Shabbat 96a — Le trou qui annule un kli hères ; lancer et tendre d'un domaine privé à l'autre

Shabbat 96a

Sougya : La Guemara achève la discussion du perek Hamatsnia sur la taille du trou qui fait perdre à un kli hères (récipient d'argile) son statut de récipient : kones mashke, motsi mashke, petite racine, olive, grenade, majorité brisée, chaque mesure selon le domaine de halakha. Rav Asi, Oula, Rav Hinnana bar Kahana et Mar Kachicha au nom de Rabbi Eliezer précisent les seuils.

Puis s'ouvre le perek Hazorek : lancer d'un reshout hayahid à un reshout harabim rend hayav ; d'un domaine privé à un autre à travers la rue, Rabbi Akiva rend hayav et les Hakhamim exemptent. La Michna illustre par deux balcons et par le travail des Leviim qui se tendaient les planches du Michkan d'un chariot à l'autre.

Kli hères troué : quelle taille de trou, pour quel effet ?kones mashkele liquide entreRav Asi : le kli perd son statut(pour mei hatat - Rachi)motsi mashkele liquide suinteseulement pour une guistera(tesson : on la jette)chorech katanpetite racineun Amora d'Erets Israël(minimum de la mahloket)motsi zeitimune olive passeR. Eliezer : pur, commekli guelalim / kli avanimmotsi rimonune grenade passel'autre Amora ; grands kelim(selon Tossefot)nifhat rubola majorité briséetsamid patil ; petits kelim(selon Tossefot)petitgrand
Les différents seuils de trou d'un kli hères et le domaine où chacun s'applique.
Michna : deux balcons (reshout hayahid) et la rue entre euxCas 1 : face à face (de part et d'autre)reshout harabim (largeur)tendre ou lancerpatourpas au MichkanCas 2 : même façade (diyouta ahat)façade de maisonsreshout harabim (longueur)tendre : hayavcomme les Leviimlancer : patourjamais faitLes deux balcons : plus de 10 tefahim de haut, 4 de large (Rachi). Opinion des Hakhamim.
Michna : balcons face à face (patour) et balcons sur la même façade (tendre = hayav, lancer = patour).
Les chariots des Leviim : on tend vers l'avant, jamais sur le côtéMichkan(démonté)chariot 1chariot 2chariot 3chariot 4tendretendrecôté à côté : aucun passagevers la colonnede nuéeLes planches, trop lourdes, n'étaient jamais lancées (Rachi).
Disposition des quatre chariots de Merari selon Rachi : le passage se fait vers l'avant, dans la longueur de la rue.
1
הָא בְּרַבְרְבֵי, וְהָא בְּזוּטְרֵי. אָמַר רַב אַסִּי, שׁוֹנִין: כְּלֵי חֶרֶס שִׁיעוּרוֹ בְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה. וְלֹא אָמְרוּ מוֹצִיא מַשְׁקֶה אֶלָּא לְעִנְיַן גִּיסְטְרָא בִּלְבַד. מַאי טַעְמָא? אָמַר מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: לְפִי, שֶׁאֵין אוֹמְרִים ״הָבֵא גִּיסְטְרָא לְגִיסְטְרָא״.

Celle-ci (la mesure de la grenade) concerne les grands [récipients], et celle-là (la majorité brisée) concerne les petits. Rav Asi a dit : on enseigne ainsi : un kli hères (récipient d'argile), sa mesure est [un trou] qui laisse entrer le liquide (kones mashke).

On n'a parlé de [trou] qui laisse sortir le liquide (motsi mashke) qu'au sujet d'une guistera (tesson servant de récipient) seulement. Quelle en est la raison ?

Mar Zoutra, fils de Rav Nahman, a dit : parce qu'on ne dit pas : apporté une guistera pour [la placer sous] une guistera.

📜 Rachi (6)
בְּרַבְרְבֵי בְּרֻובּוֹ:
Pour les grands : [il faut que] la majorité [soit brisée].
זוּטְרֵי כְּמוֹצִיא רִמּוֹן בָּטֵל לֵיהּ מִכְּלִי:
Pour les petits : [un trou] par où sort une grenade l'annule du statut de récipient.
שׁוֹנִין הַתַּנָּאִים שׁוֹנִין בָּרַיְיתָא:
On enseigne : les Tannaim enseignent une baraita.
כְּלִי חֶרֶס דְּשִׁיעוּר הָרִאשׁוֹן הָאָמוּר בּוֹ לְבַטְּלוֹ בְּמִקְצָת מִשּׁוּם כְּלִי:
Un kli hères : dont la première mesure énoncée a son sujet, pour l'annuler partiellement du statut de récipient...
כְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה הוּא דִּמְבַטֵּל לֵיהּ מִיהָא מִתּוֹרַת מֵי חַטָּאת וְלֹא אָמְרוּ נֶקֶב מוֹצִיא מַשְׁקֶה חָשׁוּב נֶקֶב לְכֵלִים אֶלָּא לְגִיסְטְרָא דְּהָתָם וַדַּאי אִי נִקְּבָהּ הָכִי כְּמוֹצִיא מַשְׁקֶה מִשֶּׁדָּא שָׁדֵי לֵיהּ:
Comme [un trou] laissant entrer le liquide : c'est cela qui l'annule au moins du statut [de récipient apte à] l'eau de purification (mei hatat). On n'a considéré un trou laissant sortir le liquide comme un trou pour les récipients que pour la guistera, car là, s'il est percé ainsi, laissant sortir le liquide, on la jette.
שֶׁאֵין אוֹמְרִים הָבֵא גִּיסְטְרָא אַחֶרֶת לְגִיסְטְרָא זוֹ לְהַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ לְקַבֵּל הַטִּיפִּין אֲבָל כְּלִי שָׁלֵם חָסִין עָלָיו וּמִשּׁוּם נֶקֶב פֻּורְתָּא לָא שָׁדוּ לֵיהּ וּמַנִּיחִין גִּיסְטְרָא תַּחְתָּיו:
Car on ne dit pas : apporté une guistera : une autre, pour cette guistera-ci, afin de la placer dessous pour recueillir les gouttes. Mais un récipient entier, on le ménage, et pour un petit trou on ne le jette pas : on place une guistera sous lui.
🗂️ Tossefot (1)
הָא בְּרַבְרְבֵי וְהָא בְּזוּטְרֵי פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס רַבְרְבֵי בְּרֻובּוֹ זוּטְרֵי כְּמוֹצִיא רִמּוֹן וְקָשֶׁה לר"י דְּאֵין זוֹ שִׁיעוּר וּמַה קָרֵי רַבְרְבֵי וּמַה קָרֵי זוּטְרֵי לֵידַע אֵיזֶה הוּא כְּמוֹצִיא רִמּוֹן וְנִרְאֶה לר"י דִּבְרַבְרְבֵי כְּמוֹצִיא רִמּוֹן וּבְזוּטְרֵי שֶׁמּוֹצִיא רִמּוֹן הוּא יוֹתֵר מֵרֹוב סַגִּי בְּרוֹב וְהָא דְּקָאָמַר עַד שֶׁתִּיפָּחֵת רֻובּוֹ לָא קָאֵי אַשִּׁיעוּר דְּמוֹצִיא רִמּוֹן אֶלָּא אַשִּׁיעוּר דְּמוֹצִיא זַיִת:
Celle-ci pour les grands et celle-là pour les petits : Rachi explique : les grands, par la majorité ; les petits, par [un trou] laissant passer une grenade. Le Ri objecte : ce n'est pas une mesure [définie] ; qu'appelle-t-on grand et qu'appelle-t-on petit, pour savoir lequel relève de la grenade ? Il semble au Ri que les grands [sont annulés] par [un trou] laissant passer une grenade, et pour les petits, où [un trou] laissant passer une grenade dépasse la majorité, la majorité suffit. Et l'expression jusqu'à ce que la majorité soit brisée ne se rapporte pas à la mesure de la grenade, mais à celle de l'olive.
💡 Explication

La Guemara concilie deux enseignements : un kli hères est annulé par un trou motsi rimon (une grenade passe), ou seulement quand la majorité est brisée. Selon Rachi, les grands récipients exigent la majorité, les petits le trou de grenade ; Tossefot inverse l'attribution.

Rav Asi pose un seuil bien plus petit : kones mashke, un trou par lequel le liquide peut entrer quand on pose le récipient dans l'eau. Le seuil encore plus petit, motsi mashke (le liquide suinte), ne vaut que pour une guistera : un tesson qui fuit n'a plus d'usage, car personne ne place un tesson sous un tesson pour recueillir les gouttes. Un récipient entier, on le garde et on met un tesson dessous.

2
אָמַר עֻולָּא: פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זַבְדָּא. חַד אָמַר כְּמוֹצִיא רִמּוֹן, וְחַד אָמַר: כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן. וְסִימָנָיךְ, אֶחָד הַמַּרְבֶּה וְאֶחָד הַמַּמְעִיט. אָמַר רַב חִינָּנָא בַּר כָּהֲנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כְּלִי חֶרֶס שִׁיעוּרוֹ כְּמוֹצִיא זֵיתִים. וּמָר קַשִּׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה מְסַיֵּים בַּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וַהֲרֵי הֵן כִּכְלֵי גְלָלִים וּכְלֵי אֲבָנִים וּכְלֵי אֲדָמָה — שֶׁאֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה לֹא מִדִּבְרֵי תוֹרָה וְלֹא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים. וּלְעִנְיַן צָמִיד פָּתִיל, עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ.

Oula a dit : deux Amoraim d'Occident (Erets Israël) sont en désaccord à ce sujet, Rabbi Yossi fils de Rabbi Avin et Rabbi Yossi bar Zavda. L'un dit : comme [un trou] laissant passer une grenade ; l'autre dit : comme une petite racine.

Et ton moyen mnémotechnique : l'un augmente, l'autre diminue. Rav Hinnana bar Kahana a dit au nom de Rabbi Eliezer : un kli hères, sa mesure est [un trou] laissant passer des olives.

Et Mar Kachicha, fils de Rabba, conclut [l'enseignement] au nom de Rabbi Eliezer : et ils sont comme des récipients de fumier (kli guelalim), des récipients de pierre et des récipients de terre [non cuite], qui ne reçoivent l'impureté ni selon la Torah ni selon les Sofrim (les Sages). Et pour le tsamid patil (couvercle hermétiquement scellé), [le récipient reste utile] jusqu'à ce que la majorité en soit brisée.

📜 Rachi (5)
פְּלִיגִי בָּהּ בְּהֶכְשֵׁר זְרָעִים:
Ils sont en désaccord : au sujet du hekhcher zeraïm (aptitude des graines à l'impureté).
וְסִימָן דְּלָא תִּיטְעֵי לְמֵימַר חַד אָמַר כְּמוֹצִיא זַיִת:
Et le moyen mnémotechnique : pour que tu ne te trompes pas en disant que l'un dit comme [un trou] laissant passer une olive.
אֶחָד הַמַּרְבֶּה וְאֶחָד הַמַּמְעִיט וּבִלְבַד שֶׁיְּכַוֵּין כּוּ' בָּרַייְתָא הִיא (מְנָחוֹת קי.) וְהִיא לְךָ לְסִימָן שֶׁאֶחָד מִן הָאָמוֹרָאִים רִיבָּה לְשַׁעֵר בְּגָדוֹל שֶׁבִּשְׁלָשָׁתָן וְאֶחָד מְמַעֵט לְשַׁעֵר בְּקָטָן שֶׁבִּשְׁלָשָׁתָן וְלֹא בְּבֵינוֹנִי כּוֹנֵס מַשְׁקֶה וּמוֹצִיא מַשְׁקֶה לֵיכָּא לְמִיטְעֵי בָּהֶן לְעִנְיַן זְרָעִים:
L'un augmente, l'autre diminue, pourvu que son intention soit... : c'est une baraita (Menahot 110a), et elle te sert de signe : l'un des Amoraim augmente, mesurant selon la plus grande des trois, et l'autre diminue, mesurant selon la plus petite des trois, et non selon la moyenne. Quant à kones mashke et motsi mashke, on ne peut s'y tromper pour les graines.
שִׁיעוּרוֹ כְּמוֹצִיא זֵיתִים לִיטָּהֵר מִטֻּומְאָה:
Sa mesure est [un trou] laissant passer des olives : pour être purifié de l'impureté.
הֲרֵי הוּא כִּכְלֵי גְּלָלִים מִשֶּׁנִּיקַּב כְּמוֹצִיא זַיִת וַאֲפִילּוּ יִחֲדוּם לְרִמּוֹנִים וְהָא דִּתְנַן כְּלֵי בַּעֲלֵי בָתִּים שִׁיעוּרָן כְּרִמּוֹנִים גַּבֵּי כְּלֵי עֵץ תָּנֵינַן לָהּ בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פ'יז מ"א):
Il est comme un récipient de fumier : dès qu'il est percé [d'un trou] laissant passer une olive, même si on l'a destiné aux grenades. Et ce que nous avons appris, les récipients des particuliers ont pour mesure les grenades, nous l'avons appris à propos des récipients de bois, dans le traité Kelim (17, 1).
🗂️ Tossefot (3)
פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דִּלְעִנְיַן הֶכְשֵׁר זְרָעִים פְּלִיגִי וְאוֹמֵר ר"ת דִּבְמַסֶּכֶת עֻוקְצִין (פ"ב מִשְׁנָה י) תְּנַן דְּהֶכְשֵׁר זְרָעִים כְּשֹׁורֶשׁ קָטָן אֶלָּא אָמַר ר"ת דִּלְעִנְיַן מֻוקָּף צָמִיד פָּתִיל פְּלִיגִי:
Deux Amoraim sont en désaccord à ce sujet : Rachi explique qu'ils sont en désaccord au sujet du hekhcher zeraïm. Rabbenou Tam objecte que dans le traité Oktsin (2, 10) nous avons appris que le hekhcher zeraïm est [un trou] comme une petite racine. Rabbenou Tam dit donc qu'ils sont en désaccord au sujet de [l'objet] entouré d'un tsamid patil.
שִׁיעוּרוֹ כְּמוֹצִיא זֵיתִים וא"ת מַתְנִי' הִיא בְּמַס' כֵּלִים (פ"ג מ"א) הֶעָשׂוּי לָאֳוכָלִין שִׁיעוּרוֹ כְּזֵיתִים וְי"ל דְּאִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאַשְׁמְעִינַן דְּלָא מְהַנֵּי בָּהּ יִחוּד לְרִמּוֹנִים וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרָבָא וּלְהָכִי מְסַיֵּים בְּהוּ לְפֵרוּשָׁהּ הֲרֵי הֵן כִּכְלֵי אֲבָנִים שֶׁהֵם טְהוֹרִין בְּכָל עִנְיָן:
Sa mesure est [un trou] laissant passer des olives : et si tu demandes : c'est une Michna du traité Kelim (3, 1) : [le récipient] fait pour les aliments a pour mesure les olives ! On peut répondre qu'il fallait nous apprendre qu'ici l'affectation aux grenades ne sert à rien, à l'exclusion [de l'avis] de Rava. C'est pourquoi il conclut en l'expliquant : ils sont comme des récipients de pierre, qui sont purs en tout état.
וּלְעִנְיַן צָמִיד פָּתִיל עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י דְּאֵין טֻומְאָה נִכְנֶסֶת דֶּרֶךְ נֶקֶב דְּכָל כְּלִי פָּתוּחַ כְּתִיב דְּדֶרֶךְ פִּתְחוֹ נִכְנֶסֶת וְלֹא דֶּרֶךְ נֶקֶב וּמַקְּשִׁינַן דִּתְנַן בפ"י דְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (מ"ב) וְאֵלּוּ מַצִּילִין בְּצָמִיד פָּתִיל כו' וּמַצִּילִין בֵּין מִפִּיהֶם בֵּין מִצִּידֵּיהֶם מַשְׁמַע דְּצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא מֻוקָּף צָמִיד פָּתִיל כְּשֶׁנִּיקַּב מִצִּידּוֹ וְעוֹד דִּתְנַן בָּתַר הָכֵי וּבְמַה מַקִּיפִין בְּסִיד וּבְחַרְסִית כו' וּבְכָל דָּבָר שֶׁהוּא מִתְמָרֵחַ וְאֵין מַקִּיפִין לֹא בְּבַעַץ וְלֹא בְעוֹפֶרֶת מִפְּנֵי שֶׁהוּא פָּתִיל וְאֵינוֹ צָמִיד מַשְׁמַע דִּבְנֶקֶב כָּל שֶׁהוּא נִכְנֶסֶת טֻומְאָה וְעוֹד דִּתְנַן הָתָם וּמַייְתִי לָהּ בְּהַגּוֹזֵל קַמָּא (ב"ק קה.) חָבִית שֶׁנִּיקְּבָה וּסְתָמוּהָ שְׁמָרִים הִצִּילוּהָ פְּקָקָהּ בִּזְמוֹרָה עַד שֶׁיְּמָרַח מִן הַצְּדָדִים הָיוּ שְׁתַּיִם עַד שֶׁיְּמָרַח מִן הַצְּדָדִין וּבֵין זְמוֹרָה לַחֲבִירְתֵּהּ וְאוֹמֵר ר"י דְּאֵינָם קֻושְׁיוֹת לְפֵירוּשׁ הַקְּוַנְט' דְּוַדַּאי בְּפֶתַח נִכְנֶסֶת טֻומְאָה אֲפִילּוּ דֶּרֶךְ נֶקֶב קָטָן וּבָעֵינַן עַד שֶׁיִּסָּתֵם לְגַמְרֵי כָּל הַפֶּתַח וּלְהָכִי צָרִיךְ מֵירוּחַ וְהַהִיא דְּבֵין מִפִּיהֶם בֵּין מִצִּדֵּיהֶן לָא מַיְירֵי שֶׁנִּיקְּבוּ כְּשֶׁבֶר מִן הַצַּד אֶלָּא נַעֲשָׂה לְצֹורֶךְ פֶּתַח וְהַהִיא דְּהַגּוֹזֵל דְּחָבִית שֶׁנִּיקְּבָה מַייְרֵי כְּשֶׁנִּפְחֲתָה רֻובָּהּ אוֹ כְּמוֹצִיא רִמּוֹן דַּחֲשִׁיב כְּפֶתַח וּבָעֵי סְתִימָה מְעַלְּיָא וְרִיבָ"א הִקְשָׁה מֵהָא דִּתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פ"ט מִשְׁנָה ח) נֶקֶב הֶעָשׂוּי לָאֳוכָלִין שִׁיעוּרָן כְּזֵיתִים הֶעָשׂוּי לְמַשְׁקִין שִׁיעוּרָן כְּמַשְׁקִין הֶעָשׂוּי לְכָךְ וּלְכָךְ מַטִּילִין אוֹתוֹ לְחוּמְרָא בְּצָמִיד פָּתִיל וּבְכוֹנֵס מַשְׁקֶה פֵּירוּשׁ כֵּיוָן שֶׁעָשׂוּי לְמַשְׁקִים וְאוֹכְלִים וְיֵשׁ בּוֹ נֶקֶב כּוֹנֵס מַשְׁקֶה אֵינוֹ מַצִּיל בְּצָמִיד פָּתִיל עַל מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ דְּגָזְרוּ אַטּוּ הַהוּא דִּמְיֻוחָד לְמַשְׁקִין לְחוּדַייְהוּ וּלְעִנְיַן קַבָּלַת טֻומְאָה הָוֵי כְּלִי כֵּיוָן שֶׁמְּיֻוחָד לָאֳוכָלִין וּבְנֶקֶב כִּי הַאי נִכְנְסָה טֻומְאָה וְתֵירֵץ ר"י דְּהָא דְּבָעֵי הָכָא נִפְחַת רֻובּוֹ אוֹ כְּמוֹצִיא רִמּוֹן הַיְינוּ דַּוְקָא בְּנִיקַּב בְּמָקוֹם שֶׁנִּשְׁאַר עוֹד שִׁיעוּר כְּלִי מִן הַנֶּקֶב וּלְמַטָּה כַּשִּׁיעוּר הַמְפֹורָשׁ בְּהַהִיא דְּמַיְיתִי בְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין נה.) אֲבָל נִיקַּב לְמַטָּה בְּמָקוֹם שֶׁאֵין נִשְׁאַר לְמַטָּה מִן הַנֶּקֶב כְּשִׁיעוּר כְּלִי הָוֵי שִׁיעוּר לָאֳוכָלִים בְּכַזַּיִת וּלְמַשְׁקִין בְּכוֹנֵס מַשְׁקֶה כִּי הַהוּא דְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פ"ט מִשְׁנָה ח') ור"ת מְפָרֵשׁ בִּשְׁמַעְתִּין הָכִי עַד שֶׁיִּפָּחֵת רֻובּוֹ מוֹעִיל צָמִיד פָּתִיל אִם הַנְּקָבִים נִסְתָּמִים אֲבָל בְּנִפְחַת רֻובּוֹ אוֹ בְּמוֹצִיא רִמּוֹן שׁוּב אֵין מוֹעֶלֶת סְתִימָה אֶלָּא הָוֵי כָּאֳוכָלִין שֶׁגְּבָלָן בְּטִיט שֶׁאֵין נִיצּוֹלִין כִּדְאָמְרִינַן בְּרֵישׁ זְבָחִים (דַּף ג:) דְּכֵיוָן שֶׁנִּפְחַת רֻובּוֹ בָּטְלוּ לְהוּ מִתּוֹרַת כְּלִי וְהַהִיא דְּחָבִית שֶׁנִּקְּבָה וּסְתָמוּהָ שְׁמָרִים מַיְירֵי בְּשֶׁלֹּא נִפְחֲתָה כַּשִּׁיעוּר וּסְתָמוֹ שְׁמָרִים כָּל הַנֶּקֶב וְהָא דְּבָעֵי רָבָא [הָתָם] (בב"ק שָׁם) (סְתָם) אָגַף חֶצְיָהּ מַהוּ ה"פ אָגַף חֶצְיָהּ וּסְתָמוּהָ שְׁמָרִים חֶצְיָהּ מַאי מִי הָוֵי סְתִימָה מְעַלְּיָא אוֹ לָא וּמַיְיתִי מִפְּקָקָהּ בִּזְמוֹרָה דְּלָא חֲשִׁיבָא סְתִימָה בְּלֹא מֵירוּחַ בֵּין זְמוֹרָה לַחֲבִירְתֵּהּ הָכָא נָמֵי לָא חֲשִׁיבָא סְתִימָה אָגַף חֶצְיָהּ וּסְתָמוּהָ שְׁמָרִים חֶצְיָהּ וּמְשַׁנֵּי הָתָם לָא קָאֵי הָכָא קָאֵי:
Et pour le tsamid patil, jusqu'à ce que la majorité en soit brisée : Rachi explique que l'impureté n'entre pas par un trou, car il est écrit : tout récipient ouvert (Bamidbar 19, 15), [ce qui enseigne que] l'impureté entre par son ouverture et non par un trou. Nous objectons [à cela] : nous avons appris au chapitre 10 du traité Kelim (michna 2) : et voici ceux qui protègent par tsamid patil... et ils protègent aussi bien par leur ouverture que par leurs côtés ; cela implique qu'il faut [les] entourer de tsamid patil quand ils sont percés sur le côté. De plus, nous avons appris ensuite : et avec quoi entoure-t-on ? avec de la chaux, de l'argile... et avec toute matière qui s'étale ; on n'entoure ni avec de l'étain ni avec du plomb, car c'est un fil (patil) et non une adhérence (tsamid) ; cela implique que par un trou de n'importe quelle taille l'impureté entre. De plus, nous avons appris là-bas, et on le cite dans Hagozel Kama (Bava Kamma 105a) : un tonneau percé que la lie à bouche l'a protégé ; si on l'a bouche avec un sarment, [il ne protège pas] tant qu'on n'a pas enduit les côtés ; s'il y en avait deux, tant qu'on n'a pas enduit les côtés et entre un sarment et l'autre. Le Ri dit que ce ne sont pas des objections contre l'explication de Rachi : certes, par une ouverture l'impureté entre, même par un petit trou, et il faut que toute l'ouverture soit complètement bouchée ; c'est pourquoi il faut enduire. Et le cas de par leur ouverture et par leurs côtés ne traite pas d'un récipient percé comme une cassure sur le côté, mais [d'une ouverture] faite pour servir d'ouverture. Et le cas de Hagozel, le tonneau percé, traite d'un tonneau dont la majorité est brisée ou [percé d'un trou] laissant passer une grenade, ce qui est considéré comme une ouverture et exige une vraie fermeture. Le Riva objecte à partir de ce que nous avons appris dans le traité Kelim (9, 8) : un trou fait pour les aliments a pour mesure les olives ; fait pour les liquides, sa mesure est [un trou laissant passer] les liquides ; fait pour l'un et l'autre, on lui applique la rigueur : pour le tsamid patil, [la mesure est] kones mashke. Explication : puisqu'il est fait pour les liquides et les aliments et qu'il a un trou laissant entrer le liquide, il ne protège pas par tsamid patil ce qui est à l'intérieur, car on a décrété à cause de celui qui est affecté aux seuls liquides ; et pour la réception de l'impureté, il est un récipient puisqu'il est affecté aux aliments ; et par un tel trou l'impureté entre. Le Ri a répondu : ce qu'on exige ici, majorité brisée ou [trou] laissant passer une grenade, ne vaut que pour un trou situé à un endroit où il reste encore, du trou vers le bas, la mesure d'un récipient, selon la mesure expliquée dans ce que l'on cite dans Elou Terefot (Houlin 55a). Mais s'il est percé en bas, à un endroit où il ne reste pas en dessous du trou la mesure d'un récipient, la mesure est l'olive pour les aliments et kones mashke pour les liquides, comme dans le traité Kelim (9, 8). Rabbenou Tam explique notre sougya ainsi : jusqu'à ce que la majorité soit brisée, le tsamid patil est efficace si les trous sont bouchés ; mais si la majorité est brisée ou [s'il y a un trou] laissant passer une grenade, la fermeture n'est plus efficace ; il est alors comme des aliments enduits d'argile, qui ne sont pas protégés, comme nous le disons au début de Zevahim (3b), car dès que la majorité est brisée, ils sont annulés du statut de récipient. Et le cas du tonneau percé que la lie à bouche traite d'un tonneau qui n'est pas brisé selon la mesure et dont la lie à bouche tout le trou. Et la question de Rava là-bas (Bava Kamma, ibid.) : la moitié [bouchée] par un roseau (agaf), qu'en est-il ? s'explique ainsi : la moitié bouchée par un roseau et l'autre moitié par la lie, qu'en est-il ? Est-ce une vraie fermeture ou non ? Et il cite [comme preuve] le cas où on l'a bouche avec un sarment, qui n'est pas considéré comme une fermeture sans enduire entre un sarment et l'autre : ici aussi, la moitié par un roseau et la moitié par la lie ne serait pas une fermeture. Et on répond là-bas : la [la lie] ne tient pas, ici [la lie] tient.
💡 Explication

Trois tailles de trou sont en jeu : petite racine, olive, grenade. Les deux Amoraim d'Erets Israël prennent les extrêmes ; le moyen mnémotechnique, tiré d'une baraita (Menahot 110a, ehad hamarbe veehad hamamit), rappelle qu'aucun ne retient l'olive.

Le sujet de leur mahloket : selon Rachi, le hekhcher zeraïm (un pot percé où pousse une plante, la graine y est-elle apte à recevoir l'impureté ?) ; selon Rabbenou Tam, le tsamid patil.

Rabbi Eliezer fixe l'olive pour la pureté du récipient : percé ainsi, il devient comme un kli guelalim ou un kli avanim, entièrement exclu de l'impureté. Pour protéger son contenu sous tsamid patil dans la tente d'un mort, il reste efficace jusqu'à la majorité brisée.

3
הַדְרָן עֲלָךְ הַמַּצְנִיעַ

Nous reviendrons à toi, [perek] Hamatsnia.

💡 Explication

Formule de clôture du perek (chapitre 10, Hamatsnia). Le chapitre 11, Hazorek, commence ici.

4
מַתְנִי׳ הַזּוֹרֵק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים, מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לִרְשׁוּת הַיָּחִיד — חַייָּב. מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הָרַבִּים בָּאֶמְצַע — רַבִּי עֲקִיבָא מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.

MICHNA. Celui qui lance d'un reshout hayahid (domaine privé) vers un reshout harabim (domaine public), [ou] d'un reshout harabim vers un reshout hayahid, est hayav (passible).

D'un reshout hayahid vers un reshout hayahid, avec un reshout harabim au milieu : Rabbi Akiva le rend hayav, et les Hakhamim l'exemptent (patour).

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' הַזּוֹרֵק רַבִּי עֲקִיבָא מְחַיֵּיב טַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
MICHNA. Celui qui lance... Rabbi Akiva le rend hayav : la Guemara en explique la raison.
🗂️ Tossefot (1)
מַתְנֵי' הַזּוֹרֵק. כֵּיצַד שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת כּוּ' תֵּימַהּ לְרַבָּה דְּמוּקֵי פְּלֻוגְתָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא וְרַבָּנַן (לְעֵיל שַׁבָּת ד' ד.) בִּקְלוּטָה וּפְלִיגִי לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה לָא אָתֵי שַׁפִּיר כֵּיצַד דְּהָא לָא קָאֵי אַדִּלְעֵיל דְּהָכָא אַיְירֵי בִּגְזֻוזְטְרָאוֹת לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה דֻּומְיָא דַּעֲגָלוֹת וַאֲפִילּוּ ר' עֲקִיבָא נַמֵּי מוֹדֶה הָתָם וּלְמַאן דְּמוֹקֵי פְּלֻוגְתַּייְהוּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה אָתֵי שַׁפִּיר וּמִיהוּ יֵשׁ בַּיְּרוּשַׁלְמִי אִיכָּא דְּתָנֵי כֵּיצַד וְאִיכָּא דְּלָא תָּנֵי כֵּיצַד וּמְפָרֵשׁ הָתָם דְּהַהוּא אָמוֹרָא דְּמוּקֵי פְּלֻוגְתָּא לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה תַּנָּא כֵּיצַד וְהַהוּא דְּמוּקֵי לָהּ לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה לָא תָּנֵי כֵּיצַד:
MICHNA. Celui qui lance. Comment ? Deux balcons... : c'est étonnant selon Rabba, qui situe la mahloket de Rabbi Akiva et des Rabbanan (plus haut, Chabbat 4a) sur [le principe de] kelouta, et [dit qu']ils sont en désaccord en dessous de dix [tefahim] : [le mot] comment ne convient pas, car il ne se rattache pas à ce qui précède ; ici on parle de balcons au-dessus de dix, comme les chariots, et là Rabbi Akiva aussi reconnaît [l'exemption]. Pour celui qui situe leur mahloket au-dessus de dix, cela convient. Toutefois, dans le Yerouchalmi, il y a qui enseigne comment et qui ne l'enseigne pas, et on y explique que l'Amora qui situe la mahloket au-dessus de dix enseigne comment, et celui qui la situe en dessous de dix n'enseigne pas comment.
⚖️ Rosh (1)
הַזּוֹרֵק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים אוֹ מֵרְשׁוּת הָרַבִּים לִרְשׁוּת הַיָּחִיד חַיָּיב. מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הַיָּחִיד וּרְשׁוּת הָרַבִּים בָּאֶמְצַע רַבִּי עֲקִיבָא מְחַיֵּיב וַחֲכָמִים פּוֹטְרִים כֵּיצַד שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים הַמּוֹשִׁיט וְהַזּוֹרֵק מִזּוֹ לָזוֹ פָּטוּר. הָיוּ שְׁתֵּיהֶן בִּדְיוֹטָא אַחַת הַמּוֹשִׁיט חַייָּב וְהַזּוֹרֵק פָּטוּר שֶׁכָּךְ הָיְתָה עֲבוֹדַת הַלְוִיִּם. שְׁתֵּי עֲגָלוֹת זוֹ אַחַר זוֹ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים מוֹשִׁיטִין אֶת הַקְּרָשִׁים מִזּוֹ לָזוֹ אֲבָל לֹא זוֹרְקִין. חֻולְיַת הַבּוֹר וְהַסֶּלַע שֶׁהֵן גְּבוֹהִין עֲשָׂרָה טְפָחִים וְרָחְבָּן אַרְבַּע הַנּוֹטֵל מֵהֶן וְהַנּוֹתֵן עַל גַּבָּן חַיָּיב פָּחוֹת מִכֵּן פָּטוּר. הַזּוֹרֵק ד"א בַּכֹּותֶל לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר לְמַטָּה מִי' טְפָחִים כְּזוֹרֵק בָּאָרֶץ וְהַזּוֹרֵק ד' אַמּוֹת בָּאָרֶץ חַייָּב. זָרַק תּוֹךְ ד' אַמּוֹת וְנִתְגַּלְגֵּל חוּץ לְד' אַמּוֹת פָּטוּר חוּץ לְד' אַמּוֹת וְנִתְגַּלְגֵּל תּוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת חַיָּיב. הַזּוֹרֵק ד' אַמּוֹת בַּיָּם פָּטוּר. אִם הָיָה רְקָק מַיִם ורה"ר מְהַלֶּכֶת בּוֹ הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת חַייָּב. וְכַמָּה רְקָק מַיִם פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים. רָקַק מַיִם שרה"ר מְהַלֶּכֶת בּוֹ הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת חַיָּיב. וְהַזּוֹרֵק מִן הַיָּם לַיַּבָּשָׁה וּמִן הַיַּבָּשָׁה לַיָּם וּמִן הַסְּפִינָה לַיָּם וּמִן הַסְּפִינָה לַחֲבֶירְתָּהּ פָּטוּר. סְפִינוֹת קְשׁוּרוֹת זוֹ בָּזוֹ מְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ אִם אֵינָם קְשׁוּרוֹת אע"פ שֶׁמֻּוקָּפוֹת אֵין מְטַלְטְלִין מִזּוֹ לָזוֹ:
Celui qui lance d'un reshout hayahid vers un reshout harabim, ou d'un reshout harabim vers un reshout hayahid, est hayav. D'un reshout hayahid vers un reshout hayahid avec un reshout harabim au milieu, Rabbi Akiva rend hayav et les Hakhamim exemptent. Comment ? Deux balcons face à face dans le reshout harabim : celui qui tend ou lance de l'un à l'autre est patour. S'ils étaient tous deux au même étage, celui qui tend est hayav et celui qui lance est patour, car tel était le travail des Leviim. Deux chariots l'un derrière l'autre dans le reshout harabim : on tend les planches de l'un à l'autre, mais on ne les lance pas. Le rebord d'un puits et un rocher hauts de dix tefahim et larges de quatre : celui qui en prend ou y pose est hayav ; moins que cela, il est patour. Celui qui lance à quatre amot contre un mur, au-dessus de dix tefahim, c'est comme lancer dans l'air ; en dessous de dix tefahim, c'est comme lancer sur le sol ; et celui qui lance à quatre amot sur le sol est hayav. S'il a lancé à l'intérieur de quatre amot et que [l'objet] a roulé au-delà de quatre amot, il est patour ; au-delà de quatre amot et il a roulé en deçà de quatre amot, il est hayav. Celui qui lance à quatre amot dans la mer est patour. S'il y avait une flaque d'eau que traverse le reshout harabim, celui qui y lance à quatre amot est hayav. Et quelle [profondeur pour la] flaque d'eau ? moins de dix tefahim. Une flaque d'eau que traverse le reshout harabim : celui qui y lance à quatre amot est hayav. Celui qui lance de la mer vers la terre ferme, de la terre ferme vers la mer, du bateau vers la mer ou d'un bateau vers un autre est patour. Des bateaux attachés l'un à l'autre : on transporte de l'un à l'autre ; s'ils ne sont pas attachés, même s'ils sont serrés l'un contre l'autre, on ne transporte pas de l'un à l'autre.
💡 Explication

La zerika (lancer) est une dérivée de la melakha de hotsaa (transfert entre domaines). Entre privé et public, le lanceur est hayav. La mahloket porte sur l'objet qui passe au-dessus d'un domaine public pour aller d'un domaine privé à un autre : Rabbi Akiva considère l'objet en vol comme kelouta (comme s'il s'était posé dans l'espace qu'il traverse), les Hakhamim non. La Guemara expliquera leur raison.

🖼️ Schéma
Michna : deux balcons (reshout hayahid) et la rue entre euxCas 1 : face à face (de part et d'autre)reshout harabim (largeur)tendre ou lancerpatourpas au MichkanCas 2 : même façade (diyouta ahat)façade de maisonsreshout harabim (longueur)tendre : hayavcomme les Leviimlancer : patourjamais faitLes deux balcons : plus de 10 tefahim de haut, 4 de large (Rachi). Opinion des Hakhamim.
Illustration de la Michna par les deux balcons (suite au segment suivant).
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כֵּיצַד? שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, הַמּוֹשִׁיט וְהַזּוֹרֵק מִזּוֹ לָזוֹ — פָּטוּר, הָיוּ שְׁתֵּיהֶן בִּדְיוֹטָא אַחַת — הַמּוֹשִׁיט חַיָּיב וְהַזּוֹרֵק פָּטוּר, שֶׁכָּךְ הָיְתָה עֲבוֹדַת הַלְוִיִּם.

Comment ? Deux balcons (guezouztraot) face à face dans le reshout harabim : celui qui tend et celui qui lance de l'un à l'autre est patour.

S'ils étaient tous deux au même étage (diyouta ahat), celui qui tend est hayav et celui qui lance est patour, car tel était le travail des Leviim.

📜 Rachi (8)
כֵּיצַד שְׁתֵּי גְּזֻוזְטְרָאוֹת כו' רַבָּנָן קָאָמְרִי לְהוּ:
Comment ? Deux balcons... : ce sont les Rabbanan qui les énoncent.
גְּזֻוזְטְרָאוֹת זִיזִין הַיּוֹצְאִין מִן הַכֹּותֶל וּמַנִּיחִין עֲלֵיהֶן נְסָרִים לְהַלֵּךְ:
Balcons : des saillies sortant du mur, sur lesquelles on pose des planches pour marcher.
זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ בִּשְׁנֵי צִידֵּי רה"ר וְהֵן רה"י שֶׁגְּבוֹהוֹת י' וּרְחָבוֹת ד':
Face à face : des deux côtés du reshout harabim ; ils sont reshout hayahid, car hauts de dix [tefahim] et larges de quatre.
פָּטוּר שֶׁלֹּא מָצִינוּ זְרִיקָה וְהוֹשָׁטָה בִּמְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן מרה"י לִרְשׁוּת הַיָּחִיד וְרֹחַב רה"ר מַפְסִיק בֵּינֵיהֶן שֶׁלֹּא הָיְתָה עֲבוֹדַת הַלְוִיִּם כָּךְ לְהוֹשִׁיט קְרָשִׁים מֵעֶגְלָה לַעֲגָלָה שֶׁבְּצִדָּהּ אֶלָּא לָעֲגָלָה שֶׁלְּפָנֶיהָ (וְשֶׁלְּאַחֲרֶיהָ) שֶׁאַרְבַּע עֲגָלוֹת הָיוּ לִבְנֵי מְרָרִי שֶׁהָיוּ נוֹשְׂאִין קַרְשֵׁי הַמִּשְׁכָּן וְהֵן הוֹלְכִין שְׁתַּיִם כְּאֶחָד זוֹ בְּצַד זוֹ כִּדְאָמְרִינַן בגמ' וּכְשֶׁהָיוּ פּוֹרְקִין אֶת הַמִּשְׁכָּן לִטְעֹון עַל הָעֲגָלוֹת הָיוּ מַעֲמִידִין הָעֲגָלוֹת כְּדֶרֶךְ הֲלִיכָתָן שְׁתַּיִם זוֹ אֵצֶל זוֹ סָמוּךְ לַמִּשְׁכָּן וּשְׁתַּיִם זוֹ אֵצֶל זוֹ לִפְנֵיהֶם דֶּרֶךְ הֲלִיכָתָן לְאֹורֶךְ רה"ר שֶׁהָיוּ רוֹצִים לְהַלֵּךְ אַחַר עַמּוּד הֶעָנָן הַהוֹלֵךְ לִפְנֵיהֶם וּפוֹרְקֵי הַמִּשְׁכָּן הָיוּ מוֹשִׁיטִין הַקְּרָשִׁים לְאוֹתָן שֶׁעַל שְׁתֵּי הָעֲגָלוֹת הַסְּמוּכוֹת לַמִּשְׁכָּן וְהֵן מוֹשִׁיטִין לְאוֹתָן שֶׁלִּפְנֵיהֶם אֲבָל מֵעֶגְלָה לַעֲגָלָה שֶׁבְּצִדָּהּ לֹא הָיוּ צְרִיכִין לְהוֹשִׁיט שֶׁהֲרֵי שְׁתֵּיהֶן סְמוּכוֹת לְפוֹרְקֵי הַמִּשְׁכָּן:
Patour : car nous ne trouvons pas, dans le travail du Michkan, de lancer ni de geste de tendre d'un reshout hayahid à un reshout hayahid avec la largeur du reshout harabim qui les sépare. Le travail des Leviim n'était pas de tendre les planches d'un chariot à celui d'à côté, mais à celui de devant (et de derrière). Il y avait quatre chariots pour les fils de Merari, qui portaient les planches du Michkan ; ils allaient deux par deux, l'un à côté de l'autre, comme nous le disons dans la Guemara. Quand on démontait le Michkan pour charger les chariots, on plaçait les chariots dans le sens de la marche : deux l'un à côté de l'autre près du Michkan, et deux l'un à côté de l'autre devant eux, dans le sens de la marche, sur la longueur du reshout harabim, car ils voulaient suivre la colonne de nuée qui avançait devant eux. Ceux qui démontaient le Michkan tendaient les planches à ceux qui étaient sur les deux chariots proches du Michkan, et ceux-ci les tendaient à ceux de devant. Mais d'un chariot à celui d'à côté, ils n'avaient pas besoin de tendre, puisque les deux étaient proches de ceux qui démontaient le Michkan.
הָיוּ שְׁתֵּיהֶן בִּדְיוֹטָא אַחַת כְּלוֹמַר בַּעֲלִיָּיה אַחַת בְּאֹורֶךְ רה"ר עַל פְּנֵי הַבַּיִת וְיֵשׁ הֶפְסֵק רה"ר בֵּינֵיהֶם:
Tous deux au même étage : c'est-à-dire à un même étage supérieur, dans la longueur du reshout harabim, sur la façade de la maison, avec une interruption de reshout harabim entre eux.
הַזּוֹרֵק פָּטוּר הוֹאִיל וּלְמַעְלָה מִי' וְלֹא מָצִינוּ זְרִיקָה מרה"י לִרה"י דֶּרֶךְ רה"ר בַּמִּשְׁכָּן לֹא בְּאֹורֶךְ וְלֹא בְּרֹוחַב:
Celui qui lance est patour : puisque c'est au-dessus de dix, et nous ne trouvons pas au Michkan de lancer d'un reshout hayahid à un reshout hayahid à travers un reshout harabim, ni dans la longueur ni dans la largeur.
וְהַמּוֹשִׁיט חַיָּיב שֶׁמָּצִינוּ הוֹשָׁטָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ לְמַעְלָה מִי' בַּמִּשְׁכָּן מרה"י לרה"י וּקְצָת אֹורֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים מַפְסִיק בֵּינֵיהֶם:
Et celui qui tend est hayav : car nous trouvons au Michkan un geste de tendre semblable, au-dessus de dix, d'un reshout hayahid à un reshout hayahid, avec une partie de la longueur du reshout harabim qui les sépare.
שֶׁכָּךְ הָיְתָה עֲבוֹדַת הַלְוִיִּם וּמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל כֵּיצַד מָצִינוּ כָּזוֹ בַּעֲבוֹדָתָן שֶׁבִּשְׁתֵּי עֲגָלוֹת זוֹ אַחַר זוֹ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים פּוֹרְקֵי מִשְׁכָּן מוֹשִׁיטִין לְאוֹתָן שֶׁעַל הָעֲגָלוֹת שֶׁאֶצְלָן וְהֵן מוֹשִׁיטִין לְאֵלּוּ שֶׁלִּפְנֵיהֶם אֲבָל לֹא זוֹרְקִין שֶׁאֵין אוֹתָן קְרָשִׁים נִזְרָקוֹת מִפְּנֵי כָּובְדָן:
Car tel était le travail des Leviim : [la Michna] explique ensuite comment nous trouvons cela dans leur travail : avec deux chariots l'un derrière l'autre dans le reshout harabim, ceux qui démontaient le Michkan tendaient [les planches] à ceux qui étaient sur les chariots près d'eux, et ceux-ci les tendaient à ceux de devant. Mais on ne les lançait pas, car ces planches ne se lancent pas, à cause de leur poids.
💡 Explication

Selon Rachi, c'est l'avis des Hakhamim. Les balcons sont des reshout hayahid (plus de dix tefahim de haut, quatre de large). Le critère est le Michkan : une action est une melakha si elle y a été faite.

Face à face, à travers la largeur de la rue : ni tendre ni lancer n'ont eu lieu au Michkan, donc patour. Sur la même façade, à travers une partie de la longueur de la rue : les Leviim tendaient ainsi les planches d'un chariot à celui de devant, donc tendre rend hayav ; lancer ne s'est jamais fait, donc patour.

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שְׁתֵּי עֲגָלוֹת זוֹ אַחַר זוֹ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, מוֹשִׁיטִין הַקְּרָשִׁים מִזּוֹ לָזוֹ, אֲבָל לֹא זוֹרְקִין.

Deux chariots l'un derrière l'autre dans le reshout harabim : on tendait les planches de l'un à l'autre, mais on ne les lançait pas.

💡 Explication

Source de la distinction : chaque chariot, haut de plus de dix tefahim et large de quatre, est un reshout hayahid ; entre eux passe le reshout harabim. Les Leviim de Merari s'y tendaient les kerachim (planches), trop lourdes pour être lancées. Tendre ainsi a donc un précédent au Michkan, lancer n'en a pas.

🖼️ Schéma
Les chariots des Leviim : on tend vers l'avant, jamais sur le côtéMichkan(démonte)chariot 1chariot 2chariot 3chariot 4tendretendrecôté à côté : aucun passagevers la colonnede nuéeLes planches, trop lourdes, n'étaient jamais lancées (Rachi).
Selon Rachi : deux rangées de deux chariots, le transfert se fait du premier rang vers le second.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).