Sougya : Le daf achève la preuve que l'aide d'appoint ne compte pas (mesayea ein bo mamash) : R. Yossi sur le cheval et l'âne du zav, R.
Eliezer sur le cohen debout sur un objet, la michna de la main gauche. Il pose ensuite la question de Rav Hisda et Rav Hamnouna : quand deux font ensemble une melakha, faut-il une mesure pour chacun ou une seule pour tous ?
Trois preuves (lit du zav, cerf enfermé, associés voleurs) soutiennent la mesure unique ; celle du roseau de tisserand est réfutée. Enfin une michna enseigne que l'accessoire (récipient, lit) suit le principal, et que R.
Chimon exempte la sortie d'un mort, melakha she-einah tsrikha legoufah.
(Comme nous avons appris :) R. Yossi dit : le cheval rend impur par ses pattes avant, l'âne par ses pattes arrière, car l'appui du cheval est sur ses pattes avant, et celui de l'âne sur ses pattes arrière.
Mais pourquoi ? Elles s'aident l'une l'autre !
N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance (mesayea ein bo mamash) ? Rav Ashi dit : nous aussi l'avons appris : R.
Eliezer dit : (un cohen qui avait) un pied sur un récipient et un pied sur le sol, un pied sur une pierre et un pied sur le sol, on regarde : si, en retirant le récipient ou la pierre, il peut se tenir sur un seul pied, son service est valide ; sinon, son service est invalide.
La Guemara cherche un appui au principe mesayea ein bo mamash : quand un élément principal suffit, l'aide d'un second élément n'a pas de poids légal. Chez R. Yossi, le cheval repose surtout sur ses pattes avant ; l'habit sous une patte arrière reste pur, bien que cette patte aide aussi.
Rav Ashi ajoute R. Eliezer : un cohen doit se tenir directement sur le sol du Temple. S'il a un pied sur un objet mais pourrait tenir sur l'autre seul, le pied posé sur l'objet est une simple aide et le service est kacher.
Et pourquoi ? (Ses pieds) s'aident l'un l'autre !
N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance ? Ravina dit : nous aussi l'avons appris : s'il a reçu (le sang) de la main droite et que la gauche l'aide, son service est valide.
Et pourquoi ? Elles s'aident l'une l'autre !
N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance ? Déduis-en (qu'il en est ainsi).
La réception du sang (kabbalat hadam) doit se faire de la main droite ; la gauche est passoula pour le service. Si la gauche soutient la droite, le service reste valide : la gauche ne fait qu'aider. La Guemara conclut chema minah : le principe est établi.
Le Maître a dit : celui-ci peut et celui-là peut, R. Meir rend hayav.
Il leur fut demandé : faut-il une mesure pour celui-ci et une mesure pour celui-là, ou peut-être une seule mesure pour tous ? Rav Hisda et Rav Hamnouna : l'un dit : une mesure pour celui-ci et une mesure pour celui-là ; l'autre dit : une seule mesure pour tous.
Rav Papa dit au nom de Rava : nous aussi l'avons appris : s'il (le zav) était assis sur un lit et que quatre habits étaient sous les quatre pieds du lit, ils sont impurs, parce que (le lit) ne peut pas se tenir sur trois. Et pourquoi ?
Qu'il faille la mesure de ziva (le poids d'un zav) pour celui-ci et la mesure de ziva pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?
Nouvelle question : quand deux personnes font ensemble une melakha, chacune doit-elle avoir accompli une mesure complète (chiour) pour être hayav, ou une seule mesure suffit-elle pour tous (chiour ehad lekoulan) ? Ex. : deux qui sortent un aliment ; faut-il deux figues sèches ?
Preuve de Rav Papa : le lit du zav sur quatre habits. Aucun pied ne porte à lui seul le poids du zav, et pourtant les quatre habits sont impurs : une seule mesure suffit pour les quatre.
Rav Nahman bar Yitshak dit : nous aussi l'avons appris : un cerf entre dans une maison et un seul à fermé (la porte) devant lui, il est hayav ; deux l'ont fermée, ils sont patourim ; un seul ne pouvait pas fermer et deux l'ont fermée, ils sont hayavim. Et pourquoi ?
Qu'il faille une mesure de capture (tsida) pour celui-ci et une mesure de capture pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?
Ravina dit : nous aussi l'avons appris : des associés qui ont volé et abattu (une bête) sont hayavim. Et pourquoi ?
Qu'il faille une mesure d'abattage pour celui-ci et une mesure d'abattage pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?
Deux nouvelles preuves. Le cerf : fermer la porte sur lui est un acte de tsida (capture). Si un seul ne pouvait pas fermer, les deux sont hayavim pour une seule capture.
Les associés voleurs : le voleur qui abat la bête paie quatre ou cinq fois sa valeur (Chemot 21,37). Les deux associés paient pour un seul abattage. Tossefot : la preuve vient de l'abattage ; le vol seul entraîne le double (kefel), qui ne demande aucune mesure minimale.
Et Rav Ashi dit : nous aussi l'avons appris : deux qui ont sorti un roseau de tisserand sont hayavim. Et pourquoi ?
Qu'il faille une mesure de sortie (hotsaa) pour celui-ci et une mesure de sortie pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?
Rav Aha fils de Rava dit à Rav Ashi : peut-être contient-il de quoi cuire un œuf léger pour celui-ci et un œuf léger pour celui-là ! (Rav Ashi répond :) Si c'était le cas, on nous aurait enseigné un roseau ordinaire ; en quoi celui du tisserand diffère-t-il ?
(Rav Aha :) Et peut-être contient-il de quoi tisser une mappa (pièce de tissu) pour celui-ci et de quoi tisser une mappa pour celui-là. De cela on ne peut donc rien déduire.
La mesure de sortie dépend de l'usage de l'objet. Pour du bois à brûler : de quoi cuire un œuf léger. Pour un outil de tissage : de quoi tisser une petite pièce. Rav Aha réfute la preuve : le roseau peut contenir deux mesures complètes, une pour chacun.
Rav Ashi réplique que la baraita aurait alors parlé d'un roseau ordinaire. Rav Aha déplace l'objection vers la mesure du tissage ; la preuve tombe (mehaha leika lemichma minah).
Un tanna enseigna devant Rav Nahman : deux qui ont sorti un roseau de tisserand sont patourim, et R. Chimon rend hayav.
(Rav Nahman lui dit :) Kelapei laya (vers où te tournes-tu) ? Dis plutôt : ils sont hayavim, et R.
Chimon exempte.
Le tanna avait inversé les avis. Rav Nahman corrige : c'est R. Chimon qui exempte deux personnes ayant fait ensemble une melakha, même si aucune ne pouvait la faire seule. Selon Tossefot, le roseau est lourd : aucun des deux ne pouvait le porter seul.
Michna. Celui qui sort des aliments en quantité inférieure à la mesure (chiour) dans un récipient est patour, même pour le récipient, car le récipient est accessoire (tafel) à eux.
(Celui qui sort) un vivant sur un lit est patour, même pour le lit, car le lit est accessoire à lui. Un mort sur un lit : il est hayav.
De même (pour) un kezayit (volume d'une olive) de mort, un kezayit de nevela (bête morte sans chehita) et un ka'adacha (volume d'une lentille) de cherets (reptile impur) : il est hayav ; et R. Chimon exempte.
Principe du tafel (accessoire) : le récipient suit son contenu. Si les aliments sont en dessous du chiour, la sortie du récipient n'entraîne pas non plus d'obligation. Pour le vivant, Rachi applique la règle haï nossei et atsmo : un être vivant se porte lui-même.
Le mort n'a pas cette propriété : sa sortie rend hayav. R. Chimon exempte, car on sort un mort pour s'en débarrasser : c'est une melakha she-einah tsrikha legoufah. Tossefot en donne une autre définition que Rachi : la melakha est faite dans un autre but que celui qu'elle avait dans le Michkan.
Guemara. Nos Maîtres ont enseigné : celui qui sort des aliments de la mesure (requise), si c'est dans un récipient, il est hayav pour les aliments et patour pour le récipient.
Et s'il avait besoin du récipient, il est hayav aussi pour le récipient. Déduis-en que celui qui mange deux kezeitim de helev (graisse interdite) dans un seul oubli (heelem ehad) est tenu de deux (hatat) !
Rav Chechet dit : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple...
Si l'on a besoin du récipient, il cesse d'être accessoire et la baraita rend hayav pour les deux. Or une seule sortie, faite dans un seul heelem (période d'oubli), ne devrait entraîner qu'un seul hatat. Rendre hayav deux fois reviendrait à dire qu'un mangeur de deux kezeitim de helev d'un seul trait apporte deux sacrifices, alors qu'il n'en apporte qu'un. La réponse de Rav Chechet se poursuit au daf 94a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).