Sougya : Le daf achève la baraita de Bame tomnin : couvercle muktse, nooret de lin fine, superposition des récipients, hatmana du froid et interdit de broyer la neige et la grêle pour en faire couler l'eau. Puis commence le cinquième chapitre, Bame behema : une bête peut sortir le Chabbat avec ce qui sert à la garder (afsar, hotem, perumbiya, chir), car cela n'est pas un fardeau.
La guemara définit ces termes, puis pose la question d'une garde superflue (netirouta yetera) : un chameau avec un anneau nasal. La preuve de Rabbi Yossi est rejetée ; la question dépend d'une mahloket entre le Tanna kamma et Hanania au sujet du chat, et Chmouel tranche selon Hanania.
Le daf se termine sur un récit de voyage entre Levi et Rabba bar Rav Houna.
(... et s'il n'est pas en partie découvert,) il ne le retire pas pour le remettre.
Fin de la baraita de Rabban Chimon ben Gamliel (51a) : si le couvercle est muktse et que la marmite n'est pas en partie découverte, on ne peut la retirer sans toucher le muktse. Donc on ne la retire pas.
Tossefot (Rachba) : cette rigueur suit Rabban Chimon ben Gamliel ; pour les Rabbanan, il serait permis de déplacer directement le muktse dans ce cas.
Rabbi Yehouda dit : la nooret (déchet) de lin fine est comme le fumier.
La michna (47b) a énuméré les matières qui ajoutent de la chaleur (fumier, sel, chaux, sable) : on ne peut y envelopper une marmite, même la veille du Chabbat, de peur qu'on ne vienne à remuer les braises. Rabbi Yehouda range dans cette liste les fins déchets de lin.
On pose un mehem sur un mehem, et une kedera sur une kedera, mais non une kedera sur un mehem, ni un mehem sur une kedera. Et on enduit son ouverture de pâte ; non pour qu'ils chauffent, mais pour qu'ils soient conservés.
Deux récipients : le mehem (bouilloire de cuivre) et la kedera (marmite d'argile). On peut les superposer le Chabbat quand les deux sont déjà chauds, pour conserver la chaleur. Il est interdit de poser un récipient froid pour le chauffer.
Rachi rapporte deux versions pour le cas du mehem sur la kedera ; la Tossefta le permet. Le Roch (plus bas) cite lui aussi la version qui permet toutes les combinaisons.
Et de même qu'on n'enveloppe pas le chaud, ainsi on n'enveloppe pas le froid. Rabbi a permis d'envelopper le froid.
Il s'agit de la baraita citée en 51a : le Tanna kamma interdit la hatmana du froid le Chabbat, et Rabbi la permet, après s'être rangé à l'avis de Rabbi Yossi (kevar hora zaken).
Et on ne broie ni la neige ni la grêle le Chabbat pour que leur eau coule ; mais il les met dans la coupe ou dans le plat, et il ne s'en soucie pas.
Broyer la glace pour la faire fondre revient à molid : faire apparaître une chose nouvelle (de l'eau) le Chabbat, ce qui ressemble à une melakha. Laisser fondre la glace d'elle-même dans un verre est permis.
Tossefot en tire une règle pratique pour l'ablution des mains en hiver.
Nous reviendrons à toi, chapitre Bame tomnin (Avec quoi enveloppe-t-on).
Hadran : formule de clôture d'un chapitre. Le Roch résume ici les règles de la baraita, et ajoute deux applications : l'ablution des mains en hiver, et l'interdit (Sefer HaTeroumot) de chauffer une tourte près du feu, car la graisse figée fond (molid).
Michna. Avec quoi une bête sort-elle, et avec quoi ne sort-elle pas ?
Le gamal (chameau) sort avec l'afsar (licou), la naka avec le hotem, les loubdekim avec la perumbiya, et le cheval avec le chir (chaîne).
Début du chapitre 5. Le fondement : la mitsva de chevitat behema, le repos de la bête. Elle ne doit pas porter de massoui (fardeau) dans le domaine public. Ce qui sert à la garder compte comme une parure ou un accessoire normal, et n'est pas un fardeau.
Tossefot : l'interdit explicite de faire travailler sa bête vise le mehamer (celui qui la conduit) ; ici, la source est le verset afin que se repose ton bœuf.
Et toutes les bêtes qui portent un chir sortent avec le chir et sont tirées par le chir.
Et on les asperge et on les immerge à leur place.
Il s'agit de la purification du chir devenu impur : l'aspersion (haza'a, avec l'eau de la vache rousse) et l'immersion (tevila) se font sans retirer la chaîne du cou de la bête.
Guemara. Qu'est-ce que la naka avec le hotem ?
Rabba bar bar Hana a dit : une chamelle blanche avec un anneau de fer. Et les loubdekim avec la perumbiya ?
Rav Houna a dit : un âne libyen avec un mors de fer.
Définitions : la naka est une chamelle blanche, rapide et portée à fuir ; elle a besoin d'un hotem, anneau de fer passé dans le nez. Les loubdekim sont des ânes libyens, gardés par une perumbiya, un mors de fer qui prend la tête et les mâchoires.
Levi envoya de l'argent à Bei Hozai pour qu'on lui achète un âne libyen. Ils nouèrent (l'argent) et lui envoyèrent de l'orge, pour dire : les pas de l'âne, c'est l'orge.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : on a interverti devant Rabbi : celui de l'une avec l'autre, qu'en est-il ?
La naka avec l'afsar, ne le demande pas : puisqu'elle n'est pas gardée par lui, c'est un fardeau. Demande-le pour le gamal avec le hotem : qu'en est-il ?
Puisque l'afsar lui suffit, c'est un fardeau ? Ou peut-être, d'une garde superflue, nous ne disons pas que c'est un fardeau ?
La question est précise. Une garde insuffisante est sans doute un fardeau. La question porte sur la netirouta yetera, la garde superflue : le gamal est déjà tenu par l'afsar ; l'anneau nasal ajouté est-il un fardeau ?
Tossefot : pourquoi ne pas trancher d'après les loubdekim à la perumbiya ? Réponse : pour eux, la perumbiya est l'usage normal.
Rabbi Yichmael fils de Rabbi Yossi dit devant lui : ainsi a dit mon père : quatre bêtes sortent avec l'afsar : le cheval, le mulet, le gamal et l'âne. Pour exclure quoi ?
N'est-ce pas pour exclure le gamal avec le hotem ? Non, pour exclure la naka avec l'afsar.
Tentative de preuve : la liste de Rabbi Yossi exclurait le gamal au hotem (garde superflue = fardeau). La guemara repousse : la liste peut exclure la naka à l'afsar (garde insuffisante). La question reste ouverte.
Dans une baraita il est enseigné : les loubdekim et le gamal sortent avec l'afsar. C'est comme (une mahloket de) Tanaim : une bête sauvage (hayya) ne sort pas avec le sougar (collier).
Hanania dit : elle sort avec le sougar et avec toute chose qui la garde.
De quoi traitons-nous ? Si tu dis d'une grande bête sauvage : le sougar lui suffit-il ?
Mais alors d'une petite bête sauvage : le sougar ne lui suffit-il pas ?
Pour une grande bête, le collier est insuffisant : les deux avis devraient l'interdire. Pour une petite, le collier convient : les deux devraient le permettre. Il faut donc trouver un cas où les Tanaim divergent réellement.
N'est-ce pas plutôt le chat qui les sépare ? Le Tanna kamma pense : puisqu'une simple corde lui suffit, c'est un fardeau ; et Hanania pense : de toute garde superflue, nous ne disons pas que c'est un fardeau.
Rav Houna bar Hiya a dit au nom de Chmouel : la halakha est selon Hanania.
La nafka mina est le chat : une simple corde le retient, le collier est donc une garde superflue. Tanna kamma : fardeau, interdit. Hanania : permis. Chmouel tranche selon Hanania ; la question du gamal au hotem est ainsi résolue dans le sens de la permission.
Levi, fils de Rav Houna bar Hiya, et Rabba bar Rav Houna marchaient en chemin. L'âne de Levi devança l'âne de Rabba bar Rav Houna.
Rabba bar Rav Houna fut offensé. (Levi) dit : je vais lui dire une parole, afin que (...)
Récit rattaché au précédent (Levi est le fils de Rav Houna bar Hiya, qui vient de citer Chmouel). Le récit continue en 52a : Levi pose une question de halakha pour apaiser son compagnon.
Tossefot : le kavod (préséance) s'applique en chemin quand on voyage ensemble.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).