Sougya : Le daf achève la discussion sur l'impureté de l'idolâtrie : on situe selon R. Akiva la baraita sur le hesset (déplacement) du zav, puis Rav 'Hama bar Gouria demande si une idole démontée en pièces transmet encore l'impureté (question laissée ouverte).
Rav Ahadvoi bar Ami demande ce qu'il en est d'une idole plus petite qu'un kazayit ; une baraita la compare au mort, qui n'est impur qu'à partir d'une olive. La Guemara explique ensuite que chaque comparaison de l'idolâtrie est lue à la koula, car cette impureté est rabbinique.
Nouvelle mishna : le bateau ne reçoit pas l'impureté, soit parce qu'il est comme la mer, soit parce qu'on ne le porte pas plein, à la manière du sac. Le daf se termine sur l'éloge de l'assiduité au beit hamidrach.
[... si les aliments et boissons] font pencher [la balance], ils sont purs. Selon qui va ce qui a été enseigné : toutes les impuretés qui déplacent [un objet] le laissent pur, sauf le déplacement (hesset) du zav, qui n'a pas d'équivalent dans toute la Torah ?
Disons que ce n'est pas selon Rabbi Akiva, car si c'était selon Rabbi Akiva, il y aurait aussi l'idolâtrie ! - Tu peux même dire [que c'est] Rabbi Akiva : enseigne "le zav et tout ce qui lui ressemble".
Fin de l'exemple de la balance (83a) : si ce sont les aliments qui soulèvent le zav, ils restent purs, car le zav n'est pas porté au sens de la loi des couches et sièges. Rachi précise que l'impureté par massa du zav ne vise qu'un homme.
Une baraita dit que seul le hesset du zav rend impur. Or selon R. Akiva l'idole aussi rend impur par hesset (elle est comparée à la nida). Réponse : lire "le zav et tout ce qui lui ressemble" ; la nida et, par elle, l'idolâtrie entrent dans cette catégorie.
Rav 'Hama bar Gouria demanda : l'idolâtrie [transmet-elle l'impureté] par ses membres, ou pas par ses membres ? Lorsqu'un simple particulier (hedyot) peut la remonter, ne pose pas la question : elle est considérée comme assemblée.
La question se pose lorsqu'un simple particulier ne peut pas la remonter : qu'en est-il ? Puisqu'un simple particulier ne peut pas la remonter, est-elle considérée comme brisée, ou peut-être ne lui manque-t-il rien ?
Certains posent la question dans l'autre sens : lorsqu'un simple particulier ne peut pas la remonter, ne pose pas la question, elle est considérée comme brisée. La question se pose lorsqu'un simple particulier peut la remonter : qu'en est-il ?
Puisqu'un simple particulier peut la remonter, est-elle considérée comme assemblée, ou peut-être, pour l'instant, elle est démontée et jetée ? Teyqou (la question reste ouverte).
Une idole faite de pièces articulées (hollyot) a été démontée. Chaque pièce transmet-elle l'impureté ? Le critère est le hedyot : un simple particulier peut-il la remonter sans artisan ?
Deux versions de la question s'opposent sur le cas évident et le cas douteux. La question reste teyqou. Tossefot précise que la question porte sur l'impureté, qui est rabbinique ; l'interdit de profit, lui, est de la Torah et reste en vigueur pour de grandes pièces.
Rav Ahadvoi bar Ami demanda : une idole plus petite qu'un kazayit (volume d'une olive), qu'en est-il ? Rav Yossef objecta : à quel sujet ?
Si c'est pour l'interdit, elle n'est pas moins que Zevouv (la mouche), le Baal d'Ekron, comme il a été enseigné : "Ils se firent de Baal-Berit une divinité" (Juges 8,33) : c'est Zevouv, le Baal d'Ekron. Cela enseigne que chacun se fit une image de ce qu'il vénérait et la plaça dans sa poche ; quand il s'en souvenait, il la sortait de sa poche, l'étreignait et l'embrassait. - Mais pour l'impureté, qu'en est-il ?
Puisqu'elle a été comparée au cheretz : de même que le cheretz [rend impur] à la taille d'une lentille, l'idolâtrie aussi à la taille d'une lentille ? Ou peut-être, elle a été comparée au mort : de même que le mort [rend impur] à partir d'un kazayit, l'idolâtrie aussi à partir d'un kazayit ?
Pour l'interdit de profit, la taille ne compte pas : les adorateurs de Zevouv portaient dans leur poche une idole grande comme une mouche. La question porte donc sur l'impureté.
Deux comparaisons sont possibles : au cheretz, impur à la taille d'une lentille (ka-adacha), ou au met, impur à partir d'un kazayit (olive). Rachi précise qu'il s'agit d'une idole entière, simplement petite.
Rav Avya dit, et certains disent que c'est Rabba bar Oula : viens et entends, car il a été enseigné : une idole plus petite qu'un kazayit n'a aucune impureté, car il est dit : "Il jeta sa poussière sur la tombe des gens du peuple" (II Rois 23,6) : de même que le mort [rend impur] à partir d'un kazayit, l'idolâtrie aussi à partir d'un kazayit.
La baraita tranche : une idole de moins d'un kazayit ne rend pas impur. Le verset décrit le roi Yochiyahou réduisant l'achera en poussière et la jetant sur les tombes : l'idolâtrie est ainsi rapprochée du mort, et elle en prend la mesure.
Tossefot se demande pourquoi une idole entière ne suivrait pas le mort entier, impur même sans kazayit. Réponse : chez le mort, même un membre isolé est impur sans kazayit ; il n'y a donc pas lieu de distinguer ici l'entier du membre.
Et selon les Rabbanan, pour quelle halakha [l'idolâtrie] a-t-elle été comparée au cheretz ? Pour qu'elle ne rende pas impur par le massa (port).
À la nida ? Pour qu'elle ne [transmette] pas par ses membres.
Au mort ? Pour qu'elle ne rende pas impur à la taille d'une lentille. - Dis plutôt à la houmra (dans le sens de l'aggravation) : pour quelle halakha le Miséricordieux l'a-t-il comparée au cheretz ?
Pour rendre impur à la taille d'une lentille. À la nida ?
Pour rendre impur par l'even mesama (pierre très lourde). Le Miséricordieux l'a comparée au mort ?
Pour rendre impur par l'ohel (tente) ! - L'impureté de l'idolâtrie est rabbinique ; et [entre] koula et houmra, on compare pour la koula, on ne compare pas pour la houmra.
Question de principe : chaque comparaison pourrait être lue dans les deux sens. Comparée au cheretz, l'idole serait impure dès la lentille ; à la nida, par l'even mesama ; au met, par l'ohel. Pourquoi retenir seulement les allégements ?
Réponse : l'impureté de l'idolâtrie est de-rabbanan. Les versets cités sont des Prophètes (Isaie, Rois) et ne servent que d'asmakhta. Pour une loi rabbinique, on ne tire de la comparaison que la koula.
MISHNA. D'où [sait-on] que le bateau est pur ?
Car il est dit : "le chemin d'un bateau au cœur de la mer" (Proverbes 30,19).
Nouvelle mishna de la série des lois tirées d'allusions bibliques. Le bateau ne reçoit pas l'impureté (tahor). Le verset des Proverbes le situe au cœur de la mer : il prend le statut de la mer, qui ne devient jamais impure.
Le Roch recopie toute la série de mishnayot (82a-86a) : idolâtrie, bateau, carré de jardin, semence le troisième jour, bain du nouveau-né circoncis, fil d'écarlate, onction à Kippour.
GUEMARA. C'est évident, un bateau est au cœur de la mer ! - Cela nous apprend : comme la mer ; de même que la mer est pure, le bateau aussi est pur.
Il a été enseigné : 'Hanania dit : apprenons-le du sac (sak) ; de même que le sac est déplacé plein et vide, ainsi tout ce qui est déplacé plein et vide [reçoit l'impureté]. Cela exclut le bateau, qui n'est pas déplacé plein.
La Guemara demande ce que le verset ajoute. Il enseigne l'analogie : le bateau comme la mer, donc pur.
'Hanania propose une autre source. Les ustensiles de bois sont comparés au sac (Lévitique 11,32). Or le sac se porte plein et vide : seul un objet de bois qui se déplace ainsi reçoit l'impureté. Un grand bateau ne se porte pas plein, il est donc pur. Tossefot : son mouvement sur l'eau ne compte pas, car c'est l'eau qui le porte.
Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux un bateau en terre cuite.
Selon celui qui dit "un bateau au cœur de la mer", celui-ci aussi est au cœur de la mer. Selon celui qui dit "comme le sac" : [la règle ne vaut que pour] ceux qui sont écrits avec le sac ; s'il est déplacé plein et vide, oui [il reçoit l'impureté], sinon, non.
Mais un bateau en terre cuite [reçoit l'impureté], même s'il n'est pas déplacé plein.
La nafka mina : le verset du sac (Lévitique 11,32) énumère bois, vêtement, peau et sac. La terre cuite (hères) a sa propre loi (Lévitique 11,33) et n'est pas soumise au critère du sac. Selon 'Hanania, un bateau en terre cuite reçoit donc l'impureté ; selon la mishna, il est pur car il est en mer.
Ou encore : le bateau du Jourdain. Selon celui qui dit "un bateau au cœur de la mer", celui-ci aussi est un bateau au cœur de la mer.
Selon celui qui dit "déplacé plein et vide", celui-ci aussi est déplacé plein et vide. Car Rabbi 'Hanina ben Akavia a dit : pourquoi a-t-on dit que le bateau du Jourdain est impur ?
Parce qu'on le charge sur la terre ferme et qu'on le descend ensuite à l'eau. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach, même une seule heure ; car cette mishna a été enseignée pendant plusieurs années au beit hamidrach sans que sa raison soit révélée, jusqu'à ce que vienne Rabbi 'Hanina ben Akavia et l'explique.
Seconde nafka mina : le petit bateau du Jourdain. Pour la mishna, tout fleuve a le statut de la mer : il est pur. Pour 'Hanania, il est chargé à terre puis mis à l'eau ; il est donc porté plein et vide, comme le sac, et reçoit l'impureté. C'est la raison de la mishna de Kelim qui le déclare impur.
Rav en tire une leçon : une explication peut attendre des années ; il faut être présent au beit hamidrach le jour où elle est donnée.
Rabbi Yonatan a dit : que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach et des paroles de Torah, même à l'heure de la mort, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente" (Nombres 19,14) : même à l'heure de la mort, sois occupé à la Torah. Rech Lakich a dit : les paroles de Torah ne se maintiennent que chez celui qui se fait mourir pour elle, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente".
Rava a dit :
Deux lectures du même verset (Nombres 19,14), qui traite à l'origine de l'impureté du mort sous une tente. Rabbi Yonatan : étudier jusqu'au dernier moment. Rech Lakich : la Torah ne se maintient (mitkayemet) que chez celui qui s'y consacre au point de renoncer à son confort.
Le Ben Yehoyada lit la mort de R. Yonatan comme les états comptés comme une mort (tsaraat, cécité, pauvreté). Chez Rech Lakich, il y voit la chakdanout (assiduité), en jouant sur les lettres qui précèdent celles du mot Torah dans l'alphabet. Le daf s'arrête au début d'une parole de Rava, qui se poursuit en 84a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).