Sougya : Le daf achève le chapitre Amar Rabbi Akiva : la michna fixe les mesures pour les graines de concombre, de courge et de fève d'Égypte, et pour les sauterelles pures, impures et la tsiporet keramim. La Guemara résout une contradiction sur la mesure des graines (Rav Papa), détaille les mesures des noyaux de dattes et des crins, et décrit l'usage de la tsiporet keramim pour la sagesse.
Elle explique ensuite la mahloket entre le Tanna Kamma et R. Yehouda sur la sauterelle impure donnée à un enfant.
Le chapitre Ha-Matsnia s'ouvre : celui qui a mis quelque chose de côté est passible pour toute quantité, et Abaye explique le cas de celui qui a oublié pourquoi il l'avait mis de côté.
Graines de concombre : deux. Graines de courge : deux.
Graines de fève d'Égypte : deux. Une sauterelle (hagav) pure vivante : une quantité quelconque.
Morte : le volume d'une figue sèche (grogeret). La tsiporet keramim, vivante ou morte : une quantité quelconque, car on la met de côté pour un remède.
R. Yehouda dit : même celui qui sort une sauterelle impure vivante [est passible] pour une quantité quelconque, car on la met de côté pour qu'un petit enfant joue avec.
Fin de la michna du chapitre Amar Rabbi Akiva. Pour chaque objet, la mesure de hotsaa (sortie le Chabbat) correspond à la quantité qui a de la valeur pour les gens. Les grosses graines sont importantes à partir de deux. La sauterelle pure vivante compte même seule, car on la garde pour un enfant ; morte, elle est un aliment et suit la mesure des aliments, la grogeret.
La tsiporet keramim sert de remède, d'où une mesure minimale. Pour la sauterelle impure vivante, R. Yehouda applique la même raison que pour la pure ; le Tanna Kamma diverge (voir segment 4).
Guemara. On oppose [une baraita] : du fumier et du sable fin : de quoi fumer un pied de chou, paroles de R.
Akiva ; et les Sages disent : de quoi fumer un poireau (karecha). Rav Papa a dit : ici, c'est ce qui est semé ; là, c'est ce qui n'est pas semé, car un homme ne se donne pas la peine de sortir un seul grain pour le semer.
La baraita sur le fumier montre qu'une seule plante suffit à donner de l'importance (on fume un seul chou ou un seul poireau). Pourquoi alors la michna exige-t-elle deux graines ?
Rav Papa distingue : une plante déjà semée a de la valeur individuellement ; une graine pas encore semée n'en a pas, car personne ne prend la peine d'aller semer un seul grain.
Graines de concombre. Les Sages ont enseigné : celui qui sort des noyaux (garinin) : si c'est pour planter, deux ; si c'est pour manger, la bouchée d'un porc ; et combien est la bouchée d'un porc ?
Un. Si c'est pour chauffer, de quoi cuire un œuf facile.
Si c'est pour compter, deux. D'autres (Aherim) disent : cinq.
Les Sages ont enseigné : celui qui sort deux crins de la queue du cheval ou de la queue de la vache est passible, car on les met de côté pour les pièges (nichbin). Du poil dur de porc : un.
Des lanières de palmier (tsourei dekel) : deux. Des fibres de palmier (tourei dekel) : une.
La baraita montre que la mesure d'un même objet varie selon son usage. Un noyau de datte compte comme nourriture pour animaux (la bouchée d'un porc = un noyau), comme combustible (de quoi cuire un œuf), ou comme jeton pour compter.
Pour le compte, Aherim exigent cinq : selon Rachi, on retient de tête jusqu'à quatre, et c'est à partir de cinq qu'on pose des jetons. Les crins servent à faire des pièges, le poil de porc aux cordonniers.
La tsiporet keramim, vivante ou morte : une quantité quelconque. Qu'est-ce que la tsiporet keramim ?
Rav a dit : palya biari. Abaye a dit : on la trouve dans un palmier qui n'a qu'une seule fibre (nevara), et on s'en sert pour la sagesse.
On mange sa moitié droite ; sa moitié gauche, on la jette dans un tube de cuivre, on la scelle de soixante sceaux et on la suspend au bras gauche. Et ton signe mnémotechnique : "le cœur du sage est à sa droite, et le cœur du sot à sa gauche" (Kohelet 10,2).
Il devient sage autant qu'il veut, il étudie autant qu'il veut, puis il mange l'autre moitié ; sinon, son étude est arrachée.
La Guemara identifie la tsiporet keramim et décrit son usage comme segoula pour la sagesse. C'est cet usage qui justifie la mesure minimale de la michna : on la garde, même une seule.
Le verset de Kohelet sert de siman (moyen mnémotechnique) pour retenir quelle moitié on mange (la droite) et laquelle on suspend (la gauche).
R. Yehouda dit : même celui qui sort etc.
Et le Tanna Kamma pense que non. Pour quelle raison ?
De peur qu'il la mange. S'il en est ainsi, la pure aussi !
Car Rav Kahana se tenait devant Rav et faisait passer une sauterelle (chouchiva) devant sa bouche. [Rav] lui dit : enlève-la, qu'on ne dise pas qu'il la mange et transgresse "ne vous rendez pas abominables" (bal techaktsou, Vayikra 11,43) !
Mais [la raison est] : de peur qu'elle meure et qu'il la mange. Et R.
Yehouda : si elle meurt, l'enfant lui fait une oraison funèbre.
Pourquoi le Tanna Kamma refuse-t-il que la sauterelle impure vivante soit gardée pour un enfant ? Première idée : on craint que l'enfant la mange. Objection : la sauterelle pure vivante aussi est interdite à la consommation, à cause de bal techaktsou (l'interdit de manger ce qui répugne), comme le montre l'épisode de Rav Kahana ; or le Tanna Kamma admet la pure.
Conclusion : la crainte porte sur une sauterelle morte. Morte, la pure est permise, l'impure est interdite. R. Yehouda ne craint pas : l'enfant s'attache à l'animal et le pleure plutôt que de le manger.
Tossefot en déduisent que la sauterelle pure n'a pas besoin de chehita.
Nous reviendrons à toi, [chapitre] Amar Rabbi Akiva.
Hadran : formule de conclusion d'un chapitre, exprimant la volonté d'y revenir. Le Roch recopie ici la michna sans ajouter de décision, ce qui montre qu'il la retient telle quelle.
Michna. Celui qui met de côté (matsnia) [quelque chose] pour semer, comme échantillon ou comme remède, et l'a sorti le Chabbat, est passible pour une quantité quelconque.
Et tout [autre] homme n'est passible que pour sa mesure. S'il l'a ensuite rentré, il n'est passible que pour sa mesure.
Début du chapitre Ha-Matsnia. La hatsnaa (mise de côté) montre que la personne accorde de la valeur à cette petite quantité ; pour elle, la mesure habituelle ne s'applique pas et elle est passible pour toute quantité.
Pour les autres, la mesure standard reste nécessaire. Si le matsnia change d'avis et rentre l'objet, son intention est annulée et il revient à la mesure standard.
Guemara. Pourquoi doit-il enseigner "celui qui met de côté" ?
Qu'il enseigne : celui qui sort pour semer, comme échantillon ou comme remède, est passible pour une quantité quelconque ! Abaye a dit : de quoi s'agit-il ici ?
Du cas où il l'a mis de côté et a oublié pourquoi il l'avait mis de côté, et maintenant il le sort sans intention précise.
Si l'intention de semer suffit à rendre la petite quantité importante, la michna pourrait parler directement de celui qui sort pour semer, sans mentionner la mise de côté.
Abaye répond : la michna vise celui qui a mis de côté puis a oublié pourquoi. Au moment de la sortie il n'a aucune intention précise ; c'est la hatsnaa antérieure qui donne à l'objet son importance.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).