Shabbat 8a — La kavveret lancée dans le domaine public, la colonne de neuf et la fosse

Shabbat 8a

Sougya : Le daf achève d'abord la discussion sur Rav Hisda : Abaye explique que la controverse entre Rabbi et les Sages porte sur un arbre du domaine privé dont les branches penchent au-dessus du domaine public, et sur le principe « les branches suivent le tronc ». Vient ensuite la kavveret, une ruche ronde en roseaux tressés, lancée dans le domaine public : à partir de quelle largeur devient-elle un domaine à elle seule (Abaye), faut-il tenir compte des pointes de roseau qui dépassent dix tefahim (Rava), et que se passe-t-il si elle tombe renversée, ou le principe de lavoud pourrait prolonger ses parois jusqu'au sol (Rav Achi s'y oppose).

Oulla enseigne enfin qu'une colonne haute de neuf tefahim dans le domaine public en fait partie, parce que le public y réajuste ses fardeaux ; Abaye demande à Rav Yosef s'il en va de même d'une fosse profonde de neuf, et Rava le conteste, car un usage malaisé ne compte pas comme un usage. Rav Ada bar Matna objecte à Rava à partir d'une baraita sur le panier posé dans le domaine public.

La kavveret lancée dans le domaine public : passible ou exempt ? Posée debout (haute de 10) Tombée renversée sur son ouverture Abaye Moins de 6 de large : simple objet PASSIBLE 6 de large : domaine privé à elle seule EXEMPT (on lance des objets, pas des domaines) Rava Même moins de 6 de large EXEMPT des pointes de roseau dépassent 10 tefahim : l'objet n'est pas posé tout entier dans le domaine public Anonyme (Abaye / Rava) Haute de 7 et un peu PASSIBLE Haute de 7 et demi EXEMPT lavoud : à moins de 3 du sol, la paroi rejoint le sol Rav Achi Même haute de 7 et demi PASSIBLE les parois sont faites pour leur intérieur : pas de lavoud pour une ruche retournée Pourquoi 6 ? (Rachi) Un domaine exige un carré de 4 x 4 tefahim. Sa diagonale = 4 x 1 et 2/5 = 5 et 3/5 : c'est le diamètre minimal du cercle. Abaye arrondit à 6 par rigueur : entre 5 et 3/5 et 6, passible mide-rabbanan, mais pas de sacrifice hatat.
Les positions sur la kavveret lancée dans le domaine public, et le calcul de Rachi sur la largeur de six.
Oulla : ce qui dépasse du sol du domaine public sol du domaine public 0 3 9 10 moins de 3 3 a 9 9 Moins de 3 : le public la piétine -> fait partie du domaine public De 3 à 9 : ni piétinée, ni utilisée pour les fardeaux -> hors du domaine public A 9 : on y réajuste ses fardeaux -> domaine public, large ou étroite Et une fosse profonde de 9 ? Rav Yosef : de même, domaine public. Rava : non, un usage malaisé n'est pas un usage.
L'échelle d'Oulla pour ce qui dépasse du sol du domaine public, et la question de la fosse.
1
אָמַר אַבַּיֵּי: בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד דְּכֻולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי כִּדְרַב חִסְדָּא, אֶלָּא הָכָא — בְּאִילָן הָעוֹמֵד בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וְנוֹפוֹ נוֹטֶה לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וְזָרַק וְנָח אַנּוֹפוֹ, דְּרַבִּי סָבַר אָמְרִינַן ״שְׁדִי נוֹפוֹ בָּתַר עִיקָּרוֹ״. וְרַבָּנַן סָבְרִי לָא אָמְרִינַן ״שְׁדִי נוֹפוֹ בָּתַר עִיקָּרוֹ״.

Abaye a dit : dans le domaine privé (rechout ha-yahid), tout le monde s'accorde avec Rav Hisda. Mais ici, il s'agit d'un arbre qui se tient dans le domaine privé et dont les branches (nof) penchent vers le domaine public : on a lancé [un objet] et il s'est posé sur les branches.

Rabbi estime que l'on dit « rattache ses branches à son tronc », et les Sages estiment que l'on ne dit pas « rattache ses branches à son tronc ».

📜 Rachi (2)
וְנוֹפוֹ נוֹטֶה לרה"ר וְזָרַק מִתְּחִילַּת ד' לְסוֹף ד' וְנָח אַנּוֹפוֹ:
Et ses branches penchent vers le domaine public, et il a lancé : du début de quatre [coudées] à la fin de quatre, et [l'objet] s'est posé sur les branches.
שְׁדֵי נוֹפוֹ כו' דַּחֲשִׁיב אַגַּב עִיקָּרוֹ דְּאִית בֵּיהּ ד' וּדְרַב חִסְדָּא דְּלָא כְּרַבִּי וּדְלֹא כְּרַבָּנָן לִישָּׁנָא אַחְרִינָא אָמַר אַבַּיֵּי בִּדְרַב חִסְדָּא דְּהָוֵי ברה"י אֲפִי' רַבָּנָן מוֹדוּ וְכִי פְּלִיגִי רַבָּנַן בִּשְׂדֵי נוֹפוֹ בָּתַר עִיקָּרוֹ הוּא דִּפְלִיגִי:
Rattache ses branches, etc. : elles comptent par l'intermédiaire de leur tronc, qui a [une surface de] quatre. Et le cas de Rav Hisda ne relève ni de Rabbi ni des Sages. Autre version : Abaye a dit que dans le cas de Rav Hisda, qui se trouve dans le domaine privé, même les Sages sont d'accord ; et s'ils sont en controverse, c'est sur « rattache ses branches à son tronc » qu'ils sont en controverse.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר אַבָּיֵי הָכָא בָּאִילָן הָעוֹמֵד כּוּ' תֵּימַהּ לְרִ"י דִּטְפֵי נִיחָא לֵיהּ לְמֵימַר דִּפְלִיגִי בִּדְרַב חִסְדָּא וְרַב חִסְדָּא כְּרַבִּי דִּלְשִׁנּוּיָא דְּאַבַּיֵּי דְּלָא שָׁיְיכָא פְּלֻוגְתַּייְהוּ בִּדְרַב חִסְדָּא כ"ש דְּקָשֶׁה לְרַב חִסְדָּא דְּהָא אִיכָּא בָּרַייְתָא לְקַמָּן בְּהַזּוֹרֵק (שַׁבָּת דַּף ק. וְשָׁם) דְּלָא כְּרַב חִסְדָּא דִּפְלִיגִי רַבָּנָן וְרַבִּי מֵאִיר בְּזָרַק לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וְנָח בְּחוֹר כָּל שֶׁהוּא דר"מ מְחַיֵּיב מִשּׁוּם דְּאָמְרִי' חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וְהָוֵי כְּמֻונָּח ע"ג מָקוֹם ד' וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין אַלְמָא כּוּלְּהוּ מוֹדוּ דְּבָעֵינַן מָקוֹם ד' ברה"י וְשֶׁמָּא י"ל דְּטַעֲמָא דְּרַב חִסְדָּא דְּלָא בָּעֵי' מָקוֹם ד' ברה"י מִשּׁוּם דְּאָמְרִי' בֵּיתָא כְּמַלְיָא דָּמֵי וַחֲשִׁיב כְּמֻונָּח עַל גַּבֵּי מְקוֹם אַרְבָּעָה אֲבָל בְּכֹותֶל בָּעֵינַן שֶׁיְּהֵא בָּחוּר ד' עַל ד':
Abaye a dit : ici, il s'agit d'un arbre qui se tient, etc. Le Ri s'étonne : il aurait été plus commode de dire qu'ils sont en controverse sur le cas de Rav Hisda et que Rav Hisda suit Rabbi. Car selon la réponse d'Abaye, où leur controverse ne touche pas le cas de Rav Hisda, la difficulté contre Rav Hisda est d'autant plus forte : il existe plus loin, au chapitre HaZorek (Chabbat 100a), une baraita qui va contre Rav Hisda, où les Sages et Rabbi Meir sont en controverse sur celui qui a lancé au-dessus de dix et dont [l'objet] s'est posé dans un trou de dimension quelconque. Rabbi Meir le déclare passible, parce que nous disons « on creuse pour compléter » (hokekin le-hachlim), et c'est comme posé sur un emplacement de quatre ; et les Sages l'exemptent. Il en ressort que tous admettent qu'il faut un emplacement de quatre dans le domaine privé. On peut peut-être répondre que la raison de Rav Hisda, qui n'exige pas d'emplacement de quatre dans le domaine privé, est que nous disons « une maison est considérée comme pleine » (beita ke-malya dami), et c'est compté comme posé sur un emplacement de quatre ; mais dans un mur, il faut que le trou fasse quatre sur quatre.
💡 Explication

La fin de l'amud précédent rapprochait Rav Hisda (un roseau planté dans le domaine privé compte comme domaine privé, même sans surface de quatre sur quatre, car ce domaine monte jusqu'au ciel) de l'opinion de Rabbi dans la baraita de la saillie. Abaye refuse ce rapprochement : à l'intérieur du domaine privé, personne ne conteste Rav Hisda.

La baraita traite d'un cas particulier : les branches d'un arbre du domaine privé surplombent le domaine public. Une branche n'a pas de surface de quatre sur quatre. Pour Rabbi, on la rattache à son tronc (chedi nofo batar ikaro), qui se trouve dans le domaine privé et a la surface requise : l'objet posé sur la branche est donc dans le domaine privé, et le lanceur est passible. Les Sages refusent ce rattachement : la branche reste un makom patour (lieu exempt).

Tossefot note que cette réponse rend Rav Hisda plus fragile face à la baraita de Rabbi Meir sur le trou dans un mur, et propose de distinguer la maison, considérée comme pleine, du mur.

🖼️ Schéma
Domaine privé Domaine public lancé l'objet se pose sur les branches Rabbi : les branches suivent le tronc -> domaine privé -> passible Sages : pas de rattachement -> exempt
L'arbre dont les branches surplombent le domaine public : Rabbi rattache les branches au tronc, les Sages non.
2
אָמַר אַבַּיֵּי: זָרַק כַּווֶּרֶת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וְאֵינָהּ רְחָבָה שִׁשָּׁה — חַיָּיב. רְחָבָה שִׁשָּׁה — פָּטוּר.

Abaye a dit : celui qui a lancé une kavveret (ruche ronde en roseaux) dans le domaine public, haute de dix [tefahim] et qui n'est pas large de six, est passible ; si elle est large de six, il est exempt.

📜 Rachi (3)
כַּווֶּרֶת עֲגֻולָּה הִיא:
Kavveret : elle est ronde.
גְּבוֹהָה י' כְּלוֹמַר אַפֵּי' גְּבוֹהָה י' אִם אֵינָהּ רְחָבָה ו' בְּאֶמְצָעִיתָהּ חַייָּב דְּאַכַּתִּי חֵפֶץ בְּעָלְמָא הוּא וְאֵינָהּ רְשׁוּת לְעַצְמָהּ דְּלָא הָוֵי רְשׁוּת דְּאֻורְיִי' אֶלָּא גְּבוֹהָה י' וּרְחָבָה ד' עַל ד' כִּדְאָמְרִי' בְּעֵירוּבִין (דַּף נא.) דְּכָל שִׁיעוּרִין דְּשַׁבָּת צָרִיךְ הֵן וַאֲלַכְסוֹנָן וְדָבָר עָגֹול כִּי מְרֻבַּעַת לָהּ מִתּוֹכוֹ וּמַפְקַע עִיגּוּל שֶׁסְּבִיב הָרִיבּוּעַ לָא מַשְׁכַּחַת בֵּיהּ ד' מְרֻובָּעִים אִי לָא הָוֵי עִיגּוּלוֹ קָרוֹב לְשִׁשָּׁה כִּדְאָמְרִינַן גַּבֵּי סֻוכָּה הָעֲשׂוּיָה כְּכִבְשָׁן (סֻוכָּה פ"א דַּף ז:) דְּעַל כְּרִחְיָךְ צָרִיךְ שֶׁתִּמְצָא בְּתוֹכוֹ אֲלַכְסוֹן שֶׁל ד' עַל ד' וְכָל טֶפַח בְּרִיבּוּעוֹ טֶפַח וּתְרֵי חֻומְשֵׁי בַּאֲלַכְסוֹנוֹ הֲרֵי ה' טְפָחִים וג' חֻומְשִׁין וְאַבַּיֵּי לָא דַּק וּלְחוּמְרָא הוּא דְּלָא דַּק וּלְהַפְרִישׁוֹ מֵאִיסּוּר שַׁבָּת אַף ע"ג דְּיֵשׁ כָּאן אֲלַכְסוֹן בְּאֵינֵהּ רְחָבָה שִׁשָּׁה מִחַייַּב לֵיהּ מִדְּרַבָּנָן עַד דְּאִיכָּא שִׁשָּׁה אֲבָל וַדַּאי לְעִנְיַן קָרְבָּן לָא מַיְיתֵי אִי הָוְיָא ה' טְפָחִים וג' חֻומְשִׁין דְּהָוֵי כְּזוֹרֵק רְשׁוּת:
Haute de dix : c'est-à-dire, même si elle est haute de dix, si elle n'est pas large de six en son milieu, il est passible, car ce n'est encore qu'un simple objet et elle ne forme pas un domaine à elle seule. En effet, il n'y a de domaine selon la Torah que haut de dix et large de quatre sur quatre, comme nous le disons dans Erouvin (51a) : toutes les mesures du Chabbat exigent [le carré] et sa diagonale. Or dans un objet rond, lorsqu'on y inscrit un carré et qu'on retire le cercle qui entoure le carré, on ne trouve pas quatre [tefahim] au carré si le cercle n'approche pas de six, comme nous le disons à propos de la souka faite comme un four (Souka ch. 1, 7b) : il faut nécessairement trouver à l'intérieur la diagonale d'un [carré de] quatre sur quatre. Or chaque tefah du carré fait un tefah et deux cinquièmes dans sa diagonale, soit cinq tefahim et trois cinquièmes. Abaye n'a pas été précis, et il ne l'a été que dans le sens de la rigueur : pour l'éloigner de l'interdit du Chabbat, bien qu'il y ait la diagonale [requise] dans celle qui n'est pas large de six, il le déclare passible mide-rabbanan tant qu'il n'y a pas six. Mais certainement, pour le sacrifice, il n'en apporte pas si elle fait cinq tefahim et trois cinquièmes, car c'est comme s'il lançait un domaine.
רְחָבָה ו' פָּטוּר דְּהָוֵי רְשׁוּת לְעַצְמָהּ וַאֲנַן מִמִּשְׁכָּן גָּמְרִינַן שֶׁהָיוּ זוֹרְקִין מַחֲטֵיהֶן בִּמְלַאכְתָּן זֶה לָזֶה וְלֹא הָיוּ זוֹרְקִין רְשׁוּיוֹת וא"ת בִּדְלָא גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה נָמֵי רְשׁוּת לְעַצְמָהּ הִיא דְּהָא שְׁמָהּ כַּרְמְלִית הַהִיא לָאו מִדְּאוֹרַיְיתָּא הֲוָה רְשׁוּת אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן וְלֹא לְהָקֵל עַל דִבְרֵי תוֹרָה בָּא כְּגוֹן זוֹ שֶׁיִּפָּטֵר מֵחַטָּאת:
Large de six, exempt : car elle forme un domaine à elle seule. Or nous apprenons [les travaux] du Michkan, où l'on se lançait les aiguilles l'un à l'autre pendant le travail, et l'on ne se lançait pas des domaines. Et si tu demandes : même si elle n'est pas haute de dix, elle forme un domaine à elle seule, puisqu'elle porte le nom de karmelit ? Ce domaine-là n'est pas un domaine selon la Torah, mais mide-rabbanan, et il n'est pas venu alléger les paroles de la Torah dans un cas comme celui-ci, pour qu'il soit exempt du hatat.
🗂️ Tossefot (2)
רְחָבָה שִׁשָּׁה פָּטוּר פר"ח דְּדַוְקָא נְקַט שִׁשָּׁה דְּדֻופְנֵי הַכַּווֶּרֶת יֵשׁ בָּהֶן שְׁנֵי חֻומָּשִׁין וְצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא אֲוִיר ד' בְּתוֹךְ הַכַּווֶּרֶת וְגָבוֹהַּ י' אַף ע"ג דְּאֵין אֲוִיר גָּבוֹהַּ י' אֶלָּא עִם הַשּׁוּלַיִם מִצְטָרְפִין עִם הָאֲוִיר לְעִנְיַן גֹּובַהּ דְּהִלְכְתָא גִּידּוּד ה' וּמְחִיצָּה ה' מִצְטָרְפִין (עֵירוּבִין דַּף צג. וְשָׁם) אַף עַל גַּב דְּרַשִׁ"י פִּי' דְּגִידּוּד ה' וּמְחִיצָּה ה' הַייְנוּ שֶׁעָשָׂה מְחִיצָּה ה' עַל בּוֹר עָמֹוק ה' אֵין פֵּירוּשׁוֹ נִרְאֶה דְּהָא תְּנַן (שָׁם פ"י דַּף צט: וּלְקַמָּן שַׁבָּת דַּף צט.) בּוֹר וְחֻולְיָתוֹ מִצְטָרְפִין וְאִם כֵּן הֵיכִי פְּלִיג רַב חִסְדָּא לוֹמַר אֵין מִצְטָרְפִין כֵּיוָן דְּמַתְנִיתִין הִיא וּבְכָל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין צג:) אָמְרִינַן בְּהֶדְיָא דְּמוֹדֶה רַב חִסְדָּא בַּתַּחְתּוֹנָה הוֹאִיל וְרוֹאֶה פְּנֵי י' אֶלָּא צָרִיךְ לְפָרֵשׁ דְּגִידּוּד ה' וּמְחִיצָּה ה' הַייְנוּ שֶׁעָשָׂה מְחִיצָּה ה' עַל תֵּל גָּבוֹהַּ ה' וְאֵין נִרְאֶה פֵּירוּשׁ ר"ח דְּהָא עֹובִי חֻולְיוֹת הַבּוֹר מִצְטָרֵף נָמֵי לַחֲלַל הַבּוֹר לְאַרְבָּעָה מִשּׁוּם דַּחֲזֵי לְמֵינַח עָלֶיהָ מִידִי וּלְהִשְׁתַּמֵּשׁ כִּדְאָמַר בְּפֶ' חַלּוֹן (עֵירוּבִין דַּף עח.) גַּבֵּי מִלְּאוֹ כֻּולּוֹ בִּיתֵדוֹת אֶלָּא צ"ל הָא דִּנְקַט הָכָא שִׁשָּׁה לָא דַּק כדפירש"י:
Large de six, exempt : Rabbenou Hananel explique qu'il a dit six avec précision : les parois de la kavveret ont [ensemble] deux cinquièmes, et il faut un espace vide de quatre à l'intérieur de la kavveret, et haut de dix. Et bien que l'espace vide n'ait dix de haut qu'avec le fond, [le fond] se joint à l'espace pour la hauteur, car la halakha est qu'un talus (guidoud) de cinq et une paroi de cinq se combinent (Erouvin 93a). Rachi a certes expliqué que « talus de cinq et paroi de cinq » désigne celui qui a fait une paroi de cinq sur un puits profond de cinq ; mais son explication ne paraît pas juste, car nous avons appris dans une michna (ibid. ch. 10, 99b, et plus loin Chabbat 99a) que le puits et sa margelle (houlia) se combinent. Si c'était le cas, comment Rav Hisda pourrait-il être en désaccord en disant qu'ils ne se combinent pas, alors que c'est une michna ? Et au chapitre Kol Gaggot (Erouvin 93b) on dit explicitement que Rav Hisda reconnaît [la combinaison] pour le [domaine] inférieur, puisqu'il voit la face de dix. Il faut donc expliquer que « talus de cinq et paroi de cinq » désigne celui qui a fait une paroi de cinq sur une butte haute de cinq. Cependant l'explication de Rabbenou Hananel ne paraît pas juste non plus, car l'épaisseur de la margelle du puits se joint aussi au vide du puits pour [atteindre] quatre, puisqu'elle convient pour y poser quelque chose et s'en servir, comme on le dit au chapitre Halon (Erouvin 78a) à propos [d'un fossé] entièrement rempli de piquets. Il faut donc dire que s'il a dit ici six, il n'a pas été précis, comme l'a expliqué Rachi.
רְחָבָה שִׁשָּׁה פָּטוּר שֶׁהַכַּווֶּרֶת עַצְמָהּ נַעֲשֵׂית רה"י כְּשֶׁתָּנוּחַ וְהָוֵי כְּזוֹרֵק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרה"י דֶּרֶךְ רה"ר דְּפָטוּר כִּדְאָמַר לְעֵיל (שַׁבָּת דַּף ד.) דְּלָא יָלֵיף זוֹרֵק מִמּוֹשִׁיט וַאֲפִילּוּ לֵר' עֲקִיבָא דְּאָמַר קְלוּטָה כְּמִי שֶׁהֻונְּחָה דָּמְיָא הָכָא פָּטוּר דְּכָל מָקוֹם שֶׁהִיא מֻונַּחַת חֲשִׁיב רה"י הַשְׁתָּא מַשְׁמַע דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְאַבַּיֵּי דַּחֲשִׁיבָא כְּאִילּוּ נָחָה אַחַר שֶׁנַּעֲשָׂה רה"י וּבְפֶ' הַזּוֹרֵק (לְקַמָּן שַׁבָּת צט:) בָּעֵי ר' יוֹחָנָן בּוֹר ט' וְעָקַר מִמֶּנּוּ חֻולְיָא וְהִשְׁלִימוֹ לִי' וְהִנִּיחוֹ ברה"ר עֲקִירַת חֵפֶץ וַעֲשִׂיַּית מְחִיצָה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי קָאָתוּ וּמִיחַייַּב אוֹ לָא ואת"ל כֵּיוָן דְּלָא הָוְיָא מְחִיצָּה י' מֵעִיקָּרָא לָא מִיחַייַּב בּוֹר י' וְנָתַן לְתוֹכוֹ חֻולְיָא וּמִעֲטוֹ מַהוּ הַנָּחַת חֵפֶץ וְסִילּוּק מְחִיצָה כו' וא"כ אַבַּיֵּי דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ בְּמַחְצֶלֶת דִּמְבַטֵּל מְחִיצָתָהּ דְּקָאָמַר הָתָם בּוֹר בִּרה"ר עָמֹוק י' וְרֹוחַב ח' וְזָרַק לְתוֹכוֹ מַחְצֶלֶת וְחָלְקוּ פָּטוּר מִשּׁוּם דְּהַשְׁתָּא לָא הָוְיָא רֹוחַב ד' וכ"ש דְּפָטוּר בַּעֲשִׂיַּית מְחִיצָּה מִשּׁוּם דְּכֵיוָן דְּלָא הָוְיָא מְחִיצָה עֲשָׂרָה מֵעִיקָּרָא לָא מִיחַייַּב וא"כ הָכָא הָוֵי לֵיהּ לְחַיּוֹבֵי מֵהַאי טַעְמָא כֵּיוָן דְּלָא הָוְיָא מְחִיצָּה מֵעִיקָּרָא הֲרֵי נָח בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְחַייָּב וי"ל דְּטַעְמָא דְּאַבַּיֵּי מִשּׁוּם דְּלָא חֲשִׁיב לֹא עֲקִירָה וְלֹא הַנָּחָה כִּי אָתֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי וְהָכָא נָמֵי לָא חֲשִׁיבָה הַנָּחָה כֵּיוָן דְּהַנָּחָה וַעֲשִׂיַּית מְחִיצָה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי קָאָתוּ וְהָא דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן טְפֵי בַּעֲשִׂיַּית מְחִיצָּה מִבְּסִילּוּק מְחִיצָּה הַייְנוּ מִשּׁוּם דְּדִילְמָא עֲקִירָה בָּעֵינַן שֶׁתְּהֵא חֲשׁוּבָה אֲבָל בְּהַנָּחָה לֹא:
Large de six, exempt : car la kavveret elle-même devient un domaine privé quand elle se pose, et c'est comme celui qui lance d'un domaine privé à un domaine privé en passant par le domaine public, qui est exempt, comme on l'a dit plus haut (Chabbat 4a), car on n'apprend pas le lancer de l'acte de tendre. Et même selon Rabbi Akiva, qui dit que [l'objet] saisi en l'air est considéré comme posé (kelouta ke-mi she-hounha), ici il est exempt, car partout où elle se pose, c'est un domaine privé. Il ressort donc qu'il est évident pour Abaye qu'elle est considérée comme posée après être devenue domaine privé. Or au chapitre HaZorek (plus loin, Chabbat 99b), Rabbi Yo'hanan demande : un puits de neuf, dont on a arraché une motte (houlia) pour le compléter à dix, [la motte] étant dans le domaine public : l'arrachement de l'objet et la formation de la paroi viennent ensemble ; est-il passible ou non ? Et si tu dis que, puisque la paroi n'avait pas dix au départ, il n'est pas passible : un puits de dix où l'on a mis une motte qui l'a diminué, qu'en est-il ? Le dépôt de l'objet et la suppression de la paroi, etc. Si c'est ainsi, Abaye, pour qui le cas de la natte qui annule la paroi est évident — il dit là-bas : un puits dans le domaine public, profond de dix et large de huit, où l'on a lancé une natte qui l'a partagé, il est exempt, parce que maintenant il n'a plus quatre de large —, à plus forte raison il serait exempt dans le cas de la formation d'une paroi, car puisque la paroi n'avait pas dix au départ, il n'est pas passible. Si c'est ainsi, ici aussi il aurait dû le déclarer passible pour cette raison : puisque la paroi n'existait pas au départ, [l'objet] s'est posé dans le domaine public et il est passible. On peut répondre que la raison d'Abaye est que ni l'arrachement ni le dépôt ne comptent quand ils viennent en même temps [que le changement de paroi] ; ici aussi le dépôt ne compte pas, puisque le dépôt et la formation de la paroi viennent ensemble. Et si, pour Rabbi Yo'hanan, la formation de la paroi est plus évidente que la suppression de la paroi, c'est parce que peut-être nous exigeons que l'arrachement soit significatif, mais non le dépôt.
💡 Explication

La kavveret est une ruche ronde en roseaux tressés. Lancée du domaine privé vers le domaine public, elle y est déposée comme n'importe quel objet : le lanceur est passible. Mais si elle a les dimensions d'un domaine privé (dix tefahim de haut, quatre sur quatre de surface), elle devient un domaine à elle seule en se posant. Or les melakhot sont apprises du Michkan, où l'on lançait des objets, et non des domaines : il est donc exempt.

Pourquoi six ? Rachi fait le calcul : pour inscrire un carré de quatre sur quatre dans un cercle, il faut un diamètre égal à la diagonale du carré, soit environ 5 et 3/5 tefahim. Abaye arrondit à six par rigueur : entre 5 et 3/5 et 6, l'interdit est seulement mide-rabbanan, et l'on n'apporte pas de hatat. Tossefot rapporte l'explication de Rabbenou Hananel (six exactement, à cause de l'épaisseur des parois) et la rejette.

3
רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ אֵינָהּ רְחָבָה שִׁשָּׁה — פָּטוּר. מַאי טַעְמָא? — אִי אֶפְשָׁר לִקְרוּמִיּוֹת שֶׁל קָנֶה שֶׁלֹּא יַעֲלוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה.

Rava a dit : même si elle n'est pas large de six, il est exempt. Pour quelle raison ?

Il est impossible que les pointes (kroumiyot) des roseaux ne montent pas au-dessus de dix.

📜 Rachi (1)
אִי אֶיפְשָׁר הוֹאִיל וּגְבוֹהָה י' שֶׁלֹּא יְהֵא בָּהּ קְרוּמִיּוֹת מִן הַשְּׁתִי שֶׁגְּבוֹהִים מֵחַבְרֵיהֶם שֶׁל עֵרֶב וְעוֹלִין לְמַעְלָה מִי' שֶׁהוּא אֲוִיר מְקוֹם פָּטוּר וְכֵיוָן דְּלָא נִיחָא כֻּולָּהּ ברה"ר לָא הָוְיָא הַנָּחָה לְאִיחַיּוֹבֵי:
Il est impossible : puisqu'elle est haute de dix, [il est impossible] qu'il n'y ait pas en elle des pointes de la chaîne (chti), plus hautes que leurs voisines de la trame (erev), qui montent au-dessus de dix, ce qui est l'air d'un makom patour. Et puisqu'elle ne s'est pas posée tout entière dans le domaine public, ce n'est pas un dépôt qui rende passible.
🗂️ Tossefot (1)
אִי אֶפְשָׁר לִקְרוּמִיּוֹת שֶׁל קָנֶה שֶׁלֹּא יַעֲלוּ לְמַעְלָה מִי' וְאַבַּיֵּי לָא חֲשִׁיב קְרוּמִית לֵיחָשֵׁב אִגּוּדוֹ בִּמְקוֹם פָּטוּר:
Il est impossible que les pointes du roseau ne montent pas au-dessus de dix : et Abaye ne tient pas compte des pointes au point de considérer que ce qui y est rattaché se trouve dans le makom patour.
💡 Explication

Rava déplace la question. Pour qu'il y ait hanaha (dépôt) dans le domaine public, l'objet doit s'y poser tout entier. Or l'espace situé au-dessus de dix tefahim du domaine public est un makom patour. Une ruche haute de dix a forcément quelques brins de roseau qui dépassent un peu : une partie de l'objet reste donc dans le makom patour, et il n'y a pas de dépôt complet.

Abaye admet le principe (Rachi le dira au segment 4), mais il néglige ces pointes, trop minimes pour compter.

4
כְּפָאָהּ עַל פִּיהָ, שִׁבְעָה וּמַשֶּׁהוּ — חַיָּיב. שִׁבְעָה וּמֶחֱצָה — פָּטוּר.

S'il l'a [lancée] renversée sur son ouverture : [haute de] sept et un peu, il est passible ; sept et demi, il est exempt.

📜 Rachi (2)
כְּפָאָהּ עַל פִּיהָ וּזְרָקָהּ אַאֵינָהּ רְחָבָה ו' קָאֵי:
Renversée sur son ouverture, et lancée : cela porte sur celle qui n'est pas large de six.
ז' וּמַשֶּׁהוּ חַיָּיב אִם גְּבוֹהָה ז' וּמַשֶּׁהוּ עֲדַיִין חַייָּב וכ"ש פְּחוּתָה מִכֵּן אֶלָּא אֲפִילּוּ גְּבוֹהָה ז' וּמַשֶּׁהוּ דְּאִיכָּא לְמֵימַר הוֹאִיל וּמְחִיצוֹתֶיהָ לְמַטָּה וקיי"ל הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי דְּאָמְרִינַן לָבוּד אַכַּתִּי כֻּולָּהּ נִיחָא ברה"ר דְּכִי מָטְיָא פָּחוֹת מִג' סָמוּךְ לַקַּרְקַע וְאָמַר בָּהֶן לָבוּד וְהָוְיָא הַנָּחָה אַכַּתִּי כֻּולָּהּ בַּאֲוִיר רה"ר הִיא וְחַיָּיב:
Sept et un peu, passible : si elle est haute de sept et un peu, il est encore passible, et à plus forte raison si elle est moins haute. Même haute de sept et un peu, où l'on pourrait invoquer que ses parois sont en bas et que nous tenons la halakha le-Moche mi-Sinaï selon laquelle on dit lavoud, elle se pose encore tout entière dans le domaine public : car lorsqu'elle arrive à moins de trois près du sol, qu'on y applique lavoud et qu'il y a dépôt, elle est encore tout entière dans l'air du domaine public, et il est passible.
🗂️ Tossefot (2)
כְּפָאָהּ עַל פִּיהָ נִרְאֶה לְרִיבָ"א דְּאַרָחָב שִׁשָּׁה קָאֵי וְכִי אִיכָּא שִׁבְעָה וּמַשֶּׁהוּ חַיָּיב דִּכְשֶׁמַּגִּיעוֹת הַמְּחִיצּוֹת תּוֹךְ שָׁלֹשׁ אֵין הַמְּחִיצּוֹת גְּבוֹהוֹת י' וְעֹובִי הַשּׁוּלַיִם אֵין מִצְטָרְפִין דְּבָעֵינַן מְחִיצָּה הָרוֹאֶה אֶת אֲוִיר הַכְּלִי שֶׁיְּהֵא גָּבוֹהַּ י' ואע"ג דְּהֵיכָא דְּכַווֶּרֶת גָּבוֹהַּ י' מִצְטָרְפִין הַשּׁוּלַיִם לִהְיוֹת עַל גַּבּוֹ רה"י כִּדְאָמַר לְעֵיל גַּבֵּי בַּיִת שֶׁאֵין תּוֹכוֹ י' כּוּ' וְכֵיוָן דְּעַל גַּבּוֹ רה"י פָּטוּר הַזּוֹרֵק מ"מ כֵּיוָן דְּאֵין גָּבוֹהַּ י' אֶלָּא מֵחֲמַת לָבוּד אֵין אֲוִיר פָּחוֹת מִג' מִצְטָרֵף אֶלָּא א"כ יִהְיוּ הַמְּחִיצּוֹת גְּבוֹהוֹת י' לְבַד הַשּׁוּלַיִם דְּלָא אָמְרִינַן לָבוּד אֶלָּא בִּמְחִיצּוֹת כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס תֵּדַע דִּבְשׁוּלַיִם לְמַטָּה לָא אָמְרִי' לָבוּד:
Renversée sur son ouverture : il semble au Riva que cela porte sur celle qui est large de six. Quand il y a sept et un peu, il est passible, car lorsque les parois arrivent à moins de trois, les parois n'ont pas dix de haut, et l'épaisseur du fond ne se joint pas : il faut une paroi qui voie l'air du récipient et qui ait dix de haut. Et bien que, lorsque la kavveret est haute de dix, le fond se joigne [aux parois] pour que son dessus soit un domaine privé, comme on l'a dit plus haut à propos d'une maison dont l'intérieur n'a pas dix, etc., et puisque son dessus est un domaine privé celui qui lance est exempt — néanmoins, puisqu'elle n'a dix de haut que grâce à lavoud, l'air de moins de trois ne se joint que si les parois ont dix de haut sans le fond, car on ne dit lavoud que pour des parois, comme l'a expliqué le Kountres. La preuve : pour le fond, en bas, on ne dit pas lavoud.
שִׁבְעָה וּמֶחֱצָה פָּטוּר דִּכְשֶׁמַּגִּיעוֹת הַמְּחִיצּוֹת תּוֹךְ ג' יֵשׁ שָׁם מְחִיצוֹת עֲשָׂרָה לְבַד הַשּׁוּלַיִם וַהֲרֵי הוּא רְשׁוּת הַיָּחִיד וַחֲשִׁיב כְּנָח בְּאוֹתָהּ שָׁעָה וְשׁוּב אֵינוֹ מִתְחַיֵּיב אע"ג דִּלְאַחַר מִכֵּן נוֹפֵל לָאָרֶץ וּבָטֵל מִמֶּנָּה רה"י וְנַעֲשֶׂה כְּמֻונָּח בִּרה"ר אֲבָל אֵינוֹ רָחָב ו' אַפֵּי' ז' וּמֶחֱצָה חַיָּיב דְּלָא אָמְרִי' לָבוּד אֶלָּא בִּמְחִיצּוֹת וּמְחִיצּוֹת לָא חֲשִׁיבִי אֶלָּא כְּשֶׁיֵּשׁ שָׁם רָחָב ד' אֲבָל כְּשֶׁאֵינוֹ רָחָב ד' הֲרֵי הוּא כִּשְׁאָר חֲפָצִים דְּעָלְמָא וְלָא אָמְרִינַן לָבוּד:
Sept et demi, exempt : car lorsque les parois arrivent à moins de trois, il y a là des parois de dix sans le fond ; c'est un domaine privé, et c'est considéré comme posé à ce moment-là. Ensuite il ne devient plus passible, bien qu'après cela elle tombe à terre, que le domaine privé s'annule et qu'elle devienne comme posée dans le domaine public. Mais si elle n'est pas large de six, même à sept et demi il est passible, car on ne dit lavoud que pour des parois, et des parois ne comptent que là où il y a une largeur de quatre ; mais si elle n'a pas quatre de large, elle est comme les autres objets ordinaires, et on ne dit pas lavoud.
💡 Explication

Lavoud est une halakha le-Moche mi-Sinaï : un espace de moins de trois tefahim entre deux éléments est considéré comme fermé. Quand une kavveret renversée tombe et que ses bords arrivent à moins de trois du sol, ses parois sont considérées comme touchant le sol : la ruche est déjà posée à cet instant.

Si elle mesure sept et demi, son fond se trouve alors à plus de dix (7,5 + presque 3) : une partie est dans le makom patour, il n'y a pas de dépôt complet, il est exempt. Avec sept et un peu, le fond reste sous dix : tout l'objet est dans le domaine public, il est passible.

Rachi et le Riva divergent sur le cas visé. Pour Rachi, il s'agit de la ruche étroite (moins de six) ; pour le Riva (Tossefot), de la ruche large de six, qui devient un domaine privé au moment du lavoud ; selon lui, lavoud ne s'applique pas à une ruche étroite, qui reste un simple objet.

🖼️ Schéma
sol du domaine public 10 tefahim : au-dessus, makom patour 3 tefahim fond lavoud Kavveret renversée, haute de 7 et demi, qui tombe. Quand ses bords arrivent à moins de 3 du sol, lavoud les prolonge jusqu'au sol : elle est comme posée, et son fond est alors au-dessus de 10 -> exempt. Avec 7 et un peu seulement, le fond reste sous 10 -> passible. Rav Achi : jamais de lavoud ici -> passible.
Lavoud sur une kavveret renversée : à 7 et demi, le fond dépasse dix tefahim au moment du dépôt.
5
רַב אַשִּׁי אָמַר: אֲפִילּוּ שִׁבְעָה וּמֶחֱצָה — חַיָּיב. מַאי טַעְמָא? — מְחִיצּוֹת לְתוֹכָן עֲשׂוּיוֹת.

Rav Achi a dit : même à sept et demi, il est passible. Pour quelle raison ?

Les parois sont faites pour leur intérieur.

📜 Rachi (2)
אֲבָל גָּבוֹהַּ ז' וּמֶחֱצָה וה"ה לִשְׁנֵי מִשֶּׁהָוְיִין פָּטוּר דְּמִכִּי מְטָא לְפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לַקַּרְקַע אָמְרִינַן לָבוּד בִּמְחִיצוֹתֶיהָ וַהֲרֵי הִיא כְּמֻונַּחַת נִמְצְאוּ שׁוּלֶיהָ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וְאֵינָהּ נוֹחָה כֻּולָּהּ ברה"ר וּבְשֶׁלֹּא כְּפָאָהּ לֵיכָּא לְמֵימַר לָבוּד דְּלָא אָמְרִינַן לָבוּד אֶלָּא בִּמְחִיצּוֹת וְהָא מִילְּתָא בֵּין לְאַבָּיֵי בֵּין לְרָבָא דְּאַבַּיֵּי נָמֵי מוֹדֶה דְּבָעֵינַן הַנָּחָה כֻּולָּהּ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים אֶלָּא דְּאַבַּיֵּי לָא חֲשִׁיב קְרוּמִיּוֹת אֲבָל בְּהָא מוֹדֶה דִּבְלֹא קְרוּמִיּוֹת אִיתָא לְמַעְלָה מִי':
Mais haute de sept et demi — et de même [sept et] deux fois un peu — il est exempt : car dès qu'elle arrive à moins de trois près du sol, on dit lavoud pour ses parois et elle est comme posée ; il se trouve que son fond est au-dessus de dix, et elle ne s'est pas posée tout entière dans le domaine public. Quand il ne l'a pas renversée, on ne peut pas dire lavoud, car on ne dit lavoud que pour des parois. Cela vaut aussi bien pour Abaye que pour Rava, car Abaye aussi reconnaît qu'il faut que le dépôt soit tout entier dans le domaine public ; seulement Abaye ne tient pas compte des pointes, mais ici il reconnaît que, sans les pointes, [le fond] se trouve au-dessus de dix.
לְתוֹכָן עֲשׂוּיוֹת לְהַנִּיחַ בָּהֶן דְּבַשׁ וְלֹא לְכוֹפָן כְּלַפֵּי מַטָּה הִלְכָּךְ אֵין כָּאן תּוֹרַת לָבוּד:
Pour leur intérieur : pour y déposer du miel, et non pour les renverser vers le bas ; c'est pourquoi il n'y a pas ici de règle de lavoud.
💡 Explication

Rav Achi refuse d'appliquer lavoud à une ruche renversée. Les parois d'une kavveret ont une fonction : contenir le miel à l'intérieur. Elles ne sont pas faites pour se prolonger vers le bas quand la ruche est retournée. Sans lavoud, la ruche n'est posée qu'en touchant réellement le sol, et à ce moment elle est tout entière sous dix : il est passible.

6
אָמַר עֻולָּא: עַמּוּד תִּשְׁעָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְרַבִּים מְכַתְּפִין עָלָיו, וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו — חַיָּיב. מַאי טַעְמָא? — פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה מִדְרָס דָּרְסִי לֵיהּ רַבִּים. מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד תִּשְׁעָה — לָא מִדְרָס דָּרְסִי לֵיהּ וְלָא כַּתּוֹפֵי מְכַתְּפִי. תִּשְׁעָה וַדַּאי מְכַתְּפִין עִילָּוֵיהּ.

Oulla a dit : une colonne [haute de] neuf dans le domaine public, sur laquelle le public réajuste ses fardeaux (mekhatfin), et on a lancé [un objet] qui s'est posé à son sommet : il est passible. Pour quelle raison ?

Moins de trois, le public la piétine ; de trois jusqu'à neuf, le public ne la piétine pas et n'y réajuste pas ses fardeaux ; à neuf, il y réajuste certainement ses fardeaux.

📜 Rachi (3)
תִּשְׁעָה דַּוְקָא נְקַט דַּחֲזֵי לְכַתּוֹפֵי דְּאֵינוֹ לֹא גָּבוֹהַּ וְלֹא נָמוּךְ:
Neuf : il l'a dit avec précision, car elle convient pour réajuster les fardeaux, n'étant ni trop haute ni trop basse.
וְזָרַק מִתְּחִלַּת ד' לְסוֹף ד':
Et il a lancé : du début de quatre [coudées] à la fin de quatre.
מְכַתְּפִי עִילָּוֵיהּ וְכֵיוָן דְּצָרִיךְ לָרַבִּים רה"ר הוּא בֵּין רָחָב בֵּין קָצָר:
Ils y réajustent leurs fardeaux : et puisque le public en a besoin, c'est un domaine public, qu'elle soit large ou étroite.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר עֻולָּא עַמּוּד גָּבוֹהַּ תִּשְׁעָה בר"ה וְרַבִּים מְכַתְּפִין עָלָיו וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו חַיָּיב מַאי טַעְמָא פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה מִידְרָס דָּרְסִי לֵהּ רַבִּים מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד תִּשְׁעָה לָא מִידְרָס דָּרְסִי וְלָא כְּתֻופֵּי מְכַתְּפִי עִלָּוֵיהּ תִּשְׁעָה וַדַּאי מְכַתְּפִי עִלָּוֵיהּ וְהָוֵי ר"ה עַד עֲשָׂרָה טְפָחִים דַּחֲזֵי לְכִתּוּף אֲבָל יוֹתֵר מֵעֲשָׂרָה לֹא דְּנִשְׁתַּנָּה לִרְשׁוּת אַחֶרֶת אִם רָחָב אַרְבַּע הָוֵי רה"י וְאִי לָא הָוֵי מְקוֹם פְּטוֹר א"ל אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף גֻּומָּא מַאי אֲמַר לֵיהּ וְכֵן בְּגֻומָּא רָבָא אָמַר גֻּומָּא לֹא מ"ט הִילּוּךְ עַל יְדֵי הַדְּחָק שְׁמֵיהּ הִילּוּךְ תַּשְׁמִישׁ עַל יְדֵי הַדְּחָק לָא שְׁמֵיהּ תַּשְׁמִישׁ כְּדִתְנַן אִם הָיָה רְקָק מַיִם וּרְשׁוּת הָרַבִּים מְהַלֶּכֶת בּוֹ הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ ד"א חַיָּיב וְכַמָּה רְקָק מַיִם פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים. אֲבָל תַּשְׁמִישׁ ע"י הַדְּחָק לָא שְׁמֵיהּ תַּשְׁמִישׁ מִדְּקָתָנֵי בָּבָא יְתֵירָה וּרְקָק מַיִם שֶׁרְשׁוּת הָרַבִּים מְהַלֶּכֶת בּוֹ הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ חַיָּיב וְהִילּוּךְ הִילּוּךְ תְּרֵי זִימְנֵי לָמָּה לִי אֶלָּא לְמֵידַק דַּוְקָא הִילּוּךְ עַל יְדֵי הַדְּחָק שְׁמֵיהּ הִילּוּךְ אֲבָל תַּשְׁמִישׁ ע"י הַדְּחָק לָא שְׁמֵיהּ תַּשְׁמִישׁ הִלְכָּךְ הַאי גֻּומָּא פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה הָוְיָא ר"ה מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד י' רְחָבָה אַרְבָּעָה הָוְיָא כַּרְמְלִית וְאִי לָא הָוְיָא מְקוֹם פָּטוּר:
Oulla a dit : une colonne haute de neuf dans le domaine public, sur laquelle le public réajuste ses fardeaux, et on a lancé [un objet] qui s'est posé à son sommet : il est passible. Pour quelle raison ? Moins de trois, le public la piétine ; de trois à neuf, on ne la piétine pas et on n'y réajuste pas ses fardeaux ; à neuf, on y réajuste certainement ses fardeaux. C'est un domaine public jusqu'à dix tefahim, car elle convient pour y réajuster ses fardeaux ; mais au-delà de dix, non, car elle est devenue un autre domaine : si elle est large de quatre, c'est un domaine privé, et sinon, c'est un makom patour. Abaye dit à Rav Yosef : une fosse (gouma), qu'en est-il ? Il lui répondit : il en va de même pour une fosse. Rava dit : une fosse, non. Pour quelle raison ? Une marche malaisée s'appelle une marche, un usage malaisé ne s'appelle pas un usage, comme nous l'avons appris : s'il y avait une flaque d'eau (rekak mayim) que traverse le domaine public, celui qui y lance [sur] quatre coudées est passible ; et quelle est [la profondeur de] la flaque ? Moins de dix tefahim. Mais un usage malaisé ne s'appelle pas un usage, puisqu'on enseigne une clause superflue : « et une flaque d'eau que traverse le domaine public, celui qui y lance est passible ». Pourquoi me faut-il [mentionner] la marche deux fois ? C'est pour en déduire que seule une marche malaisée s'appelle une marche, mais un usage malaisé ne s'appelle pas un usage. C'est pourquoi cette fosse, si elle fait moins de trois, est domaine public ; de trois à dix, si elle est large de quatre, c'est une karmelit, et sinon, c'est un makom patour.
💡 Explication

Oulla fixe ce qui, dans le domaine public, fait partie de ce domaine. Le critère est l'usage du public. Ce qui dépasse de moins de trois tefahim est piétiné et se confond avec le sol. De trois à neuf, l'élément n'est ni piétiné ni utilisé : il sort du domaine public. À neuf, la hauteur est celle d'une épaule : les porteurs y posent leur charge pour la réajuster (mekhatfin). Le public en a besoin, elle compte donc comme domaine public, quelle que soit sa largeur (Rachi).

Celui qui lance un objet sur quatre coudées dans le domaine public et qui le fait atterrir sur cette colonne est donc passible. Le Roch précise la limite supérieure : au-dessus de dix, la colonne devient domaine privé si elle a quatre de large, et makom patour sinon.

7
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: גֻּומָּא מַאי? אֲמַר לֵיהּ: וְכֵן בְּגֻומָּא. רָבָא אָמַר: בְּגֻומָּא לֹא. מַאי טַעְמָא? — תַּשְׁמִישׁ עַל יְדֵי הַדְּחָק לָא שְׁמֵיהּ תַּשְׁמִישׁ.

Abaye dit à Rav Yosef : et une fosse (gouma), qu'en est-il ? Il lui répondit : il en va de même pour une fosse.

Rava a dit : pour une fosse, non. Pour quelle raison ?

Un usage malaisé (al yedei ha-dehak) ne s'appelle pas un usage.

📜 Rachi (3)
גֻּומָּא עֲמֻוקָּה ט':
Une fosse : profonde de neuf.
מַאי גַּבֵּי רה"י דַּעֲשָׂרָה תַּנְיָא לְעֵיל (שַׁבָּת דַּף ו.) עָומְקָהּ כְּגָובְהָהּ דְּקָתָנֵי חָרִיץ עָמֹוק י' וְרָחָב ד' רְשׁוּת הַיָּחִיד הָכָא מַאי אִי אָמְרִי' מַנְּחִי בֵּיהּ בְּנֵי רה"ר חֲפָצִים שֶׁבְּיָדָם עַד דְּהָדְרִי וְאָתוּ דֶּרֶךְ שָׁם וְשָׁקְלִי לֵיהּ וְנִמְצָא שֶׁצְּרִיכִים לוֹ רַבִּים הִלְכָּךְ רְשׁוּת הָרַבִּים הוּא:
Qu'en est-il : à propos du domaine privé de dix, il a été enseigné plus haut (Chabbat 6a) que sa profondeur vaut sa hauteur, car il est enseigné : un fossé (harits) profond de dix et large de quatre est un domaine privé. Ici, qu'en est-il ? Dira-t-on que les gens du domaine public y déposent les objets qu'ils tiennent, jusqu'à ce qu'ils repassent par là et les reprennent, de sorte que le public en a besoin et que c'est donc un domaine public ?
ה"ג רָבָא אָמַר גֻּומָּא לֹא מ"ט תַּשְׁמִישׁ ע"י הַדְּחָק לָא שְׁמֵיהּ תַּשְׁמִישׁ הִלְכָּךְ לָאו צֹורֶךְ רַבִּים הוּא אֶלָּא כַּרְמְלִית הוּא:
Telle est la version : Rava a dit, une fosse, non ; pour quelle raison ? un usage malaisé ne s'appelle pas un usage. C'est pourquoi ce n'est pas un besoin du public, mais c'est une karmelit.
🗂️ Tossefot (1)
אֲמַר לֵיהּ וְכֵן בְּגֻומָּא נוּכַל לוֹמַר דּוּכָן בְּגֻומָּא הַייְנוּ כְּלוֹמַר אַפֵּי' גָּבוֹהַּ ט' הָוֵי רה"ר דִּמְכַתְּפִין בָּהּ ע"י הַדְּחָק וכ"ש פָּחוֹת מִתִּשְׁעָה דְּיוֹתֵר נוֹחַ לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהּ וְכֵן מַשְׁמַע בְּסָמוּךְ דְּקָאָמַר אַבָּרַיְיתָא דְּמַייְתִי מַאי לַָאו וְכֵן בְּגֻומָּא אַסֵּיפָא מַשְׁמַע דְּכָל פָּחוֹת מִי' מְטַלְטְלִין כְּמוֹ בְּקֻופָּה:
Il lui répondit : il en va de même pour une fosse. On peut dire que « il en va de même pour une fosse » signifie : même [profonde de] neuf, c'est un domaine public, car on s'en sert de façon malaisée pour les fardeaux, et à plus forte raison moins de neuf, où il est plus commode de s'en servir. C'est aussi ce qui ressort de la suite, où l'on dit à propos de la baraita citée : « n'est-ce pas [que cela porte] sur la dernière clause ? », d'où il ressort que pour tout ce qui fait moins de dix, on transporte, comme pour le panier.
💡 Explication

La question d'Abaye transpose la règle d'Oulla vers le bas. Pour le domaine privé, la profondeur équivaut à la hauteur (un fossé profond de dix et large de quatre est domaine privé). Une gouma (fosse) profonde de neuf serait-elle donc domaine public, comme la colonne de neuf ?

Rav Yosef répond oui : les passants peuvent y déposer leurs affaires. Rava répond non : se baisser dans une fosse de neuf est un usage malaisé (tachmich al yedei ha-dehak), qui ne compte pas comme usage du public. La fosse reste donc une karmelit (Rachi).

8
אֵיתִיבֵיהּ רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא לְרָבָא: הָיְתָה קֻופָּתוֹ מֻונַּחַת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וּרְחָבָה אַרְבָּעָה — אֵין מְטַלְטְלִין לֹא מִתּוֹכָהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים וְלֹא מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לְתוֹכָהּ. פָּחוֹת מִכֵּן — מִטַּלְטְלִין. וְכֵן בְּגֻומָּא. מַאי לַָאו אַסֵּיפָא: לֹא, אַרֵישָׁא.

Rav Ada bar Matna objecta à Rava : si son panier (koufa) était posé dans le domaine public, haut de dix et large de quatre, on ne transporte ni de son intérieur vers le domaine public, ni du domaine public vers son intérieur ; moins que cela, on transporte. Et de même pour une fosse.

N'est-ce pas [que cela porte] sur la dernière clause ? Non, sur la première clause.

📜 Rachi (4)
אֵין מְטַלְטְלִין דְּהָוֵי רה"י לְעַצְמָהּ:
On ne transporte pas : car c'est un domaine privé à lui seul.
פָּחוֹת מִכֵּן אוֹ בְּגֹובַהּ אוֹ בְּרֹוחַב מְטַלְטְלִין וא"ת פָּחוֹת מִי' וּרְחָבָה ד' כַּרְמְלִית הִיא לָא גְּזוּר רַבָּנָן לְבַטּוֹלֵי מִתּוֹרַת כֵּלִים הוֹאִיל וּכְלִי הוּא:
Moins que cela : soit en hauteur, soit en largeur, on transporte. Et si tu demandes : [s'il fait] moins de dix et quatre de large, c'est une karmelit ? Les Sages n'ont pas décrété de lui retirer le statut d'ustensile, puisque c'est un ustensile.
מַאי לַָאו הַאי וְכֵן אַסֵּיפָא נָמֵי קָאֵי דְּפָחוֹת מִכֵּן מְטַלְטֵל לְכַתְּחִלָּה אַלְמָא רה"ר חֲשִׁיב לֵיהּ וְאוֹקְמָא בְּעָמוֹק ט' דְּמִשְׁתַּמְּשִׁין בּוֹ קְצָת:
N'est-ce pas : ce « et de même » porte aussi sur la dernière clause, à savoir qu'en dessous de ces mesures on transporte d'emblée. Donc on la considère comme domaine public, et on l'explique d'une [fosse] profonde de neuf, dont on se sert un peu.
לֹא אַרֵישָׁא אַגְּבוֹהָה י' וּרְחָבָה ד' דְּהָוֵי רה"י קָתָנֵי וְכֵן בְּגֻומָּא:
Non, sur la première clause : il enseigne « et de même pour une fosse » à propos de [la clause] haute de dix et large de quatre, qui est un domaine privé.
💡 Explication

La baraita distingue deux cas pour un panier posé dans le domaine public. Haut de dix et large de quatre, il forme un domaine privé : on ne transporte pas entre lui et le domaine public. Plus petit, on transporte librement ; Rachi précise que les Sages n'ont pas fait d'un ustensile une karmelit.

La baraita ajoute « et de même pour une fosse ». Si cette phrase porte sur la seconde clause, une fosse de moins de dix (neuf, par exemple) permet de transporter : elle est donc domaine public, comme le dit Rav Yosef, contre Rava. Rava répond qu'elle porte sur la première clause : une fosse de dix sur quatre est domaine privé, comme le panier. La baraita ne dit alors rien de la fosse de neuf.

9
אַיְּתִיבֶיהָ:

Il lui objecta [encore] :

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).