Shabbat 86a — Poletet au troisième jour : jours ou onot, et la séparation du Sinaï

Shabbat 86a

Sougya : Le daf achève la discussion sur les plates-bandes de kilayim, puis ouvre une nouvelle michna qui tire quatre halakhot d'allusions bibliques : l'impureté de la femme qui rejette de la semence le troisième jour, le lavage de la mila le troisième jour même à Chabbat, le fil écarlate du bouc émissaire, et l'onction assimilée à la boisson à Yom Kippour. La Guemara relève que la michna semble mélanger deux Tannaim, puis cite la baraita où R.

Eleazar ben Azaria, R. Ichmael et R.

Akiva divergent sur le compte (en jours ou en onot). Chaque opinion est rattachée à une date de la séparation avant le don de la Torah ; celle de R.

Akiva repose sur l'enseignement de Rav Ada bar Ahava : Moche montait et descendait à l'aube.

Rejet de semence (polétet) : trois TannaimR. Eleazar ben Azariarejet le 3e jour : tahor (pur)Compte en joursle jour de la relation compte entierSource : Rabbananséparation le 5e jourR. Ichmaelrejet le 3e jour : tamei (impur)Compte en jours (trois)selon l'heure : 4, 5 où 6 onotSource : R. Yossiséparation le 4e jourR. Akivatoujours 5 onot complètesCompte en onotona entamée -> compléter sur la 6eSource : R. Yossi + Rav Adaséparation à l'aube du 4eQuestion de la Guemara : R. Akiva compte en onot alors que le verset parle de jours.Réponse : Moche est descendu à l'aube, donc la séparation couvrait 5 onot complètes.
Les trois opinions de la baraita sur la femme qui rejette de la semence, et la source de chacune dans le récit du Sinaï.
Semaine du Sinaï : séparation, onot complètes et immersionnuitmercredijourmercredinuitjeudijourjeudinuitvendredijourvendredinuitChabbatjourChabbatRabbanan (sep. le 5e jour)-> R. Eleazar b. Azaria2 onotR. Yossi (sep. le 4e jour)-> R. Ichmael4 onotR. Yossi + Rav Ada b. Ahava-> R. Akiva (aube du 4e)5 onotimmersiondon de la TorahDans le compte juif la nuit précède le jour : nuit jeudi = mercredi soir. Onot comptées = onot complètes avant l'immersion.
Semaine du don de la Torah : début de la séparation selon chaque opinion et nombre d'onot complètes avant l'immersion de la nuit de Chabbat.
1
כְּטַבְלָא מְרֻובַּעַת. כְּטַבְלָא הוּא דְּשָׁרֵי, הָא לָאו הָכִי — אָסוּר! הָתָם לְאַקּוֹלֵי בָּהּ קֻולָּא אַחֲרִינָא, לְהַתִּיר רֹאשׁ תּוֹר הַיּוֹצֵא הֵימֶנָּה.

[Tous les kilayim ont été dits] comme une planche carrée. Comme une planche, c'est permis ; sinon, c'est interdit !

Là-bas, c'est pour ajouter une autre indulgence : permettre le roch tor (pointe triangulaire) qui en sort.

📜 Rachi (2)
כְּטַבְלָא מְרֻובַּעַת אַלְמָא עֲגֻולָּה לָאו עֲרוּגָה הִיא:
Comme une planche carrée : il en ressort qu'une [plate-bande] ronde n'est pas une plate-bande.
הָתָם דְּבָעֵי מְרֻובַּעַת לְאַחְשׁוֹבֵהּ שָׂדֶה קָאָמַר לְהַתִּיר רֹאשׁ תּוֹר כו' וְלֵית לֵיהּ לְר' יוֹחָנָן הָא דְּאָמַר לְעֵיל אֵין רֹאשׁ תּוֹר בַּעֲרוּגָה אִי נָמֵי אִית לֵיהּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה אֲבָל מִשָּׂדֶה לַעֲרוּגָה יֵשׁ רֹאשׁ תּוֹר:
Là-bas : l'exigence d'un carré, pour la considérer comme un champ, est dite pour permettre le roch tor, etc. Et R. Yo'hanan ne retient pas ce qui a été dit plus haut, qu'il n'y a pas de roch tor dans une plate-bande ; ou bien il le retient d'une plate-bande à une plate-bande, mais d'un champ à une plate-bande il y a roch tor.
💡 Explication

Fin de la sougya des kilayim (mélange d'espèces) du daf précédent. On objecte à partir d'une baraita : toutes les règles de plates-bandes ont été énoncées pour une plate-bande carrée comme une planche ; donc une forme ronde ne compterait pas.

Réponse : la mention du carré sert à une indulgence supplémentaire, le roch tor, pointe triangulaire d'un champ qui pénètre dans un autre. Si la plate-bande est carrée, cette pointe est reconnaissable et reste permise.

2
מַתְנִי׳ מִנַּיִן לְפוֹלֶטֶת שִׁכְבַת זֶרַע בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁתְּהֵא טְמֵאָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֱיוּ נְכֹנִים לִשְׁלֹשֶׁת יָמִים״. מִנַּיִן שֶׁמַּרְחִיצִין אֶת הַמִּילָה בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כֹּאֲבִים״. מִנַּיִן שֶׁקּוֹשְׁרִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ״. מִנַּיִן לְסִיכָה שֶׁהִיא כִּשְׁתִייָּה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים? אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתָּבֹא כַמַּיִם בְּקִרְבּוֹ וְכַשֶּׁמֶן בְּעַצְמוֹתָיו״.

MICHNA. D'où [savons-nous] que la femme qui rejette de la semence (polétet) le troisième jour est impure ?

Car il est dit : "Soyez prêts pour trois jours" (Chemot 19,15). D'où [savons-nous] qu'on lave la mila (circoncision) le troisième jour qui tombe à Chabbat ?

Car il est dit : "Et ce fut le troisième jour, quand ils étaient souffrants" (Berechit 34,25). D'où [savons-nous] qu'on attache une langue de laine écarlate sur la tête du bouc envoyé [à Azazel] ?

Car il est dit : "Si vos fautes sont comme l'écarlate, elles blanchiront comme la neige" (Yechaya 1,18). D'où [savons-nous] que l'onction (sikha) est comme la boisson à Yom Kippour ?

Bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une allusion à la chose, car il est dit : "Elle est entrée comme l'eau dans ses entrailles et comme l'huile dans ses os" (Tehilim 109,18).

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' שֶׁהִיא טְמֵאָה דְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי אַכַּתִּי לָא מַסְרְחָה שִׁכְבַת זֶרַע וּרְאוּיָה לִקְלֹוט וְלִהְיוֹת וָלָד נוֹצָר הֵימֶנָּה וְקָרֵינַן שִׁכְבַת זֶרַע הָרָאוּי לְהַזְרִיעַ:
Michna. Qu'elle est impure : car au troisième jour la semence ne s'est pas encore altérée ; elle peut encore être reçue et un enfant peut en être formé. On l'appelle donc une semence apte à féconder.
לֹג' יָמִים דְּהִקְפִּיד הַכָּתוּב עַל טֻומְאַת קֶרִי בְּמַתַּן תּוֹרָה וקס"ד עִם יוֹם הַפְּרִישָׁה קָאָמַר דְּבַד' בְּשַׁבָּת פֵּירְשׁוּ מִנְּשׁוֹתֵיהֶן וְקִבְּלוּ תּוֹרָה בְּשַׁבָּת שֶׁהוּא רְבִיעִי לְאוֹתָם שֶׁשִּׁימְּשׁוּ מַטּוֹתֶיהָ' בָּרְבִיעִי לִפְנֵי הַפְּרִישָׁה וְטָבְלוּ לֵילֵי שַׁבָּת וְלֹא חָשׁ הַכָּתוּב אִם יִפְלֹוטוּ בְּשַׁבָּת דְּמַסְרַח וְאֵינוֹ שִׁכְבַת זֶרַע הָרָאוּי לְהַזְרִיעַ אֲבָל אִם פָּלְטוּ ע"ש בַּשְּׁלִישִׁי טְמֵאוֹת לְכָךְ הִפְרִישָׁן שְׁלֹשָׁה יָמִים:
Pour trois jours : car le verset a été attentif à l'impureté de keri (émission) lors du don de la Torah. On suppose [ici] qu'il compte avec le jour de la séparation : le quatrième jour de la semaine ils se sont séparés de leurs femmes et ils ont reçu la Torah le Chabbat, qui est le quatrième [jour] pour ceux qui avaient eu des relations le quatrième jour avant la séparation ; et ils se sont immergés la nuit de Chabbat. Le verset ne s'est pas inquiété si elles rejetaient à Chabbat, car [la semence] est altérée et n'est plus une semence apte à féconder ; mais si elles rejetaient la veille de Chabbat, au troisième [jour], elles étaient impures. C'est pourquoi il les a séparés trois jours.
מִנַּיִן שֶׁמַּרְחִיצִין דְּאַף בְּיוֹם ג' מְסֻוכָּן הוּא:
D'où [savons-nous] qu'on lave : car même au troisième jour [l'enfant] est en danger.
כַמַּיִם בְּקִרְבּוֹ וְכַשֶּׁמֶן בְּעַצְמוֹתָיו מַקִּישׁ סִיכָה לִשְׁתִיָּה:
Comme l'eau dans ses entrailles et comme l'huile dans ses os : [le verset] compare l'onction à la boisson.
🗂️ Tossefot (2)
מִנַּיִן לְפוֹלֶטֶת כו' שְׁנָא' הֱיוּ נְכֹונִים לִשְׁלֹשֶׁת יָמִים אע"פ שֶׁבְּאוֹתָהּ שָׁעָה עֲדַיִין לֹא נִיתְּנָה תּוֹרָה מ"מ מִסְּתָמָא הִקְפִּידָה תּוֹרָה עַל דָּבָר שֶׁעָתִיד לִהְיוֹת טֻומְאָה אַחַר מַתַּן תּוֹרָה ואע"ג דְּלָא הִקְפִּידָה עַל זָבִין וּמְצֹורָעִין וּבוֹעֲלֵי נִדּוֹת הַייְנוּ מִשּׁוּם טַעְמָא דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק מִי שֶׁמֵּתוּ (בְּרָכוֹת כב.) כְּתִיב וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ וּכְתִיב יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ לִפְנֵי ה' אֱ-לֹהֶיךָ בְּחֹורֵב מַה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ כּוּ' מִכָּאן אָמְרוּ זָבִין וּמְצֹורָעִים וּבוֹעֲלֵי נִדּוֹת מֻותָּרִין לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה בִּנְבִיאִים וּלְשַׁנּוֹת בַּמִּשְׁנָה וּבַשַּׁ"ס בַּהֲלָכוֹת וּבָאַגָּדוֹת וּבַעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִין פֵּירוּשׁ דְּבַעַל קֶרִי אֵינוֹ בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה דְּמֵחֲמַת קַלּוּת רֹאשׁ הוּא בָּא:
D'où [savons-nous] pour la femme qui rejette, etc., car il est dit : "Soyez prêts pour trois jours" : bien qu'à ce moment la Torah n'ait pas encore été donnée, la Torah a sans doute été attentive à une chose qui allait devenir une impureté après le don de la Torah. Et bien qu'elle n'ait pas été attentive aux zavim, aux metsoraim et à ceux qui ont eu des relations avec une nidda, c'est pour la raison enseignée au chapitre Mi chemeto (Berakhot 22a) : il est écrit "Tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants", et il est écrit "Le jour où tu t'es tenu devant Hachem ton D.ieu au Horev" : de même que là-bas [c'était] dans la crainte, la peur, le tremblement et le frisson, etc. De là ils ont dit : les zavim, les metsoraim et ceux qui ont eu des relations avec une nidda ont le droit de lire la Torah, les Prophètes et les Écrits, et d'étudier la Michna, la Guemara, les halakhot et les aggadot ; et les baalei keri le sont interdits. Explication : le baal keri n'est pas dans la crainte et la peur, car [l'émission] vient d'une légèreté d'esprit.
אע"פ שֶׁאֵין רְאָייָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר וַתָּבֹא כַמַּיִם וְגוֹ' וּמִיהוּ רְאָיָה גְּמוּרָה לָא הָוֵי מִשּׁוּם דִּקְרָא לָא מִישְׁתַּעֵי בִּשְׁתִיָּה אֶלָּא בִּרְחִיצָה מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע מַיִם דֻּומְיָא דְּשֶׁמֶן מַה שֶׁמֶן מֵאַבָּרַאי אַף מַיִם מֵאַבָּרַאי וְקָשֶׁה לר"י דִּבְפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (דַּף עו.) קָאָמַר דִּרְחִיצָה אִיקְּרִי עִינּוּי מִנָּלַן א"ר זוּטְרָא מֵהָכָא וַתָּבֹא כַמַּיִם בְּקִרְבּוֹ וְגוֹ' מַיִם דֻּומְיָא דְּשֶׁמֶן מַה שֶׁמֶן מֵאַבָּרַאי כו' וּפָרִיךְ וְהָא הַאי תַּנָּא אִיפְּכָא נָסֵיב לַהּ דִּתְנַן מִנַּיִן לְסִיכָה כּוּ' וּמַאי פָּרֵיךְ הָא תַּנָּא דְּמַתְנִי' קָאָמַר שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר אֶלָּא זֵכֶר לַדָּבָר מִשּׁוּם דָּמִים דֻּומְיָא דְּשֶׁמֶן כִּדְפָרֵישִׁי' וְאוֹמֵר ר"י דְּפָרִיךְ הָכִי דְּאִי חֲשִׁיבָא רְאָיָה גְּמוּרָה דִּרְחִיצָה כְּסִיכָה כִּדְקָאָמְרַתְּ לָא הֲוָה לֵיהּ לְהַאי תַּנָּא לְמֶעְבַּד מִינָּהּ אַפֵּי' זֵכֶר בְּעָלְמָא קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּאַמַּאי מַיְיתֵי הַאי קְרָא שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא זֵכֶר בְּעָלְמָא הֲוָה לֵיהּ לְאֵיתוּיֵי קְרָא דְּלֶחֶם חֲמֻודוֹת לֹא אָכַלְתִּי וּבָשָׂר וָיַיִן לֹא בָא אֶל פִּי וְסוֹךְ לֹא סָכְתִּי (דָּנִיֵּאל י׳:ג׳) דְּהָוֵי דְּרָשָׁה גְּמוּרָה וּמִינֵּיהּ נָפְקָא לָן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּיוֹמָא (שָׁם) דְּסִיכָה אִיקְּרִי עִינּוּי:
Bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une allusion à la chose, car il est dit "Elle est entrée comme l'eau", etc. : cependant ce n'est pas une preuve complète, car le verset ne parle pas de boisson mais de lavage ; il sous-entend en effet l'eau semblable à l'huile : de même que l'huile est à l'extérieur, l'eau aussi est à l'extérieur. Le Ri trouve une difficulté : au dernier chapitre de Yoma (76a), [la Guemara] dit : le lavage est appelé affliction (inouy), d'où le savons-nous ? Rav Zoutra a dit : d'ici, "Elle est entrée comme l'eau dans ses entrailles", etc., l'eau semblable à l'huile : de même que l'huile est à l'extérieur, etc. Et [la Guemara] objecte : mais ce Tanna l'apprend à l'inverse, comme nous l'avons appris : d'où [savons-nous] que l'onction, etc. Quelle est l'objection ? Le Tanna de notre michna dit qu'il n'y a pas de preuve mais seulement une allusion, précisément parce que l'eau est semblable à l'huile, comme nous l'avons expliqué. Le Ri répond que l'objection est la suivante : si c'était une preuve complète que le lavage est comme l'onction, comme tu le dis, ce Tanna n'aurait pas dû en tirer même une simple allusion. Le Rachba trouve une difficulté : pourquoi apporter ce verset, qui n'est qu'une simple allusion ? Il aurait dû apporter le verset "Je n'ai pas mangé de pain délicat, ni viande ni vin ne sont entrés dans ma bouche, et je ne me suis pas oint" (Daniel 10,3), qui est un derache complet, et dont nous tirons au dernier chapitre de Yoma (ibid.) que l'onction est appelée affliction.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִנַּיִן שֶׁקּוֹשְׁרִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אֵיךְ יָלֵיף דָּבָר זֶה מִן פָּסוּק זֶה, וְנִרְאֶה לִי כִּי הֵם הָיוּ תּוֹלִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל וְהָיָה מַלְבִּין, וְעַל זֶה שׁוֹאֵל הַתַּנָּא מִנַּיִן שֶׁקּוֹשְׁרִין גַּם בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, וְעַל זֶה יָלֵיף מִן הַכָּתוּב דִּכְתִיב כִּשְׁנַיִם לְשׁוֹן רַבִּים, וַהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כִּשְׁנֵי אֶלָּא וַדַּאי תְּרֵי שְׁנֵי אִיכָּא, דְּמִלְּבַד שֶׁל הֵיכָל קוֹשֵׁר אַחַר כָּךְ בְּשָׂעִיר גַּם כֵּן, וְהָא דְּלָא שָׁאַל עַל שֶׁל הֵיכָל מִנַּיִן שֶׁתּוֹלִין אַף עַל גַּב דְּקוֹשְׁרִין בְּרֹאשׁ הַשָּׂעִיר, כִּי זֶה מִן הַסְּבָרָה הוּא דְּעָדִיף לִתְלוֹתוֹ בְּפֶתַח הֵיכָל כְּדֵי שֶׁכָּל יִשְׂרָאֵל יִרְאוּ אוֹתוֹ וְיִשְׂמְחוּ, מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּרֹאשׁ הַשָּׂעִיר אֵין רוֹאֶה אוֹתוֹ אֶלָּא הָאִישׁ הַמּוֹלִיכוֹ בִּלְבַד:
D'où [savons-nous] qu'on attache une langue de laine écarlate sur la tête du bouc envoyé. On peut demander comment il apprend cela de ce verset. Il me semble qu'on suspendait une langue de laine écarlate à l'entrée du Heikhal et qu'elle blanchissait. Le Tanna demande alors : d'où [savons-nous] qu'on en attache aussi une sur le bouc envoyé ? Il l'apprend du verset, où il est écrit kachanim, au pluriel, alors qu'il aurait dû dire kachani ; il y a donc certainement deux [fils] écarlates : en plus de celui du Heikhal, on en attache ensuite un autre sur le bouc. Et s'il n'a pas demandé d'où [savons-nous] qu'on suspend celui du Heikhal, alors qu'on en attache [un] sur la tête du bouc, c'est que cela découle du raisonnement : il vaut mieux le suspendre à l'entrée du Heikhal pour que tout Israël le voie et se réjouisse, alors que sur la tête du bouc seul l'homme qui le conduit le voit.
💡 Explication

Nouvelle michna : quatre halakhot, chacune rattachée à un verset.

1. Polétet : une femme qui rejette de la semence est impure comme celui qui touche de la semence, tant que celle-ci est encore apte à féconder. Au Sinaï, la séparation de trois jours visait à ce que les femmes ne soient pas impures au moment du don de la Torah.

2. Mila : le troisième jour après la circoncision l'enfant est encore en danger (les habitants de Chekhem "souffrants" au troisième jour) ; on le lave donc même à Chabbat.

3. Le fil écarlate du bouc de Yom Kippour, en lien avec l'image des fautes rouges qui blanchissent. 4. La sikha (onction) est interdite à Yom Kippour comme la boisson ; la michna la qualifie de zekher ladavar (simple allusion).

3
גְּמָ׳ רֵישָׁא דְּלָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, סֵיפָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה? דְּאִי כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה — טְהוֹרָה שָׁמַעְנָא לֵיהּ. מַאן דְּלָא מוֹקֵי כְּתַנָּאֵי, תְּנָא רֵישָׁא ״טְהוֹרָה״, וּמוֹקֵי לַהּ לְכֻולַּהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, וּמַאן דְּמוֹקֵים כְּתַנָּאֵי, רֵישָׁא רַבָּנַן וְסֵיפָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.

GUEMARA. Le début [de la michna] n'est pas selon R.

Eleazar ben Azaria, et la fin est selon R. Eleazar ben Azaria ?

Car selon R. Eleazar ben Azaria, nous l'avons entendu dire : [elle est] pure.

Celui qui n'établit pas [la michna] selon deux Tannaim enseigne dans le début "pure" et établit toute [la michna] selon R. Eleazar ben Azaria ; et celui qui l'établit selon deux Tannaim : le début est selon les Rabbanan et la fin selon R.

Eleazar ben Azaria.

📜 Rachi (5)
גמ' רֵישָׁא דְּמַתְנִי':
Guemara. Le début : de notre michna.
דְּלָא כְּר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה דְּאִילּוּ לְדִידִי' שָׁמְעִינַן לֵיהּ פּוֹלֶטֶת בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי טְהוֹרָה לְקַמָּן בַּבָּרַיְיתָא:
N'est pas selon R. Eleazar ben Azaria : car selon lui, nous l'entendons dire que la femme qui rejette le troisième jour est pure, plus loin dans la baraita.
וְסֵיפָא דְּקָתָנֵי מַרְחִיצִין אֶת הַמִּילָה כו' ר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה דְּהוּא אֲמַר לָהּ לְקַמָּן בְּפֶרֶק ר' אֱלִיעֶזֶר:
Et la fin : qui enseigne qu'on lave la mila, etc., [est selon] R. Eleazar ben Azaria, car c'est lui qui le dit plus loin, au chapitre Rabbi Eliezer.
מַאן דְּלָא מוֹקֵי כְּתַנָּאֵי דִּדְחִיק וּמוּקִי מַתְנִיתִין בִּתְרֵי טַעְמֵי אוֹ מְשַׁבֵּשׁ לָהּ וּמְפָרֵשׁ לָהּ דְּלָא לְאוֹקֻמֵי כְּתַנָּאֵי מְשַׁבֵּשׁ לָהּ וְאָמַר מְשַׁבַּשְׁתָּא הִיא וְתָנֵי בָּהּ טְהוֹרָה:
Celui qui n'établit pas [la michna] selon deux Tannaim : qui force [le texte] et établit notre michna avec deux raisons, ou bien la corrige ; il l'explique ainsi : pour ne pas l'établir selon deux Tannaim, il la corrige, dit que c'est une version fautive et y enseigne "pure".
וּמַאן דְּמוּקֵי לָהּ כְּתַנָּאֵי דְּנִיחָא לֵיהּ לְאוֹקוּמֵי כְּתַנָּאֵי מִלְּמֵימַר מְשַׁבַּשְׁתָּא הִיא וּמִלְּאוֹקְמֵי בִּתְרֵי טַעְמֵי מוּקֵי נָמֵי לְהַאי כְּתַנָּאֵי וּפְלוּגְתָּא הִיא בְּהַמַּפְקִיד (ב"מ מא.) גַּבֵּי חָבִית דְּאָמַר ר' יוֹחָנָן מַאן דִּמְתַרְגֵּם לִי חָבִית אַלִּיבָּא דְּחַד תַּנָּא מוֹבֵילְנָא לֵיהּ מָאנֵי לְבֵי מַסּוּתָא וּמוּקִי רֵישָׁא ר' יִשְׁמָעֵאל וְסֵיפָא רַבִּי עֲקִיבָא וְאִי הֲוָה בָּעֵי הֲוָה מָצֵי לְאוֹקְמֵי בִּתְרֵי טַעְמֵי וּבְחַד תַּנָּא וְאִיכָּא דְּמוּקֵי לָהּ הָתָם בְּחַד תַּנָּא וּמוּקִי סֵיפָא בְּשֶׁהִנִּיחָהּ בְּמָקוֹם שֶׁאֵינוֹ מְקוֹמָהּ:
Et celui qui l'établit selon deux Tannaim : celui qui préfère l'établir selon deux Tannaim plutôt que de dire que c'est une version fautive ou de l'établir avec deux raisons, établit celle-ci aussi selon deux Tannaim. C'est une discussion [qu'on trouve] au chapitre Hamafkid (Bava Metsia 41a) à propos du tonneau, où R. Yo'hanan a dit : celui qui m'explique [la michna du] tonneau selon un seul Tanna, je porterai ses vêtements derrière lui jusqu'au bain. Il établit le début selon R. Ichmael et la fin selon R. Akiva ; et s'il l'avait voulu, il aurait pu l'établir avec deux raisons et un seul Tanna. Et il y a [un avis] qui l'établit là-bas selon un seul Tanna, et établit la fin dans le cas où il l'a posée à un endroit qui n'est pas sa place.
🗂️ Tossefot (1)
תָּנֵי רֵישָׁא טְהוֹרָה וּמוֹקֵי לַהּ כּוּ' אוֹמֵר רִ"י דְּמִשּׁוּם הָכִי אֵינוֹ מַגִּיהַּ לְמִיתְנֵי טְהוֹרָה כְּדֵי לְאוֹקֻמֵי כֻּולָּהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר אֶלָּא בְּלָאו הָכִי אִיכָּא דְּתָנֵי טְהוֹרָה וְאִיכָּא דְּתָנֵי טְמֵאָה הִלְכָּךְ מַאן דְּלָא מוֹקֵי כְּתַנָּאֵי נוֹחַ לוֹ לְשַׁנּוֹת כְּאוֹתָן שֶׁשּׁוֹנִין טְהוֹרָה וּמַאן דְּמוּקֵי כְּתַנָּאֵי לָא קָפֵיד לִשְׁנוֹת טְמֵאָה וא"ת אַכַּתִּי הָוְיָא מַתְנֵי' כְּתַנָּאֵי דְּרֵישָׁא דְּמַתְנִי' רַבִּי עֲקִיבָא קָתָנֵי לַהּ וְסֵיפָא דְּקָתָנֵי פּוֹלֶטֶת טְהוֹרָה הַייְנוּ דְּלָא כְּר"ע דִּפְלִיג בְּסָמוּךְ אַר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וי"ל דְּלָא קָפֵיד לְאוֹקְמֵי כְּתַנָּאֵי אֶלָּא בִּתְרֵי בָּבֵי דִּסְמוּכוֹת זוֹ אַחַר זוֹ אֲבָל אַהַהִיא דְּרֵישׁ פִּירְקִין הַמְרֻוחָקוֹת מֵהַהִיא דְּפוֹלֶטֶת לָא קָפֵיד וא"ת לְמָאֵן דְּתָנֵי טְהוֹרָה טְפֵי הֲוָה לֵיהּ לְמִנְקַט בְּמָתְנֵי' קְרָא דִּוְקִדַּשְׁתֶּם הַיּוֹם וּמָחָר (שְׁמוֹת יְנוּ) דְּמַשְׁמַע כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְאוֹמֵר ר"י דְּנִיחָא לֵיהּ לְאֵתוּיֵי הֱיוּ נְכֹונִים לִשְׁלֹשֶׁת יָמִים דְּמוּכָח דְּמִשּׁוּם פְּלִיטַת זֶרַע הִקְפִּיד דִּכְתִיב בֵּיהּ אַל תִּגְּשׁוּ אֶל אִשָּׁה:
Il enseigne dans le début "pure" et l'établit, etc. : le Ri dit que ce n'est pas pour cela qu'il corrige [le texte] pour enseigner "pure", afin d'établir toute [la michna] selon R. Eleazar ; mais, indépendamment de cela, il y a ceux qui enseignent "pure" et ceux qui enseignent "impure". C'est pourquoi celui qui n'établit pas selon deux Tannaim préfère enseigner comme ceux qui enseignent "pure", et celui qui établit selon deux Tannaim n'hésite pas à enseigner "impure". Et si tu dis : la michna reste tout de même selon deux Tannaim, car le début de la michna, c'est R. Akiva qui l'enseigne, et la fin, qui enseigne que la femme qui rejette est pure, n'est pas selon R. Akiva, qui discute un peu plus loin avec R. Eleazar ben Azaria ? On peut répondre qu'il ne se soucie de ne pas établir [la michna] selon deux Tannaim que pour deux clauses voisines l'une de l'autre ; mais pour celle du début du chapitre, éloignée de celle de la femme qui rejette, il ne s'en soucie pas. Et si tu dis : pour celui qui enseigne "pure", il aurait mieux valu citer dans la michna le verset "Sanctifie-les aujourd'hui et demain" (Chemot 19,10), qui s'accorde avec R. Eleazar ben Azaria ? Le Ri répond qu'il a préféré citer "Soyez prêts pour trois jours", qui montre que c'est à cause du rejet de semence [que la Torah] a été attentive, puisqu'il y est écrit : "N'approchez pas d'une femme".
💡 Explication

La Guemara constate une tension : le début de la michna (polétet impure le troisième jour) contredit R. Eleazar ben Azaria, alors que la fin (laver la mila le troisième jour) est précisément son opinion.

Deux approches. Celui qui évite de dire qu'une michna est kitanaei (selon deux Tannaim) lit dans le début tahor (pure) : toute la michna est alors de R. Eleazar ben Azaria. Celui qui l'accepte attribue le début aux Rabbanan et la fin à R. Eleazar ben Azaria.

Rachi rattache cette divergence de méthode à la michna du tonneau (Bava Metsia 41a). Tossefot précise que la lecture "pure" existait déjà dans certaines versions.

🖼️ Schéma
La michna : un seul Tanna ou deux ?Difficultédébut : polétet tamei / fin : mila le 3e jour (R. Eleazar b. A.)Qui refuse les deux Tannaimlit dans le début : tahor (pure)toute la michna = R. Eleazar ben AzariaQui accepte les deux Tannaimdébut = Rabbanan (tamei)fin = R. Eleazar ben AzariaTossefot : les deux lectures (tahor / tamei) existaient déjà ; chacun choisit la sienne.
Deux manières de résoudre la tension interne de la michna.
4
תָּנוּ רַבָּנַן: פּוֹלֶטֶת שִׁכְבַת זֶרַע בְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי טְהוֹרָה, דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: פְּעָמִים שֶׁהֵן אַרְבַּע עוֹנוֹת, פְּעָמִים שֶׁהֵן חָמֵשׁ עוֹנוֹת, פְּעָמִים שֶׁהֵן שֵׁשׁ עוֹנוֹת. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לְעוֹלָם חָמֵשׁ, וְאִם יָצָאתָה מִקְצָת עוֹנָה רִאשׁוֹנָה, נוֹתְנִין לָהּ מִקְצָת עוֹנָה שִׁשִּׁית.

Nos maîtres ont enseigné : la femme qui rejette de la semence le troisième jour est pure, ce sont les paroles de R. Eleazar ben Azaria.

R. Ichmael dit : il arrive que ce soient quatre onot (périodes), il arrive que ce soient cinq onot, il arrive que ce soient six onot.

R. Akiva dit : toujours cinq ; et si une partie de la première ona était passée, on lui donne une partie de la sixième ona.

📜 Rachi (6)
בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי כְּגוֹן שֶׁשִּׁמְּשָׁה בָּהּ' וּפָלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע בְּשַׁבָּת ל"ש שִׁמְּשָׁה תְּחִילַּת לֵיל חֲמִישִׁי דְּאִישְׁתַּהִי ד' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת לֵיל ה' וָהּ' לֵיל ו' ווֹ' ל"ש שִׁמְּשָׁה יוֹם ה' עִם חֲשֵׁיכָה דְּלָא אִישְׁתַּהִי אֶלָּא מִקְצָת ה' וְלֵיל ו' ווֹ' דְּלֵיכָּא אֶלָּא ב' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת. הָעוֹנָה אוֹ יוֹם אוֹ לַיְלָה:
Le troisième jour : par exemple, elle a eu des relations le cinquième [jour] et a rejeté la semence à Chabbat. Peu importe qu'elle ait eu des relations au début de la nuit du cinquième [jour], où il s'est écoulé quatre onot complètes : la nuit du cinquième, le cinquième, la nuit du sixième et le sixième ; ou qu'elle ait eu des relations le cinquième [jour] à la tombée de la nuit, où il ne s'est écoulé qu'une partie du cinquième, la nuit du sixième et le sixième, soit seulement deux onot complètes. L'ona est soit un jour, soit une nuit.
ר' יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר פְּעָמִים שֶׁהֵן כּוּ' בָּא לַחֲלֹוק וְלוֹמַר דְּפוֹלֶטֶת בַּג' לְשִׁימּוּשָׁהּ טְמֵאָה אֲבָל פּוֹלֶטֶת בַּד' טְהוֹרָה וּמוֹדֵינָא לָךְ דְּמִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ דְּלָא הִקְפִּידָה תּוֹרָה אֶלָּא בְּמִנְיָן שֶׁל הַיָּמִים וְלֹא בְּמִנְיַן הָעוֹנוֹת:
R. Ichmael dit : il arrive que ce soient, etc. : il vient contester et dire que la femme qui rejette le troisième [jour] depuis sa relation est impure, mais celle qui rejette le quatrième est pure ; et je t'accorde qu'une partie du jour vaut le jour entier, car la Torah n'a été attentive qu'au nombre de jours, et non au nombre d'onot.
וּפְעָמִים שֶׁהֵם ד' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת שֶׁאִם שִׁמְּשָׁה ד' בְּשַׁבָּת עִם חֲשֵׁיכָה פְּלִיטָתָהּ טְמֵאָה עַד תְּחִלַּת שַׁבָּת:
Il arrive que ce soient quatre onot : complètes ; si elle a eu des relations le quatrième [jour] de la semaine à la tombée de la nuit, son rejet est impur jusqu'au début de Chabbat.
פְּעָמִים שֶׁהֵם ה' עוֹנוֹת כְּגוֹן שֶׁמֹּשֶׁה בִּתְחִלַּת הַיּוֹם שֶׁל ד':
Il arrive que ce soient cinq onot : par exemple, si elle a eu des relations au début du jour du quatrième.
פְּעָמִים שֶׁהֵן ו' כְּגוֹן שֶׁמֹּשֶׁה בִּתְחִלַּת לֵיל ד' בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת:
Il arrive que ce soient six : par exemple, si elle a eu des relations au début de la nuit du quatrième, à bein hachmachot (crépuscule).
נוֹתְנִין לָהּ מִקְצָת עוֹנַת ו' לְהַשְׁלִים ה' וְכָל הַפּוֹלֶטֶת בְּתוֹךְ ה' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת טְמֵאָה:
On lui donne une partie de la sixième ona : pour compléter cinq ; et toute femme qui rejette à l'intérieur de cinq onot complètes est impure.
🗂️ Tossefot (1)
פְּעָמִים שֶׁהֵן ד' כו' בְּמִלְּתָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה ה"מ נָמֵי לְשַׁנּוֹת בְּעִנְיָן זֶה פְּעָמִים שֶׁהֵן שְׁתַּיִם פְּעָמִים שֶׁהֵן ג' כו' אֶלָּא לְהָכִי נְקַט ר' יִשְׁמָעֵאל מִשּׁוּם דְּסָבַר בָּרְבִיעִי עֲבוּד פְּרִישָׁה כְּרַבִּי עֲקִיבָא וּבְעוֹנוֹת לָא בָּעֵי לְמִתְלֵי כְּמוֹ שֶׁתּוֹלֶה רַבִּי עֲקִיבָא:
Il arrive que ce soient quatre, etc. : pour l'opinion de R. Eleazar ben Azaria aussi, il aurait pu s'exprimer de cette manière : il arrive que ce soient deux, il arrive que ce soient trois, etc. Mais R. Ichmael a choisi cette formulation parce qu'il pense que la séparation à eu lieu le quatrième [jour], comme R. Akiva, et qu'il ne veut pas faire dépendre [la règle] des onot comme le fait R. Akiva.
💡 Explication

Une ona est une période de douze heures : une nuit ou un jour. La question est de savoir combien de temps la semence reste apte à féconder, donc impure si elle est rejetée.

R. Eleazar ben Azaria : au troisième jour elle est déjà pure (le jour de la relation compte comme un jour entier). R. Ichmael : elle reste impure pendant trois jours, comptés en jours et non en heures ; selon le moment de la relation, cela représente 4, 5 ou 6 onot complètes. R. Akiva : la mesure est fixe, cinq onot complètes ; si la relation a eu lieu au milieu d'une ona, on complète sur la sixième.

🖼️ Schéma
R. Ichmael : trois jours, donc 4, 5 ou 6 onotnuitmercredijourmercredinuitjeudijourjeudinuitvendredijourvendredinuitChabbatrelation: mercredi au crépuscule4 onot : impurerelation: début du jour mercredi5 onot : impurerelation: début nuit mercredi6 onot : impureR. Akiva : toujours5 onot complètes4e jour : purePour R. Ichmael seul compte le nombre de jours ; une partie du jour vaut le jour entier.
Pour R. Ichmael la limite est fixée en jours (fin du 3e jour) ; le nombre d'onot varie. Pour R. Akiva il est toujours de cinq.
5
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא, וְאָמְרִי לַהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא: בִּשְׁלָמָא רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה כְּרַבָּנַן — דְּאָמְרִי בְּחַמְשָׁא עֲבוּד פְּרִישָׁה, וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל כְּרַבִּי יוֹסֵי — דְּאָמַר בְּאַרְבְּעָה עֲבוּד פְּרִישָׁה, אֶלָּא רַבִּי עֲקִיבָא כְּמַאן? לְעוֹלָם כְּרַבִּי יוֹסֵי, כִּדְאָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: מֹשֶׁה בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה וּבְהַשְׁכָּמָה יָרַד.

Les maîtres l'ont dit devant Rav Papa, et certains disent : Rav Papa l'a dit à Rava. Cela se comprend pour R.

Eleazar ben Azaria, [qui est] selon les Rabbanan, qui disent qu'on a fait la séparation le cinquième [jour] ; et R. Ichmael [est] selon R.

Yossi, qui dit qu'on a fait la séparation le quatrième ; mais R. Akiva, selon qui [est-il] ?

En réalité selon R. Yossi, comme l'a dit Rav Ada bar Ahava : Moche est monté à l'aube et est descendu à l'aube.

📜 Rachi (5)
אֲמָרוּהָ לְהָא אַתְקָפְתָּא דִּלְקַמֵּיהּ:
Ils l'ont dit : cette objection qui suit.
בִּשְׁלָמָא כּוּ' פְּלוּגְתָּא דְּרַבָּנָן וְר' יוֹסֵי בַּבָּרַיְיתָא וּמַייְתִי לָהּ בְּהַאי פִּירְקָא לְקַמָּן דִּלְרַבָּנָן בָּהּ' בְּשַׁבָּת פֵּרְשׁוּ וְלֵר' יוֹסֵי בַּד' ולכ"ע בְּשַׁבָּת נִיתְּנוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת וְכֵיוָן דִּבְשַׁבָּת נִתְּנוּ ע"כ בְּלֵיל שַׁבָּת טָבְלוּ וְלֹא שַׁחֲרִית כְּדִמְתָרֵץ לְקַמָּן שֶׁלֹּא יְהוּ הַלָּלוּ טוֹבְלִין וְהַלָּלוּ מְהַלְּכִין לְקַבֵּל תּוֹרָה הִלְכָּךְ בִּשְׁלָמָא ר' אֶלְעָזָר כְּרַבָּנָן דְּאָמְרִי בַּחֲמִשָּׁה בְּשַׁבָּת עֲבוּד פְּרִישָׁה וְיֵשׁ שֶׁלֹּא פֵּרְשׁוּ אֶלָּא עִם חֲשֵׁיכָה וּמִדְּטָבְלוּ לֵיל שַׁבָּת וְלֹא חָשׁוּ שֶׁמָּא תִּפְלֹטְנָה עוֹד ש"מ דְּפוֹלֶטֶת בַּג' טְהוֹרָה וּמִקְצָת הַיּוֹם שֶׁל תַּשְׁמִישׁ כְּכֻולּוֹ:
Cela se comprend, etc. : la discussion des Rabbanan et de R. Yossi se trouve dans une baraita, citée plus loin dans ce chapitre : selon les Rabbanan, ils se sont séparés le cinquième [jour] de la semaine ; selon R. Yossi, le quatrième ; et tous s'accordent que les Dix Paroles ont été données à Chabbat. Puisqu'elles ont été données à Chabbat, ils se sont nécessairement immergés la nuit de Chabbat et non le matin, comme on l'explique plus loin : pour que les uns ne soient pas en train de s'immerger pendant que les autres marchent pour recevoir la Torah. Par conséquent, cela se comprend pour R. Eleazar : [il est] selon les Rabbanan, qui disent qu'on a fait la séparation le cinquième [jour] de la semaine ; certains ne se sont séparés qu'à la tombée de la nuit ; et puisqu'ils se sont immergés la nuit de Chabbat sans craindre qu'[elles] rejettent encore, on en déduit que la femme qui rejette le troisième [jour] est pure et qu'une partie du jour de la relation vaut le jour entier.
וְר' יִשְׁמָעֵאל דְּאוֹמֵר בַּג' טְמֵאָה בַּד' טְהוֹרָה קָסָבַר בַּד' עֲבוּד פְּרִישָׁה כְּר' יוֹסֵי דַּהֲוָה לֵיל שַׁבָּת רְבִיעִי וּמִיהוּ יֵשׁ שֶׁלֹּא פֵּירְשׁוּ עַד סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה וְלֵיכָּא אֶלָּא ד' עוֹנוֹת לֵיל ה' וָהּ' לֵיל ו' ווֹ' וַאֲפִילּוּ הָכֵי מִשֶּׁטָּבְלוּ פְּלִיטָתָן טְהוֹרָה דְּלָא הִקְפִּידָה תּוֹרָה אֶלָּא בַּיָּמִים:
Et R. Ichmael : qui dit [qu'au] troisième [jour] elle est impure et [au] quatrième pure, pense qu'on a fait la séparation le quatrième [jour], comme R. Yossi, de sorte que la nuit de Chabbat était le quatrième [jour]. Cependant certains ne se sont séparés qu'à l'approche de la nuit, et il n'y a eu que quatre onot : la nuit du cinquième, le cinquième, la nuit du sixième et le sixième. Et malgré cela, une fois qu'ils se sont immergés, leur rejet est pur, car la Torah n'a été attentive qu'aux jours.
אֶלָּא רַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר כָּל ה' עוֹנוֹת טְמֵאָה אִם תִּפְלוֹט כְּמַאן וּמֵהֵיכָא לָמַד דְּאַעוֹנוֹת קָפֵיד קְרָא הָא יָמִים כְּתִיב וְקַיְימָא לַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכֻולּוֹ:
Mais R. Akiva : qui dit que pendant toutes les cinq onot elle est impure si elle rejette, selon qui [est-il] ? Et d'où a-t-il appris que le verset est attentif aux onot ? Ce sont des jours qui sont écrits, et nous tenons qu'une partie du jour vaut le jour entier.
לְעוֹלָם ר' עֲקִיבָא כְּר' יוֹסֵי וְכִדְרַב אַדָּא דְּאָמַר מֹשֶׁה כָּל עֲלִיּוֹתָיו בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה וְכָל יְרִידוֹתָיו בְּהַשְׁכָּמָה הִלְכָּךְ יְרִידָה דִּכְתִיב: וַיֵּרֶד מֹשֶׁה מִן הָהָר אֶל הָעָם וַיְקַדֵּשׁ אֶת הָעָם דְּהַיְינוּ פְּרִישָׁה בְּהַשְׁכָּמַת רְבִיעִי הָיְתָה וּמִדְּהֻוזְקַק לְהַפְרִישָׁן בְּהַשְׁכָּמָה ש"מ עַד ה' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת קָפֵיד קְרָא:
En réalité : R. Akiva est selon R. Yossi et selon Rav Ada, qui a dit : Moche, toutes ses montées, il les a faites à l'aube, et toutes ses descentes à l'aube. Par conséquent la descente dont il est écrit : "Moche descendit de la montagne vers le peuple et il sanctifia le peuple", c'est-à-dire la séparation, à eu lieu à l'aube du quatrième [jour]. Et puisqu'il a dû les séparer dès l'aube, on en déduit que le verset est attentif à cinq onot complètes.
🗂️ Tossefot (1)
בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה אַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא אַיְירֵי:
Il est monté à l'aube : [cela] est dit selon R. Akiva.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מֹשֶׁה, בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה וּבְהַשְׁכָּמָה יָרַד. נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם לָזֶה, כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה הָיָה מִן הַחֲסָדִים בְּסוֹד (שְׁמוֹת ב, ב) וַתֵּרֶא אֹתוֹ כִּי טוֹב הוּא, וְלָזֶה אָמַר כִּי מִן הַמַּיִם מְשִׁיתִהוּ (שְׁמוֹת ב, י) שה"ס [שֶׁהוּא סוֹד] הַחֲסָדִים כְּמוֹ שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל, וְלָכֵן בְּהַשְׁכָּמָה שֶׁהוּא זְמַן שְׁלִיטַת הַחֶסֶד עָלָה וּבְהַשְׁכָּמָה יָרַד. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁנֶּאֱמַר בָּאִדְּרָא רַבָּא, מֹשֶׁה לָא פְּסִיק טַעְמָא בְּגַוַּוייְהוּ כִּי קַדְמָאָה שְׁלִים, בָּתְרָאָה שְׁלִים, דְּמִיּוֹמָא דְּאֶתְיַילֵּיד שְׁלִים הֲוָה עַייֵּן שָׁם. וְהַכַּוָּנָה כִּי מִיּוֹם שֶׁנּוֹלַד הִתְחִיל לְקַבֵּל מוֹחִין דְּגַדְלוּת, מַה שֶׁאֵין כֵּן שְׁאָר צַדִּיקִים בַּתְּחִלָּה מְקַבְּלִים מוֹחִין דְּקַטְנוּת, וְלָכֵן בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה וּבְהַשְׁכָּמָה יָרַד כִּי הַשְׁכָּמָה בַּבֹּקֶר מוֹרֶה עַל גַּדְלוּת, וְהוּא רֹאשׁוֹ וְסוֹפוֹ בְּגַדְלוּת, וְלָכֵן תִּמְצָא בְּשִׁבְעָה בַּאֲדָר נוֹלַד וּבְשִׁבְעָה בַּאֲדָר נִפְטַר , לְהוֹרוֹת שֶׁשָּׁוֶה תְּחִילָּתוֹ עִם סוֹפוֹ, וְשִׁבְעָה בַּחֹודֶשׁ הוּא מִלּוּי הַלְּבָנָה שֶׁהוּא זְמַן בְּרָכָה שֶׁלָּהּ.
Moche est monté à l'aube et est descendu à l'aube. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [qu'il y a] une raison à cela : Moche notre maître, que la paix soit sur lui, était [issu] des hassadim (bontés), selon le sod de "Elle vit qu'il était bon" (Chemot 2,2) ; c'est pourquoi elle dit "car je l'ai tiré des eaux" (Chemot 2,10), qui est le sod des hassadim, comme l'a écrit notre maître le Ari, de mémoire bénie. C'est pourquoi il est monté à l'aube, qui est le moment où domine le 'hessed, et il est descendu à l'aube. Ou bien on peut le comprendre, avec l'aide du Ciel, d'après ce qui est dit dans l'Idra Rabba : Moche n'a pas interrompu la saveur parmi eux, car le premier est complet et le dernier est complet, car depuis le jour où il est né il était complet ; voir là-bas. Le sens est que depuis le jour de sa naissance il a commencé à recevoir les mohin de gadlout (conscience de maturité), alors que les autres tsadikim reçoivent d'abord les mohin de katnout (conscience d'enfance). C'est pourquoi il est monté à l'aube et est descendu à l'aube, car l'aube du matin indique la gadlout, et son début et sa fin sont dans la gadlout. C'est ainsi que tu trouves qu'il est né le sept Adar et qu'il est mort le sept Adar, pour montrer que son début est égal à sa fin ; et le sept du mois correspond au remplissement de la lune, qui est son temps de bénédiction.
💡 Explication

La Guemara rattache chaque opinion à la discussion sur le jour de la perisha (séparation) avant le don de la Torah, donné selon tous à Chabbat, avec immersion la nuit de Chabbat.

Rabbanan : séparation le 5e jour ; certains se sont séparés au crépuscule, il ne restait que deux onot, et pourtant on ne s'est pas inquiété : c'est la source de R. Eleazar ben Azaria. R. Yossi : séparation le 4e jour ; au pire quatre onot, compté en jours : c'est R. Ichmael.

R. Akiva compte en onot, ce qui ne correspond à aucune des deux dates. Réponse : il suit R. Yossi, mais Moche a transmis l'ordre de séparation à l'aube du 4e jour ; la séparation couvrait donc exactement cinq onot complètes, et c'est cette durée que le verset exige.

6
בְּהַשְׁכָּמָה עָלָה, דִּכְתִיב: ״וַיַּשְׁכֵּם מֹשֶׁה בַבֹּקֶר וַיַּעַל אֶל הַר סִינַי״. בְּהַשְׁכָּמָה יָרַד, דִּכְתִיב: ״לֶךְ רֵד וְעָלִיתָ אַתָּה וְאַהֲרֹן עִמָּךְ״, מַקִּישׁ יְרִידָה לָעֲלִיָּיה: מה עֲלִייָּה בְּהַשְׁכָּמָה, אַף יְרִידָה בְּהַשְׁכָּמָה.

Il est monté à l'aube, comme il est écrit : "Moche se leva tôt le matin et monta sur le mont Sinaï" (Chemot 34,4). Il est descendu à l'aube, comme il est écrit : "Va, descends, et tu monteras, toi et Aharon avec toi" (Chemot 19,24) : [le verset] compare la descente à la montée ; de même que la montée [se faisait] à l'aube, de même la descente [se faisait] à l'aube.

💡 Explication

Source de Rav Ada bar Ahava. La montée à l'aube est explicite dans le verset. Pour la descente, la Guemara utilise un hekech (rapprochement de deux termes dans un même verset) : "descends" et "tu monteras" sont juxtaposés, la descente suit donc la règle de la montée.

7
לָמָּה לֵיהּ לְמֵימְרָא לְהוּ, וְהָא אָמַר רַב הוּנָא: יִשְׂרָאֵל קְדוֹשִׁים הֵן וְאֵין מְשַׁמְּשִׁין מִטּוֹתֵיהֶן בַּיּוֹם! הָא אָמַר רָבָא: אִם הָיָה בַּיִת אָפֵל — מֻותָּר. וְאָמַר רָבָא וְאִיתֵּימָא רַב פָּפָּא: תַּלְמִיד חָכָם מַאֲפִיל בְּטַלִּיתוֹ, וּמֻותָּר.

Pourquoi avait-il besoin de le leur dire [le matin] ? Rav Houna n'a-t-il pas dit : Israël est saint et n'a pas de relations conjugales le jour !

Mais Rava a dit : si c'était une maison obscure, c'est permis. Et Rava a dit, et certains disent Rav Papa : un talmid 'hakham assombrit [la pièce] avec son talit, et c'est permis.

📜 Rachi (3)
וּפָרְכִינַן לָמָּה לֵיהּ לְמֵימְרָא לְהוּ שַׁחֲרִית בְּלָאו הָכִי נָמֵי לָא הָווּ מְשַׁמְּשֵׁי:
Et nous objectons : pourquoi avait-il besoin de le leur dire : le matin ? De toute façon ils n'avaient pas de relations [le jour].
דְּקָאָמַר רַב הוּנָא דְּאֵין מְשַׁמְּשִׁין בַּיּוֹם דִּכְתִיב (מִשְׁלֵי י״ט:ט״ז) בּוֹזֵה דְּרָכָיו יָמוּת דְּבָעֵי צְנִיעוּתָא שֶׁלֹּא יִסְתַּכְּלוּ:
Que Rav Houna a dit : qu'on n'a pas de relations le jour, car il est écrit (Michle 19,16) : "Celui qui méprise ses voies mourra" ; la pudeur est requise, pour qu'ils ne regardent pas.
תַּלְמִיד חָכָם שֶׁהוּא צָנוּעַ וְלֹא יִסְתַּכֵּל סַגִּי לֵיהּ בְּמַאֲפִיל בְּטַלִּיתוֹ:
Un talmid 'hakham : qui est pudique et ne regardera pas ; il lui suffit d'assombrir avec son talit.
🗂️ Tossefot (1)
יִשְׂרָאֵל קְדוֹשִׁים הֵן כו' וּבְלָאו הָכִי הָיוּ פּוֹרְשִׁין דְּאָמַר בּוֹזֵה דְּרָכָיו יָמוּת זֶה הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ בַּיּוֹם וְעוֹד דִּקְרָאָן קְדוֹשִׁים וְאַתֶּם תִּהְיוּ לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים וְגוֹי קָדוֹשׁ:
Israël est saint, etc. : même sans cela ils se seraient séparés, car il est dit : "Celui qui méprise ses voies mourra", c'est celui qui a des relations le jour ; et de plus [le verset] les appelle saints : "Et vous serez pour Moi un royaume de cohanim et une nation sainte".
💡 Explication

Objection à la réponse précédente : l'ordre donné à l'aube semble inutile, puisque les relations conjugales de jour sont de toute façon exclues par pudeur (Rav Houna).

Réponse : elles sont permises dans une maison obscure, et un talmid 'hakham peut assombrir la pièce avec son talit. L'ordre donné le matin avait donc une portée pratique pour les heures du jour.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).