Shabbat 65b — Le mikve du père de Chmouel, l'agrafe du manteau et le kav de l'amputé

Shabbat 65b

Sougya : La Guemara achève l'examen des pratiques du père de Chmouel envers ses filles : ne pas les laisser dormir ensemble, leur préparer des mikvaot au mois de Nissan. Cette seconde pratique suppose, comme Rav, que le fleuve grossit par l'eau de pluie (notfin), qui ne purifie pas en coulant ; Chmouel, son fils, soutient que le fleuve grossit par sa propre source, et semble se contredire lui-même.

On revient ensuite à la Michna : on peut agrafer un manteau autour d'une pierre ou d'une noix, mais pas d'une pièce le Chabbat même ; Abaye demande si une femme peut user d'artifice pour sortir ainsi une noix à son enfant, question restée sans réponse (teikou). Le daf s'achève sur l'ouverture d'une nouvelle Michna : l'amputée sortant avec sa jambe de bois (kav), selon Rabbi Meir.

Peut-on s'immerger dans un fleuve qui coule ?Zohalin = eau de sourcestatut de mayan (source)purifie même en coulantNotfin = eau de pluiestatut de mikvepurifie seulement stagnante (achboren)Question : le fleuve grossi au printemps, c'est surtout de la source ou de la pluie ?RavLe fleuve grossit par la pluie (l'Euphrate témoignede la pluie en Erets Israël)Père de ChmouelComme Rav : en Nissan la pluie risque de dominer-> il fait des mikvaot pour ses fillesChmouel (1)Le fleuve grossit par sa propre source(mikhefeh mitbarekh) -> fleuve = zohalinChmouel (2)L'eau qui coule ne purifie que l'Euphrateen Tichri -> suppose que la pluie fait grossirChmouel (1) et Chmouel (2) se contredisent : 'pliga dideh adideh'
Eau de source (zohalin) et eau de pluie (notfin) : pourquoi le père de Chmouel faisait des mikvaot en Nissan, et la double position de Chmouel.
Abaye : agrafer sur une noix pour la sortir à l'enfant ?Cas de référence : incendierevêtir plusieurs habits pour les sauverPour qui PERMET l'artifice (incendie)raison : sinon il viendra éteindrePour qui INTERDIT l'artifice (incendie)raison : porter un habit = manière de sortirPeut-être interdit pour la noix :sans permission, elle ne sortira pas(aucun risque plus grave)Peut-être permis pour la noix :agrafer sur une noix n'est pasune manière de sortirConclusion : TEIKOU (question non tranchée)
La question d'Abaye se pose dans les deux opinions sur l'incendie ; elle reste teikou.
1
פסולות לכהונה.

... sont invalides pour la kehouna (le mariage avec un Cohen).

📜 Rachi (1)
פסולות לכהונה לכהן גדול דלא הויא בתולה שלימה דאע"ג דכהן גדול ביומיה לא הוה הואיל ודרך זנות חשיב ליה לאו אורח ארעא:
Invalides pour la kehouna : pour un Cohen gadol, car elle n'est pas une vierge entière. Et bien qu'il n'y eût pas de Cohen gadol à son époque (celle du père de Chmouel), puisque cela est considéré comme une conduite de débauche, il tenait cela pour un comportement inconvenant.
🗂️ Tossefot (1)
פסולות לכהונה פי' לכהונה גדולה דלאו בתולה שלימה היא ואע"ג דכהן גדול בימי שמואל לא הוה היה מחמיר וי"מ משום זונה ופסולות אף לכהן הדיוט וכן משמע בפ' הערל (יבמות עו.) דקאמר התם לית הלכתא [לא כברא ולא] כאבא (עד דקאמר) [וקאמר] ואפילו לרבי אלעזר דאמר פנוי הבא על הפנויה שלא לשם אישות עשאה זונה כו' משמע דטעמא משום זונה:
Invalides pour la kehouna : explication, pour la kehouna gedola, car elle n'est pas une vierge entière ; et bien qu'il n'y eût pas de Cohen gadol à l'époque de Chmouel, il était rigoureux. Certains expliquent : à cause du statut de zona, et elles sont invalides même pour un Cohen ordinaire (hedyot). C'est aussi ce qui ressort du chapitre Ha'arel (Yevamot 76a), où il est dit : la halakha n'est ni comme le fils ni comme le père, et il est dit : et même selon Rabbi Elazar, qui dit qu'un homme non marié qui a une relation avec une femme non mariée sans intention de mariage fait d'elle une zona, etc. ; il en ressort que la raison est le statut de zona.
💡 Explication

Fin de la phrase de Rav Houna commencée en 65a : les femmes mesolelot (qui se frottent l'une contre l'autre) sont pesoulot lakehouna. Rachi limite cela au Cohen gadol, qui doit épouser une vierge (betoula) ; une opinion rapportée par Tossefot les interdit même à un Cohen ordinaire, à cause du statut de zona. La Guemara se demandait si c'est la raison pour laquelle le père de Chmouel ne laissait pas ses filles dormir ensemble.

2
לא — סבר כי היכי דלא לילפן גופא נוכראה.

Non : il pensait (simplement) qu'elles ne s'habituent pas à un corps étranger.

📜 Rachi (1)
דלא לילפן גופא נוכראה ויתאוו לשכב עם איש:
Qu'elles ne s'habituent pas à un corps étranger : et qu'elles désirent coucher avec un homme.
💡 Explication

La Guemara rejette la preuve : la pratique du père de Chmouel ne suppose pas forcément l'avis de Rav Houna. Il voulait seulement éviter que ses filles prennent l'habitude du contact d'un autre corps, ce qui pourrait éveiller le désir.

3
ועביד להו מקוה ביומי ניסן, מסייע ליה לרב, דאמר רב: מטרא במערבא סהדא רבה פרת. סבר, שלא ירבו הנוטפין על הזוחלין.

"Et il leur faisait un mikve aux jours de Nissan" : cela soutient Rav, car Rav a dit : la pluie en Occident (Erets Israël), son grand témoin est l'Euphrate. Il pensait : de peur que les notfin (eaux de pluie) ne soient plus nombreuses que les zohalin (eaux de source qui coulent).

📜 Rachi (3)
מטרא במערבא בארץ ישראל:
La pluie en Occident : en Erets Israël.
סהדא רבה פרת פרת מעיד בדבר שהוא יורד מארץ ישראל לבבל וגדל ממי הגשמים ויודעין בני בבל שירדו גשמים בהרי ארץ ישראל ושמחים על אחיהם ואבוה דשמואל נמי כרב סבירא ליה דאמר פרת גדל ומימיו מתברכין ע"י גשמים:
Son grand témoin est l'Euphrate : l'Euphrate témoigne de la chose, car il descend d'Erets Israël vers Bavel et grossit par les eaux de pluie ; les gens de Bavel savent ainsi que la pluie est tombée sur les montagnes d'Erets Israël et se réjouissent pour leurs frères. Et le père de Chmouel pense lui aussi comme Rav, qui dit que l'Euphrate grossit et que ses eaux augmentent par les pluies.
וסבר שמא ירבו נוטפים היינו גשמים על הזוחלין הנובעין ותנן במסכת מקואות (פ"ה מ"ה) הזוחלין כמעיין והנוטפין כמקוה ושנינו בת"כ אך מעין ובור מקוה מים יכול מילא על כתפו ועשה מקוה בתחילה יהא טהור ת"ל מעיין מה מעיין בידי שמים אף מקוה בידי שמים אי מה מעיין מטהר בזוחלין אף מקוה מטהר בזוחלין ת"ל אך מעיין המעיין מטהר בזוחלין ומקוה מטהר באשבורן ומהו אשבורן דקוו וקיימי לאפוקי שאם הטביל בו כלים דרך זחילתו כשהן נמשכין ויורדים למקוה לא עלתה להם טבילה דבור ומקוה כתיב דקוו וקיימי אבל נובעין מטהרין כמו שהן זוחלין ומושכין מגבוה לנמוך כדרך כל הנהרות הלכך ביומי ניסן שהנהרות גדילים ממי הגשמים של ימי החורף ומהפשרת השלגים חייש שמא ירבו הנוטפין על הזוחלין שניתוספו בנהר מן הגשמים על הזוחלים החיים ובטלו הזוחלין החיים בנוטפים ואין תורת מעיין עליהן לטהר בזוחלין אלא באשבורן ועביד להו מקוואות דקוו וקיימי ואני קבלתי מרבינו הלוי משום דספק זיבות נינהו וזבה טעונה מים חיים ואי אפשר להעמיד שמועתו משום דאמרינן חומר בזב מבזבה שהזב טעון מים חיים וזבה אינה טעונה מים חיים וחזרתי ובדקתי לפרשה וכן נראה בעיני כמו שפירשתי ורובא דעלמא מפרשים נוטפין כשאובין ולאו מילתא היא דתנן הנוטפין כמקוה: דהוו להו שאובין ל"ג:
Et il pensait : de peur que les notfin soient plus nombreux : c'est-à-dire la pluie, par rapport aux zohalin qui jaillissent (de la source). Nous avons appris dans le traité Mikvaot (5, 5) : les zohalin sont comme une source (mayan) et les notfin comme un mikve. Et nous avons appris dans le Torat Kohanim : "Mais une source et une citerne, un amas d'eau (mikve)" ; on pourrait penser que s'il a rempli (de l'eau) sur son épaule et fait un mikve dès le départ, il serait pur ; c'est pourquoi il est dit "source" : de même qu'une source est par la main du Ciel, un mikve aussi (doit être) par la main du Ciel. Ou bien : de même qu'une source purifie en coulant (zohalin), un mikve aussi purifierait en coulant ? C'est pourquoi il est dit "mais une source" : la source purifie en coulant, et le mikve purifie en achboren. Qu'est-ce que achboren ? (Des eaux) rassemblées et immobiles. Cela exclut le cas où l'on a immergé des ustensiles dans (l'eau de pluie) pendant son écoulement, lorsqu'elle s'écoule et descend vers le mikve : l'immersion ne compte pas pour eux, car il est écrit "citerne" et "mikve", (c'est-à-dire des eaux) rassemblées et immobiles. Mais les eaux jaillissantes purifient telles qu'elles coulent et s'écoulent d'un lieu élevé vers un lieu plus bas, à la manière de tous les fleuves. C'est pourquoi, aux jours de Nissan, où les fleuves grossissent par les eaux de pluie de l'hiver et par la fonte des neiges, il craignait que les notfin ajoutés au fleuve par les pluies ne soient plus nombreux que les zohalin vivants, et que les zohalin vivants ne soient annulés dans les notfin ; ils n'auraient alors plus le statut de source, pour purifier en coulant, mais seulement en achboren ; et il leur faisait des mikvaot rassemblés et immobiles. Quant à moi, j'ai reçu de notre maître le Levi : (la raison est) qu'elles sont des doutes de zava, et qu'une zava requiert des eaux vives. Mais il est impossible de maintenir son explication, car nous disons (Tossefta) : le zav est plus sévère que la zava, car le zav requiert des eaux vives et la zava n'en requiert pas. J'ai repris et examine (la chose) pour l'expliquer, et il me semble juste de l'expliquer comme je l'ai fait. La plupart des gens expliquent notfin comme des eaux puisées (cheouvin), mais ce n'est pas exact, car nous avons appris : les notfin sont comme un mikve. (Les mots) "et elles deviennent des eaux puisées" ne font pas partie du texte (à supprimer).
🗂️ Tossefot (2)
סהדא רבה פרת פי' הקונטרס פרת מעיד שהוא יורד מא"י לבבל וגדל ממי גשמים ולא נהירא שהרי בבל במזרח א"י קאי וכל הנהרות יורדים ממזרח למערב לכך פר"ת שהיו מכירים שירדו הגשמים לא"י ע"י שחוזר פרת לאחוריו על ידי גדילתו בא"י מתוך הגשמים:
Son grand témoin est l'Euphrate : Rachi explique que l'Euphrate témoigne, car il descend d'Erets Israël vers Bavel et grossit par les eaux de pluie. Cela ne semble pas juste, car Bavel se trouve à l'est d'Erets Israël, et tous les fleuves descendent de l'est vers l'ouest. C'est pourquoi Rabbeinou Tam explique : ils savaient que la pluie était tombée en Erets Israël parce que l'Euphrate refluait en arrière, du fait de sa crue en Erets Israël sous l'effet des pluies.
שמא ירבו הנוטפים פירוש מי גשמים על מי נהרות שהיו זוחלין והוו להו מקוה ואמרינן דאין מקוה מטהר בזוחלין כ"א באשבורן דתנן במסכת מקוואות ("ה מ"ה) הזוחלין כמעיין והנוטפין כמקוה ותניא בת"כ יכול מילא מים על כתיפו ועשאו מקוה בתחילה יהא טהור תלמוד לומר מעיין מה מעיין בידי שמים אף מקוה בידי שמים אי מה מעיין מטהר בזוחלין אף מקוה מטהר בזוחלין פי' אף בזוחלין וכ"ש באשבורן תלמוד לומר אך מעיין מעיין מטהר בזוחלין ומקוה באשבורן ומהו אשבורן דקוו וקיימי ויש מפרשים שלא היה רוצה להטבילן בהן משום דהוו להו ספק זבות וזב וזבה טעונים מים חיים ושמא ירבו הנוטפין והוו להו מכונסין ולא נהירא חדא דמ"ט עביד להו מקוואות והא בעינן מים חיים ועוד (דבת"כ) [דבתוספתא פ"ג דזבים] קאמר חומר בזב מבזבה שהזב טעון מים חיים והזבה אינה טעונה מים חיים וא"ת ולשמואל דאמר אין המים מטהרין בזוחלין אלא פרת ביומי תשרי זב דבעי מים חיים איך יטבול ביומי ניסן וי"ל במעיין מכוסה שאין מי גשמים יורדין בתוכו וא"ת אמאי חיישינן שמא ירבו הנוטפים לימא קמא קמא בטיל כדאמר בפ"ה דמסכת ע"ז (דף עג.) המערה יין נסך לבור אפילו כל היום כולו כשר דאמרינן קמא קמא בטיל וי"ל דלא מהני טעמא דקמא קמא בטיל כיון שהאיסור רבה מכשיעור וההיא דיין נסך דקאמר קמא קמא בטיל היינו קודם שרבה האיסור עד כדי נתינת טעם בהיתר:
De peur que les notfin soient plus nombreux : explication, les eaux de pluie par rapport aux eaux des fleuves qui coulaient ; (les eaux) deviennent alors un mikve, et nous disons qu'un mikve ne purifie pas en coulant, mais seulement en achboren. Comme nous l'avons appris dans le traité Mikvaot (5, 5) : les zohalin sont comme une source et les notfin comme un mikve. Et il est enseigné dans le Torat Kohanim : on pourrait penser que s'il a rempli de l'eau sur son épaule et en a fait un mikve dès le départ, il serait pur ; c'est pourquoi il est dit "source" : de même qu'une source est par la main du Ciel, le mikve aussi par la main du Ciel. Ou bien : de même qu'une source purifie en coulant, le mikve aussi purifierait en coulant ? (Explication : même en coulant, et à plus forte raison en achboren.) C'est pourquoi il est dit "mais une source" : la source purifie en coulant et le mikve en achboren. Qu'est-ce que achboren ? (Des eaux) rassemblées et immobiles. Certains expliquent qu'il ne voulait pas les immerger dans (les fleuves) parce qu'elles étaient des doutes de zava, et que le zav et la zava requièrent des eaux vives ; or peut-être les notfin sont-ils plus nombreux et (les eaux) deviennent-elles des eaux rassemblées. Cela ne semble pas juste. D'abord : pour quelle raison leur faisait-il des mikvaot, puisqu'il faudrait des eaux vives ? Ensuite, il est dit dans la Tossefta (Zavim, chapitre 3) : le zav est plus sévère que la zava, car le zav requiert des eaux vives et la zava n'en requiert pas. Et si tu demandes : selon Chmouel, qui dit que l'eau ne purifie en coulant que l'Euphrate aux jours de Tichri, le zav qui requiert des eaux vives, comment s'immergera-t-il aux jours de Nissan ? On peut répondre : dans une source couverte, dans laquelle les eaux de pluie ne descendent pas. Et si tu demandes : pourquoi craint-on que les notfin soient plus nombreux ? Qu'on dise : kama kama batel (chaque apport s'annule au fur et à mesure), comme il est dit au chapitre 5 du traité Avoda Zara (73a) : celui qui verse du yayin nessekh dans une citerne, même toute la journée, (le vin de la citerne) est cacher, car nous disons kama kama batel. On peut répondre : la raison de kama kama batel ne sert pas lorsque l'interdit à dépassé la mesure ; et le cas du yayin nessekh, où l'on dit kama kama batel, concerne (le moment) avant que l'interdit n'ait augmenté jusqu'à donner du goût à ce qui est permis.
💡 Explication

Deux catégories d'eau purifiante : les zohalin (eau de source qui coule) ont le statut de mayan et purifient même en mouvement ; les notfin (eau de pluie) ont le statut de mikve et ne purifient que rassemblées et immobiles (achboren). Si la pluie devient majoritaire dans le fleuve, celui-ci perd le statut de source.

Selon Rav, la crue du printemps vient de la pluie ; le père de Chmouel craignait donc qu'en Nissan les notfin dominent, et il préparait des mikvaot d'eau immobile. Rachi et Rabbeinou Tam divergent sur la manière dont l'Euphrate "témoigne" : il descend d'Erets Israël (Rachi), ou il reflue sous l'effet de la crue en Erets Israël (Rabbeinou Tam).

4
ופליגא דשמואל. דאמר שמואל: נהרא מכיפיה מיברך. ופליגא דידיה אדידיה, דאמר שמואל: אין המים מטהרין בזוחלין אלא פרת ביומי תשרי בלבד.

Et (cela) s'oppose à Chmouel, car Chmouel a dit : le fleuve s'accroît à partir de son lit (de sa propre source). Et (cet enseignement de Chmouel) s'oppose à lui-même, car Chmouel a dit : l'eau ne purifie en coulant que l'Euphrate aux jours de Tichri seulement.

📜 Rachi (4)
מכיפיה מיברך משפתו וממקורו ומסלעו סלע מתרגמינן כיפה מכיפיה מיברך ולא ממי הגשמים:
S'accroît à partir de son lit : de sa rive, de sa source et de son rocher ; (le mot) sela (rocher) se traduit (en araméen) kifa. Il s'accroît par son lit, et non par les eaux de pluie.
ופליגא דידיה אדידיה דשמואל אשמואל:
Et il s'oppose à lui-même : Chmouel contre Chmouel.
אין המים מטהרין בזוחלין אין מטהרין אדם וכלים הטובלין בהן דרך זחילה וצריך להמשיכן למקוה ולטבול במקוה:
L'eau ne purifie pas en coulant : elle ne purifie pas l'homme et les ustensiles qui s'y immergent pendant qu'elle coule ; il faut la conduire dans un mikve et s'immerger dans le mikve.
אלא פרת ביומי תשרי שחדלו הגשמים ורבו הזוחלין עליהם ויש תורת מעיין על נהרות המושכין אלמא סבירא ליה שגדילין ממי הגשמים ואני שמעתי בבכורות מטהרין בזוחלין שהנוטפין שבתוכן מטהרין בריבוי הזוחלין ויתבטלו הנוטפין בהן להיות זב וזבה טובלין בהן בשביל הזוחלין:
Sauf l'Euphrate aux jours de Tichri : lorsque les pluies ont cessé et que les zohalin sont plus nombreux qu'elles, et les fleuves qui coulent ont le statut de source. On voit donc qu'il pense que (les fleuves) grossissent par les eaux de pluie. Et j'ai entendu (l'expression) "purifient en coulant" (au sens de) : les notfin qui s'y trouvent purifient grâce à la majorité des zohalin, et les notfin s'y annulent, de sorte que le zav et la zava s'y immergent grâce aux zohalin.
🗂️ Tossefot (1)
דאמר שמואל נהרא מכיפיה מיתבריך פי' ממקומו ומסלעו סלע מתרגם כיפיה מנביעתו מיתבריך ולא ממי גשמים וא"ת והא קא חזינן שמחמת הגשמים הם גדילים וי"ל כדאמר במסכת תענית (דף כה:) שאין לך טפח יורד מלמעלה שאין טפחיים עולים כנגדו מלמטה ואור"ת דהילכתא כוותיה דשמואל ומייתי ראיה מפרק בתרא דבכורות (דף נה:) דתניא רבי מאיר אומר לא פרת שמו אלא יובל שמו ולמה נקרא שמו פרת שמימיו פרין ורבין ולאו דוקא נקט פרת דה"ה לכל נהרות והא דנקט פרת משום שהוא גדול מכל נהרות ולפי שהוא מא"י וקאמר התם מסייע ליה לשמואל דאמר נהרא מכיפיה מיתבריך ועל זה אנו סומכין לטבול בנהרות אפילו אם גדלו מאד:
Car Chmouel a dit : le fleuve s'accroît à partir de son lit : explication, de son lieu et de son rocher ; sela se traduit kifa ; il s'accroît par son jaillissement et non par les eaux de pluie. Et si tu demandes : nous voyons pourtant qu'ils grossissent à cause des pluies ! On peut répondre comme il est dit dans le traité Taanit (25b) : il n'est pas un tefah (de pluie) qui descend d'en haut sans que deux tefahim montent en face d'en bas. Et Rabbeinou Tam dit que la halakha est comme Chmouel, et il en apporte une preuve du dernier chapitre de Bekhorot (55b), où il est enseigné : Rabbi Meir dit : son nom n'est pas Perat, son nom est Yuval ; et pourquoi s'appelle-t-il Perat ? Parce que ses eaux croissent et se multiplient (parin veravin). Il n'a pas mentionné l'Euphrate de manière limitative, car il en est de même pour tous les fleuves ; il a mentionné l'Euphrate parce qu'il est le plus grand de tous les fleuves, et parce qu'il vient d'Erets Israël. Et il est dit là-bas : cela soutient Chmouel, qui dit que le fleuve s'accroît à partir de son lit. Et c'est sur cela que nous nous appuyons pour nous immerger dans les fleuves, même s'ils ont beaucoup grossi.
💡 Explication

Deux enseignements de Chmouel semblent se contredire. Le premier (nahara mikhefeh mitbarekh) dit que le fleuve grossit par sa source : le fleuve reste donc des zohalin toute l'année, contre l'avis de Rav et de son père. Le second limite la purification en eau courante à l'Euphrate en Tichri, à la fin de l'été sans pluie : il suppose donc que la pluie fait grossir le fleuve.

Rachi rapporte une autre lecture du second enseignement. Tossefot citent Rabbeinou Tam : la halakha suit le premier enseignement de Chmouel, et c'est la base de la pratique de s'immerger dans les fleuves même en crue.

5
פורפת על האבן כו׳. והאמרת רישא ״פורפת״? אמר אביי: סיפא אתאן למטבע.

"Elle agrafe (son manteau) sur une pierre, etc." Mais tu as dit dans la première partie : "elle agrafe" ! Abaye a dit : dans la dernière partie, nous en sommes venus à la pièce (de monnaie).

📜 Rachi (3)
והא אמרת רישא פורפת וההיא ודאי לכתחלה קאמר בשבת דאי מבעוד יום ולאשמועינן דיוצאה בו בשבת הא תנא רישא מדיות פרופות:
Mais tu as dit dans la première partie "elle agrafe" : et cela parle certainement (d'agrafer) le Chabbat, dès le départ (lekhatehila). Car si (cela parlait d'agrafer) pendant qu'il fait encore jour (la veille), pour nous apprendre qu'elle peut sortir avec le Chabbat, le Tana l'a déjà enseigné plus haut : "des (vêtements) agrafés".
סיפא דקתני לא תפרוף:
La dernière partie : qui enseigne "elle n'agrafera pas".
אתאן למטבע דלאו בר טלטול הוא אבל אבן שהקצה לכך ראוי לטלטול:
Nous en sommes venus à la pièce : qui ne peut pas être déplacée (mouktse) ; mais une pierre qu'on a destinée à cela peut être déplacée.
⚖️ Rosh (2)
מתני' פורפת על האבן ועל האגוז ועל המטבע ובלבד שלא תפרוף לכתחלה בשבת:
Michna : elle agrafe (son manteau) sur une pierre, sur une noix et sur une pièce, à condition qu'elle n'agrafe pas dès le départ le Chabbat.
גמ' והא אמרת רישא פורפת. אמר אביי סיפא אתאן למטבע כלומר על המטבע בלבד הוא שלא תפרוף לכתחלה בשבת אבל על האבן ועל האגוז פורפת לכתחלה בשבת. בעי אביי אשה מהו שתערים ותפרוף על האגוז להוציא לבנה קטן בשבת. ועלתה בתיקו וקי"ל דכל תיקו דאורייתא לחומרא ודרבנן לקולא:
Guemara : mais tu as dit dans la première partie "elle agrafe" ! Abaye a dit : dans la dernière partie, nous en sommes venus à la pièce ; c'est-à-dire, sur la pièce seulement elle n'agrafera pas dès le départ le Chabbat, mais sur la pierre et sur la noix elle agrafe dès le départ le Chabbat. Abaye a demandé : une femme peut-elle user d'artifice et agrafer sur une noix pour la sortir à son jeune fils le Chabbat ? (La question) est restée teikou. Et nous tenons que tout teikou dans un (domaine) de la Torah est tranché avec rigueur, et dans un (domaine) rabbinique avec souplesse.
💡 Explication

La Michna (64b-65a) enseigné : porefet (elle agrafe) sur une pierre, une noix, une pièce, à condition de ne pas agrafer lekhatehila le Chabbat. Le début semble permettre et la fin interdire. Abaye répond que l'interdiction finale vise la pièce seule, qui est mouktse ; la pierre destinée à cet usage et la noix se déplacent le Chabbat.

Le Roch conclut sur la règle générale du teikou : rigueur pour un doute de la Torah, souplesse pour un doute rabbinique.

🖼️ Schéma
Agrafer le manteau le Chabbat autour d'un objet (Abaye)Pierreprévue pour cela : déplaçablepermis même le ChabbatNoixaliment : déplaçablepermis même le ChabbatPièce (matbea)mouktseseulement si agrafé la veilleLe 'sifa' (lo tiftof lekhatehila) vise la pièce seule
La pierre et la noix peuvent être utilisées le Chabbat ; la pièce, mouktse, seulement si elle a été agrafée la veille.
6
בעי אביי: אשה מהו שתערים ותפרוף על האגוז להוציא לבנה קטן בשבת?

Abaye a demandé : une femme peut-elle user d'artifice (lehaarim) et agrafer (son manteau) sur une noix pour la sortir à son jeune fils le Chabbat ?

📜 Rachi (1)
להוציא לבנה הקטן לאוכלו:
Pour la sortir à son jeune fils : pour qu'il la mange.
💡 Explication

La femme n'a pas besoin de l'agrafe : son vrai but est de sortir la noix dans le domaine public pour son enfant. Agrafer le manteau est un usage permis ; la question porte sur la haarama (artifice) : faire un acte permis pour atteindre un résultat qui serait interdit directement.

7
תיבעי למאן דאמר מערימין. תיבעי למאן דאמר אין מערימין.

(La question) se pose selon celui qui dit : on use d'artifice ; (et elle) se pose selon celui qui dit : on n'use pas d'artifice.

📜 Rachi (1)
תיבעי למאן דאמר פלוגתא בכל כתבי הקדש (לקמן שבת דף קכ.) לובש כל מה שיכול ללבוש דברי רבי מאיר ואפילו עשרה חלוקים זה על זה רבי יוסי אומר שמונה עשר כלים כדרך שהוא לובש בחול:
(La question) se pose selon celui qui dit : c'est la discussion du chapitre Kol kitvei hakodech (plus loin, Chabbat 120a) : il revêt tout ce qu'il peut revêtir, ce sont les paroles de Rabbi Meir, et même dix tuniques l'une sur l'autre ; Rabbi Yossi dit : dix-huit vêtements, à la manière dont il s'habille en semaine.
💡 Explication

Le cas de référence est l'incendie le Chabbat : pour sauver ses vêtements, on peut les revêtir les uns sur les autres et sortir. Les Tanaim divergent sur la mesure de cet artifice (Chabbat 120a). La Guemara annonce que la question d'Abaye se pose dans les deux opinions.

8
תיבעי למאן דאמר מערימין בדליקה: התם הוא דאי לא שרית ליה אתי לכבויי, אבל הכא אי לא שרית ליה לא אתי לאפוקי.

Elle se pose selon celui qui dit : on use d'artifice en cas d'incendie. Là-bas (on le permet), parce que si tu ne le lui permets pas, il en viendra à éteindre ; mais ici, si tu ne le lui permets pas, elle n'en viendra pas à sortir (la noix).

💡 Explication

Premier côté : l'artifice de l'incendie est permis à cause d'une crainte précise. Un homme affolé de perdre ses biens risque d'éteindre le feu, interdit de la Torah. Pour la noix, un refus n'entraîne aucun risque de ce type ; la permission ne s'étend donc peut-être pas à ce cas.

9
או דלמא, אפילו למאן דאמר אין מערימין בדליקה, התם — דרך הוצאה בכך, אבל הכא — אין דרך הוצאה בכך, אימא שפיר דמי. תיקו.

Ou peut-être, même selon celui qui dit : on n'use pas d'artifice en cas d'incendie, là-bas c'est la manière de sortir (des vêtements) ; mais ici, ce n'est pas la manière de sortir (une noix) : dis que c'est bien (permis). Teikou (la question reste sans réponse).

📜 Rachi (1)
דרך הוצאה בכך כגון מוכרי כסות מוציאין אותו דרך מלבוש:
C'est la manière de sortir : comme les vendeurs de vêtements, qui les sortent en les portant (sur eux).
💡 Explication

Second côté : l'interdit de l'artifice en cas d'incendie tient à ce que revêtir des habits est une manière normale de sortir des habits (ainsi font les marchands). Sortir une noix en y agrafant son manteau est une manière inhabituelle (kilaher), qui n'est pas interdite par la Torah ; la permission serait donc possible même pour cet avis.

Conclusion : teikou.

10
מתני׳ הקיטע יוצא בקב שלו — דברי רבי מאיר,

Michna. Le kitea (l'amputé) sort avec son kav (sa jambe de bois) : ce sont les paroles de Rabbi Meir,

📜 Rachi (2)
מתני' הקיטע שנקטעה רגלו:
Michna. Le kitea : dont la jambe a été amputée.
יוצא בקב שלו דמנעל דידיה הוא:
Sort avec son kav : c'est sa chaussure.
🗂️ Tossefot (1)
הקיטע יוצא בקב שלו פ"ה קיטע שנקטעה רגלו עושה כמין דפוס רגל וחוקק בו מעט לשום ראש שוקו בתוכו ואינו [ס"א והוא] נסמך עליו ומש"ה יוצא בקב שלו דמנעל דידיה הוא ור' יוסי אוסר דלאו תכשיט הוא ואינו מנעל והוי משוי והקשה רבינו תם דבמסכת יומא (דף ח: ושם) משמע דלכ"ע מנעל הוא ואסור לנעול בו ביוה"כ ולענין שבת בהא הוא דפליגי דרבי יוסי גזר דילמא מיפסיק ואתי לאתויי ורבי מאיר לא גזר וי"ל דה"נ בהא פליגי דטעמא דר' יוסי דכיון דלא הוי של עור לא מיהדק ואיכא למיחש דילמא מיפסיק ואתי לאתויי אך קשה מהא דאמר בגמרא חלצה בסנדל כו' חליצתו כשרה ואמר שמואל ר"מ הוא משמע דלר' יוסי חליצתו פסולה ואמאי כיון דמנעל הוא וי"ל דהאי נמי בהא תליא דכיון דלענין שבת גזר דילמא מיפסיק אינו ראוי להלך בו ודמי לקטן שחלץ במנעל גדול דחליצתו פסולה כדאיתא בפ' מצות חליצה (יבות קג:) משום דנעלו כתיב נעלו הראוי לו וא"ת היכי גזרי דילמא נפיל ואתי לאתויי הלא אין לו אלא רגל אחד ואי נפיל לא יזוז ממקומו ואומר ר"י דמיירי שנושא בידו מקל ועיקר הליכתו היא בסמיכת המקל והשתא אי נמי מיפסיק יוכל להלך מכאן יש להתיר למי . שכווצו גידי שוקיו ללכת במקלו בשבת והרב פור"ת פי' דקיטע יש לו סמך שקושר בכרעו ומגיע לארץ והשוק כפופה לאחוריה ובראש השוק במקום הרגל עושה לו קב להראות כמו שיש לו רגל ובהא פליגי ר' יוסי סבר כיון שאינו נסמך עליו אלא תלוי באויר חיישינן דילמא נפיל ור"מ לא חייש ולפי זה אין ראיה להתיר לקיטע לצאת במקלו אמנם יש להתיר מסיפא דמתניתין דאינו אוסר אלא סמוכות שלו לפי ששוקיו תלויין באויר ודילמא נפיל ואתי לאתויי (אבל הכסא) והספסלים שבידו אינו אוסר ואינהו הוו דומיא דמקל וק"ק לפי זה אמאי מטמא ליה רבא משום מדרס כיון שאינו נסמך עליו ושמא כשהוא יושב פעמים הוא נסמך עליו ולכך עושה לו בית קבול כתיתין שלא יוזק בקשר העץ שהוא יושב:
Le kitea sort avec son kav : Rachi explique : le kitea dont la jambe a été amputée se fait une sorte de moule de pied, dans lequel il creuse un peu pour y placer le bout de sa jambe, et il s'appuie dessus (autre version : et il ne s'appuie pas dessus) ; c'est pourquoi il sort avec son kav, car c'est sa chaussure. Et Rabbi Yossi interdit, car ce n'est pas une parure ni une chaussure, et c'est une charge (masoui). Rabbeinou Tam objecte : dans le traité Yoma (8b), il ressort que selon tous c'est une chaussure, et il est interdit de la porter à Yom Kippour ; et au sujet du Chabbat, ils divergent sur ceci : Rabbi Yossi décrète (gezera) de peur qu'elle se défasse et qu'il vienne à la porter, et Rabbi Meir ne décrète pas. On peut répondre qu'ici aussi ils divergent sur cela : la raison de Rabbi Yossi est que, puisqu'elle n'est pas en cuir, elle ne tient pas fermement, et il faut craindre qu'elle se défasse et qu'il vienne à la porter. Mais il y a une difficulté à partir de ce qui est dit dans la Guemara : si elle a fait la halitsa avec une sandale, etc., sa halitsa est valide, et Chmouel a dit : c'est Rabbi Meir ; il en ressort que selon Rabbi Yossi sa halitsa est invalide. Et pourquoi, puisque c'est une chaussure ? On peut répondre que cela aussi dépend de ce point : puisqu'au sujet du Chabbat il a décrété de peur qu'elle se défasse, elle n'est pas apte à la marche ; cela ressemble au mineur qui a fait la halitsa avec une grande chaussure, dont la halitsa est invalide, comme il est dit au chapitre Mitsvat halitsa (Yevamot 103b), car il est écrit "sa chaussure" : la chaussure qui lui convient. Et si tu demandes : comment décréter de peur qu'elle tombe et qu'il vienne à la porter, puisqu'il n'a qu'une jambe, et si elle tombe il ne bougera pas de sa place ? Le Ri dit : il s'agit (d'un cas) où il porte un bâton à la main, et sa marche repose principalement sur l'appui du bâton ; dès lors, même si (la jambe de bois) se défait, il peut marcher. On peut en déduire qu'il est permis à celui dont les tendons des jambes se sont contractés de marcher avec son bâton le Chabbat. Et Rabbi Porat a expliqué que le kitea a un support qu'il attache à son genou et qui atteint le sol, la jambe étant repliée en arrière ; et au bout de la jambe, à la place du pied, il se fait un kav pour paraître avoir un pied. Et ils divergent sur ceci : Rabbi Yossi pense que, puisqu'il ne s'appuie pas dessus et qu'il pend en l'air, on craint qu'il tombe ; et Rabbi Meir ne le craint pas. Selon cela, il n'y a pas de preuve pour permettre au kitea de sortir avec son bâton. Cependant, on peut le permettre à partir de la fin de la Michna, qui n'interdit que ses supports (semokhot), parce que ses jambes pendent en l'air et qu'on craint qu'ils tombent et qu'il vienne à les porter ; mais (le siège) et les petits bancs qu'il tient à la main, elle ne les interdit pas, et ils sont comparables à un bâton. Il reste une petite difficulté selon cela : pourquoi Rava le rend-il impur de l'impureté de midras, puisqu'il ne s'appuie pas dessus ? Peut-être que, lorsqu'il est assis, il s'appuie parfois dessus ; c'est pourquoi il lui fait un réceptacle pour des chiffons, afin de ne pas être blessé par le nœud du bois sur lequel il est assis.
💡 Explication

Nouvelle Michna. Le kitea est un amputé de la jambe ; le kav est l'appareil de bois qui la remplace. Pour Rabbi Meir, c'est sa chaussure et il peut sortir avec le Chabbat ; Rabbi Yossi interdit (suite de la Michna en 66a).

Tossefot opposent deux descriptions de l'appareil : chez Rachi, un moule de pied sur lequel repose le bout de la jambe ; chez Rabbi Porat, un support attaché au genou, le kav étant un pied factice qui pend. Ils en tirent une question pratique : peut-on marcher le Chabbat avec un bâton ? Oui, même selon Rabbi Porat, d'après la fin de la Michna.

🖼️ Schéma
Le kav du kitea (amputé) : deux lecturesRachimoule de pied, creusé pour y placerle bout de la jambe ; il s'appuie dessusR. Meir : c'est sa chaussure -> permisR. Yossi (selon R. Tam) : gezera,il pourrait se défaire et le porterRabbi Poratun support attaché au genou touche le sol,la jambe repliée en arrière ; le kavau bout de la jambe, pour l'apparenceil ne s'y appuie pas : il pend en l'airR. Yossi craint qu'il tombeR. Yossi interdit, R. Meir permet (la Michna se poursuit en 66a)
Deux descriptions du kav selon Tossefot, et les raisons de Rabbi Yossi qui en découlent.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).