Shabbat 92a — Agad kli et agad gouf ; porter comme les fils de Kehat

Shabbat 92a

Sougya : Le daf termine la discussion sur la bourse et le couffin sortis en partie dans le domaine public, puis rapporte la mahloket d'Abaye et Rava : un récipient (agad kli) ou le corps (agad gouf) relient-ils l'objet au domaine privé ? Les deux Amoraim ont ensuite échangé leurs positions.

La michna énumère ensuite les façons habituelles de porter (main, giron, épaule : hayav, comme le port des fils de Kehat) et les façons inhabituelles (pied, bouche, coude, chaussure : patour). La Guemara rapporte R.

Elazar : porter au-dessus de dix tefahim rend hayav, prouvé par l'autel et le Aron portés par les Leviim, puis l'enseignement de Rav sur celui qui porte sur la tête.

Agad kli, agad gouf : Abaye et Rava changent de positionRavaAbaye1) Couffin plein de moutarde, en partie dehorsHAYAVAgad kli n'est pas un lien :les graines dehors sont sortiesPATOURAgad kli est un lien :tout reste rattaché à la maison2) Sortir des fruits : à la main / dans un récipient (corps à l'intérieur)Main : PATOUR (agad gouf = lien)Récipient : HAYAV(agad kli n'est pas un lien)Main : HAYAV (agad gouf != lien)Récipient : PATOUR(agad kli = lien)Contradiction sur la main ? Non : chacun a adopté la position de l'autre(kam Abaye bechitatei deRava ...) - la seconde déclaration vient après le changementDifficulté : Rava sur la main -> on inverse (ipoukh) : à la main HAYAVObjection : michna du pauvre et du maître de maison -> main tendue dehors = patourRéponse : michna = main à plus de 3 tefahim du sol (pas de hanaha)Ici = main à moins de 3 tefahim : comme posée au sol -> hayav
Abaye et Rava sur agad kli (le récipient relie-t-il son contenu à la maison ?) et agad gouf (la main suit-elle le corps ?), puis leur changement de position.
R. Elazar : porter au-dessus de 10 tefahim rend hayav (fils de Kehat)Voie 1 : l'autelAutel comparé au Michkan (hekech)Voie 2 : le AronAron 9 tefahim + kaporet 1 = 10Michkan : planches de 10 amot-> autel : 10 amot de hautMoche a étendu la tente : Leviim 10 amotLeviim de taille ordinaire(Rachi : épaule à 3 amot = 18 tefahim)Aron de 10 tefahimTradition : charge portée par des barres = 1/3 au-dessus, 2/3 en dessousBas de l'autel très haut(environ 1/3 de 10 amot du sol)Aron : 6 2/3 tefahim sous l'épaule18 - 6 2/3 = 11 1/3 > 10 tefahimQuestion : pourquoi ne pas déduire de Moche la taille de tous les Leviim ?Réponse : Moche est à part - la Chekhina ne repose que sur un homme de haute tailleConclusion : l'hotsaa au-dessus de 10 tefahim (en portant, sans jeter) est une melakha
Les deux preuves que les fils de Kehat portaient au-dessus de dix tefahim : l'autel et le Aron.
1
דְּאִי בָּעֵי מְפַקַּע לֵיהּ וְשָׁקֵיל! בְּנִסְכָּא. וְכֵיוָן דְּאִיכָּא שְׁנָצִין, מַפֵּיק לֵיהּ עַד פֻּומֵּיהּ וְשָׁרֵי וְשָׁקֵיל, וּשְׁנָצִין אֲגִידֵי מִגַּוַּאי! דְּלֵיכָּא שְׁנָצִין. וְאִיבָּעֵית אֵימָא דְּאִית לֵיהּ, וּמְכָרְכִי עִילָּוֵיהּ.

(Question :) car s'il le veut, il la déchire (la bourse, à la couture) et prend (l'argent) ! (Réponse :) Il s'agit de lingots allongés.

(Question :) Et puisqu'il y a des cordons, il la sort jusqu'à son ouverture, dénoue et prend, alors que les cordons sont (encore) attachés à l'intérieur ! (Réponse :) Il n'y a pas de cordons.

Et si tu veux, dis qu'il en a, mais qu'ils sont enroulés autour d'elle.

📜 Rachi (5)
מַפְקַע קוֹרֵעַ:
Il la déchire : il la déchire.
בְּנִסְכָּא שֶׁהֵן חֲתִיכוֹת אֲרֻוכּוֹת וְכָל זְמַן שֶׁמִּקְצָתָן בִּפְנִים לֹא קָנָה:
Lingots : ce sont des morceaux allongés, et tant qu'une partie en est à l'intérieur, il ne l'a pas acquis.
וּפָרְכִינַן וְכֵיוָן דְּאִיכָּא שְׁנָצִין רְצוּעוֹת שֶׁקּוֹרִין אשטולד"ץ:
Et nous objectons : et puisqu'il y a des cordons : des lanières, qu'on appelle (en vieux français) estoldec.
מַפֵּיק לֵיהּ עַד פֻּומֵּיהּ וּשְׁקִיל וְכֵיוָן דְּמָצֵי לְמִשְׁקְלִינְהוּ קָנֵי וּלְעִנְיַן שַׁבָּת לָא מִיחַייַּב עַד דְּמַפֵּיק לְהוּ לִשְׁנָצִין דְּעַל יָדוֹ הוּא אָגוּד לרה"י שֶׁהֲרֵי לֹא יָצְאוּ:
Il la sort jusqu'à son ouverture et prend : et puisqu'il peut les prendre, il a acquis ; et pour Chabbat, il n'est pas hayav tant qu'il n'a pas sorti les cordons, car c'est par eux qu'elle est rattachée au domaine privé, puisqu'ils ne sont pas sortis.
וּמְכָרְכִי עִילָּוֵיהּ שֶׁאֵין יָכוֹל לְהוֹצִיאוֹ בְּלֹא שְׁנָצִין:
Enroulés autour d'elle : de sorte qu'il ne peut pas la sortir sans les cordons.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאִי בָּעֵי מְפַקַּע לֵיהּ נִרְאֶה לר"י שֶׁכִּיסִין שֶׁלָּהֶם לֹא הָיוּ תְּפוּרוֹת בְּחֹוזֶק כְּמוֹ שֶׁלָּנוּ וּלְהָכִי פָּרִיךְ מִמְּקוֹם הַתְּפִירָה וְלֹא מִמָּקוֹם אַחֵר:
Car s'il le veut, il la déchire : il semble au Ri que leurs bourses n'étaient pas cousues solidement comme les nôtres ; c'est pourquoi (la Guemara) objecte à partir de l'endroit de la couture et non d'un autre endroit.
💡 Explication

Suite de 91b : un voleur sort une bourse d'une maison le Chabbat. Pour le vol, il devient responsable dès qu'il peut prendre l'argent (kinyan) ; pour Chabbat, il faut que l'objet soit entièrement sorti. Si les deux moments coïncident, il est dispensé du paiement (kam lei bedraba minei).

La Guemara cherche un cas où le vol n'est acquis qu'à la sortie complète : des lingots longs (nesekha), qu'on ne peut retirer tant qu'une partie est dedans. Les cordons (chentsin) posent problème : s'ils restent dedans, la bourse est encore reliée à la maison. Réponse : pas de cordons, ou des cordons enroulés autour de la bourse, qui sortent avec elle.

2
וְכֵן אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקֻופָּה מְלֵאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵאָה חַרְדָּל — חַיָּיב. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. אַבַּיֵּי אָמַר: אֲפִילּוּ מְלֵאָה חַרְדָּל — פָּטוּר, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד. קָם אַבַּיֵּי בְּשִׁיטְתֵיהּ דְּרָבָא, קָם רָבָא בְּשִׁיטְתֵיהּ דְּאַבָּיֵי, וְרָמֵי דְּאַבַּיֵּי אַדְּאַבַּיֵּי, וְרָמֵי דְּרָבָא אַדְּרָבָא.

Et de même Rava a dit : on n'a enseigné (que le couffin à moitié dehors est patour) que pour un couffin plein de concombres et de courges ; mais plein de moutarde, il est hayav. Il en ressort qu'il pense que le lien du récipient (agad kli) n'est pas considéré comme un lien.

Abaye a dit : même plein de moutarde, il est patour. Il en ressort qu'il pense que le lien du récipient est considéré comme un lien.

Abaye a adopté la position de Rava, Rava a adopté la position d'Abaye, et (la Guemara) oppose une parole d'Abaye à une autre parole d'Abaye, et une parole de Rava à une autre parole de Rava.

📜 Rachi (1)
קָם אַבַּיֵּי בְּשִׁיטְתֵיהּ כו' שְׁנֵיהֶם חָזְרוּ בְּדִבְרֵיהֶם וְהֶחֱלִיפוּם:
Abaye a adopté la position etc. : tous deux sont revenus sur leurs paroles et les ont échangées.
🗂️ Tossefot (1)
וְרָמֵי דְּאַבַּיֵּי אַדְּאַבַּיֵּי קִים לֵיהּ לְהַשַּׁ"ס דְּהַךְ מִילְּתָא דְּמַיְיתִי אִיתְּמַר בָּתַר דַּהֲדוּר בְּהוּ:
Et on oppose Abaye à Abaye : le Talmud savait avec certitude que cette parole qu'il rapporte à été dite après qu'ils sont revenus (sur leur position).
💡 Explication

Un couffin sorti en partie dans le domaine public : des concombres ou des courges restent en partie dedans, donc rien n'est entièrement sorti. Avec des graines de moutarde, certaines graines sont entièrement dehors.

Pour Rava, le récipient ne relie pas son contenu à la maison : agad kli lav chmei agad, donc hayav. Pour Abaye, le récipient relie le contenu : agad kli chmei agad, donc patour. La Guemara annonce qu'ils ont ensuite échangé leurs positions, ce que montre la déclaration suivante.

3
דְּאִיתְּמַר: הַמּוֹצִיא פֵּירוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, אַבַּיֵּי אָמַר: בַּיָּד — חַייָּב, בִּכְלִי — פָּטוּר. וְרָבָא אָמַר: בַּיָּד — פָּטוּר, בִּכְלִי — חַיָּיב!

Car il a été enseigné : celui qui sort des fruits dans le domaine public, Abaye a dit : à la main, il est hayav ; dans un récipient, il est patour. Et Rava a dit : à la main, il est patour ; dans un récipient, il est hayav !

📜 Rachi (3)
בַּיָּד חַיָּיב מִשֶּׁיָּצְאוּ הַפֵּירוֹת ואע"פ שֶׁגּוּפוֹ בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וְלָא אָמְרִינַן אָגַד גּוּפוֹ שְׁמֵיהּ אֶגֶד:
À la main, hayav : dès que les fruits sont sortis, bien que son corps soit dans le domaine privé, et on ne dit pas que le lien du corps (agad gouf) est un lien.
בִּכְלִי פָּטוּר כָּל זְמַן שֶׁיֵּשׁ מִקְצָת הַכְּלִי בְּבֵיתוֹ:
Dans un récipient, patour : tant qu'une partie du récipient est dans sa maison.
בְּיַד פָּטוּר דְּאֶגֶד גּוּפוֹ שְׁמֵיהּ אֶגֶד דְּיָדוֹ בָּתַר גּוּפוֹ גְּרִירָא בִּכְלִי חַיָּיב וְקַשְׁיָא אַתַּרְוַייְהוּ לְמַה שֶׁהֶחֱלִיפוּ שִׁיטָתָן:
À la main, patour : car le lien du corps est un lien, puisque sa main suit son corps ; dans un récipient, hayav. Et il y a une difficulté sur les deux, sur ce qu'ils ont échangé leurs positions.
🗂️ Tossefot (1)
הַמּוֹצִיא בְּפִיו כּוּ' וְהָא דִּתְנַן בְּאָמְרוּ לוֹ (כְּרִיתוֹת ד' יג:) אִם הָיְתָה שַׁבָּת וְהוֹצִיאוֹ בְּפִיו חַיָּיב ה"מ אוֹכְלִים שֶׁדַּרְכָּן לְהוֹצִיאָן בְּפִיו בִּשְׁעַת אֲכִילָה:
Celui qui sort dans sa bouche etc. : et ce que nous avons appris au chapitre Amrou lo (Keritot 13b) : si c'était Chabbat et qu'il l'a sorti dans sa bouche, il est hayav, cela concerne des aliments qu'on a l'habitude de sortir dans la bouche au moment du repas.
💡 Explication

Deux notions : agad kli (le récipient relie ce qu'il contient au domaine où il se trouve en partie) et agad gouf (la main tendue dehors reste liée au corps qui est dedans).

Ici Abaye dit : main = hayav (le corps ne relie pas), récipient = patour (le récipient relie). Rava dit l'inverse. Pour le récipient, chacun tient maintenant la position de l'autre au segment précédent : c'est le changement annoncé. Rava pose cependant un problème : à la main, il dit patour.

4
אִיפּוּךְ: בַּיָּד — חַייָּב. וְהִתְנָן: פָּשַׁט בַּעַל הַבַּיִת אֶת יָדוֹ לַחוּץ, וְנָטַל הֶעָנִי מִתּוֹכָהּ אוֹ שֶׁנָּתַן לְתוֹכָהּ וְהִכְנִיס — שְׁנֵיהֶן פְּטוּרִין. הָתָם — לְמַעְלָה מִשְּׁלֹשָׁה, הָכָא — לְמַטָּה מִשְּׁלֹשָׁה.

Inverse : (Rava dit :) à la main, hayav. (Question :) Mais nous avons appris : le maître de maison a tendu la main dehors, et le pauvre a pris de dedans, ou il y a mis (un objet) et (le maître de maison) l'a rentré : tous deux sont patour !

(Réponse :) Là-bas, (la main est) au-dessus de trois (tefahim du sol) ; ici, en dessous de trois.

📜 Rachi (2)
הָתָם לְמַעְלָה מג' וְטַעֲמָא מִשּׁוּם דְּלָא נָח וְלֹא מִשּׁוּם אֶגֶד גּוּפָהּ:
Là-bas, au-dessus de trois : et la raison est qu'il n'y a pas eu de pose (hanaha), et non à cause du lien du corps.
וְהָכָא לְמַטָּה מִג' דְּלֵיכָּא לְמִיפַּטְרִי' מִשּׁוּם הַנָּחָה דִּכְמֻונָּח דָּמֵי:
Et ici, en dessous de trois : où il est impossible de le déclarer patour à cause de la pose, car c'est comme posé.
🗂️ Tossefot (1)
הָתָם לְמַעְלָה מג' וּנְהִי דְּלָאו שְׁמֵיהּ אֶגֶד הַנָּחָה לֵיכָּא כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס הִקְשָׁה הָ"ר אֶלְחָנָן לְרַבָּה דְּמוּקֵי מַתְנֵי' בְּרֵישׁ מְכִילְתִּין (דַּף ד.) כר"ע דְּאָמַר קְלוּטָה כְּמִי שֶׁהֻונְּחָה דָּמְיָא בְּהַךְ בָּבָא דְּמַיְיתֵי הָכָא אַמַּאי שְׁנֵיהֶם פְּטוּרִין וַהֲלֹא לְמַעְלָה מג' לְר' עֲקִיבָא כְּמוֹ לְמַטָּה מִג' לְרַבָּנָן וי"ל דְּרַבָּה סָבַר אֶגֶד גּוּף שְׁמֵיהּ אֶגֶד ור"י מְפָרֵשׁ הָתָם לְמַעְלָה מג' וְאִית לָן לְמֵימַר דִּשְׁמֵיהּ אֶגֶד כִּדְאָמַר בפ"ק (דַּף ג.) דְּיָדוֹ בָּתַר גּוּפוֹ גָּרִיר הָכָא לְמַטָּה מִג' דְּלָאו שְׁמֵיהּ אֶגֶד:
Là-bas, au-dessus de trois : et même si (le corps) n'est pas considéré comme un lien, il n'y a pas de pose, comme l'explique le Kountres (Rachi). Rabbi Elhanan a posé une difficulté selon Rabba, qui établit notre michna au début du traité (4a) selon Rabbi Akiva, qui dit qu'un objet saisi dans l'air (kelouta) est comme posé : dans ce cas rapporté ici, pourquoi sont-ils tous deux patour ? Au-dessus de trois pour Rabbi Akiva équivaut à en dessous de trois pour les Rabbanan ! On peut répondre que Rabba pense que le lien du corps est un lien. Et le Ri explique : là-bas, au-dessus de trois, et nous devons dire qu'il est considéré comme un lien, comme on dit au premier chapitre (3a) que sa main suit son corps ; ici, en dessous de trois, il n'est pas considéré comme un lien.
💡 Explication

La Guemara résout la contradiction de Rava en inversant (ipoukh) sa parole : à la main, hayav. On objecte la michna du début du traité (3a) : le maître de maison qui tend la main dehors n'est pas hayav.

Réponse : la michna parle d'une main à plus de trois tefahim du sol. Une telle main n'est pas un lieu de pose, donc il manque la hanaha. Ici, la main est à moins de trois tefahim : selon la règle de lavoud, ce qui est à moins de trois tefahim du sol est considéré comme posé au sol.

5
מַתְנֵי׳ הַמּוֹצִיא, בֵּין בִּימִינוֹ בֵּין בִּשְׂמֹאלוֹ, בְּתוֹךְ חֵיקוֹ אוֹ עַל כְּתֵיפָיו — חַייָּב, שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. כִּלְאַחַר יָדוֹ, בְּרַגְלוֹ, בְּפִיו וּבְמַרְפֵּקוֹ, בְּאָזְנוֹ וּבִשְׂעָרוֹ, וּבְפֻונְדָּתוֹ וּפִיהָ לְמַטָּה, בֵּין פֻּונְדָּתוֹ לְחִלּוּקוֹ, וּבִשְׂפַת חֲלוּקוֹ, בְּמִנְעָלוֹ, בְּסַנְדָּלוֹ — פָּטוּר, שֶׁלֹּא הוֹצִיא כְּדֶרֶךְ הַמּוֹצִיאִין.

MICHNA. Celui qui sort (un objet), que ce soit de sa main droite ou de sa main gauche, dans son giron ou sur ses épaules, est hayav, car tel était le port des fils de Kehat.

Du revers de la main, avec son pied, dans sa bouche, avec son coude, dans son oreille, dans ses cheveux, dans sa ceinture (creuse) l'ouverture en bas, entre sa ceinture et sa tunique, dans l'ourlet de sa tunique, dans sa chaussure, dans sa sandale : il est patour, car il n'a pas sorti comme sortent ceux qui sortent.

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת בַּכָּתֵף יִשָּׂאוּ (בַּמִּדְבָּר ז׳:ט׳) וְיָמִין וּשְׂמֹאל וְחֵיק אוֹרַח אַרְעָא וּבְשֵׁם רַבֵּינוּ יִצְחָק בַּר יְהוּדָה מָצָאתִי שֶׁאָמַר בְּשֵׁם רַב הַאי שֶׁמְּפֹורָשׁ בְּהַשַּׁ"ס יְרוּשַׁלְמִי וּפְקֻודַּת אֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן הַכֹּהֵן שֶׁמֶן הַמָּאוֹר וּקְטֹורֶת הַסַּמִּים וּמִנְחַת הַתָּמִיד וְשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה [שֶׁמֶן] אֶחָד בְּיָמִין [וְשֶׁמֶן] אֶחָד בִּשְׂמֹאל וְהַקְּטֹורֶת בְּחֵיקוֹ וְהֶחָבְיָתִין בַּכָּתֵף:
Michna. Car tel était le port des fils de Kehat : Ils porteront sur l'épaule (Bamidbar 7, 9) ; et la droite, la gauche et le giron sont la manière habituelle. Et au nom de Rabbenou Yitshak bar Yehouda, j'ai trouvé qu'il a dit au nom de Rav Haï qu'il est expliqué dans le Talmud Yerouchalmi : Et la charge d'Elazar fils d'Aharon le Kohen : l'huile du luminaire, l'encens aromatique, l'offrande perpétuelle et l'huile d'onction ; (une) huile dans la droite, (une) huile dans la gauche, l'encens dans son giron et les havitin (offrande du Kohen Gadol) sur l'épaule.
מַרְפְּקוֹ איישיל"א:
Son coude (mirpako) : (en vieux français) aissele (aisselle).
פֻּונְדָּתוֹ אֵזוֹר חָלוּל:
Sa ceinture (pounda) : une ceinture creuse.
וּפִיהָ לְמַטָּה אֵין דֶּרֶךְ הוֹצָאָה בְּכָךְ אֲבָל פִּיהָ לְמַעְלָה דֶּרֶךְ הוֹצָאָה:
L'ouverture en bas : ce n'est pas une manière de sortir ; mais l'ouverture en haut est une manière de sortir.
שְׂפַת חֲלוּקוֹ שָׂפָה הַתַּחְתּוֹנָה:
L'ourlet de sa tunique : le bord inférieur.
🗂️ Tossefot (2)
לְאַחַר יָדוֹ בְּרַגְלוֹ וְלִסְפָרִים דְּגָרַס כִּלְאַחַר יָדוֹ י"ל דִּבְרַגְלוֹ הָוֵי פֵּירוּשׁ כִּלְאַחַר יָדוֹ וּמִיהוּ גִּירְסָא קַמָּא נִיחָא טְפֵי דְּהָכִי תַּנְיָא בַּבָּרַיְיתָא בַּגְּמָרָא:
Le revers de sa main, avec son pied : et selon les livres qui lisent kelahar yado (comme avec le revers de sa main), on peut dire que avec son pied est une explication de comme avec le revers de sa main. Mais la première lecture est préférable, car c'est ainsi qu'il est enseigné dans la baraita de la Guemara.
בְּמַרְפְּקוֹ הוּא שֶׁקּוֹרִין קוד"א וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אישיל"ש מִדִּתְנַן בְּאֹהָלוֹת (פ"א מ"ח) רמ"ח אֵבָרִים בָּאָדָם שְׁלשִׁים בְּפִיסַּת הַיָּד ו' בְּכָל אֶצְבַּע שְׁנַיִם בַּקָּנֶה שְׁנַיִם בַּמַּרְפֵּק אֶחָד בַּזְּרוֹעַ שְׁנַיִם בַּכָּתֵף כו' מַשְׁמַע דְּמַרְפֵּק הוּא לְמַטָּה מִן הַזְּרוֹעַ וְכֵן בְּפֶרֶק הָאוֹמֵר מִשְׁקָלִי (עֲרָכִין יט:) יָדִי וְרַגְלִי עָלַי מְמַלֵּא חָבִית מַיִם וּמַכְנִיס בְּיַד עַד הֶעָצֵיל וּבָרֶגֶל עַד הָאַרְכֻּובָּה וְלֶעָצֵיל קָרֵי לֵיהּ בְּמַתְנִיתִין דְּהָתָם בְּמַרְפְּקוֹ וְתַרְגּוּם שֶׁל אֲצִילֵי יָדַי מַרְפְּקֵי יָדֶיהָ (יְחֶזְקֵאל י״ג:י״ח) מַשְׁמַע דְּעָצֵיל הַייְנוּ קוד"א שֶׁהוּא בַּיָּד כְּנֶגֶד אַרְכֻּובָּה בָּרֶגֶל ובפ"ב דִּזְבָחִים (דַּף יח:) לֹא יַחְגְּרוּ בַּיָּזַע שֶׁאֵין חוֹגְרִין לֹא לְמַטָּה מִמָּתְנֵיהֶם וְלֹא לְמַעְלָה מֵאֲצִילֵיהֶם אֶלָּא כְּנֶגֶד אֲצִילֵי יְדֵיהֶם וְאִי אֲצִילֵי הַיְינוּ אישיל"ש הֵיאַךְ יַחְגְּרוּ לְמַעְלָה מֵהֶם וְעוֹד א"כ כְּנֶגֶד אַצִּילֵיהֶן הֵיאַךְ חוֹגְרִים אַדְּרַבָּה שָׁם הִיא מְקוֹם זֵיעָה אֶלָּא וַדַּאי הַייְנוּ קוד"א וְכֵן יֵשׁ לְהוֹכִיחַ מִכָּאן דְּלָא כִּמְפָרֵשׁ דִּמְקוֹם תְּפִילִּין הָוֵי בְּקָנֶה לְמַטָּה מִמַּרְפֵּק דִּבְכָל מָקוֹם אָמְרִינַן תְּפִילִּין בַּזְּרוֹעַ וּבְמַס' אֹהָלוֹת (פ"א מ"ח) מַשְׁמַע דִּזְרוֹעַ הוּא לְמַעְלָה מִמַּרְפֵּק וְעוֹד דִּבְפֶ' הָאוֹמֵר מִשְׁקָלִי (שָׁם ד' יט:) פָּרִיךְ וּבַיָּד עַד הֶעָצֵיל וְהָכְתִיב וְהָיָה לְאוֹת עַל יָדְךָ וְתַנָּא זֶה קִיבּוֹרִית וּמְשַׁנֵּי דְּאוֹרָיְיתָא קִיבּוֹרִית כֻּולָּהּ פֵּירוּשׁ קְרוּיָה יָד בִּנְדָרִים הַלֵּךְ אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם מַשְׁמַע דִּמְקוֹם תְּפִילִּין לְמַעְלָה מִן הֶעָצֵיל:
Son coude (mirpako) : c'est ce qu'on appelle (en vieux français) coude, et non comme l'a expliqué le Kountres, aisselle. Car nous avons appris dans Ohalot (1, 8) : deux cent quarante-huit membres dans l'homme : trente dans la paume de la main, six dans chaque doigt, deux dans l'avant-bras (kane), deux dans le mirpak, un dans le bras (zeroa), deux dans l'épaule etc. ; cela implique que le mirpak est en dessous du bras. Et de même au chapitre Haomer mishkali (Arakhin 19b) : (Celui qui dit) mes mains et mes pieds (sont) sur moi (en offrande), il remplit un tonneau d'eau et introduit la main jusqu'à l'atsil et le pied jusqu'au genou ; et l'atsil, la michna de là-bas l'appelle mirpak. Et le Targoum de atsilei yadai est mirpekei yadeiha (Ye'hezkel 13, 18) : cela implique que l'atsil est le coude, qui est dans le bras l'équivalent du genou dans la jambe. Et au deuxième chapitre de Zevahim (18b) : ils ne se ceignent pas au niveau de la transpiration, car on ne se ceint ni en dessous des hanches ni au-dessus des atsilim, mais à la hauteur des atsilim ; et si atsilim était l'aisselle, comment se ceindraient-ils au-dessus ? De plus, s'il en était ainsi, comment se ceignent-ils à leur hauteur ? Au contraire, c'est là le lieu de la transpiration. C'est donc certainement le coude. Et on peut aussi prouver d'ici, contre celui qui explique que la place des téfilines est sur l'avant-bras (kane), en dessous du mirpak : car partout nous disons téfilines sur le bras (zeroa), et dans le traité Ohalot (1, 8) il ressort que le zeroa est au-dessus du mirpak. De plus, au chapitre Haomer mishkali (ibid. 19b), (la Guemara) objecte : et la main jusqu'à l'atsil ? Mais il est écrit : Ce sera un signe sur ta main, et il est enseigné : c'est le biceps (kiboret) ! Et elle répond : selon la Torah, tout le biceps, c'est-à-dire, est appelé main ; pour les vœux, on suit le langage des gens. Il en ressort que la place des téfilines est au-dessus de l'atsil.
⚖️ Rosh (1)
הַמּוֹצִיא בֵּין בִּימִינוֹ בֵּין בִּשְׂמֹאלוֹ בֵּין בְּתוֹךְ חֵיקוֹ אוֹ עַל כְּתֵיפוֹ חַייָּב שֶׁכֵּן הָיְתָה מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. כִּלְאַחַר יָדוֹ בְּרַגְלוֹ בְּפִיו וּבְמַרְפְּקוֹ בְּאָזְנוֹ וּבִשְׂעָרוֹ וּבַאֲפֻונְדָּתוֹ וּפִיהָ לְמַטָּה בֵּין פֻּונְדָּתוֹ לַחֲלוּקוֹ וּבִשְׂפַת חֲלוּקוֹ בְּמִנְעָלוֹ בְּסַנְדָּלוֹ פָּטוּר לְפִי שֶׁלֹּא הוֹצִיא כְּדֶרֶךְ הַמּוֹצִיאִים:
Celui qui sort, que ce soit de sa main droite ou de sa main gauche, dans son giron ou sur son épaule, est hayav, car tel était le port des fils de Kehat. Du revers de la main, avec son pied, dans sa bouche, avec son coude, dans son oreille, dans ses cheveux, dans sa ceinture l'ouverture en bas, entre sa ceinture et sa tunique, dans l'ourlet de sa tunique, dans sa chaussure, dans sa sandale : il est patour, parce qu'il n'a pas sorti comme sortent ceux qui sortent.
💡 Explication

Nouvelle michna : la melakha d'hotsaa (sortir d'un domaine à l'autre) n'est interdite par la Torah que si elle est faite de la manière habituelle. Le modèle est le port des fils de Kehat, les Leviim qui portaient les objets saints du Michkan : toutes les melakhot de Chabbat sont apprises du Michkan.

Main droite, main gauche, giron, épaule : manière habituelle, donc hayav (korban hatat s'il l'a fait par erreur). Revers de la main, pied, bouche, coude, etc. : manière inhabituelle (kelahar yad), donc patour selon la Torah, tout en restant interdit par les Sages.

Tossefot discute le sens de mirpak : le coude (et non l'aisselle), avec une conséquence pour la place des téfilines, au-dessus du coude.

🖼️ Schéma
Michna : comment l'objet est portéHAYAV (mode habituel)main droitemain gauchedans le giron (hek)sur les épaules= port des fils de KehatPATOUR (mode inhabituel)revers de la main, pied, bouche, coude,oreille, cheveux, ceinture creuse ouverture en bas,entre ceinture et tunique, ourlet de la tunique,chaussure, sandale= pas comme ceux qui sortentCritère : la façon habituelle de porter (derekh hotsaa)
Les façons de porter énumérées par la michna : habituelles (hayav) et inhabituelles (patour).
6
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַמּוֹצִיא מַשּׂאוֹי לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — חַיָּיב, שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. וּמַשָּׂא בְּנֵי קְהָת מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״עַל הַמִּשְׁכָּן וְעַל הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב״ — מַקִּישׁ מִזְבֵּחַ לַמִּשְׁכָּן: מַה מִשְׁכָּן עֶשֶׂר אַמּוֹת, אַף מִזְבֵּחַ עֶשֶׂר אַמּוֹת.

GUEMARA. Rabbi Elazar a dit : celui qui sort une charge au-dessus de dix tefahim est hayav, car tel était le port des fils de Kehat.

Et le port des fils de Kehat, d'où le savons-nous ? Car il est écrit : (Les tentures du parvis...) qui sont autour du Michkan et de l'autel (Bamidbar 3, 26) : on compare l'autel au Michkan : de même que le Michkan avait dix amot, de même l'autel avait dix amot.

📜 Rachi (3)
גְּמ' הַמּוֹצִיא מַשּׂאוֹי לְמַעְלָה מִי' מַעֲבִירוֹ בָּאֲוִיר בְּיָדוֹ וְאֵינוֹ עַל כְּתֵפוֹ וְגָבוֹהַּ מִן הָאָרֶץ [עֲשָׂרָה] קָאָמַר דְּאִי בְּמֻונָּח עַל כְּתֵפוֹ מַתְנִיתִין הִיא וְהָא דִּתְנַן (לְקַמָּן שַׁבָּת דַּף ק.) הַזּוֹרֵק ד' אַמּוֹת בַּכֹּותֶל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר אַלְמָא אֵין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה רְשׁוּת הָרַבִּים דַּוְוקָא זוֹרֵק אֲבָל מַעֲבִיר חַייָּב דְּיָלֵיף מִבְּנֵי קְהָת בַּמִּשְׁכָּן:
Guemara. Celui qui sort une charge au-dessus de dix : il la fait passer dans l'air avec sa main, elle n'est pas sur son épaule, et il parle de (dix tefahim) au-dessus du sol ; car si elle était posée sur son épaule, c'est déjà notre michna. Et ce que nous avons appris (plus loin, Chabbat 100a) : celui qui lance à quatre amot sur un mur, au-dessus de dix, c'est comme s'il lançait dans l'air ; il en ressort qu'au-dessus de dix, ce n'est pas le domaine public. Cela concerne précisément celui qui lance ; mais celui qui transporte est hayav, comme on l'apprend des fils de Kehat au Michkan.
אֲשֶׁר עַל הַמִּשְׁכָּן וְגוֹ' בְּקַלְעֵי הֶחָצֵר מִשְׁתַּעֵי:
Qui sont sur le Michkan etc. : le verset parle des tentures du parvis.
אַף מִזְבֵּחַ גָּובְהוֹ י' אַמּוֹת וְהֻוצְרַךְ לְסוֹבְבוֹ בַּקְּלָעִים שֶׁל י' אַמּוֹת רָחָב וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים וְג' אַמּוֹת קוֹמָתוֹ (שְׁמוֹת כ״ז:א׳) מִשְּׂפַת סוֹבֵב וּלְמַעְלָה וּמָה אֲנִי מְקַייֵּם וְקוֹמָה ה' דִּקְלָעִים מִשְּׂפַת מִזְבֵּחַ וּלְמַעְלָה כָּךְ מְפֹורָשׁ בִּזְבָחִים (דַּף נט:) שֶׁהָיוּ הַקְּלָעִים ט"ו אַמּוֹת:
L'autel aussi : sa hauteur est de dix amot, et il fallut l'entourer de tentures de dix amot. Et comment j'accomplis : Et trois amot sa hauteur (Chemot 27, 1) ? Depuis le bord du sovev (pourtour) et au-dessus. Et comment j'accomplis : Et la hauteur cinq (amot) des tentures ? Depuis le bord de l'autel et au-dessus. C'est ainsi que c'est expliqué dans Zevahim (59b), où les tentures avaient quinze amot.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמַר ר' אֶלְעָזָר הַמּוֹצִיא מַשּׂוֹי לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים חַיָּיב שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. אָמַר רַב מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי חִייָּא הַמּוֹצִיא מַשּׂוֹי עַל רֹאשׁוֹ פָּטוּר וא"ת אַנְשֵׁי הוּצָל עוֹשִׂין כֵּן בָּטְלָה דַּעְתָּן אֵצֶל כָּל אָדָם:
Guemara. Rabbi Elazar a dit : celui qui sort une charge au-dessus de dix tefahim est hayav, car tel était le port des fils de Kehat. Rav a dit au nom de Rabbi Hiyya : celui qui sort une charge sur sa tête est patour ; et si tu dis que les gens de Houtsal font ainsi, leur avis est annulé face à celui de tous les hommes.
💡 Explication

Au-dessus de dix tefahim, l'espace n'appartient plus au domaine public (c'est un mekom petour). On pourrait donc penser que celui qui porte un objet à cette hauteur n'est pas hayav. R. Elazar enseigne qu'il est hayav, car les Leviim portaient ainsi les objets du Michkan.

Rachi précise : il s'agit de transporter en portant ; pour celui qui lance, au-dessus de dix tefahim, il est patour. La preuve commence par un hekech (comparaison de deux termes voisins dans un verset) : l'autel avait la hauteur du Michkan, dix amot.

7
וּמִשְׁכָּן גּוּפֵיהּ מִנָּלַן? דִּכְתִיב: ״עֶשֶׂר אַמּוֹת אֹרֶךְ הַקָּרֶשׁ״, וּכְתִיב: ״וַיִּפְרֹשׂ אֶת הָאֹהֶל עַל הַמִּשְׁכָּן״, וְאָמַר רַב: מֹשֶׁה רַבֵּינוּ פֵּרְשׁוּ. מִכָּאן אַתָּה לָמֵד גָּובְהָן שֶׁל לְוִיִּים עָשָׂר אַמּוֹת. וּגְמִירִי דְּכֹל טוּנָא דְּמִידְּלֵי בְּמוֹטוֹת — תִּילְתָּא מִלְּעֵיל וּתְרֵי תִּילְתֵי מִלְּתַחַת, אִישְׁתְּכַח דַּהֲוָה מִידְּלֵי טוּבָא.

Et le Michkan lui-même, d'où le savons-nous ? Car il est écrit : Dix amot, la longueur de la planche (Chemot 26, 16), et il est écrit : Il étendit la tente sur le Michkan (Chemot 40, 19), et Rav a dit : Moche notre maître l'a étendue.

D'ici tu apprends que la taille des Leviim était de dix amot. Et nous avons reçu par tradition que toute charge soulevée avec des barres a un tiers au-dessus et deux tiers au-dessous : il se trouve qu'elle était soulevée très haut.

📜 Rachi (2)
מִכָּאן אַתָּה לָמֵד דקס"ד שְׁאָר הַלְּוִיִּם נָמֵי גְּבִיהֵי כְּמֹשֶׁה:
D'ici tu apprends : car on pensait (au départ) que les autres Leviim aussi étaient grands comme Moche.
תְּלָתָא מִלְּעֵיל וְכֵיוָן דְּמִזְבֵּחַ י' אַמּוֹת וְהוּא נוֹשֵׂא בַּכָּתֵף כְּדִכְתִיב (בַּמִּדְבָּר ז׳:ט׳) וְלִבְנֵי קְהָת לֹא נָתָן (עֲגָלוֹת) וְגוֹ' וְהַלְוִיִּם י' אַמּוֹת כִּי מַדְּלוּ לֵיהּ תִּילְתָּא לְמַעְלָה מֵרָאשֵׁיהֶן אוֹ מִכְּתֵיפוֹ נִמְצָא גָּבוֹהַּ מִן הָאָרֶץ קָרוֹב לִשְׁלִישׁ שֶׁל י' אַמּוֹת דְּהָווּ טוּבָא טְפֵי יוֹתֵר מִי' טְפָחִים:
Un tiers au-dessus : et puisque l'autel à dix amot, et qu'il est porté sur l'épaule, comme il est écrit : Et aux fils de Kehat il ne donna pas (de chariots) etc. (Bamidbar 7, 9), et que les Leviim ont dix amot : quand ils le soulèvent avec un tiers au-dessus de leurs têtes ou de leur épaule, il se trouve à une hauteur du sol proche d'un tiers de dix amot, ce qui est bien plus que dix tefahim.
💡 Explication

La preuve se construit en chaîne : les planches du Michkan mesuraient dix amot ; Moche a étendu seul la tente par-dessus, donc il mesurait dix amot ; on suppose que les autres Leviim aussi.

Règle reçue par tradition : une charge portée par des barres dépasse d'un tiers au-dessus des porteurs et pend de deux tiers au-dessous. Avec des porteurs de dix amot et un autel de dix amot, le bas de l'autel reste très haut au-dessus du sol, largement plus de dix tefahim.

8
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מֵאָרוֹן. דְּאָמַר מַר: אָרוֹן תִּשְׁעָה וְכַפֹּורֶת טֶפַח. הֲרֵי כָּאן עֲשָׂרָה, וּגְמִירִי דְּכֹל טוּנָא דְּמִידְּלֵי בְּמוֹטוֹת — תִּילְתָּא מִלְּעֵיל וּתְרֵי תִּילְתֵי מִלְּרַע, אִישְׁתְּכַח דְּמִלְּמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה הֲוָה קָאֵי. וְלִיגְמַר מִמֹּשֶׁה? דִּילְמָא מֹשֶׁה שָׁאנֵי, דְּאָמַר מָר: אֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה אֶלָּא עַל חָכָם גִּבּוֹר וְעָשִׁיר וּבַעַל קוֹמָה.

Et si tu veux, dis : du Aron. Car le Maître a dit : le Aron (mesurait) neuf (tefahim) et la kaporet un tefah : cela fait dix.

Et nous avons reçu par tradition que toute charge soulevée avec des barres a un tiers au-dessus et deux tiers au-dessous : il se trouve qu'il se tenait au-dessus de dix. (Question :) Qu'on l'apprenne de Moche !

(Réponse :) Peut-être Moche est-il différent, car le Maître a dit : la Chekhina ne repose que sur un homme sage, fort, riche et de haute taille.

📜 Rachi (4)
וְאִיבָּעֵית אֵימָא לָא גְּבִיהֵי לְוִיִּם וְלָאו מִמִּזְבֵּחַ גָּמְרִינַן דְּשֶׁמָּא לְוִיִּם לָא גְּבִיהֵי אֶלָּא ז' אַמּוֹת וְאֵין מַשָּׂאָן דְּמִזְבֵּחַ גָּבוֹהַּ מִן הָאָרֶץ אֶלָּא ב' אוֹ ג' טְפָחִים וּמֵאָרוֹן גָּמַר לָהּ ר' אֶלְעָזָר:
Et si tu veux, dis : les Leviim n'étaient pas grands, et nous ne l'apprenons pas de l'autel, car peut-être les Leviim n'avaient-ils que sept amot, et la charge de l'autel n'était qu'à deux ou trois tefahim du sol ; Rabbi Elazar l'apprend du Aron.
אִשְׁתְּכַח דִּלְמַעְלָה מִי' קָאֵי טוּבָא אֲפִילּוּ אֵין גָּובְהָן שֶׁל לְוִיִּם אֶלָּא ג' אַמּוֹת כָּמוֹנוּ הֲרֵי י"ח טְפָחִים וְאָרוֹן אֵינוֹ תָּלוּי לְמַטָּה מִכִּתְפוֹתֵיהֶן אֶלָּא ו' טְפָחִים וּב' שְׁלִישִׁי טֶפַח אִישְׁתְּכַח דְּגָבוֹהַּ י' וְיוֹתֵר:
Il se trouve qu'il se tenait au-dessus de dix : largement ; même si la taille des Leviim n'était que de trois amot comme nous, cela fait dix-huit tefahim, et le Aron ne pend sous leurs épaules que de six tefahim et deux tiers de tefah : il se trouve qu'il est à dix (tefahim) et plus.
וְלִיגְמַר מִמֹּשֶׁה שֶׁפֵּרֵשׁ הַמִּשְׁכָּן וְנִמְצָא דְּגָובְהָן שֶׁל לְוִיִּם עָשָׂר אַמּוֹת וְנֵילַף מַלְוִים נוֹשְׂאֵי הַמִּזְבֵּחַ:
Qu'on l'apprenne de Moche : qui a étendu le Michkan, d'où il ressort que la taille des Leviim était de dix amot, et qu'on l'apprenne des Leviim porteurs de l'autel.
דְּאָמַר מַר בְּמַסֶּכֶת נְדָרִים:
Car le Maître a dit : dans le traité Nedarim.
🗂️ Tossefot (1)
אִישְׁתְּכַח דִּלְמַעְלָה מִי' הֲוָה קָאֵי דְּמִכֶּתֶף אָדָם עַד לָאָרֶץ שָׁלֹשׁ אַמּוֹת כִּדְאָמַר בְּתַרְגּוּם מְגִלַּת אֶסְתֵּר פַּרְשַׁנְדָּתָא אֶצְטַלֵּיב עַל תְּלָת אַמִּין וְכֵן כֻּלְּהוּ וְרָאשֵׁיהֶם הָיוּ קְטוּעִים וּמִקְוֶה דְּאָמַר (יוֹמָא לא.) דְּהָוֵי כָּל גּוּפוֹ עוֹלֶה בָּהֶן אֲפִילּוּ רֹאשׁ בְּאַמָּה עַל אַמָּה בְּרוּם ג' אַמּוֹת דִּכְשֶׁיִּכָּנֵס בַּמַּיִם יַעֲלוּ הַמַּיִם לְמַעְלָה מֵרֹאשׁוֹ וְכוּכִין דְּאָמַר בְּסוֹף הַמּוֹכֵר פֵּירוֹת (ב"ב דַּף ק.) דְּאָורְכָּן אַרְבַּע אַמּוֹת הַייְנוּ עִם רֹאשׁ וְצַוָּאר וְעֹובִי הָאָרוֹן עִם מַה שֶׁמְּשַׁקְּעִין אָרוֹן בְּתוֹךְ הַכּוּךְ טֶפַח אוֹ טִפְחַיִים וְגַבֵּי הֶיזֵּק רְאִיָּה דְּהִצְרִיךְ אַרְבַּע אַמּוֹת בְּרֵישׁ בָּבָא בָּתְרָא (דַּף ב:) מִשּׁוּם צַוָּאר וְרֹאשׁ וּבְקַל יַגְבִּיהַּ עַצְמוֹ שֶׁיּוּכַל לִרְאוֹת לְכָךְ צָרִיךְ אַרְבַּע אַמּוֹת וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּמִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ (עֵירוּבִין דַּף מח.) דִּמְקוֹמוֹ שֶׁל אָדָם אַרְבַּע אַמּוֹת הַיְינוּ כְּשֶׁפּוֹשֵׁט יָדוֹ לְמַעְלָה מֵרֹאשׁוֹ:
Il se trouve qu'il se tenait au-dessus de dix : car de l'épaule d'un homme jusqu'au sol il y a trois amot, comme on dit dans le Targoum de la Meguilat Esther : Parchandata fut pendu sur trois amot, et de même tous (les fils de Haman), et leurs têtes étaient coupées. Et le mikve dont on dit (Yoma 31a) que tout le corps y monte, une ama sur une ama sur une hauteur de trois amot, y compris la tête : c'est que lorsqu'il entre dans l'eau, l'eau monte au-dessus de sa tête. Et les niches funéraires (kokhin) dont on dit à la fin de Hamokher perot (Bava Batra 100a) que leur longueur est de quatre amot : c'est avec la tête et le cou, l'épaisseur du cercueil et ce qu'on enfonce du cercueil dans la niche, un ou deux tefahim. Et pour le dommage causé par le regard (hezek reiya), où l'on exige quatre amot au début de Bava Batra (2b) : c'est à cause du cou et de la tête, et parce qu'il se soulève facilement pour pouvoir regarder ; c'est pourquoi il faut quatre amot. Et ce que nous disons au chapitre Mi chehotsiouhou (Erouvin 48a), que l'emplacement d'un homme est de quatre amot, c'est quand il tend la main au-dessus de sa tête.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה אֶלָּא עַל חָכָם, גִּבּוֹר, וְעָשִׁיר, וּבַעַל קוֹמָה. הַדִּקְדּוּק יָדוּעַ בִּשְׁלָמָא חָכְמָה צְרִיכָה, אֲבָל גִּבּוֹר, וְעָשִׁיר וּבַעַל קוֹמָה מַה צֹורֶךְ בָּהֶם לִנְבוּאָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד לִנְבוּאָה צָרִיךְ לָהּ מִדַּת עֲנָוָה, דְּאֵין הקב"ה מַשְׁרֶה שְׁכִינָתוֹ אֶלָּא עַל עָנָיו בֶּאֱמֶת, וְאָמַרְתִּי רֶמֶז נָכוֹן בָּזֶה כִּי שֵׁם 'עָנָו' אֲשֶׁר בע"ב שֵׁמוֹת שֶׁל וַיִּסַּע הוּא שֵׁם ס"ג שֶׁהוּא מִסְפַּר נָבִיא [63] ,לִרְמֹוז כִּי נָבִיא צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה עָנָיו. אַךְ עָנָיו הָאֲמִיתִּי הוּא מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַעֲלוֹת שֶׁהַטֶּבַע מַכְרִיחוֹ לְהִתְגָּאוֹת בָּהֶם וְעִם כָּל זֶה אֵינוֹ מִתְגָּאֶה, אִם הוּא עָנָיו אֲמִיתִּי אֲשֶׁר יְשֻׁובַּח בַּעֲנָוָה שֶׁרָאוּי לִהְיוֹת נָבִיא, מַה שֶׁאֵין כֵּן אָדָם חָסֵר הַמַּעֲלוֹת אֵין לוֹ שֶׁבַח כָּל כָּךְ אִם הוּא עָנָיו, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ (פְּסָחִים קיג:) דַּל גָּאָה אֵין הַדַּעַת סוֹבַלְתּוֹ, וְלָכֵן צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה הַנָּבִיא עָשִׁיר וְגִבּוֹר וּבַעַל קוֹמָה, כְּדֵי שֶׁהַיֵּצֶר וְטֶבַע הַחֹומֶר מַכְרִיחוֹ לְהִתְגָּאוֹת וְעִם כָּל זֶה הוּא עָנָיו בֶּאֱמֶת, וּבָזֶה הוּא רָאוּי שֶׁתִּשְׁרֶה עָלָיו שְׁכִינָה בִּנְבוּאָה כִּי עֲנָוָה שֶׁלּוֹ בְּדוּקָה וּמְנֻוסֶּה.
La Chekhina ne repose que sur un homme sage, fort, riche et de haute taille. La difficulté est connue : la sagesse, on comprend qu'elle soit nécessaire ; mais la force, la richesse et la haute taille, à quoi servent-elles pour la prophétie ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la prophétie exige la qualité d'humilité (anava), car le Saint, béni soit-Il, ne fait reposer Sa Chekhina que sur celui qui est vraiment humble. J'ai dit une allusion juste à ce sujet : le nom Anav (ayin-noun-vav), parmi les soixante-douze noms tirés des versets de Vayissa, est le nom numéro soixante-trois (samekh-guimel), qui est la valeur numérique de navi (prophète, 63), pour faire allusion au fait que le prophète doit être humble. Mais l'humble véritable est celui qui possède des qualités dont la nature le pousse à s'enorgueillir, et qui malgré cela ne s'enorgueillit pas : s'il est vraiment humble, il est loué pour une humilité qui le rend digne d'être prophète. Il n'en va pas ainsi de l'homme dépourvu de qualités : il n'a pas grand mérite à être humble, comme on l'a dit (Pessahim 113b) : le pauvre orgueilleux, l'esprit ne le supporte pas. C'est pourquoi le prophète doit être riche, fort et de haute taille, afin que le yetser (penchant) et la nature de la matière le poussent à s'enorgueillir, et que malgré cela il soit vraiment humble ; par là il est digne que la Chekhina repose sur lui dans la prophétie, car son humilité est éprouvée et vérifiée.
💡 Explication

Seconde preuve, qui ne suppose pas des Leviim géants : le Aron mesurait neuf tefahim, plus la kaporet (couvercle) d'un tefah, soit dix. Porte par des barres sur l'épaule, il pend de deux tiers, soit six tefahim deux tiers. Rachi calcule avec une épaule à trois amot (dix-huit tefahim) : le bas du Aron est à onze tefahim un tiers, donc au-dessus de dix.

Pourquoi ne pas généraliser à partir de Moche ? Parce que Moche était prophète, et la Chekhina ne repose que sur un homme de haute taille : sa taille ne prouve rien pour les autres Leviim.

Le Ben Yehoyada explique pourquoi force, richesse et taille sont exigées : elles poussent à l'orgueil, et l'humilité de celui qui les possède est une humilité éprouvée.

🖼️ Schéma
Le Aron porté par des barres (calcul de Rachi)solLevibarre sur l'épaule (18 tefahim)Aron + kaporet10 tefahim1/32/3 = 6 2/311 1/3 tefahim > 10
Calcul de Rachi : le bas du Aron se trouve à environ 11 tefahim du sol.
9
אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִייָּא: הַמּוֹצִיא מַשּׂאוֹי בְּשַׁבָּת עַל רֹאשׁוֹ — חַייָּב חַטָּאת, שֶׁכֵּן אַנְשֵׁי הוּצָל עוֹשִׂין כֵּן. וְאַנְשֵׁי הוּצָל רֻובָּא דְעָלְמָא?! אֶלָּא, אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִייָּא: אֶחָד מִבְּנֵי הוּצָל שֶׁהוֹצִיא מַשּׂוֹי עַל רֹאשׁוֹ בְּשַׁבָּת — חַיָּיב, שֶׁכֵּן בְּנֵי עִירוֹ עוֹשִׂין כֵּן. וְתִיבְטַל דַּעְתּוֹ אֵצֶל כָּל אָדָם! אֶלָּא, אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: הַמּוֹצִיא מַשּׂוֹי עַל רֹאשׁוֹ — פָּטוּר,

Rav a dit au nom de Rabbi Hiyya : celui qui sort une charge sur sa tête le Chabbat est passible d'un (korban) hatat, car les gens de Houtsal font ainsi. (Question :) Les gens de Houtsal sont-ils la majorité du monde ?!

Mais plutôt, si cela a été dit, voici comment cela a été dit : Rav a dit au nom de Rabbi Hiyya : l'un des gens de Houtsal qui a sorti une charge sur sa tête le Chabbat est hayav, car les gens de sa ville font ainsi. (Question :) Que son avis soit annulé face à celui de tous les hommes !

Mais plutôt, si cela a été dit, voici comment cela a été dit : celui qui sort une charge sur sa tête est patour,

📜 Rachi (1)
אַנְשֵׁי הוּצָל הָיוּ נוֹשְׂאִין כְּדֵי מַיִם וְיַיִן עַל רָאשֵׁיהֶן וְאֵין אוֹחֲזִין אוֹתָם בְּיָדַיִם:
Les gens de Houtsal : ils portaient des jarres d'eau et de vin sur leurs têtes sans les tenir avec les mains.
💡 Explication

Le critère de la michna est la manière habituelle de porter. Faut-il la mesurer localement ? La Guemara propose trois versions de l'enseignement de Rav. Les deux premières sont rejetées : une ville ne fait pas la norme du monde, et un individu dont l'usage est minoritaire voit son avis annulé (batla daato etsel kol adam).

Version retenue : porter sur la tête est une manière inhabituelle, donc patour. La phrase se poursuit au daf suivant.

🖼️ Schéma
Porter sur la tête : trois versions de l'enseignementVersion 1Tout homme : HAYAV(les gens de Houtsalle font)Version 2Un homme de Houtsal :HAYAV(ses concitoyens le font)Version 3 (retenue)Tout homme : PATOUR(suite sur 92b)Objection :Houtsal = la majorité du monde ?Objection :son avis est annulé face à tous
Les trois versions de l'enseignement de Rav au nom de R. Hiyya sur le port sur la tête.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).