Sougya : Le daf achรจve le dรฉbat d'Abaye et Rava sur le kav de l'amputรฉ, puis revient ร la fin de la Michna (semokhot, loketamin). La Michna suivante permet aux garรงons de sortir avec des kecharim et aux fils de rois avec des clochettes.
La Guemara hรฉsite sur la nature de ces kecharim : nลuds de garance selon Rav Yehouda, ou courroie contre la nostalgie du pรจre selon Avin bar Houna. Suivent plusieurs enseignements sur les soins permis le Chabbat, la pierre de tekouma contre les fausses couches, et des remรจdes contre la fiรจvre rapportรฉs par Abaye au nom de sa nourrice.
(Rava rรฉpond :) (le bรขton) est fait pour ajuster (les pas) ; ici (le kav) est fait pour s'y appuyer, et on s'y appuie.
Rava distingue le bรขton du vieillard du kav de l'amputรฉ. Le bรขton sert ร rรฉgler la marche : le vieillard marche sur ses pieds. Le kav remplace la jambe : l'amputรฉ y porte son poids. Il est donc un objet de midras (impuretรฉ par appui).
(La Michna dit : les semokhot du zav et sa chaise) sont impurs de midras, on ne sort pas avec eux le Chabbat, et on n'entre pas avec eux dans la Azara (parvis du Temple).
Retour ร la Michna. Pour celui qui ne marche pas du tout, la chaise et les semokhot (supports des mains) tiennent lieu de chaussures. On ne pรฉnรจtre pas chaussรฉ dans la Azara.
Un tanna (rรฉpรฉtiteur) enseigna devant Rabbi Yo'hanan : on entre avec eux dans la Azara.
Il lui dit : moi j'enseigne : une femme fait la halitsa avec (ce support), et toi tu dis qu'on entre (avec lui dans la Azara) ?! Enseigne : on n'entre pas avec eux dans la Azara.
Rabbi Yo'hanan tire une consรฉquence : si l'objet est valable pour la halitsa, qui exige une chaussure, il a le statut de chaussure pour tout. Il est donc interdit de le porter dans la Azara. Il corrige la version du tanna.
Les loketamin sont purs. Que sont les loketamin ?
Rabbi Abahou dit : un รขne portรฉ sur l'รฉpaule. Rava bar Papa dit : des kichrei (รฉchasses).
Rava bar Rav Houna dit : des masques.
Trois explications du mot loketamin. Pour chacune, l'objet n'est pas un ustensile susceptible d'impuretรฉ. Rachi s'รฉtonne pour les รฉchasses : on s'appuie dessus, elles devraient รชtre impures de midras. Tossefot (seg. 6) rapporte la rรฉponse du Ri.
MICHNA. Les garรงons sortent avec des kecharim (nลuds), et les fils de rois avec des clochettes ; et tout homme (le peut), mais les Sages ont parlรฉ du cas courant.
Deux objets permis : les kecharim, dont la Guemara va chercher le sens, et les clochettes cousues au vรชtement, qui sont une parure (tachchit). Le principe dibrou hakhamim bahove : la Michna cite le cas habituel, sans limiter la loi ร ces personnes.
GUEMARA. Que sont les kecharim ?
Ada Mari dit au nom de Rav Nahman bar Baroukh, au nom de Rav Achi bar Avin, au nom de Rav Yehouda : des nลuds de poua (garance).
Premiรจre explication : des nลuds de garance (plante mรฉdicinale). Un amulette de remรจde est permis le Chabbat, comme un vรชtement.
Le Roch recopie la sougya jusqu'ร la conclusion d'Avin bar Houna, qu'il retient comme halakha. Tossefot, placรฉ ici, porte sur les รฉchasses du seg. 4 : selon le Ri, un objet fait pour une traversรฉe ponctuelle n'est pas impur de midras.
Abaye dit : ma mรจre m'a dit : trois (nลuds) arrรชtent (la maladie), cinq guรฉrissent, sept sont efficaces mรชme contre la sorcellerie.
La "mรจre" d'Abaye est sa nourrice (Abaye รฉtait orphelin). Il cite souvent ses remรจdes. L'efficacitรฉ de la garance dรฉpend du nombre de nลuds.
Rav Aha bar Yaakov dit : et cela, ร condition (que le malade) ne voie ni le soleil ni la lune, ne voie pas la pluie, n'entende ni le bruit du fer, ni la voix du coq, ni le bruit des pas. Rav Nahman bar Yitshak dit : la garance est tombรฉe dans le puits.
Rav Nahman bar Yitshak ironise : avec tant de conditions, le remรจde devient inutilisable en pratique.
Pourquoi parler de garรงons ? Mรชme des filles !
Pourquoi de petits ? Mรชme des grands !
Kouchia contre Rav Yehouda : un remรจde contre la maladie vaut pour tout le monde. La prรฉcision "petits garรงons" dans la Michna doit donc renvoyer ร une situation propre ร eux.
Mais que sont les kecharim ? Comme ce qu'a dit Avin bar Houna au nom de Rabbi Hama bar Gourya : un fils qui a de la nostalgie (gaagouin) envers son pรจre, on prend une courroie de la chaussure droite et on la lui noue ร gauche.
Rav Nahman bar Yitshak dit : ton signe (mnรฉmotechnique), ce sont les tefilin ; et l'inverse est un danger.
Deuxiรจme explication, qui rรฉpond ร l'objection : le remรจde concerne l'attachement d'un petit garรงon ร son pรจre. Le signe des tefilin fixe le sens : de la droite vers le bras gauche. Nouer dans l'autre sens aggraverait la nostalgie (sakanta).
Avin bar Houna dit au nom de Rav Hama bar Gourya : renverser une coupe sur le nombril le Chabbat, c'est permis.
Sรฉrie de soins permis le Chabbat, tous rapportรฉs par la mรชme chaรฎne. La coupe renversรฉe fonctionne par aspiration (comme une ventouse).
Et Avin bar Houna dit au nom de Rav Hama bar Gourya : il est permis d'oindre d'huile et de sel le Chabbat.
Comme Rav Houna (revenant) de chez Rav, Rav de chez Rabbi Hiya, et Rabbi Hiya de chez Rabbi : quand ils รฉtaient ivres, on apportait de l'huile et du sel, on leur frottait les paumes des mains et la plante des pieds, et on disait : "De mรชme que cette huile s'รฉclaircit, que s'รฉclaircisse le vin d'un tel fils d'une telle." Et sinon, on apportait le bouchon d'argile d'une jarre, on le trempait dans l'eau et on disait : "De mรชme que cette argile s'รฉclaircit, que s'รฉclaircisse le vin d'un tel fils d'une telle."
Illustration de l'onction d'huile et de sel : un remรจde contre l'ivresse, appliquรฉ aux รฉlรจves importants. La formule nomme la personne par le nom de sa mรจre (ploni ben plonit), comme le dira Abaye au seg. 17.
Et Avin bar Houna dit au nom de Rav Hama bar Gourya : il est permis de suspendre (lehanek) le Chabbat.
Et Avin bar Houna dit au nom de Rav Hama bar Gourya : emmailloter un bรฉbรฉ le Chabbat, c'est permis.
Rav Papa enseigne "des enfants", Rav Zevid enseigne "un enfant". Rav Papa enseigne "des enfants" : il enseigne les deux (lois) au nom d'Avin bar Houna.
Rav Zevid enseigne "un enfant" : la premiรจre, il l'enseigne au nom d'Avin bar Houna, et celle-ci, il l'enseigne au nom de Rabba bar bar Hana. Car Rabba bar bar Hana a dit : emmailloter un bรฉbรฉ le Chabbat, c'est permis.
La loi est la mรชme ; la divergence porte sur la transmission. Pour Rav Papa, Avin bar Houna a dit deux lois sur les enfants (nostalgie, emmaillotement). Pour Rav Zevid, une seule ; l'emmaillotement vient de Rabba bar bar Hana.
Abaye dit : ma mรจre m'a dit : toutes les formules rรฉpรฉtรฉes (se disent) avec le nom de la mรจre, et tous les nลuds (se font) ร gauche.
Et Abaye dit : ma mรจre m'a dit : toutes les formules dont (le nombre) est prรฉcisรฉ, (on les dit) comme prรฉcisรฉ ; et celles dont il n'est pas prรฉcisรฉ, quarante et une fois.
Nos Maรฎtres ont enseignรฉ : on sort avec la pierre de tekouma le Chabbat. Au nom de Rabbi Meir on a dit : mรชme avec le contrepoids de la pierre de tekouma.
Et pas seulement (une femme) qui a fait une fausse couche, mais (celle qui craint) de faire une fausse couche. Et pas seulement (celle) qui est enceinte, mais (celle qui craint) de devenir enceinte et de faire une fausse couche.
Rav Yeimar bar Chelamia dit au nom d'Abaye : et cela, lorsque (l'objet) s'est trouvรฉ de ce poids en le pesant. Abaye demanda : le contrepoids du contrepoids, qu'en est-il ?
Teikou (la question reste en suspens).
La even tekouma est un remรจde reconnu : elle n'est pas un fardeau (masa). Rabbi Meir รฉtend la permission ร un contrepoids de mรชme poids, ร condition que l'รฉgalitรฉ soit fortuite. Pour le contrepoids du contrepoids, la question reste sans rรฉponse : teikou.
Et Abaye dit : ma mรจre m'a dit : pour une fiรจvre quotidienne, qu'on prenne un zouz blanc, qu'on aille aux salines, qu'on pรจse son poids en sel, et qu'on l'attache ร l'ouverture du col avec un fil de cheveux.
Et sinon, qu'il s'asseye ร un carrefour, et quand il voit une grosse fourmi qui porte quelque chose, qu'il la prenne, la jette dans un tube de cuivre, le bouche avec du plomb, le scelle de soixante sceaux, le secoue, le soulรจve et lui dise : "Ta charge sur moi et ma charge sur toi." Rav Aha fils de Rav Houna dit ร Rav Achi : et peut-รชtre quelqu'un l'a-t-il dรฉjร trouvรฉe et s'en est-il servi ? Qu'il lui dise plutรดt : "Ma charge et ta charge sur toi."
Rav Aha fils de Rav Houna relรจve un risque dans la formule : si la fourmi porte dรฉjร la maladie d'un autre, dire "ta charge sur moi" la ferait passer au malade. D'oรน la formule corrigรฉe : les deux charges restent sur la fourmi.
Et sinon, qu'il prenne une cruche neuve, aille au fleuve et lui dise : "Fleuve, fleuve, prรชte-moi une cruche d'eau pour un voyageur qui m'est arrivรฉ." Qu'il la fasse tourner sept fois autour de sa tรชte, la jette derriรจre lui et lui dise : "Fleuve, fleuve, reprends l'eau que tu m'as donnรฉe, car le voyageur qui m'est arrivรฉ est venu en son jour et reparti en son jour."
Le voyageur dรฉsigne la fiรจvre quotidienne : venue en un jour, elle doit partir le mรชme jour.
Rav Houna dit :
L'enseignement de Rav Houna se poursuit en 67a.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).