Sougya : Le daf poursuit la discussion sur l'impureté du bateau (mishna de 83b). Selon Hanania, un ustensile de bois reçoit l'impureté s'il se déplace plein et vide, comme le sac ; la Guemara établit que le déplacement par des bœufs compte, à partir de la mishna des trois chariots et de la remarque de R.
Yo'hanan. Elle cite ensuite les trois coffres, puis une baraita sur le midras du kli hères (ustensile de terre cuite), que Rav Zevid et Rav Papa lisent différemment.
Enfin, Hizkiya et l'école de R. Yichmael tirent des versets que seul un objet purifiable au mikve devient midras ; R.
Ila soulève une objection à partir de la natte (mapats).
Et selon Hanania, le déplacement au moyen de bœufs s'appelle-t-il un déplacement ? Oui, car nous avons appris : il y a trois [sortes de] chariots.
Celui qui est fait comme une cathedra (siège) est impur de midras (impureté par pression du zav). Comme un lit, il est impur de l'impureté du mort.
De pierres, il est pur de toute [impureté]. Et Rabbi Yo'hanan a dit : s'il comporte un réceptacle [retenant des] grenades, il est impur de l'impureté du mort.
Selon Hanania (83b), un ustensile de bois reçoit l'impureté à condition de pouvoir se déplacer plein et vide, comme le sac auquel le verset le compare. Un très grand bateau ne se déplace que tiré par des bœufs : cela compte-t-il ?
La Guemara répond par la mishna de Kelim. Le chariot de pierres est pur parce que ses trous sont trop grands pour en faire un ustensile. R. Yo'hanan précise que s'il retient des grenades, il est impur du mort. Or ce lourd chariot n'est tiré que par des bœufs : le déplacement par des bœufs est donc un déplacement. Tossefot explique pourquoi la preuve vient de R. Yo'hanan et non du chariot fait comme un lit, qu'on peut déplacer à la main.
Il y a trois [sortes de] coffres : un coffre dont l'ouverture est sur le côté est impur de midras ; [ouvert] en haut, il est impur de l'impureté du mort ; et celui qui vient en mesure est pur de toute [impureté].
Deux critères distincts. Le midras suppose un objet destiné à s'asseoir ou se coucher : si l'on doit dire à celui qui y est assis lève-toi, que nous fassions notre travail, l'objet a un autre usage principal et ne devient pas midras. Les autres impuretés (mort, cherets) supposent un ustensile de bois qui se déplace plein et vide.
Le coffre ouvert sur le côté remplit le premier critère. Celui ouvert en haut n'a que le second. Le très grand coffre (ba bamida) n'en remplit aucun. Rachi précise longuement que l'expression impur du mort désigne toute impureté autre que le midras.
Nos Maîtres ont enseigné : le midras d'un ustensile de terre cuite est pur. Rabbi Yossi dit : aussi le bateau.
Que dit-il ? Rav Zevid a dit, voici ce qu'il dit : le midras d'un ustensile de terre cuite est pur, mais son contact est impur ; et un bateau de terre cuite est impur, comme Hanania.
Rabbi Yossi dit : aussi le bateau est pur, comme notre Tana. Rav Papa objecte : que signifie aussi ?
Rav Papa a donc dit, voici ce qu'il dit : le midras d'un ustensile de terre cuite est pur, et son contact est impur ; [pour celui] de bois, tant son midras que son contact sont impurs ; et le bateau du Jourdain est pur, comme notre Tana. Rabbi Yossi dit : aussi le bateau est impur, comme Hanania.
La baraita dit seulement : aussi le bateau, sans préciser pur ou impur. Le kli hères (ustensile de terre cuite) ne devient pas midras, mais reçoit l'impureté si le zav touche son intérieur.
Rav Zevid fait dire à R. Yossi que le bateau est pur. Rav Papa objecte : le mot aussi suppose que R. Yossi ajoute un cas à une liste déjà énoncée. Or le premier Tana n'a déclaré pur aucun ustensile pour le contact. Rav Papa ajoute donc à la baraita le cas du bois, impur de midras et de contact ; R. Yossi dit alors : aussi le bateau est impur, comme les ustensiles de bois. Tossefot rapporte la version de Rabbenou Hananel, retenue par Rabbenou Tam, qui inverse les avis dans la lecture de Rav Zevid.
Et le midras d'un ustensile de terre cuite, d'où savons-nous qu'il est pur ? Hizkiya a dit : car le verset dit : Et l'homme qui touchera sa couche (Vayikra 15,5).
Il compare sa couche à lui : de même que lui peut être purifié dans un mikve, de même sa couche doit pouvoir être purifiée dans un mikve.
Source du principe : le verset met côté à côté l'homme (le zav) et sa couche. C'est un hekesh (comparaison tirée de la juxtaposition) : la couche qui reçoit le midras doit ressembler au zav, qui a une purification. Un kli hères impur n'a pas de purification par immersion ; il n'est purifié qu'en étant brisé. Il ne peut donc devenir midras.
Tossefot note que le zav se purifie en fait dans des eaux vives (source) ; il suffit que l'objet ait une forme de purification.
L'école de Rabbi Yichmael a enseigné : Comme la couche de sa nida, elle sera pour elle (Vayikra 15,26). Il compare sa couche à elle : de même qu'elle peut être purifiée dans un mikve, de même sa couche doit pouvoir être purifiée dans un mikve, à l'exclusion de l'ustensile de terre cuite, qui ne peut être purifié dans un mikve.
Rabbi Ila objecte : une natte, pour [l'impureté du] mort, d'où [le sait-on] ?
Deuxième source, de l'école de R. Yichmael, sur la zava : même hekesh, même conclusion. Le kli hères est exclu parce qu'il ne se purifie qu'en étant brisé.
R. Ila commence une objection avec la natte (mapats) : d'où sait-on qu'elle reçoit l'impureté du mort ? Selon Rachi, les ustensiles de bois plats ne reçoivent pas l'impureté ; la natte reçoit pourtant le midras, et l'on cherche la source de son impureté pour le mort. La suite est au daf suivant. Rabbenou Tam conteste : il s'agit d'une natte de joncs, d'impureté rabbinique hors midras.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).