Sukkah 12b — Deux niveaux d'interdit, puis le catalogue des matériaux : flèches, lin et herbes des bois

Sukkah 12b

Sougya : Le folio s'ouvre sur les deux dernières lignes de la réponse de Rabbi Yo'hanan à Rav Achi : ce qui sépare la michna des fagots de celle de la meule creusée n'est pas leur contenu mais leur formule. Ein mesakhekhin, on ne couvre pas, est le langage d'un décret rabbinique -- celui de l'entrepôt -- et de par la Tora ces fagots conviendraient fort bien ; eina soukka, ce n'est pas une soukka, est un constat d'invalidité valable même à posteriori, et il vient de la Tora.

Tossefot corrige la leçon du texte et résout l'objection tirée de la michna de 11a : là-bas nul ne risquait de se méprendre. Le reste du folio quitte la sougya des fagots pour un catalogue de matériaux, examinés un par un au crible du même critère -- le sekhakh ne doit pas recevoir la touma.

Rav Yehouda au nom de Rav distingue les hampes de flèches mâles, bois plein et donc pchoutei klei ets qui ne reçoit pas la touma, des hampes femelles percées d'un trou pour la pointe de fer : celles-ci ont un beit kibboul et sont invalides. Deux fois la Guemara demande pchita, c'est évident, et deux fois elle répond : on ne décrète pas le mâle à cause de la femelle, et un creux voué à rester rempli à jamais porte tout de même le nom de réceptacle -- affirmation que Tossefot confronte à Sanhédrin 68a et aux tefillin de Kelim 18,8.

Vient ensuite le lin, gradué selon son degré de traitement par Rabba bar bar Hana au nom de Rabbi Yo'hanan : anitsei, filasse pilée et peignée, passoul ; hotsnei, tiges brutes, kacher ; hochnei -- je ne sais pas. Le doute est purement lexical et la Guemara le formule en deux branches selon que le nom hochnei couvre ou non le lin roui non pilé ; Tossefot y consacre l'une des plus longues discussions du chapitre pour établir contre Rachi et Rabbenou Tam que les anitsei sont de la filasse et non du fil filé, écartée du toit non par la Tora mais par un décret des Sages pour sa proximité avec la touma.

Le folio s'achève sur deux herbes des bois, chouchei et chavtseri, que Rav Yehouda valide toutes deux et dont Abaye n'admet que la première -- et il s'arrête net sur le mot keivan, puisque : la raison, la mauvaise odeur qui ferait fuir l'habitant, appartient déjà au folio suivant. Le critère y aura changé de nature, passant de la touma à l'habitabilité.

Le fil du folio : une dernière réponse, puis un catalogue de matériaux Deux lignes du folio closent la sougya des fagots -- tout le reste examine des matières une par une Segment 0 -- la réponse de Rabbi Yo'hanan : deux formules, deux niveaux Ein mesakhekhin (les fagots) = un décret rabbinique, celui de l'entrepôt ; de la Tora, ces fagots conviendraient très bien. Eina soukka (celui qui creuse une cavité dans une meule) = une invalidité de la Tora, valable même à posteriori. Tossefot corrige la leçon : ne pas lire lekhat hila, car rabbiniquement le fagot ne vaut rien même à posteriori. Segments 1 à 3 -- Rav Yehouda au nom de Rav : les hampes de flèches Hampes mâles (la tige s'enfonce dans la douille de fer) : ustensile de bois PLAT -- ne reçoit pas la touma -- kacher. Hampes femelles (percées d'un trou où entre la pointe) : ustensile de bois à RÉCEPTACLE -- reçoit la touma -- passoul. Deux fois la Guemara demande pchita, c'est évident. Deux fois elle répond : non -- on ne décrète pas le mâle à cause de la femelle, et une cavité destinée à rester remplie à jamais porte tout de même le nom de réceptacle. Segments 4 et 5 -- Rabba bar bar Hana au nom de Rabbi Yo'hanan : le lin, selon son degré de traitement Anitsei (lin pilé et peigné) : passoul. Hotsnei (lin tel qu'il a poussé) : kacher. Hochnei : je ne sais pas. Rabba bar bar Hana précise : il a entendu trois choses, deux expliquées, la troisième laissée en suspens par le maître. Le doute porte sur le nom : hochnei désigne-t-il le lin pilé non peigné seulement, ou aussi le lin rouï non pilé ? Tossefot consacre à ce mot une des plus longues discussions du chapitre : anitsei, est-ce du fil filé ou de la filasse ? Segment 6 -- Rav Yehouda et Abaye : les herbes des bois Chouchei et chavtseri, herbes à larges feuilles : Rav Yehouda autorise les deux, elles ne sont pas nourriture d'homme. Abaye n'autorise que les chouchei. Le folio s'arrête sur le mot keivan, puisque -- la raison, la mauvaise odeur, viendra en 13a. Le critère n'est plus la touma : c'est le confort de l'habitation. Un toit qui fait fuir n'est pas un toit de soukka. Un folio de catalogue : après la source du sekhakh (11b-12a), la Guemara passe en revue les cas limites.
Le parcours du folio : la dernière réponse sur les fagots, puis trois familles de matériaux passées au crible.
L'axe caché du folio : de la plante brute à la matière travaillée Plus l'homme a travaillé la matière, plus elle se rapproche de l'ustensile -- et plus elle devient impropre au toit plante brute ustensile achevé Hotsnei pichtan le lin tel qu'il a poussé ni roui ni pilé c'est encore du bois KACHER Hochnei pichtan stade intermédiaire roui ? pilé ? peigné ? le mot lui-même est obscur EINI YODEA Anitsei pichtan lin pilé au mortier puis peigné au peigne matière à filer PASSOUL Tavoui -- filé Soumkhos : passoul car il reçoit la touma des negaim PASSOUL Le même axe, applique au bois : le critère devient la forme, non le traitement Hitsim zekharim -- hampes mâles Bois plein, sans creux. Pchoutei klei ets : un ustensile de bois PLAT ne reçoit pas la touma, même rabbiniquement (Tossefot). KACHER Hitsim nekevot -- hampes femelles Un trou à l'extrémité reçoit la pointe de fer. Beit kibboul : le bois devient un ustensile réceptif à la touma -- même s'il reste rempli. PASSOUL Un seul principe traverse le folio : le sekhakh doit rester du végétal, jamais un objet.
L axe implicite du folio : plus la matière est travaillée, plus elle quitte le statut de végétal et devient impropre au toit.
1
דְּאֵין מְסַכְּכִין מִשּׁוּם גְּזֵרַת אוֹצָר, הָא דְּאוֹרָיְיתָא שַׁפִּיר דָּמֵי. הָתָם דְּקָתָנֵי ״אֵינָהּ סֻוכָּה״ אֲפִילּוּ דִּיעֲבַד — מִדְּאוֹרָיְיתָא נָמֵי אֵינָהּ סֻוכָּה.

[Puisque la michna dit] que l'on ne couvre pas [avec des fagots] -- c'est à cause du décret de l'entrepôt ; or, de par la Tora, cela conviendrait fort bien. Là-bas, où la michna enseigne "ce n'est pas une soukka" -- [c'est-à-dire] même à posteriori (bediavad) -- de par la Tora aussi ce n'est pas une soukka.

🗂️ Tossefot (1)
אֵין מְסַכְּכִין בָּהֶן. בַּתְּחִילָּה מִשּׁוּם גְּזֵירַת אוֹצָר לָא גָּרְסִינַן לְכַתְּחִילָּה דְּדִיעֲבַד נָמֵי לָא מְהַנֵּי מִדְּרַבָּנָן מִדְּקָאָמַר הָא מִדְּאוֹרַייְתָּא שַׁפִּיר דָּמֵי מַשְׁמַע אֲבָל מִדְּרַבָּנָן לֹא וא"ת וְהָא גַּבֵּי דָּבָר הַמְקַבֵּל טֻומְאָה וְאֵין גִּידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ קָתָנֵי מַתְנִיתִין (לְעֵיל סֻוכָּה דַּף יא.) אֵין מְסַכְּכִין בּוֹ אַף עַל גַּב דְּדִיעֲבַד נַמֵּי אֵינָהּ סֻוכָּה אֲפִילּוּ מִדְּאוֹרַייְתָּא וְי"ל דְּשָׁאנֵי הָתָם דְּלֵיכָּא לְמִיטְעֵי וּמֵהָא דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין וְאִם הָיוּ מֻותָּרוֹת כְּשֵׁרוֹת לָא מָצֵי לְמֵידַק מִידִי דַּאֲפִילּוּ תְּחִילָּתוֹ הִנִּיחָן לְייַבְּשָׁן מְהַנֵּי הַתָּרָתָן כְּאִלּוּ הוּא נִעְנוּעַ דִּלְעֵיל:
"On ne couvre pas avec eux." [La leçon] "au départ, à cause du décret de l'entrepôt" -- nous ne lisons pas "lekhat'hila" (au départ), car même à posteriori (bediavad) cela ne vaut rien de par les Sages : puisqu'il est dit "or de par la Tora cela conviendrait fort bien", cela implique que de par les Sages, non. Et si tu objectes : à propos d'une chose qui reçoit la touma et dont la croissance ne vient pas de la terre, la michna enseigne (plus haut, Soukka 11a) "on ne couvre pas avec", bien que même à posteriori ce ne soit pas une soukka, et cela même de par la Tora ! On peut répondre : là-bas, c'est différent, car il n'y a pas lieu de se tromper. Et de ce que la michna enseigne "et si elles ont été déliées, elles sont kacher", on ne peut rien déduire : même si dès le départ il les avait posées pour les faire sécher, leur déliement est efficace, comme l'était le secouement (ni'anoua) mentionné plus haut.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur les deux dernières lignes de la réponse de Rabbi Yo'hanan, amorcée à la fin de 12a. Rav Achi avait objecté que les deux raisons -- la guezera de l'entrepôt et ta'asse ve-lo min hé-assouy -- semblaient valoir indifféremment pour les deux cas. La réponse est philologique : ce n'est pas le contenu des michnayot qui les sépare, c'est leur formule.

Quand la michna dit ein mesakhekhin, "on ne couvre pas", elle formule un interdit d'action : c'est le langage d'un décret rabbinique, et de par la Tora le fagot ferait un toit parfaitement valable. Quand elle dit eina soukka, "ce n'est pas une soukka", elle formule un constat d'inexistence : la chose est nulle même à posteriori, et cette invalidité-là vient de la Tora.

Tossefot corrige d'abord la leçon du texte -- il ne faut pas lire ici le mot lekhat'hila -- puis soulève une objection de vocabulaire : la michna de 11a emploie elle aussi ein mesakhekhin pour un matériau invalide de la Tora. Sa réponse tient en un mot : là-bas, nul risque de se méprendre. Personne n'irait valider un toit fait d'ustensiles. Ici, sans avertissement, on aurait cru le fagot licite.

🖼️ Schéma
Deux formulations de michna, deux niveaux d'invalidité La réponse de Rabbi Yo'hanan est philologique : le vocabulaire de la michna trahit la source de l'interdit Ein mesakhekhin bahen on ne couvre pas avec eux Cas : fagots de chaume, de bois, de branchages Niveau : décret rabbinique Raison : guezerat otsar -- l'entrepôt on craint le paysan qui monte son fagot pour le sécher De la Tora : chapir dami -- cela conviendrait À posteriori : rabbiniquement, toujours invalide Tossefot : ne pas lire lekhat hila dans le texte Remède : délier les fagots -- ils redeviennent kacher Eina soukka ce n'est pas une soukka Cas : celui qui creuse une cavité dans une meule Niveau : invalidité de la Tora Raison : ta asse ve-lo min hé assouy le toit existait avant l'acte -- rien n'a été fait De la Tora : nul et non avenu À posteriori : invalide même après coup Remède : secouer le sekhakh -- refaire l'acte Objection de Tossefot : la michna de 11a dit aussi ein mesakhekhin pour une chose qui reçoit la touma -- pourtant l'invalidité y est de la Tora. Réponse : là-bas nul risque de se tromper, personne ne songerait à valider un toit d'ustensiles. Ici, sans la formule, on aurait cru le fagot permis.
Ein mesakhekhin contre eina soukka : comment deux formules de michna trahissent deux niveaux d'interdit.
2
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: סְכָכָה בְּחִיצִין זְכָרִים — כְּשֵׁרָה. בִּנְקֵבוֹת — פְּסוּלָה.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : s'il l'a couverte de hampes de flèches mâles -- elle est kacher ; [s'il l'a couverte de hampes] femelles -- elle est passoul (invalide).

📜 Rachi (4)
סְכָכָה בְּחִיצִּים בֵּית יָד שֶׁל חִצִּים פלקיי"ש בְּלַעַ"ז:
Il l'a couverte de flèches -- le manche des flèches [la hampe de bois], flakeich en langue vernaculaire.
זְכָרִים כְּעֵין שֶׁלָּנוּ שֶׁתּוֹחֲבִין אוֹתָהּ בְּבֵית קִיבּוּל שֶׁל חֵץ:
Mâles -- comme les nôtres, que l'on enfonce dans la douille de la pointe de flèche.
כְּשֵׁרָה דאע"ג דְּכֵלִים נִינְהוּ פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ אֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה:
Kacher -- car bien que ce soient des ustensiles, les ustensiles de bois plats (pchoutei klei ets) ne reçoivent pas la touma.
נְקֵבוֹת שֶׁיֵּשׁ נֶקֶב בְּרֹאשׁוֹ וְהַחֵץ עָשׂוּי כְּמַרְצֵעַ וְנִכְנַס לְתוֹךְ הַנֶּקֶב הָווּ לְהוּ מְקַבְּלִין שֶׁבִּכְלֵי עֵץ וּרְאוּיִין לְקַבֵּל טֻומְאָה וּפְסוּלָה:
Femelles -- il y a un trou à leur extrémité, et la flèche [de fer] est faite comme un poinçon qui entre dans le trou ; ce sont donc des récipients parmi les ustensiles de bois, aptes à recevoir la touma -- et [la soukka] est passoul.
🗂️ Tossefot (2)
בְּחִיצִּים זְכָרִים כְּשֵׁרָה. לָא דָּמוּ לִשְׁאָר פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ כְּמוֹ דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין דְּפֶרֶק הַמּוֹכֵר אֶת הַבַּיִת (ב"ב דַּף סו.) דִּמְקַבֵּל טֻומְאָה מִדְּרַבָּנָן דְּהָנֵי אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן טְהוֹרִין כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ה.) גַּבֵּי מִסְגַּרְתּוֹ לְמַעְלָה הָיְתָה:
"Avec des flèches mâles, elle est kacher." Elles ne sont pas comparables aux autres ustensiles de bois plats, comme la planche des boulangers du chapitre Hamokher et habayit (Baba Batra 66a), qui reçoit la touma de par les Sages : celles-ci, elles, sont pures même de par les Sages, ainsi que je l'ai expliqué plus haut (Soukka 5a) à propos de "sa bordure était au-dessus".
בִּנְקֵבוֹת פְּסוּלָה. קְצָת תֵּימַהּ כֵּיוָן דְּעָשׂוּי לְמַלֹּאות ה"ל גָּולְמֵי כְּלֵי עֵץ דִּטְהוֹרִים כְּמוֹ קַתָּא דְּסַכִּינָא עַד שֶׁלֹּא שָׂם הַבַּרְזֶל:
"Avec des femelles, elle est passoul." C'est un peu étonnant : puisque [la cavité] est faite pour être remplie, ce devrait être un ustensile de bois inachevé (golmei klei ets), lesquels sont purs -- comme le manche d'un couteau tant qu'on n'y a pas encore fixé le fer.
⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רַבִּי חִייָּא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִפְּנֵי מֶה אָמְרוּ חֲבִילֵי קַשׁ וַחֲבִילֵי עֵצִים וַחֲבִילֵי זְרָדִים אֵין מְסַכְּכִין בָּהֶן לֹא מִפְּנֵי שֶׁהֵן פְּסוּלִין לְסִיכּוּךְ אֶלָּא לִפְעָמִים שֶׁאָדָם בָּא מִן הַשָּׂדֶה וַחֲבִילָתוֹ עַל כְּתֵיפוֹ וּמַעֲלָהּ וּמַנִּיחָהּ עַל גַּבֵּי סֻוכָּתוֹ לְיַבְּשָׁהּ וְנִמְלַךְ עָלֶיהָ לְסִיכּוּךְ וְהַתּוֹרָה אָמְרָה תַּעֲשֶׂה לְשֵׁם סֻוכָּה תַּעֲשֶׂה וְלֹא מִן הֶעָשׂוּי. יְרוּשַׁלְמִי הֵל' ו אֵין חֲבִילָה פְּחוּתָה מכ"ה קָנִים דְּלָא שָׁיְיכָא גְּזֵירַת. אוֹצָר אֶלָּא בַּחֲבִילוֹת שֶׁאָדָם רָגִיל לְהָבִיא מִן הַשָּׂדֶה וְלָא דָּמֵי לְהָא דְּאָמַר בגמ' לְקַמָּן (סֻוכָּה יג.) אֶגֶד בְּחַד לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד אֶגֶד בִּשְׁלֹשָׁה שְׁמֵיהּ אֶגֶד דְּהַייְנוּ בְּאַפְקוּתָא דְּדִיקְלָא וְדוֹקְרָנִי דְּקָנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קָנִים הַרְבֵּה וְהָוֵי כְּמוֹ חֲבִילָה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב סִכְּכָהּ בְּחִיצִּין זְכָרִים כְּשֵׁרָה בְּחִיצִין נְקֵבוֹת פְּסוּלָה ואע"ג דְּעָשׂוּי לְמַלֹּאות בֵּית קִיבּוּל הוּא. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב סִיכְּכָהּ בַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן פְּסוּלָה בְּהֻוצְנֵי פִשְׁתָּן כְּשֵׁירָה פֵּירוּשׁ בְּהָוצְנֵי פִּשְׁתָּן כִּיתָּנָא דְּלָא דָּייֵק וְלָא נְפִיץ דַּעֲדַייִן הוּא עֵץ. יְרוּשַׁלְמִי הֵל' ד סִיכְּכָהּ בַּחֲבָלִים אִית תַּנָּא תַּנּוֹיֵי כְּשֵׁירָה וְאִית תַּנָּא תָּנֵי פְּסוּלָה. מ"ד פְּסוּלָה בַּחֲבָלִים שֶׁל פִּשְׁתָּן ומ"ד כְּשֵׁירָה בַּחֲבָלִים שֶׁל סִיב וְהָרַמְבַּ"ן זַ"ל כָּתַב מְסַכְּכִין בַּחֲבָלִים שֶׁל סִיב וְשֶׁל חֵלֶף וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן שֶׁהֲרֵי צוּרָתָן עוֹמֶדֶת וְאֵינָן כָּלִין כֵּלִים:
Guemara : Rabbi Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : pourquoi a-t-on dit que les fagots de chaume, les fagots de bois et les fagots de branchages, on ne couvre pas avec eux ? Non parce qu'ils seraient impropres au sekhakh, mais parce qu'il arrive qu'un homme revienne du champ, son fagot sur l'épaule, qu'il le monte et le pose sur sa soukka pour le faire sécher, puis se ravise et le destiné au sekhakh -- or la Tora a dit "ta'asse", fais-la au nom de la soukka : tu <i>feras</i>, et non à partir de ce qui est <i>déjà fait</i> (ta'asse ve-lo min hé-assouy). Talmud de Jérusalem (halakha 6) : un fagot n'est pas moins de vingt-cinq roseaux -- car le décret de l'entrepôt ne concerne que les fagots qu'un homme a coutume de rapporter du champ. Et cela ne ressemble pas à ce que dit la Guemara plus loin (Soukka 13a) : un lien portant sur un seul [élément] ne porte pas le nom de lien, un lien portant sur trois porte le nom de lien -- car il s'agit là de la souche de palmier (afkouta de-dikla) et des touffes de roseaux (doukranei de-kanei), qui comportent de nombreuses tiges et sont comme un fagot. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : s'il l'a couverte de flèches mâles, elle est kacher ; de flèches femelles, elle est passoul -- et bien que [la cavité] soit faite pour être remplie, c'est tout de même un réceptacle. Rabba bar Rav Houna a dit au nom de Rav : s'il l'a couverte d'anitsei de lin, elle est passoul ; de hotsnei de lin, elle est kacher. Explication de "hotsnei de lin" : du lin qui n'a été ni pilé ni peigné, et qui est donc encore du bois. Talmud de Jérusalem (halakha 4) : s'il l'a couverte de cordes -- il est un tana qui enseigne qu'elle est kacher, et un tana qui enseigne qu'elle est passoul. Celui qui dit passoul parle de cordes de lin ; celui qui dit kacher parle de cordes de fibre de palmier (siv). Et le Ramban a écrit : on couvre avec des cordes de siv, de 'helef et semblables, car leur forme demeure telle quelle et elles ne deviennent pas des ustensiles.
💡 Explication

La Guemara quitte les fagots pour un catalogue de matériaux, ouvert par une sentence de Rav rapportée par Rav Yehouda. Les hampes de flèches sont des ustensiles -- et pourtant l'une des deux formes est valable. Toute la halakha tient au mode d'assemblage entre la hampe de bois et la pointe de fer.

Dans la flèche dite mâle, c'est le bois qui porte un tenon, enfoncé dans la douille de la pointe. Le bois reste plein : il est un pachout kli ets, un ustensile de bois plat, et la règle veut que ceux-là ne reçoivent pas la touma. Dans la flèche femelle, c'est l'inverse : le bois est percé, et la soie de fer y pénètre comme un poinçon. Le bois a des lors un beit kibboul, un réceptacle -- et tout ustensile de bois muni d'un réceptacle devient réceptif à la touma. Il ne peut plus servir de sekhakh.

Tossefot ajoute deux précisions inverses. D'un côté, ces hampes mâles sont plus pures encore que la planche du boulanger, que les Sages avaient rendue réceptive : ici, la pureté est totale. De l'autre, la hampe femelle pose une difficulté -- son creux étant destiné à être rempli, on aurait pu la traiter comme un golem, un ustensile inachevé, encore pur, à l'image du manche de couteau avant qu'on n'y fixe la lame.

🖼️ Schéma
Hampes de flèches mâles et femelles : où se trouve le creux ? Un seul détail de menuiserie décide de tout -- le bois porte-t-il un réceptacle, ou non ? Zakhar -- mâle hampe de bois pleine pointe de fer le tenon de bois entre dans la douille Forme du bois : plein, sans cavité -- pachout kli ets Touma : un ustensile de bois plat ne la reçoit pas Tossefot : ici pas même rabbiniquement, à la différence de la planche des boulangers (Baba Batra 66a) KACHER Nekeva -- femelle hampe de bois percée au bout soie de fer trou la pointe, faite comme un poinçon, entre dans le trou Forme du bois : creusé -- beit kibboul, un réceptacle Touma : un ustensile de bois à réceptacle la reçoit Tossefot s'étonne : puisque le creux est fait pour être rempli, pourquoi n'est-ce pas un golem, encore pur ? PASSOUL Le sekhakh doit ne pas recevoir la touma : ce n'est donc pas la matière qui tranche ici -- c'est un creux de quelques millimètres.
Mâle ou femelle : le même bois, le même usage -- mais un creux qui change tout au regard de la touma.
3
זְכָרִים כְּשֵׁרָה, פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא: נִיגְזוֹר זְכָרִים אַטּוּ נְקֵבוֹת, קָא מַשְׁמָע לַן.

"[Avec des hampes] mâles, elle est kacher" -- c'est évident ! [Non :] tu aurais pu dire que l'on décrète [d'interdire] les mâles à cause des femelles ; [Rav] nous enseigne [qu'il n'en est rien].

💡 Explication

La Guemara pratique ici son exercice le plus classique : pchita, mais c'est évident. Une hampe de bois pleine ne diffère en rien d'un roseau lisse ; pourquoi Rav aurait-il pris la peine de la déclarer kacher ?

La réponse repose sur le mécanisme du décret préventif. Les Sages interdisent souvent une chose permise parce qu'elle ressemble à une chose interdite, de peur qu'on ne les confonde. Or mâles et femelles sont deux variantes d'un même objet, difficiles à distinguer une fois posées sur un toit. On pouvait donc s'attendre à une guezera étendant l'interdit des unes aux autres. Rav enseigne qu'ici les Sages n'ont pas décrété.

4
(אָמַר מַר:) בִּנְקֵבוֹת פְּסוּלָה, פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא: בֵּית קִבּוּל הֶעָשׂוּי לְמַלּאוֹת לָא שְׁמֵיהּ קִיבּוּל, קָמַשְׁמַע לַן.

(Le Maître a dit :) "[Avec des hampes] femelles, elle est passoul" -- c'est évident ! [Non :] tu aurais pu dire qu'une cavité (beit kibboul) faite pour être remplie [à demeure] ne porte pas le nom de réceptacle ; [Rav] nous enseigne [qu'elle le porte bien].

📜 Rachi (1)
הֶעָשׂוּי לְמַלֹּאות מִילּוּי עוֹלָם שֶׁלֹּא לְהִתְרוֹקֵן עוֹד:
Faite pour être remplie -- d'un remplissage définitif, pour ne plus jamais se vider.
🗂️ Tossefot (1)
מַהוּ דְּתֵימָא בֵּית קִיבּוּל הֶעָשׂוּי לְמַלּאוֹת לָא שְׁמֵיהּ בֵּית קִיבּוּל קמ"ל. מַשְׁמַע מֵהָכָא דִּשְׁמֵיהּ קִיבּוּל וְקָשֶׁה לְפֵירוּשׁ הַקּוּנְטְרֵס דְּסוֹף אַרְבַּע מִיתוֹת (סַנְהֶדְרִין דַּף סח.) גַּבֵּי כַּדּוּר וְאִימּוּם דְּפֵירֵשׁ שָׁם בַּקּוּנְטְרֵס דְּנֶחְלְקוּ ר' אֱלִיעֶזֶר וַחֲכָמִים בְּסֵדֶר טְהָרוֹת דַּחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין מְקַבְּלִין טֻומְאָה לְפִי שֶׁכְּלִי עוֹר אֵין מְקַבֵּל טֻומְאָה אֶלָּא אִם כֵּן יֵשׁ לוֹ בֵּית קִיבּוּל דְּאִיתַּקַּשׁ לְשַׂק וְהַאי הוֹאִיל וְקִיבּוּלוֹ נַעֲשֶׂה לְמַלֹּאות וְלִהְיוֹת מִילּוֹאוֹ לְתוֹכוֹ עוֹלָמִית לָא שְׁמֵיהּ בֵּית קִיבּוּל וְר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר מְקַבְּלִין טֻומְאָה דִּשְׁמֵיהּ בֵּית קִיבּוּל וּלְפֵירוּשׁוֹ אָתְיָא מַסְּקָנָא דִּשְׁמַעְתִּין כַּר' אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שַׁמּוּתִי הוּא וְדֹוחַק לוֹמַר דְּהָכִי קָאָמַר קָמַשְׁמַע לַן דְּכִי הַאי דְּחִיצִּין שְׁמֵיהּ בֵּית קִיבּוּל לְפִי שֶׁפְּעָמִים שֶׁנּוֹטְלִין הַבַּרְזֶל מִן הָעֵץ וְעוֹד קַשְׁיָא מֵהָא דְּתַנְיָא בְּמַס' כֵּלִים פ' י"ח (מ"ח) הַתְּפִילִּין ד' כֵּלִים וְאֵין לְךָ עָשׂוּי לְמַלֹּאות יוֹתֵר מִתְּפִילִּין וּבְסַנְהֶדְרִין. הֶאֱרַכְתִּי וּבְמַסֶּכֶת כֵּלִים פֶּרֶק כ"ו (מ"ב) אַמַּתְנִיתִין דִּצְרוֹר הַמָּעוֹת ר' אֱלִיעֶזֶר מְטַמֵּא וַחֲכָמִים מְטַהֲרִין:
"Tu aurais pu dire qu'une cavité faite pour être remplie ne porte pas le nom de réceptacle -- il nous enseigne [le contraire]." Il ressort d'ici qu'elle porte bien le nom de réceptacle, et cela fait difficulté au commentaire de Rachi à la fin du chapitre Arba mitot (Sanhédrin 68a), à propos de la balle (kadour) et de la forme de cordonnier (immoum). Rachi y explique que Rabbi Eliezer et les Sages sont en désaccord dans l'ordre Taharot : les Sages disent qu'ils ne reçoivent pas la touma, parce qu'un ustensile de cuir ne la reçoit que s'il possède un réceptacle -- car il est rapproché du sac (sak) -- et celui-ci, puisque sa cavité est faite pour être remplie et que son contenu doit y demeurer à jamais, ne porte pas le nom de réceptacle ; tandis que Rabbi Eliezer dit qu'ils reçoivent la touma, car cela porte bien le nom de réceptacle. Or selon son explication, la conclusion de notre sougya serait conforme à Rabbi Eliezer -- et Rabbi Eliezer est un Chamouti [dont on ne tranche pas comme lui]. Il est forcé de dire que le sens serait : il nous enseigne qu'un [réceptacle] comme celui des flèches porte le nom de réceptacle, parce qu'il arrive que l'on retire le fer du bois. Autre difficulté, tirée de ce qui est enseigné au traité Kelim, chapitre 18 (michna 8) : les tefillin sont quatre ustensiles -- or il n'y a rien de plus "fait pour être rempli" que des tefillin. Je me suis étendu là-dessus dans Sanhédrin. Et au traité Kelim, chapitre 26 (michna 2), sur la michna de la bourse à monnaie : Rabbi Eliezer déclare impur, et les Sages déclarent pur.
💡 Explication

Second pchita, symétrique du premier. Tout ustensile de bois muni d'un réceptacle reçoit la touma : la hampe percée semblait invalide sans discussion.

La subtilité tient à la définition du réceptacle. Un récipient, par vocation, se remplit et se vide. Or la douille de la flèche est faite pour recevoir une pièce de fer qui n'en ressortira jamais : Rachi précise milouy olam, un remplissage définitif. On aurait donc pu dire que ce n'est pas un contenant mais un simple logement, et que le bois reste pachout. Rav enseigne le contraire : beit kibboul assouy le-malot chemeih kibboul -- un creux voué à rester plein est tout de même un réceptacle.

Tossefot étend la question au-delà de la soukka. Si notre sougya tranche que le creux compte, elle contredit la lecture que Rachi donne de Sanhédrin 68a, où cette question serait précisément le point de désaccord entre Rabbi Eliezer et les Sages -- et l'on se trouverait à trancher comme Rabbi Eliezer, ce qu'on évite. Tossefot renforce encore l'objection par les tefillin, comptés comme ustensiles au traité Kelim alors qu'ils sont l'exemple parfait d'un contenant fait pour rester scellé.

🖼️ Schéma
Beit kibboul assouy le-malot : un creux voué à rester plein est-il un réceptacle ? La question que la Guemara aurait pu écarter -- et que Tossefot fait résonner dans tout le Chas Un creux fait pour être rempli une fois pour toutes la douille de la flèche, occupée à jamais par le fer Hava amina -- ce n'est pas un réceptacle Un réceptacle se remplit et se vide tour à tour. Ce creux-ci ne se videra jamais : il n'a d'existence que comme logement d'une pièce fixe. Ce serait donc du bois plein -- kacher pour le toit. Conclusion -- c'est bien un réceptacle Kamachma lan : Rav vient précisément enseigner que la cavité compte, même vouée à rester pleine. La hampe femelle reçoit donc la touma. Donc : passoul pour le sekhakh. La difficulté de Tossefot -- la même question ailleurs Sanhédrin 68a, balle et forme de cordonnier : selon Rachi, c'est justement là le désaccord entre Rabbi Eliezer (réceptacle) et les Sages (non). Notre sougya trancherait alors comme Rabbi Eliezer, un Chamouti -- gêne. Et Kelim 18,8 : les tefillin sont des ustensiles, eux qui sont faits pour rester pleins.
Le creux définitivement occupé : une question de deux mots dans notre folio, qui traverse tout l'ordre Taharot.
5
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: סְכָכָה בַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן — פְּסוּלָה. בְּהָוצְנֵי פִּשְׁתָּן — כְּשֵׁרָה. וְהִוָּשְׁנִי פִּשְׁתָּן, אֵינִי יוֹדֵעַ מַהוּ.

Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : s'il l'a couverte d'anitsei de lin (filasse peignée) -- elle est passoul ; de hotsnei de lin (tiges brutes) -- elle est kacher. Et les hochnei de lin, je ne sais pas ce qu'il en est.

📜 Rachi (4)
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה שָׁמַעְתִּי ג' דְּבָרִים מַר' יוֹחָנָן הַשְּׁנַיִם פֵּירֵשׁ וְהַשְּׁלִישִׁי הֵשִׁיב אֵינִי יוֹדֵעַ:
Rabba bar bar Hana a dit -- j'ai entendu trois choses de Rabbi Yo'hanan : les deux [premières] il les a expliquées, et sur la troisième il a répondu : je ne sais pas.
סִכְּכָהּ בַּאֲנִיצֵי פִשְׁתָּן פְּסוּלָה שֶׁכֵּן רְאוּיָה לִיטָּמֵא בִּנְגָעִים כִּדְאָמַר בְּבַמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כז:) הָאוּנִץ שֶׁל פִּשְׁתָּן מִשֶּׁיִּתְלַבְּנוּ (פִּי' אֲנִיצֵי) לְאַחַר שֶׁתִּיקְּנוּ בְּמַסְרֵק שֶׁקּוֹרִין צרבי"ש וַעֲשָׂאָן אוּנִץ שֶׁקּוֹרִין רישט"א:
S'il l'a couverte d'anitsei de lin, elle est passoul -- car [ce lin] est apte à contracter la touma des negaim (plaies), comme il est dit au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 27b) : "le onets de lin, dès lors qu'il a été blanchi". (Explication d'anitsei :) après qu'on l'a apprêté au peigne, appelé tservich, et qu'on en a fait un onets, appelé richta.
בְּהָוצְנֵי פִּשְׁתָּן שָׁמַעְתִּי מַר' יוֹחָנָן כְּשֵׁרָה דְּהַייְנוּ כְּשֶׁהוּא בַּהוּצִין שֶׁלּוֹ כְּמוֹ שֶׁגָּדַל וְלֹא נִשְׁרָה בְּמֵי הַמִּשְׁרָה וְלֹא נֻופַּץ בְּמַכְתֶּשֶׁת:
Avec des hotsnei de lin -- j'ai entendu de Rabbi Yo'hanan qu'elle est kacher ; c'est-à-dire lorsqu'il est encore dans ses hotsin, tel qu'il a poussé, qu'il n'a pas trempé dans l'eau de rouissage et qu'il n'a pas été battu au mortier.
וְהֻושְׁנֵי פִשְׁתָּן אֵינִי יוֹדֵעַ אִם כְּשֵׁרָה אוֹ פְּסוּלָה:
Et les hochnei de lin, je ne sais pas -- si elle est kacher ou passoul.
🗂️ Tossefot (1)
בַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן. פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁכָּךְ רָאוּי לִיטָּמֵא בִּנְגָעִים כִּדְאָמַר פ' בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שַׁבָּת דַּף כז: וְשָׁם) הָאוּנִץ שֶׁל פִּשְׁתָּן מִשֶּׁיִּתְלַבְּנוּ פֵּירוּשׁ אֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן לְאַחַר שֶׁתִּקְּנוּ בְּמַסְרֵק שֶׁקּוֹרִין צרינ"ש בְּלַעַ"ז מַשְׁמַע שר"ל שֶׁהַפִּשְׁתָּן עַצְמוֹ מְטַמֵּא בִּנְגָעִים קֹודֶם טְווִיָּה וּלְפֵירוּשׁוֹ אָתְיָא שְׁמַעְתִּין כְּרַבִּי יְהוּדָה דִּפְלוּגְתָּא הִיא בְּמַסֶּכֶת נְגָעִים פֶּרֶק י"א (מ"ח) וּמַייְתִי לָהּ בְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שָׁם) דִּתְנַן שְׁתִי וָעֵרֶב מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים מִיָּד דִּבְרֵי ר"מ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר הַשְּׁתִי מִשֶּׁיִּשָּׁלֵק וְהָעֵרֶב מִיָּד וְהָאוּנִץ שֶׁל פִּשְׁתָּן מִשֶּׁיִּתְלַבְּנוּ וּתְמִיהָה הֵיאַךְ פִּשְׁתָּן מְטַמֵּא בִּנְגָעִים לְשׁוּם תַּנָּא הָא שְׁתִי וָעֵרֶב כְּתִיב וְעוֹד דְּנִמְצָא רַבִּי יְהוּדָה מֵיקֵל טְפֵי מֵרַבִּי מֵאִיר בִּשְׁתִי וּמַחְמִיר בְּאוּנִץ וְכִי תֵּימָא בְּאוּנִץ לָא פְלִיגִי וּשְׁמַעְתִּין כְּכוּלֵּי עָלְמָא אַכַּתִּי מֵאַחַר דְּנִרְאֶה לְטַמֵּא בִּנְגָעִים כְּשֶׁהוּא אוּנִץ הֵיאַךְ יוֹצֵא שְׁתִי מִידִי טֻומְאָה עַד שֶׁיִּשָּׁלֵק וְעוֹד דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בַּמֶּה מַדְלִיקִין (שָׁם) סוֹמְכוֹס אוֹמֵר סִיכְּכָהּ בִּטְווִי פְּסוּלָה מִפְּנֵי שֶׁמְּטַמֵּא בִּנְגָעִים כְּמַאן כִּי הַאי תַּנָּא דִּתְנַן וּמַייְתִי מַתְנִיתִין דִּנְגָעִים מַשְׁמַע בְּהֶדְיָא דְּאֵין מְטַמֵּא בִּנְגָעִים אֶלָּא טָווּי וּמִיהוּ בְּהַהוּא שְׁמַעְתָּא גּוּפָא פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס אוּנִץ שֶׁל פִּשְׁתָּן שֶׁלֹּא נִטְוָה וְרוֹצֶה לוֹמַר דִּפְלִיגִי וְעוֹד קַשְׁיָא דְּקָאָמְרִינַן הָתָם אָמַר אַבַּיֵּי ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר וְסוֹמְכוֹס אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר הָא דַּאֲמַרַן דְּקָתָנֵי הָתָם ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר כָּל הַיּוֹצֵא מִן הָעֵץ אֵין בּוֹ מִשּׁוּם שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ וּמְסַכְּכִין בּוֹ חוּץ מִפִּשְׁתָּן וְהַשְׁתָּא הֵיאַךְ אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד הָא מִיפְלָג פְּלִיגִי דְּסוּמָכוֹס טָווּי קָאָמַר וְר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר קָאָמַר פִּשְׁתָּן אֲפִילּוּ קֹודֶם טְווִיָּה וְכִי תֵּימָא דְּלָאו דַּוְקָא פִּשְׁתָּן כְּמוֹ לְעִנְיַן שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ מִכָּל מָקוֹם מִנָּלַן דְּאַייְרֵי בְּטָווּי טְפֵי מִבְּאוּנִץ מֵאַחַר דְּאַשְׁכְּחַן רַבִּי יְהוּדָה דִּמְטַמֵּא אוּנִץ בִּנְגָעִים לְכָךְ נִרְאֶה כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ בֶּעָרוּךְ דְּאוּנִץ הוּא מַטְוֶה שֶׁל. פִּשְׁתָּן וּשְׁתִי וְעֵרֶב דְּקָאָמַר ר"מ הַיְינוּ בְּצֶמֶר שֶׁנִּיכָּר בּוֹ מַהוּ עֵרֶב מַהוּ שְׁתִי שֶׁזֶּה טָווּי כְּלַפֵּי הַיָּד וְזֶה טָווּי כִּלְאַחַר יָד אֲבָל דְּפִשְׁתָּן הַכֹּל שָׁוֶה וְאֵין נִיכָּר וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בפ"ק דְּמַסֶּכֶת ע"ז (דַּף יז:) דְּאַיְּיתִי לֵיהּ תְּרֵי קִיבּוּרֵי וְאָמְרִי לֵיהּ הֵי דְּשַׁתְיָא הֵי דְּעִרְבָּא יֵשׁ לְפָרֵשׁ בְּשֶׁל צֶמֶר שֶׁהַדָּבָר נִיכָּר אִי נָמֵי בְּשֶׁל פִּשְׁתָּן וְלַבְּקִיאִין כְּגוֹן רַבָּן שֶׁל טַרְסִיִּים נִיכָּר אֵיזֶה רָאוּי לִשְׁתֵּי וְאֵיזֶה רָאוּי לְעָרֵב וַאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן נָמֵי אוֹמֵר ר"ת שֶׁהוּא מַטְוֶה ור"ש בֶּן אֶלְעָזָר וְסוּמְכוּס בִּטְוִוי דַּווְקָא מַייְרֵי אֲבָל קָשֶׁה דִּבְמַס' נְדָרִים פ' ר' אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר פּוֹתְחִין (דַּף סו:) דְּאָמְרִינַן שֶׁמָּא שְׂעָרָהּ נָאֶה דּוֹמֶה לַאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן (וְאֵינָהּ רְאוּיָה כְּלָל) וְעוֹד תַּנְיָא בְּסִפְרֵי (פָּרָשַׁת תֵּצֵא) יָכוֹל לֹא יָבִיא גִּיזֵּי צֶמֶר וַאֲנִיצֵי פִשְׁתָּן וְיִתְחַמֵּם בָּהֶן ת"ל שַׁעַטְנֵז מַשְׁמַע דַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן דֻּומְיָא דְּגִיזֵּי צֶמֶר שֶׁלֹּא נִטְוָה וְעוֹד סֻוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין מוֹכְחָא דְּהוּא פִּשְׁתָּן שֶׁלֹּא נִטְוָה וְדִיֵּיק וּנְפִיץ מִדְּקָאָמַר בְּהָוצְנֵי פִּשְׁתָּן כְּשֵׁרָה בְּהוּשְׁנֵי פִּשְׁתָּן אֵינִי יוֹדֵעַ וּמַשְׁמַע דִּמְסַפְּקָא לֵיהּ בִּתְרֵי וְלֹא דִּיֵּיק וְדִייֵּק וְלָא נְפִיץ מִכְּלָל דְּדָייֵק וּנְפִיץ פְּשִׁיטָא לֵיהּ דִּפְסוּלָה וְהַייְנוּ אֲנִיצֵי לָכֵן נִרְאֶה דַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן וַדַּאי לָאו טָווּי הוּא וְאע"ג דְּאֵינוֹ מְטַמֵּא בִּנְגָעִים הוֹאִיל וְקָרוֹב הוּא לְטֻומְאָה גְּזוּר בְּהוּ רַבָּנָן לְפָוסְלוֹ לְסַכֵּךְ כִּדְאַשְׁכְּחַן לְקַמָּן (סֻוכָּה טו.) דְּאִיכָּא דִּפְסִיל נְסָרִים מְשֻׁופִּין מִשּׁוּם גְּזֵירַת כֵּלִים וַאֲפִילּוּ מַאן דְּמַכְשַׁר הָתָם מָצֵי לְמִיפְסַל הָכָא וְהָא דְּקָאָמַר סוּמָכוֹס סִיכְּכָהּ בְּטָווּי פְּסוּלָה מִדְּאוֹרַייְתָּא קָאָמַר וְהוּא הַדִּין כְּשֶׁאֵין טָווּי מִדְּרַבָּנָן כִּדְקָאָמַר ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר חוּץ מִפִּשְׁתָּן דְּמַשְׁמַע פִּשְׁתָּן כְּגוֹן אֲנִיצֵי וְאָמְרוּ דָּבָר אֶחָד דְּקָאָמַר מִשּׁוּם דִּלְר' יְהוּדָה דְּאֵין מְטַמֵּא בִּנְגָעִים עַד שֶׁיִּתְלַבְּנוּ לָא מִיפַּסְלִי אֲנִיצֵי לְסֻוכָּה כֵּיוָן דִּרְחוֹקִין מִטֻּומְאָה אֲבָל סוּמָכוֹס קָאָמַר סִיכְּכָהּ בְּטָווּי דְּמַשְׁמַע מִיָּד וַאֲפִילּוּ תִּימְצֵי לוֹמַר דִּפְסִיל ר' יְהוּדָה מִדְּרַבָּנָן קֹודֶם לִיבּוּן כְּמוֹ ר"ש בֶּן אֶלְעָזָר קֹודֶם טְווִיָּה עַל כָּרְחָךְ סוּמָכוֹס מִדְּאוֹרַייְתָּא קָאָמַר מִדְּקָאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמְּטַמֵּא בִּנְגָעִים וְהָא דְּלָא קָאָמַר ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר וְסוֹמְכוֹס וְר' מֵאִיר אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד בְּסֵדֶר הַמִּשְׁנָה אֵין כְּתִיב דִּבְרֵי ר' מֵאִיר בְּמַס' נְגָעִים וכ"ש דְּנִיחָא טְפֵי הָא דְּקָאָמַר כְּמַאן כִּי הַאי תַּנָּא וְלָא קָאָמַר כְּמַאן כר"מ וְעוֹד מִשּׁוּם דְּר' מֵאִיר לָא אַיְירֵי בְּסִיכּוּךְ אע"ג דְּהָא בְּהָא תַּלְיָא דְּכֵיוָן דִּמְטַמֵּא מִיָּד א"כ יִפְסֹול לְסַכֵּךְ מִדְּרַבָּנָן בַּאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן וּלְעוֹלָם אוֹנֶיץ שֶׁל פִּשְׁתָּן דְּר' יְהוּדָה טָווּי כִּדְפֵירֵשׁ הֶעָרוּךְ וצ"ע וְעוֹד י"ל דְּרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּסוֹמְכוֹס סָבְרִי סִיכְּכָהּ בְּטָווּי כְּשֵׁרָה אע"ג דִּמְטַמֵּא בִּנְגָעִים דְּקָסָבְרִי דְּלָא שַׁיָּיךְ לְמֵילַף מִפְּסֹולֶת גֹּורֶן וְיֶקֶב לִפְסֹול בְּדָבָר הַמְטַמֵּא בִּנְגָעִים מֵאַחַר דְּאֵין מְטַמֵּא בִּשְׁאָר טֻומְאוֹת וְהַייְנוּ אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד בְּמַה שֶׁאֵין מְסַכְּכִין בְּדָבָר הַמְטַמֵּא בִּנְגָעִים דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דְּחוּץ מִפִּשְׁתָּן דְּקָאָמַר ר"ש בֶּן אֶלְעָזָר בְּבֶגֶד פִּשְׁתָּן אַיְּירִי וּכְרַבָּנָן כְּמוֹ אֵין בּוֹ מִשּׁוּם שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ דְּהַייְנוּ בֶּגֶד דְּהָא לָאו מִלְּתָא הִיא דִּבְהָהוּא נָמֵי ה"ק כָּל הַיּוֹצֵא מִן הָעֵץ אֵין בּוֹ מִשּׁוּם שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ חוּץ מִן הַיּוֹצֵא מִן הַפִּשְׁתָּן:
"Avec des anitsei de lin." Rachi explique : parce qu'ils sont aptes à contracter la touma des negaim, comme il est dit au chapitre Bameh madlikin (Chabbat 27b) : "le onets de lin, dès lors qu'il a été blanchi" -- explication : les anitsei de lin, c'est-à-dire après qu'on les a âpretés au peigne appelé tserinch en langue vernaculaire. Cela implique qu'il veut dire que le lin lui-même contracte la touma des negaim avant même d'être filé ; et selon son explication, notre sougya suivrait Rabbi Yehouda, car c'est une controverse au traité Negaim, chapitre 11 (michna 8), rapportée au chapitre Bameh madlikin : on a enseigné -- la chaîne et la trame contractent la touma des negaim immédiatement, paroles de Rabbi Meir ; Rabbi Yehouda dit : la chaîne, des lors qu'elle a été bouillie, et la trame, immédiatement ; et le onets de lin, dès lors qu'il a été blanchi. Et l'on s'étonne : comment le lin pourrait-il contracter la touma des negaim selon quelque tana que ce soit, alors que le verset écrit "chaîne et trame" ? De plus, il se trouverait que Rabbi Yehouda est plus indulgent que Rabbi Meir sur la chaîne et plus rigoureux sur le onets. Et si tu dis qu'ils ne sont pas en désaccord sur le onets, et que notre sougya vaut selon tous -- cela reste difficile : puisqu'il apparaît qu'il devient apte à la touma des negaim dès le stade de onets, comment la chaîne échapperait-elle à la touma jusqu'à ce qu'elle soit bouillie ? De plus, on dit au chapitre Bameh madlikin : Soumkhos dit -- s'il l'a couverte de fil filé, elle est passoul, parce qu'il contracte la touma des negaim. Conformément à qui ? À ce tana, comme on l'a enseigné -- et l'on cite la michna de Negaim. Cela implique clairement que seul le fil filé contracte la touma des negaim. Cependant, dans ce passage même, Rachi explique que le onets de lin est du lin non filé, et il entend qu'ils sont en désaccord. Autre difficulté : on dit là-bas -- Abaye a dit : Rabbi Chimon ben Elazar et Soumkhos ont dit une seule et même chose. Rabbi Chimon ben Elazar, c'est ce que nous avons rapporté, car on enseigne là-bas : Rabbi Chimon ben Elazar dit -- tout ce qui provient de l'arbre n'est pas soumis à la règle des trois sur trois [doigts, pour la touma des tissus], et l'on peut en couvrir [la soukka], excepté le lin. Or comment auraient-ils dit une seule et même chose ? Ils sont en désaccord, puisque Soumkhos parle du fil filé tandis que Rabbi Chimon ben Elazar parle du lin même avant le filage. Et si tu dis que "lin" n'est pas à prendre au sens strict, comme pour la règle des trois sur trois -- de toute façon, d'où saurions-nous qu'il parle du filé plutôt que du onets, puisque nous trouvons Rabbi Yehouda qui rend le onets impur par les negaim ? C'est pourquoi il paraît juste, comme l'explique le Aroukh, que le onets soit du fil de lin déjà filé ; et "chaîne et trame" dont parle Rabbi Meir, c'est dans la laine, où l'on distingue ce qui est trame et ce qui est chaîne, l'un étant filé vers la main et l'autre à revers de main -- tandis que dans le lin tout se ressemble et rien ne se distingue. Quant à Rabbi Eliezer, au premier chapitre d'Avoda zara (17b), à qui l'on apporta deux pelotes en lui demandant : laquelle est de chaîne, laquelle est de trame ? -- on peut l'expliquer de la laine, où la chose se distingue ; ou bien du lin, sachant que pour les experts, tel le maître des tarsiens [tisserands], on discerne laquelle convient à la chaîne et laquelle à la trame. Et Rabbenou Tam dit que les anitsei de lin, eux aussi, sont du fil filé, et que Rabbi Chimon ben Elazar comme Soumkhos parlent précisément du filé. Mais cela fait difficulté : au traité Nedarim, chapitre Rabbi Eliezer omer pot'hin (66b), on dit "peut-être sa chevelure est-elle belle, semblable à des anitsei de lin" (et [du fil filé] ne conviendrait pas du tout à la comparaison). De plus, on enseigne dans le Sifri (parachat Tetse) : on pourrait croire qu'il ne doit pas prendre des toisons de laine et des anitsei de lin pour s'en réchauffer -- le verset dit "chaatnez". Cela implique que les anitsei de lin sont analogues aux toisons de laine, non filées. Et de plus, la sougya elle-même prouve qu'il s'agit de lin non filé, mais pilé et peigné, puisqu'il est dit : avec des hotsnei de lin, kacher ; avec des hochnei de lin, je ne sais pas. Cela implique que son doute porte sur le [lin] roui mais non pilé et sur le [lin] pilé mais non peigné -- d'où il ressort que pour le [lin] pilé et peigné il tient pour évident que c'est passoul : et ce sont là les anitsei. C'est pourquoi il paraît que les anitsei de lin ne sont certainement pas du filé ; et bien qu'ils ne contractent pas la touma des negaim, puisqu'ils sont proches de la touma, les Sages ont décrété à leur sujet de les invalider pour le sekhakh -- comme nous le trouvons plus loin (Soukka 15a), où certains invalident les planches rabotées à cause du décret des ustensiles, et même celui qui les valide là-bas peut invalider ici. Et lorsque Soumkhos dit "s'il l'a couverte de filé, elle est passoul", il parle d'une invalidité de par la Tora ; et il en va de même, de par les Sages, lorsque ce n'est pas filé, comme le dit Rabbi Chimon ben Elazar "excepté le lin", ce qui implique du lin tel que les anitsei. Et s'il est dit qu'ils ont dit une seule et même chose, c'est parce que, selon Rabbi Yehouda -- pour qui [le lin] ne contracte pas la touma des negaim tant qu'il n'a pas été blanchi -- les anitsei ne seraient pas invalidés pour la soukka, étant éloignés de la touma ; tandis que Soumkhos dit "s'il l'a couverte de filé", ce qui implique dès ce moment-là. Et même si tu voulais dire que Rabbi Yehouda invalide de par les Sages avant le blanchiment, comme Rabbi Chimon ben Elazar avant le filage, force est de dire que Soumkhos parle d'une invalidité de par la Tora, puisqu'il dit "parce qu'il contracte la touma des negaim". Et si l'on n'a pas dit "Rabbi Chimon ben Elazar, Soumkhos et Rabbi Meir ont dit une seule et même chose", c'est que, dans l'ordonnancement de la michna, les paroles de Rabbi Meir ne sont pas écrites au traité Negaim. À plus forte raison cela explique-t-il mieux pourquoi il est dit "conformément à qui ? a ce tana" et non "conformément à qui ? a Rabbi Meir". Et de plus, parce que Rabbi Meir ne traite pas du sekhakh -- bien que l'un dépende de l'autre, car puisqu'il contracte la touma immédiatement, il invaliderait de par les Sages les anitsei de lin pour le sekhakh. Et en définitive, le onets de lin de Rabbi Yehouda serait du filé, comme l'a expliqué le Aroukh -- et cela demande examen (tsarikh iyoun). On peut encore dire que les Sages, qui contestent Soumkhos, tiennent que s'il l'a couverte de filé elle est kacher, bien que cela contracte la touma des negaim ; car ils estiment qu'on ne peut pas déduire du "rebut de l'aire et du pressoir" l'invalidation d'une chose qui contracte la touma des negaim, dès lors qu'elle ne contracte pas les autres formes de touma. Et c'est en cela qu'ils "ont dit une seule et même chose" : sur le fait qu'on ne couvre pas avec une chose qui contracte la touma des negaim. Car on ne peut pas dire que le "excepté le lin" de Rabbi Chimon ben Elazar viserait un vêtement de lin, conformément aux Sages, comme pour "il n'est pas soumis à la règle des trois sur trois" qui vise un vêtement -- ce n'est pas exact, car là aussi il veut dire : tout ce qui provient de l'arbre n'est pas soumis à la règle des trois sur trois, excepté ce qui provient du lin.
💡 Explication

Nouvelle famille de matériaux : le lin. Rabba bar bar Hana rapporte de Rabbi Yo'hanan trois enseignements dont le troisième est un aveu d'ignorance -- Rachi le souligne comme un trait de transmission fidèle : le disciple rapporte jusqu'au silence du maître.

Le principe est celui de tout le chapitre : le sekhakh doit être un végétal qui ne reçoit pas la touma. Or le lin, en cours de transformation, franchit un seuil. Tant qu'il est hotsnei, tige brute telle qu'elle a poussé, il reste du bois. Devenu anitsei, filasse pilée et peignée, il est déjà matière textile -- et la matière textile approche du domaine de la touma des negaim, cette impureté particulière que la Tora attache aux vêtements de laine et de lin.

Tossefot consacre à ce seul mot l'une des plus longues discussions du chapitre. La question est lexicale mais ses conséquences sont lourdes : anitsei désigne-t-il de la filasse, ou du fil déjà filé ? Rachi et Rabbenou Tam tiennent pour le filé, ce qui aligne notre sougya sur des positions minoritaires. Tossefot conclut autrement : les anitsei sont bien de la filasse non filée, ils ne contractent pas réellement la touma des negaim -- mais, proches de la touma, les Sages ont décrété de les écarter du toit, exactement comme ils écarteront plus loin les planches rabotées par crainte des ustensiles.

6
וְהֻושְׁנֵי עַצְמָן אֵינִי יוֹדֵעַ. מַה נַפְשָׁךְ: אִי דְּיִיק וְלָא נְפִיץ — הִוָּשְׁנִי קָרֵי לֵיהּ, אֲבָל תְּרֵי וְלָא דְּיִיק — הָוצְנֵי קָרֵי לֵיהּ, אוֹ דִּלְמָא: תְּרֵי וְלָא דְּיִיק נָמֵי הֻושְׁנֵי קָרֵי לֵיהּ.

"Et les hochnei eux-mêmes, je ne sais pas" [ce qu'ils désignent]. Quel que soit le sens que tu retiennes : ou bien [le lin] pilé mais non peigné, c'est cela qu'il appelle hochnei -- mais [le lin] roui et non pilé, c'est cela qu'il appelle hotsnei ; ou bien, peut-être, [le lin] roui et non pilé, il l'appelle lui aussi hochnei.

📜 Rachi (6)
וְהֻושְׁנֵי עַצְמָן אֵינִי יוֹדֵעַ מַאי קָרֵי ר' יוֹחָנָן הִוָּשְׁנִי:
Et les hochnei eux-mêmes, je ne sais pas -- ce que Rabbi Yo'hanan appelle hochnei.
מַה נַפְשָׁךְ לְפָרֵשׁ בָּהֶם:
Quel que soit le sens que tu retiennes -- pour les expliquer.
שֶׁמָּא דִּיֵּיק בְּמַכְתֶּשֶׁת וְלָא נְפִיץ בְּמַסְרֵק קָרֵי הִוָּשְׁנִי וַאֲמַר בְּהוּ אֵינִי יוֹדֵעַ:
Peut-être [le lin] pilé -- au mortier, mais non peigné au peigne, est-ce cela qu'il appelle hochnei, et c'est à leur sujet qu'il a dit "je ne sais pas".
אֲבָל תְּרֵי שָׁרוּי בְּמֵי הַמִּשְׁרָה:
Mais [le lin] roui -- trempé dans l'eau de rouissage,
וְלֹא דִּיֵּיק הָוֵי בִּכְלַל הָוצְנֵי כִּי הַהוּא דְּלָא תְּרֵי וְלֹא דִּיֵּיק וּכְשֵׁרָה:
et non pilé -- serait compris dans les hotsnei, comme celui qui n'a été ni roui ni pilé, et [la soukka] serait kacher.
אוֹ דִּלְמָא תְּרֵי וְלָא דְּיִיק נָמֵי הֻושְׁנֵי קָרֵי לְהוּ וְאַף הֵן בִּכְלַל סְפֵיקָא וְלָא הֲוָה פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְהַכְשִׁיר אֶלָּא בִּדְלָא תְּרֵי וְלֹא דִּיֵּיק:
Ou peut-être [le lin] roui et non pilé, il l'appelle lui aussi hochnei -- et il serait lui aussi compris dans le doute : Rabbi Yo'hanan n'aurait alors validé avec certitude que le lin ni roui ni pilé.
💡 Explication

Le doute que Rabbi Yo'hanan a laissé ouvert n'est pas un doute halakhique mais un doute de vocabulaire. Le maître a employé un mot, hochnei, sans préciser quel stade du travail du lin il recouvre -- et son disciple, ne voulant rien inventer, transmet l'incertitude telle quelle.

Le travail du lin comporte trois opérations successives : teri, le rouissage dans l'eau ; dayik, le pilage au mortier ; nafits, le peignage. Les deux extrémités sont claires : le lin intact est kacher, le lin pilé et peigné est passoul. Reste à savoir où passe la frontière du mot.

Première lecture : hochnei ne vise que le lin pilé et non peigné, tandis que le roui non pilé relevait déjà des hotsnei, donc kacher. Seconde lecture : le nom hochnei s'étend en amont jusqu'au roui non pilé, et seul le lin absolument intact a été validé. Rachi retient la portée pratique de l'alternative : dans le second cas, le champ du doute s'élargit d'un cran, et l'étudiant se retrouve avec un stade de plus à traiter avec prudence.

🖼️ Schéma
Les quatre étapes du travail du lin -- et où se loge le doute de Rabba bar bar Hana Le doute ne porte pas sur la halakha mais sur le mot : jusqu'où va le nom hochnei ? 1. tel qu'il pousse 2. teri -- roui 3. dayik -- pilé 4. nafits -- peigné encore sur pied trempé dans l'eau broyé au mortier démêlé au peigne HOTSNEI kacher ANITSEI passoul HOCHNEI -- eini yodea, je ne sais pas Rabbi Yo'hanan a employé le mot sans dire ce qu'il recouvre Première lecture hochnei = pilé mais non peigné (étape 3) hotsnei = roui mais non pilé (étape 2) Conséquence : l'étape 2 est déjà déclarée kacher. Seconde lecture hochnei = déjà le roui non pilé (étape 2) hotsnei = seulement le lin intact (étape 1) Conséquence : l'étape 2 tombe elle aussi dans le doute. Rachi : le maître n'a validé avec certitude que le lin ni roui ni pilé -- tout le reste reste en suspens.
Les étapes du travail du lin : où s'arrête le mot hotsnei, où commence le mot hochnei -- toute la question tient là.
7
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָנֵי שׁוּשֵׁי וּשְׁווָצְרֵי — מְסַכְּכִין בְּהוּ. אַבַּיֵּי אָמַר: בְּשׁוּשֵׁי מְסַכְּכִין, בִּשְׁוָוצְרֵי לֹא מְסַכְּכִין. מַאי טַעְמָא, כֵּיוָן

Rav Yehouda a dit : ces chouchei et ces chavtseri -- on couvre avec eux. Abaye a dit : avec les chouchei on couvre, avec les chavtseri on ne couvre pas.

Quelle en est la raison ? Puisque [...]

📜 Rachi (3)
שׁוּשֵׁי פליי"א בְּלַעַ"ז:
Chouchei -- pleia en langue vernaculaire.
שְׁווָצְרֵי ארניז"א בְּלַעַ"ז שׁוּשֵׁי וּשְׁווָצְרֵי מִינֵי יְרָקוֹת וְרַבִּי מָכִיר פֵּירֵשׁ שְׁווָצְרֵי ארב"א שֶׁקּוֹרִין פלקיר"א וְהוּא שֶׁעָלָיו רְחָבִין וְגָדֵל בַּיְּעָרִים:
Chavtseri -- arniza en langue vernaculaire. Chouchei et chavtseri sont des espèces d'herbes. Et Rabbi Makhir a expliqué : chavtseri, arva, que l'on appelle falkeira -- ses feuilles sont larges et il pousse dans les bois.
מְסַכְּכִין בָּהֶם שֶׁאֵינָם מְקַבְּלִין טֻומְאָה לְפִי שֶׁאֵינָן מַאֲכַל אָדָם:
On couvre avec eux -- car ils ne reçoivent pas la touma, n'étant pas nourriture d'homme.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה הָנֵי שׁוּצֵי וּשְׁוָצְרֵי מְסַכְּכִין בָּהֶן. מִין עֵשֶׂב הֵן וַעֲלֵיהֶם רְחָבִים וְגִידּוּלָן בַּיַּעַר. אַבַּיֵּי אָמַר בְּשׁוֹצֵי מְסַכְּכִין בִּשְׁוָצְרֵי אֵין מְסַכְּכִין מַאי טַעְמָא כֵּיוָן דְּסָנֵי רֵיחַיְיהוּ שָׁבֵיק לְהוּ וְנָפֵיק. אָמַר ר' חָנָן בַּר רָבָא הָנֵי הִיזְמֵי וְהִיגֵי מְסַכְּכִין בָּהֶן אַבַּיֵּי אָמַר בְּהִיזְמֵי מְסַכְּכִין בְּהִיגֵי אֵין מְסַכְּכִין דְּכֵיוָן דְּנָתְרִי טַרְפַיְיהוּ שָׁבֵיק לְהוּ וְנָפֵיק. בְּכָל הָנֵי לְכַתְּחִילָּה לָא מִשּׁוֹס גְּזֵרָה דִּלְמָא שָׁבֵיק לְהוּ וְנָפֵיק אֲבָל יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ אִם סִיכֵּךְ בָּהֶן וכ"כ הָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ה מֹהַל' סֻוכָּה ה"ב. אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב הַאי אַפָּקוּתָא דְּדִיקְלָא מְסַכְּכִין בֵּיהּ אַף ע"ג דַּאֲגִידִי אֶגֶד בִּידֵי שָׁמַיִם לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד ואע"ג דַּהֲדַר אַגִּיד לְהוּ מִלְמַעְלָה אֶגֶד דְּחַד לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד כֵּיוָן שֶׁהוּא לְמַטָּה אֶחָד ואע"פ שֶׁמִּתְפַּצֵּל לְכַמָּה קָנִים חַד מִיקְּרוּ וְלָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. אָמַר רַב חִסְדָּא אֶגֶד דְּחַד לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד ג' שְׁמֵיהּ אֶגֶד שְׁנַיִם מַחְלֹוקֶת רַבִּי יוֹסֵי וְרַבָּנַן רַבִּי יוֹסֵי בָּעֵי ג' וְרַבָּנָן בָּעוּ שְׁנַיִם וַהֲלָכָה כְּרַבָּנָן דִּתְרֵין הָוֵי אֶגֶד וְכָל דָּבָר כְּמוֹ אַפְקוּתָא וְדוּקָרִי דְּקָנֵי דִּכְשֶׁאֲגָדָן וְאַחֵר עִמּוֹ הֲוָה חֲבִילָה בַּחֲבִילָה שֶׁל כ"ה קָנִים כְּהַהִיא דִּירוּשַׁלְמִי: דָּרֵשׁ מָרִימָר הָנֵי אִיסּוּרְייָתָא דְסוּרָא מְסַכְּכִין בָּהֶן ואע"ג דַּאֲגִידָן לְמִנְיָנָא בְּעָלְמָא הוּא דַּאֲגִדָן אָמַר ר' אַבָּא אָמַר שְׁמוּאֵל הָנֵי צְרִיפֵי דְּאוֹרְבֵינִי כֵּיוָן שֶׁהִתִּיר רָאשֵׁי מַעֲדַנִּים שֶׁלָּהּ כְּשֵׁירָה וְהָא אַגִּיד מִתַּתַּאי א"ר פָּפָּא דְּשָׁרֵי לְהוּ. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר אֲפִילּוּ תֵּימָא דְּלָא שָׁרֵי לְהוּ כָּל אֶגֶד שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי לְטַלְטְלוֹ בּוֹ לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד:
Rav Yehouda a dit : ces chotsei et chavtseri, on couvre avec eux -- ce sont des espèces d'herbe aux feuilles larges, qui poussent dans la forêt. Abaye a dit : avec les chotsei on couvre, avec les chavtseri on ne couvre pas. Quelle en est la raison ? Puisque leur odeur est déplaisante, il les laissera et sortira. Rabbi Hanan bar Rava a dit : ces ronces (hizmei) et ces épines (higei), on couvre avec elles. Abaye a dit : avec les hizmei on couvre, avec les higei on ne couvre pas -- car leurs feuilles tombent, il les laissera et sortira. Dans tous ces cas, [l'interdit ne vaut] que lekhat'hila, à cause du décret de crainte qu'il ne les laisse et sorte ; mais il s'est acquitté de son obligation s'il en a couvert. Ainsi a écrit le Rambam (Lois de la soukka, chapitre 5, halakha 2). Rav Guidel a dit au nom de Rav : cette souche de palmier (afkouta de-dikla), on couvre avec elle, bien qu'elle soit liée -- car un lien fait par le Ciel ne porte pas le nom de lien ; et bien qu'on la relie ensuite par le haut, un lien portant sur un seul [élément] ne porte pas le nom de lien, puisqu'elle est une par le bas, et même si elle se divise en plusieurs tiges on l'appelle une, et ce n'est pas un lien. Rav Hisda a dit : un lien portant sur un ne porte pas le nom de lien, sur trois il porte le nom de lien ; sur deux, c'est la controverse de Rabbi Yossi et des Sages -- Rabbi Yossi exige trois, les Sages exigent deux ; et la halakha est comme les Sages : deux constituent un lien. Et tout objet comme l'afkouta ou les doukrei de-kanei, lorsqu'il les a liés avec un autre, forme un fagot -- un fagot de vingt-cinq roseaux, comme dans le Yerouchalmi. Marimar a enseigné : ces bottes de Soura (issourayata de-Soura), on couvre avec elles ; et bien qu'elles soient liées, elles ne le sont que pour le décompte. Rabbi Abba a dit au nom de Chmouel : ces cabanes de saules (tsrifei de-orbanei) -- dès lors qu'il a délie les extrémités de leurs attaches, elle est kacher. Mais elles sont liées par le bas ! Rav Papa a dit : il les a déliées. Rav Houna fils de Rav Yehochoua a dit : tu peux même dire qu'il ne les a pas déliées -- tout lien qui n'est pas fait pour transporter [l'objet] par lui ne porte pas le nom de lien.
💡 Explication

Dernière famille du folio : deux herbes sauvages à larges feuilles, dont Rachi peine à fixer l'identité -- il donne deux équivalents vernaculaires et cite encore l'avis de Rabbi Makhir. Ce qui compte halakhiquement est simple : ce ne sont pas des aliments humains, donc elles ne reçoivent pas la touma, et le critère du chapitre est satisfait.

Rav Yehouda les valide toutes deux. Abaye introduit alors une distinction qui ne doit plus rien à la touma : les chavtseri sont écartées. Le folio s'interrompt exactement sur le mot keivan, "puisque" -- la raison ne viendra qu'à la première ligne de 13a, et le Roch nous la livre par avance : de-sani reihaihou chavik lehou ve-nafik, leur odeur étant déplaisante, l'homme abandonnera sa soukka et sortira.

Le critère a changé de nature. Il ne s'agit plus de la matière du toit mais de l'habitabilité : la soukka doit être un lieu où l'on réside, techvou ke-ein taddourou. Le Roch précise la portée exacte de l'interdit -- il n'est que lekhat'hila : celui qui a déjà couvert ainsi s'est acquitté de son obligation.

🖼️ Schéma
Herbes des bois : un critère nouveau, celui de l'habitation Ces plantes ne reçoivent aucune touma -- et pourtant Abaye en refuse une Rav Yehouda : chouchei et chavtseri, on couvre avec les deux Rachi : deux espèces d'herbe aux feuilles larges, poussant en forêt -- elles ne sont pas nourriture d'homme, donc ne reçoivent pas la touma Chouchei Rachi : pleia en langue vernaculaire. Feuilles larges, pas de nuisance. Rav Yehouda et Abaye s'accordent. KACHER Chavtseri Rachi : arniza -- feuilles larges, des bois. Abaye : on ne couvre pas avec elles. Le folio s'arrête sur keivan, puisque... refusé par Abaye La raison, donnée au folio suivant et citée ici par le Roch Puisque leur odeur est mauvaise, il les laissera et sortira. Même logique pour les higei, dont les feuilles tombent : un toit qui chasse l'habitant n'est pas un toit de soukka. Le Roch précise : l'interdit n'est que lekhat hila -- s'il a déjà couvert ainsi, il s'est acquitté de son obligation.
Chouchei et chavtseri : le folio s'achève sur un critère neuf -- non plus la touma, mais le confort de celui qui doit y demeurer.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).