Sougya : Le daf achรจve la dรฉrivation de R. Yossi (meahat mehena) et explique que Chmouel ne l'adopte pas.
Rava demande ร Rav Nahman ce que doit celui qui a oubliรฉ ร la fois que c'est Chabbat et que les melakhot sont interdites : une seule hatat, ou une par melakha ? Rav Ashi propose un critรจre, Ravina le rejette.
La Guemara tente une preuve depuis le compte des 39 melakhot, en passant par la divergence de R. Yo'hanan et de Rech Lakich sur la dรฉfinition de la chegaga.
Rava ouvre enfin un cas complexe de deux sรฉries de fautes dรฉcouvertes l'une aprรจs l'autre.
ยซ Chem ยป de ยซ Chimon ยป. ยซ Hena ยป (elles) : les avot (melakhot principales) ; ยซ mehena ยป (d'elles) : les toladot (dรฉrivรฉes).
ยซ Une qui est plusieurs ยป : zadon Chabbat (il sait que c'est Chabbat) et chegagat melakhot (il ignore l'interdit des melakhot). ยซ Plusieurs qui sont une ยป : chegagat Chabbat (il a oubliรฉ que c'est Chabbat) et zadon melakhot (il sait qu'elles sont interdites).
Et Chmouel ? ยซ Une qui est plusieurs ยป et ยซ plusieurs qui sont une ยป ne se dรฉduit pas pour lui (du verset).
Fin de la dรฉrivation de R. Yossi commencรฉe en 70a sur le verset meahat mehena. Chaque รฉlรฉment du verset reรงoit un sens : meahat inclut la melakha partielle (Chem de Chimon), mehena inclut les toladot, et la lecture ahat / hena donne deux rรจgles.
Une qui est plusieurs : une seule profanation du Chabbat, mais plusieurs hataot, une par melakha, quand il ignorait les interdits. Plusieurs qui sont une : plusieurs melakhot mais une seule hatat, quand il avait oubliรฉ le jour. Chmouel emploie le verset entier pour Chem de Chimon et les toladot ; il ne peut donc en tirer le hilouk melakhot.
Rava demanda ร Rav Nahman : s'il y a chez lui un oubli (helem) de ceci et de cela, qu'en est-il ? Il lui rรฉpondit : il y a chez lui un oubli du Chabbat, et il n'est redevable que d'une seule (hatat).
(Rava objecta :) Au contraire ! Il y a chez lui un oubli des melakhot, et il est redevable pour chacune !
Mais Rav Achi dit : nous regardons. S'il se retire (de la faute) ร cause du Chabbat, il y a chez lui un oubli du Chabbat et il n'est redevable que d'une ; s'il se retire ร cause de la melakha, il y a chez lui un oubli des melakhot et il est redevable pour chacune.
Ravina dit ร Rav Achi : se retire-t-il du Chabbat pour une autre raison que les melakhot ? Se retire-t-il des melakhot pour une autre raison que le Chabbat ?
Il n'y a donc aucune diffรฉrence.
Cas de helem zeh ve-zeh : il a oubliรฉ que c'est Chabbat et il ignore aussi que ces melakhot sont interdites. On peut rattacher la faute ร l'oubli du Chabbat (une seule chegaga, donc une hatat) ou ร l'ignorance des melakhot (une chegaga par melakha, donc plusieurs hataot).
Rav Nahman retient l'oubli du Chabbat ; Rava objecte en sens inverse. Rav Achi propose un critรจre : ce qui le fait cesser (pircha). Ravina rรฉpond que les deux savoirs sont liรฉs : l'un fait comprendre l'autre. Il n'y a donc pas de diffรฉrence, et la question reste ouverte. Tossefot et le Rachba divergent sur la portรฉe exacte de Rav Achi.
Nous avons appris (dans une michna) : les avot melakhot sont quarante moins une ; et nous en avons discutรฉ : ร quoi me sert le nombre ? Et R.
Yo'hanan a dit : (pour enseigner) que s'il les a toutes faites dans un seul oubli, il est redevable pour chacune. Certes, si tu dis qu'avec un oubli de ceci et de cela il est redevable pour chacune, c'est bien.
Mais si tu dis qu'il y a chez lui un oubli du Chabbat et qu'il n'est redevable que d'une, comment trouves-tu (le cas des 39 hataot) ? Avec zadon Chabbat et chegagat melakhot !
Tentative de trancher la question de Rava par la michna des 39 avot melakhot. Selon R. Yo'hanan, le nombre enseigne qu'on peut devoir 39 hataot dans un seul oubli.
Or celui qui ignore les 39 melakhot ne connaรฎt du Chabbat aucune interdiction : c'est un cas de helem zeh ve-zeh. Si dans ce cas il ne doit qu'une hatat, le compte de la michna n'aurait pas de cas possible, car il faudrait un zadon Chabbat sans aucune connaissance d'interdit.
Cela va bien s'il tient comme R. Yo'hanan, qui dit : puisqu'il a errรฉ sur le karet, bien qu'il ait agi sciemment quant au lav (interdit), (c'est une chegaga) ; on trouve le cas oรน il connaรฎt le Chabbat par le lav.
Mais s'il tient comme R. Chimon ben Lakich, qui dit : (ce n'est une chegaga) que s'il erre ร la fois sur le lav et sur le karet, par quoi connaรฎt-il le Chabbat ?
Il le connaรฎt par les tehoumin (limites de dรฉplacement), et selon R. Akiva.
La preuve dรฉpend de la dรฉfinition de la chegaga qui oblige ร une hatat. Selon R. Yo'hanan, il suffit d'ignorer la peine de karet : il peut connaรฎtre tous les lavin des melakhot, et c'est lร son zadon Chabbat. Selon Rech Lakich, il faut ignorer aussi le lav ; il ne connaรฎt alors aucune melakha.
Rรฉponse : il connaรฎt l'interdit des tehoumin, que R. Akiva considรจre comme un interdit de la Torah. Il sait donc que le Chabbat a des lois, ce qui suffit pour un zadon Chabbat. La preuve de la michna est ainsi รฉcartรฉe.
Rava dit : s'il a moissonnรฉ et moulu (chacun) la mesure d'une figue sรจche, avec chegagat Chabbat et zadon melakhot ; puis il a de nouveau moissonnรฉ et moulu la mesure d'une figue sรจche, avec zadon Chabbat et chegagat melakhot ; et il a appris (sa faute) pour la moisson et la mouture faites avec chegagat Chabbat et zadon melakhot ; puis il a appris (sa faute) pour la moisson et la mouture faites avec zadon Chabbat et chegagat melakhot :
Rava construit un cas : deux sรฉries de fautes (moisson et mouture) dans le mรชme oubli. La premiรจre avec chegagat Chabbat (une seule hatat), la seconde avec chegagat melakhot (deux hataot). Il apprend d'abord la premiรจre sรฉrie, met ร part une hatat, puis apprend la seconde.
La question (qui se poursuit au daf suivant) : la hatat de la premiรจre sรฉrie entraรฎne-t-elle (gorer) la seconde ? Kegrogueret : la mesure d'une figue sรจche, seuil minimal pour les melakhot portant sur des aliments. Tossefot prรฉcise les conditions : mise ร part du sacrifice avant l'expiation, et le principe kappara mehaleket (l'expiation sรฉpare).
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).