Shabbat 91b — Le seuil, le panier et la bourse : l'hotsaa faite en une seule fois

Shabbat 91b

Sougya : Le daf conclut la preuve de Rav Nahman (terouma jetée dans une maison impure) et la michna sur l'objet rangé qu'on a fait rentrer. Une nouvelle michna enseigne que celui qui pose des aliments sur le seuil puis les sort est patour, car il n'a pas fait sa melakha en une seule fois ; de même pour un panier dont la majorité des fruits est dehors.

La Guemara établit que ce seuil est une karmelit et en déduit que la michna ne suit pas Ben Azzai. Hizkiya et R.

Yo'hanan discutent ensuite d'agad keli : le récipient relie-t-il son contenu au domaine d'où il sort ? R.

Zeira montre que la michna se lit dans les deux sens, puis on objecte une baraita du panier des marchands d'épices et la loi du voleur de bourse à Chabbat.

Le seuil de la michna : quelle reshout ?Michna : aliments posés sur le seuil, puis sortis vers reshout harabimpar lui-même ou par un autre -> PATOURSeuil = reshout harabim ?Rachi : moins de 9 tefahim,4 x 4, les gens y posentleurs fardeaux-> il sort de RY à RH : hayav !RejetéSeuil = reshout hayahid ?Rachi : 10 tefahim de haut,4 de large-> la 2e étape sort de RYà RH : hayav !RejetéSeuil = karmelitRachi : de 3 à 9 tefahim,non couvert, 4 de largeRY -> karmelit : patourkarmelit -> RH : patourRetenuDiyouk : la raison est qu'il a posé (nah) en karmelitS'il est seulement passé par la karmelit sans y poser :HAYAV-> la michna ne suit pas Ben Azzai(pour qui celui qui marche est comme celui qui s'arrête)Baraitahanout (RY) -> stav (karmelit)-> platia (RH)Tana kamma : hayavBen Azzai : patour
Les trois hypothèses sur le seuil de la michna : seule la karmelit explique l'exemption, et le diyouk montre que la michna ne suit pas Ben Azzai.
Agad keli : le panier relie-t-il son contenu à l'intérieur ?Cas : panier plein posé sur le seuil extérieur, une partie du panier reste dedansLes fruits longs (concombres, courges) restent en partie dedans ; les grains de moutarde sont tous dehorsHizkiyaAgad keli la chémei agad(le récipient ne relie pas)Concombres et courges : patourMoutarde (tout dehors) : HAYAVLa michna parle de fruits longsR. Yo'hananAgad keli chémei agad(le récipient relie à l'intérieur)Concombres et courges : patourMoutarde : patour aussiIl faut sortir tout le panierR. Zeira : la michna ne se lit exactement selon aucun des deuxJusqu'à ce qu'il sorte TOUT LE PANIER -> tous les fruits dehors = patour (agad = agad)Bien que la MAJORITÉ des fruits soit dehors -> tous les fruits dehors = hayav (agad ≠ agad)Réponse : chacun lit la michna selon sa propre méthode
Hizkiya et R. Yohanan sur agad keli, et la double lecture de la michna par R. Zeira.
Voler une bourse à Chabbat : quel interdit vient en premier ?Il soulève la bourseHagbaha dans la maison du propriétaire-> acquisition = vol immédiatPlus tard : sortie en RH = ChabbatVol AVANT Chabbat-> HAYAV de payerIl la traîne (megarer) dehorsPas d'acquisition par hagbahaVol = au moment de la sortieChabbat = au moment de la sortieLes deux ensemble (kekhad)-> PATOUR de payerObjection de Rav Bivai bar Abaye contre R. Yo'hanan (agad keli chémei agad)Dès que l'ouverture sort, il peut prendre l'argent : le vol est acquisMais pour Chabbat, la bourse relie encore l'argent à l'intérieur : le vol précède !Sortie par l'ouverture (pi)Effectivement : le vol précèdeSortie par le fond (choulayim)Argent inaccessible -> ensembleQuestion : et la couture ? (suite 92a)
Le voleur de bourse à Chabbat : l'ordre du vol et de l'hotsaa, et l'objection de Rav Bivai bar Abaye.
1
יוֹצֵא — בִּכְזַיִת, לְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי — בִּכְזַיִת! הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם — מִדְּאַפְּקֵיהּ חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה אִיפְּסִיל לֵיהּ בְּיוֹצֵא, אַשַּׁבָּת לָא מִיחַייַּב עַד דְּמַפֵּיק לֵיהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, הָכָא — שַׁבָּת וְטֻומְאָה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי קָאָתְיָין.

(Pour la sortie des choses saintes hors de leur enceinte, qui les rend passoul au titre de) yotse, la mesure est un kazayit ; pour Chabbat aussi, (on devrait dire) un kazayit ! Comment compares-tu ?

Là-bas, des qu'il l'a sortie hors du mur de la cour (azara), elle est devenue passoul au titre de yotse, alors que pour Chabbat il n'est hayav que lorsqu'il la sort en reshout harabim. Ici, Chabbat et toum'a (impureté) arrivent ensemble.

📜 Rachi (2)
חוּץ לְחוֹמַת עֲזָרָה לְהֶיקֵּף הַחֵיל שֶׁלִּפְנֵי עֶזְרַת נָשִׁים אוֹ לְעֶזְרַת נָשִׁים שֶׁהִיא בַּחֵיל:
Hors du mur de la cour : jusqu'à l'enceinte du hel (esplanade) qui est devant la cour des femmes, ou jusqu'à la cour des femmes, qui se trouve dans le hel.
בַּהֲדֵי הֲדָדֵי אָתְיָין דְּעַד דְּאִתְּנַח וְנִצְטָרֵף עִם הַשְּׁאָר (לֹא קִבֵּל טֻומְאָתוֹ מִן הָאֲוִיר דְּהָא) לָא הָוֵי בֵּיהּ שִׁיעוּר:
Arrivent ensemble : car tant que (le kazayit) n'est pas posé et ne s'est pas joint au reste (des aliments), (il ne reçoit pas son impureté de l'air, puisque) il n'a pas en lui la mesure.
💡 Explication

Fin de la discussion de la page précédente : Rava demandait si un kazayit de terouma jeté dans une maison impure, qui complète un kabeitsa et produit la toum'a, compte aussi pour Chabbat en dessous de la mesure habituelle (grogueret). Rav Nahman citait Abba Chaoul sur les pains du Temple. On propose d'en tirer : de même qu'un kazayit compte pour l'interdit de yotse, il compterait pour Chabbat.

La Guemara rejette la comparaison. Pour les choses saintes, la disqualification survient au mur de la cour, bien avant l'arrivée en reshout harabim : les deux effets sont séparés dans le temps. Dans le cas de la terouma, la toum'a et l'obligation de Chabbat se produisent au même instant, au moment où le kazayit se pose. Rachi précise que le kazayit seul n'a pas la mesure pour recevoir l'impureté : il la reçoit seulement une fois joint aux autres aliments.

2
חָזַר וְהִכְנִיסוֹ אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ. פְּשִׁיטָא! אָמַר אַבַּיֵּי: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁזְּרָקוֹ לְאוֹצָר וּמְקוֹמוֹ נִיכָּר. מַהוּ דְתֵימָא: כֵּיוָן דִּמְקוֹמוֹ נִיכָּר בְּמִילְּתֵיהּ קַמָּייְתָא קָאֵי, קָא מַשְׁמָע לַן — מִדְּזַרְקֵיהּ לְאוֹצָר, בַּטֻּולֵּי בַּטְּלֵיהּ.

(La michna enseigne :) S'il l'a ensuite fait rentrer, il n'est hayav qu'à sa mesure (habituelle). C'est évident !

Abaye a dit : de quoi s'agit-il ici ? D'un cas où il l'a jeté dans la réserve (otsar) et où sa place est reconnaissable.

Tu aurais pu dire : puisque sa place est reconnaissable, il reste dans son premier statut ; elle nous enseigne : du fait qu'il l'a jeté dans la réserve, il l'a annulé.

📜 Rachi (4)
פְּשִׁיטָא כֵּיוָן דְּלָא זַרְעֵיהּ בַּטְּלֵיהּ מִמַּחֲשָׁבָה קַמַּיְיתָא וַהֲוָה לֵיהּ כְּכָל אָדָם:
C'est évident : puisqu'il ne l'a pas semé, il l'a détaché de sa première intention, et il est devenu comme pour tout le monde.
אָמַר אַבָּיֵי מַתְנִיתִין בְּשֶׁלֹּא נִמְלַךְ עָלָיו בְּפֵירוּשׁ אֶלָּא שֶׁזְּרָקוֹ לְאוֹצָר עִם פֵּירוֹתָיו וְזֶהוּ בִּיטּוּל מַחְשָׁבָה מִדְּלָא אַצְּנָעֶיהָ לְחוּדֵיהּ וּלְמִיתַּנְייָה אִיצְטְרִיךְ כְּגוֹן שֶׁמְּקוֹמוֹ נִיכָּר שֶׁלֹּא נִתְעָרֵב יָפֶה עִם הַשְּׁאָר וַהֲרֵי הוּא נִיכָּר בֵּינֵיהֶם:
Abaye a dit : notre michna parle d'un cas où il n'a pas explicitement changé d'avis, mais l'a jeté dans la réserve avec ses fruits ; c'est là une annulation de l'intention, puisqu'il ne l'a pas rangé à part. Il a fallu l'enseigner pour le cas où sa place est reconnaissable, parce qu'il ne s'est pas bien mélangé au reste et qu'on le distingue parmi eux.
מ"ד כֵּיוָן דִּמְקוֹמוֹ נִיכָּר בְּמִילְּתָא קַמַּיְיתָא קָאֵי דַּהֲוָה לֵיהּ כְּמַאן דְּאַצְנְעֵיהּ לְחוּדֵיהּ:
Tu aurais pu dire : puisque sa place est reconnaissable, il reste dans son premier statut : car il serait comme celui qui l'a rangé à part.
ה"ג קמ"ל מִדְּזַרְקֵיהּ לְאוֹצָר בַּטּוֹלֵי בַּטְּלֵיהּ:
Telle est la version (girsa) : elle nous enseigne : du fait qu'il l'a jeté dans la réserve, il l'a annulé.
💡 Explication

Retour à la michna de 90b : celui qui a rangé (hitsnia) une petite quantité, par exemple pour semer, est hayav pour toute quantité ; s'il l'a fait rentrer puis ressortir, seule la mesure habituelle compte. La Guemara trouve cela évident : en la rentrant, il a renoncé à son projet.

Abaye situe la michna dans un cas moins net : il a jeté la semence dans la réserve, mais on reconnaît encore où elle se trouve. On aurait pu penser que sa première intention subsiste. La michna enseigne que le geste de la jeter avec le reste vaut bitoul (annulation) de l'intention.

3
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא אֳוכָלִין וּנְתָנָן עַל הָאַסְקֻופָּה, בֵּין שֶׁחָזַר וְהוֹצִיאָן, בֵּין שֶׁהוֹצִיאָן אַחֵר — פָּטוּר, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא עָשָׂה מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת. קֻופָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה פֵּירוֹת וּנְתָנָהּ עַל אַסְקֻופָּה הַחִיצוֹנָה, אַף עַל פִּי שֶׁרֹוב פֵּירוֹת מִבַּחוּץ — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה.

MICHNA. Celui qui sort des aliments et les pose sur le seuil (asqoupa), qu'il les ait ensuite sortis lui-même ou qu'un autre les ait sortis, est patour, parce qu'il n'a pas fait sa melakha en une seule fois.

Un panier plein de fruits qu'il a posé sur le seuil extérieur : bien que la majorité des fruits soit dehors, il est patour, jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' עַל הָאַסְקֻופָּה בַּגְּמָרָא מוּקֵי לָהּ בְּאַסְקֻופָּה כַּרְמְלִית:
Sur le seuil : dans la Guemara, on l'établit comme un seuil qui est une karmelit.
מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת עֲקִירָה מִמְּקוֹם חִיּוּב וְהַנָּחָה בִּמְקוֹם חִיּוּב [וְהָכָא] הֲוָה לֵיהּ עֲקִירָה מִמְּקוֹם חִיּוּב וְהַנָּחָה בִּמְקוֹם פָּטוּר וַהֲדַר עַקְרֵיהּ מִמְּקוֹם פָּטוּר וְאַנְּחִיָּה בִּמְקוֹם חִיּוּב:
Sa melakha en une seule fois : akira (arrachement) d'un lieu d'obligation et hanaha (dépôt) dans un lieu d'obligation ; [et ici] il y a akira d'un lieu d'obligation et hanaha dans un lieu d'exemption, puis de nouveau akira d'un lieu d'exemption et hanaha dans un lieu d'obligation.
עַד שֶׁיּוֹצִיא כְּלוֹמַר אֶלָּא אִם כֵּן הוֹצִיא בָּרִאשׁוֹנָה כָּל הַקֻּופָּה וּבַגְּמָ' מְפָרֵשׁ לָהּ:
Jusqu'à ce qu'il sorte : c'est-à-dire, à moins qu'il n'ait sorti tout le panier dès le départ ; la Guemara l'explique.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה הַאי זִירְזָא דְּקָנֵי רְמָא וְזַקְפֵהּ רְמָא וְזַקְפֵהּ לָא מִחַיַּיב עַד דְּעָקַר לֵיהּ. פִּי' חֲבִילָה שֶׁל קָנִים גְּדוֹלָה וְאֵין יָכוֹל לְהַגְבִּיהָהּ וּכְשֶׁהוּא רוֹצֶה לְטַלְטְלָהּ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם מַגְבִּיהַּ הַקָּצֶה הָאֶחָד וּמַשְׁלִיכוֹ לְפָנָיו וְחוֹזֵר וְעוֹשֶׂה כֵּן עַד שֶׁיַּגִּיעֶנָּה לְמָקוֹם שֶׁהוּא רוֹצֶה אִם הָעֲבֵירָה בְּעִנְיָן זֶה אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים אוֹ הוֹצִיאָהּ מרה"י לר"ה פָּטוּר לְפִי דִּכְשֶׁעָקַר רֹאשׁוֹ הָאֶחָד וְהוֹלִיכוֹ אוֹ הוֹצִיאוֹ עֲדַיִין רֹאשׁ הַשֵּׁנִי מֻונָּח בִּמְקוֹמוֹ וּכְשֶׁחָזַר וְהִגְבִּיהַּ הָרֹאשׁ הָאַחֵר וְהוֹלִיכוֹ אוֹ הוֹצִיאוֹ לֹא נַעֲשֵׂית הַמְּלָאכָה בְּבַת אַחַת וְדָמֵי לְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק הַמַּצְנִיעַ (שַׁבָּת דַּף צֵא:) קֻופָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה פֵּירוֹת וּנְתָנָהּ עַל הָאִיסְקוּפָּה הַחִיצוֹנָה אע"פ שֶׁרֹוב פֵּירוֹת מִבַּחוּץ פָּטוּר עַד שֶׁיּוֹצִיא כָּל הַקֻּופָּה וּמוּכָח הָתָם דַּאֲפִילּוּ חָזַר וְהוֹצִיאוֹ פָּטוּר לְפִי שֶׁלֹּא עָשָׂה מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת אֲבָל אִם תָּפַשׂ אֶת הַחֲבִילָה וּמְשָׁכָהּ עַד שֶׁהוֹצִיא כֻּולָּהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים אוֹ חוּץ לְד' אַמּוֹת חַייָּב לְפִי שֶׁעָשָׂה כָּל מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת וְלֹא הֻונְּחָה בֵּינְתַיִם עַד שֶׁגָּמַר מְלַאכְתּוֹ וּמְשִׁיכָתָהּ מִמְּקוֹמָהּ הָוְיָא עֲקִירָה דְּלָא בָּעֵינַן שֶׁיַּגְבִּיהַּ הַחֵפֶץ אֶלָּא בְּכָל עִנְיָן שֶׁמֵּזִיז הַחֵפֶץ מִמְּקוֹמוֹ בֵּין בְּהַגְבָּהָה בֵּין בִּמְשִׁיכָה מִיקְּרֵי עֲקִירָה וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא מוֹשֵׁךְ וְהוֹלֵךְ בְּלֹא הֶפְסֵק בֵּינְתַיִם בְּתוֹךְ ד' אַמּוֹת וּבַהוֹצָאָה בְּעוֹד מִקְצָת הַחֵפֶץ בִּפְנִים וּמִקְצָתוֹ בַּחוּץ וְהָכִי אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפַר' הַמַּצְנִיעַ (שַׁבָּת דַּף צֵא:) גַּבֵּי גּוֹנֵב כִּיס בְּשַׁבָּת הָיָה מְגָרֵר וְיוֹצֵא פָּטוּר מִשּׁוּם גְּנֵיבָה וְחַייָּב מִשּׁוּם שַׁבָּת. הִלְכָּךְ הַמְגַלְגֵּל דָּבָר עָגֹול כְּגוֹן חָבִית אִם גָּלְלוּ חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת אוֹ מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לר"ה חַייָּב דְּדָמֵי לִמְגָרֵר וְיוֹצֵא וַאֲפִילּוּ בִּדְחִיפָה אַחַת דּוֹחֲפוֹ וְהָיָה הוֹלֵךְ וּמְגַלְגֵּל עַד חוּץ לְד' אַמּוֹת אוֹ לר"ה חַיָּיב אֲבָל דָּבָר מְרֻובָּע כְּמוֹ תֵּיבָה הַייְנוּ כְּמוֹ רְמָא וְזָקְפָה:
Rav Yehouda a dit : ce zirza de roseaux, rama vezakfa, rama vezakfa (il le jette et le redresse, il le jette et le redresse), il n'est hayav que lorsqu'il l'a arraché (de sa place). Explication : une grosse botte de roseaux qu'il ne peut pas soulever ; quand il veut la déplacer d'un endroit à un autre, il soulève une extrémité et la jette devant lui, puis recommence ainsi jusqu'à l'amener à l'endroit voulu. S'il l'a déplacée de cette manière sur quatre amot en reshout harabim, ou s'il l'a sortie de reshout hayahid en reshout harabim, il est patour : quand il a arraché une extrémité et l'a portée ou sortie, l'autre extrémité reposait encore à sa place ; et quand il a ensuite soulevé l'autre extrémité et l'a portée ou sortie, la melakha n'a pas été faite en une seule fois. Cela ressemble à ce que nous disons plus loin au chapitre Hamatsnia (Chabbat 91b) : un panier plein de fruits posé sur le seuil extérieur, bien que la majorité des fruits soit dehors, il est patour jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier ; et il est prouvé là-bas que même s'il l'a ensuite sorti, il est patour, parce qu'il n'a pas fait sa melakha en une seule fois. Mais s'il a saisi la botte et l'a tirée jusqu'à la sortir entièrement en reshout harabim ou au-delà de quatre amot, il est hayav, car il a fait toute sa melakha en une seule fois et elle n'a pas été posée entre-temps avant qu'il ait terminé sa melakha. Et la tirer de sa place est une akira (arrachement), car nous n'exigeons pas qu'il soulève l'objet : de toute manière dont il déplace l'objet de sa place, en le soulevant ou en le tirant, cela s'appelle akira, à condition qu'il tire de façon continue, sans interruption, dans les quatre amot, et pour l'hotsaa, alors qu'une partie de l'objet est dedans et une partie dehors. Et c'est ce que nous disons plus loin au chapitre Hamatsnia (Chabbat 91b) à propos de celui qui vole une bourse à Chabbat : s'il la traînait en sortant, il est patour au titre du vol et hayav au titre de Chabbat. C'est pourquoi celui qui fait rouler un objet rond, comme un tonneau, s'il l'a roulé au-delà de quatre amot ou de reshout hayahid en reshout harabim, est hayav, car cela ressemble à celui qui traîne en sortant ; et même d'une seule poussée, s'il le pousse et que le tonneau continue de rouler au-delà de quatre amot ou jusqu'en reshout harabim, il est hayav. Mais un objet carré comme une caisse est comme rama vezakfa.
💡 Explication

L'hotsaa (sortie d'un domaine à l'autre) exige une akira dans un domaine d'obligation et une hanaha dans un autre domaine d'obligation, en un seul acte. Poser l'objet à mi-chemin, dans un lieu d'exemption, coupe l'acte en deux : aucune des deux moitiés n'est une melakha complète.

Le cas du panier est distinct : tant qu'une partie du panier reste dedans, les fruits sont considérés comme encore reliés à l'intérieur. La Guemara discute plus bas jusqu'où va ce principe.

Le Roch cite ici la règle de Rav Yehouda sur la botte de roseaux qu'on déplace en la basculant d'un bout sur l'autre : patour, pour la même raison. En revanche, tirer ou faire rouler l'objet d'un mouvement continu est une akira valable.

4
גְּמ׳ הַאי אַסְקֻופָּה, מַאי? אִילֵּימָא אַסְקֻופָּה רְשׁוּת הָרַבִּים — פָּטוּר? הָא קָא מַפֵּיק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים! אֶלָּא אַסְקֻופָּה רְשׁוּת הַיָּחִיד. בֵּין שֶׁחָזַר וְהוֹצִיאָן, בֵּין שֶׁהוֹצִיאָן אַחֵר — פָּטוּר? הָא קָא מַפֵּיק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים!

GUEMARA. Ce seuil, qu'est-il ?

Si l'on dit que c'est un seuil reshout harabim, est-il patour ? Mais il sort de reshout hayahid en reshout harabim !

C'est donc un seuil reshout hayahid. (Mais alors :) qu'il les ait ensuite sortis lui-même ou qu'un autre les ait sortis, il est patour ?

Mais il sort de reshout hayahid en reshout harabim !

📜 Rachi (2)
גמ' אִי נֵימָא אִיסְקוּפָּה רה"ר כְּגוֹן גְּבוֹהָה ט' וְרָחָב אַרְבָּעָה וְרַבִּים מְכַתְּפִין עָלָיו דְּחַזְיָא לְרַבִּים לְכַתּוֹפֵי כִּדְאָמַר בפ"ק (דַּף ח.):
Si l'on dit un seuil reshout harabim : par exemple haut de neuf (tefahim) et large de quatre, et le public y pose ses fardeaux, car il convient au public pour y poser ses fardeaux, comme il est dit au premier chapitre (8a).
רְשׁוּת הַיָּחִיד גְּבוֹהָה י' וּרְחָבָה ד' כִּי חָזַר וְהוֹצִיאָהּ לִיחַייַּב דְּאִיכָּא עֲקִירָה מרה"י וְהַנָּחָה ברה"ר:
Reshout hayahid : haut de dix (tefahim) et large de quatre ; quand il l'a ensuite sorti, il devrait être hayav, car il y a akira de reshout hayahid et hanaha en reshout harabim.
💡 Explication

La Guemara teste les statuts possibles du seuil. S'il est reshout harabim, le premier geste (maison -> seuil) est déjà une hotsaa complète. S'il est reshout hayahid, le second geste (seuil -> rue) en est une. Dans les deux cas, il y aurait une obligation.

5
אֶלָּא אַסְקֻופָּה כַּרְמְלִית, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן: טַעְמָא דְּנָח בְּכַרְמְלִית, הָא לָא נָח בְּכַרְמְלִית — מִיחַייַּב. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּבֶן עַזַּאי. דְּתַנְיָא: הַמּוֹצִיא מֵחֲנוּת לִפְלַטְיָא דֶּרֶךְ סְטָיו — חַייָּב, וּבֶן עַזַּאי פּוֹטֵר.

C'est donc un seuil karmelit. Et voici ce qu'elle nous enseigne : la raison (de l'exemption) est qu'il a posé (l'objet) dans la karmelit ; mais s'il ne l'a pas posé dans la karmelit, il est hayav.

Notre michna ne suit pas Ben Azzai, car il est enseigné (dans une baraita) : celui qui sort (un objet) d'une boutique vers une place en passant par une colonnade (stav) est hayav, et Ben Azzai le déclare patour.

📜 Rachi (5)
אֶלָּא אַסְקֻופָּה כַּרְמְלִית מג' וְעַד ט' [וְלֹא ט' בִּכְלָל] וְאֵינָהּ מְקֹורֶה וּרְחָבָה ד':
C'est donc un seuil karmelit : (haut) de trois à neuf (tefahim) [neuf non compris], non couvert, et large de quatre.
הָא לֹא נֹחַ מִיחַיַּיב ואע"ג דְּהֶעֱבִירוֹ דֶּרֶךְ כַּרְמְלִית וְלֹא אָמַר מְהַלֵּךְ כְּעוֹמֵד דָּמֵי וְאִיכָּא הַנָּחַת גּוּפוֹ דְּהָוֵי כְּהַנָּחַת חֵפֶץ:
Mais s'il ne l'a pas posé, il est hayav : bien qu'il l'ait fait passer par une karmelit ; et (la michna) ne dit pas que celui qui marche est comme celui qui se tient debout, de sorte qu'il y aurait un repos de son corps, équivalent au repos de l'objet.
מַחֲנוֹת רה"י:
D'une boutique : reshout hayahid.
פְּלַטְיָא רה"ר:
Une place : reshout harabim.
סְטָיו מָקוֹם מֻוקָּף אִיצְטַבָּאוֹת לֵישֵׁב וְהוּא כַּרְמְלִית דְּלָא בְּקָעֶיהָ בֵּיהּ רַבִּים לְהֶדְיָא:
Colonnade : un lieu entouré de banquettes pour s'asseoir ; c'est une karmelit, car le public ne la traverse pas directement.
💡 Explication

La karmelit est un domaine d'exemption d'ordre rabbinique : ni reshout hayahid ni reshout harabim. Sortir de la maison vers la karmelit, puis de la karmelit vers la rue, ne constitue aucune hotsaa de la Tora.

Le diyouk (déduction précise) : l'exemption tient au fait d'avoir posé dans la karmelit. Passer par elle sans s'arrêter reste une hotsaa complète. Ben Azzai, selon Rachi, tient que mehalekh ke'omed dami : celui qui marche est considéré comme s'arrêtant à chaque pas, ce qui équivaut à un dépôt dans la karmelit.

🖼️ Schéma
Hanout -> stav -> platia : passer par la karmelit sans s'y arrêterHanout (boutique)reshout hayahidakira iciStav (colonnade)karmelitsimple passagePlatia (place)reshout harabimhanaha iciTana kamma (et notre michna) : hayav, akira en RY et hanaha en RHBen Azzai : patour, celui qui marche est comme celui qui s'arrête (repos dans le stav)
La baraita du stav : notre michna exige un dépôt effectif dans la karmelit, contre Ben Azzai.
6
קֻופָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה כּוּ׳. אָמַר חִזְקִיָּה: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקֻופָּה מְלֵיאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵיאָה חַרְדָּל — חַייָּב. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי — לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ מְלֵיאָה חַרְדָּל — פָּטוּר. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי — שְׁמֵיהּ אֶגֶד.

Un panier plein, etc. Hizkiya a dit : on ne l'a enseigné que pour un panier plein de concombres et de courges ; mais (s'il est) plein de moutarde, il est hayav.

Il en ressort qu'il tient que agad keli (le lien par le récipient) ne s'appelle pas un lien. Et R.

Yo'hanan a dit : même plein de moutarde, il est patour. Il en ressort qu'il tient que agad keli s'appelle un lien.

📜 Rachi (2)
קִישּׁוּאִין וְדִילּוּעִין שֶׁהֵן אֲרֻוכִּין וַעֲדַייִן יֵשׁ מֵהֶם בִּפְנִים וְכָל מַה דַּאֲגִיד לְגַוַּאי כָּל דְּהוּ לָאו הוֹצָאָה הִיא:
Concombres et courges : qui sont longs, et une partie en est encore dedans ; or tout ce qui reste attaché à l'intérieur, si peu que ce soit, n'est pas une hotsaa.
אֲבָל מְלֵיאָה חַרְדָּל שֶׁהֲרֵי יֵשׁ מִמֶּנּוּ כֻּולָּן בַּחוּץ אע"פ שֶׁעַל יְדֵי הַכְּלִי הוּא נֶאֱגָד לְצַד פָּנִים חַיָּיב דְּאֶגֶד כְּלִי לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד לוֹמַר לֹא יָצָא כֻּולּוֹ וַעֲדַייִן אֲגָדוֹ בְּיָדוֹ בִּפְנִים זֶהוּ לְשׁוֹן הַשַּׁ"ס לְעִנְיַן שַׁבָּת כָּל כַּמָּה דְּלָא נָפֵיק לֵיהּ כּוּלֵּיהּ קָרֵי לֵיהּ אָגוּד דְּאִגּוּדוֹ שַׁייָּךְ לְגַבֵּי רְשׁוּת קַמָּא:
Mais plein de moutarde : puisqu'une partie de celle-ci est entièrement dehors, bien que par le récipient elle soit reliée à l'intérieur, il est hayav, car agad keli ne s'appelle pas un lien, pour dire qu'il n'est pas sorti entièrement et que son lien est encore dans sa main à l'intérieur. C'est la langue du Talmud pour Chabbat : tant que (l'objet) n'est pas sorti en entier, on l'appelle agoud (relié), car son lien appartient au premier domaine.
💡 Explication

La question porte sur agad keli : un objet entièrement sorti, mais contenu dans un récipient qui reste en partie dedans, est-il encore relié au premier domaine ?

Hizkiya : le récipient ne relie pas. Des grains de moutarde entièrement dehors sont sortis, donc hayav. La michna parle de fruits longs dont chacun reste lui-même en partie dedans. R. Yo'hanan : le récipient relie. Tant que le panier n'est pas sorti, rien de ce qu'il contient n'est sorti.

🖼️ Schéma
Panier sur le seuil : ce qui est dehors, ce qui reste dedansdedansdehorsConcombres / courgesune partie de chaque fruit reste dedansdedansdehorsGrains de moutardetous les grains dehors, le panier reste dedans
Fruits longs et grains de moutarde : seul le second cas oppose Hizkiya et R. Yo'hanan.
7
אָמַר רַבִּי זֵירָא: מַתְנִיתִין דְּלָא כְּחִזְקִיָּה דַּיְקָא, וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן דַּיְקָא: כְּחִזְקִיָּה לָא דַּיְקָא — דְּקָתָנֵי: ״עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה״ — טַעְמָא דְּכָל הַקֻּופָּה, הָא כָּל הַפֵּירוֹת — פָּטוּר, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד. כְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא דַּיְקָא — דְּקָתָנֵי: ״אַף עַל פִּי שֶׁרֹוב פֵּירוֹת בַּחוּץ״ — טַעְמָא דְּרֹוב פֵּירוֹת, הָא כָּל פֵּירוֹת, אַף עַל גַּב דַּאֲגִידָא קֻופָּה מִגַּוַּאי — חַייָּב, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד.

R. Zeira a dit : notre michna ne se lit pas exactement selon Hizkiya, et ne se lit pas exactement selon R.

Yo'hanan. Elle ne se lit pas exactement selon Hizkiya, car elle enseigne : "jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier" ; la raison est (qu'il faut) tout le panier, mais (s'il a sorti) tous les fruits, il est patour : il en ressort qu'elle tient que agad keli s'appelle un lien.

Elle ne se lit pas exactement selon R. Yo'hanan, car elle enseigne : "bien que la majorité des fruits soit dehors" ; la raison est (qu'il n'y a que) la majorité des fruits, mais (si) tous les fruits (sont dehors), bien que le panier soit relié à l'intérieur, il est hayav : il en ressort qu'elle tient que agad keli ne s'appelle pas un lien.

💡 Explication

R. Zeira tire deux diyoukim contradictoires de la même michna. La fin ("tout le panier") laisse entendre que sortir tous les fruits ne suffit pas : c'est la position de R. Yo'hanan. Le début ("la majorité des fruits") laisse entendre que tous les fruits suffiraient : c'est la position de Hizkiya.

8
וְאֶלָּא קַשְׁיָא! חִזְקִיָּה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרַבִּי יוֹחָנָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. חִזְקִיָּה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה״, בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — בְּקֻופָּה מְלֵיאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵיאָה חַרְדָּל — נַעֲשֶׂה כְּמִי שֶׁהוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה, וְחַייָּב. רַבִּי יוֹחָנָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, ״אַף עַל פִּי שֶׁרֹוב פֵּירוֹת בַּחוּץ״, וְלֹא רֹוב פֵּירוֹת בִּלְבַד, אֶלָּא אֲפִילּוּ כָּל פֵּירוֹת — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה.

Mais alors, c'est une difficulté ! Hizkiya l'explique selon sa méthode, et R.

Yo'hanan l'explique selon sa méthode. Hizkiya l'explique selon sa méthode : "jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier" ; dans quel cas est-ce dit ?

Pour un panier plein de concombres et de courges ; mais plein de moutarde, il est comme celui qui a sorti tout le panier, et il est hayav. R.

Yo'hanan l'explique selon sa méthode : "bien que la majorité des fruits soit dehors", et pas seulement la majorité des fruits, mais même tous les fruits, il est patour jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier.

📜 Rachi (3)
בד"א דְּעַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה:
Dans quel cas est-ce dit : (la règle) jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier.
בִּמְלֵיאָה קִישּׁוּאִין שֶׁהֵן מְמַלְּאִין בְּאָרְכָּן אֶת כָּל רֹוחַב הַקֻּופָּה וְכָל כַּמָּה דְּלָא נְפַק כֻּולָּהּ קֻופָּה לָא נָפֵיק אִינְהוּ:
Plein de concombres : qui remplissent par leur longueur toute la largeur du panier ; tant que le panier n'est pas sorti en entier, eux non plus ne sont pas sortis.
ר' יוֹחָנָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ תַּרְתֵּי קָתָנֵי מַתְנִיתִין לֹא זוֹ אַף זוֹ דְּסֵיפָא [מוֹכְחָא] דְּקָתָנֵי כָּל הַקֻּופָּה וְלָא קָתָנֵי כָּל הַפֵּירוֹת וְהָכִי קָאָמַר אַף עַל פִּי שֶׁרֹוב הַפֵּירוֹת מִבַּחוּץ אוֹ אֲפִילּוּ כָּל הַפֵּירוֹת מִבַּחוּץ נָמֵי פָּטוּר עַד שֶׁיּוֹצִיא כָּל הַקֻּופָּה:
R. Yo'hanan l'explique selon sa méthode : la michna enseigne deux choses, sur le mode lo zo af zo (non seulement ceci, mais aussi cela), comme [le prouve] la fin, qui dit "tout le panier" et ne dit pas "tous les fruits". Voici ce qu'elle dit : bien que la majorité des fruits soit dehors, ou même que tous les fruits soient dehors, il est aussi patour jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier.
💡 Explication

Chacun résout la contradiction en privilégiant une partie de la michna. Hizkiya retient le début et limite la fin aux fruits longs. R. Yo'hanan retient la fin et lit le début comme une gradation (lo zo af zo) : non seulement la majorité, mais même tous les fruits.

9
מֵיתִיבִי: הַמּוֹצִיא קֻופַּת הָרוֹכְלִין וּנְתָנָהּ עַל אַסְקֻופָּה הַחִיצוֹנָה, אַף עַל פִּי שֶׁרֹוב מִינִין בַּחוּץ — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקֻּופָּה. קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ בִּצְרָרֵי, קַשְׁיָא לְחִזְקִיָּה! אָמַר לָךְ חִזְקִיָּה: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — בְּאֻורְנָסֵי.

On objecte : celui qui sort le panier des marchands d'épices (rokhlin) et le pose sur le seuil extérieur, bien que la majorité des sortes (de marchandises) soit dehors, est patour jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier. Tu penses qu'il s'agit de sachets (tserarei) : c'est une difficulté pour Hizkiya !

Hizkiya te dira : de quoi s'agit-il ici ? De tiges (ournassei).

📜 Rachi (3)
רוֹכְלִין מוֹכְרֵי בְּשָׂמִים:
Rokhlin : les marchands d'épices.
קס"ד בִּצְרָרֵי שֶׁהָיָה בָּהּ צְרוֹר שֶׁל בְּשָׂמִים שְׁחוּקִין דְּכִי אַפְּקָהּ לְמִקְצָת קֻופָּה נָפֵיק בְּהַהִיא פֻּורְתָּא כַּמָּה צְרוֹרוֹת כֻּולָּן וְקָתָנֵי פָּטוּר אַלְמָא אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד:
Tu penses qu'il s'agit de sachets : il y avait dans le panier des sachets d'épices moulues ; quand il sort une partie du panier, plusieurs sachets sortent en entier par cette petite partie, et pourtant elle enseigne : patour. Il en ressort que agad keli s'appelle un lien.
בְּאֻורְנָסֵי אֲגֻודּוֹת שָׁרָשִׁין אֲרֻוכִּין אוֹ קָנֶה אוֹ קִילּוּפָה שֶׁל קִנָּמוֹן שֶׁהֵן אֲרֻוכִּין:
Ournassei : des bottes de racines longues, ou du roseau (aromatique), ou de l'écorce de cannelle, qui sont longs.
🗂️ Tossefot (1)
קס"ד בִּצְרָרֵי קַשְׁיָא לְחִזְקִיָּה וְאַלִּימָא לֵיהּ מִמַּתְנִי' מִשּׁוּם דִּסְתָם קֻופַּת הָרוֹכְלִים אִית בֵּיהּ צְרָרֵי וכ"מ מִדְּקָתָנֵי וּבָהּ מִינִין הַרְבֵּה וּמְשַׁנֵּי בְּאֻורְנָסֵי וּבָהּ מִינִין הַרְבֵּה אוֹרְחָא דְמִילְּתָא נְקַט וְכָל הַמִּינִין אֲרֻוכִּים:
Tu penses qu'il s'agit de sachets : c'est une difficulté pour Hizkiya ; (cette baraita) lui est plus forte que notre michna, parce qu'un panier de marchand ordinaire contient des sachets. Il semble aussi en être ainsi puisqu'elle enseigne : "et il s'y trouve de nombreuses sortes". Et il répond : des tiges ; "et il s'y trouve de nombreuses sortes" est dit selon l'usage courant, et toutes les sortes sont longues.
💡 Explication

La baraita semble contredire Hizkiya : un panier de marchand contient d'ordinaire de petits sachets d'épices, dont certains sortent en entier dès qu'une partie du panier est dehors ; pourtant il est patour. Hizkiya répond que ce panier contient des tiges aromatiques longues, comme les concombres de la michna. Tossefot explique pourquoi l'objection est plus forte ici qu'à partir de la michna : le panier d'un marchand d'épices contient normalement des sachets.

10
מֵתִיב רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: הַגּוֹנֵב כִּיס בְּשַׁבָּת — חַיָּיב, שֶׁכְּבָר נִתְחַיֵּיב בִּגְנֵיבָה קֹודֶם שֶׁיָּבֹא לִידֵי אִיסּוּר שַׁבָּת. הָיָה מְגָרֵר וְיוֹצֵא — פָּטוּר, שֶׁהֲרֵי אִיסּוּר גְּנֵיבָה וְאִיסּוּר שַׁבָּת בָּאִין כְּאֶחָד. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אֶגֶד כְּלִי — שְׁמֵיהּ אֶגֶד, קָדֵים לֵיהּ אִיסּוּר גְּנֵיבָה לְאִיסּוּר שַׁבָּת!

Rav Bivai bar Abaye objecte : celui qui vole une bourse (kis) à Chabbat est hayav (de payer), car il était déjà hayav pour le vol avant d'en venir à l'interdit de Chabbat. S'il la traînait en sortant, il est patour, car l'interdit du vol et l'interdit de Chabbat arrivent en même temps.

Or si tu penses que agad keli s'appelle un lien, l'interdit du vol précède l'interdit de Chabbat !

📜 Rachi (5)
הַגּוֹנֵב כִּיס בְּשַׁבָּת חַיָּיב בְּתַשְׁלוּמִין ואע"פ שֶׁנִּדּוֹן בְּנַפְשׁוֹ שֶׁכְּבָר נִתְחַיֵּיב בִּגְנֵיבָה בְּשָׁעָה שֶׁהִגְבִּיהַּ הַכִּיס בְּבֵית הַבְּעָלִים:
Celui qui vole une bourse à Chabbat est hayav : de payer, bien qu'il soit passible de mort, car il était déjà hayav pour le vol au moment où il a soulevé la bourse dans la maison des propriétaires.
הָיָה מְגָרֵר וְיוֹצֵא שֶׁלֹּא קְנָאָהּ בְּהַגְבָּהָה אֶלָּא בְּהוֹצָאָה מִבֵּית הַבְּעָלִים:
S'il la traînait en sortant : il ne l'a pas acquise par hagbaha (soulèvement), mais par la sortie de la maison des propriétaires.
פָּטוּר מִתַּשְׁלוּמִין:
Patour : du paiement.
שֶׁהֲרֵי אִיסּוּר שַׁבָּת כו' וּבִכְתֻובּוֹת פָּרִיךְ אִי דָּאֳפָקֶיהָ לרה"ר אִיסּוּר גְּנֵיבָה לֵיכָּא דִּרְשׁוּת הָרַבִּים לָאו מְקוֹם קְנִייָּה הִיא וּמוּקִי לָהּ בְּצִדֵּי רה"ר אִי נָמֵי שֶׁצֵּירוּף יָדוֹ לְמַטָּה מג' וְקִבְּלָהּ:
Car l'interdit de Chabbat, etc. : dans Ketoubot, on objecte : s'il l'a sortie en reshout harabim, il n'y a pas d'interdit de vol, car reshout harabim n'est pas un lieu d'acquisition ; et on l'établit aux abords de reshout harabim, ou bien qu'il a abaissé sa main à moins de trois (tefahim) (du sol) et l'a reçue.
קָדֵים לֵיהּ אִיסּוּר גְּנֵיבָה לְאִיסּוּר שַׁבָּת דְּכֵיוָן שֶׁהוֹצִיאוֹ מִקְצָתוֹ קָנָה כָּל הַמָּעוֹת שֶׁמִּבַּחוּץ שֶׁיָּכוֹל לְהוֹצִיאוֹ דֶּרֶךְ פִּיו וּלְעִנְיַן שַׁבָּת מִפְּטַר דַּאֲגִידִי גַּבֵּי רְשׁוּת הַיָּחִיד עַל יְדֵי הַכְּלִי:
L'interdit du vol précède l'interdit de Chabbat : car dès qu'il en a sorti une partie, il a acquis tout l'argent qui est dehors, puisqu'il peut le sortir par l'ouverture ; et pour Chabbat il est patour, car (l'argent) est relié à reshout hayahid par le récipient.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה הַאי זִירְזָא דְּקָנֵי רְמָא וְזַקְפֵהּ רְמָא וְזַקְפֵהּ לָא מִחַיַּיב עַד דְּעָקַר לֵיהּ. פִּי' חֲבִילָה שֶׁל קָנִים גְּדוֹלָה וְאֵין יָכוֹל לְהַגְבִּיהָהּ וּכְשֶׁהוּא רוֹצֶה לְטַלְטְלָהּ מִמָּקוֹם לְמָקוֹם מַגְבִּיהַּ הַקָּצֶה הָאֶחָד וּמַשְׁלִיכוֹ לְפָנָיו וְחוֹזֵר וְעוֹשֶׂה כֵּן עַד שֶׁיַּגִּיעֶנָּה לְמָקוֹם שֶׁהוּא רוֹצֶה אִם הָעֲבֵירָה בְּעִנְיָן זֶה אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים אוֹ הוֹצִיאָהּ מרה"י לר"ה פָּטוּר לְפִי דִּכְשֶׁעָקַר רֹאשׁוֹ הָאֶחָד וְהוֹלִיכוֹ אוֹ הוֹצִיאוֹ עֲדַיִין רֹאשׁ הַשֵּׁנִי מֻונָּח בִּמְקוֹמוֹ וּכְשֶׁחָזַר וְהִגְבִּיהַּ הָרֹאשׁ הָאַחֵר וְהוֹלִיכוֹ אוֹ הוֹצִיאוֹ לֹא נַעֲשֵׂית הַמְּלָאכָה בְּבַת אַחַת וְדָמֵי לְהָא דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפֶרֶק הַמַּצְנִיעַ (שַׁבָּת דַּף צֵא:) קֻופָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה פֵּירוֹת וּנְתָנָהּ עַל הָאִיסְקוּפָּה הַחִיצוֹנָה אע"פ שֶׁרֹוב פֵּירוֹת מִבַּחוּץ פָּטוּר עַד שֶׁיּוֹצִיא כָּל הַקֻּופָּה וּמוּכָח הָתָם דַּאֲפִילּוּ חָזַר וְהוֹצִיאוֹ פָּטוּר לְפִי שֶׁלֹּא עָשָׂה מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת אֲבָל אִם תָּפַשׂ אֶת הַחֲבִילָה וּמְשָׁכָהּ עַד שֶׁהוֹצִיא כֻּולָּהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים אוֹ חוּץ לְד' אַמּוֹת חַייָּב לְפִי שֶׁעָשָׂה כָּל מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת וְלֹא הֻונְּחָה בֵּינְתַיִם עַד שֶׁגָּמַר מְלַאכְתּוֹ וּמְשִׁיכָתָהּ מִמְּקוֹמָהּ הָוְיָא עֲקִירָה דְּלָא בָּעֵינַן שֶׁיַּגְבִּיהַּ הַחֵפֶץ אֶלָּא בְּכָל עִנְיָן שֶׁמֵּזִיז הַחֵפֶץ מִמְּקוֹמוֹ בֵּין בְּהַגְבָּהָה בֵּין בִּמְשִׁיכָה מִיקְּרֵי עֲקִירָה וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא מוֹשֵׁךְ וְהוֹלֵךְ בְּלֹא הֶפְסֵק בֵּינְתַיִם בְּתוֹךְ ד' אַמּוֹת וּבַהוֹצָאָה בְּעוֹד מִקְצָת הַחֵפֶץ בִּפְנִים וּמִקְצָתוֹ בַּחוּץ וְהָכִי אָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפַר' הַמַּצְנִיעַ (שַׁבָּת דַּף צֵא:) גַּבֵּי גּוֹנֵב כִּיס בְּשַׁבָּת הָיָה מְגָרֵר וְיוֹצֵא פָּטוּר מִשּׁוּם גְּנֵיבָה וְחַייָּב מִשּׁוּם שַׁבָּת. הִלְכָּךְ הַמְגַלְגֵּל דָּבָר עָגֹול כְּגוֹן חָבִית אִם גָּלְלוּ חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת אוֹ מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לר"ה חַייָּב דְּדָמֵי לִמְגָרֵר וְיוֹצֵא וַאֲפִילּוּ בִּדְחִיפָה אַחַת דּוֹחֲפוֹ וְהָיָה הוֹלֵךְ וּמְגַלְגֵּל עַד חוּץ לְד' אַמּוֹת אוֹ לר"ה חַיָּיב אֲבָל דָּבָר מְרֻובָּע כְּמוֹ תֵּיבָה הַייְנוּ כְּמוֹ רְמָא וְזָקְפָה:
Rav Yehouda a dit : ce zirza de roseaux, rama vezakfa, rama vezakfa (il le jette et le redresse, il le jette et le redresse), il n'est hayav que lorsqu'il l'a arraché (de sa place). Explication : une grosse botte de roseaux qu'il ne peut pas soulever ; quand il veut la déplacer d'un endroit à un autre, il soulève une extrémité et la jette devant lui, puis recommence ainsi jusqu'à l'amener à l'endroit voulu. S'il l'a déplacée de cette manière sur quatre amot en reshout harabim, ou s'il l'a sortie de reshout hayahid en reshout harabim, il est patour : quand il a arraché une extrémité et l'a portée ou sortie, l'autre extrémité reposait encore à sa place ; et quand il a ensuite soulevé l'autre extrémité et l'a portée ou sortie, la melakha n'a pas été faite en une seule fois. Cela ressemble à ce que nous disons plus loin au chapitre Hamatsnia (Chabbat 91b) : un panier plein de fruits posé sur le seuil extérieur, bien que la majorité des fruits soit dehors, il est patour jusqu'à ce qu'il sorte tout le panier ; et il est prouvé là-bas que même s'il l'a ensuite sorti, il est patour, parce qu'il n'a pas fait sa melakha en une seule fois. Mais s'il a saisi la botte et l'a tirée jusqu'à la sortir entièrement en reshout harabim ou au-delà de quatre amot, il est hayav, car il a fait toute sa melakha en une seule fois et elle n'a pas été posée entre-temps avant qu'il ait terminé sa melakha. Et la tirer de sa place est une akira (arrachement), car nous n'exigeons pas qu'il soulève l'objet : de toute manière dont il déplace l'objet de sa place, en le soulevant ou en le tirant, cela s'appelle akira, à condition qu'il tire de façon continue, sans interruption, dans les quatre amot, et pour l'hotsaa, alors qu'une partie de l'objet est dedans et une partie dehors. Et c'est ce que nous disons plus loin au chapitre Hamatsnia (Chabbat 91b) à propos de celui qui vole une bourse à Chabbat : s'il la traînait en sortant, il est patour au titre du vol et hayav au titre de Chabbat. C'est pourquoi celui qui fait rouler un objet rond, comme un tonneau, s'il l'a roulé au-delà de quatre amot ou de reshout hayahid en reshout harabim, est hayav, car cela ressemble à celui qui traîne en sortant ; et même d'une seule poussée, s'il le pousse et que le tonneau continue de rouler au-delà de quatre amot ou jusqu'en reshout harabim, il est hayav. Mais un objet carré comme une caisse est comme rama vezakfa.
💡 Explication

Principe de kim leh bideraba minei : celui qui commet en un seul acte une faute passible de mort (la melakha de Chabbat) et une obligation d'argent (le vol) n'est puni que de la plus grave et ne paie pas. Si le vol a été acquis avant la melakha, les deux ne coïncident pas et il paie.

En soulevant la bourse, il l'acquiert par hagbaha : vol d'abord, Chabbat ensuite. En la traînant, il l'acquiert seulement en la sortant : les deux coïncident. L'objection vise R. Yo'hanan : si la bourse relie l'argent à l'intérieur, Chabbat n'est violé qu'à la sortie complète, alors que le vol est acquis dès que l'ouverture est dehors.

Le Roch en déduit que tirer un objet en continu est une akira valable pour Chabbat.

11
אִי דְּאַפְּקֵיהּ דֶּרֶךְ פִּיו — הָכִי נָמֵי. הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן? — דָּאֳפָקֶיהָ דֶּרֶךְ שׁוּלָיו. וְהָאִיכָּא מְקוֹם חֲלָמָהּ,

S'il l'a sortie par l'ouverture, en effet (le vol précède). De quoi s'agit-il ici ?

D'un cas où il l'a sortie par le fond. Mais il y a l'endroit de la couture,

📜 Rachi (2)
דֶּרֶךְ שׁוּלָיו וְכֵיוָן דְּלָא מָצֵי לְמִשְׁקַל לָא קָנֵי בְּהַגְבָּהָתוֹ:
Par le fond : et puisqu'il ne peut pas prendre (l'argent), il ne l'acquiert pas par ce soulèvement.
הָא אִיכָּא מְקוֹם חֲלָמָהּ מְקוֹם הַתְּפִירָה שֶׁיָּכוֹל לִקְרֹועַ וּלְהוֹצִיא. חֲלָמָהּ שֶׁוִּלְדּוּרָא כְּמוֹ בְּהָעוֹר וְהָרֹוטֶב (חֻולִּין קכג.) שָׁאנֵי עוֹר דְּחָלִים:
Mais il y a l'endroit de la couture : l'endroit de la piqûre, qu'il peut déchirer pour sortir (l'argent). Hilma, en vieux français soldure (soudure), comme au chapitre Haor vehaRotev (Houlin 123a) : la peau est différente, car elle se soude (halim).
💡 Explication

Réponse : la baraita parle d'une bourse sortie par le fond. L'argent reste inaccessible tant que la bourse n'est pas entièrement sortie ; vol et Chabbat coïncident donc aussi selon R. Yo'hanan.

La Guemara relance : la couture du fond permettrait de déchirer et de prendre l'argent. La suite de la discussion est au daf 92a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).