Shabbat 86b — Tevoul yom au Sinaï, impureté de la semence et date du don de la Torah

Shabbat 86b

Sougya : Le daf poursuit la discussion sur la séparation avant le don de la Torah. Ceux qui s'étaient immergés le vendredi étaient-ils des tevoulei yom ?

Mareimar précise que la Torah était "apte" à leur être donnée. La Guemara explique ensuite pourquoi l'immersion et la réception n'ont eu lieu ni la nuit ni le Chabbat matin (R.

Yitshak). R.

Yo'hanan rapporte l'avis des Hakhamim (six onot complètes), Rav Hisda distingue la semence sortie de la femme de celle sortie de l'homme, et Rav Papa pose des questions laissées en suspens. Enfin s'ouvre la baraita sur la date du don de la Torah : le 6 Sivan selon les Rabbanan, le 7 selon R.

Yossi, tous admettant l'arrivée à Roch Hodech et le don un Chabbat.

Quand s'immerger, quand recevoir la Torah ?Vendredi de jour (avant la nuit)immersion, puis Torah le Chabbat matinRetenu : apte même pour un tevoul yom(Mareimar : "apte", pas "donnée")Nuit du Chabbat (bein hachmachot)immersion et Torah dans la nuitÉcarte : "Je n'ai pas parlé en secret"(Yechaya 48,16) - pas de nuitChabbat matinimmersion et Torah le matinÉcarte : les uns iraient à la Torahpendant que d'autres vont au mikveTevoul yom : immergé le jour même, en attente du coucher du soleil pour la pureté complète.Selon Rachi, le coucher du soleil n'est exigé que pour les kodachim : la Torah pouvait être donnée.
Les trois horaires envisagés pour l'immersion et le don de la Torah (segments 0-1).
Semence (chikhvat zera) : jusqu'à quand rend-elle impur ?Semence rejetéeSortie de la femme(rejet après la relation)Sortie de l'homme(par ex. sur un vêtement)Impure un temps limitéR. Ichmael / R. Akiva : 4-5 onotHakhamim : 6 onot complètesImpure tant qu'elle est humide(Rav Hisda)sèche : ne rend plus impurRav Chechet : "à l'exclusion de la semence corrompue" -> réponse : cela vise la semence sortie de la femme.Rav Papa : semence dans une non-Juive ? dans un animal ? -> teikou (question en suspens).
Durée d'impureté de la semence selon son origine, et les questions de Rav Papa (segments 2-3).
Date du don de la Torah : Rabbanan (6 Sivan) et R. Yossi (7 Sivan)dimlunmarmerjeuvenChabbatRabbanan1 Sivan2 Sivan3 Sivan4 Sivan5 Sivan6 SivanR. Yossi1 Sivan2 Sivan3 Sivan4 Sivan5 Sivan6 Sivan7 SivanAccord : arrivée au Sinaï à Roch Hodech ("ce" / "ce") ; Torah donnée un Chabbat ("souviens-toi" / "souvenez-vous").R. Yossi : Roch Hodech un dimanche, rien dit ce jour (fatigue du voyage) ; lundi : "royaume de cohanim".Mahloket : quel jour de la semaine le mois a été fixé.
La semaine de Sivan selon les Rabbanan et selon R. Yossi (segment 4).
1
וְהָא טְבוּלֵי יוֹם נִינְהוּ? אַבָּיֵי בַּר רָבִין וְרַב חֲנִינָא בַּר אָבִין דְּאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ: נִיתְּנָה תּוֹרָה לִטְבוּל יוֹם. יָתֵיב מָרִימָר וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְמָרִימָר: נִיתְּנָה קָאָמְרַתְּ, אוֹ רְאוּיָה קָאָמְרַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: רְאוּיָה קָאָמֵינָא.

Mais n'étaient-ils pas des tevoulei yom (ayant immergé le jour même, avant le coucher du soleil) ? Abaye bar Rabin et Rav Hanina bar Avin ont dit tous deux : la Torah a été donnée à des tevoulei yom.

Mareimar était assis et énonçait cet enseignement. Ravina dit à Mareimar : dis-tu "à été donnée", ou dis-tu "était apte" ?

Il lui répondit : je dis "apte".

📜 Rachi (2)
וְהָא טְבוּלֵי יוֹם נִינְהוּ כֵּיוָן דִּלְכוּלְּהוּ שָׁמְעִינַן דִּבְלֵילֵי שַׁבָּת טָבְלוּ הָווּ לְהוּ טְבוּלֵי יוֹם כְּשֶׁקִּבְּלוּ תּוֹרָה שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶם הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ אַחַר הַטְּבִילָה וְכֵיוָן דְּהָכִי הוּא אִיכָּא לְמֵימַר דמבע"י טָבְלוּ שָׁם וְאַפֵּ"ה פְּלִיטָתָן טְהוֹרָה וּבָצְרִי לְהוּ חֲדָא עוֹנָה אַלִּיבָּא דְּכוּלְּהוּ:
Mais n'étaient-ils pas des tevoulei yom : puisque, selon tous [ces Tannaim], nous comprenons qu'ils se sont immergés la nuit du Chabbat, ils étaient des tevoulei yom lorsqu'ils ont reçu la Torah, car ils n'ont pas eu le coucher du soleil après l'immersion. Et puisqu'il en est ainsi, on peut dire qu'ils se sont immergés là-bas encore de jour [le vendredi], et que malgré cela leur rejet [postérieur] est pur ; il leur manque donc une ona, selon tous.
רְאוּיָה קָאָמֵינָא רְאוּיָה לִינָּתֵן לִטְבוּלֵי יוֹם וְקָסָבְרִי הָנֵי תַּנָּאֵי לֹא הִקְפִּידָה תּוֹרָה עַל טְבוּלֵי יוֹם דְּלָא כְּתִיב הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ אֶלָּא לְעִנְיַן קָדָשִׁים הִלְכָּךְ כָּל ג' יָמִים הָאֲמוּרִים לְעִנְיַן פְּרִישָׁה הֻוזְקְקוּ לִהְיוֹת קֹודֶם טְבִילָה וּמִיהוּ לֹא נִיתְּנָה לִטְבוּלֵי יוֹם לְפִי שֶׁטָּבְלוּ מבעו"י וְלֹא פָּלְטוּ וְאִם הָיוּ פּוֹלְטוֹת יַחְזְרוּ וְיִטְבְּלוּ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ אֲבָל לֹא הֻוצְרְכוּ לְכָךְ:
Je dis apte : apte à être donnée à des tevoulei yom. Ces Tannaim estiment que la Torah n'a pas été stricte à l'égard des tevoulei yom, car le coucher du soleil n'est écrit qu'à propos des kodachim (choses consacrées). C'est pourquoi les trois jours mentionnés au sujet de la séparation devaient précéder l'immersion. Cependant elle n'a pas été donnée [en fait] à des tevoulei yom, car ils se sont immergés encore de jour et n'ont pas rejeté ; et si elles avaient rejeté, elles se seraient immergées de nouveau à la tombée de la nuit ; mais elles n'en ont pas eu besoin.
💡 Explication

Un tevoul yom est une personne qui s'est immergée et attend encore le coucher du soleil pour être entièrement pure. Selon Rachi, les femmes du Sinaï s'étaient immergées le vendredi : elles étaient donc des tevoulei yom au moment du don de la Torah.

Ravina demande à Mareimar de préciser. Réponse : la Torah était apte à être donnée à des tevoulei yom, car l'attente du coucher du soleil ne concerne que les kodachim. En fait, personne n'a eu besoin de cette permission : aucune n'avait rejeté après l'immersion.

2
וְלִיטְבְּלוּ בֵּינֵי שִׁימְשֵׁי, וְלִיקַבְּלוּ תּוֹרָה בֵּינֵי שִׁימְשֵׁי? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: ״לֹא מֵרֹאשׁ בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי״. וְלִיטְבְּלוּ בְּצַפְרָא דְּשַׁבְּתָא, וְלִיקַבְּלוּ תּוֹרָה בְּצַפְרָא דְשַׁבְּתָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: שֶׁלֹּא יְהֵא הַלָּלוּ הוֹלְכִין לְקַבֵּל תּוֹרָה וְהַלָּלוּ הוֹלְכִין לִטְבִילָה.

Qu'ils s'immergent donc bein hachmachot (au crépuscule) et reçoivent la Torah bein hachmachot ! Rabbi Yitshak a dit : "Dès le commencement, Je n'ai pas parlé en secret" (Yechaya 48,16).

Qu'ils s'immergent donc le Chabbat matin et reçoivent la Torah le Chabbat matin ! Rabbi Yitshak a dit : afin qu'il n'y ait pas ceux-ci allant recevoir la Torah et ceux-là allant à l'immersion.

📜 Rachi (3)
וְלִיטְבְּלוּ בֵּי שִׁמְשֵׁי וְלִיקַבְּלוּ תּוֹרָה בֵּי שִׁמְשֵׁי לֵילֵי שַׁבָּת קָרֵי בֵּי שִׁמְשָׁא בְּכָל דֻּוכְתָּא מִפְּנֵי שֶׁבֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ חָלוּק מִכָּל יָמִים וְהֻוצְרַךְ לְהַזְכִּירוֹ בְּכַמָּה מְקוֹמוֹת וְהָכִי פָּרִיךְ לְר' עֲקִיבָא דְּאָמַר הִקְפִּידָה תּוֹרָה עַל מִנְיַן הָעוֹנוֹת וְלֹא הִקְפִּידָה אֶלָּא עַל חָמֵשׁ לָמָּה לֹא קִבְּלוּהָ בַּלַּיְלָה מִדְּהִמְתִּין עַד הַבֹּקֶר אִיכָּא לְמֵימַר שֶׁהִקְפִּידָה עַל פְּלִיטַת הַלַּיְלָה וְאִיכָּא ו' עוֹנוֹת:
Qu'ils s'immergent bein hachmachot et reçoivent la Torah bein hachmachot : la nuit du Chabbat est appelée partout "bei chimcha", parce que son crépuscule se distingue de celui de tous les [autres] jours et qu'il fallait le mentionner en plusieurs endroits. Voici l'objection, adressée à Rabbi Akiva qui dit que la Torah a été stricte sur le nombre d'onot et ne l'a été que sur cinq : pourquoi ne l'ont-ils pas reçue la nuit ? Du fait qu'Il a attendu jusqu'au matin, on peut dire qu'elle a été stricte sur le rejet de la nuit, et il y a [alors] six onot.
לֹא בַסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי בִּמְקוֹם אֶרֶץ חֹשֶׁךְ וָלַיְלָה חֹשֶׁךְ הוּא:
Je n'ai pas parlé en secret : [la suite du verset dit] "dans un lieu de terre obscure" ; or la nuit est obscure.
לִיטְבְּלוּ בְּשַׁבְּתָא בְּצַפְרָא וְלָמָּה הֻוצְרַךְ לֵירֵד בְּהַשְׁכָּמָה דְּיוֹם אִי פֵּרְשׁוּ עִם חֲשֵׁכָה בַּד' וְיִטְבְּלוּ בְּשַׁבָּת שַׁחֲרִית וְאִם פָּלְטוּ לְאַחַר טְבִילָה טְהוֹרִין דְּהָא עָבְרוּ ה' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת וְאִם פָּלְטוּ לֵילֵי שַׁבָּת וְנִטְמְאוּ לֹא אִיכְפַּת לָן וְטוֹבְלִין שַׁחֲרִית דְּהָא בַּעַל קֶרִי טוֹבֵל בְּיוֹמוֹ וְאֶת אֲמַרְתְּ נִיתְּנָה תּוֹרָה לִטְבוּלֵי יוֹם וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִינַן בֵּיהּ תְּרֵי לִישָּׁנֵי וְגָרְסִינַן הָכִי לְרַבִּי אֶלְעָזָר לִישַׁמְּשׁוּ בִּימָמָא דְּחַמְשָׁא לְר' יִשְׁמָעֵאל לִישַׁמְּשׁוּ בְּלֵילְיָא דְּחַמְשָׁא לְרַבִּי עֲקִיבָא לִישַׁמְּשׁוּ בִּימָמָא דְּאַרְבָּעָה וְאוֹמֵר אֲנִי שֶׁהוּא שִׁיבּוּשׁ וְהַגּוֹרְסוֹ טָעָה וְלֹא יָדַע לְפָרֵשׁ מַהוּ שֶׁאָמַר ר' יִשְׁמָעֵאל פְּעָמִים שֶׁהֵן ה' עוֹנוֹת כו':
Qu'ils s'immergent le Chabbat au matin : pourquoi fallait-il [à Moche] descendre à l'aube du jour ? S'ils s'étaient séparés à la tombée de la nuit du quatrième [jour], ils se seraient immergés le Chabbat au matin. S'ils avaient rejeté après l'immersion, ils seraient purs, puisque cinq onot complètes seraient passées ; et s'ils avaient rejeté la nuit du Chabbat et étaient devenus impurs, peu nous importe : ils s'immergent le matin, car le baal keri s'immerge le jour même ; or tu as dit : la Torah a été donnée à des tevoulei yom. Il y a des livres où l'on a deux versions, et on y lit : selon Rabbi Eleazar, qu'ils aient des relations le jour du cinquième ; selon Rabbi Ichmael, la nuit du cinquième ; selon Rabbi Akiva, le jour du quatrième. Je dis que c'est une erreur : celui qui lit ainsi s'est trompé et n'a pas su expliquer ce qu'a dit Rabbi Ichmael : "parfois ce sont cinq onot", etc.
🗂️ Tossefot (3)
וְלִיטְבְּלוּ בֵּינֵי שִׁימְשֵׁי וְלִיקַבְּלוּ תּוֹרָה בֵּינֵי שִׁימְשֵׁי פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דִּלֵּר' עֲקִיבָא פָּרִיךְ ור"י אוֹמֵר דַּאֲדָר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְר' יִשְׁמָעֵאל נַמֵּי פָּרִיךְ דְּנֵילַף מֵהָכָא דְּאַעוֹנוֹת קָפֵיד קְרָא דְּאִי אַיָּמִים לְקַבְּלוֹ תּוֹרָה בֵּי שִׁימְשֵׁי:
Qu'ils s'immergent bein hachmachot et reçoivent la Torah bein hachmachot : Rachi a expliqué dans le Kountres que l'objection s'adresse à Rabbi Akiva. Le Ri dit qu'elle s'adresse aussi à Rabbi Eleazar ben Azaria et à Rabbi Ichmael : qu'on apprenne d'ici que le verset est strict sur les onot, car si [c'était] sur les jours, qu'ils reçoivent la Torah bein hachmachot.
וְלִיטְבְּלוּ בְּצַפְרָא דְּשַׁבְּתָא הָא וַדַּאי לָא פָּרֵיךְ אֶלָּא לְר' עֲקִיבָא דס"ל דְּאַעוֹנוֹת קָפֵיד קְרָא דְּנֵימָא דִּילְמָא בָּעֵינַן שֵׁשׁ עוֹנוֹת וְכִי תֵּימָא אִם הָיוּ פּוֹלְטוֹת בְּסוֹף לֵיל שַׁבָּת מָתַי יִטְבְּלוּ לִיטְבְּלוּ בְּצַפְרָא דְּשַׁבְּתָא אֲבָל לר"א וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל לָא פָּרֵיךְ דְּנֵימָא דִּילְמָא קָפֵיד רַחֲמָנָא אַעוֹלוֹת דִּפְעָמִים הִיא קֻולָּא כְּגוֹן אִם שִׁימְּשָׁה בִּתְחִילַּת הַלַּיְלָה דְּאִי קָפְדִינַן אַעוֹנוֹת מִשֶּׁעָבְרוּ ה' עוֹנוֹת טְהוֹרָה וְהַשְׁתָּא דְּקָפֵיד אַיָּמִים אֵינָהּ טְהוֹרָה עַד יוֹם רְבִיעִי וּמִיהוּ מָצֵינַן לְמֵימַר דְּפָרִיךְ דִּילְמָא קָפֵיד אַעוֹנוֹת וְאַיָּמִים אַתַּרְוַוייְהוּ לְחוּמְרָא כְּשֶׁשִּׁימְּשָׁה בִּתְחִילַּת הַלַּיְלָה נֵיזִיל בָּתַר יוֹמֵי וְכִי שִׁימְּשָׁה בְּסוֹף הַיּוֹם נֵיזִיל בָּתַר עוֹנוֹת:
Qu'ils s'immergent le Chabbat matin : celle-ci n'est assurément une objection que pour Rabbi Akiva, qui estime que le verset est strict sur les onot : disons que peut-être il faut six onot ; et si tu demandes : si elles rejetaient à la fin de la nuit du Chabbat, quand s'immergeraient-elles ? qu'elles s'immergent le Chabbat matin. Mais pour Rabbi Eleazar et Rabbi Ichmael ce n'est pas une objection, car disons : peut-être le Miséricordieux est-il strict sur les jours, ce qui est parfois une facilité, par exemple si elle a eu une relation au début de la nuit : si l'on était strict sur les onot, elle serait pure dès que cinq onot sont passées ; maintenant qu'Il est strict sur les jours, elle n'est pure qu'au quatrième jour. Cependant on peut dire que c'est une objection [pour eux aussi] : peut-être est-Il strict sur les onot et sur les jours, dans les deux cas pour la rigueur : quand elle a eu une relation au début de la nuit, on suit les jours ; quand elle a eu une relation à la fin du jour, on suit les onot.
אָמַר ר' יִצְחָק שֶׁלֹּא יְהֵא הַלָּלוּ הוֹלְכִים לְקַבֵּל תּוֹרָה וא"ת א"כ מַה צָרִיךְ רַבִּי יִצְחָק לִדְרָשָׁה דְּלָא מֵרֹאשׁ בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאִיצְטְרִיךְ דְּאִי לָאו הָכִי לִיטְבְּלוּ בִּתְחִילַּת לֵילֵי הַשַּׁבָּת וּמֵחֲצוֹת לַיְלָה וְאֵילָךְ יְקַבְּלוּ תּוֹרָה אֲבָל בַּיּוֹם אִם הָיוּ מְאַחֲרִים עַד שֶׁיִּטְבְּלוּ כֻּולָּם הָיוּ מִתְבַּטְּלִין מת"ת:
Rabbi Yitshak a dit : afin qu'il n'y ait pas ceux-ci allant recevoir la Torah : si tu demandes : s'il en est ainsi, pourquoi Rabbi Yitshak a-t-il besoin du drach "Je n'ai pas parlé en secret" ? On peut répondre qu'il en a besoin, car sinon [on dirait] : qu'ils s'immergent au début de la nuit du Chabbat et reçoivent la Torah à partir de minuit. Mais de jour, s'ils tardaient jusqu'à ce que tous se soient immergés, ils seraient détournés de l'étude de la Torah.
💡 Explication

Deux objections et deux réponses de Rabbi Yitshak. Pourquoi ne pas avoir tout fait au crépuscule du vendredi ? Parce que Hachem ne donne pas Sa parole dans l'obscurité ("Je n'ai pas parlé en secret"). Pourquoi ne pas s'immerger le Chabbat matin ? Pour que tout le peuple aille ensemble recevoir la Torah, sans qu'une partie soit encore au mikve.

Rachi et Tossefot discutent à qui s'adressent ces objections : à Rabbi Akiva seul (compté en onot), ou aussi aux Tannaim qui comptent en jours.

3
אָמַר רַבִּי חִייָּא בְּרַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי עֲקִיבָא, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: שֵׁשׁ עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת בָּעֵינַן. אָמַר רַב חִסְדָּא: מַחֲלֹוקֶת שֶׁפֵּירְשָׁה מִן הָאִשָּׁה, אֲבָל פֵּירְשָׁה מִן הָאִישׁ — טְמֵאָה כָּל זְמַן שֶׁהִיא לַחָה. מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: ״וְכָל בֶּגֶד וְכָל עוֹר אֲשֶׁר יִהְיֶה עָלָיו שִׁכְבַת זָרַע״ — פְּרָט לְשִׁכְבַת זֶרַע שֶׁהִיא סְרוּחָה. מַאי לָאו שֶׁפֵּירְשָׁה מִן הָאִישׁ? לֹא, שֶׁפֵּירְשָׁה מִן הָאִשָּׁה.

Rabbi Hiya fils de Rabbi Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : ce sont les paroles de Rabbi Ichmael et de Rabbi Akiva ; mais les Hakhamim disent : il nous faut six onot complètes. Rav Hisda a dit : la divergence [porte sur la semence] qui s'est séparée de la femme ; mais [celle] qui s'est séparée de l'homme est impure tant qu'elle est humide.

Rav Chechet objecta : "Et tout vêtement et toute peau sur lesquels il y aura de la semence" (Vayikra 15,17) : à l'exclusion de la semence corrompue. N'est-ce pas [de la semence] qui s'est séparée de l'homme ?

Non : qui s'est séparée de la femme.

📜 Rachi (5)
אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים ו' עוֹנוֹת שְׁלֵמוֹת סָבְרִי לְהוּ כְּר' יוֹסֵי דְּאָמַר בְּאַרְבָּעָה עֲבִיד פְּרִישָׁה וּבְהַשְׁכָּמָה כְּר' עֲקִיבָא וְלֵית לְהוּ שֶׁטָּבְלוּ בְּלֵילֵי שַׁבָּת אֶלָּא סְבִירָא לְהוּ דְּאוֹתָן שֶׁטָּבְלוּ לֵילֵי שַׁבָּת וּפָלְטוּ לְאַחַר טְבִילָה הֻוצְרְכוּ לִטְבֹּול בְּשַׁבָּת שַׁחֲרִית וּלְפִיכָךְ נִתְעַכְּבָה שְׁכִינָה מִלִּיתֵּן עַד הַבֹּקֶר וְלֹא מִשּׁוּם לֹא בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי לְחוּדֵיהּ:
Mais les Hakhamim disent six onot complètes : ils pensent comme Rabbi Yossi, qui dit que la séparation à été faite le quatrième [jour], et [qu'elle a eu lieu] à l'aube, comme Rabbi Akiva. Ils ne tiennent pas qu'ils se soient immergés la nuit du Chabbat ; ils pensent au contraire que ceux qui s'étaient immergés la nuit du Chabbat et avaient rejeté après l'immersion ont dû s'immerger le Chabbat matin. C'est pourquoi la Chekhina a tardé à la donner jusqu'au matin, et pas seulement à cause de "Je n'ai pas parlé en secret".
שֶׁפֵּירְשָׁה מִן הָאִשָּׁה כְּגוֹן פּוֹלֶטֶת שִׁכְבַת זֶרַע שֶׁקִּבְּלָה מִזָּכָר הוּא דְּאָמַר ר' אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה דְּבִתְרֵי יוֹמֵי מַסְרַחַת מִפִּי שֶׁמִּתְחַמֶּמֶת בְּגוּפָהּ:
Qui s'est séparée de la femme : par exemple [une femme] qui rejette la semence qu'elle a reçue d'un homme ; c'est d'elle que Rabbi Eleazar ben Azaria a dit qu'en deux jours elle se corrompt, parce qu'elle se réchauffe dans son corps.
אֲבָל פֵּירְשָׁה מִן הָאִישׁ עַל הַבֶּגֶד מְטַמְּאָה לְעוֹלָם:
Mais qui s'est séparée de l'homme : sur le vêtement, elle rend impur toujours.
כָּל זְמַן שֶׁהִיא לַחָה וּמִיהוּ מִשֶּׁיָּבְשָׁה לָא מְטַמְּיָא דְּתוּ לָא חַזְיָא לְהַזְרִיעַ:
Tant qu'elle est humide : cependant, une fois desséchée, elle ne rend plus impur, car elle n'est plus apte à féconder.
מַאי לָאו שֶׁפֵּירְשָׁה מִן הָאִישׁ עַל הַבֶּגֶד וּמְטַהֵר לָהּ לַחָה מַסְרַחַת דְּלָא קָתָנֵי פְּרָט לִכְשֶׁיָּבְשָׁה:
N'est-ce pas qui s'est séparée de l'homme : sur le vêtement ; et [la baraita] déclare pure [la semence] humide corrompue, puisqu'elle n'enseigne pas "à l'exclusion de celle qui s'est desséchée".
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל פֵּירְשָׁה מִן הָאִישׁ טְמֵאָה כָּל זְמַן שֶׁהִיא לַחָה הִקְשָׁה ר"ת דְּמַתְנִי' הִיא דִּתְנַן בְּפֶרֶק דַּם הַנִּדָּה (נִדָּה נד:) הַזּוֹב וְהַנִּיעַ וְהָרוֹק וְשִׁכְבַת זֶרַע מְטַמְּאִין לַחִין וְאֵין מְטַמְּאִין יְבֵישִׁין וּמִיהוּ לֹא קָשֶׁה כֻּולֵּי הַאי דְּאִיכָּא לְמֵימַר מְטַמְּאִין לַחִין תּוֹךְ ג' ור"ת מְפָרֵשׁ דְּהָכָא בְּזָכָר שֶׁנִּרְבַּע וּפָלַט זֶרַע דֻּומְיָא דְּאִשָּׁה וְהָתָם בְּרָאָה קֶרִי וְכֵן פֵּי' רַ"ח:
Mais qui s'est séparée de l'homme est impure tant qu'elle est humide : Rabbenou Tam a objecté que c'est une michna, car nous avons appris au chapitre Dam haNidda (Nidda 54b) : le zov, le mucus, la salive et la semence rendent impurs humides et ne rendent pas impurs secs. Cependant ce n'est pas une si grande difficulté, car on peut dire : ils rendent impurs humides [seulement] durant trois [jours]. Rabbenou Tam explique qu'ici [il s'agit] d'un homme ayant subi une relation et qui a rejeté de la semence, à l'instar de la femme ; et là-bas, d'un [homme] qui a eu une émission. C'est ainsi qu'a expliqué Rabbenou Hananel.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan rapporte une troisième position : les Hakhamim exigent six onot complètes (trois jours et trois nuits) avant que la semence rejetée cesse de rendre impur.

Rav Hisda limite la discussion à la semence rejetée par la femme : dans le corps, elle se réchauffe et se corrompt (seroukha), perdant sa capacité de féconder. Sortie de l'homme, par exemple sur un vêtement, elle rend impur tant qu'elle reste humide. Rav Chechet objecte avec la baraita sur la "semence corrompue" ; la Guemara répond qu'elle vise le cas de la femme.

🖼️ Schéma
Rejet de semence : combien d'onot avant la pureté ?R. Ichmael et R. Akiva4 à 6 onot selon R. Ichmael,5 onot complètes selon R. AkivaHakhamim (R. Yo'hanan)6 onot complètes(3 jours et 3 nuits)Rachi : les Hakhamim suivent R. Yossi (séparation le 4e jour, à l'aube) ;ceux qui avaient rejeté après l'immersion du vendredi soir ont dû s'immerger le Chabbat matin.
Les positions sur le nombre d'onot, et la lecture de Rachi pour les Hakhamim.
4
בָּעֵי רַב פָּפָּא: שִׁכְבַת זֶרַע שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּמְעֵי גּוֹיָה מַהוּ? יִשְׂרָאֵל דִּדְאִיגִי בְּמִצְוֹת — חֲבֵיל גּוּפַיְיהוּ, גּוֹיִם דְּלָא דְּאִיגִי בְּמִצְוֹת — לֹא. אוֹ דִּילְמָא: כֵּיוָן דְּאָכְלִין שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים חֲבִיל גּוּפַיְיהוּ. וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר כֵּיוָן דְּאָכְלִי שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים חֲבִיל גּוּפַייְהוּ: בִּמְעֵי בְּהֵמָה מַהוּ? אִשָּׁה הִיא דְּאִית לַהּ פְּרוֹזְדוֹר — מַסְרְחָא, אֲבָל בְּהֵמָה דְּלֵית לַהּ פְּרוֹזְדוֹר — לֹא, אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא. תֵּיקוּ.

Rav Papa demanda : la semence d'un Juif dans le ventre d'une non-Juive, qu'en est-il ? Les Juifs, qui se soucient des mitsvot, leur corps est chaud ; les non-Juifs, qui ne se soucient pas des mitsvot, non.

Ou peut-être : puisqu'ils mangent des chekatsim et des remasim (bestioles et reptiles impurs), leur corps est chaud. Et si tu dis : puisqu'ils mangent chekatsim et remasim, leur corps est chaud, dans le ventre d'un animal, qu'en est-il ?

La femme, qui a un perozdor (vestibule), [la semence] se corrompt ; mais l'animal, qui n'a pas de perozdor, non. Ou peut-être n'y a-t-il pas de différence.

Teikou (la question reste en suspens).

📜 Rachi (5)
שֶׁל יִשְׂרָאֵל בִּמְעֵי כּוּתִית מַהוּ מִי מַסְרַחַת בַּג' יָמִים כְּיִשְׂרְאֵלִית וְאִי פָּלְטָה לֵיהּ בָּתַר ג' טָהוֹר הַנּוֹגֵעַ בַּטִּיפָּה אוֹ לֹא וּלְהָכִי נְקַט שִׁכְבַת זֶרַע שֶׁל יִשְׂרָאֵל דְּאִילּוּ דְּכוּתִי אָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת נִדָּה קִרְיוֹ טָהוֹר בְּפֶ' בְּנוֹת כּוּתִים (נִדָּה דַּף לד.):
La semence d'un Juif dans le ventre d'une Koutit, qu'en est-il : se corrompt-elle en trois jours comme [chez] une Juive, de sorte que, si elle la rejette après trois [jours], celui qui touche la goutte est pur, ou non ? [Rav Papa] a pris le cas de la semence d'un Juif, car pour celle d'un Kouti nous disons dans le traité Nidda, au chapitre Benot Koutim (Nidda 34a), que son émission est pure.
דְּדַייָּגֵי בְּמִצְוֹת לְקַייֵּם מִצְוֹת וַחֲרֵדִים בַּדָּבָר וּמִתּוֹךְ דְּאָגָה מִתְחַמְּמִין כְּדִכְתִיב (תְּהִילִּים ל״ט:ד׳) חַם לִבִּי בְּקִרְבִּי:
Qui se soucient des mitsvot : de les accomplir, et ils sont inquiets à ce sujet ; par l'effet de l'inquiétude ils se réchauffent, comme il est écrit (Tehilim 39,4) : "Mon cœur s'est échauffé en moi".
חֲבִיל חָם:
Havil : chaud.
דְּאִית לָהּ פְּרוֹזְדוֹר בְּשַׂר כָּותְלֵי בֵּית הָרֶחֶם בּוֹלֵט מִן הַשִּׁינַּיִם וְלַחוּץ וּבֵית הָרֶחֶם הָוֵי מִן הַשִּׁינַּיִם וְלִפְנִים:
Qui a un perozdor : la chair des parois de la matrice avance des "dents" vers l'extérieur, et la matrice s'étend des dents vers l'intérieur.
אִשָּׁה אִית לָהּ פְּרוֹזְדוֹר לְפִיכָךְ לֹא שַׁלִּיט בָּהּ אֲוִיר בְּגוּפָהּ וּמִתְחַמֶּמֶת:
La femme a un perozdor : c'est pourquoi l'air n'a pas prise dans son corps, et [la semence] se réchauffe.
💡 Explication

Rav Papa applique le critère de la chaleur du corps, qui fait corrompre la semence, à deux cas nouveaux. Une non-Juive : la chaleur viendrait-elle du souci des mitsvot, ou aussi de l'alimentation ? Un animal : la corruption dépend-elle du perozdor, qui protège la semence de l'air ?

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5
תָּנוּ רַבָּנַן: בְּשִׁשִּׁי בַּחֹדֶשׁ נִיתְּנוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת לְיִשְׂרָאֵל. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה בּוֹ. אָמַר רָבָא: דְּכֻולֵּי עָלְמָא בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲתוֹ לְמִדְבָּר סִינַי. כְּתִיב הָכָא: ״בַּיּוֹם הַזֶּה בָּאוּ מִדְבַּר סִינָי״, וּכְתִיב הָתָם: ״הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם רֹאשׁ חֳדָשִׁים״ — מַה לְהַלָּן רֹאשׁ חֹדֶשׁ, אַף כָּאן רֹאשׁ חֹדֶשׁ. וּדְכוּלֵּי עָלְמָא, בְּשַׁבָּת נִיתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל. כְּתִיב הָכָא: ״זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל הָעָם זָכוֹר אֶת הַיּוֹם הַזֶּה״ — מַה לְהַלָּן בְּעִצּוּמוֹ שֶׁל יוֹם, אַף כָּאן בְּעִצּוּמוֹ שֶׁל יוֹם. כִּי פְּלִיגִי בִּקְבִיעָא דְיַרְחָא: רַבִּי יוֹסֵי סָבַר — בְּחַד בְּשַׁבָּא אִיקְּבַע יַרְחָא, וּבְחַד בְּשַׁבָּא לָא אֲמַר לְהוּ וְלָא מִידֵּי מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּאוֹרְחָא; בִּתְרֵי בְּשַׁבָּא אֲמַר לְהוּ: ״וְאַתֶּם תִּהְיוּ לִי מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים״;

Nos Maîtres ont enseigné : le six du mois, les Dix Paroles ont été données à Israël. Rabbi Yossi dit : le sept.

Rava a dit : selon tous, ils sont arrivés au désert du Sinaï à Roch Hodech. Il est écrit ici : "En ce jour-là, ils arrivèrent au désert du Sinaï" (Chemot 19,1), et il est écrit là-bas : "Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois" (Chemot 12,2) ; de même que là-bas [il s'agit de] Roch Hodech, de même ici Roch Hodech.

Et selon tous, la Torah a été donnée à Israël un Chabbat. Il est écrit ici : "Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier" (Chemot 20,8), et il est écrit là-bas : "Moche dit au peuple : souvenez-vous de ce jour" (Chemot 13,3) ; de même que là-bas [c'était] le jour même, de même ici le jour même.

Ils divergent sur la fixation du mois. Rabbi Yossi pense que le mois a été fixé le premier jour de la semaine ; le premier jour de la semaine, Il ne leur a rien dit, à cause de la fatigue du voyage ; le deuxième jour de la semaine, Il leur a dit : "Et vous serez pour Moi un royaume de cohanim" (Chemot 19,6) ;

📜 Rachi (5)
בּוֹ' בְּחֹדֶשׁ כּוּ' דְּהָא דִּכְתִיב וַיְכַסֵּהוּ הֶעָנָן שֵׁשֶׁת יָמִים וַיִּקְרָא אֶל מֹשֶׁה בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי סְבִירָא לְהוּ כַּר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי דְּאָמַר בפ"ק דְּיוֹמָא (דַּף ד.) זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה אַחַר עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת וְר' יוֹסֵי סְבִירָא לֵיהּ דְּמֹשֶׁה וְכָל יִשְׂרָאֵל עוֹמְדִים לְקַבֵּל עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת וְלֹא בָּא הַכָּתוּב אֶלָּא לַחְלֹק כָּבוֹד לְמֹשֶׁה:
Le six du mois, etc. : quant à ce qui est écrit "Et la nuée le couvrit six jours, et Il appela Moche le septième jour", ils pensent comme Rabbi Yossi haGlili, qui dit au premier chapitre de Yoma (4a) que cela eut lieu après les Dix Paroles. Rabbi Yossi, lui, pense que Moche et tout Israël se tenaient [là] pour recevoir les Dix Paroles, et que le verset ne vient que pour attribuer un honneur à Moche.
כְּתִיב הָכָא הַזֶּה הַזֶּה לִגְזֵירָה שָׁוָה:
Il est écrit ici : "ce" (haze), "ce" (haze), pour une gezera chava (analogie verbale).
מַה לְהַלָּן זָכוֹר אֶת הַיּוֹם הַזֶּה בְּעַצְמוֹ שֶׁל יוֹם הַזְּכִירָה דִּיצִיאַת מִצְרַיִם נֶאֱמַר לְהוּ כְּדִכְתִיב הַזֶּה אַף כָּאן בְּעַצְמוֹ שֶׁל יוֹם הַזְּכִירָה דְּשַׁבָּת נֶאֱמַר לָהֶן זָכוֹר אֶת יוֹם וְגוֹ':
De même que là-bas : "Souvenez-vous de ce jour" : c'est le jour même du souvenir de la sortie d'Égypte que cela leur a été dit, comme il est écrit "ce" ; de même ici, c'est le jour même du souvenir du Chabbat que leur a été dit "Souviens-toi du jour", etc.
בִּקְבִיעָא דְּיַרְחָא בְּאֵיזֶה יוֹם הֻוקְבַּע הַחֹדֶשׁ: מִשּׁוּם חֻולְשָׁא דְּאוֹרְחָא גָּרְסִינַן:
Sur la fixation du mois : quel jour [de la semaine] le mois a été fixé. On lit : "à cause de la fatigue du voyage".
בִּתְרֵי בְּשַׁבָּא אֲמַר לְהוּ וְאַתֶּם תִּהְיוּ לִי וּמֹשֶׁה עָלָה וַיִּקְרָא אֵלָיו כָּל הָעִנְיָן עַד אֵלֶּה הַדְּבָרִים אֲשֶׁר תְּדַבֵּר וְגוֹ' הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה נֶאֶמְרוּ לוֹ לְמָחֳרַת בִּיאָתָם כִּדְאָמְרִינַן כָּל עֲלִיּוֹתָיו בְּהַשְׁכָּמָה הָיוּ וְאַפֵּי' לְמָאֵן דְּלֵית לֵיהּ בְּהַשְׁכָּמָה יָרַד דְּלָא אַקִּישׁ אִית לֵיהּ בְּהַשְׁכָּמָה עֲלָהּ דְּהָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב קְרָא:
Le deuxième jour de la semaine Il leur a dit : "Et vous serez pour Moi" : "Et Moche monta ... et Il l'appela", tout le passage jusqu'à "voici les paroles que tu diras", etc. Ces paroles lui furent dites le lendemain de leur arrivée, puisque nous disons que toutes ses montées se faisaient à l'aube. Et même celui qui ne tient pas qu'il est descendu à l'aube, faute d'admettre le hekech, admet qu'il est monté à l'aube, car le verset l'écrit explicitement.
🗂️ Tossefot (1)
וּכְתִיב הָתָם הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם תֵּימַהּ דִּבְפֶרֶק קַמָּא דִּפְסָחִים (דַּף ו:) פָּרִיךְ אַהַאי קְרָא גּוּפֵיהּ מִמַּאי דִּבְרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי וְי"ל דְּוַדַּאי בְּרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי דְּאָמְרִי' בַּמִּדְרָשׁ (מְכִילְתָּא) שֶׁהֶרְאָהוּ הקב"ה לְמֹשֶׁה בְּאֶצְבַּע וּבִפְסָחִים לָא פָּרֵיךְ אֶלָּא דְּבָעֵי לְמֵילַף מִינָּהּ הָא דְּאָמַר רַשְׁבָּ"ג שֶׁדּוֹרְשִׁין לִפְנֵי הַפֶּסַח בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת שֶׁהֲרֵי נָבִיא עוֹמֵד בר"ח וּמַזְהִיר עַל הַפֶּסַח וּמִמַּאי דְּנָבִיא בְּרֵישׁ יַרְחָא קָאֵי וּנְהִי דִּבְרֹאשׁ חֹדֶשׁ אֲמַר לֵיהּ הקב"ה דִּילְמָא מֹשֶׁה כְּשֶׁאָמַר לְיִשְׂרָאֵל בְּאַרְבַּע' בְּיַרְחָא אוֹ בְּחֻמְשָׁא הֲוָה קָאֵי וּמַסִּיק דְּיָלֵיף מִדָּבָר מִמִּדְבָּר דִּבְהָהוּא דִּבְאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי אֲמִירַת מֹשֶׁה לְיִשְׂרָאֵל הָיְתָה בּוֹ בַּיּוֹם כְּדִכְתִיב בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי וַיִּתְיַלְדוּ עַל מִשְׁפְּחֹותָם וְגוֹ' וא"ת דְּאַמַּאי לָא יָלֵיף הָכָא מִדָּבָר מִמִּדְבָּר כִּדְיָלֵיף הָתָם דְּהָכָא נָמֵי כְּתִיב מִדְבָּר בָּאוּ מִדְבַּר סִינַי וְיֵשׁ לוֹמַר דִּטְפֵי נִיחָא לֵיהּ לְמֵילַף הַזֶּה הַזֶּה וְלֹא מִדְבָּר מִבְּמִדְבָּר:
Et il est écrit là-bas : "Ce mois-ci sera pour vous" : c'est étonnant, car au premier chapitre de Pessahim (6b) [la Guemara] objecte sur ce verset même : d'où [sait-on] qu'il se situe au début du mois ? On peut répondre qu'il se situe assurément au début du mois, car nous disons dans le Midrach (Mekhilta) que le Saint, béni soit-Il, le montra du doigt à Moche. À Pessahim, l'objection ne porte que sur ce qu'on veut en apprendre, à savoir la règle de Rabban Chimon ben Gamliel : on expose les lois de Pessa'h deux semaines avant Pessa'h, puisque le prophète se tient à Roch Hodech et avertit au sujet de Pessa'h. D'où [sait-on] que le prophète se tenait au début du mois ? Admettons que le Saint, béni soit-Il, lui a parlé à Roch Hodech ; peut-être que Moche, lorsqu'il l'a dit à Israël, se tenait au quatre ou au cinq du mois. La [Guemara] conclut qu'on l'apprend par "désert" / "désert" : dans [le verset du] "premier du deuxième mois", la parole de Moche à Israël eut lieu le jour même, comme il est écrit : "le premier du deuxième mois, et ils se déclarèrent selon leurs familles", etc. Si tu demandes : pourquoi n'apprend-on pas ici "désert" / "désert", comme on l'apprend là-bas, puisqu'ici aussi il est écrit "désert" : "ils arrivèrent au désert du Sinaï" ? On peut répondre qu'il lui est plus commode d'apprendre "haze" / "haze" que "désert" / "désert".
🪔 Ben Yehoyada (1)
דְּכֻולֵּי עָלְמָא, בְּשַׁבָּת נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל. נִרְאֶה לִי בס"ד, לְכָךְ אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (שַׁבָּת קטז) וַיְהִי בְּנָסַע הָאָרֹן (בַּמִּדְבָּר י, לה) סֵפֶר בִּפְנֵי עַצְמוֹ שֶׁבָּזֶה תִּהְיֶה הַתּוֹרָה 'שִׁבְעָה סְפָרִים' שֶׁעַל זֶה דָּרְשׁוּ פָּסוּק (מִשְׁלֵי ט, א) חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה, וּמֵאַחַר שֶׁהִיא 'שִׁבְעָה סְפָרִים' נִתְּנָה בְּשַׁבָּת שֶׁהוּא יוֹם הַשְּׁבִיעִי. וְלָכֵן דָּרְשׁוּ בַּתִּיקּוּנִים בְּרֵאשִׁית 'יְרֵא שַׁבָּת' שֶׁבּוֹ נִתְּנָה תּוֹרָה. גַּם נִבְחַר יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְמַתַּן תּוֹרָה, כִּי מִסְפַּר הַשִּׁבְעָה בְּמִסְפַּר הֶקְדֵּמַיי [כְּלוֹמַר א+ב+ג+ ... ז = 28] הוּא מִסְפַּר כ"ח שֶׁבּוֹ הָאָדָם מוֹסִיף כֹּחַ בִּקְדֻושָּׁה, וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי (דְּבָרִים ח, יח) וְזָכַרְתָּ אֶת ה' אֱ-לֹהֶיךָ כִּי הוּא הַנֹּתֵן לְךָ כֹּחַ לַעֲשׂוֹת חָיִל, שֶׁלֹּא נִתְּנוּ שַׁבָּתוֹת אֶלָּא לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה. וְנִמְצָא לְפִי זֶה הַתְחָלַת הַהֲכָנָה שֶׁל מַתַּן תּוֹרָה הָיָה בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ, דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ (שְׁמוֹת יט, ב) בָּאוּ מִדְבַּר סִינַי וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל נֶגֶד הָהָר, וְהַסּוֹף קִבְּלוּ הַתּוֹרָה עַל הָהָר בְּיוֹם שַׁבָּת, הֲרֵי הַהַתְחָלָה בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ וְהַגְּמָר בְּשַׁבָּת. וְנִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם לָזֶה עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב הָרַב מוהר"י עַנְתֶּבִּי זַ"ל [חָכָם יַעֲקֹב עַנְתֶּבִּי שֶׁהָיָה רֹאשׁ קְהִילַּת דַּמֶּשֶׂק] בְּסֵפֶר נָאוָה תְּהִלָּה, שֶׁכָּתוּב (בְּסֵפֶר שַׁעֲרֵי גַּן עֵדֶן דַּף עג) עַל פָּסוּק (תְּהִלִּים מה, ב) רָחַשׁ לִבִּי דָּבָר טוֹב, שֶׁיֵּשׁ שֵׁם קָדוֹשׁ וְנוֹרָא שְׁמוֹ 'רח"ש' וְהוּא מְגָרֵשׁ הַחִיצוֹנִים, וְצָרִיךְ לְכַוֵּין בּוֹ בְּסוֹפֵי תּוֹרָה (שְׁמוֹת ל, לָהּ) מֶמֶל ח טָהוּ ר קד ש בְּכָל יוֹם, וְהוּא טוֹב וּמְסֻוגָּל לִזְכִירָה עַייֵּן שָׁם. וְכָתַב עוֹד מִסֵּפֶר מְקוֹר הַשֵּׁמוֹת שֶׁשֵּׁם 'רח"ש' עִם שֵׁם 'תמ"ף' מְסָרוֹ יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה לְבָנָיו בִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ, כְּדֵי לְהַזְכִּירוֹ בְּעֵת צָרָה וְיִוָּשְׁעוּ עַיֵּין שָׁם. וּבָזֶה מוּבָן הַטַּעַם בְּקַבָּלַת הַתּוֹרָה שֶׁהַתְחָלָתָהּ הָיְתָה בְּרֹאשׁ חֹודֶשׁ וְהַגְּמָר בְּשַׁבָּת, כִּי רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ר אֵשׁ ח דָּשׁ ש בַּת הוּא 'רח"ש' שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת שֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר, וְיִשְׂרָאֵל בְּקַבָּלַת הַתּוֹרָה הָיוּ צְרִיכִים לְהַשְׁפָּעַת שֵׁם הַנִּזְכָּר כְּדֵי לְגָרֵשׁ הַחִיצוֹנִים מֵעֲלֵיהֶם, וְגַם כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה לָהֶם זְכִירָה גְּדוֹלָה בַּתּוֹרָה. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד טַעַם נָכוֹן לְמַה שֶׁנֶּאֱמַר בְּפִנְחָס (בַּמִּדְבָּר כו, מו) וְשֵׁם בַּת אָשֵׁר שָׂרַח , וְיֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה פֵּרֵט אוֹתָהּ דַּוְקָא? וְעוֹד הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'וּבַת אֲשֶׁר שָׂרַח'? וּבָזֶה מוּבָן שֶׁהִיא זָכְתָה זְכִיָּה גְּדוֹלָה לְהִקָּרֵא 'שָׂרַח ' שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת שֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר, וְלָכֵן חָלַק לָהּ הַכָּתוּב כָּבוֹד שֶׁהוּא אוֹתִיּוֹת שֵׁם הַקָּדוֹשׁ הַנִּזְכָּר, וְלָכֵן חָלַק לָהּ הַכָּתוּב כָּבוֹד מִצַּד שְׁמָהּ לִפְרֹוט אוֹתָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וְלָזֶה אָמַר 'וְשָׁם' פֵּירוּשׁ תֵּדוּק בִּשְׁמָא! וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי טַעַם בְּדִבְרֵי הַמִּדְרָשׁ (דְּבָרִים רַבָּה יא, ז) בְּעִנְיַן אֲרוֹנוֹ שֶׁל יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה בְּעֵת שֶׁבִּקְּשׁוּ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה וְלֹא מָצְאָה פָּגְעָה בּוֹ 'סְגֻולָּה' וְכוּ', וּמְפֹורָשׁ כִּי הִיא הָיְתָה שָׂרַח בַּת אָשֵׁר, וְצָרִיךְ לְפָרֵשׁ לָמָּה מְכַנֶּה אֶת שָׂרַח בְּשֵׁם 'סְגֻולָּה'? וּבָזֶה נִיחָא כִּי שְׁמָהּ הוּא 'סְגֻולָּה' לְעִנְיַן זְכִירָה וּלְעִנְיַן גֵּירוּשׁ הַחִיצוֹנִים כָּאָמוּר, וְהָיָה דַּרְכָּן שֶׁל חֲכָמֵינוּ זַ"ל לְכַוֵּין בַּשֵּׁם הַקָּדוֹשׁ הָרָמוּז בִּשְׁמָהּ לְכָךְ קָרוּ אוֹתָהּ בְּשֵׁם 'סְגֻולָּה'.
Selon tous, la Torah a été donnée à Israël un Chabbat. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [en donner la raison]. Nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Chabbat 116a) que [la section] "Et lorsque l'arche partait" (Bamidbar 10,35) est un livre à part entière, de sorte que la Torah compte "sept livres" ; c'est à ce sujet qu'ils ont interprété le verset (Michle 9,1) : "Elle a taillé ses sept colonnes". Puisqu'elle compte sept livres, elle a été donnée le Chabbat, qui est le septième jour. C'est pourquoi on a interprété dans les Tikounim [le mot] Berechit comme "yara Chabbat" (Il a craint le Chabbat), car c'est en lui que la Torah a été donnée. De plus, le septième jour a été choisi pour le don de la Torah parce que le nombre sept, en valeur cumulée (mispar hakadmi) [c'est-à-dire 1+2+3+...+7 = 28], vaut 28, [valeur du mot] koah (force), par lequel l'homme ajoute de la force dans la sainteté. C'est ainsi que j'ai expliqué (Devarim 8,18) : "Et tu te souviendras de Hachem ton D.ieu, car c'est Lui qui te donne la force (koah) d'agir avec vaillance" : les Chabbatot n'ont été donnés que pour s'occuper de Torah. Il en ressort que le début de la préparation du don de la Torah eut lieu à Roch Hodech, puisque selon tous c'est à Roch Hodech (Chemot 19,2) qu'"ils arrivèrent au désert du Sinaï, et Israël campa là, face à la montagne" ; et à la fin, ils reçurent la Torah sur la montagne le jour du Chabbat : le début à Roch Hodech et l'achèvement le Chabbat. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a à cela une raison, d'après ce qu'a écrit le Rav Rabbi Y. Antebi, de mémoire bénie ['Hakham Yaakov Antebi, qui était à la tête de la communauté de Damas], dans le livre Nava Tehila : il est écrit (dans le livre Chaarei Gan Éden, p. 73), sur le verset (Tehilim 45,2) "Mon cœur bouillonne (rahach) d'une bonne parole", qu'il existe un Nom saint et redoutable, RaHaCh, qui chasse les hitsonim (forces extérieures). Il faut s'y concentrer [en lisant] les lettres finales de (Chemot 30,35) "memoulah tahor kodech" chaque jour ; c'est bon et propice à la mémoire, voir là-bas. Il a encore écrit, d'après le livre Mekor haChemot, que le nom RaHaCh, avec le nom TaMaF, Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, les transmit à ses fils au moment de sa mort, afin qu'ils le mentionnent au moment de la détresse et soient sauvés ; voir là-bas. Par là se comprend la raison pour laquelle la réception de la Torah a commencé à Roch Hodech et s'est achevée le Chabbat : les initiales de Roch Hodech Chabbat forment RaHaCh, les lettres du Nom saint mentionné. Israël, en recevant la Torah, avait besoin de l'influx de ce Nom pour chasser d'eux les hitsonim, et aussi pour avoir une grande mémoire dans la Torah. Par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, une raison juste à ce qui est dit dans Pinhas (Bamidbar 26,46) : "Et le nom de la fille d'Acher : Serah". On peut demander pourquoi [le verset] la mentionne précisément, elle ; de plus, il aurait dû dire "et la fille d'Acher, Serah". Par là se comprend qu'elle a eu le grand mérite d'être appelée Serah, qui a les lettres du Nom saint mentionné ; c'est pourquoi le verset lui a fait honneur à cause de son nom, en la mentionnant à part, et c'est pourquoi il dit "et le nom", c'est-à-dire : examine attentivement le nom ! Par là j'ai expliqué une raison aux paroles du Midrach (Devarim Rabba 11,7) au sujet du cercueil de Yossef le juste, que la paix soit sur lui : lorsque Moche notre maître, que la paix soit sur lui, le cherchait sans le trouver, une "segoula" le rencontra, etc. ; et il est expliqué qu'il s'agissait de Serah fille d'Acher. Il faut expliquer pourquoi [le Midrach] désigne Serah du nom de "segoula". Par là c'est clair : son nom est une segoula (vertu protectrice) pour la mémoire et pour chasser les hitsonim, comme on l'a dit ; les Sages, de mémoire bénie, avaient l'habitude de se concentrer sur le Nom saint auquel son nom fait allusion, c'est pourquoi ils l'ont appelée "segoula".
💡 Explication

Nouvelle baraita : la date du don de la Torah. Les Rabbanan disent le 6 Sivan, Rabbi Yossi le 7 Sivan.

Rava établit deux points admis par tous, chacun par une gezera chava (analogie verbale) : l'arrivée au Sinaï eut lieu à Roch Hodech ("ce" / "ce"), et la Torah fut donnée un Chabbat ("souviens-toi" / "souvenez-vous"). La divergence porte donc sur le jour de la semaine où tombait Roch Hodech : dimanche selon Rabbi Yossi, lundi selon les Rabbanan. Le déroulement jour par jour se poursuit sur le daf suivant.

🖼️ Schéma
Date du don de la Torah : Rabbanan (6 Sivan) et R. Yossi (7 Sivan)dimlunmarmerjeuvenChabbatRabbanan1 Sivan2 Sivan3 Sivan4 Sivan5 Sivan6 SivanR. Yossi1 Sivan2 Sivan3 Sivan4 Sivan5 Sivan6 Sivan7 SivanAccord : arrivée au Sinaï à Roch Hodech ("ce" / "ce") ; Torah donnée un Chabbat ("souviens-toi" / "souvenez-vous").R. Yossi : Roch Hodech un dimanche, rien dit ce jour (fatigue du voyage) ; lundi : "royaume de cohanim".Mahloket : quel jour de la semaine le mois a été fixé.
Roch Hodech le dimanche (R. Yossi) ou le lundi (Rabbanan) : le Chabbat tombe le 7 ou le 6 Sivan.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).