Sougya : Le daf achรจve le passage sur le chien mรฉchant (lamas) et raconte l'histoire de la femme qui perdit son enfant ร cause d'un aboiement ; Rav Houna et Reich Lakich expliquent ensuite le verset de Kohelet 11, 9. La Guemara revient ร la Michna : la berit est tehora.
Rav Yehouda l'identifie d'abord ร l'ets'ada, puis prรฉcise qu'elle se porte ร la jambe comme l'ets'ada au bras. Ravin et Rav Houna discutent devant Rav Yirmeya de la diffรฉrence entre berit et kevalim, et de la fonction de la chaรฎne.
Enfin, Rav Dimi, Rava et une baraita รฉtablissent les sources de la tuma d'un tissu, d'une parure et d'un objet mixte de taille minimale (kol chehou) : o beged, le tsits, et kol keli maasse.
"...(celui qui) refuse (lamas) la bontรฉ ร son prochain" : car en langue grecque on appelle le chien "lamas". Rav Nahman bar Yitshak a dit : il se dรฉfait mรชme de la crainte du Ciel, ainsi qu'il est dit : "et il abandonne la crainte de Chadai" (Iyov 6, 14).
Fin du passage sur le chien mรฉchant (dรฉbut en 63a). Le mot rare lamas du verset de Iyov est lu comme le mot grec pour "chien" : celui qui garde un chien mรฉchant empรชche les pauvres d'approcher et retient ainsi la 'hessed (bontรฉ).
Rav Nahman bar Yitshak lit la fin du verset : il perd aussi la yirat chamayim (crainte du Ciel).
Une femme entra dans une maison pour y cuire (du pain). Le chien aboya contre elle, et son enfant se dรฉplaรงa (dans son ventre).
Le maรฎtre de maison lui dit : n'aie pas peur, on lui a enlevรฉ ses crocs et on lui a enlevรฉ ses griffes. Elle lui dit : prends ta bontรฉ et jette-la sur les รฉpines ; l'enfant a dรฉjร bougรฉ.
Illustration du danger d'un chien mรฉchant : la peur seule suffit ร provoquer un dommage. Retirer les dents et les griffes ne supprime pas l'effroi que provoque l'aboiement.
Rav Houna a dit : que signifie ce qui est รฉcrit : "Rรฉjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et que ton cลur te rende heureux aux jours de ta jeunesse ; suis les voies de ton cลur et ce que voient tes yeux ; mais sache que pour tout cela D.ieu te fera venir en jugement" (Kohelet 11, 9) ? Jusqu'ici, ce sont les paroles du yetser hara (mauvais penchant) ; ร partir d'ici, ce sont les paroles du yetser tov (bon penchant).
Rav Houna divise le verset en deux voix : l'invitation au plaisir vient du yetser hara, le rappel du jugement vient du yetser tov.
Reich Lakich a dit : jusqu'ici, (le verset parle) de l'รฉtude de la Torah ; ร partir d'ici, des bonnes actions.
Pour Reich Lakich, tout le verset est positif : la premiรจre partie encourage l'รฉtude joyeuse ; la seconde rappelle qu'on sera jugรฉ sur la mise en pratique (maassim tovim) de ce qu'on a appris.
(Michna :) "La berit est tehora (pure)". Rav Yehouda a dit : la berit, c'est l'ets'ada (bracelet).
Retour ร la Michna (63a). La berit ne reรงoit pas la tuma (impuretรฉ) et on peut sortir avec le Chabbat. Rav Yehouda l'identifie ร l'ets'ada, bracelet portรฉ au bras.
Rav Yossef objecta : la berit est tehora et on sort avec elle le Chabbat, alors que l'ets'ada est tmea (susceptible d'impuretรฉ) !
L'ets'ada figure dans le butin de Midian, qui devait รชtre purifiรฉ : c'est donc un objet susceptible de tuma. Comment la berit, identifiรฉe ร elle, serait-elle tehora ?
Rachi et Tossefot divergent sur la source exacte : "purifiez-vous" (Rachi) ou "kol keli maasse" rapprochรฉ des cheratsim (Tossefot).
Voici ce qu'il veut dire : la berit se tient ร la place de l'ets'ada.
Rav Yehouda a รฉtรฉ mal compris : la berit est comparable ร l'ets'ada par sa forme (un anneau), mais elle se porte ร la jambe et sert ร tenir le bas. Elle est un keli hamechamech keli (objet au service d'un objet), donc tehora.
Pour le Chabbat, Rachi dit qu'elle ne l'รดtera pas car sa jambe serait dรฉcouverte ; Tossefot dit qu'une berit unique n'est pas une parure qu'on exhibe.
Ravin et Rav Houna รฉtaient assis devant Rav Yirmeya, et Rav Yirmeya รฉtait assis et sommeillait. Ravin รฉtait assis et disait : la berit (se porte) ร une (jambe), les kevalim aux deux.
Premiรจre distinction proposรฉe par Ravin : la diffรฉrence entre berit et kevalim (Michna : les kevalim sont tmeim et on ne sort pas avec) tiendrait au nombre de jambes.
Le Roch cite le passage et y joint l'enseignement de Rav Chechet (Chabbat 64a) sur le regard.
Rav Houna lui dit : les unes comme les autres (se portent) aux deux (jambes), et on met une chaรฎne entre elles, et elles deviennent des kevalim.
Selon Rav Houna, la diffรฉrence est la chaรฎne (chalchelet) : deux beritot reliรฉes par une chaรฎne forment des kevalim.
Et la chaรฎne qui s'y trouve en ferait un keli (objet susceptible d'impuretรฉ) ?
Si chaque berit seule est tehora, comment l'ajout d'une chaรฎne rendrait-il l'ensemble tamei ?
Et si tu dis (que c'est) selon Rabbi Chmouel bar Nahmani, car Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'oรน (sait-on) qu'un objet qui produit un son parmi les objets de mรฉtal est tamei ? Car il est dit : "tout objet (davar) qui passe par le feu" (Bamidbar 31, 23) : mรชme ce qui produit une parole (dibour) est inclus.
Tentative de rรฉponse : la chaรฎne produit un son, et Rabbi Chmouel bar Nahmani apprend du mot davar (lu dibour, parole) qu'un objet de mรฉtal sonore est un keli.
Cela se comprend lร -bas : on a besoin de son son, et il accomplit une action. Mais ici, quelle action accomplit-il ?
Rรฉfutation : le principe de Rabbi Chmouel bar Nahmani vaut pour un objet dont le son est recherchรฉ (une clochette, par exemple). La chaรฎne des kevalim produit un son sans fonction.
Ici aussi il accomplit une action, car Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il y avait une famille ร Jรฉrusalem dont (les filles) faisaient de grands pas, et leur virginitรฉ se perdait. On leur fit des kevalim et on mit une chaรฎne entre eux, afin que leurs pas ne soient pas grands, et leur virginitรฉ ne se perdรฎt plus.
Rabbi Yirmeya se rรฉveilla (ร leurs voix) et leur dit : yicher (bien dit) ; et c'est ainsi qu'a dit Rabbi Yo'hanan.
La chaรฎne a une fonction rรฉelle : raccourcir le pas. Elle devient un objet au service de la personne, donc susceptible de tuma.
Pour le Chabbat (Rachi) : la femme pourrait dรฉtacher la chaรฎne d'or pour la montrer sans dรฉcouvrir sa jambe, d'oรน l'interdit de sortir avec des kevalim. Rav Yirmeya, rรฉveillรฉ, confirme la position de Rav Houna.
Quand Rav Dimi vint (d'Erets Israรซl), il dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'oรน (sait-on) qu'un tissu (arig) de toute taille (kol chehou) est tamei ? Du tsits.
Premiรจre version de Rav Dimi : le tsits, petite piรจce comptรฉe parmi les vรชtements du Cohen Gadol, montrerait qu'un tissu de taille minimale (kol chehou) peut devenir tamei.
Abaye lui dit : le tsits est-il un tissu ? Il a รฉtรฉ enseignรฉ : le tsits est une sorte de plaque d'or, large de deux doigts, qui entoure (le front) d'une oreille ร l'autre, et sur lequel est รฉcrit en deux lignes : Yod-Hรฉ (le Nom divin) en haut, et "Kodech la-" en bas.
Abaye objecte : le tsits est une plaque d'or (tass), pas un tissu. On ne peut pas en tirer une rรจgle sur les tissus.
La baraita dรฉcrit la disposition de l'inscription ; Rachi et Rabbenou Tam divergent sur la maniรจre dont les deux lignes se lisaient.
Et Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi a dit : je l'ai vu ร Rome, et il y รฉtait รฉcrit "Kodech la-Hachem" en une seule ligne.
Tรฉmoignage oculaire : ร Rome, Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yossi a vu le tsits avec l'inscription sur une ligne. Dans tous les cas, c'est une plaque de mรฉtal.
Quand Rav Dimi monta ร Nehardea, il leur envoya (dire) : les paroles que je vous ai dites sont une erreur de ma part. En vรฉritรฉ, voici ce qu'on a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'oรน (sait-on) qu'une parure (tachchit) de toute taille est tmea ?
Du tsits. Et d'oรน (sait-on) qu'un tissu de toute taille est tamei ?
De "ou un vรชtement" (Vayikra 11, 32).
Rav Dimi corrige son enseignement : le tsits est la source pour les parures (tachchit) de taille minimale ; pour les tissus, la source est le mot "o" (ou) dans "o beged", compris comme une inclusion (ribouy).
Nos Maรฎtres ont enseignรฉ : un tissu de toute taille est tamei, une parure de toute taille est tmea ; (un objet fait de) tissu et parure de toute taille est tamei. Il ajoute le sac au vรชtement, (car le sac) est tamei au titre de tissu.
Une baraita รฉnonce trois cas de tuma pour des objets minuscules : tissu, parure, et objet mixte. Tossefot note que parler d'une "moitiรฉ" suppose une taille minimale, mรชme petite.
Rava a dit : un tissu de toute taille est tamei, de "ou un vรชtement" ; une parure de toute taille est tmea, du tsits ; (un objet fait de) tissu et parure de toute taille est tamei, de "tout objet ouvrage" (kol keli maasse, Bamidbar 31, 51).
Rava attribue ร chaque cas de la baraita sa source biblique. Pour l'objet mixte, il cite le verset du butin de Midian : "tout objet ouvrage", qui inclut tout objet fabriquรฉ.
Un des Sages dit ร Rava : cela est รฉcrit ร propos de Midian !
Objection : le verset de Midian ne peut servir de source gรฉnรฉrale. Selon Rachi, parce qu'il concerne la tumat met (impuretรฉ du mort), plus grave ; selon Tossefot, parce que ce passage parle du butin et non de la tuma.
Il lui dit : il apprend (par gezera chava)
La rรฉponse se poursuit en 64a : gamar keli-keli mi-cheratsim, rapprochement du mot keli entre le passage de Midian et celui des cheratsim.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).