Sukkah 29b — Le Hadran de Hayachen, et l'ouverture du perek Loulav haGazoul

Sukkah 29b

Sougya : Ce demi-folio est une charnière : il ferme un chapitre et en ouvre un autre. Il achève d'abord la troisième liste de quatre commencée en 29a — le pouvoir de protester non exercé, la tsedaka promise en public et jamais versée — puis Rav en ajoute une quatrième, entièrement consacrée à l'argent : salaire retenu, salaire spolié, joug rejeté sur autrui, et la gassout harouah, l'orgueil du riche, qui pèse à elle seule autant que les trois autres réunies.

Rachi refuse de lire timyon comme un impôt : les biens se bouchent et s'épuisent d'eux-mêmes ; le Ben Yehoyada y voit le mot matmonim amputé de ses deux mem, le récipient qui reçoit et celui qui garde. Le verset des anavim renverse alors toute la liste — là où l'orgueil fait perdre la terre, l'humilité la fait hériter — et le Ben Yehoyada développe là dessus une longue lecture selon le sod, du milouy de haarets aux trois YBK du Ari.

Vient le Hadran, puis la michna d'ouverture de Loulav haGazoul : neuf clauses qui donneront leur programme à huit folios entiers, et où se croisent trois logiques d'invalidation — la propriété (lakhem), la beauté (hadar), et l'inexistence juridique de ce qui est voué au feu. Les Richonim y ouvrent trois débats qui ne se refermeront pas : ce qu'est un loulav desséché — s'effritant sous l'ongle pour les Tossefot, blanchi et irréversible pour le Raavad ; ce qu'est sa tête tronquée — la tiyomet, la majorité des feuilles, ou l'échine elle-même ; et ce que sont des feuilles nifretsou — arrachées selon Rachi, fendues dans leur pliure comme on fabrique un balai selon les Tossefot et le Roch.

La guemara enfin ouvre sa première question par une remarque de forme : la michna tranche sans distinguer, donc premier jour comme second jour. Passe encore pour le desséché, hadar valant tous les jours ; mais le volé, que seul lakhem excluait, pourquoi serait-il invalidé une fois le premier jour passé ?

Le folio s'arrête sur les mots qui introduisent la réponse — Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai — et il faut passer en 30a pour l'entendre : mitsva haba à ba-avéra, une mitsva qui vient par une transgression.

Le fil du folio : la dernière liste, le Hadran, et l'ouverture d'un perek entier Sept segments seulement -- mais une charnière : deux referment Hayachen, un le scelle, quatre ouvrent Loulav haGazoul Segments 0 et 1 -- la fin des listes de quatre : pourquoi les biens s'en vont Seg. 0 achève la liste ouverte en 29a : le pouvoir de protester non exercé, la tsedaka promise en public et non versée. Seg. 1 -- Rav ouvre une liste nouvelle et parallèle : salaire retenu, salaire spolié, joug rejeté sur autrui, orgueil. Chute : l'orgueil pèse autant que les trois autres réunis ; et le verset des anavim renverse toute la liste. Segment 2 -- Hadran alakh haYachen Le deuxième perek de Souka est clos. Un chapitre nouveau commence, sur un objet nouveau. Segment 3 -- LA MICHNA D'OUVERTURE : le catalogue des loulavim invalides Neuf clauses en une seule michna : volé, desséché, d'une acheira, d'une ir hanidahat, tête tronquée, feuilles arrachées -- passoul. Feuilles écartées -- kacher, Rabbi Yehouda voulant qu'on les lie ; palmes du Har haBarzel -- kachères ; trois tefahim de quoi agiter -- kacher. Cette michna donne au perek tout son programme : chaque clause sera reprise et discutée de 29b à 37b. Rachi, les Tossefot et le Roch ouvrent déjà ici les trois grands débats : ce qu'est yavech, ce qu'est le roch, ce qu'est nifrats. Segments 4 à 6 -- la première question de la guemara : la michna tranche sans distinguer Seg. 4 -- ka passik ve-tani : elle dit passoul sans dire quand. Donc premier jour comme second jour. Seg. 5 -- le desséché, on comprend : hadar est requis tous les jours. Le volé, on comprend le premier jour : lakhem, du vôtre. Mais le second jour, où lakhem ne s'applique plus -- d'où viendrait-on l'invalider ? Seg. 6 -- la réponse s'ouvre : Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohai... et le folio s'arrête là. La suite -- mitsva haba à ba-avéra, une mitsva qui vient par une transgression -- est en 30a. Les Tossefot et le Roch la donnent déjà. Le lien caché entre les deux moitiés du folio On finit sur des biens mal acquis qui s'évaporent -- et l'on ouvre sur une mitsva accomplie avec un objet volé. Le vol passe d'un thème à l'autre.
Le fil du folio : deux segments referment le perek Hayachen, le Hadran le scelle, et quatre ouvrent Loulav haGazoul jusqu à la question laissée en suspens.
Le catalogue de la michna : neuf clauses, trois familles de raisons Ce n'est pas une liste au hasard -- trois logiques distinctes invalident, et chacune aura son sort propre dans la guemara Clause de la michna Statut Raison, et de quelle famille elle relève haGazoul -- volé le point de départ de toute la sougya passoul Rachi : ou-lekahtem LAKHEM -- du vôtre. Donc jour 1 seulement, en principe. FAMILLE 1 -- le titre de propriété. Ne vaut que le premier jour... et c'est là toute la question. haYavech -- desséché jusqu'où faut-il qu'il soit sec ? passoul Guemara : hekech à l'etrog, où il est écrit HADAR. Rachi disait ve-anvehou ; les Tossefot corrigent. FAMILLE 2 -- la beauté de l'objet. Vaut tous les jours, y compris ceux qui sont derabanan. Chel acheira -- d'un arbre adoré l'arbre lui-même est l'idole passoul Rachi : la guemara en donnera le motif -- objet voué à la destruction, tenu pour déjà brûlé. FAMILLE 3 -- l'objet est juridiquement inexistant : il lui manque sa mesure. Chel ir hanidahat ville entraînée à l'idolâtrie passoul Rachi : tout son butin doit être brûlé (Dt 13,17) ; or le loulav exige quatre tefahim. Voué au feu = déjà brûlé = la mesure requise n'existe plus. Même famille que l'acheira. Niktam rocho -- tête tronquée mais quelle tête, au juste ? passoul Rachi, laconique : ce n'est pas hadar. Les Tossefot, le Roch et le Raavad se disputent l'objet visé. FAMILLE 2 encore -- mais le doute porte ici sur l'anatomie, non sur le principe. Nifretsou alav -- feuilles arrachées la majorité des feuilles (Tossefta) passoul Rachi : elles ne tiennent plus que par le lien -- comme un houfia, un balai. Pas hadar. Les Tossefot corrigent Rachi : non pas arrachées, mais fendues dans leur pliure. Nifredou alav -- feuilles écartées toujours attachées à l'échine KACHER Rachi : attachées à la chidra, elles s'ouvrent seulement vers le haut, comme des branches. Rabbi Yehouda : qu'il les lie par le haut -- pour qu'elles remontent le long de l'échine. Tsinei Har haBarzel une variété à feuilles courtes KACHERES Rachi : leurs feuilles sont très petites et ne couvrent pas la longueur de l'échine -- et pourtant kacheres. Enseignement implicite : le défaut d'espèce n'est pas le défaut d'individu. Trois tefahim, de quoi agiter la mesure minimale KACHER Rachi : trois tefahim d'échine face au hadas, plus un tefah pour le naanoua -- quatre en tout. Le naanoua n'est pas un ornement : c'est lui qui fixe la taille de l'objet. Pourquoi ces trois familles comptent dès maintenant La guemara va demander : la michna dit passoul sans dire quand. Or les trois familles n'ont pas la même portée dans le temps. Hadar vaut tous les jours ; lakhem ne vaut que le premier. C'est exactement cette dissymétrie qui déclenche la question du seg. 5.
Les neuf clauses de la michna d ouverture, réparties selon les trois logiques qui invalident -- propriété, beauté, inexistence juridique.
Anatomie du loulav : nommer les pièces avant de discuter des défauts Toute la michna, tout Rachi, toutes les Tossefot et tout le Roch de ce folio reposent sur ce vocabulaire Le loulav sain roch la tête -- objet du débat des Richonim tiyomet la paire centrale soudée au sommet hotsin / alin les folioles -- chacune pliée en deux sur son dos chidra l'échine centrale. Pour le Raavad c'est elle, le loulav. 3 tefahim hauteur du hadas +1 tefah kdei lenanea Total : quatre tefahim (Rachi) Cette mesure explique pourquoi un loulav voué au feu est passoul : il n'a plus de mesure. Naanoua : lever et baisser, avancer et ramener -- pour arrêter vents et rosées mauvais (37b). NIFREDOU -- écartées : KACHER Rachi : elles sont bien attachées à la chidra ; c'est en haut seulement qu'elles s'ouvrent de part et d'autre, comme les branches d'un arbre. L'objet n'est pas défait, il est ouvert. Rabbi Yehouda : yaagdenou milmaala -- qu'il les lie par le haut, pour qu'elles remontent le long de l'échine. Un remède, pas une invalidation : Rabbi Yehouda ne conteste pas le kacher. NIFRETSOU -- arrachées ou fendues : PASSOUL le lien Rachi : détachées de l'échine, elles ne tiennent plus que par l'agouda -- le résultat est un houfia, un balai. Pas hadar. Tossefot et Roch corrigent : la guemara dit ke-houfia, et les feuilles détachées s'appellent hotsin, non alin. Donc nifretsou = chaque feuille fendue en deux dans sa pliure dorsale -- exactement le geste par lequel on fabrique un balai. NIKTAM ROCHO -- quelle tête ? le doute des Richonim Lecture A -- la tiyomet, les deux feuilles centrales Objection : Rabbi Yehochoua ben Levi enseigne séparément que si la tiyomet est enlevée c'est passoul -- ce serait redondant. Lecture B -- la tête de la majorité des feuilles (Tossefot) Le Roch le concède mais juge la formulation forcée. Lecture C -- la tête de la chidra elle-même (Raavad) Preuve : pour le hadas, Oulla dit tête tronquée et une tamra y a poussé, kacher -- c'est donc la branche, non les feuilles, qui manquait.
Anatomie du loulav et les trois états discutés par la michna : nifredou kacher, nifretsou passoul, niktam rocho -- et le doute sur ce qu est la tête.
1
וְעַל שֶׁהָיָה סִפֵּק בְּיָדָם לִמְחוֹת וְלֹא מִיחוּ, וְעַל שֶׁפּוֹסְקִים צְדָקָה בָּרַבִּים וְאֵינָן נוֹתְנִין.

et pour ceux qui avaient le pouvoir de protester et n'ont pas protesté ; et pour ceux qui souscrivent publiquement une promesse de tsedaka et ne la versent pas.

📜 Rachi (2)
וְעַל שֶׁהָיָה סִפֵּק בְּיָדָם שֶׁל בַּעֲלֵי בָּתִּים הַלָּלוּ לִמְחוֹת בְּיַד עוֹבְרֵי עֲבֵירוֹת שֶׁבְּדוֹרָם שֶׁדִּבְרֵיהֶם נִשְׁמָעִים מֵחֲמַת עָושְׁרָם וְהַבְּרִיּוֹת יְרֵאִים מֵהֶם וְלֹא מִיחוּ:
— de ces maîtres de maison : le pouvoir de protester contre ceux de leur génération qui transgressent, car leurs paroles sont écoutées en raison de leur richesse et les gens les craignent — et ils n'ont pas protesté.
וְעַל שֶׁפּוֹסְקִין בַּעֲלֵי בָּתִּים הַלָּלוּ צְדָקָה בָּרַבִּים שֶׁיִּתְּנוּהוּ לַעֲנִיִּים (וְהֵם) וְלֹא נוֹתְנִים:
— ces maîtres de maison souscrivent publiquement une somme de tsedaka, à donner aux pauvres, et [eux] ne la donnent pas.
💡 Explication

Ce segment n'ouvre rien : il achève la troisième liste de quatre commencée à la fin de 29a, celle des fautes pour lesquelles les biens des maîtres de maison sont livrés à la royauté. Les deux premiers éléments y étaient : garder par-devers soi un acte de dette déjà acquitté, et l'élément précédent. Voici les deux derniers.

Les deux ont la même structure : un pouvoir non converti en acte. Rachi souligne exactement cela dans sa première glose — ce ne sont pas des gens ordinaires qui se taisent, ce sont des gens dont la parole porte, précisément parce qu'ils sont riches et qu'on les craint. Leur silence n'est donc pas de la timidité : c'est un capital social qu'ils refusent d'engager. Le second cas est le même mécanisme côté argent : la promesse publique produit déjà tout son effet d'honneur, et le versement, lui, n'arrive jamais.

D'où la sanction, qui est un miroir : celui qui garde son pouvoir sans le dépenser se voit retirer le support de ce pouvoir. C'est la logique qui va traverser tout le segment suivant.

2
אָמַר רַב: בִּשְׁבִיל אַרְבָּעָה דְּבָרִים נִכְסֵי בַּעֲלֵי בָּתִּים יוֹצְאִין לְטִמְיוֹן: עַל כּוֹבְשֵׁי שְׂכַר שָׂכִיר, וְעַל עוֹשְׁקֵי שְׂכַר שָׂכִיר, וְעַל שֶׁפּוֹרְקִין עֹול מֵעַל צַוְּארֵיהֶן וְנוֹתְנִין עַל חַבְרֵיהֶן, וְעַל גַּסּוּת הָרוּחַ. וְגַסּוּת הָרוּחַ — כְּנֶגֶד כֻּולָּן. אֲבָל בַּעֲנָוִים כְּתִיב: ״וַעֲנָוִים יִירְשׁוּ אָרֶץ וְהִתְעַנְּגוּ עַל רֹב שָׁלוֹם״.

Rav a dit : pour quatre choses les biens des maîtres de maison s'en vont au timyon (le trésor royal — ou la perdition) : pour ceux qui retiennent le salaire du salarié ; pour ceux qui spolient le salaire du salarié ; pour ceux qui rejettent le joug de dessus leur nuque et le posent sur celle de leurs compagnons ; et pour la grossièreté d'esprit (l'orgueil). Et la grossièreté d'esprit vaut à elle seule autant que toutes les autres.

Mais des humbles il est écrit : « et les humbles hériteront la terre et se délecteront d'une abondance de paix » (Tehilim 37,11).

📜 Rachi (4)
לְטִמְיוֹן שֶׁנִּטְמָמִין וְכָלִים מֵאֲלֵיהֶם:
— [au timyon] : car ils se bouchent et s'épuisent d'eux-mêmes.
כּוֹבֵשׁ שֶׁמַּדְחֵהוּ בְּלֵךְ וְשׁוּב:
— [kovech, celui qui retient] : il le repousse par « va et reviens ».
עֹושֶׁק לְגַמְרֵי גּוֹזֵל שְׂכָרוֹ:
— [ochek, celui qui spolie] : entièrement — il vole son salaire.
וְעַל גַּסּוּת הָרוּחַ שֶׁמִּתְגָּאִים וּמִשְׂתָּרְרִין עַל אֲחֵיהֶם בִּשְׁבִיל עָושְׁרָן:
— [et pour la grossièreté d'esprit] : ils s'enorgueillissent et dominent leurs frères à cause de leur richesse.
🪔 Ben Yehoyada (2)
יוֹרְדִין לְטִמְיוֹן. הָא דְּנָקֵיט לָשׁוֹן זֶה נִרְאֶה לִי בס"ד מַטְמוֹנִים רֹאשָׁם מֵם פְּתוּחָה לְקַבֵּל הַשֶּׁפַע וְסוֹפָם מֵ"ם סְתוּמָה לִשְׁמוֹר בְּתוֹכָהּ הַשֶּׁפַע שֶׁלֹּא יֵצֵא וְיִתְאַבֵּד וְנִשְׁאַר בְּאֶמְצַע אוֹתִיּוֹת טִמְיוֹן וְנִמְצָא אִם יִסְתַּלְּקוּ מִמַּטְמוֹנִים שְׁנֵי כֵּלִים אֵלּוּ שֶׁהֵם כֵּלִים שֶׁל הַשֶּׁפַע מֵ"ם פְּתוּחָה הַמְקַבֶּלֶת וּמֵ"ם סְתוּמָה הַשּׁוֹמֶרֶת אָז יִשָּׁאֵר טִמְיוֹן לְכָךְ אָמַר 'יוֹרְדִין לְטִמְיוֹן' שֶׁיִּסְתַּלְּקוּ מִן מַטְמוֹנִים שֶׁלָּהֶם שְׁנֵי מימי"ן שֶׁהֵם כֵּלִים שֶׁל הַשֶּׁפַע כְּלִי הַמְקַבֵּל וּכְלִי הַשּׁוֹמֵר.
« Ils descendent au timyon. » S'il a employé cette expression, il me semble, avec l'aide du Ciel, que c'est ceci : matmonim (les trésors cachés) — leur commencement est un mem ouvert, pour recevoir le chefa (le flux), et leur fin un mem fermé, pour garder au-dedans le chefa afin qu'il ne sorte pas et ne se perde pas ; et il reste au milieu les lettres de timyon. Il se trouve donc que si l'on retire de matmonim ces deux ustensiles, qui sont les récipients du chefa — le mem ouvert qui reçoit et le mem fermé qui garde — il reste alors timyon. C'est pourquoi il a dit « ils descendent au timyon » : que se retirent de leurs trésors les deux mem, qui sont les récipients du chefa, le récipient qui reçoit et le récipient qui garde.
אֲבָל בַּעֲנָוִים כְּתִיב : (תְּהִלִּים לז, יא) "וַעֲנָוִים יִירְשׁוּ אָרֶץ וְהִתְעַנְּגוּ עַל רֹב שָׁלוֹם ". נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ הָאָרֶץ עוֹמֶדֶת וְקַייֶּמֶת עַל יְדֵי הַגְּבוּרוֹת דְּשֵׁם אֱלֹקִים דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית א, א) 'בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹקִים אֶת הַשָּׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ' וְלָכֵן מִלּוּי אוֹתִיּוֹת הָאָרֶץ כָּזֶה הַ" א א ל"ף ר י"ש צ ד"י עוֹלֶה מִסְפַּר תל"ה [435] כְּמִנְיַן חֲמִשָּׁה שְׁמוֹת אֱלֹקִים [86] עִם שָׁורְשָׁן שֶׁהוּא חֲמִשָּׁה. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד (תְּהִלִּים מו, ט) 'לְכוּ חֲזוּ מִפְעֲלוֹת ה' אֲשֶׁר שָׂם שַׁמּוֹת בָּאָרֶץ' אַךְ אִי אֶפְשָׁר שֶׁתִּתְקַייֵּם בִּגְבוּרוֹת דְּשֵׁם אֱלֹקִים בִּלְבַד אֶלָּא צָרִיךְ שֶׁיִּמְתְּקוּ הַגְּבוּרוֹת דְּשֵׁם אֱלֹקִים בִּשְׁמוֹת ההוי"ה שֶׁהֵם חֲסָדִים וְלָכֵן הֲגַם דְּבַתְּחִלָּה כְּתִיב 'בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹקִים' לְבַסּוֹף כָּתַב (בְּרֵאשִׁית ב, ד) 'בְּיוֹם עֲשׂוֹת ה' אֱלֹקִים אֶרֶץ וְשָׁמַיִם' שֶׁשִּׁתֵּף שֵׁם הֲוָיָ"ה עִם שֵׁם אֱלֹקִים שֶׁמְּסַפֵּר שְׁנֵיהֶם עוֹלֶה מִסְפַּר יב"ק [112] וּמְפֹורָשׁ בְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר הַפְּסוּקִים שֶׁשְּׁמוֹת יב"ק הַנִּזְכָּר הֵם שְׁלֹשָׁה כִּי צָרִיךְ שֶׁשְּׁלֹשָׁה שְׁמוֹת אֱלֹקִים יִתְמַתְּקוּ בִּשְׁלֹשָׁה שְׁמוֹת הוי"ה וּבָזֶה יִהְיוּ ג' פְּעָמִים יב"ק אֲשֶׁר סַךְ כֻּולָּם הוּא של"ו [336] . וְלָזֶה אָמַר אִיּוֹב (אִיּוֹב טז, יב) 'שֶׁלּוֹ הָיִיתִי וִיפַרְפְּרֵנִי' דְּבִזְמַן עָשְׁרוֹ בָּרִאשׁוֹנָה הָיָה אֶצְלוֹ הֶאָרַת ג' פְּעָמִים יב"ק שֶׁהֵם של"ו וְלָזֶה אָמַר 'שֶׁלּוֹ' הָיִיתִי אַךְ אַחַר כָּךְ 'וִיפַרְפְּרֵנִי' שֶׁנִּפְרְדוּ שְׁמוֹת ההוי"ה מִשֵּׁמוֹת אֱלֹקִים וְשָׁלְטָה בּוֹ הַגְּבוּרָה דְּשֵׁם אֱלֹקִים בִּלְתִּי מִיתּוּק וּלְכָךְ רָאָה כָּל אוֹתָם יִסּוּרִין קָשִׁין עַד כָּאן דְּבָרָיו זַ"ל יְעֻויַּן שָׁם. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי בס"ד מַאֲמַר רז"ל עַל יוֹסֵף הַצַּדִּיק ע"ה בִּזְמַן שֶׁעָלָה לִגְדֻולָּה יוֹסֵף 'מִשֶּׁלּוֹ' נָתְנוּ לוֹ רוֹצֶה לוֹמַר 'מִן של"ו' שֶׁהֵם הֶאָרַת ג' פְּעָמִים יב"ק נָתְנוּ לוֹ גְּדֻולָּה וְעֹושֶׁר. וְהִנֵּה אוֹתִיּוֹת שָׁלוֹם הֵמָּה אַרְבָּעָה אוֹתִיּוֹת וְאִם תִּקַּח רֻובָּם שֶׁל אוֹתִיּוֹת הֵמָּה יִהְיוּ של"ו. וּבָזֶה יוּבַן (תְּהִלִּים לז, יא) 'וַעֲנָוִים יִירְשׁוּ אָרֶץ' שֶׁבִּנְייָנָהּ עַל יְדֵי הַגְּבוּרוֹת דְּשֵׁמוֹת אֱלֹקִים שֶׁרְמוּזִים בְּמִלּוּי אֶרֶץ כַּנּוֹדָע אַךְ גְּבוּרוֹת אֵלּוּ לְבַדָּם אִי אֶפְשָׁר לִסְבֹּול אוֹתָם בְּלִי שְׁמוֹת הוי"ה וְלָזֶה אָמַר 'וְהִתְעַנְּגוּ עַל רַב שָׁלוֹם' כְּלוֹמַר רֹוב אוֹתִיּוֹת שָׁלוֹם שֶׁהֵם של"ו שֶׁרוֹמְזִים עַל ג' פְּעָמִים יב"ק שֶׁהֵם מִסֵּפֶר של"ו.
« Mais des humbles il est écrit : (Tehilim 37,11) “et les humbles hériteront la terre et se délecteront d'une abondance de paix”. » Il me semble, avec l'aide du Ciel : il est connu que la terre (arets) se tient et subsiste par les guevourot (rigueurs) du Nom Elokim, ainsi qu'il est écrit (Berechit 1,1) « au commencement Elokim créa les cieux et la terre » ; c'est pourquoi le milouy (le remplissage) des lettres de haarets — ainsi : hé écrit ha-ALEF, alef écrit à-LAMED-PÉ, rech écrit ré-YOD-CHIN, tsadi écrit tsa-DALET-YOD — s'élève au nombre 435, comme le compte de cinq Noms Elokim [86] avec leur racine, qui est cinq. Et par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, (Tehilim 46,9) « allez, contemplez les œuvres de l'Éternel, qui a mis des dévastations (chamot) sur la terre ». Mais il est impossible qu'elle subsiste par les seules guevourot du Nom Elokim : il faut que les guevourot du Nom Elokim soient adoucies par les Noms Havaya, qui sont les hassadim (bontés). C'est pourquoi, bien qu'il soit écrit d'abord « au commencement Elokim créa », il est écrit à la fin (Berechit 2,4) « au jour où Havaya Elokim fit terre et cieux » — car Il a associé le Nom Havaya au Nom Elokim, la somme des deux s'élevant au nombre YBK [112]. Et il est expliqué dans les paroles de notre maître le Ari, de mémoire bénie, dans le Chaar haPessoukim, que ces Noms YBK mentionnés sont au nombre de trois, car il faut que trois Noms Elokim soient adoucis par trois Noms Havaya, et ainsi il y aura trois fois YBK, dont le total est CHLO [336]. Et c'est ce que dit Iyov (Iyov 16,12) « j'étais paisible (chalev) et Il m a brisé » : car au temps de sa richesse, au commencement, il y avait chez lui l'illumination de trois fois YBK, qui sont CHLO, et c'est pourquoi il dit « chalev j'étais » ; mais ensuite « Il m a brisé », car les Noms Havaya se sont séparés des Noms Elokim, et la guevoura du Nom Elokim a régné sur lui sans adoucissement, et c'est pourquoi il a vu toutes ces souffrances dures. Fin de ses paroles, de mémoire bénie ; vois-y. Et par là j'ai expliqué, avec l'aide du Ciel, la parole de nos maîtres de mémoire bénie sur Yossef le juste, la paix sur lui : lorsqu'il s'éleva à la grandeur, « de ce qui était à lui (mi-chelo) on lui donna » — c'est-à-dire « du CHLO », qui est l'illumination de trois fois YBK : c'est de là qu'on lui donna grandeur et richesse. Et voici : les lettres de chalom sont au nombre de quatre, et si tu prends la majorité de ses lettres, elles font CHLO. Et par là se comprend (Tehilim 37,11) « et les humbles hériteront la terre » — dont la construction se fait par les guevourot des Noms Elokim, auxquelles fait allusion le milouy de arets, comme on le sait ; mais ces guevourot seules, il est impossible de les supporter sans les Noms Havaya, et c'est pourquoi il dit « et ils se délecteront d'une abondance (rov) de paix (chalom) » — c'est-à-dire la majorité (rov) des lettres de chalom, qui sont CHLO, lesquelles font allusion à trois fois YBK, dont le compte est CHLO.
⚖️ Rosh (2)
נִקְטַם רֹאשׁוֹ לִכְאוֹרָה נִרְאֶה לְפָרֵשׁ בִּשְׁנֵי עָלִים הָאֶמְצָעִים הַיּוֹצְאִים מֵרֹאשׁ הַשִּׁדְרָה וְקָשֶׁה בַּגְּמָרָא דְּקָאָמַר רִיבָּ"ל נִיטְּלָה הַתְיוֹמַת פָּסוּל וְהֵן אוֹתָן שְׁנֵי עָלִין הָאֶמְצָעִים וְהָא אַפֵּי' בְּנִקְטַם פָּסוּל וכ"ש בְּנִיטְּלוּ לְגַמְרֵי וצ"ל דְּנִקְטַם רֹאשׁוֹ מַיְירֵי בְּנִקְטַם רֹאשׁ רֹוב הֶעָלִים וְרֹאשׁוֹ שֶׁל כָּל עָלֶה וְעָלֶה קָאָמַר וְהַלָּשׁוֹן דָּחוּק. וי"ל דְּנִיטְּלָה אִיצְטְרִיךְ רִיבָּ"ל לְאַשְׁמוֹעִינַן דסד"א דְּהָוֵי הָדַר יוֹתֵר מִנִּקְטַם א"נ בְּנִיטְּלָה אַחַת מִן הַתְיוֹמַת דִּבְנִקְטַם לָא מִיפַּסְלָא אֶלָּא בִּשְׁתֵּיהֶן. וְהָרָאָבָ"ד זַ"ל כָּתַב נִסְתַּפֵּק לִי אֵיזֶה הוּא רֹאשׁוֹ אִם הוּא הָעֶלְיוֹנִים אע"פ שֶׁלֹּא חָסֵר מִן הַשִּׁדְרָה כְּלוּם. אוֹ שֶׁמָּא לֹא נִקְרָא רֹאשׁוֹ אֶלָּא רֹאשׁ הַשִּׁדְרָה וְכֵן בַּהֲדַס וְכֵן בַּעֲרָבָה וְהֵבִיא הַיְּרוּשַׁלְמִי דְּגָרְסִי' בָּעֵי ר' אַבָּא בַּר מֶמֶל קַמֵּיהּ ר' אָבִין יָבְשָׁה צִיצִיתוֹ מַהוּ מַה בֵּין זֶה לְנִקְטַם זֶה הַדּוֹר וְזֶה אֵינוֹ הַדּוֹר פִּי' צִיצִיתוֹ הִיא הַתְיוֹמַת הָעֶלְיוֹנָה מִלְּשׁוֹן וַיָּצֵץ צִיץ וְהוּא הָעֶלְיוֹן כְּדִכְתִיב וַיֹּוצֵא פֶרַח וַיָּצֵץ צִיץ וּמִדְּקָאָמַר וְכִי מַה בֵּין זֶה לִקְטֹום אַלְמָא דְּאַפֵּי' כִּי הַאי פָּסוּל וְלָא בָּעֵי חִסָּרוֹן בַּשִּׁדְרָה וְכָתַב שֶׁיֵּשׁ נֻוסָּח שֶׁכָּתוּב בְּהוּ בָּעוּ קוֹמָא רַבִּי אָבִין יָבְשׁוּ הוּצִין מַהוּ עַל כָּל הַהוּצִין הוּא שׁוֹאֵל לְפִי שֶׁשָּׁנִינוּ בְּמִשְׁנָתֵינוּ לוּלָב הַיָּבֵשׁ פָּסוּל וְהַייְנוּ שֶׁיָּבַשׁ שִׁדְרָה שֶׁל לוּלָב אֲבָל יָבְשׁוּ עָלָיו לֹא שָׁמַעְנוּ וַעֲלֵיהֶם שָׁאַל וְהֵשִׁיבוּ וּמַה בֵּין זֶה לִקְטֹום כְּלוֹמַר נַחְשֹׁוב הוּצִין הַיְּבֵשִׁים כְּאִילּוּ הֵן קְטוּמֵין כֻּולָּם וְהֵשִׁיבוּ לוֹ זֶה הָדוּר וְכוּ' כְּלוֹמַר אע"פ שֶׁהוּא יָבֵשׁ הַדּוֹר הוּא אֲבָל כְּשֶׁהוּא קָטוּם כֻּולּוֹ וְנִשְׁאֲרָה הַשִּׁדְרָה עֲרוּמָה אֵינָהּ הָדוּר וּלְגִירְסָא זֶה נִסְתַּפֵּק עֲדַייִן בְּנִקְטַם רֹאשׁוֹ אִם הוּא מִן הַתְיוֹמַת לְבַדָּהּ אוֹ שֶׁיֶּחְסַר עִמָּהּ מִן הַשִּׁדְרָה. וּפָשַׁט לֵיהּ מִדְּתָנֵי עֻולָּא דַּף לג. בַּהֲדַס נִקְטַם רֹאשׁוֹ וְעָלְתָה בּוֹ תְּמָרָה כְּשֵׁרָה אַלְמָא רֹאשׁוֹ דְּקָאָמַר בְּגוּף הַהֲדַס קָאָמַר שֶׁאִם בִּנְשִׁירַת הֶעָלִין הָעֶלְיוֹנִים בִּלְחוּד קָאָמַר הל"ל נִקְטַם רֹאשׁוֹ וְעָלָה בּוֹ עָלִין כָּשֵׁר אֶלָּא ש"מ אֵין הַפָּסוּל בְּעָלִין אֶלָּא בְּרֹאשׁ הַבַּד עַצְמוֹ וּמִשּׁוּם הָכֵי צָרִיךְ שֶׁיַּעֲלֶה בּוֹ תְּמָרָה לְהַשְׁלִים חֶסְרוֹן הַבַּד וְעוֹד דְּאָמְרִינַן דַּף לֹא. לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נִקְטַם אֲבָל נִסְדַּק כָּשֵׁר. וְהַאי וַדַּאי עַל שִׁדְרָה עַצְמָהּ קָאָמַר כִּדְמוֹכַח סֻוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין וְהַלָּשׁוֹן עַצְמוֹ כָּךְ הוּא מוֹכִיחַ כִּי הַשִּׁדְרָה הִיא הַנִּקְרֵאת לוּלָב וְהַהוּצִין נִקְרָאִין עָלִין אוֹ הוּצִין וּכְשֶׁאָמְרוּ נִקְטַם רֹאשׁוֹ עַל הַלּוּלָב אָמְרוּ וְהִיא רֹאשׁ הַשִּׁדְרָה שֶׁהִיא לוּלָב. יְבֵשׁוּת הֶעָלִין אֵינוֹ מֻוזְכָּר לֹא בַּמִּשְׁנָיוֹת וְלֹא בגמ' וְיֵשׁ לִלְמֹוד מִן הַיְּרוּשַׁלְמִי מִמַּה שֶׁשָּׁאֲלוּ מֵרַבִּי אָבִין יָבְשׁוּ הוּצִין וְהָיוּ סִבּוּרִין לְדַמּוֹתוֹ לִקְטוּמָה וְהֵשִׁיב לָהֶם שֶׁאֵין דּוֹמֶה לִקְטֹום שֶׁהַקָּטוּם אֵינוֹ הַדּוֹר וְהַיָּבֵשׁ הָדוּר. וּמִסְתַּבְּרָא וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא הַתְיוֹמַת הָעֶלְיוֹנָה לַחָה וְכֵן אָמְרוּ בַּהֲדַס יָבְשׁוּ עָלָיו וְנִשְׁתַּיְּירוּ בּוֹ שְׁלֹשָׁה בַּדֵּי עָלִין לַחִין כָּשֵׁר וְאָמַר רַב חִסְדָּא וּבְרֹאשׁ כָּל אֶחָד וְאֶחָד ע"כ. מַה שֶׁדִּימָּה יַחַד הֲדַס לוּלָב וְהָעֲרָבָה י"ל שֶׁלֹּא לְדַמּוֹתָם דְּלוּלָב לְעוֹלָם הֶעָלִין עוֹלִין לְמַעְלָה וְיוֹצְאִין מֵרֹאשׁ הַשִּׁדְרָה הִלְכָּךְ רֹאשׁ הֶעָלִין נִקְרָאִין רֹאשׁוֹ אֲבָל הֲדַס וְהָעֲרָבָה אֵין הֶעָלִין הָעֶלְיוֹנִים יוֹצְאִים מֵרֹאשׁ הַבַּד אֶלָּא לִפְעָמִים רֹאשׁ הַבַּד הוּא חָלָק הִלְכָּךְ רֹאשׁ דִּידְהוּ הוּא רֹאשׁ הַבַּד וְלֹא רֹאשׁ הֶעָלִין וְאַפֵּי' אִם עָלָה יוֹצֵא מֵרֹאשׁ הַבַּד לָא מִיקְּרֵי נִקְטַם עַד שֶׁיִּקְטֹם רֹאשׁ הַבַּד וּמַה שֶׁכָּתַב דְּסֻוגְיָא דִּשְׁמַעְתִּין מוּכָח מִלְּתָא דְּעַל שִׁדְרָה קָאָמַר לָא יָדַעְנָא הוֹכָחָה זוֹ דְּכָל חַד וְחַד הוּא כִּדְאִיתָא סָדוּק הוּא בְּרֹאשׁ הַלּוּלָב וְאֵינוֹ בְּגוּף הַלּוּלָב וּמַה שֶׁכָּתַב שֶׁהַשִּׁדְרָה נִקְרֵאת לוּלָב וְלֹא הֶעָלִין בגמ' לָא מוֹכְחָא כֵּן מִדְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל שֶׁיְּהֵא לוּלָב יוֹצֵא מִן הַהֲדַס טֶפַח וְקָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן שִׁדְרוֹ שֶׁל לוּלָב צָרִיךְ שֶׁיּוֹצֵא מִן הַהֲדַס טֶפַח אַלְמָא לוּלָב סְתָם דְּקָאָמַר שְׁמוּאֵל הַיְינוּ עָלִין וְכֵיוָן שֶׁאִם נִפְרְצוּ רֹוב עָלִין דַּעֲבִידִי כְּחֻופְיָא פָּסוּל כ"ש בְּיָבְשׁוּ רֹוב עָלִין:
« Sa tête a été tronquée. » À première vue il paraît qu'il faille l'expliquer des deux feuilles centrales qui sortent de la tête de la chidra (l'échine) ; mais c'est difficile, car dans la guemara Rabbi Yehochoua ben Levi dit : si la tiyomet a été enlevée — passoul ; or ce sont ces deux feuilles centrales. Et si même lorsqu'elle est tronquée il est passoul, a fortiori lorsqu'elles ont été enlevées tout à fait ! Il faut donc dire que « sa tête a été tronquée » parle du cas où la tête de la majorité des feuilles a été tronquée — c'est de la tête de chaque feuille, une à une, qu'il parle — mais la formulation est forcée. Et l'on peut répondre que « enlevée » — Rabbi Yehochoua ben Levi avait besoin de nous l'enseigner, car on aurait pu penser que cela est plus hadar que « tronqué » ; ou bien il s'agit du cas où l'une des deux feuilles de la tiyomet a été enlevée, alors que pour « tronqué » il n'est passoul que si les deux le sont. — Et le Raavad, de mémoire bénie, a écrit : j'ai un doute sur ce qu'est « sa tête ». Est-ce les feuilles supérieures, même s'il ne manque rien de la chidra ? ou bien « sa tête » ne désigne-t-il que la tête de la chidra — et de même pour le hadas, et de même pour la arava ? Et il a rapporté le Yerouchalmi, où nous lisons : Rabbi Abba bar Mamal demanda devant Rabbi Abin : sa tsitsit s'est desséchée, quelle est la règle ? — Quelle différence y a-t-il entre ceci et le tronqué ? Celui-ci est hadar et celui-là n'est pas hadar. Explication : sa « tsitsit » est la tiyomet supérieure, du langage « et il fit fleurir une fleur (va-yatsets tsits) », et c'est la partie supérieure, comme il est écrit « il produisit un bourgeon et fit fleurir une fleur ». Et du fait qu'il dise « et quelle différence y a-t-il entre ceci et le tronqué », il ressort que même un tel cas est passoul, et qu'il n'est pas requis qu'il manque quelque chose à la chidra. Et il a écrit qu'il existe une version où il est écrit : ils demandèrent devant Rabbi Abin : les hotsin (les folioles) se sont desséchées, quelle est la règle ? — C'est sur l'ensemble des hotsin qu'il interroge, car nous avons appris dans notre michna « un loulav desséché est passoul », c'est-à-dire que la chidra du loulav s'est desséchée ; mais si ses feuilles se sont desséchées, nous ne l'avons pas entendu — et c'est là-dessus qu'il a interrogé. Et on lui répondit : quelle différence entre ceci et le tronqué ? — c'est-à-dire : tenons les hotsin desséchées comme si elles étaient toutes tronquées. Et on lui répondit : celui-ci est hadar, etc. — c'est-à-dire : même desséché, il est hadar ; mais lorsqu'il est tronqué en entier et que la chidra reste nue, ce n'est pas hadar. Et selon cette version, le doute demeure sur « sa tête a été tronquée » : s'agit-il de la tiyomet seule, ou faut-il qu'avec elle il manque quelque chose de la chidra ? Et il l'a tranché à partir de ce qu'enseigne Oulla (f. 33a) au sujet du hadas : « sa tête a été tronquée et il y a poussé une tamra (une baie) — kacher » ; il ressort que la « tête » dont il parle vise le corps même du hadas, car s'il parlait de la seule chute des feuilles supérieures, il aurait dû dire « sa tête a été tronquée et il y a poussé des feuilles — kacher ». Il faut donc en conclure que l'invalidation ne porte pas sur les feuilles, mais sur la tête de la branche elle-même ; et c'est pourquoi il faut qu'il y pousse une tamra, pour combler le manque de la branche. En outre nous disons (f. 31a) : « on n'a enseigné cela que pour tronqué, mais fendu est kacher » — et cela vise assurément la chidra elle-même, comme le prouve la sougya d'ici ; et la langue elle-même le prouve, car c'est la chidra qui s'appelle « loulav », tandis que les hotsin s'appellent « feuilles » ou « hotsin » ; et lorsqu'ils ont dit « sa tête a été tronquée », c'est du loulav qu'ils ont parlé, à savoir la tête de la chidra, qui est le loulav. — Le dessèchement des feuilles n'est mentionné ni dans les michnayot ni dans la guemara, et l'on peut l'apprendre du Yerouchalmi, de ce qu'ils demandèrent à Rabbi Abin : les hotsin se sont desséchées — et ils pensaient l'assimiler au tronqué, et il leur répondit que ce n'est pas semblable au tronqué, car le tronqué n'est pas hadar tandis que le desséché est hadar. Et il est logique [de l'admettre] à condition que la tiyomet supérieure soit fraîche ; et de même ont-ils dit du hadas : ses feuilles se sont desséchées et il lui est resté trois rameaux de feuilles fraîches — kacher ; et Rav Hisda a dit : et à la tête de chacun d'eux. Fin de citation. — Quant à ce qu'il a assimilé l'un à l'autre le hadas, le loulav et la arava, on peut dire qu'il ne faut pas les assimiler : car pour le loulav les feuilles montent toujours vers le haut et sortent de la tête de la chidra, si bien que la tête des feuilles s'appelle « sa tête » ; mais pour le hadas et la arava, les feuilles supérieures ne sortent pas de la tête de la branche — parfois même la tête de la branche est nue — c'est pourquoi leur « tête » est la tête de la branche et non la tête des feuilles ; et même si une feuille sort de la tête de la branche, on n'appelle pas cela « tronqué » tant que la tête de la branche elle-même n'a pas été tronquée. Et quant à ce qu'il a écrit que la sougya d'ici prouve qu'il s'agit de la chidra — je ne connais pas cette preuve, car chacun des cas est tel qu'il est : le fendu se trouve à la tête du loulav et non dans le corps du loulav. Et quant à ce qu'il a écrit que c'est la chidra qui s'appelle loulav, et non les feuilles — la guemara ne le prouve pas ainsi, puisque Chemouel dit « que le loulav dépasse le hadas d'un tefah », tandis que Rabbi Yo'hanan dit « la chidra du loulav doit dépasser le hadas d'un tefah » : il ressort que le « loulav » sans précision dont parle Chemouel désigne les feuilles. Et puisque, si la majorité des feuilles a été arrachée au point d'être fait comme un houfia (un balai), il est passoul — a fortiori si la majorité des feuilles s'est desséchée.
נִקְטַם רֹאשׁוֹ. אָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נִקְטַם אֲבָל נִסְדַּק כָּשֵׁר וְאִי נִסְדַּק וַעֲבִיד כִּי הֶמְנֵק פָּסוּל וְהוּא כְּלִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁנֵי רָאשִׁין וְזֶהוּ צוּרָתוֹ. תַּנְיָא לוּלָב כָּפוּף קָווּץ סָדוּק עָקֹום דָּמֵי לְמַגָּל פָּסוּל חָרוּת פָּסוּל דָּמֵי לְחֵרוּת כָּשֵׁר קָווּץ פרש"י בַּשִּׁדְרָה שֶׁלּוֹ יוֹצְאִין עוֹקְצִים כְּמִין קוֹצִים. וּבֶעָרוּךְ בְּעֵרֶךְ קָווּץ פִּי' שֶׁנִּצְמַח וְנִכְוַוץ וְיֵשׁ בּוֹ כְּעֵין קְמָטִין. עָקֹום דּוֹמֶה לְמַגָּל. אָמַר רָבָא לָא אֲמַרַן אֶלָּא לְפָנָיו אֲבָל לְאַחֲרָיו בִּרְיָיתֵיהּ הוּא וְכָשֵׁר אָמַר רַב פָּפָּא וְלִצְדָדִין כִּלְפָנָיו דָּמֵי וְאָמְרִי לַהּ כִּלְאַחֲרָיו דָּמֵי הִלְכָּךְ עָבְדִינַן לְחוּמְרָא וְכִלְפָנָיו דָּמֵי וּפָסוּל:
« Sa tête a été tronquée. » Rav a dit : on n'a enseigné cela que pour « tronqué », mais « fendu » est kacher ; et s'il est fendu au point d'être fait comme un himnak — passoul ; c'est un ustensile qui a deux têtes, et voici sa forme. On a enseigné : un loulav courbe, kavouts, fendu, tordu au point de ressembler à une faucille — passoul ; [dur comme] du harout — passoul ; ressemblant à du harout — kacher. « Kavouts » : Rachi explique que de sa chidra sortent des pointes en forme d'épines ; et le Aroukh, à l'entrée kavouts, explique qu'il a poussé puis s'est ratatiné et qu'il présente comme des plis. « Tordu, ressemblant à une faucille » : Rava a dit, nous n'avons dit cela que [pour une courbure] vers l'avant, mais vers l'arrière c'est sa formation naturelle et il est kacher. Rav Papa a dit : sur les côtés — certains disent que c'est comme vers l'avant, d'autres disent que c'est comme vers l'arrière ; c'est pourquoi nous agissons rigoureusement : c'est comme vers l'avant, et il est passoul.
💡 Explication

Rav construit ici une quatrième liste de quatre, exactement parallèle aux trois de 29a, mais avec un objet propre : non plus le soleil ou les luminaires, mais l'argent. Les deux premiers items sont le même délit à deux degrés, et Rachi les sépare d'un trait : le kovech ne refuse pas, il diffère — « va et reviens » ; le ochek, lui, vole purement et simplement. Le premier est le patron qui a toujours une bonne raison ; le second est le voleur. La michna les met sur le même rang.

Le troisième item change de registre : rejeter le joug — l'impôt, la charge communautaire — et le poser sur autrui. Ce n'est pas seulement se soustraire : c'est déplacer le poids. Puis vient le quatrième, la gassout harouah, dont Rav dit qu'elle vaut à elle seule autant que les trois autres. Rachi en donne la définition exacte : non pas l'orgueil en général, mais le fait de dominer ses frères à cause de sa richesse — c'est-à-dire la racine commune des trois premiers.

Deux lectures du mot timyon se répondent. Rachi refuse d'y voir un impôt ou une confiscation : les biens « se bouchent et s'épuisent d'eux-mêmes ». Le Ben Yehoyada y voit un jeu de lettres : matmonim (les trésors) s'ouvre par un mem ouvert — le récipient qui reçoit — et se ferme par un mem final — le récipient qui garde ; ôtez les deux récipients, il ne reste que les lettres de timyon. Même intuition dans les deux cas : la richesse ne disparaît pas, ce sont ses contenants qui cèdent. Le verset final inverse le tableau — là où l'orgueil fait perdre la terre, l'anava la fait hériter.

🖼️ Schéma
Les quatre causes de Rav -- et pourquoi la quatrième les vaut toutes kovchei sekhar sakhir retenir le salaire Rachi : il le repousse par va et reviens ochkei sekhar sakhir spolier le salaire Rachi : entièrement -- il vole son salaire porkin ol rejeter le joug de sa nuque et le poser sur celle de ses compagnons gassout harouah l'orgueil du riche Rachi : ils dominent leurs frères à cause de leur richesse nikhsei baalei batim yotsin le-timyon les biens des maîtres de maison s'en vont au trésor -- ou à la perdition Rachi lit timyon comme une disparition, non un impôt chenitammin ve-khalim me-aleihem : les biens se bouchent et s'épuisent d'eux-mêmes. Personne ne vient les prendre. Le châtiment n'est pas une saisie : c'est une évaporation. Le Ben Yehoyada : timyon est ce qui reste de matmonim matmonim commence par un mem ouvert -- qui reçoit le chefa -- et finit par un mem fermé -- qui le garde au-dedans. Ôtez les deux récipients : il ne reste que les lettres de timyon. Le contrepoids : ve-anavim yirchou arets Rav ne se contente pas d'une liste de fautes : il oppose terme à terme. La gassout harouah fait perdre la terre, l'anava la fait hériter. Ben Yehoyada : la terre tient par les guevourot du Nom Elokim -- le milouy de haarets vaut 435, cinq fois Elokim avec leur racine. Ces guevourot sont invivables seules : rov chalom, la majorité des lettres de chalom, donne CHLO 336 -- trois fois YBK, l'adoucissement.
Les quatre causes de Rav, la lecture de timyon par Rachi et par le Ben Yehoyada, et le verset des anavim qui renverse la liste.
3
הַדְרָן עֲלָךְ הַיָּשֵׁן

Hadran alakh haYachen — « Nous reviendrons vers toi, Celui qui dort ».

💡 Explication

Formule de clôture du deuxième perek de Souka, haYachen tahat hamita. Littéralement : « nous sommes revenus vers toi » — ou, selon la lecture reçue, une promesse de revenir, de ne pas quitter ce chapitre pour de bon.

Ce qui s'achève ici, c'est tout le dossier de l'habitation dans la souka : dormir, manger, les dispenses, la pluie, les malades et leurs serviteurs. Ce qui s'ouvre au segment suivant est d'une tout autre nature — non plus un lieu où l'on vit, mais un objet que l'on prend en main. Le perek Loulav haGazoul commence.

4
לוּלָב הַגָּזוּל וְהַיָּבֵשׁ — פָּסוּל. שֶׁל אֲשֵׁירָה וְשֶׁל עִיר הַנִּדַּחַת — פָּסוּל. נִקְטַם רֹאשׁוֹ, נִפְרְצוּ עָלָיו — פָּסוּל. נִפְרְדוּ עָלָיו — כָּשֵׁר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יַאַגְדֶנּוּ מִלְמַעְלָה. צִינֵּי הַר הַבַּרְזֶל — כְּשֵׁירוֹת. לוּלָב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ — כָּשֵׁר.

MICHNA. Un loulav volé ou desséché — passoul (invalide).

Celui d'une acheira (arbre voué à l'idolâtrie) ou d'une ir hanidahat (ville entraînée à l'idolâtrie) — passoul. Si sa tête a été tronquée, si ses feuilles ont été arrachées — passoul.

Si ses feuilles se sont écartées — kacher. Rabbi Yehouda dit : il les liera par le haut.

Les palmes (tsinei) du Har haBarzel — kacheres. Un loulav qui a trois tefahim, de quoi l'agiter — kacher.

📜 Rachi (12)
מַתְנֵי' לוּלָב הַגָּזוּל לוּלָב כַּף שֶׁל תְּמָרִים וַהֲדַר תָּנֵי הֲדַס וַעֲרָבָה בְּאַפֵּי נַפְשַׁיְיהוּ:
— MICHNA. Le loulav est la palme (kaf) du dattier ; et [la michna] enseigne ensuite le hadas et la arava chacun à part.
גָּזוּל פָּסוּל וּלְקַחְתֶּם לָכֶם כְּתִיב מִשֶּׁלָּכֶם:
— [volé] : passoul, car il est écrit « et vous prendrez POUR VOUS » — du vôtre.
יָבֵשׁ דְּבָעֵינַן מִצְוָה מְהֻודֶּרֶת דִּכְתִיב (שְׁמוֹת טו) וְאַנְוֵהוּ:
— [desséché] : car nous exigeons une mitsva embellie, ainsi qu'il est écrit (Chemot 15,2) « et je L'embellirai ».
שֶׁל אֲשֵׁירָה אִילָן שֶׁעוֹבְדִין אוֹתוֹ ע"ז וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
— [d'une acheira] : un arbre que l'on adore comme avoda zara ; et dans la guemara il en explique la raison.
וְשֶׁל עִיר הַנִּדַּחַת מִשּׁוּם דְּלִשְׂרֵפָה קָאֵי דִּכְתִיב (דְּבָרִים יג) וְאֶת כָּל שְׁלָלָהּ תִּקְבֹּוץ וְלוּלָב בָּעֵי שִׁיעוּר ד' טְפָחִים כְּדִלְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לב:) וְכֵיוָן דְּהַאי לִשְׂרֵפָה קָאֵי אֵין שִׁיעוּרוֹ קַייָּם דִּכְשָׂרוּף דָּמֵי:
— [et d'une ir hanidahat] : parce qu'il est voué au feu, ainsi qu'il est écrit (Devarim 13,17) « et tu rassembleras tout son butin » ; or le loulav requiert une mesure de quatre tefahim, comme plus loin (Souka 32b) ; et puisque celui-ci est voué au feu, sa mesure n'est pas tenue pour existante, car il est comme brûlé.
נִקְטַם רֹאשׁוֹ פָּסוּל דְּלָא הָוֵי הָדַר:
— [sa tête a été tronquée] : passoul, car ce n'est pas hadar.
נִפְרְצוּ עָלָיו מִשִּׁדְרָה וְאֵינָם מְחֻובָּרִין אֶלָּא עַל יְדֵי אֲגֻודָּה כִּי חֻופְיָא שֶׁקּוֹרִין אשקוב"א לָאו הֲדַר הוּא:
— [ses feuilles ont été arrachées] : de la chidra (l'échine), et elles ne tiennent plus que par le lien, comme un houfia — que l'on appelle escova (un balai) — ce n'est pas hadar.
נִפְרְדוּ עָלָיו מְחֻובָּרִין הֵן בַּשִּׁדְרָה אֶלָּא שֶׁלְּמַעְלָה הֵן נִפְרָדִין לְכָאן וּלְכָאן כְּעַנְפֵי אִילָן:
— [ses feuilles se sont écartées] : elles sont attachées à la chidra, mais en haut elles s'écartent de part et d'autre, comme les branches d'un arbre.
יַאַגְדֶנּוּ מִלְמַעְלָה אִם נִפְרְדוּ עָלָיו יַאַגְדֵם שֶׁיְּהוּ עוֹלִין עִם הַשִּׁדְרָה כִּשְׁאָר לוּלָבִין:
— [il les liera par le haut] : si ses feuilles se sont écartées, il les liera afin qu'elles montent avec la chidra, comme les autres loulavim.
צִינֵּי הַר הַבַּרְזֶל מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא צִינֵּי דְּקָלִים:
— [les tsinei du Har haBarzel] : il l'explique dans la guemara — les tsinei des palmiers.
כְּשֵׁרוֹת לוּלָבִין שֶׁלָּהֶן ואע"פ שֶׁעָלִין שֶׁלָּהֶן קְטַנִּים מְאֹד וְאֵין עוֹלִין עִם אָרְכָּהּ שֶׁל שִׁדְרָה:
— [kacheres] : leurs loulavim [sont kachers], bien que leurs feuilles soient très petites et ne montent pas sur toute la longueur de la chidra.
כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא שְׁלֹשָׁה טְפָחִים תְּהֵא הַשִּׁדְרָה כְּנֶגֶד אָורְכוֹ שֶׁל הֲדַס וְטֶפַח יוֹתֵר כְּדֵי לְנַעְנֵעַ דְּבָעֵינַן נִעְנוּעַ כְּדִלְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לז:) מַעֲלֶה וּמוֹרִיד מוֹלִיךְ וּמֵבִיא לַעֲצֹור רוּחוֹת רָעוֹת וּטְלָלִים רָעִים:
— [de quoi l'agiter] : il l'explique dans la guemara — que la chidra ait trois tefahim, correspondant à la longueur du hadas, et un tefah de plus pour l'agiter ; car nous exigeons le naanoua, comme plus loin (Souka 37b) : lever et baisser, avancer et ramener, pour arrêter les vents mauvais et les rosées mauvaises.
🗂️ Tossefot (3)
מַתְנֵי' לוּלָב יָבֵשׁ פָּסוּל. וּמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא מִשּׁוּם דְּאִיתַּקַּשׁ לוּלָב לְאֶתְרוֹג דִּכְתִיב בֵּיהּ הָדָר וְלֹא כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ הַקּוּנְטְרֵס מִשּׁוּם דִּכְתִיב (שְׁמוֹת ט״ו:ב׳) זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ דְּאֵין וְאַנְוֵהוּ אֶלָּא לְכַתְּחִלָּה וְלָא מִיפְסָל בְּהָכִי כִּדְמוֹכַח פ"ק (לְעֵיל סֻוכָּה דַּף יא:) דְּאָמְרִי רַבָּנַן לוּלָב מִצְוָה לְאָוגְדוֹ מִשּׁוּם שְׁנָא' זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ לֹא אֲגָדוֹ כָּשֵׁר וְהַאי יָבֵשׁ דְּהָכָא אֵין לְפָרֵשׁ כְּמוֹ יָבֵשׁ דְּפֶרֶק אֵין מַעֲמִידִין (ע"ז דַּף כט:) דִּתְנַן הַחַרְצַנִּים שֶׁל נָכְרִים יְבֵשִׁים מֻותָּרִים וּמְפָרֵשׁ בגמ' יְבֵשִׁים לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ דְּהָא אָמְרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לג.) גַּבֵּי הֲדַס יָבֵשׁ יָבְשׁוּ רֹוב עָלָיו וְנִשְׁתַּייֵּר שָׁם שְׁלֹשָׁה בַּדֵּי עָלִין לַחִין כְּשֵׁירִין אַלְמָא אֵין הַיְּבֵשׁוּת תָּלוּי בִּשְׁנַיִם עָשָׂר חֹדֶשׁ אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר יְבֵשׁוּת דְּהָכָא כְּמוֹ יְבֵשׁוּת אֹזֶן בְּכוֹר דִּתְנַן בְּפֶרֶק עַל אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף לז.) רַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשֻׁולָּם אוֹמֵר יְבֵשָׁה עַד שֶׁתְּהֵא נִפְרֶכֶת בַּצִּפֹּורֶן:
MICHNA. « Un loulav desséché est passoul. » Et la guemara explique que c'est parce que le loulav est rattaché par hekech (rapprochement scripturaire) à l'etrog, dont il est écrit HADAR — et non comme l'a expliqué le Kountres (Rachi), à cause de ce qui est écrit (Chemot 15,2) « celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai » ; car « je L'embellirai » ne vaut qu'a priori et l'on n'invalide pas par cela, comme le prouve le premier chapitre (ci-dessus Souka 11b), où les Sages disent : le loulav, c'est une mitsva de le lier, parce qu'il est dit « celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai » — [mais] s'il ne l'a pas lié, kacher. Et ce « desséché » d'ici, on ne peut l'expliquer comme le « desséché » du chapitre Ein Maamidin (Avoda Zara 29b), où l'on a enseigné : les pépins de raisin des non-Juifs, lorsqu'ils sont secs, sont permis — et la guemara explique : secs, c'est-à-dire après douze mois ; car nous disons plus loin (Souka 33a) au sujet du hadas desséché : si la majorité de ses feuilles s'est desséchée et qu'il lui est resté la trois rameaux de feuilles fraîches, il est kacher — ce qui montre que le dessèchement ne dépend pas de douze mois. Il faut donc dire que le dessèchement d'ici est comme le dessèchement de l'oreille d'un premier-né, comme on l'a enseigné au chapitre Al Elou Moumin (Bekhorot 37a) : Rabbi Yossi ben haMechoulam dit : desséchée — au point qu'elle s'effrite sous l'ongle.
נִקְטַם רֹאשׁוֹ. לִכְאוֹרָה מַייְרֵי בִּשְׁנֵי עָלִין הָאֶמְצָעִיִּים הַיּוֹצְאִין מֵרֹאשׁ הַשִּׁדְרָה אֲבָל קַשְׁיָא דְּבַגְּמָרָא (דַּף לב.) קָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי נִיטְּלָה הַתְּיוֹמֶת פָּסוּל וְהֵן אוֹתָן הֶעָלִין הָאֶמְצָעִיִּים וְהָא אֲפִילּוּ בְּנִקְטַם רֹאשׁוֹ פָּסוּל כָּל שֶׁכֵּן נְטָלוֹ לְגַמְרֵי וְצָרִיךְ לוֹמַר דְּנִקְטַם רֹאשׁוֹ מַיְירֵי בְּרוֹב הֶעָלִין הָעֶלְיוֹנִים אִי נָמֵי אִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לְאַשְׁמוֹעִינַן נִיטְּלָה דְּסָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דַּחֲשִׁיב הָדַר טְפֵי מִנִּקְטַם אִי נָמֵי נִיטְּלָה אַחַת מִן הַתְיוֹמַת דִּבְנִקְטַם לָא מִיפַּסְלָה אא"כ נִקְטְמוּ שְׁתֵּיהֶן:
« Sa tête a été tronquée. » À première vue il s'agit des deux feuilles centrales qui sortent de la tête de la chidra ; mais c'est difficile, car dans la guemara (f. 32a) Rabbi Yehochoua ben Levi dit : si la tiyomet a été enlevée — passoul ; or ce sont ces feuilles centrales. Et si même lorsque sa tête a été tronquée il est passoul, a fortiori s'il l'a enlevée tout à fait ! Il faut donc dire que « sa tête a été tronquée » vise la majorité des feuilles supérieures. Ou bien : Rabbi Yehochoua ben Levi avait besoin de nous enseigner « enlevée », car on aurait pu penser que c'est plus hadar que « tronqué ». Ou encore : « enlevée » vise le cas où l'une des deux feuilles de la tiyomet a été enlevée, alors que pour « tronqué » il n'est passoul que si les deux ont été tronquées.
נִפְרְצוּ עָלָיו. בְּרוֹב עָלִין אַייְרֵי כִּדְתַנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא (פ"ב) וּפִי' בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁנִּפְרְצוּ מִן הַשִּׁדְרָה שֶׁלּוֹ וְאֵינָן מְחֻובָּרִין אֶלָּא עַל יְדֵי אֲגֻודָּה מַשְׁמַע שֶׁרוֹצֶה לוֹמַר שֶׁנִּתְלְשׁוּ לְגַמְרֵי מִן הַשִּׁדְרָה וְלֹא מַשְׁמַע כֵּן בגמ' דְּאָמְרִינַן נִפְרְצוּ דְּעָבֵיד כִּי חֻופְיָא וְהֶעָלִין שֶׁנִּתְלְשׁוּ מִן הַשִּׁדְרָה הוּצֵי מִיקְּרוּ כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא (דַּף לז:) אָמַר רַבָּה לָא (לִיגּוֹד) אִינִישׁ לוּלִיבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא דְּמִשְׁתַּייְּרִי הוּצֵי וְהָוֵי חֲצִיצָה כְּלוֹמַר אִם אָרֹוךְ הוּא יוֹתֵר מִדַּאי מִן הָעֲרָבָה וּבָא לִקְצֹץ מִתַּחַת לֹא יִקְצֹץ בְּעוֹדוֹ בְּאִגּוּדוֹ דְּמִשְׁתַּיְּירִי עֲלֵי הַלּוּלָב כְּשֶׁנִּתְלַשׁ מִן הַשִּׁדְרָה עַל יְדֵי הַקְּצִיצָה וּמִן הַהוּצִין עוֹשִׂין חֻופְיָא כִּדְאָמְרִינַן בְּהַגּוֹזֵל קַמָּא (בּ"ק דַּף צו.) הַאי מַאן דִּגְזַל לוּלִיבָּא מֵחַבְרֵיהּ וְעַבְדִינְהוּ הוּצֵי קָנֵי מֵעִיקָּרָא לוּלִיבָּא וְהַשְׁתָּא הוּצֵי הוּצֵי וְעַבְדִינְהוּ חֻופְיָא קָנֵי מֵעִיקָּרָא הוּצֵי וְהַשְׁתָּא חֻופְיָא וְהַייְנוּ שֶׁחָלַק כָּל עָלֶה וְעָלֶה לִשְׁנַיִם לְפִי שֶׁכָּל עֲלֵי הַלּוּלָב כְּפוּלִים וְעָמַד וְחָלַק אוֹתָם שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ לַעֲשׂוֹת חֻופְיָא:
« Ses feuilles ont été arrachées. » Il s'agit de la majorité des feuilles, comme il est enseigné dans la Tossefta (ch. 2). Et le Kountres (Rachi) a expliqué : qu'elles ont été arrachées de sa chidra et ne tiennent plus que par le lien — ce qui laisse entendre qu'il veut dire qu'elles ont été entièrement détachées de la chidra. Mais ce n'est pas ce qui ressort de la guemara, où nous disons : « nifretsou », c'est qu'il est fait comme un houfia (un balai) ; or les feuilles qui ont été détachées de la chidra s'appellent hotsin, comme nous disons dans la guemara (f. 37b) : Rabba a dit, qu'un homme ne coupe pas le loulav dans le hochaana, car il en resterait des hotsin et il y aurait hatsitsa (interposition) — c'est-à-dire : s'il est trop long par rapport à la arava et qu'il vient à le couper par le bas, qu'il ne le coupe pas tant qu'il est dans son lien, car il resterait des feuilles du loulav détachées de la chidra par la coupe. Et des hotsin on fait un houfia, comme nous disons au chapitre haGozel Kama (Baba Kama 96a) : celui qui a volé un loulav à son prochain et en a fait des hotsin — il l'a acquis, car au départ c'était un loulav et maintenant ce sont des hotsin ; [s'il a volé] des hotsin et en a fait un houfia — il les a acquis, car au départ c'étaient des hotsin et maintenant c'est un houfia. Et cela veut dire qu'il a fendu chaque feuille en deux — car toutes les feuilles du loulav sont pliées en double — et qu'il s'est mis à les fendre, puisque c'est ainsi que l'on fait un houfia.
⚖️ Rosh (2)
לוּלָב הַגָּזוּל וְהַיָּבֵשׁ פָּסוּל שֶׁל אֲשֵׁירָה וְשֶׁל עִיר הַנִּדַּחַת פָּסוּל נִקְטַם רֹאשׁוֹ נִפְרְצוּ עָלָיו פָּסוּל נִפְרְדוּ עָלָיו כָּשֵׁר ר' יְהוּדָה אוֹמֵר יְאַגְּדֵן מִלְמַעְלָה צִינֵי הַר הַבַּרְזֶל כְּשֵׁרוֹת לוּלָב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ כָּשֵׁר. וְהַיָּבֵשׁ פָּסוּל אֵין לְפָרֵשׁ הַיָּבֵשׁ כְּמוֹ יָבֵשׁ דְּפֶ' אֵין מַעֲמִידִין (עֲבוֹדָה זָרָה דַּף כט:) דִּתְנַן הַחַרְצַנִּים שֶׁל נָכְרִים יְבֵשִׁים מֻותָּרִים וּמְפָרֵשׁ הָתָם דַּף לד. יְבֵשִׁים לְאַחַר י"ב חֹדֶשׁ דְּהָא אָמְרִינַן גַּבֵּי הֲדַס הַיָּבֵשׁ יָבְשׁוּ עָלָיו וְנִשְׁתַּייְּרוּ בּוֹ שְׁלֹשָׁה בַּדֵּי עָלִין לַחִים כָּשֵׁר אַלְמָא דְּאֵין הַיְבֵשׁוּת תָּלוּי בִּזְמַן אֶלָּא יָבֵשׁ דְּהָכָא יֵשׁ לְפָרֵשׁ כְּמוֹ יָבֵשׁ דְּאֹזֶן בְּכוֹר דְּפֶרֶק אֵלּוּ מוּמִין דַּף כט. דִּתְנַן רַבִּי יוֹסֵי בֶּן מְשֻׁולָּם אוֹמֵר יְבֵישָׁה כְּדֵי שֶׁתְּהֵא נִפְרֶכֶת בְּצִפֹּורֶן והר"ז הַלֵּוִי זַ"ל כָּתַב דְּאֵין נוֹפֵל לְשׁוֹן פְּרִיכָה אֶלָּא בָּאֳוכָלִין כִּדְקָאָמַר בִּירָקוֹת לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף יג:) דִּלְכִי יָבְשִׁי מִיפַּרְכִי וּמִסְתַּבֵּר מִשֶּׁיָּצְאוּ מִכְּלָל כְּמוּשִׁים וְעָבַר הַלַּחְלוּחִית נִקְרָא יָבֵשׁ. וְהָרָאָבָ"ד זַ"ל חִילֵּק בִּיבֵשׁוֹת לְפִי הַמִּינִים וְגַבֵּי לוּלָב כָּתַב הַדָּבָר יָדוּעַ דַּאֲפִילּוּ אַחַר כַּמָּה שָׁנִים אֵינוֹ נִפְרָךְ וְאֵינוֹ עוֹמֵד עַל יְבֵשׁוּתוֹ בִּפְרִיכָה וּשְׁבִירָה אֶלָּא שֶׁסִּימָן הַנָּכוֹן וְהַיָּשָׁר בְּמִינֵי עֵצִים וְהוּא הַמַּרְאֶה שֶׁלָּהֶם כִּי כָּל זְמַן שֶׁיְּהֵא עֲלֵיהֶן מַרְאֶה יְרָקוֹת הוּא סִימָן הַלַּחוּת אוֹ הַכְּמִישׁוֹת וְאֵינָם יְבֵשִׁים אֲבָל מִשֶּׁכָּלָה כָּל מַרְאֶה יַרְקוּת שֶׁלָּהֶן וְיַלְבִּינוּ פְּנֵיהֶם אָז הֵם כְּמֵתִים וַעֲלֵיהֶם אוֹמֵר בַּיְּרוּשַׁלְמִי הֲלָכָה א' הַיָּבֵשׁ פָּסוּל עַל שֵׁם שֶׁנֶּאֱמַר לֹא הַמֵּתִים יְהַלְלוּ יָהּ אע"פ שֶׁבַּגְּמָרָא דִּידַן פָּסֵיל לָהּ מִשּׁוּם הָדָר אע"פ כֵּן רְאָיָה גְּדוֹלָה הִיא וְסִימָן גָּדוֹל הוּא שֶׁאֵינוֹ נִקְרָא יָבֵשׁ עַד שֶׁיַּלְבִּינוּ פָּנָיו וְיַחֲזֹור כַּמֵּת הִלְכָּךְ בְּמִינִים עֵצִים וַדַּאי רָאוּי הַסִּימָן הַזֶּה בֵּין לְהָקֵל בֵּין לְהַחְמִיר לְפִי שֶׁתִּמְצָא פְּעָמִים שֶׁהַהֲדַס יִתְיַבְּשׁוּ עָלָיו עַד שֶׁיְּהוּ נִפְרָכִים בַּיָּד וַעֲדַיִין הֵם יְרֻוקִּים כִּתְחִלָּתָן וְאוֹמֵר אֲנִי שֶׁאֵין דָּנִין אוֹתָם כִּיבֵשִׁים לְפִי שֶׁאִם תִּשְׁרֶה אוֹתָן בַּמַּיִם יוֹם אוֹ יוֹמַיִם יַחְזְרוּ לִכְמוֹת שֶׁהָיוּ בְּמִשְׁמוּשָׁן וּבְמַרְאֵיהֶן אֲבָל מִשֶּׁיַּלְבִּינוּ פְּנֵיהֶם אע"פ שֶׁתִּשְׁרֶה אוֹתָן בַּמַּיִם כַּמָּה יָמִים לֹא יַחְזְרוּ לְמַרְאֵיהֶן וַהֲרֵי הֵן כְּעֵץ יָבֵשׁ שֶׁאֲפִילּוּ תִּשְׁרֶה אוֹתָן בַּמַּיִם כַּמָּה יָמִים לֹא יָסוּר מֵעָלָיו שֵׁם הַיָּבֵשׁ ע"כ:
« Un loulav volé ou desséché — passoul. Celui d'une acheira ou d'une ir hanidahat — passoul. Sa tête a été tronquée, ses feuilles ont été arrachées — passoul. Ses feuilles se sont écartées — kacher. Rabbi Yehouda dit : il les liera par le haut. Les tsineï du Har haBarzel — kachères. Un loulav qui a trois tefahim, de quoi l'agiter — kacher. » — « Et le desséché est passoul » : on ne peut expliquer ce « desséché » comme le desséché du chapitre Ein Maamidin (Avoda Zara 29b), où l'on a enseigné « les pépins de raisin des non-Juifs, lorsqu'ils sont secs, sont permis » et où l'on explique là (f. 34a) « secs, c'est-à-dire après douze mois » ; car nous disons au sujet du hadas desséché : ses feuilles se sont desséchées et il lui est resté trois rameaux de feuilles fraîches — kacher ; ce qui montre que le dessèchement ne dépend pas du temps. Ce « desséché » d'ici, on peut plutôt l'expliquer comme le desséché de l'oreille d'un premier-né, au chapitre Elou Moumin (f. 29a [Bekhorot 37a]), où l'on a enseigné : Rabbi Yossi ben Mechoulam dit : desséchée — de sorte qu'elle s'effrite sous l'ongle. Et le Rabbi Zerahia haLevi, de mémoire bénie, a écrit que le terme « s'effriter » ne s'applique qu'aux aliments, comme il est dit des légumes plus haut (Souka 13b) que lorsqu'ils sèchent ils s'effritent ; et il est raisonnable [de dire] que dès lors qu'il est sorti de la catégorie des fanés et que l'humidité est passée, il est appelé desséché. Et le Raavad, de mémoire bénie, a distingué le dessèchement selon les espèces ; et au sujet du loulav il a écrit : la chose est connue, même après plusieurs années il ne s'effrite pas, et son dessèchement ne se vérifie pas par l'effritement ni par la brisure ; le signe juste et droit pour les espèces ligneuses est plutôt leur couleur : tant qu'elles ont un aspect de verdeur, c'est le signe de l'humidité ou du fanage, et elles ne sont pas desséchées ; mais lorsque toute leur verdeur a disparu et que leur face à blanchi, alors elles sont comme mortes, et c'est d'elles que dit le Yerouchalmi (halakha 1) « le desséché est passoul, parce qu'il est dit : les morts ne loueront pas Ya » — et bien que notre guemara l'invalide au titre de hadar, c'est néanmoins une grande preuve et un grand signe qu'il n'est pas appelé desséché tant que sa face n'a pas blanchi et qu'il n'est pas devenu comme un mort. Dès lors, pour les espèces ligneuses, ce signe est assurément approprié, aussi bien pour alléger que pour aggraver : car tu trouveras parfois que les feuilles du hadas se dessèchent au point de s'effriter dans la main, et pourtant elles sont vertes comme au début — et je dis qu'on ne les juge pas comme desséchées, car si tu les trempes dans l'eau un jour ou deux elles reviendront à ce qu'elles étaient, au toucher comme à l'aspect ; mais dès lors que leur face à blanchi, même si tu les trempes dans l'eau plusieurs jours, elles ne reviendront pas à leur aspect, et les voici comme du bois sec, sur lequel même si tu le trempes plusieurs jours le nom de « desséché » ne quittera pas. Fin de citation.
נִפְרְצוּ עָלָיו בְּרוֹב עָלִין אַייְרֵי כִּדְאִיתָא בַּתּוֹסֶפְתָּא ופרש"י שֶׁנִּפְרְצוּ מִן הַשִּׁדְרָה וְאֵינוֹ מְחֻובָּר אֶלָּא ע"י אֲגֻודָּה. מַשְׁמַע שֶׁרָצָה לוֹמַר שֶׁנִּתְלְשׁוּ לְגַמְרֵי מִן הַשִּׁדְרָה וְלֹא מַשְׁמַע כֵּן בַּגְּמָרָא דִּמְפָרֵשׁ נִפְרְצוּ דְּעָבֵיד כִּי חֻופְיָא וְהֶעָלִין שֶׁנִּתְלְשׁוּ מִן הַשִּׁדְרָה הוּצִין מִקְּרוּ כִּדְאָמַר לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לז:) אָמַר רָבָא לָא לִיגּוֹז אִינִישׁ לוּלַבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא דְּנָתְרִי הוּצִין וְהָוֵי חֲצִיצָה כְּלוֹמַר אִם הוּא אָרֹוךְ יוֹתֵר מִדַּאי מִן הָעֲרָבָה וּבָא לְקָוצְצוֹ מִתַּחַת לֹא יִקְצְצוּ כְּשֶׁהוּא בַּאֲגֻודָּה דְּהוּצִין הַנִּתְלָשִׁין מִן הַשִּׁדְרָה הָוֵי חֲצִיצָה אַלְמָא עָלִין הַנִּתְלָשִׁין מִקְּרוּ הוּצִין וּמֵהוּצִין עוֹשִׂין חֻופְיָא כִּדְאִיתָא פֶּרֶק הַגּוֹזֵל קַמָּא (בָּבָא קַמָּא דַּף צו.) הַאי מַאן דִּגְזַל לוּלִיבָּא וְעַבְדִינְהוּ הוּצֵי קָנֵי מֵעִיקָּרָא לוּלִיבָּא וְהַשְׁתָּא הוּצֵי הוּצֵי וְעַבְדִינְהוּ חֻופְיָא קָנֵי מֵעִיקָּרָא הוּצֵי וְהַשְׁתָּא חֻופְיָא וְהַיְינוּ שֶׁחִילֵּק כָּל עָלֶה לִשְׁנַיִם בְּמָקוֹם שֶׁהוּא כָּפוּל מִגַּבּוֹ וְאָז נִקְרָא חֻופְיָא וְעוֹשִׂין מֵהֶן מַכְבְּדוֹת הַייְנוּ נִפְרְצוּ עָלָיו דְּהָכָא שֶׁנִּפְרַץ רֹאשׁ כָּל עָלֶה וְעָלֶה מִגַּבּוֹ בְּרוֹב עָלָיו שֶׁבַּלּוּלָב: גְּמ' מַתְנִיתִין לוּלָב הַגָּזוּל וְהַיָּבֵשׁ. קָא פָסֵיק וְתָנֵי ל"ש ביו"ט רִאשׁוֹן כוּ' בִּשְׁלָמָא יָבֵשׁ בָּעֵינַן הָדָר וְלֵיכָּא אֶלָּא גָּזוּל בִּשְׁלָמָא ביו"ט רִאשׁוֹן וּלְקַחְתֶּם לָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם אֲמַר רַחֲמָנָא וְהַאי לָאו דִּידֵיהּ הוּא אֶלָּא ביו"ט שֵׁנִי אַמַּאי לָא מַשְׁמַע דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּבָעֵינַן הָדַר לְכֻולֵּי יוֹמֵי אֲבָל לָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם לָא בָּעֵינַן בִּשְׁאָר יָמִים וְכֵן וּלְקַחְתֶּם דְּדָרְשִׁינַן מִינֵּיהּ דְּבָעֵי לְקִיחָה תַּמָּה לָא מִיפְּסִיל אֶלָּא ביו"ט רִאשׁוֹן כִּדְאָמַר בְּפִרְקִין דַּף לוֹ: רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּל בֵּיהּ וְנָפֵיק בֵּיהּ ביו"ט שֵׁנִי וְתֵימַהּ מַאי שְׁנָא זֶה מִזֶּה הָא כֻּולְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי כְּתִיבִי בְּחַד קְרָא וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הָדָר וְאִי מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע דְּהָנָךְ דִּכְתִיבִי מִקַּמֵּי יוֹם רִאשׁוֹן דַּוְקָא עָלֶיהָ קָיְימִי וְלֹא רָצוּ לְתַקֵּן שֶׁיְּהוּ נוֹהֲגִים בִּשְׁאָר הַיָּמִים אֲבָל הָדָר דִּכְתִיב בָּתְרֵיהּ תִּיקּוּן בְּכָל הַיָּמִים. אַכַּתִּי קָשֶׁה דְּהָא מִן וּלְקַחְתֶּם לָכֶם דָּרְשִׁינַן בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה דַּף כז. וּלְקַמָּן בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף לד.) דְּאַרְבָּעָה מִינִין שֶׁבַּלּוּלָב מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה דְּבָעֵינַן לְקִיחָה תַּמָּה. וּבְשִׁלְהֵי פִּירְקִין דַּף מא: וּבְרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (סֻוכָּה דַּף מג.) דָּרְשִׁינַן נַמֵּי מִדִּכְתִיב וּלְקַחְתֶּם לְשׁוֹן רַבִּים שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדְּלָא כְּתִיב וְלָקַחְתָּ לְשׁוֹן יָחִיד כִּי הֵיכִי דְּדָרְשִׁינַן בְּפֶרֶק רַבִּי יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סה:) סְפִירָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדִּכְתִיב וּסְפַרְתֶּם וא"כ בִּשְׁאָר הַיָּמִים תִּיסְגֵּי בְּמִין אֶחָד וּבִלְקִיחָה לְאֶחָד בִּשְׁבִיל כֻּולָּם הִלְכָּךְ נִרְאֶה דְּהַייְנוּ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּיוֹם רִאשׁוֹן דְּאוֹרָייְתָא בַּגִּבּוּלִין וּשְׁאָר הַיָּמִים דְּרַבָּנָן זֵכֶר לַמִּקְדָּשׁ כִּדְאִיתָא בְּרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (סֻוכָּה דַּף מד.) הִלְכָּךְ בְּעִיקַּר הַלְּקִיחָה כְּגוֹן ד' מִינִים בַּלּוּלָב וּלְקִיחָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד תִּיקּוּן גַּם בִּשְׁאָר יָמִים כְּעֵין דְּאוֹרָייְתָא וְכֵן בְּהָדָר מִשּׁוּם הִדּוּר מִצְוָה אֲבָל בְּחָסֵר לֹא תִּיקּוּן וְלֹא בְּשָׁאוּל. וּבְגָזוּל פְּלִיגִי בִּשְׁמַעְתִּין רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי סָבַר דְּתִיקּוּן מִשּׁוּם דְּהָוֵי מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה וּשְׁמוּאֵל סָבַר כֵּיוָן שֶׁהוּא מִדְּרַבָּנָן לָא חֲשִׁיב מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה. וְהָרַב אַלְפָסִי זַ"ל שֶׁלֹּא הֵבִיא אֶלָּא הַמִּשְׁנָה כְּצוּרָתָהּ וְלֹא הֵבִיא פְּלֻוגְתָּא דְּאָמוֹרָאֵי דִּפְלִיגִי בְּגָזוּל מִכְּלָל דִּסְבִירָא לֵיהּ כִּסְתָמָא דִּגְמָרָא דְּאָמַר קָפָסֵיק וְתָנֵי לָא שְׁנָא ביו"ט רִאשׁוֹן וְלָא שְׁנָא ביו"ט שֵׁנִי וּפְסִיל לֵיהּ מִשּׁוּם מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה. ואע"ג דִּקְרָא גַּבֵּי קָרְבָּן כְּתִיב ה"ה בְּכָל מִצְוָה כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ הַגּוֹזֵל קַמָּא (בָּבָא קַמָּא דַּף צַד.) דְּקָאָמַר הֲרֵי שֶׁגָּזַל סְאָה שֶׁל חִטִּין וּטְחָנָהּ וַאֲפָאָהּ וְהִפְרִישׁ מִמֶּנָּה חַלָּה אֵין זֶה מְבָרֵךְ אֶלָּא מְנָאֵץ וְלֹא כִּשְׁמוּאֵל דְּסָבַר דְּלָא אָמְרִינַן הָכִי אֶלָּא בְּמִצְוָה שֶׁהִיא מִדְּאוֹרַיְיתָּא וְלֹא. מִיסְתַּבֵּר טַעְמֵיהּ דְּכֵיוָן דִּמְבָרֵךְ וּמַזְכִּיר שֵׁם שָׁמַיִם מְנָאֵץ הוּא בְּמִילֵּי דְּרַבָּנָן כְּמוֹ בְּמִילֵּי דְּאוֹרָייְתָא וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק דְּהוּא בָּתְרָא פָּרִיךְ לִשְׁמוּאֵל מִמַּתְנִיתִין ואע"ג דְּדָחֵי לֵיהּ לָא סָמְכִינַן אַשִּׁינּוּיָא דְּחִיקָא וְכֵן פָּסַק בה"ג וְרַב פַּלְטוֹיִיא גָּאוֹן נִמְצָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יו"ט רִאשׁוֹן לְכָל שְׁאָר הַיָּמִים אֶלָּא בְּחָסֵר כִּדְאָמַר לְקַמָּן רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּל וּנְפַק בֵּיהּ וְכֵן שָׁאוּל אֲבָל כָּל שְׁאָר הַפְּסוּלִים נוֹהֲגִים בְּכָל הַיָּמִים ויו"ט שֵׁנִי דִּידַן הוּא כַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן דִּסְפֵיקָא הוּא וְרָאִיתִי דֵּעוֹת אֲחֵרוֹת לַפּוֹסְקִים וְנִלְאֵיתִי לְכוֹתְבָם כִּי לֹא יָשְׁרוּ בְּעֵינַי וְכַאֲשֶׁר כָּתַבְתִּי כָּךְ עִיקָּר:
« Ses feuilles ont été arrachées » : il s'agit de la majorité des feuilles, comme il est enseigné dans la Tossefta. Et Rachi a expliqué qu'elles ont été arrachées de la chidra et qu'il ne tient plus que par le lien — ce qui laisse entendre qu'il veut dire qu'elles ont été entièrement détachées de la chidra. Mais ce n'est pas ce qui ressort de la guemara, qui explique « nifretsou » : qu'il est fait comme un houfia ; or les feuilles détachées de la chidra s'appellent hotsin, comme il est dit plus loin (Souka 37b) : Rava a dit, qu'un homme ne coupe pas le loulav dans le hochaana, car des hotsin s'en détacheraient et il y aurait hatsitsa — c'est-à-dire : s'il est trop long par rapport à la arava et qu'il vient à le couper, qu'il ne le coupe pas tant qu'il est dans le lien, car les hotsin détachées de la chidra constituent une hatsitsa ; il ressort donc que les feuilles détachées s'appellent hotsin. Et des hotsin on fait un houfia, comme il est dit au chapitre haGozel Kama (Baba Kama 96a) : celui qui a volé un loulav et en a fait des hotsin — il l'a acquis, car au départ c'était un loulav et maintenant ce sont des hotsin ; [des] hotsin dont il a fait un houfia — il les a acquis, car au départ c'étaient des hotsin et maintenant c'est un houfia. Et cela veut dire qu'il a fendu chaque feuille en deux à l'endroit où elle est pliée sur son dos, et alors cela s'appelle un houfia, et l'on en fait des balais. Voilà ce qu'est « ses feuilles ont été arrachées » d'ici : que la tête de chaque feuille a été fendue depuis son dos, pour la majorité des feuilles du loulav. — GUEMARA. « Notre michna : un loulav volé ou desséché. Elle tranche et enseigne : peu importe le premier jour de fête, etc. Passe encore pour le desséché — nous exigeons hadar et il n'y en a pas ; mais le volé : passe encore le premier jour de fête, car le Miséricordieux a dit “et vous prendrez POUR VOUS”, du vôtre, et celui-ci n'est pas le sien ; mais le second jour de fête, pourquoi non ? » Cela indique qu'il lui est évident que nous exigeons hadar tous les jours, tandis que « lakhem — du vôtre » n'est pas exigé les autres jours ; et de même « ou-lekahtem », dont nous déduisons qu'il faut une prise entière, n'invalide qu'au premier jour de fête, comme il est dit dans notre chapitre (f. 36b) : Rabbi Hanina trempait [son etrog] et s'en acquittait le second jour de fête. Et c'est étonnant : en quoi celui-ci diffère-t-il de celui-là ? Tous sont pourtant écrits ensemble dans un même verset : « et vous prendrez pour vous, le premier jour, un fruit d'arbre hadar » ! Et si c'est parce qu'il comprend que ce qui est écrit avant « le premier jour » se rapporte exclusivement à lui, et qu'ils n'ont pas voulu instituer qu'on l'observe les autres jours, tandis que hadar, écrit après, ils l'ont institué pour tous les jours — cela reste difficile : car de « et vous prendrez pour vous » nous déduisons dans haKomets Rabba (f. 27a) et plus loin dans notre chapitre (Souka 34a) que les quatre espèces du loulav se rendent indispensables l'une à l'autre, puisque nous exigeons une prise entière ; et à la fin de notre chapitre (f. 41b) ainsi qu'au début de Loulav ve-Arava (Souka 43a) nous déduisons également de ce qui est écrit « ou-lekahtem » au pluriel qu'il faut une prise pour chacun et chacun, puisqu'il n'est pas écrit « ou-lakahta » au singulier — comme nous déduisons au chapitre Rabbi Yichmael (Menahot 65b) un compte pour chacun et chacun, de ce qu'il est écrit « ou-sefartem ». Or s'il en est ainsi, les autres jours il suffirait d'une seule espèce et d'une prise par un seul pour tous ! C'est pourquoi il semble que la raison en soit celle-ci : le premier jour est de la Torah en dehors du Temple, tandis que les autres jours sont des Sages, en souvenir du Temple, comme il est dit au début de Loulav ve-Arava (Souka 44a) ; des lors, pour l'essentiel de la prise — par exemple les quatre espèces du loulav et une prise pour chacun et chacun — ils ont institué aussi pour les autres jours à l'image de la Torah ; et de même pour hadar, au titre de l'embellissement de la mitsva ; mais pour l'amputé ils n'ont rien institué, ni pour l'emprunté. Et sur le volé ils sont en controverse dans notre sougya : Rabbi Chimon ben Yohai tient qu'ils ont institué, parce que c'est une mitsva accomplie par une transgression ; et Chemouel tient que, puisque c'est [une obligation] des Sages, cela n'est pas réputé une mitsva accomplie par une transgression. — Et le Rav Alfassi (le Rif), de mémoire bénie, qui n'a rapporté que la michna telle quelle et n'a pas rapporté la controverse des Amoraim sur le volé, on en déduit qu'il tient comme le [locuteur] anonyme de la guemara, qui dit « elle tranche et enseigne : peu importe le premier jour de fête, peu importe le second jour de fête », et qui l'invalide au titre d'une mitsva accomplie par une transgression. Et bien que le verset soit écrit à propos d'un sacrifice, il en va de même pour toute mitsva, comme le prouve le début de haGozel Kama (Baba Kama 94a), où il est dit : si quelqu un a volé une mesure de blé, l'a moulue, l'a cuite et en a prélevé la halla, il ne bénit pas mais blasphème. Et non comme Chemouel, qui tient qu'on ne dit cela que pour une mitsva de la Torah — et son raisonnement n'est pas plausible, car du moment qu'il bénit et mentionne le Nom du Ciel, il blasphème dans les affaires des Sages comme dans celles de la Torah. En outre, Rav Nahman bar Yits hak, qui est postérieur, objecte à Chemouel depuis notre michna ; et bien qu'il l'ait repoussé, nous ne nous appuyons pas sur une réponse forcée. Et ainsi ont tranché le Behag et Rav Paltoi Gaon. Il se trouve donc qu'il n'y a de différence entre le premier jour de fête et tous les autres jours que pour l'amputé, comme il est dit plus loin « Rabbi Hanina trempait et s'en acquittait », et de même pour l'emprunté ; mais toutes les autres invalidations valent tous les jours. Et notre second jour de fête [en diaspora] est comme le premier jour, puisqu'il relève du doute. Et j'ai vu d'autres opinions chez les décisionnaires, et je me suis lassé de les écrire, car elles ne m ont pas paru justes ; et c'est comme je l'ai écrit que se tient l'essentiel.
💡 Explication

La michna d'ouverture du perek est un catalogue : neuf clauses jetées sans explication, dont chacune deviendra une sougya entière entre 29b et 37b. Mais elle n'est pas un fourre-tout : trois logiques distinctes s'y croisent. Le volé relève du titre de propriété — Rachi le rattache aussitôt à ou-lekahtem lakhem, du vôtre. Le desséché, la tête tronquée et les feuilles arrachées relèvent de la beauté de l'objet : hadar. L acheira et l ir hanidahat relèvent d'autre chose encore, et Rachi le formule d'une façon remarquable : puisque ces objets sont voués au feu, ils sont tenus pour déjà brûlés, donc leur mesure n'existe plus — l'invalidation ne porte pas sur une souillure mais sur une inexistence juridique.

Trois débats de Richonim s'ouvrent ici et courront sur tout le perek. Premier débat : qu'est-ce que yavech ? Les Tossefot et le Roch écartent le critère de douze mois d'Avoda Zara et retiennent celui de l'oreille du premier-né — sec au point de s'effriter sous l'ongle ; le Raavad, cité par le Roch, propose un critère tout différent et plus fin pour les espèces ligneuses : la couleur, le blanchiment irréversible que même un trempage prolongé ne rattrape pas. Deuxième débat : qu'est-ce que le roch ? — la tiyomet, la majorité des feuilles, ou la chidra elle-même (voir le schéma). Troisième débat : qu'est-ce que nifretsou ? Rachi dit : arrachées de l'échine ; les Tossefot et le Roch corrigent en s'appuyant sur le vocabulaire de la guemara — les feuilles détachées s'appellent hotsin, alors que la michna dit alav ; nifretsou désigne donc chaque feuille fendue en deux dans sa pliure dorsale, exactement le geste par lequel on fabrique un balai.

Noter enfin la clause finale : les trois tefahim ne sont pas une mesure arbitraire. Rachi l'explique — trois tefahim de chidra face au hadas, plus un tefah pour dépasser et permettre le naanoua, soit quatre en tout. C'est le geste qui commande la taille de l'objet, et non l'inverse.

🖼️ Schéma
Niktam rocho : trois lectures d'un seul mot, et la contrainte qui les départage La michna dit tête tronquée. Personne ne conteste le passoul -- tout le monde conteste ce qui a été tronqué LA CONTRAINTE -- une redondance à éviter Rabbi Yehochoua ben Levi enseigne plus loin (32a) : nitla hatiyomet, si la paire centrale est enlevée -- passoul. Si niktam rocho visait déjà la tiyomet, son enseignement serait superflu : tronquer est moins grave qu'arracher. A -- la tiyomet Lecture la plus naturelle : la tête, ce sont les deux feuilles centrales. Sauvetages proposés 1. Rabbi Yehochoua ben Levi enseigne quand même, car on aurait cru que enlevé est plus hadar que tronqué. 2. Il vise une seule des deux feuilles ; la michna, elle, exige que les deux soient tronquées. B -- la majorité des feuilles Position des Tossefot : niktam rocho parle du sommet de la majorité des feuilles supérieures -- la tête de chaque feuille, une à une. Réserve du Roch Il l'accepte, mais note que la langue est forcée : la michna dit rocho au singulier, pas rochei haalin. C -- la tête de la chidra Doute du Raavad, puis tranché : ce qui manque, c'est la branche même. Sa preuve, tirée du hadas Oulla (33a) : tête tronquée et une tamra y a poussé -- kacher. Si le défaut était dans les feuilles, il aurait fallu dire : des feuilles y ont poussé. Donc c'est le bois. Appui : nisdak kacher (31a) visé la chidra. La réplique du Roch au Raavad : ne pas assimiler les trois espèces Pour le LOULAV, les feuilles montent toujours et sortent de la tête de l'échine -- donc leur sommet EST la tête du loulav. Pour le HADAS et la ARAVA, les feuilles ne sortent pas de la tête de la branche, qui est parfois nue -- la tête y est le bois. Et contre le Raavad : loulav sans précision désigne bien les feuilles, puisque Chemouel doit préciser chidrou chel loulav pour viser l'échine. Le corollaire pratique que le Roch en tire Le dessèchement des feuilles n'est traité ni dans les michnayot ni dans notre guemara. Le Yerouchalmi le dit kacher -- le sec reste hadar. Mais à condition que la tiyomet supérieure soit fraîche. Et si la majorité des feuilles est séchée : a fortiori passoul, puisque nifretsou l'est déjà.
Niktam rocho : les trois lectures possibles de la tête du loulav, la contrainte de non-redondance qui les départage, et la réplique du Roch au Raavad.
5
גְּמ׳ קָא פָסֵיק וְתָנֵי, לָא שְׁנָא בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן, וְלָא שְׁנָא בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי.

GUEMARA. Elle tranche et enseigne [sans distinguer] : peu importe le premier jour de fête, peu importe le second jour de fête.

📜 Rachi (3)
גמ' קָפְסִיק וְתָנֵי פָּסוּל:
— GUEMARA. [Elle tranche et enseigne] : passoul.
לָא שְׁנָא בי"ט רִאשׁוֹן דְּחִיּוּבֵיהּ מִדְּאוֹרַיְיתָּא:
— [peu importe le premier jour de fête] : dont l'obligation est de la Torah.
לָא שְׁנָא בי"ט שֵׁנִי דְּלֵיתֵיהּ בִּנְטִילַת לוּלָב אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן דְּבַיּוֹם הָרִאשׁוֹן כְּתִיב:
— [peu importe le second jour de fête] : où la prise du loulav n'existe que de par les Sages, puisqu'il est écrit « le premier jour ».
🗂️ Tossefot (1)
קָפָסֵיק וְתָנֵי לָא שְׁנָא בי"ט רִאשׁוֹן ול"ש בי"ט שֵׁנִי. מַשְׁמַע דְּדָיֵיק מִדְּקָתָנֵי סְתָם וְלָא מַפְלִיג וְתֵימַהּ הָא אָמְרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לד:) נִיקַּב וְחָסַר כָּל שֶׁהוּא פָּסוּל אע"ג דבי"ט שֵׁנִי כָּשֵׁר כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לו:) בגמ' דָּר' חֲנִינָא מְטַבֵּיל בֵּיהּ וְנָפֵיק בֵּיהּ וּמוּקֵי מַתְנֵי' בי"ט רִאשׁוֹן וְאִי דִּייֵּק מִדְּקָתָנֵי גָּזוּל וְלָא קָתָנֵי שָׁאוּל הָא לְקַמָּן בְּסוֹף הַסֻּוגְיָא דִּייֵּק רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק הָכִי אֲבָל הָכָא לָא אַסִּיק אַדַּעְתֵּיהּ וְאִי מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי גָּזוּל דֻּומְיָא דְּיָבֵשׁ הָכִי נָמֵי גַּבֵּי נֶקֶב קָתָנֵי עָלְתָה חֲזָזִית עַל רֻובּוֹ דְּמִפְּסִיל אַף בי"ט שֵׁנִי מִשּׁוּם הָדָר וּמִיהוּ בַּיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע קְצָת דְּמִשּׁוּם חֲזָזִית לָא מִיפְּסִיל אֶלָּא בי"ט רִאשׁוֹן דְּמַסִּיק עֲלָהּ רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָן בְּשֵׁם ר' שְׁמוּאֵל כָּל הַפְּסוּלִין אֵינָן פְּסוּלִין אֶלָּא בי"ט רִאשׁוֹן בִּלְבַד תַּמָּן אָמְרִין רֻובּוֹ מִצַּד אֶחָד חָוטְמוֹ כְּרֻובּוֹ וְהַייְנוּ בְּמָקוֹם אֶחָד דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לה:) גַּבֵּי חֲזָזִית וּמִיהוּ אִי יוֹם רִאשׁוֹן דַּוְוקָא עַל כָּרְחָךְ הָדָר הוּא וְלָא מִיפְּסִיל אֶלָּא מִשּׁוּם דַּחֲשִׁיב כְּחָסֵר וְלֹא מִסְתַּבֵּר כְּלָל וְי"ל דְּר' חֲנִינָא לֵית לֵיהּ הַאי קָפְסִיק וְתָנֵי כְּמוֹ שְׁמוּאֵל דִּשְׁמַעְתִּין דְּמוּקֵי מַתְנִיתִין דְּגָזוּל בי"ט רִאשׁוֹן וּמַכְשִׁיר בי"ט שֵׁנִי אִי נָמֵי בְּרֵישָׁא דְּמִשְׁנָה שַׁיָּיךְ לְדַקְדֵּק מִדְּתָנֵי סְתָם וְלָא מְפַלֵּיג אֲבָל כּוּלְּהוּ אַחֲרֵינִי אַיְּידֵי דְּלָא מְפַלֵּיג בְּרֵישָׁא לָא מְפַלֵּיג בְּסֵיפָא וְשׁוֹנֶה דְּבָרָיו סְתָם אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לְחַלֵּק:
« Elle tranche et enseigne : peu importe le premier jour de fête, peu importe le second jour de fête. » Cela indique qu'il le déduit du fait qu'elle enseigne sans distinguer. Et c'est étonnant : ne disons-nous pas plus loin (Souka 34b) « percé ou amputé de quoi que ce soit — passoul », bien que le second jour de fête il soit kacher, comme nous le disons plus loin (Souka 36b) dans la guemara au sujet de Rabbi Hanina, qui trempait [son etrog] et s'en acquittait — et l'on établit notre michna au premier jour de fête ? Et si l'on déduit du fait qu'elle enseigne « volé » et n'enseigne pas « emprunté » — c'est pourtant là ce dont Rav Nahman bar Yits hak déduit plus loin, à la fin de la sougya ; ici, en revanche, cela ne lui est pas venu à l'esprit. Et si c'est parce qu'elle enseigne « volé » de façon semblable à « desséché » — de même, au sujet du percé, elle enseigne « une tache est montée sur la majeure partie », qui invalide même le second jour de fête à cause de hadar. Toutefois, le Yerouchalmi laisse un peu entendre que la tache n'invalide qu'au premier jour de fête, puisqu'il conclut là-dessus : Rabbi Yits hak bar Nahman au nom de Rabbi Chemouel : toutes les invalidations ne le sont qu'au premier jour de fête seulement ; là-bas ils disent : sa majorité d'un seul côté, son « nez » est comme sa majorité — et c'est le « en un seul endroit » dont nous parlons plus loin (Souka 35b) au sujet de la tache. Cependant, si c'est le premier jour exclusivement, force est de dire qu'il est hadar et qu'il n'est invalidé que parce qu'il est réputé amputé — et cela n'est pas plausible du tout. Et l'on peut dire que Rabbi Hanina ne retient pas ce « elle tranche et enseigne », comme Chemouel dans notre sougya, qui établit la michna du volé au premier jour de fête et le déclare kacher le second jour de fête. Ou encore : c'est dans la première partie de la michna qu'il convient de déduire du fait qu'elle enseigne sans distinguer ; mais pour tous les autres cas, puisqu'elle n'a pas distingué dans la première partie, elle ne distingue pas non plus dans la suite, et elle énonce ses propos sans distinction, bien qu'il y ait lieu de distinguer.
💡 Explication

La guemara ne commence pas par une question de fond, mais par une observation de forme. La michna a dit « passoul » sans préciser quand : elle tranche et enseigne — ka passik ve-tani. De ce silence on tire une conséquence forte : la règle vaut aussi bien le premier jour, où la prise des quatre espèces est une obligation de la Torah même hors du Temple, que les jours suivants, où elle n'est plus qu'une institution des Sages — puisque le verset dit expressément « le premier jour ».

Les Tossefot attaquent aussitôt cette méthode de lecture, et leur objection est redoutable : la michna dira plus loin « percé ou amputé de quoi que ce soit — passoul », également sans distinguer — et pourtant Rabbi Hanina, lui, s'acquittait le second jour avec un etrog dont il avait retiré une part. Donc l'argument du silence ne vaut pas partout. Leur réponse la plus intéressante est la dernière : c'est seulement dans la reicha, la première clause, que le silence est signifiant ; ensuite la michna continue sur sa lancée et n'a plus à distinguer, même là où il y aurait lieu de le faire. Autrement dit : la forme d'une michna n'est pas uniformément porteuse de sens.

6
בִּשְׁלָמָא יָבֵשׁ — ״הָדָר״ בָּעֵינַן, וְלֵיכָּא. אֶלָּא גָּזוּל, בִּשְׁלָמָא יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן, דִּכְתִיב: ״לָכֶם״ — מִשֶּׁלָּכֶם. אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי אַמַּאי לָא?

Passe encore pour le desséché : nous exigeons hadar, et il n'y en a pas. Mais le volé — passe encore le premier jour de fête, puisqu'il est écrit « pour vous », du vôtre ; mais le second jour de fête, pourquoi ne serait-il pas [valide] ?

📜 Rachi (2)
בִּשְׁלָמָא יָבֵשׁ פָּסוּל בִּדְרַבָּנָן נָמֵי כֵּיוָן דְּמִצְוָה הוּא מִשּׁוּם זֵכֶר לַמִּקְדָּשׁ בָּעֵינַן הִדּוּר מִצְוָה:
— [passe encore pour le desséché] : il est passoul dans les [jours] rabbiniques aussi, puisque c'est une mitsva au titre du souvenir du Temple, et que nous exigeons l'embellissement de la mitsva.
אַמַּאי לָא מֵהֵיכָא תֵּיתֵי לְמִיפְסְלֵיהּ:
— [pourquoi non] : d'où viendrait-on l'invalider ?
🗂️ Tossefot (1)
בָּעֵינַן הָדַר וְלֵיכָּא. מַשְׁמַע דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּבָעֵינַן הָדַר לְכֻולְּהוּ יוֹמֵי וְלָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם לָא מִיתּוֹקַם אֶלָּא בי"ט רִאשׁוֹן וְכֵן וּלְקַחְתֶּם דִּמְמַעֲטִינַן מִינֵּיהּ חָסֵר דְּבָעֵינַן לְקִיחָה תַּמָּה לָא מִיפְּסִיל אֶלָּא בי"ט רִאשׁוֹן כִּדְקָאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפִירְקָא (סֻוכָּה דַּף לו:) ר' חֲנִינָא מַטְבִּיל בֵּיהּ בי"ט שֵׁנִי וְנָפֵיק בֵּיהּ וְתֵימַהּ מַאי שְׁנָא זֶה מִזֶּה הָא כֻּולְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי כְּתִיבִי בְּחַד קְרָא וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הָדָר וְאִי מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּהָנֵי דִּכְתִיבִי מִקַּמֵּי בְּיוֹם רִאשׁוֹן עָלֶיהָ קָיְימִי אֲבָל הָדַר בָּתְרֵיהּ כְּתִיב אַכַּתִּי קַשְׁיָא מִדִּכְתִיב וּלְקַחְתֶּם דָּרְשִׁינַן בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף ז.) וּלְקַמָּן בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף לד:) דְּאַרְבָּעָה מִינִין שֶׁבַּלּוּלָב מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה דְּבָעֵינַן לְקִיחָה תַּמָּה וּבְשִׁילְהֵי פִּירְקִין (דַּף מא:) וּבְרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (לְקַמָּן סֻוכָּה ד' מג.) דָּרְשִׁינַן נַמֵּי מִדִּכְתִיב וּלְקַחְתֶּם לְשׁוֹן רַבִּים שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדְּלָא כְּתִיב וְלָקַחְתָּ לְשׁוֹן יָחִיד כִּי הֵיכִי דְּדָרְשִׁינַן פֶּרֶק רַבִּי יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סה:) סְפִירָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדִּכְתִיב וּסְפַרְתֶּם וְאִם כֵּן בִּשְׁאָר הַיָּמִים תִּיסְגֵּי בְּמִין אֶחָד וּבִלְקִיחָה שֶׁל אֶחָד בִּשְׁבִיל כֻּולָּם לְכָךְ נִרְאֶה דְּהַייְנוּ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּיוֹם רִאשׁוֹן דְּאוֹרָייְתָא בְּגִבּוּלִין וּשְׁאָר יוֹמֵי דְּרַבָּנָן זֵכֶר לַמִּקְדָּשׁ כִּדְאִיתָא בְּרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (לְקַמָּן סֻוכָּה דַּף מד.) הִלְכָּךְ בְּעִיקַּר הַלְּקִיחָה כְּגוֹן ד' מִינִין וּלְקִיחָה לְכָל אֶחָד תַּקּוּן בִּשְׁאָר יוֹמֵי כְּעֵין דְּאוֹרָייְתָא וְכֵן בְּהָדָר מִשּׁוּם הִדּוּר מִצְוָה אֲבָל בְּחָסֵר וּבְשָׁאוּל לָא תַּקּוּן וּבְגָזוּל פְּלוּגְתָּא דִּשְׁמַעְתִּין דְּרַבִּי יוֹחָנָן סָבַר דְּתַקּוּן מִשּׁוּם מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה וּשְׁמוּאֵל סָבַר דְּלָא תַקּוּן דְּמִתּוֹךְ שֶׁיּוֹצֵא בְּשָׁאוּל יוֹצֵא נָמֵי בְּגָזוּל:
« Nous exigeons hadar, et il n'y en a pas. » Cela indique qu'il lui est évident que nous exigeons hadar tous les jours, tandis que « lakhem — du vôtre » ne s'établit qu'au premier jour de fête ; et de même « ou-lekahtem », dont nous excluons l'amputé parce que nous exigeons une prise entière, n'invalide qu'au premier jour de fête, comme nous le disons plus loin dans le chapitre (Souka 36b) : Rabbi Hanina trempait [son etrog] le second jour de fête et s'en acquittait. Et c'est étonnant : en quoi celui-ci diffère-t-il de celui-là ? Tous sont pourtant écrits ensemble dans un même verset : « et vous prendrez pour vous, le premier jour, un fruit d'arbre hadar » ! Et si c'est parce qu'il comprend que ce qui est écrit avant « le premier jour » se rapporte à lui, tandis que hadar est écrit après — cela reste difficile : car de « ou-lekahtem » nous déduisons dans haKomets Rabba (Menahot 7a) et plus loin dans notre chapitre (Souka 34b) que les quatre espèces du loulav se rendent indispensables l'une à l'autre, puisque nous exigeons une prise entière ; et à la fin de notre chapitre (f. 41b) ainsi qu'au début de Loulav ve-Arava (Souka 43a) nous déduisons également de ce qui est écrit « ou-lekahtem » au pluriel qu'il faut une prise pour chacun et chacun, puisqu'il n'est pas écrit « ou-lakahta » au singulier — comme nous déduisons au chapitre Rabbi Yichmael (Menahot 65b) un compte pour chacun et chacun, de ce qu'il est écrit « ou-sefartem ». Or s'il en est ainsi, les autres jours il suffirait d'une seule espèce et d'une prise par un seul pour tous ! C'est pourquoi il semble que la raison en soit celle-ci : le premier jour est de la Torah en dehors du Temple, tandis que les autres jours sont des Sages, en souvenir du Temple, comme il est rapporté au début de Loulav ve-Arava (Souka 44a) ; des lors, pour l'essentiel de la prise — par exemple les quatre espèces et une prise pour chacun — ils ont institué pour les autres jours à l'image de la Torah, et de même pour hadar, au titre de l'embellissement de la mitsva ; mais pour l'amputé et pour l'emprunté, ils n'ont rien institué. Et sur le volé, c'est la controverse de notre sougya : Rabbi Yo'hanan tient qu'ils ont institué, à cause d'une mitsva accomplie par une transgression ; et Chemouel tient qu'ils n'ont pas institué, car du moment que l'on s'acquitte avec un emprunté, on s'acquitte aussi avec un volé.
💡 Explication

La guemara trie la michna en deux. Le desséché ne pose pas de problème : l'exigence de hadar vaut tous les jours — Rachi précise pourquoi, et sa formule est dense : même les jours où la prise n'est plus qu'un zekher lamikdach, un souvenir du Temple, elle reste une mitsva, et une mitsva demande son hidour. Le volé, en revanche, est invalidé par un mot précis du verset — lakhem, du vôtre — et ce mot est collé à « le premier jour ». D'où la question, formulée par Rachi de la manière la plus sobre possible : d'où viendrait-on l'invalider ?

Les Tossefot poussent la difficulté à son extrême, et c'est le passage le plus important du folio pour comprendre tout le perek. Toutes ces conditions — lakhem, la prise entière, le pluriel de ou-lekahtem, hadar — sont écrites dans un seul et même verset. Comment peuvent-elles avoir des portées différentes dans le temps ? Leur réponse : la frontière ne passe pas dans le verset, elle passe dans l'institution rabbinique. Les Sages, en instituant la prise les autres jours, ont recopié ce qui touche à l'essentiel de la lekiha — les quatre espèces, une prise par personne — plus hadar au titre de l'embellissement ; ils n'ont pas recopié haser ni chaoul. Le volé, lui, reste litigieux : est-il exclu par lakhem seulement — auquel cas il tombe avec lakhem après le premier jour — ou par un vice propre, celui de la mitsva haba à ba-avéra, qui ne dépend d'aucun verset et vaut donc tous les jours ?

C'est exactement la réponse que va donner le segment suivant. Le Roch, après avoir rapporté tout ce raisonnement, en tire la halakha : avec le Rif, le Behag et Rav Paltoi Gaon, on tranche que le volé est passoul tous les jours, et il n'y a de différence entre le premier jour et les autres que pour l'amputé et l'emprunté.

🖼️ Schéma
Le premier jour et les autres : quelles invalidations traversent la frontière ? Toutes les conditions viennent d'un seul verset -- et pourtant elles n'ont pas toutes la même portée dans le temps ou-lekahtem LAKHEM ba-yom ha-richon péri ets HADAR (Vayikra 23,40) Question des Tossefot : tout est écrit dans un seul verset -- mai chena ze mi-ze ? qu'est-ce qui distingue l'un de l'autre ? Condition et sa source Jour 1 -- deoraita Jours 2 à 7 -- derabanan Le principe qui l'explique HADAR -- la beauté (hekech à l'etrog) invalide invalide aussi hidour mitsva -- on l'a institué Les quatre espèces ensemble indispensables indispensables aussi ikkar halekiha -- ke-ein deoraita Une prise pour chacun (ou-lekahtem, pluriel) requise requise aussi ikkar halekiha -- ke-ein deoraita LAKHEM -- du votre (le volé, l'emprunté) invalide emprunté : kacher on n'a rien institué la-dessus HASER -- amputé (lekiha tama) invalide kacher -- Rabbi Hanina (36b) on n'a rien institué la-dessus GAZOUL -- volé : LA QUESTION DU FOLIO invalide -- lakhem ? la michna dit passoul sans distinguer -- d'où ? Rabbi Yo'hanan au nom de RCHB Y : mitsva haba à ba-avéra La clé des Tossefot et du Roch Le premier jour est deoraita partout ; les autres jours sont derabanan, zekher lamikdach (44a). Les Sages n'ont pas recopié la Torah : ils ont institué l'essentiel de la lekiha -- les quatre espèces, la prise de chacun -- plus hadar au titre de l'embellissement. Le reste, non. D'où la dissymétrie apparente d'un verset unique. Où le volé se sépare de l'emprunté Chemouel : puisqu'on s'acquitte avec un emprunté, on s'acquitte aussi avec un volé -- la michna ne vise que le jour 1. Rabbi Yo'hanan : non -- le volé a un vice propre, il est une mitsva qui vient par une transgression. Cela vaut tous les jours. Le Roch tranche comme Rabbi Yo'hanan, avec le Rif, le Behag et Rav Paltoi Gaon : même une mitsva derabanan devient nietsa.
Le partage entre le premier jour et les autres : quelles conditions du verset unique traversent la frontière du deoraita au derabanan, et pourquoi.
7
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי:

Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chimon ben Yohai :

💡 Explication

Le folio s'interrompt sur la formule d'introduction, sans la réponse. C'est un procédé fréquent de la mise en page du Talmud, et il est ici particulièrement net : la question du segment 5 reste ouverte pendant tout le passage de page.

La réponse, en 30a, est celle que les Tossefot et le Roch ont déjà anticipée dans leurs gloses sur ce folio : mitsva haba à ba-avéra — une mitsva qui vient par le moyen d'une transgression. Le volé n'est donc pas invalide seulement parce qu'il n'est pas « à vous » ; il l'est parce qu'on ne peut pas accomplir un commandement avec le produit d'une faute. Et cette raison-là, n'étant tirée d'aucun mot du verset, ne s'éteint pas après le premier jour.

Noter le détail d'attribution : Rabbi Yo'hanan parle au nom de Rabbi Chimon ben Yohai. Le Roch, dans sa recension, cite d'ailleurs la position directement au nom de RCHB Y. C'est un enseignement tannaitique transmis, non une sevara amoraique — ce qui pèse lourd face à Chemouel, qui soutiendra l'inverse.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).