Shabbat 89b — Les Patriarches et la défense d'Israël ; mesures de la hotsaa

Shabbat 89b

Sougya : Le daf achève les noms du mont Sinaï (Horev, selon R. Abahou Sinaï) puis revient au verset "si vos péchés sont comme l'écarlate", source du ruban écarlate de Yom Kippour.

Rava et R. Yonatan décrivent une scène future : Hachem renvoie Israël vers ses Patriarches ; Avraham et Yaakov ne plaident pas pour eux, Yitshak les défend par un calcul des années de faute et par le rappel de naassé ve-nichma.

Suit l'enseignement sur la descente de Yaakov en Égypte, adoucie par son mérite. La michna reprend ensuite les lois de la hotsaa (sortie) et fixe les quantités de bois, d'épices, de teintures et de détergents ; la Guemara explique pourquoi la mesure du bois est répétée et commence à confronter la règle de combinaison des épices.

Lecture de Yechayahou 63,16 : Hachem dit à chaque Patriarche 'tes enfants ont péché'HachemTes enfants ont péchéAvrahamQu'ils soient effacéspour sanctifier Ton NomYaakov(a connu la peine d'éleverdes enfants) : même réponseYitshakMes enfants et pasles Tiens ? (naassé / nichma)Pas de raison chez les anciens, pas de conseil chez les jeunesCalcul de Yitshak70 - 20 - 25 - 12,5 = 12,5 ansmoitié sur moi, moitié sur ToiIsraël : Ki ata avinou (à Yitshak)Yitshak montre Hachem :Ata Hachem avinou
Le récit de R. Chmouel bar Nahmani : seul Yitshak défend Israël, puis renvoie la louange vers Hachem.
Hôtsaa (sortie d'un domaine à l'autre) : seuils de culpabilitéBois (etsim)de quoi cuire une beitsa kalaÉpices (tavlin)de quoi assaisonner une beitsa kala ; se combinentTeintures : coques de noix, écorces de grenade, isatis, garancede quoi teindre un petit tissu au bord de la résilleDétergents : urine, neter, borit, kimolia, achlagde quoi laver ce petit tissu ; R. Yehouda : effacer une tache
La michna fixe, pour chaque matière, la quantité à partir de laquelle la sortie est une melakha passible.
1
שֶׁפָּרוּ וְרָבוּ יִשְׂרָאֵל עָלָיו; מִדְבַּר סִינַי — שֶׁיָּרְדָה שִׂנְאָה לְאֻומּוֹת הָעוֹלָם עָלָיו. וּמַה שְׁמוֹ? ״חוֹרֵב״ שְׁמוֹ. וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אָבָהוּ, דְּאָמַר רַבִּי אָבָהוּ: ״הַר סִינַי״ שְׁמוֹ. וְלָמָּה נִקְרָא ״הַר חוֹרֵב״ — שֶׁיָּרְדָה חָורְבָּה לְאֻומּוֹת הָעוֹלָם עָלָיו.

[Midbar Paran], parce qu'Israël s'y est multiplié et accru (paru ve-rabu) ; Midbar Sinaï, parce que la haine (sina) est descendue sur les nations du monde en ce lieu. Et quel est son nom ?

Horev est son nom. Et cela diverge de R.

Abahou, car R. Abahou a dit : Har Sinaï est son nom.

Et pourquoi est-il appelé Har Horev ? Parce que la destruction (hourba) est descendue sur les nations du monde en ce lieu.

📜 Rachi (1)
שֶׁפָּרוּ וְרַבּוּ דְּכָל אֶחָד נִתְעַבְּרָה אִשְׁתּוֹ זָכָר בְּמִצְוַת שׁוּבוּ לָכֶם לְאָהֳלֵיכֶם וְלָא יָדַעְנָא הֵיכָא רְמִיזָא:
Ils se multiplièrent et s'accrurent : chacun dont la femme conçut un garçon, lors de l'ordre "retournez à vos tentes" (Devarim 5,27) ; et je ne sais pas où cela est suggéré.
🪔 Ben Yehoyada (2)
שֶׁפָּרוּ וְרַבּוּ עָלָיו יִשְׂרָאֵל. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'שֶׁנִּתְעַבְּרָה כָּל אַחַת זָכָר' וְלָא יָדַעְנָא הֵיכָא רְמִיזָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דָּיֵיק לָהּ מִתֵּיבַת 'לָכֶם' דְּנִרְאֶה יֶתֶר, אֶלָּא וַדַּאי קָא מַשְׁמָע לַן לָכֶם 'כַּיּוֹצֵא בָּכֶם' רְצוֹנוֹ לוֹמַר תּוֹלִידוּ בָּנִים שֶׁיִּהְיוּ זְכָרִים כְּמוֹכֶם, שֶׁהַזָּכָר נוֹצָר מִתִּגְבֹּורֶת זֶרַע הָאִישׁ וְעַייֵּן בְּבֵיצָה. וְדַע שֶׁיֵּשׁ לְהַקְשׁוֹת עַל זֶה מִבְּנוֹת צְלָפְחָד, דְּאַמַּאי לֹא נִתְעַבְּרָה אִמָּם בְּבֶן זָכָר אַחַר מַתַּן תּוֹרָה? וְאֵין לוֹמַר דְּאִמָּם מֵתָה קֹודֶם, דְּהָא אָמְרוּ אִם לֹא תִּתֵּן לָנוּ יְרֻושָּׁה תִּתְייַבֵּם אִמֵּנוּ (בָּבָא בָּתְרָא קיט:), נִמְצָא בְּעֵת תְּבִיעָתָם הָיְתָה בַּחַיִּים, וְגַם אֵין לוֹמַר דְּהָיָה לוֹ בָּנִים וּמֵתוּ, דְּהָא כְּתִיב (בַּמִּדְבָּר כו, לג) וּצְלָפְחָד בֶּן חֵפֶר לֹא הָיוּ לוֹ בָּנִים כִּי אִם בָּנוֹת, וְכֵיוָן דְּאָמַר 'כִּי אִם' מַשְׁמַע דְּלָא הֲוָה לֵיהּ מֵעִיקָּרָא כְּלוּם! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּעִיבּוּרָם בִּזְכָרִים בְּאוֹתוֹ לַיְלָה שֶׁשָּׁבוּ אֵצֶל נְשׁוֹתֵיהֶם, וְיֵשׁ שֶׁנְּשׁוֹתֵיהֶם פֵּרְסוּ נִדָּה וְלֹא נִזְקְקוּ בַּעֲלֵיהֶם לָהֶם בְּאוֹתָהּ לַיְלָה, וְכֵיוָן דְּעָבְרָה אוֹתָהּ לַיְלָה גַּם סְגֻולָּה זוֹ עָבְרָה וּבָטְלָה. אִי נָמֵי בְּהַשְׁגָּחָה פְּרָטִית לֹא הָיָה בֵּן לִצְלָפְחָד דַּוְקָא, כְּדֵי שֶׁבְּנוֹתָיו יָרְשׁוּ כָּל הַנַּחֲלָה וְיִזְכּוּ שֶׁתִּכָּתֵב פָּרָשַׁת נְחָלוֹת עַל יָדָם וּמוּ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל, וְאֵין לוֹמַר דִּצְלָפְחָד עֲדַיִין לֹא נָשָׂא אִשָּׁה בְּמַתַּן תּוֹרָה דְּזֶה אֵינוֹ, דְּהָא בְּבָתְרָא (דַּף קיט:) אָמְרוּ אֲפִילּוּ קְטַנָּה שֶׁבָּהֶם לֹא נִשֵּׂאת פָּחוֹת מֵאַרְבָּעִים שָׁנָה, אֶלָּא מִתּוֹךְ שֶׁצִּדְקָנִיּוֹת הָיוּ נַעֲשָׂה לָהֶם כְּיוֹכֶבֶד וְיָלְדוּ יְעֻוייַּן שָׁם. מִיהוּ יֵשׁ לוֹמַר דְּאוּלַי הָיָה לוֹ זִיבָה קֹודֶם מַתַּן תּוֹרָה וְנַעֲשָׂה עִקָּר, וּלְכָךְ לֹא הָיָה רָאוּי לְהוֹלִיד אַחַר מַתַּן תּוֹרָה. וַעֲדַייִן צָרִיךְ טַעַם לְדָבָר זֶה שֶׁנִּתְעַבְּרוּ בִּזְכָרִים? ונ"ל בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב הַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל בְּפֶתַח עֵינַיִים בְּמַסֶּכֶת נִדָּה בְּשֵׁם רַבֵּינוּ מהרח"ו [מוֹרֵנוּ הָרַב רַבִּי חַיִּים וִיטַאל] זַ"ל, הַטַּעַם שֶׁבְּלֵידַת הַזָּכָר הַכֹּל שְׂמֵחִין, וּבַנְּקֵבָה הַכֹּל עָצְבִין אֲפִילּוּ הַמַּלְאָכִים , מִפְּנֵי שֶׁהַנְּקֵבָה יֵשׁ בָּהּ חֵלֶק גָּדוֹל מִזֻּוהֲמַת הַנָּחָשׁ שֶׁהֵטִיל בְּחַוָּה, וּלְכָךְ יֵשׁ לָהּ טֻומְאַת נִדָּה שֶׁזֶּה הוּא מִזֻּוהֲמַת הַנָּחָשׁ, מַה שֶׁאֵין כֵּן הַזָּכָר עַייֵּן שָׁם. וְלָכֵן כֵּיוָן שֶׁעָמְדוּ עַל הַר סִינַי פָּסְקָה זֻוהֲמַת הַנָּחָשׁ, לְכָךְ יָלְדוּ זְכָרִים דְּלֵית בְּהוּ זֻוהֲמָא. אִי נָמֵי כֵּיוָן שֶׁקִּבְּלוּ עֲלֵיהֶם בְּסִינַי חֵלֶק הַתַּלְמוּד לַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה, נֶחֱלַשׁ כֹּחַ הַחֹומֶר שֶׁבְּגוּפָם וְנִתְמַעֵט כֹּחַ הַתַּאֲוָה מִמֵּילָא, וְלָכֵן בְּעֵת שֶׁנִּזְקְקוּ לִנְשׁוֹתֵיהֶם הַנָּשִׁים הִזְרִיעוּ תְּחִלָּה, כִּי הַנָּשִׁים לֹא נֶחֱלַשׁ כֹּחַ תַּאֲוָה שֶׁבְּגוּפָם, כִּי הֵם לֹא נִכְנְסוּ בְּעֹול לִימּוּד הַתּוֹרָה. וּמַה שֶׁאָמַר 'מִדְבַּר צִין' שֶׁנִּצְטַוּוּ יִשְׂרָאֵל עָלָיו , פֵּירוּשׁ שֶׁהָיוּ שׁוֹמְרִים קֹודֶם זֶה כַּמָּה מִצְוֹת מִן הַתּוֹרָה מִזְּמַן הָאָבוֹת, אַךְ בְּסִינַי הָיוּ בְּסוּג מְצֻוִּוים וְעוֹשִׂים דִּתְקִיף הַיֵּצֶר בְּכָךְ.
Israël s'y est multiplié et accru. Rachi explique : chaque femme conçut un garçon, et [il ajoute] : je ne sais pas où c'est suggéré. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il le déduit du mot "lakhem" (retournez "à vous" à vos tentes), qui paraît superflu ; il nous enseigne donc "lakhem" au sens de "comme vous" : vous engendrerez des fils qui seront des mâles comme vous, car le mâle se forme par la prédominance de la semence de l'homme, voir [le traité] Beitsa. Sache qu'on peut objecter à cela les filles de Tselofhad : pourquoi leur mère n'a-t-elle pas conçu un garçon après le don de la Torah ? On ne peut pas dire que leur mère soit morte avant, car on a dit : "si tu ne nous donnes pas d'héritage, que notre mère fasse le yiboum" (Bava Batra 119b) ; elle était donc en vie au moment de leur demande. On ne peut pas dire non plus qu'il avait eu des fils qui sont morts, puisqu'il est écrit : "Tselofhad fils de Héfer n'avait pas de fils, seulement des filles" (Bamidbar 26,33), et puisqu'il dit "seulement", cela implique qu'il n'en avait jamais eu. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la conception de garçons concernait cette nuit-là où ils revinrent chez leurs femmes ; or certaines de ces femmes étaient nidda et leurs maris ne s'unirent pas à elles cette nuit-là, et une fois la nuit passée, cette vertu particulière (segoula) passa et cessa. Ou bien, par une providence particulière, Tselofhad précisément n'eut pas de fils, afin que ses filles héritent toute la part et méritent que la section des héritages soit écrite par leur intermédiaire, selon ce qu'ont dit nos Sages. On ne peut pas dire que Tselofhad n'était pas encore marié au don de la Torah, car en Bava Batra (119b) on a dit que même la plus jeune d'entre elles ne se maria pas avant quarante ans ; mais parce qu'elles étaient des justes, il leur arriva comme à Yokheved et elles enfantèrent, voir là-bas. On peut toutefois dire qu'il avait peut-être eu un écoulement (ziva) avant le don de la Torah et était devenu stérile, et c'est pourquoi il n'était pas apte à engendrer après le don de la Torah. Il faut encore une raison au fait qu'elles aient conçu des garçons. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'expliquer] d'après ce qu'a écrit le Gaon Hida dans Petah Einayim sur le traité Nidda, au nom de notre maître Maharhou (R. Haim Vital) : la raison pour laquelle à la naissance d'un garçon tous se réjouissent, et à celle d'une fille tous sont attristés, même les anges, est que la fille porte une grande part de la souillure (zouhama) du serpent qu'il a jetée en Hava ; c'est pourquoi elle a l'impureté de nidda, qui vient de la souillure du serpent, ce qui n'est pas le cas du garçon, voir là-bas. Donc, puisqu'ils se tinrent au mont Sinaï, la souillure du serpent cessa, et c'est pourquoi elles enfantèrent des garçons, en qui il n'y a pas de souillure. Ou bien, puisqu'ils acceptèrent au Sinaï la part du Talmud pour s'occuper de la Torah, la force de la matière de leur corps s'affaiblit et la force du désir diminua d'elle-même ; c'est pourquoi, lorsqu'ils s'unirent à leurs femmes, les femmes émirent la semence en premier, car chez les femmes la force du désir ne s'était pas affaiblie, n'étant pas entrées sous le joug de l'étude de la Torah. Et ce qu'il a dit "Midbar Tsin", parce qu'Israël y reçut des ordres : cela signifie qu'ils observaient auparavant plusieurs mitsvot de la Torah depuis l'époque des Patriarches, mais au Sinaï ils passèrent à la catégorie de ceux qui sont commandés et accomplissent, où le yetser est plus fort.
וְלָמָּה נִקְרָא 'הַר חוֹרֶב'? שֶׁיָּרְדָה חֲרֵבָה לַגּוֹיִם עָלָיו. נִרְאֶה לִי בס"ד הַתּוֹרָה מְכֻונֵּית בְּשֵׁם 'חֶרֶב' כמ"ש (לְעֵיל דַּף סג) חֲגוֹר חַרְבְּךָ עַל יָרֵךְ (תְּהִלִּים מה, ד) בְּדִבְרֵי תּוֹרָה כְּתִיב, וְלָכֵן אָמְרִינַן לְעֵיל (דַּף לג) חֶרֶב בָּא לָעוֹלָם עַל בִּיטּוּל תּוֹרָה, וְלָכֵן אָמְרִינַן בְּסַנְהֶדְרִין (דַּף צַד) שֶׁנָּעַץ חִזְקִיָּהוּ הַמֶּלֶךְ ע"ה חֶרֶב בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְאָמַר כָּל מִי שֶׁלֹּא יַעֲסֹוק בַּתּוֹרָה יִדָּקֵר בַּחֶרֶב. וְיָדוּעַ שֶׁתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב חֲמִשָּׁה סְפָרִים, וְשֶׁבְּעַל פֶּה שִׁשָּׁה סְדָרִים, וּפֵרַשְׁתִּי בס"ד הַטַּעַם שֶׁעָשָׂה הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ כָּכָה זוֹ חֲמִשָּׁה וְזוֹ שִׁשָּׁה, לְהוֹרוֹת שֶׁצָּרִיךְ לִלְמֹוד הַתּוֹרָה בְּשִׂמְחָה, וְיָדוּעַ 'וָהּ' לְשׁוֹן שִׂמְחָה, כמ"ש רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל 'בֵּין וִי לְ'וֶה' נִיצּוֹל רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי'. וְלָכֵן אוּמוֹת הָעוֹלָם שֶׁמָּאֲסוּ בַּתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב וְשֶׁבְּעַל פֶּה שֶׁנִּמְשְׁלָה לַחֶרֶב שֶׁהִיא חֲמִשָּׁה וְשִׁשָּׁה יָרְדָה חֻורְבָּה לָהֶם, וְהַייְנוּ 'חֶרֶב' עִם אוֹתִיּוֹת 'וָהּ' הוּא צֵירוּף 'חֻורְבָּה' , אֲבָל לְיִשְׂרָאֵל נַעֲשָׂה צֵירוּף 'רְחוֹבָהּ' וְלָכֵן אָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה (תְּהִלִּים קיט, מה) וְאֶתְהַלְּכָה בָרְחָבָה כִּי פִקֻּדֶיךָ דָרָשְׁתִּי.
Et pourquoi est-il appelé Har Horev ? Parce que la destruction est descendue sur les nations en ce lieu. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la Torah est désignée par le nom "épée" (herev), comme on l'a dit plus haut (63a) : "ceins ton épée sur ta cuisse" (Tehilim 45,4) est écrit au sujet des paroles de Torah ; c'est pourquoi on a dit plus haut (33a) : l'épée vient au monde à cause de l'abandon de la Torah ; et c'est pourquoi on dit en Sanhédrin (94b) que le roi Hizkiyahou planta une épée dans la maison d'étude et dit : quiconque ne s'occupera pas de la Torah sera transpercé par l'épée. On sait que la Torah écrite a cinq livres et la Torah orale six ordres, et j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, pourquoi Hachem a fait ainsi, l'une cinq et l'autre six : pour enseigner qu'il faut étudier la Torah dans la joie ; or on sait que "vah" est une expression de joie, comme ont dit nos Sages : "entre 'vay' et 'vah', Rabban Yo'hanan ben Zakai fut sauvé". C'est pourquoi les nations du monde, qui ont méprisé la Torah écrite et orale, comparée à l'épée, qui est cinq et six, la destruction est descendue sur elles : "herev" avec les lettres vav-hé forme la combinaison "hourba" (destruction) ; mais pour Israël se forme la combinaison "rehova" (espace large), et c'est pourquoi le roi David a dit : "je marcherai au large (bar'hava), car j'ai recherché Tes préceptes" (Tehilim 119,45).
💡 Explication

Fin de la série des noms du Sinaï : chaque nom est lu comme une allusion à un événement (Paran / paru, Sinaï / sina). La Guemara demande le nom propre de la montagne : selon la baraita c'est Horev, selon R. Abahou c'est Sinaï, et Horev n'est qu'un surnom (de hourba, destruction).

2
מִנַּיִן שֶׁקּוֹשְׁרִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית וְכוּ׳. ״כַּשָּׁנִים״? ״כִּשְׁנֵי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי יִצְחָק, אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל: אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים הַלָּלוּ שֶׁסְּדוּרוֹת וּבָאוֹת מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית וְעַד עַכְשָׁיו — כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ. דָּרַשׁ רָבָא, מַאי דִכְתִיב: ״לְכוּ נָא וְנִוָּכְחָה יֹאמַר ה׳״ — ״לְכוּ נָא״? ״בּוֹאוּ נָא״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! ״יֹאמַר ה׳״? ״אָמַר ה׳״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! לֶעָתִיד לָבֹא יֹאמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל: לְכוּ נָא אֵצֶל אֲבוֹתֵיכֶם וְיוֹכִיחוּ אֶתְכֶם.

[Michna :] D'où [sait-on] qu'on attache un ruban d'écarlate, etc. "Kéchanim" (au pluriel) ?

Il aurait fallu "kéchani" (au singulier) ! R.

Yitshak a dit : le Saint béni soit-Il a dit à Israël : si vos péchés sont comme ces années (chanim) qui se succèdent en ordre depuis les six jours de la Création jusqu'à maintenant, ils blanchiront comme la neige. Rava a exposé : que signifie ce qui est écrit : "Allez donc, et débattons, dira Hachem" (Yechayahou 1,18) ?

"Allez donc" ? Il aurait fallu "venez donc" !

"Dira Hachem" ? Il aurait fallu "a dit Hachem" !

Dans l'avenir, le Saint béni soit-Il dira à Israël : allez donc auprès de vos pères, et qu'ils vous fassent des reproches.

📜 Rachi (1)
כִּשְׁנֵי מִיבְּעֵי לֵיהּ דֻּומְיָא דִּכְשֶׁלֶג דְּלָא כְּתִיב כַּשְּׁלָגִים:
Il aurait fallu kéchani : parallèlement à "comme la neige" (kéchélegue), où il n'est pas écrit "comme les neiges".
🪔 Ben Yehoyada (2)
אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים הַלָּלוּ, שֶׁסְּדוּרוֹת וּבָאוֹת מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית וְעַד עַכְשָׁיו, כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ. צָרִיךְ לְהָבִין מָה עִנְיָן הַדִּמְיוֹן הַזֶּה? וְגַם דִּמְיוֹן הַשֵּׁנִי שֶׁל כַּתּוֹלָע? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהָעוֹנוֹת מִתְהַוִּים מִשְּׁנֵי סִיבּוֹת, הָא' מֵחֲמַת הַסִּיגִים הַדְּבוּקִים בַּנֶּפֶשׁ מִקֹּודֶם בּוֹאָה לָעוֹלָם הַזֶּה שֶׁהֵם אֶצְלָהּ מֵעֵת שְׁבִירַת הַכֵּלִים, כִּי הַנְּפָשׁוֹת הֵמָּה מִן הַכֵּלִים שֶׁנִּשְׁבְּרוּ, וְקָצַב לָהֶם הקב"ה זְמַן שֵׁשֶׁת אֲלָפִים שָׁנָה מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית, שֶׁבְּמֶשֶׁךְ שָׁנִים הַלָּלוּ יֻוגְמַר וְיֻושְׁלַם תִּיקּוּנָם וּבֵירוּרָם, וְהַנֶּפֶשׁ תָּבֹא לָעוֹלָם הַזֶּה לְטַהֵר עַצְמָהּ מִן הַסִּיגִים הָהֵם הַדְּבֵקִים בָּהּ עַל יְדֵי עֵסֶק הַתּוֹרָה וְהַמִּצְוֹת, וְלָכֵן יִזְדַּמֵּן כִּי הַסִּיגִים אֵלֶּה יִתְגַּבְּרוּ בָּהּ, וְעַל יְדֵי כָּךְ תָּבֹא לִידֵי חֵטְא וְעָוֹן בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְעַל עוֹנוֹת הַנַּעֲשִׂים מִסִּיבַּת הַסִּיגִים הָאֵלֶּה אֲשֶׁר בַּעֲבוּרָם נִסְדְּרוּ שֵׁשֶׁת אֲלָפִים שָׁנָה שֶׁל הָעוֹלָם מִזְּמַן שֵׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית, אֵלֶּה כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ עַל יְדֵי הַתְּשׁוּבָה. וּמִין עוֹנוֹת הַב' הֵמָּה הַמִּתְהַוִּים אֵצֶל הָאָדָם מֵחֲמַת שֶׁהוּא מְטַמֵּא עַצְמוֹ בְּיָדַיִם, שֶׁנִּמְשַׁךְ אַחֲרֵי הַהֶבֶל וְעַל יְדֵי כָּךְ (מִשְׁלֵי כד, לא) עָלָה כֻלּוֹ קִמְּשֹׂנִים כָּסּוּ פָנָיו חֲרֻלִּים, שֶׁדָּבְקוּ בּוֹ כּוֹחוֹת טֻומְאָה רַבִּים עַד שֶׁהֶחֱטִיאוּהוּ בְּכַמָּה עוֹנוֹת, וְזֶה הַמִּין יִדְמֶה לְתוֹלָע הַמִּתְהַוֶּה בַּפְּרִי מֵחֲמַת סֵרָחוֹן הַפְּרִי, וְכֵן מִתְהַוֶּה בַּקַּרְקַע מֵחֲמַת סֵרָחוֹן וְעִפּוּשׁ הַקַּרְקַע, וְאֵלּוּ הָעֲוֹנוֹת קָשִׁים מְאֹד, דַּאֲפִילּוּ בִּתְשׁוּבָה לֹא יִתְלַבְּנוּ כְּלִבְנַת הַשֶּׁלֶג, אֶלָּא יִהְיוּ כְּצֶמֶר הַלָּבָן שֶׁל הַכְּבָשִׂים. וְעַל זֶה אוֹמֵר (יְשַׁעְיָהוּ א, יח) אִם יַאְדִּימוּ כַתּוֹלָע כַּצֶּמֶר יִהְיוּ. וְהִנֵּה בְּנֵי יְדִידִי כה"ר יַעֲקֹב הי"ו פֵּירֵשׁ, דְּהַיָּמִים וְהַלֵּילוֹת סִדְרָן וְהִילּוּכָן וּמַצָּבָם וַעֲמִידָתָם הֵמָּה נוֹסְדוּ עַל אַדְנֵי הַטֶּבַע, וְהָעֲוֹנֹות רֹוב בְּכָל הֵמָּה נַעֲשִׂים אֵצֶל הָאָדָם עַל פִּי הֶיקֵּשׁ הַטִּבְעִי, אַךְ יֵשׁ עוֹנוֹת שֶׁהֵם יוֹצְאִים מֵהַקַּשׁ הַטִּבְעִי, וּכְהָנָךְ דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (פְּסָחִים דַּף קיג) שְׁלֹשָׁה אֵין הַדַּעַת סוֹבַלְתָּן עָנִי גָּאָה, עָשִׁיר מְכַחֵשׁ, זָקֵן מְנָאֵף, וְיֵשׁ עוֹד כַּיּוֹצֵא בְּאֵלּוּ שֶׁהֵם נֶגֶד הַטֶּבַע. וְלָזֶה אָמַר אִם יִהְיוּ כַּשָּׁנִים הַלָּלוּ שֶׁסְּדוּרוֹת וּבָאוֹת עַל פִּי חֻוקֵּי הַטֶּבַע, וְכֵן חֲטָאֵיכֶם אֵינָם יוֹצְאִין מֵחֹוק הַטֶּבַע, עַל אֵלּוּ אֲנִי מַבְטִיחַ אֶתְכֶם כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ לְפִי שֶׁיֵּשׁ לָכֶם הִתְנַצְּלוּת! עַד כָּאן דְּבָרָיו נר"ו.
Si vos péchés sont comme ces années qui se succèdent en ordre depuis les six jours de la Création jusqu'à maintenant, ils blanchiront comme la neige. Il faut comprendre le sens de cette comparaison, ainsi que la seconde comparaison, "comme le ver (tola)". Il me semble, avec l'aide du Ciel, que les fautes proviennent de deux causes. La première : les scories (siguim) attachées à l'âme avant sa venue en ce monde, qu'elle porte depuis la brisure des vases (chevirat ha-kelim), car les âmes proviennent des vases qui se sont brisés ; le Saint béni soit-Il leur a fixé un temps de six mille ans depuis les six jours de la Création, durant lesquels leur réparation (tikoun) et leur tri (birour) s'achèveront ; l'âme vient en ce monde pour se purifier de ces scories par l'étude de la Torah et les mitsvot. Il arrive donc que ces scories prennent le dessus en elle, et par là elle en vient à la faute en ce monde. Les fautes commises à cause de ces scories, pour lesquelles ont été ordonnées les six mille années du monde depuis les six jours de la Création, blanchiront comme la neige par la techouva. La seconde sorte de fautes est celle que l'homme produit parce qu'il se souille lui-même de ses mains, qu'il suit la vanité, et par là "tout est monté en orties, les ronces ont couvert sa face" (Michle 24,31) : de nombreuses forces d'impureté se sont attachées à lui jusqu'à le faire fauter en plusieurs fautes. Cette sorte ressemble au ver qui naît dans le fruit à cause de sa pourriture, et de même il naît dans le sol à cause de la pourriture et de la moisissure du sol. Ces fautes sont très graves : même par la techouva, elles ne blanchissent pas de la blancheur de la neige, mais seront comme la laine blanche des moutons. C'est de cela qu'il dit : "s'ils sont rouges comme le ver, ils seront comme la laine" (Yechayahou 1,18). Mon cher fils, R. Yaakov, qu'il vive, a expliqué : les jours et les nuits, leur ordre, leur marche, leur état et leur constance sont fondés sur les bases de la nature ; et la plupart des fautes se font chez l'homme selon la mesure naturelle. Mais il y a des fautes qui sortent de la mesure naturelle, comme celles dont ont dit nos Sages (Pessahim 113b) : trois, l'esprit ne les supporte pas : le pauvre orgueilleux, le riche menteur, le vieillard adultère ; et il y en a d'autres semblables, contraires à la nature. C'est pourquoi il a dit : s'ils sont comme ces années qui se succèdent en ordre selon les lois de la nature, c'est-à-dire que vos péchés ne sortent pas de la loi naturelle, pour ceux-là je vous promets qu'ils blanchiront comme la neige, puisque vous avez une excuse. Jusqu'ici ses paroles, que sa lumière brille.
לְכוּ נָא אֵצֶל אֲבוֹתֵיכֶם, וְיוֹכִיחוּ אֶתְכֶם. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת תֵּיבַת 'נָא' אֵין לָהּ מַשְׁמָעוּת בְּמַאֲמָר זֶה לִכְאוֹרָה? וְעוֹד מַה שֶׁאָמַר 'יוֹכִיחוּ' לְפִי פְּשׁוּטוֹ הוּא שֶׁיֹּאמְרוּ לָהֶם דִּבְרֵי תּוֹכֵחָה עַל עֲוֹנֹותָם, וְלָמָּה זֶה בַּאֲבוֹתָם שֶׁהֵם יוֹכִיחוּם? וְעוֹד הוּא יִתְבָּרֵךְ אָמַר לָהֶם שֶׁיֵּלְכוּ אֵצֶל אֲבוֹתָם כְּדֵי לְהוֹכִיחַ אוֹתָם, וְהֵם מְשִׁיבִים 'לֹא בִּקְּשׁוּ רַחֲמִים עָלֵינוּ' מַה תְּשׁוּבָה הִיא זֹאת, וְכִי אִם לֹא בִּקְּשׁוּ רַחֲמִים עֲלֵיהֶם לֹא יוּכְלוּ לְהוֹכִיחַ אוֹתָם עַל עֲוֹנֹותָם?! וְעוֹד יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת בְּאוֹמְרוֹ הוֹאִיל וּתְלִיתֶם עַצְמְכֶם בִּי 'אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים, כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ'! מֶה אָמְרוּ וּמֶה עָשׂוּ עַד שֶׁנִּתְרַצָּה לָהֶם כָּל כָּךְ וּמָצְאוּ חֵן כָּל כָּךְ לְהַלְבִּין שֶׁיִּהְיוּ כִּזְכִיּוֹת? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ מֵחַכְמֵי הָאֱמֶת שֶׁכָּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל יֵשׁ לוֹ לְבוּשׁ אוֹר לְנִשְׁמָתוֹ, אֲשֶׁר עַל יְדֵי הַלְּבוּשׁ הַזֶּה תִּהְיֶה מְבֹורֶרֶת וּמְסֻוייֶּמֶת וְנִיכֶּרֶת שֶׁהִיא מֵהֵיכְלָא דְּמַלְכָּא חֵלֶק אֱלוֹהַּ מִמַּעַל, וְנִרְאֵית בָּזֶה גְּדֻולָּתָהּ וּמַעֲלָתָהּ עַל הַמַּלְאָכִים, דְּמַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת הוּא לְמַעְלָה מִמַּחְצַב הַמַּלְאָכִים, וּבַלְּבוּשׁ הַזֶּה נִיכֶּרֶת וְנוֹדַעַת שֶׁהִיא מֵהֵיכְלָא דְּמַלְכָּא, וְהָאָדָם הַחוֹטֵא מְקַלְקֵל הַלְּבוּשׁ הַזֶּה עַל יְדֵי חֲטָאָיו! אַךְ יֵשׁ אָדָם מְאַבְּדוֹ לְגַמְרֵי וּמַנִּיחָהּ לְנַפְשׁוֹ עֲרוּמָה, וְיֵשׁ מְקַלְקְלוֹ בְּמִקְצָת שֶׁמַּחֲלִישׁ אוֹרוֹ וְכוֹחוֹ, כִּי עַל זֶה הַלְּבוּשׁ מְבָרְכִים כָּל יוֹם ב' בְּרָכוֹת, א' מַלְבִּישׁ עֲרוּמִים כְּנֶגֶד הַמְאַבֵּד לְגַמְרֵי, וְא' נָתַן לַיָּעֵף כֹּחַ כְּנֶגֶד הַמַּחֲלִישׁ דַּוְקָא וְכַנִּזְכָּר בְּסֵפֶר הַכַּוָּנוֹת. וְהִנֵּה לֶעָתִיד רוֹצֶה הקב"ה לְתַקֵּן אֶת כָּל יִשְׂרָאֵל בְּבַת אַחַת וְהַתִּיקּוּן הוּא בִּלְבוּשִׁים הַנִּזְכָּרִים אֲשֶׁר נִתְקַלְקְלוּ, שֶׁצָּרִיךְ לְחַדֵּשׁ מַלְבּוּשׁ חָדָשׁ לְאוֹתָם שֶׁאִבְּדוּם לְגַמְרֵי, וּלְחַזֵּק וּלְאַמֵּץ לְאוֹתָם אֲשֶׁר רַק הֶחְלִישׁוּם וְהֶחְשִׁיכוּ אוֹתָם, כְּדֵי שֶׁעַל יְדֵי תִּיקּוּן הַלְּבוּשִׁים הָאֵלֶּה יִהְיוּ יִשְׂרָאֵל מְבֹורָרִים וּמְסֻויָּמִים וְנָכְרִים שֶׁהֵם בָּנָיו יִתְבָּרֵךְ. וּלְכָךְ אוֹמֵר לָהֶם לְכוּ נָא אֶל אֲבוֹתֵיכֶם אֵין 'נָא' אֶלָּא 'תְּפִלָּה' פֵּירוּשׁ תִּתְפַּלְּלוּ וּתְבַקְשׁוּ עַל קִבְרֵי אֲבוֹתֵיכֶם שֶׁיִּתְפַּלְּלוּ וִיבַקְשׁוּ רַחֲמִים בַּעַדְכֶם כְּדֵי שֶׁבִּזְכוּתָם יוֹכִיחוּ אֶתְכֶם , 'יוֹכִיחוּ' רְצוֹנוֹ לוֹמַר 'יִבְרְרוּ' כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בְּרֵאשִׁית כד, יד) אַתָּה 'הֹכַחְתָּ' לְעָבְדְךָ לְיִצְחָק שֶׁכָּתַב רַשִׁ"י 'בָּרַרְתָּ' לְעָבְדְךָ לְיִצְחָק, וְכֵן כָּאן הַכַּוָּנָה שֶׁיִּתְפַּלְּלוּ לְפָנַי עַל בֵּירוּר וְהֶיכֵּר שֶׁאֶעֱשֶׂה לָכֶם בְּאוֹתָם הַלְּבוּשִׁים אֲשֶׁר יִתְחַדְּשׁוּ בַּעֲבוּרְכֶם שֶׁבָּהֶם תִּהְיוּ מְסֻוייָּמִין וְנָכְרִים וּמְבֹורָרִים שֶׁאַתֶּם מִבְּנֵי הֵיכְלָא דְּמַלְכָּא. וְהֵם מְשִׁיבִים אֲבוֹתֵינוּ לֹא בִּקְּשׁוּ רַחֲמִים עָלֵינוּ , וְאִם כֵּן שֶׁמָּא גַּם עַתָּה לֹא יִשְׁתַּדְּלוּ לַעְזוֹר אוֹתָנוּ בִּתְפִילָּתָם וּזְכוּתָם כְּפִי מַה שֶׁצָּרִיךְ לָנוּ, עַל כֵּן אֵין אֲנַחְנוּ רוֹצִים תִּיקּוּן שֶׁלָּנוּ עַל יְדֵי תְּפִילַּת הָאָבוֹת אֶלָּא רַק עַל יָדְךָ! וְעַתָּה יֹאמַר ה' מַה שֶׁתִּרְצֶה לִגְזֹור עָלֵינוּ צַעַר וְיִסּוּרִין בַּעֲבוּר כַּפָּרַת עֲוֹנֹותֵינוּ, כְּדֵי שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ נִטְהַר וְנִזְדַּכֵּךְ וְיֻושְׁלַם תִּיקּוּן שֶׁלָּנוּ וְיִתְחַדְּשׁוּ הַמַּלְבּוּשִׁים שֶׁל נַפְשׁוֹתֵינוּ, וּמֵאַחַר שֶׁהֵם מָסְרוּ עַצְמָם בְּלֵב שָׁלֵם בְּיַד הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ כַּאֲשֶׁר יִגְזֹור עֲלֵיהֶם, אָז מַחְשַׁבְתָּם הַטּוֹבָה צָרְפָהּ לְמַעֲשֶׂה וְהֶעֱלָה עֲלֵיהֶם כְּאִלּוּ עָשׂוּ כָּל מַה שֶּׁרָאוּי לִגְזֹר עֲלֵיהֶם יִסּוּרִין וְצַעַר, וְלָכֵן אָמַר לָהֶם הוֹאִיל וּתְלִיתֶם עַצְמְכֶם בִּי מְסַרְתֶּם עַצְמְכֶם בְּלֵב שָׁלֵם בְּמַה שֶׁאֲנִי אָבִיא עֲלֵיכֶם אֵין אַתֶּם צְרִיכִים עוֹד יִסּוּרִין בְּפֹועַל, אֶלָּא עַתָּה אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ מֵאֲלֵיהֶם כְּעִנְיַן אוֹתָם הַקּוֹנִים עוֹלָמָם בְּשָׁעָה אַחַת! וְדוֹמֶה לָזֶה מַעֲשֶׂה הַיְּדוּעָה בְּאוֹתוֹ הָאִישׁ שֶׁלֹּא הִנִּיחַ עֲבֵירָה בָּעוֹלָם שֶׁלֹּא עֲשָׂאָהּ, וְהִנֵּה יוֹם אֶחָד נִתְחָרֵט מֵאֵלָיו וּבָא אֵצֶל הָרַב, וּמָסַר עַצְמוֹ בְּלֵב שָׁלֵם בְּאוֹמְרוֹ שֶׁהוּא מוּכָן וּלְקַבֵּל עָלָיו כָּל אַרְבַּע מִיתוֹת בֵּית דִּין מַמָּשׁ! וְכָל מַה שֶׁיִּגְזֹור עָלָיו לְכַפָּרָתוֹ יְקַבֵּל בְּרָצוֹן טוֹב! וְאָמַר לוֹ הָרַב זֹאת אֶעֱשֶׂה לְךָ אֶתֵּן כְּלִי מָלֵא עוֹפֶרֶת עַל הָאֵשׁ וְאָצוּק אוֹתוֹ לְתוֹךְ פִּיךָ וּבָזֶה תְּכֻופָּר! אָמַר לוֹ הִנְנִי מוּכָן לְקַבֵּל בְּרָצוֹן מַהֵר וַעֲשֵׂה כַּאֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ, וְיָבִיא הָרַב כְּלִי מָלֵא גַּחֲלֵי אֵשׁ וַיִּקַּח כְּלִי מָלֵא עוֹפֶרֶת וִיחַמְּמוּ לְפָנָיו עַד שֶׁנִּמּוֹחַ כַּמַּיִם וְזֶה רוֹאֶה, וַיֹּאמֶר לוֹ שָׁכַב עַל הָאָרֶץ, וַיִּשְׁכַּב וְיִפְתַּח פִּיו מֵאֵלָיו וְלֹא הָיָה צָרִיךְ לִתְפֹּוס אוֹתוֹ, אַךְ הָרַב צִוָּה לִמְשָׁרְתוֹ בַּסֵּתֶר לְהוֹשִׁיט לוֹ מֵאַחֲרָיו כַּף מָלֵא דְּבַשׁ, וְהָרַב לָקַח בְּיָדוֹ כְּלִי הָעוֹפֶרֶת מֵעַל הָאֵשׁ לַהֲרִיקוֹ לְתוֹךְ פִּיו, וְתֵיכֶף לָקַח בִּשְׂמֹאלוֹ כַּף הַדְּבַשׁ שֶׁהוֹשִׁיט לוֹ הַמְשָׁרֵת מֵאֲחוֹרָיו, וְשָׁפַךְ לְתוֹךְ פִּיו הַפָּתוּחַ כַּף הַדְּבַשׁ, וַיִּקְרָא הָרַב בְּקוֹל גָּדוֹל וְסָר עֲוֹ‍נֶךָ וְחַטָּאתְךָ תְּכֻפָּר (יְשַׁעְיָהוּ ו, ז), וְזֶה הָאִישׁ נִבְהָל עַל הַדָּבָר וְיִצְעַק מַה זֶה אַיֵּה הָעוֹפֶרֶת, אָמַר לוֹ הָרַב אֵין אַתָּה צָרִיךְ לְעוֹפֶרֶת, מֵאַחַר שֶׁקִּבַּלְתָּ עָלֶיךָ הַדָּבָר בְּלֵב שָׁלֵם הֲרֵי זֶה כְּאִלּוּ נַעֲשָׂה מַמָּשׁ וְסָר עֲוֹ‍נֵךְ וְכוּ'! וְכֵן הַדָּבָר כָּאן, כֵּיוָן שֶׁמָּסְרוּ עַצְמָם בְּיַד הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְאָמְרוּ יֹאמַר ה' מַה שֶׁתִּרְצֶה לִגְזֹור עָלֵינוּ מִן הַיִּסּוּרִין הַקָּשִׁים, לֹא צְרִיכִין לָבֹא הַיִּסּוּרִין בְּפֹועַל וְדַי בְּקַבָּלָה זוֹ, וּלְכָךְ כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ, בְּיִשְׁרָם לְהָאִיר לָהֶם בִּשְׁלֹשָׁה אלפי"ן דְּשֵׁם 'אֶהְיֶה' שֶׁהֵם מִסֵּפֶר של"ג [333] :
Allez donc auprès de vos pères, et qu'ils vous fassent des reproches. On peut objecter : le mot "na" (donc) n'a apparemment pas de sens dans ce propos. De plus, "yokhihou" signifie simplement qu'ils leur adressent des paroles de reproche sur leurs fautes ; pourquoi est-ce aux pères de les reprendre ? De plus, Lui, béni soit-Il, leur a dit d'aller chez leurs pères pour qu'ils les reprennent, et ils répondent : "ils n'ont pas demandé miséricorde pour nous" ; quelle réponse est-ce ? S'ils n'ont pas demandé miséricorde pour eux, ne peuvent-ils pas les reprendre de leurs fautes ? On peut encore objecter sur : "puisque vous vous êtes remis à Moi, si vos péchés sont comme les années, ils blanchiront comme la neige" : qu'ont-ils dit et qu'ont-ils fait pour qu'Il soit si bien disposé envers eux et qu'ils trouvent tant de grâce, au point de blanchir [leurs fautes] pour qu'elles deviennent des mérites ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : on sait par les maîtres de la vérité (la Kabbala) que chaque Juif possède un vêtement de lumière pour sa nechama ; par ce vêtement elle est distinguée, marquée et reconnaissable comme provenant du palais du Roi, part de D.ieu d'en haut, et par là apparaissent sa grandeur et sa supériorité sur les anges, car la source des âmes est au-dessus de la source des anges ; par ce vêtement elle est reconnue comme provenant du palais du Roi. L'homme qui faute abîme ce vêtement par ses fautes : il y a celui qui le perd entièrement et laisse son âme nue, et il y a celui qui l'abîme en partie en affaiblissant sa lumière et sa force. Pour ce vêtement on récite chaque jour deux bénédictions : l'une, "qui habille ceux qui sont nus", pour celui qui le perd entièrement, et l'une, "qui donne la force à celui qui est las", pour celui qui l'affaiblit seulement, comme il est mentionné dans le Sefer ha-Kavanot. Dans l'avenir, le Saint béni soit-Il veut réparer tout Israël d'un coup, et la réparation porte sur ces vêtements qui ont été abîmés : il faut un vêtement neuf pour ceux qui les ont entièrement perdus, et il faut fortifier ceux qui les ont seulement affaiblis et obscurcis, afin que par là réparation de ces vêtements Israël soit distingué, marqué et reconnu comme Ses fils. C'est pourquoi Il leur dit : allez donc auprès de vos pères ; "na" est une expression de prière : priez et implorez sur les tombes de vos pères pour qu'ils prient et demandent miséricorde pour vous, afin que par leur mérite "yokhihou" vous. "Yokhihou" signifie "ils distingueront", comme il est dit : "celle que Tu as désignée (hokhahta) pour Ton serviteur Yitshak" (Berechit 24,14), où Rachi écrit : "que Tu as choisie". Ici de même, le sens est qu'ils prient devant Moi pour la distinction et la marque que Je ferai pour vous par ces vêtements renouvelés à votre intention, dans lesquels vous serez marqués, reconnus et distingués comme fils du palais du Roi. Et ils répondent : nos pères n'ont pas demandé miséricorde pour nous ; peut-être alors maintenant non plus ils ne s'efforceront pas de nous aider par leur prière et leur mérite autant qu'il nous faut ; nous ne voulons donc pas notre réparation par la prière des Patriarches, mais seulement par Toi. Et maintenant, "que Hachem dise" ce que Tu veux décréter sur nous, peine et souffrances pour l'expiation de nos fautes, afin que par là nous soyons purifiés et affinés, que notre réparation s'achève et que les vêtements de nos âmes soient renouvelés. Puisqu'ils se sont livrés de tout cœur à la main de Hachem pour ce qu'Il décréterait sur eux, leur bonne pensée s'est jointe à l'acte, et Il le leur a compté comme s'ils avaient subi toutes les souffrances et la peine qu'il convenait de décréter. C'est pourquoi Il leur a dit : puisque vous vous êtes remis à Moi, livrés de tout cœur à ce que Je ferai venir sur vous, vous n'avez plus besoin de souffrances effectives ; désormais, si vos péchés sont comme les années, ils blanchiront comme la neige d'eux-mêmes, à la manière de ceux qui acquièrent leur monde en une heure. Ressemble à cela l'histoire connue de cet homme qui n'avait laissé aucune transgression au monde sans la commettre. Un jour il se repentit de lui-même, vint chez le rav et se livra de tout cœur, disant qu'il était prêt à recevoir les quatre peines capitales du tribunal, réellement, et que tout ce qu'il décréterait pour son expiation, il l'accepterait de bon gré. Le rav lui dit : voici ce que je te ferai : je mettrai sur le feu un récipient plein de plomb et je le verserai dans ta bouche, et par cela tu seras expié. Il lui répondit : me voici prêt à le recevoir de bon gré, vite, fais comme tu as dit. Le rav apporta un récipient plein de braises, prit un récipient plein de plomb et le chauffa devant lui jusqu'à ce qu'il fonde comme de l'eau, et l'homme le voyait. Il lui dit : couche-toi par terre ; il se coucha et ouvrit la bouche de lui-même, sans qu'il faille le saisir. Mais le rav avait ordonné en secret à son serviteur de lui tendre par derrière une cuillère pleine de miel. Le rav prit en main le récipient de plomb sur le feu pour le verser dans sa bouche, et aussitôt il prit de la main gauche la cuillère de miel que le serviteur lui tendait par derrière, et versa la cuillère de miel dans sa bouche ouverte ; et le rav s'écria d'une voix forte : "ta faute est écartée et ton péché est expié" (Yechayahou 6,7). L'homme fut effrayé et cria : qu'est-ce que cela, où est le plomb ? Le rav lui dit : tu n'as pas besoin du plomb ; puisque tu as accepté la chose de tout cœur, c'est comme si elle avait été réellement faite, et ta faute est écartée, etc. Il en est de même ici : puisqu'ils se sont livrés à la main de Hachem et ont dit "que Hachem dise" ce que Tu veux décréter sur nous de souffrances dures, les souffrances n'ont pas besoin de venir effectivement, et cette acceptation suffit. C'est pourquoi "kéchélegue" (comme la neige) : Il leur annonce qu'Il les éclairera par les trois alef du Nom "É-héyé", qui ont la valeur numérique de chélag [333].
💡 Explication

La michna (Yoma) dérive le ruban d'écarlate (lachon chel zehorit) attaché au bouc émissaire du verset "si vos péchés sont comme l'écarlate (kéchanim)". La Guemara relève le pluriel anormal : on lit chanim = années, les fautes accumulées depuis la Création.

Rava relève deux anomalies du même verset : lekhou (allez) au lieu de bo'ou (venez), et le futur yomar. Il en déduit une scène de l'avenir : Hachem envoie Israël vers les Patriarches.

3
וְיֹאמְרוּ לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם אֵצֶל מִי נֵלֵךְ? אֵצֶל אַבְרָהָם שֶׁאָמַרְתָּ לוֹ ״יֵדַע תֵּדַע״ וְלֹא בִּקֵּשׁ רַחֲמִים עָלֵינוּ?! אֵצֶל יִצְחָק שֶׁבֵּירַךְ אֶת עֵשָׂו ״וְהָיָה כַּאֲשֶׁר תריד״ וְלֹא בִּקֵּשׁ רַחֲמִים עָלֵינוּ?! אֵצֶל יַעֲקֹב שֶׁאָמַרְתָּ לוֹ ״אָנֹכִי אֵרֵד עִמְּךָ מִצְרַיְמָה״ וְלֹא בִּקֵּשׁ רַחֲמִים עָלֵינוּ?! אֵצֶל מִי נֵלֵךְ? עַכְשָׁיו ״יֹאמַר ה׳״. אָמַר לָהֶן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: הוֹאִיל וּתְלִיתֶם עַצְמְכֶם בִּי — ״אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ״.

Et ils diront devant Lui : Maître du monde, auprès de qui irons-nous ? Auprès d'Avraham, à qui Tu as dit "sache, sache [que ta descendance sera étrangère]" (Berechit 15,13), et qui n'a pas demandé miséricorde pour nous ?!

Auprès de Yitshak, qui a béni Essav : "et lorsque tu domineras" (Berechit 27,40), et qui n'a pas demandé miséricorde pour nous ?! Auprès de Yaakov, à qui Tu as dit "Je descendrai avec toi en Égypte" (Berechit 46,4), et qui n'a pas demandé miséricorde pour nous ?!

Auprès de qui irons-nous ? Maintenant, "que Hachem dise".

Le Saint béni soit-Il leur dira : puisque vous vous êtes remis à Moi, "si vos péchés sont comme les années, ils blanchiront comme la neige".

📜 Rachi (2)
אֵרֵד עִמְּךָ אֶעֱלֶה גַּם עֲלָהּ כָּאן רֶמֶז ד' גָּלִיּוֹת גַּם רִיבּוּיָא הוּא:
Je descendrai avec toi, et Je te ferai monter aussi (gam) : ici est suggéré [l'annonce des] quatre exils, [car] "gam" est un terme d'ajout.
יֹאמַר ה' אַתָּה אֱמֹור הַתּוֹכָחָה וּבְךָ אָנוּ תּוֹלִין:
Que Hachem dise : c'est Toi qui dis le reproche, et c'est de Toi que nous dépendons.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵצֶל מִי נֵלֵךְ? עַכְשָׁיו: יֹאמַר ה'. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת וַהֲלֹא בְּרֵאשִׁית מַאֲמָר אָמְרוּ אֵצֶל מִי נֵלֵךְ וְלָמָּה חָזְרוּ עַתָּה לוֹמַר פַּעַם שֵׁנִית? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כַּוָּנָתָם עַתָּה לוֹמַר אֵצֶל מִי הַבִּינָה שֶׁנִּקְרֵאת מִי נֵלֵךְ עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמַר (תְּהִלִּים קל, ג) אִם עֲוֹ‍נוֹת תִּשְׁמָר יָהּ אֲדֹנָי 'מִי יַעֲמֹד' רְצוֹנוֹ לוֹמַר מִי הַבִּינָה יַעֲמֹד לָנוּ, כִּי בָּהּ תָּלוּי חֵירוּת הַשָּׁבִים בִּתְשׁוּבָה וּמִתְחָרְטִים עַל עֲוֹנוֹתֵיהֶם וְכַנִּזְכָּר בָּאִדְּרָא. וְהִנֵּה מִסְפַּר שְׁנַיִם [400] הוּא ת', כְּנֶגֶד ת' כּוֹחוֹת שֶׁל סִטְרָא אַחְרָא, בְּסוֹד (בְּרֵאשִׁית לב, ז) וְהִנֵּה עֵשָׂו בָּא וְאַרְבַּע מֵאוֹת אִישׁ עִמּוֹ, וְ'עִמּוֹ' שֶׁל עֵשָׂו הוּא אוּמַת אֱדוֹם, וְזֶהוּ אֱדוֹם כ שָׁנִים , וְאִם תָּסִיר מִן מִסְפַּר ת' מִסְפַּר 'בִּינָה' [400] שֶׁהוּא ס"ז [67] יִשָּׁאֵר מִסֵּפֶר של"ג [333] שֶׁהוּא ג' פְּעָמִים אָלֶ"ף [111] , וְהַיְינוּ עַל יְדֵי הֶאָרַת הַבִּינָה שֶׁמִּסְפָּרָהּ ס"ג יִוָּסְרוּ בְּחִינַת הַ'שָׁנִים' שֶׁהֵם הָעֲוֹנוֹת וְיִהְיוּ של"ג, וְלָכֵן 'אֱלוּל' [400] נִבְחָר לִתְשׁוּבָה שֶׁהוּא מִסְפַּר 'בִּינָה' [400] .
Auprès de qui irons-nous ? Maintenant : que Hachem dise. On peut objecter : ils avaient déjà dit au début de leur propos "auprès de qui irons-nous" ; pourquoi le redisent-ils maintenant une seconde fois ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que leur intention est maintenant de dire : [allons] auprès de "Mi" (Qui), c'est-à-dire la Bina, qui est appelée "Mi" ; "nous irons" au sens de ce qui est dit : "si Tu gardes les fautes, Yah, Seigneur, qui (mi) subsistera ?" (Tehilim 130,3), c'est-à-dire que "Mi", la Bina, subsistera pour nous, car d'elle dépend la libération de ceux qui reviennent en techouva et regrettent leurs fautes, comme il est mentionné dans l'Idra. Le nombre de "chanim" [400] est tav (400), contre les 400 forces de la sitra a'hra, selon le secret de "et voici Essav vient, et quatre cents hommes avec lui" (Berechit 32,7), et "avec lui" est le peuple d'Edom ; c'est "adom kechanim" (rouge comme les années). Si l'on retire du nombre 400 la valeur de "Bina", qui est 67, il reste 333, qui est trois fois alef [111]. C'est-à-dire que par l'éclairage de la Bina, dont la valeur est 63, l'aspect des "chanim", qui sont les fautes, sera retiré, et ils deviendront chelag [333]. C'est pourquoi "Eloul" [67] a été choisi pour la techouva, car il a la valeur de "Bina" [67].
💡 Explication

Israël rejette chaque Patriarche : chacun a reçu une annonce de souffrance pour sa descendance (l'exil d'Égypte, la domination d'Essav, la descente en Égypte) sans prier pour elle. Israël conclut : yomar Hachem, que Hachem Lui-même prononce. Parce qu'Israël s'est remis à Lui (teliytem atsmekhem bi), la promesse de blanchiment s'applique.

4
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מַאי דִכְתִיב: ״כִּי אַתָּה אָבִינוּ כִּי אַבְרָהָם לֹא יְדָעָנוּ וְיִשְׂרָאֵל לֹא יַכִּירָנוּ אַתָּה ה׳ אָבִינוּ גֹּואֲלֵנוּ מֵעוֹלָם שְׁמֶךָ״ — לְעָתִיד לָבֹא יֹאמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְאַבְרָהָם: בָּנֶיךָ חָטְאוּ לִי. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יִמָּחוּ עַל קְדֻושַּׁת שְׁמֶךָ. אָמַר: אֵימַר לֵיהּ לְיַעֲקֹב דַּהֲוָה לֵיהּ צַעַר גִּידּוּל בָּנִים, אֶפְשָׁר דְּבָעֵי רַחֲמֵי עֲלַייְהוּ. אֲמַר לֵיהּ: בָּנֶיךָ חָטְאוּ. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יִמָּחוּ עַל קְדֻושַּׁת שְׁמֶךָ. אָמַר לָא בְּסָבֵי טַעְמָא וְלָא בְּדַרְדַּקֵּי עֵצָה. אָמַר לוֹ לְיִצְחָק: בָּנֶיךָ חָטְאוּ לִי. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, בָּנַי וְלֹא בָּנֶיךָ?! בְּשָׁעָה שֶׁהִקְדִּימוּ לְפָנֶיךָ ״נַעֲשָׂה״ לְ״נִשְׁמַע״ קָרָאתָ לָהֶם ״בְּנִי בְּכוֹרִי״, עַכְשָׁיו בָּנַי וְלֹא בָּנֶיךָ?!

R. Chmouel bar Nahmani a dit au nom de R.

Yonatan : que signifie ce qui est écrit : "Car Tu es notre Père, car Avraham ne nous connaît pas et Israël ne nous reconnaît pas ; Toi, Hachem, Tu es notre Père, notre Rédempteur de toujours est Ton Nom" (Yechayahou 63,16) ? Dans l'avenir, le Saint béni soit-Il dira à Avraham : tes enfants ont péché envers Moi.

Il dira devant Lui : Maître du monde, qu'ils soient effacés pour la sanctification de Ton Nom. Il dit : Je le dirai à Yaakov, qui a eu la peine d'élever des enfants ; peut-être demandera-t-il miséricorde pour eux.

Il lui dit : tes enfants ont péché. Il dit devant Lui : Maître du monde, qu'ils soient effacés pour la sanctification de Ton Nom.

Il dit : il n'y a ni raison chez les vieillards, ni conseil chez les enfants. Il dit à Yitshak : tes enfants ont péché envers Moi.

Il dit devant Lui : Maître du monde, mes enfants et pas Tes enfants ?! Au moment où ils ont fait précéder devant Toi "nous ferons" à "nous entendrons", Tu les as appelés "Mon fils, Mon premier-né" ; et maintenant, mes enfants et pas Tes enfants ?!

📜 Rachi (2)
יִמְחוּ הוֹאִיל שֶׁחָטְאוּ וְיִתְקַדֵּשׁ שִׁמְךָ בָּעוֹלָם כְּשֶׁתַּעֲשֶׂה דִּין בְּעוֹבְרִין עַל דְּבָרֶיךָ:
Qu'ils soient effacés : puisqu'ils ont péché, et que Ton Nom soit sanctifié dans le monde quand Tu feras justice de ceux qui transgressent Tes paroles.
קָרָאתָ לָהֶן בְּנִי בִּכּוּרֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁהָיָה גָּלוּי לְפָנֶיךָ שֶׁהֵן עֲתִידִין לוֹמַר לְפָנֶיךָ בְּסִינַי נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמַע לְקַבֵּל עֻולְּךָ מֵאַהֲבָה כְּבָנִים:
Tu les as appelés Mon fils, Mon premier-né, Israël : car il était dévoilé devant Toi qu'ils diraient à l'avenir devant Toi au Sinaï "nous ferons et nous entendrons", recevant Ton joug par amour, comme des fils.
🪔 Ben Yehoyada (3)
אֵימָא לֵיהּ לְיַעֲקֹב, דַּהֲוָה לֵיהּ צַעַר גִּדּוּל בָּנִים, אֶפְשָׁר דְּבָעֵי רַחֲמֵי עֲלַיְהוּ. אַף עַל גַּב דְּיָדַע הקב"ה מֵעִיקָּרָא דְּאַף עַל גַּב דַּהֲוָה לֵיהּ צַעַר גִּדּוּל בָּנִים יָשִׁיב יִמָּחוּ עַל קְדֻשַּׁת שְׁמֶךָ, עִם כָּל זֶה בָּא לְלַמְּדֵנוּ בָּזֶה דְּאַף עַל פִּי שֶׁהַיְּדִיעָה אֱמֶת, הַבְּחִירָה חָפְשִׁית וְאֵין יְדִיעָתוֹ מַכְרַחַת , וְלָכֵן אָמַר לוֹ אַף עַל פִּי שֶׁיָּדַע שֶׁיָּשִׁיב כְּמוֹ שֶׁהֵשִׁיב בֶּאֱמֶת. גַּם נִרְאֶה לִי בָּא לְלַמְּדֵנוּ בָּזֶה שֶׁהָאָדָם יִשְׁתַּדֵּל לַעֲשׂוֹת עֵזֶר לְהַטּוֹת הַבְּחִירָה כְּפִי יְכָלְתּוֹ.
Je le dirai à Yaakov, qui a eu la peine d'élever des enfants ; peut-être demandera-t-il miséricorde pour eux. Bien que le Saint béni soit-Il sût d'avance que, malgré la peine d'élever des enfants, il répondrait "qu'ils soient effacés pour la sanctification de Ton Nom", Il vient néanmoins nous enseigner par là que, bien que la connaissance [divine] soit vraie, le libre choix est libre, et Sa connaissance ne contraint pas ; c'est pourquoi Il le lui a dit, tout en sachant qu'il répondrait comme il a effectivement répondu. Il me semble aussi qu'Il vient nous enseigner par là que l'homme doit s'efforcer d'aider à incliner le choix [d'autrui vers le bien] selon ses moyens.
יִמָּחוּ עַל קְדֻשַּׁת שְׁמֶךָ. נִרְאֶה לִי בס"ד הֵם כַּוָּנָתָם בָּזֶה לְטוֹבָה, כִּי 'יִמְחוּ' הוּא לְשׁוֹן 'קִנּוּחַ' כְּמוֹ (מִשְׁלֵי ל, כ) אָכְלָה וּמַחְתָּה פִּיהָ, , וְכֵן (מְלָכִים ב' כא, יג) כַּאֲשֶׁר יִמְחֶה אֶת הַצַּלַּחַת, וּרְצוֹנוֹ לוֹמַר יְקַנֵּחַ גּוּפָם וְנִשְׁמָתָם מִן הָעֲוֹנוֹת וְהַסִּיגִים הַנִּדְבָּקִים בָּהֶם! וְאָמְרוּ בְּלָשׁוֹן זֶה לְהַעֲלִים הַדָּבָר מִן הַמְקַטְרְגִים שֶׁלֹּא יָבִינוּ כַּוָּנָתָם וִיקַטְרְגוּ עַל רֹוב אַשְׁמַת יִשְׂרָאֵל, כִּי הֵם יַחְשְׁבוּ יִמְחוּ וְכֵן הֻוטְעוּ. והקב"ה יוֹדֵעַ הָאֱמֶת, אַךְ לֹא עֵרְבוּ דִּבְרֵיהֶם אֵלּוּ לִפְנֵי הקב"ה כִּי לֹא בָּאוּ בְּטַעֲנָה לְהַצָּלָתָם, אֶלָּא תְּשׁוּבָתָם הָיְתָה כְּמוֹ דֶּרֶךְ בַּקָּשָׁה וּתְפִלָּה, מַה שֶׁאֵין כֵּן יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה בָּא בְּטַעֲנָה בְּדִינָא וְדַיָּינָא. וְאַחֲרֵי זֶה בָּא לִידֵי סֵפֶר מַרְאִית הָעַיִן לְהַגָּאוֹן חִידָ"א זַ"ל, וּפֵירֵשׁ שָׁם בְּשֵׁם הַגָּאוֹן מהר"ח בֶּן עט"ר זַ"ל דְּקַיְימָא לָן (סַנְהֶדְרִין יז.) 'פָּתְחוּ כֻּולָּם לְחוֹבָה זַכַּאי' וְקַייְמָא לָן (סַנְהֶדְרִין לב.) 'הַמְלַמֵּד חוֹבָה יָכוֹל לַחֲזֹור בּוֹ לְלַמֵּד זְכוּת' וְלֹא לְהַפֵּךְ, לָכֵן אַבְרָהָם אָבִינוּ חָשׁ פֶּן יִצְחָק שֶׁהוּא גְּבוּרָה יִלְמַד חוֹבָה, וְגַם יַעֲקֹב יַטֶּה אֵלָיו לְלַמֵּד חוֹבָה, וְאָז לֹא יֻועֲלוּ דְּבָרָיו אִם יִלְמַד זְכוּת כִּי הֵם רַבִּים, לְכָךְ לִימֵּד חוֹבָה תְּחִלָּה, שֶׁאִם יִרְאֶה שְׁנֵיהֶם לָמְדוּ חוֹבָה אָז יִשָּׁאֵר בְּשֶׁלּוֹ וְיִהְיוּ מֻוצָּלִים מִדִּין 'פָּתְחוּ כֻּולָּם לְחוֹבָה זַכַּאי' וְאִם יִרְאֶה שֶׁלָּמְדוּ זְכוּת הוּא יָכוֹל לַחֲזֹור בּוֹ וּלְלַמֵּד זְכוּת כְּמוֹתָם! וְכֵן נָמֵי כָּזֹאת חָשַׁב יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה וְלִימֵּד חוֹבָה עַד שֶׁיִּרְאֶה מַה יַעֲשֶׂה יִצְחָק? עַד כָּאן דְּבָרָיו וְהוּא יִשּׁוּב נָכוֹן! אַךְ צָרִיךְ לְהָבִין, אִם כֵּן בְּהַשְׂכֵּל וְדַעַת עֵשָׂו אַבְרָהָם וְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה, שֶׁגַּם הֵם כַּוָּנָתָם לְהַצִּיל, וְלָמָּה לֹא עֵרְבוּ דִּבְרֵיהֶם לִפְנֵי הקב"ה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד, כִּי מַה שֶּׁהָיוּ רוֹצִים לַעֲשׂוֹת הַצָּלַת יִשְׂרָאֵל מִדִּין 'פָּתְחוּ כֻּולָּם לְחוֹבָה זַכַּאי' אֵין זֶה שֶׁבַח לְיִשְׂרָאֵל, מַה שֶׁאֵין כֵּן טַעֲנוֹת יִצְחָק שֶׁלִּימֵּד זְכוּת בָּרוּר בְּטַעֲנָה, מָשָׁל לִשְׁנַיִם שֶׁנִּתְפְּסוּ עַל דָּבָר שֶׁל חִיּוּב מִיתָה, הָאֶחָד יָצָא בְּדִימוֹס עַל יְדֵי זְכוּת וְנִיצּוֹל, וְאֶחָד נִתְחַייֵּב צְלִיבָה, וְכַאֲשֶׁר בָּאוּ לִצְלָבוֹ שָׁאֲלוּ אוֹתוֹ מַה שִׁמְךָ וְאָמַר שְׁמוֹ שֶׁהוּא כְּשֵׁם הַמֶּלֶךְ, וּבַעַל כָּרְחָם פְּטָרוּהוּ שֶׁלֹּא רָצוּ שֶׁיִּהְיֶה צָלוּב שְׁמוֹ כְּשֵׁם הַמֶּלֶךְ, הֲרֵי גַּם זֶה נִיצּוֹל, אַךְ אֵיזֶה מְשֻׁובָּח? אוֹתוֹ שֶׁנִּיצּוֹל מֵחֲמַת זְכוּת שֶׁיָּצָא זַכַּאי בְּעִיקַּר הַדִּין! וְכֵן הָעִנְיָן כָּאן לְכָךְ אָמַר לָא בְּסָבֵי טַעְמָא, וְלָא בְּדַרְדְּקֵי עֵצָה, וְהָא דְּקָרֵי לָהּ לְגַבֵּי אַבְרָהָם טַעְמָא, כִּי הוּא הָיָה הָרִאשׁוֹן שֶׁחִידֵּשׁ לוֹמַר דָּבָר זֶה, אֲבָל יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה כְּבָר שָׁמַע וְיָדַע שֶׁאַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה אָמַר תְּשׁוּבָה זוֹ וְהוּא לָמַד מִמֶּנּוּ לְהָשִׁיב כָּמוֹהוּ, לְכָךְ קָרָא לָהּ לְגַבֵּי דִּידִי עֵצָה, כִּי לְשׁוֹן עֵצָה יִפֹּול עַל דָּבָר הַנִּלְמָד מֵאֲחֵרִים שֶׁנִּמְסַר מִזֶּה לָזֶה.
Qu'ils soient effacés pour la sanctification de Ton Nom. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils l'entendaient en bien : "yimahou" est une expression d'essuyage, comme "elle a mangé et s'est essuyé (mahata) la bouche" (Michle 30,20), et "comme on essuie (yimhe) le plat" (Melakhim II 21,13) ; ils voulaient dire : que leur corps et leur âme soient essuyés des fautes et des scories qui s'y sont attachées. Ils l'ont dit dans cette formulation pour cacher la chose aux accusateurs (mekatreguim), afin qu'ils ne comprennent pas leur intention et n'accusent pas au sujet de l'abondance de la culpabilité d'Israël ; car eux penseraient [au sens de] "effacés", et ils s'y sont trompés. Le Saint béni soit-Il connaît la vérité ; mais leurs paroles ne furent pas agréées devant Lui, car ils ne vinrent pas avec un argument pour les sauver ; leur réponse avait la forme d'une requête et d'une prière, à la différence de Yitshak notre père, qui vint avec un argument selon le droit strict. Ensuite me parvint le livre Marit ha-Ayin du Gaon Hida, qui y explique au nom du Gaon Maharah ben Attar (le Or ha-Haim) : nous tenons (Sanhédrin 17a) "si tous ouvrent en faveur de la culpabilité, il est acquitté", et nous tenons (Sanhédrin 32a) "celui qui plaide la culpabilité peut revenir pour plaider l'acquittement", et pas l'inverse. Avraham notre père craignit donc que Yitshak, qui est Guevoura, ne plaide la culpabilité, et que Yaakov aussi n'incline vers lui pour plaider la culpabilité ; alors ses paroles ne serviraient pas s'il plaidait l'acquittement, car ils seraient majoritaires. C'est pourquoi il plaida d'abord la culpabilité : s'il voyait que tous deux plaidaient la culpabilité, il resterait sur sa position et ils seraient sauvés par la règle "si tous ouvrent en faveur de la culpabilité, il est acquitté" ; et s'il voyait qu'ils plaidaient l'acquittement, il pourrait revenir et plaider l'acquittement comme eux. Yaakov notre père pensa de même et plaida la culpabilité jusqu'à voir ce que ferait Yitshak. Jusqu'ici ses paroles, et c'est une explication juste. Mais il faut comprendre : si Avraham et Yaakov agirent ainsi avec intelligence et savoir, et que leur intention aussi était de sauver, pourquoi leurs paroles ne furent-elles pas agréées devant le Saint béni soit-Il ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ce qu'ils voulaient, sauver Israël par la règle "si tous ouvrent en faveur de la culpabilité, il est acquitté", ne constitue pas une louange pour Israël ; tandis que les arguments de Yitshak plaidaient clairement l'acquittement sur le fond. Parabole de deux hommes arrêtés pour une affaire passible de mort : l'un sortit libre par un mérite et fut sauvé ; l'autre fut condamné à la crucifixion, et quand on vint le crucifier, on lui demanda : quel est ton nom ? Il dit que son nom était celui du roi, et malgré eux on le relâcha, car on ne voulut pas qu'un homme portant le nom du roi soit crucifié. Lui aussi est sauvé ; mais lequel est le plus digne d'éloge ? Celui qui fut sauvé par un mérite et sortit acquitté sur le fond du jugement. Il en est de même ici ; c'est pourquoi Il dit : "ni raison chez les vieillards, ni conseil chez les enfants". Il l'appelle "raison" (taama) pour Avraham, car il fut le premier à innover cette réponse ; mais Yaakov notre père avait déjà entendu et su qu'Avraham avait donné cette réponse et il apprit de lui à répondre de même ; c'est pourquoi Il l'appelle "conseil" (etsa) pour lui, car le terme "conseil" s'applique à une chose apprise d'autrui, transmise de l'un à l'autre.
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, 'בָּנַי' וְלֹא 'בָּנֶיךָ'? בְּשָׁעָה שֶׁהִקְדִּימוּ לְפָנֶיךָ 'נַעֲשֶׂה' ל'נִשְׁמַע', קָרָאתָ לָהֶם: "בְּנֵי בִּכְרִי" עַכְשָׁיו 'בָּנַי' וְלֹא 'בָּנֶיךָ'. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י אַף עַל גַּב דִּקְרָאָם בְּנֵי בִּכְרִי בְּמִצְרַיִם וַעֲדַייִן לֹא הִקְדִּימוֹ, מִכָּל מָקוֹם לְפָנֶיךָ גָּלוּי הֶעָתִיד וּכְאִלּוּ מֵאִתּוֹ זְמַן הִקְדִּימוֹ, וְאִם כֵּן גַּם חֶטְאָם שֶׁעָשׂוּ אַחַר כָּךְ גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ מִתְּחִלָּה, וְלָמָּה לֹא עִכֵּב חַטָּאתָם אֶת קְרִיאַת הַשֵּׁם שֶׁל 'בְּנֵי בִּכְרִי' שֶׁקָּרָאתָ לָהֶם? אֶלָּא וַדַּאי אַף עַל פִּי שֶׁחוֹטְאִין לֹא יִסְתַּלֵּק מֵהֶם תֹּואַר 'בָּנִים'! וְלָמָּה עַתָּה תֹּאמַר לִי שֶׁהֵם בָּנֶיךָ וְלֹא תֹּאמַר בְּנִי?! אִי נָמֵי דָּן קַל וָחֹומֶר אִם בְּמִצְרַיִם שֶׁהָיוּ עוֹבְדִין עֲבוֹדָה זָרָה קָרָאתָ אוֹתָם 'בְּנֵי בִּכְרִי' עַל שֵׁם שֶׁעֲתִידִין לְהַקְדִּים, אִם כֵּן כ"ש שֶׁאַחַר שֶׁהִקְדִּימוּ בְּפֹועַל שֶׁיּוֹעִיל זְכוּת זֶה שֶׁלֹּא יִסְתַּלֵּק מֵהֶם תֹּואַר 'בָּנִים'! וּמַה שֶׁזָּכוּ לְתֹואַר 'בִּכְרִי' גַּם כֵּן וְלֹא דַּי לָהֶם תֹּואַר 'בָּנַי' בִּלְבַד, הַייְנוּ כֵּיוָן דְּהִקְדִּימוּ 'נַעֲשֶׂה' לִ'נִשְׁמַע', לְכָךְ מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה יִזְכּוּ לְתֹואַר כָּבוֹד שֶׁיֵּשׁ לוֹ דִּין קְדִימָה עַל הַבָּנִים בְּכָל דָּבָר.
Il dit devant Lui : Maître du monde, mes enfants et pas Tes enfants ? Au moment où ils ont fait précéder devant Toi "nous ferons" à "nous entendrons", Tu les as appelés "Mon fils, Mon premier-né" ; et maintenant, mes enfants et pas Tes enfants ! Rachi explique : bien qu'Il les ait appelés "Mon fils, Mon premier-né" en Égypte, alors qu'ils n'avaient pas encore fait précéder [naassé], l'avenir est néanmoins dévoilé devant Toi, et c'est comme s'ils l'avaient fait précéder depuis ce temps. S'il en est ainsi, leur faute commise ensuite était aussi connue et dévoilée devant Toi des le début ; pourquoi leur faute n'a-t-elle pas empêché l'appellation "Mon fils, Mon premier-né" que Tu leur as donnée ? Il faut donc conclure que, même s'ils fautent, le titre de "fils" ne leur est pas retiré ; et pourquoi me dis-Tu maintenant qu'ils sont Tes enfants [à moi] et ne dis-Tu pas "Mes enfants" ?! Ou bien, il raisonne par kal va-homer : si en Égypte, où ils servaient l'idolâtrie, Tu les as appelés "Mon fils, Mon premier-né" parce qu'ils feraient précéder [naassé] à l'avenir, à plus forte raison après qu'ils l'ont effectivement fait précéder, ce mérite doit servir à ce que le titre de "fils" ne leur soit pas retiré. Et s'ils ont mérité aussi le titre de "premier-né" et pas seulement celui de "fils", c'est parce qu'ils ont fait précéder "nous ferons" à "nous entendrons" ; c'est pourquoi, mesure pour mesure, ils méritent un titre d'honneur qui a droit de préséance sur les [autres] fils en toute chose.
💡 Explication

R. Yonatan lit Yechayahou 63,16 comme le récit du procès futur. Avraham et Yaakov répondent yimahou al kedouchat chemekha (qu'ils soient effacés pour sanctifier Ton Nom). Hachem juge : la be-savei taama, ve-la be-dardekei etsa (ni raison chez les vieux, ni conseil chez les jeunes).

Yitshak répond par un argument : Israël est appelé béni bekhori (Mon fils, Mon premier-né) à cause de naassé ve-nichma ; leur faute concerne donc Hachem en tant que Père.

5
וְעוֹד, כַּמָּה חָטְאוּ? כַּמָּה שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם — שִׁבְעִים שָׁנָה. דַּל עֶשְׂרִין דְּלָא עָנְשַׁתְּ עֲלַייְהוּ — פָּשׁוּ לְהוּ חַמְשִׁין. דַּל עֶשְׂרִין וְחַמְשָׁה דְּלֵילָוָתָא — פָּשׁוּ לְהוּ עֶשְׂרִין וְחַמְשָׁה. דַּל תַּרְתֵּי סְרֵי וּפַלְגָא דְּצַלּוֹיֵי וּמֵיכַל וּדְבֵית הַכִּסֵּא — פָּשׁוּ לְהוּ תַּרְתֵּי סְרֵי וּפַלְגָא, אִם אַתָּה סוֹבֵל אֶת כֻּולָּם — מוּטָב, וְאִם לָאו — פַּלְגָא עֲלַי וּפַלְגָא עֲלָיךְ. וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר כֻּולָּם עָלַי — הָא קָרֵיבִית נַפְשִׁי קַמָּךְ. פּוֹתְחִין וְאוֹמְרִין: ״כִּי אַתָּה אָבִינוּ״. אָמַר לָהֶם יִצְחָק: עַד שֶׁאַתֶּם מְקַלְּסִין לִי, קַלְּסוּ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וּמַחְוֵי לְהוּ יִצְחָק לְקֻודְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעֵינֵיהּ. מִיָּד נוֹשְׂאִים עֵינֵיהֶם לַמָּרוֹם וְאוֹמְרִים: ״אַתָּה ה׳ אָבִינוּ גֹּואֲלֵנוּ מֵעוֹלָם שְׁמֶךָ״.

Et de plus, combien ont-ils péché ? Combien sont les années de l'homme ?

Soixante-dix ans. Retire vingt [ans], pour lesquels Tu ne punis pas : il leur en reste cinquante.

Retire vingt-cinq des nuits : il leur en reste vingt-cinq. Retire douze et demi pour la prière, les repas et les toilettes : il leur en reste douze et demi.

Si Tu les supportes tous, tant mieux ; sinon, moitié sur moi et moitié sur Toi. Et si Tu dis qu'ils sont tous sur moi, voici que j'ai offert mon âme devant Toi.

[Israël] commence et dit : "Car Tu es notre père". Yitshak leur dit : au lieu de me louer, louez le Saint béni soit-Il ; et Yitshak leur montre de ses yeux le Saint béni soit-Il.

Aussitôt ils lèvent les yeux vers le haut et disent : "Toi, Hachem, Tu es notre Père, notre Rédempteur de toujours est Ton Nom".

📜 Rachi (2)
דַּל עֶשְׂרִין דְּלָא עָנְשַׁתְּ לְהוּ שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּדוֹר הַמִּדְבָּר שֶׁלֹּא עָנַשׁ הקב"ה אֶלָּא מִכ' שָׁנָה וּמַעֲלֶה דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ד:כ״ט) בַּמִּדְבָּר הַזֶּה יִפְּלוּ פִגְרֵיכֶם וְגוֹ' מִבֶּן כ' שָׁנָה וָמָעְלָה אֲשֶׁר הֲלִינֹותֶם עָלָי:
Retire vingt pour lesquels Tu ne punis pas : car nous trouvons pour la génération du désert que le Saint béni soit-Il ne punit qu'à partir de vingt ans, comme il est écrit : "dans ce désert tomberont vos cadavres... depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, vous qui avez murmuré contre Moi" (Bamidbar 14,29).
כִּי אַתָּה אָבִינוּ כְּנֶגֶד יִצְחָק אָמְרוּ וְהוּא אָמַר לָהֶם הֶרְאוּ כְּנֶגֶד הקב"ה שֶׁהוּא אֲבִיכֶם:
Car Tu es notre père : ils le dirent à l'adresse de Yitshak, et il leur dit : montrez vers le Saint béni soit-Il, qui est votre Père.
🪔 Ben Yehoyada (2)
דַּל עֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה דְּלֵילָוָותָא. הַקֻּושְׁיָא יְדוּעָה וְכִי בַּלַּיְלָה אֵין עוֹשִׂין עוֹנוֹת? אַדְּרַבָּה יִמָּצֵא בַּלַּיְלָה יוֹתֵר (יְשַׁעְיָהוּ כט, טו) וְהָיָה בְּמַחְשָׁךְ מַעֲשֵׂיהֶם! וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאֵין כַּוָּנָתוֹ לוֹמַר בַּלַּיְלָה אֵין עוֹשִׂין, אֶלָּא רְצוֹנוֹ לוֹמַר כֵּיוָן דְּלַיְלָה שְׁלִיטַת הַחִיצוֹנִים, וּפְלוֹנִית וְגֻונְדָּא דִּילָּה מְחַזֶּרֶת בַּלֵּילוֹת לְפָתוֹת יוֹתֵר מִיָּמִים, לָכֵן רָאוּי שֶׁהָעֲוֹנוֹת יִהְיוּ נִתְלִים בְּסִטְרָא אַחֲרָא שֶׁהֵם הַמְסַבְּבִין לָאָדָם, עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמַר (וַיִּקְרָא טז, כב) וְנָשָׂא הַשָּׂעִיר עָלָיו אֶת כָּל עֲוֹ‍נֹתָם, כִּי בִּזְמַן שְׁלִיטָתָם אֵין כֹּחַ בָּאָדָם לְהִלָּחֵם בְּיֵצֶר הָרַע, וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר בְּאַחְאָב (מְלָכִים א' כא, כה) אֲשֶׁר הֵסַתָּה אֹתוֹ אִיזֶבֶל אִשְׁתּוֹ דַּהֲוָה אַחְאָב קָפֵיד עַל רַבִּי לֵוִי שֶׁלֹּא הָיָה דּוֹרֵשׁ הַכָּתוּב הַזֶּה כֻּולּוֹ, שֶׁבֶּאֱמֶת הַכָּתוּב תָּלָה הַדָּבָר בְּמֵסִית (סַנְהֶדְרִין קב:).
Retire vingt-cinq des nuits. La question est connue : ne commet-on pas de fautes la nuit ? Au contraire, on en trouve davantage la nuit : "leurs actes sont dans l'obscurité" (Yechayahou 29,15). Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il ne veut pas dire que la nuit on n'en commet pas ; il veut dire : puisque la nuit est le temps de la domination des forces extérieures (hitsonim), et qu'une certaine [puissance féminine de l'impureté] et sa troupe rôdent la nuit pour séduire davantage que le jour, il convient que ces fautes soient attribuées à la sitra a'hra, qui cause [la faute] de l'homme, à la manière de ce qui est dit : "et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes" (Vayikra 16,22). Car au temps de leur domination l'homme n'a pas la force de lutter contre le yetser ha-ra, comme il est dit d'Ahav : "que sa femme Izevel avait incité" (Melakhim I 21,25) ; Ahav reprochait à R. Levi de ne pas exposer ce verset en entier, car en vérité le verset a fait dépendre la chose de l'incitateur (Sanhédrin 102b).
אוֹמֵר לָהֶם יִצְחָק: עַד שֶׁאַתֶּם מְקַלְּסִין לִי, קַלְּסוּ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וּמַחְוֵי לְהוֹן יִצְחָק, קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּעֵינַיְהוּ. אֵין הַכַּוָּנָה כִּפְשׁוּטוֹ, דְּהָא כְּתִיב (שְׁמוֹת לג, כ) לֹא יִרְאַנִי הָאָדָם וָחָי, אֶלָּא הוּא לְשׁוֹן מְלִיצָה, וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְקֻובָּלִים זַ"ל שֶׁשְּׁמוֹ שֶׁל הקב"ה רָמוּז 'בְּעֵינַיִם' שֶׁשְּׁנֵי עֵינַיִם הֵם כְּנֶגֶד שְׁנֵי יודי"ן, וְהַחֹוטֶם אֲשֶׁר בֵּינֵיהֶם הוּא דֻּוגְמַת וָא"ו וְהוּא צוּרַת אָלֶ"ף מַמָּשׁ, וְאֵלּוּ הֵם מִסְפַּר שֵׁם הֲוָיָ"ה [26] , וְלָזֶה אָמַר (תְּהִלִּים טז, ח) שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד. וּבָזֶה יוּבָן (תְּהִלִּים כה, טו) עֵינַי תָּמִיד אֶל ה' כִּי הוּא יוֹצִיא מֵרֶשֶׁת רַגְלָי, שֶׁהוּא מְצַיֵּיר תָּמִיד שֵׁם הֲוָיָ"ה בְּעֵינָיו, וְעַל יְדֵי זֶה יוֹצִיא מֵרֶשֶׁת הַיֵּצֶר הָרַע שֶׁפּוֹרֵשׁ אוֹתָהּ בְּעֵינֵי בְּנֵי אָדָם! וְלָזֶה אָמַר מַחְוֵי לְהוּ להקב"ה בְּעֵינַיְהוּ שֶׁלְּמִדָּם אֵיךְ יֵשׁ רֶמֶז לִשְׁמוֹ שֶׁל הקב"ה בְּעֵינַיִים שֶׁלָּהֶם, וְלָכֵן צְרִיכִין לְקַייֵּם מַה שֶּׁאָמַר הַכָּתוּב עֵינַי תָּמִיד אֶל ה', שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד, וְלֹא יָשִׂימוּ עֵינֵיהֶם עַל אָדָם לִבְטֹוחַ בּוֹ כַּאֲשֶׁר עָשׂוּ עַתָּה שֶׁבָּאוּ לְקַלְּסוֹ בְּאָומְרָם כִּי אַתָּה אָבִינוּ. אוֹ יוּבָן בס"ד עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁאָמְרוּ הַמְפָרְשִׁים זַ"ל בַּפָּסוּק (תְּהִלִּים לד, ט) טַעֲמוּ וּרְאוּ כִּי טוֹב ה' , דְּאִם אָדָם טוֹעֵם פְּרִי מָתוֹק אִם הוּא חוֹלֶה יִטְעַם מַר, נִמְצָא הַחִסָּרוֹן מִצַּד הָאָדָם וְאֵינוֹ מִצַּד הַפְּרִי, וְכֵן אִם יֵשׁ חֹולִי בְּעֵינָיו תִּהְיֶה לוֹ אוֹר הַשֶּׁמֶשׁ קוֹץ מַכְאִיב נִמְצָא הַחִסָּרוֹן מִצִּדּוֹ וְלֹא מִצַּד הַשֶּׁמֶשׁ, כֵּן הקב"ה נוֹתֵן שֶׁפַע טוֹב וְהָאָדָם מִצַּד עֲוֹנֹותָיו יִתְהַפֵּךְ לוֹ הַשֶּׁפַע לְרָעָה, וְאֵין הַחִסָּרוֹן מִצַּד הַשֶּׁפַע אֶלָּא מִצַּד הָאָדָם, וְזֶה שֶׁאָמַר מִן הַטְּעִימָה וּמִן הָרְאָיָה תָּבִינוּ כִּי טוֹב ה' תָּמִיד וְהַחִסָּרוֹן הוּא מִצִּדְרָכֶם עַד כָּאן דְּבָרָיו. וְכֵן כָּאן אַחְוִי לְהוּ יִצְחָק מִדָּתוֹ שֶׁל הקב"ה וְשֶׁפַע טוּבוֹ בְּעֵינַיְהוּ , כְּלוֹמַר עָשָׂה לָהֶם הוֹכָחָה מִן רְאִיַּית הָעֵינַיִם שֶׁלָּהֶם, וְלִימּוּד הוּא מוּסַר הַשְׂכֵּל לָאָדָם בְּכַמָּה דְּבָרִים וּבִפְרָט עַל זְמַן הַגָּלוּת. אוֹ יוּבָן בס"ד בָּא לְלַמְּדָם מוּסַר הַשְׂכֵּל מִן הָעֵינַיִם, וְהוּא שֶׁהָאוֹר אֵינוֹ יוֹצֵא מִן הַלֹּובֶן אֶלָּא מִן הַשָּׁחוֹר שֶׁבָּעֵינַיִם, כֵּן אוֹר הַטּוֹב שֶׁל הֶעָתִיד יַגִּיעַ לָהֶם עַל יְדֵי הַצַּעַר וּשְׁחֹרוֹת שֶׁל הַגָּלוּת, וְהִגִּיד לָהֶם בָּזֶה דְּאַל יִצְטַעֲרוּ עַל הַצָּרוֹת שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶם בַּגָּלוּת, כִּי הַכֹּל הָיָה לְטוֹבָתָם וּמֵאוֹתוֹ הַחֹשֶׁךְ מַגִּיעַ לָהֶם זֶה הָאוֹר שֶׁל זְמַן הֶעָתִיד, וְלָזֶה אָמַר מַחְוֵי לְהוּ להקב"ה, רְצוֹנוֹ לוֹמַר לְמַעֲשֵׂה הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ אֲשֶׁר עָשָׂה עִמָּהֶם בִּזְמַן הַגָּלוּת בְּעַנְיַיְהוּ, רוֹצֶה לוֹמַר מַעֲשִׂים אֵלּוּ עָשׂוּ פּוֹעֵל כְּמוֹ פְּעֻולָּה שֶׁל עֵינֵיהֶם אֲשֶׁר הָאוֹר יוֹצֵא מִתּוֹךְ הַחֹשֶׁךְ.
Yitshak leur dit : au lieu de me louer, louez le Saint béni soit-Il ; et Yitshak leur montre le Saint béni soit-Il de leurs yeux. L'intention ne suit pas le sens simple, puisqu'il est écrit : "l'homme ne peut Me voir et vivre" (Chemot 33,20) ; c'est une expression figurée. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'expliquer] selon ce qu'ont dit les kabbalistes : le Nom du Saint béni soit-Il est suggéré dans les yeux : les deux yeux correspondent à deux yod, et le nez entre eux est à l'image d'un vav, ce qui forme exactement un alef, et ceux-ci ont la valeur du Nom Havaya [26]. C'est pourquoi il est dit : "j'ai placé Hachem devant moi constamment" (Tehilim 16,8). Par là se comprend : "mes yeux sont constamment vers Hachem, car Il sortira mes pieds du filet" (Tehilim 25,15) : [l'homme] se représente constamment le Nom Havaya dans ses yeux, et par là Il le sort du filet du yetser ha-ra, qui le tend devant les yeux des hommes. C'est pourquoi il a dit : il leur montre le Saint béni soit-Il dans leurs yeux : il leur a enseigné comment il y a une allusion au Nom du Saint béni soit-Il dans leurs propres yeux, et qu'ils doivent donc accomplir ce que dit le verset : "mes yeux sont constamment vers Hachem", "j'ai placé Hachem devant moi constamment", et ne pas poser leurs yeux sur un homme pour se fier à lui, comme ils l'ont fait maintenant en venant le louer par "car tu es notre père". Ou bien, on peut le comprendre, avec l'aide du Ciel, à la manière de ce qu'ont dit les commentateurs sur le verset : "goûtez et voyez que Hachem est bon" (Tehilim 34,9) : si un homme goûte un fruit doux alors qu'il est malade, il le trouve amer ; le défaut vient donc de l'homme et pas du fruit. De même, s'il a une maladie des yeux, la lumière du soleil lui est comme une épine douloureuse ; le défaut vient de lui et pas du soleil. Ainsi, le Saint béni soit-Il donne une abondance bonne, et l'homme, à cause de ses fautes, voit cette abondance se retourner en mal ; le défaut vient de l'homme et pas de l'abondance. C'est ce qu'il dit : par le goût et par la vue, vous comprendrez que Hachem est toujours bon et que le défaut vient de vous. Jusqu'ici leurs paroles. Ici de même, Yitshak leur montra la mesure du Saint béni soit-Il et l'abondance de Sa bonté "dans leurs yeux", c'est-à-dire qu'il leur fit une preuve à partir de la vision de leurs yeux ; c'est un enseignement moral pour l'homme en plusieurs choses, et en particulier pour le temps de l'exil. Ou bien, on peut le comprendre, avec l'aide du Ciel : il vint leur enseigner une leçon à partir des yeux : la lumière ne sort pas du blanc mais du noir des yeux ; de même la bonne lumière de l'avenir leur parviendra par la peine et la noirceur de l'exil. Il leur fit savoir par là qu'ils ne devaient pas s'affliger des malheurs passés sur eux en exil, car tout était pour leur bien, et de cette obscurité leur parvient la lumière des temps futurs. C'est pourquoi il a dit : il leur montre le Saint béni soit-Il, c'est-à-dire les actes que Hachem a faits avec eux au temps de l'exil, "dans leurs yeux" : ces actes ont agi comme agissent leurs yeux, où la lumière sort de l'obscurité.
💡 Explication

Deuxième argument de Yitshak : le calcul des années réellement passibles. On retire les vingt premières années (pas de punition céleste avant vingt ans, d'après Rachi), les nuits, puis le temps de la prière, des repas et des besoins. Il reste douze ans et demi, que Yitshak propose de partager avec Hachem ; et s'il faut tout porter, il invoque son propre sacrifice (la Akeda).

Israël loue alors Yitshak (ki ata avinou), et Yitshak dirige la louange vers Hachem : c'est la seconde moitié du verset.

🖼️ Schéma
Combien ont-ils péché ? Le calcul de Yitshak70 ansvie humaine50- 20 ans non punis25- 25 ans de nuits12,5- prière, repas, toilettes6,25 + 6,25moitié Yitshak / moitié HachemSi Tu dis : tout sur moi - je me suis offert devant Toi (la Akeda).Les chiffres suivent la sougya ; Rachi justifie les 20 ans par la génération du désert.
Les étapes du calcul de Yitshak, telles que la Guemara les énonce.
6
אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רָאוּי הָיָה יַעֲקֹב אָבִינוּ לֵירֵד לְמִצְרַיִם בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל, אֶלָּא שֶׁזְּכוּתוֹ גָּרְמָה לוֹ, דִּכְתִיב: ״בְּחַבְלֵי אָדָם אֶמְשְׁכֵם בַּעֲבֹתוֹת אַהֲבָה וָאֶהְיֶה לָהֶם כִּמְרִימֵי עֹל עַל לְחֵיהֶם וְאַט אֵלָיו אוֹכִיל״.

R. Hiya bar Abba a dit au nom de R.

Yo'hanan : Yaakov notre père aurait dû descendre en Égypte avec des chaînes de fer, mais son mérite le lui a épargné, comme il est écrit : "Je les ai tirés avec des cordes humaines, avec des liens d'amour, et J'ai été pour eux comme ceux qui soulèvent le joug sur leurs joues, et Je lui ai tendu [de quoi] supporter" (Hochea 11,4).

📜 Rachi (4)
בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל כְּדֶרֶךְ כָּל הַגּוֹלִים שֶׁהֲרֵי ע"פ גְּזֵרַת גָּלוּת יָרַד לְשָׁם:
Avec des chaînes de fer : comme tous les exilés, puisqu'il y est descendu par un décret d'exil.
בְּחַבְלֵי אָדָם בִּשְׁבִיל חִיבַּת הָאָדָם מְשַׁכְתִּים לְמִצְרַיִם בַּחֲבָלִים וְלֹא בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת:
Avec des cordes humaines : par affection pour l'homme, Je les ai tirés vers l'Égypte avec des cordes et pas avec des chaînes.
כִּמְרִימֵי עוֹל עַל לְחַיֵּיהֶם כְּאָדָם הַסּוֹבֵל וּמְסַייֵּעַ לִבְהֶמְתּוֹ לְהָרִים עוֹלָה מֵעַל צַוָּארָהּ בְּלִוּוּחִין וּבְמַקְלוֹת:
Comme ceux qui soulèvent le joug sur leurs joues : comme un homme qui soulage et aide sa bête à soulever son joug de dessus son cou avec des planchettes et des bâtons.
וְאַט אֵלָיו אוֹכִיל הִטֵּיתִי לָכֶם כֹּחַ לְהָכִיל אֶת עֲבוֹדַת הַפֶּרֶךְ:
Et Je lui ai tendu de quoi supporter : Je vous ai procuré la force de supporter le travail écrasant.
🪔 Ben Yehoyada (1)
רָאוּי הָיָה יַעֲקֹב אָבִינוּ לֵירֵד לְמִצְרַיִם בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל, אֶלָּא שֶׁזְּכוּתוֹ גָּרְמָה לוֹ. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'מְשַׁכְתִּים בַּחֲבָלִים וְלֹא בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת' וְהַכַּוָּנָה רְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁלֹּא עָשִׂיתִי סִיבּוֹת שֶׁל יְרִידָתוֹ שֶׁיִּהְיוּ קָשׁוֹת עָלָיו כְּבַרְזֶל, אֶלָּא זְכוּתוֹ גָּרַם שֶׁתִּהְיֶה סִיבַּת יְרִידָתוֹ נוֹחָה וְטוֹבָה עָלָיו, שֶׁהָיְתָה בְּכָבוֹד בִּשְׁבִיל יוֹסֵף שֶׁהָיָה מֶלֶךְ, שֶׁנִּמְצֵאת הַסִּיבָּה נוֹחָה כְּחֶבֶל וְלֹא קָשֶׁה כַּבַּרְזֶל. אָמְנָם צָרִיךְ לְהָבִין מֵעִיקָּרָא לָמָּה הָיָה רָאוּי לִירִידָה בְּסִיבָּה קָשָׁה? וְעוֹד לָמָּה דְּמֶה הַקֹּושִׁי לַבַּרְזֶל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ מָהָרָ"ם אַלְשֵׁיךְ זַ"ל בְּרֵישׁ שֵׁמוֹת, שֶׁסִּיבַּת גָּלוּת מִצְרַיִם הָיָה כְּדֵי לְהוֹצִיא מֵהֶם זֻוהֲמַת הַנָּחָשׁ, שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ יִהְיוּ יְכוֹלִים לְקַבֵּל תּוֹרָה בְּסִינַי וַיְדַבֵּר שָׁם עִמָּהֶם פָּנִים בְּפָנִים, שֶׁיִּהְיוּ כֻּולָּם בְּאוֹתוֹ מַעֲמָד נְבִיאִים גְּמוּרִים מִקָּטְנָם וְעַד גִּדּוּלָם, וּמֵחֲמַת שֶׁהָיְתָה הַזֻּוהֲמָה רַבָּה מְאֹד אָז עַד אַחַר הַתָּכַת כו' יָצָא אַבְרָהָם אָבִינוּ ע"ה נָקִי, וְעִם כָּל זֶה לֹא נִבְרְרָה וְיָצְאָה הַזֻּוהֲמָה כֻּולָּהּ, וּלְכָךְ עָשָׂה הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ שֶׁיּוֹלִיד אַבְרָהָם אֶת יִשְׁמָעֵאל תְּחִלָּה כְּדֵי שֶׁיִּמְשֹׁוךְ חֵלֶק רַב מִזֻּוהֲמָה, וְאַחַר כָּךְ נוֹלַד יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה נָקִי וְטָהוֹר, וַעֲדַיִין נִשְׁאַר זֻוהֲמָה קְצָת, וּלְכָךְ עָשָׂה שֶׁתִּתְעַבֵּר רִבְקָה אִמֵּנוּ ע"ה בְּעֵשָׂו עִם יַעֲקֹב כְּדֵי שֶׁיִּקַּח עֵשָׂו כָּל הַזֻּוהֲמָה וְיָצָא יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה נָקִי וּבַר, וְכֵן הָיָה שֶׁהוֹלִיד י"ב שְׁבָטִים כֻּולָּם צַדִּיקִים, אַךְ עֲדַיִין הָיוּ צְרִיכִין זִיכּוּךְ וּלְכָךְ גִּלְגֵּל בִּיאָתָם לְמִצְרַיִם שֶׁהִיא כּוּר הַבַּרְזֶל, כְּדֶרֶךְ הַמַּנִּיחַ הַזָּהָב בְּתוֹךְ כּוּר כְּדֵי לְהַפְרִישׁ הַזָּהָב לְצַד אֶחָד וְהַסִּיגִים לְצַד אֶחָד וְכַנִּזְכָּר שָׁם עַיֵּין שָׁם. אָמְנָם עֲדַייִן צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה בִּשְׁבִיל הַקְּצָת מִן הַמִּקְצָת הֻוצְרַךְ לִהְיוֹת כָּל כָּךְ שָׁנִים בְּמִצְרַיִם עַד שֶׁיֻּבְדְּלוּ הַסִּיגִים? וְעוֹד הֲלֹא יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה הָיָה נָקִי וְטָהוֹר וְהָרְאָיָה שֶׁכָּל בָּנָיו הוֹלִידָם צַדִּיקִים גְּמוּרִים וְלָמָּה הֻוצְרַךְ כּוּר הַבַּרְזֶל שֶׁל גָּלוּת מִצְרַיִם? אַךְ בֶּאֱמֶת טַעַם זֶה הוּא נוֹדַע, כִּי הֵן אֱמֶת יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה נִזְדַּכֵּךְ מְאֹד, מִכָּל מָקוֹם מִצַּד הַנָּשִׁים שֶׁהָיוּ לֵאָה וְרָחֵל וּבִלְהָה וְזִלְפָּה כֻּולָּם בְּנוֹת לָבָן הִגִּיעַ זֻוהֲמָה חֲדָשָׁה בַּבָּנִים, וּלְכָךְ הֻוצְרַךְ לָזֶה גָּלוּת מִצְרַיִם לְהַתִּיךְ הַזֻּוהֲמָה אֲשֶׁר נָגְעָה מִצַּד אַמּוֹתֵיהֶם! וְהִנֵּה בָּזֶה מוּבָן בס"ד הַטַּעַם שֶׁנִּקְרָא גָּלוּת מִצְרַיִם 'כּוּר הַבַּרְזֶל' (מְלָכִים א' ח, נא), וְהַיְינוּ כִּי יָדוּעַ מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הָאֲרִיזָ"ל 'בַּרְזֶל' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ב לֵהָה ר חָל ז לַפֶּה ל אָה, וְזֶהוּ כְּסֵדֶר עֲמִידָתָן לְמַעְלָה בְּשֶׁרָשַׁם שֶׁהַשְּׁפָחוֹת הֵם עוֹמְדִים אֲחוֹרֵי הַגְּבִירוֹת. וְאִם כֵּן מִצִּדֵּנוּ הֵם כְּסֵדֶר זֶה שֶׁל אוֹתִיּוֹת 'בַּרְזֶל'. וּמֵאַחַר שֶׁעִיקַּר גָּלוּת מִצְרַיִם הָיָה כְּדֵי לְהַתִּיךְ זֻוהֲמָה שֶׁנָּגְעָה מִצַּד אַמּוֹתֵינוּ הֲנֵז' שֶׁהֵם נִרְמָזִים בָּאוֹתִיּוֹת'בֹרַזֵּל' לְכָךְ נִקְרָא גָּלוּת מִצְרַיִם 'כּוּר הַבַּרְזֶל'. וּבָזֶה מִמֵּילָא מוּבָן הַטַּעַם בְּמַאֲמַר הַזֶּה שֶׁאָמַר רָאוּי הָיָה שֶׁיֵּרֵד בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל אֶלָּא שֶׁזְּכוּתוֹ גָּרַם שֶׁעָשָׂה בִּמְקוֹם בַּרְזֶל, חֶבֶל. וְהִנֵּה הַהֶפְרֵשׁ בֵּין מִסְפַּר בַּרְזֶל [239] לְמִסְפַּר חֶבֶל [40] הוּא קצ"ט כְּמִנְיַן צְדָקָה [199] , רֶמֶז צְדָקָה עָשָׂה הקב"ה עִם יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה וְזַרְעוֹ שֶׁהֶחֱלִיף לָהֶם הַבַּרְזֶל בְּחֶבֶל! וּבָזֶה יוּבָן (דְּבָרִים לב, ט) כִּי חֵלֶק ה' עַמּוֹ יַעֲקֹב חֶבֶל נַחֲלָתוֹ , רְצוֹנוֹ לוֹמַר לִהְיוֹת כִּי חֵלֶק ה' עַמּוֹ לְכָךְ רֶחֶם עֲלֵיהֶם וְעָשָׂה לְיַעֲקֹב חֶבֶל נַחֲלָתוֹ מִלְּשׁוֹן נַחֲלָה מַכֹּתְךָ (יִרְמְיָהוּ ל, יב), רְצוֹנוֹ לוֹמַר הַמַּחֲלָה שֶׁלּוֹ שֶׁהוּא גָּלוּת מִצְרַיִם מָשַׁךְ אוֹתוֹ בְּ'חֶבֶל' וְלֹא בְּ'בַּרְזֶל'. וּבָזֶה יוּבָן בס"ד (תְּהִלִּים טז, ו) חֲבָלִים נָפְלוּ לִי בַּנְּעִמִים אַף נַחֲלָת שָׁפְרָה עָלָי , דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל שֶׁגַּם זְכוּת יוֹסֵף הע"ה סִיֵּיעַ בִּכְבוֹד הַיְּרִידָה וְהָעֲלִיָּה, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (בְּרֵאשִׁית מו, ג) אַל תִּירָא מֵרְדָה מִצְרַיְמָה וְכוּ' וְיוֹסֵף יָשִׁית יָדוֹ עַל עֵינֶיךָ, וְזֶה שֶׁאָמַר חֲבָלִים נָפְלוּ לִי בִּמְקוֹם שַׁלְשְׁלָאוֹת בַּרְזֶל, עַל יְדֵי הַנְּעִמִים הֵם יַעֲקֹב וְיוֹסֵף, וְגַם נַחֲלַת סַךְ הַגָּלוּת שֶׁהוּא נַחַל ת' שָׁנָה שֶׁפָּרָה עָלַי שֶׁיָּצָאנוּ קֹודֶם הַזְּמַן בִּזְכוּתָם, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים עז, טז) גָּאַלְתָּ בִּזְרוֹעַ עִמְּךָ, בִּשְׁבִיל שֶׁהֵם בְּנֵי יַעֲקֹב וְיוֹסֵף סֶלָה גַּם שֶׁפָּרָה אוֹתִיּוֹת פְּשָׁרָה שֶׁנִּתְפַּשַּׁרְנוּ בַּחֲצִי הַזְּמַן. וְהָא דְּקָרֵי לְהוּ חֶבְלֵי אָדָם , נִרְאֶה לִי עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב הָרַמְבַּ"ם זַ"ל (בְּפֵירוּשׁ הַמִּשְׁנָה פ"ח דְּשַׁבָּת) שֶׁהַמִּנְהָג לִקְשֹׁור חֲבָלִים לַיּוֹלְדוֹת שֶׁתִּתְלֶה עַצְמָהּ בְּעֵת הַלֵּידָה כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ לָהּ לְעֵזֶר בְּעֵת לֵידָתָהּ יְעֻוייַּן שָׁם, וְיָדוּעַ כִּי הַגָּלוּת נִמְשַׁל לְיוֹלֵדָה הַיּוֹשֶׁבֶת עַל הַמַּשְׁבֵּר כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָהוּ כו, יז) כְּמוֹ הָרָה תַּקְרִיב לָלֶדֶת תָּחִיל תִּזְעַק בַּחֲבָלֶיהָ, וְלָכֵן עַל גָּלוּת מִצְרַיִם אָמַר בְּחַבְלֵי אָדָם אֶמְשְׁכֵם (הוֹשֵׁעַ יא, ד), כִּי לַבְּהֵמָה מוֹשְׁכִים בְּחֶבֶל כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּמְרוֹד וְתִבְרַח, אַךְ לְאָדָם כַּיּוֹלֵדָה וְכַיּוֹצֵא שֶׁנּוֹתְנִין הַחֶבֶל לִהְיוֹת לוֹ לְעֵזֶר, כֵּן גָּלוּת מִצְרַיִם הֵי' לְעֵזֶר לְיִשְׂרָאֵל וּלְכָךְ קָרְאוּ 'חֶבְלֵי אָדָם'. וְהִנֵּה רַשִׁ"י זַ"ל פֵּירֵשׁ (הוֹשֵׁעַ יא, ד) בְּחַבְלֵי אָדָם אֶמְשְׁכֵם, בִּשְׁבִיל חוֹב אָדָם, וְצָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה מְכַנֶּה חוֹב הָאָדָם בְּשֵׁם חֲבָלִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מ"ש רַבֵּינוּ הָאֲרִיזָ"ל סִיבַּת יְרִידַת יִשְׂרָאֵל לְמִצְרַיִם הוּא כְּדֵי לְבָרֵר נְשָׁמוֹת שֶׁנָּפְלוּ שָׁם מִן הַקֶּרִי שֶׁרָאָה אָדָם הָרִאשׁוֹן בְּאוֹתָם ק"ל שָׁנָה שֶׁפֵּירַשׁ מֵאִשְׁתּוֹ, וז"ס [וְזֶה סוֹד] וְהַקֹּל נִשְׁמַע בֵּית פַּרְעֹה (בְּרֵאשִׁית מה, טז), 'קַל' כְּתִיב וְהֵם הָיוּ בְּסוֹד הַדַּעַת, בְּסוֹד מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (יְבָמוֹת נג:) אֵין קִשּׁוּי אֶלָּא לְדַעַת, לְכָךְ יִשְׂרָאֵל שֶׁהָיוּ בְּסוֹד הַדַּעַת בֵּירְרוּם עַייֵּן שָׁם. וְהִנֵּה חֶבֶל יֵשׁ בּוֹ מַשְׁמָעוּת שֶׁל חַבָּלָה, וְהָאָדָם אִם יִרְאֶה קֶרִי שֶׁהוּא שִׁכְבַת זֶרַע לְבַטָּלָה הֲרֵי זֶה מְחַבֵּל נְשָׁמוֹת בְּכָךְ, אַךְ חֶבֶל בְּהִפּוּךְ אַתָּוָון חֵלֶב, שֶׁהֵם יָרְדוּ לְמִצְרַיִם בִּשְׁבִיל חַבָּלָה שֶׁעָשָׂה אָדָם הָרִאשׁוֹן בְּאוֹתָם ק"ל שָׁנָה בְּשִׁכְבַת זֶרַע לְבַטָּלָה. וְזֶהוּ בְּחַבְלֵי אָדָם אֶמְשְׁכֵם שֶׁפֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'בִּשְׁבִיל חוֹב אָדָם' אַךְ לְיַעֲקֹב וְזַרְעוֹ נֶהְפַּךְ חֶבֶל זֶה לְאוֹתִיּוֹת חֵלֶב כִּי בִּירָדָתַם לְמִצְרַיִם אָכְלוּ אֶת חֲלֵב הָאָרֶץ, וְכֵן פַּרְעֹה אָמַר לָהֶם (בְּרֵאשִׁית מה, יח) וְאִכְלוּ אֶת חֵלֶב הָאָרֶץ, וְזֶהוּ עִנְיַן יְרִידַת יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה וְזַרְעוֹ שֶׁיֵּרְדוּ בְּכָבוֹד, וְסִייֵּם הַכָּתוּב (הוֹשֵׁעַ יא ד) בַּעֲבֹתוֹת 'אַהֲבָה' אֶמְשְׁכֵם, אוֹתִיּוֹת 'הָא בָּהּ' רֶמֶז לְהַשְׁפָּעַת הַמָּזוֹן שֶׁנִּמְשַׁךְ מִן הֵ"א רִאשׁוֹנָה שֶׁבַּשֵּׁם בְּסוֹד 'הָא' לָכֶם זֶרַע וּזְרַעְתֶּם, גַּם הֵ"א בָּהּ שֶׁלֹּא יָרְדוּ לְמִצְרַיִם אֶלָּא לִ'מִצְרַיְמָה' [385] שֶׁעוֹלֶה מִסְפַּר שְׁכִינָה [385] . וְאָמַר (שָׁם) כִּמְרִימֵי עַל , שֶׁעָשִׂיתִי לָהֶם סִיּוּעַ בְּסַךְ הַגָּלוּת שֶׁהָיָה ת' שָׁנָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ שְׁכִינָה הַשְּׁלֵימָה, וְכֵן אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל מַלְאָכִים הִשְׁלִימוּ הַמִּנְיָן. וְאָמַר עוֹד (שָׁם) וְאַט אֵלָיו אוֹכִיל , רֶמֶז לְאַלְּפָא בֵּיתָא דא"ט ב"ח שֶׁהִיא בַּמַּלְכוּת בְּעֶשֶׂר סְפִירוֹתֶיהָ, א"ט כֶּתֶר, ב"ח חָכְמָה, ג"ז בִּינָה וְכוּ', וּרְצוֹנוֹ לוֹמַר שֶׁנָּתַתִּי לָהּ הַשְׁפָּעָה וְכֹחַ מָסוּר א"ט ב"ח שֶׁתָּכִיל אוֹתָהּ בְּקִרְבָּהּ מִלְּשׁוֹן (מְלָכִים א' ז, כו) אֲלָפִים בַּת יָכִיל.
Yaakov notre père aurait dû descendre en Égypte avec des chaînes de fer, mais son mérite le lui a épargné. Rachi explique : "Je les ai tirés avec des cordes et pas avec des chaînes" ; il veut dire : Je n'ai pas fait que les causes de sa descente soient dures pour lui comme le fer ; son mérite a fait que la cause de sa descente soit douce et bonne pour lui, car elle se fit avec honneur grâce à Yossef, qui était roi ; la cause se trouva douce comme une corde et pas dure comme le fer. Mais il faut comprendre d'abord pourquoi il méritait une descente par une cause dure, et pourquoi la dureté est comparée au fer. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'expliquer] d'après ce qu'a dit notre maître R. Moche Alchikh au début de Chemot : la cause de l'exil d'Égypte était de faire sortir d'eux la souillure du serpent, afin qu'ils puissent recevoir la Torah au Sinaï et qu'Il leur parle face à face, et qu'ils soient tous, dans ce rassemblement, des prophètes complets, du plus petit au plus grand. La souillure était alors très abondante, au point qu'après la fonte etc. Avraham notre père sortit pur ; néanmoins la souillure ne fut pas entièrement triée et sortie, et c'est pourquoi Hachem fit qu'Avraham engendre d'abord Yichmael, pour qu'il tire une grande part de la souillure ; ensuite naquit Yitshak notre père, pur et net, mais il restait encore un peu de souillure ; c'est pourquoi Il fit que Rivka notre mère conçoive Essav avec Yaakov, afin qu'Essav prenne toute la souillure et que Yaakov notre père sorte pur et net. Il en fut ainsi, car il engendra douze tribus, toutes justes ; mais elles avaient encore besoin d'affinage, et c'est pourquoi Il amena leur venue en Égypte, qui est le creuset de fer (kour ha-barzel), à la manière de celui qui place l'or dans un creuset pour séparer l'or d'un côté et les scories de l'autre, comme il est mentionné là-bas, voir là-bas. Il faut encore comprendre pourquoi, pour ce peu d'un peu, il fallut tant d'années en Égypte jusqu'à ce que les scories soient séparées. De plus, Yaakov notre père n'était-il pas pur et net ? La preuve en est que tous ses fils furent des justes parfaits ; pourquoi fallait-il le creuset de fer de l'exil d'Égypte ? En vérité la raison est connue : il est vrai que Yaakov notre père s'était beaucoup affiné ; néanmoins, du côté des femmes, Léa, Rahel, Bilha et Zilpa, toutes filles de Lavan, une souillure nouvelle parvint aux fils ; c'est pourquoi il fallut l'exil d'Égypte pour fondre la souillure venue du côté de leurs mères. Par là se comprend, avec l'aide du Ciel, pourquoi l'exil d'Égypte est appelé "creuset de fer" (Melakhim I 8,51) : on sait ce qu'a dit notre maître le Ari : "barzel" (fer) est l'acronyme de Bilha, Rahel, Zilpa, Léa ; c'est l'ordre de leur position en haut dans leur racine, où les servantes se tiennent derrière les maîtresses. Donc, de notre côté, elles sont dans cet ordre des lettres de "barzel". Et puisque l'essentiel de l'exil d'Égypte était de fondre la souillure venue du côté de nos mères, qui sont suggérées dans les lettres de "barzel", l'exil d'Égypte est appelé "creuset de fer". Par là se comprend aussi la raison de cet enseignement : il aurait dû descendre avec des chaînes de fer, mais son mérite a fait qu'à la place du fer il y ait une corde (hevel). Or la différence entre la valeur de "barzel" [239] et celle de "hevel" [40] est 199, la valeur de "tsedaka" [199] : allusion à la tsedaka que le Saint béni soit-Il a faite avec Yaakov notre père et sa descendance en leur changeant le fer en corde. Par là se comprend : "car la part de Hachem est Son peuple, Yaakov est la corde (hevel) de Son héritage (nahalato)" (Devarim 32,9) : parce que la part de Hachem est Son peuple, Il a eu pitié d'eux et a fait pour Yaakov "hevel nahalato", du terme "ta blessure est grave (nahlâ)" (Yirmiyahou 30,12), c'est-à-dire que Sa maladie, qui est l'exil d'Égypte, Il l'a tirée avec une corde et pas avec du fer. Par là se comprend, avec l'aide du Ciel : "les cordes me sont tombées dans des lieux agréables, et mon héritage est beau pour moi" (Tehilim 16,6) : nos Sages ont dit que le mérite de Yossef aussi contribua à l'honneur de la descente et de la montée, comme il est dit : "ne crains pas de descendre en Égypte... et Yossef posera sa main sur tes yeux" (Berechit 46,3-4). C'est ce qu'il dit : les cordes me sont tombées à la place des chaînes de fer, par les "agréables" (neimim), qui sont Yaakov et Yossef ; et aussi "nahalat", la somme de l'exil, qui est "nahal tav" (400 ans), "chafra" (est belle) pour moi, car nous sommes sortis avant le terme par leur mérite, comme il est dit : "Tu as racheté par Ton bras Ton peuple, les fils de Yaakov et de Yossef, sela" (Tehilim 77,16) ; de plus "chafra" a les lettres de "pechara" (compromis), car on a transigé à la moitié du temps. Et s'il les appelle "cordes humaines", il me semble [l'expliquer] d'après ce qu'a écrit le Rambam (Commentaire de la Michna, Chabbat ch. 8) : la coutume est d'attacher des cordes pour les parturientes, afin qu'elles s'y suspendent au moment de l'accouchement pour les aider au moment de la naissance, voir là-bas. On sait que l'exil est comparé à une parturiente assise sur la chaise d'accouchement, comme il est dit : "comme une femme enceinte proche d'enfanter, elle se tord, elle crie dans ses douleurs (hevaléha)" (Yechayahou 26,17). C'est pourquoi au sujet de l'exil d'Égypte il dit : "Je les ai tirés avec des cordes humaines" (Hochea 11,4) : on tire une bête avec une corde pour qu'elle ne se révolte pas et ne s'enfuie pas, mais à un homme, comme à une parturiente et semblables, on donne la corde pour qu'elle l'aide ; ainsi l'exil d'Égypte fut une aide pour Israël, et c'est pourquoi il l'appelle "cordes humaines". Rachi explique (Hochea 11,4) "avec des cordes humaines Je les ai tirés" : à cause de la dette de l'homme (Adam) ; il faut comprendre pourquoi la dette d'Adam est désignée par le nom de cordes. Il me semble, avec l'aide du Ciel, [l'expliquer] d'après ce qu'a écrit notre maître le Ari : la cause de la descente d'Israël en Égypte était de trier les âmes tombées là de la semence perdue qu'émit Adam ha-Richon durant les 130 années où il se sépara de sa femme ; c'est le secret de "et la voix (ha-kol) fut entendue dans la maison de Pharaon" (Berechit 45,16) : "kal" [130] est écrit ; et elles étaient dans le secret du Daat, selon ce qu'ont dit nos Sages (Yevamot 53b) : l'érection n'a lieu que par la conscience (daat) ; c'est pourquoi Israël, qui était dans le secret du Daat, les a triées, voir là-bas. Or "hevel" a le sens de "havala" (destruction), et l'homme qui voit une semence perdue, qui est une émission vaine, détruit par là des âmes ; mais "hevel" en inversant les lettres donne "halav" (lait). Ils sont descendus en Égypte à cause de la destruction qu'a faite Adam ha-Richon durant ces 130 années par une semence vaine. C'est "avec des cordes (havlei) d'Adam Je les ai tirés", que Rachi explique "à cause de la dette d'Adam" ; mais pour Yaakov et sa descendance cette "hevel" s'est retournée en lettres de "halav", car en descendant en Égypte ils mangèrent le meilleur (halav) du pays ; Pharaon aussi leur dit : "et mangez le meilleur (halav) du pays" (Berechit 45,18). C'est le sens de la descente de Yaakov notre père et de sa descendance, qui descendirent avec honneur. Le verset conclut : "avec des liens d'ahava (amour)" (Hochea 11,4), lettres de "ha ba" (voici, en elle), allusion à l'épanchement de la nourriture qui découle du premier hé du Nom, dans le secret de "hé (voici) pour vous de la semence, semez" ; et aussi "hé ba" (le hé en elle) : ils ne descendirent pas seulement en Égypte mais "Mitsraïma" [385], qui a la valeur de "Chekhina" [385]. Il dit (ibid.) : "comme ceux qui soulèvent le joug" : Je leur ai apporté une aide dans la somme de l'exil, qui était de 400 ans, comme l'ont dit nos Sages : la Chekhina a complété ; et nos Sages ont dit aussi : les anges ont complété le compte. Il dit encore (ibid.) : "ve-at elav okhil" : allusion à l'alphabet A"T B"H, qui est dans la Malkhout avec ses dix sefirot : A"T Keter, B"H 'Hokhma, G"Z Bina, etc. ; il veut dire : Je lui ai donné un épanchement et une force par la transmission de A"T B"H pour qu'elle la contienne en elle, du terme "elle contenait (yakhil) deux mille bat" (Melakhim I 7,26).
💡 Explication

La descente de Yaakov en Égypte réalisait le décret d'exil annoncé à Avraham ; selon la règle, l'exilé part enchaîné. Son mérite a transformé les chaînes de fer en cordes humaines : il descendit avec honneur, invité par Yossef.

Rachi lit les images de Hochea : le joug soulevé comme par un maître qui soulage sa bête, et la force donnée pour supporter le travail.

7
מַתְנֵי׳ הַמּוֹצִיא עֵצִים — כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה. תַּבְלִין — כְּדֵי לְתַבֵּל בֵּיצָה קַלָּה. וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. קְלִיפֵּי אֱגוֹזִין, קְלִיפֵּי רִמּוֹנִים, אִיסָטִיס וּפוּאָה — כְּדֵי לִצְבֹּועַ בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה. מֵי רַגְלַיִם, נֶתֶר וּבוֹרִית, קָמוֹלְיָא וְאַשְׁלָג — כְּדֵי לְכַבֵּס בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לְהַעֲבִיר אֶת הַכֶּתֶם.

MICHNA. Celui qui sort du bois : [il est coupable pour] de quoi cuire un œuf facile [à cuire].

Des épices : de quoi assaisonner un œuf facile. Et elles se combinent les unes avec les autres.

Des coques de noix, des écorces de grenade, de l'isatis et de la garance : de quoi teindre avec eux un petit tissu [placé] au bord d'une résille. De l'urine, du neter et du borit, de la kimolia et de l'achlag : de quoi laver un petit tissu au bord d'une résille.

R. Yehouda dit : de quoi effacer la tache.

📜 Rachi (9)
מַתְנֵי' בֵּיצָה קַלָּה כְּבָר מְפֹורָשׁ שֶׁזֶּה בֵּיצַת תַּרְנְגֹולֶת שֶׁהִיא קַלָּה לְבַשֵּׁל וְלֹא בְּשִׁיעוּר כָּל בֵּיצָה שִׁיעֲרוּ אֶלָּא כִּגְרוֹגֶרֶת מִבֵּיצָה קַלָּה:
Œuf facile : il est déjà expliqué que c'est un œuf de poule, qui est facile à cuire ; et on n'a pas fixé la mesure à [la cuisson] d'un œuf entier, mais [à celle de] la taille d'une figue sèche d'un œuf facile.
וּמִצְטָרְפִין כָּל מִינֵי תַּבְלִין זֶה עִם זֶה:
Et elles se combinent : toutes les sortes d'épices, les unes avec les autres.
קְלִיפֵּי אֱגוֹזִים הַגְּדֵילָה ע"ג הַקְּלִיפָּה בְּעוֹדָן לַחִין:
Coques de noix : [l'enveloppe] qui pousse sur la coque tant qu'elles sont fraîches.
סְטִיס קרו"ג":
Isatis : en langue étrangère "crog".
פּוּאָה וורנצ"א:
Garance (poua) : en langue étrangère "varance".
פִּי סְבָכָה בְּרֹאשׁ הַסְּבָכָה שֶׁעֲשָׂאָהּ בִּקְלִיעָה נוֹתֵן מְעַט בֶּגֶד:
Au bord de la résille : à l'extrémité de la résille qu'elle a faite en tressage, elle place un peu de tissu.
נֶתֶר מִין אֲדָמָה שֶׁקּוֹרִין ניטר"א:
Neter : une sorte de terre appelée "nitre".
קָמוֹלְיָא וְאַשְׁלָג בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לְהוּ:
Kimolia et achlag : la Guemara les explique.
אֶת הַכֶּתֶם שֶׁל דַּם נִדָּה שֶׁאֵלּוּ הַסַּמָּנִין מַעֲבִירִין עַל הַכֶּתֶם שֶׁל דַּם נִדָּה בַּבֶּגֶד לְטַהֲרוֹ:
La tache : de sang de nidda ; ces produits passent sur la tache de sang de nidda dans le vêtement pour le rendre pur.
💡 Explication

Retour à la halakha du Chabbat. La hotsaa (sortie d'un objet d'un domaine privé vers le domaine public) n'est passible que si l'objet atteint une quantité significative pour son usage habituel. Chaque matière reçoit donc sa mesure selon sa fonction : le bois sert à cuire, les épices à assaisonner, les teintures à teindre, les détergents à laver.

Le pi sevakha est le petit morceau de tissu cousu au bord de la résille qui retient les cheveux : c'est le plus petit tissu utile. R. Yehouda fixe pour les détergents la mesure qui efface une ketem (tache de sang suspecte).

8
גְּמָ׳ תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא! קָנֶה — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת קוּלְמוֹס, אִם הָיָה עָב אוֹ מְרֻוסָּס — כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה שֶׁבַּבֵּיצִים, טְרוּפָה וּנְתוּנָה בְּאִילְפָּס. מַהוּ דְתֵימָא: הָתָם הוּא דְּלָא חֲזֵי לְמִידֵּי, אֲבָל עֵצִים דַּחֲזוּ לְכַכָּא דְּאַקְלִידָא אֲפִילּוּ כָּל שֶׁהוּא, קָא מַשְׁמָע לַן.

GUEMARA. Nous l'avons déjà appris une fois !

[Un roseau] : de quoi faire une plume ; s'il était épais ou écrasé : de quoi cuire l'œuf le plus facile des œufs, battu et placé dans une poêle. Tu aurais pu dire : là-bas, c'est parce qu'il ne sert à rien [d'autre] ; mais le bois, qui sert pour la dent d'une clé, [on serait coupable] même pour une quantité minime ; [la michna] nous enseigne [que non].

📜 Rachi (2)
גְּמ' הָתָם הוּא דְּקוּלְמוֹס מְרֻוסָּס לָא חֲזִי לְמִידֵּי אֶלָּא לְהַסָּקָה:
Là-bas : la plume écrasée ne sert à rien d'autre qu'à allumer le feu.
כַּכָּא דְּאַקְלִידָא שֵׁן שֶׁל מַפְתֵּחַ:
Dent de clé : la dent d'une clé.
💡 Explication

Objection : la mesure du bois (cuire un œuf) est déjà enseignée dans une autre michna (Chabbat 80b) au sujet du roseau impropre à l'écriture. Réponse : le roseau écrasé ne sert qu'au feu ; on aurait pu penser que le bois, qui peut servir à fabriquer la dent d'une clé (kakha de-aklida), est significatif en toute quantité. La michna précise que le bois se mesure selon son usage principal, le chauffage.

9
תַּבְלִין כְּדֵי לְתַבֵּל בֵּיצָה קַלָּה. וּרְמִינְהוּ: תַּבְלִין, שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה שֵׁמוֹת מִמִּין אֶחָד, אוֹ מִשְּׁלֹשָׁה מִינִין וְשֵׁם אֶחָד — אֲסוּרִין, וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. וְאָמַר חִזְקִיָּה:

Des épices : de quoi assaisonner un œuf facile. On oppose [ceci] : des épices de deux ou trois noms d'une seule espèce, ou de trois espèces et d'un seul nom, sont interdites et se combinent les unes avec les autres.

Et Hizkiya a dit :

📜 Rachi (4)
וּרְמִינְהוּ אַמַּתְנִי' דְּקָתָנֵי תַּבְלִין מִצְטָרְפִין שְׁנֵי מִינִין לְכַשִּׁיעוּר:
On oppose : à notre michna, qui enseigne que les épices se combinent, deux espèces, pour [atteindre] la mesure.
ב' וְג' שֵׁמוֹת פִּלְפֵּל לָבָן שָׁחוֹר וְאָרֹוךְ אוֹ אֲפִילּוּ מִן ג' מִינִין וְהֵם (שֵׁם אֶחָד) שֶׁל אִיסּוּר אָסוּר אִם תִּיבְּלוּ בָּהֶן אֶת הַקְּדֵרָה:
Deux ou trois noms : poivre blanc, noir et long ; ou même de trois espèces, et elles relèvent d'un [même nom] d'interdit : c'est interdit si on en a assaisonné la marmite.
וּמִצְטָרְפִין לְתַבְּלָהּ אִם אֵין בְּכָל אֶחָד כְּדֵי לְתַבֵּל וְנִצְטָרְפוּ וְתִיבְּלוּ:
Et elles se combinent : pour assaisonner, si chacune n'a pas de quoi assaisonner, qu'elles se sont combinées et ont assaisonné.
וְאָמַר חִזְקִיָּה הָא דְּקָתָנֵי מִצְטָרְפִין:
Et Hizkiya a dit : au sujet de ce qu'on enseigne "elles se combinent".
🗂️ Tossefot (2)
תַּבְלִין שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה שֵׁמוֹת וְהֵן מִין אֶחָד פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י כְּמוֹ פִּלְפֵּל אָרֹוךְ פִּלְפֵּל לָבָן פִּלְפֵּל שָׁחוֹר וּלְפִי' הָא דְּקָתָנֵי בְּסֵיפָא ר"ש אוֹמֵר ב' שֵׁמוֹת מִמִּין אֶחָד אוֹ שְׁנֵי מִינִין מִשֵּׁם אֶחָד אֵין מִצְטָרְפִין מַשְׁכַּחַת לָהּ שְׁנֵי מִינִין מִשֵּׁם אֶחָד כְּעֵין שֶׁמָּצִינוּ לְקַמָּן (שַׁבָּת דַּף צ.) תְּרֵי גַּוְונֵי אֻהְלָא אֲבָל תֵּימַהּ וְכִי בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּשׁ לָהֶם שֵׁם אֶחָד יֵשׁ לָהֶן לְהִצְטָרֵף יוֹתֵר מַה מוֹעִיל הַשֵּׁם לִגְרֹום הַצֵּירוּף כֵּיוָן שֶׁהֵם שְׁנֵי מִינִין וְאֵין טַעְמָם בְּשָׁוֶה וּמְפָרֵשׁ ר"ת דָּג' עִנְיְנֵי אִיסּוּר כְּגוֹן שֶׁל עָרְלָה אוֹ שֶׁל כִּלְאֵי הַכֶּרֶם וְשֶׁל אֲשֵׁירָה וְשֶׁל עִיר הַנִּדַּחַת קָרֵי ג' שֵׁמוֹת כִּדְאָמְרִינַן שֶׁלֹּא הַשֵּׁם הַמְבִיאוֹ לִידֵי מַכּוֹת מְבִיאוֹ לִידֵי תַּשְׁלוּמִים וּבְפֶרֶק הַמְקַבֵּל (ב"מ קיא.) עוֹבֵר בְּכָל הַשֵּׁמוֹת הַלָּלוּ וְכֵן מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי בְּרֵישׁ פ"ב דְּמַסֶּכֶת עָרְלָה דְּקָתָנֵי הַתְּרוּמָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר וּתְרוּמ' שֶׁל דְּמַאי וְהַחַלָּה וְהַבִּכּוּרִים עוֹלִין בְּאֶחָד וּמֵאָה וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה וְקָאָמַר עֲלָהּ בַּגְּמָרָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן נִצְרְכָה אע"ג דְּאָמַר ר"ש אֵין שְׁנֵי שֵׁמוֹת מִצְטָרְפִין הָכָא מוֹדֶה שֶׁכֻּולָּם שֵׁם תְּרוּמָה:
Des épices de deux ou trois noms, et elles sont d'une seule espèce : Rachi explique : comme poivre long, poivre blanc, poivre noir. Selon lui, ce qu'enseigne la fin [de la baraita] : "R. Chimon dit : deux noms d'une seule espèce ou deux espèces d'un seul nom ne se combinent pas" : on trouve deux espèces d'un seul nom, comme nous trouvons plus loin (90a) deux sortes d'ahala (aloès). Mais c'est étonnant : est-ce parce qu'elles ont un seul nom qu'elles doivent davantage se combiner ? En quoi le nom sert-il à produire la combinaison, puisque ce sont deux espèces dont le goût n'est pas le même ? Rabbenou Tam explique que trois sortes d'interdit, comme celle de orla, ou de kilei ha-kerem, ou d'achera, ou d'une ir ha-nidahat, sont appelées trois "noms", comme nous disons : "le nom [d'interdit] qui l'amène aux coups n'est pas celui qui l'amène aux paiements" ; et au chapitre Ha-Mekabel (Bava Metsia 111a) : "il transgresse tous ces noms". C'est aussi explicite dans le Yerouchalmi au début du chapitre 2 du traité Orla, qui enseigne : la terouma, la terouma de maasser, la terouma de demai, la halla et les bikourim s'annulent dans un et cent et se combinent les uns avec les autres ; et la Guemara dit à ce sujet : c'est nécessaire pour R. Chimon : bien que R. Chimon dise que deux noms ne se combinent pas, ici il l'admet, car tous portent le nom de terouma.
אֲסוּרִין וּמִצְטָרְפִין לִכְאוֹרָה נִרְאֶה מִדְּתָנֵי אֲסוּרִים וּתְנָא תּוּ מִצְטָרְפִין דַּאֲסוּרִין הַיְינוּ לֶאֱסֹור אֶת הַקְּדֵרָה וּמִצְטָרְפִין לְמַלְקוֹת וְאַף עַל גַּב דִּלְעִנְיַן חִיּוּב חַטָּאת אָמְרִי' בְּפֶ' כְּלָל גָּדוֹל (לְעֵיל שַׁבָּת כא.) דְּחֵלֶב וּפִיגּוּל וְנוֹתָר אֵין מִצְטָרְפִין לְמַלְקוֹת מִצְטָרְפִין וּבְפֶרֶק בָּתְרָא דע"ז (דַּף סו.) דִּפְלִיגִי אַבַּיֵּי וְרָבָא דְּאַבַּיֵּי סָבַר בָּתַר טַעְמָא אָזְלִינַן וְקָאָמַר אַבָּיֵי מְנָא אָמֵינָא לַהּ דִּתְנַן תַּבְלִין ב' וְג' שֵׁמוֹת כו' אא"ב דְּבָתַר טַעְמָא אָזְלִינַן כּוּלְּהוּ חַד טַעְמָא נִינְהוּ אא"כ בָּתַר שְׁמָא אָזְלִינַן הַאי שְׁמָא לְחוּד וְהַאי שְׁמָא לְחוּד וְרָבָא אָמַר הָא מַנִּי ר"מ הִיא דְּאָמַר כָּל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה שֶׁנֶּאֱמַר לֹא תֹאכַל כָּל תּוֹעֵבָה כֹּל שֶׁתִּיעַבְתִּי לָךְ הֲרֵי הוּא בְּבַל תֹּאכַל מַשְׁמַע דִּלְאַבַּיֵּי אָתְיָא אַפֵּי' אַלִּיבָּא דְּרַבָּנָן דר"מ אע"ג דע"כ פְּלִיגִי עָלֶיהָ לְכָל הַפָּחוֹת לְעִנְיַן מַלְקוֹת סָבַר אַבַּיֵּי דְּלָא פְּלִיגִי אֶלָּא בָּב' מִינִין אֲבָל בָּב' אִיסּוּרִין וּמִין אֶחָד לֹא וְהָא דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ בְּפֶרֶק הַתַּעֲרוֹבוֹת (זְבָחִים עח.) הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא שֶׁבְּלָלָן זֶה בָּזֶה וַאֲכָלָן פָּטוּר אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יַרְבֶּה מִין עַל חֲבֵירוֹ וִיבַטְּלֶנּוּ וּלְמַלְקוֹת אַיְירֵי דִּבְטָמֵא לֹא שַׁיָּיךְ בֵּיהּ חַטָּאת וְעוֹד מִדְּקָאָמַר הָתָם ש"מ הַתְרָאַת סָפֵק לֹא שְׁמָהּ הַתְרָאָה וּמִדִּמְבַטְּלִין זֶה אֶת זֶה הָיָה מַשְׁמַע דִּשְׁנֵי אִיסּוּרִין לְרַבָּנָן דר"מ אֵין מִצְטָרְפִין צ"ל דאע"פ שֶׁמְּבַטְּלִין זֶה אֶת זֶה כְּשֶׁבְּלָלָן מִצְטָרְפִין הֵן לְמַלְקוֹת וְכֵן מוּכָח בִּמְעִילָה בְּפֶרֶק קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ (מְעִילָה דַּף יז:) דִּתְנַן הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא אֵין מִצְטָרְפִין וְקָאָמַר בַּגְּמָרָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְטֻומְאַת יָדַיִם אֲבָל לַאֲכִילָה מִצְטָרְפִין וְהָא דְּאִיצְטְרִיךְ לַאֲתוּיֵי קְרָא דְּלַאֲכִילָה מִצְטָרְפִין מִלֹּא יֹאכַל כִּי קֹדֶשׁ הֵם כָּל שֶׁבַּקֹּודֶשׁ פָּסוּל בָּא הַכָּתוּב לִיתֵּן לֹא תַעֲשֶׂה עַל אֲכִילָתוֹ פֵּירוּשׁ מִדְּנֶאֶמְרוּ בְּלָאו אֶחָד מִצְטָרְפִין לָא אִיצְטְרִיךְ אֶלָּא לר"ש דְּאָמַר ב' שֵׁמוֹת אֵין מִצְטָרְפִין וּבְקוֹדֶשׁ מוֹדֶה מִשּׁוּם קְרָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֲבָל לְרַבָּנָן אֲפִילּוּ בְּעָלְמָא מִצְטָרְפִין וְהָא דִּתְנַן בְּפֶ' קָדְשֵׁי מִזְבֵּחַ (מְעִילָה נח.) הָעָרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם מִצְטָרְפִין אָתְיָא שַׁפִּיר כְּרַבָּנָן אַלִּיבָּא דְּאַבַּיֵּי וּמִיהוּ לְפִי זֶה מִצְטָרְפִין דְּרֵישָׁא לָא הָוֵי פֵּירוּשָׁא כְּמוֹ אֵין מִצְטָרְפִין דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּצֵירוּף דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַיְינוּ לְאִיסּוּר דְּאִי לְמַלְקוֹת הָא אִית לֵיהּ כָּל שֶׁהוּא לְמַכּוֹת ור"ת מְפָרֵשׁ דְּאִסּוּרֵי' וּמִצְטָרְפִין הַכֹּל מַיְירֵי לְהִצְטָרֵף לֶאֱסֹור אֶת הַקְּדֵירָה וְלֹא לְמַלְקוֹת א"נ אֲסוּרִין בִּנְתִינַת טַעַם אִם נָפְלוּ בַּקְּדֵירָה וּמִצְטָרְפִין לְאִסּוּר בְּתַעֲרֹובֶת יָבֵשׁ בְּלֹא נְתִינַת טַעַם וְהַשְׁתָּא הָוֵי מִצְטָרְפִין כְּמוֹ אֵין מִצְטָרְפִין דְּסֵיפָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן:
Sont interdites et se combinent : à première vue il semble, puisqu'on enseigne "interdites" et qu'on enseigne encore "se combinent", que "interdites" signifie rendre la marmite interdite, et "se combinent" pour la flagellation (malkout). Et bien que, pour l'obligation de hatat, nous disions au chapitre Kelal Gadol (Chabbat 71a) que le helev, le pigoul et le notar ne se combinent pas, pour la flagellation ils se combinent. Au dernier chapitre d'Avoda Zara (66a), Abayei et Rava sont en désaccord : Abayei pense qu'on suit le goût ; Abayei dit : d'où je le tire ? De ce que nous avons appris : "des épices de deux et trois noms, etc." ; c'est bien si nous suivons le goût, elles ont toutes un seul goût ; mais si nous suivons le nom, ce nom-ci est à part et ce nom-là est à part. Et Rava dit : de qui est-ce ? C'est R. Meir, qui dit que tous les interdits de la Torah se combinent les uns avec les autres, car il est dit : "tu ne mangeras aucune abomination" : tout ce dont J'ai fait pour toi une abomination est sous "tu ne mangeras pas". Il en ressort que selon Abayei [la baraita] vient même selon les Rabbanan de R. Meir ; bien qu'ils soient forcément en désaccord avec lui, au moins pour la flagellation, Abayei pense qu'ils ne sont en désaccord que pour deux espèces, mais pas pour deux interdits d'une seule espèce. Et ce que dit Rech Lakich au chapitre Ha-Taarovot (Zevahim 78a) : le pigoul, le notar et le tamei qu'on a mélangés et mangés, on est exempt, car il est impossible qu'une espèce ne soit pas majoritaire sur l'autre et ne l'annule pas, cela concerne la flagellation, car pour le tamei la hatat ne s'applique pas ; de plus, puisqu'il dit là-bas "on en déduit qu'un avertissement douteux (hatraat safek) n'est pas un avertissement", et puisqu'ils s'annulent l'un l'autre, cela impliquerait que deux interdits selon les Rabbanan de R. Meir ne se combinent pas. Il faut dire que, bien qu'ils s'annulent l'un l'autre lorsqu'on les a mélangés, ils se combinent pour la flagellation. C'est aussi prouvé dans Meila, au chapitre Kodchei Mizbeah (Meila 17b), où nous avons appris : le pigoul, le notar et le tamei ne se combinent pas ; et la Guemara dit : on ne l'a enseigné que pour l'impureté des mains, mais pour la consommation ils se combinent. Et s'il a fallu citer un verset [pour dire] que pour la consommation ils se combinent, à partir de "on ne le mangera pas, car c'est saint" : tout ce qui est invalide dans le sacré, le verset vient donner un interdit (lav) sur sa consommation ; c'est-à-dire que, du fait qu'ils sont énoncés dans un seul interdit, ils se combinent ; cela n'était nécessaire que pour R. Chimon, qui dit que deux noms ne se combinent pas, et dans le sacré il l'admet à cause du verset de R. Eliezer ; mais selon les Rabbanan, même ailleurs ils se combinent. Et ce que nous avons appris au chapitre Kodchei Mizbeah (Meila 15a) : la orla et les kilei ha-kerem se combinent, vient bien selon les Rabbanan d'après Abayei. Toutefois, selon cela, "se combinent" du début n'a pas le même sens que "ne se combinent pas" de R. Chimon, car la combinaison de R. Chimon concerne l'interdit ; si c'était pour la flagellation, il tient qu'une quantité minime suffit pour les coups. Rabbenou Tam explique que "interdites et se combinent" concerne tout entier la combinaison pour rendre la marmite interdite, et pas la flagellation. Ou bien : "interdites" par le goût transmis (notein taam) si elles sont tombées dans la marmite, et "se combinent" pour interdire dans un mélange sec sans transmission de goût ; et ainsi "se combinent" a le même sens que "ne se combinent pas" de R. Chimon à la fin.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הַמּוֹצִיא עֵצִים כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה. תַּבְלִין כְּדֵי לְתַבֵּל בֵּיצָה קַלָּה. וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. קְלִיפֵּי אֱגוֹזִים וּקְלִיפֵּי רִמּוֹנִים סְטִים וּפוּאָה כְּדֵי לִצְבֹּועַ בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה מֵי רַגְלַיִם נֶתֶר וּבוֹרִית קִמּוֹנְיָא וְאַשְׁלָג כְּדֵי לְכַבֵּס בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר כְּדֵי לְהַעֲבִיר אֶת הַכֶּתֶם פִּלְפֶּלֶת כָּל שֶׁהוּא עִיטְרָן כָּל שֶׁהוּא מִינֵי בְשָׂמִים מִינֵי מַתָּכוֹת כָּל שֶׁהוּא:
Michna : celui qui sort du bois : de quoi cuire un œuf facile. Des épices : de quoi assaisonner un œuf facile, et elles se combinent les unes avec les autres. Des coques de noix, des écorces de grenade, de l'isatis et de la garance : de quoi teindre avec eux un petit tissu au bord d'une résille. De l'urine, du neter et du borit, de la kimolia et de l'achlag : de quoi laver avec eux un petit tissu au bord d'une résille. R. Yehouda dit : de quoi effacer la tache. Du poivre : en quantité minime ; du goudron (itran) : en quantité minime ; des sortes de parfums, des sortes de métaux : en quantité minime.
💡 Explication

La Guemara confronte la michna à une baraita sur les épices interdites (par exemple orla ou kilayim) : plusieurs épices se combinent pour interdire un plat. Deux lectures de "noms" : selon Rachi, des variétés (poivre blanc, noir, long) ; selon Rabbenou Tam (Tossefot), des catégories d'interdit (orla, kilei ha-kerem...). La réponse de Hizkiya suit au daf 90a.

Le Roch cite ici la michna avec sa suite (poivre, goudron, parfums, métaux en quantité minime).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).