Sougya : Le daf achève la michna des mesures (chiourim) de l'hotsaa. La Guemara justifie la combinaison des épices par leur usage commun, concilie deux mesures différentes pour les teintures, puis identifie les produits de lessive : urine, natron, borit (sable, soufre ou aloès ?), kimolia et achlag.
Une nouvelle michna fixe la mesure à kol chehou pour le poivre, le goudron, les parfums, les métaux, les objets de l'autel et les débris de livres saints ; R. Yehouda y ajoute les objets d'idolâtrie.
La Guemara explique chaque usage, traite au passage des vœux de fer et de cuivre pour le Temple, et des insectes dangereux. Le daf s'ouvre enfin sur la michna du panier du colporteur et des graines de jardin.
C'est à propos d'espèces sucrantes qu'on l'a enseigné, puisqu'elles sont aptes à adoucir un plat. La raison est donc qu'elles sont aptes à adoucir le plat ; sinon, non (elles ne se combinent pas) !
Ici aussi, il s'agit d'espèces aptes à adoucir.
Fin d'une discussion commencée en 89b sur la combinaison (tsiroufe) des épices : plusieurs quantités trop petites s'additionnent-elles pour atteindre le chiour (mesure minimale) qui rend coupable d'hotsaa (transport d'un domaine à l'autre) ? La Guemara répond que les espèces se combinent quand elles ont un usage commun : adoucir un plat. Pour Rachi, des espèces d'usages différents ne se combinent pas.
(La michna enseigne :) Des écorces de noix, des écorces de grenades, du carthame (satis) et de la garance (poua) : de quoi teindre un petit vêtement. Et on a opposé : Celui qui sort des herbes (de teinture) trempées : de quoi en teindre un échantillon pour la navette (dougma leira) !
Mais il a été dit à ce sujet : Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : c'est parce qu'on ne se donne pas la peine de tremper des herbes pour en teindre un échantillon pour la navette.
Deux michnayot semblent fixer deux chiourim différents pour les plantes tinctoriales. La réponse distingue deux états : les herbes sèches (notre michna) et les herbes déjà trempées. Personne ne prépare un bain de teinture pour un simple échantillon ; celui qui trempe vise au moins un petit vêtement. En revanche, une fois les herbes trempées, même la quantité d'un échantillon a de l'importance, et le chiour baisse.
De l'urine (mei raglayim). On a enseigné : de l'urine jusqu'à quarante jours.
Du natron (neter). On a enseigné : du natron d'Alexandrie, et non du natron d'Anpantrin.
De la borit. Rav Yehouda a dit : c'est du sable.
Mais n'a-t-on pas enseigné : la borit et le sable ! Plutôt, qu'est-ce que la borit ?
Du soufre (kavrita).
La Guemara identifie les produits de lessive de la michna (qui ont pour mesure : de quoi laver un petit vêtement). L'urine est efficace dans une fenêtre de temps (selon Tossefot, de trois à quarante jours). Le natron vise est celui d'Alexandrie. Pour la borit, Rav Yehouda propose le sable ; une baraita qui cite borit et sable comme deux produits distincts l'écarte, d'où une nouvelle hypothèse : le soufre.
On a objecté : (Pour la chemita,) on leur a ajouté les bulbes d'ornithogale (halbitsin), l'absinthe (laanin), la borit et l'aloès (ahal). Or s'il te vient à l'esprit que c'est du soufre, le soufre est-il soumis à la chemita ?
N'avons-nous pas appris : Voici la règle : tout ce qui a une racine est soumis à la chemita, et ce qui n'a pas de racine n'est pas soumis à la chemita ! Plutôt, qu'est-ce que la borit ?
De l'aloès (ahala). Mais n'a-t-on pas enseigné : la borit et l'ahala !
Plutôt, il y a deux sortes d'ahala.
Une michna de Chevi'it énumère des plantes soumises aux lois de l'année sabbatique (chemita), dont la borit. Or la règle de la chemita ne s'applique qu'à ce qui a une racine (ce qui pousse). Le soufre, minéral, n'en a pas : la borit est donc une plante. On propose l'ahala (aloès), mais une baraita les distingue ; conclusion : il existe deux sortes d'ahala, dont l'une porte le nom de borit.
La kimolia : Rav Yehouda a dit : (c'est la terre appelée) "chelouf dots". L'achlag : Chmouel a dit : Je l'ai demandé à tous les navigateurs, et ils m'ont dit que son nom est "chounana" ; on le trouve dans la coquille de la perle, et on l'en retire avec une broche de fer.
Fin de l'identification des produits de lessive. La kimolia est une terre (argile dégraissante) ; Rachi note que le nom chelouf dots n'est pas expliqué. L'achlag est une substance tirée de la coquille de l'huître perlière : Chmouel s'est renseigné auprès des gens de mer.
MICHNA. Du poivre (pilpelet) : n'importe quelle quantité (kol chehou) ; du goudron (itran) : n'importe quelle quantité.
Toutes sortes de parfums et toutes sortes de métaux : n'importe quelle quantité. Des pierres de l'autel et de la terre de l'autel, des débris de livres (mekek sefarim) et des débris de leurs enveloppes : n'importe quelle quantité, car on les met de côté pour les enfouir (gueniza).
Rabbi Yehouda dit : même celui qui sort des accessoires d'idolâtrie, n'importe quelle quantité, car il est dit : "Rien de l'interdit (herem) ne s'attachera à ta main" (Devarim 13,18).
Nouvelle michna : pour certains objets, le chiour est kol chehou (n'importe quelle quantité), car même une petite quantité a un usage ou une valeur. Pour les objets saints (pierres et terre de l'autel, débris de rouleaux rongés par le mekek), la raison est qu'on les conserve pour la gueniza (enfouissement respectueux). R. Yehouda y ajoute les objets d'idolâtrie : le verset "rien (meouma)" montre que la Torah considère même une infime quantité ; selon Rachi, la michna de 75a qui exclut le bois de l'achera ne suit pas son avis.
GUEMARA. Du poivre, n'importe quelle quantité : à quoi cela sert-il ?
Contre la mauvaise haleine. Du goudron, n'importe quelle quantité : à quoi cela sert-il ?
Contre la migraine (tsilhata). Toutes sortes de parfums, n'importe quelle quantité.
Les Rabbanan ont enseigné : Celui qui sort une chose à mauvaise odeur : n'importe quelle quantité. De l'huile parfumée : n'importe quelle quantité.
De la pourpre (argaman) : n'importe quelle quantité. Et un bouton de rose (betoulat havered) : un seul.
La Guemara donne l'usage qui justifie le kol chehou : le poivre contre la mauvaise haleine, le goudron (itran) contre la tsilhata (migraine). La baraita étend la liste des senteurs : une substance malodorante (fumigations, selon Rachi), l'huile parfumée, la pourpre (que Rachi range aussi parmi les odeurs), et un seul bouton de rose.
Toutes sortes de métaux, n'importe quelle quantité. À quoi cela sert-il ?
On a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : car il est apte à en faire un petit aiguillon.
Même une infime quantité de métal a un usage : on peut en faire un petit aiguillon (dorban). Le Roch, placé ici, reprend le texte complet de la michna des chiourim.
Les Rabbanan ont enseigné : Celui qui dit "J'accepte de donner du fer (harei alai barzel)" : les Autres (Aherim) disent : pas moins d'une coudée sur une coudée. À quoi cela sert-il ?
Rav Yossef a dit : pour l'anti-corbeaux (kalia orev). Certains disent : les Autres disent : pas moins d'un anti-corbeaux.
Et combien est-ce ? Rav Yossef a dit : une coudée sur une coudée.
Du cuivre : pas moins (de la valeur) d'une maa d'argent. On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : pas moins d'une petite fourche de cuivre.
À quoi sert-elle ? Abaye a dit : on s'en sert pour dégager les mèches et nettoyer les lampes.
Digression liée aux métaux : le vœu imprécis au profit du Temple (bedek habayit). Qui promet "du fer" sans préciser doit donner une quantité qui ait un usage au Temple : une plaque d'une coudée pour le kalia orev, le dispositif anti-corbeaux du toit du Heikhal. Les deux versions divergent seulement sur la formulation (la mesure ou l'usage d'abord). Pour le cuivre : la valeur d'une maa d'argent, ou selon R. Eliezer une petite fourche servant à entretenir les mèches de la Menora.
Des débris de livres et des débris d'enveloppe (mekek). Rabbi Yehouda a dit : le mekek des livres, le tekhakh de la soie, l'ila des raisins, le pe des figues et le ha des grenades : tous sont un danger.
Un élève était assis devant Rabbi Yo'hanan et mangeait des figues. Il lui dit : Rabbi, y a-t-il des épines dans les figues ?
Il dit : le pe a tué celui-ci.
À propos du mekek, R. Yehouda énumère cinq vers, chacun propre à une matière : livres, soie, raisins, figues, grenades. Les avaler est dangereux. Le récit de R. Yo'hanan l'illustre : l'élève sentait une "épine" dans la gorge ; c'était le ver pe de la figue, et il en mourut.
MICHNA. Celui qui sort le panier des colporteurs (koupat harokhlin), bien qu'il contienne de nombreuses espèces, n'est redevable que d'une seule hatat (sacrifice expiatoire).
Des graines de jardin : moins qu'une figue sèche (kegrogueret). Rabbi Yehouda ben Betera dit : cinq.
Nouvelle michna. Le panier du colporteur contient de nombreux produits, mais leur sortie est un seul acte : une seule hotsaa, donc une seule hatat. Tossefot demande ce que cela apporte ; Rabbenou Tam répond que même si la faute a été découverte et expiée espèce par espèce, tout compte comme une seule chose.
Les graines de jardin ont un chiour inférieur à la figue sèche (mesure habituelle des aliments), car on les garde pour semer ; R. Yehouda ben Betera fixe cinq graines.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).