Shabbat 83b — Idolâtrie en pièces et plus petite qu'une olive ; la pureté du bateau

Shabbat 83b

Sougya : Le daf achève la discussion sur l'impureté de l'idolâtrie : on situe selon R. Akiva la baraita sur le hesset (déplacement) du zav, puis Rav 'Hama bar Gouria demande si une idole démontée en pièces transmet encore l'impureté (question laissée ouverte).

Rav Ahadvoi bar Ami demande ce qu'il en est d'une idole plus petite qu'un kazayit ; une baraita la compare au mort, qui n'est impur qu'à partir d'une olive. La Guemara explique ensuite que chaque comparaison de l'idolâtrie est lue à la koula, car cette impureté est rabbinique.

Nouvelle mishna : le bateau ne reçoit pas l'impureté, soit parce qu'il est comme la mer, soit parce qu'on ne le porte pas plein, à la manière du sac. Le daf se termine sur l'éloge de l'assiduité au beit hamidrach.

Idolâtrie (Rabbanan) : trois comparaisons, lues à la koulaKoula retenueHoumra rejetéeCheretzpas d'impuretépar massa (port)impur dès la tailled'une lentilleau lieu deNidamembre détaché :pas d'impuretéimpureté pareven mesamaau lieu deMet (mort)pas d'impureté à lataille d'une lentilleimpureté parohel (tente)au lieu deRaison : impureté de l'idolâtrie = rabbinique -> on compare pour alléger, jamais pour aggraver
Les trois comparaisons de l'idolâtrie (cheretz, nida, met) : chacune est lue dans le sens de l'allègement, car cette impureté est rabbinique.
Pourquoi le bateau ne reçoit pas l'impureté ? Deux sourcesBateau : tahor (pur)Mishna : ania be-lev yamle bateau a le statut de la merHanania : appris du sac (sak)impur seulement si porté plein et videNafka mina (conséquence pratique)Bateau en terre cuitepur (il est en pleine mer)impur (la terre cuite n'est pas comparée au sac)Bateau du Jourdain (petit, chargé à terre)pur (sur l'eau, comme en mer)impur (porté plein et vide)
La mishna tire la pureté du bateau du verset de la mer ; Hanania la tire du sac. Deux cas les distinguent : bateau en terre cuite et bateau du Jourdain.
1
כרעו הן טהורין. כמאן אזלא הא דתניא כל הטמאות המסיטות טהורות, חוץ מהיסטו של זב שלא מצינו לו חבר בכל התורה כולה — לימא דלא כרבי עקיבא, דאי כרבי עקיבא — איכא נמי עבודה זרה! אפילו תימא רבי עקיבא, תנא זב וכל דדמי ליה.

[... si les aliments et boissons] font pencher [la balance], ils sont purs. Selon qui va ce qui a été enseigné : toutes les impuretés qui déplacent [un objet] le laissent pur, sauf le déplacement (hesset) du zav, qui n'a pas d'équivalent dans toute la Torah ?

Disons que ce n'est pas selon Rabbi Akiva, car si c'était selon Rabbi Akiva, il y aurait aussi l'idolâtrie ! - Tu peux même dire [que c'est] Rabbi Akiva : enseigne "le zav et tout ce qui lui ressemble".

📜 Rachi (5)
כרעו הן ונשאו הן את הזב:
Ils font pencher - et ce sont eux qui soulèvent le zav.
טהורין דתנן כל שהזב נישא עליו טהור חוץ מן הראוי למשכב ומושב האדם אבל כל שאר כלים ואוכלים אין מיטמאין מחמת משכב ומושב כדתניא (לעיל שבת דף נט.) מי שמיוחד לישיבה יצא זה שאומרים עמוד ונעשה מלאכתנו ולמהוי אפילו ראשון לטומאה מחמת משא הזב נמי לא דכי כתיב משא הזב באדם כתיב והנושא אותם וגו' והא דאמר לעיל נכרי ונכרית וע"ז שהסיטום אחרים טמאים באדם קאמרינן:
Ils sont purs - car nous avons appris : tout ce sur quoi le zav est porté est pur, sauf ce qui est apte à servir de couche et de siège à l'homme. Mais tous les autres ustensiles et aliments ne deviennent pas impurs au titre de couche et de siège, comme il a été enseigné (plus haut, Chabbat 59a) : ce qui est réservé à l'assise, à l'exclusion de ce dont on dit : lève-toi, que nous fassions notre travail. Et ils ne deviennent même pas rishon le-toumah (premier degré d'impureté) par le massa (port) du zav, car lorsqu'il est écrit le massa du zav, c'est à propos d'un homme qu'il est écrit : et celui qui les porte, etc. Et ce qu'on a dit plus haut, que le non-Juif, la non-Juive et l'idolâtrie que d'autres ont déplacés sont impurs, nous le disons à propos d'un homme.
כל הטמאו' המסיטות אחרים כגון בכף מאזנים או אדם טמא מת שהסיט את חברו טהורין:
Toutes les impuretés qui déplacent - d'autres [objets], par exemple sur un plateau de balance, ou un homme impur par le mort qui a déplacé son prochain : ils sont purs.
שלא מצינו לו בשאר טומאות שבתורה אלא בזב:
Qui n'a pas d'équivalent - parmi les autres impuretés de la Torah, sauf le zav.
וכל דדמי ליה דאתי מריבויא דזב וע"ז מנדה גמרי דהיינו זב:
Et tout ce qui lui ressemble - ce qui vient de l'inclusion [tirée du verset] du zav ; et l'idolâtrie, on l'apprend de la nida, qui équivaut au zav.
💡 Explication

Fin de l'exemple de la balance (83a) : si ce sont les aliments qui soulèvent le zav, ils restent purs, car le zav n'est pas porté au sens de la loi des couches et sièges. Rachi précise que l'impureté par massa du zav ne vise qu'un homme.

Une baraita dit que seul le hesset du zav rend impur. Or selon R. Akiva l'idole aussi rend impur par hesset (elle est comparée à la nida). Réponse : lire "le zav et tout ce qui lui ressemble" ; la nida et, par elle, l'idolâtrie entrent dans cette catégorie.

2
בעי רב חמא בר גוריא: עבודה זרה ישנה לאברים, או אינה לאברים? היכא דהדיוט יכול להחזירה — לא תיבעי לך, דכמאן דמחברא דמי. כי תיבעי לך היכא דאין הדיוט יכול להחזירה, מאי? כיון דאין הדיוט יכול להחזירה — כמאן דמתברא דמי, או דילמא הא לא מחסרה. ואיכא דבעי לה להך גיסא: היכא דאין הדיוט יכול להחזירה — לא תיבעי לך, דכמאן דמתברא דמי, כי תבעי לך היכא דהדיוט יכול להחזירה, מאי? כיון דהדיוט יכול להחזירה — כמאן דמחברא דמי, או דילמא השתא מיהת הא משלפא ושדיא, תיקו.

Rav 'Hama bar Gouria demanda : l'idolâtrie [transmet-elle l'impureté] par ses membres, ou pas par ses membres ? Lorsqu'un simple particulier (hedyot) peut la remonter, ne pose pas la question : elle est considérée comme assemblée.

La question se pose lorsqu'un simple particulier ne peut pas la remonter : qu'en est-il ? Puisqu'un simple particulier ne peut pas la remonter, est-elle considérée comme brisée, ou peut-être ne lui manque-t-il rien ?

Certains posent la question dans l'autre sens : lorsqu'un simple particulier ne peut pas la remonter, ne pose pas la question, elle est considérée comme brisée. La question se pose lorsqu'un simple particulier peut la remonter : qu'en est-il ?

Puisqu'un simple particulier peut la remonter, est-elle considérée comme assemblée, ou peut-être, pour l'instant, elle est démontée et jetée ? Teyqou (la question reste ouverte).

📜 Rachi (2)
ישנה לאברים כגון של חוליות ישנה לטומאתה אבר אבר או לא:
Par ses membres - par exemple [une idole faite] de pièces articulées (hollyot) : conserve-t-elle son impureté membre par membre, ou non ?
דהדיוט יכול להחזירה שאין צריך אומן לכך:
Qu'un simple particulier peut la remonter - sans avoir besoin d'un artisan.
🗂️ Tossefot (2)
ע"ז ישנה לאיברים כו' בשל חוליות מבעיא ליה אבל ע"ז שנשתברה פשיטא ליה דלא מטמאה ולא משום היקישא דנדה פשיטא ליה בנשתברה דדמיא לגמרי לנדה שאין אדם יכול להחזירה דא"כ אמאי קאמר לעיל דמבעיא ליה אליבא דר' עקיבא אליבא דרבנן נמי מצי למיבעי דהא דנפקא להו דע"ז אינה לאיברים מנדה הני מילי כשנשתברה לגמרי אלא ודאי בלא נדה פשיטא ליה דנשתברה טהורה:
L'idolâtrie transmet-elle par ses membres, etc. - il pose la question pour une idole de pièces articulées. Mais pour une idole qui s'est brisée, il est évident pour lui qu'elle ne rend pas impur, et cela ne lui est pas évident en raison de la comparaison avec la nida, pour une idole brisée qui ressemble tout à fait à la nida, qu'un homme ne peut pas remonter. Car s'il en était ainsi, pourquoi a-t-on dit plus haut qu'il pose la question selon Rabbi Akiva ? Il pouvait aussi la poser selon les Rabbanan, puisque ce qu'ils déduisent de la nida, que l'idolâtrie ne transmet pas par ses membres, concerne le cas où elle s'est entièrement brisée. Il est donc certain que, même sans la nida, il lui est évident qu'une idole brisée est pure.
כי תבעי לך היכא דאין הדיוט כו' לענין טומאה מבעיא ליה כדפי' הקונט' ולעיל נמי מייתי אפלוגתא דרבי עקיבא ורבנן אבל לענין איסורא דאורייתא לא שייך למילף מנדה ואע"ג דאסור בהנאה בטומאה דרבנן מיבעיא ליה אי פרחה אי לאו משמע דבהדיוט יכול להחזירה פשיטא דאסירה אפילו ללישנא בתרא מדבעי לענין טומאה בהדיוט יכול להחזירה דאי איסור הנאה דאורייתא שרי כ"ש דלא מטמא וקשה לר"י דבפרק ג' דמסכת ע"ז (ד' כט:) פליגי רב ושמואל בע"ז שנשתברה מאליה דרב אמר צריכה לבטל כל קיסם וקיסם ושמואל אמר אין ע"ז צריכה לבטל אלא דרך גדילתה ובעי לאוקמא פלוגתייהו בשברי שברים ומסיק דבע"ז של חוליות עסקינן והדיוט יכול להחזירה קא מיפלגי דרב סבר כיון דהדיוט יכול להחזירה כו' לא בטלה משמע דבאין הדיוט יכול להחזירה אפי' רב מודה דשריא ונראה לר"י דהתם פליגי בחוליות קטנים דכשמתפרקין הוו כעין שברי שברים דקאמר התם מעיקרא אבל הכא מיירי בחוליות גדולות דאפי' שמואל מודה דאסירי בהנאה אפי' אין הדיוט יכול להחזירה:
La question se pose lorsqu'un simple particulier ne peut pas, etc. - il pose la question au sujet de l'impureté, comme l'a expliqué le Commentaire [de Rachi] ; plus haut aussi, on l'a rattachée à la divergence entre Rabbi Akiva et les Rabbanan. Mais pour l'interdit de la Torah, il n'y a pas lieu d'apprendre de la nida. Et bien qu'elle soit interdite de profit, il demande, pour l'impureté rabbinique, si [l'impureté] s'en est allée ou non. Il en ressort que, lorsqu'un simple particulier peut la remonter, il est évident qu'elle est interdite, même selon la seconde version, puisqu'il pose la question sur l'impureté dans le cas où un simple particulier peut la remonter : si l'interdit de profit de la Torah était levé, à plus forte raison ne rendrait-elle pas impur. Le Ri trouve une difficulté : au 3e chapitre d'Avoda Zara (29b), Rav et Chmouel divergent sur une idole qui s'est brisée d'elle-même. Rav dit qu'il faut annuler chaque éclat, et Chmouel dit qu'on n'annule l'idole que selon sa forme d'origine. On a voulu situer leur divergence dans les débris de débris, et on conclut qu'il s'agit d'une idole de pièces articulées qu'un simple particulier peut remonter : Rav estime que, puisqu'un simple particulier peut la remonter, etc., elle n'est pas annulée. Il en ressort que si un simple particulier ne peut pas la remonter, même Rav admet qu'elle est permise. Le Ri estime que là-bas ils divergent sur de petites pièces, qui une fois séparées sont comme les débris de débris évoqués là-bas au début ; ici il s'agit de grandes pièces, dont même Chmouel admet qu'elles sont interdites de profit, même si un simple particulier ne peut pas la remonter.
💡 Explication

Une idole faite de pièces articulées (hollyot) a été démontée. Chaque pièce transmet-elle l'impureté ? Le critère est le hedyot : un simple particulier peut-il la remonter sans artisan ?

Deux versions de la question s'opposent sur le cas évident et le cas douteux. La question reste teyqou. Tossefot précise que la question porte sur l'impureté, qui est rabbinique ; l'interdit de profit, lui, est de la Torah et reste en vigueur pour de grandes pièces.

🖼️ Schéma
Idole en pièces (hollyot) : transmet-elle l'impureté ?Un simple particulier peut la remonterIl faut un artisan1re versionévident : comme attachée(elle transmet)question : brisée ?ou rien ne manque ?2e versionquestion : attachée ?ou démontée à présent ?évident : comme brisée(elle ne transmet pas)Conclusion : teyqou (question ouverte)
Les deux versions de la question de Rav 'Hama bar Gouria : ce qui est évident dans l'une est douteux dans l'autre.
3
בעי רב אחדבוי בר אמי: עבודה זרה פחותה מכזית, מהו? מתקיף לה רב יוסף: למאי? אילימא לענין איסורא, לא יהא אלא זבוב בעל עקרון. דתניא: ״וישימו להם בעל ברית לא-להים״, זה זבוב בעל עקרון. מלמד שכל אחד ואחד עשה דמות יראתו ומניחה בתוך כיסו, כיון שזוכרה מוציאה מתוך כיסו ומחבקה ומנשקה. אלא לענין טומאה מאי? כיון דאיתקש לשרץ: מה שרץ בכעדשה, אף עבודה זרה נמי בכעדשה. או דילמא, הא איתקש למת: מה מת בכזית, אף עבודה זרה בכזית.

Rav Ahadvoi bar Ami demanda : une idole plus petite qu'un kazayit (volume d'une olive), qu'en est-il ? Rav Yossef objecta : à quel sujet ?

Si c'est pour l'interdit, elle n'est pas moins que Zevouv (la mouche), le Baal d'Ekron, comme il a été enseigné : "Ils se firent de Baal-Berit une divinité" (Juges 8,33) : c'est Zevouv, le Baal d'Ekron. Cela enseigne que chacun se fit une image de ce qu'il vénérait et la plaça dans sa poche ; quand il s'en souvenait, il la sortait de sa poche, l'étreignait et l'embrassait. - Mais pour l'impureté, qu'en est-il ?

Puisqu'elle a été comparée au cheretz : de même que le cheretz [rend impur] à la taille d'une lentille, l'idolâtrie aussi à la taille d'une lentille ? Ou peut-être, elle a été comparée au mort : de même que le mort [rend impur] à partir d'un kazayit, l'idolâtrie aussi à partir d'un kazayit ?

📜 Rachi (4)
פחותה מכזית והיא שלמה:
Plus petite qu'un kazayit - et elle est entière.
לענין איסור ליאסר בהנאה:
Pour l'interdit - pour être interdite de profit.
ומחבקה ומנשקה וזהו לשון ברית אהבה וחבה אלמא אדוקים בה וע"ז היא:
Il l'étreignait et l'embrassait - c'est le sens de berit (alliance) : amour et affection. Il en ressort qu'ils y étaient attachés, et c'est une idolâtrie.
הא איתקש למת כדלקמן אל קבר בני העם:
Elle a été comparée au mort - comme plus bas : sur la tombe des gens du peuple.
🗂️ Tossefot (1)
וישימו להם בעל ברית וגו' האי קרא בשופטים כתיב וקשה לר"י למה לא הביא קרא דמלכים (ב א) זבוב בעל עקרון ולמה ליה לאתויי ברייתא וי"ל דאי מהתם ה"א זבוב גדול היה אלא שהיה לו דמות זבוב לכך מייתי מהכא שהיה קטן כשאר זבובים כדקתני ומניחה בתוך כיסו ודריש לה מדכתיב בעל ברית משמע שכרתו להן ברית להיות כל שעה אצלם ומסברא קאמר זה זבוב בעל עקרון:
Ils se firent Baal-Berit, etc. - ce verset est écrit dans Juges. Le Ri s'étonne : pourquoi ne cite-t-il pas le verset des Rois (II Rois 1) : Baal-Zevouv, dieu d'Ekron, et pourquoi a-t-il besoin d'apporter une baraita ? On peut répondre que de là-bas j'aurais pu penser qu'il s'agissait d'une grande mouche, ayant seulement la forme d'une mouche. C'est pourquoi il cite d'ici qu'elle était petite comme les autres mouches, comme il enseigne : et il la plaçait dans sa poche. Il le dérive de ce qui est écrit Baal-Berit : cela implique qu'ils avaient conclu avec elle une alliance pour qu'elle soit près d'eux à tout moment. Et c'est par raisonnement qu'il dit : c'est Zevouv, le Baal d'Ekron.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תנינן: (שופטים ח, לג) "וישימו להם בעל ברית לא-להים" זה זבוב בעל עקרון. עיין בתוספות מה שכתב בזה, ונראה לי בס"ד על פי מה שכתב רבינו חיד"א ז"ל בפסוק (מלכים א' א, א) והמלך דוד זקן בא בימים, שיש קליפה שנקראת 'זבוב' ליפרע מן הפוגם ביסוד בניאוף וכיוצא עיין שם. וכאן אמר הכתוב (שופטים ח, לג) וישובו בני ישראל ויזנו אחרי הבעלים וישימו להם בעל ברית, למדו רבותינו ז"ל מזה שעבודה זרה שלהם היתה זבוב שהוא כנגד קליפת 'זבוב' השולטת במי שפוגם באות ברית קודש, ולכך נקראת קליפה זו בעל ברית. ולזה אומר מניחה בתוך כיסו ומחבקה ומנשקה , כי הפה מכוון כנגד ברית המעור, וחבוק ונשוק הם עניינים של ניאוף. והר"ן ז"ל כתב דבירושלמי משמע שעשו עבודה זרה כמו צורת ראש המילה, והיינו בעל ברית רצונו לומר עבודה זרה שהיא כצורת מקום שנעשה הברית עיין שם, ולפי מה שכתבתי בס"ד דברי הירושלמי קרובים עם תלמוד דידן.
Nous avons appris : "Ils se firent de Baal-Berit une divinité" (Juges 8,33) : c'est Zevouv, le Baal d'Ekron. Vois dans Tossefot ce qu'ils ont écrit à ce sujet. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'expliquer] d'après ce qu'a écrit notre maître le 'Hida sur le verset (I Rois 1,1) : Le roi David était vieux, avancé en âge : il existe une klipa (écorce, force d'impureté) appelée zevouv (mouche), chargée de punir celui qui porte atteinte au yessod (fondement) par l'adultère et autres fautes semblables ; vois là-bas. Ici, le verset dit (Juges 8,33) : Les enfants d'Israël recommencèrent à se prostituer après les Baalim et se firent Baal-Berit. Nos maîtres en ont appris que leur idole était une mouche, correspondant à la klipa zevouv qui domine celui qui porte atteinte au signe de la sainte alliance (berit) ; c'est pourquoi cette klipa est appelée Baal-Berit. C'est pourquoi il dit : il la plaçait dans sa poche, l'étreignait et l'embrassait, car la bouche correspond à la berit ha-maor (l'organe de l'alliance), et étreinte et baiser relèvent de l'adultère. Le Ran a écrit que, d'après le Yerouchalmi, ils faisaient une idole ayant la forme de l'extrémité de la mila ; Baal-Berit désigne donc une idole ayant la forme de l'endroit où se fait l'alliance ; vois là-bas. D'après ce que j'ai écrit, avec l'aide du Ciel, les paroles du Yerouchalmi sont proches de notre Talmud.
💡 Explication

Pour l'interdit de profit, la taille ne compte pas : les adorateurs de Zevouv portaient dans leur poche une idole grande comme une mouche. La question porte donc sur l'impureté.

Deux comparaisons sont possibles : au cheretz, impur à la taille d'une lentille (ka-adacha), ou au met, impur à partir d'un kazayit (olive). Rachi précise qu'il s'agit d'une idole entière, simplement petite.

🖼️ Schéma
Idole plus petite qu'un kazayit (olive)Question deRav Ahadvoi bar AmiInterdit de profitoui, même minusculepreuve : Zevouv, Baal d'Ekronidole dans la pocheImpureté ?cheretz (lentille) ou met (olive)Baraita : comme le metmoins d'un kazayit = purVerset : il jeta sa poussière sur la tombe des gens du peuple (Rois II 23,6)
Idole minuscule : interdite de profit dans tous les cas ; pour l'impureté, la baraita suit la mesure du mort.
4
אמר רב אויא ואיתימא רבה בר עולא, תא שמע דתניא: עבודה זרה פחותה מכזית אין בה טומאה כל עיקר, שנאמר: ״וישלך את עפרה אל קבר בני העם״ — מה מת בכזית, אף עבודה זרה בכזית.

Rav Avya dit, et certains disent que c'est Rabba bar Oula : viens et entends, car il a été enseigné : une idole plus petite qu'un kazayit n'a aucune impureté, car il est dit : "Il jeta sa poussière sur la tombe des gens du peuple" (II Rois 23,6) : de même que le mort [rend impur] à partir d'un kazayit, l'idolâtrie aussi à partir d'un kazayit.

🗂️ Tossefot (1)
מה מת בכזית אף ע"ז בכזית תימה [לר"י] לרבי עקיבא אי ישנה לאברים נוקי האי היקישא לקולא דבעי כזית אאברים אבל ע"ז שלימה אפילו אין בה כזית דומיא דמת כשהוא שלם דמטמא אפילו אין בו כזית. כדאמר בנזיר בפרק כ"ג (דף נ.) ויש לומר דבמת אפי' אבר שלם שאין בו כזית טמא כדאמרינן נמי התם א"כ כך לי אבר אחד כמו כולה ואם תאמר אכתי מצי לאוקמא היקישא בחוליא אחת שכנגדה במת לא חשיב אבר וי"ל דההיא אפילו כזית לא מטמא דכשברי שברים חשיבא:
De même que le mort à partir d'un kazayit, l'idolâtrie aussi à partir d'un kazayit - le Ri s'étonne : selon Rabbi Akiva, si elle transmet par ses membres, qu'on applique cette comparaison à la koula (dans le sens de l'allégement), en exigeant un kazayit pour les membres ; mais une idole entière, même sans un kazayit, [rendrait impur,] à l'image du mort entier qui rend impur même sans un kazayit, comme on le dit dans Nazir, chapitre Kohen gadol (50a). On peut répondre que, pour le mort, même un membre entier sans kazayit est impur, comme on le dit aussi là-bas ; si c'est ainsi, un seul membre équivaut à l'ensemble. Et si tu demandes : on pourrait encore appliquer la comparaison à une seule pièce articulée, qui chez le mort ne compte pas comme un membre ? On peut répondre que celle-ci ne rend pas impure même avec un kazayit, car elle est considérée comme des débris de débris.
💡 Explication

La baraita tranche : une idole de moins d'un kazayit ne rend pas impur. Le verset décrit le roi Yochiyahou réduisant l'achera en poussière et la jetant sur les tombes : l'idolâtrie est ainsi rapprochée du mort, et elle en prend la mesure.

Tossefot se demande pourquoi une idole entière ne suivrait pas le mort entier, impur même sans kazayit. Réponse : chez le mort, même un membre isolé est impur sans kazayit ; il n'y a donc pas lieu de distinguer ici l'entier du membre.

5
ורבנן, למאי הלכתא איתקש לשרץ — דלא מטמא במשא, לנדה — דאינה לאברין, למת — דלא מטמא בכעדשה. אימא לחומרא: למאי הלכתא אקשה רחמנא לשרץ — לטמויי בכעדשה, לנדה — לטמויי באבן מסמא, אקשה רחמנא למת — לטמויי באהל! טומאת עבודה זרה דרבנן היא, וקולא וחומרא — לקולא מקשינן, לחומרא לא מקשינן.

Et selon les Rabbanan, pour quelle halakha [l'idolâtrie] a-t-elle été comparée au cheretz ? Pour qu'elle ne rende pas impur par le massa (port).

À la nida ? Pour qu'elle ne [transmette] pas par ses membres.

Au mort ? Pour qu'elle ne rende pas impur à la taille d'une lentille. - Dis plutôt à la houmra (dans le sens de l'aggravation) : pour quelle halakha le Miséricordieux l'a-t-il comparée au cheretz ?

Pour rendre impur à la taille d'une lentille. À la nida ?

Pour rendre impur par l'even mesama (pierre très lourde). Le Miséricordieux l'a comparée au mort ?

Pour rendre impur par l'ohel (tente) ! - L'impureté de l'idolâtrie est rabbinique ; et [entre] koula et houmra, on compare pour la koula, on ne compare pas pour la houmra.

📜 Rachi (3)
ורבנן למאי הלכתא כו' אתקפתא היא לרבנן דאמרי אינה מטמאה במשא למאי הלכתא אמרו אליבייהו דאיתקש לנדה דאינה לאברים ולשרץ דלא מטמינן במשא למת דאינה מטמאה בכעדשה כולהו לקולא:
Et selon les Rabbanan, pour quelle halakha, etc. - c'est une objection aux Rabbanan, qui disent qu'elle ne rend pas impur par le massa : à quelle fin a-t-on dit selon eux qu'elle est comparée à la nida ? Pour qu'elle ne [transmette] pas par ses membres. Au cheretz ? Pour qu'on ne rende pas impur par le massa. Au mort ? Pour qu'elle ne rende pas impur à la taille d'une lentille. Toutes pour la koula.
אימא כולהו לחומרא:
Dis plutôt - toutes pour la houmra.
דרבנן דכל הנך היקשות דברי קבלה נינהו ואסמכתא בעלמא ושקץ תשקצנו לאו לשון שרץ ממש הוא אלא עיקר קרא לכנות לה שם לגנאי אתא:
Rabbinique - car toutes ces comparaisons sont des paroles de la tradition (divrei kabbala, versets des Prophètes) et un simple appui (asmakhta). Et [le verset] tu l'auras en abomination (chakets techaktsenou) ne désigne pas vraiment le cheretz : le verset vient avant tout pour lui donner un nom de mépris.
💡 Explication

Question de principe : chaque comparaison pourrait être lue dans les deux sens. Comparée au cheretz, l'idole serait impure dès la lentille ; à la nida, par l'even mesama ; au met, par l'ohel. Pourquoi retenir seulement les allégements ?

Réponse : l'impureté de l'idolâtrie est de-rabbanan. Les versets cités sont des Prophètes (Isaie, Rois) et ne servent que d'asmakhta. Pour une loi rabbinique, on ne tire de la comparaison que la koula.

6
מתני׳ מנין לספינה שהיא טהורה — שנאמר: ״דרך אניה בלב ים״.

MISHNA. D'où [sait-on] que le bateau est pur ?

Car il est dit : "le chemin d'un bateau au cœur de la mer" (Proverbes 30,19).

📜 Rachi (2)
מתני' שהיא טהורה שאינה מקבלת טומאה:
Mishna. Qu'il est pur - qu'il ne reçoit pas l'impureté.
בלב ים הרי היא כים:
Au cœur de la mer - il est comme la mer.
⚖️ Rosh (1)
אמר רבי עקיבא מנין לע"ז שהיא מטמאה במשא כנדה. שנאמר תזרם כמו דוה צא תאמר לו מה נדה מטמאה במשא אף ע"ז מטמאה במשא. מנין לספינה שהיא טהורה שנאמר דרך אניה בלב ים. מנין לערוגה שהיא ששה על ששה טפחים שזורעים בתוכה חמשה זרעונים ארבע על ארבע רוחותיה ואחת באמצע שנאמר כי כארץ תוציא צמחה וכגנה זרועיה תצמיח זרעה לא נאמר אלא זרועיה. מנין לפולטת שכבת זרע ביום השלישי שהיא טהורה שנאמר היו נכונים לשלשת ימים. מנין שמרחיצין את הקטן ביום השלישי שחל להיות בשבת שנאמר ויהי ביום השלישי בהיותם כואבים. מנין שקושרין לשון של זהורית בראש שעיר המשתלח שנאמר אם יהיו חטאיכם כשנים כשלג ילבינו. מנין לסיכה שהיא כשתיה ביום הכפורים אע"פ שאין ראיה לדבר זכר לדבר שנאמר ותבא כמים בקרבו וכשמן בעצמותיו:
Rabbi Akiva dit : d'où [sait-on] que l'idolâtrie rend impur par le massa (port) comme la nida ? Car il est dit : "Tu les disperseras comme une femme indisposée, tu lui diras : sors" (Isaie 30,22) ; de même que la nida rend impur par le massa, l'idolâtrie aussi rend impur par le massa. D'où [sait-on] que le bateau est pur ? Car il est dit : "le chemin d'un bateau au cœur de la mer". D'où [sait-on] qu'un carré de jardin de six tefahim sur six permet d'y semer cinq espèces, quatre sur ses quatre côtés et une au milieu ? Car il est dit : "Comme la terre fait sortir sa pousse et comme le jardin fait germer ses semences" (Isaie 61,11) : il n'est pas dit sa semence, mais ses semences. D'où [sait-on] que celle qui rejette de la semence le troisième jour est pure ? Car il est dit : "Soyez prêts pour trois jours" (Exode 19,15). D'où [sait-on] qu'on lave le nouveau-né [circoncis] le troisième jour qui tombe un Chabbat ? Car il est dit : "Le troisième jour, alors qu'ils étaient endoloris" (Genèse 34,25). D'où [sait-on] qu'on attache un fil d'écarlate à la tête du bouc émissaire ? Car il est dit : "Si vos fautes sont comme l'écarlate, elles deviendront blanches comme la neige" (Isaie 1,18). D'où [sait-on] que l'onction équivaut à la boisson le jour de Kippour ? Bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une allusion à la chose, car il est dit : "Elle est entrée comme l'eau en son sein, et comme l'huile dans ses os" (Psaumes 109,18).
💡 Explication

Nouvelle mishna de la série des lois tirées d'allusions bibliques. Le bateau ne reçoit pas l'impureté (tahor). Le verset des Proverbes le situe au cœur de la mer : il prend le statut de la mer, qui ne devient jamais impure.

Le Roch recopie toute la série de mishnayot (82a-86a) : idolâtrie, bateau, carré de jardin, semence le troisième jour, bain du nouveau-né circoncis, fil d'écarlate, onction à Kippour.

7
גמ׳ פשיטא, אניה בלב ים היא! הא קא משמע לן כים: מה ים טהור — אף ספינה טהורה. תניא, חנניה אומר: נלמדנה משק, מה שק מיטלטל מלא וריקן — אף כל מיטלטל מלא וריקן. לאפוקי ספינה, דאינה מיטלטלת מלאה.

GUEMARA. C'est évident, un bateau est au cœur de la mer ! - Cela nous apprend : comme la mer ; de même que la mer est pure, le bateau aussi est pur.

Il a été enseigné : 'Hanania dit : apprenons-le du sac (sak) ; de même que le sac est déplacé plein et vide, ainsi tout ce qui est déplacé plein et vide [reçoit l'impureté]. Cela exclut le bateau, qui n'est pas déplacé plein.

📜 Rachi (3)
גמ' פשיטא אניה בלב ים היא לאו פירכא היא אלא פירוש למתני':
Guemara. C'est évident, un bateau est au cœur de la mer - cette phrase ne constitue pas une objection, elle explique la mishna.
נלמדנה משק שהרי כלי עץ היא והוקשה לשק לענין טומאה:
Apprenons-le du sac - car [le bateau] est un ustensile de bois, et [les ustensiles de bois] ont été comparés au sac pour l'impureté.
אף כו' וזו אינה מיטלטל' מלאה דגדולה היא:
Aussi, etc. - et celui-ci n'est pas déplacé plein, car il est grand.
🗂️ Tossefot (2)
נלמדנה משק דספינה אינה מיוחדת למדרס אף על פי שכל שעה יושבין בה בני אדם מכל מקום עיקרן עשויות לפרגמטיא ואומר בה עמוד ונעשה מלאכתנו דאי ספינה מיוחדת למדרס לא הוה ילפינן משק כדאמרינן בריש אלו מומין (בכורות לח.) דמדרסות לא איתקוש לשק:
Apprenons-le du sac - [cela suppose] que le bateau n'est pas destiné au midras (impureté d'appui). Bien que des gens y soient assis à tout moment, les bateaux sont avant tout faits pour le commerce, et on y dit : lève-toi, que nous fassions notre travail. Car si le bateau était destiné au midras, on ne l'apprendrait pas du sac, comme on le dit au début du chapitre Elou moumin (Bekhorot 38a) : les objets de midras n'ont pas été comparés au sac.
לאפוקי ספינה שאינה מיטלטלת מליאה ומה שמיטלטלת בים לא חשיב ליה טלטול כיון דעיקר הילוכה מחמת המים:
Cela exclut le bateau, qui n'est pas déplacé plein - et le fait qu'il se déplace sur la mer ne compte pas comme un déplacement, puisque son mouvement vient avant tout de l'eau.
💡 Explication

La Guemara demande ce que le verset ajoute. Il enseigne l'analogie : le bateau comme la mer, donc pur.

'Hanania propose une autre source. Les ustensiles de bois sont comparés au sac (Lévitique 11,32). Or le sac se porte plein et vide : seul un objet de bois qui se déplace ainsi reçoit l'impureté. Un grand bateau ne se porte pas plein, il est donc pur. Tossefot : son mouvement sur l'eau ne compte pas, car c'est l'eau qui le porte.

8
מאי בינייהו? איכא בינייהו ספינה של חרס. מאן דאמר ״אניה בלב ים״, הא נמי בלב ים היא. למאן דאמר כשק — הנך הוא דכתיבי גבי שק, דאי מיטלטל מלא וריקן אין, אי לא — לא. אבל ספינה של חרס, אף על גב דאינה מיטלטלת מלאה.

Quelle différence entre eux ? Il y a entre eux un bateau en terre cuite.

Selon celui qui dit "un bateau au cœur de la mer", celui-ci aussi est au cœur de la mer. Selon celui qui dit "comme le sac" : [la règle ne vaut que pour] ceux qui sont écrits avec le sac ; s'il est déplacé plein et vide, oui [il reçoit l'impureté], sinon, non.

Mais un bateau en terre cuite [reçoit l'impureté], même s'il n'est pas déplacé plein.

📜 Rachi (1)
ספינה של חרס דלא איתקש לשק:
Un bateau en terre cuite - qui n'a pas été comparé au sac.
💡 Explication

La nafka mina : le verset du sac (Lévitique 11,32) énumère bois, vêtement, peau et sac. La terre cuite (hères) a sa propre loi (Lévitique 11,33) et n'est pas soumise au critère du sac. Selon 'Hanania, un bateau en terre cuite reçoit donc l'impureté ; selon la mishna, il est pur car il est en mer.

9
אי נמי ספינת הירדן. למאן דאמר אניה בלב ים היא — הא נמי אניה בלב ים היא. למאן דאמר מיטלטלת מלא וריקן — הא נמי מיטלטלת מלאה וריקנית. דאמר רבי חנינא בן עקביא: מפני מה אמרו ספינת הירדן טמאה — מפני שטוענים אותה ביבשה, ומורידין אותה למים. אמר רב יהודה אמר רב: לעולם אל ימנע אדם את עצמו מבית המדרש ואפילו שעה אחת, שהרי כמה שנים נשנית משנה זו בבית המדרש ולא נתגלה טעמה עד שבא רבי חנינא בן עקביא ופירשה.

Ou encore : le bateau du Jourdain. Selon celui qui dit "un bateau au cœur de la mer", celui-ci aussi est un bateau au cœur de la mer.

Selon celui qui dit "déplacé plein et vide", celui-ci aussi est déplacé plein et vide. Car Rabbi 'Hanina ben Akavia a dit : pourquoi a-t-on dit que le bateau du Jourdain est impur ?

Parce qu'on le charge sur la terre ferme et qu'on le descend ensuite à l'eau. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach, même une seule heure ; car cette mishna a été enseignée pendant plusieurs années au beit hamidrach sans que sa raison soit révélée, jusqu'à ce que vienne Rabbi 'Hanina ben Akavia et l'explique.

📜 Rachi (3)
אי נמי ספינת הירדן איכא בינייהו שהיא קטנה ומיטלטלת מלאה וריקנית לפי שהנהר קטן:
Ou encore le bateau du Jourdain - il y a [une différence] entre eux, car il est petit et on le déplace plein et vide, parce que le fleuve est petit.
הא נמי בלב ים דים לאו דוקא וכל הנהרות נמי טהורין הן:
Celui-ci aussi est au cœur de la mer - car mer n'est pas à prendre à la lettre : tous les fleuves aussi sont purs.
נשנית משנה זו של מסכת כלים דתני בה ספינת הירדן טמאה ולא נתגלה הטעם למה:
Cette mishna a été enseignée - celle du traité Kelim, qui enseigne que le bateau du Jourdain est impur, sans que soit révélée la raison.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לעולם אל ימנע אדם את עצמו מבית המדרש ומדברי תורה ואפלו בשעת מיתה. קשה בשעת מיתה מי יביאהו לבית המדרש ואיך יצוייר דבר זה? ומהרש"א ז"ל כתב דלא קאי זה אלא על דברי תורה, והוא דוחק עצום בלשון המאמר דקאי אתרווייהו, ועוד גם אי קאי על דברי תורה גם כן קשא דרחוק מציאות זה, כי מי זה יזכה להיות שפוי בדעתו בשעת פטירתו לדבר בדברי תורה כרבי שמעון בר יוחאי וכרבי אליעזר בן הרקנוס וכיוצא, ואיך אמר לעולם וכו'? ונראה לי 'מיתה' דנקיט הכא לאו ממש אלא 'יסורין' דנחשבים כמיתה, כצרעת, או סמיות עינים, או עניות, דשלשה אלו חשובין כמת, וקאמר אפלו אם יהיו לו אחת מאלה שהם נחשבים מיתה אל ימנע אדם את עצמו מן בית המדרש ומדברי תורה:
Que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach et des paroles de Torah, même à l'heure de la mort. Difficulté : à l'heure de la mort, qui l'amènerait au beit hamidrach, et comment se représenter cela ? Le Maharcha a écrit que cela ne se rapporte qu'aux paroles de Torah ; mais c'est une lecture très forcée de l'énoncé, qui se rapporte aux deux. De plus, même rapporté aux paroles de Torah, la difficulté demeure, car c'est un cas éloigné de la réalité : qui méritera d'avoir l'esprit clair à l'heure de son décès pour parler de Torah, comme Rabbi Chimon bar Yohai, Rabbi Eliezer ben Hyrcanos et leurs semblables ? Comment alors dire : jamais, etc. ? Il me semble que la mort mentionnée ici n'est pas une mort réelle, mais des souffrances considérées comme une mort : la tsaraat, la cécité ou la pauvreté, car ces trois-là sont comptées comme un mort. Il dit donc : même s'il est atteint de l'une de ces choses considérées comme une mort, que l'homme ne s'écarte pas du beit hamidrach et des paroles de Torah.
💡 Explication

Seconde nafka mina : le petit bateau du Jourdain. Pour la mishna, tout fleuve a le statut de la mer : il est pur. Pour 'Hanania, il est chargé à terre puis mis à l'eau ; il est donc porté plein et vide, comme le sac, et reçoit l'impureté. C'est la raison de la mishna de Kelim qui le déclare impur.

Rav en tire une leçon : une explication peut attendre des années ; il faut être présent au beit hamidrach le jour où elle est donnée.

10
אמר רבי יונתן: לעולם אל ימנע אדם את עצמו מבית המדרש ומדברי תורה ואפילו בשעת מיתה, שנאמר: ״זאת התורה אדם כי ימות באהל״ — אפילו בשעת מיתה תהא עוסק בתורה. אמר ריש לקיש: אין דברי תורה מתקיימין אלא במי שממית עצמו עליה, שנאמר: ״זאת התורה אדם כי ימות באהל״. אמר רבא

Rabbi Yonatan a dit : que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach et des paroles de Torah, même à l'heure de la mort, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente" (Nombres 19,14) : même à l'heure de la mort, sois occupé à la Torah. Rech Lakich a dit : les paroles de Torah ne se maintiennent que chez celui qui se fait mourir pour elle, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente".

Rava a dit :

🪔 Ben Yehoyada (2)
לעולם אל ימנע אדם את עצמו מבית המדרש ומדברי תורה ואפלו בשעת מיתה. קשה בשעת מיתה מי יביאהו לבית המדרש ואיך יצוייר דבר זה? ומהרש"א ז"ל כתב דלא קאי זה אלא על דברי תורה, והוא דוחק עצום בלשון המאמר דקאי אתרווייהו, ועוד גם אי קאי על דברי תורה גם כן קשא דרחוק מציאות זה, כי מי זה יזכה להיות שפוי בדעתו בשעת פטירתו לדבר בדברי תורה כרבי שמעון בר יוחאי וכרבי אליעזר בן הרקנוס וכיוצא, ואיך אמר לעולם וכו'? ונראה לי 'מיתה' דנקיט הכא לאו ממש אלא 'יסורין' דנחשבים כמיתה, כצרעת, או סמיות עינים, או עניות, דשלשה אלו חשובין כמת, וקאמר אפלו אם יהיו לו אחת מאלה שהם נחשבים מיתה אל ימנע אדם את עצמו מן בית המדרש ומדברי תורה:
Que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach et des paroles de Torah, même à l'heure de la mort. Difficulté : à l'heure de la mort, qui l'amènerait au beit hamidrach, et comment se représenter cela ? Le Maharcha a écrit que cela ne se rapporte qu'aux paroles de Torah ; mais c'est une lecture très forcée de l'énoncé, qui se rapporte aux deux. De plus, même rapporté aux paroles de Torah, la difficulté demeure, car c'est un cas éloigné de la réalité : qui méritera d'avoir l'esprit clair à l'heure de son décès pour parler de Torah, comme Rabbi Chimon bar Yohai, Rabbi Eliezer ben Hyrcanos et leurs semblables ? Comment alors dire : jamais, etc. ? Il me semble que la mort mentionnée ici n'est pas une mort réelle, mais des souffrances considérées comme une mort : la tsaraat, la cécité ou la pauvreté, car ces trois-là sont comptées comme un mort. Il dit donc : même s'il est atteint de l'une de ces choses considérées comme une mort, que l'homme ne s'écarte pas du beit hamidrach et des paroles de Torah.
אין דברי תורה מתקימין, אלא, במי שממית עצמו עליה. נראה לי בס"ד הכונה על דרך שאמרו (תמיד לב:) 'הרוצה שיחיה ימות' שהוא רצונו לומר יחליש החומר בסיגופים ותעניות, וכן התנא אמר (אבות ו, ד) כך היא דרכה של תורה פת במלח וכו'. ונראה לי בס"ד דקדוק תיבת 'עליה' דהוה ליה לומר ממית עצמו 'בעבורה' והוא כי קודם אותיות 'תורה' יש אותיות 'שקדה' שהוא רצונו לומר שקדנות, ולזה אמר ממית עצמו בשקדה שיהיה שקדן בתורה הרבה ובזה תתקיים בידו, ולכן אמר 'עליה' רצונו לומר במה שרמוז באותיות שהם 'עליה' שהם 'שקדה' העומדים למעלה מאותיות תורה.
Les paroles de Torah ne se maintiennent que chez celui qui se fait mourir pour elle. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'intention suit ce qu'on a dit (Tamid 32a) : celui qui veut vivre, qu'il meure ; c'est-à-dire qu'il affaiblisse la matière (homer) par les mortifications et les jeûnes. De même le Tana dit (Avot 6,4) : telle est la voie de la Torah, du pain avec du sel, etc. Il me semble aussi, avec l'aide du Ciel, qu'il faut préciser le mot aleha (sur elle) : il aurait fallu dire se fait mourir ba-avourah (pour elle). La raison : juste avant les lettres de Torah viennent les lettres de chakda, qui évoquent la chakdanout (assiduité). Il dit donc : qu'il se fasse mourir dans la chakda, qu'il soit très assidu dans la Torah, et ainsi elle se maintiendra en lui. C'est pourquoi il dit aleha, c'est-à-dire ce qui est évoqué par les lettres qui sont au-dessus d'elle (aleha), à savoir chakda, qui se tiennent avant les lettres de Torah.
⚖️ Rosh (1)
גמ' אמר רב יהודה אמר רב לעולם אל ימנע אדם עצמו מבית המדרש ומדברי תורה אפילו בשעת מיתה שנאמר זאת התורה אדם כי ימות אפי' בשעת מיתה תהא עוסק בתורה אמר ר"ל אין ד"ת מתקיימין אלא במי שממית עצמו עליה שנאמר זאת התורה אדם כי ימות:
Guemara. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : que l'homme ne s'écarte jamais du beit hamidrach et des paroles de Torah, même à l'heure de la mort, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt" ; même à l'heure de la mort, sois occupé à la Torah. Rech Lakich a dit : les paroles de Torah ne se maintiennent que chez celui qui se fait mourir pour elle, car il est dit : "Voici la Torah : un homme qui meurt".
💡 Explication

Deux lectures du même verset (Nombres 19,14), qui traite à l'origine de l'impureté du mort sous une tente. Rabbi Yonatan : étudier jusqu'au dernier moment. Rech Lakich : la Torah ne se maintient (mitkayemet) que chez celui qui s'y consacre au point de renoncer à son confort.

Le Ben Yehoyada lit la mort de R. Yonatan comme les états comptés comme une mort (tsaraat, cécité, pauvreté). Chez Rech Lakich, il y voit la chakdanout (assiduité), en jouant sur les lettres qui précèdent celles du mot Torah dans l'alphabet. Le daf s'arrête au début d'une parole de Rava, qui se poursuit en 84a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).