Sukkah 35b -- Ce qui est à moi et ce qui se voit : la propriété du cédrat, puis sa beauté

Sukkah 35b

Sougya : Le folio s'ouvre en achevant la gezera chava du recto : la matsa n'ayant aucun mot possessif dans son verset, c'est le mot le'hem qui la relie à la halla et lui transmet l'exigence mi-chelakhem, du vôtre et non du maasser cheni. La Guemara croit alors trouver un appui tannaitique, mais l'écarte aussitôt -- la baraita ne ressemble pas à la thèse de Rabbi Assi, elle la répète mot pour mot -- et reformule sa question en extrapolation, laissée en suspens sur le doublon arissotekhem.

Vient ensuite la partie la plus systématique du daf : chaque clause de la michna -- terouma impure, terouma pure, demai, maasser cheni à Jérusalem -- est passée au crible des deux lectures du mot lakhem, la permission de consommer et le statut de bien, jusqu'au cas décisif du maasser cheni, où la seconde lecture oblige à restreindre une michna anonyme à l'avis des Sages contre Rabbi Meir. Au passage, une seconde mahloket oppose Rabbi Ami et Rabbi Assi sur le motif rabbinique interdisant de prendre à priori un cédrat de terouma pure -- il le rend apte à l'impureté, ou il l'abîme -- avec une nafka mina finement construite.

La dernière partie change de registre : hadar redevient une exigence de beauté physique, avec la hazazit dont Rav distingue selon la dispersion, la correction que la Guemara apporte à cette tradition après l'objection de Rava, la règle du hotem où la moindre tache invalide, et la controverse à trois voix sur ce que désigne exactement le pitam. Le folio s'interrompt sur le cédrat pelé, la réponse étant donnée au verso.

Le fil du folio : de la propriété du fruit à sa beauté Trois mouvements. On solde la question du maasser cheni, on épuise la liste de la michna, puis on change de registre. Mouvement 1 (seg. 0-2) -- fin de la gezera chava le'hem-le'hem, et une preuve qui s'effondre La matsa n'a aucun mot possessif : on la relie à la halla par le mot le'hem, et l'exigence mi-chelakhem passe de l'une à l'autre. La Guemara croit trouver un appui : R. Meir exempte la pâte de maasser cheni de la halla. Mais c'est littéralement le même cas. Reformulation : de leur désaccord sur la halla, peut-on déduire leur désaccord sur le cédrat et la matsa ? Réponse en suspens : la halla a deux fois arissotekhem -- une exclusion redondante que la matsa n'a pas. Leçon de méthode : un appui qui répète la thèse ne l'appuie pas -- il faut chercher un cas où la thèse est extrapolée. Mouvement 2 (seg. 3-10) -- la michna case par case, sous deux critères Deux axes ont été dégagés au recto : heter akhila (permission de consommer) et din mamon (statut de bien). Terouma impure : passoul, faute de permission de consommer -- le critère minimal suffit déjà à l'écarter. Terouma pure : valable après coup, mais on ne la prend pas -- pour un motif tout différent, rabbinique. Deuxième mahloket, R. Ami contre R. Assi : le mouillé rend apte à l'impureté, ou bien le maniement abîme. Demai : Beit Hillel s'appuient sur un possible -- il pourrait se faire pauvre, donc lakhem se lit déjà. Maasser cheni à Jérusalem : le cas décisif. Kacher pour tous selon le critère de la consommation ; selon le critère du bien, la michna ne peut être que celle des Sages -- pour R. Meir il serait passoul. Noter la symétrie : chaque clause de la michna est passée au crible des deux critères, l'un après l'autre. Rien n'est ajouté à la doctrine : le folio vérifie que les deux lectures tiennent sur toute la liste. Mouvement 3 (seg. 11-14) -- changement de registre : le hadar devient physique On quitte le droit de propriété pour l'apparence du fruit. Même mot -- hadar -- mais un tout autre critère. Hazazit : Rav distingue un endroit unique de deux ou trois. Rava renverse -- dispersé, c'est menoumar, tacheté. La Guemara corrige la tradition : la parole de Rav portait sur la fin de la michna, pas sur son début. Rava ajoute le hotem : sur le renflement du haut, la moindre tache invalide -- c'est là que l'œil se pose. Pitam ou boukhna : trois lectures s'affrontent sur ce qu'on enlève exactement, et de quel bout du fruit. Le folio s'interrompt sur la réponse de Rava au sujet du cédrat pelé : lo kachya -- la suite est au verso.
Le fil du folio en trois mouvements : la fin de la gezera chava, la liste de la michna passée au crible des deux critères, puis le passage au hadar physique.
Deux critères, une liste : la michna passée au crible Le mot lakhem (à vous) est lu de deux façons. Chaque clause du folio teste laquelle tient. Critère A -- heter akhila Le fruit doit m être permis à la consommation Critère B -- din mamon Le fruit doit avoir statut de bien qui m appartient Cas de la michna Selon A Selon B Terouma impure (seg. 3) On ne peut ni la manger ni la garder : elle est vouée à être brûlée passoul passoul Terouma pure, après coup (seg. 6) Mangeable par un cohen ; sert aux kidouchin et se vend à des cohanim kacher kacher Demai, selon Beit Hillel (seg. 7) S'il le voulait il se ferait pauvre -- et un pauvre mange du demai kacher kacher Demai, selon Beit Chammai (seg. 8) Un pauvre non plus ne mange pas de demai : le détour ne mène nulle part passoul sans objet Maasser cheni à Jérusalem, après coup (seg. 10) -- le cas décisif Mangeable à Jérusalem par tous ; mais pour R. Meir c'est un bien du Haut, non un bien privé kacher -- divrei ha-kol kacher, mais rabanan seulement C'est ici que les deux lectures se séparent enfin : la michna anonyme tranche-t-elle contre R. Meir ? Nafka mina : selon le critère B, notre michna exclut R. Meir ; selon le critère A, elle convient à tous. Toute la question est de savoir si lakhem exige seulement de pouvoir manger, ou aussi de posséder.
Chaque cas de la michna teste par les deux lectures de lakhem : permission de consommer (A) ou statut de bien (B). Seul le maasser cheni à Jérusalem les sépare.
Anatomie du cédrat et géographie des défauts Le vocabulaire du folio : pitam, boukhna, oketz, hotem, kelipa. Chaque zone a sa règle propre. pitam / boukhna la protubérance du sommet. Enlevée -- passoul (seg. 13) hotem le renflement où le fruit commence à s'incliner vers le haut là, même la moindre tache invalide -- l'œil s'y pose (Rava) kelipa hitsona -- écorce extérieure c'est elle qui s'abîme au maniement (mafsida, seg. 4) pelé jusqu'au rouge de la datte : Rava dit kacher (seg. 14) hadrei ha-zera -- loges des pépins pour le Roch, un trou qui les atteint vaut trou traversant oketz -- pédoncule, du côté de la queue selon R. Yitshak ha-Levi, c'est là que se joue nitla pitmato Règle générale du folio Le même défaut ne vaut pas partout la même chose : la surface tolère selon l'étendue, le hotem ne tolère rien, le sommet et la queue se discutent. Schéma indicatif -- proportions non contractuelles
Le vocabulaire anatomique du folio : pitam, boukhna, hotem, écorce, loges des pépins, oketz -- et la règle propre à chaque zone.
1
״וְהָיָה בַּאֲכָלְכֶם מִלֶּחֶם הָאָרֶץ״. מַה לְהַלָּן — מִשֶּׁלָּכֶם וְלֹא מִשֶּׁל מַעֲשֵׂר, אַף כָּאן — מִשֶּׁלָּכֶם וְלֹא מִשֶּׁל מַעֲשֵׂר.

« Et il en sera, quand vous mangerez du pain du pays [vous en prelevrez un don pour le Seigneur] » (Nombres 15,19). De même que là-bas -- pour la halla -- il faut que ce soit du vôtre et non du maasser (cheni), de même ici -- pour la matsa -- il faut que ce soit du vôtre et non du maasser.

📜 Rachi (1)
וְהָיָה בַּאֲכָלְכֶם גַּבֵּי חַלָּה כְּתִיב:
Ve-haya be-akhlekhem, et il en sera quand vous mangerez -- c'est écrit à propos de la halla.
💡 Explication

Ce segment achève la gezera chava commencée au recto. Rappel du problème : pour le cédrat, le verset dit lakhem, à vous ; pour la pâte, il dit arissotekhem, vos pétrins. Mais pour la matsa, aucun mot possessif ne figure dans le verset. D'où vient alors l'exigence que la matsa soit mi-chelakhem, du vôtre ?

La réponse passe par le mot le'hem, pain. La matsa est appelée le'hem oni (pain de pauvreté) ; la halla est prélevée mi-le'hem ha-aretz, du pain du pays. Le mot commun autorise à transférer d'un verset à l'autre l'exigence de propriété que la halla porte explicitement.

La conséquence est nette : on ne s'acquitte pas de la matsa avec du maasser cheni -- même mangé à Jérusalem, là où il est parfaitement permis à la consommation -- si l'on tient que le maasser cheni est un bien du Haut et non un bien privé.

2
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: עִיסָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: חַיֶּיבֶת בְּחַלָּה. לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ? הִיא הִיא!

Disons que [la baraita suivante] vient à son appui : une pâte de maasser cheni est exempte de la halla -- parole de Rabbi Meir ; et les Sages disent : elle est soumise à la halla. -- « Disons que cela vient à son appui » ? Mais c'est exactement la même chose !

📜 Rachi (1)
הִיא הִיא וַדַּאי מְסַיַּיע לֵיהּ וּמַאי לֵימָא:
Hi hi, c'est la même chose -- cela l'appuie assurément ; que vient donc faire ce lima (disons que) ?
💡 Explication

La Guemara croit avoir trouvé une source tannaitique confirmant Rabbi Assi : Rabbi Meir exempte de la halla une pâte faite de maasser cheni, précisément parce qu'elle ne lui appartient pas.

Mais l'objection tombe aussitôt, et elle porte sur la forme de la proposition, non sur son fond. L'expression lima messaya leh (disons que cela vient à son appui) sert normalement à rapprocher deux énoncés distincts. Ici, la baraita ne ressemble pas à l'enseignement de Rabbi Assi : elle est son enseignement, mot pour mot. Un appui qui ne fait que répéter la thèse n'appuie rien du tout.

3
אֶלָּא: מִדֻּבַּהָא פְּלִיגִי — בְּהָא נָמֵי פְּלִיגִי, אוֹ דִּלְמָא: שָׁאנֵי עִיסָּה, דְּאָמַר קְרָא ״עֲרִיסוֹתֵיכֶם״ ״עֲרִיסוֹתֵיכֶם״ תְּרֵי זִימְנֵי.

Mais [voici ce qu'il faut entendre] : du fait qu'ils divergent sur ce cas-ci [la halla], divergent-ils aussi sur celui-là [le cédrat et la matsa] ? Ou peut-être la pâte est-elle différente, puisque le verset a dit « vos pétrins », « vos pétrins », deux fois ?

📜 Rachi (2)
אֶלָּא וַדַּאי בְּהָא מְסַייְּעָא וְלֵימָא דְּקָאָמְרִינַן אַסִּייַּעְתָּא דְּאֶתְרוֹג וּמַצָּה קָאָמַר וְהָכִי קָאָמַר לֵימָא מְסַייֵּעַ לְרַבִּי אַסִּי בְּכוּלְּהוּ דְּמִדֻּבַּהָא פְּלִיגִי בְּאֶתְרוֹג וּמַצָּה נָמֵי פְּלִיגִי דְּהָא חַד טַעְמָא הוּא דְּהָתָם נָמֵי לָכֶם כְּתִיב וּמַצָּה נָמֵי מֵחַלָּה יָלְפָא:
Ela vadaï, mais assurément -- sur ce point-là (la halla), la baraita l'appuie bien, et le lima (disons que) que nous avons formulé portait sur l'appui concernant le cédrat et la matsa. Voici donc ce qu'il faut entendre : disons que cela appuie Rabbi Assi pour tous les cas, car du fait qu'ils divergent ici (sur la halla), ils divergent aussi là (sur le cédrat et la matsa) -- puisque c'est un seul et même motif : là aussi il est écrit lakhem, et la matsa se déduit de la halla.
אוֹ דִלְמָא שָׁאנֵי עִיסָּה בְּהָא הוּא דְּקָאָמַר ר"מ פְּטוּרָה דִּכְתִיב מִיעוּטָא יַתִּירָא אֲבָל בְּחַד מִיעוּטָא לָא נָפְקָא לָן דְּכֵיוָן דְּמִשְׁתְּרֵי לַאֲכִילָה אע"ג דְּלֵית בָּהּ דִּין מָמוֹן לָכֶם קָרֵינָא בֵיהּ:
O dilma chani issa, ou peut-être la pâte est-elle différente -- c'est seulement ici que Rabbi Meir la déclare exempte, parce qu'il y a une exclusion (mi'out) redondante écrite dans le verset ; mais avec une seule exclusion nous ne l'aurions pas déduit, car dès lors qu'elle est permise à la consommation, même si elle n'a pas statut de bien, on lit encore à son propos lakhem (à vous).
🗂️ Tossefot (1)
דִּכְתִיב עֲרִיסוֹתֵיכֶם תְּרֵי זִימְנֵי. אע"ג דְּתַרְוַייְהוּ דָּרְשִׁינַן בִּמְנָחוֹת פֶּרֶק ר' יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סז.) לִמְעוּטֵי עִיסַּת נָכְרִי וְעִיסַּת הֶקְדֵּשׁ וְעוֹד דְּרֵישׁ לֵיהּ בְּפֶרֶק רֵאשִׁית הַגֵּז (חֻולִּין דַּף קַלָּה:) לִכְדֵי עֲרִיסוֹתֵיכֶם כְּשִׁיעוּר עִיסַּת מִדְבָּר הָכָא דָּחוּי בְּעָלְמָא הוּא:
De-khtiv arissotekhem trei zimnei, car il est écrit « vos pétrins » deux fois. Bien que nous exposions les deux occurrences dans Menahot, au chapitre Rabbi Yichmael (67a), pour exclure la pâte d'un non-Juif et la pâte consacrée ; et bien qu'on en tire encore, au chapitre Rechit ha-Guez (Houlin 135b), le ke-dei arissotekhem (la mesure de la pâte du désert) -- ici ce n'est qu'une réfutation de circonstance (dihouï be-alma).
💡 Explication

La Guemara sauve sa question en la reformulant. L'appui recherché n'est pas sur la halla elle-même -- où il n'y aurait rien à démontrer -- mais sur une extrapolation : de ce que Rabbi Meir et les Sages divergent au sujet de la halla, peut-on conclure qu'ils divergent de même au sujet du cédrat et de la matsa ?

La réponse reste ouverte, et c'est une objection technique qui l'ouvre : le verset de la halla contient deux fois le mot arissotekhem. Cette redondance est une exclusion supplémentaire (mi'out yater) qui pourrait n'exister que là. Si tel est le cas, Rabbi Meir n'exempte la pâte qu'en raison de ce doublon, et rien ne permet de transposer sa position aux deux autres mitsvot.

Tossefot signale une fragilité : ces deux occurrences sont déjà mobilisées ailleurs pour d'autres derachot. Sa conclusion est franche -- l'argument est un dihouï be-alma, une réponse de rejet, non une exégèse assumée. La Guemara cherche seulement à ne pas conclure trop vite.

4
שֶׁל תְּרוּמָה טְמֵאָה פְּסוּלָה. דְּלֵית בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה.

[La michna dit :] « [Un cédrat] de terouma impure est passoul (invalide). » -- Parce qu'il n'y a pas en lui de permission de consommation (heter akhila).

💡 Explication

La Guemara reprend maintenant la michna, clause par clause, et vérifie que chaque cas s'explique bien par l'un des deux critères dégagés plus haut : heter akhila (la permission de manger) et din mamon (le statut de bien).

La terouma impure est le cas le plus simple : elle ne peut être mangée de personne et doit être brûlée. Le critère minimal -- pouvoir la consommer -- suffit déjà à l'écarter. Aucun besoin de recourir au second critère.

5
וְשֶׁל תְּרוּמָה טְהוֹרָה לֹא יִטּוֹל. פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי, חַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמַּכְשִׁירָהּ, וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמַּפְסִידָהּ.

[La michna dit :] « Et [d'un cédrat] de terouma pure, on ne prendra pas [à priori]. » -- Rabbi Ami et Rabbi Assi divergent à ce sujet : l'un dit, parce qu'il la rend apte [à contracter l'impureté] (makhchira) ; et l'autre dit, parce qu'il l'abîme (mafsida).

📜 Rachi (2)
שֶׁמַּכְשִׁירָהּ לְקַבֵּל טֻומְאָה דְּאָמְרִינַן בְּמָתְנֵי' (דַּף מב.) מְקַבֶּלֶת אִשָּׁה מִיָּד בְּנָהּ וּמִיַּד בַּעְלָהּ וּמְחַזֶּרֶת לַמַּיִם בְּשַׁבָּת שֶׁהָיוּ שׁוֹרִין הָאֲגֻודָּה בְּשַׁבָּת כְּדֵי שֶׁלֹּא יִיבְשׁוּ וּכְשֶׁנּוֹגְעִים בְּאֶתְרוֹג הֻוכְשַׁר לְטֻומְאָה דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא י״א:ל״ח) וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע וְאָסוּר לִגְרֹום טֻומְאָה לִתְרוּמָה דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ח:ח׳) מִשְׁמֶרֶת תְּרוּמָתִי אֲמַר רַחֲמָנָא עֲשֵׂה לָהּ שִׁימּוּר:
She-makhchira, parce qu'il la rend apte -- à recevoir l'impureté. Car nous avons appris dans la michna (42a) : une femme reçoit [le loulav] de la main de son fils ou de la main de son mari et le remet dans l'eau le chabbat -- on faisait tremper le bouquet le chabbat pour qu'il ne sèche pas ; et lorsque [les branches mouillées] touchent le cédrat, celui-ci devient apte à l'impureté, ainsi qu'il est écrit (Lévitique 11,38) : « et si de l'eau a été mise sur une semence ». Or il est interdit de provoquer l'impureté de la terouma, ainsi qu'il est écrit (Nombres 18,8) : michmeret teroumati, la garde de ma terouma -- le Miséricordieux dit : fais-lui une garde.
שֶׁמַּפְסִידָהּ קְלִיפָּתָהּ הַחִיצוֹנָה נִמְאֶסֶת בְּמִשְׁמוּשׁ הַיָּדַיִם וְאָסוּר לְהַפְסִיד תְּרוּמָה כִּדְפָרֵישִׁית:
She-mafsida, parce qu'il l'abîme -- son écorce extérieure devient répugnante sous le maniement des mains, et il est interdit de dégrader de la terouma, comme je l'ai expliqué.
🗂️ Tossefot (1)
מִפְּנֵי שֶׁמַּכְשִׁירָהּ. שֶׁהַלּוּלָב כְּמוֹ שֶׁהוּא אָגוּד נוֹתְנִין אוֹתוֹ בַּמַּיִם כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכְמֹושׁ כְּדִתְנַן בְּפִירְקִין (דַּף מב.) וּמַחֲזִירוֹ לַמַּיִם וּכְשֶׁנּוֹטְלוֹ נוֹטְפִין מֵימָיו עַל הָאֶתְרוֹג וַהֲוָה מָצֵי לְמֵימַר אִיכָּא בֵינַייְהוּ שֶׁכְּבָר הֻוכְשַׁר:
Mipnei che-makhchira, parce qu'il la rend apte. Car le loulav, tel qu'il est lié, on le met dans l'eau pour qu'il ne se fane pas, comme nous l'avons appris dans notre chapitre (42a) : « et il le remet dans l'eau » ; et quand on le prend, son eau goutte sur le cédrat. Il aurait aussi pu dire, comme différence pratique, le cas où [le cédrat] a déjà été rendu apte à l'impureté auparavant.
💡 Explication

Attention au changement de registre : ici l'invalidité n'est plus en cause. La terouma pure est parfaitement mangeable et possède un statut de bien ; le cédrat est donc kacher après coup. La michna dit seulement lo yitol -- on ne le prendra pas à priori. Le motif est rabbinique et n'a rien à voir avec les critères du lakhem.

Premier motif : makhchira. Un végétal ne peut contracter l'impureté que s'il a été mouillé par l'un des sept liquides. Or on faisait tremper le bouquet dans l'eau pour qu'il ne sèche pas ; l'eau qui goutte sur le cédrat le rend mouchkhar, apte à l'impureté. Provoquer cela sur de la terouma contrevient à l'obligation de michmeret teroumati, la garde de la terouma.

Second motif : mafsida. Le maniement répété rend l'écorce extérieure répugnante, et il est interdit de dégrader de la terouma. Noter que les deux motifs ne visent pas la même chose : l'un protège le fruit d'un statut d'impureté, l'autre protège sa substance matérielle.

🖼️ Schéma
Pourquoi ne prend-on pas à priori un cédrat de terouma pure ? Deux motifs rabbiniques, et un cas qui les sépare : la nafka mina de la Guemara. Mipnei che-makhchira -- il la rend apte Le loulav trempé dans l'eau ; en le prenant, l'eau goutte sur le cédrat. Un végétal mouillé par l'un des sept liquides devient apte à l'impureté. Or il est interdit de provoquer l'impureté de la terouma : michmeret teroumati. Le risque porte sur le fruit entier, écorce comprise ou non. Mipnei che-mafsida -- il l'abîme L'écorce extérieure devient répugnante sous le maniement répété des mains. Or il est interdit de gaspiller ou de dégrader de la terouma. Le dommage est donc localisé : il porte sur l'écorce, et sur elle seule. Si l'écorce n'est pas terouma, il n'y a plus rien à protéger. Nafka mina : il a proclamé le nom de terouma sur le fruit, à l'exclusion de son écorce extérieure Le cas est construit pour dissocier exactement ce que chaque motif protège. Ika -- il y a interdit l'eau rend malgré tout apte à l'impureté la partie sanctifiée Leka -- pas d'interdit l'écorce que l'on abîme n'a jamais eu le statut de terouma
Les deux motifs rabbiniques qui interdisent de prendre à priori un cédrat de terouma pure, et le cas construit pour les séparer.
6
מַאי בֵינַייְהוּ? כְּגוֹן שֶׁקָּרָא עָלֶיהָ שֵׁם חוּץ מִקְּלִיפָּתָהּ חִיצוֹנָה. לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּכְשִׁירָהּ — אִיכָּא. לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּפְסִידָהּ — לֵיכָּא.

Quelle est la différence pratique entre eux ? Par exemple lorsqu'il a proclamé sur lui le nom [de terouma] à l'exclusion de son écorce extérieure.

Pour celui qui dit : parce qu'il la rend apte à l'impureté -- il y a [interdit]. Pour celui qui dit : parce qu'il l'abîme -- il n'y en a pas.

💡 Explication

Le cas est construit avec précision pour dissocier exactement ce que chaque motif protège. Un homme sanctifie son cédrat comme terouma hors son écorce extérieure, qui reste profane (houlin).

Pour le motif de l impureté, rien ne change : l'eau qui touche le fruit le rend apte à l'impureté, écorce ou pas -- la partie sanctifiée reste menacée. L'interdit demeure.

Pour le motif du dommage, tout change : la seule chose que le maniement abîme, c'est l'écorce -- et cette écorce n'a jamais eu le statut de terouma. Il n'y a plus rien à protéger, donc plus d'interdit. C'est la forme classique de la nafka mina : un cas de laboratoire, rare en pratique, mais qui révèle la structure exacte des deux positions.

7
וְאִם נָטַל כְּשֵׁרָה. לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה — הֲרֵי יֵשׁ בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה, לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן — הֲרֵי יֵשׁ בָּהּ דִּין מָמוֹן.

[La michna dit :] « Et s'il l'a pris, il est kacher. » -- Pour celui qui dit que [la orla est invalide] parce qu'il n'y a pas en elle de permission de consommation : ici, il y a bien permission de consommation. Pour celui qui dit que c'est parce qu'elle n'a pas statut de bien : ici, elle a bien statut de bien.

📜 Rachi (2)
הֲרֵי יֵשׁ בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה לְכֹהֵן וְיִשְׂרָאֵל נָמֵי נָפֵיק בָּהּ אִם לְקָחָהּ מִכֹּהֵן הוֹאִיל וְיָכוֹל לְהַאֲכִילָהּ לְבֶן בִּתּוֹ כֹּהֵן אֲבָל פִּדְיוֹן אֵין לָהּ לִהְיוֹת נִיתֶּרֶת לַאֲכִילַת יִשְׂרָאֵל וְהָאוֹמֵר כֵּן רָשָׁע הוּא:
Harei yech ba heter akhila, il y a bien en elle permission de consommation -- pour le cohen. Et un Israël aussi s'en acquitte, s'il l'a acquise d'un cohen, puisqu'il peut la donner à manger au fils de sa fille qui est cohen. Mais il n'y a pas pour elle de rachat (pidyon) qui la rendrait permise à la consommation d'un Israël -- et celui qui dit une telle chose est un racha (impie).
הֲרֵי יֵשׁ בָּהּ דִּין מָמוֹן כֹּהֵן מְקַדֵּשׁ בָּהּ אֶת הָאִשָּׁה וְיִשְׂרָאֵל נָמֵי אִם נָתְנָה לוֹ הַכֹּהֵן מְקַדֵּשׁ בָּהּ אֶת הָאִשָּׁה וּמוֹכְרָהּ לַכֹּהֲנִים וְהַדָּמִים שֶׁלּוֹ:
Harei yech ba din mamon, elle a bien statut de bien -- un cohen peut consacrer une femme (kidouchin) avec elle ; et un Israël aussi, si le cohen la lui a donnée, peut consacrer une femme avec elle, la vendre à des cohanim, et l'argent lui appartient.
💡 Explication

La terouma pure passe les deux critères, et c'est pourquoi elle est valable après coup quelle que soit la position retenue.

Heter akhila : elle est mangeable -- par un cohen. Rachi précise un point important : même un Israël s'en acquitte, car il peut la transmettre à un petit-fils cohen. Il ajoute une mise en garde sévère -- il n'existe aucun rachat qui rendrait la terouma permise à un Israël, et prétendre le contraire est le fait d'un racha.

Din mamon : elle a une valeur réelle et transférable. Le test employé est celui des kidouchin -- on peut consacrer une femme avec elle -- et celui de la vente à des cohanim, dont le prix revient au vendeur. Ce sont les deux signes classiques qu'un objet est bien un bien.

8
וְשֶׁל דְּמַאי. מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּבֵית הִלֵּל — כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְהוּ לְנִכְסֵיהּ וְהָוֵי עָנִי וַחֲזֵי לֵיהּ, הַשְׁתָּא נָמֵי ״לָכֶם״ קָרֵינָא בֵיהּ. דִּתְנַן: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי וְאֶת אַכְסַנְיָא דְּמַאי.

[La michna dit :] « Et [un cédrat] de demai [-- Beit Chammai le déclarent passoul et Beit Hillel kacher]. » -- Quel est le motif de Beit Hillel ? Puisque, s'il le voulait, il pourrait déclarer ses biens sans maître (hefker) et devenir pauvre, et alors [le demai] lui serait permis -- dès maintenant aussi on lit à son propos lakhem (à vous).

Car nous avons appris : on donne à manger du demai aux pauvres, et du demai aux akhsania (les soldats cantonnés).

📜 Rachi (4)
שֶׁל דְּמַאי לְקָחָם מֵעַם הָאָרֶץ וּסְתָם פֵּירוֹתֵיהֶן סָפֵק אֵינָן מְעֻושָּׂרִין:
Chel demai, de demai -- il les a achetés à un am ha-arets, et leurs fruits sont par défaut d'un doute : peut-être les dîmes n'en ont-elles pas été prélevées.
מַאי טַעְמַייְהוּ דְּבֵית הִלֵּל הָא לֵית בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה:
Maï taamaïhou de-Beit Hillel, quel est le motif de Beit Hillel -- or il n'y a pas en lui de permission de consommation !
וַחֲזֵי לֵיהּ דְּרֹוב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן וְחוּמְרָא בְּעָלְמָא הוּא שֶׁהֶעֱמִידוּ בִּסְפֵק טֶבֶל וְגַבֵּי עֲנִיִּים וְאַכְסְנָיָא לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם:
Ve-hazi leh, et il lui serait permis -- car la majorité des amei ha-arets prélèvent bien la dîme, et ce n'est qu'une stringence (houmra) que les Sages ont instituée en le tenant pour un tevel douteux ; or pour les pauvres et pour les akhsania ils n'ont pas maintenu leur décret.
אַכְסְנָיָא חַייְּלוֹתָיו שֶׁל מֶלֶךְ וּמַטִּיל מְזוֹנוֹתֵיהֶן עַל בְּנֵי הַמְּדִינָה:
Akhsania -- les troupes du roi, dont il impose l'entretien aux habitants de la province.
🗂️ Tossefot (2)
דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר נִכְסֵיהּ. לָא הֲוָה צָרִיךְ לְהַאי טַעְמָא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּיֵשׁ בּוֹ הֶיתֵּר אֲכִילָה לְעָנִי כְּמוֹ לְיִשְׂרָאֵל דְּנָפֵיק בְּשֶׁל תְּרוּמָה דַּחֲזֵי לְכֹהֵן וְדִכְווָתַהּ בְּפֶרֶק מְפַנִּין (שַׁבָּת דַּף קכז: וְשָׁם) תְּרוּמָה וּדְמַאי פָּרִיךְ בגמ' דְּמַאי הָא לָא חֲזֵי לֵיהּ וּמְשַׁנֵּי כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְנִכְסֵיהּ וַהֲוָה מָצֵי לְמֵימַר הוֹאִיל וַחֲזֵי לְעָנִי כִּי הֵיכִי דְּשָׁרֵי הָתָם תְּרוּמָה בְּיַד יִשְׂרָאֵל הוֹאִיל וְחַזְיָא לְכֹהֵן וּבְהַהִיא דְּפֶרֶק בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לא.) דִּתְנַן מְעָרְבִין בִּדְמַאי וּמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא מִשּׁוּם דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר נִכְסֵיהּ הָתָם נִיחָא דְּאִיצְטְרִיךְ לְהַהוּא טַעְמָא לְיַשְּׁבָהּ אֲפִילּוּ כְּסוּמָכוֹס דִּפְלִיג עַל יִשְׂרָאֵל בִּתְרוּמָה וְאַהָא לָא פְּלִיג:
De-i baei mafker nikhseh, puisque, s'il le voulait, il déclarerait ses biens hefker. On n'avait pas besoin de ce motif : il aurait suffi de dire qu'il y a permission de consommation pour un pauvre -- exactement comme un Israël s'acquitte avec de la terouma parce qu'elle convient à un cohen. Il en va de même au chapitre Mefanin (Chabbat 127b et parallèles) : [on peut déplacer] la terouma et le demai ; la Guemara objecte : le demai, mais il ne lui est pas permis ! et l'on répond : puisque, s'il le voulait, il déclarerait ses biens hefker -- alors qu'on aurait pu dire : puisqu'il convient à un pauvre, de même qu'on permet là-bas la terouma dans la main d'un Israël puisqu'elle convient à un cohen. Quant au passage de Erouvin, chapitre Be-khôl Mearvin (31a), où nous avons appris qu'on fait le erouv avec du demai et où la Guemara explique : parce que, s'il le voulait, il déclarerait ses biens hefker -- là, cela se comprend : ce motif-là était nécessaire pour que la michna tienne même selon Soumkhos, qui diverge au sujet de l'Israël et de la terouma, alors que sur ce point-ci il ne diverge pas.
מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי וְאֶת הָאַכְסְנָאִים דְּמַאי. מִשְׁנָה בְּפֶרֶק ג' דִּדְמַאי וּפְלִיגִי בגמ' דִּירוּשַׁלְמִי דְּרַבִּי יוֹנָה אָמַר בַּעֲנִיִּים חֲבֵרִים וּבְאַכְסְנָיָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ כְּדִמְפָרֵשׁ הָתָם שֶׁהֵם יִשְׂרָאֵל וְר' יוֹסֵי אָמַר בַּעֲנִיִּים עַמֵּי הָאָרֶץ הִיא וּבְאַכְסְנָיָא נָכְרִי:
Maakhilin et ha-aniyim demai ve-et ha-akhsanain demai, on donne à manger du demai aux pauvres et du demai aux akhsania. C'est une michna au chapitre 3 de Demai, et l'on diverge à son sujet dans la Guemara du Yeroushalmi : Rabbi Yona dit qu'il s'agit de pauvres haverim (scrupuleux), et que pour les akhsania c'est selon Rabbi Yehochoua, comme il l'explique là-bas, à savoir qu'ils sont des Israël ; et Rabbi Yossi dit qu'il s'agit de pauvres amei ha-arets, et que les akhsania sont des non-Juifs.
💡 Explication

Le demai est un produit acheté à un am ha-arets, dont on doute que les dîmes aient été prélevées. En droit strict il n'est pas permis à la consommation -- ce qui devrait, selon le critère du heter akhila, invalider le cédrat. Beit Hillel le déclarent pourtant kacher.

Leur raisonnement est de type hoïl (puisque) : cet homme pourrait, s'il le voulait, déclarer tous ses biens hefker et devenir pauvre ; or on autorise expressément les pauvres à manger du demai. Un état non réalisé mais accessible suffit donc à qualifier l'objet dès maintenant comme lakhem.

Rachi éclaire pourquoi ce raccourci est légitime : l'interdit du demai n'est qu'une houmra, une stringence rabbinique fondée sur un doute, alors que la majorité des amei ha-arets prélèvent bel et bien la dîme. Les Sages n'ont pas maintenu leur décret là où il aurait pesé sur des pauvres. Tossefot, lui, s'étonne du détour : on aurait pu se contenter de dire qu'il convient à un pauvre, comme la terouma dans la main d'un Israël convient à un cohen.

🖼️ Schéma
Un cédrat de demai : le raisonnement par le possible Beit Hillel n'autorisent pas le demai. Ils constatent seulement qu'il est déjà lakhem. Cédrat acheté à un am ha-arets doute : les dîmes ont-elles été prélevées ? Beit Hillel -- kacher La majorité des amei ha-arets prélèvent bien la dîme. L'interdit du demai n'est qu'une houmra rabbinique. On la lève pour les pauvres et pour les akhsania. Or cet homme pourrait déclarer ses biens hefker... ...devenir pauvre, et le manger légitimement. Donc dès maintenant on lit à son propos lakhem. Beit Chammai -- passoul Pour eux, un pauvre non plus ne mange pas de demai. Rav Houna atteste la baraita : Beit Chammai disent ein maakhilin -- on ne leur en donne pas à manger. Le détour par la pauvreté ne mène donc à rien : même devenu pauvre, il n'aurait pas le droit d'en manger. Pas de heter akhila, même en puissance : passoul. La forme de l'argument -- hoïl (puisque) Un état non réalisé mais accessible suffit à qualifier l'objet. Tossefot note qu'on aurait pu faire plus simple : puisqu'il convient à un pauvre, comme la terouma en main d'Israël convient à un cohen.
Le cédrat de demai : Beit Hillel raisonnent sur un état non réalisé mais accessible ; Beit Chammai coupent la voie à la racine.
9
וּבֵית שַׁמַּאי, עָנִי לָא אָכֵיל דְּמַאי, דִּתְנַן: (אֵין) מַאֲכִילִין הָעֲנִיִּים דְּמַאי וְאֶת הָאַכְסְנָאִים דְּמַאי, וְאָמַר רַב הוּנָא: תַּנָּא, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים וְאֶת הָאַכְסְנָאִים דְּמַאי, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי וְאֶת הָאַכְסְנָאִים דְּמַאי.

Et Beit Chammai [le déclarent passoul, car] un pauvre ne mange pas de demai. Car nous avons appris : on ne donne pas à manger du demai aux pauvres ni du demai aux akhsania.

Et Rav Houna a dit : il a été enseigné [dans une baraita] -- Beit Chammai disent : on ne donne pas à manger aux pauvres ni aux akhsania du demai ; et Beit Hillel disent : on donne à manger du demai aux pauvres et du demai aux akhsania.

🗂️ Tossefot (1)
וְאָמַר רַב הוּנָא תָּנָא ב"ש אוֹמְרִים אֵין מַאֲכִילִין. וּסְתָם מַתְנֵי' בְּמַס' דְּמַאי דְּמַאֲכִילִין וְתֵימַהּ מַאי קמ"ל רַב הוּנָא בְּמַאי דב"ש פְּלִיגִי וְאִיכָּא לְשַׁנּוֹיֵי הָכָא כְּדִמְשַׁנֵּי פֶּ' בָּתְרָא דִּיבָמוֹת (דַּף קכב.) דִּתְנַן וּמַשִּׂיאִין עַל פִּי בַּת קוֹל אָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל בַּגְּמָרָא ב"ש אוֹמְרִים אֵין מַשִּׂיאִין וב"ה אוֹמְרִים מַשִּׂיאִין וּפָרִיךְ מַאי קמ"ל וּמְשַׁנֵּי דְּהָא קמ"ל דְּאִי מַשְׁכַּחַת סְתָמָא דְּתַנְיָא אֵין מַשִּׂיאִין ב"ש הִיא וְלָא סָמְכִינַן עֲלָהּ:
Ve-amar Rav Houna tana Beit Chammai omrim ein maakhilin, et Rav Houna a dit : il a été enseigné que Beit Chammai disent : on ne donne pas à manger. Or la michna anonyme (setam) au traité Demai enseigne bien qu'on donne à manger -- et il y a lieu de s'étonner : que nous apprend donc Rav Houna en signalant que Beit Chammai divergent ? On peut répondre ici comme on répond au dernier chapitre de Yevamot (122a), où nous avons appris qu'on autorise [une femme à se remarier] sur la foi d'une bat kol (voix céleste) : Rabba bar Chmouel dit dans la Guemara que Beit Chammai disent qu'on n'autorise pas et que Beit Hillel disent qu'on autorise ; on objecte : que nous apprend-il ? et l'on répond : il nous apprend que si tu trouves un enseignement anonyme disant qu'on n'autorise pas, c'est Beit Chammai -- et nous ne nous appuyons pas dessus.
💡 Explication

La position de Beit Chammai s'explique en coupant le raisonnement de Beit Hillel à sa racine : pour eux, un pauvre non plus n'a pas le droit de manger du demai. Le détour par la pauvreté volontaire ne mène donc nulle part, et il n'y a de permission de consommation ni en acte ni en puissance.

Tossefot soulève une question de méthode. La michna de Demai enseigne anonymement qu'on donne du demai aux pauvres : que nous apprend Rav Houna en précisant que c'est une controverse ? Réponse, sur le modèle de Yevamot : la valeur de son enseignement est défensive. Il nous avertit que si nous rencontrons ailleurs une baraita anonyme énonçant l'inverse, il ne faudra pas s'y fier -- ce sera l'opinion isolée de Beit Chammai.

10
שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם. לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּכְשִׁירָהּ — הֲרֵי מַכְשִׁירָהּ, לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּפְסִידָהּ — הֲרֵי מַפְסִידָהּ.

[La michna dit :] « [Un cédrat] de maasser cheni à Jérusalem [-- on ne le prendra pas]. » -- Pour celui qui dit : parce qu'il la rend apte à l'impureté -- ici aussi il la rend apte. Pour celui qui dit : parce qu'il l'abîme -- ici aussi il l'abîme.

📜 Rachi (1)
הֲרֵי מַכְשִׁירָהּ וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בָּעֵי שִׁימּוּר דְּקוֹדֶשׁ אִיקְּרִי דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ז:ל׳) וְכָל מַעְשַׂר הָאָרֶץ וְגוֹ':
Harei makhchira, il le rend bien apte [à l'impureté] -- et le maasser cheni requiert lui aussi une garde, car il est appelé kodech (saint), ainsi qu'il est écrit (Lévitique 27,30) : « et toute dîme de la terre... [est au Seigneur, elle est sainte pour le Seigneur] ».
💡 Explication

La Guemara applique au maasser cheni exactement la grille utilisée pour la terouma pure. La michna dit de nouveau lo yitol -- on ne le prendra pas à priori -- et les deux motifs de Rabbi Ami et Rabbi Assi valent ici à l'identique.

Rachi comble le seul maillon manquant : pourquoi faudrait-il protéger le maasser cheni de l'impureté ? Parce qu'il est lui aussi appelé kodech par le verset de Lévitique 27,30. L'obligation de garde ne vaut donc pas seulement pour la terouma.

11
וְאִם נָטַל — כְּשֵׁרָה. לְמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה — דִּבְרֵי הַכֹּל. לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן — הָא מַנִּי רַבָּנַן הִיא.

[La michna dit :] « Et s'il l'a pris, il est kacher. » -- Pour celui qui dit que [la orla est invalide] parce qu'il n'y a pas en elle de permission de consommation : c'est la parole de tous (divrei ha-kol). Pour celui qui dit que c'est parce qu'elle n'a pas statut de bien : selon qui est-ce ?

C'est l'avis des Sages (rabanan).

📜 Rachi (3)
לָמֶ"ד בְּעָרְלָה לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה אֲבָל אִי הֲוָה בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה הֲוָה מִתַּכְשְׁרָא וַאֲפִילּוּ לֵית בָּהּ דִּין מָמוֹן הָא יֵשׁ בּוֹ נָמֵי הֶיתֵּר אֲכִילָה וּמַתְנִי' דְּתָנֵי כָּשֵׁר דִּבְרֵי הַכֹּל הִיא וַאֲפִילּוּ לר"מ דְּאָמַר מַעֲשֵׂר שֵׁנִי מָמוֹן גָּבוֹהַּ הוּא מִיתּוֹקְמָא דְּהָא בְּהָא דִּין מָמוֹן לָא בָּעֵינַן דְּכֵיוָן דְּאָכִיל לָהּ לָכֶם קָרֵינָא בֵיהּ:
Le-man de-amar, pour celui qui dit -- au sujet de la orla, que c'est parce qu'il n'y a pas en elle de permission de consommation. Mais s'il y avait permission de consommation, elle serait valide, et cela même si elle n'avait pas statut de bien. Or ici il y a aussi permission de consommation ; la michna qui enseigne kacher est donc l'avis de tous, et elle s'établit même selon Rabbi Meir, qui dit que le maasser cheni est un bien du Haut (mamon gavoah) -- car selon cette position le statut de bien n'est pas requis : dès lors qu'il le mange, on lit à son propos lakhem.
ומ"ד בְּעָרְלָה לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן דְּאִי נָמֵי הֲוָה בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה הֲוָה פָּסֵיל לָהּ מִשּׁוּם דְּלֵיתֵיהּ מָמוֹן לִשְׁאָר הֲנָאוֹת כְּגוֹן מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם לר"מ:
Ou-man de-amar, et pour celui qui dit -- au sujet de la orla, que c'est parce qu'elle n'a pas statut de bien : même s'il y avait permission de consommation, il l'invaliderait, parce qu'elle n'est pas un bien quant aux autres profits -- tel le maasser cheni à Jérusalem selon Rabbi Meir.
מַתְנִיתִין רַבָּנָן הִיא דְּאָמְרִי מַעֲשֵׂר מָמוֹן הֶדְיוֹט הוּא וְלֹא ר"מ דְּאִילּוּ לר"מ פָּסוּל:
Matnitin rabanan hi, notre michna est celle des Sages -- qui disent que le maasser [cheni] est un bien de particulier (mamon hedyot), et non celle de Rabbi Meir ; car selon Rabbi Meir il serait passoul.
💡 Explication

C'est le point où les deux lectures se séparent enfin -- tout le reste du folio y menait.

Selon le critère de la consommation seule : à Jérusalem, le maasser cheni se mange normalement. La michna qui le déclare kacher après coup convient donc à tout le monde, y compris Rabbi Meir, pour qui le maasser cheni est un mamon gavoah, un bien du Haut. Peu importe à qui il appartient : on peut le manger, donc il est lakhem.

Selon le critère du statut de bien : il faut que le fruit m appartienne réellement. Or pour Rabbi Meir il ne m appartient pas. Notre michna anonyme ne peut donc être que celle des rabanan, qui tiennent le maasser cheni pour un mamon hedyot, un bien de particulier. C'est un coût sérieux pour cette lecture : elle oblige à restreindre une michna anonyme à une seule opinion.

12
עָלְתָה חֲזָזִית. אָמַר רַב חִסְדָּא: דָּבָר זֶה רַבֵּינוּ הַגָּדוֹל אֲמָרוֹ, הַמָּקוֹם יִהְיֶה בְּעֶזְרוֹ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּמָקוֹם אֶחָד, אֲבָל בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת — כָּשֵׁר. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אַדְּרַבָּה, בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת הָוֵה לֵיהּ כִּמְנֻומָּר, וּפָסוּל.

[La michna dit :] « S'il y est monté une hazazit (dartre, croûte) [sur sa majorité -- il est passoul]. » -- Rav Hisda a dit : cette parole-là, notre grand maître [Rav] l'a dite, que le Lieu soit à son secours : on n'a enseigné cela que lorsque [la dartre est] en un seul endroit ; mais en deux ou trois endroits -- kacher. Rava lui a dit : au contraire ! en deux ou trois endroits il est comme menoumar (tacheté), et il est passoul.

🗂️ Tossefot (1)
עָלְתָה חֲזָזִית עַל רֻובּוֹ. בִּירֻושַּׁל' מַשְׁמַע קְצָת דבי"ט [רִאשׁוֹן] דַּוְוקָא מִיפְסָל כִּדְפָרֵישִׁית בְּרֵישׁ פִּירְקִין:
Alta hazazit al roubo, s'il y est monté une dartre sur sa majorité. Dans le Yeroushalmi il ressort quelque peu que c'est précisément le premier jour de fête qu'il est invalide, comme je l'ai expliqué au début de notre chapitre.
💡 Explication

Le folio change de registre. Jusqu'ici, hadar était lu comme une exigence de propriété ; à partir d'ici il redevient ce qu'il paraît être -- une exigence de beauté physique du fruit.

La hazazit est une éruption cutanée du cédrat, une sorte de croûte ou de dartre. La michna invalide lorsqu'elle couvre la majorité. Rav ajoute une distinction : cela ne vaut que si elle est concentrée en un seul endroit ; dispersée en deux ou trois, il serait kacher.

Rava proteste, et son objection est de bon sens : la dispersion aggrave le défaut au lieu de l'atténuer, car un fruit marqué à plusieurs endroits ressemble à un fruit menoumar, bigarré -- ce que la michna invalide expressément. La formule de déférence employée par Rav Hisda -- « que le Lieu soit à son secours » -- accompagne d'ordinaire une tradition délicate à défendre.

13
אֶלָּא: אִי אִתְּמַר אַסֵּיפָא אִתְּמַר. עַל מִיעוּטוֹ — כָּשֵׁר. אָמַר רַב חִסְדָּא: דָּבָר זֶה רַבֵּינוּ הַגָּדוֹל אֲמָרוֹ, וְהַמָּקוֹם יִהְיֶה בְּעֶזְרוֹ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּמָקוֹם אֶחָד, אֲבָל בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת — הֲוָה לֵיהּ כִּמְנֻומָּר, וּפָסוּל. אָמַר רָבָא: וְעַל חָוטְמוֹ — וַאֲפִילּוּ בְּמַשֶּׁהוּ נָמֵי פָּסוּל.

Mais plutôt : si cet enseignement a été dit, c'est sur la fin [de la michna] qu'il a été dit. « Sur sa minorité -- kacher. » Rav Hisda a dit : cette parole-là, notre grand maître l'a dite, et que le Lieu soit à son secours : on n'a enseigné [cette validité] que lorsque c'est en un seul endroit ; mais en deux ou trois endroits il est comme tacheté, et il est passoul.

Rava a dit : et sur son hotem [le renflement du haut] -- même la moindre chose l'invalide également.

📜 Rachi (3)
ה"ג אֶלָּא אִי אִתְּמַר אַסֵּיפָא אִתְּמַר:
Telle est notre leçon : « Ela i itmar a-seifa itmar » -- mais si cela a été dit, c'est sur la fin [de la michna] qu'il a été dit.
וּבְחָוטְמוֹ בְּעֹובִי גָּבְהוֹ שֶׁמְּשַׁפֵּעַ מִשָּׁם וְיוֹרֵד לְצַד רֹאשׁוֹ:
Ou-ve-hotmo, et sur son hotem -- dans l'épaisseur de sa hauteur, là où il commence à s'incliner et descend vers son sommet.
אֲפִילּוּ כָּל שֶׁהוּא פָּסוּל שֶׁנִּרְאֶה שָׁם לָעֵינַיִם יוֹתֵר מִשְּׁאָר מְקוֹמוֹת שֶׁבּוֹ שֶׁבְּאוֹתוֹ עֹובִי אָדָם נוֹתֵן עֵינָיו:
Afilou kol che-hou passoul, même la moindre chose invalide -- car cela s'y voit plus qu'aux autres endroits du fruit : c'est sur cette épaisseur que l'homme pose les yeux.
⚖️ Rosh (3)
וַחֲזָזִית שֶׁעָלְתָה עַל רֻובּוֹ אוֹ עַל מִיעוּטוֹ בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת אוֹ מְנֻומָּר יֵרָאֶה שֶׁיֵּשׁ לוֹ תַּקָּנָה עַל יְדֵי קְלִיפָּה אִם יִהְיֶה מַרְאֶה הַקִּילּוּף כְּמַרְאֵה אֶתְרוֹג כָּשֵׁר וְזֶהוּ פְּסוּל שֶׁחוֹזֵר לְהֶכְשֵׁירוֹ: נִיקַּב תָּנֵי עֻולָּא בַּר חִינָּנָא נִיקַּב נֶקֶב מְפֻולָּשׁ בְּמַשֶּׁהוּ נֶקֶב שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ בִּכְאִיסָּר וַאֲפִילּוּ לֹא חָסֵר כְּלוּם וְאַסֵּיפָא קָאֵי וְכֵן מוּכָח בִּירוּשַׁלְמִי הֵל' ו דְּגָרַס הָתָם נִיקַּב וְלֹא פִּילֵּשׁ מִבִּפְנִים כָּשֵׁר כִּי הָא דִּתְנַן נִיקַּב וְלֹא חָסַר כָּל שֶׁהוּא כָּשֵׁר מִיהוּ לְשׁוֹן הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע דאע"פ שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ מֵעֵבֶר לְעֵבֶר אֶלָּא לְחַלֵּל הָוֵי מְפֻולָּשׁ מִדְּקָאָמַר וְלֹא פִּילֵּשׁ מִבִּפְנִים הָא פִּילֵּשׁ מִבִּפְנִים פָּסוּל אע"פ שֶׁאֵינוֹ מְפֻולָּשׁ מִשְּׁנֵי צְדָדִין וְכֵן פִּי' רִ"י אִם נִיקַּב עַד חַדְרֵי הַזֶּרַע שֶׁהַגַּרְעִין בְּתוֹכוֹ פָּסוּל אע"פ שֶׁלֹּא חִיסֵּר כְּלוּם וְהָא דְּבָעֵי נֶקֶב מְפֻולָּשׁ הַייְנוּ שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד הַחֲדָרִים וְנָקַב עַד הַחֶדֶר בִּכְלָל מְפֻולָּשׁ הוּא וְכֵן מִסְתַּבֵּר דִּפְסוּלֵי אֶתְרוֹג לִטְרֵיפוֹת מִדְּמֵינַן לְהוּ כִּדְקָאָמַר בַּגְּמָרָא אִי נִקְלַף תְּנֵינָא דִּתְנַן נִקְלַף פָּסוּל כִּי הֵיכִי דִּגְלוּדָה טְרֵיפָה אִי נִסְדַּק תְּנֵינָא דִּתְנַן נִסְדַּק פָּסוּל כִּי הֵיכִי דְּנִסְדְּקָה הַגַּרְגֶּרֶת לְכָל אָורְכָּהּ וְלֹא נִשְׁאַר בָּהּ חֻולְיָא לְמַעְלָה וְחֻולְיָא לְמַטָּה טְרֵיפָה הָכִי נָמֵי בְּאֶתְרוֹג אִם נִסְדַּק לְכָל אָורְכּוֹ פָּסוּל וְהָא דְּפָרִיךְ אִם נִיקַּב תְּנֵינָא לָא הָוֵי פֵּירוּשָׁא כִּי הָנָךְ דְּהָא בְּאֶתְרוֹג נִיקַּב וְלֹא חָסַר כָּשֵׁר וְהָתָם נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ אוֹ שֶׁל רֵיאָה טְרֵיפָה אֶלָּא הָכִי פֵּירוּשׁוֹ תְּנֵינָא דְּכָשֵׁר הָכָא וְהָתָם טְרֵיפָה וְאַל תִּתְמַהּ מַאי שְׁנָא מִשְּׁאָר טְרֵיפוֹת שֶׁפָּסוּל בְּאֶתְרוֹג דְּשָׁאנֵי הָתָם דְּהַקְּרוּם לְחוּדֵיהּ קָאֵי וְהַטְּרֵיפוֹת תָּלוּי בִּנְקִיבַת הַקְּרוּם וַהֲרֵי נִיקַּב כֻּולּוֹ אֲבָל הָכָא כּוּלֵּיהּ אַתְרוּגָּא חִיבּוּר הוּא וְדָמֵי לְנִיקַּב הַלֵּב וְלֹא לְבֵית חֲלָלוֹ אֲבָל אִם נִיקַּב עַד חַדְרֵי הַזֶּרַע וַדַּאי טְרֵיפָה דְּאוֹתָם חֲדָרִים בִּמְקוֹם סִימְפּוֹנִי הָרֵיאָה קָאֵי כִּדְמוֹכַח שְׁמַעְתָּתָא דִּמְדַמֵּי לֵיהּ הַשַּׁ"ס לְרֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן אֲבָל בַּהֲלָכוֹת גְּדוֹלוֹת כָּתַב מְפֻולָּשׁ כְּדֵי שֶׁיֵּרָאֶה הַנֶּקֶב מִצַּד זֶה לְצַד זֶה אֲבָל מִצַּד אֶחָד אֲפִילּוּ נִיקַּב לְחַלֵּל לָא הָוֵי מְפֻולָּשׁ וְכָשֵׁר וְהַיְּרוּשַׁלְמִי כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל שֶׁיֵּשׁ לְפָרֵשׁ דְּהָכִי קָאָמַר דאע"פ שֶׁהוּא נָקוּב מִכָּאן וּמִכָּאן אִם לֹא פִּילֵּשׁ מִבִּפְנִים כְּדֵי שֶׁיֵּרָאֶה הַנֶּקֶב מִצַּד זֶה לְצַד זֶה כָּשֵׁר שֶׁלֹּא תֹּאמַר מֵעָיו שֶׁל אֶתְרוֹג כִּמְנֻוקָּבִין הֵן וְאֶפְשָׁר שֶׁסּוֹבֵר בַּעַל הַהֲלָכוֹת דְּהַךְ בָּעֲיָא דְּבָעֵי הַשַּׁ"ס אִי מִדְּמֵינַן אֶתְרוֹג שֶׁנִּמּוֹחַ בִּפְנִים וְקָיְימִי חַדְרֵי הַזֶּרַע לְרֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן וְלָא אִיפַּשְׁטָא אָזְלִינַן לְקֻולָּא וּלְהָכִי קָאָמַר נִיקַּב לְאוֹתָן חֲדָרִים לָא הָוֵי כִּמְפֻולָּשׁ וְכֵן מַשְׁמַע שֶׁהָרַב אַלְפָסִי סוֹבֵר דְּאָזְלִינַן בְּהַךְ בָּעֲיָא לְקֻולָּא דְּהָנֵי פְּסוּלֵי אֵין עִיקָּרָן אֶלָּא דִּבְרֵי סוֹפְרִים וּלְהָכִי לֹא הֵבִיא זֹאת הַבַּעְיָא:
Une hazazit montée sur la majorité du fruit, ou sur sa minorité en deux ou trois endroits, où bien un fruit menoumar (tacheté) : il apparaît qu'il y a un remède par pelage -- si la couleur de la partie pelée redevient semblable à la couleur du cédrat, il est kacher ; c'est là une invalidité qui peut redevenir valide. Nikav (percé) : Oulla bar Hinena a enseigné -- percé d'un trou traversant : la moindre mesure suffit [à invalider] ; d'un trou non traversant : il faut la taille d'un issar, et cela même s'il ne manque rien. Cela se rapporte à la fin [de la michna], et c'est ce qui ressort aussi du Yeroushalmi (halakha 6), où l'on lit : percé mais sans avoir percé vers l'intérieur -- kacher, conformément à ce que nous avons appris, « percé sans qu'il manque quoi que ce soit -- kacher ». Toutefois le langage du Yeroushalmi indique que même s'il n'est pas traversé d'un côté à l'autre, mais seulement jusqu'à la cavité, cela compte comme traversant -- puisqu'il dit « et n'a pas percé à l'intérieur », d'où il suit que s'il a percé à l'intérieur c'est passoul, même sans traversée des deux côtés. Ainsi a expliqué le Ri : s'il est percé jusqu'aux hadrei ha-zera (les loges des pépins), là où se trouve le grain, il est passoul même s'il ne manque rien ; et lorsqu'on exige un trou traversant, c'est là où il n'est pas en face des loges -- un trou allant jusqu'à la loge entre dans la catégorie du traversant. Et c'est logique, car nous assimilons les invalidités du cédrat aux trefot (bêtes rendues impropres), comme le dit la Guemara : si c'est niklaf (pelé), nous l'avons déjà appris, puisque nous avons appris que pelé est passoul, de même que la gueloudah (bête écorchée) est trefa ; si c'est nissdak (fendu), nous l'avons déjà appris, puisque nous avons appris que fendu est passoul, de même que la trachée fendue sur toute sa longueur, sans qu'il reste un anneau en haut et un anneau en bas, est trefa -- de même pour le cédrat : s'il est fendu sur toute sa longueur il est passoul. Quant à l'objection « percé, nous l'avons déjà appris », son sens n'est pas le même que pour les précédents, car pour le cédrat un trou sans manque est kacher, alors que là-bas, percer la membrane du cerveau ou du poumon rend trefa. Voici plutôt le sens : nous l'avons déjà appris -- ici c'est kacher et là-bas c'est trefa. Et ne t étonne pas : en quoi cela diffère-t-il des autres trefot, qui invalident le cédrat ? C'est que là-bas la membrane tient seule et la trefa dépend de sa perforation -- et la voilà percée ; tandis qu'ici le cédrat tout entier fait corps, et le cas ressemble à une perforation du cœur qui n'atteint pas sa cavité. En revanche, s'il est percé jusqu'aux loges des pépins, c'est assurément [comparable à] une trefa, car ces loges tiennent la place des bronches du poumon, comme il ressort de la sougya où le Talmud le compare au poumon qui s'écoule comme d'une cruche. Mais dans les Halakhot Guedolot il est écrit : traversant signifie que le trou se voie d'un côté à l'autre ; mais d'un seul côté, même percé jusqu'à la cavité, ce n'est pas traversant et c'est kacher. Quant au Yeroushalmi, le Raavad a écrit qu'on peut l'expliquer ainsi : même s'il est percé d'ici et de là, si cela n'a pas percé à l'intérieur de façon que le trou se voie d'un côté à l'autre, il est kacher -- pour que tu ne dises pas que les entrailles du cédrat sont déjà comme percées. Et il est possible que l'auteur des Halakhot tienne que la question posée par le Talmud -- assimile-t-on un cédrat dont l'intérieur s'est liquéfié alors que les loges des pépins subsistent au poumon qui s'écoule comme d'une cruche ? -- n'ayant pas été tranchée, on va vers l'indulgence ; c'est pourquoi il dit qu'un trou atteignant ces loges ne compte pas comme traversant. De même il semble que Rav Alfassi tienne qu'on va vers l'indulgence dans cette question, car ces invalidités ne sont à l'origine que paroles de scribes (divrei sofrim) -- et c'est pourquoi il n'a pas rapporté cette question.
עָלְתָה חֲזָזִית עַל מִיעוּטוֹ כָּשֵׁר אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּמָקוֹם אֶחָד אֲבָל בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת הָוֵה לֵיהּ כִּמְנֻומָּר וּפָסוּל כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל נ"ל שֶׁנִּתְפַּזֵּר הַנִּמּוּר בְּרֻובּוֹ שֶׁל הָאֶתְרוֹג אע"פ שֶׁהַחֲבַרְבּוּרוֹת עַצְמָן מִיעוּט הֵן אֲבָל בְּמִיעוּטוֹ כְּגוֹן שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא בְּצַד אֶחָד שֶׁל הָאֶתְרוֹג כָּשֵׁר וּלְפִי זֶה הָא דְּתַנְיָא מְנֻומָּר פָּסוּל הַייְנוּ שֶׁפְּשַׁט הַנִּימּוּר בְּרוֹב הָאֶתְרוֹג וּגְבוּל וְשִׁיעוּר טוֹב הוּא דְּלָא מִיסְתַּבֵּר לְמֵימַר שֶׁאִם הָיוּ בְּאֶתְרוֹג כְּמִין שְׁנֵי טִפִּין וְשָׁלֹשׁ שֶׁל נִימּוּר כָּל דְּהוּ זֶה בְּצַד זֶה שֶׁיִּפְסֹול בְּכָךְ אֲבָל אֵין הַלָּשׁוֹן מוֹרֶה עַל פֵּירוּשׁוֹ דְּמַשְׁמַע דִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת דֻּומְיָא דְּמָקוֹם אֶחָד מֵהַמָּקוֹם אֶחָד בְּמִיעוּטוֹ אַף בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת בְּמִיעוּטוֹ אִם לֹא שֶׁנֹּאמַר דִּבְהָכִי דָּמֵי לֵיהּ שֶׁהַחֲבַרְבּוּרוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ מְקוֹמוֹת הֵן מִיעוּט הָאֶתְרוֹג כְּמוֹ בְּמָקוֹם אֶחָד אֲבָל פִּיזּוּר הַנִּימּוּר הוּא בְּרוֹב הָאֶתְרוֹג:
« Il y est monté une hazazit sur sa minorité -- kacher. Rav Hisda a dit au nom de Rav : on n'a enseigné cela que lorsque c'est en un seul endroit ; mais en deux ou trois endroits il est comme tacheté et passoul. » Le Raavad a écrit : il me semble que [l'invalidité vaut] lorsque la tacheture s'est dispersée sur la majorité du cédrat, même si les taches elles-mêmes n'en couvrent qu'une minorité ; mais dans sa minorité -- par exemple lorsqu'elles ne sont que d'un seul côté du fruit -- il est kacher. Selon cela, ce qui est enseigné, « menoumar : passoul », signifie que la tacheture s'est étendue sur la majorité du cédrat ; et c'est une limite et une mesure justes, car il n'est pas raisonnable de dire que s'il y avait sur le cédrat comme deux ou trois gouttes de tacheture minime, l'une à côté de l'autre, cela l'invaliderait pour autant. Mais le langage [du Talmud] ne va pas dans le sens de cette explication : il ressort que « deux ou trois endroits » sont parallèles à « un seul endroit » -- de même que l'endroit unique est dans sa minorité, de même les deux ou trois endroits sont dans sa minorité. À moins de dire que la ressemblance tient à ceci : les taches des trois endroits ne couvrent qu'une minorité du cédrat, comme dans le cas de l'endroit unique, mais que la dispersion de la tacheture, elle, s'étend sur la majorité du fruit.
אָמַר רָבָא וּבְחָוטְמוֹ אֲפִילּוּ כָּל דְּהוּ פָּסוּל פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בְּעֹובִי גָּובְהוֹ שֶׁמְּשַׁפֵּעַ מִשָּׁם וְיוֹרֵד לְצַד רֹאשׁוֹ שֶׁנִּרְאֶה שָׁם לָעֵינַיִם יוֹתֵר מִשְּׁאָר מְקוֹמוֹת שֶׁבְּאוֹתוֹ עֹובִי אָדָם נוֹתֵן עֵינָיו מַשְׁמַע מִתּוֹךְ פרש"י שֶׁאֵין כָּל הַשִּׁיפּוּעַ עַד הַפִּיטְמָא נִקְרָא חֹוטֶם אֶלָּא עֹובִי גָּובְהוֹ שֶׁמִּמֶּנּוּ מְשַׁפֵּעַ וְיוֹרֵד אֲבָל מִדְּהִזְכִּיר הָרַב אַלְפָסִי זַ"ל ור"ח זַ"ל הַחֹוטֶם אֵצֶל הַפִּיטְמָא מַשְׁמַע שֶׁהַשִּׁיפּוּעַ קָרוּי חֹוטֶם וְכֵן עַמָּא דְּבַר שֶׁמֵּעֳובִי גָּובְהוֹ עַד הַפִּיטְמָא פּוֹסְלִין חֲזָזִית כָּל דְּהוּ וה"ה יְבֵשׁוֹת וְכָל הַפְּסוּלִים מִשּׁוּם הָדָר וִיבֵשׁוֹת הָאֶתְרוֹג דִּימָּה הָרָאָבָ"ד זַ"ל לְבָשָׂר חַי כִּי הַלֵּיחוֹת לְפֵירֵי כְּמוֹ הַדָּם לְבָשָׂר חַי שֶׁכָּל זְמַן שֶׁהוּא מוֹצִיא לֵיחָה אוֹ בִּסְחִיטָתָן אוֹ מִדֹּוחַק חֲתִיכַת הַסַּכִּין נִקְרָא לַח וּכְשֶׁתִּכְלָה הַלֵּיחָה שֶׁבּוֹ שֶׁאֵינוֹ מוֹצִיא שׁוּם לֵיחָה הֲרֵי כְּבָשָׂר מֵת שֶׁנּוֹקְבִין אוֹתוֹ וְאֵינוֹ מוֹצִיא טִיפַּת דָּם אֶלָּא שֶׁהַבְּדִיקָה שֶׁלּוֹ קָשֶׁה לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְסוֹחֲטוֹ וְלֹא לְחָותְכוֹ אֲבָל מִכֵּיוָן שֶׁאָמְרוּ נֶקֶב שֶׁאֵין בּוֹ חִסָּרוֹן כָּשֵׁר יָכוֹל לְהַעֲבִיר בּוֹ מַחַט וְכֵן חוּט וְאִם יֵשׁ בּוֹ לֵיחוֹת יֵרָאֶה בְּחוּט וְאֵין לִיתֵּן לוֹ סִימָן שֶׁל יְבֵשׁוּת הַלּוּלָב שֶׁכָּתַבְתִּי לְעֵיל סִימָן א הַלְבָּנַת פָּנִים לְפִי שֶׁהָאֶתְרוֹג אֵינוֹ מַלְבִּין כְּשֶׁיָּבֵשׁ אֶלָּא הוּא מִתְאַדֵּם וּפָנָיו מִתְכַּרְכְּמוֹת לְפִיכָךְ הַסִּימָן הַנָּכוֹן הוּא בְּלֵיחוֹת:
« Rava a dit : et sur son hotem, même la moindre chose invalide. » Rachi a expliqué : dans l'épaisseur de sa hauteur, la où il s'incline et descend vers son sommet, parce que cela s'y voit plus qu'aux autres endroits -- c'est sur cette épaisseur que l'homme pose les yeux. Il ressort de Rachi que ce n'est pas toute la pente jusqu'au pitam qui s'appelle hotem, mais seulement l'épaisseur de sa hauteur, d'où il s'incline et descend. Cependant, du fait que Rav Alfassi et Rabbenou Hananel mentionnent le hotem à côté du pitam, il ressort que la pente elle-même s'appelle hotem -- et telle est la coutume répandue : depuis l'épaisseur de sa hauteur jusqu'au pitam, on invalide pour la moindre dartre. Et il en va de même pour la sécheresse et pour toutes les invalidités relevant du hadar. Le Raavad a comparé la sécheresse du cédrat à la chair vive : l'humidité est au fruit ce que le sang est à la chair vive ; tant qu'il rend de l'humidité -- soit qu'on le presse, soit sous la pression de la coupe du couteau -- il est dit humide ; et quand l'humidité qui est en lui est épuisée et qu'il n'en rend plus aucune, le voilà comme de la chair morte, qu'on perce sans qu'elle rende une goutte de sang. Seulement, son examen est difficile, puisqu'on ne peut ni le presser ni le couper. Mais dès lors qu'ils ont dit qu'un trou sans manque est kacher, on peut y passer une aiguille et de même un fil : s'il y a en lui de l'humidité, elle se verra sur le fil. Et il ne faut pas lui appliquer le signe de la sécheresse du loulav que j'ai écrit plus haut, siman 1 -- le blanchiment de la face -- car le cédrat ne blanchit pas lorsqu'il sèche : il rougit plutôt, et sa face se safranise. C'est pourquoi le signe juste est celui de l'humidité.
💡 Explication

La Guemara résout la difficulté par un déplacement de la tradition, non par une réfutation. La parole de Rav avait été rattachée au début de la michna (sur la majorité -- passoul), où elle donnait un résultat contre-intuitif. Replacée sur la fin (sur la minorité -- kacher), la même distinction devient parfaitement sensée : oui, une minorité tachetée reste valable, mais seulement si elle est concentrée en un point ; dispersée en deux ou trois endroits, elle rend le fruit menoumar, bigarré, et donc passoul.

Rava ajoute un critère qui n'est plus quantitatif mais topographique : sur le hotem -- le renflement où le fruit commence à s'incliner vers le sommet -- même un point minuscule invalide. Rachi donne la raison : c'est l'endroit où le regard se pose spontanément. Le hadar étant une exigence de beauté vue, ce qui compte est ce qui se remarque.

Le Roch développe considérablement ce passage. Il note d'abord qu'une hazazit peut avoir un remède -- le pelage, si la couleur redevient normale. Il enchaîne sur les autres invalidités de la michna (percé, fendu, pelé) en les alignant méthodiquement sur les trefot de l'abattage, et discute jusqu'où un trou doit pénétrer pour compter comme traversant. Il termine par un test pratique de la sécheresse : passer un fil dans le trou pour voir s'il ressort humide.

🖼️ Schéma
Hazazit : quatre configurations, quatre verdicts Le débat ne porte pas sur la quantité seule, mais sur la dispersion et sur l'endroit. Sur la majorité un seul endroit, étendu passoul michna, sans discussion Sur la minorité un seul endroit kacher c'est là que porte la parole de Rav Minorité dispersée deux ou trois endroits passoul ke-menoumar -- comme tacheté Sur le hotem même un point minuscule passoul Rava -- c'est là que l'œil se pose Le mouvement de la Guemara La tradition de Rav avait été rattachée au début de la michna, où elle produisait un résultat absurde ; l'objection de Rava oblige à la déplacer sur la fin, où la même distinction devient parfaitement sensée.
Les quatre configurations de la hazazit et leurs verdicts, une fois la parole de Rav replacée sur la fin de la michna.
14
נִטְּלָה פִּטְמָתוֹ. תָּנָא רַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר: נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ.

[La michna dit :] « Si son pitam a été enlevé [-- il est passoul]. » -- Rabbi Yitshak ben Elazar a enseigné : si sa boukhna (son pilon) a été enlevée.

📜 Rachi (1)
תָּנֵי רַבִּי יִצְחָק בַּר אֶלְעָזָר נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ בְּמַתְנִיתֵיהּ הֲוָה תָּנֵי לְהַאי נִטְּלָה פִּטְמָתוֹ בֻּוכְנָתוֹ לְפִי שֶׁהוּא חַד וְעָשׂוּי כְּמִין בּוּכָנָא זֶה לְשׁוֹן מוֹרִי הַזָּקֵן רַבֵּינוּ יַעֲקֹב אֲבָל רַבֵּינוּ יִצְחָק הַלֵּוִי הָיָה מְפָרֵשׁ פִּטְמָתוֹ וְעוֹקְצוֹ שְׁנֵיהֶם בַּזָּנָב עֻוקְצוֹ שֶׁנִּיטַּל הָעֵץ מַה שֶׁחוּץ לַגֻּומָּא שֶׁבְּאֶתְרוֹג כָּשֵׁר פִּטְמָתוֹ שֶׁנִּתְלַשׁ הָעֹוקֶץ מִתּוֹךְ הָאֶתְרוֹג וְחִסְּרוֹ לְפִיכָךְ פָּסוּל וְהַיְינוּ דְּתָנֵי רַבִּי יִצְחָק בַּר אֶלְעָזָר נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ מַה שֶׁנִּכְנַס בְּתוֹךְ הָאֶתְרוֹג כְּבוּכָנָא הַנִּכְנָס וּמַכֶּה בַּאֲסִיתָּא וּלְשׁוֹן רַבֵּינוּ יַעֲקֹב נִרְאֶה לִי שֶׁלֹּא מָצִינוּ בְּכָל מָקוֹם פִּטְמָא עֹוקֶץ:
Tani Rabbi Yitshak bar Elazar nitla boukhnato, Rabbi Yitshak bar Elazar enseignait : si sa boukhna a été enlevée -- dans sa version de la michna, il enseignait ce nitla pitmato sous la forme boukhnato, parce que [cette protubérance] est pointue et faite comme une sorte de pilon (boukhna). Telle est la formulation de mon maître l'ancien, Rabbenou Yaakov. Mais Rabbenou Yitshak ha-Levi expliquait pitmato et oukzo tous deux du côté de la queue : oukzo, lorsqu'on a enlevé le bois qui se trouve en dehors de la fossette du cédrat -- kacher ; pitmato, lorsque le pédoncule a été arraché depuis l'intérieur du cédrat, de sorte qu'il lui manque quelque chose -- passoul. Et c'est cela que Rabbi Yitshak bar Elazar enseigne : nitla boukhnato, ce qui pénétrait à l'intérieur du cédrat comme le pilon qui entre et frappe dans le mortier. Mais la formulation de Rabbenou Yaakov me semble juste, car nous n'avons trouvé nulle part que pitma désigne un pédoncule.
🗂️ Tossefot (1)
נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ. בְּמָתְנֵי' פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס בְּשֵׁם ר' יַעֲקֹב הַזָּקָן נִיטְּלָה פִּטְמָתוֹ רֹאשׁ הָאֶתְרוֹג וְדֻוגְמָתוֹ הַפִּיטְמָא שֶׁל רִמּוֹן וְכָאן פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס דְּר' יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר קָרֵי בְּמָתְנֵי' לְהַאי פִּטְמָתוֹ בֻּוכְנָתוֹ לְפִי שֶׁהוּא חַד וְעָשׂוּי כְּמוֹ בּוּכָנָא וּבְשֵׁם רַבּוֹ רַבֵּינוּ יִצְחָק הַלֵּוִי פֵּירֵשׁ דְּפִטְמָתוֹ וְעוֹקְצוֹ שְׁנֵיהֶם בַּזָּנָב עֻוקְצוֹ שֶׁנִּיטַּל הָעֵץ מַה שֶׁחוּץ לַגֻּומָּא שֶׁבְּאֶתְרוֹג כָּשֵׁר פִּטְמָתוֹ שֶׁנִּתְלַשׁ הָעֹוקֶץ מִתּוֹךְ הָאֶתְרוֹג וְחִסְּרוֹ לְפִיכָךְ פָּסוּל וְהַיְינוּ דְּתָנֵי ר' יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ מַה שֶׁנִּכְנַס בְּתוֹךְ הָאֶתְרוֹג כְּבוּכָנָא הַנִּכְנָס וּמַכֶּה בַּאֲסִיתָּא וְהִקְשָׁה בַּקּוּנְטְרֵס עַל זֶה שֶׁלֹּא מָצִינוּ בְּכָל מָקוֹם פִּיטְמָא עֹוקֶץ ור"ת מְפָרֵשׁ שֶׁמָּצִינוּ עֹוקֶץ וּפִיטְמָא בְּמָקוֹם אֶחָד בְּסוֹף פ' יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה דַּף מז. וְשָׁם) גַּבֵּי סִימָנֵי בּוֹגֶרֶת דִּתְנַן בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר מִשֶּׁתַּשְׁחִיר פִּטְמָתוֹ רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נוֹתֵן יָדוֹ עַל הָעֹוקֶץ וְהוּא שׁוֹקֵעַ וְשׁוֹהֶה לַחֲזֹור דְּעֹוקֶץ הוּא חֻודּוֹ שֶׁל דַּד שֶׁהַתִּינוֹק מַכְנִיס לְתוֹךְ פִּיו וּפִיטְמָא הוּא הַבָּשָׂר שֶׁתַּחַת הָעֹוקֶץ שֶׁמַּשְׁחִיר סָבִיב וּקְצָת הָיָה נִרְאֶה מִדְּמַזְכִּיר כָּאן גַּבֵּי אֶתְרוֹג פִּטְמָתוֹ וְעוֹקְצוֹ וְחָוטְמוֹ וְכֵן נָמֵי הָתָם גַּבֵּי דְּדַי אִשָּׁה מַשְׁמַע שֶׁשְּׁלֹשָׁה בְּמָקוֹם אֶחָד לְצַד רֹאשׁוֹ שֶׁל אֶתְרוֹג דְּעֹוקֶץ פְּעָמִים שֶׁיּוֹצֵא מֵחֻודּוֹ שֶׁבְּרֹאשׁוֹ כְּמִין עֹוקֶץ בּוֹלֵט וְקָשֶׁה כְּעֵץ וּלְכָךְ קָרֵי לֵיהּ עֹוקֶץ וּנְטָלָהּ פִּטְמָתוֹ דְּהַיְינוּ בֻּוכְנָתוֹ הַייְנוּ שֶׁנִּתְלַשׁ אוֹתוֹ עֹוקֶץ מִמְּקוֹם חִיבּוּרוֹ וְנִשְׁאַר כְּמִין גֻּומָּא בְּרֹאשׁ הָאֶתְרוֹג וּבְפֶרֶק יוֹצֵא דֹּופֶן (ג"ז שָׁם) פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס חָוטְמוֹ סָפֵק וְכָאן פֵּירֵשׁ בְּחָוטְמוֹ אֲפִילּוּ בְּמַשֶּׁהוּ הַנִּרְאֶה בְּעֹובִי גָּובְהוֹ שֶׁמְּשַׁפֵּעַ וְיוֹרֵד לְצַד רֹאשׁוֹ וּבַיְּרוּשַׁלְמִי אָמַר נָטְלָה פִּטְמָתוֹ תַּמָּן אָמְרִי שׁוֹשַׁנָּתוֹ מַשְׁמַע שֶׁהוּא לְצַד רֹאשׁוֹ כְּעֵין פֶּרַח שׁוֹשָׁן וּבֶעָרוּךְ פֵּירֵשׁ בְּשֵׁם ר"ח נִטְּלָה פִּטְמָתוֹ נִרְאִין הַדְּבָרִים שֶׁהוּא דַּד שֶׁל חֹוטֶם כְּמִין פִּיטְמָא שֶׁל דַּד כְּדִתְנַן (עֻוקְצִין פ"ב מ"ג) פִּיטְמָא שֶׁל רִימּוֹן אֲבָל [הָא] דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק נִטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ הוּא קְצֵה הָעֵץ הַנָּתוּן בָּאֶתְרוֹג כְּאוֹתוֹ דִּשְׁחִיטַת חֻולִּין (דַּף מב:) הַאי (בּוּכָנָא) דְּאַטְמָא דְּשָׁף מִדֻּוכְתֵּיהּ טְרֵיפָה מִתּוֹךְ פֵּירוּשׁוֹ מַשְׁמַע דְּפִטְמָתוֹ וּבֻוכְנָתוֹ תְּרֵי מִינֵי נִינְהוּ זֶה בְּעֹוקֶץ וְזֶה בְּרֹאשׁוֹ וְלֹא בָּא ר' אֱלִיעֶזֶר בַּר יִצְחָק לְפָרֵשׁ אֶלָּא לְהוֹסִיף עַל הַמִּשְׁנָה וּבְשֵׁם רַבֵּינוּ גֵּרְשֹׁום מְאוֹר הַגּוֹלָה פֵּירֵשׁ בֶּעָרוּךְ כְּפֵירוּשׁ רַבֵּינוּ יִצְחָק בַּר יְהוּדָה הַלֵּוִי:
Nitla boukhnato, si sa boukhna a été enlevée. Sur la michna, le Kountras (Rachi) a expliqué au nom de Rabbi Yaakov l'ancien que nitla pitmato désigne le sommet du cédrat, sur le modèle de la pitma de la grenade. Et ici le Kountras explique que Rabbi Yitshak ben Elazar appelait boukhnato ce que notre michna appelle pitmato, parce que c'est pointu et fait comme un pilon. Au nom de son maître Rabbenou Yitshak ha-Levi, il a expliqué que pitmato et oukzo sont tous deux du côté de la queue : oukzo, lorsqu'on a enlevé le bois se trouvant en dehors de la fossette du cédrat -- kacher ; pitmato, lorsque le pédoncule a été arraché depuis l'intérieur du fruit, de sorte qu'il lui manque quelque chose -- passoul ; et c'est cela que Rabbi Yitshak ben Elazar enseigne, nitla boukhnato, ce qui pénétrait à l'intérieur du cédrat comme le pilon qui entre et frappe dans le mortier. Le Kountras a objecté à cette explication que nulle part on ne trouve pitma au sens de pédoncule. Rabbenou Tam répond qu'on trouve bien oketz et pitma en un même endroit, à la fin du chapitre Yotse Dofen (Nidda 47a et parallèles), à propos des signes de la bogueret : nous avons appris que Ben Azzai dit « dès que sa pitma noircit », et que Rabbi Yossi dit « qu'il puisse poser sa main sur le oketz et que celui-ci s'enfonce et tarde à revenir » -- car le oketz est la pointe du sein que l'enfant met dans sa bouche, et la pitma est la chair située sous le oketz, qui noircit tout autour. Cela paraît d'autant plus juste que l'on mentionne ici, à propos du cédrat, pitmato, oukzo et hotmo, et de même là-bas à propos des seins de la femme : signe que les trois sont au même endroit, du côté du sommet du cédrat. Car il arrive qu'il sorte de sa pointe, à son sommet, une sorte de oketz saillant et dur comme du bois -- et c'est pourquoi on l'appelle oketz ; et nitla pitmato, c'est-à-dire boukhnato, signifie que ce oketz a été arraché de son point d'attache, laissant comme une fossette au sommet du cédrat. Au chapitre Yotse Dofen (ibid.), le Kountras a expliqué hotmo avec doute, tandis qu'ici il explique que sur le hotem la moindre chose invalide -- ce qui se voit dans l'épaisseur de sa hauteur, la où il s'incline et descend vers son sommet. Et dans le Yeroushalmi il est dit : nitla pitmato -- là-bas on dit chochanto (sa fleur de lis), ce qui indique que cela se trouve du côté du sommet, comme une fleur de lis. Le Aroukh a expliqué au nom de Rabbenou Hananel : nitla pitmato -- il semble que ce soit le mamelon du hotem, comme la pitma d'un sein, ainsi que nous avons appris (Oukatsin 2,3) « la pitma de la grenade » ; mais ce que Rabbi Yitshak dit, nitla boukhnato, c'est l'extrémité du bois plantée dans le cédrat, comme dans Chehitat Houlin (42b) : « cette boukhna de la cuisse qui s'est déplacée de son emplacement -- trefa ». De son explication il ressort que pitmato et boukhnato sont deux choses distinctes, l'une au pédoncule et l'autre au sommet, et que Rabbi Eliezer bar Yitshak n'est pas venu expliquer la michna mais y ajouter. Et au nom de Rabbenou Guerchom, lumière de l'exil, le Aroukh a expliqué comme l'explication de Rabbenou Yitshak bar Yehouda ha-Levi.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' נִיטְּלָה פִּיטְמָתוֹ תַּנְיָא רַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר נִיטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י בְּשֵׁם רַבֵּינוּ יַעֲקֹב בְּרַבִּי יָקָר פִּיטְמָתוֹ רֹאשׁ הָאֶתְרוֹג כְּמוֹ פִּטְמָא שֶׁל רִימּוֹן וְעוֹקְצוֹ זְנָבוֹ וְרַבִּי יִצְחָק בַּר אֶלְעָזָר הָיָה שׁוֹנֶה בְּמָתְנֵי' בִּמְקוֹם פִּטְמָתוֹ בֻּוכְנָתוֹ לְפִי שֶׁהוּא חַד וְעָשׂוּי כְּעֵין בּוּכָנָא וּבְשֵׁם רַבֵּינוּ יִצְחָק הַלֵּוִי פֵּירֵשׁ פִּטְמָא וְעוֹקְצוֹ שְׁנֵיהֶם בַּזָּנָב עֻוקְצוֹ שֶׁנִּיטַּל מִן הָעֵץ מַה שֶׁהוּא חוּץ לַגֻּומָּא שֶׁבְּאֶתְרוֹג כָּשֵׁר פִּיטְמָתוֹ שֶׁנִּתְלַשׁ הָעֹוקֶץ מִתּוֹךְ הָאֶתְרוֹג וְחָסְרוּ לְפִיכָךְ פָּסוּל וְהַיְינוּ דְּתָנֵי רַבִּי יִצְחָק בֻּוכְנָתוֹ מַה שֶׁנִּכְנַס לְתוֹךְ הָאֶתְרוֹג כְּבוּכָנָא וְהַנִּכְנָס לְתוֹךְ הָעֵץ וּמַכֶּה בַּאֲסִיתָּא וְעַתָּה לְפִי' קַמָּא אֵין פָּסוּל בָּעֹוקֶץ כְּלָל אֲפִילּוּ נִתְלַשׁ הָעֹוקֶץ וְנִשְׁאַר מְקוֹמוֹ כְּמוֹ גֻּומָּא לְפִי שֶׁלֹּא נֶחְסַר מִגּוּף הָאֶתְרוֹג כְּלוּם מִידִי דַּהֲוָה אַנִּקְלָף דְּלָא מִיקְּרֵי חָסֵר דְּאֵין הַקְּלִיפָּה מִכְּלַל הָאֶתְרוֹג וּלְפֵרוּשָׁא בָּתְרָא אֵין פָּסוּל בְּפִטְמָתוֹ שֶׁבְּרֹאשׁ הָאֶתְרוֹג לְפִי שֶׁאֵינוֹ מִכְּלָל הָאֶתְרוֹג ופרש"י דְּלִישָּׁנָא קַמָּא עִיקָּר. דְּלָא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם עֹוקֶץ לְגַבֵּי פִּטְמָא וְרַבֵּינוּ תָּם אוֹמֵר דְּמָצִינוּ עֹוקֶץ וּפִטְמָא בְּמָקוֹם אֶחָד בְּסוֹף יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה דַּף מז.) גַּבֵּי סִימָנֵי בַּגְרוּת דִּתְנַן מִשֶּׁתַּשְׁחִיר הַפִּטְמָא רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נוֹתֵן יָדוֹ עַל הָעֹוקֶץ וְהוּא שׁוֹקֵעַ וְשׁוֹהֶה לַחֲזֹור וְעֹוקֶץ הוּא חֻודּוֹ שֶׁל דַּד שֶׁמַּכְנִיס הַתִּינוֹק לְתוֹךְ פִּיו וּפִיטְמָא הוּא הַבָּשָׂר שֶׁתַּחַת הָעֹוקֶץ שֶׁמַּשְׁחִיר סָבִיב וּקְצָת הָיָה נִרְאֶה מִדְּמַזְכִּיר גַּבֵּי אֶתְרוֹג פִּיטְמָתוֹ וְעוֹקְצוֹ וְחָוטְמוֹ וְכֵן מַזְכִּיר נָמֵי הָתָם גַּבֵּי דְּדַי אִשָּׁה מַשְׁמַע שֶׁשְּׁלָשְׁתָּן בְּמָקוֹם אֶחָד מִצַּד רֹאשׁ שֶׁל אֶתְרוֹג שֶׁיּוֹצֵא מִתּוֹךְ חֻודּוֹ שֶׁל אֶתְרוֹג כְּמִין עֹוקֶץ בּוֹלֵט וְקָשֶׁה כְּעֵץ וְנִיטְּלָה פִּיטְמָתוֹ הַיְינוּ בֻּוכְנָתוֹ כְּלוֹמַר שֶׁנִּיטַּל אוֹתוֹ הָעֹוקֶץ מִמְּקוֹם חִיבּוּרוֹ וְנִשְׁאַר כְּמִין גֻּומָּא בְּרֹאשׁ הָאֶתְרוֹג וּלְהַךְ פֵּירוּשָׁא אֵין פָּסוּל בִּזְנַב הָאֶתְרוֹג וּבֶעָרוּךְ פֵּירֵשׁ בְּשֵׁם ר"ח נָטְלָה פִּיטְמָתוֹ נִרְאִין הַדְּבָרִים שֶׁהוּא דַּד וְהוּא הַחֹוטֶם כְּמִין פִּיטְמָתוֹ שֶׁל דַּד כְּדִתְנַן פִּטְמָא שֶׁל רִימּוֹן. וְנִיטְּלָה בֻּוכְנָתוֹ הַייְנוּ קְצֵה הָעֵץ הַנִּיתָּן בְּאֶתְרוֹג כְּאוֹתוֹ דְּחֻולִּין דַּף מב: הַאי בּוּקָא דְאַטְמָא דְּשָׁף מִדֻּוכְתֵּיהּ וּמַשְׁמַע מִתּוֹךְ פֵּירוּשׁוֹ דְּפִטְמָתוֹ וּבֻוכְנָתוֹ תְּרֵי עִנְייָנֵי נִינְהוּ זֶה בְּרֹאשׁוֹ וְזֶה בְּעֻוקְצוֹ וְלֹא בָּא רַבִּי יִצְחָק לְפָרֵשׁ אֶלָּא לְהוֹסִיף עַל הַמִּשְׁנָה וכ"כ הָרַב אִלְפָּס וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל פ"ח מֹהַל' לוּלָב ה"ז וְכֵן נָהֲגִינַן לִיפָּסֵל בִּשְׁנֵיהֶם כְּשֶׁהָיָה פִּטְמָא בְּרֹאשׁ הָאֶתְרוֹג וְנִיטְּלָה אֲבָל יֵשׁ אֶתְרוֹג שֶׁלֹּא הָיְתָה בּוֹ פִּטְמָא מֵעוֹלָם וְאֵינוֹ נִפְסָל בְּכָךְ וְכֵן אִם נִיטַּל הָעֹוקֶץ וְלֹא נִשְׁאַר מִמֶּנּוּ כְּלָל בְּאֶתְרוֹג פָּסוּל אֲבָל אִם נִשְׁאַר בּוֹ כָּל דְּהוּ כָּשֵׁר:
Guemara. « Nitla pitmato » -- il a été enseigné : Rabbi Yitshak ben Elazar dit, nitla boukhnato. Rachi a expliqué au nom de Rabbenou Yaakov ben Yakar que pitmato désigne le sommet du cédrat, comme la pitma de la grenade, et que oukzo est sa queue ; et que Rabbi Yitshak bar Elazar lisait dans la michna boukhnato à la place de pitmato, parce que c'est pointu et fait comme une sorte de pilon. Au nom de Rabbenou Yitshak ha-Levi il a expliqué que pitma et oketz sont tous deux du côté de la queue : oukzo, lorsqu'on a enlevé du bois ce qui se trouve en dehors de la fossette du cédrat -- kacher ; pitmato, lorsque le pédoncule a été arraché depuis l'intérieur du cédrat, de sorte qu'il lui manque quelque chose -- passoul ; et c'est cela que Rabbi Yitshak enseigne par boukhnato, ce qui pénètre à l'intérieur du cédrat comme le pilon qui entre dans le mortier et y frappe. Or, selon la première explication, il n'y a aucune invalidité du côté du oketz, même si le pédoncule a été arraché et que sa place est restée comme une fossette, puisque rien n'a été retranché du corps même du cédrat -- exactement comme pour le fruit pelé, qui n'est pas dit « manquant », l'écorce ne faisant pas partie du cédrat. Et selon la seconde explication, il n'y a aucune invalidité au pitam situé au sommet du cédrat, puisqu'il ne fait pas partie du cédrat. Rachi tient la première version pour l'essentielle, car nous ne trouvons nulle part oketz employé à côté de pitma. Rabbenou Tam dit que nous trouvons bien oketz et pitma en un même endroit, à la fin de Yotse Dofen (Nidda 47a), à propos des signes de la puberté : nous avons appris « dès que la pitma noircit » ; Rabbi Yossi dit : « qu'il puisse poser sa main sur le oketz et que celui-ci s'enfonce et tarde à revenir ». Le oketz est la pointe du sein que l'enfant met dans sa bouche, et la pitma est la chair située sous le oketz, qui noircit tout autour. Cela paraît d'autant plus juste que l'on mentionne à propos du cédrat pitmato, oukzo et hotmo, et qu'on mentionne de même là-bas à propos des seins de la femme : signe que les trois sont au même endroit, du côté du sommet du cédrat, où sort de sa pointe une sorte de oketz saillant et dur comme du bois. Et nitla pitmato, c'est-à-dire boukhnato, signifie que ce oketz a été arraché de son point d'attache, laissant comme une fossette au sommet du cédrat -- et selon cette explication il n'y a aucune invalidité à la queue du fruit. Le Aroukh a expliqué au nom de Rabbenou Hananel : nitla pitmato -- il semble que ce soit le mamelon, c'est-à-dire le hotem, comme la pitma d'un sein, ainsi que nous avons appris « la pitma de la grenade » ; et nitla boukhnato, c'est l'extrémité du bois plantée dans le cédrat, comme dans Houlin 42b, « cette bouka de la cuisse qui s'est déplacée de son emplacement ». Il ressort de son explication que pitmato et boukhnato sont deux choses distinctes, l'une au sommet et l'autre au pédoncule, et que Rabbi Yitshak n'est pas venu expliquer la michna mais y ajouter. Ainsi ont écrit Rav Alfas et le Rambam (Hilkhot Loulav 8,7), et telle est notre pratique : nous invalidons dans les deux cas -- lorsqu'il y avait un pitam au sommet du cédrat et qu'il a été enlevé ; mais il existe des cédrats qui n'ont jamais eu de pitam, et ceux-là ne sont pas invalides pour autant. De même, si le oketz a été enlevé et qu'il n'en reste absolument rien sur le cédrat, il est passoul ; mais s'il en reste la moindre chose, il est kacher.
💡 Explication

Un cas d'école de controverse lexicale aux conséquences pratiques immédiates. Tous lisent la même michna -- nitla pitmato, passoul -- mais ne regardent pas la même extrémité du fruit.

Rabbenou Yaakov ben Yakar, maître de Rachi : le pitam est la protubérance du sommet, comme la pitma de la grenade ; boukhna (pilon) n'en est qu'un autre nom, choisi pour sa forme pointue. Rabbi Yitshak ben Elazar ne fait donc que reformuler la michna. Rachi tranche en ce sens, avec un argument lexical : nulle part pitma ne désigne un pédoncule.

Rabbenou Yitshak ha-Levi place tout du côté de la queue : le oketz arraché au-dehors ne fait rien manquer -- kacher ; mais le pédoncule arraché de l'intérieur creuse le fruit -- passoul. Rabbenou Tam propose une troisième voie, en s'appuyant sur Nidda 47a où oketz et pitma désignent deux parties voisines du même organe : ici aussi les trois mots -- pitam, oketz, hotem -- seraient tous du côté du haut.

Le Roch conclut à la pratique : on invalide dans les deux cas -- pitam du sommet arraché, ou oketz totalement disparu. Avec deux précisions utiles à l'achat : un cédrat qui n'a jamais eu de pitam n'est pas invalide, et il suffit qu'il reste du oketz la moindre chose pour qu'il soit kacher.

🖼️ Schéma
Nitla pitmato : de quel bout du fruit parle-t-on ? Trois lectures. Toutes lisent la même michna, mais ne regardent pas le même endroit. R. Yaakov ben Yakar rapporté par Rachi, lecture retenue Le pitam est au sommet du fruit, comme la pitma de la grenade. Boukhna en est un autre nom : pointue, faite comme un pilon. Argument décisif de Rachi : nulle part pitma ne signifie pédoncule. R. Yitshak ha-Levi tout se joue du côté de la queue Oketz : le bois enlevé au-dehors de la fossette -- kacher. Pitam : le pédoncule arraché depuis l'intérieur du fruit -- il manque quelque chose : passoul. Boukhna = ce qui entrait dedans. Rabbenou Tam les trois mots désignent le haut Preuve depuis Nidda 47a, sur les signes de la bogueret : oketz et pitma y désignent deux parties voisines du même organe. De même ici : oketz, pitam et hotem sont tous du côté du haut. Passoul = l'ergot arraché, laissant une fossette au sommet. Enjeu pratique : selon la lecture retenue, c'est le sommet ou la queue du cédrat qu'il faut examiner avant d'acheter.
Trois lectures de nitla pitmato : au sommet (R. Yaakov ben Yakar), à la queue (R. Yitshak ha-Levi), ou les trois termes réunis au sommet (Rabbenou Tam).
15
נִקְלַף. אָמַר רָבָא: הַאי אֶתְרוֹגָא דְּאַגְלֵיד כַּאֲהִינָא סֻומָּקָא — כְּשֵׁרָה. וְהָא אֲנַן תְּנַן: נִקְלַף — פָּסוּל! לָא קַשְׁיָא,

[La michna dit :] « Niklaf (pelé) [-- il est passoul]. » -- Rava a dit : ce cédrat qui a été pelé au point de devenir comme une datte rouge -- il est kacher. Mais nous avons pourtant appris dans la michna : pelé -- passoul ! -- Ce n'est pas une difficulté,

📜 Rachi (2)
הַאי אֶתְרוֹג דְּאַגְלִיד נִקְלָף:
Haï etroga de-aglid, ce cédrat qui a été aglid -- c'est-à-dire pelé.
כַּאֲהִינָא סֻומָּקָא תְּמָרָה אֲדֻומָּה וְאַף זֶה לְאַחַר שֶׁנִּקְלַף נֶהְפַּךְ לְאַדְמוּמִית כְּדֶרֶךְ כָּל הַנִּקְלָפִים בְּפֵירוֹת:
Ka-ahina soumka, comme une ahina rouge -- une datte rouge. Celui-ci aussi, après avoir été pelé, tourne au rouge, à la manière de tous les fruits que l'on pèle.
⚖️ Rosh (1)
נִקְלַף אָמַר רָבָא הַאי אֶתְרוֹגָא דְּאִיגְּלִיד כִּי אֲהִינָא סֻומָּקָא כָּשֵׁר פֵּירוּשׁ שֶׁלְּאַחַר שֶׁנִּיטְּלָה הַקְּלִיפָּה הוּא מַאְדִּים כִּתְמָרָה אֲדֻומָּה וְכֵן כָּל פֵּירוֹת הַנִּקְלָפִין מַאְדִּימִים וּמַיְירֵי שֶׁלֹּא נִיטַּל אֶלָּא הַקְּלִיפָּה הָאֲדֻומָּה וְלֹא נִיטַּל מִן הַלָּבָן עִמָּהּ כְּלוּם דא"כ הֲוָה לֵיהּ חָסֵר. וְהִתְנָן נִקְלַף פָּסוּל דַּף לוֹ. לָא קַשְׁיָא הָא בְּכֻולַּהּ הָא בְּמִקְצָתַהּ פרש"י בְּמִקְצָתָהּ פְּסוּלָה דַּהֲוָה לֵיהּ מְנֻומָּר ור"ח פֵּירֵשׁ אִיפְּכָא בְּכֻולָּהּ פְּסוּלָה דְּהָא לִטְרֵפָה מִדְּמֵינַן לֵיהּ וְגַבֵּי טְרֵיפָה אָמְרִינַן הַגְּלוּדָה טְרֵיפָה וְאִם נִשְׁתַּייֵּר בָּהּ כְּסֶלַע כְּשֵׁרָה וְכֵן כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל וְעוֹד כָּתַב דַּוְקָא שֶׁנִּקְלַף בְּמָקוֹם אֶחָד אֲבָל אִם נִקְלַף בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת אַפִּיל. בְּמִיעוּטוֹ נָמֵי פָּסוּל מִשּׁוּם דה"ל כִּמְנֻומָּר כִּי מָקוֹם הַנִּקְלָף אֵין מַרְאֵהוּ דּוֹמֶה לְשֶׁאֵינוֹ נִקְלָף וְאִם הָיוּ מַרְאָיו שָׁוִין כָּשֵׁר וְיֵשׁ אוֹמְרִים שאע"פ שֶׁנִּקְלַף בִּשְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת וְאֵין מַרְאָיו שָׁוִין כָּשֵׁר לְפִי שֶׁאֵינוֹ דּוֹמֶה לַחֲזָזִית כִּי הַחֲזָזִית אֵינוֹ מִמַּרְאֵה הָאֶתְרוֹג אֲבָל נִקְלַף אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מַרְאֵיהֶן שָׁוִין מִכָּל מָקוֹם כֻּולָּן מִמַּרְאֵה אֶתְרוֹג הֵם וְלֹא אָמְרוּ מְנֻומָּר פָּסוּל אֶלָּא כְּשֶׁהוּא מִשְׁתַּנֶּה לַחֲבַרְבּוּרוֹת כְּמִין מַרְאוֹת אֲחֵרוֹת כְּמוֹ חֲזָזִית וְהַלָּבָן וְהַכּוּשִׁי שֶׁהוּא פָּסוּל אֲבָל אִם נִשְׁתַּנָּה מְקוֹם הַקָּלוּף לְמַרְאֶה פָּסוּל זֶהוּ וַדַּאי כִּמְנֻומָּר. וּבְחָוטְמוֹ אֲפִילּוּ בְּמַשֶּׁהוּ פָּסוּל דֻּומְיָא דַּחֲזָזִית וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּכֻולּוֹ פָּסוּל לָאו דַּוְקָא כֻּולּוֹ אֶלָּא אֲפִילּוּ רֻובּוֹ דְּדָמֵי לַחֲזָזִית דְּפָסוּל בְּרֻובָּא ע"כ וּמַייְרֵי שֶׁנִּשְׁתַּנָּה לְמַרְאֶה פָּסוּל אֲבָל אִם נִשְׁתַּנָּה לְמַרְאֶה כָּשֵׁר אֲפִילּוּ אִם לֹא נִשְׁתַּייֵּר בּוֹ אֶלָּא כְּסֶלַע כָּשֵׁר:
« Niklaf. Rava a dit : ce cédrat qui a été pelé comme une datte rouge -- kacher. » Explication : après que l'écorce a été enlevée, il rougit comme une datte rouge -- et de même tous les fruits que l'on pèle rougissent. Et il s'agit du cas où l'on n'a enlevé que l'écorce rouge sans rien retirer du blanc avec elle, car sinon ce serait un fruit auquel il manque quelque chose (haser). « Mais nous avons appris : pelé -- passoul (36a) ! Ce n'est pas une difficulté : ici sur la totalité, là sur une partie. » Rachi a expliqué que « sur une partie » est invalide parce qu'il devient alors menoumar (tacheté). Rabbenou Hananel a expliqué l'inverse : sur la totalité il est invalide, car nous l'assimilons à la trefa, et pour la trefa nous disons que la bête écorchée (gueloudah) est trefa, mais que s'il lui reste [de peau] la surface d'un sela elle est kacher. Le Raavad a écrit de même, et il a ajouté : cela ne vaut que s'il a été pelé en un seul endroit ; mais s'il a été pelé en deux ou trois endroits, même sur une minorité il est également passoul, parce qu'il devient comme tacheté -- la couleur de l'endroit pelé n'étant pas semblable à celle des parties non pelées ; et si les couleurs sont identiques, il est kacher. Certains disent que même s'il a été pelé en deux ou trois endroits et que les couleurs ne sont pas identiques, il reste kacher, parce que le cas ne ressemble pas à la hazazit : la hazazit n'est pas de la couleur du cédrat, tandis que le pelé, même si les nuances diffèrent, garde partout des couleurs de cédrat. Ils n'ont déclaré le menoumar passoul que lorsqu'il se change en taches d'autres couleurs -- comme la hazazit, ou le blanc, ou le noir, qui sont invalidants ; mais si l'endroit pelé a tourné à une couleur invalidante, c'est assurément comme un fruit tacheté. « Et sur son hotem, même la moindre chose invalide » -- comme pour la hazazit. Et lorsque nous disons « sur la totalité, passoul », ce n'est pas strictement la totalité, mais même sa majorité, par analogie avec la hazazit, invalidante dès la majorité. Fin. Et il s'agit du cas où il a tourné à une couleur invalidante ; mais s'il a tourné à une couleur valide, même s'il ne lui reste que la surface d'un sela, il est kacher.
💡 Explication

Le folio s'achève sur une question et une réponse coupée en deux. Rava valide un cédrat pelé au point de rougir comme une datte ; la michna, elle, invalide expressément le niklaf. La Guemara amorce sa réponse -- lo kachya, ce n'est pas une difficulté -- et le folio s'interrompt là. La distinction (totalité / partie) est donnée au verso.

Rachi éclaire le vocabulaire : aglid signifie simplement pelé, et ahina soumka désigne une datte rouge. Le rougissement n'est pas un défaut ajouté -- c'est la réaction normale de tout fruit dont on retire l'écorce.

Le Roch donne d'avance l'enjeu et une précision décisive : il ne s'agit que du cas où seule l'écorce colorée a été enlevée, sans entamer le blanc en dessous -- sinon le fruit serait haser, incomplet, ce qui est une autre invalidité. Il rapporte ensuite deux lectures opposées de la distinction à venir : pour Rachi c'est le pelage partiel qui invalide (il rend le fruit tacheté), pour Rabbenou Hananel c'est le pelage total (par analogie avec la bête écorchée).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).