Shabbat 90b — Graines, sauterelles et la hatsnaa (mise de côté)

Shabbat 90b

Sougya : Le daf achève le chapitre Amar Rabbi Akiva : la michna fixe les mesures pour les graines de concombre, de courge et de fève d'Égypte, et pour les sauterelles pures, impures et la tsiporet keramim. La Guemara résout une contradiction sur la mesure des graines (Rav Papa), détaille les mesures des noyaux de dattes et des crins, et décrit l'usage de la tsiporet keramim pour la sagesse.

Elle explique ensuite la mahloket entre le Tanna Kamma et R. Yehouda sur la sauterelle impure donnée à un enfant.

Le chapitre Ha-Matsnia s'ouvre : celui qui a mis quelque chose de côté est passible pour toute quantité, et Abaye explique le cas de celui qui a oublié pourquoi il l'avait mis de côté.

Mesures de la michna : à partir de quand la sortie est passibleObjet sortiMesureRaisonGraines de concombre / courge / fève d'Égypte2 grainesgraine grosse et importanteSauterelle pure vivantequantité quelconqueon la garde pour un enfantSauterelle pure morteune grogeret (figue sèche)c'est un aliment ordinaireTsiporet keramim (vivante ou morte)quantité quelconqueon la garde comme remèdeSauterelle impure vivanteT. Kamma : pas de mesure spécialeR. Yehouda : quantité quelconque
Les mesures de la michna : chaque objet a son seuil, fixé selon l'usage qu'on en fait habituellement.
Sauterelle impure vivante donnée à un enfant : la mahloketSauterelle impure vivantegarde-t-on pour un enfant ?Tanna Kamma : noncrainte : elle meurtet l'enfant la mange (impure)R. Yehouda : ouisi elle meurt, l'enfant la pleureil ne la mange pasPas de mesure spéciale(pas de hatsnaa)Passible pourune quantité quelconqueRejeté : crainte qu'il la mange vivante, car alors la pure aussi serait exclue (bal techaktsou).
Tanna Kamma et R. Yehouda sur la sauterelle impure vivante gardée pour un enfant.
Michna Ha-Matsnia : l'intention change la mesureCelui qui a mis de côté(pour semer, échantillon,remède) puis sortTout autre hommesort la même choseIl s'est raviséet le rentreQuantité quelconqueil lui a donné de l'importanceSeulement sa mesure(chiour habituel)Seulement sa mesurel'intention est annuléeGuemara : pourquoi dire "à mis de côté" et pas "sort pour semer" ?Abaye : il l'a mis de côté puis a oublié pourquoi ; maintenant il sort sans intention.La hatsnaa d'origine suffit à le rendre passible.
Michna Ha-Matsnia : celui qui a mis de côté est passible pour toute quantité ; tout autre homme seulement pour la mesure.
1
זֶרַע קִישּׁוּאִין — שְׁנַיִם. זֶרַע דִּילּוּעִין — שְׁנַיִם. זֶרַע פּוֹל הַמִּצְרִי — שְׁנַיִם. חָגָב חַי טָהוֹר — כָּל שֶׁהוּא. מֵת — כִּגְרוֹגֶרֶת. צִפֹּורֶת כְּרָמִים, בֵּין חַיָּה בֵּין מֵתָה — כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָהּ לִרְפוּאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הַמּוֹצִיא חָגָב חַי טָמֵא כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לְקָטָן לִשְׂחוֹק בּוֹ.

Graines de concombre : deux. Graines de courge : deux.

Graines de fève d'Égypte : deux. Une sauterelle (hagav) pure vivante : une quantité quelconque.

Morte : le volume d'une figue sèche (grogeret). La tsiporet keramim, vivante ou morte : une quantité quelconque, car on la met de côté pour un remède.

R. Yehouda dit : même celui qui sort une sauterelle impure vivante [est passible] pour une quantité quelconque, car on la met de côté pour qu'un petit enfant joue avec.

📜 Rachi (5)
זֶרַע קִישּׁוּאִין חָשׁוּב הוּא וְחַייָּב בִּשְׁנֵי גַּרְגְּרִין:
Graine de concombre : elle est importante, et on est passible pour deux grains.
הַמּוֹצִיא חָגָב חַי כָּל שֶׁהוּא שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לְקָטָן לִשְׂחֹק בּוֹ כְּדִמְפָרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בְּסֵיפָא דְּמַתְנִי':
Celui qui sort une sauterelle vivante, une quantité quelconque : car on la met de côté pour qu'un enfant joue avec, comme l'explique R. Yehouda à la fin de la michna.
מֵת הֲרֵי הוּא כִּשְׁאָר אוֹכְלִין וְחַיָּיב בְּכִגְרוֹגֶרֶת:
Morte : elle est comme les autres aliments, et on est passible pour le volume d'une figue sèche.
צִיפֹּורֶת כְּרָמִים לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ מַאי הִיא וּמַאי רְפוּאָתוֹ:
Tsiporet keramim : plus loin [la Guemara] explique ce que c'est et quel est son remède.
שֶׁמַּצְנִיעִים אוֹתוֹ לְקָטָן כו' ות"ק מֵהַאי טַעְמָא נָמֵי מִחַייַּב לֵיהּ בְּחָגָב טָהוֹר וּמִיהוּ אַטְמָא פְּלִיג דְּלָא מַצְנְעִי לֵיהּ לְשַׂחֵק דִּילְמָא אָכִיל לֵיהּ כְּדִלְקַמָּן:
Qu'on met de côté pour un enfant etc. : le Tanna Kamma aussi rend passible pour cette raison dans le cas de la sauterelle pure ; mais pour l'impure il diverge, car on ne la met pas de côté pour jouer, de peur que [l'enfant] la mange, comme [on l'explique] plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לַחֲזִיר פֵּירוּשׁ שֶׁרָאוּי לִיתֵּן לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים אוֹ לִמְכֹּור לוֹ אֲבָל יִשְׂרָאֵל אָסוּר לְגַדֵּל חֲזִיר:
Qu'on met de côté pour le porc : c'est-à-dire qu'il est apte à être donné à un idolâtre ou à lui être vendu ; mais il est interdit à un Juif d'élever un porc.
💡 Explication

Fin de la michna du chapitre Amar Rabbi Akiva. Pour chaque objet, la mesure de hotsaa (sortie le Chabbat) correspond à la quantité qui a de la valeur pour les gens. Les grosses graines sont importantes à partir de deux. La sauterelle pure vivante compte même seule, car on la garde pour un enfant ; morte, elle est un aliment et suit la mesure des aliments, la grogeret.

La tsiporet keramim sert de remède, d'où une mesure minimale. Pour la sauterelle impure vivante, R. Yehouda applique la même raison que pour la pure ; le Tanna Kamma diverge (voir segment 4).

2
גְּמ׳ וּרְמִינְהִי: זֶבֶל וְחוֹל הַדַּק — כְּדֵי לְזַבֵּל קֶלַח שֶׁל כְּרוּב, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כְּדֵי לְזַבֵּל כְּרֵישָׁא! אָמַר רַב פָּפָּא: הָא דִּזְרִיעַ, הָא דְּלָא זְרִיעַ — לְפִי שֶׁאֵין אָדָם טוֹרֵחַ לְהוֹצִיא נִימָא אַחַת לִזְרִיעָה.

Guemara. On oppose [une baraita] : du fumier et du sable fin : de quoi fumer un pied de chou, paroles de R.

Akiva ; et les Sages disent : de quoi fumer un poireau (karecha). Rav Papa a dit : ici, c'est ce qui est semé ; là, c'est ce qui n'est pas semé, car un homme ne se donne pas la peine de sortir un seul grain pour le semer.

📜 Rachi (2)
גְּמ' כְּדֵי לְזַבֵּל אַלְמָא זֶרַע הַבָּא מִגַּרְעִין אֶחָד חֲשִׁיב:
Guemara. De quoi fumer : on voit donc que la plante issue d'un seul grain est importante.
הָא דִּזְרִיעַ מֵאַחַר שֶׁהֵן זְרוּעִין חֲשִׁיב כָּל אֶחָד וְאֶחָד וְאָדָם טוֹרֵחַ לְזַבֵּל אֶחָד מֵהֶם אֲבָל דְּלָא זְרִיעַ אֵין אָדָם טוֹרֵחַ לִזְרֹועַ גַּרְגִּיר אֶחָד:
Ici, ce qui est semé : une fois qu'elles sont semées, chacune est importante et l'homme se donne la peine de fumer l'une d'elles ; mais pour ce qui n'est pas semé, l'homme ne se donne pas la peine de semer un seul grain.
💡 Explication

La baraita sur le fumier montre qu'une seule plante suffit à donner de l'importance (on fume un seul chou ou un seul poireau). Pourquoi alors la michna exige-t-elle deux graines ?

Rav Papa distingue : une plante déjà semée a de la valeur individuellement ; une graine pas encore semée n'en a pas, car personne ne prend la peine d'aller semer un seul grain.

🖼️ Schéma
Contradiction : une plante suffit, mais deux graines sont exigées ?Baraita : fumier, sable finde quoi fumer un chou / un poireau= une seule planteMichna : graines de concombredeux graines(une seule ne suffit pas)Rav Papa distingueDéjà semé : chaque plante compteon se donne la peine de la fumerPas encore semé : on ne sort pasun seul grain pour semer
La réponse de Rav Papa : plante semée ou graine à semer.
3
זֶרַע קִישּׁוּאִין. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא גַּרְעִינִין, אִם לִנְטִיעָה — שְׁתַּיִם, אִם לַאֲכִילָה — כִּמְלֹא פִּי חֲזִיר, וְכַמָּה מְלֹא פִּי חֲזִיר — אַחַת. אִם לְהַסִּיק — כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה. אִם לְחֶשְׁבּוֹן — שְׁתַּיִם. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: חָמֵשׁ. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא שְׁנֵי נִימִין מִזְּנַב הַסּוּס וּמִזְּנַב הַפָּרָה — חַיָּיב, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָן לְנִישְׁבִּין. מַקְשֶׁה שֶׁל חֲזִיר — אַחַת. צֹורִי דֶּקֶל — שְׁתַּיִם. תּוּרֵי דֶּקֶל — אַחַת.

Graines de concombre. Les Sages ont enseigné : celui qui sort des noyaux (garinin) : si c'est pour planter, deux ; si c'est pour manger, la bouchée d'un porc ; et combien est la bouchée d'un porc ?

Un. Si c'est pour chauffer, de quoi cuire un œuf facile.

Si c'est pour compter, deux. D'autres (Aherim) disent : cinq.

Les Sages ont enseigné : celui qui sort deux crins de la queue du cheval ou de la queue de la vache est passible, car on les met de côté pour les pièges (nichbin). Du poil dur de porc : un.

Des lanières de palmier (tsourei dekel) : deux. Des fibres de palmier (tourei dekel) : une.

📜 Rachi (10)
הַמּוֹצִיא גַּרְעִינִין גַּרְעִינֵי תְּמָרָה:
Celui qui sort des noyaux : des noyaux de dattes.
בֵּיצָה קַלָּה כִּגְרוֹגֶרֶת מִבֵּיצָה שֶׁהִיא קַלָּה לְבַשֵּׁל וְזוֹ שֶׁל תַּרְנְגֹולֶת:
Un œuf facile : le volume d'une figue sèche d'un œuf facile à cuire, et c'est celui de la poule.
לְחֶשְׁבּוֹן כְּמוֹ שֶׁנּוֹתְנִים לְסִימָן עֵדוּת לְכָל דִּינָר פָּשׁוּט:
Pour compter : comme on donne un signe, en témoignage, pour chaque dinar simple.
אֲחֵרִים אוֹמְרִים ה' דְּעַד ד' כְּלָלוּת חֲשִׁיב אִינִישׁ וְלָא מִינְּשֵׁי וְאֵין צָרִיךְ לָתֵת סִימָן אֲבָל חָמֵשׁ מִינְּשֵׁי וּמוֹתֵיב סִימָנָא לְכוּלְּהוּ:
D'autres disent cinq : car jusqu'à quatre ensembles, un homme les retient et n'oublie pas, et il n'a pas besoin de mettre un signe ; mais à cinq, il oublie, et il pose un signe pour chacun.
לְנִישְׁבִּין לָצוּד עוֹפוֹת וּבְלַעַ"ז ליצ"ש:
Pour les pièges : pour attraper des oiseaux ; en langue vernaculaire (laaz) : lices (lacets).
מַקְשֶׁה שֶׁל חֲזִיר נִימִין קָשִׁין שֶׁבַּשִּׁדְרָה שֶׁל חֲזִיר:
Poil dur de porc : les poils durs qui sont sur l'échine du porc.
אַחַת דְּחַזְיָא לְאֻושְׁכָּפֵי לָתֵת בְּרֹאשׁ הַמְּשִׁיחָה שֶׁל תְּפִירָה:
Un : car il sert aux cordonniers, qui le mettent au bout du fil de couture.
צֹורִי דְּקָלִים נְצָרִים קְלוּפִים לַעֲשׂוֹת סַלִּים:
Lanières de palmier : des branches pelées pour faire des paniers.
שְׁתַּיִם לִשְׁתֵּי בָּתֵּי נִירִין:
Deux : pour deux lisses (batei nirin) [du métier à tisser].
תּוֹרֵי דֶּקֶל דַּקִּין מִצּוּרֵי וְהֵן מִן הַסִּיב הַגָּדֵל סְבִיבוֹתָיו וְלֹא יָדַעְתִּי לְמַאי חֲזִי:
Fibres de palmier : plus fines que les tsourei ; elles viennent de la fibre (siv) qui pousse autour [du palmier], et je ne sais pas à quoi elles servent.
🗂️ Tossefot (1)
אִם לִנְטִיעָה שְׁתַּיִם פִּי' אוֹתָם שֶׁהֵם רְאוּיִים לִנְטִיעָה אִי נָמֵי כְּלוֹמַר בְּמָקוֹם שֶׁרְגִילִין לְנוֹטְעָן וְהָוֵי סְתָמָא לִנְטֹועַ דְּאִי בְּמוֹצִיא מַמָּשׁ לִנְטִיעָה הָא אָמַר בְּרֵישׁ פ' הַמַּצְנִיעַ (לְקַמָּן שַׁבָּת צֵא.) מְחַיֵּיב הָיָה ר' מֵאִיר בְּמוֹצִיא חִטָּה א' לִזְרִיעָה:
Si c'est pour planter, deux : c'est-à-dire ceux qui sont aptes à la plantation ; ou bien, dans un lieu où l'on a l'habitude de les planter, de sorte que le cas ordinaire est [de les sortir] pour planter. Car s'il s'agissait de celui qui sort effectivement pour planter, on a dit au début du chapitre Ha-Matsnia (plus loin, Chabbat 91a) : R. Meir rendait passible celui qui sort un seul grain de blé pour le semer.
💡 Explication

La baraita montre que la mesure d'un même objet varie selon son usage. Un noyau de datte compte comme nourriture pour animaux (la bouchée d'un porc = un noyau), comme combustible (de quoi cuire un œuf), ou comme jeton pour compter.

Pour le compte, Aherim exigent cinq : selon Rachi, on retient de tête jusqu'à quatre, et c'est à partir de cinq qu'on pose des jetons. Les crins servent à faire des pièges, le poil de porc aux cordonniers.

🖼️ Schéma
Noyaux de dattes : la mesure suit l'usagePour planter2 noyauxPour manger (nourriture)bouchée d'un porc = 1Pour chaufferde quoi cuire un œuf facilePour compter2 (Aherim : 5)
Noyaux de dattes : une mesure différente pour chaque usage.
4
צִיפֹּורֶת כְּרָמִים, בֵּין חַיָּה בֵּין מֵתָה — כָּל שֶׁהוּא. מַאי צִיפֹּורֶת כְּרָמִים? אָמַר רַב: פֶּלִיא בְּיָאִרִי. אָמַר אַבַּיֵּי: וּמִשְׁתַּכְחָא בְּדִיקְלָא דְּחַד נְבָארָא וְעָבְדִי לַהּ לְחֻוכְמָא. אָכֵיל לֵיהּ לְפַלְגָא דְיַמִּינֵיהּ, וּפַלְגָא דִּשְׂמָאלֵיהּ רָמֵי לֵהּ בְּגֻובְתָּא דִּנְחָשָׁא וְחָתֵים לֵהּ בְּשִׁיתִּין גֻּושְׁפַּנְקֵי, וְתָלֵי לֵהּ בְּאִיבְרָא דִשְׂמָאלָא. וְסִימָנָיךְ: ״לֵב חָכָם לִימִינוֹ וְלֵב כְּסִיל לִשְׂמֹאלוֹ״, וְחַכִּים כַּמָּה דְּבָעֵי, וְגָמַר כַּמָּה דְּבָעֵי, וְאָכֵיל לֵיהּ לְאִידַּךְ פַּלְגָא, דְּאִי לָא — מִיעְקָר תַּלְמוּדֵיהּ.

La tsiporet keramim, vivante ou morte : une quantité quelconque. Qu'est-ce que la tsiporet keramim ?

Rav a dit : palya biari. Abaye a dit : on la trouve dans un palmier qui n'a qu'une seule fibre (nevara), et on s'en sert pour la sagesse.

On mange sa moitié droite ; sa moitié gauche, on la jette dans un tube de cuivre, on la scelle de soixante sceaux et on la suspend au bras gauche. Et ton signe mnémotechnique : "le cœur du sage est à sa droite, et le cœur du sot à sa gauche" (Kohelet 10,2).

Il devient sage autant qu'il veut, il étudie autant qu'il veut, puis il mange l'autre moitié ; sinon, son étude est arrachée.

📜 Rachi (11)
פְּייָלֵי בַּיְירִי כָּךְ שְׁמוֹ:
Palya biari : tel est son nom.
וּמִשְׁתְּכַח בְּדִיקְלָא דְּחַד נְבָארָא בְּדֶקֶל בָּחוּר שֶׁלֹּא נִכְרַךְ עֲדַייִן אֶלָּא בְּסִיב א' שֶׁגָּדֵל סְבִיבוֹתָיו וְכוֹרְכוֹ:
On la trouve dans un palmier à une seule fibre : dans un jeune palmier qui n'est encore enveloppé que d'une seule fibre (siv), qui pousse autour de lui et l'entoure.
לְחוּכְמָא לִפְתֹּוחַ הַלֵּב:
Pour la sagesse : pour ouvrir le cœur.
גֻּובְּתָּא קָנֶה:
Gouvta : un tube.
שִׁיתִין לָאו דַּוְקָא אֶלָּא מְכַסֵּהוּ כִּסּוּיִין הַרְבֵּה כְּגוֹן זֶפֶת וְשַׁעֲוָה עַל גַּבָּהּ וַאֲדָמָה:
Soixante : pas au sens strict ; il la couvre de nombreuses couches, comme de la poix, de la cire par-dessus, et de la terre.
גֻּושְׁפַּנְקֵי חוֹתָמוֹת:
Gouchpanki : des sceaux.
וְתָלֵי לֵיהּ בְּאִיבְרָא דִּשְׂמֹאל' בַּזְּרוֹעַ הַשְּׂמָאלִי:
Et on la suspend au bras gauche : au bras gauche.
וְסִימָן לֵב כְּסִיל כְּגוֹן זֶה שֶׁצָּרִיךְ לְפַקֵּחַ לֵב לִשְׂמֹאלוֹ:
Et le signe, le cœur du sot : comme celui-ci, qui a besoin d'éveiller le cœur ; [il la met] à sa gauche.
וְאָכִיל לְאִידָךְ פַּלְגָא בָּתַר דְּאַחְכִּים:
Et il mange l'autre moitié : après qu'il est devenu sage.
וְאִי לָא אָכִיל לֵיהּ אֶלָּא שָׁדֵי לֵיהּ:
Et sinon : [s'il ne] la mange pas, mais la jette.
מִיעְקָר תַּלְמוּדוֹ וְחָכְמָתוֹ שֶׁלָּמַד עַל יָדוֹ נֶעֱקַר מִמֶּנּוּ:
Son étude est arrachée : la sagesse qu'il a apprise par son moyen lui est arrachée.
💡 Explication

La Guemara identifie la tsiporet keramim et décrit son usage comme segoula pour la sagesse. C'est cet usage qui justifie la mesure minimale de la michna : on la garde, même une seule.

Le verset de Kohelet sert de siman (moyen mnémotechnique) pour retenir quelle moitié on mange (la droite) et laquelle on suspend (la gauche).

5
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף הַמּוֹצִיא כּוּ׳. וְתַנָּא קַמָּא סָבַר לָא. מַאי טַעְמָא? דִּילְמָא אָכִיל לֵיהּ: אִי הָכִי, טָהוֹר נָמֵי. דְּהָא רַב כָּהֲנָא הֲוָה קָאֵים קַמֵּיהּ דְּרַב, וַהֲוָה קָמְעַבַּר שׁוֹשִׁיבָא אַפֻּומֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: שַׁקְלֵיהּ, דְּלָא לֵימְרוּ מֵיכַל קָאָכֵיל לֵיהּ, וְקָעָבַר מִשּׁוּם ״בַּל תְּשַׁקְּצוּ אֶת נַפְשֹׁתֵיכֶם״! אֶלָּא, דִּילְמָא מָיֵית וְאָכֵיל לֵיהּ. וְרַבִּי יְהוּדָה אִי מָיֵית — קָטָן מִיסְפָּד סָפֵיד לֵיהּ.

R. Yehouda dit : même celui qui sort etc.

Et le Tanna Kamma pense que non. Pour quelle raison ?

De peur qu'il la mange. S'il en est ainsi, la pure aussi !

Car Rav Kahana se tenait devant Rav et faisait passer une sauterelle (chouchiva) devant sa bouche. [Rav] lui dit : enlève-la, qu'on ne dise pas qu'il la mange et transgresse "ne vous rendez pas abominables" (bal techaktsou, Vayikra 11,43) !

Mais [la raison est] : de peur qu'elle meure et qu'il la mange. Et R.

Yehouda : si elle meurt, l'enfant lui fait une oraison funèbre.

📜 Rachi (6)
ות"ק סָבַר חָגָב טָמֵא לָא מַצְנְעִי' לֵיהּ לְקָטָן לְשַׂחֵק:
Et le Tanna Kamma pense : on ne met pas de côté une sauterelle impure pour qu'un enfant joue avec.
דִּילְמָא אָכִיל וְאַפֵּי' לְמָאֵן דְּאָמַר קָטָן אוֹכֵל נְבֵלוֹת אֵין ב"ד מִצָּוְיִין עָלָיו לְהַפְרִישׁוֹ מוֹדֶה הוּא דְּלָא יָהֲבִינַן לֵיהּ בְּיָדַיִם דְּתַנְיָא (יְבָמוֹת דַּף קד.) לֹא תֹּאכְלוּם לֹא תַּאֲכִילוּם לְהַזְהִיר גְּדוֹלִים עַל הַקְּטַנִּים:
De peur qu'il la mange : et même selon celui qui dit que, si un enfant mange des nevéilot, le tribunal n'est pas tenu de l'en séparer, il admet qu'on ne la lui donne pas de nos mains, comme il est enseigné (Yevamot) : "vous ne les mangerez pas", "vous ne les ferez pas manger", pour mettre en garde les adultes au sujet des enfants.
אִי הָכִי טָהוֹר חַי נָמֵי דִּילְמָא אָכִיל לֵיהּ וְאִי מִשּׁוּם דְּאֵין בּוֹ אִיסּוּר אֵבֶר מִן הַחַי דְּחָגָב אֵין טָעוּן שְׁחִיטָה אִית בֵּיהּ מִיהָא מִשּׁוּם בַּל תְּשַׁקְּצוּ בְּמַסֶּכֶת מַכּוֹת (דַּף טז:) כִּדְרַב כָּהֲנָא כו':
S'il en est ainsi, la pure : vivante aussi, de peur qu'il la mange. Et si [l'on dit] qu'il n'y a pas en elle l'interdit du membre d'un vivant (ever min ha-haï), puisque la sauterelle n'a pas besoin de chehita, il y a tout de même l'interdit de bal techaktsou, [comme] dans le traité Makkot (16b), selon [le récit de] Rav Kahana etc.
שׁוֹשִׁיבָא מִין חָגָב טָהוֹר:
Chouchiva : une espèce de sauterelle pure.
אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דְּחָיֵישׁ דִּילְמָא אָכִיל לִי' חַי אֶלָּא דִילְמָא מָיֵית וְאָכֵיל לִי' וְקָאֲכִיל טָמֵא אֲבָל טָהוֹר ש"ד:
Mais : [le Tanna Kamma] ne craint pas qu'il la mange vivante, mais qu'elle meure et qu'il la mange, et il mangerait un [animal] impur ; mais la pure, on peut la lui donner.
מִיסְפָּד סְפִיד לֵיהּ תִּינוֹק וְלָאו אוֹרְחֵיהּ לְמֵיכְלֵיהּ:
Il lui fait une oraison funèbre : l'enfant ; et il n'a pas l'habitude de la manger.
🗂️ Tossefot (2)
דְּלָא לֵימְרוּ מִיכַל קָא אָכִיל לֵיהּ וְעָבַר מִשּׁוּם בַּל תְּשַׁקְּצוּ אוֹמֵר רַשְׁבָּ"א דְּמַשְׁמַע מִכָּאן דְּחָגָב טָהוֹר אֵין טָעוּן שְׁחִיטָה מִדְּלָא קָאָמַר דְּלָא לֵימְרוּ דְּקָאֲכִיל לֵיהּ בְּלֹא שְׁחִיטָה וְעוֹד דת"ק קָאָמַר בְּסָמוּךְ בְּחָגָב חַי טָמֵא דִּילְמָא מָיֵית וְאָכֵיל לֵיהּ וּבְטָהוֹר לָא חָיֵישׁ וְהַייְנוּ מִשּׁוּם דְּמֻותָּר בְּלֹא שְׁחִיטָה וּבַתּוֹסֶפְתָּא דְּמַסֶּכֶת תְּרוּמוֹת תַּנְיָא אוֹכֵל אָדָם חֲגָבִים בֵּין חַיִּין בֵּין שְׁחוּטִין ואע"ג דְּאָסוּר לֶאֱכֹול חַי מִשּׁוּם בַּל תְּשַׁקְּצוּ מ"מ מֻותָּר לַחְתֹּוךְ מִמֶּנּוּ אֵבֶר וּלְאוֹכְלוֹ עַל יְדֵי רְחִיצָה וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם אֵבֶר מִן הַחַי וְרַשִׁ"י הֱבִיאוֹ בְּאֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף סו.) מה"ג דְּמַפִּיק חֲגָבִים אֵין טְעוּנִין שְׁחִיטָה מִדִּכְתִיב וְאֵת כָּל נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹומֶשֶׂת בַּמָּיִם אֵלּוּ דָּגִים וְאֶת כָּל נֶפֶשׁ הַשּׁוֹרֶצֶת אֵלּוּ חֲגָבִים מִדִּכְתִיב חֲגָבִים אַחַר דָּגִים מַשְׁמַע דְּאֵין טְעוּנִין שְׁחִיטָה כְּדָגִים וַאֲפִילּוּ עוֹף הֲוָה פָּטְרִינַן לֵיהּ בִּוְלֹא כְּלוּם אִי לָאו דְּהֻוקַּשׁ לִבְהֵמָה כִּדְאָמַר בְּהַשּׁוֹחֵט (שָׁם כז:):
Qu'on ne dise pas qu'il la mange et transgresse bal techaktsou : le Rachba dit qu'on en déduit que la sauterelle pure n'a pas besoin de chehita, puisqu'il ne dit pas : qu'on ne dise pas qu'il la mange sans chehita. De plus, le Tanna Kamma dit juste après, pour la sauterelle impure vivante : de peur qu'elle meure et qu'il la mange, et pour la pure il n'a pas cette crainte ; c'est parce qu'elle est permise sans chehita. Et dans la Tossefta du traité Teroumot il est enseigné : un homme mange des sauterelles, qu'elles soient vivantes ou abattues. Et bien qu'il soit interdit de la manger vivante à cause de bal techaktsou, il est tout de même permis d'en couper un membre et de le manger après l'avoir lavé, et il n'y a pas là l'interdit du membre d'un vivant. Et Rachi l'a rapporté au chapitre Elou Terefot (Houlin 66a) d'après la Guemara, qui déduit que les sauterelles n'ont pas besoin de chehita de ce qu'il est écrit : "et tout être vivant qui se meut dans les eaux" : ce sont les poissons ; "et tout être qui grouille" : ce sont les sauterelles. Puisque les sauterelles sont écrites après les poissons, cela implique qu'elles n'ont pas besoin de chehita, comme les poissons. Et même l'oiseau, nous l'aurions dispensé de toute [chehita], s'il n'avait pas été comparé à la bête, comme il est dit au chapitre Ha-Chohet (ibid. 27b).
וְעוֹבֵר מִשּׁוּם בַּל תְּשַׁקְּצוּ מַשְׁמַע דְּשׁוֹשִׁיבָא שָׁרִי וְאוֹמֵר ר"ת דבפ"ב דְּמַס' ע"ז (דָּךְ לז.) גַּבֵּי אַיִל קַמְצָא דִּמְפָרֵשׁ רַב פָּפָּא דְּהַיְינוּ שׁוֹשִׁיבָא וְרַב חִייָּא בַּר אָשֵׁי אָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּעֻולָּא סוּסְבָּל וְקָאָמַר הָתָם דִּבְרֹאשׁוֹ אָרֹוךְ הַייְנוּ שׁוֹשִׁיבָא כ"ע לָא פְלִיגִי דְּאָסוּר ל"ג דְּאָסוּר אֶלָּא גָּרַס כ"ע לָא פְלִיגִי דְּשָׁרֵי דְּהָכָא מַשְׁמַע דְּשׁוֹשִׁיבָא שָׁרִי וְלֵית בֵּיהּ אֶלָּא מִשּׁוּם בַּל תְּשַׁקְּצוּ וּסְתָם מַתְנִיתִין דְּפֶרֶק אֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין דַּף סה:) שָׁרֵי רֹאשׁוֹ אָרֹוךְ לְכָךְ נִרְאֶה לר"ת דְּגָרַס כ"ע לָא פְלִיגִי דְּשָׁרֵי:
Et transgresse bal techaktsou : cela implique que la chouchiva est permise. Et Rabbenou Tam dit : au deuxième chapitre du traité Avoda Zara (37a), au sujet de l'eil kamtsa, que Rav Papa explique comme étant la chouchiva, alors que Rav Hiya bar Achi dit au nom de Oula : [c'est la] sousbal, on dit là-bas : pour celle dont la tête est allongée, qui est la chouchiva, tous s'accordent qu'elle est interdite. On ne lit pas "interdite", on lit : tous s'accordent qu'elle est permise. Car ici on voit que la chouchiva est permise et n'a que l'interdit de bal techaktsou ; et la michna anonyme du chapitre Elou Terefot (Houlin 65b) permet [la sauterelle] à tête allongée. C'est pourquoi il semble à Rabbenou Tam qu'il faut lire : tous s'accordent qu'elle est permise.
💡 Explication

Pourquoi le Tanna Kamma refuse-t-il que la sauterelle impure vivante soit gardée pour un enfant ? Première idée : on craint que l'enfant la mange. Objection : la sauterelle pure vivante aussi est interdite à la consommation, à cause de bal techaktsou (l'interdit de manger ce qui répugne), comme le montre l'épisode de Rav Kahana ; or le Tanna Kamma admet la pure.

Conclusion : la crainte porte sur une sauterelle morte. Morte, la pure est permise, l'impure est interdite. R. Yehouda ne craint pas : l'enfant s'attache à l'animal et le pleure plutôt que de le manger.

Tossefot en déduisent que la sauterelle pure n'a pas besoin de chehita.

6
הַדְרָן עֲלָךְ אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא

Nous reviendrons à toi, [chapitre] Amar Rabbi Akiva.

⚖️ Rosh (1)
מַתְנֵי' הַמּוֹצִיא קֻופַּת הָרוֹכְלִים אע"פ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִינִין הַרְבֵּה אֵין חַיָּיב אֶלָּא אַחַת. זֵרְעוֹנֵי גִּינָּה פָּחוֹת מִכִּגְרוֹגָרוֹת רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר חֲמִשָּׁה זֶרַע קִשּׁוּאִין שְׁנַיִם זֶרַע דִּילוֹעִים שְׁנַיִם זֶרַע פּוֹל הַמִּצְרִי שְׁנַיִם חָגָב טָהוֹר חַי כָּל שֶׁהוּא מֵת כִּגְרוֹגָרוֹת צִפֹּורֶת כְּרָמִים בֵּין חַיָּה בֵּין מֵתָה כָּל שֶׁהוּא שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָהּ לִרְפוּאָה רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף הַמּוֹצִיא חָגָב חַי טָמֵא כָּל שֶׁהוּא שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לְקָטָן לִשְׂחֹק בּוֹ: הַדְרָן עֲלָךְ אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא
Michna : celui qui sort le panier des colporteurs, bien qu'il contienne de nombreuses espèces, n'est passible que d'une seule [faute]. Des graines de jardin : moins que le volume d'une figue sèche ; R. Yehouda ben Beteira dit : cinq. Graines de concombre : deux ; graines de courge : deux ; graines de fève d'Égypte : deux. Une sauterelle pure vivante : une quantité quelconque ; morte : le volume d'une figue sèche. La tsiporet keramim, vivante ou morte : une quantité quelconque, car on la met de côté pour un remède. R. Yehouda dit : même celui qui sort une sauterelle impure vivante, une quantité quelconque, car on la met de côté pour qu'un enfant joue avec. Nous reviendrons à toi, Amar Rabbi Akiva.
💡 Explication

Hadran : formule de conclusion d'un chapitre, exprimant la volonté d'y revenir. Le Roch recopie ici la michna sans ajouter de décision, ce qui montre qu'il la retient telle quelle.

7
מַתְנִי׳ הַמַּצְנִיעַ לְזֶרַע וּלְדֻוגְמָא וְלִרְפוּאָה וְהוֹצִיאוֹ בְּשַׁבָּת — חַיָּיב בְּכָל שֶׁהוּא. וְכָל אָדָם — אֵין חַיָּיב עָלָיו אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ. חָזַר וְהִכְנִיסוֹ — אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ.

Michna. Celui qui met de côté (matsnia) [quelque chose] pour semer, comme échantillon ou comme remède, et l'a sorti le Chabbat, est passible pour une quantité quelconque.

Et tout [autre] homme n'est passible que pour sa mesure. S'il l'a ensuite rentré, il n'est passible que pour sa mesure.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הַמַּצְנִיעַ בְּכָל שֶׁהוּא דְּהָא אַחֲשַׁבְיָה:
Michna. Celui qui met de côté, une quantité quelconque : car il lui a donné de l'importance.
אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ בְּכָל אֶחָד שִׁיעוּר הַמְפֹורָשׁ לוֹ בְּזֵרְעוֹנִין חֲמִשָּׁה זֶרַע קִישּׁוּאִין אוֹ דִּילּוּעִין אוֹ פּוֹל הַמִּצְרִי שְׁנַיִם וּבִשְׁאָר וּבִשְׁאָר דְּבָרִים כְּגוֹן יַיִן אוֹ אוֹכְלִין אוֹ גֶּמִי כַּשִּׁיעוּר הַמְפֹורָשׁ בִּכְלַל גָּדוֹל וּבְהַמּוֹצִיא:
Que pour sa mesure : pour chacun, la mesure qui lui est fixée : pour les graines, cinq ; graine de concombre, de courge ou de fève d'Égypte, deux ; et pour les autres choses, comme le vin, les aliments ou le jonc, la mesure fixée dans [les chapitres] Kelal Gadol et Ha-Motsi.
חָזַר וְהִכְנִיסוֹ זֶה שֶׁהִצְנִיעַ פָּחוֹת מִכַּשִּׁיעוּר וְהוֹצִיאוֹ אִם חָזַר וְנִמְלַךְ שֶׁלֹּא לְזָורְעוֹ וְהִכְנִיסוֹ:
Il l'a ensuite rentré : celui qui a mis de côté moins que la mesure et l'a sorti, s'il s'est ravisé de ne pas le semer et l'a rentré.
אֵינוֹ חַיָּיב בְּהַכְנָסָה זוֹ אֶלָּא אִם כֵּן יֵשׁ בּוֹ שִׁיעוּר שָׁלֵם דְּכֵיוָן דְּנִמְלַךְ עָלָיו שֶׁלֹּא לְזָורְעוֹ בִּיטֵּל מַחְשַׁבְתּוֹ וַהֲרֵי הוּא כְּכָל אָדָם:
Il n'est passible : pour cette rentrée, que s'il y a une mesure complète ; car puisqu'il s'est ravisé de ne pas le semer, il a annulé son intention, et il est comme tout homme.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' הַמַּצְנִיעַ וְכָל אָדָם אֵין חַיָּיבִין עָלָיו אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ תֵּימַהּ לְרִ"י דְּאַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמִיתְנֵי לֵיהּ הָא תְּנָא לֵיהּ חֲדָא זִימְנָא בְּפֶרֶק כְּלָל גָּדוֹל (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף עה:) וְשֶׁאֵינוֹ כָּשֵׁר לְהַצְנִיעַ אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא הַמַּצְנִיעַ:
Michna. Celui qui met de côté, et tout homme n'est passible que pour sa mesure : le Ri s'étonne : pourquoi fallait-il l'enseigner ? On l'a déjà enseigné une fois au chapitre Kelal Gadol (plus haut, Chabbat 75b) : et ce qui n'est pas apte à être mis de côté, seul celui qui le met de côté est passible.
💡 Explication

Début du chapitre Ha-Matsnia. La hatsnaa (mise de côté) montre que la personne accorde de la valeur à cette petite quantité ; pour elle, la mesure habituelle ne s'applique pas et elle est passible pour toute quantité.

Pour les autres, la mesure standard reste nécessaire. Si le matsnia change d'avis et rentre l'objet, son intention est annulée et il revient à la mesure standard.

8
גְּמָ׳ לָמָּה לֵיהּ לְמִיתְנֵי ״הַמַּצְנִיעַ״? לִיתְנֵי: הַמּוֹצִיא לְזֶרַע וּלְדֻוגְמָא וְלִרְפוּאָה — חַייָּב בְּכָל שֶׁהוּא! אָמַר אַבַּיֵּי: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן שֶׁהִצְנִיעוֹ וְשָׁכַח לָמָּה הִצְנִיעוֹ, וְהַשְׁתָּא קָא מַפֵּיק לֵיהּ סְתָמָא.

Guemara. Pourquoi doit-il enseigner "celui qui met de côté" ?

Qu'il enseigne : celui qui sort pour semer, comme échantillon ou comme remède, est passible pour une quantité quelconque ! Abaye a dit : de quoi s'agit-il ici ?

Du cas où il l'a mis de côté et a oublié pourquoi il l'avait mis de côté, et maintenant il le sort sans intention précise.

📜 Rachi (1)
גְּמ' לִיתְנֵי הַמּוֹצִיא זֶרַע בְּכָל שֶׁהוּא חַיָּיב וְאַף עַל גַּב דְּלָא אַצְּנָעֶיהָ מֵעִיקָּרָא לְהָכִי דְּהָא דְּבָעֵינַן שִׁיעוּרָא הַייְנוּ טַעְמָא כְּדַאֲמָרָן שֶׁאֵין אָדָם טוֹרֵחַ לְהוֹצִיא נִימָא אַחַת לִזְרִיעָה הִלְכָּךְ מוֹצִיא סְתָם פָּטוּר עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ שִׁיעוּר אֲבָל זֶה שֶׁהוֹצִיא נֵימָא אַחַת לִזְרִיעָה בְּהֶדְיָא גַּלִּי דַעְתֵּיהּ דְּטָרַח וְאַחֲשַׁבְיָה:
Guemara. Qu'il enseigne : celui qui sort une graine est passible pour une quantité quelconque : même s'il ne l'a pas mise de côté à l'origine dans ce but. Car si nous exigeons une mesure, la raison est celle que nous avons dite : un homme ne se donne pas la peine de sortir un seul grain pour le semer ; c'est pourquoi celui qui sort sans précision est exempt tant qu'il n'y a pas la mesure ; mais celui-ci, qui a sorti un seul grain expressément pour le semer, a montré qu'il s'en donnait la peine et lui accordait de l'importance.
💡 Explication

Si l'intention de semer suffit à rendre la petite quantité importante, la michna pourrait parler directement de celui qui sort pour semer, sans mentionner la mise de côté.

Abaye répond : la michna vise celui qui a mis de côté puis a oublié pourquoi. Au moment de la sortie il n'a aucune intention précise ; c'est la hatsnaa antérieure qui donne à l'objet son importance.

🖼️ Schéma
Michna Ha-Matsnia : l'intention change la mesureCelui qui a mis de côté(pour semer, échantillon,remède) puis sortTout autre hommesort la même choseIl s'est raviséet le rentreQuantité quelconqueil lui a donné de l'importanceSeulement sa mesure(chiour habituel)Seulement sa mesurel'intention est annuléeGuemara : pourquoi dire "à mis de côté" et pas "sort pour semer" ?Abaye : il l'a mis de côté puis a oublié pourquoi ; maintenant il sort sans intention.La hatsnaa d'origine suffit à le rendre passible.
Le rôle de la hatsnaa selon Abaye.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).