Sougya : Le daf achève la discussion sur le pot perforé (atsits nakouv) : pour R. Chimon, il est considéré comme détaché en toute matière, sauf pour le hekhsher des semences, car la Torah a élargi la pureté des semences.
Un vieillard interroge R. Zeira sur une racine placée face au trou ; R.
Zeira enseigne ensuite que R. Chimon reconnaît l'attachement si le pot est percé à la mesure de sa purification, et Abaye reformule : percé sous le niveau d'un reviit.
Rava énumère alors cinq mesures de trou dans un récipient d'argile, du trou qui laisse sortir un liquide à celui qui laisse passer une grenade. Enfin Rav Assi rapporte la mesure de la grenade, et Rava propose de la limiter au récipient fermé d'un couvercle scellé (tsamid patil).
(Il n'y a de différence entre le perforé et le non-perforé) que pour rendre les semences susceptibles (hekhsher) ! Il lui répondit : pour toutes choses R.
Chimon le considère comme détaché, mais la question de l'impureté est différente, car la Torah a élargi la pureté pour les semences, ainsi qu'il est dit : "sur toute semence de semailles qui sera semée" (Vayikra 11,37).
Pour R. Chimon, le pot perforé (atsits nakouv) est considéré comme détaché du sol en toute matière : Chabbat, mode d'acquisition, prozboul. Il n'y a qu'une exception : les semences qui y poussent ne reçoivent pas le hekhsher, c'est-à-dire l'aptitude à devenir impures.
La raison est textuelle : le verset répète la racine "semer" (zera zerou'a acher yizare'a). Rachi en déduit que seule une semence entièrement détachée, comme celle qu'on sort pour semer, devient impure ; le moindre lien au sol la garde pure.
Un certain vieillard demanda à R. Zeira : une racine (située) face au trou, que dit R.
Chimon ? Il se tut et ne lui dit rien.
Une fois, il le trouva assis en train de dire : et R. Chimon reconnaît que s'il a été percé à la mesure de sa purification (bikhdei tahorato).
Il lui dit : maintenant, je t'ai interrogé sur une racine face au trou et tu ne m'as rien dit ; (le cas du pot) percé à la mesure de sa purification, faut-il le demander ?!
Le vieillard pose une question précise : si la racine d'une plante se trouve juste en face du trou, R. Chimon la considère-t-il comme attachée ? R. Zeira ne répond pas.
Plus tard, R. Zeira enseigne que R. Chimon reconnaît l'attachement lorsque le pot est percé bikhdei tahorato, la taille de trou qui purifie un récipient d'argile ordinaire (une olive, selon Rachi). Le vieillard objecte : ce cas englobe aussi les plantes éloignées du trou, et il est donc plus douteux que celui de la racine placée face au trou. Si tu n'as pas pu trancher le premier, comment trancher le second ?
Tossefot explique le fond : un tel pot n'est plus un récipient et il est annulé (batel) par rapport au sol.
Abaye dit : et si (l'enseignement) de R. Zeira a été dit, voici comment il a été dit : et R.
Chimon reconnaît que s'il a été percé en dessous (du niveau) d'un reviit.
Abaye reformule l'enseignement de R. Zeira pour échapper à l'objection du vieillard. Le critère devient la contenance : si la partie située sous le trou ne peut plus contenir un reviit (un quart de log), le pot perd son statut de récipient.
Il n'y a alors plus rien à comparer avec le cas de la racine : le pot n'est plus un récipient et tout ce qu'il contient est attaché au sol.
Rava dit : cinq mesures pour le récipient d'argile. Percé (d'un trou) qui laisse sortir un liquide (motsi machke) : il est pur de l'impureté de guistra (tesson), et c'est encore un récipient pour y sanctifier les eaux de purification (mei hatat).
Percé (d'un trou) qui laisse entrer un liquide (kones machke) : il est exclu de la sanctification des eaux de purification, et c'est encore un récipient pour le hekhsher des semences. Percé comme une petite racine : il est exclu du hekhsher des semences, et c'est encore un récipient pour recevoir des olives.
Percé (d'un trou) qui laisse sortir des olives : il est exclu de recevoir des olives, et c'est encore un récipient pour recevoir des grenades. Percé (d'un trou) qui laisse sortir des grenades : il est pur de tout.
Et s'il est entouré d'un couvercle scellé (tsamid patil), (il protège) jusqu'à ce que la majeure partie en soit cassée.
Rava classe les trous d'un récipient d'argile par taille croissante. Chaque palier retire un statut et en laisse subsister un autre :
1. motsi machke (le liquide suinte) : le tesson (guistra) perd son impureté, mais le récipient entier reste valable même pour les mei hatat, qui exigent un récipient parfait. 2. kones machke (l'eau entre si on le pose dessus) : invalide pour les mei hatat, mais les semences y restent détachées. 3. petite racine : le pot devient un atsits nakouv, les semences sont attachées. 4. une olive passe : un récipient ordinaire à aliments est purifié. 5. une grenade passe : plus aucun statut de récipient.
Le récipient fermé d'un tsamid patil obéit à une autre règle : dans la tente du mort, l'impureté entre par l'ouverture, et il protège son contenu jusqu'à ce que la majeure partie soit cassée.
Rav Assi dit : j'ai entendu : un récipient d'argile, sa mesure est (un trou) qui laisse sortir une grenade. Rava lui dit : peut-être ne l'as-tu entendu que pour (un récipient) entouré d'un couvercle scellé.
Mais c'est Rava lui-même qui a dit : entouré d'un couvercle scellé, (il protège) jusqu'à ce que la majeure partie en soit cassée ! Ce n'est pas difficile :
Rav Assi rapporte une tradition : la mesure du récipient d'argile est un trou qui laisse passer une grenade. Pour Rava, un récipient ordinaire est déjà purifié par un trou d'olive ; il propose donc de limiter cette tradition au récipient fermé d'un tsamid patil, qui cesserait de protéger son contenu avec un trou de grenade.
La Guemara objecte : Rava a lui-même dit plus haut que le tsamid patil protège jusqu'à ce que la majeure partie soit cassée. La réponse (lo kachya) est donnée au daf 96a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).