Shabbat 90a — Mesures de l'hotsaa : teintures, lessives, poivre et objets sacrés

Shabbat 90a

Sougya : Le daf achève la michna des mesures (chiourim) de l'hotsaa. La Guemara justifie la combinaison des épices par leur usage commun, concilie deux mesures différentes pour les teintures, puis identifie les produits de lessive : urine, natron, borit (sable, soufre ou aloès ?), kimolia et achlag.

Une nouvelle michna fixe la mesure à kol chehou pour le poivre, le goudron, les parfums, les métaux, les objets de l'autel et les débris de livres saints ; R. Yehouda y ajoute les objets d'idolâtrie.

La Guemara explique chaque usage, traite au passage des vœux de fer et de cuivre pour le Temple, et des insectes dangereux. Le daf s'ouvre enfin sur la michna du panier du colporteur et des graines de jardin.

Les mesures (chiourim) de l'hotsaa sur ce dafObjet transportéMesureRaison (usage)Écorces, garance, carthameteindre un petit vêtementteinture (fin de la michna précédente)Herbes déjà trempéesun échantillon pour la navetteon ne trempe pas pour si peuPoivre / goudronkol chehou (tout)haleine / migraineParfums, métauxkol chehouodeur / petit aiguillonPierre, terre de l'autel, mekekkol chehouon les garde pour la guenizaObjets d'idolâtrie (R. Yehouda)kol chehouDevarim 13,18 : meoumaPanier du colporteurune seule hatatune seule hotsaaGraines de jardinmoins qu'une figue sècheR. Yehouda b. Betera : cinq
Vue d'ensemble des mesures de l'hotsaa étudiées sur ce daf et de leur raison.
Qu'est-ce que la borit ? (hypothèses et réfutations)Rav Yehoudaborit = sable (hol)Objectionbaraita : borit ET sablePropositionborit = soufre (kavrita)Objectionchemita : sans racinePropositionborit = ahala (aloès)Objectionbaraita : borit ET ahalaConclusion : il existe deux sortes d'ahalal'une s'appelle borit (Tossefot : pour le sable on n'a pas deux sortes)
Le va-et-vient de la Guemara pour identifier la borit.
1
בְּמִינֵי מְתִיקָה שָׁנוּ, הוֹאִיל וּרְאוּיִין לְמַתֵּק קְדֵירָה. טַעְמָא דַּחֲזוּ לְמַתֵּק אֶת הַקְּדֵירָה, הָא לָאו הָכִי — לֹא! הָכָא נָמֵי חֲזוּ לְמַתֵּק.

C'est à propos d'espèces sucrantes qu'on l'a enseigné, puisqu'elles sont aptes à adoucir un plat. La raison est donc qu'elles sont aptes à adoucir le plat ; sinon, non (elles ne se combinent pas) !

Ici aussi, il s'agit d'espèces aptes à adoucir.

📜 Rachi (1)
בְּמִינֵי מְתִיקָה עָסְקִינַן שֶׁכֻּולָּן מִינֵי מְתִיקַת קְדֵירָה אֲבָל מִין אַחֵר אֵין מִצְטָרֵף וּמַתְנִיתִין לָא מְפַלֵּיג:
Espèces sucrantes : nous traitons d'un cas où toutes sont des espèces qui adoucissent le plat ; mais une espèce d'un autre type ne se combine pas, et notre michna ne fait pas de distinction.
🗂️ Tossefot (1)
הוֹאִיל וּרְאוּיִין לְמַתֵּק הַקְּדֵירָה הוֹאִיל וּמַמְתִּיקִין הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כִּדְפֵי' בְּסוֹף כְּלָל גָּדוֹל (שַׁבָּת דַּף עו. וְשָׁם) וא"ת הֵיכִי מַיְירֵי אִי בְּנוֹתֵן טַעַם אֲפִילּוּ שְׁאָר מִינִין נַמֵּי וְאִי אֵין בָּהֶם נוֹתֵן טַעַם אַפֵּי' מִינֵי מְתִיקָה נָמֵי לֹא וְי"ל דַּאֲפִילּוּ בְּיֵשׁ בָּהֶן נוֹתֵן טַעַם שָׁרִי בִּשְׁאָר מִינִין דְּנוֹתֵן טַעַם לִפְגָם הוּא. ר"י:
Puisqu'elles sont aptes à adoucir le plat : il aurait fallu dire "puisqu'elles adoucissent", comme on l'a expliqué à la fin du chapitre Kelal gadol (Chabbat 76a). Et si tu demandes : de quel cas parle-t-on ? Si elles donnent du goût (noten taam), même les autres espèces (devraient être interdites) ; et si elles ne donnent pas de goût, même les espèces sucrantes ne (devraient) pas (l'être). On peut répondre : même quand elles donnent du goût, c'est permis pour les autres espèces, car c'est un goût qui gâte (noten taam lifgam). Ri.
💡 Explication

Fin d'une discussion commencée en 89b sur la combinaison (tsiroufe) des épices : plusieurs quantités trop petites s'additionnent-elles pour atteindre le chiour (mesure minimale) qui rend coupable d'hotsaa (transport d'un domaine à l'autre) ? La Guemara répond que les espèces se combinent quand elles ont un usage commun : adoucir un plat. Pour Rachi, des espèces d'usages différents ne se combinent pas.

2
קְלִיפֵּי אֱגוֹזִין וּקְלִיפֵּי רִמּוֹנִים סְטֵיס וּפוּאָה — כְּדֵי לִצְבֹּועַ בֶּגֶד קָטָן. וּרְמִינְהִי: הַמּוֹצִיא סַמָּנִים שֶׁרָוְיִין — כְּדֵי לִצְבֹּועַ בָּהֶן דֻּוגְמָא לְאִירָא! הָא אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: לְפִי שֶׁאֵין אָדָם טוֹרֵחַ לִשְׁרוֹת סַמְמָנִים לִצְבֹּועַ בָּהֶן דֻּוגְמָא לְאִירָא.

(La michna enseigne :) Des écorces de noix, des écorces de grenades, du carthame (satis) et de la garance (poua) : de quoi teindre un petit vêtement. Et on a opposé : Celui qui sort des herbes (de teinture) trempées : de quoi en teindre un échantillon pour la navette (dougma leira) !

Mais il a été dit à ce sujet : Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : c'est parce qu'on ne se donne pas la peine de tremper des herbes pour en teindre un échantillon pour la navette.

📜 Rachi (2)
דֻּוגְמָא לְאִירָא מְעַט צֶמֶר שֶׁהוּא כְּמִין דֻּוגְמָא שֶׁמַּרְאֶה הַצֶּבַע לבע"ה כָּזֶה תַּחְפֹּוץ אוֹ כְּזֶה וְהוּא כְּדֵי לִיתֵּן בְּאֵירָא שֶׁל קָנֶה שֶׁל גַּרְדִּי וְשִׁיעוּרָהּ מוּעָט:
Échantillon pour la navette : un peu de laine qui sert d'échantillon pour montrer la couleur au propriétaire : la veux-tu comme ceci ou comme cela ? C'est la quantité qu'on met sur la navette (ira) du roseau du tisserand, et sa mesure est petite.
לִשְׁרוֹת וּמַתְנִי' בְּשֶׁאֵינָן שֶׁרָוְיִין וְהַבָּא לִשְׁרוֹת אֵינוֹ שׁוֹרֶה פָּחוֹת מִכְּדֵי בֶּגֶד קָטָן:
Tremper : notre michna parle d'herbes non trempées ; et celui qui vient à les tremper ne trempe pas moins que de quoi (teindre) un petit vêtement.
💡 Explication

Deux michnayot semblent fixer deux chiourim différents pour les plantes tinctoriales. La réponse distingue deux états : les herbes sèches (notre michna) et les herbes déjà trempées. Personne ne prépare un bain de teinture pour un simple échantillon ; celui qui trempe vise au moins un petit vêtement. En revanche, une fois les herbes trempées, même la quantité d'un échantillon a de l'importance, et le chiour baisse.

🖼️ Schéma
Deux mesures pour la teinture : pas de contradictionNotre michna : herbes non trempéesmesure : teindre un petit vêtementAutre michna : herbes déjà trempéesmesure : un échantillon (dougma)Rav Nahman au nom de Rabba bar Avouh :on ne se donne pas la peine de tremper des herbes pour un simple échantillon ;mais une fois trempées, même un échantillon est une quantité significative
Herbes sèches ou trempées : deux mesures, deux situations.
3
מֵי רַגְלַיִם. תַּנָּא: מֵי רַגְלַיִם עַד בֶּן אַרְבָּעִים יוֹם. נֶתֶר. תְּנָא: נֶתֶר אָלֶכְּסַנְדְּרִית, וְלֹא נֶתֶר אֲנַפַּנְטָרִין. בּוֹרִית. אָמַר רַב יְהוּדָה: זֶה חוֹל. וְהָתַנְיָא: הַבּוֹרִית וְהַחֹול! אֶלָּא: מַאי בֹּורִית — כְּבָרָיָּתָא.

De l'urine (mei raglayim). On a enseigné : de l'urine jusqu'à quarante jours.

Du natron (neter). On a enseigné : du natron d'Alexandrie, et non du natron d'Anpantrin.

De la borit. Rav Yehouda a dit : c'est du sable.

Mais n'a-t-on pas enseigné : la borit et le sable ! Plutôt, qu'est-ce que la borit ?

Du soufre (kavrita).

📜 Rachi (1)
אַנִּפְטָרִין מָקוֹם:
Anpantrin : c'est un lieu.
🗂️ Tossefot (2)
מֵי רַגְלַיִם בֶּן מ' יוֹם אֵין גִּירְסָא זוֹ נְכוֹנָה דְּמַשְׁמַע שֶׁל קָטָן בֶּן מ' יוֹם וּבְנִדָּה פֶּרֶק הָאִשָּׁה (דַּף סב.) גַּבֵּי ז' סַמְמָנִין מַעֲבִירִין קָתָנֵי כָּל הָנֵי דְּהָכָא וּמֵי רַגְלַיִם וְקָא בָּעֵי הָתָם בַּגְּמָרָא דְּיֶלֶד אוֹ מִזָּקֵן וְאִית דְּגָרְסִי שֶׁל מ' יוֹם וְאֵין נִרְאֶה דְּהָתָם נָמֵי תַּנְיָא וּמֵי רַגְלַיִם שֶׁהֶחְמִיצוּ וְכַמָּה חִימּוּצָן שְׁלֹשָׁה יָמִים וְנִרְאֶה כִּסְפָרִים דְּגָרְסִי עַד מ' יוֹם דְּמָג' יָמִים עַד מ' מַעֲבִירִין אוֹתָם עַל הַכֶּתֶם אֲבָל תּוֹךְ ג' וּלְאַחַר מ' אֵין מַעֲבִירִין:
De l'urine de quarante jours : cette lecture n'est pas correcte, car elle laisse entendre qu'il s'agit d'un enfant de quarante jours ; or dans Nidda, chapitre Haicha (62a), à propos des sept produits que l'on passe (sur une tache), on énumère tous ceux d'ici ainsi que l'urine, et la Guemara là-bas demande : (l'urine) d'un enfant ou d'un vieillard ? Certains lisent "de quarante jours", mais ce n'est pas convaincant, car là-bas aussi on enseigne : "et de l'urine qui a fermenté" ; et combien dure sa fermentation ? Trois jours. Il semble donc qu'il faut suivre les livres qui lisent "jusqu'à quarante jours" : de trois jours à quarante jours, on la passe sur la tache ; mais avant trois jours et après quarante, on ne la passe pas.
בֹּורִית זֶה הַחוֹל ואע"ג דִּבְפֶ' הַמּוֹצִיא (לְעֵיל שַׁבָּת פ:) יָהֵיב בְּחוֹל שִׁיעוּרָא אַחַרְיַנָא כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי כַּף שֶׁל סִיד אוֹמֵר רַבֵּינוּ מֵאִיר דְּהָתָם מַיְירֵי בְּחוֹל שֶׁנּוֹתְנִין בְּסִיד אֲבָל הָכָא אַייְרֵי בְּחוֹל שֶׁמְּלַבְּנִין בּוֹ אֶת הַבְּגָדִים וְלִסְפָרִים דְּגָרְסִי הָכָא בֹּורִית זֶה אֻהְלָא אָתֵי שַׁפִּיר:
La borit, c'est le sable : bien que dans le chapitre Hamotsi (plus haut, Chabbat 80b) on donne pour le sable une autre mesure, de quoi en mettre sur la spatule à chaux, Rabbenou Meir dit que là-bas il s'agit du sable que l'on met dans la chaux, alors qu'ici il s'agit du sable avec lequel on blanchit les vêtements. Et selon les livres qui lisent ici "la borit, c'est l'ahala", tout va bien.
💡 Explication

La Guemara identifie les produits de lessive de la michna (qui ont pour mesure : de quoi laver un petit vêtement). L'urine est efficace dans une fenêtre de temps (selon Tossefot, de trois à quarante jours). Le natron vise est celui d'Alexandrie. Pour la borit, Rav Yehouda propose le sable ; une baraita qui cite borit et sable comme deux produits distincts l'écarte, d'où une nouvelle hypothèse : le soufre.

4
מֵיתִיבִי, הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן הַחַלְבֵּיצִין וְהַלְּעִינִין וְהַבּוֹרִית וְהָאָהָל. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כַּבְרִיתָא, כַּבְרִיתָא מִי אִיתָא בִּשְׁבִיעִית?! וְהִתְנָן: זֶה הַכְּלָל, כָּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ עִיקָּר — יֵשׁ לוֹ שְׁבִיעִית, וְשֶׁאֵין לוֹ עִיקָּר — אֵין לוֹ שְׁבִיעִית! אֶלָּא מַאי בֹּורִית — אֻהְלָא. וְהָתַנְיָא: בֹּורִית וְאַהַלָּא! אֶלָּא תְּרֵי גַּוְונֵי אַהֲלָא.

On a objecté : (Pour la chemita,) on leur a ajouté les bulbes d'ornithogale (halbitsin), l'absinthe (laanin), la borit et l'aloès (ahal). Or s'il te vient à l'esprit que c'est du soufre, le soufre est-il soumis à la chemita ?

N'avons-nous pas appris : Voici la règle : tout ce qui a une racine est soumis à la chemita, et ce qui n'a pas de racine n'est pas soumis à la chemita ! Plutôt, qu'est-ce que la borit ?

De l'aloès (ahala). Mais n'a-t-on pas enseigné : la borit et l'ahala !

Plutôt, il y a deux sortes d'ahala.

📜 Rachi (5)
הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶם לְעִנְיַן שְׁבִיעִית:
On leur a ajouté : en ce qui concerne la chemita.
הַחַלְבֵּיצִין לטרו"ן:
Halbitsin : en vieux français "latron".
וְהַלְּעוֹנִין לַעֲנָה:
Laounin : de l'absinthe.
כִּבְרִית' גָּפְרִית:
Kavrita : du soufre.
שֶׁיֵּשׁ לוֹ עִיקָּר שֶׁנִּשְׁרַשׁ בָּאָרֶץ וּלְפִי דַּעְתִּי תּוּרְנִיסָא דְּגָרְסִינַן בְּמַס' ע"ז דָּבָר שֶׁאֵין לוֹ שֹׁורֶשׁ הוּא כְּמוֹ זֶה וְלֹא כְּמוֹ שֶׁמְּפָרְשִׁין אוֹתוֹ פיונ"א:
Qui a une racine : qui s'enracine dans la terre. À mon avis, la tornisa dont on parle dans le traité Avoda Zara est une chose sans racine, comme celle-ci, et non comme ceux qui l'expliquent par "pivoine".
🗂️ Tossefot (1)
תְּרֵי גַּווְנֵי אֻהְלָא וּלְעֵיל דְּלָא שְׁנֵי תְּרֵי גַּוְונֵי חוֹל (אוֹ לְגִירְסָא אַחֶרֶת תְּרֵי גַּווְנָא אֻהְלָא) מִשּׁוּם דְּקִים לֵיהּ דְּלֵיכָּא בְּהוּ תְּרֵי גַּוְונִין וְיֵשׁ סְפָרִים דְּגָרְסִי לְעֵיל מַאי בֹּורִית אֻהְלָא וּלְפִי זֶה אָתֵי שַׁפִּיר דה"ק לְעוֹלָם כִּדְאָמַר מֵעִיקָּרָא דְּבוֹרִית זֶה אֻהְלָא וּתְרֵי גַּוְונֵי אֻהְלָא:
Deux sortes d'ahala : plus haut, on n'a pas répondu "deux sortes de sable" (ou, selon une autre version, "deux sortes d'ahala"), parce qu'on savait qu'il n'existe pas deux sortes (de sable). Certains livres lisent plus haut : "qu'est-ce que la borit ? L'ahala" ; dans ce cas tout va bien, et le sens est : en réalité, comme on l'a dit au début, la borit c'est l'ahala, et il y a deux sortes d'ahala.
💡 Explication

Une michna de Chevi'it énumère des plantes soumises aux lois de l'année sabbatique (chemita), dont la borit. Or la règle de la chemita ne s'applique qu'à ce qui a une racine (ce qui pousse). Le soufre, minéral, n'en a pas : la borit est donc une plante. On propose l'ahala (aloès), mais une baraita les distingue ; conclusion : il existe deux sortes d'ahala, dont l'une porte le nom de borit.

🖼️ Schéma
Qu'est-ce que la borit ? (hypothèses et réfutations)Rav Yehoudaborit = sable (hol)Objectionbaraita : borit ET sablePropositionborit = soufre (kavrita)Objectionchemita : sans racinePropositionborit = ahala (aloès)Objectionbaraita : borit ET ahalaConclusion : il existe deux sortes d'ahalal'une s'appelle borit (Tossefot : pour le sable on n'a pas deux sortes)
Sable, soufre, aloès : chaque hypothèse tombe, jusqu'aux deux sortes d'ahala.
5
קַיְמוֹלְיָא, אָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁלוֹף דּוֹץ. אֻשְׁלַג, אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁאֵילְתִּינְהוּ לְכָל נָחוֹתֵי יַמָּא, וְאָמְרוּ לִי ״שׂוֹנְאָגָא״ שְׁמֵיהּ, וּמִשְׁתְּכַח בְּנֻוקְבָּא דְּמַרְגָּנִיתָא, וּמַפְּקִי לֵיהּ בְּרַמְּצָא דְּפַרְזְלָא.

La kimolia : Rav Yehouda a dit : (c'est la terre appelée) "chelouf dots". L'achlag : Chmouel a dit : Je l'ai demandé à tous les navigateurs, et ils m'ont dit que son nom est "chounana" ; on le trouve dans la coquille de la perle, et on l'en retire avec une broche de fer.

📜 Rachi (2)
שְׁלוֹף דּוֹץ לָא אִיתַּפְרַשׁ אֲבָל כָּךְ שְׁמוֹ:
Chelouf dots : ce n'est pas expliqué, mais tel est son nom.
בְּרַמְּצָא דְּפַרְזְלָא פֻּורְייָדוּרָא שֶׁל בַּרְזֶל:
Avec une broche de fer : une pointe ("poreidoira") de fer.
💡 Explication

Fin de l'identification des produits de lessive. La kimolia est une terre (argile dégraissante) ; Rachi note que le nom chelouf dots n'est pas expliqué. L'achlag est une substance tirée de la coquille de l'huître perlière : Chmouel s'est renseigné auprès des gens de mer.

6
מַתְנֵי׳ פִּלְפֶּלֶת — כָּל שֶׁהוּא, וְעִטְרָן — כָּל שֶׁהוּא. מִינֵי בְשָׂמִים וּמִינֵי מַתָּכוֹת — כָּל שֶׁהֵן. מֵאַבְנֵי הַמִּזְבֵּחַ וּמֵעֲפַר הַמִּזְבֵּחַ, מְקַק סְפָרִים וּמְקַק מִטְפְּחוֹתֵיהֶם — כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָן לְגוֹנְזָן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הַמּוֹצִיא מְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדָה זָרָה — כָּל שֶׁהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם״.

MICHNA. Du poivre (pilpelet) : n'importe quelle quantité (kol chehou) ; du goudron (itran) : n'importe quelle quantité.

Toutes sortes de parfums et toutes sortes de métaux : n'importe quelle quantité. Des pierres de l'autel et de la terre de l'autel, des débris de livres (mekek sefarim) et des débris de leurs enveloppes : n'importe quelle quantité, car on les met de côté pour les enfouir (gueniza).

Rabbi Yehouda dit : même celui qui sort des accessoires d'idolâtrie, n'importe quelle quantité, car il est dit : "Rien de l'interdit (herem) ne s'attachera à ta main" (Devarim 13,18).

📜 Rachi (6)
מַתְנִי' פִּלְפֶּלֶת כָּל שֶׁהוּא וְאֵינוֹ פִּלְפֵּל שֶׁלָּנוּ וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ כָּל שֶׁהוּא לְמַאי חֲזֵי:
MICHNA. Du poivre, n'importe quelle quantité : ce n'est pas notre poivre ; la Guemara explique à quoi sert n'importe quelle quantité.
מִינֵי בְּשָׂמִים כָּל שֶׁהֵן לְרֵיחַ טוֹב:
Toutes sortes de parfums, n'importe quelle quantité : pour la bonne odeur.
מִינֵי מַתָּכוֹת כָּל שֶׁהוּא רָאוּי לַדָּרְבָן קָטָן: שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לִרְפוּאָה ל"ג:
Toutes sortes de métaux, n'importe quelle quantité : c'est apte à faire un petit aiguillon. Les mots "car on les met de côté comme remède" ne font pas partie de la lecture.
מֶקֶק סְפָרִים אֲכִילַת תּוֹלַעַת אוֹכֶלֶת הַסְּפָרִים וּמְרַקְּבָן וּשְׁמוֹ מֶקֶק:
Mekek sefarim : ce que mange le ver qui ronge les livres et les fait pourrir ; son nom est mekek.
שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָן לְגוֹנְזָן שֶׁכָּל דְּבַר קֹדֶשׁ טָעוּן גְּנִיזָה:
Car on les met de côté pour les enfouir : toute chose sainte doit être enfouie (gueniza).
מְאוּמָה אַלְמָא אַחֲשַׁבְיָה קְרָא לְאִיסּוּרָא וְהָא דִּתְנַן (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף עה.) כָּל שֶׁאֵינוֹ כָּשֵׁר לְהַצְנִיעַ כו' וְאוֹקֵימְנָא לִמְעוּטֵי עֲצֵי אֲשֵׁירָה דְּלָא כְּר' יְהוּדָה:
Rien (meouma) : on voit que le verset a donné de l'importance à l'interdit. Et ce qu'on a appris (plus haut, Chabbat 75a) : "tout ce qui n'est pas apte à être mis de côté...", et qu'on a appliqué pour exclure le bois de l'achera, ne suit pas R. Yehouda.
⚖️ Rosh (1)
הַמַּצְנִיעַ לְזֶרַע וּלְדֻוגְמָא וְלִרְפוּאָה וְהוֹצִיאוֹ בְּשַׁבָּת חַייָּב עָלָיו בְּכָל שֶׁהוּא. וְכָל אָדָם אֵינוֹ חַיָּיב עָלָיו אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ. חָזַר וְהִכְנִיסוֹ אֵינוֹ חַיָּיב עָלָיו אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ:
Celui qui met de côté (un objet) pour la semence, comme échantillon ou comme remède, puis le sort le Chabbat, est coupable pour n'importe quelle quantité ; alors que tout autre homme n'est coupable que pour sa mesure. S'il l'a rentré de nouveau, il n'est coupable que pour sa mesure.
💡 Explication

Nouvelle michna : pour certains objets, le chiour est kol chehou (n'importe quelle quantité), car même une petite quantité a un usage ou une valeur. Pour les objets saints (pierres et terre de l'autel, débris de rouleaux rongés par le mekek), la raison est qu'on les conserve pour la gueniza (enfouissement respectueux). R. Yehouda y ajoute les objets d'idolâtrie : le verset "rien (meouma)" montre que la Torah considère même une infime quantité ; selon Rachi, la michna de 75a qui exclut le bois de l'achera ne suit pas son avis.

7
גְּמָ׳ פִּלְפֶּלֶת כָּל שֶׁהוּא לְמַאי חַזְיָא? לְרֵיחַ הַפֶּה. עִיטְרָן כָּל שֶׁהוּא לְמַאי חֲזֵי? לְצִילְחֲתָא. מִינֵי בְּשָׂמִים — כָּל שֶׁהֵן. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא רֵיחַ רַע — כָּל שֶׁהוּא. שֶׁמֶן טוֹב — כָּל שֶׁהוּא. אַרְגָּמָן — כָּל שֶׁהוּא. וּבְתוּלַת הַוֶּורֶד — אַחַת.

GUEMARA. Du poivre, n'importe quelle quantité : à quoi cela sert-il ?

Contre la mauvaise haleine. Du goudron, n'importe quelle quantité : à quoi cela sert-il ?

Contre la migraine (tsilhata). Toutes sortes de parfums, n'importe quelle quantité.

Les Rabbanan ont enseigné : Celui qui sort une chose à mauvaise odeur : n'importe quelle quantité. De l'huile parfumée : n'importe quelle quantité.

De la pourpre (argaman) : n'importe quelle quantité. Et un bouton de rose (betoulat havered) : un seul.

📜 Rachi (4)
גמ' לִצְלַחְתָּא כְּאֵב חֲצִי הָרֹאשׁ:
GUEMARA. Tsilhata : douleur d'une moitié de la tête (migraine).
רֵיחַ רַע שֶׁמְּעַשְּׁנִין בָּהֶן חֻולִּין וְתִינוֹקוֹת כְּגוֹן חֲלַטִית לְהַבְרִיחַ מֵעָלָיו מַזִּיקִין:
Mauvaise odeur : avec lesquelles on fait des fumigations aux malades et aux enfants, par exemple l'ase fétide (haltit), pour éloigner d'eux les esprits nuisibles (mazikin).
אַרְגָּמָן צֶבַע שֶׁצּוֹבְעִין בּוֹ אַרְגָּמָן וְטַעֲמָא לָא אִיתַּפְרַשׁ ול"נ שֶׁגַּם הוּא רָאוּי לְהָרִיחַ:
Pourpre : la teinture avec laquelle on teint la pourpre ; la raison n'est pas expliquée, et il me semble qu'elle aussi est apte à être sentie.
בְּתוּלַת הַוֶּורֶד עָלֶה שֶׁל ווֶרֶד בָּחוּר אַחַת:
Bouton de rose : une seule feuille de rose choisie.
💡 Explication

La Guemara donne l'usage qui justifie le kol chehou : le poivre contre la mauvaise haleine, le goudron (itran) contre la tsilhata (migraine). La baraita étend la liste des senteurs : une substance malodorante (fumigations, selon Rachi), l'huile parfumée, la pourpre (que Rachi range aussi parmi les odeurs), et un seul bouton de rose.

8
מִינֵי מַתָּכוֹת — כָּל שֶׁהֵן. לְמַאי חֲזוּ? תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: שֶׁכֵּן רָאוּי לַעֲשׂוֹת מִמֶּנָּה דָּרְבָן קָטָן.

Toutes sortes de métaux, n'importe quelle quantité. À quoi cela sert-il ?

On a enseigné : Rabbi Chimon ben Elazar dit : car il est apte à en faire un petit aiguillon.

📜 Rachi (1)
מִינֵי מַתָּכוֹת כָּל שֶׁהוּא מַתְנִי' הִיא:
Toutes sortes de métaux, n'importe quelle quantité : c'est notre michna.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הַמּוֹצִיא עֵצִים כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה. תַּבְלִין כְּדֵי לְתַבֵּל בֵּיצָה קַלָּה. וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. קְלִיפֵּי אֱגוֹזִים וּקְלִיפֵּי רִמּוֹנִים סְטִים וּפוּאָה כְּדֵי לִצְבֹּועַ בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה מֵי רַגְלַיִם נֶתֶר וּבוֹרִית קִמּוֹנְיָא וְאַשְׁלָג כְּדֵי לְכַבֵּס בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן פִּי סְבָכָה רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר כְּדֵי לְהַעֲבִיר אֶת הַכֶּתֶם פִּלְפֶּלֶת כָּל שֶׁהוּא עִיטְרָן כָּל שֶׁהוּא מִינֵי בְשָׂמִים מִינֵי מַתָּכוֹת כָּל שֶׁהוּא:
MICHNA. Celui qui sort du bois : de quoi cuire un œuf léger. Des épices : de quoi assaisonner un œuf léger ; et elles se combinent l'une avec l'autre. Des écorces de noix, des écorces de grenades, du carthame et de la garance : de quoi en teindre un petit vêtement, (comme) l'ouverture d'un filet à cheveux (sevakha). De l'urine, du natron, de la borit, de la kimolia et de l'achlag : de quoi en laver un petit vêtement, (comme) l'ouverture d'un filet à cheveux. Rabbi Yehouda dit : de quoi faire passer une tache. Du poivre : n'importe quelle quantité ; du goudron : n'importe quelle quantité ; toutes sortes de parfums et de métaux : n'importe quelle quantité.
💡 Explication

Même une infime quantité de métal a un usage : on peut en faire un petit aiguillon (dorban). Le Roch, placé ici, reprend le texte complet de la michna des chiourim.

9
תָּנוּ רַבָּנַן: הָאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי בַּרְזֶל״, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: לֹא יִפְחֹות מֵאַמָּה עַל אַמָּה. לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: לְכַלְיָיא עוֹרֵב. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: לֹא יִפְחֹות מִכָּלְייָא עוֹרֵב. וְכַמָּה? אָמַר רַב יוֹסֵף: אַמָּה עַל אַמָּה. נְחֹשֶׁת, לֹא יִפְחֹות מִמָּעָה כֶּסֶף. תַּנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לֹא יִפְחֹות מִצִּינּוֹרָא קְטַנָּה שֶׁל נְחֹשֶׁת. לְמַאי חַזְיָא? אָמַר אַבַּיֵּי: שֶׁמְּחַטְּטִין בָּהּ אֶת הַפְּתִילוֹת וּמְקַנְּחִין הַנֵּרוֹת.

Les Rabbanan ont enseigné : Celui qui dit "J'accepte de donner du fer (harei alai barzel)" : les Autres (Aherim) disent : pas moins d'une coudée sur une coudée. À quoi cela sert-il ?

Rav Yossef a dit : pour l'anti-corbeaux (kalia orev). Certains disent : les Autres disent : pas moins d'un anti-corbeaux.

Et combien est-ce ? Rav Yossef a dit : une coudée sur une coudée.

Du cuivre : pas moins (de la valeur) d'une maa d'argent. On a enseigné : Rabbi Eliezer dit : pas moins d'une petite fourche de cuivre.

À quoi sert-elle ? Abaye a dit : on s'en sert pour dégager les mèches et nettoyer les lampes.

📜 Rachi (5)
הֲרֵי עָלַי בַּרְזֶל לְבֶדֶק הַבַּיִת:
J'accepte de donner du fer : pour l'entretien du Temple (bedek habayit).
לְכָלְיָא עוֹרֵב טַבְלָאוֹת שֶׁל אַמָּה הָיוּ עוֹשִׂין וְהֵן חַדִּין כַּסַּכִּין סְבִיבוֹתֵיהֶם וּמַסְמְרִין חַדִּין בְּכֻולָּן וּמְחַפִּין בָּהֶן גַּגּוֹ שֶׁל הֵיכָל לִמְנֹועַ אֶת הָעוֹרְבִים מִלֵּישֵׁב:
Kalia orev : on faisait des plaques d'une coudée, tranchantes comme un couteau sur leur pourtour, et garnies partout de clous pointus ; on en couvrait le toit du Heikhal pour empêcher les corbeaux de s'y poser.
מִמָּעָה כֶּסֶף נְחֹשֶׁת שָׁוָה מָעָה כֶּסֶף:
Une maa d'argent : du cuivre qui vaut une maa d'argent.
צִנּוֹרָא מַזְלֵג קָטָן [כְּעֵין] שֶׁטַּוִּין בּוֹ זָהָב וּלְבֶדֶק הַבַּיִת לְמַאי חֲזִי:
Tsinora : une petite fourche, comme celles avec lesquelles on file l'or. Et pour l'entretien du Temple, à quoi sert-elle ?
שֶׁמּוֹחֲטִין בּוֹ פְּתִילוֹת וּמְנַקְּבִין רָאשֵׁיהֶן לְעַדּוֹיֵי חָושְׁכָּן מוקיי"ר:
Avec laquelle on dégage les mèches : et on perce leur extrémité pour en retirer la partie noircie ; en vieux français "moucher".
🗂️ Tossefot (2)
מְכַלְּיָא עוֹרֵב בֶּעָרוּךְ בְּעֵרֶךְ כָּל פִּי' דְּבַמִּקְדָּשׁ רִאשׁוֹן מִפְּנֵי רֹוב קְדֻושָּׁה שֶׁהָיְתָה בּוֹ לָא הֲוָה צָרִיךְ כַּלִּיא עוֹרֵב וְלֵיתָא דבפ"ק דְּמוֹעֵד קָטָן (דַּף ט.) מוּכָח בְּהֶדְיָא שֶׁהָיָה בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן כַּלִּיא עוֹרֵב:
Kalia orev : dans le Aroukh, à l'entrée "kal", il est expliqué que dans le Premier Temple, en raison de sa grande sainteté, on n'avait pas besoin de kalia orev. Ce n'est pas exact, car dans le premier chapitre de Moed Katan (9a) il est clairement prouvé qu'il y avait un kalia orev dans le Premier Temple.
לֹא יִפְחֹות מִמָּעָה כֶּסֶף תֵּימַהּ לר"י דְּלָא יִפְחֹות מִפְּרוּטָה הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר כִּי הֵיכִי דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק בָּתְרָא דִמְנָחוֹת (דַּף קו:) הֲרֵי עָלַי זָהָב לֹא יִפְחֹות מִדִּינַר זָהָב כֶּסֶף לֹא יִפְחֹות מִדִּינַר כֶּסֶף:
Pas moins d'une maa d'argent : Ri s'étonne : il aurait fallu dire "pas moins d'une perouta", comme on l'enseigne dans le dernier chapitre de Menahot (106b) : "J'accepte de donner de l'or : pas moins d'un dinar d'or ; de l'argent : pas moins d'un dinar d'argent".
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' ת"ר הַמּוֹצִיא רֵיחַ רַע כָּל שֶׁהוּא שֶׁמֶן טוֹב כָּל שֶׁהוּא אַרְגָּמָן טוֹב כָּל שֶׁהוּא וּבְתוּלַת הַוֶּרֶד אַחַת:
GUEMARA. Les Rabbanan ont enseigné : Celui qui sort une chose à mauvaise odeur : n'importe quelle quantité ; de l'huile parfumée : n'importe quelle quantité ; de la bonne pourpre : n'importe quelle quantité ; et un bouton de rose : un seul.
💡 Explication

Digression liée aux métaux : le vœu imprécis au profit du Temple (bedek habayit). Qui promet "du fer" sans préciser doit donner une quantité qui ait un usage au Temple : une plaque d'une coudée pour le kalia orev, le dispositif anti-corbeaux du toit du Heikhal. Les deux versions divergent seulement sur la formulation (la mesure ou l'usage d'abord). Pour le cuivre : la valeur d'une maa d'argent, ou selon R. Eliezer une petite fourche servant à entretenir les mèches de la Menora.

🖼️ Schéma
Kalia orev : l'anti-corbeaux du toit du Heikhal (Rachi)toit du Heikhalplaques d'une coudée, bords tranchants, couvertes de clous pointusles corbeaux ne peuvent se poser et salir le toit
Le kalia orev décrit par Rachi : plaques à clous sur le toit du Heikhal.
10
מְקַק סְפָרִים וּמְקַק מִטְפָּחֹת. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מֶקֶק דְּסִיפְרֵי, תְּכָךְ דְּשִׁירָאֵי, וְאִילָא דְּעִינְבֵי, וּפֹה דְּתָאנֵי, וְהָהּ דְּרִימּוֹנֵי — כּוּלְּהוּ סַכַּנְתָּא. הָהוּא תַּלְמִידָא דַּהֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, הֲוָה קָאֲכִיל תְּאֵינֵי. אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, קוֹצִין יֵשׁ בַּתְּאֵנִים? אֲמַר (לֵיהּ): קַטְלֵיהּ פֹּה לְדִין.

Des débris de livres et des débris d'enveloppe (mekek). Rabbi Yehouda a dit : le mekek des livres, le tekhakh de la soie, l'ila des raisins, le pe des figues et le ha des grenades : tous sont un danger.

Un élève était assis devant Rabbi Yo'hanan et mangeait des figues. Il lui dit : Rabbi, y a-t-il des épines dans les figues ?

Il dit : le pe a tué celui-ci.

📜 Rachi (4)
מְקָק דְּסִיפְרֵי תְּכָךְ דְּשִׁירָאֵי כָּל אֵלּוּ תּוֹלָעִין הֵן שֶׁבְּכָל מִין וּמִין וַחֲלוּקִין בִּשְׁמוֹתֵיהֶם תְּכָךְ אַיְילָא פֶּה הָהּ:
Le mekek des livres, le tekhakh de la soie : ce sont tous des vers, propres à chaque espèce, et qui diffèrent par leurs noms : tekhakh, ila, pe, ha.
כּוּלְּהוּ סַכַּנְתָּא לְאוֹכְלָן:
Tous sont un danger : pour qui les mange.
קוֹצִים יֵשׁ בַּתְּאֵנִים הָיָה תּוֹלַעַת יוֹשֵׁב וְנוֹקֵב בִּגְרוֹנוֹ וְדוֹמֶה שֶׁהוּא קוֹץ:
Y a-t-il des épines dans les figues : c'était un ver installé (dans la figue), qui lui perçait la gorge, et il semblait que c'était une épine.
קַטְלֵיהּ פֹּה לְדִין הָרְגוּ פֹּה לְדִין:
Le pe a tué celui-ci : le pe l'a tué.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' מֵעֲפַר הַמִּזְבֵּחַ וּמֵאַבְנֵי הַמִּזְבֵּחַ מֶקֶק סְפָרִים מֶקֶק מִטְפְּחוֹתֵיהֶם כָּל שֶׁהוּא מִפְּנֵי שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָן לְגוֹנְזָן. ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אַף הַמּוֹצִיא מְשַׁמְּשֵׁי ע"ז כָּל שֶׁהוּא שֶׁנֶּאֱמַר וְלֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם:
MICHNA. De la terre de l'autel et des pierres de l'autel, des débris de livres et des débris de leurs enveloppes : n'importe quelle quantité, parce qu'on les met de côté pour les enfouir. Rabbi Yehouda dit : même celui qui sort des accessoires d'idolâtrie, n'importe quelle quantité, car il est dit : "Rien de l'interdit ne s'attachera à ta main".
💡 Explication

À propos du mekek, R. Yehouda énumère cinq vers, chacun propre à une matière : livres, soie, raisins, figues, grenades. Les avaler est dangereux. Le récit de R. Yo'hanan l'illustre : l'élève sentait une "épine" dans la gorge ; c'était le ver pe de la figue, et il en mourut.

11
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא קֻופַּת הָרוֹכְלִין, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִינִין הַרְבֵּה — אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא חַטָּאת אַחַת. זֵרְעוֹנֵי גִּינָּה — פָּחוֹת מִכִּגְרוֹגֶרֶת. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה אוֹמֵר: חֲמִשָּׁה.

MICHNA. Celui qui sort le panier des colporteurs (koupat harokhlin), bien qu'il contienne de nombreuses espèces, n'est redevable que d'une seule hatat (sacrifice expiatoire).

Des graines de jardin : moins qu'une figue sèche (kegrogueret). Rabbi Yehouda ben Betera dit : cinq.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' רוֹכְלִין מוֹכְרֵי בְּשָׂמִים לְקִישּׁוּטֵי נָשִׁים וְיֵשׁ לָהֶן קֻופּוֹת קְטַנּוֹת לִצְרוֹרוֹת בְּשָׂמִים:
MICHNA. Colporteurs : ceux qui vendent des parfums pour la parure des femmes ; ils ont de petits paniers pour les sachets de parfums.
אֵינוֹ חַייָּב אֶלָּא חַטָּאת אַחַת דְּכֻולָּהּ חֲדָא הוֹצָאָה הִיא:
N'est redevable que d'une seule hatat : car tout cela n'est qu'une seule hotsaa.
פָּחוֹת מִכַּגְּרוֹגֶרֶת דאע"ג דְּכָל הָאֳוכָלִין שִׁיעוּרָן כִּגְרוֹגֶרֶת הָנֵי כֵּיוָן דְּלִזְרִיעָה קָיְימִי בְּפָחוֹת מִכַּגְּרוֹגֶרֶת נַמֵּי מִיחַייַּב:
Moins qu'une figue sèche : bien que la mesure de tous les aliments soit une figue sèche, celles-ci, destinées à être semées, rendent coupable même à moins d'une figue sèche.
🗂️ Tossefot (1)
הַמּוֹצִיא קֻופַּת הָרוֹכְלִין אע"פ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִינִין הַרְבֵּה אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת תֵּימַהּ דְּמַאי קמ"ל פְּשִׁיטָא דַּאֲפִילּוּ בְּהוֹצִיא וְחָזַר וְהוֹצִיא אֵינוֹ חַייָּב אֶלָּא אַחַת כְּמוֹ בְּקָצַר וְחָזַר וְקָצַר כ"ש בְּבַת אַחַת וַאֲפִילּוּ רַב יוֹסֵף דִּמְחַייֵּב אַלִּיבָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר בְּקָצַר וְחָזַר וְקָצַר בְּפֶרֶק אָמְרוּ לוֹ (כְּרִיתוֹת דַּף טו.) בְּהוֹצָאָה אַחַת פְּשִׁיטָא דְּפָטוּר וְתֵירֵץ ר"ת דְּמַיְירֵי כְּגוֹן שֶׁנּוֹדַע לוֹ עַל מִין זֶה וְנִתְכַּפֵּר וְחָזַר וְנוֹדַע לוֹ עַל מִין אַחֵר אַפֵּ"ה פָּטוּר דְּהָוֵי הַכֹּל כְּמוֹ דָּבָר אֶחָד ואע"ג דִּבְפֶרֶק הַמַּצְנִיעַ (לְקַמָּן שַׁבָּת צג:) תַּנְיָא וְאִם הָיָה כְּלִי צָרִיךְ לוֹ חַיָּיב אַף עַל הַכְּלִי וּמוּקִי לָהּ רַב אַשִּׁי שֶׁשָּׁגַג בָּזֶה וּבָזֶה וְנוֹדַע לוֹ וְחָזַר וְנוֹדַע לוֹ וּבִפְלֻוגְתָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן ור"ל דַּוְקָא בִּכְלִי וְאוֹכְלִים שֶׁבְּתוֹכוֹ מְחַלְּקִין יְדִיעוֹת אֲבָל בָּאֳוכָלִין שֶׁבְּתוֹךְ הַכְּלִי אֲפִילּוּ כַּפָּרוֹת אֵין מְחַלְּקוֹת ור"י מָצָא בִּירוּשַׁלְמִי אִילּוּ הוֹצִיא וְהוֹצִיא כְּלוּם הוּא חַייָּב אֶלָּא אַחַת לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לר"א שֶׁלֹּא תֹּאמַר מִינִים הַרְבֵּה יַעֲשׂוּ כְּהָעֲלָמוֹת הַרְבֵּה וִיהֵא חַייָּב עַל כָּל אַחַת וְאַחַת קמ"ל פִּי' דס"ד דְּמִינִים מְחַלְּקִין כדא"ר יְהוֹשֻׁעַ תַּמְחוּיִין מְחַלְּקִין וּמִיהוּ ה"ל לְהַזְכִּיר ר' יְהוֹשֻׁעַ:
Celui qui sort le panier des colporteurs, bien qu'il contienne de nombreuses espèces, n'est redevable que d'une (hatat) : on s'étonne : que nous apprend-on ? C'est évident ! Même s'il a sorti puis sorti de nouveau, il n'est redevable que d'une, comme pour "il a moissonné puis moissonné de nouveau" ; à plus forte raison en une seule fois. Et même Rav Yossef, qui rend coupable (plusieurs fois) selon R. Eliezer pour "il a moissonné puis moissonné de nouveau" (Keritot 15a, chapitre Amrou lo), pour une seule hotsaa il est évident qu'il est exempt. Rabbenou Tam répond : il s'agit du cas où il a appris (sa faute) pour une espèce, qu'il a obtenu l'expiation, puis qu'il a appris pour une autre espèce ; malgré cela il est exempt, car tout est considéré comme une seule chose. Et bien que dans le chapitre Hamatsnia (plus loin, Chabbat 93b) on enseigne : "si le récipient lui était nécessaire, il est coupable aussi pour le récipient", et que Rav Achi l'établit dans le cas où il a fauté par inadvertance pour l'un et l'autre, qu'il l'a appris puis l'a appris de nouveau, selon la discussion de R. Yo'hanan et Rech Lakich, c'est seulement pour un récipient et les aliments qu'il contient que les prises de conscience (yédiot) divisent ; mais pour des aliments à l'intérieur du récipient, même les expiations ne divisent pas. Et Ri a trouvé dans le Yerouchalmi : s'il avait sorti puis sorti (de nouveau), ne serait-il redevable que d'une ? Ce n'est nécessaire que pour R. Eliezer, afin que tu ne dises pas : les nombreuses espèces seront comme de nombreux oublis (haalamot), et il serait redevable pour chacune ; on nous apprend (que non). Explication : on aurait pu penser que les espèces divisent, comme l'a dit R. Yehochoua : les plats divisent. Mais il aurait alors fallu mentionner R. Yehochoua.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' הַמּוֹצִיא קֻופַּת הָרוֹכְלִים אע"פ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִינִין הַרְבֵּה אֵין חַיָּיב אֶלָּא אַחַת. זֵרְעוֹנֵי גִּינָּה פָּחוֹת מִכִּגְרוֹגָרוֹת רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר חֲמִשָּׁה זֶרַע קִשּׁוּאִין שְׁנַיִם זֶרַע דִּילוֹעִים שְׁנַיִם זֶרַע פּוֹל הַמִּצְרִי שְׁנַיִם חָגָב טָהוֹר חַי כָּל שֶׁהוּא מֵת כִּגְרוֹגָרוֹת צִפֹּורֶת כְּרָמִים בֵּין חַיָּה בֵּין מֵתָה כָּל שֶׁהוּא שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָהּ לִרְפוּאָה רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף הַמּוֹצִיא חָגָב חַי טָמֵא כָּל שֶׁהוּא שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לְקָטָן לִשְׂחֹק בּוֹ: הַדְרָן עֲלָךְ אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא
MICHNA. Celui qui sort le panier des colporteurs, bien qu'il contienne de nombreuses espèces, n'est redevable que d'une. Des graines de jardin : moins qu'une figue sèche ; Rabbi Yehouda ben Betera dit : cinq. Des graines de concombre : deux ; des graines de courge : deux ; des graines de fève égyptienne : deux. Une sauterelle pure vivante : n'importe quelle quantité ; morte : une figue sèche. Un oiseau des vignes (tsiporet keramim), vivant ou mort : n'importe quelle quantité, car on le garde comme remède. Rabbi Yehouda dit : même celui qui sort une sauterelle impure vivante, n'importe quelle quantité, car on la garde pour qu'un enfant joue avec. Fin du chapitre Amar Rabbi Akiva.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le panier du colporteur contient de nombreux produits, mais leur sortie est un seul acte : une seule hotsaa, donc une seule hatat. Tossefot demande ce que cela apporte ; Rabbenou Tam répond que même si la faute a été découverte et expiée espèce par espèce, tout compte comme une seule chose.

Les graines de jardin ont un chiour inférieur à la figue sèche (mesure habituelle des aliments), car on les garde pour semer ; R. Yehouda ben Betera fixe cinq graines.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).