Sougya : Le daf poursuit la discussion sur la séparation avant le don de la Torah. Ceux qui s'étaient immergés le vendredi étaient-ils des tevoulei yom ?
Mareimar précise que la Torah était "apte" à leur être donnée. La Guemara explique ensuite pourquoi l'immersion et la réception n'ont eu lieu ni la nuit ni le Chabbat matin (R.
Yitshak). R.
Yo'hanan rapporte l'avis des Hakhamim (six onot complètes), Rav Hisda distingue la semence sortie de la femme de celle sortie de l'homme, et Rav Papa pose des questions laissées en suspens. Enfin s'ouvre la baraita sur la date du don de la Torah : le 6 Sivan selon les Rabbanan, le 7 selon R.
Yossi, tous admettant l'arrivée à Roch Hodech et le don un Chabbat.
Mais n'étaient-ils pas des tevoulei yom (ayant immergé le jour même, avant le coucher du soleil) ? Abaye bar Rabin et Rav Hanina bar Avin ont dit tous deux : la Torah a été donnée à des tevoulei yom.
Mareimar était assis et énonçait cet enseignement. Ravina dit à Mareimar : dis-tu "à été donnée", ou dis-tu "était apte" ?
Il lui répondit : je dis "apte".
Un tevoul yom est une personne qui s'est immergée et attend encore le coucher du soleil pour être entièrement pure. Selon Rachi, les femmes du Sinaï s'étaient immergées le vendredi : elles étaient donc des tevoulei yom au moment du don de la Torah.
Ravina demande à Mareimar de préciser. Réponse : la Torah était apte à être donnée à des tevoulei yom, car l'attente du coucher du soleil ne concerne que les kodachim. En fait, personne n'a eu besoin de cette permission : aucune n'avait rejeté après l'immersion.
Qu'ils s'immergent donc bein hachmachot (au crépuscule) et reçoivent la Torah bein hachmachot ! Rabbi Yitshak a dit : "Dès le commencement, Je n'ai pas parlé en secret" (Yechaya 48,16).
Qu'ils s'immergent donc le Chabbat matin et reçoivent la Torah le Chabbat matin ! Rabbi Yitshak a dit : afin qu'il n'y ait pas ceux-ci allant recevoir la Torah et ceux-là allant à l'immersion.
Deux objections et deux réponses de Rabbi Yitshak. Pourquoi ne pas avoir tout fait au crépuscule du vendredi ? Parce que Hachem ne donne pas Sa parole dans l'obscurité ("Je n'ai pas parlé en secret"). Pourquoi ne pas s'immerger le Chabbat matin ? Pour que tout le peuple aille ensemble recevoir la Torah, sans qu'une partie soit encore au mikve.
Rachi et Tossefot discutent à qui s'adressent ces objections : à Rabbi Akiva seul (compté en onot), ou aussi aux Tannaim qui comptent en jours.
Rabbi Hiya fils de Rabbi Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : ce sont les paroles de Rabbi Ichmael et de Rabbi Akiva ; mais les Hakhamim disent : il nous faut six onot complètes. Rav Hisda a dit : la divergence [porte sur la semence] qui s'est séparée de la femme ; mais [celle] qui s'est séparée de l'homme est impure tant qu'elle est humide.
Rav Chechet objecta : "Et tout vêtement et toute peau sur lesquels il y aura de la semence" (Vayikra 15,17) : à l'exclusion de la semence corrompue. N'est-ce pas [de la semence] qui s'est séparée de l'homme ?
Non : qui s'est séparée de la femme.
Rabbi Yo'hanan rapporte une troisième position : les Hakhamim exigent six onot complètes (trois jours et trois nuits) avant que la semence rejetée cesse de rendre impur.
Rav Hisda limite la discussion à la semence rejetée par la femme : dans le corps, elle se réchauffe et se corrompt (seroukha), perdant sa capacité de féconder. Sortie de l'homme, par exemple sur un vêtement, elle rend impur tant qu'elle reste humide. Rav Chechet objecte avec la baraita sur la "semence corrompue" ; la Guemara répond qu'elle vise le cas de la femme.
Rav Papa demanda : la semence d'un Juif dans le ventre d'une non-Juive, qu'en est-il ? Les Juifs, qui se soucient des mitsvot, leur corps est chaud ; les non-Juifs, qui ne se soucient pas des mitsvot, non.
Ou peut-être : puisqu'ils mangent des chekatsim et des remasim (bestioles et reptiles impurs), leur corps est chaud. Et si tu dis : puisqu'ils mangent chekatsim et remasim, leur corps est chaud, dans le ventre d'un animal, qu'en est-il ?
La femme, qui a un perozdor (vestibule), [la semence] se corrompt ; mais l'animal, qui n'a pas de perozdor, non. Ou peut-être n'y a-t-il pas de différence.
Teikou (la question reste en suspens).
Rav Papa applique le critère de la chaleur du corps, qui fait corrompre la semence, à deux cas nouveaux. Une non-Juive : la chaleur viendrait-elle du souci des mitsvot, ou aussi de l'alimentation ? Un animal : la corruption dépend-elle du perozdor, qui protège la semence de l'air ?
Aucune réponse n'est trouvée : teikou.
Nos Maîtres ont enseigné : le six du mois, les Dix Paroles ont été données à Israël. Rabbi Yossi dit : le sept.
Rava a dit : selon tous, ils sont arrivés au désert du Sinaï à Roch Hodech. Il est écrit ici : "En ce jour-là, ils arrivèrent au désert du Sinaï" (Chemot 19,1), et il est écrit là-bas : "Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois" (Chemot 12,2) ; de même que là-bas [il s'agit de] Roch Hodech, de même ici Roch Hodech.
Et selon tous, la Torah a été donnée à Israël un Chabbat. Il est écrit ici : "Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier" (Chemot 20,8), et il est écrit là-bas : "Moche dit au peuple : souvenez-vous de ce jour" (Chemot 13,3) ; de même que là-bas [c'était] le jour même, de même ici le jour même.
Ils divergent sur la fixation du mois. Rabbi Yossi pense que le mois a été fixé le premier jour de la semaine ; le premier jour de la semaine, Il ne leur a rien dit, à cause de la fatigue du voyage ; le deuxième jour de la semaine, Il leur a dit : "Et vous serez pour Moi un royaume de cohanim" (Chemot 19,6) ;
Nouvelle baraita : la date du don de la Torah. Les Rabbanan disent le 6 Sivan, Rabbi Yossi le 7 Sivan.
Rava établit deux points admis par tous, chacun par une gezera chava (analogie verbale) : l'arrivée au Sinaï eut lieu à Roch Hodech ("ce" / "ce"), et la Torah fut donnée un Chabbat ("souviens-toi" / "souvenez-vous"). La divergence porte donc sur le jour de la semaine où tombait Roch Hodech : dimanche selon Rabbi Yossi, lundi selon les Rabbanan. Le déroulement jour par jour se poursuit sur le daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).