortir avec la perumbiya le Chabbat ? Il en ressort qu'elle est supérieure à l'afsar. On peut répondre qu'il n'y a pas là de garde superflue, que tel est aussi leur usage, et qu'on ne la compte pas comme un fardeau.
💡 Explication

La question est précise. Une garde insuffisante est sans doute un fardeau. La question porte sur la netirouta yetera, la garde superflue : le gamal est déjà tenu par l'afsar ; l'anneau nasal ajouté est-il un fardeau ?

Tossefot : pourquoi ne pas trancher d'après les loubdekim à la perumbiya ? Réponse : pour eux, la perumbiya est l'usage normal.

14
אָמַר לְפָנָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: כָּךְ אָמַר אַבָּא: אַרְבַּע בְּהֵמוֹת יוֹצְאוֹת בְּאַפְסָר, הַסּוּס וְהַפֶּרֶד וְהַגָּמָל וְהַחֲמוֹר. לִמְעוּטֵי מַאי? לָאו לְמַעוּטֵי גָּמָל בַּחֲטָם! לֹא, לִמְעוּטֵי נְאָקָה בְּאַפְסָר.

Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi dit devant lui : ainsi a dit mon père : quatre bêtes sortent avec l'afsar : le cheval, le mulet, le gamal et l'âne. Pour exclure quoi ?

N'est-ce pas pour exclure le gamal avec le hotem ? Non, pour exclure la naka avec l'afsar.

📜 Rachi (2)
לָאו לְמַעוּטֵי גָּמָל בַּחֲטָם וְהָכִי קָאָמַר אַרְבַּע בְּהֵמוֹת הַלָּלוּ מִשְׁתַּמְּרִים בְּאַפְסָר וַאֲסוּרוֹת לָצֵאת בַּחֲטָם:
N'est-ce pas pour exclure le gamal avec le hotem : et voici ce qu'il dit : ces quatre bêtes sont gardées par l'afsar, et il leur est interdit de sortir avec le hotem.
לָא לְמַעוֹטֵי נָאקָה בְּאַפְסָר דְּהוֹאִיל וְלָא מִינַּטְרָא בֵּיהּ מַשּׂאוֹי הוּא אֲבָל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא כְּגוֹן חֲטָם לְגָמָל לָאו מַשּׂאוֹי הוּא:
Non, pour exclure la naka avec l'afsar : puisqu'elle n'est pas gardée par lui, c'est un fardeau ; mais une garde superflue, comme le hotem pour le gamal, n'est pas un fardeau.
💡 Explication

Tentative de preuve : la liste de Rabbi Yossi exclurait le gamal au hotem (garde superflue = fardeau). La guemara repousse : la liste peut exclure la naka à l'afsar (garde insuffisante). La question reste ouverte.

15
בְּמַתְנִיתָא תְּנָא: לֻובְדְּקִים וְגָמָל יוֹצְאִין בְּאַפְסָר. כְּתַנָּאֵי: אֵין חַיָּה יוֹצְאָה בְּסוּגַר, חֲנַנְיָה אוֹמֵר: יוֹצְאָה בְּסוּגַר וּבְכָל דָּבָר הַמִּשְׁתַּמֵּר.

Dans une baraita il est enseigné : les loubdekim et le gamal sortent avec l'afsar. C'est comme (une mahloket de) Tanaim : une bête sauvage (hayya) ne sort pas avec le sougar (collier).

Hanania dit : elle sort avec le sougar et avec toute chose qui la garde.

📜 Rachi (4)
יוֹצְאִין בְּאַפְסָר דְּלוּבְדְּקִי נָמֵי מִינַּטְרָא בֵּיהּ:
Sortent avec l'afsar : les loubdekim aussi sont gardés par lui.
ה"ג כְּתַנָּאֵי אֵין חַיָּה יוֹצְאָה בְּסוּגַר:
Ainsi faut-il lire : c'est comme (une mahloket de) Tanaim, une bête sauvage ne sort pas avec le sougar.
כְּתַנָּאֵי נְטִירוּתָא יַתִּירְתָא אִי מַשּׂוֹי הוּא אוֹ לָא:
Comme (une mahloket de) Tanaim : (sur la question de savoir si) une garde superflue est un fardeau ou non.
בַּסּוּגַר קולא"ר שֶׁל חֶבֶל כְּדִמְתַרְגְּמִינַן וְיִתְּנֵהוּ בַּסּוּגַר בְּקוֹלָרִין (יְחֶזְקֵאל יט):
Avec le sougar : collier de corde, comme nous traduisons : et ils le mirent dans le sougar, dans des colliers (Ye'hezkel 19).
16
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵּימָא בְּחַיָּה גְּדוֹלָה — מִי סַגִּי לַהּ סוּגַר? וְאֶלָּא בְּחַיָּה קְטַנָּה — מִי לָא סַגִּי לַהּ סוּגַר?

De quoi traitons-nous ? Si tu dis d'une grande bête sauvage : le sougar lui suffit-il ?

Mais alors d'une petite bête sauvage : le sougar ne lui suffit-il pas ?

📜 Rachi (2)
בְּחַיָּה גְּדוֹלָה כְּגוֹן דּוֹב:
D'une grande bête sauvage : par exemple un ours.
קְטַנָּה כְּגוֹן נְמִיָּיה וְחֻולְדָּה:
Petite : par exemple une mangouste et une belette.
💡 Explication

Pour une grande bête, le collier est insuffisant : les deux avis devraient l'interdire. Pour une petite, le collier convient : les deux devraient le permettre. Il faut donc trouver un cas où les Tanaim divergent réellement.

17
אֶלָּא לָאו חָתוּל אִיכָּא בֵּינַייְהוּ: תַּנָּא קַמָּא סָבַר כֵּיוָן דְּסַגִּי לַהּ בְּמִיתְנָא בְּעָלְמָא מַשּׂאוֹי הוּא, וַחֲנַנְיָה סָבַר כָּל נְטִירוּתָא יַתִּירְתָּא לָא אָמְרִינַן מַשּׂאוֹי הוּא. אָמַר רַב הוּנָא בַּר חִיָּיא אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כַּחֲנַנְיָה.

N'est-ce pas plutôt le chat qui les sépare ? Le Tanna kamma pense : puisqu'une simple corde lui suffit, c'est un fardeau ; et Hanania pense : de toute garde superflue, nous ne disons pas que c'est un fardeau.

Rav Houna bar Hiya a dit au nom de Chmouel : la halakha est selon Hanania.

📜 Rachi (3)
חָתוּל לָא בָּעֵי נְטִירוּתָא אֲפִילּוּ כְּחַיָּה קְטַנָּה שֶׁאֵינוֹ תָּאֵב לִבְרֹוחַ כָּל כָּךְ:
Le chat : il n'a pas besoin de garde, même comme une petite bête sauvage, car il ne désire pas autant s'enfuir.
בְּמִיתְנָא חֶבֶל קָטָן:
Une corde (mitna) : une petite corde.
הֲלָכָה כַּחֲנַנְיָה וּנְטִירוּתָא יַתִּירְתָא לָאו מַשּׂאוֹי הוּא:
La halakha est selon Hanania : et une garde superflue n'est pas un fardeau.
💡 Explication

La nafka mina est le chat : une simple corde le retient, le collier est donc une garde superflue. Tanna kamma : fardeau, interdit. Hanania : permis. Chmouel tranche selon Hanania ; la question du gamal au hotem est ainsi résolue dans le sens de la permission.

🖼️ Schéma
Netirouta yetera : une garde superflue est-elle un fardeau ?Garde insuffisante = fardeaunaka avec afsar : évident(pas de question)La questiongamal avec hotem ?l'afsar lui suffit déjàPreuve de R. Yossi : 4 bêtes à l'afsarrejetée : exclut la naka à l'afsarMahloket de Tanaim : la hayya (bête sauvage) au sougar (collier)Tanna kamma : interditle chat : une simple corde suffitle collier = fardeauHanania : permistoute garde superfluen'est pas un fardeauChmouel : la halakha suit Hanania
Le chat, cas de la mahloket, et la décision de Chmouel
18
לֵוִי בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בַּר חִייָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא הֲווֹ קָאָזְלִי בְּאוֹרְחָא. קַדְמֵיהּ חֲמָרָא דְּלֵוִי לַחֲמָרָא דְּרַבָּהּ בַּר רַב הוּנָא. חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא, אָמַר: אֵימָא לֵיהּ מִילְּתָא כִּי הֵיכִי

Levi, fils de Rav Houna bar Hiya, et Rabba bar Rav Houna marchaient en chemin. L'âne de Levi devança l'âne de Rabba bar Rav Houna.

Rabba bar Rav Houna fut offensé. (Levi) dit : je vais lui dire une parole, afin que (...)

📜 Rachi (1)
חָלְשָׁא דַּעְתֵּיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא שֶׁהָיָה גָּדוֹל וּכְסָבוּר שֶׁעָשָׂה מִדַּעַת:
Rabba bar Rav Houna fut offensé : car il était plus grand, et il pensait que (Levi) l'avait fait exprès.
🗂️ Tossefot (1)
קַדְמֵיהּ חַמְרָא דְּלֵוִי מַשְׁמַע שֶׁמְּכַבְּדִין בַּדְּרָכִים וּבְפֶ' אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא לז.) נָמֵי אָמְרִינַן שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ הָרַב בָּאֶמְצַע גָּדוֹל מִימִינוֹ וְקָטָן מִשְּׂמֹאלוֹ וְכֵן מָצִינוּ בְּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת שֶׁבָּאוּ אֵצֶל אַבְרָהָם וְכוּ' וְהִקְשָׁה ר"ת דִּבְפֶ' שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת מז.) מַסִּיק דְּאֵין מְכַבְּדִין אֶלָּא בְּפֶתַח הָרָאוּי לַמְּזוּזָה וְתֵירֵץ רַבֵּינוּ תָּם דְּהָתָם כְּשֶׁאֵין הוֹלְכִים בַּחֲבוּרָה אַחַת אֶלָּא כָּל אֶחָד הוֹלֵךְ לְצֹורֶךְ עַצְמוֹ אֲבָל כְּשֶׁהוֹלְכִים בַּחֲבוּרָה אַחַת מְכַבְּדִים בְּכָל מָקוֹם:
L'âne de Levi devança : il en ressort qu'on rend les honneurs sur les chemins. Et au chapitre Amar lahem hamemoune (Yoma 37a) nous disons aussi : trois qui marchaient en chemin, le maître au milieu, le plus grand à sa droite et le plus petit à sa gauche. Et nous trouvons de même avec les anges de service venus chez Avraham, etc. Rabbenou Tam a objecté : au chapitre Chelocha cheakhlou (Berakhot 47a), on conclut qu'on ne rend les honneurs qu'à une porte qui convient à une mezouza. Rabbenou Tam a répondu : là-bas, quand ils ne marchent pas en un seul groupe et que chacun va pour son propre besoin ; mais quand ils marchent en un seul groupe, on rend les honneurs en tout lieu.
💡 Explication

Récit rattaché au précédent (Levi est le fils de Rav Houna bar Hiya, qui vient de citer Chmouel). Le récit continue en 52a : Levi pose une question de halakha pour apaiser son compagnon.

Tossefot : le kavod (préséance) s'applique en chemin quand on voyage ensemble.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).