Soukka 37b — Ce qui interpose et ce qui ne peut pas interposer, puis la michna du na'anoua : où secouer le loulav, comment et pourquoi

Sukkah 37b

Sougya : Le folio commence par refermer la sougya de 37a : la michna de la vache rousse invalide la cendre tombée d'elle-même du tube, mais valide celle que l'homme fait tomber en secouant le tube — preuve qu'une prise faite par l'intermédiaire d'un objet est bien une prise. Suit une série de cinq énoncés de Rabba sur le loulav.

Les deux premiers concernent la hatsitsa dans le faisceau : ne pas enfoncer le loulav dans un hochana déjà lié, ne pas le tailler sans l'avoir sorti — dans les deux cas des feuilles ou des houtsin resteraient pris dans le lien et briseraient l'unité de la prise. Rava y oppose deux fois le même principe : min be-mino eino hotsets, une espèce n'interpose pas au sein de son espèce ; et le Roch se sert de ce passage pour fixer le sens de houtsin et corriger la lecture de Rachi sur nifretsou alav.

Viennent ensuite deux énoncés sur l'odeur, dont les tableaux s'inversent exactement : le myrte voué à la mitsva ne peut être humé, l'etrog si — car chacun n'a été écarté que de son usage propre ; mais sur l'arbre, le Chabbat, c'est le myrte qui peut être humé et l'etrog non, par crainte de la cueillette. Le cinquième énoncé place le loulav à droite et l'etrog à gauche, trois mitsvot contre une, et ouvre l'échange entre Rabbi Yirmeya et Rabbi Zerika sur le texte de la bénédiction : la hauteur du loulav dans le faisceau ne peut fonder son nom, puisqu'il suffirait de lever l'etrog ; c'est l'arbre de son espèce qui domine.

La michna passe alors au na'anoua et demande seulement où l'on secoue dans le Hallel : Beit Hillel retiennent Hodou au début et à la fin et Ana Hachem hochia na, Beit Chammai ajoutent hatslicha na, et Rabbi Akiva témoigne avoir vu Rabban Gamliel et Rabbi Yehochoua ne secouer qu'à hochia na. La Guemara rattache l'obligation à la michna de 29b, décrit le geste d'après la tenoufa des deux pains de Chavouot — porter et ramener, élever et abaisser — puis en donne deux sens : pour Rabbi Yo'hanan on désigne le Maître des quatre directions et du ciel et de la terre, tandis qu'en Terre d'Israël on enseigne que le geste arrête les vents et les rosées mauvaises.

Le folio s'interrompt sur un zot omeret dont la suite se lira en 38a.

Le fil du folio : ce qui sépare la main de la mitsva, puis ce que le loulav fait dans l'air Le folio quitte la question de l'interposition pour celle du geste : où, comment et pourquoi on secoue. Mouvement 1 (seg. 0) -- la preuve de la cendre referme la sougya de 37a Si la cendre tombe seule du tube, la sanctification est nulle ; s'il secoue le tube lui-même, elle est valide. Or il n'a jamais touché la cendre : il tenait le tube. Donc prendre par l'intermédiaire d'un objet est bien prendre. Conclusion acquise : lekiha al yedei davar aher chema lekiha -- contre la thèse de Rabba sur l'étoffe. Mouvement 2 (seg. 1-2) -- deux consignes de Rabba sur le faisceau, deux fois refusées par Rava Ne pas enfoncer le loulav dans le hochana déjà lié : il ferait tomber des feuilles de myrte et de saule. Ne pas tailler le loulav pendant qu'il est lié : des houtsin détachés de l'échine resteraient dans le lien. Dans les deux cas Rabba craint une hatsitsa entre les espèces, qui briserait l'unité de la prise. Rava tranche d'un seul principe, répété deux fois : min be-mino eino hotsets -- une espèce n'interpose pas sur elle-même. Mouvement 3 (seg. 3-5) -- trois autres dits de Rabba : l'odeur, l'arbre, la main Le myrte de la mitsva : interdit de le humer -- il a été mis de côté de l'usage même qui le définit. L'etrog de la mitsva : permis de le humer -- il n'a été mis de côté que de la consommation. Sur l'arbre, la règle s'inverse : humer le myrte est permis, humer l'etrog est interdit -- on craint la cueillette. Le loulav à droite, l'etrog à gauche : trois mitsvot d'un côté, une seule de l'autre. La bénédiction ne nomme que le loulav : non parce qu'il dépasse dans le faisceau, mais parce que son arbre domine. Mouvement 4 (seg. 6-9) -- la michna du na'anoua : où, comment, pourquoi Beit Hillel : à Hodou, au début et à la fin, et à Ana Hachem hochia na. Beit Chammai ajoutent hatslicha na. Rabbi Akiva témoigne : Rabban Gamliel et Rabbi Yehochoua ne secouaient qu'à Ana Hachem hochia na. La Guemara s'étonne : d'où sort ce na'anoua ? De la michna de 29b, où trois tefahim sont exigés pour secouer. Le geste est celui de la tenoufa des deux pains : porter et ramener, élever et abaisser. Deux lectures du sens : à Babel, on désigne le Maître des directions ; en Israël, on arrête vents et rosées mauvaises.
Le fil du folio en quatre mouvements : la clôture de la sougya de la prise, les consignes de Rabba, puis la michna du na'anoua.
Les cinq consignes de Rabba sur le loulav, et ce qui leur répond Deux fois Rava le contredit par un seul principe ; les trois autres fois, c'est un contraste interne qui répond. Le cas Ce que dit Rabba Le contrepoint Enfoncer le loulav dans le hochana déjà lié (seg. 1) Interdit : le loulav fera tomber des feuilles de myrte et de saule, qui resteront dans le lien et interposeront entre les espèces. Rava : min be-mino eino hotsets Une espèce n'interpose pas au sein de son espèce. Pas de hatsitsa du tout. Tailler le loulav sans le sortir du lien (seg. 2) Interdit : la coupe détache des houtsin de l'échine ; ils demeurent dans le faisceau. Rachi : sortir, tailler, puis relier à nouveau. Rava : même réponse, mot pour mot Le Roch tire de ce passage que les feuilles arrachées de l'échine se nomment houtsin. Humer le végétal mis de côté pour la mitsva (seg. 3) Myrte : interdit. Il est fait pour l'odeur, c'est donc de l'odeur qu'il fut écarté. Règle tirée des bois de la soukka (Soukka 9a). Etrog : permis Il est fait pour être mangé : il n'a été écarté que de la consommation. Humer sur l'arbre le Chabbat, toute l'année (seg. 4) Myrte : permis. Le humer sur l'arbre suffit, il n'aura pas l'idée de le détacher. La règle du seg. 3 se trouve exactement inversée. Etrog : interdit L'odeur réveille l'envie de manger : il oubliera et cueillera le fruit. Quelle main, quel nom pour la bénédiction (seg. 5) Loulav à droite, etrog à gauche : trois mitsvot contre une seule. La droite revient au plus grand nombre de mitsvot. Pourquoi al netilat loulav ? Non parce qu'il dépasse d'un tefah, sinon on élèverait l'etrog : son arbre est le plus haut.
Les cinq énoncés de Rabba rassemblés ici, avec le principe unique par lequel Rava en abat deux, et les contrastes internes qui portent les trois autres.
Le na'anoua : où dans le Hallel, quel geste, pour quelle raison Trois questions distinctes, traitées dans cet ordre par la michna puis par la Guemara. 1. OÙ -- les quatre emplacements possibles dans le Hallel Hodou (début) Ana Hachem hochia na Ana Hachem hatslicha na Hodou (fin) Tehilim 118,1 Tehilim 118,25a Tehilim 118,25b Tehilim 118,29 Beit Hillel les trois points verts -- Hodou au début, Ana Hachem hochia na, Hodou à la fin. Beit Chammai les mêmes, plus le point orange : Ana Hachem hatslicha na. Rabbi Akiva témoigne que Rabban Gamliel et Rabbi Yehochoua ne secouaient qu'à Ana Hachem hochia na. 2. COMMENT -- le geste est emprunté à la tenoufa des deux pains de Atseret Il pose les deux pains sur les deux agneaux vivants, glisse sa main dessous, et balance. Deux axes distincts : molikh oumevi, porter en avant et ramener -- ma'aleh oumorid, élever et abaisser. Le verset qui les fonde : acher hounaf va-acher houram (Chemot 29,27), balance et prélève. Rachi : ce verset parle des miloouim, non des agneaux de Atseret -- mais toutes les tenoufot en dérivent. 3a. POURQUOI selon Rabbi Yo'hanan Le geste désigne un propriétaire, il ne demande rien. Porter et ramener : à Celui à qui sont les quatre vents. Élever et abaisser : à Celui à qui sont ciel et terre. Registre de la reconnaissance : on balaie l'espace entier. 3b. POURQUOI selon la tradition d'Israël Le geste agit, il écarte une menace réelle. Porter et ramener : arrêter les vents mauvais. Élever et abaisser : arrêter les rosées mauvaises. Même geste, même axe -- mais lu comme une prière efficace.
Où secouer dans le Hallel, quel geste exactement, et les deux sens opposés que Babel et la Terre d'Israël lui donnent.
1
הָא הִפִּילוֹ הוּא — כָּשֵׁר. אַמַּאי? ״וְלָקְחוּ״ ״וְנָתַן״ אֲמַר רַחֲמָנָא! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינָּה: לְקִיחָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר — שְׁמָהּ לְקִיחָה.

Or [s'il ressort de la michna que] s'il l'a fait tomber lui-même — c'est valide. Pourquoi donc ?

La Torah a bien dit « et ils prendront » et « et il mettra » ! Bien plutôt, il faut en conclure : une prise faite par l'intermédiaire d'un autre objet s'appelle bien une prise (lekiha al yedei davar aher chema lekiha).

📜 Rachi (2)
הָא הִפִּילוֹ הוּא בְּמִתְכַּוֵּין דֻּומְיָא דְּנָפַל מֵאֵלָיו שֶׁלֹּא אָחַז בָּאֵפֶר עַצְמוֹ אֶלָּא אָחַז בִּשְׁפוֹפֶרֶת וְנַעֲרָה לְתוֹךְ שֹׁוקֶת כָּשֵׁר:
S'il l'a fait tomber lui-même — de façon intentionnelle, dans un cas par ailleurs semblable à celui où elle est tombée d'elle-même : il n'a pas saisi la cendre elle-même, mais a saisi le tube et l'a secoué dans la cuve — c'est valide.
ה"ג אַמַּאי וְלָקְחוּ וְנָתַן אָמַר רַחֲמָנָא אֶלָּא ש"מ לְקִיחָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר שְׁמָהּ לְקִיחָה:
Telle est la leçon (hakhi garsinan) : « Pourquoi ? La Torah a dit 'et ils prendront', 'et il mettra' ! Bien plutôt, il faut en conclure : une prise par l'intermédiaire d'un autre objet s'appelle une prise. »
🗂️ Tossefot (1)
אַמַּאי וְנָתַן אָמַר רַחֲמָנָא אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה נְתִינָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר שְׁמָהּ נְתִינָה הָכָא נָמֵי לְקִיחָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר שְׁמָהּ לְקִיחָה. כָּךְ כָּתוּב בְּכָל הַסְּפָרִים וְקָשֶׁה חֲדָא דְּמַה לוֹ לְדַקְדֵּק מִנְּתִינָה הָא גַּבֵּי פָּרָה כְּתִיב לְשׁוֹן לְקִיחָה וְלָקְחוּ לַטָּמֵא מֵעֲפַר שְׂרֵפַת הַחַטָּאת הַשְׁתָּא קָנָסֵיב עַל יְדֵי שְׁפוֹפֶרֶת דְּהַייְנוּ עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר וְעוֹד וְנָתַן קָאֵי אַמַּיִם וְלֹא אַאֵפֶר כִּדְמוֹכַח בְּהֶדְיָא פֶּרֶק כָּל שָׁעָה (פְּסָחִים דַּף לד: וְשָׁם) דְּפָרִיךְ וְנָתַן אַלְמָא תְּלוּשִׁין נִינְהוּ וְהָא מְחֻובָּרִין נִינְהוּ כְּלוֹמַר דְּבָעֵינַן מַיִם חַיִּים אֶל כֶּלִי וּבְפֶרֶק שֵׁנִי דְּסוֹטָה (דַּף טז: וְשָׁם) וּבְפֶרֶק קַמָּא דִּתְמוּרָה (דַּף יב: וְשָׁם) נָמֵי קָאָמַר תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי וְנָתַן עָלָיו אַלְמָא אֵפֶר בְּרֵישָׁא דִּפְשָׁטֵיהּ דִּקְרָא מַשְׁמַע דְּעָלָיו אַאֵפֶר קָאֵי שֶׁנּוֹתֵן הַמַּיִם עָלָיו וּכְתִיב מַיִם חַיִּים אֶל כֶּלִי דְּמַשְׁמַע שֶׁלֹּא יְהֵא הֶפְסֵק בֵּין מַיִם לַכְּלִי וּפֶרֶק הֶעָרֵל (יְבָמוֹת עב: וְשָׁם) קָאָמַר כְּתַב רַחֲמָנָא וְלָקְחוּ וְנָתַן דַּאֲפִילּוּ שָׁקְלִי תְּרֵי וְיָהֵיב חַד הַייְנוּ שָׁקְלִי תְּרֵי מֵאֲפָר וְיָהֵיב חַד בְּמַיִם וּמִיהוּ יִתָּכֵן דְּנָתַן אַתַּרְוַייְהוּ קָאֵי אַמַּיִם וְאֵפֶר וּבַקּוּנְטְרֵס גָּרֵיס הָכִי וְאַמַּאי וְלָקְחוּ וְנָתַן אָמַר רַחֲמָנָא אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ לְקִיחָה עַל יְדֵי דָּבָר אַחֵר שְׁמָהּ לְקִיחָה:
« Pourquoi ? La Torah a dit 'et il mettra' ! Bien plutôt, il faut en conclure qu'un dépôt (netina) fait par l'intermédiaire d'un autre objet s'appelle un dépôt ; ici de même, une prise par l'intermédiaire d'un autre objet s'appelle une prise. » — Telle est la leçon dans tous les livres, et elle fait difficulté. Premièrement : pourquoi déduire de la netina, alors qu'à propos de la vache rousse c'est un terme de lekiha qui est écrit, « et ils prendront pour l'impur de la cendre de la combustion du hatat » — et voici qu'il prend par l'intermédiaire du tube, c'est-à-dire par l'intermédiaire d'un autre objet ? En outre, « et il mettra » se rapporte aux eaux et non à la cendre, comme il ressort explicitement du chapitre Kol Chaa (Pessahim 34b) où l'on objecte : « et il mettra » — ce sont donc des eaux détachées, alors qu'elles sont encore attachées à leur source ! c'est-à-dire qu'il faut des eaux vives versées dans un récipient. Et au deuxième chapitre de Sota (16b) ainsi qu'au premier chapitre de Temoura (12b) il est dit également : deux versets sont écrits, « et il mettra sur elle » — donc la cendre en premier, car le sens simple du verset indique que « sur elle » se rapporte à la cendre, sur laquelle il met les eaux ; et il est écrit « des eaux vives dans un récipient », ce qui indique qu'il n'y ait pas d'interruption entre les eaux et le récipient. Et au chapitre HaArel (Yevamot 72b) il est dit : la Torah a écrit « et ils prendront » au pluriel et « et il mettra » au singulier, pour dire que même si deux prennent et qu'un seul met — c'est-à-dire que deux prennent de la cendre et qu'un seul la dépose dans les eaux. Toutefois il se peut que « et il mettra » se rapporte aux deux, aux eaux comme à la cendre. Et dans le commentaire de Rachi la leçon est celle-ci : « Et pourquoi ? 'Et ils prendront', 'et il mettra', a dit la Torah ! Bien plutôt, il faut en conclure : une prise par l'intermédiaire d'un autre objet s'appelle une prise. »
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la dernière marche de la sougya commencée en 37a. La question était de savoir si l'on peut saisir le loulav à travers une étoffe : Rabba l'interdit, faute de lekiha tama (prise complète), Rava l'autorise. Rava cherchait une preuve dans les eaux de la para adouma (vache rousse).

La michna citée distingue deux cas. Si la cendre tombe d'elle-même du tube dans la cuve, la sanctification est invalide : il n'y a eu aucun acte humain. Mais si l'homme secoue le tube et fait ainsi tomber la cendre, c'est valide — alors même qu'il n'a jamais touché la cendre, seulement le tube. Le verset exige pourtant « et ils prendront » et « et il mettra », c'est-à-dire un acte de prise et de dépôt.

La conclusion s'impose donc : prendre par l'intermédiaire d'un objet, c'est prendre. Le principe acquis ici pèse directement contre la position de Rabba sur l'étoffe.

2
וְאָמַר רַבָּה: לָא לִדוּץ אִינִישׁ לוּלַבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא, דְּדִלְמָא נָתְרִי טַרְפֵי וְהָוֵי חֲצִיצָה. וְרָבָא אָמַר: מִין בְּמִינוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ.

Et Rabba a dit : qu'une personne n'enfonce pas le loulav dans le hochana (le faisceau déjà lié du myrte et du saule), car peut-être des feuilles s'en détacheraient-elles et cela constituerait une hatsitsa (interposition). Et Rava a dit : une espèce au sein de son espèce n'interpose pas.

📜 Rachi (3)
וְאָמַר רַבָּה גָּרַס בְּכוּלְּהוּ:
« Et Rabba a dit » — telle est la leçon dans tous ces énoncés [c'est bien Rabba, et non Rava, qu'il faut lire].
לָא לֵידוּץ אִינִישׁ לוּלִיבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא לְאַחַר שֶׁאָגַד הָעֲרָבָה וְהַהֲדַס יַחַד לֹא יִתְחֹוב הַלּוּלָב מִלְמַעְלָה בְּתוֹךְ הָאֶגֶד:
Qu'une personne n'enfonce pas le loulav dans le hochana — après avoir lié ensemble le saule et le myrte, qu'il n'enfonce pas le loulav par le haut à l'intérieur du lien.
דִּלְמָא נָתְרִי טַרְפֵי הַלּוּלָב מַשִּׁיר עֲלֵי הַהֲדַס וְהָעֲרָבָה וּמִשְׁתַּייְּרִין בְּאֶגֶד וְחוֹצְצִין בֵּין מִין לְמִין וְאֵינָם אֲגוּדִים יַחַד לִהְיוֹת לְקִיחָה אַחַת:
Car peut-être des feuilles s'en détacheraient-elles — le loulav fait tomber les feuilles du myrte et du saule ; elles restent dans le lien et interposent entre une espèce et l'autre, si bien que celles-ci ne sont plus liées ensemble pour former une seule prise.
💡 Explication

Nouvelle série : le folio rassemble ici cinq énoncés de Rabba sur le loulav. Les deux premiers portent sur la même crainte, celle de la hatsitsa. Le hochana désigne le faisceau du myrte et du saule déjà lié ; l'usage veut qu'on y glisse ensuite le loulav par le haut. Rabba met en garde : ce mouvement fera tomber des feuilles, qui resteront prises dans le lien et sépareront les espèces les unes des autres.

L'enjeu n'est pas la propreté du faisceau mais l'unité de la prise. La Torah exige une lekiha tama : les quatre espèces doivent former un seul objet saisi en une seule fois. Un corps interposé brise cette unité.

Rava répond d'un principe général : min be-mino eino hotsets — une espèce n'interpose pas au sein de son espèce. Une feuille de myrte tombée entre le myrte et le saule n'est pas un corps étranger : c'est du myrte, déjà partie du faisceau. Le désaccord ne porte pas sur les faits, mais sur ce qui mérite le nom d'interposition.

🖼️ Schéma
Enfoncer le loulav dans le hochana : la crainte de Rabba, la réponse de Rava Ce que craint Rabba loulav (échine) myrte saule le lien on l'enfonce par le haut Des feuilles arrachées restent coincées dans le lien et séparent une espèce de l'autre : hatsitsa. Conséquence : plus de lekiha ahat, plus de prise unique. Ce que répond Rava min be-mino eino hotsets Une espèce n'interpose pas au sein de son espèce. La feuille de myrte tombée n'est pas un corps étranger : c'est du myrte, déjà présent dans le faisceau au titre de son espèce. Ce que la hatsitsa suppose : deux corps étrangers l'un à l'autre. Ici il n'y en a qu'un seul. Rava applique le même principe deux fois de suite, au segment suivant, sans changer un mot. Le désaccord ne porte pas sur les faits, mais sur la définition même de ce qui peut interposer.
La crainte de Rabba, montée en image, et le principe unique par lequel Rava la désamorce.
3
וְאָמַר רַבָּה: לָא לִיגּוֹז אִינִישׁ לוּלַבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא, דְּמִשְׁתַּייְּרִי הוּצֵא וְהָוֵי חֲצִיצָה. וְרָבָא אָמַר: מִין בְּמִינוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ.

Et Rabba a dit : qu'une personne ne taille pas le loulav alors qu'il est dans le hochana, car des houtsin (folioles) y resteraient et cela constituerait une hatsitsa. Et Rava a dit : une espèce au sein de son espèce n'interpose pas.

📜 Rachi (2)
לָא (לִיגּוֹד) אִינִישׁ לוּלִיבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא אִם הוּא אָרֹוךְ יוֹתֵר מִדַּאי מִן הָעֲרָבָה וּבָא לְקָצְצוֹ מִתַּחַת לֹא יִקְצְצֶנּוּ בְּעוֹדוֹ בַּאֲגֻודָּה אֶלָּא יוֹצִיאֶנּוּ וְיָגֹוז מִתַּחַת וְיַחֲזֹור וְיֶאֱגֹוד:
Qu'une personne ne taille pas le loulav dans le hochana — s'il est trop long par rapport au saule et qu'il vient le couper par le bas, qu'il ne le coupe pas tant qu'il est dans le faisceau ; qu'il le sorte plutôt, le taille par le bas, puis le relie à nouveau.
דְּמִשְׁתַּייְּרִי הוּצָא שֶׁל לוּלָב תְּלוּשִׁין מִן הַשִּׁדְרָה בְּתוֹךְ הָאֶגֶד לְפִי שֶׁעֲלֵי הַלּוּלָב אֲרֻוכִּים וּמְחֻובָּרִים מִתַּחַת הַשִּׁדְרָה וְנִמְשָׁכִין וְעוֹלִין כְּנֶגֶד גָּובְהוֹ שֶׁל לוּלָב וּכְשֶׁקּוֹצְצָן מִתַּחַת נִמְצְאוּ חֲתוּכֵין מִן הַשִּׁדְרָה וְנִשְׁאָרִין בַּאֲגֻודָּה:
Car des houtsin y resteraient — des folioles du loulav, détachées de l'échine, restent à l'intérieur du lien : les feuilles du loulav sont longues et rattachées en bas de l'échine, elles s'étirent et montent le long de la hauteur du loulav ; en les coupant par le bas, elles se trouvent tranchées de l'échine et demeurent dans le faisceau.
⚖️ Rosh (1)
נִפְרְצוּ עָלָיו בְּרוֹב עָלִין אַייְרֵי כִּדְאִיתָא בַּתּוֹסֶפְתָּא ופרש"י שֶׁנִּפְרְצוּ מִן הַשִּׁדְרָה וְאֵינוֹ מְחֻובָּר אֶלָּא ע"י אֲגֻודָּה. מַשְׁמַע שֶׁרָצָה לוֹמַר שֶׁנִּתְלְשׁוּ לְגַמְרֵי מִן הַשִּׁדְרָה וְלֹא מַשְׁמַע כֵּן בַּגְּמָרָא דִּמְפָרֵשׁ נִפְרְצוּ דְּעָבֵיד כִּי חֻופְיָא וְהֶעָלִין שֶׁנִּתְלְשׁוּ מִן הַשִּׁדְרָה הוּצִין מִקְּרוּ כִּדְאָמַר לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף לז:) אָמַר רָבָא לָא לִיגּוֹז אִינִישׁ לוּלַבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא דְּנָתְרִי הוּצִין וְהָוֵי חֲצִיצָה כְּלוֹמַר אִם הוּא אָרֹוךְ יוֹתֵר מִדַּאי מִן הָעֲרָבָה וּבָא לְקָוצְצוֹ מִתַּחַת לֹא יִקְצְצוּ כְּשֶׁהוּא בַּאֲגֻודָּה דְּהוּצִין הַנִּתְלָשִׁין מִן הַשִּׁדְרָה הָוֵי חֲצִיצָה אַלְמָא עָלִין הַנִּתְלָשִׁין מִקְּרוּ הוּצִין וּמֵהוּצִין עוֹשִׂין חֻופְיָא כִּדְאִיתָא פֶּרֶק הַגּוֹזֵל קַמָּא (בָּבָא קַמָּא דַּף צו.) הַאי מַאן דִּגְזַל לוּלִיבָּא וְעַבְדִינְהוּ הוּצֵי קָנֵי מֵעִיקָּרָא לוּלִיבָּא וְהַשְׁתָּא הוּצֵי הוּצֵי וְעַבְדִינְהוּ חֻופְיָא קָנֵי מֵעִיקָּרָא הוּצֵי וְהַשְׁתָּא חֻופְיָא וְהַיְינוּ שֶׁחִילֵּק כָּל עָלֶה לִשְׁנַיִם בְּמָקוֹם שֶׁהוּא כָּפוּל מִגַּבּוֹ וְאָז נִקְרָא חֻופְיָא וְעוֹשִׂין מֵהֶן מַכְבְּדוֹת הַייְנוּ נִפְרְצוּ עָלָיו דְּהָכָא שֶׁנִּפְרַץ רֹאשׁ כָּל עָלֶה וְעָלֶה מִגַּבּוֹ בְּרוֹב עָלָיו שֶׁבַּלּוּלָב: גְּמ' מַתְנִיתִין לוּלָב הַגָּזוּל וְהַיָּבֵשׁ. קָא פָסֵיק וְתָנֵי ל"ש ביו"ט רִאשׁוֹן כוּ' בִּשְׁלָמָא יָבֵשׁ בָּעֵינַן הָדָר וְלֵיכָּא אֶלָּא גָּזוּל בִּשְׁלָמָא ביו"ט רִאשׁוֹן וּלְקַחְתֶּם לָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם אֲמַר רַחֲמָנָא וְהַאי לָאו דִּידֵיהּ הוּא אֶלָּא ביו"ט שֵׁנִי אַמַּאי לָא מַשְׁמַע דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ דְּבָעֵינַן הָדַר לְכֻולֵּי יוֹמֵי אֲבָל לָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם לָא בָּעֵינַן בִּשְׁאָר יָמִים וְכֵן וּלְקַחְתֶּם דְּדָרְשִׁינַן מִינֵּיהּ דְּבָעֵי לְקִיחָה תַּמָּה לָא מִיפְּסִיל אֶלָּא ביו"ט רִאשׁוֹן כִּדְאָמַר בְּפִרְקִין דַּף לוֹ: רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּל בֵּיהּ וְנָפֵיק בֵּיהּ ביו"ט שֵׁנִי וְתֵימַהּ מַאי שְׁנָא זֶה מִזֶּה הָא כֻּולְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי כְּתִיבִי בְּחַד קְרָא וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הָדָר וְאִי מִשּׁוּם דְּמַשְׁמַע דְּהָנָךְ דִּכְתִיבִי מִקַּמֵּי יוֹם רִאשׁוֹן דַּוְקָא עָלֶיהָ קָיְימִי וְלֹא רָצוּ לְתַקֵּן שֶׁיְּהוּ נוֹהֲגִים בִּשְׁאָר הַיָּמִים אֲבָל הָדָר דִּכְתִיב בָּתְרֵיהּ תִּיקּוּן בְּכָל הַיָּמִים. אַכַּתִּי קָשֶׁה דְּהָא מִן וּלְקַחְתֶּם לָכֶם דָּרְשִׁינַן בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה דַּף כז. וּלְקַמָּן בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף לד.) דְּאַרְבָּעָה מִינִין שֶׁבַּלּוּלָב מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה דְּבָעֵינַן לְקִיחָה תַּמָּה. וּבְשִׁלְהֵי פִּירְקִין דַּף מא: וּבְרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (סֻוכָּה דַּף מג.) דָּרְשִׁינַן נַמֵּי מִדִּכְתִיב וּלְקַחְתֶּם לְשׁוֹן רַבִּים שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדְּלָא כְּתִיב וְלָקַחְתָּ לְשׁוֹן יָחִיד כִּי הֵיכִי דְּדָרְשִׁינַן בְּפֶרֶק רַבִּי יִשְׁמָעֵאל (מְנָחוֹת דַּף סה:) סְפִירָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד מִדִּכְתִיב וּסְפַרְתֶּם וא"כ בִּשְׁאָר הַיָּמִים תִּיסְגֵּי בְּמִין אֶחָד וּבִלְקִיחָה לְאֶחָד בִּשְׁבִיל כֻּולָּם הִלְכָּךְ נִרְאֶה דְּהַייְנוּ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּיוֹם רִאשׁוֹן דְּאוֹרָייְתָא בַּגִּבּוּלִין וּשְׁאָר הַיָּמִים דְּרַבָּנָן זֵכֶר לַמִּקְדָּשׁ כִּדְאִיתָא בְּרֵישׁ לוּלָב וַעֲרָבָה (סֻוכָּה דַּף מד.) הִלְכָּךְ בְּעִיקַּר הַלְּקִיחָה כְּגוֹן ד' מִינִים בַּלּוּלָב וּלְקִיחָה לְכָל אֶחָד וְאֶחָד תִּיקּוּן גַּם בִּשְׁאָר יָמִים כְּעֵין דְּאוֹרָייְתָא וְכֵן בְּהָדָר מִשּׁוּם הִדּוּר מִצְוָה אֲבָל בְּחָסֵר לֹא תִּיקּוּן וְלֹא בְּשָׁאוּל. וּבְגָזוּל פְּלִיגִי בִּשְׁמַעְתִּין רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי סָבַר דְּתִיקּוּן מִשּׁוּם דְּהָוֵי מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה וּשְׁמוּאֵל סָבַר כֵּיוָן שֶׁהוּא מִדְּרַבָּנָן לָא חֲשִׁיב מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה. וְהָרַב אַלְפָסִי זַ"ל שֶׁלֹּא הֵבִיא אֶלָּא הַמִּשְׁנָה כְּצוּרָתָהּ וְלֹא הֵבִיא פְּלֻוגְתָּא דְּאָמוֹרָאֵי דִּפְלִיגִי בְּגָזוּל מִכְּלָל דִּסְבִירָא לֵיהּ כִּסְתָמָא דִּגְמָרָא דְּאָמַר קָפָסֵיק וְתָנֵי לָא שְׁנָא ביו"ט רִאשׁוֹן וְלָא שְׁנָא ביו"ט שֵׁנִי וּפְסִיל לֵיהּ מִשּׁוּם מִצְוָה הַבָּאָה בַּעֲבֵירָה. ואע"ג דִּקְרָא גַּבֵּי קָרְבָּן כְּתִיב ה"ה בְּכָל מִצְוָה כִּדְמוֹכַח בְּרֵישׁ הַגּוֹזֵל קַמָּא (בָּבָא קַמָּא דַּף צַד.) דְּקָאָמַר הֲרֵי שֶׁגָּזַל סְאָה שֶׁל חִטִּין וּטְחָנָהּ וַאֲפָאָהּ וְהִפְרִישׁ מִמֶּנָּה חַלָּה אֵין זֶה מְבָרֵךְ אֶלָּא מְנָאֵץ וְלֹא כִּשְׁמוּאֵל דְּסָבַר דְּלָא אָמְרִינַן הָכִי אֶלָּא בְּמִצְוָה שֶׁהִיא מִדְּאוֹרַיְיתָּא וְלֹא. מִיסְתַּבֵּר טַעְמֵיהּ דְּכֵיוָן דִּמְבָרֵךְ וּמַזְכִּיר שֵׁם שָׁמַיִם מְנָאֵץ הוּא בְּמִילֵּי דְּרַבָּנָן כְּמוֹ בְּמִילֵּי דְּאוֹרָייְתָא וְעוֹד דְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק דְּהוּא בָּתְרָא פָּרִיךְ לִשְׁמוּאֵל מִמַּתְנִיתִין ואע"ג דְּדָחֵי לֵיהּ לָא סָמְכִינַן אַשִּׁינּוּיָא דְּחִיקָא וְכֵן פָּסַק בה"ג וְרַב פַּלְטוֹיִיא גָּאוֹן נִמְצָא שֶׁאֵין חִילּוּק בֵּין יו"ט רִאשׁוֹן לְכָל שְׁאָר הַיָּמִים אֶלָּא בְּחָסֵר כִּדְאָמַר לְקַמָּן רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּל וּנְפַק בֵּיהּ וְכֵן שָׁאוּל אֲבָל כָּל שְׁאָר הַפְּסוּלִים נוֹהֲגִים בְּכָל הַיָּמִים ויו"ט שֵׁנִי דִּידַן הוּא כַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן דִּסְפֵיקָא הוּא וְרָאִיתִי דֵּעוֹת אֲחֵרוֹת לַפּוֹסְקִים וְנִלְאֵיתִי לְכוֹתְבָם כִּי לֹא יָשְׁרוּ בְּעֵינַי וְכַאֲשֶׁר כָּתַבְתִּי כָּךְ עִיקָּר:
« Nifretsou alav » (ses feuilles ont été fendues) : il s'agit de la majorité des feuilles, comme il ressort de la Tossefta. Rachi a expliqué : qu'elles ont été arrachées de l'échine (chidra) et ne tiennent plus que par le lien. Cela laisse entendre qu'il veut dire qu'elles ont été complètement détachées de l'échine ; mais tel n'est pas le sens dans la Guemara, qui explique « nifretsou » par « il l'a rendu semblable à un balai (hofya) ». Car les feuilles arrachées de l'échine s'appellent houtsin, comme il est dit plus loin (Soukka 37b) : Rava a dit, qu'une personne ne taille pas le loulav dans le hochana, car des houtsin s'en détacheraient et il y aurait hatsitsa — c'est-à-dire : s'il est trop long par rapport au saule et qu'il vient le couper par le bas, qu'il ne le coupe pas tant qu'il est dans le faisceau, car les houtsin arrachés de l'échine constituent une hatsitsa. Il en ressort que les feuilles arrachées se nomment houtsin ; et des houtsin on fait un hofya, comme il est dit au chapitre HaGozel Kama (Baba Kama 96a) : celui qui a volé un loulav et en a fait des houtsin l'acquiert — au départ c'était un loulav, maintenant ce sont des houtsin ; [s'il a volé] des houtsin et en a fait un hofya, il l'acquiert — au départ c'étaient des houtsin, maintenant c'est un hofya. C'est-à-dire qu'il a fendu chaque feuille en deux à l'endroit où elle est repliée sur son dos ; on l'appelle alors hofya, et l'on en fait des balais. Tel est le « nifretsou alav » d'ici : que la tête de chaque feuille a été fendue depuis son dos, pour la majorité des feuilles du loulav. GUEMARA. Notre michna : « le loulav volé et le loulav sec ». [La Guemara demande :] elle tranche et enseigne sans distinguer, qu'il s'agisse du premier jour de fête ou des autres, etc. Pour le loulav sec, soit : on exige le hadar (la beauté) et il n'y en a pas. Mais pour le volé : le premier jour de fête, soit — la Torah a dit « et vous prendrez pour vous », c'est-à-dire de ce qui vous appartient, et celui-ci n'est pas à lui ; mais le second jour, pourquoi serait-il invalide ? Il ressort donc qu'il tient pour évident que l'on exige le hadar tous les jours, tandis que lakhem, de ce qui vous appartient, n'est pas exigé les autres jours ; de même « oulkahtem », dont nous déduisons qu'il faut une lekiha tama (prise complète), n'invalide que le premier jour, comme il est dit dans notre chapitre (36b) : Rabbi Hanina y trempait son etrog et s'en acquittait le second jour de fête. Et c'est étonnant : quelle différence y a-t-il entre l'un et l'autre, puisque tous sont écrits ensemble dans un seul verset, « et vous prendrez pour vous, le premier jour, un fruit de l'arbre hadar » ? Et si l'on dit que ce qui est écrit avant « le premier jour » ne porte que sur lui, et que les Sages n'ont pas voulu l'instituer pour les autres jours, tandis que le hadar, écrit après, a bien été institué pour tous les jours — cela reste difficile : car de « oulkahtem lakhem » nous déduisons dans HaKomets Rabba (Menahot 27a) et plus loin dans notre chapitre (Soukka 34a) que les quatre espèces du loulav se rendent indispensables l'une l'autre, puisqu'on exige une lekiha tama ; et à la fin de notre chapitre (41b) ainsi qu'au début de Loulav va-Arava (43a) nous déduisons aussi de « oulkahtem » écrit au pluriel qu'il faut une prise pour chacun, puisqu'il n'est pas écrit « oulkahta » au singulier — de même que nous déduisons au chapitre Rabbi Yichmael (Menahot 65b) qu'il faut un compte pour chacun, de « ousfartem ». S'il en est ainsi, les autres jours il devrait suffire d'une seule espèce et d'une seule prise faite par un pour tous. Il faut donc dire que la raison est celle-ci : le premier jour est d'ordre torahique même hors du Temple (bigvoulin), tandis que les autres jours ne sont que rabbiniques, en souvenir du Temple, comme il est dit au début de Loulav va-Arava (44a). Dès lors, pour l'essentiel de la prise — à savoir les quatre espèces du loulav et une prise pour chacun — les Sages ont institué aussi pour les autres jours quelque chose de semblable à la loi de la Torah ; et de même pour le hadar, au titre de l'embellissement de la mitsva (hidour mitsva). Mais pour ce qui est manquant (haser) ils n'ont rien institué, ni pour l'emprunté (chaoul). Quant au volé, nos maîtres divergent dans notre sougya : Rabbi Chimon ben Yohai tient qu'ils l'ont institué, parce que c'est une mitsva accomplie par une transgression (mitsva haba'a be-avéra), et Chmouel tient que, puisque c'est rabbinique, cela ne compte pas comme mitsva accomplie par une transgression. Et le Rav Alfassi, de mémoire bénie, qui n'a rapporté que la michna telle quelle sans rapporter la controverse des Amoraim sur le volé, montre par là qu'il tient comme le stam de la Guemara qui dit « elle tranche et enseigne sans distinguer entre le premier jour de fête et les autres », et qui l'invalide au titre de mitsva accomplie par une transgression. Et bien que le verset soit écrit à propos d'un sacrifice, il en va de même pour toute mitsva, comme il ressort du début de HaGozel Kama (Baba Kama 94a) où il est dit : celui qui a volé une mesure de blé, l'a moulue, l'a cuite et en a prélevé la halla — celui-là ne bénit pas, il blasphème. Et cela ne va pas dans le sens de Chmouel, qui tient qu'on ne dit cela que pour une mitsva d'ordre torahique. Sa raison ne paraît pas convaincante : dès lors qu'il bénit et mentionne le Nom du Ciel, il blasphème, dans les matières rabbiniques comme dans celles de la Torah. En outre, Rav Nahman bar Its'hak, qui est postérieur, objecte à Chmouel depuis notre michna ; et bien qu'il repousse l'objection, on ne s'appuie pas sur une réponse forcée. Ainsi ont tranché les Halakhot Guedolot et Rav Paltoy Gaon. Il se trouve donc qu'il n'y a pas de différence entre le premier jour de fête et tous les autres jours, sinon pour ce qui est manquant, comme il est dit plus loin — Rabbi Hanina y trempait et s'en acquittait — et de même pour l'emprunté ; mais tous les autres cas d'invalidité valent pour tous les jours. Et notre second jour de fête [en diaspora] est comme le premier jour, car c'est un doute. J'ai vu d'autres opinions chez les décisionnaires et je me suis lassé de les écrire, car elles ne m'ont pas paru justes ; ce que j'ai écrit, tel est l'essentiel.
💡 Explication

Même structure, autre situation. Le loulav dépasse parfois nettement le saule et l'on veut le raccourcir par le bas. Rabba interdit de le tailler sans défaire le faisceau : les feuilles du palmier sont longues, elles partent du bas de l'échine et remontent le long de la tige ; en coupant par le bas on les tranche de l'échine, et les houtsin ainsi détachés restent prisonniers du lien.

Rava répond exactement comme au segment précédent, sans changer un mot : min be-mino eino hotsets. Un houts de loulav coincé contre le loulav n'interpose pas.

Le Roch se sert de ce passage à des fins lexicales : il y trouve la preuve que houtsin désigne des feuilles arrachées de l'échine — ce qui lui permet de corriger la lecture de Rachi sur l'invalidité dite nifretsou alav, au début du chapitre.

🖼️ Schéma
Le loulav dépasse le saule : la marche à suivre selon Rachi La taille est permise ; ce qui est interdit, c'est de tailler sans avoir défait le faisceau. À ne pas faire Couper le bas du loulav alors qu'il est encore lié. Les houtsin tranchés restent dedans. 1. Sortir Défaire le lien et retirer le loulav du faisceau. 2. Tailler Couper par le bas, à l'air libre. 3. Relier Refaire le lien, faisceau propre. Le vocabulaire que le Roch fixe à partir d'ici houtsin = feuilles arrachées de l'échine. hofya = feuilles fendues en deux sur leur dos, dont on fait des balais. Contre Rachi sur la michna : nifretsou alav désigne la fente des feuilles, non leur arrachement complet.
Ce qui est interdit, ce n'est pas de tailler, mais de tailler sans avoir défait le lien.
4
וְאָמַר רַבָּה: הֲדַס שֶׁל מִצְוָה — אָסוּר לְהָרִיחַ בּוֹ, אֶתְרוֹג שֶׁל מִצְוָה — מֻותָּר לְהָרִיחַ בּוֹ. מַאי טַעְמָא? הֲדַס דִּלְרֵיחָא קָאֵי, כִּי אַקַּצְיָיה — מֵרֵיחָא אַקַּצְייָה. אֶתְרוֹג דְּלַאֲכִילָה קָאֵי כִּי אַקְצְיֵיה — מֵאֲכִילָה אַקַּצְיָיה.

Et Rabba a dit : le myrte de la mitsva — il est interdit de le humer ; l'etrog de la mitsva — il est permis de le humer. Quelle en est la raison ?

Le myrte est fait pour l'odeur : lorsqu'il l'a mis de côté (hiktsa) pour la mitsva, c'est de son odeur qu'il l'a mis de côté. L'etrog est fait pour être mangé : lorsqu'il l'a mis de côté, c'est de la consommation qu'il l'a mis de côté.

📜 Rachi (2)
אָסוּר לְהָרִיחַ בּוֹ דְּגָמְרִינַן מִסֻּוכָּה דְּיָלְפִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא (דַּף ט.) דְּחָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל עֲצֵי סֻוכָּה לֵיאָסֵר בַּהֲנָאָה כָּל שִׁבְעָה הוֹאִיל וְהֻוקְצוּ לְמִצְוָה:
Il est interdit de le humer — car nous l'apprenons de la soukka : nous déduisons au premier chapitre (9a) que le Nom du Ciel se pose sur les bois de la soukka, lesquels deviennent interdits à tout profit durant les sept jours, puisqu'ils ont été mis de côté pour la mitsva.
מֵרֵיחָא שֶׁהוּא דֶּרֶךְ הֲנָאָתוֹ אַקְצְיֵהּ:
De son odeur — qui constitue son mode de jouissance propre : c'est de cela qu'il l'a mis de côté.
💡 Explication

Troisième énoncé de Rabba, sur un tout autre terrain. Un objet voué à une mitsva devient mouktse : on ne peut plus en tirer profit pendant la durée de la fête. Rachi rappelle la source, apprise des bois de la soukka (Soukka 9a) : le Nom du Ciel se pose sur eux et les interdit au profit sept jours durant.

Mais l'interdit ne couvre pas n'importe quel profit : il couvre exactement l'usage pour lequel l'objet existe. Le myrte existe pour son parfum ; en le vouant à la mitsva, on l'a donc écarté de son parfum. L'etrog existe pour être mangé ; on ne l'a écarté que de la table. Le humer reste permis : ce plaisir n'entrait pas dans le retrait.

5
וְאָמַר רַבָּה: הֲדַס בִּמְחֻובָּר — מֻותָּר לְהָרִיחַ בּוֹ, אֶתְרוֹג בִּמְחֻובָּר — אָסוּר לְהָרִיחַ בּוֹ. מַאי טַעְמָא? הֲדַס דִּלְהָרִיחַ קָאֵי, אִי שָׁרֵית לֵיהּ — לָא אָתֵי לִמְגַזְּיָיה. אֶתְרוֹג, דְּלַאֲכִילָה קָאֵי, אִי שָׁרֵית לֵיהּ — אָתֵי לִמְגַזְּיָיה.

Et Rabba a dit : le myrte encore attaché à l'arbre — il est permis de le humer ; l'etrog encore attaché — il est interdit de le humer. Quelle en est la raison ?

Le myrte est fait pour qu'on le hume : si tu le lui permets, il n'en viendra pas à le couper. L'etrog est fait pour être mangé : si tu le lui permets, il en viendra à le couper.

📜 Rachi (3)
הֲדַס בִּמְחֻובָּר לְעִנְיַן שַׁבָּת נְקַט לָהּ כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה:
Le myrte attaché — c'est au sujet du Chabbat qu'il l'énonce, et cela vaut pour tous les jours de l'année.
כִּי שָׁרֵית לֵיהּ כְּלוֹמַר אע"ג דְּשָׁרֵית לֵיהּ לְהָרִיחַ לָא אָתֵי לְמִיתְלַשׁ דְּהָא בִּמְחֻובָּר נָמֵי מֵרִיחַ לֵיהּ שַׁפִּיר וְאֵינוֹ טָרוּד בִּקְצִיצָתוֹ שֶׁיִּשְׁכַּח וְיִתְלְשֶׁנּוּ:
Si tu le lui permets — c'est-à-dire : bien que tu lui permettes de le humer, il n'en viendra pas à l'arracher, car même attaché il le hume très bien, et il n'est pas assez préoccupé de le couper pour oublier et l'arracher.
אֲבָל אֶתְרוֹג דְּלַאֲכִילָה קָאֵי כִּי מוֹרַח לֵיהּ מִינְּשֵׁי וְתָלֵישׁ וְאָכִיל לֵיהּ וְאַף אִם אוֹכְלוֹ בִּמְחֻובָּר אֵין לְךָ תּוֹלֵשׁ גָּדוֹל מִזֶּה:
Mais l'etrog, qui est fait pour être mangé — lorsqu'il le hume, il oublie, l'arrache et le mange ; et même s'il le mangeait alors qu'il est encore attaché, il n'y aurait pas d'arrachage plus grand que celui-là.
💡 Explication

Quatrième énoncé, et le tableau s'inverse exactement. Rachi précise d'emblée le cadre : il ne s'agit plus du tout de Soukkot ni de mouktse, mais du Chabbat, toute l'année. La question est : peut-on humer un végétal encore attaché à l'arbre, alors que le détacher serait une transgression ?

Le critère devient probabiliste. Le myrte se hume parfaitement sur pied : l'homme est comblé, il n'aura aucune raison de cueillir. L'etrog, lui, se mange ; le humer ne fait qu'éveiller le désir, et l'on craint qu'emporté par lui il n'oublie et ne cueille le fruit. Rachi ajoute une remarque cinglante : même s'il le mangeait sans le détacher, il n'y aurait pas d'arrachage plus complet que celui-là.

Rien ne se contredit entre les deux segments : au segment 3 le critère est l'étendue du retrait, ici c'est le risque de transgression. Deux logiques distinctes qui, appliquées au même couple de plantes, donnent des résultats opposés.

🖼️ Schéma
Humer le myrte, humer l'etrog : deux situations, deux résultats inverses Le même couple de plantes donne deux tableaux exactement opposés, pour deux raisons sans rapport. Mis de côté pour la mitsva (seg. 3) Encore attaché à l'arbre (seg. 4) Myrte (hadass) fait pour l'odeur Etrog fait pour être mangé INTERDIT L'odeur est son usage propre : en le vouant à la mitsva, il l'a écarté de cet usage-là. Rachi : déduit des bois de la soukka, Soukka 9a. PERMIS Le humer sur pied le satisfait pleinement : il n'aura aucune raison de l'arracher. Question de Chabbat, valable toute l'année. PERMIS Son usage propre est la consommation : c'est de la seule consommation qu'il fut écarté. L'odeur n'était pas visée par le retrait. INTERDIT L'odeur réveille l'appétit : il oubliera et cueillera le fruit -- interdit le Chabbat. Rachi : le manger sur pied, c'est déjà l'arracher. À retenir : au seg. 3 le critère est le champ du retrait (mouktse) ; au seg. 4 c'est le risque de transgresser le Chabbat. Rien ne se contredit.
Les deux tableaux mis côte à côté : la symétrie est parfaite, et parfaitement inversée.
6
וְאָמַר רַבָּה: לוּלָב — בְּיָמִין, וְאֶתְרוֹג — בִּשְׂמֹאל. מַאי טַעְמָא? הָנֵי תְּלָתָא מִצְוֹת, וְהַאי חֲדָא מִצְוָה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זְרִיקָא: מַאי טַעַם לָא מְבָרְכִינַן אֶלָּא ״עַל נְטִילַת לוּלָב״ — הוֹאִיל וְגָבוֹהַּ מִכֻּולָּן. וּלְגֻבְהֵיהּ לְאֶתְרוֹג וּלְבָרֵיךְ! אֲמַר לֵיהּ: הוֹאִיל וּבְמִינוֹ גָּבוֹהַּ מִכֻּולָּן.

Et Rabba a dit : le loulav dans la main droite, l'etrog dans la gauche. Quelle en est la raison ?

Ceux-là font trois mitsvot, et celui-ci une seule mitsva. Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zerika : pour quelle raison ne bénissons-nous que « sur la prise du loulav » (al netilat loulav) ? — Puisqu'il est plus haut que tous.

[Et Rabbi Yirmeya de rétorquer :] qu'il élève donc l'etrog et qu'il bénisse ! Il lui répondit : puisque par son espèce il est plus haut que tous.

📜 Rachi (3)
הוֹאִיל וְגָבוֹהַּ מִכֻּולָּן חָשׁוּב הוּא וְנִקְרָא הָאֶגֶד עַל שְׁמוֹ:
Puisqu'il est plus haut que tous — il est important, et le faisceau tout entier est appelé de son nom.
וּלְגֻבְהֵיהּ לְאֶתְרוֹג קָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ דְּהוֹאִיל דְּגָבוֹהַּ דְּקָאָמַ' הַיְינוּ הָא דַּאֲמַרַן לְעֵיל (סֻוכָּה לב:) שִׁדְרוֹ שֶׁל לוּלָב צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לְמַעְלָה מִן הַהֲדַס טֶפַח:
Qu'il élève donc l'etrog — il pensait que ce « puisqu'il est plus haut » vise ce que nous avons dit plus haut (Soukka 32b) : l'échine du loulav doit dépasser le myrte d'un tefah.
וּבְמִינוֹ גָּבוֹהַּ מִשְּׁלָשְׁתָּן:
Et par son espèce — l'arbre de son espèce est plus haut que les trois autres.
🗂️ Tossefot (1)
וּלְגֻבְהֵיהּ לְאֶתְרוֹג וּלְבָרֵיךְ. קָשֶׁה דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר הוֹאִיל וּבְשִׁיעוּר' גָּבוֹהַּ מִכֻּולָּן:
« Qu'il élève donc l'etrog et qu'il bénisse ! » — c'est difficile, car il aurait fallu dire : puisque par sa mesure il est plus haut que tous.
💡 Explication

Cinquième et dernier énoncé de Rabba : la droite, côté de la préséance, revient au faisceau qui porte trois mitsvot — loulav, myrte et saule — et la gauche à l'etrog, qui n'en porte qu'une.

S'y greffe un échange entre Rabbi Yirmeya et Rabbi Zerika sur le texte de la bénédiction, qui ne nomme que le loulav. La réponse donnée — « puisqu'il est plus haut que tous » — est d'abord comprise au sens matériel : l'échine du loulav doit dépasser le myrte d'un tefah (Soukka 32b). Rabbi Yirmeya la fait aussitôt tomber par une objection imparable : si la hauteur physique suffisait, il n'y aurait qu'à lever l'etrog plus haut pour bénir sur lui. Un critère que le geste peut manipuler ne peut pas fonder le nom de la bénédiction.

D'où la reprise : be-mino gavoah mi-koulan — c'est l'arbre de son espèce, le palmier, qui domine les trois autres. Donnée de nature, non de position. Tossefot juge pourtant la formule maladroite et aurait préféré qu'on invoque la mesure prescrite du loulav.

🖼️ Schéma
Quelle main tient quoi, et pourquoi la bénédiction ne nomme que le loulav La répartition des mains Main droite loulav + myrte + saule 3 mitsvot Main gauche etrog 1 mitsva La question de Rabbi Yirmeya Pourquoi ne bénir que sur la prise du loulav, sans nommer les trois autres espèces ? Réponse de Rabbi Zerika : hoil ve-gavoah mi-koulan Puisqu'il est le plus haut de tous, le faisceau entier porte son nom. Première lecture -- et son échec Plus haut = l'échine dépasse le myrte d'un tefah (Soukka 32b), une simple hauteur physique. Objection : qu'on élève alors l'etrog et qu'on bénisse sur lui ! La hauteur serait manipulable. Seconde lecture -- la bonne be-mino gavoah mi-koulan : c'est l'arbre de son espèce, le palmier, qui domine les trois autres. Une donnée de nature, que nul geste ne change. Tossefot : il aurait mieux valu dire par sa mesure prescrite.
Trois mitsvot à droite contre une à gauche, et pourquoi la première réponse sur la hauteur ne tient pas.
7
מַתְנִי׳ וְהֵיכָן הָיוּ מְנַעַנְעִין? בְּ״הוֹדוּ לָה׳״ תְּחִילָּה וְסוֹף, וּבִ״אָנָּא ה׳ הוֹשִׁיעָה נָּא״ — דִּבְרֵי בֵּית הִלֵּל. וּבֵית שַׁמַּאי אוֹמְרִין: אַף בְּ״אָנָּא ה׳ הַצְלִיחָה נָּא״. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: צוֹפֶה הָיִיתִי בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, שֶׁכָּל הָעָם הָיוּ מְנַעְנְעִין אֶת לוּלְבֵיהֶן, וְהֵם לֹא נַעְנָעוֹ אֶלָּא בְּ״אָנָּא ה׳ הוֹשִׁיעָה נָּא״.

MICHNA. Et où faisait-on les na'anouim (les secouements du loulav) ?

À « Rendez grâce à l'Éternel » (Hodou la-Hachem), au début et à la fin, et à « De grâce, Éternel, sauve-nous » (Ana Hachem hochia na) — telles sont les paroles de Beit Hillel. Et Beit Chammai disent : aussi à « De grâce, Éternel, fais-nous réussir » (Ana Hachem hatslicha na).

Rabbi Akiva dit : j'observais Rabban Gamliel et Rabbi Yehochoua ; tout le peuple secouait son loulav, et eux ne l'ont secoué qu'à « Ana Hachem hochia na ».

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' תְּחִלָּה וְסוֹף הוֹדוּ שֶׁבִּתְחִלַּת הַפֶּרֶק וְהוֹדוּ שֶׁבְּסוֹף הַפֶּרֶק בְּסוֹף הַהַלֵּל מִן הוֹדוּ עַד סוֹף הַהַלֵּל חֲדָא פָּרַשְׁתָּא בְּמִנְיַן פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁל סֵפֶר תְּהִלִּים:
MICHNA. Au début et à la fin — le Hodou du début du chapitre et le Hodou de la fin du chapitre, à la fin du Hallel : depuis Hodou jusqu'à la fin du Hallel forme une seule paracha dans le décompte des parashiot du livre des Tehilim.
🗂️ Tossefot (1)
בְּהוֹדוּ לְהַשֵּׁם תְּחִלָּה וָסוֹף. הוֹדוּ שֶׁבִּתְחִלַּת הַפֶּרֶק וְהוֹדוּ בְּסוֹף הַלֵּל מִן הוֹדוּ עַד סוֹף הַהַלֵּל חֲדָא פָּרָשָׁה הִיא בְּמִנְיַן פָּרָשִׁיּוֹת שֶׁל סֵפֶר תְּהִלִּים כָּךְ פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וְיֵשׁ מְפָרְשִׁים תְּחִלַּת הַפָּסוּק וְסוֹף הַפָּסוּק וְלָאו מִילְּתָא הִיא אֶלָּא בְּהוֹדוּ מְנַעְנֵעַ פַּעַם אֶחָד וְכֵן בְּאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא כְּבֵית הִלֵּל וְלֹא בְּאָנָּא ה' הַצְלִיחָה נָּא כְּבֵית שַׁמַּאי וְטַעֲמָא דְּבֵית הִלֵּל אע"פ שֶׁאֵין אָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא תְּחִלַּת הַפֶּרֶק וְלֹא סוֹף הַפֶּרֶק מְנַעְנְעִים מִשּׁוּם דִּכְתִיב (דִּבְרֵי הַיָּמִים א טז) אָז יְרַנְּנוּ עֲצֵי הַיָּעַר מִלִּפְנֵי ה' כִּי בָא לִשְׁפּוֹט אֶת הָאָרֶץ וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ הוֹדוּ לַה' כִּי טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ וּכְתִיב נָמֵי בָּתְרֵיהּ וְאִמְרוּ הוֹשִׁיעֵנוּ אֱ-לֹהֵי יִשְׁעֵנוּ וְהַייְנוּ יְרַנֵּנוּ שֶׁמְּנַעְנְעִים אֶת הַלּוּלָב וּמְשַׁבְּחִין בְּהוֹדוּ וּבְאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא וְעַכְשָׁיו שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁשְּׁלִיחַ צִבּוּר אוֹמֵר יֹאמַר נָא יִשְׂרָאֵל וְהַצִּבּוּר עוֹנִין הוֹדוּ וְכֵן בְּיֹאמְרוּ נָא יִרְאֵי ה' הַצִּבּוּר מְנַעְנְעִים עַל כָּל הוֹדוּ וְהוֹדוּ שֶׁעוֹנִין אֲבָל שְׁלִיחַ צִבּוּר לֹא יְנַעְנֵעַ וי"מ דְּאַף שְׁלִיחַ צִבּוּר מְנַעְנֵעַ אַגַּב צִיבּוּרָא שֶׁעוֹנִין בְּכָל פַּעַם וּפַעַם הוֹדוּ וּמְנַעְנְעִין מְנַעְנֵעַ נָמֵי שְׁלִיחַ צִבּוּר בְּיֹאמַר נָא וּבְיֹאמְרוּ נָא וּבִשְׁעַת בְּרָכָה לֹא מָצִינוּ אִם חַיָּיב לְנַעְנֵעַ בִּתְחִלַּת נְטִילָה אֶלָּא מִדְּאָמְרִינַן בְּפִירְקִין (דַּף מב.) קָטָן הַיּוֹדֵעַ לְנַעְנֵעַ חַייָּב בְּלוּלָב מַשְׁמַע דִּמְנַעְנֵעַ בִּתְחִלַּת הַבְּרָכָה אע"פ שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ לִקְרוֹת הַלֵּל וְעוֹד מִדְּתַנְיָא בְּמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת בְּסוֹף תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (בְּרָכוֹת דַּף ל. וְשָׁם) הִקְדִּים לָצֵאת לַדֶּרֶךְ מְבִיאִין לוֹ שׁוֹפָר וְתוֹקֵעַ לוּלָב וּמְנַעְנֵעַ מְגִילָּה וְקוֹרֵא בָּהּ מַשְׁמַע דִּמְנַעְנֵעַ בְּלֹא הַלֵּל:
« À Hodou la-Hachem, au début et à la fin. » — Le Hodou du début du chapitre et le Hodou de la fin du Hallel : depuis Hodou jusqu'à la fin du Hallel forme une seule paracha dans le décompte des parashiot du livre des Tehilim ; ainsi a expliqué Rachi. Et certains expliquent : le début du verset et la fin du verset — mais cela n'a pas de sens. En réalité, à Hodou on secoue une fois, et de même à « Ana Hachem hochia na » selon Beit Hillel, et non à « Ana Hachem hatslicha na » comme Beit Chammai. Et la raison de Beit Hillel : bien que « Ana Hachem hochia na » ne soit ni le début ni la fin du chapitre, on y secoue parce qu'il est écrit (Divrei haYamim I 16) « alors les arbres de la forêt exulteront devant l'Éternel, car Il vient juger la terre », et il est écrit ensuite « rendez grâce à l'Éternel car Il est bon, car Sa bonté est éternelle », et il est encore écrit après cela « et dites : sauve-nous, D.ieu de notre salut » — voilà ce « ils exulteront » : on secoue le loulav et l'on loue à Hodou et à Ana Hachem hochia na. Et maintenant que l'usage veut que l'officiant dise « Yomar na Israël » et que l'assemblée réponde Hodou, et de même à « Yomrou na yirei Hachem », l'assemblée secoue à chaque Hodou qu'elle répond, mais l'officiant ne secoue pas. Et certains expliquent que l'officiant secoue lui aussi, du fait de l'assemblée : puisqu'elle répond Hodou à chaque fois et secoue, l'officiant secoue aussi à « Yomar na » et à « Yomrou na ». Quant au moment de la bénédiction, nous n'avons pas trouvé s'il est tenu de secouer dès la prise ; mais de ce que nous disons dans notre chapitre (42a) « un enfant qui sait secouer est tenu au loulav », il ressort qu'on secoue au moment de la bénédiction, bien qu'il ne sache pas réciter le Hallel. Et encore, de ce qui est enseigné au traité Berakhot, a la fin de Tefilat haChahar (30a) : celui qui se hâte de partir en voyage, on lui apporte un chofar et il sonne, un loulav et il secoue, une meguila et il la lit — il ressort qu'on secoue sans Hallel.
🪔 Ben Yehoyada (2)
וְהֵיכָן הָיוּ מְנַעְנְעִין? בְּ"הוֹדוּ לָהּ'" תְּחִלָּה וְסוֹף, ו"בְּאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא", דִּבְרֵי בֵּית הִלֵּל. אַף עַל גַּב דִּבְכָל דֻּוכְתָּא נָקֵיט דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי קֹודֶם, הָכָא נָקֵיט דִּבְרֵי בֵּית הִלֵּל קֹודֶם, לְלַמֵּד דְּבֵית הִלֵּל נָקְטוּ כֵּן לְכַתְּחִילָּה אֲבָל בְּדִיעֲבַד אִם לֹא נִעְנַע כָּאן אֶלָּא נִעְנַע בְּ'אָנָּא ה' הִצְלִיחָה נָא' יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ, וְאִם הָיָה נָקֵיט דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי קֹודֶם הָיָה צָרִיךְ לְשַׁנּוֹת בְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל הָכֵי 'וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים לֹא יְנַעְנֵעַ אֶלָּא בְּאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָא' וְלָשׁוֹן זֶה נִרְאֶה דִּמְעַכֵּב גַּם בְּדִיעֲבַד אִם לֹא נִעְנַע בְּאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא וַאֲפִילּוּ אִם הָיָה שׁוֹנֶה וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים בְּאָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא עִם כָּל זֶה כֵּיוָן דְּקָדְמוּ דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי הֲוָה מַשְׁמַע דְּבָאוּ לְאַפּוֹקֵי מִבֵּית שַׁמַּאי לְגַמְרֵי גַּם בְּדִיעֲבַד.
« Et où faisait-on les na'anouim ? À Hodou la-Hachem, au début et à la fin, et à Ana Hachem hochia na — telles sont les paroles de Beit Hillel. » Bien que partout ailleurs on cite les paroles de Beit Chammai en premier, ici on cite d'abord celles de Beit Hillel, pour enseigner que Beit Hillel l'ont dit lekhathila (a priori) ; mais bediavad (après coup), si l'on n'a pas secoué là et qu'on a secoué à « Ana Hachem hatslicha na », on s'est acquitté de son obligation. Si l'on avait cité Beit Chammai en premier, il aurait fallu enseigner les paroles de Beit Hillel ainsi : « et Beit Hillel disent : il ne secoue qu'à Ana Hachem hochia na » — et cette formulation aurait laissé entendre que cela empêche même bediavad, si l'on n'a pas secoué à Ana Hachem hochia na. Et même si l'on avait enseigné « et Beit Hillel disent : à Ana Hachem hochia na », malgré tout, puisque les paroles de Beit Chammai auraient précédé, on aurait compris qu'ils viennent exclure Beit Chammai entièrement, y compris bediavad.
וְהֵם לֹא נַעְנָעוֹ אֶלָּא בְּ"אָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָּא ". נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם דְּנִבְחַר זֶה לְנַעְנֵעַ בּוֹ טְפֵי מֵאִידָךְ וְהוּא כִּי 'אָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָא' קָאֵי עַל דְּבָרִים הַנַּפְשִׁיִּים הַשַּׁייָּכִים לַשָּׁמַיִם שֶׁהֵם עִנְיַן תּוֹרָה וּמִצְוֹת וּמַעֲשִׂים טוֹבִים לָכֵן 'הוֹשִׁיעָה' גֵּימַטְרְיָא 'שֶׁמִּיָּמָּה' עִם הַכּוֹלֵל [396] אֲבָל 'אָנָּא ה' הִצְלִיחָה נָא' קָאֵי עַל דְּבָרִים הַגּוּפָנִיִּים שֶׁהֵם מָזוֹן וּפַרְנָסַת הַגּוּף וְעֹושֶׁר וּנְכָסִים לָכֵן 'הִצְלִיחָה' עוֹלֶה מִסְפַּר 'קֶמַח' [148] וּמָצִינוּ דְּקָרְאוּ רז"ל לְצָרְכֵי הַגּוּף בְּשֵׁם קֶמַח כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ (מִשְׁנָה אָבוֹת ג, יז) 'אִם אֵין קֶמַח אֵין תּוֹרָה'. וְהַנִּעְנוּעַ רוֹמְזִים הוֹלָכָה וְהוֹבָאָה לְאוֹר יָשָׁר וְאוֹר חוֹזֵר הַנִּמְשָׁךְ מִתּוֹרָה וּמִצְוֹת וּמַעֲלֶה וּמוֹרִיד רֶמֶז לְאוֹר מ"ן [מִיַּיִן נֻוקְבִּין] הָעוֹלָה וּלְאוֹר מ"ד [מִיַּיִן דֻּוכְרִין] הַיּוֹרֵד וְכָל אֵלּוּ הַכַּוָּנוֹת הֵם נַעֲשִׂים וְשַׁייָּכִים בְּעִנְיָנִים הַנַּפְשִׁיִּים וְלֹא בְּעִנְיָנִים הַגּוּפָנִיִּים, לָכֵן הַנִּעְנוּעַ רָאוּי לִהְיוֹת בְּ'אָנָּא ה' הוֹשִׁיעָה נָא' דְּקָאֵי עַל עִנְיָנִים הַנַּפְשִׁיִּים.
« Et eux ne secouèrent qu'à Ana Hachem hochia na. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison pour laquelle on a choisi de secouer là plutôt qu'à l'autre hémistiche est celle-ci : « Ana Hachem hochia na » se rapporte aux choses de l'âme (nafchiyot), celles qui relèvent du Ciel — la Torah, les mitsvot et les bonnes actions ; c'est pourquoi hochia a la même guematria que chamayma (vers le ciel) avec le kollel [396]. Tandis que « Ana Hachem hatslicha na » se rapporte aux choses du corps (goufaniyot) : la nourriture, la subsistance du corps, la richesse et les biens ; c'est pourquoi hatslicha vaut le nombre de kemah (farine) [148] — et nous trouvons que nos maîtres, de mémoire bénie, ont appelé les besoins du corps du nom de kemah, comme ils ont dit (Avot 3,17) « s'il n'y a pas de farine, il n'y a pas de Torah ». Or les na'anouim font allusion à l'aller (holakha) et au retour (hava'a), à la lumière directe (or yachar) et à la lumière réfléchie (or hozer) qui découlent de la Torah et des mitsvot ; et l'élévation et l'abaissement font allusion à la lumière des mayin noukvin (les eaux féminines) qui monte, et à celle des mayin doukhrin (les eaux masculines) qui descend. Or toutes ces kavanot (intentions) se réalisent et se rapportent aux choses de l'âme, et non aux choses du corps ; c'est pourquoi il convient que le na'anoua se fasse à « Ana Hachem hochia na », qui se rapporte aux choses de l'âme.
💡 Explication

La michna passe du loulav comme objet au loulav comme geste. Elle ne demande pas s'il faut secouer — cela va de soi — mais où, dans le déroulement du Hallel. Les emplacements en jeu sont tous dans le Psaume 118 : le Hodou qui l'ouvre et celui qui le ferme, puis les deux hémistiches de Ana Hachem, hochia na et hatslicha na.

Beit Hillel retiennent trois moments, Beit Chammai en ajoutent un quatrième. Rabbi Akiva n'argumente pas : il témoigne. Au milieu d'une assemblée qui secouait partout, deux maîtres ne secouaient qu'à hochia na — le témoignage oculaire vaut ici comme trancher.

Une remarque de forme, relevée par le Ben Ich Haï : contrairement à l'usage constant de la Michna, Beit Hillel sont cités en premier. Rien n'est neutre dans cet ordre.

8
גְּמָ׳ נִעְנוּעַ מַאן דְּכַר שְׁמֵיהּ? הָתָם קָאֵי: כָּל לוּלָב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ — כָּשֵׁר, וְקָאָמַר: הֵיכָן מְנַעְנְעִין.

GUEMARA. Le na'anoua — qui en a mentionné le nom ?

[Rien ne l'a introduit, et la michna en parle comme d'une évidence.] C'est là-bas qu'elle se tient : [la michna enseigne, en 29b] « tout loulav qui a trois tefahim, de quoi le secouer, est cacher » ; et [c'est en s'appuyant sur elle] qu'elle dit ici : où les secouait-on ?

📜 Rachi (2)
גְּמָ' נִעְנוּעַ מַאן דְּכַר שְׁמֵיהּ שֶׁיְּהֵא אָדָם חַייָּב לְנַעְנֵעַ דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְתַנָּא וְקָבָעֵי הֵיכָן הָיוּ מְנַעְנְעִים:
GUEMARA. Le na'anoua — qui en a mentionné le nom ? — [qui a dit] qu'un homme soit tenu de secouer ? Car cela va de soi pour le tana, qui demande seulement où l'on secouait.
כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ אַלְמָא מִצְוָה לְנַעְנֵעַ כְּדִלְקַמָּן לַעֲצֹור רוּחוֹת רָעוֹת וּטְלָלִים רָעִים:
De quoi le secouer — il en ressort qu'il y a une mitsva de secouer, comme on l'expliquera plus loin : pour arrêter les vents mauvais et les rosées mauvaises.
💡 Explication

Objection de forme, mais lourde de sens. Notre michna demande « où secouait-on ? » — elle présuppose donc une obligation de secouer que rien, dans le chapitre, n'a encore posée. D'où vient-elle ?

Réponse : hatam kai, le tana se tient encore appuyé sur une michna antérieure. Celle de 29b fixait la taille minimale du loulav à trois tefahim, et justifiait ce chiffre par la nécessité de pouvoir le secouer. Le na'anoua était donc déjà institué la. Rachi en tire la conséquence immédiate : c'est bien une mitsva de secouer — et le folio dira plus bas pourquoi.

9
תְּנַן הָתָם: שְׁתֵּי הַלֶּחֶם וּשְׁנֵי כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? מַנִּיחַ שְׁתֵּי הַלֶּחֶם עַל גַּבֵּי שְׁנֵי הַכְּבָשִׂין, וּמַנִּיחַ יָדוֹ תַּחְתֵּיהֶן, וּמֵנִיף וּמוֹלִיךְ וּמֵבִיא, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר הוּנַף וַאֲשֶׁר הוּרָם״.

Nous avons appris là-bas (Menahot 61a) : les deux pains et les deux agneaux de Atseret (Chavouot) — comment procède-t-on ? Il pose les deux pains sur les deux agneaux, place sa main dessous, et fait la tenoufa : il porte et ramène, il élève et abaisse ; car il est dit : « qui a été balance et qui a été prélevé » (Chemot 29,27).

📜 Rachi (3)
כֵּיצַד עוֹשֶׂה אוֹתָם שֶׁהוּא צָרִיךְ לַהֲנִיפָם יַחַד חַיִּים כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא כ״ג:כ׳) וְהֵנִיף הַכֹּהֵן אֹותָם עַל לֶחֶם וְגוֹ' עַל שְׁנֵי כְּבָשִׂים וְגוֹ' הַכְּבָשִׂים חַיִּים וּמַנִּיחַ שְׁתֵּי הַלֶּחֶם עַל שְׁנֵי הַכְּבָשִׂים כְּדִכְתִיב עַל לֶחֶם הַבִּכּוּרִים תְּנוּפָה עַל שְׁנֵי כְּבָשִׂים וְאַף עַל גַּב דְּרֵישֵׁיהּ דִּקְרָא מַשְׁמַע אוֹתָם עַל לֶחֶם יָלְפִינַן לָהּ בִּמְנָחוֹת מִלֶּחֶם הַמִּלּוּאִים דְּלֶחֶם לְמַעְלָה:
Comment procède-t-on — ceux qu'il doit balancer ensemble, vivants, comme il est écrit (Vayikra 23,20) « le kohen les balancera sur le pain... sur les deux agneaux... » : les agneaux vivants. Et il pose les deux pains sur les deux agneaux, comme il est écrit « sur le pain des prémices, tenoufa, sur les deux agneaux ». Et bien que le début du verset laisse entendre « eux sur le pain », nous l'apprenons dans Menahot, du pain des miloouim, que le pain est au-dessus.
הוּנַף הַייְנוּ מוֹלִיךְ וּמֵבִיא ונטלי"ר בְּלַעַ"ז:
Balancé (hounaf) — c'est porter et ramener, ventler en langue vernaculaire (la'az).
הוּרַם מַעֲלֶה וְאֵין עֲלִייָּה בְּלֹא הוֹרָדָה וְהַאי קְרָא לָאו בְּכִבְשֵׂי עֲצֶרֶת כְּתִיב אֶלָּא בַּמִּלּוּאִים וּמִיהוּ כָּל תְּנוּפוֹת יָלְפִינַן מִינָּהּ:
Prélevé — c'est élever ; et il n'y a pas d'élévation sans abaissement. Ce verset n'est pas écrit à propos des agneaux de Atseret mais des miloouim ; toutefois, toutes les tenoufot en sont déduites.
💡 Explication

Pour dire ce qu'est un na'anoua, la Guemara ne définit rien : elle va chercher le geste là où il est le plus précisément décrit, dans le service du Temple. La tenoufa des deux pains de Chavouot se fait sur un montage précis — les pains posés sur les deux agneaux vivants, la main du kohen glissée dessous.

Le geste comporte deux axes distincts, tirés de deux mots du même verset : hounaf donne l'aller-retour horizontal (molikh oumévi), houram donne l'élévation — et Rachi note qu'il n'y a pas d'élévation sans redescente, d'où ma'aléh oumorid. Il précise aussi que ce verset ne parle pas des agneaux de Atseret mais des miloouim (l'installation des kohanim) : c'est de là que toutes les tenoufot sont apprises, celle du loulav comprise.

🖼️ Schéma
La tenoufa des deux pains : le montage, puis les deux axes du geste Comment on empile les deux pains les deux agneaux, vivants la main du kohen, dessous Le pain va au-dessus, l'animal au-dessous : Rachi le déduit dans Menahot du pain des miloouim, bien que le début du verset suggère l'inverse. Vayikra 23,20 -- Menahot 61a. Les deux axes, tirés d'un seul verset molikh oumévi porter en avant et ramener le hounaf du verset ma'aléh oumorid le houram acher hounaf va-acher houram (Chemot 29,27) : le verset ne parle pas des agneaux de Atseret mais des miloouim -- toutes les tenoufot en sont pourtant déduites, celle du loulav comprise.
Le montage des pains sur les agneaux, et les deux axes du geste tirés de hounaf et houram.
10
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא לְמִי שֶׁהָאַרְבַּע רוּחוֹת שֶׁלּוֹ, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד לְמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ שֶׁלּוֹ. בְּמַעֲרָבָא מַתְנוּ הָכִי: אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר עֻוקְבָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא כְּדֵי לַעֲצֹור רוּחוֹת רָעוֹת, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד כְּדֵי לַעֲצֹור טְלָלִים רָעִים. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא: זֹאת אוֹמֶרֶת

Rabbi Yo'hanan a dit : il porte et ramène pour Celui à qui appartiennent les quatre directions ; il élève et abaisse pour Celui à qui appartiennent le ciel et la terre. En Occident (en Terre d'Israël), ils enseignaient ainsi : Rabbi Hama bar Oukba a dit au nom de Rabbi Yossi be-Rabbi Hanina : il porte et ramène afin d'arrêter les vents mauvais ; il élève et abaisse afin d'arrêter les rosées mauvaises.

Rabbi Yossi bar Avin, et certains disent Rabbi Yossi bar Zevida, a dit : cela signifie que

📜 Rachi (2)
לְמִי שֶׁאַרְבַּע רוּחוֹת שֶׁלּוֹ מִצְוָה זוֹ אָנוּ עוֹשִׂין לִשְׁמוֹ כֵּן מַרְאֶה בַּהֲנָפָתוֹ:
Pour Celui à qui appartiennent les quatre directions — cette mitsva, nous l'accomplissons pour Son Nom : c'est ce qu'il montre par son balancement.
זֹאת אוֹמֶרֶת הָא דְּרַבִּי יוֹסֵי דְּקָאָמַר תְּנוּפָה עוֹצֶרֶת רוּחוֹת רָעוֹת וּטְלָלִים רָעִים:
Cela signifie que — ce propos de Rabbi Yossi, qui dit que la tenoufa arrête les vents mauvais et les rosées mauvaises.
🗂️ Tossefot (1)
כְּדֵי לַעֲצֹור רוּחוֹת רָעוֹת. בְּפֶרֶק כָּל הַמְּנָחוֹת בָּאוֹת מַצָּה (מְנָחוֹת סב. וְשָׁם) חֲשִׁיב כָּל הַטְעוּנִין תְּנוּפָה וְשֶׁמָּא לֹא בְּכָל תְּנוּפוֹת עוֹשִׂין כֵּן אֶלָּא דַּוְקָא בִּתְנוּפַת שְׁתֵּי הַלֶּחֶם דַּעֲצֶרֶת וְכֵן לְלוּלָב מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן פ"ק דר"ה (דַּף טז.) דִּגְזַר דִּין נֶחְתַּם בַּפֶּסַח עַל הַתְּבוּאָה בַּעֲצֶרֶת עַל פֵּירוֹת הָאִילָן בֶּחָג עַל הַמַּיִם וּלְכָךְ הַנִּעְנוּעַ שֶׁבַּלּוּלָב יֵשׁ בּוֹ הוֹלָכָה וַהֲבָאָה וּבֶעָרוּךְ פֵּירֵשׁ בְּעֵרֶךְ נָע [דְּאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי תַּנָּא] צָרִיךְ לְנַעְנֵעַ ג' פְּעָמִים עַל כָּל דָּבָר וְדָבָר בָּעֵי ר' זֵירָא הָכֵין חַד וְהָכֵין חַד אוֹ דִּלְמָא הָכֵין וְהָכֵין חַד פִּי' כְּבָר אֲמַרְתְּ צָרִיךְ נִעְנוּעַ ג' פְּעָמִים וּבָעֵי ר' זֵירָא הוֹלָכָה פַּעַם אַחַת וַהֲבָאָה פַּעַם אַחַת אוֹ הוֹלָכָה וַהֲבָאָה פַּעַם אַחַת נֶחְשָׁבִים וְצָרִיךְ לְהוֹלִיךְ וּלְהָבִיא שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים תַּמָּן תָּנֵינַן בְּנִדָּה פֶּרֶק הָאִשָּׁה (דַּף סב.) גַּבֵּי שִׁבְעָה סַמָּנִין מַעֲבִירִין עַל הַכֶּתֶם וְצָרִיךְ לְכַסְכֵּס שָׁלֹשׁ פְּעָמִים עַל כָּל אֶחָד רַבִּי זְעֵירָא בָּעֵי הָכֵין חַד וְהָכֵין חַד אוֹ הָכֵין וְהָכֵין חַד וְלָא אִפְּשִׁיט וְכֵיוָן דְּלָא אִפְּשִׁיט עָבְדִינַן לְחוּמְרָא שָׁלֹשׁ פְּעָמִים לְכָל אֶחָד וְאֶחָד ע"כ לְשׁוֹנוֹ וְהַהִיא בָּעֲיָא דְּהָתָם אִיתָא נַמֵּי בַּשַּׁ"ס דִּידַן בְּנִדָּה פ' הָאִשָּׁה (דַּף סג.) דְּבָעֵי ר' יִרְמְיָה אַמְטוֹיֵי וְאֵתוֹיֵי חַד אוֹ דִּלְמָא אַמְטוֹיֵי חַד וַאֲתוּיֵי חַד וְדִכְוָותַהּ פ' וְאֵלּוּ מְנָחוֹת (דַּף עו.) גַּבֵּי שְׁלֹשׁ מֵאוֹת שִׁיפָה וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת בְּעִיטָה דְּבָעֵי ר' יִרְמְיָה אַמְטוֹיֵי וְאֵתוֹיֵי חַד אוֹ דִּלְמָא אַמְּטַוַּיי חַד וַאֲתוּיֵי חַד:
« Afin d'arrêter les vents mauvais. » — Au chapitre Kol haMenahot Baot Matsa (Menahot 62a) on énumère tout ce qui requiert la tenoufa ; peut-être ne fait-on pas ainsi pour toutes les tenoufot, mais précisément pour celle des deux pains de Atseret, et de même pour le loulav — parce que nous disons au premier chapitre de Roch Hachana (16a) que le décret est scellé à Pessa'h sur les céréales, à Atseret sur les fruits de l'arbre, et à la fête de Soukkot sur les eaux ; c'est pourquoi le na'anoua du loulav comporte un aller et un retour. Et le Aroukh a expliqué, à l'entrée « na » : [il est enseigné dans le Yerouchalmi] qu'il faut secouer trois fois pour chaque chose ; Rabbi Zera a demandé : ainsi compte pour un et ainsi pour un, ou bien ainsi et ainsi ne comptent-ils que pour un ? Explication : tu as déjà dit qu'il faut secouer trois fois, et Rabbi Zera demande si l'aller compte une fois et le retour une fois, ou bien si l'aller et le retour ne comptent que pour une seule fois, de sorte qu'il faille porter et ramener trois fois. Là-bas nous avons appris, dans Nidda au chapitre HaIcha (62a), à propos des sept produits que l'on passe sur une tache, qu'il faut frotter trois fois avec chacun ; Rabbi Zeira a demandé : ainsi pour un et ainsi pour un, ou bien ainsi et ainsi pour un ? Cela n'a pas été tranché ; et puisque ce n'est pas tranché, on agit avec rigueur : trois fois pour chacun. Fin de citation. Et cette question figure aussi dans notre Talmud, dans Nidda au chapitre HaIcha (63a), où Rabbi Yirmeya demande : l'aller et le retour comptent-ils pour un, ou bien l'aller pour un et le retour pour un ? Et de même au chapitre Elou Menahot (76a), à propos des trois cents frottements et des cinq cents coups, où Rabbi Yirmeya demande : l'aller-retour compte-t-il pour un, ou bien l'aller pour un et le retour pour un ?
🪔 Ben Yehoyada (1)
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא לְמִי שֶׁאַרְבַּע רוּחוֹת שֶׁלּוֹ. מַעֲלֶה וּמוֹרִיד לְמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ שֶׁלּוֹ. נִרְאֶה לִי בס"ד בְּאַרְבַּע רוּחוֹת מְכַוֵּין לְשֵׁם הוי"ה דְּיָדוּעַ דְּאַרְבַּע רוּחוֹת הֵם בְּסוֹד שֵׁם הֲוָיָ"ה, כֵּיצַד: דָּרוֹם כְּנֶגֶד יוּ"ד, וְצָפוֹן כְּנֶגֶד הֵ"א רִאשׁוֹנָה, וְאוֹת וָא"ו כְּנֶגֶד מִזְרָח, וְאוֹת הֵ"א אַחֲרוֹנָה כְּנֶגֶד מַעֲרָב, הֲרֵי בְּאַרְבַּע רוּחוֹת מְכַוֵּין לְשֵׁם הוי"ה. וְאַחַר כָּךְ מַעֲלֶה וּמוֹרִיד לְמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ שֶׁלּוֹ דִּמְכַוֵּין בָּזֶה לְשֵׁם אהי"ה שֶׁהוּא בְּסוֹד הַבִּינָה דִּנְפַקוּ מִינָּהּ בְּחִינַת שָׁמַיִם וּבְחִינַת אֶרֶץ דְּאִיתָא בְּאוֹתִיּוֹת דְּרַבִּי עֲקִיבָא מַעְלָה וּמַטָּה נֶחְתְּמוּ בְּשֵׁם אהי"ה וְהַייְנוּ אוֹתִיּוֹת א"ה לְמַטָּה וְאוֹתִיּוֹת י"ה לְמַעְלָה. וְלָכֵן תְּחִלָּה יְנַעְנֵעַ לְמִי שֶׁאַרְבַּע רוּחוֹת שֶׁלּוֹ שֶׁהוּא שֵׁם הֲוָיָ"ה וְאַחַר כָּךְ יַעֲשֶׂה בְּמַעֲלָה וּמַטֵּה לְמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וָאָרֶץ שֶׁלּוֹ שֶׁהוּא שֵׁם אהי"ה שֶׁהוּא בְּסוֹד הַבִּינָה וְדוֹק.
« Rabbi Yo'hanan a dit : il porte et ramène pour Celui à qui appartiennent les quatre directions ; il élève et abaisse pour Celui à qui appartiennent le ciel et la terre. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que par les quatre directions on vise le Nom Havaya (le Tétragramme), car il est connu que les quatre directions sont dans le sod (le secret) du Nom Havaya. Comment cela ? Le sud correspond au youd, le nord au premier hé, la lettre vav à l'est, et le dernier hé à l'ouest : voilà que par les quatre directions on vise le Nom Havaya. Puis « il élève et abaisse pour Celui à qui appartiennent le ciel et la terre » : il vise par là le Nom Ekyeh, qui est dans le sod de la Bina, d'où sont sorties la dimension du ciel et la dimension de la terre — car il est dit dans les Otiot de-Rabbi Akiva que le haut et le bas ont été scellés par le Nom Ekyeh, à savoir les lettres alef-hé en bas et les lettres youd-hé en haut. C'est pourquoi il secoue d'abord pour Celui à qui appartiennent les quatre directions, qui est le Nom Havaya, et ensuite il fait le haut et le bas pour Celui à qui appartiennent le ciel et la terre, qui est le Nom Ekyeh, dans le sod de la Bina. Et sois attentif (ve-dok).
💡 Explication

Le même geste reçoit deux sens qui ne se ressemblent pas. Pour Rabbi Yo'hanan, le na'anoua est une déclaration : en balayant les quatre directions puis le haut et le bas, l'homme désigne le propriétaire de tout l'espace. Rachi glose : cette mitsva, nous l'accomplissons pour Son Nom, et c'est ce que le balancement montre.

Pour la tradition rapportée en Terre d'Israël, le geste est efficace : il écarte une menace réelle — les vents mauvais qui viennent des côtés, les rosées mauvaises qui viennent d'en haut. Chaque axe répond à la direction d'où vient le danger. Tossefot rappelle que c'est à Soukkot que le décret est scellé sur les eaux (Roch Hachana 16a), ce qui explique pourquoi ce sens météorologique s'attache précisément à ce loulav-là.

Le folio s'interrompt sur un zot omeret — « cela signifie que » — dont la suite se lira en 38a : de ce que la tenoufa agit sur le monde, on tirera une conséquence halakhique.

🖼️ Schéma
Six directions, deux lectures : désigner un Maître ou arrêter une menace Le geste ne change pas d'un iota entre Babel et la Terre d'Israël ; seul son sens bascule. avant retour côté côté les quatre vents haut bas ciel et terre Rabbi Yo'hanan (Babel) Aller-retour : à Celui à qui sont les quatre vents. Haut-bas : à Celui à qui sont le ciel et la terre. Le geste est une déclaration de propriété : on parcourt tout l'espace pour dire à qui il est. Rachi : cette mitsva, nous la faisons pour Son Nom. Rabbi Yossi be-Rabbi Hanina (Israël) Aller-retour : pour arrêter les vents mauvais. Haut-bas : pour arrêter les rosées mauvaises. Le geste agit sur le monde. La menace vient des côtés ou d'en haut ; on répond dans son axe. Tossefot : à la fête, le décret est scellé sur les eaux.
Les six directions du geste, et les deux façons opposées d'en lire le sens.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).