Shabbat 93b — L'aide d'appoint, la mesure commune et l'accessoire (tafel)

Shabbat 93b

Sougya : Le daf achève la preuve que l'aide d'appoint ne compte pas (mesayea ein bo mamash) : R. Yossi sur le cheval et l'âne du zav, R.

Eliezer sur le cohen debout sur un objet, la michna de la main gauche. Il pose ensuite la question de Rav Hisda et Rav Hamnouna : quand deux font ensemble une melakha, faut-il une mesure pour chacun ou une seule pour tous ?

Trois preuves (lit du zav, cerf enfermé, associés voleurs) soutiennent la mesure unique ; celle du roseau de tisserand est réfutée. Enfin une michna enseigne que l'accessoire (récipient, lit) suit le principal, et que R.

Chimon exempte la sortie d'un mort, melakha she-einah tsrikha legoufah.

Mesayea ein bo mamash : l'aide d'appoint ne compte pasZav à cheval / à âneR. Yossi (Zavim 4,7)cheval : pattes avantâne : pattes arrièrel'autre paire aideCohen sur une pierreR. Eliezer (Rav Ashi)un pied au sol, un surun objet : tient-ilsur un seul pied ?Main gaucheMichna (Ravina)reçoit le sang à droite,la gauche aide :service valideConclusion commune : l'élément principal compte seul,celui qui ne fait qu'aider n'a pas de poids (ein bo mamash)Application : deux qui sortent un objet, l'un peut seul, l'autre non -> l'aide de l'autre est négligée
Trois sources où l'aide d'appoint est négligée : R. Yossi (cheval et âne), R. Eliezer (cohen debout sur un objet) et la michna de la main gauche.
Deux auteurs : une seule mesure pour tous ou une mesure chacun ?Avis 1 : chiour lazeh ve-chiour lazehune mesure pour chacunAvis 2 : chiour ehad lekoulanune mesure suffit pour tousRav Hisda / Rav HamnounaRav Papa (Rava)Lit de zav, 4 habits sous 4 pieds : tous impurspreuveRav Nahman b. YitshakCerf enfermé par deux (un seul ne pouvait pas) : hayavimpreuveRavinaAssociés qui volent et abattent : paient 4 et 5preuveRav AshiDeux sortent un roseau de tisserand : hayavimréfutéeRav Aha b. Rava : le roseau peut contenir de quoi tisser une mappa pour chacun -> rien à en tirer
La question de Rav Hisda et Rav Hamnouna : une mesure pour chacun ou une seule pour tous ; trois preuves retenues, la quatrième réfutée.
Michna : l'accessoire (tafel) suit le principalAliments < chiour dans un recipientpatour, même pour le récipientrécipient = tafelUn vivant sur un litpatour, même pour le litle vivant se porte lui-mêmeUn mort sur un lithayav (Tana Kamma)R. Chimon : patourKezayit de mort / nevela, ka'adacha de cheretshayav (Tana Kamma)R. Chimon : patourR. Chimon : melakha she-einah tsrikha legoufah (on sort le mort pour s'en débarrasser) -> patour
La nouvelle michna : l'accessoire suit le principal, et la position de R. Chimon sur la melakha she-einah tsrikha legoufah.
1
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הַסּוּס מְטַמֵּא עַל יָדָיו, הַחֲמוֹר — עַל רַגְלָיו, שֶׁמִּשְׁעֶנֶת הַסּוּס עַל יָדָיו, וַחֲמוֹר עַל רַגְלָיו. וְאַמַּאי? הָא קָא מְסַיַּיע בַּהֲדֵי הֲדָדֵי! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן מְסַייֵּעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ? אָמַר רַב אַשִּׁי: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: רַגְלוֹ אַחַת עַל הַכְּלִי וְרַגְלוֹ אַחַת עַל הָרִצְפָּה, רַגְלוֹ אַחַת עַל הָאֶבֶן וְרַגְלוֹ אַחַת עַל הָרִצְפָּה — רוֹאִין כָּל שֶׁאִילּוּ יִנָּטֵל הַכְּלִי וְתִינָּטֵל הָאֶבֶן יָכוֹל לַעֲמֹוד עַל רַגְלוֹ אַחַת — עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה, וְאִם לָאו — עֲבוֹדָתוֹ פְּסוּלָה.

(Comme nous avons appris :) R. Yossi dit : le cheval rend impur par ses pattes avant, l'âne par ses pattes arrière, car l'appui du cheval est sur ses pattes avant, et celui de l'âne sur ses pattes arrière.

Mais pourquoi ? Elles s'aident l'une l'autre !

N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance (mesayea ein bo mamash) ? Rav Ashi dit : nous aussi l'avons appris : R.

Eliezer dit : (un cohen qui avait) un pied sur un récipient et un pied sur le sol, un pied sur une pierre et un pied sur le sol, on regarde : si, en retirant le récipient ou la pierre, il peut se tenir sur un seul pied, son service est valide ; sinon, son service est invalide.

📜 Rachi (2)
הַסּוּס מְטַמֵּא בְּיָדָיו אִם הַזָּב רוֹכֵב עָלָיו וְטַלִּית תַּחַת אַחַת מִיָּדָיו שֶׁל סוּס טְמֵאָה אֲבָל תַּחַת רַגְלָיו טְהוֹרָה שֶׁאֵין מִשְׁעַנְתּוֹ עַל רַגְלָיו וְהָא דִּתְנַן לְעֵיל ד' טַלִּיּוֹת תַּחַת רַגְלֵי הַבְּהֵמָה טְהוֹרוֹת לֹא כְּרַבִּי יוֹסֵי:
Le cheval rend impur par ses pattes avant : si le zav le monte et qu'un habit se trouve sous l'une des pattes avant du cheval, il est impur ; mais sous ses pattes arrière il est pur, car son appui n'est pas sur ses pattes arrière. Et ce que nous avons appris plus haut, quatre habits sous les pattes de la bête sont purs, ne suit pas R. Yossi.
כֹּהֵן הָעוֹמֵד עַל גַּבֵּי כְּלִי אוֹ אֶבֶן אוֹ שׁוּם דָּבָר הַחוֹצֵץ בֵּינוֹ לְבֵין הָרִצְפָּה וְעָבַד עֲבוֹדָתוֹ פְּסוּלָה דִּכְתִיב וְשֵׁרֵת כְּכָל אֶחָיו הַלְוִיִּם הָעֹומְדִים שֶׁתְּהֵא עֲמִידָתוֹ כִּשְׁאָר אֶחָיו וְתַנָּא דְּבֵי ר' יִשְׁמָעֵאל הוֹאִיל וְרִצְפָּה מְקֻודֶּשֶׁת וּכְלֵי שָׁרֵת מְקֻודָּשִׁין כו' בִּזְבָחִים:
Un cohen qui se tient (debout) sur un récipient, une pierre ou toute chose qui fait séparation (hatsitsa) entre lui et le sol, et qui a accompli son service : son service est invalide, car il est écrit (Devarim 18,7) : et il servira comme tous ses frères les Leviim qui se tiennent (là), il faut que sa station soit comme celle de ses autres frères. Et l'école de R. Yichmael a enseigné : puisque le sol est sanctifié et que les ustensiles du service sont sanctifiés, etc., dans (le traité) Zevahim.
🗂️ Tossefot (2)
שֶׁמִּשְׁעֶנֶת הַסּוּס עַל יָדָיו הָכִי תְּנַן לָהּ בְּמַס' זָבִים פ"ד (מִשְׁנָה ז) הָיָה רוֹכֵב עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה וְאַרְבַּע טַלִּיּוֹת תַּחַת רַגְלֵי בְהֵמָה טְהוֹרוֹת מִפְּנֵי שֶׁיְּכוֹלָה לַעֲמֹוד עַל שָׁלֹשׁ הָיְתָה טַלִּית אַחַת תַּחַת שְׁתֵּי יָדַיִם תַּחַת שְׁתֵּי רַגְלַיִם תַּחַת יָד וָרֶגֶל טְמֵאָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר הַסּוּס מְטַמֵּא בְּיָדָיו כּוּ' וְנִרְאֶה לר"י דְּרַבִּי יוֹסֵי לָא פְּלִיג אֶלָּא אַרֵישָׁא אֲבָל אַסֵּיפָא דְּקָתָנֵי תַּחַת שְׁתֵּי רַגְלַיִם טְמֵאָה לֹא פְּלִיג דְּאַף עַל גַּב דְּמִשְׁעֶנֶת הַסּוּס עַל יָדָיו דָּבָר פָּשׁוּט הוּא דִּבְלֹא שְׁתֵּי רַגְלָיו לֹא הָיָה יָכוֹל לַעֲמֹוד קָשֶׁה לר"י מֶה רָאָה רַב פַּפִּי לְהָבִיא מִסֵּיפָא וְלָא מַיְיתֵי מֵרֵישָׁא מִמִּילְּתַייְהוּ דְּרַבָּנָן כִּדְאַייְּתִי לְעֵיל וְאוֹמֵר ר"י דְּמִשּׁוּם דְּמֵרֵישָׁא אִיכָּא לְדַחוּיֵי כִּדְבָעֵי לְמֵימַר לְעֵיל שָׁאנֵי הָכָא דְּעָקְרָה לְגַמְרֵי אֲבָל אַר' יוֹסֵי לֵיכָּא לְמִידְחֵי דְּטַעְמֵיהּ מִשּׁוּם דְּעָקְרָה דא"כ לֹא יִטַּמָּא הַסּוּס אֲפִילּוּ בְּיָדָיו דִּפְשִׁיטָא נָמֵי דְּעָקְרָה לְהוּ:
Car l'appui du cheval est sur ses pattes avant : ainsi avons-nous appris dans le traité Zavim, chapitre 4 (michna 7) : s'il montait une bête et que quatre habits étaient sous les pattes de la bête, ils sont purs, parce qu'elle peut se tenir sur trois. Si un seul habit était sous les deux pattes avant, sous les deux pattes arrière, sous une patte avant et une patte arrière, il est impur. R. Yossi dit : le cheval rend impur par ses pattes avant, etc. Il semble au Ri que R. Yossi ne conteste que la première partie ; mais sur la fin, qui enseigne : sous les deux pattes arrière, impur, il ne conteste pas : bien que l'appui du cheval soit sur ses pattes avant, il est évident que sans ses deux pattes arrière il ne pourrait pas se tenir. Le Ri trouve difficile : pourquoi Rav Papi a-t-il apporte (sa preuve) de la fin, et non de la première partie, des paroles des Rabbanan, comme on l'a apporté plus haut ? Et le Ri dit : c'est que la première partie pouvait être repoussée, comme on voulait le dire plus haut : ici c'est différent, car elle soulève (la patte) complètement ; mais au sujet de R. Yossi on ne peut pas repousser en disant que sa raison est qu'elle la soulève, car alors le cheval ne rendrait pas impur même par ses pattes avant, puisqu'il est évident qu'il les soulève aussi.
וְיָכוֹל לַעֲמֹוד עַל רַגְלוֹ אַחַת עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה וְאִם לָאו פְּסוּלָה מֵהָכָא לֵיכָּא לְמִיפְשַׁט דְּמִין בְּמִינוֹ חוֹצֵץ דְּאֶבֶן הוּא מִמִּין הָרִצְפָּה וּמִין בְּשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ חוֹצֵץ דִּכְלִי אֵינוֹ מִמִּין הָרִצְפָּה וּבַעְיָא הוּא בְּפֶ' הוֹצִיאוּ לוֹ (יוֹמָא דַּף נח.) בְּהִנִּיחַ סִיב בְּתוֹךְ הַמִּזְרָק וְקִיבֵּל בּוֹ אֶת הַדָּם דְּוַדַּאי סִיב מְבַטֵּל לֵיהּ אֲבָל כְּלִי וְאֶבֶן לָא מְבַטֵּל לֵיהּ דְּאֶבֶן נִתְקָלִים בָּהּ הַהוֹלְכִים שָׁם:
Et s'il peut se tenir sur un seul pied, son service est valide, sinon il est invalide : on ne peut pas trancher d'ici qu'une espèce sur sa propre espèce fait séparation (la pierre est de l'espèce du sol) et qu'une espèce sur une autre espèce fait séparation (le récipient n'est pas de l'espèce du sol). C'est une question posée au chapitre Hotsiou lo (Yoma 58a), au sujet de celui qui a posé de la fibre dans le mizrak (bassin) et y a reçu le sang : la fibre, on l'annule certainement (au récipient), mais un récipient et une pierre, on ne les annule pas (au sol), car les passants trébuchent sur la pierre.
💡 Explication

La Guemara cherche un appui au principe mesayea ein bo mamash : quand un élément principal suffit, l'aide d'un second élément n'a pas de poids légal. Chez R. Yossi, le cheval repose surtout sur ses pattes avant ; l'habit sous une patte arrière reste pur, bien que cette patte aide aussi.

Rav Ashi ajoute R. Eliezer : un cohen doit se tenir directement sur le sol du Temple. S'il a un pied sur un objet mais pourrait tenir sur l'autre seul, le pied posé sur l'objet est une simple aide et le service est kacher.

🖼️ Schéma
R. Yossi : quelles pattes transmettent l'impureté du zav ?Chevalappui principal : pattes AVANThabit sous une patte avant : tamesous une patte arrière : tahorÂneappui principal : pattes ARRIÈREhabit sous une patte arrière : tamesous une patte avant : tahorL'autre paire aide aussi, mais mesayea ein bo mamash
Selon R. Yossi, seule la paire de pattes qui porte l'essentiel du poids transmet l'impureté du zav.
2
וְאַמַּאי? הָא קָא מְסַייַּע בַּהֲדֵי הֲדָדֵי! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן מְסַייֵּעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ. אָמַר רָבִינָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא. קִיבֵּל בְּיָמִין, וּשְׂמֹאל מְסַייַּעְתּוֹ — עֲבוֹדָתוֹ כְּשֵׁרָה. וְאַמַּאי, הָא קָא מְסַיַּיע בַּהֲדֵי הֲדָדֵי! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן מְסַיֵּיעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ? שְׁמַע מִינָּה.

Et pourquoi ? (Ses pieds) s'aident l'un l'autre !

N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance ? Ravina dit : nous aussi l'avons appris : s'il a reçu (le sang) de la main droite et que la gauche l'aide, son service est valide.

Et pourquoi ? Elles s'aident l'une l'autre !

N'est-ce pas parce que nous disons : celui qui aide n'a pas de substance ? Déduis-en (qu'il en est ainsi).

📜 Rachi (1)
שְׂמֹאל פְּסוּלָה לַעֲבוֹדָה כִּדְאָמַר בפ"ק דְּחֻולִּין (דַּף כב.) כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר אֶצְבַּע וּכְהֻונָּה אֵינוֹ אֶלָּא יָמִין:
La main gauche est invalide pour le service, comme il est dit au premier chapitre de Houlin (22a) : partout où il est dit etsba (doigt) et kehouna (prêtrise), il ne s'agit que de la droite.
💡 Explication

La réception du sang (kabbalat hadam) doit se faire de la main droite ; la gauche est passoula pour le service. Si la gauche soutient la droite, le service reste valide : la gauche ne fait qu'aider. La Guemara conclut chema minah : le principe est établi.

3
אָמַר מַר: זֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל, רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב. אִיבַּעְיָא לְהוּ: בָּעֵינַן שִׁיעוּר לָזֶה וְשִׁיעוּר לָזֶה, אוֹ דִּילְמָא שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּם. רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא, חַד אָמַר שִׁיעוּר לָזֶה וְשִׁיעוּר לָזֶה, וְחַד אָמַר שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּן. אָמַר רַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: הָיָה יוֹשֵׁב עַל גַּבֵּי מִטָּה וְאַרְבַּע טַלִּיּוֹת תַּחַת אַרְבַּע רַגְלֵי הַמִּטָּה — טְמֵאוֹת, מִפְּנֵי שֶׁאֵין יְכוֹלָה לַעֲמֹוד עַל שָׁלֹשׁ. וְאַמַּאי? לִיבְעֵי שִׁיעוּר זִיבָה לָזֶה וְשִׁיעוּר זִיבָה לָזֶה! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּן.

Le Maître a dit : celui-ci peut et celui-là peut, R. Meir rend hayav.

Il leur fut demandé : faut-il une mesure pour celui-ci et une mesure pour celui-là, ou peut-être une seule mesure pour tous ? Rav Hisda et Rav Hamnouna : l'un dit : une mesure pour celui-ci et une mesure pour celui-là ; l'autre dit : une seule mesure pour tous.

Rav Papa dit au nom de Rava : nous aussi l'avons appris : s'il (le zav) était assis sur un lit et que quatre habits étaient sous les quatre pieds du lit, ils sont impurs, parce que (le lit) ne peut pas se tenir sur trois. Et pourquoi ?

Qu'il faille la mesure de ziva (le poids d'un zav) pour celui-ci et la mesure de ziva pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?

📜 Rachi (2)
שִׁיעוּר לָזֶה גְּרוֹגֶרֶת אִם אֹוכֶל הוּא:
Une mesure pour celui-ci : une figue sèche (grogeret), s'il s'agit d'un aliment.
שִׁיעוּר זִיבָה שֶׁיַּכְבִּיד רֻובּוֹ עָלָיו וְצָרִיךְ לִהְיוֹת כָּאן ד' זָבִים:
La mesure de ziva : que la majeure partie de son poids pèse sur lui ; il faudrait alors ici quatre zavim.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר מָר זֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל רַבִּי מֵאִיר מְחַיַּיב אִיבַּעְיָא לְהוּ כּוּ' תֵּימַהּ לר"ח דְּאַמַּאי בָּעֵי לָהּ אַלִּיבָּא דְּרַבִּי מֵאִיר וּמָצֵי לְמִיבְעֵי בְּזֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל אַלִּיבָּא דר"י דְּקַייְמָא מַתְנֵי' כְּוָותֵיהּ וְנִרְאֶה דְּגִירְסָא זוֹ טָעוּת וְגָרְסִי' אָמַר מַר זֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְאוֹמֵר ר"י דְּאֵין לִמְחוֹק הַסְּפָרִים מִשּׁוּם זֶה דְּהָא דְּלָא נְקַט זֶה אֵינוֹ יָכוֹל כו' מִשּׁוּם דְּאֵין רְגִילוּת בְּאֵין יָכוֹל שֶׁלֹּא יְהֵא בּוֹ שִׁיעוּר לְכָל א' וְעַל גֵּי' ר"ח קָשֶׁה לר"י דְּמַאן דְּבָעֵי שִׁיעוּר לָזֶה וְלָזֶה אַטּוּ מִי לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ מַתְנֵי' דְּמַיְיתֵי בְּסָמוּךְ לֹא יָכוֹל אֶחָד לִנְעוֹל וְנָעֲלוּ שְׁנַיִם חַיָּיבִין אֲבָל לְגִיר' הַסְּפָרִים דִּפְלִיגִי בְּזֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל אִיכָּא לְמֵימַר דִּבְאֵין יָכוֹל מוֹדוֹ כּוּלְּהוּ דְּשִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּן וּמַאן דְּמַיְיתִי סִייַּעְתָּא מִצְּבִי שֶׁנִּכְנַס לַבַּיִת אֵין נִרְאֶה לוֹ לְחַלֵּק בֵּין שְׁנֵיהֶם יְכוֹלִין לְאֵין יְכוֹלִין וּמִיהוּ לַגַּי' ר"ח אִיכָּא לְמֵימַר דְּמַאן דְּבָעֵי שִׁיעוּר לְכָל אֶחָד יֹאמַר דִּצְבִי שֶׁנִּכְנַס לָאו דַּוְקָא אֶחָד אֶלָּא כְּלוֹמַר שְׁנַיִם:
Le Maître a dit : celui-ci peut et celui-là peut, R. Meir rend hayav ; il leur fut demandé, etc. Rabbenou Hananel s'étonne : pourquoi poser la question selon R. Meir ? On pouvait la poser dans le cas où celui-ci ne peut pas et celui-là ne peut pas, selon R. Yehouda, puisque notre michna suit son avis. Il semble donc que cette version soit une erreur, et on lit : le Maître a dit : celui-ci ne peut pas et celui-là ne peut pas. Le Ri dit qu'il ne faut pas effacer (le texte des) livres pour cela : s'il ne cite pas (le cas) celui-ci ne peut pas, etc., c'est qu'il n'est pas courant, quand (chacun) ne peut pas, que l'objet ne contienne pas une mesure pour chacun. Et contre la version de Rabbenou Hananel, le Ri objecte : celui qui exige une mesure pour chacun n'a-t-il donc pas entendu la michna citée plus loin : un seul ne pouvait pas fermer et deux ont fermé, ils sont hayavim ? Mais selon la version des livres, où ils divergent dans le cas celui-ci peut et celui-là peut, on peut dire que dans le cas ne peut pas tous admettent une seule mesure pour tous ; et celui qui apporte un appui du cerf entre dans la maison ne juge pas bon de distinguer entre (le cas où) les deux peuvent et (celui où) ils ne peuvent pas. Toutefois, selon la version de Rabbenou Hananel, on peut dire que celui qui exige une mesure pour chacun dira que le cerf entre (dans la maison) n'est pas précisément un seul, mais signifie deux.
💡 Explication

Nouvelle question : quand deux personnes font ensemble une melakha, chacune doit-elle avoir accompli une mesure complète (chiour) pour être hayav, ou une seule mesure suffit-elle pour tous (chiour ehad lekoulan) ? Ex. : deux qui sortent un aliment ; faut-il deux figues sèches ?

Preuve de Rav Papa : le lit du zav sur quatre habits. Aucun pied ne porte à lui seul le poids du zav, et pourtant les quatre habits sont impurs : une seule mesure suffit pour les quatre.

4
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: צְבִי שֶׁנִּכְנַס לַבַּיִת, וְנָעַל אֶחָד בְּפָנָיו — חַיָּיב. נָעֲלוּ שְׁנַיִם — פְּטוּרִין. לֹא יָכוֹל אֶחָד לִנְעוֹל, וְנָעֲלוּ שְׁנַיִם — חַיָּיבִים. וְאַמַּאי? לִיבְעֵי שִׁיעוּר צֵידָה לָזֶה וְשִׁיעוּר צֵידָה לָזֶה! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּם? אָמַר רָבִינָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: הַשֻּׁותָּפִין שֶׁגָּנְבוּ וּטְבָחוֹ — חַיָּיבִין. וְאַמַּאי? לִיבְעֵי שִׁיעוּר טְבִיחָה לָזֶה וְשִׁיעוּר טְבִיחָה לָזֶה! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּם?

Rav Nahman bar Yitshak dit : nous aussi l'avons appris : un cerf entre dans une maison et un seul à fermé (la porte) devant lui, il est hayav ; deux l'ont fermée, ils sont patourim ; un seul ne pouvait pas fermer et deux l'ont fermée, ils sont hayavim. Et pourquoi ?

Qu'il faille une mesure de capture (tsida) pour celui-ci et une mesure de capture pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?

Ravina dit : nous aussi l'avons appris : des associés qui ont volé et abattu (une bête) sont hayavim. Et pourquoi ?

Qu'il faille une mesure d'abattage pour celui-ci et une mesure d'abattage pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?

📜 Rachi (4)
נָעַל אֶחָד בְּפָנָיו זוֹ הִיא צִידָתוֹ:
Un seul à fermé devant lui : c'est là sa capture.
נַעֲלוֹ שְׁנַיִם פְּטוּרִין וְר' יְהוּדָה הוּא דְּפָטַר בִּשְׁנֵיהֶם יְכוֹלִין:
Deux l'ont fermée, patourim : c'est R. Yehouda qui exempte quand les deux peuvent.
שִׁיעוּר צֵידַת צְבִי לְכָל אֶחָד וְאֶחָד אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּן וּמִדּר' יְהוּדָה נִשְׁמַע לְר' מֵאִיר בִּשְׁנֵיהֶן יְכוֹלִים דִּבְהָא לָא פְלִיגִי:
Une mesure : la capture d'un cerf pour chacun ; déduis-en donc une seule mesure pour tous. Et de R. Yehouda nous l'apprenons pour R. Meir dans le cas où les deux peuvent, car sur ce point ils ne divergent pas.
חַייָּבִין לְשַׁלֵּם תַּשְׁלוּמֵי ד' וָהּ':
Ils sont tenus de payer : le paiement du quadruple et du quintuple.
🗂️ Tossefot (1)
וְאַמַּאי לִיבְעֵי שִׁיעוּר טְבִיחָה כו' אֲבָל מֻגְנָבוֹ דְּרֵישָׁא לָא מָצֵי לְמִיפְרַךְ דְּהָתָם לָא בָּעֵי שִׁיעוּר דְּתַשְׁלוּמֵי כֶּפֶל נוֹהֵג בְּכָל דָּבָר וּבְכָל שֶׁהוּא:
Et pourquoi, qu'il faille une mesure d'abattage, etc. : mais de (l'expression) ils ont volé, dans la première partie, on ne pouvait pas objecter, car là il ne faut pas de mesure : le paiement du double (kefel) s'applique à toute chose et à toute quantité.
💡 Explication

Deux nouvelles preuves. Le cerf : fermer la porte sur lui est un acte de tsida (capture). Si un seul ne pouvait pas fermer, les deux sont hayavim pour une seule capture.

Les associés voleurs : le voleur qui abat la bête paie quatre ou cinq fois sa valeur (Chemot 21,37). Les deux associés paient pour un seul abattage. Tossefot : la preuve vient de l'abattage ; le vol seul entraîne le double (kefel), qui ne demande aucune mesure minimale.

5
וְאָמַר רַב אַשִּׁי: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: שְׁנַיִם שֶׁהוֹצִיאוּ קָנֶה שֶׁל גַּרְדִּי — חַיָּיבִין. וְאַמַּאי? לִיבְעֵי שִׁיעוּר הוֹצָאָה לָזֶה וְשִׁיעוּר הוֹצָאָה לָזֶה! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן שִׁיעוּר אֶחָד לְכֻולָּם? אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: דִּילְמָא דְּאִית בֵּיהּ כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה לָזֶה וּבֵיצָה קַלָּה לָזֶה! אִם כֵּן, לִישְׁמְעִינַן קָנֶה דְּעָלְמָא, מַאי שְׁנָא דְּגַרְדִּי? וְדִילְמָא דְּאִית בֵּיהּ כְּדֵי לֶאֱרֹוג מַפָּה לָזֶה וּכְדֵי לֶאֱרֹוג מַפָּה לָזֶה, אֶלָּא מֵהָא לֵיכָּא לְמִשְׁמַע מִינָּהּ.

Et Rav Ashi dit : nous aussi l'avons appris : deux qui ont sorti un roseau de tisserand sont hayavim. Et pourquoi ?

Qu'il faille une mesure de sortie (hotsaa) pour celui-ci et une mesure de sortie pour celui-là ! N'est-ce pas parce que nous disons : une seule mesure pour tous ?

Rav Aha fils de Rava dit à Rav Ashi : peut-être contient-il de quoi cuire un œuf léger pour celui-ci et un œuf léger pour celui-là ! (Rav Ashi répond :) Si c'était le cas, on nous aurait enseigné un roseau ordinaire ; en quoi celui du tisserand diffère-t-il ?

(Rav Aha :) Et peut-être contient-il de quoi tisser une mappa (pièce de tissu) pour celui-ci et de quoi tisser une mappa pour celui-là. De cela on ne peut donc rien déduire.

📜 Rachi (2)
קָנֶה גַּרְדִּי אוֹרְחָא דְמִילְּתָא וְהוּא הָעוֹלֶה וְיוֹרֵד בִּשְׁתֵּי:
Un roseau de tisserand : c'est le cas courant ; c'est celui qui monte et descend dans la chaîne.
קָנֶה דְּעָלְמָא שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד אֶלָּא לְהַסָּקָה דְּהָוֵי שִׁיעוּרוֹ כְּעֵצִים דְּאִילּוּ הַאי שִׁיעוּרוֹ כְּדֵי אֲרִיגָה:
Un roseau ordinaire : qui ne sert qu'à allumer le feu, dont la mesure est comme celle du bois ; alors que celui-ci a pour mesure de quoi tisser.
🗂️ Tossefot (1)
דִּילְמָא דְּאִית בֵּיהּ כְּדֵי לֶאֱרֹוג מַפָּה לָזֶה כּוּ' וְהָא דְּלָא נְקַט קָנֶה דְּעָלְמָא לְאַשְׁמְעִינַן דְּאע"ג דְּאֵין רְגִילוּת לֶאֱרֹוג שְׁתֵּי מַפּוֹת בְּקָנֶה אֶחָד אִם יֵשׁ שִׁיעוּר לֶאֱרֹוג מַפָּה לָזֶה וְלָזֶה חַיָּיב:
Peut-être contient-il de quoi tisser une mappa pour celui-ci, etc. : et s'il n'a pas pris un roseau ordinaire, c'est pour nous apprendre que, bien qu'on n'ait pas l'habitude de tisser deux mappot avec un seul roseau, s'il y a la mesure pour tisser une mappa pour chacun, il est hayav.
💡 Explication

La mesure de sortie dépend de l'usage de l'objet. Pour du bois à brûler : de quoi cuire un œuf léger. Pour un outil de tissage : de quoi tisser une petite pièce. Rav Aha réfute la preuve : le roseau peut contenir deux mesures complètes, une pour chacun.

Rav Ashi réplique que la baraita aurait alors parlé d'un roseau ordinaire. Rav Aha déplace l'objection vers la mesure du tissage ; la preuve tombe (mehaha leika lemichma minah).

6
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן: שְׁנַיִם שֶׁהוֹצִיאוּ קָנֶה שֶׁל גַּרְדִּי — פְּטוּרִין, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְחַיֵּיב. כְּלַפֵּי לְייָא?! אֶלָּא אֵימָא: חַייָּבִין, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר.

Un tanna enseigna devant Rav Nahman : deux qui ont sorti un roseau de tisserand sont patourim, et R. Chimon rend hayav.

(Rav Nahman lui dit :) Kelapei laya (vers où te tournes-tu) ? Dis plutôt : ils sont hayavim, et R.

Chimon exempte.

📜 Rachi (1)
כְּלַפֵּי לְיָיא כְּלַפֵּי הֵיכָא נֶהְפַּךְ דָּבָר זֶה הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן הוּא דְּפָטַר שְׁנַיִם שֶׁהוֹצִיאוּהוּ:
Kelapei laya : vers où cette chose s'est-elle renversée ? C'est R. Chimon qui exempte deux qui l'ont sorti.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא אֵימָא חַייָּבִין וְר' שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר וּבְקָנֶה כָּבֵד דה"ל זֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל:
Dis plutôt : ils sont hayavim et R. Chimon exempte : et (il s'agit) d'un roseau lourd, de sorte que c'est le cas où celui-ci ne peut pas et celui-là ne peut pas.
💡 Explication

Le tanna avait inversé les avis. Rav Nahman corrige : c'est R. Chimon qui exempte deux personnes ayant fait ensemble une melakha, même si aucune ne pouvait la faire seule. Selon Tossefot, le roseau est lourd : aucun des deux ne pouvait le porter seul.

7
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא אֳוכָלִין פָּחוֹת מִכַּשִּׁיעוּר בִּכְלִי — פָּטוּר אַף עַל הַכְּלִי, שֶׁהַכְּלִי טְפֵלָה לוֹ, אֶת הַחַי בַּמִּטָּה — פָּטוּר אַף עַל הַמִּטָּה, שֶׁהַמִּטָּה טְפֵלָה לוֹ. אֶת הַמֵּת בַּמִּטָּה — חַיָּיב, וְכֵן כְּזַיִת מִן הַמֵּת וּכְזַיִת מִן הַנְּבֵלָה וְכַעֲדָשָׁה מִן הַשֶּׁרֶץ — חַיָּיב, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר.

Michna. Celui qui sort des aliments en quantité inférieure à la mesure (chiour) dans un récipient est patour, même pour le récipient, car le récipient est accessoire (tafel) à eux.

(Celui qui sort) un vivant sur un lit est patour, même pour le lit, car le lit est accessoire à lui. Un mort sur un lit : il est hayav.

De même (pour) un kezayit (volume d'une olive) de mort, un kezayit de nevela (bête morte sans chehita) et un ka'adacha (volume d'une lentille) de cherets (reptile impur) : il est hayav ; et R. Chimon exempte.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' אֶת הַחַי בַּמִּטָּה וְחַי לָא מִיחַייַּב עַל הוֹצָאָתוֹ דְּהוּא מֵקֵיל עַצְמוֹ וְנוֹשֵׂא עַצְמוֹ:
Michna. Un vivant sur un lit : on n'est pas hayav pour avoir sorti un vivant, car il s'allège lui-même et se porte lui-même.
וְכֵן כְּזַיִת מִן הַמֵּת חַייָּב אִם הוֹצִיא דְּהוֹאִיל וּמְטַמֵּא הוֹצָאָה חֲשׁוּבָה הִיא לְהַצִּיל עַצְמוֹ מִן הַטֻּומְאָה:
De même un kezayit de mort : il est hayav s'il l'a sorti ; puisqu'il rend impur, la sortie est importante, pour se préserver de l'impureté.
וְר' שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר אֲפִילּוּ בְּמֵת שָׁלֵם דְּהָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ וְכָל מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה (לְגוּפָהּ) אֶלָּא לְסַלְּקָהּ מֵעָלָיו הָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ דְּבִרְצוֹנוֹ לֹא בָּאָה לוֹ וְלֹא הָיָה צָרִיךְ לָהּ הִלְכָּךְ לָאו מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת הִיא לְר' שִׁמְעוֹן:
Et R. Chimon exempte : même pour un mort entier, car c'est une melakha she-einah tsrikha legoufah (melakha dont on n'a pas besoin pour elle-même). Toute melakha dont on n'a besoin que pour écarter (la chose) de soi est une melakha dont on n'a pas besoin pour elle-même, car de son gré (la chose) ne lui serait pas arrivée et il n'en avait pas besoin ; c'est pourquoi ce n'est pas une melekhet mahchevet (travail réfléchi) selon R. Chimon.
🗂️ Tossefot (2)
אֶת הַמֵּת בַּמִּטָּה חַיָּיב נִרְאֶה לר"י דְּמֵהָכָא קִים לָן בְּכָל דֻּוכְתָּא דְּאִית לֵיהּ לְר' יְהוּדָה מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ חַיָּיב עָלֶיהָ דְּמִסְּתָמָא ת"ק דר"ש הַייְנוּ רַבִּי יְהוּדָה כִּי הַהִיא דִּלְעֵיל זֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל דת"ק דר"ש הַייְנוּ ר' יְהוּדָה כִּדְמוֹכַח בגמ' וְרַשְׁבָּ"א אוֹמֵר דְּיֵשׁ לְהָבִיא מִדִּתְנַן לְעֵיל (שַׁבָּת דַּף צ.) ר' יְהוּדָה אוֹמֵר אַף הַמּוֹצִיא מְשַׁמְּשֵׁי ע"ז דְּהָוֵי מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ:
Un mort sur un lit, hayav : il semble au Ri que c'est d'ici que nous établissons partout que R. Yehouda tient qu'on est hayav pour une melakha she-einah tsrikha legoufah ; car vraisemblablement le Tana Kamma de R. Chimon est R. Yehouda, comme dans (la michna) plus haut, celui-ci ne peut pas et celui-là ne peut pas, ou le Tana Kamma de R. Chimon est R. Yehouda, comme le prouve la Guemara. Et le Rachba dit qu'on peut le tirer de ce que nous avons appris plus haut (Chabbat 90a) : R. Yehouda dit : aussi celui qui sort des accessoires d'idolâtrie, ce qui est une melakha she-einah tsrikha legoufah.
רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר נִרְאֶה לר"י דִּמְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ קָרֵי כְּשֶׁעוֹשֶׂה מְלָאכָה וְאֵין צָרִיךְ לְאוֹתוֹ צֹורֶךְ כְּעֵין שֶׁהָיוּ צְרִיכִין לָהּ בַּמִּשְׁכָּן אֶלָּא לְעִנְיָן אַחֵר כִּי הַצֹּורֶךְ שֶׁהָיְתָה מְלָאכָה נַעֲשֵׂית בִּשְׁבִילוֹ בַּמִּשְׁכָּן הוּא גּוּף (אִיסּוּר) הַמְּלָאכָה וְשָׁורְשׁוֹ וּלְפִי זֶה אָתֵי כּוּלְּהוּ שַׁפִּיר הוֹצָאַת הַמֵּת אֵין צָרִיךְ לְמֵת וּבַמִּשְׁכָּן הָיוּ צְרִיכִין לַחֲפָצִים שֶׁהוֹצִיאוּ צָד נָחָשׁ שֶׁלֹּא יִשְּׁכֶנּוּ אֵינוֹ צָרִיךְ לְנָחָשׁ וּבַמִּשְׁכָּן הָיוּ צְרִיכִין לַתַּחַשׁ וְחִלָּזוֹן וּמֵפִיס מֻורְסָא לְהוֹצִיא לֵיחָה הַמַּזִּיקָתוֹ וְאֵין עוֹמֵד לְהַכְנִיס אֲוִיר וּלְהוֹצִיא לֵיחָה תָּמִיד אע"פ שֶׁנַּעֲשָׂה פֶּתַח גָּמוּר שֶׁהֲרֵי רָאוּי (הוּא) לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא אִם הָיָה צָרִיךְ מ"מ לָא דָּמֵי לַפְּתָחִים שֶׁבַּמִּשְׁכָּן שֶׁהָיוּ עוֹמְדִין לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא אֲבָל לַעֲשׂוֹת לָהּ פֶּה דָּמְיָא לַמִּשְׁכָּן וְחַיָּיב וַהֲרִיגַת הַמַּזִּיקִין אֵין צָרִיךְ לָהֶם וּבַמִּשְׁכָּן הָיוּ צְרִיכִין לְעוֹרוֹת אֵילִים הַנִּשְׁחָטִים וְחוֹפֵר גֻּומָּא וְאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא לַעֲפָרָהּ וּבַמִּשְׁכָּן הָיוּ צְרִיכִין לַגֻּומָּא לִנְעֹוץ בָּהּ אוֹ לְדָבָר אַחֵר וְזָב בַּכִּיס שֶׁלֹּא יְטַנְּפוּ כֵּלָיו הָוֵי אֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לַכִּיס עַצְמוֹ וַאֲפִילּוּ לִמְנוֹת רְאָיוֹתָיו אוֹ נְקִיִּים דְּצָרִיךְ הַכִּיס מ"מ אֵין צָרִיךְ לְהוֹצָאָה זוֹ דה"נ סַגִּי לֵיהּ אִי יָתֵיב בְּחַד דֻּוכְתָּא וּמְכַבֶּה גַּחֶלֶת שֶׁלֹּא יִזּוֹקוּ בָּהּ רַבִּים וּכְחָס עַל הַנֵּר וְעַל הַשֶּׁמֶן אוֹ עַל הַפְּתִילָה הַמְהֻובְהֶבֶת כְּבָר אֵין צְרִיכִין לְגוּפָן שֶׁבַּמִּשְׁכָּן לֹא הָיָה כִּיבּוּי אֶלָּא לַעֲשׂוֹת פֶּחָמִין בְּכִיבּוּי זֶה וּמְתַקְּנִין עַל יַד כִּיבּוּי זֶה שֶׁיְּהוּ רְאוּיִין לִמְלֶאכֶת הַצּוֹרְפִין וְכִיבּוּי כְּדֵי שֶׁלֹּא יַקְדִּיחוּ הַסַּמְמָנִין בְּבִישּׁוּלָן לֹא הָיָה בַּמִּשְׁכָּן כִּי זְהִירִים הָיוּ שֶׁלֹּא לְהַרְבּוֹת אֵשׁ יוֹתֵר מִדַּאי וְכֵן סוֹתֵר ע"מ לִבְנוֹת נָמֵי לָא מִחַייַּב ר' שִׁמְעוֹן דְּבָעֵי שֶׁתְּהֵא צְרִיכָה לְגוּפָהּ אֶלָּא כְּגוֹן שֶׁסּוֹתֵר ע"מ לְתַקֵּן יוֹתֵר מִמַּה שֶׁהָיָה בַּתְּחִלָּה כְּגוֹן שֶׁהַבִּנְיָן הָאַחֲרוֹן טוֹב מִן הָרִאשׁוֹן כִּדְמוֹכַח בִּשְׁמַעְתִּין דְּחָס עַל הַנֵּר וְכֵן קוֹרֵעַ עַל מֵתוֹ אוֹ שׁוֹבֵר כֵּלִים לְמִירְמֵי אֵימְתָא אַאִינָשֵׁי דְּבֵיתֵיהּ אֵין צְרִיכִין לְגוּפָהּ דְּבַמִּשְׁכָּן הָיְתָה קְרִיעָה לְצֹורֶךְ תִּיקּוּן דָּבָר הַנִּקְרָע ואע"ג דִּבְהוֹצָאָה לָא בָּעֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁיְּהֵא לְגַמְרֵי כְּמוֹ שֶׁהָיָה בַּמִּשְׁכָּן דְּלָא בָּעֵי מָר לַעֲשׂוֹת לוֹ טַס אוֹ ס"ת לְהַגִּיהַּ אע"פ שֶׁבַּמִּשְׁכָּן הוֹצָאַת הַנְּדָבָה הָיְתָה כְּדֵי לְתַקְּנָהּ לַעֲשׂוֹת מִמֶּנָּה מִשְׁכָּן וְכֵלִים בִּמְקַלְקְלִים כְּגוֹן מְכַבֶּה וְסוֹתֵר וְקוֹרֵעַ מִסְתַּבְּרָא דְּצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא עַל מְנָת לְתַקֵּן כְּמוֹ בַּמִּשְׁכָּן וְלָא חֲשִׁיבִי הַמְקַלְקְלִים צְרִיכוֹת לְגוּפָהּ עַד דְּהָוֵי לְגוּפוֹ וּלְגוּפָהּ וְהָא דְּלָא קָרֵי לָהּ לְגוּפוֹ וּלְגוּפָהּ כֵּיוָן דְּבָעוּ תַּרְוַיְיהוּ בִּכְלָל לְגוּפָהּ הִיא אֲבָל לְגַבֵּי מַר וס"ת כֵּיוָן דְּלָא בָּעֵי אֶלָּא לְגוּפוֹ דְּהָא לָא בָּעֵי בְּמַר לַעֲשׂוֹת בּוֹ טַס וס"ת כְּדֵי לְהַגִּיהַּ בּוֹ לָא הָוֵי בִּכְלַל לְגוּפָהּ וּלְפִי שֶׁצְּרִיכוֹת לְגוּפָהּ הָוֵי כְּעֵין דְּהָוֵי בַּמִּשְׁכָּן כְּמוֹ שַׁפִּיר' הֻוצְרַךְ לְהַשְׁמִיעֵנוּ בְּמַר דְּלָא בָּעֵינַן לַעֲשׂוֹת לוֹ טַס כְּמוֹ שֶׁהָיָה בַּמִּשְׁכָּן וְרַשִׁ"י דְּפֵירֵשׁ דְּבִרְצוֹנוֹ לֹא הָיְתָה בָּאָה לוֹ וְלֹא הָיָה צָרִיךְ לָהּ שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא לְסַלְּקָהּ מֵעָלָיו כְּמוֹ צָד נָחָשׁ שֶׁלֹּא יִשְּׁכֶנּוּ אוֹ מְכַבֶּה גַּחֶלֶת שֶׁלֹּא יִזּוֹקוּ בּוֹ רַבִּים דְּבִרְצוֹנוֹ שֶׁלֹּא הָיָה בָּעוֹלָם וְכֵן בְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (לְעֵיל שַׁבָּת דַּף לא:) פֵּירֵשׁ כְּחָס עַל הַפְּתִילָה הַמְהֻובְהֶבֶת כְּבָר דְּאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ מִשּׁוּם דְּאֵין צָרִיךְ לְכִיבּוּי זֶה וְאִם לֹא הֻובְעֲרָה מֵעוֹלָם הֲוָה נִיחָא לֵיהּ דְּהוֹאִיל וְחָס עָלֶיהָ כִּי אִית בָּהּ טְפֵי הֲוָה נִיחָא לֵיהּ בָּהּ קָשֶׁה מִסּוֹתֵר עַל מְנָת לִבְנוֹת כְּמוֹ בַּתְּחִלָּה וְקוֹרֵעַ בַּחֲמָתוֹ לְמִירְמֵי אֵימְתָא אַאִינָשֵׁי דְּבֵיתֵיהּ דְּהָתָם צָרִיךְ לִמְלָאכָה וְרוֹצֶה הוּא שֶׁיְּהֵא בָּעוֹלָם וְאֵין לוֹמַר דְּלָא נִיחָא לֵיהּ שֶׁיִּצְטָרֵךְ לְמִירְמֵי אֵימְתָא אִם כֵּן מֵפִיס מֻורְסָא לַעֲשׂוֹת לָהּ פֶּה יְהֵא פָּטוּר דְּבִרְצוֹנוֹ הָיָה שֶׁלֹּא הָיָה מֻורְסָא מֵעוֹלָם וְכֵן קוֹרֵעַ יְרִיעָה שֶׁנָּפַל בָּהּ דַּרְנָא עַל מְנָת לִתְפֹּור דְּבִרְצוֹנוֹ לֹא הָיָה נוֹפֵל בָּהּ וְכֵן תּוֹפֵר בֶּגֶד קָרוּעַ בִּרְצוֹנוֹ שֶׁלֹּא הָיָה קָרוּעַ אֶלָּא צָרִיךְ לְפָרֵשׁ כִּדְפֵירַשְׁתִּי:
R. Chimon exempte : il semble au Ri qu'on appelle melakha she-einah tsrikha legoufah le cas où l'on fait une melakha sans en avoir besoin pour le même usage que celui pour lequel on en avait besoin dans le Michkan, mais pour une autre fin ; car l'usage pour lequel la melakha était faite dans le Michkan est l'essence (gouf) de la melakha et sa racine. Selon cela, tous (les cas) s'expliquent bien. Sortir le mort : on n'a pas besoin du mort, alors que dans le Michkan on avait besoin des objets qu'on sortait. Capturer un serpent pour qu'il ne morde pas : on n'a pas besoin du serpent, alors que dans le Michkan on avait besoin du tahach et du hilazon. Percer un abcès pour en faire sortir l'humeur nuisible, sans que (l'ouverture) soit destinée à faire entrer l'air et sortir l'humeur de façon permanente : bien qu'on fasse une ouverture complète, puisqu'elle pourrait faire entrer et sortir s'il en avait besoin, elle ne ressemble pas aux ouvertures du Michkan, qui étaient destinées à faire entrer et sortir ; mais (le percer) pour lui faire une bouche ressemble au Michkan, et il est hayav. Tuer des nuisibles : on n'a pas besoin d'eux, alors que dans le Michkan on avait besoin des peaux des béliers abattus. Creuser une fosse en n'ayant besoin que de sa terre : dans le Michkan on avait besoin de la fosse, pour y planter (un pieu) ou pour autre chose. Le zav (qui sort) dans une bourse pour ne pas salir ses vêtements : c'est she-einah tsrikha legoufah, car il n'a pas besoin de la bourse elle-même ; et même (s'il en a besoin) pour compter ses écoulements ou ses jours propres, où il a besoin de la bourse, il n'a quand même pas besoin de cette sortie, car il lui suffirait de rester en un seul endroit. Éteindre une braise pour que le public n'en subisse pas de dommage, et (le cas de) celui qui ménage la lampe, l'huile, ou la mèche déjà roussie : ce n'est pas nécessaire pour elle-même, car dans le Michkan on n'éteignait que pour faire du charbon par cette extinction ; on préparait (le charbon) au moyen de cette extinction pour qu'il serve au travail des orfèvres. Éteindre pour que les teintures ne brûlent pas pendant leur cuisson n'existait pas dans le Michkan, car on y veillait à ne pas faire un feu trop fort. De même, (pour) démolir afin de construire, R. Chimon ne rend pas hayav non plus, car il exige que ce soit nécessaire pour elle-même, sauf par exemple si l'on démolit afin d'améliorer par rapport à ce qui était au début, par exemple si la seconde construction est meilleure que la première, comme le prouve notre sougya de celui qui ménage la lampe. De même, celui qui déchire (son vêtement) pour son mort, ou qui brise des objets pour inspirer la crainte aux gens de sa maison : ce n'est pas nécessaire pour elle-même, car dans le Michkan on déchirait pour réparer la chose déchirée. Et bien que, pour la sortie, R. Chimon n'exige pas que ce soit entièrement comme dans le Michkan (le Maître n'exige pas qu'on sorte une bêche (mar) pour en faire une plaque (tas), ni un Sefer Torah pour le corriger, alors que dans le Michkan la sortie des dons était faite pour les façonner, pour en faire le Michkan et ses ustensiles), pour les melakhot destructrices (mekalkelim), comme éteindre, démolir et déchirer, il est logique qu'il faille (agir) en vue de réparer, comme dans le Michkan. Les melakhot destructrices ne sont considérées comme nécessaires pour elles-mêmes que lorsqu'elles sont pour lui et pour elle (legoufo ve-legoufah). S'il ne l'appelle pas legoufo ve-legoufah, c'est que, puisque les deux sont exigés, c'est inclus dans legoufah. Mais pour la bêche et le Sefer Torah, puisqu'il n'en a besoin que pour lui-même (legoufo), car il n'a pas besoin de la bêche pour en faire une plaque ni du Sefer Torah pour le corriger, ce n'est pas inclus dans legoufah. Et comme tsrikha legoufah signifie semblable à ce qui se faisait dans le Michkan, comme je l'ai expliqué, il a fallu nous apprendre, pour la bêche, qu'on n'exige pas d'en faire une plaque comme dans le Michkan. Quant à Rachi, qui a expliqué : de son gré la chose ne lui serait pas arrivée et il n'en avait pas besoin, car ce n'est que pour l'écarter de soi, comme celui qui capture un serpent pour qu'il ne le morde pas, ou éteint une braise pour que le public n'en subisse pas de dommage, car de son gré elle n'existerait pas au monde ; et de même au chapitre Bameh madlikin (plus haut, Chabbat 31b) il a expliqué (le cas de celui qui) ménage la mèche déjà roussie, que ce n'est pas nécessaire pour elle-même, car il n'a pas besoin de cette extinction, et si elle n'avait jamais été allumée il le préférerait, puisqu'il la ménage, il la préfère quand elle contient davantage : (cette explication) est difficile (à cause de celui) qui démolit afin de reconstruire comme au début, et de celui qui déchire dans sa colère pour inspirer la crainte aux gens de sa maison, car là il a besoin de la melakha et veut qu'elle existe. On ne peut pas dire qu'il préférerait ne pas avoir besoin d'inspirer la crainte, car alors celui qui perce un abcès pour lui faire une bouche serait patour, puisque de son gré il n'y aurait jamais eu d'abcès ; et de même celui qui déchire un rideau sur lequel un ver est tombé, afin de le recoudre, car de son gré (le ver) ne serait pas tombé dessus ; et de même celui qui coud un vêtement déchiré, car de son gré il n'aurait pas été déchiré. Il faut donc expliquer comme je l'ai expliqué.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הַמִּתְכַּוֵּין לְהוֹצִיא לְפָנָיו וּבָא לוֹ לַאֲחוֹרָיו פָּטוּר. לַאֲחוֹרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו חַייָּב חַטָּאת בֶּאֱמֶת אָמְרוּ הָאִשָּׁה הַחוֹגֶרֶת בְּסִינָר בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ חַיֶּיבֶת שֶׁכֵּן דַּרְכּוֹ לִהְיוֹת חוֹזֵר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף מְקַבְּלֵי פִיתְקִין כֵּן. הַמּוֹצִיא כִּכָּר לרה"ר חַייָּב הוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם פְּטוּרִים וְאִם לֹא יָכוֹל אֶחָד לְהוֹצִיאוֹ וְהוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם חַיָּיבִין רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר הַמּוֹצִיא אֳוכָלִים פָּחוֹת מִכַּשִּׁיעוּר בִּכְלִי פָּטוּר אַף עַל הַכְּלִי שֶׁהַכְּלִי טְפֵילָה לוֹ. הַמּוֹצִיא אֶת הַחַי בַּמִּטָּה פָּטוּר אַף עַל הַמִּטָּה שֶׁהַמִּטָּה טְפֵילָה לוֹ. אֶת הַמֵּת בַּמִּטָּה חַייָּב. וְכֵן כְּזַיִת מִן הַמֵּת כְּזַיִת מִן הַנְּבֵילָה וְכַעֲדָשָׁה מִן הַשֶּׁרֶץ חַיָּיב רַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר:
Michna. Celui qui avait l'intention de sortir (un objet) devant lui et qui s'est retrouvé derrière lui est patour ; derrière lui et il s'est retrouvé devant lui, il est tenu d'un sacrifice hatat. En vérité ils ont dit : la femme qui se ceint d'un tablier (sinar), qu'il soit devant elle ou derrière elle, est hayevet, car il a tendance à tourner. R. Yehouda dit : de même ceux qui reçoivent des billets (mekabelei pitkin). Celui qui sort une miche dans le domaine public est hayav ; deux l'ont sortie, ils sont patourim ; et si un seul ne pouvait pas la sortir et que deux l'ont sortie, ils sont hayavim ; R. Chimon exempte. Celui qui sort des aliments en quantité inférieure à la mesure dans un récipient est patour même pour le récipient, car le récipient est accessoire à eux. Celui qui sort un vivant sur un lit est patour même pour le lit, car le lit est accessoire à lui. Un mort sur un lit : il est hayav. De même un kezayit de mort, un kezayit de nevela et un ka'adacha de cherets : il est hayav ; R. Chimon exempte.
💡 Explication

Principe du tafel (accessoire) : le récipient suit son contenu. Si les aliments sont en dessous du chiour, la sortie du récipient n'entraîne pas non plus d'obligation. Pour le vivant, Rachi applique la règle haï nossei et atsmo : un être vivant se porte lui-même.

Le mort n'a pas cette propriété : sa sortie rend hayav. R. Chimon exempte, car on sort un mort pour s'en débarrasser : c'est une melakha she-einah tsrikha legoufah. Tossefot en donne une autre définition que Rachi : la melakha est faite dans un autre but que celui qu'elle avait dans le Michkan.

8
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא אוֹכְלִין כַּשִּׁיעוּר, אִם בִּכְלִי — חַיָּיב עַל הָאֳוכָלִין וּפָטוּר עַל הַכְּלִי. וְאִם הָיָה כְּלִי צָרִיךְ לוֹ — חַיָּיב אַף עַל הַכְּלִי. שְׁמַע מִינָּה, אוֹכֵל שְׁנֵי זֵיתֵי חֵלֶב בְּהֶעְלֵם אֶחָד חַייָּב שְׁתַּיִם! אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הָכָא בְמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן

Guemara. Nos Maîtres ont enseigné : celui qui sort des aliments de la mesure (requise), si c'est dans un récipient, il est hayav pour les aliments et patour pour le récipient.

Et s'il avait besoin du récipient, il est hayav aussi pour le récipient. Déduis-en que celui qui mange deux kezeitim de helev (graisse interdite) dans un seul oubli (heelem ehad) est tenu de deux (hatat) !

Rav Chechet dit : de quoi s'agit-il ici ? Par exemple...

📜 Rachi (3)
גְּמ' וּפָטוּר עַל הַכְּלִי שֶׁהִיא טְפֵילָה לְאֹוכֶל:
Guemara. Et patour pour le récipient : car il est accessoire à l'aliment.
וְאִם הָיָה צָרִיךְ לַכְּלִי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ תַּשְׁמִישׁ אַחֵר מָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאוֹ שָׁם:
Et s'il avait besoin du récipient : pour s'en servir à un autre usage, à l'endroit où il le sort.
חַיָּיב עַל כָּל אֶחָד וְאֶחָד כִּי הֵיכִי דְּמִיחַייַּב לֵיהּ תַּרְתֵּי אַתַּרְתֵּי הוֹצָאוֹת בְּהֶעְלֵם אֶחָד:
Hayav : pour chacun (des deux), de même qu'on est tenu de deux (hatat) pour deux sorties dans un seul oubli.
💡 Explication

Si l'on a besoin du récipient, il cesse d'être accessoire et la baraita rend hayav pour les deux. Or une seule sortie, faite dans un seul heelem (période d'oubli), ne devrait entraîner qu'un seul hatat. Rendre hayav deux fois reviendrait à dire qu'un mangeur de deux kezeitim de helev d'un seul trait apporte deux sacrifices, alors qu'il n'en apporte qu'un. La réponse de Rav Chechet se poursuit au daf 94a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).