Shabbat 74a โ€” La melakha de borer (trier) : cinq lectures d'une baraita

Shabbat 74a

Sougya : Le daf achรจve la discussion sur la liste des melakhot : pourquoi la Mishna ne compte-t-elle pas le kotech (piler) ? Abaye rรฉpond que le pauvre mange son pain sans piler le blรฉ.

La Gemara passe ensuite ร  la melakha de borer (trier) : une baraita permet de trier puis semble l'interdire. Oula, Rav Hisda, Rav Yosef, Rav Hamnouna et Abaye proposent tour ร  tour une lecture ; celle d'Abaye (trier pour manger tout de suite est permis, pour plus tard c'est trier pour une rรฉserve) est approuvรฉe par Rava.

Suivent le cas de deux sortes d'aliments, le rรฉcit de la corbeille de fruits de Rav Bivai et l'enseignement de Hizkiya sur les lupins.

Baraita : borer veokhel ... ve-lo yivror - cinq lecturesPermis : trier et manger / trier et poserInterdit (hatat) : ne pas trier ... - quelle diffรฉrence ?Lecture : permis ...... interdit / hatatObjectionOulapour le jour mรชmepour le lendemainR. Hisda : cuire pour le jour mรชmeest-il permis ?R. Hisdamoins que le chiourle chiour (grogeret)R. Yosef : hatsi chiourest interditR. Yosefร  la mainkanon/tamhui : patournafa/kevara : hatatR. Hamnouna : la baraitaparle-t-elle de kanon ?R. Hamnounaokhel mitokh pessoletpessolet mitokh okhelAbaye : la baraita parle-t-elled'aliment hors du dรฉchet ?Abayepour tout de suitepour plus tard ce jour : otsarRava : 'Nahmani a bien dit'(lecture retenue)
Cinq Amoraim lisent la baraita du tri ; chaque lecture tombe sur une objection, jusqu'ร  celle d'Abaye, approuvรฉe par Rava.
Trier pour tout de suite : trois degrรฉs selon l'instrumentร€ la mainmutar lekhatehilapermis d'emblรฉerien d'une birra d'artisanKanon / tamhuipatour aval assourexempt mais interditressemble ร  la birraNafa / kevarahayav hatatredevable d'une hatatinstrument propre du triGravitรฉ croissante : main -> instruments de fortune -> instruments du tri (Rachi, Ri, R. Hananel)
Pour un tri destinรฉ ร  รชtre mangรฉ tout de suite : la main est permise, le kanon et le tamhui sont interdits sans hatat, le tamis et le crible entraรฎnent une hatat.
1
ืืฃ ืขืœ ื’ื‘ ื“ืื™ื›ื ื“ื“ืžื™ื ืœื” โ€” ื—ืฉื™ื‘ ืœื”. ื•ืœื™ื—ืฉื‘ ื ืžื™ ื›ื•ืชืฉ! ืืžืจ ืื‘ื™ื™: ืฉื›ืŸ ืขื ื™ ืื•ื›ืœ ืคืชื• ื‘ืœื ื›ืชื™ืฉื”. ืจื‘ื ืืžืจ: ื”ื ืžื ื™ โ€” ืจื‘ื™ ื”ื™ื, ื“ืืžืจ ืื‘ื•ืช ืžืœืื›ื•ืช ืืจื‘ืขื™ื ื—ืกืจ ืื—ืช, ื•ืื™ ื—ืฉื™ื‘ ื›ื•ืชืฉ ื”ื•ื™ื ืœื™ื” ืืจื‘ืขื™ื. ื•ืœื™ืคื™ืง ื—ื“ื ืžื”ื ืš ื•ืœืขื™ื™ืœ ื›ื•ืชืฉ! ืืœื ืžื—ื•ื•ืจืชื ื›ื“ืื‘ื™ื™.

Bien qu'il y en ait une qui lui ressemble, il la compte. Qu'il compte donc aussi celui qui pile !

Abaye a dit : parce que le pauvre mange son pain sans piler. Rava a dit : de qui est cette Mishna ?

De Rabbi, qui dit que les avot melakhot sont quarante moins une ; or s'il comptait celui qui pile, cela ferait quarante. Qu'il retire donc l'une de celles-lร  et fasse entrer celui qui pile !

En rรฉalitรฉ, l'explication claire est celle d'Abaye.

๐Ÿ“œ Rachi (5)
ืืข"ื’ ื“ืื™ื›ื ืื—ืจื™ืชื™ ื‘ื”ื“ื” ื“ื“ืžื™ื ืœื” ื—ืฉื‘ื™ื ื”ื• ืœืชืจื•ื•ื™ื™ื”ื• ื›ืื‘ื•ืช ื•ืืข"ื’ ื“ื—ื“ื ื ื™ื ื”ื•:
Bien qu'il y en ait : une autre avec elle, qui lui ressemble, on les compte toutes les deux comme avot, bien qu'elles soient une seule.
ื•ืœื™ื—ืฉื‘ ื ืžื™ ื›ื•ืชืฉ ื—ื˜ื™ืŸ ื‘ืžื›ืชืฉืช ืœื”ืกื™ืจ ืงืœื™ืคืชืŸ ื“ื”ื•ืื™ ื‘ืžืงื“ืฉ ื‘ืกืžืžื ื™ืŸ ืืœื ืœืื• ืžืฉื•ื ื“ื“ืžื™ื ืœื“ืฉ ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืœื” ื“ื”ื ื ืžื™ ืžื™ืคืจืงื” ืžืœื‘ื•ืฉ ื”ื™ื:
Qu'il compte donc aussi celui qui pile : [piler] le blรฉ au mortier pour en รดter l'รฉcorce, ce qui se faisait dans le Sanctuaire pour les plantes tinctoriales. N'est-ce pas plutรดt parce qu'il ressemble ร  celui qui bat qu'on ne le compte pas ? Car lui aussi consiste ร  sรฉparer [le grain] de son enveloppe.
ืฉื›ืŸ ืขื ื™ ืื•ื›ืœ ืคืชื• ื‘ืœื ื›ืชื™ืฉื” ืœื›ืš ืืข"ื’ ื“ื”ื•ืื™ ื‘ืžืงื“ืฉ ื•ืื‘ ืžืœืื›ื” ื”ื™ื ื›ื™ื•ืŸ ื“ืชื ื ืœื™ื” ื“ืฉ ืœื ืชื ื ืœื” ื•ื–ื•ืจื” ื•ื‘ื•ืจืจ ื•ืžืจืงื“ ืกื™ื“ื•ืจื ื“ืคืช ื ื™ื ื”ื• ื•ื›ื™ื•ืŸ ื“ื”ื•ื• ื‘ืžืงื“ืฉ ื•ื”ื›ื ืืชื—ื™ืœ ื‘ืกื™ื“ื•ืจื ื“ืคืช ืชื ื™ื ื”ื• ื›ื“ืืžืจื™ื ืŸ ื’ื‘ื™ ืื•ืคื” ื“ื”"ืœ ืœืžืชื ื™ ืžื‘ืฉืœ ื•ืœื ืื•ืคื” ื“ืœื ื”ื•ื” ื‘ืžืงื“ืฉ ืืœื ืžืฉื•ื ืกื“ื•ืจื ื“ืคืช ื ืงื˜ ื•ืืชื ื”ื•ืื™ืœ ื•ืื•ืคื” ื‘ืคืช ื›ืžื‘ืฉืœ ื‘ืกืžืžื ื™ืŸ ืื‘ืœ ื›ืชื™ืฉื” ืขืฉื™ืจื™ื ื”ื•ื ื“ืœืชืชื™ ื•ื›ืชืฉื™ ืœืขืฉื•ืช ืกืœืช ื ืงื™ื” ืื‘ืœ ืขื ื™ื™ื ืœื ื˜ืจื—ื™ ื”ืœื›ืš ืœื ืชื ื ืœื” ื•ืžื™ื”ื• ื•ื“ืื™ ืื‘ ืžืœืื›ื” ื”ื™ื ื•ื‘ื›ืœืœ ื“ืฉ ื”ื™ื:
Parce que le pauvre mange son pain sans piler : c'est pourquoi, bien qu'il ait existรฉ dans le Sanctuaire et soit un av melakha, puisque [le Tana] a enseignรฉ celui qui bat, il ne l'enseigne pas. Vanner, trier et tamiser font partie de l'ordre de fabrication du pain ; puisqu'ils existaient dans le Sanctuaire et qu'ici il a commencรฉ par l'ordre du pain, il les enseigne, comme nous l'avons dit ร  propos de celui qui cuit au four : il aurait dรป enseigner celui qui fait cuire [bichoul] et non celui qui cuit au four, qui n'existait pas dans le Sanctuaire, mais il l'a pris ร  cause de l'ordre du pain, puisque cuire au four pour le pain รฉquivaut ร  faire cuire pour les plantes. Mais piler, ce sont les riches qui humectent et pilent pour faire de la fine farine pure ; les pauvres ne s'en donnent pas la peine. C'est pourquoi il ne l'enseigne pas. Cependant c'est assurรฉment un av melakha, inclus dans celui qui bat.
ืจื‘ื™ ื”ื™ื ื“ื™ืœื™ืฃ ืœืงืžืŸ ื‘ืคืจืง ื”ื–ื•ืจืง (ืฉื‘ืช ื“ืฃ ืฆื–:) ื“ื‘ืจื™ื ื”ื“ื‘ืจื™ื ืืœื” ื”ื“ื‘ืจื™ื ืœืžื ื™ื™ื ื:
C'est Rabbi : qui l'apprend plus loin, au chapitre Hazorek (Chabbat 97b) : devarim, hadevarim, ele hadevarim, pour le compte.
ื•ืœื™ืคื•ืง ื—ื“ื ืžื”ื ืš ืื• ื–ื•ืจื” ืื• ื‘ื•ืจืจ ืื• ืžืจืงื“ ื“ื”ื•ื• ื—ื“ื ืœื™ืคื•ืง ืžื™ื ื™ื™ื”ื• ื—ื“ื ื•ืœื™ืชื ื™ ื”ืš ื“ื”ื›ื™ ืขื“ื™ืฃ ืœืžื™ืชื ื™ ืชืจืชื™ ืžื”ื ื•ืชืจืชื™ ืžื”ื ืžืœืžื™ืชื ื™ ื•ืœืžื™ื›ืคืœ ืชืœืชื ื–ื™ืžื ื™ ื‘ื—ื“ื ื•ืื™ื›ื ื—ื“ื ื“ืœื ื›ืคื™ืœ ื‘ื™ื” ืžื™ื“ื™:
Qu'il retire l'une de celles-lร  : soit vanner, soit trier, soit tamiser, qui sont une seule [melakha] ; qu'il en retire une et enseigne celle-ci. Car il vaut mieux enseigner deux [melakhot] de l'une et deux de l'autre, plutรดt que d'enseigner et de redoubler trois fois une seule, tandis qu'il en est une pour laquelle on ne redouble rien.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
ืืข"ื’ ื“ืื™ื›ื ื“ื“ืžื™ื ืœื” ื—ืฉื™ื‘ ื•ื”ื ื“ืœื ื—ืฉื™ื‘ ืฉื•ื‘ื˜ ื•ืžื“ืงื“ืง ืœืคื™ ืฉื”ื ืœื’ืžืจื™ ื‘ื›ืœืœ ืžื™ืกืš ื•ืื•ืจื’ ื•ืœื ื—ืฉื™ื‘ ื ืžื™ ืžื ืคืฅ ืืข"ื’ ืฉื‘ืžืฉื›ืŸ ื”ื™ื• ืžื ืคืฆื™ืŸ ืคืฉืชืŸ ืœืขืฉื•ืช ื™ืจื™ืขื•ืช ื•ืฉืืจ ื“ื‘ืจื™ื ืžืฉื•ื ื“ื”ื™ื™ื ื• ื“ืฉ ืžืžืฉ ืืœื ืฉื–ื” ื‘ืชื‘ื•ืื” ื•ื–ื” ื‘ืคืฉืชืŸ ืื‘ืœ ื–ื•ืจื” ื•ื‘ื•ืจืจ ื•ืžืจืงื“ ื”ื ืฉืœืฉื” ื“ื‘ืจื™ื:
Bien qu'il y en ait une qui lui ressemble, il la compte : s'il ne compte pas celui qui tasse [la trame] et celui qui ajuste [les fils], c'est qu'ils sont entiรจrement inclus dans ourdir et tisser. Il ne compte pas non plus celui qui carde, bien que dans le Michkan on cardait le lin pour faire les tentures et d'autres choses, parce que c'est exactement battre, sauf que l'un porte sur le grain et l'autre sur le lin. Mais vanner, trier et tamiser sont trois choses [distinctes].
ืฉื›ืŸ ืขื ื™ ืื•ื›ืœ ืคืชื• ื‘ืœื ื›ืชื™ืฉื” ื•ื"ืช ืž"ืž ืœื™ื—ืฉื™ื‘ ื›ืชื™ืฉืช ืกืžืžื ื™ืŸ ื“ื”ื•ื” ื‘ืžืฉื›ืŸ ื•ืืข"ื’ ื“ืขื ื™ ืื•ื›ืœ ืคืชื• ื‘ืœื ื›ืชื™ืฉื” ืœืขื ื™ืŸ ืกืžืžื ื™ื ืžืœืื›ื” ื—ืฉื•ื‘ื” ื”ื™ื ื•ืื•ืžืจ ืจ"ื™ ื“ืœืื• ื“ื•ืงื ืื•ื›ืœ ืคืชื• ืืœื ื”"ื” ื“ืขื ื™ ืฆื•ื‘ืข ื‘ืกืžืžื ื™ื ื‘ืœื ื›ืชื™ืฉื” ื•ื"ืช ืžืจืงื“ ื ืžื™ ืœื ืœื™ืชื ื™ ืฉื›ืŸ ืขื ื™ ืื•ื›ืœ ืคืชื• ื‘ืขื™ืกื” ื‘ืœื•ืกื” ื›ื“ืืžืจ ื‘ืกื•ืฃ ืคืจืงื™ืŸ ื•ื™ืฉ ืœื•ืžืจ ื“ืจื•ื‘ ืขื ื™ื™ื ืื™ืŸ ืื•ื›ืœื™ืŸ ื‘ืœื ื”ืจืงื“ื” ืืœื ืฉืœืขื ื™ืŸ ื—ืœื” ืžืฆื˜ืจืคื™ืŸ ื”ืกื•ื‘ื™ืŸ ื“ืงืจื™ื ืŸ ื‘ื™ื” ืžืœื—ื ื”ืืจืฅ ื›ื™ื•ืŸ ื“ื™ืฉ ืขื ื™ื™ื ืฉืื•ื›ืœื™ื ื‘ืขื™ืกื” ื‘ืœื•ืกื” ื•ืจ"ืช ืคื™ืจืฉ ื‘ืข"ื ื•ืœื ื ืชื™ื™ืฉื‘ ืœืจ"ื™:
Parce que le pauvre mange son pain sans piler : on pourrait objecter : qu'il compte au moins le pilage des plantes tinctoriales, qui existait dans le Michkan ; mรชme si le pauvre mange son pain sans piler, pour les plantes c'est une melakha importante. Le Ri rรฉpond que 'mange son pain' n'est pas ร  prendre ร  la lettre : de mรชme, le pauvre teint avec les plantes sans les piler. On pourrait objecter encore : qu'il n'enseigne pas non plus tamiser, puisque le pauvre mange son pain en pรขte non tamisรฉe [issa belossa], comme il est dit ร  la fin de notre chapitre. On peut rรฉpondre que la plupart des pauvres ne mangent pas sans tamiser ; seulement, pour la halla, le son se joint [ร  la mesure], puisqu'on lit ร  son sujet 'du pain de la terre', du fait qu'il y a des pauvres qui mangent la pรขte non tamisรฉe. Rabbenou Tam a expliquรฉ autrement, et cela n'a pas satisfait le Ri.
๐Ÿ’ก Explication

Fin de la discussion sur la liste des 39 melakhot. La Gemara demande pourquoi kotech (piler le blรฉ pour รดter son รฉcorce) n'est pas comptรฉ. Selon Abaye, la Mishna suit l'ordre de fabrication du pain (sidoura depat) ; piler est un raffinement de riches, et le pauvre s'en passe. Kotech reste un av melakha, inclus dans dach (battre).

Rava propose que le nombre 39 est fixรฉ (Rabbi le dรฉduit d'un verset). La Gemara rejette : on aurait pu retirer l'un des trois tris voisins (vanner, trier, tamiser) pour insรฉrer piler. D'oรน la conclusion : mehavarta kedAbaye, l'explication d'Abaye est la bonne.

2
ืชื ื• ืจื‘ื ืŸ: ื”ื™ื• ืœืคื ื™ื• ืžื™ื ื™ ืื•ื›ืœื™ืŸ โ€” ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ, ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื—. ื•ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช. ืžืื™ ืงืืžืจ? ืืžืจ ืขื•ืœื, ื”ื›ื™ ืงืืžืจ: ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื, ื•ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื. ื•ืœืžื—ืจ ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช. ืžืชืงื™ืฃ ืœื” ืจื‘ ื—ืกื“ื: ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœืืคื•ืช ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื? ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœื‘ืฉืœ ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื?

Les Rabbanan ont enseignรฉ : s'il avait devant lui des sortes d'aliments, il trie et mange, il trie et pose ; mais il ne doit pas trier, et s'il a triรฉ, il est redevable d'une hatat. Que dit-il ?

Oula a dit : voici ce qu'il dit : il trie et mange pour le jour mรชme, il trie et pose pour le jour mรชme ; mais pour le lendemain il ne doit pas trier, et s'il a triรฉ, il est redevable d'une hatat. Rav Hisda objecte : est-il donc permis de cuire au four pour le jour mรชme ?

Est-il donc permis de faire cuire pour le jour mรชme ?

๐Ÿ“œ Rachi (4)
ื”ื™ื• ืœืคื ื™ื• ืžื™ื ื™ ืื•ื›ืœื™ืŸ ื’ืจืกื™' ื•ืœ"ื’ ืฉื ื™:
S'il avait devant lui des sortes d'aliments : c'est la version que nous lisons, et nous ne lisons pas 'deux'.
ื•ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ ืœืงืžื™ื” ืคืจื™ืš ืžืื™ ืงืืžืจ ื‘ืจื™ืฉื ืชื ื ื‘ื•ืจืจ ื•ื”ื“ืจ ืชื ื ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ:
Mais il ne doit pas trier : plus loin [la Gemara] objecte : que dit-il ? Au dรฉbut il enseigne 'il trie', puis il enseigne 'il ne doit pas trier'.
ื•ืœืžื—ืจ ืœืฆื•ืจืš ืžื—ืจ:
Et pour le lendemain : pour les besoins du lendemain.
ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœืืคื•ืช ื•ืœื‘ืฉืœ ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ื•ื”"ื  ืื‘ ืžืœืื›ื” ื”ื™ื ื›ื™ื•ืŸ ื“ืืžืจืช ื•ืœืžื—ืจ ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช:
Est-il donc permis de cuire au four ou de faire cuire pour le jour mรชme : ici aussi c'est un av melakha, puisque tu as dit que pour le lendemain il est redevable d'une hatat.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
ื”ื™ื• ืœืคื ื™ื• ืฉื ื™ ืžื™ื ื™ ืื•ื›ืœื™ืŸ ื’ืจืกื™' ื•ื›ืŸ ืคื™ืจืฉ ืจ"ื— ื“ื‘ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืื•ื›ืœ ืฉื™ื™ื›ื ื‘ืจื™ืจื” ืฉื‘ื•ืจืจ ืื•ืชื• ืฉืื™ื ื• ื—ืคืฅ ืœืื›ื•ืœ ืžืชื•ืš ืื•ืชื• ืฉืจื•ืฆื” ืœืื›ื•ืœ ื“ืื•ืชื• ืฉืื™ื ื• ื—ืคืฅ ื‘ื• ื—ืฉื™ื‘ ืคืกื•ืœืช ืœื’ื‘ื™ ืื•ืชื• ืฉื—ืคืฅ ืœืื›ื•ืœ ื•ื›ืŸ ืžืฉืžืข ื‘ื™ืจื•ืฉืœืžื™ ื“ื’ืจืก ื”ื‘ื•ืจืจ ืื•ื›ืœื™ื ืžืชื•ืš ืื•ื›ืœื™ื ื—ื–ืงื™ื” ืืžืจ ื›ื•':
Nous lisons 's'il avait devant lui deux sortes d'aliments' : c'est aussi ainsi que l'explique Rabbenou Hananel, car dans le cas d'un aliment [ร  tirer] d'un autre aliment la birra s'applique : on trie celui qu'on ne veut pas manger hors de celui qu'on veut manger, car celui dont on ne veut pas est considรฉrรฉ comme dรฉchet par rapport ร  celui qu'on veut manger. C'est aussi ce qui ressort du Yerouchalmi, qui lit : 'Celui qui trie des aliments hors d'aliments, Hizkiya dit...', etc.
ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืคื™' ืœืฆื•ืจืš ืื—ืจื™ื:
Il trie et pose : c'est-ร -dire pour d'autres.
๐Ÿ’ก Explication

Dรฉbut de la sougya de borer (trier). La baraita semble se contredire : elle permet (borer veokhel, borer oumaniah) puis interdit sous peine de hatat (sacrifice expiatoire du fauteur involontaire). Il faut donc trouver un critรจre qui distingue les deux cas.

Oula : la diffรฉrence est le temps, jour mรชme ou lendemain. Rav Hisda rรฉfute : si trier pour le lendemain rend redevable d'une hatat, c'est une melakha de la Torah, et aucune melakha n'est permise pour les besoins du Chabbat lui-mรชme (on ne cuit pas le Chabbat pour le Chabbat).

3
ืืœื ืืžืจ ืจื‘ ื—ืกื“ื: ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ, ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ. ื•ื›ืฉื™ืขื•ืจ ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช. ืžืชืงื™ืฃ ืœื” ืจื‘ ื™ื•ืกืฃ: ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœืืคื•ืช ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ? ืืœื ืืžืจ ืจื‘ ื™ื•ืกืฃ: ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ื‘ื™ื“, ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ื‘ื™ื“. ื‘ืงื ื•ืŸ ื•ื‘ืชืžื—ื•ื™ ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ืคื˜ื•ืจ ืื‘ืœ ืืกื•ืจ, ื•ื‘ื ืคื” ื•ื‘ื›ื‘ืจื” ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช.

Rav Hisda a donc dit : il trie et mange moins que le chiour, il trie et pose moins que le chiour ; mais le chiour il ne doit pas le trier, et s'il l'a triรฉ, il est redevable d'une hatat. Rav Yosef objecte : est-il donc permis de cuire au four moins que le chiour ?

Rav Yosef a donc dit : il trie et mange ร  la main, il trie et pose ร  la main ; avec un kanon ou un tamhui il ne doit pas trier, et s'il a triรฉ il est exempt, mais c'est interdit ; avec un tamis ou un crible il ne doit pas trier, et s'il a triรฉ il est redevable d'une hatat.

๐Ÿ“œ Rachi (4)
ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ ืคื—ื•ืช ืžื›ื’ืจื•ื’ืจืช:
Moins que le chiour : moins qu'une grogeret (figue sรจche).
ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœืืคื•ืช ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ ื ื”ื™ ื“ื—ื™ื•ื‘ ื—ื˜ืืช ืœื™ื›ื ืื™ืกื•ืจื ืžื™ื”ื ืื™ื›ื ื“ืงื™ื™ืžื ืœืŸ ื—ืฆื™ ืฉื™ืขื•ืจ ืืกื•ืจ ืžืŸ ื”ืชื•ืจื” ื‘ืคืจืง ื‘ืชืจื ื“ื™ื•ืžื (ื“ืฃ ืขื“.) ื•ื”ื™ื›ื™ ืงืชื ื™ ื‘ื•ืจืจ ืœื›ืชื—ืœื”:
Est-il donc permis de cuire moins que le chiour : admettons qu'il n'y ait pas d'obligation de hatat, il y a du moins un interdit, car nous tenons que le demi-chiour est interdit par la Torah, au dernier chapitre de Yoma (74a). Comment [la baraita] enseigne-t-elle alors 'il trie' d'emblรฉe ?
ื‘ืงื ื•ืŸ ื›ืœื™ ืขืฅ ืฉืขื•ืฉื™ืŸ ื›ืขื™ืŸ ืฆื™ื ื•ืจ ืจื—ื‘ ืžืœืื—ืจื™ื• ื•ืงืฆืจ ืžืœืคื ื™ื• ื•ื‘ืขืœื™ ืžื˜ื‘ืข ืขื•ืฉื™ื ืื•ืชื• ื•ื”ื‘ื•ืจืจ ื‘ื• ืงื˜ื ื™ืช ื ื•ืชืŸ ืงื˜ื ื™ืช ื‘ืžืงื•ื ื”ืจื—ื‘ ื•ืžื ืขื ืขื• ื•ื”ืงื˜ื ื™ืช ืžืคื ื™ ืฉื”ื•ื ืกื’ืœื’ืœ ืžืชื’ืœื’ืœ ื•ื™ื•ืจื“ ื“ืจืš ืคื™ื• ื”ืงืฆืจ ื•ื”ืคืกื•ืœืช ื ืฉืืจ ื‘ื›ืœื™:
Avec un kanon : un ustensile de bois fait comme une goulotte, large ร  l'arriรจre et รฉtroite ร  l'avant ; les changeurs de monnaie le fabriquent. Celui qui y trie des lรฉgumineuses les place dans la partie large et le secoue ; les lรฉgumineuses, rondes, roulent et descendent par l'ouverture รฉtroite, et le dรฉchet reste dans l'ustensile.
ืคื˜ื•ืจ ืื‘ืœ ืืกื•ืจ ืžื•ืชืจ ืœื›ืชื—ืœื” ืœื ื”ื•ื™ ื“ื“ืžื™ ืœื‘ืจื™ืจื” ื•ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช ืœื ื”ื•ื™ ื“ื›ืœืื—ืจ ื™ื“ ื”ื•ื ื“ืขื™ืงืจ ื‘ืจื™ืจื” ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืื‘ืœ ื‘ื™ื“ ืœื ื“ืžื™ ืœื‘ื•ืจืจ ื›ืœืœ:
Exempt mais interdit : ce n'est pas permis d'emblรฉe, car cela ressemble ร  la birra ; ce n'est pas passible d'une hatat, car c'est une maniรจre inhabituelle [kelahar yad] : l'essentiel de la birra se fait au tamis et au crible ; mais ร  la main, cela ne ressemble pas du tout ร  trier.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื•ื›ื™ ืžื•ืชืจ ืœืืคื•ืช ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ ื•ื”ืžืชืจืฅ ืก"ื“ ื“ืคื—ื•ืช ืžื›ืฉื™ืขื•ืจ ื”ื•ื™ ื“ืจืš ืื›ื™ืœื”:
Est-il donc permis de cuire moins que le chiour : celui qui proposait la rรฉponse pensait que moins que le chiour est une maniรจre de manger.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Hisda propose un critรจre de quantitรฉ : moins que le chiour (la grogeret, taille d'une figue sรจche) serait permis. Rav Yosef rรฉfute : le hatsi chiour (demi-mesure) est interdit par la Torah ; il est seulement exemptรฉ de sanction. La baraita ne peut donc pas le dire permis d'emblรฉe.

Rav Yosef propose un critรจre d'instrument, ร  trois niveaux : ร  la main, permis ; kanon et tamhui (plat), patour aval assour (exempt mais interdit) ; nafa (tamis) et kevara (crible), les instruments propres du tri, hatat.

๐Ÿ–ผ๏ธ Schรฉma
Le kanon selon Rachi : une goulotte large derriรจre, รฉtroite devantpartie largebec รฉtroiton secoue : les lรฉgumineuses rondes roulentl'aliment sort par le becle dรฉchet reste dans le kanon
Le kanon (Rachi) : l'aliment rond roule vers le bec, le dรฉchet reste en arriรจre.
4
ืžืชืงื™ืฃ ืœื” ืจื‘ ื”ืžื ื•ื ื: ืžื™ื“ื™ ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ืงืชื ื™? ืืœื ืืžืจ ืจื‘ ื”ืžื ื•ื ื: ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ื”ืคืกื•ืœืช, ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ื”ืคืกื•ืœืช. ืคืกื•ืœืช ืžืชื•ืš ืื•ื›ืœ ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช. ืžืชืงื™ืฃ ืœื” ืื‘ื™ื™: ืžื™ื“ื™ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืงืชื ื™? ืืœื ืืžืจ ืื‘ื™ื™: ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ืœืืœืชืจ, ื•ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืœืืœืชืจ, ื•ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื โ€” ืœื ื™ื‘ืจื•ืจ, ื•ืื ื‘ื™ืจืจ โ€” ื ืขืฉื” ื›ื‘ื•ืจืจ ืœืื•ืฆืจ ื•ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช. ืืžืจื•ื” ืจื‘ื ืŸ ืงืžื™ื” ื“ืจื‘ื, ืืžืจ ืœื”ื•: ืฉืคื™ืจ ืืžืจ ื ื—ืžื ื™.

Rav Hamnouna objecte : la baraita enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le kanon et le tamhui ? Rav Hamnouna a donc dit : il trie et mange l'aliment hors du dรฉchet, il trie et pose l'aliment hors du dรฉchet ; mais le dรฉchet hors de l'aliment il ne doit pas le trier, et s'il l'a triรฉ, il est redevable d'une hatat.

Abaye objecte : la baraita enseigne-t-elle quoi que ce soit sur l'aliment hors du dรฉchet ? Abaye a donc dit : il trie et mange pour tout de suite, il trie et pose pour tout de suite ; mais pour le jour mรชme il ne doit pas trier, et s'il a triรฉ, il est comme celui qui trie pour une rรฉserve, et il est redevable d'une hatat.

Les Rabbanan le rapportรจrent devant Rava. Il leur dit : Nahmani a bien dit.

๐Ÿ“œ Rachi (5)
ืžื™ื“ื™ ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ืงืชื ื™ ื”"ื” ื ืžื™ ื“ืคืจื™ืš ืžื™ื“ื™ ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืงืชื ื™ ืืœื ื—ื“ื ืžื™ื ื™ื™ื”ื• ื ืงื˜:
Enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le kanon et le tamhui : il aurait pu de mรชme objecter : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le tamis et le crible ? Mais il a pris l'un des deux.
ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ื”ืคืกื•ืœืช ืœื ื“ืจืš ื‘ืจื™ืจื” ื”ื™ื:
L'aliment hors du dรฉchet : ce n'est pas la maniรจre de trier.
ื•ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืœืืœืชืจ ืœืื›ื•ืœ ืœืืœืชืจ ืฉืื™ืŸ ื–ื” ื“ืจืš ื‘ื•ืจืจื™ืŸ:
Et il trie et pose pour tout de suite : pour manger tout de suite, car ce n'est pas la maniรจre de ceux qui trient.
ืœืื•ืฆืจ ืœื”ืฆื ื™ืข:
Pour une rรฉserve : pour mettre de cรดtรฉ.
ื ื—ืžื ื™ ืื‘ื™ื™:
Nahmani : Abaye.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (2)
ืžืชืงื™ืฃ ืœื” ืจื‘ ื”ืžื ื•ื ื ืžื™ื“ื™ ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ืงืชื ื™ ืคื™' ื”ืงื•ื ื˜' ื“ื”"ื  ื”ื•ื” ืžืฆื™ ืœืžื™ืคืจืš ืžื™ื“ื™ ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืงืชื ื™ ื•ืงืฉื” ืœืจ"ื™ ืžืื™ ืงืžืฉื ื™ ืจื‘ ื”ืžื ื•ื ื ืœื“ื™ื“ื™ื” ื ืžื™ ืชืงืฉื” ืžื™ื“ื™ [ืื•ื›ืœ] ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืงืชื ื™ ื•ืขื•ื“ ื‘ืกืžื•ืš ืคื™ืจืฉ ื”ืงื•ื ื˜ืจืก ื•ื”ืชื ื™ื ื—ื™ื™ื‘ ื“ื”ื™ื™ื ื• ื”ืš ื“ื”ื›ื ื•ืžืฉื ื™ ื“ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืžื™ื™ืจื™ ื•ื”ื™ื›ื™ ืžืฉื ื™ ื”ื›ื ืžื™ื“ื™ ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืงืชื ื™ ื•ื ืจืื” ืœืจื‘ื™ื ื• ื™ืฆื—ืง ื“ื“ื•ืงื ืžืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ืคืจื™ืš ื•ื”"ืค ืžื™ื“ื™ ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ืงืชื ื™ ื›ื™ื•ืŸ ื“ื ื—ืช ืœืคืจื•ืฉื™ ื“ื™ื ื™ ื‘ืจื™ืจื” ื“ื‘ื™ื“ ืžื•ืชืจ ื•ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช ืœื ื”ื™ื” ืœื• ืœื”ื ื™ื— ืžืœืฉื ื•ืช ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™ ื“ืคื˜ื•ืจ ืื‘ืœ ืืกื•ืจ:
Rav Hamnouna objecte : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le kanon et le tamhui : le Kountres [Rachi] explique qu'il aurait pu aussi objecter : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le tamis et le crible ? Le Ri trouve cela difficile : que rรฉsout alors Rav Hamnouna ? ร€ lui aussi on objectera : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur l'aliment hors du dรฉchet ? De plus, peu aprรจs, le Kountres explique que 'et il a รฉtรฉ enseignรฉ : redevable' dรฉsigne notre baraita-ci, et [la Gemara] rรฉpond qu'il s'agit du tamis et du crible ; comment peut-on alors rรฉpondre [ainsi], alors qu'ici on objecte : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le tamis et le crible ? Il semble ร  Rabbenou Yitshak que l'objection porte seulement sur le kanon et le tamhui, et voici le sens : enseigne-t-elle quoi que ce soit sur le kanon et le tamhui ? Puisqu'elle se serait appliquรฉe ร  expliquer les lois du tri (ร  la main, permis ; au tamis et au crible, hatat), elle n'aurait pas dรป omettre d'enseigner le kanon et le tamhui, oรน l'on est exempt mais c'est interdit.
ื‘ื•ืจืจ ื•ืื•ื›ืœ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืžืฉืžืข ื“ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืื™ืŸ ื“ืจืš ื‘ืจื™ืจื” ื‘ื›ืš ื•ืงืฉื” ื“ื‘ืจื™ืฉ ืคืจืง ืชื•ืœื™ืŸ (ืœืงืžืŸ ืฉื‘ืช ืงืœื—.) ืืžืจื™' ืžื” ื“ืจื›ื• ืฉืœ ื‘ื•ืจืจ ื‘ื•ืจืจ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ื•ื™"ืœ ื“ื”ืชื ื‘ืคืกื•ืœืช ืžืจื•ื‘ื” ืขืœ ื”ืื•ื›ืœ ื”ื•ื™ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ื“ืจืš ื‘ืจื™ืจื” ื“ื”ืชื ื‘ืžืฉืžืจ ืื™ื™ืจื™ ื•ืงืฉื” ืœืจืฉื‘"ื ื“ืชื ืŸ ื‘ืค"ืง ื“ื‘ื™ืฆื” (ื“ืฃ ื™ื“:) ื”ื‘ื•ืจืจ ืงื˜ื ื™ื•ืช ื‘ื™"ื˜ ื‘"ืฉ ืื•ืžืจื™ื ื‘ื•ืจืจ ืื•ื›ืœ ื•ืื•ื›ืœ ื•ื‘"ื” ืื•ืžืจื™ื ื‘ื•ืจืจ ื›ื“ืจื›ื• ื•ืืžืจ ื‘ื’ืžืจื ื‘ื“"ื ื›ืฉื”ืื•ื›ืœ ืžืจื•ื‘ื” ืขืœ ื”ืคืกื•ืœืช ืื‘ืœ ืคืกื•ืœืช ืžืจื•ื‘ื” ืขืœ ื”ืื•ื›ืœ ื“"ื” ื ื•ื˜ืœ ืืช ื”ืื•ื›ืœ ื•ืžื ื™ื— ืืช ื”ืคืกื•ืœืช ื•ืื™ ื‘ืคืกื•ืœืช ืžืจื•ื‘ื” ืขืœ ื”ืื•ื›ืœ ื”ื•ื™ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ื“ืจืš ื‘ืจื™ืจื” ื”ื™ื›ื™ ืฉืจื™ ืœื‘"ืฉ ื”ื ืื™ื ื”ื• ืืกืจื™ ืœื‘ืจืจ ื›ื“ืจื›ื• ื•ืฆ"ืข ืฉื:
Il trie et mange l'aliment hors du dรฉchet : il en ressort que [prendre] l'aliment hors du dรฉchet n'est pas la maniรจre de trier. Or c'est difficile, car au dรฉbut du chapitre Tolin (plus loin, Chabbat 138a) nous disons : quelle est la maniรจre de celui qui trie ? Il trie l'aliment hors du dรฉchet. On peut rรฉpondre que lร , le dรฉchet est plus abondant que l'aliment, et [prendre] l'aliment hors du dรฉchet est la maniรจre de trier, car lร  il s'agit du filtre [michmar]. Le Rachba trouve cela difficile, car nous avons appris au premier chapitre de Beitsa (14b) : celui qui trie des lรฉgumineuses ร  Yom tov, Beit Chamai disent : il trie aliment par aliment, et Beit Hillel disent : il trie ร  sa maniรจre. Et on dit dans la Gemara : dans quel cas ? Quand l'aliment est plus abondant que le dรฉchet ; mais quand le dรฉchet est plus abondant que l'aliment, tous s'accordent qu'il prend l'aliment et laisse le dรฉchet. Or si, quand le dรฉchet est plus abondant que l'aliment, [prendre] l'aliment hors du dรฉchet est la maniรจre de trier, comment est-ce permis pour Beit Chamai, puisqu'ils interdisent de trier ร  sa maniรจre ? La question reste ร  examiner lร -bas.
๐Ÿ’ก Explication

Rav Hamnouna reproche ร  Rav Yosef d'introduire des instruments absents de la baraita, et propose un critรจre de sens du tri : prendre l'okhel mitokh pessolet (aliment hors du dรฉchet) est permis, รดter la pessolet mitokh okhel (dรฉchet hors de l'aliment) est la birra proprement dite. Abaye lui fait le mรชme reproche.

Abaye lit la baraita sans rien y ajouter : borer veokhel signifie trier pour manger leaalter (tout de suite). Trier pour plus tard, mรชme le jour mรชme, revient ร  trier leotsar (pour une rรฉserve), et c'est la melakha. Rava approuve : 'Nahmani (surnom d'Abaye) a bien dit'.

5
ื”ื™ื• ืœืคื ื™ื• ืฉื ื™ ืžื™ื ื™ ืื•ื›ืœื™ืŸ, ื•ื‘ื™ืจืจ ื•ืื›ืœ, ื•ื‘ื™ืจืจ ื•ื”ื ื™ื—. ืจื‘ ืืฉื™ ืžืชื ื™: ืคื˜ื•ืจ, ืจื‘ื™ ื™ืจืžื™ื” ืžื“ื™ืคืชื™ ืžืชื ื™: ื—ื™ื™ื‘. ืจื‘ ืืฉื™ ืžืชื ื™ ืคื˜ื•ืจ, ื•ื”ื ืชื ื™ ื—ื™ื™ื‘! ืœื ืงืฉื™ื: ื”ื ื‘ืงื ื•ืŸ ื•ืชืžื—ื•ื™, ื”ื ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื”.

S'il avait devant lui deux sortes d'aliments, et qu'il a triรฉ et mangรฉ, triรฉ et posรฉ : Rav Achi enseigne : exempt ; Rabbi Yirmeya de Difti enseigne : redevable. Rav Achi enseigne 'exempt' ?

Or il a รฉtรฉ enseignรฉ 'redevable' ! Ce n'est pas difficile : ici avec un kanon et un tamhui, lร  avec un tamis et un crible.

๐Ÿ“œ Rachi (1)
ื•ื”ืชื ื™ื ืœืขื™ืœ ื—ื™ื™ื‘ ื•ืื™ ื‘ื‘ื•ืจืจ ื•ืžื ื™ื— ืœืืœืชืจ ืžื•ืชืจ ืœื›ืชื—ืœื” ื”ื•ื™ื ื•ืคื˜ื•ืจ ืื‘ืœ ืืกื•ืจ ืœื™ื›ื:
Or il a รฉtรฉ enseignรฉ : plus haut, 'redevable'. Et si c'est dans le cas oรน il trie et pose pour tout de suite, c'est permis d'emblรฉe, et il n'y a pas de 'exempt mais interdit'.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื•ื”ืชื ื™ื ื—ื™ื™ื‘ ืคื™' ื‘ืงื•ื ื˜ืจืก ื“ื”ื™ื™ื ื• ื‘ืจื™ื™ืชื ื“ืœืขื™ืœ ื•ืงืฉื” ืœืจ"ื™ ื“ืœืžืื™ ื“ืžื•ืงืžื™ื ืŸ ืœื” ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืžืฉืžืข ื“ื•ืงื ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ืืกื•ืจ ืื‘ืœ ืœืืœืชืจ ืืคื™' ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืฉืจื™ ื•ื‘ืค"ืง ื“ื‘ื™ืฆื” (ื’ื ื–ื” ืฉื.) ืžืฉืžืข ื“ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืืกื•ืจ ื‘ื›ืœ ืขื ื™ืŸ ื“ืชื ืŸ ื‘"ื” ืื•ืžืจื™ื ื‘ื•ืจืจ ื›ื“ืจื›ื• ื‘ืงื ื•ืŸ ื•ื‘ืชืžื—ื•ื™ ืื‘ืœ ืœื ื‘ื ืคื” ื•ื‘ื›ื‘ืจื” ื•ืœื ืžืคืœื™ื’ ื‘ื™ืŸ ืœืืœืชืจ ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ื•ืขื•ื“ ืœื›ืื•ืจื” ืœืขื•ืœื ื“ืœืขื™ืœ ื”ื•ื™ ื‘ื•ืจืจ ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ื›ืžื• ืœืืœืชืจ ืœืื‘ื™ื™ ื•ื"ื› ืฉืจื™ ืœืขื•ืœื ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ืืคื™' ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ื•ื‘ืžืชื ื™' ื“ื‘ื™ืฆื” ืืกืจ ืœื›ืœ ื”ืคื—ื•ืช ืœื‘ื• ื‘ื™ื•ื ื•ื ืจืื” ืœืจ"ื™ ื“ื‘ืจื™ื™ืชื ื“ืœืขื™ืœ ืื™ื™ืจื™ ื‘ื‘ื•ืจืจ ื‘ื™ื“ ื•ื”ื›ื ื“ืžื•ืงืžื™ ืœื” ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ื‘ืจื™ื™ืชื ืื—ืจื™ืชื™ ื”ื™ื ื•ืืคื™' ืœืืœืชืจ ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช ื•ื›ืŸ ืžืฉืžืข ืžืชื•ืš ืคื™ืจื•ืฉ ืจ"ื— ื“ืคื™ืจืฉ ืฉื™ืฉ ื’' ื“ื™ื ื™ืŸ ื‘ื‘ื•ืจืจ ืœืืœืชืจ ื“ื‘ื™ื“ ืžื•ืชืจ ืœื›ืชื—ืœื” ื‘ืงื ื•ืŸ ื•ื‘ืชืžื—ื•ื™ ืคื˜ื•ืจ ืื‘ืœ ืืกื•ืจ ื‘ื ืคื” ื•ื›ื‘ืจื” ื—ื™ื™ื‘ ื—ื˜ืืช:
Or il a รฉtรฉ enseignรฉ 'redevable' : le Kountres explique qu'il s'agit de la baraita citรฉe plus haut. Le Ri trouve cela difficile : d'aprรจs ce que nous l'รฉtablissons dans le cas du tamis et du crible, il en ressort que seul [le tri] pour le jour mรชme est interdit, mais que pour tout de suite, mรชme au tamis et au crible, c'est permis. Or au premier chapitre de Beitsa (รฉgalement lร -bas) il ressort que le tamis et le crible sont interdits en tout cas, car nous avons appris : Beit Hillel disent : il trie ร  sa maniรจre, avec un kanon et un tamhui, mais pas avec un tamis et un crible ; et on n'y distingue pas entre tout de suite et le jour mรชme. De plus, apparemment, pour Oula [citรฉ] plus haut, trier pour le jour mรชme รฉquivaut ร  trier pour tout de suite selon Abaye ; si c'est ainsi, pour Oula, le tamis et le crible seraient permis mรชme pour le jour mรชme, alors que la Mishna de Beitsa l'interdit au moins pour le jour mรชme. Il semble au Ri que la baraita citรฉe plus haut parle de celui qui trie ร  la main, et qu'ici, oรน on l'รฉtablit dans le cas du tamis et du crible, c'est une autre baraita, et mรชme pour tout de suite il est redevable d'une hatat. C'est aussi ce qui ressort de l'explication de Rabbenou Hananel, qui explique qu'il y a trois lois pour celui qui trie pour tout de suite : ร  la main, permis d'emblรฉe ; avec un kanon et un tamhui, exempt mais interdit ; avec un tamis et un crible, redevable d'une hatat.
๐Ÿ’ก Explication

Nouveau cas : deux sortes d'aliments mรฉlangรฉes (Tossefot : l'aliment dont on ne veut pas compte comme dรฉchet). Deux versions s'opposent : patour (Rav Achi) ou hayav (R. Yirmeya de Difti). La Gemara les concilie par l'instrument : kanon/tamhui, exempt ; tamis/crible, redevable.

Le Ri en tire, avec Rabbenou Hananel, que mรชme pour tout de suite le tri au tamis ou au crible entraรฎne une hatat : il y a donc trois degrรฉs selon l'instrument (voir le schรฉma de synthรจse).

6
ื›ื™ ืืชื ืจื‘ ื“ื™ืžื™, ืืžืจ: ืฉื‘ืชื ื“ืจื‘ ื‘ื™ื‘ื™ ื”ื•ืื™, ื•ืื™ืงืœืขื• ืจื‘ื™ ืืžื™ ื•ืจื‘ื™ ืืกื™, ืฉื“ื ืงืžื™ื™ื”ื• ื›ืœื›ืœื” ื“ืคื™ืจื™. ื•ืœื ื™ื“ืขื ื ืื™ ืžืฉื•ื ื“ืกื‘ืจ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืืกื•ืจ, ืื™ ืžืฉื•ื ืขื™ืŸ ื™ืคื” ื”ื•ื ื“ืžื›ื•ื™ืŸ.

Quand Rav Dimi arriva, il dit : c'รฉtait le Chabbat de Rav Bivai, et Rabbi Ami et Rabbi Assi se trouvรจrent lร . Il jeta devant eux une corbeille de fruits.

Et je ne sais pas si c'est parce qu'il pensait que [trier] l'aliment hors du dรฉchet est interdit, ou si c'est par gรฉnรฉrositรฉ [ayin yafa] qu'il l'a voulu.

๐Ÿ“œ Rachi (2)
ืฉื‘ืชื ื“ืจื‘ ื‘ื™ื‘ื™ ื”ื•ืื™ ื”ื’ื™ืข ื™ื•ืžื• ืœื”ื™ื•ืช ืขื•ืžื“ ื•ืžืฉืžืฉ ืขืœ ื”ืชืœืžื™ื“ื™ื:
C'รฉtait le Chabbat de Rav Bivai : son jour รฉtait venu de se tenir debout et de servir les รฉlรจves.
ื•ืฉื“ื ืงืžื™ื™ื”ื• ื•ืœื ืจืฆื” ืœื‘ืจื•ืจ ื”ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ื”ืขืœื™ืŸ ื•ืœืชืช ืœืคื ื™ ื›ืœ ืื—ื“ ื•ืื—ื“ ืืœื ืฉื˜ื—ืŸ ื•ื”ื ื ื•ื˜ืœื™ื ื•ืื•ื›ืœื™ื ื•ื‘ืฉื˜ื•ื— ื–ื” ื ืคืจืฉ ื”ืื•ื›ืœ ืžืืœื™ื•:
Et il jeta devant eux : il n'a pas voulu trier l'aliment hors des feuilles pour le donner devant chacun, mais il les รฉtala ; et eux prenaient et mangeaient. Par cet รฉtalement, l'aliment se sรฉpare de lui-mรชme.
๐Ÿ—‚๏ธ Tossefot (1)
ื•ืœื ื™ื“ืขื ื ืื™ ืžืฉื•ื ื“ืงืกื‘ืจ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืืกื•ืจ ืคื™' ืœื ื™ื“ืขื ื ืžื” ืฉืœื ื‘ื™ืจืจื ืชื—ืœื” ืงื•ื“ื ืฉื”ื‘ื™ืื ืœืคื ื™ื”ืŸ ืื‘ืœ ืื™ืŸ ืœืคืจืฉ ืžื” ืฉืœื ื‘ื™ืจืจื ื‘ืฉืขื” ืฉื”ื ื™ื— ืœืคื ื™ื”ื ื“ื"ื› ืžืื™ ืงืืžืจ ืื™ ืžืฉื•ื ื“ืงืกื‘ืจ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืืกื•ืจ ื“ื”ื ืœื›"ืข ืฉืจื™ื ืŸ ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืœืืœืชืจ:
Et je ne sais pas si c'est parce qu'il pensait que [trier] l'aliment hors du dรฉchet est interdit : c'est-ร -dire, je ne sais pas pourquoi il ne les a pas triรฉs d'abord, avant de les apporter devant eux. Mais on ne peut pas expliquer [qu'il s'agit] du fait qu'il ne les a pas triรฉs au moment oรน il les posait devant eux, car alors que signifierait 'si c'est parce qu'il pensait que l'aliment hors du dรฉchet est interdit' ? Pour tout le monde, nous permettons l'aliment hors du dรฉchet pour tout de suite.
๐Ÿช” Ben Yehoyada (2)
ืฉื‘ืชื ื“ืจื‘ ื‘ื™ื‘ื™ ื”ื•ืื™, ื•ืื™ืงืœืขื• ืจื‘ ืืžื™ ื•ืจื‘ ืืกื™. ืคื™ืจืฉ ืจืฉ"ื™ ื”ื’ื™ืข ื™ื•ืžื• ืœื”ื™ื•ืช ืขื•ืžื“ ื•ืžืฉืžืฉ ืขืœ ื”ืชืœืžื™ื“ื™ื ืขื™ื™ืŸ ืฉื. ื•ืœืคื™ ื–ื” ืœืื• ืฉืœื• ื”ื™ื” ืืœื ืฉืœ ื”ื›ื•ืœืœ ืžืงื•ืคืช ื‘ื™ืช ื”ืžื“ืจืฉ. ื•ื™ืฉ ืœื”ืงืฉื•ืช ืœืžืื™ ื”ื•ืฆืจืš ืœืคืจืฉ ื“ืืงืœืขื• ืจ' ืืžื™ ื•ืจ' ืืกื™ ื™ื”ื™ื” ืžื™ ืฉื™ื”ื™ื”! ืžื” ืื ื—ื ื• ืœืžื™ื“ื™ืŸ ืžื–ื”? ื•ื ืจืื” ืœื™ ื‘ืก"ื“ ืฉื‘ืชื ื“ืจื‘ ื‘ื™ื‘ื™ ื”ื•ืื™ ืจืฆื•ื ื• ืœื•ืžืจ ืฉื‘ืช ืฉืœื• ืฉื“ื•ืจืฉ ื‘ื•, ื›ื™ ื”ื™ื” ืžื ื”ื’ื ืฉื›ืœ ืื—ื“ ืžื”ื’ื“ื•ืœื™ื ื™ื“ืจื•ืฉ ื‘ื‘ื™ืช ื”ืžื“ืจืฉ ืฉื‘ืช ืื—ื“, ื•ืื—ืจ ื”ื“ืจืฉื” ื™ื‘ื•ืื• ื”ื—ื›ืžื™ื ืœื‘ื™ืชื• ื‘ืฉื‘ื™ืœ ื›ื‘ื•ื“ ืœื˜ืขื•ื ืื™ื–ื” ื“ื‘ืจ ืืฆืœื•, ื•ืฉืžืขืชื™ ื›ื™ ืžื ื”ื’ ื–ื” ืขื•ื“ื ื• ื ื•ื”ื’ ื‘ืขื”"ืง ืช"ื• [ื‘ืขื™ืจ ื”ืงื•ื“ืฉ ืชื‘ื ื” ื•ืชื›ื•ื ืŸ] , ืฉื”ื“ืจืฉืŸ ืฉื“ื•ืจืฉ ื‘ืงื™ื‘ื•ืฅ ื’ื“ื•ืœ ื‘ืฉื‘ืช ื”ื’ื“ื•ืœ, ืื• ืฉื‘ืช ื›ืœื”, ืื• ืฉื•ื‘ื”, ืื• ื–ื›ื•ืจ, ื™ื‘ื•ืื• ืื—ืจ ื”ื“ืจืฉื” ืœื‘ื™ืชื• ื•ื™ืื›ื™ืœื ืžื™ื ื™ ืžืชื™ืงื”, ื•ืฉืžืขืชื™ ืื•ืžืจื™ื ื”ื˜ืขื ื›ื™ื•ืŸ ืฉื ื”ื ื™ืช ื ืคืฉื ื”ื™ื•ื ืžืžื ื• ืžืŸ ืœื—ืžื” ืฉืœ ืชื•ืจื” ื™ื”ื ื” ื’ื•ืคื ื’ื ื›ืŸ ื‘ืžื–ื•ืŸ ื’ื•ืคื ื™ื™, ืขืœ ื›ืŸ ื™ืฉ ืœื”ื‘ื™ืŸ ืžื ื”ื’ ื–ื” ื”ื™ื” ื ื”ื•ื’ ื‘ื–ืžืŸ ื”ืืžื•ืจืื™ื, ื•ืื•ืชื• ืฉื‘ืช ื“ืจืฉ ืจื‘ ื‘ื™ื‘ื™, ื•ืื—ืจ ื”ื“ืจืฉื” ื‘ืื• ืœื‘ื™ืชื• ื•ืืงืœืขื• ื’ื ืจ' ืืžื™ ื•ืจ' ืืกื™ ืฉื”ื™ื• ืื•ืชื• ื–ืžืŸ ื’ื“ื•ืœื™ื ืฉื‘ื—ื›ืžื™ื, ื•ืœื›ื‘ื•ื“ื ื”ื‘ื™ืื• ื›ืœื›ืœื” ืฉืœ ืคื™ืจื•ืช, ื•ืื™ ืœื ื”ื•ื™ ืจ' ืืžื™ ื•ืจ' ืืกื™ ื”ื™ื” ืžื‘ื™ื ื“ื‘ืจ ืื—ืจ ืžืื›ืœ ืื• ืžืฉืงื” ืœื˜ืขื•ื ื•ืœื ื”ื™ื” ืžื‘ื™ื ื“ื‘ืจ ื‘ืฉื•ืคืข ื›ืœ ื›ืš.
C'รฉtait le Chabbat de Rav Bivai, et Rav Ami et Rav Assi se trouvรจrent lร . Rachi explique : son jour รฉtait venu de se tenir debout et de servir les รฉlรจves ; voir lร -bas. D'aprรจs cela, [la nourriture] n'รฉtait pas ร  lui mais ร  la communautรฉ, prise sur la caisse de la maison d'รฉtude. Et on peut demander : pourquoi fallait-il prรฉciser que R. Ami et R. Assi se trouvรจrent lร  ? Qui que ce soit ! Qu'apprenons-nous de cela ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que 'c'รฉtait le Chabbat de Rav Bivai' veut dire son Chabbat ร  lui, oรน il faisait le discours. Car leur coutume รฉtait que chacun des grands fasse le discours ร  la maison d'รฉtude un Chabbat, et aprรจs le discours les sages venaient chez lui, par honneur, goรปter quelque chose chez lui. J'ai entendu que cette coutume se pratique encore dans la Ville sainte (qu'elle soit rebรขtie et รฉtablie) : le prรฉdicateur qui fait le discours devant une grande assemblรฉe le Chabbat Hagadol, ou le Chabbat du fiancรฉ, ou [Chabbat] Chouva, ou Zakhor, [les gens] viennent chez lui aprรจs le discours et il leur fait manger des douceurs. J'ai entendu dire la raison : puisque leur รขme a joui ce jour-lร  de lui, du pain de la Tora, que leur corps jouisse aussi d'une nourriture corporelle. On peut donc comprendre que cette coutume se pratiquait dรฉjร  ร  l'รฉpoque des Amoraim. Ce Chabbat-lร , Rav Bivai fit le discours, et aprรจs le discours ils vinrent chez lui, et R. Ami et R. Assi, qui รฉtaient ร  cette รฉpoque les plus grands des sages, s'y trouvรจrent aussi. En leur honneur, on apporta une corbeille de fruits ; si R. Ami et R. Assi n'avaient pas รฉtรฉ lร , il aurait apportรฉ autre chose, ร  manger ou ร  boire, pour goรปter, et il n'aurait pas apportรฉ une chose en si grande abondance.
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Il jeta devant eux une corbeille de fruits. Rachi explique : par cet รฉtalement, l'aliment se sรฉpare de lui-mรชme. Beaucoup ont eu du mal avec cela : pourquoi Rachi a-t-il du dire qu'il les รฉtala afin que, par cet รฉtalement, l'aliment se sรฉpare de lui-mรชme ? Voir ce qu'a รฉcrit le Maharcha sur la raison de la chose, ainsi que la difficultรฉ qu'il a soulevรฉe : mรชme s'ils triaient l'aliment hors du dรฉchet, c'est permis quand ils mangent tout de suite. Le Maharam aussi a eu du mal et a proposรฉ une rรฉponse forcรฉe ; voir lร -bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ce que Rachi a รฉcrit, 'il รฉtala les fruits', il a รฉtรฉ contraint de le dire parce que [la Gemara] dit 'chada kamayhou', et le terme chada signifie qu'il jeta les fruits hors de la corbeille et les รฉtala devant eux ; sinon, elle aurait dรป dire 'ayti kamayhou' (il apporta devant eux). Cela est clair. Puisqu'on est forcรฉ de dire qu'il jeta les fruits hors de la corbeille et ne posa pas la corbeille telle quelle devant eux, on est forcรฉ de dire que les faits se sont passรฉs ainsi : la corbeille contenait des fruits frais, juteux, trรจs mรปrs ; pour que les fruits ne s'abรฎment pas en รฉtant empilรฉs haut les uns sur les autres, on avait l'habitude de disposer les fruits sur toute la surface de la corbeille et de poser dessus des feuilles d'arbre, puis de disposer ร  nouveau des fruits au-dessus des feuilles et d'รฉtendre encore des feuilles sur les fruits, et ainsi plusieurs rangรฉes l'une sur l'autre, les feuilles รฉtant posรฉes entre chaque rangรฉe. C'est pourquoi, dans une telle corbeille, il est impossible de retirer l'aliment, c'est-ร -dire les fruits disposรฉs dans chaque rangรฉe, sans retirer les feuilles รฉtendues sur eux entre chaque rangรฉe. Il en rรฉsulte que, lorsqu'il prend les feuilles pour prendre les fruits qui sont dessous, il trie le dรฉchet hors de l'aliment, ce qui est interdit mรชme pour tout de suite. C'est pourquoi il a รฉtรฉ contraint de jeter les fruits hors de la corbeille sur une nappe ou sur la table, pour que, par cet รฉtalement, les fruits se sรฉparent d'eux-mรชmes des feuilles ; car en les jetant de haut en bas hors de la corbeille, l'ordre des feuilles disposรฉes et รฉtendues entre chaque rangรฉe est dรฉfait, et alors il peut retirer l'aliment hors du dรฉchet, c'est-ร -dire des feuilles, car maintenant il peut atteindre le fruit et le prendre. Cette maniรจre de reconstituer les faits est imposรฉe par le mot 'chada', qui signifie qu'il n'a pas laissรฉ la corbeille telle quelle mais en a jetรฉ les fruits, car chada exprime l'action de jeter. Et tu demanderas : pourquoi a-t-il fait ainsi ? C'est certainement que la corbeille รฉtait disposรฉe avec des feuilles de la maniรจre que j'ai รฉcrite. Maintenant qu'il est รฉtabli que la corbeille รฉtait ainsi faite, Rachi vient expliquer : il n'a pas voulu trier l'aliment hors des feuilles pour le donner devant chacun d'eux ; c'est-ร -dire qu'il aurait pu faire cette opรฉration de jeter les fruits hors de la corbeille seul, dans une piรจce, et lร  prendre l'aliment, les fruits, et les mettre dans de petits rรฉcipients pour poser devant chacun un rรฉcipient de fruits ร  part. Pourquoi a-t-il รฉtalรฉ tous les fruits devant eux ensemble, et eux prenaient et mangeaient ? ร€ ce sujet il dit : c'est ร  cause de cette maniรจre d'agir qu'est nรฉ le doute de Rav Dimi : Rav Bivai pensait-il que [trier] l'aliment hors du dรฉchet est interdit, et c'est pourquoi il n'a pas triรฉ lui-mรชme pour apporter devant eux, afin qu'eux trient et mangent tout de suite, ce qui est permis pour tout le monde ; ou bien pensait-il que l'aliment hors du dรฉchet est permis mรชme pour plus tard, et s'il a apportรฉ toute la corbeille et l'a รฉtalรฉe devant eux, c'รฉtait pour montrer sa gรฉnรฉrositรฉ par l'abondance de fruits, car la corbeille รฉtait grande et pleine de fruits. Et ce que Rachi conclut, 'par cet รฉtalement l'aliment se sรฉpare de lui-mรชme', il entend expliquer la raison du fond de la chose : pourquoi a-t-il fallu รฉtaler les fruits en les jetant hors de la corbeille, et ne pas poser la corbeille pleine telle quelle devant eux ? ร€ cela il dit : par l'รฉtalement, l'aliment se sรฉpare de lui-mรชme des feuilles รฉtendues sur lui, et il n'est pas nรฉcessaire de toucher d'abord les feuilles pour prendre l'aliment qui est dessous. Sache qu'on peut aussi envisager le cas oรน des feuilles sont posรฉes au-dessus des fruits, sur la surface supรฉrieure seulement, car c'รฉtait leur habitude, quand les fruits sont trรจs juteux, d'รฉtendre sur la surface supรฉrieure de la corbeille des feuilles d'arbre et de les fixer dans de petits paniers pour qu'elles ne tombent pas ; ainsi les fruits sont protรฉgรฉs de la poussiรจre et de la terre. Si c'est ainsi, s'il laisse la corbeille telle quelle, il est impossible de prendre les fruits sans retirer les feuilles de dessus, car les feuilles sont attachรฉes ร  la surface supรฉrieure par des tiges d'arbre pour ne pas tomber d'elles-mรชmes ; c'est pourquoi il รฉtait contraint de jeter les fruits hors de la corbeille sur une table ou une nappe, car alors les feuilles seront en bas et les fruits en haut. Mais si nous disons que le cas รฉtait ainsi, de quoi Rav Dimi doutait-il maintenant ? Dans ce cas, toutes les feuilles se trouvent en bas, et il prend un aliment hors d'un aliment ! C'est pourquoi j'ai expliquรฉ selon la maniรจre mentionnรฉe plus haut : la corbeille est disposรฉe en rangรฉes de fruits, avec des feuilles รฉtendues entre chaque rangรฉe ; ainsi, aprรจs qu'on les a jetรฉs, fruits et feuilles se trouvent mรฉlangรฉs ensemble, et il trie l'aliment hors du dรฉchet.
๐Ÿ’ก Explication

Un rรฉcit rapportรฉ par Rav Dimi. Rav Bivai, de service ce Chabbat, place devant ses hรดtes une corbeille de fruits mรฉlangรฉs ร  leurs feuilles, sans trier. Deux explications possibles : il tient que l'okhel mitokh pessolet est interdit (quand ce n'est pas pour tout de suite, prรฉcise Tossefot) ; ou il voulait montrer sa ayin yafa (gรฉnรฉrositรฉ) en prรฉsentant une corbeille pleine. Le doute reste ouvert : le rรฉcit ne prouve rien.

Le Ben Yehoyada lit 'le Chabbat de Rav Bivai' comme le Chabbat oรน il donnait le discours, et reconstitue une corbeille disposรฉe en couches de fruits et de feuilles pour justifier le mot chada (il jeta).

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ื—ื–ืงื™ื” ืืžืจ: ื”ื‘ื•ืจืจ ืชื•ืจืžื•ืกื™ื ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืฉืœื”ืŸ โ€” ื—ื™ื™ื‘. ืœื™ืžื ืงืกื‘ืจ ื—ื–ืงื™ื” ืื•ื›ืœ ืžืชื•ืš ืคืกื•ืœืช ืืกื•ืจ? ืฉืื ื™ ืชื•ืจืžื•ืกื

Hizkiya a dit : celui qui trie des lupins hors de leur dรฉchet est redevable. Faut-il dire que Hizkiya pense que [trier] l'aliment hors du dรฉchet est interdit ?

Le lupin est diffรฉrent,

๐Ÿ“œ Rachi (1)
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Celui qui trie des lupins : aprรจs les avoir fait bouillir, il trie l'aliment hors de l'รฉcorce.
๐Ÿ’ก Explication

Hizkiya dรฉclare redevable celui qui trie des tourmoussin (lupins) hors de leur รฉcorce aprรจs cuisson. Prendre l'aliment hors du dรฉchet serait-il donc une birra ? La Gemara rรฉpond que le lupin est un cas particulier ; la raison est donnรฉe au daf suivant (74b).

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Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).