Shabbat 95b — Le pot perforé selon R. Chimon et les cinq mesures du récipient d'argile

Shabbat 95b

Sougya : Le daf achève la discussion sur le pot perforé (atsits nakouv) : pour R. Chimon, il est considéré comme détaché en toute matière, sauf pour le hekhsher des semences, car la Torah a élargi la pureté des semences.

Un vieillard interroge R. Zeira sur une racine placée face au trou ; R.

Zeira enseigne ensuite que R. Chimon reconnaît l'attachement si le pot est percé à la mesure de sa purification, et Abaye reformule : percé sous le niveau d'un reviit.

Rava énumère alors cinq mesures de trou dans un récipient d'argile, du trou qui laisse sortir un liquide à celui qui laisse passer une grenade. Enfin Rav Assi rapporte la mesure de la grenade, et Rava propose de la limiter au récipient fermé d'un couvercle scellé (tsamid patil).

Rava : les cinq mesures de trou dans un récipient d'argileTaille du trouStatut perdu (tahor mi-)Statut conservé (adayin kli)1. motsi machkele liquide sortimpureté de guistra(tesson gardé)sanctifier lesmei hatat2. kones machkele liquide entresanctifier lesmei hatathekhsher des semences(pot = détaché)3. chorech katanpetite racinehekhsher des semences(pot = attaché)impureté d'un récipientà olives (ordinaire)4. motsi zaytimune olive passeimpureté d'un récipientordinaireimpureté d'un récipientréservé aux grenades5. motsi rimonimune grenade passetout statut de récipient(tahor mi-koloum)rienChaque trou plus grand retire un statut de plus. Le récipient fermé par un tsamid patilprotège son contenu dans la tente du mort jusqu'à ce que la majeure partie soit cassée.
Les cinq mesures de Rava : à chaque taille de trou, le statut que le récipient d'argile perd et celui qu'il garde.
Le pot perforé selon R. Chimon : trois lecturesR. Chimon (baraita)perforé = détaché, sauf hekhsherLe vieillardracine face au trou :attaché ? questionsans réponseR. Zeirail reconnaît si troubikhdei tahorato(une olive passe)Abayeil reconnaît si trousous le niveaud'un reviitObjection : si la racine estdouteuse, comment trancher ?Dans ces deux cas le pot n'est plus un récipient :tout ce qui y pousse est attaché au sol
Dans quel cas R. Chimon reconnaît-il que les plantes d'un pot perforé sont attachées au sol ?
1
אֶלָּא לְהַכְשִׁיר זְרָעִים בִּלְבַד! אֲמַר לֵיהּ: לְכָל מִילֵּי רַבִּי שִׁמְעוֹן כְּתָלוּשׁ מְשַׁוֵּי לֵיהּ, וְשָׁאנֵי לְעִנְיַן טֻומְאָה, דְּהַתּוֹרָה רִיבְּתָה טָהֳרָה אֵצֶל זְרָעִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל כָּל זֶרַע זֵרוּעַ אֲשֶׁר יִזָּרֵעַ״.

(Il n'y a de différence entre le perforé et le non-perforé) que pour rendre les semences susceptibles (hekhsher) ! Il lui répondit : pour toutes choses R.

Chimon le considère comme détaché, mais la question de l'impureté est différente, car la Torah a élargi la pureté pour les semences, ainsi qu'il est dit : "sur toute semence de semailles qui sera semée" (Vayikra 11,37).

📜 Rachi (3)
אֶלָּא לְהַכְשִׁיר זְרָעִים הַזְּרוּעִים בְּתוֹכוֹ עָצִיץ נָקוּב אֵינוֹ מְקַבֵּל הֶכְשֵׁר לְטֻומְאָה וְשֶׁאֵינוֹ נָקוּב מְקַבֵּל הֶכְשֵׁר דְּתָלוּשׁ הוּא וְהָא רַבִּי שִׁמְעוֹן קָאָמַר לֵיהּ וה"ג ר"ש אוֹמֵר אֵין בֵּין נָקוּב כו' דְּאִילּוּ לְרַבָּנָן אִיכָּא טוּבָא דְּהָא מִיחַייְּבִי אַנָּקוּב מִשּׁוּם שַׁבָּת וּפָטְרִי אַשְׁאִינוֹ נָקוּב:
Que pour rendre les semences susceptibles : celles qui sont semées dans un pot perforé ne reçoivent pas le hekhsher (préparation) à l'impureté, et (celles d'un pot) non perforé reçoivent le hekhsher, car elles sont détachées. Et c'est R. Chimon qui dit cela ; nous lisons ainsi : R. Chimon dit : il n'y a de différence entre le perforé etc. En effet, selon les Rabbanan il y en a beaucoup, puisqu'ils rendent hayav pour le perforé au titre de Chabbat et patour pour le non-perforé.
לְכָל מִילֵּי לְשַׁבָּת וְלִקְנוֹת בִּמְשִׁיכָה וְלֹא בְּכֶסֶף וְלִפְרוֹזְבּוֹל שֶׁאֵינוֹ נִכְתַּב אֶלָּא עַל הַקַּרְקַע:
Pour toutes choses : pour Chabbat, pour acquérir par traction (mechikha) et non par argent, et pour le prozboul, qui ne s'écrit que sur (un débiteur qui possède) une terre.
אֲשֶׁר יִזְרַע כְּדֶרֶךְ שֶׁאָדָם מוֹצִיא לִזְרִיעָה לִמְעוּטֵי מְחֻובָּר כָּל דְּהוּ לְהָכִי אַהֲנֵי זְרִיעוֹת יַתִּירֵי דִּקְרָא וּמִיהוּ שֶׁאֵינוֹ נָקוּב תָּלוּשׁ גָּמוּר הוּא:
Qui sera semée : à la manière dont un homme sort (la semence) pour les semailles, pour exclure ce qui est attaché si peu que ce soit ; c'est à cela que servent les termes de semailles redondants du verset. Toutefois, le non-perforé est entièrement détaché.
💡 Explication

Pour R. Chimon, le pot perforé (atsits nakouv) est considéré comme détaché du sol en toute matière : Chabbat, mode d'acquisition, prozboul. Il n'y a qu'une exception : les semences qui y poussent ne reçoivent pas le hekhsher, c'est-à-dire l'aptitude à devenir impures.

La raison est textuelle : le verset répète la racine "semer" (zera zerou'a acher yizare'a). Rachi en déduit que seule une semence entièrement détachée, comme celle qu'on sort pour semer, devient impure ; le moindre lien au sol la garde pure.

🖼️ Schéma
Pot perforé (atsits nakouv) : Rabbanan et R. ChimonDomaineChabbatachat (mechikha)prozboulhekhsher semencesRabbananperforé = attaché(arracher : hayav)semences : pas de hekhsherR. Chimonperforé = détachépour tout le restesemences : pas de hekhsher(Vayikra 11,37)
Le pot perforé : attaché pour les Rabbanan, détaché pour R. Chimon sauf pour le hekhsher des semences.
2
בְּעָא מִינֵּיהּ הָהוּא סָבָא מֵרַבִּי זֵירָא: שֹׁורֶשׁ כְּנֶגֶד נֶקֶב מַה לִּי אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן? אִישְׁתִּיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידִי. זִימְנָא חֲדָא אַשְׁכְּחֵיהּ דְּיָתֵיב וְקָאָמַר: וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁאִם נִיקַּב בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ. אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא שֹׁורֶשׁ כְּנֶגֶד נֶקֶב בְּעַאי מִינָּךְ וְלָא אֲמַרְתְּ לִי וְלָא מִידֵּי, נִיקַּב בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ מִיבַּעְיָא?!

Un certain vieillard demanda à R. Zeira : une racine (située) face au trou, que dit R.

Chimon ? Il se tut et ne lui dit rien.

Une fois, il le trouva assis en train de dire : et R. Chimon reconnaît que s'il a été percé à la mesure de sa purification (bikhdei tahorato).

Il lui dit : maintenant, je t'ai interrogé sur une racine face au trou et tu ne m'as rien dit ; (le cas du pot) percé à la mesure de sa purification, faut-il le demander ?!

📜 Rachi (4)
מַה לִי אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מִי מוֹדֶה דְּהָא בִּמְחֻובָּר הוּא הַאי שֹׁורֶשׁ וְאִי תְּלָשׁוֹ לִי' בְּשַׁבָּת מִיחַייַּב:
Que dit R. Chimon : reconnaît-il que cette racine est attachée (au sol), et que si on l'arrache à Chabbat on est hayav ?
זִימְנִין פַּעַם אַחֶרֶת:
Une fois : une autre fois.
שֶׁאִם נִיקַּב הֶעָצִיץ בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ וְשֶׁאִם נִטְמָא נִטְהַר בִּשְׁבִירָה זוֹ וְהַייְנוּ כְּמוֹצִיא זַיִת דִּתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פ"ג מ"א) כְּלִי חֶרֶס הֶעָשׂוּי לָאֳוכָלִין שִׁיעוּרוֹ כְּזֵיתִים וּמוֹדֶה ר' שִׁמְעוֹן בְּהָא דַּחֲשִׁיב מְחֻובָּר כָּל הַזְּרָעִים שֶׁבְּתוֹכוֹ דְּתוּ לָא הָוֵי כְּלִי:
Que s'il a été percé : le pot, à la mesure de sa purification, c'est-à-dire que s'il était devenu impur, il redevient pur par cette cassure, à savoir (un trou) qui laisse sortir une olive, comme nous l'avons appris dans le traité Kelim (3,1) : un récipient d'argile fait pour les aliments, sa mesure est (un trou de la taille) d'olives. Et R. Chimon reconnaît dans ce cas que toutes les semences qui s'y trouvent sont considérées comme attachées, car ce n'est plus un récipient.
נִיקַּב בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ מִיבַּעְיָא דַּהֲוָה לָן לְסַפּוֹקֵי בֵּיהּ בְּהָנָךְ דְּלָאו כְּנֶגֶד הַנֶּקֶב וְאֶת פְּשַׁטְתְּ לְהוּ דְּכֻולְּהוּ מְחֻובָּר נִינְהוּ:
Percé à la mesure de sa purification, faut-il le demander : car nous aurions dû avoir un doute au sujet de celles qui ne sont pas face au trou, et toi tu as tranché qu'elles sont toutes attachées.
🗂️ Tossefot (1)
וּמוֹדֶה ר"ש שֶׁאִם נִיקַּב בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ פִּי' כְּמוֹצִיא זַיִת דִּסְתָמוֹ שֶׁל כְּלִי חֶרֶס לָאֳוכָלִין וְשִׁיעוּרָן כְּמוֹצִיא זַיִת וְנִרְאֶה לר"י דְּהַייְנוּ טַעְמָא דְּמוֹדֶה מִשּׁוּם דְּבָטֵל אַגַּב קַרְקַע כְּשֶׁנִּיקַּב בִּכְדֵי טָהֳרָתוֹ וְדַוְקָא בְּנִיקַּב כְּמוֹצִיא זַיִת אֲבָל בִּכְלִי הַמְיֻוחָד לְמַשְׁקִין אע"פ שֶׁטָּהֳרָתוֹ בְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה לָא אָמְרִי' דְּבָטֵל דְּאַפֵּי' לְרַבָּנָן לָא חָשְׁבִי לֵיהּ כִּמְחֻובָּר בְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה אֶלָּא כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן כִּדְאָמַר בְּסָמוּךְ:
Et R. Chimon reconnaît que s'il a été percé à la mesure de sa purification : explication : (un trou) qui laisse sortir une olive, car un récipient d'argile ordinaire est destiné aux aliments et leur mesure est (un trou) qui laisse sortir une olive. Et il semble au Ri que la raison pour laquelle (R. Chimon) le reconnaît est que (le pot) est annulé par rapport au sol lorsqu'il a été percé à la mesure de sa purification. Et cela seulement lorsqu'il a été percé (d'un trou) qui laisse sortir une olive ; mais pour un récipient réservé aux liquides, bien que sa purification soit (par un trou) qui laisse entrer un liquide, nous ne disons pas qu'il est annulé, car même selon les Rabbanan on ne le considère pas comme attaché avec (un trou) qui laisse entrer un liquide, mais (seulement avec un trou) de la taille d'une petite racine, comme il est dit plus loin.
💡 Explication

Le vieillard pose une question précise : si la racine d'une plante se trouve juste en face du trou, R. Chimon la considère-t-il comme attachée ? R. Zeira ne répond pas.

Plus tard, R. Zeira enseigne que R. Chimon reconnaît l'attachement lorsque le pot est percé bikhdei tahorato, la taille de trou qui purifie un récipient d'argile ordinaire (une olive, selon Rachi). Le vieillard objecte : ce cas englobe aussi les plantes éloignées du trou, et il est donc plus douteux que celui de la racine placée face au trou. Si tu n'as pas pu trancher le premier, comment trancher le second ?

Tossefot explique le fond : un tel pot n'est plus un récipient et il est annulé (batel) par rapport au sol.

3
אָמַר אַבַּיֵּי: וְאִי אִיתְּמַר לְהָא דְּרַבִּי זֵירָא, הָכִי הוּא דְּאִיתְּמַר: וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן שֶׁאִם נִיקַּב לְמַטָּה מֵרְבִיעִית.

Abaye dit : et si (l'enseignement) de R. Zeira a été dit, voici comment il a été dit : et R.

Chimon reconnaît que s'il a été percé en dessous (du niveau) d'un reviit.

📜 Rachi (2)
אִי אִתְּמַר לִדְרַבִּי זֵירָא דְּמוֹדֶה ר"ש בְּשׁוּם נֶקֶב:
Si (l'enseignement) de R. Zeira a été dit : que R. Chimon reconnaît (l'attachement) pour un certain trou.
הָכִי הוּא דְּאִיתְּמַר שֶׁאִם נִיקַּב לְמַטָּה מֵרְבִיעִית שֶׁאֵינוֹ מַחֲזִיק רְבִיעִית מִן הַנֶּקֶב וּלְמַטָּה דִּבְצִיר מֵהָכִי לָאו כְּלִי הוּא:
Voici comment il a été dit : s'il a été percé en dessous d'un reviit, c'est-à-dire qu'il ne contient pas un reviit du trou vers le bas, car (un récipient qui contient) moins que cela n'est pas un récipient.
💡 Explication

Abaye reformule l'enseignement de R. Zeira pour échapper à l'objection du vieillard. Le critère devient la contenance : si la partie située sous le trou ne peut plus contenir un reviit (un quart de log), le pot perd son statut de récipient.

Il n'y a alors plus rien à comparer avec le cas de la racine : le pot n'est plus un récipient et tout ce qu'il contient est attaché au sol.

4
אָמַר רָבָא, חָמֵשׁ מִדּוֹת בִּכְלֵי חֶרֶס: נִיקַּב כְּמוֹצִיא מַשְׁקֶה — טָהוֹר מִלְּטַמֵּא גִּיסְטְרָא וַעֲדַייִן כְּלִי הוּא לְקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת; נִיקַּב כְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה — טָהוֹר מִלְּקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת וַעֲדַיִין כְּלִי הוּא לְהַכְשִׁיר בּוֹ זְרָעִים; נִיקַּב כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן — טָהוֹר מִלְּהַכְשִׁיר בּוֹ זְרָעִים וַעֲדַיִין כְּלִי הוּא לְקַבֵּל בּוֹ זֵיתִים; נִיקַּב כְּמוֹצִיא זֵיתִים — טָהוֹר מִלְּקַבֵּל בּוֹ זֵיתִים וַעֲדַיִין כְּלִי הוּא לְקַבֵּל בּוֹ רִימּוֹנִים; נִיקַּב כְּמוֹצִיא רִימּוֹנִים — טָהוֹר מִכְּלוּם. וְאִם הֻוקַּף צָמִיד פָּתִיל — עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ.

Rava dit : cinq mesures pour le récipient d'argile. Percé (d'un trou) qui laisse sortir un liquide (motsi machke) : il est pur de l'impureté de guistra (tesson), et c'est encore un récipient pour y sanctifier les eaux de purification (mei hatat).

Percé (d'un trou) qui laisse entrer un liquide (kones machke) : il est exclu de la sanctification des eaux de purification, et c'est encore un récipient pour le hekhsher des semences. Percé comme une petite racine : il est exclu du hekhsher des semences, et c'est encore un récipient pour recevoir des olives.

Percé (d'un trou) qui laisse sortir des olives : il est exclu de recevoir des olives, et c'est encore un récipient pour recevoir des grenades. Percé (d'un trou) qui laisse sortir des grenades : il est pur de tout.

Et s'il est entouré d'un couvercle scellé (tsamid patil), (il protège) jusqu'à ce que la majeure partie en soit cassée.

📜 Rachi (16)
חָמֵשׁ מִדּוֹת גָּרְסִי':
Nous lisons "cinq mesures".
כְּמוֹצִיא מַשְׁקֶה נֶקֶב דַּק מְאֹד שֶׁמַּשְׁקֶה יוֹצֵא בוֹ:
Qui laisse sortir un liquide : un trou très fin par lequel le liquide sort.
טָהוֹר מִלְּטַמֵּא גִּיסְטְרָא כְּלוֹמַר אִם כְּלִי שָׁלֵם הוּא אֵינוֹ נִטְהָר בְּכָךְ אֲבָל אִם הָיָה שֶׁבֶר כְּלִי וְהָיָה רָאוּי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ דִּמְקַבֵּל טֻומְאָה מִשֶּׁנִּשְׁבַּר כְּדִתְנַן הֵן וְקַרְקְרוֹתֵיהֶן וְדָופְנוֹתֵיהֶן יוֹשְׁבִין שֶׁלֹּא מְסֻומָּכִין כו' בְּאֵלּוּ טְרֵפוֹת (חֻולִּין דַּף נד:) וְנִיקַּב שׁוּב כְּמוֹצִיא מַשְׁקֶה אֵינוֹ טָמֵא עוֹד מִשּׁוּם תּוֹרַת גִּיסְטְרָא:
Pur de l'impureté de guistra : c'est-à-dire que, si c'est un récipient entier, il n'est pas purifié par cela. Mais si c'était un tesson de récipient apte à l'usage, qui reçoit l'impureté depuis qu'il s'est cassé, comme nous l'avons appris : "eux, leurs fonds et leurs parois qui tiennent debout sans appui etc." (au chapitre Elou terefot, Houlin 54b), et qu'il a ensuite été percé (d'un trou) qui laisse sortir un liquide, il n'est plus impur au titre de guistra.
גִּיסְטְרָא שֶׁבֶר כְּלִי וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ טַעְמָא דְּאֵין שֶׁבֶר כְּלִי חָשׁוּב לְהַצְנִיעוֹ מִשֶּׁנִּיקַּב וְלוֹמַר הָבֵא גִּיסְטְרָא אַחֵר וְנַנִּיחַ תַּחְתָּיו לְקַבֵּל טִיף טִיף הַנּוֹטֵף מִזֶּה אֲבָל אִם הָיָה כְּלִי שָׁלֵם וְנִיקַּב מְעַט אֵין מְאַבְּדִין אוֹתוֹ אֶלָּא אוֹמֵר הָבֵא גִּיסְטְרָא אַחֵר וְנַנִּיחַ תַּחְתָּיו:
Guistra : un tesson de récipient. Plus loin (la Guemara) en explique la raison : un tesson de récipient n'a pas assez d'importance pour qu'on le garde une fois percé et qu'on dise : apportons un autre tesson et plaçons-le dessous pour recevoir goutte à goutte ce qui coule de celui-ci. Mais si c'était un récipient entier percé un peu, on ne le jette pas ; on dit : apportons un autre tesson et plaçons-le dessous.
וַעֲדַייִן כְּלִי הוּא לְקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת כְּלוֹמַר אִם כְּלִי שָׁלֵם הָיָה וְנִיקַּב כְּמוֹצִיא מַשְׁקֶה עֲדַייִן כָּל תּוֹרַת כְּלִי עָלָיו וְאַפֵּי' לְקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת בְּאֵפֶר פָּרָה דְּבָעֵינַן כְּלִי רָאוּי דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר יט) מַיִם חַיִּים אֶל כֶּלִי וכ"ש שֶׁמְּקַבֵּל טֻומְאָה:
Et c'est encore un récipient pour y sanctifier les eaux de purification : c'est-à-dire que, si c'était un récipient entier et qu'il a été percé (d'un trou) qui laisse sortir un liquide, il garde encore entièrement le statut de récipient, même pour y sanctifier les eaux de purification avec la cendre de la vache (rousse), pour lesquelles il faut un récipient valable, car il est écrit (Bamidbar 19,17) : "de l'eau vive dans un récipient" ; et à plus forte raison il reçoit l'impureté.
נִיקַּב כְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה שֶׁאִם מוֹשִׁיבוֹ עַל הַמַּיִם נִכְנָס בְּתוֹכוֹ דְּהַיְינוּ נֶקֶב רָחָב קְצָת:
Qui laisse entrer un liquide : si on le pose sur l'eau, (l'eau) entre dedans ; c'est un trou un peu large.
טָהוֹר מִלְּקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת טָהוֹר לָאו דַּוְקָא אֶלָּא כְּמוֹ טָהַר יוֹמָא (בְּרָכוֹת דַּף ב.) כְּלוֹמַר בָּטֵל לוֹ מִתּוֹרַת כְּלִי לְעִנְיַן מֵי חַטָּאת:
Exclu de la sanctification des eaux de purification : "pur" n'est pas à prendre au sens strict ; c'est comme "le jour est pur" (Berakhot 2a), c'est-à-dire qu'il a perdu le statut de récipient pour les eaux de purification.
וַעֲדַייִן כְּלִי הוּא לְעִנְיַן הֶכְשֵׁר זְרָעִים הַזְּרוּעִים בְּתוֹכוֹ דְּכִתְלוּשִׁין נִינְהוּ וַאֲפִילּוּ לְרַבָּנָן שֶׁאֵין נֶקֶב זֶה רָאוּי לְהָרִיחַ לַחְלוּחִית הַקַּרְקַע:
Et c'est encore un récipient pour le hekhsher des semences : semées à l'intérieur, car elles sont comme détachées, même selon les Rabbanan, car ce trou n'est pas apte à sentir l'humidité du sol.
נִיקַּב כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן הָוֵי טְפֵי מִבְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה:
Percé comme une petite racine : c'est plus que (le trou) qui laisse entrer un liquide.
טָהוֹר מִלְּהַכְשִׁיר זְרָעִים לְרַבָּנָן דְּהָוֵי עָצִיץ נָקוּב:
Exclu du hekhsher des semences : selon les Rabbanan, car c'est un pot perforé.
וַעֲדַייִן כְּלִי הוּא לְקַבֵּל בּוֹ זֵיתִים שֶׁהוּא שִׁיעוּר לְטֻומְאָה בְּכָל כְּלִי חֶרֶס הֶעָשׂוּי לָאֳוכָלִין סְתָם כָּל זְמַן שֶׁלֹּא יַחְדָּו לְרִימּוֹנִים וּמְקַבֵּל עֲדַיִין טֻומְאָה:
Et c'est encore un récipient pour recevoir des olives : qui est la mesure pour l'impureté de tout récipient d'argile fait pour les aliments en général, tant qu'on ne l'a pas réservé aux grenades ; il reçoit encore l'impureté.
טָהוֹר מִלְּקַבֵּל בּוֹ זֵיתִים כְּלוֹמַר מִלְּקַבֵּל עוֹד טֻומְאָה מִשּׁוּם תּוֹרַת סְתָם כְּלִי חֶרֶס שֶׁהֲרֵי שִׁיעוּרָן כְּזֵיתִים וְאִם הָיְתָה עָלָיו טֻומְאָה נִטְהַר מִמֶּנָּה:
Exclu de recevoir des olives : c'est-à-dire de recevoir encore l'impureté au titre de récipient d'argile ordinaire, puisque leur mesure est (un trou) d'olives ; et s'il portait une impureté, il en est purifié.
וַעֲדַייִן כְּלִי הוּא לְקַבֵּל בּוֹ רִימּוֹנִים שֶׁאִם יִחֲדוֹ שׁוּב לְרִימּוֹנִים מְקַבֵּל טֻומְאָה מִכָּאן וּלְהַבָּא אוֹ אִם הָיָה מְיֻוחָד לְרִימּוֹנִים מִתְּחִילָּה לֹא נִטְהַר:
Et c'est encore un récipient pour recevoir des grenades : si on le réserve ensuite aux grenades, il reçoit l'impureté à partir de ce moment ; où s'il était réservé aux grenades dès le départ, il n'est pas purifié.
טָהוֹר מִכְּלוּם מִשּׁוּם כְּלִי אֶלָּא א"כ מַצְנִיעוֹ לְגִיסְטְרָא יְטַמֵּא בְּתוֹרַת גִּיסְטְרָא:
Pur de tout : au titre de récipient, à moins qu'on ne le garde comme guistra : il deviendra alors impur au titre de guistra.
וְאִם הָיָה מֻוקָּף צָמִיד פָּתִיל וְהוּא בְּאֹהֶל הַמֵּת אֵין טֻומְאָה נִכְנֶסֶת בּוֹ דֶּרֶךְ נֶקֶב וּמָצֵי עַל כָּל מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ:
Et s'il était entouré d'un couvercle scellé : et qu'il se trouve dans la tente du mort, l'impureté n'y entre pas par le trou, et il protège tout ce qui est à l'intérieur.
עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ דְּכָל כְּלִי פָּתוּחַ כְּתִיב (שָׁם) דֶּרֶךְ פֶּתַח נִכְנֶסֶת לוֹ טֻומְאָה וְלֹא דֶּרֶךְ נְקָבָיו:
Jusqu'à ce que la majeure partie en soit cassée : car il est écrit (Bamidbar 19,15) "tout récipient ouvert" : l'impureté y entre par l'ouverture et non par ses trous.
🗂️ Tossefot (3)
טָהוֹר מִלְּקַדֵּשׁ בּוֹ מֵי חַטָּאת וכ"ש דְּטָהוֹר מִלְּקַבֵּל טֻומְאָה אִם הָיָה מְיֻוחָד לְמַשְׁקִין:
Exclu de la sanctification des eaux de purification : et à plus forte raison il est pur (exclu) de recevoir l'impureté s'il était réservé aux liquides.
טָהוֹר מִלְּהַכְשִׁיר בּוֹ זְרָעִים מַשְׁמַע דִּכְלִי חֶרֶס בָּעֵי נְקִיבָה וּדְלֹא כְּפִי' הַקְּוַנְט' בפ"ק דְּגִיטִּין (דַּף ז.) שֶׁפֵּירֵשׁ דִּסְפִינָה שֶׁל חֶרֶס דְּכֵיוָן שֶׁהִיא שֶׁל עָפָר חֲשׁוּבָה כִּנְקוּבָה וְעֵת לְקַצֵּר:
Exclu du hekhsher des semences : cela implique qu'un récipient d'argile a besoin d'être percé, contrairement à l'explication du Kountrass (Rachi) au premier chapitre de Guittin (7a), qui a expliqué au sujet du bateau d'argile que, puisqu'il est fait de terre, il est considéré comme perforé, et (au sujet de) "ve-et liktsor".
נִיקַּב כְּמוֹצִיא רִימּוֹן טָהוֹר מִכְּלוּם תֵּימַהּ לר"י הֵיכִי קָאָמַר דְּטָהוֹר מִכְּלוּם וַהֲלֹא אִם יַחְדָּו לְגִיסְטְרָא מְקַבֵּל טֻומְאָה כִּדְפֵי' בַּקְּוַנְט' וּכְפֵירוּשׁוֹ וַדַּאי כֵּן הוּא שֶׁהֲרֵי אֲפִילּוּ אִם נִשְׁבְּרוּ בִּשְׁבָרִים דַּקִּים מְקַבְּלִים הַשְּׁבָרִים טֻומְאָה בְּתוֹרַת גִּיסְטְרָא כְּשֶׁנִּשְׁאַר בַּשְּׁבָרִים שִׁיעוּר הַמְפֹורָשׁ בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (ס"ב מִשְׁנָה ב) וּמַיְיתִי לָהּ בְּפֶ' אֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין נד:) הַדַּקִּים שֶׁבִּכְלִי חֶרֶס הֵן וְקַרְקְרוֹתֵיהֶן וְדָופְנוֹתֵיהֶן יוֹשְׁבִין שֶׁלֹּא מְסֻומָּכִין שִׁיעוּרָן בִּכְדֵי סִיכַת קָטָן עַד לוֹג וּמִלּוֹג עַד סְאָה בִּרְבִיעִית כּוּ' וְעוֹד קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דַּהֲוָה מָצֵי לְמֵימַר שֵׁשׁ מִדּוֹת בִּכְלִי חֶרֶס וי"ל דִּכְשֶׁנִּשְׁבַּר לְגַמְרֵי הַשְּׁבָרִים רְאוּיִין לְגִיסְטְרָא אֲבָל כְּשֶׁהַכְּלִי שָׁלֵם אֶלָּא שֶׁנִּיקַּב כְּמוֹצִיא רִימּוֹן אֵין רָאוּי לְגִיסְטְרָא וְאַפֵּי' יִחֲדוֹ בָּטְלָה דַּעְתּוֹ אֵצֶל כָּל אָדָם אֲבָל מִתּוֹךְ פִּי' הַקְּוַנְט' מַשְׁמַע דִּכְשֶׁנִּיקַּב כְּמוֹצִיא רִימּוֹן רָאוּי הוּא לְגִיסְטְרָא דְּפֵירֵשׁ טָהוֹר מִכְּלוּם מִשּׁוּם כְּלִי אא"כ מַצְנִיעוֹ מִשּׁוּם גִּיסְטְרָא וּלְפֵירוּשׁוֹ הָא דְּלָא נְקַט ו' מִדּוֹת דְּלָא מַיְירֵי אֶלָּא כְּשֶׁיָּכוֹל לְהִשְׁתַּמֵּשׁ כְּדַרְכָּן וְנִיקַּב כְּמוֹצִיא רִימּוֹן אֵין רָאוּי אֶלָּא אִם כֵּן מַטֵּהוּ עַל צִידּוֹ:
Percé (d'un trou) qui laisse sortir une grenade, pur de tout : le Ri s'étonne : comment (Rava) dit-il "pur de tout", alors que si on le réserve comme guistra il reçoit l'impureté, comme l'a expliqué le Kountrass ? Et selon son explication c'est certainement ainsi, car même s'ils se sont brisés en petits morceaux, les tessons reçoivent l'impureté au titre de guistra lorsqu'il reste dans les tessons la mesure précisée dans le traité Kelim (2,2), citée au chapitre Elou terefot (Houlin 54b) : "les petits (récipients) d'argile, eux, leurs fonds et leurs parois qui tiennent debout sans appui : leur mesure est de quoi oindre un petit (doigt d'un) enfant, jusqu'à un log ; et d'un log à un sea, un reviit, etc." Le Rachba objecte encore : (Rava) aurait pu dire "six mesures pour le récipient d'argile". On peut répondre : quand il s'est entièrement brisé, les tessons sont aptes à servir de guistra ; mais quand le récipient est entier et seulement percé (d'un trou) qui laisse sortir une grenade, il n'est pas apte comme guistra, et même si on l'y a réservé, son intention est annulée face à celle de tout le monde. Mais de l'explication du Kountrass il ressort que, percé (d'un trou) qui laisse sortir une grenade, il est apte comme guistra, car il a expliqué "pur de tout au titre de récipient, à moins qu'on ne le garde comme guistra". Selon son explication, (Rava) n'a pas compté six mesures parce qu'il ne parle que (des cas) où l'on peut s'en servir de la manière habituelle ; or, percé (d'un trou) qui laisse sortir une grenade, il n'est utilisable que si on l'incline sur le côté.
💡 Explication

Rava classe les trous d'un récipient d'argile par taille croissante. Chaque palier retire un statut et en laisse subsister un autre :

1. motsi machke (le liquide suinte) : le tesson (guistra) perd son impureté, mais le récipient entier reste valable même pour les mei hatat, qui exigent un récipient parfait. 2. kones machke (l'eau entre si on le pose dessus) : invalide pour les mei hatat, mais les semences y restent détachées. 3. petite racine : le pot devient un atsits nakouv, les semences sont attachées. 4. une olive passe : un récipient ordinaire à aliments est purifié. 5. une grenade passe : plus aucun statut de récipient.

Le récipient fermé d'un tsamid patil obéit à une autre règle : dans la tente du mort, l'impureté entre par l'ouverture, et il protège son contenu jusqu'à ce que la majeure partie soit cassée.

5
אָמַר רַב אַסִּי: שָׁמַעְתִּי כְּלִי חֶרֶס שִׁיעוּרוֹ כְּמוֹצִיא רִימּוֹן. אָמַר לֵיהּ רָבָא: שֶׁמָּא לֹא שָׁמַעְתָּ אֶלָּא בְּמֻוקָּף צְמִיד פָּתִיל. וְהָא רָבָא הוּא דְּאָמַר מֻוקָּף צְמִיד פָּתִיל עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ! לָא קַשְׁיָא,

Rav Assi dit : j'ai entendu : un récipient d'argile, sa mesure est (un trou) qui laisse sortir une grenade. Rava lui dit : peut-être ne l'as-tu entendu que pour (un récipient) entouré d'un couvercle scellé.

Mais c'est Rava lui-même qui a dit : entouré d'un couvercle scellé, (il protège) jusqu'à ce que la majeure partie en soit cassée ! Ce n'est pas difficile :

📜 Rachi (1)
אֶלָּא בְּמֻוקָּף צְמִיד פָּתִיל שֶׁאִם נִיקַּב כְּמוֹצָא רִימּוֹן אֵינוֹ מַצִּיל:
Que pour (un récipient) entouré d'un couvercle scellé : que s'il a été percé (d'un trou) qui laisse sortir une grenade, il ne protège pas.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁמָּא לֹא שָׁמַעְתָּ אֶלָּא בְּמֻוקָּף צְמִיד פָּתִיל תֵּימַהּ לר"י דִּילְמָא בִּמְיֻוחָד לְרִימּוֹנִים שָׁמַע וְאִצְטְרִיךְ לְאַפּוֹקֵי מדר"א דְּאָמַר בְּסָמוּךְ נִיקַּב כְּמוֹצִיא זַיִת אֵין לוֹ טֻומְאָה כּוּ' וְי"ל דְּמַשְׁמַע דְּבִסְתָם כְּלִי חֶרֶס אַייְרֵי בְּלֹא יִחוּד וְלֵיכָּא לְמֵימַר דִּלְעִנְיַן הֶכְשֵׁר זְרָעִים. שָׁמַע כמ"ד בְּסָמוּךְ שִׁיעוּרוֹ כְּמוֹצִיא רִימּוֹן לְפֵירֵשׁ הַקְּוַנְט' דְּפֵירֵשׁ דִּלְעִנְיַן הֶכְשֵׁר זְרָעִים פְּלִיגִי דְּא"כ אַמַּאי נְקַט כְּלִי חֶרֶס אַפִּי' כְּלִי עֵץ נָמֵי וְעוֹד דְּרָבָא סְבִירָא לֵיהּ דִּלְעִנְיַן הֶכְשֵׁר זְרָעִים שִׁיעוּרוֹ כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן:
Peut-être ne l'as-tu entendu que pour (un récipient) entouré d'un couvercle scellé : le Ri s'étonne : peut-être l'a-t-il entendu pour (un récipient) réservé aux grenades, et c'était nécessaire pour exclure (l'opinion) de R. Eliezer qui dit plus loin : percé (d'un trou) qui laisse sortir une olive, il n'a pas d'impureté etc. On peut répondre qu'il ressort (de la formulation) qu'il parle d'un récipient d'argile ordinaire, sans affectation. Et on ne peut pas dire qu'il l'a entendu au sujet du hekhsher des semences, selon celui qui dit plus loin "sa mesure est (un trou) qui laisse sortir une grenade", d'après l'explication du Kountrass selon laquelle ils divergent au sujet du hekhsher des semences : s'il en était ainsi, pourquoi mentionner un récipient d'argile ? même un récipient de bois (serait concerné) ! De plus, Rava pense qu'au sujet du hekhsher des semences la mesure est une petite racine.
💡 Explication

Rav Assi rapporte une tradition : la mesure du récipient d'argile est un trou qui laisse passer une grenade. Pour Rava, un récipient ordinaire est déjà purifié par un trou d'olive ; il propose donc de limiter cette tradition au récipient fermé d'un tsamid patil, qui cesserait de protéger son contenu avec un trou de grenade.

La Guemara objecte : Rava a lui-même dit plus haut que le tsamid patil protège jusqu'à ce que la majeure partie soit cassée. La réponse (lo kachya) est donnée au daf 96a.

🖼️ Schéma
Rav Assi et Rava : où se place la mesure de la grenade ?Rav Assirécipient d'argile :trou d'une grenadeRavapeut-être pour untsamid patil ?ObjectionRava lui-même : tsamid patil= majeure partie casséeLo kachya : la réponse suit au daf 96a
Rav Assi, la proposition de Rava et l'objection de la Guemara.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).