Sukkah 41b — Lakhem, mishelakhem : le loulav doit vous appartenir le premier jour

Sukkah 41b

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de la sougya précédente (le yom ha-nef et la takana de Rabban Yo'hanan ben Zakkai), puis bascule sur une nouvelle Michna : le premier jour de Souccot tombant un Chabbat, chacun apporte son loulav à la synagogue la veille et vient le reprendre le lendemain — car nul ne s'acquitte, le premier jour, avec le loulav d'autrui. La Guemara en trouve la source dans le verset ou-lekahtem lakhem : lakhem signifie mishelakhem, de ce qui est à vous, ce qui exclut l'emprunté et le volé.

D'où la question pratique : comment plusieurs personnes peuvent-elles s'acquitter avec un unique loulav ? Réponse : par une matana al menat lehahzir, un don à charge de restitution, illustré par le célèbre épisode du bateau où Rabban Gamliel, Rabbi Yehochoua, Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Akiva se transmettent un loulav acheté mille zouz.

Le folio s'achève sur le hibouv mitsva : Ameimar priait son loulav à la main, et les gens de Jérusalem ne le quittaient pas de la journée.

Le fil du folio 41b : de lakhem au hibouv mitsva Une exigence de propriété, puis les ruses halakhiques et l'amour de la mitsva qui en découlent. Reste de la sougya précédente (seg. 0-2) -- le yom ha-nef ad etsem ha-yom ha-zeh = jusqu'au cœur du jour ; ad ve-ad bikhlal (le terme est inclus). Rabban Yo'hanan ben Zakkai n'a pas institué une haie rabbinique : il a exposé le verset, puis publié la règle. Michna (seg. 3) -- le loulav le premier jour tombant un Chabbat On dépose les loulavim à la synagogue la veille ; le lendemain chacun reconnaît le sien et le prend. Motif : le premier jour, on ne s'acquitte pas avec le loulav d'autrui. Les autres jours, oui. Rabbi Yossei : celui qui l'a sorti par oubli dans le domaine public est exempt -- il l'a sorti bi-rechout. Guemara (seg. 4) -- d'où vient cette règle ? Deux mots du verset ou-lekahtem (au pluriel) : il faut une prise en main par chacun et chacun. lakhem = mishelakhem, de ce qui est à vous : exclut le loulav emprunté (chaoul) et volé (gazoul). Conséquence : avec le loulav d'autrui, seulement s'il vous l'a donné en cadeau (matana). Le bateau (seg. 5-8) -- comment quatre Sages partagent un seul loulav Rabban Gamliel a le seul loulav, acheté mille zouz. Il s'acquitte, puis le donne ; et ainsi de suite. Le mot restitué enseigne en passant : matana al menat lehahzir chema matana -- c'est un vrai don. Rava : si la condition n'est pas honorée, rétroactivement rien n'a été acquis -- il ne s'est pas acquitté. Et mille zouz enseigne le hibouv mitsva : jusqu'où allait leur attachement aux mitsvot. Prier avec son loulav (seg. 9-12) -- le hibouv en pratique Objection : on ne prie pas en tenant tefilin, sefer Torah, couteau, écuelle, pain, pièces -- on est distrait. Réponse : là-bas ce n'est pas une mitsva, donc cela pèse ; ici c'est une mitsva aimée, donc cela ne pèse pas. Seg. 13 : la Guemara revient à Rabbi Yossei -- Abayye ouvre l'explication, qui se poursuit en 42a.
Le fil du folio : de la fin du yom ha-nef à l'amour de la mitsva.
À qui doit appartenir le loulav ? Arbre de décision La règle lakhem = mishelakhem ne mord que le premier jour de la fête. Quel jour de Souccot ? La source du din change tout Premier jour -- min ha-Tora, lakhem exige Jours 2 à 7 -- lakhem ne s'applique plus Le mien, acheté ou reçu : KACHER Emprunté (chaoul) : PASSOUL -- ce n'est pas à lui Volé (gazoul) : PASSOUL -- et cela vaut tous les jours Acheté en association (chetafout) : PASSOUL en l'état Don plein (matana gemoura) : KACHER Don à charge de restitution : KACHER, sous condition Il rend : acquitté. Il ne rend pas : le don s'annule, rien n'a été à lui. Le loulav d'autrui, même emprunté : KACHER Volé : reste PASSOUL (mitsva ha-baa be-avéra) La solution communautaire Problème : un seul etrog pour toute la communauté. Tossefot et le Roch : chacun donne sa part à celui qui prend, à charge de restitution -- la chaîne tourne. Rav Chérira Gaon : qu'un seul l'achète de ses deniers, puis le donne en cadeau de main en main. Achkenaz et France ont suivi l'usage du Rachbam. Nafka mina pratique Le premier jour seulement, il faut vérifier le titre de propriété. Le reste de la fête, on prête sans problème.
Lakhem = mishelakhem : qui peut s'acquitter avec quel loulav, et quand.
L'épisode du bateau : un loulav, quatre Sages Chaque don est plein et effectif ; la restitution finale n'annule rien. Rabban Gamliel Propriétaire unique Acheté mille zouz 1. Il s'acquitte puis donne en cadeau Rabbi Yehochoua Reçoit en cadeau Il en est propriétaire 2. Il s'acquitte puis donne au suivant R. Elazar ben Azarya Reçoit en cadeau Il en est propriétaire 3. Il s'acquitte puis donne au suivant Rabbi Akiva Reçoit en cadeau 4. Il s'acquitte puis RESTITUE à Rabban Gamliel restitution finale -- la condition est honorée pour toute la chaîne Deux enseignements en passant : matana al menat lehahzir chema matana, et le prix de mille zouz = hibouv mitsva.
La chaîne de dons sur le bateau et la restitution qui la valide.
1
״עַד עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה״ — עַד עִיצּוּמוֹ שֶׁל יוֹם, וְקָסָבַר ״עַד״ וְעַד בִּכְלָל.

« Jusqu'à ce jour même (ad etsem ha-yom ha-ze) » — jusqu'au cœur (itsoumo) du jour ; et il tient que « ad » (jusqu'à) inclut le terme lui-même (ad ve-ad bikhlal).

📜 Rachi (2)
עַד עֶצֶם עַד עַצְמוֹ שֶׁל יוֹם כָּל הַיּוֹם קָרוּי עֶצֶם הַיּוֹם:
Ad etsem, jusqu'au corps même du jour — tout le jour est appelé etsem ha-yom (le corps du jour).
וְקָסָבַר עַד וְעַד בַּכְּלָל וְלָא דְּרֵישׁ עַד וְלֹא עַד בִּכְלָל לְהַתִּירוֹ בְּהֵאִיר מִזְרָח כִּי לֵיכָּא עֹומֶר וְהָכִי מִתּוֹקְמָא קְרָאֵי אֵין עֹומֶר עַד עֶצֶם וְעַד בִּכְלָל יֵשׁ עֹומֶר עַד הֲבִיאֲכֶם:
Et il tient ad ve-ad bikhlal — et il n'expose pas ad comme excluant le terme (ad ve-lo ad bikhlal), ce qui permettrait [le hadach] dès que l'orient s'illumine, là où il n'y a pas de omer. Et voici comment les versets s'articulent : s'il n'y a pas de omer — « jusqu'à ce jour même », terme inclus ; s'il y a un omer — « jusqu'à ce que vous ayez apporté [l'offrande] ».
💡 Explication

Fin de la sougya précédente. Le verset (Lévitique 23,14) interdit le hadach (la nouvelle récolte) « jusqu'à ce jour même ». Deux mots sont exposés : etsem — non pas la nuit qui précède, mais le corps du jour lui-même ; et ad — la question classique de savoir si le terme fixé est inclus (ad ve-ad bikhlal) ou exclu. Ici on tient qu'il est inclus : l'interdit court sur tout le seizième jour.

2
וּמִי סָבַר לֵיהּ כְּוָותֵיהּ? וְהָא מַפְלִיג פְּלִיג עָלֶיהָ, (דְּתַנְיָא:) מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁיְּהֵא יוֹם הֶנֶף כֻּולּוֹ אָסוּר, אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וַהֲלֹא מִן הַתּוֹרָה הוּא אָסוּר, דִּכְתִיב: ״עַד עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה״ — עַד עִיצּוּמוֹ שֶׁל יוֹם!

Mais tient-il vraiment comme lui ? Or il est en désaccord avec lui !

(Car il a été enseigné :) Depuis la destruction du Temple, Rabban Yo'hanan ben Zakkai a institué que le jour de la tenoufa (yom ha-nef) soit interdit tout entier. Rabbi Yehouda lui dit : mais c'est déjà interdit par la Torah, car il est écrit « jusqu'à ce jour même » — jusqu'au cœur du jour !

📜 Rachi (1)
וְהָא מִיפְלָג פְּלִיג רַבִּי יְהוּדָה עָלֶיהָ שֶׁמָּצִינוּ שֶׁתָּמַהּ רַבִּי יְהוּדָה בְּדוֹרוֹ עַל תַּקָּנַת ריב"ז לָמָּה תָּלָה הַדָּבָר בְּעַצְמוֹ דְּמַשְׁמַע לַעֲשׂוֹת סְיָיג בָּא וַהֲלֹא מִן הַתּוֹרָה הוּא אָסוּר:
Or il est en désaccord — Rabbi Yehouda avec lui : car nous voyons que Rabbi Yehouda, en sa génération, s'est étonné de la takana de Ribaz — pourquoi rattacher la chose à lui-même, ce qui laisse entendre qu'il vient poser une haie (seyag) ? Or c'est interdit par la Torah !
💡 Explication

La Guemara oppose une beraita : Rabbi Yehouda s'étonne, en face de Rabban Yo'hanan ben Zakkai, que celui-ci « institué » quelque chose que la Torah interdit déjà. Ce reproche semble prouver que les deux ne tiennent pas la même lecture du verset. Le mot pivot est hitkin (il a institué), qui évoque une mesure rabbinique, une haie (seyag) et non une loi de la Torah.

🖼️ Schéma
Takana ou drasha ? Le malentendu de Rabbi Yehouda Ce que Rabbi Yehouda a compris Ribaz dit hitkin -- donc il institué. Une takana rabbinique = une haie (seyag). Objection : mais c'est déjà interdit min ha-Tora ! Conclusion apparente : Ribaz s'oppose à lui. Ce que Ribaz voulait dire L'interdit du jour entier est de la Tora. hitkin = darach ve-hitkin : il a exposé le verset, puis publié la règle pour le public. Conclusion réelle : il tient comme Rabbi Yehouda. Pourquoi une publication était nécessaire Du temps du Temple, le omer était offert le matin et l'on mangeait du hadach dès midi. Le Temple détruit, il n'y a plus de omer : le verset interdit alors tout le seizième jour. L'habitude ancienne aurait fait trébucher le public -- d'où l'annonce publique.
Le malentendu sur le mot hitkin : takana rabbinique ou publication d'une drasha ?
3
רַבִּי יְהוּדָה הוּא דְּקָא טָעֵי, הוּא סָבַר מִדְּרַבָּנַן קָאָמַר. וְלֹא הִיא, מִדְּאוֹרַיְיתָּא קָאָמַר. וְהָא ״הִתְקִין״ קָאָמַר! מַאי ״הִתְקִין״ — דָּרַשׁ וְהִתְקִין.

C'est Rabbi Yehouda qui se trompe : il a cru qu'il parlait d'un interdit rabbinique. Mais il n'en est rien : c'est d'un interdit de la Torah qu'il parlait. — Mais il est bien dit « il a institué » (hitkin) ! — Que signifie « hitkin » ?

Il a exposé [le verset] (darach) puis institué.

📜 Rachi (2)
דָּרַשׁ הַמִּקְרָא עַד וְעַד בִּכְלָל:
Darach — le verset : ad, terme inclus.
וְהִתְקִין לְפִי שֶׁהָיוּ רְגִילִים לֶאֱכֹול חָדָשׁ מֵחֲצוֹת וּלְהַלָּן כְּשֶׁהָיָה הַבַּיִת קַיָּים עַד עַכְשָׁיו הֻוצְרַךְ לְתַקֵּן:
Ve-hitkin — parce qu'ils avaient l'habitude, du temps où le Temple existait, de manger du hadach à partir de midi, et cela jusqu'à maintenant : il a donc fallu instituer [une annonce].
💡 Explication

Résolution : hitkin ne désigne pas ici une innovation rabbinique mais une publication. Rabban Yo'hanan ben Zakkai a exposé le verset (darach) puis a établi publiquement la conduite à tenir. Rachi explique l'urgence pratique : du temps du Temple, le omer était offert le matin du 16 Nissan et l'on mangeait du hadach dès midi ; le Temple détruit, il n'y a plus de omer et l'interdit couvre tout le jour — mais l'habitude ancienne risquait de faire trébucher le public.

4
מַתְנִי׳ יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, כָּל הָעָם מוֹלִיכִין אֶת לוּלְבֵיהֶן לְבֵית הַכְּנֶסֶת. לְמָחֳרַת מַשְׁכִּימִין וּבָאִין, כָּל אֶחָד וְאֶחָד מַכִּיר אֶת שֶׁלּוֹ וְנוֹטְלוֹ, מִפְּנֵי שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, וּשְׁאָר יְמוֹת הֶחָג — אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, וְשָׁכַח וְהוֹצִיא אֶת הַלּוּלָב לִרְשׁוּת הָרַבִּים — פָּטוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוֹצִיאוֹ בִּרְשׁוּת.

MICHNA. Le premier jour de la fête tombant un Chabbat, tout le peuple porte ses loulavim à la synagogue [la veille].

Le lendemain on se lève tôt et l'on vient, chacun reconnaît le sien et le prend — car les Sages ont dit : nul ne s'acquitte de son obligation, le premier jour de la fête, avec le loulav de son compagnon ; mais les autres jours de la fête, on s'acquitte avec le loulav de son compagnon. Rabbi Yossei dit : le premier jour de la fête tombant un Chabbat, si l'on a oublié et sorti le loulav dans le domaine public — on est exempt, parce qu'on l'a sorti avec permission (bi-rechout).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' י"ט הָרִאשׁוֹן כּוּ' דְּאָמְרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף מג.) דְּדוֹחֶה מִצְוַת לוּלָב שַׁבָּת בי"ט הָרִאשׁוֹן לְבַדּוֹ:
Michna. Le premier jour de fête, etc. — car nous disons plus loin (Souka 43a) que la mitsva du loulav repousse le Chabbat le premier jour de fête seulement.
מוֹלִיכִין אֶת לוּלְבֵיהֶן מֵעֶרֶב שַׁבָּת:
Ils portent leurs loulavim — depuis la veille de Chabbat.
שֶׁהוֹצִיאוֹ בִּרְשׁוּת בִּרְשׁוּת מִצְוָה שֶׁהָיָה טָרוּד בַּמִּצְוָה וּמְחַשֵּׁב וְעָסוּק וּמְמַהֵר לַעֲשׂוֹתָהּ וּמִתּוֹךְ כָּךְ טָעָה וְשָׁכַח שֶׁהוּא שַׁבָּת וְקָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי טָעָה בִּדְבַר מִצְוָה וְשָׁגַג בִּדְבַר כָּרֵת פָּטוּר מִקָּרְבָּן:
Parce qu'il l'a sorti avec permission — avec la permission de la mitsva : il était absorbé par la mitsva, y pensant, occupé et pressé de l'accomplir, et de ce fait il s'est trompé et a oublié que c'était Chabbat. Et Rabbi Yossei tient que celui qui se trompe dans une affaire de mitsva et faute par inadvertance dans une affaire passible de karet est exempt du sacrifice.
⚖️ Rosh (1)
גָּרְסִי' בְּפֶ' יֵשׁ נוֹחֲלִין (בָּבָא בָּתְרָא דַּף קלז:) אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא הָאַחִין שֶׁקָּנוּ אֶתְרוֹג בִּתְפוּסַת הַבַּיִת נְטָלוֹ אֶחָד מֵהֶן וְיָצָא בּוֹ אִם יָכוֹל לְאָכְלוֹ יָצָא וְאִם לָאו לֹא יָצָא שְׁמַע מִינָּה דְּהָנֵי בֵּי תְּרֵי דִּזְבִינֵי לוּלִיבָּא בְּשֻׁותָּפוּת לָא נָפְקִי יְדֵי חוֹבְתַייְהוּ בְּיוֹמָא קַמָּא עַד דְּיָהֲבִי חַד לְחַבְרֵיהּ מְנָתָא דִּילֵיהּ וְאִי לָא לָא נָפֵיק וּמַה שֶׁנָּהֲגוּ בְּמָקוֹם שֶׁאֵין אֶתְרוֹגִים מְצֻוייָּן שֶׁכָּל הַקָּהָל כֻּולָּן קוֹנִין אֶתְרוֹג בְּשֻׁותָּפוּת וְיוֹצְאִין בּוֹ פִּי' רַשְׁבָּ"ם כֵּיוָן דְּקָנוּהוּ עַל מְנָת לָצֵאת בּוֹ סְתָמָא דְמִילְּתָא הָוֵי כְּאִילּוּ פֵּירְשׁוּ שֶׁכָּל הַקָּהָל נוֹתְנִין חֶלְקָם לְמִי שֶׁנּוֹטֵל וּמְבָרֵךְ בּוֹ עַל מְנָת לְהַחֲזִירוֹ לָהֶם כֵּיוָן דִּבְעִנְיָן אַחֵר אֵין יְכוֹלִין לָצֵאת וְנִשְׁאַל לְרַב שְׁרִירָא גָּאוֹן עַל זֶה מָקוֹם שֶׁאֵין אֶתְרוֹג וְלוּלָב מְצֻוייָּן וְגוֹבִין מִכָּל הַקָּהָל מִן כָּל אֶחָד וְקוֹנִין אֶחָד וְנוֹטְלוֹ חַזַּן בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּיָדוֹ בִּשְׁעַת הַהַלֵּל וּמְבָרֵךְ עָלָיו וְנוֹתְנוֹ לַזְּקֵנִים וּמְבָרְכִין עָלָיו וְשׁוּב נוֹטְלוֹ כָּל אֶחָד מֵחֲבֵירוֹ עַד שֶׁמְּבָרְכִין עָלָיו כָּל הַקָּהָל יָצְאוּ בּוֹ יְדֵי חוֹבָתָן אוֹ לֹא וְהֵשִׁיב וַדַּאי בִּשְׁאָר יְמוֹת הֶחָג מִיּוֹם הַשֵּׁנִי וָהָלְאָה יָצְאוּ יְדֵי חוֹבָתָן בְּאוֹתוֹ לוּלָב אֲבָל בְּיוֹם רִאשׁוֹן צָרִיךְ כָּל אֶחָד וְאֶחָד לִיטֹּול לוּלָב שֶׁלּוֹ וְכֵן רָאוּי שֶׁתַּעֲשׂוּ לִהְיוֹת קוֹנִין הַלּוּלָב לְאֶחָד מִן הַצִּבּוּר אוֹ שֶׁיִּקָּחֶנּוּ מִמָּמוֹנוֹ אוֹ שֶׁיִּתְּנוּ הַדָּמִים לַחַזָּן בְּמַתָּנָה וְהוּא יִקְנֵהוּ לְעַצְמוֹ וּבְיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן יִתְּנֵהוּ בְּמַתָּנָה לְאֶחָד מִן הַזְּקֵנִים וְכָל אֶחָד יִתְּנֵהוּ לְאַחֵר בְּמַתָּנָה עַד שֶׁיָּבֹא לִידֵי כֻּולָּן וְנָהֲגוּ בְּאַשְׁכְּנַז וּבְצָרְפַת כְּרַשְׁבָּ"ם:
Nous lisons au chapitre Yech Nohalin (Bava Batra 137b) : Rabba bar Rav Houna a dit — des frères qui ont acheté un etrog sur le fonds commun de la maison (tefissat ha-bayit), si l'un d'eux le prend et s'en acquitte : s'il peut le manger, il s'est acquitté ; sinon, il ne s'est pas acquitté. On en déduit que deux personnes qui achètent un loulav en association (chetafout) ne s'acquittent pas le premier jour, à moins que l'un ne donne à l'autre sa part ; sinon il ne s'acquitte pas. Quant à l'usage, la où les etroguim sont rares, que toute la communauté achète un etrog en association et s'en acquitte, le Rachbam explique : puisqu'ils l'ont acheté afin de s'en acquitter, il en va par défaut comme s'ils avaient stipulé expressément que toute la communauté donne sa part à celui qui le prend et bénit dessus, à charge qu'il le leur restitue — puisque autrement ils ne pourraient pas s'acquitter. On a interrogé Rav Chérira Gaon sur ce point : un endroit où etrog et loulav sont rares, où l'on collecte auprès de chacun des membres de la communauté et l'on en achète un ; le hazan de la synagogue le prend en main au moment du Hallel et bénit dessus, puis le donne aux anciens qui bénissent dessus, puis chacun le prend de son compagnon jusqu'à ce que toute la communauté ait béni : se sont-ils acquittés ou non ? Il répondit : assurément, les autres jours de la fête, à partir du deuxième jour, ils s'acquittent avec ce loulav ; mais le premier jour, chacun doit prendre son propre loulav. Voici donc ce qu'il convient de faire : que le loulav soit acquis par l'un des membres de la communauté — soit qu'il l'achète de ses propres deniers, soit qu'on donne l'argent au hazan en cadeau et qu'il l'acquière pour lui-même ; puis, le premier jour de fête, qu'il le donne en cadeau à l'un des anciens, et que chacun le donne à un autre en cadeau, jusqu'à ce qu'il soit passé entre les mains de tous. En Achkenaz et en France, l'usage suit le Rachbam.
💡 Explication

Deux problèmes se croisent. Le transport : le premier jour, la mitsva du loulav repousse le Chabbat (Souka 43a), mais porter dans le rechout ha-rabim reste interdit — d'où le dépôt des loulavim la veille. La propriété : si chacun doit reconnaître le sien, c'est que le premier jour on ne s'acquitte pas avec celui d'autrui. Le reste de la fête, l'obligation étant rabbinique (hors Temple), le loulav emprunté convient.

Rabbi Yossei ajoute un principe de responsabilité : celui qui, absorbé par la mitsva, sort le loulav par oubli est patour du hattat. Rachi dégage la règle sous-jacente : ta'a bi-dvar mitsva ve-chagag bi-dvar karet — patour.

🖼️ Schéma
La Michna : deux problèmes que le Chabbat fait surgir Premier jour de Souccot tombant un Chabbat : le loulav se prend quand même (Souka 43a) Problème 1 : le transport Interdit de porter dans le domaine public le Chabbat. Solution : on porte les loulavim à la synagogue la veille de Chabbat. Le matin, chacun reconnaît le sien et le prend. Ce détail reconnaît le sien n'est pas anodin. Problème 2 : la propriété Jour 1 : on ne s'acquitte pas avec le loulav d'autrui -- d'où l'obligation de retrouver le sien. Jours suivants : on s'acquitte avec celui d'autrui. La Guemara cherchera la source de cette règle. C'est la sougya de tout le folio. Rabbi Yossei : et s'il l'a sorti par oubli dans le domaine public ? Il est exempt du hattat : il l'a sorti bi-rechout, avec la permission de la mitsva. Principe sous-jacent : errer dans une affaire de mitsva et fauter par inadvertance -- exempt de sacrifice.
Les deux difficultés de la Michna et l'ajout de Rabbi Yossei.
5
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנָן: ״וּלְקַחְתֶּם״, שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה בְּיַד כָּל אֶחָד וְאֶחָד. ״לָכֶם״, מִשֶּׁלָּכֶם — לְהוֹצִיא אֶת הַשָּׁאוּל וְאֶת הַגָּזוּל. מִכָּאן אָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ אֶלָּא אִם כֵּן נְתָנוֹ לוֹ בְּמַתָּנָה.

GUEMARA. D'où ces choses [sont-elles tirées] ?

De ce que nos maîtres ont enseigné : « Et vous prendrez (ou-lekahtem) » — qu'il y ait une prise en main par chacun et chacun. « Pour vous (lakhem) » — de ce qui est à vous (mishelakhem), pour exclure l'emprunté (chaoul) et le volé (gazoul).

De là les Sages ont dit : nul ne s'acquitte de son obligation le premier jour de la fête avec le loulav de son compagnon, à moins que celui-ci ne le lui ait donné en cadeau (matana).

📜 Rachi (2)
גְּמָ' מְנָא הָנֵי מִילֵּי דְּאֵין אָדָם יוֹצֵא בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ:
Guemara. D'où ces choses — que nul ne s'acquitte avec le loulav de son compagnon.
לָכֶם מִשֶּׁלָּכֶם מַשְׁמַע:
Lakhem, de ce qui est à vous — c'est ce que cela signifie.
🗂️ Tossefot (2)
וּלְקַחְתֶּם שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה לְכָל א' וְא'. מִדְּלָא כְּתִיב וְלָקַחְתָּ לְשׁוֹן יָחִיד וְגַבֵּי סֻוכָּה לֹא צָרִיךְ קְרָא דְּהָא כְּתִיב כָּל הָאֶזְרָח:
« Ou-lekahtem : qu'il y ait une prise par chacun et chacun. » Parce qu'il n'est pas écrit ou-lekahta au singulier. Et pour la souka, aucun verset n'est nécessaire, puisqu'il est déjà écrit « tout indigène [en Israël habitera dans des soukot] ».
אֶלָּא א"כ נָתַן לוֹ בְּמַתָּנָה. וּבְאֶתְרוֹג הַשֻּׁותָּפִין נַמֵּי לָא נָפֵיק כִּדְמוֹכַח בְּשִׁילְהֵי יֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קלז: וְשָׁם) גַּבֵּי אַחִין שֶׁקָּנוּ אֶתְרוֹג בִּתְפִיסַת הַבַּיִת וְלָא חֲשִׁיב שֶׁלּוֹ כֵּיוָן דְּאֵין מְיֻוחָד שֶׁלּוֹ אֶלָּא כְּשָׁאוּל הָוֵי וְאֵינוֹ יוֹצֵא בוֹ וּמַה שֶׁנָּהֲגוּ הַקָּהָל לִקְנוֹת אֶתְרוֹג בְּשֻׁותָּפוּת מְלַמְּדִין אוֹתָן שֶׁיְּהוּ כֻּולָּם נוֹתֵן כָּל אֶחָד וְאֶחָד חֶלְקוֹ לַחֲבֵירוֹ עַל מְנָת לְהַחֲזִיר וְיֵשׁ לִסְמֹוךְ דְּכֵיוָן דִּקְנָאוּהוּ עַל מְנָת לָצֵאת בּוֹ ואע"ג שֶׁלֹּא פֵּירְשׁוּ סְתָמָא דְמִלְּתָא כְּאִילּוּ פֵּרְשׁוּ דָּמֵי כֵּיוָן דִּבְעִנְיָן אַחֵר אֵין יְכוֹלִין לָצֵאת בּוֹ:
« À moins qu'il ne le lui ait donné en cadeau. » Et avec un etrog appartenant à des associés non plus on ne s'acquitte pas, comme cela ressort de la fin de Yech Nohalin (Bava Batra 137b) à propos des frères qui ont acheté un etrog sur le fonds de la maison : il n'est pas considéré comme sien puisqu'il ne lui est pas réservé en propre, mais il est comme emprunté, et il ne s'en acquitte pas. Quant à l'usage des communautés d'acheter un etrog en association, on leur enseigne que tous doivent procéder ainsi : chacun donne sa part à son compagnon à charge de restitution. Et l'on peut s'appuyer sur ceci : puisqu'ils l'ont acheté afin de s'en acquitter, et bien qu'ils n'aient rien stipulé, il en va par défaut comme s'ils avaient stipulé, puisque autrement ils ne pourraient pas s'en acquitter.
💡 Explication

La beraita tire deux lois d'un seul membre de phrase (Lévitique 23,40). Ou-lekahtem, au pluriel plutôt que ou-lekahta au singulier : chacun doit effectuer sa propre prise. Lakhem lu comme mishelakhem : la chose doit vous appartenir, ce qui disqualifie le loulav chaoul (emprunté) et le loulav gazoul (volé).

La conclusion ouvre immédiatement la porte de sortie : le verset n'interdit pas de partager un loulav, il exige seulement qu'au moment de la prise il soit à vous. Donc — à moins qu'il ne le lui ait donné en cadeau. Tout le reste du folio explore cette brèche.

🖼️ Schéma
Deux mots, deux lois : ou-lekahtem lakhem Lévitique 23,40 : Et vous prendrez pour vous, au premier jour... OU-LEKAHTEM LAKHEM ou-lekahtem : la prise Écrit au pluriel, non ou-lekahta au singulier. Donc : une prise en main par chacun et chacun. Tossefot : pour la souka, pas besoin de verset -- kol ha-ezrah suffit déjà à inclure chacun. lakhem : la propriété lakhem = mishelakhem, de ce qui est à vous. Exclut : le chaoul (emprunté) et le gazoul (volé). D'où : pas avec le loulav d'autrui le premier jour, à moins qu'il ne le lui ait donné en cadeau. La porte de sortie : la matana Le verset n'interdit pas de partager un loulav -- il exige seulement qu'au moment de la prise, il soit à vous.
Deux mots, deux lois : la prise individuelle et l'exigence de propriété.
6
וּמַעֲשֶׂה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהָיוּ בָּאִין בִּסְפִינָה, וְלֹא הָיָה לוּלָב אֶלָּא לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בִּלְבַד, שֶׁלָּקְחוּ בְּאֶלֶף זוּז. נְטָלוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְיָצָא בּוֹ, וּנְתָנוֹ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בְּמַתָּנָה. נְטָלוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְיָצָא בּוֹ, וּנְתָנוֹ לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה בְּמַתָּנָה. נְטָלוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְיָצָא בּוֹ, וּנְתָנוֹ בְּמַתָּנָה לְרַבִּי עֲקִיבָא. נְטָלוֹ רַבִּי עֲקִיבָא וְיָצָא בּוֹ, וְהֶחֱזִירוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל.

Et il advint que Rabban Gamliel, Rabbi Yehochoua, Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Akiva voyageaient sur un bateau, et il n'y avait de loulav que pour Rabban Gamliel seul, qu'il avait acheté mille zouz. Rabban Gamliel le prit et s'en acquitta, puis le donna à Rabbi Yehochoua en cadeau.

Rabbi Yehochoua le prit et s'en acquitta, puis le donna à Rabbi Elazar ben Azarya en cadeau. Rabbi Elazar ben Azarya le prit et s'en acquitta, puis le donna en cadeau à Rabbi Akiva.

Rabbi Akiva le prit et s'en acquitta, puis le restitua à Rabban Gamliel.

💡 Explication

Le ma'ase est la mise en œuvre exacte de la clause « à moins qu'il ne le lui ait donné en cadeau ». À chaque maillon, celui qui tient le loulav en est réellement propriétaire au moment de la prise — sans quoi rien ne fonctionnerait. Trois détails vont être interrogés par la Guemara : le mot restitua (seg. 6), la condition implicite (seg. 7) et le prix de mille zouz (seg. 8).

🖼️ Schéma
L'épisode du bateau : un loulav, quatre Sages Chaque don est plein et effectif ; la restitution finale n'annule rien. Rabban Gamliel Propriétaire unique Acheté mille zouz 1. Il s'acquitte puis donne en cadeau Rabbi Yehochoua Reçoit en cadeau Il en est propriétaire 2. Il s'acquitte puis donne au suivant R. Elazar ben Azarya Reçoit en cadeau Il en est propriétaire 3. Il s'acquitte puis donne au suivant Rabbi Akiva Reçoit en cadeau 4. Il s'acquitte puis RESTITUE à Rabban Gamliel restitution finale -- la condition est honorée pour toute la chaîne Deux enseignements en passant : matana al menat lehahzir chema matana, et le prix de mille zouz = hibouv mitsva.
La chaîne des dons sur le bateau, maillon par maillon.
7
לָמָּה לִי לְמֵימַר הֶחְזִירוֹ? מִלְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן: מַתָּנָה עַל מְנָת לְהַחֲזִיר — שְׁמָהּ מַתָּנָה.

Pourquoi faut-il dire « il le restitua » ? [Le Tana] nous enseigne une chose en passant, chemin faisant : un cadeau donné à charge de restitution (matana al menat lehahzir) est bien un cadeau (chema matana).

📜 Rachi (2)
לָמָּה לִי לְמֵימַר הֶחְזִירוֹ מֶה אָנוּ לְמֵידִין מֵחֲזָרָה זוֹ דְּאִצְטְרִיךְ תַּנָּא לְמִיתְנְייֵהּ בְּמָתְנֵי':
Pourquoi faut-il dire il le restitua — qu'apprenons-nous de cette restitution, pour que le Tana ait eu besoin de l'enseigner dans notre Michna ?
הָא קמ"ל דר"ג ע"מ שֶׁיַּחֲזִירוּהוּ לוֹ נְתָנוֹ לָהֶם וְאַפֵּ"ה הָוְיָא מַתָּנָה עַד שֶׁיֵּצְאוּ בּוֹ:
Voici ce que cela nous enseigne — que Rabban Gamliel le leur a donné à condition qu'ils le lui rendent, et que malgré cela c'est un cadeau, au point qu'ils s'en soient acquittés.
💡 Explication

La Guemara traque le détail superflu. Que Rabbi Akiva ait rendu le loulav n'ajoute rien à l'acquittement — donc ce mot est là pour enseigner autre chose : matana al menat lehahzir chema matana. Même stipulé dès le départ comme temporaire, le don est un vrai transfert de propriété pendant l'intervalle. Rachi le dit sans détour : Rabban Gamliel le leur a donné à condition qu'on le lui rende, et malgré cela c'est un cadeau — assez pour qu'ils s'en acquittent.

8
כִּי הָא דְּאָמַר רָבָא: ״הֵא לְךָ אֶתְרוֹג זֶה עַל מְנָת שֶׁתַּחְזִירֵהוּ לִי״. נְטָלוֹ וְיָצָא בּוֹ, הֶחֱזִירוֹ — יָצָא, לֹא הֶחֱזִירוֹ — לֹא יָצָא.

Comme cela que Rava a dit : « Voici cet etrog pour toi, à condition que tu me le rendes » — il l'a pris et s'en est acquitté : s'il l'a rendu, il s'est acquitté ; s'il ne l'a pas rendu, il ne s'est pas acquitté.

📜 Rachi (1)
הֶחֱזִירוֹ לוֹ יָצָא דְּמַתָּנָה עַל מְנָת לְהַחֲזִיר מַתָּנָה הִיא וַהֲרֵי הֶחֱזִירוֹ לוֹ אֲבָל אִם לֹא הֶחֱזִירוֹ אִגַּלַּאי מִלְּתָא דְּמֵעִיקָּרָא גָּזוּל הוּא בְּיָדוֹ:
S'il le lui a rendu, il s'est acquitté — car un cadeau donné à charge de restitution est bien un cadeau, et voici qu'il le lui a rendu. Mais s'il ne le lui a pas rendu, il apparaît rétroactivement que l'objet était volé entre ses mains.
🗂️ Tossefot (2)
הֵילָךְ אֶתְרוֹג זֶה בְּמַתָּנָה עַל מְנָת שֶׁתַּחְזִירֵהוּ לִי. בְּשׁוּם מָקוֹם אֵין מְדַקְדֵּק הַשַּׁ"ס בִּלְשׁוֹנוֹ לְהַקְדִּים תְּנַאי לְמַעֲשֶׂה וּתְנַאי כָּפוּל וְהֵן קוֹדֵם לְלָאו אע"ג דִּבְהָכִי מַיְירֵי אֶלָּא שֶׁמְּקַצֵּר לְשׁוֹנוֹ לְפִי שֶׁלֹּא עַל חִידּוּשׁ זֶה בָּא לְהַשְׁמִיעֵנוּ וְלָא דָּמֵי לִתְנַאי וּמַעֲשֶׂה בְּדָבָר אֶחָד דְּהַייְנוּ כְּשֶׁשְּׁנֵיהֶם סוֹתְרִים זֶה אֶת זֶה כִּי הַהִיא דְּעַל מְנָת שֶׁתַּחֲזִיר לִי אֶת הַנְּיָיר בְּפֶרֶק מִי שֶׁאֲחָזוֹ (גִּיטִּין דַּף עה. וְשָׁם) וא"ת כֵּיוָן דְּאָמַר ע"מ שֶׁתַּחֲזִירוֹ לִי א"כ אִם הִקְדִּישׁוֹ אֵינוֹ מְקֻודָּשׁ כִּדְמוֹכַח בְּסוֹף יֵשׁ נוֹחֲלִין (ב"ב דַּף קלז:) גַּבֵּי שׁוֹר זֶה נָתוּן לְךָ בְּמַתָּנָה ע"מ שֶׁתַּחֲזִירֵהוּ לִי דְּכֵיוָן דְּקָאָמַר לִי מִידִי דַּחֲזֵי לִי קָאָמַר וא"כ הֵיאַךְ יֵצֵא וְהָא אֲנַן תְּנַן בִּנְדָרִים פֶּרֶק הַשֻּׁותָּפִין (נְדָרִים דַּף מח.) גַּבֵּי מַתָּנָה דְּבֵית חוֹרוֹן דְּכָל מַתָּנָה שֶׁאֵינָהּ שֶׁאִם הִקְדִּישָׁהּ לֹא תְּהֵא מְקֻודֶּשֶׁת לֹא שְׁמֵיהּ מַתָּנָה וי"ל דה"נ הָוֵי בְּיָדוֹ לְהַקְדִּישׁ לִהְיוֹת קָדוֹשׁ כָּל זְמַן שֶׁהוּא בְּיָדוֹ עַד שֶׁיַּחֲזִיר וְעוֹד דְּהָתָם נָמֵי לֹא בְּהֶקְדֵּשׁ תָּלוּי טַעַם הַמַּתָּנָה כִּדְמוֹכַח בִּנְדָרִים יְרוּשַׁלְמִי דְּאָמַר עֲלָהּ רַבִּי יִרְמְיָה רַבִּי יְהוּדָה בָּעֵי מֵעַתָּה מַתָּנָה אֵין אָדָם נוֹתֵן מַתָּנָה לַחֲבֵירוֹ ע"מ שֶׁלֹּא יְקַדְּשֶׁנָּה לַשָּׁמַיִם וּמְשַׁנֵּי מַתְנֵי' כָּל מַתָּנָה שֶׁהִיא כְּמַתְּנַת בֵּית חוֹרוֹן שֶׁהָיְתָה בְּעָרְמָה שֶׁאִם הִקְדִּישָׁה אֵינָהּ מֻוקְדֶּשֶׁת אֵינָהּ מַתָּנָה כְּלוֹמַר שֶׁלֹּא נְתָנָהּ לוֹ שֶׁיֵּהָנֶה הַמְקַבֵּל שׁוּם הֲנָאָה שֶׁבָּעוֹלָם אֶלָּא שֶׁיְּהֵא מֻותָּר לְאָבִיו שֶׁל נוֹתֵן זֶה וַדַּאי הַעֲרָמָה בְּעָלְמָא וְלָא שְׁמֵיהּ מַתָּנָה שֶׁהֲרֵי לֹא זָכָה בָּהּ לְעִנְיַן עַצְמוֹ לְשׁוּם דָּבָר וא"כ מָה הִקְנָה לוֹ אֲבָל הָכָא דִּמְזַכֶּה לֵיהּ שֶׁיֵּהָנֶה בּוֹ שְׁמֵיהּ מַתָּנָה וְלֹא הִזְכִּיר שֵׁם הֶקְדֵּשׁ אֶלָּא מִשּׁוּם שֶׁעַל הֶקְדֵּשׁ הָיָה מַעֲשֶׂה וּלְשׁוֹן כָּל מַתָּנָה שֶׁאֵינָהּ וְכוּ' מוֹכִיחַ כֵּן דְּמַשְׁמַע שֶׁאֵינָהּ מַתָּנָה לְשׁוּם דָּבָר גַּם סְעֻודָּתוֹ הָיְתָה מוֹכַחַת עָלָיו שֶׁלֹּא הָיָה דַּעְתּוֹ לִיתֵּן כְּלָל לְעִנְיַן שׁוּם דָּבָר רַק שֶׁיָּבֹא אָבִיו וְיֹאכַל כְּמוֹ שֶׁמְּפָרֵשׁ שָׁם בַּגְּמָרָא אוֹ מִשּׁוּם דְּוִיתּוּר אָסוּר בְּמֻודָּר הֲנָאָה אֲבָל בְּעָלְמָא מַתָּנָה הִיא אע"פ שֶׁאֵין יָכוֹל לְהַקְדִּישָׁהּ כְּדִתְנַן פֶּרֶק בָּתְרָא דִּנְדָרִים (דַּף פח.) שֶׁנּוֹתֵן לְבִתּוֹ מַה שֶׁנּוֹשֵׂאת וְנוֹתֶנֶת לְפִיהָ ובפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף כג: וְשָׁם) שֶׁנּוֹתֵן לָעֶבֶד ע"מ שֶׁיֵּצֵא בּוֹ לְחֵירוּת:
« Voici cet etrog pour toi en cadeau, à condition que tu me le rendes. » Nulle part le Talmud n'est pointilleux dans sa formulation pour faire précéder la condition à l'acte, pour doubler la condition (tnaï kafoul), ou pour placer le oui avant le non — bien qu'il s'agisse ici d'un tel cas ; il abrège simplement son langage, puisque ce n'est pas cette nouveauté-là qu'il vient nous enseigner. Et ce n'est pas comparable à une condition et un acte portant sur une même chose, c'est-à-dire lorsque les deux se contredisent l'un l'autre, comme dans le cas de « à condition que tu me rendes le papier » au chapitre Mi che-ahazo (Guitin 75a). Et si tu demandes : puisqu'il a dit « à condition que tu me le rendes », alors si le bénéficiaire le consacrait (hekdech), la consécration ne prendrait pas — comme cela ressort de la fin de Yech Nohalin (Bava Batra 137b) à propos de « ce bœuf t'est donné en cadeau à condition que tu me le rendes », car puisqu'il a dit « à moi », c'est qu'il veut dire : quelque chose qui puisse me revenir. Si oui, comment s'est-il acquitté ? Or nous avons appris dans Nedarim, chapitre Ha-choutafin (48a), à propos du cadeau de Beit Horon, que tout cadeau tel que, s'il était consacré, il ne serait pas consacré, ne porte pas le nom de cadeau ! On peut répondre : ici aussi il est en son pouvoir de le consacrer et qu'il soit saint tant qu'il est entre ses mains, jusqu'à ce qu'il le rende. De plus, là-bas non plus la raison du cadeau ne dépend pas du hekdech, comme cela ressort du Talmud de Jérusalem sur Nedarim, où Rabbi Yirmeya dit : Rabbi Yehouda demandait — dès lors, un homme ne pourrait donc pas donner un cadeau à son compagnon à condition qu'il ne le consacre pas au Ciel ? Et l'on répond : notre michna parle de tout cadeau semblable à celui de Beit Horon, qui était fait par ruse (ha'arama), tel que s'il le consacrait il ne serait pas consacré — celui-là n'est pas un cadeau ; c'est-à-dire qu'il ne le lui a pas donné pour que le bénéficiaire en tire le moindre profit au monde, mais seulement pour que ce soit permis au père du donateur : cela est assurément une pure ruse et ne porte pas le nom de cadeau, puisqu'il n'a rien acquis pour lui-même, en quoi que ce soit. Et s'il en est ainsi, que lui a-t-il donc transmis ? Mais ici, où il lui donne de quoi en tirer profit, cela porte le nom de cadeau. Et l'on n'a mentionné le hekdech que parce que l'affaire portait sur un hekdech. L'expression « tout cadeau qui n'est pas... » le prouve d'ailleurs, car elle laisse entendre qu'il n'est un cadeau pour rien du tout. Son repas aussi en témoignait contre lui : il n'avait nullement l'intention de donner quoi que ce soit à quelque effet que ce soit, mais seulement que son père vienne et mange, comme la Guemara l'explique là-bas ; ou bien parce que le renoncement (vitour) est interdit envers celui à qui l'on a interdit tout bénéfice par vœu. Mais en général c'est bien un cadeau, même s'il ne peut pas le consacrer — comme nous avons appris au dernier chapitre de Nedarim (88a) : qu'il donne à sa fille ce qu'elle gagne par son commerce ; et au premier chapitre de Kidouchin (23b) : qu'il donne à l'esclave [de l'argent] à condition qu'il sorte par là en liberté.
וְאִם לָאו לֹא יָצָא. וּמַה שֶׁלֹּא הֶחֱזִירוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל אֶלָּא נְתָנוֹ לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה לְרַבִּי עֲקִיבָא דַּעְתּוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל הָיָה שֶׁיֵּצְאוּ כֻּולָּם וְאַחַ"כּ יַחֲזִירוּהוּ:
« Et sinon, il ne s'est pas acquitté. » Quant au fait que Rabbi Yehochoua n'a pas rendu [le loulav] à Rabban Gamliel mais l'a donné à Rabbi Elazar ben Azarya, et Rabbi Elazar ben Azarya à Rabbi Akiva : l'intention de Rabban Gamliel était qu'ils s'acquittent tous, et qu'ensuite on le lui rende.
💡 Explication

Rava tire la conséquence rigoureuse : la condition est résolutoire et rétroactive. Tant qu'elle est honorée, le don a bien opéré et la prise était valide. Si elle ne l'est pas, le don s'annule depuis l'origine — et Rachi va au bout : il apparaît rétroactivement que l'objet était volé entre ses mains, donc gazoul, donc passoul.

Tossefot ajoutent deux remarques : d'une part le Talmud n'est pas ici pointilleux sur les règles formelles du tnaï (condition avant l'acte, condition doublée, le oui avant le non), car ce n'est pas son propos ; d'autre part, ils résolvent la contradiction avec le cadeau de Beit Horon (Nedarim 48a), où un don que le bénéficiaire ne pourrait pas consacrer n'est pas un don.

🖼️ Schéma
Rava : le don conditionnel et son effet rétroactif Voici cet etrog pour toi, à condition que tu me le rendes Il le prend et s'acquitte avec -- puis ? Il le rend La condition est honorée. Le don était un vrai don pendant l'intervalle. YATSA -- il s'est acquitté. Il ne le rend pas La condition tombe : le don est annulé. Rachi : il apparaît rétroactivement qu'il l'a volé. LÔ YATSA -- il ne s'est pas acquitté.
Le don conditionnel de Rava : deux issues, dont une rétroactive.
9
לָמָּה לִי לְמֵימַר שֶׁלְּקָחוֹ בְּאֶלֶף זוּז? לְהוֹדִיעֲךָ כַּמָּה מִצְוֹת חֲבִיבוֹת עֲלֵיהֶן.

Pourquoi faut-il dire qu'il l'avait acheté mille zouz ? Pour te faire savoir combien les mitsvot leur étaient chères.

📜 Rachi (1)
ה"ג לָמָּה לֵיהּ לְמֵימַר שֶׁלְּקָחוֹ בְּאֶלֶף זוּז לְהוֹדִיעֲךָ כַּמָּה מִצְוֹת חֲבִיבוֹת עֲלֵיהֶם:
Voici la leçon : « Pourquoi faut-il dire qu'il l'avait acheté mille zouz ? Pour te faire savoir combien les mitsvot leur étaient chères. »
🪔 Ben Yehoyada (1)
לָמָּה לֵיהּ לְמֵימַר: שֶׁלָּקְחוּ בְּאֶלֶף זוּז? לְהוֹדִיעֲךָ כַּמָּה מִצְוֹות חֲבִיבוֹת עֲלֵיהֶן. יֵשׁ לְהָבִין 'עֲלֵיהֶן' מַשְׁמַע עַל כֻּולָּן וְלִכְאוֹרָה לָאו מַשְׁמַע מֵהָכָא עִנְיָן זֶה שֶׁל חִבּוּב מִצְוֹת אֶלָּא רַק עַל רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְלֹא עַל רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְרַבִּי עֲקִיבָא דְּהֵם לֹא הָיָה לָהֶם מִשֶּׁלָּהֶם אֶלָּא לָקְחוּ מִן רַבָּן גַּמְלִיאֵל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּבֶאֱמֶת מִן יְדִיעָה זוֹ שֶׁהוֹדִיעַ לָנוּ הַתַּנָּא 'שֶׁלָּקְחוּ בְּאֶלֶף זוּז' יָצָא לָנוּ חִיבּוּב מִצְוֹת אֵצֶל רַבָּן גַּמְלִיאֵל. וְעוֹד לָמַדְנוּ מִזֶּה הִתְנַצְּלוּת עַל שְׁלֹשָׁה הַתַּנָּאִים שֶׁעִמּוֹ שֶׁלֹּא יֹאמַר אָדָם אֵין הַמִּצְוֹת חֲבִיבוֹת עֲלֵיהֶם, דְּהָרְאָיָה לֹא קָנוּ לוּלָב מִכִּיסָם אֶלָּא פָּטְרוּ עַצְמָן בְּשֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, לְכָךְ הוֹדִיעַ לָנוּ שֶׁקְּנָאוֹ 'בְּאֶלֶף זוּז' וּמִזֶּה אֲנַחְנוּ יוֹדְעִים שֶׁלֹּא הָיָה נִמְצָא אֶלָּא לוּלָב אֶחָד שֶׁאִם נִמְצָא עוֹד שְׁנַיִם וְשָׁלֹשׁ לֹא הָיָה יָכוֹל זֶה בַּעַל הַלּוּלָב לְמָכְרוֹ בְּאֶלֶף זוּז! עַל כֵּן מִן הָעֵרֶךְ הַגָּדוֹל הַזֶּה נֵדַע שֶׁלֹּא הָיָה עוֹד אַחֵר וְהָשְׁתָּא מִמֵּילָא לֹא יָבֹא אָדָם לוֹמַר עַל שְׁלֹשָׁה רוֹעִים הַקְּדוֹשִׁים הַנִּזְכָּר שֶׁלֹּא הָיוּ הַמִּצְוֹת חֲבִיבוֹת עֲלֵיהֶם וּלְכָךְ לֹא קָנוּ מִשֶּׁלָּהֶם דְּבֶאֱמֶת לֹא הָיָה אֶלָּא רַק אֶחָד וּבְדִין הוּא שֶׁיִּקָּחֵהוּ הַנָּשִׂיא. נִמְצָא מִזֶּה הַיְּדִיעָה שֶׁל הָעֵרֶךְ נוֹדַע לָנוּ דָּבָר בְּעִנְיַן הַחִיבּוּב גַּם עַל שְׁלֹשָׁה הַתְּנָאִים הַקְּדוֹשִׁים שֶׁהָיוּ שָׁם וּלְכָךְ כָּלַל אוֹתָם בְּזֶה הָעִנְיָן שֶׁל הַחִיבּוּב עִם רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְאָמַר 'עֲלֵיהֶן'.
« Pourquoi faut-il dire qu'il l'avait acheté mille zouz ? Pour te faire savoir combien les mitsvot leur étaient chères. » Il y a lieu de comprendre : « leur » laisse entendre : à eux tous. Or, a priori, ce n'est pas de là que ressort cette affection pour les mitsvot chez tous, mais seulement chez Rabban Gamliel — et non chez Rabbi Yehochoua, Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Akiva, puisqu'ils n'en avaient pas à eux et l'ont reçu de Rabban Gamliel ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'en vérité, de cette information que le Tana nous donne — « qu'il l'avait acheté mille zouz » — nous est d'abord sortie l'affection des mitsvot chez Rabban Gamliel. Mais nous y apprenons en outre une justification pour les trois Tanaim qui étaient avec lui, afin que nul ne dise : les mitsvot ne leur étaient pas chères, la preuve étant qu'ils n'ont pas acheté de loulav de leur bourse mais se sont acquittés avec celui de Rabban Gamliel. C'est pourquoi il nous fait savoir qu'il l'avait acheté « mille zouz » : nous en déduisons qu'il ne s'en trouvait qu'un seul, car s'il s'en était trouvé deux ou trois autres, le propriétaire de ce loulav n'aurait pas pu le vendre mille zouz ! Ainsi, de ce prix considérable nous savons qu'il n'y en avait pas d'autre. Dès lors, nul ne viendra dire de ces trois saints pasteurs mentionnés que les mitsvot ne leur étaient pas chères et que c'est pour cela qu'ils n'en ont pas acheté un à eux : en vérité il n'y en avait qu'un seul, et il était juste que le Nassi le prenne. Il ressort donc que, de cette indication de prix, nous apprenons quelque chose de l'affection [des mitsvot] chez les trois saints Tanaim qui se trouvaient là ; et c'est pourquoi il les a inclus dans cette affection avec Rabban Gamliel, en disant « leur ».
💡 Explication

Troisième détail interrogé, et le plus humain : le prix. Mille zouz pour un loulav est une somme exorbitante — et c'est précisément l'enseignement. Le Talmud ne mesure pas ici la halakha mais le hibouv mitsva, l'attachement aimant à la mitsva. Le Ben Yehoyada remarque finement que le mot « leur » (au pluriel) englobe les quatre Sages, alors que seul Rabban Gamliel a payé.

10
אֲמַר לֵיהּ מָר בַּר אַמֵּימָר לְרַב אָשֵׁי: אַבָּא צַלּוֹיֵי קָא מְצַלֵּי בֵּיהּ. מֵיתִיבִי: לֹא יֹאחַז אָדָם תְּפִילִּין בְּיָדוֹ וְסֵפֶר תּוֹרָה בְּחֵיקוֹ וְיִתְפַּלֵּל. וְלֹא יַשְׁתִּין בָּהֶן מַיִם, וְלֹא יִישַׁן בָּהֶן לֹא שֵׁינַת קֶבַע וְלֹא שֵׁינַת עֲרַאי.

Mar bar Ameimar dit à Rav Achi : mon père priait avec lui [le loulav en main]. On objecte : qu'un homme ne tienne pas des tefilin dans sa main ni un sefer Torah sur son giron pendant qu'il prie ; qu'il n'urine pas avec eux [en main] ; et qu'il ne dorme pas avec eux, ni d'un sommeil profond ni d'un sommeil passager.

📜 Rachi (3)
הֲוָה מְצַלֵּי בֵּיהּ כְּשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל הָיָה לוּלָבוֹ בְּיָדוֹ מֵרֹוב חִיבָּתוֹ עָלָיו הָיָה מִתְפַּלֵּל בּוֹ:
Il priait avec lui — lorsqu'il priait, son loulav était dans sa main : tant il lui était cher, il priait avec lui.
לֹא יֹאחַז אָדָם כוּ' וְיִתְפַּלֵּל מִפְּנֵי שֶׁטָּרוּד הוּא בְּמַחְשַׁבְתּוֹ שֶׁלֹּא יִפְּלוּ מִיָּדוֹ וְיִתְבַּזּוּ וְאֵין דַּעְתּוֹ מְיֻושֶּׁבֶת עָלָיו בִּתְפִלָּתוֹ:
Qu'un homme ne tienne pas, etc., et prie — parce qu'il est préoccupé dans sa pensée qu'ils ne tombent de sa main et ne soient avilis ; son esprit n'est donc pas posé dans sa prière.
לֹא יִישַׁן בָּהֶם לֹא שֵׁינַת קֶבַע וְלֹא שֵׁינַת עֲרַאי שֶׁמָּא יִפְּלוּ מִיָּדוֹ וְהָכִי אוֹקֵימְנָא לֵיהּ בְּהַיָּשָׁן (לְעֵיל סֻוכָּה דַּף כו.) דְּהָא דְּקָתָנֵי לֹא קֶבַע וְלֹא עֲרַאי בִּדְנָקֵיט לֵיהּ בִּידֵיהּ:
Qu'il ne dorme pas avec eux, ni d'un sommeil profond ni d'un sommeil passager — de peur qu'ils ne tombent de sa main. Et c'est ainsi que nous l'avons établi au chapitre Ha-yachen (plus haut, Souka 26a) : ce qui est enseigné « ni profond ni passager » vise le cas où il les tient dans sa main.
⚖️ Rosh (1)
וְצָרִיךְ לְדַקְדֵּק מָתַי יְבָרֵךְ אָדָם עַל הַלּוּלָב אִם יְבָרֵךְ אַחַר שֶׁנְּטָלוֹ בְּיָדוֹ הָא אָמְרִינַן הָכָא מִדְּאַגְבְּהֵיהּ נְפַק בֵּיהּ וּבָעֵינַן שֶׁיְּהֵא מְבָרֵךְ עַל כָּל הַמִּצְוֹת עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן וְהָיָה נִרְאֶה שֶׁיְּבָרֵךְ עָלָיו קֹודֶם שֶׁיִּטְּלֶנּוּ בְּיָדוֹ אֲבָל לֹא מִיסְתַּבֵּר דְּהֵיאַךְ יְבָרֵךְ עָלָיו בְּעוֹד שֶׁהוּא מֻונָּח בִּכְלִי הָא אָמְרִינַן בְּפֶ' הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לה:) תְּפִילִּין מֵאֵימָתַי מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן מִשְּׁעַת הַנָּחָה עַד שְׁעַת קְשִׁירָה דְּכָל זְמַן דְּאֵין הַמִּצְוָה מְזֻומֶּנֶת בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת לֹא מִיסְתַּבֵּר שֶׁיְּבָרֵךְ וְטוֹב שֶׁיְּבָרֵךְ מִשֶּׁיַּתְחִיל לִיטֹּול הַלּוּלָב קֹודֶם שֶׁיִּטֹּול הָאֶתְרוֹג דְּהַיְינוּ עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתָן שֶׁמְּעַכְּבִין זא"ז א"נ יַהֲפֹוךְ אֶחָד מֵהֶן עַד שֶׁיְּבָרֵךְ כִּדְאָמְרִינַן הָכָא שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא אֶלָּא בְּדֶרֶךְ גְּדִילָתָן א"נ יְכַוֵּין שֶׁלֹּא לָצֵאת עַד אַחַר הַבְּרָכָה אע"ג דְּאָמְרִינַן בר"ה דַּף כֹּח: דְּמִצְוֹת אֵינָן צְרִיכוֹת כַּוָּונָה הָנֵי מִילֵּי בִּסְתָם אֲבָל בִּמְכַוֵּין שֶׁלֹּא לָצֵאת לֹא נָפֵיק בְּעַל כָּרְחֵיהּ וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי הָכָא הָכִי מִשּׁוּם דְּמַיְירֵי בְּאָדָם שֶׁאֵינוֹ בָּקִי בְּדִינֵי כַּווָּנַת מִצְוָה דְּמִסְּתָמָא מַה שֶׁשָּׁכַח וְהוֹצִיאוֹ לר"ה לְפִי שֶׁהָיָה טָרוּד לֵילֵךְ אֵצֶל בָּקִי לִלְמֹוד אֲבָל הָא יָדַע שֶׁאֵין יוֹצְאִין בָּהֶן אֶלָּא בְּדֶרֶךְ גְּדִילָתָן א"נ מִשּׁוּם דְּלָא נִגְמַר מִצְוַת הַלּוּלָב עַד אַחַר הַנִּעְנוּעַ וּמֵהַאי טַעְמָא מְבָרְכִין עַל נְטִילַת יָדַיִם אַחַר הַנְּטִילָה מִשּׁוּם דְּלָא נִגְמְרָה מִצְוַת הַנְּטִילָה עַד אַחַר נִיגּוּב הַיָּדַיִם וְכֵן מוּכָח בפ"ק דִּפְסָחִים דַּף ז: בְּהָא דִּפְלִיגִי בַּעַל בִּיעוּר חָמֵץ דְּמַר סָבַר דִּלְשֶׁעָבַר מַשְׁמַע ומ"ס דִּלְהַבָּא נָמֵי מַשְׁמַע וּפָרִיךְ מֵהָא הָעוֹשֶׂה לוּלָב לְעַצְמוֹ וְכוּ' נְטָלוֹ לָצֵאת בּוֹ אוֹמֵר עַל נְטִילַת לוּלָב וּפָרִיךְ לָמֶ"ד דִּמְבָרֵךְ לְבַעֵר וּמְשַׁנֵּי שָׁאנֵי הָתָם דְּמֵעִידָּנָא דְּאַגְבְּהֵיהּ נְפַק בֵּיהּ וּפָרִיךְ אִי הָכִי נְטָלוֹ לָצֵאת בּוֹ יָצָא בּוֹ מִיבְּעֵי לֵיהּ וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם דְּקָא בָּעֵי לְמִיתְנֵי סֵיפָא הָעוֹשֶׂה סֻוכָּה מְבָרֵךְ לֵישֵׁב בָּהּ תְּנָא נָמֵי רֵישָׁא לָצֵאת בּוֹ וְכֵיוָן דְּיָצָא בּוֹ הֵיכִי תּוּ מְבָרֵךְ אֶלָּא ע"כ צ"ל הוֹאִיל וְלֹא נִגְמְרָה מִצְוַת הַנִּעְנוּעַ וְעוֹד כִּדְקָאָמַר לְעֵיל (בַּסּוֹף) בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף מא:) מִנְהָגָן שֶׁל אַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם אָדָם יוֹצֵא מִבֵּיתוֹ וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ נִכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ קוֹרֵא שְׁמַע וּמִתְפַּלֵּל וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ אע"פ שֶׁכָּל אֵלּוּ הַדְּבָרִים אֵינָן מְעַכְּבִין מ"מ הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהֶן מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר חֲשִׁיב כְּעוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן וְכִי הַאי גַּוְונָא אָמְרִי' בִּירֻושַּׁל' דִּבְרָכוֹת פֶּרֶק הָרוֹאֶה הָעוֹשֶׂה צִיצִית לְעַצְמוֹ אוֹמֵר אקב"ו לַעֲשׂוֹת צִיצִית נִתְעַטֵּף בּוֹ אוֹמֵר אקב"ו לְהִתְעַטֵּף בְּצִיצִית אַלְמָא אַף עַל פִּי שֶׁכְּבָר נִתְעַטֵּף מְבָרֵךְ וְלָאו רְאָיָה הִיא כֻּולֵּי הַאי דְּהָתָם הַמִּצְוָה נִמְשֶׁכֶת כָּל זְמַן שֶׁהוּא מְעֻוטָּף וְעוֹמֵד אֲבָל לוּלָב כְּבָר יָצָא מִשְּׁעַת נְטִילָה: מַתְנִי' מְקַבֶּלֶת אִשָּׁה מִיָּד בְּנָהּ אוֹ מִיַּד בַּעְלָהּ וּמַחֲזֶרֶת לְמַיִם בְּשַׁבָּת רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר בַּשַּׁבָּת מַחְזִירִין וּבְיוֹם טוֹב מוֹסִיפִין וּבַמּוֹעֵד מַחְלִיפִין:
Il faut examiner à quel moment on récite la bénédiction sur le loulav. S'il bénit après l'avoir pris en main — or nous disons ici que dès l'instant où il l'a soulevé il s'est acquitté, et il faut bénir sur toute mitsva <b>over là-assiyatan</b> (avant son accomplissement). Il semblerait donc qu'il faille bénir avant de le prendre en main ; mais cela n'est pas raisonnable : comment bénirait-il alors qu'il est encore posé dans un récipient ? Car nous disons au chapitre Ha-kometz Rabba (Menahot 35b) : les tefilin, à partir de quand bénit-on sur eux ? Depuis le moment de la pose jusqu'au moment du nouage — car tant que la mitsva n'est pas disponible en sa main pour être accomplie, il n'est pas raisonnable de bénir. Le mieux est donc qu'il bénisse dès qu'il commence à prendre le loulav, avant de prendre l'etrog : c'est cela over là-assiyatan, puisqu'ils se rendent mutuellement indispensables (me'akvin ze et ze). Ou bien : qu'il en retourne un [à l'envers] jusqu'à ce qu'il ait béni, comme nous disons ici qu'on ne s'acquitte que dans le sens de leur croissance (derekh guidoulatan). Ou encore : qu'il ait l'intention (kavana) de ne pas s'acquitter avant la bénédiction — et bien que nous disions à Roch Hachana (28b) que les mitsvot n'exigent pas d'intention, cela ne vaut que par défaut ; mais celui qui a l'intention expresse de ne pas s'acquitter ne s'acquitte pas malgré lui. Et si la Guemara ici n'a pas répondu ainsi, c'est parce qu'il s'agit d'un homme qui n'est pas expert dans les lois de l'intention des mitsvot : vraisemblablement, s'il a oublié et l'a sorti dans le domaine public, c'est qu'il était pressé d'aller apprendre auprès d'un expert ; mais cela, il le savait déjà : qu'on ne s'acquitte avec eux que dans le sens de leur croissance. Ou bien encore : parce que la mitsva du loulav ne s'achève qu'après le na'anou'a (le balancement). Et c'est pour cette même raison qu'on bénit sur le lavage des mains après le lavage, car la mitsva du lavage ne s'achève qu'après l'essuyage des mains. Cela ressort aussi du premier chapitre de Pessahim (7b), là où l'on diverge sur la bénédiction al bi'our hametz : l'un tient que la formule indique le passé, l'autre qu'elle indique aussi l'avenir. On objecte de la beraita : celui qui fabrique un loulav pour lui-même... l'ayant pris pour s'en acquitter, il dit al netilat loulav — et l'on demande : selon celui qui dit qu'on bénit le-va'er [au futur, comment expliquer cela] ? On répond : là c'est différent, car dès l'instant où il l'a soulevé il s'est acquitté. On objecte encore : s'il en est ainsi, il aurait fallu enseigner l'ayant pris, il s'est acquitté ! Et l'on répond : c'est parce qu'il voulait enseigner dans la seconde partie celui qui fait une souka bénit lechev ba-souka, il a enseigné aussi dans la première partie pour s'en acquitter. Or, puisqu'il s'est déjà acquitté, comment pourrait-il encore bénir ? Force est donc de dire : parce que la mitsva du na'anou'a n'est pas encore achevée. Et encore, comme il est dit plus haut dans notre chapitre (Souka 41b) : tel était l'usage des gens de Jérusalem — l'homme sort de sa maison, son loulav en main ; il entre à la synagogue, son loulav en main ; il lit le Chema et prie, son loulav en main. Bien que toutes ces choses ne soient pas indispensables, néanmoins, puisqu'il y a là une mitsva accomplie de la plus belle manière (min ha-mouvhar), cela compte comme over là-assiyatan. Et nous disons quelque chose de semblable dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot, chapitre Ha-roe : celui qui fabrique des tsitsit pour lui-même dit là'assot tsitsit ; s'en étant enveloppé, il dit lehit'atef ba-tsitsit — donc, bien qu'il se soit déjà enveloppé, il bénit. Mais ce n'est pas une preuve décisive, car là-bas la mitsva se prolonge tant qu'il demeure enveloppé, tandis que pour le loulav il s'est déjà acquitté dès l'instant de la prise. — MICHNA : Une femme peut recevoir [le loulav] de la main de son fils ou de la main de son mari et le remettre dans l'eau le Chabbat. Rabbi Yehouda dit : le Chabbat on remet [dans l'eau], le jour de fête on ajoute [de l'eau], et pendant hol ha-mo'ed on change [l'eau].
💡 Explication

Le hibouv mitsva passe de la théorie à la pratique : Ameimar priait le loulav à la main, par pur amour de la mitsva. Objection immédiate d'une beraita : on ne prie pas en tenant des objets, car on est taroud — préoccupé qu'ils ne tombent — et l'esprit ne se pose pas dans la prière. Le Roch, sur ce passage, ouvre une autre question fondamentale : puisque dès l'instant où il l'a soulevé il s'est acquitté, quand exactement récite-t-on la bénédiction, qui doit être over là-assiyata (avant l'accomplissement) ?

🖼️ Schéma
Que peut-on tenir en main pendant la prière ? Le critère n'est pas la valeur de l'objet, mais la nature de la préoccupation. Interdit -- il est TAROUD Tefilin en main / sefer Tora sur les genoux Couteau -- peur qu'il tombe et le blesse au pied Écuelle pleine -- peur de la renverser Pain -- s'il tombe il devient répugnant Pièces -- peur qu'elles se dispersent Ce ne sont pas des mitsvot : ce sont des charges. Leur garde pèse, l'esprit n'est pas posé. Permis -- il n'est PAS taroud Le loulav et les quatre espèces en main Ameimar priait ainsi, par amour de la mitsva. Raison : c'est une mitsva -- sa prise est elle-même l'accomplissement, non un fardeau à surveiller. Rachi : puisque la mitsva lui est chère, ni son poids ni sa garde ne lui sont lourds -- donc pas de tirda. Tossefot : Chmouel étend la règle au-delà du sacré. La ligne de partage Objet profane = souci de perte, donc distraction. Objet de mitsva = affection, donc concentration renforcée.
Ce qu'on peut ou non tenir en priant, et pourquoi.
11
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: סַכִּין וּקְעָרָה, כִּכָּר וּמָעוֹת — הֲרֵי אֵלּוּ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן. הָתָם לָאו מִצְוָה נִינְהוּ, וּטְרִיד בְּהוּ. הָכָא מִצְוָה נִינְהוּ, וְלָא טְרִיד בְּהוּ.

Et Chmouel a dit : un couteau, une écuelle, un pain et des pièces — ceux-là sont pareils à ceux-ci. — Là-bas, ce ne sont pas des mitsvot, et il en est préoccupé ; ici, ce sont des mitsvot, et il n'en est pas préoccupé.

📜 Rachi (6)
סַכִּין מִתְייָרֵא שֶׁמָּא יִפֹּול וְיִתְקַע לוֹ בְּרַגְלוֹ:
Un couteau — il craint qu'il ne tombe et ne se plante dans son pied.
וּקְעָרָה מְלֵיאָה:
Et une écuelle — pleine.
וּמָעוֹת שֶׁלֹּא יִתְפַּזְּרוּ:
Et des pièces — qu'elles ne se dispersent.
וְכִכָּר שֶׁאִם יִפֹּול יְהֵא נִמְאָס:
Et un pain — qui, s'il tombe, deviendrait répugnant.
לָאו מִצְוָה נִינְהוּ לְאָוחְזָן וְהָוְייָן עָלָיו לְמַשָּׂא לְפִיכָךְ טָרוּד בְּמַשָּׂאָם וְכָבֵד עָלָיו מַשָּׂאָם וּשְׁמִירָתָם:
Ce ne sont pas des mitsvot — que de les tenir ; ils deviennent pour lui une charge, et il est donc préoccupé par leur poids : leur port et leur garde lui sont lourds.
הָכָא נְטִילָתָהּ וּלְקִיחָתָהּ מִצְוָה הִיא וּמִתּוֹךְ שֶׁחֲבִיבָה מִצְוָה עָלָיו אֵין מַשָּׂאָהּ וְשִׁימּוּרָהּ כָּבֵד עָלָיו וְלָא טְרִיד:
Ici — sa prise et sa saisie sont une mitsva, et parce que la mitsva lui est chère, son poids et sa garde ne lui sont pas lourds : il n'est donc pas préoccupé.
🗂️ Tossefot (1)
וְאָמַר שְׁמוּאֵל סַכִּין וּקְעָרָה וְכִכָּר וּמָעוֹת הֲרֵי אֵלּוּ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן. אִצְטְרִיךְ לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל לְמֵימַר דְּלָא תֵּימָא דַּוְוקָא תְּפִילִּין וס"ת דְּאִיכָּא בִּזְיוֹן כִּתְבֵי הַקֹּודֶשׁ בִּנְפִילָתוֹ טְרִיד בְּהוּ טְפֵי וְאֵין דַּעְתּוֹ מִתְיַישֶּׁבֶת בִּתְפִלָּתוֹ:
« Et Chmouel a dit : un couteau, une écuelle, un pain et des pièces — ceux-là sont pareils à ceux-ci. » Chmouel a dû le préciser pour qu'on ne dise pas : c'est spécifiquement pour les tefilin et le sefer Torah, dont la chute entraînerait le mépris d'écrits sacrés, qu'il en est davantage préoccupé et que son esprit ne se pose pas dans sa prière.
💡 Explication

Chmouel élargit la liste au-delà des objets sacrés : tout ce qui exige une surveillance distrait. Rachi détaille chaque crainte concrète — le couteau qui tombe sur le pied, l'écuelle pleine, le pain qui devient répugnant, les pièces qui se dispersent.

La réponse trace la ligne de partage : ce n'est pas la valeur de l'objet qui compte mais son rapport à la mitsva. Un objet profane est un fardeau (masa) : le tenir n'est pas la mitsva, donc sa garde pèse. Le loulav, lui, est la mitsva elle-même, et Rachi ajoute la note affective : puisque la mitsva lui est chère, son poids et sa garde ne lui pèsent pas.

12
תַּנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר צָדוֹק אוֹמֵר: כָּךְ הָיָה מִנְהָגָן שֶׁל אַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם, אָדָם יוֹצֵא מִבֵּיתוֹ — וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ. הוֹלֵךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת — לוּלָבוֹ בְּיָדוֹ. קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע וּמִתְפַּלֵּל — וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ. קוֹרֵא בַּתּוֹרָה וְנוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו — מַנִּיחוֹ עַל גַּבֵּי קַרְקַע. הוֹלֵךְ לְבַקֵּר חוֹלִים וּלְנַחֵם אֲבֵלִים — לוּלָבוֹ בְּיָדוֹ. נִכְנָס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ — מְשַׁגֵּר לוּלָבוֹ בְּיַד בְּנוֹ, וּבְיַד עַבְדּוֹ, וּבְיַד שְׁלוּחוֹ.

Il a été enseigné : Rabbi Elazar bar Tsadok dit — tel était l'usage des gens de Jérusalem. Un homme sort de sa maison — son loulav en main.

Il va à la synagogue — son loulav en main. Il lit le Chema et prie — son loulav en main.

Il lit dans la Torah et lève les mains [pour la bénédiction des kohanim] — il le pose à terre. Il va visiter les malades et consoler les endeuillés — son loulav en main.

Il entre au beit ha-midrach — il renvoie son loulav par la main de son fils, de son serviteur ou de son envoyé.

📜 Rachi (2)
קוֹרֵא בַּתּוֹרָה צָרִיךְ לְהַנִּיחַ הַלּוּלָב לְפִי שֶׁגּוֹלֵל ס"ת וּפוֹתְחוֹ:
Il lit dans la Torah — il doit déposer le loulav, parce qu'il enroule le sefer Torah et l'ouvre.
נִכְנָס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ טְרִיד בִּשְׁמַעְתָּא וְיִפּוֹל מִיָּדָיו:
Il entre au beit ha-midrach — il est absorbé par la discussion talmudique et [le loulav] tomberait de ses mains.
⚖️ Rosh (1)
וְצָרִיךְ לְדַקְדֵּק מָתַי יְבָרֵךְ אָדָם עַל הַלּוּלָב אִם יְבָרֵךְ אַחַר שֶׁנְּטָלוֹ בְּיָדוֹ הָא אָמְרִינַן הָכָא מִדְּאַגְבְּהֵיהּ נְפַק בֵּיהּ וּבָעֵינַן שֶׁיְּהֵא מְבָרֵךְ עַל כָּל הַמִּצְוֹת עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן וְהָיָה נִרְאֶה שֶׁיְּבָרֵךְ עָלָיו קֹודֶם שֶׁיִּטְּלֶנּוּ בְּיָדוֹ אֲבָל לֹא מִיסְתַּבֵּר דְּהֵיאַךְ יְבָרֵךְ עָלָיו בְּעוֹד שֶׁהוּא מֻונָּח בִּכְלִי הָא אָמְרִינַן בְּפֶ' הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לה:) תְּפִילִּין מֵאֵימָתַי מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן מִשְּׁעַת הַנָּחָה עַד שְׁעַת קְשִׁירָה דְּכָל זְמַן דְּאֵין הַמִּצְוָה מְזֻומֶּנֶת בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת לֹא מִיסְתַּבֵּר שֶׁיְּבָרֵךְ וְטוֹב שֶׁיְּבָרֵךְ מִשֶּׁיַּתְחִיל לִיטֹּול הַלּוּלָב קֹודֶם שֶׁיִּטֹּול הָאֶתְרוֹג דְּהַיְינוּ עוֹבֵר לַעֲשִׂייָּתָן שֶׁמְּעַכְּבִין זא"ז א"נ יַהֲפֹוךְ אֶחָד מֵהֶן עַד שֶׁיְּבָרֵךְ כִּדְאָמְרִינַן הָכָא שֶׁאֵינוֹ יוֹצֵא אֶלָּא בְּדֶרֶךְ גְּדִילָתָן א"נ יְכַוֵּין שֶׁלֹּא לָצֵאת עַד אַחַר הַבְּרָכָה אע"ג דְּאָמְרִינַן בר"ה דַּף כֹּח: דְּמִצְוֹת אֵינָן צְרִיכוֹת כַּוָּונָה הָנֵי מִילֵּי בִּסְתָם אֲבָל בִּמְכַוֵּין שֶׁלֹּא לָצֵאת לֹא נָפֵיק בְּעַל כָּרְחֵיהּ וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי הָכָא הָכִי מִשּׁוּם דְּמַיְירֵי בְּאָדָם שֶׁאֵינוֹ בָּקִי בְּדִינֵי כַּווָּנַת מִצְוָה דְּמִסְּתָמָא מַה שֶׁשָּׁכַח וְהוֹצִיאוֹ לר"ה לְפִי שֶׁהָיָה טָרוּד לֵילֵךְ אֵצֶל בָּקִי לִלְמֹוד אֲבָל הָא יָדַע שֶׁאֵין יוֹצְאִין בָּהֶן אֶלָּא בְּדֶרֶךְ גְּדִילָתָן א"נ מִשּׁוּם דְּלָא נִגְמַר מִצְוַת הַלּוּלָב עַד אַחַר הַנִּעְנוּעַ וּמֵהַאי טַעְמָא מְבָרְכִין עַל נְטִילַת יָדַיִם אַחַר הַנְּטִילָה מִשּׁוּם דְּלָא נִגְמְרָה מִצְוַת הַנְּטִילָה עַד אַחַר נִיגּוּב הַיָּדַיִם וְכֵן מוּכָח בפ"ק דִּפְסָחִים דַּף ז: בְּהָא דִּפְלִיגִי בַּעַל בִּיעוּר חָמֵץ דְּמַר סָבַר דִּלְשֶׁעָבַר מַשְׁמַע ומ"ס דִּלְהַבָּא נָמֵי מַשְׁמַע וּפָרִיךְ מֵהָא הָעוֹשֶׂה לוּלָב לְעַצְמוֹ וְכוּ' נְטָלוֹ לָצֵאת בּוֹ אוֹמֵר עַל נְטִילַת לוּלָב וּפָרִיךְ לָמֶ"ד דִּמְבָרֵךְ לְבַעֵר וּמְשַׁנֵּי שָׁאנֵי הָתָם דְּמֵעִידָּנָא דְּאַגְבְּהֵיהּ נְפַק בֵּיהּ וּפָרִיךְ אִי הָכִי נְטָלוֹ לָצֵאת בּוֹ יָצָא בּוֹ מִיבְּעֵי לֵיהּ וּמְשַׁנֵּי מִשּׁוּם דְּקָא בָּעֵי לְמִיתְנֵי סֵיפָא הָעוֹשֶׂה סֻוכָּה מְבָרֵךְ לֵישֵׁב בָּהּ תְּנָא נָמֵי רֵישָׁא לָצֵאת בּוֹ וְכֵיוָן דְּיָצָא בּוֹ הֵיכִי תּוּ מְבָרֵךְ אֶלָּא ע"כ צ"ל הוֹאִיל וְלֹא נִגְמְרָה מִצְוַת הַנִּעְנוּעַ וְעוֹד כִּדְקָאָמַר לְעֵיל (בַּסּוֹף) בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף מא:) מִנְהָגָן שֶׁל אַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם אָדָם יוֹצֵא מִבֵּיתוֹ וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ נִכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ קוֹרֵא שְׁמַע וּמִתְפַּלֵּל וְלוּלָבוֹ בְּיָדוֹ אע"פ שֶׁכָּל אֵלּוּ הַדְּבָרִים אֵינָן מְעַכְּבִין מ"מ הוֹאִיל וְיֵשׁ בָּהֶן מִצְוָה מִן הַמֻּובְחָר חֲשִׁיב כְּעוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן וְכִי הַאי גַּוְונָא אָמְרִי' בִּירֻושַּׁל' דִּבְרָכוֹת פֶּרֶק הָרוֹאֶה הָעוֹשֶׂה צִיצִית לְעַצְמוֹ אוֹמֵר אקב"ו לַעֲשׂוֹת צִיצִית נִתְעַטֵּף בּוֹ אוֹמֵר אקב"ו לְהִתְעַטֵּף בְּצִיצִית אַלְמָא אַף עַל פִּי שֶׁכְּבָר נִתְעַטֵּף מְבָרֵךְ וְלָאו רְאָיָה הִיא כֻּולֵּי הַאי דְּהָתָם הַמִּצְוָה נִמְשֶׁכֶת כָּל זְמַן שֶׁהוּא מְעֻוטָּף וְעוֹמֵד אֲבָל לוּלָב כְּבָר יָצָא מִשְּׁעַת נְטִילָה: מַתְנִי' מְקַבֶּלֶת אִשָּׁה מִיָּד בְּנָהּ אוֹ מִיַּד בַּעְלָהּ וּמַחֲזֶרֶת לְמַיִם בְּשַׁבָּת רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר בַּשַּׁבָּת מַחְזִירִין וּבְיוֹם טוֹב מוֹסִיפִין וּבַמּוֹעֵד מַחְלִיפִין:
Il faut examiner à quel moment on récite la bénédiction sur le loulav. S'il bénit après l'avoir pris en main — or nous disons ici que dès l'instant où il l'a soulevé il s'est acquitté, et il faut bénir sur toute mitsva <b>over la-assiyatan</b> (avant son accomplissement). Il semblerait donc qu'il faille bénir avant de le prendre en main ; mais cela n'est pas raisonnable : comment bénirait-il alors qu'il est encore posé dans un récipient ? Car nous disons au chapitre Ha-kometz Rabba (Menahot 35b) : les tefilin, à partir de quand bénit-on sur eux ? Depuis le moment de la pose jusqu'au moment du nouage — car tant que la mitsva n'est pas disponible en sa main pour être accomplie, il n'est pas raisonnable de bénir. Le mieux est donc qu'il bénisse dès qu'il commence à prendre le loulav, avant de prendre l'etrog : c'est cela over la-assiyatan, puisqu'ils se rendent mutuellement indispensables (me'akvin ze et ze). Ou bien : qu'il en retourne un [à l'envers] jusqu'à ce qu'il ait béni, comme nous disons ici qu'on ne s'acquitte que dans le sens de leur croissance (derekh guidoulatan). Ou encore : qu'il ait l'intention (kavana) de ne pas s'acquitter avant la bénédiction — et bien que nous disions à Roch Hachana (28b) que les mitsvot n'exigent pas d'intention, cela ne vaut que par défaut ; mais celui qui a l'intention expresse de ne pas s'acquitter ne s'acquitte pas malgré lui. Et si la Guemara ici n'a pas répondu ainsi, c'est parce qu'il s'agit d'un homme qui n'est pas expert dans les lois de l'intention des mitsvot : vraisemblablement, s'il a oublié et l'a sorti dans le domaine public, c'est qu'il était pressé d'aller apprendre auprès d'un expert ; mais cela, il le savait déjà : qu'on ne s'acquitte avec eux que dans le sens de leur croissance. Ou bien encore : parce que la mitsva du loulav ne s'achève qu'après le na'anou'a (le balancement). Et c'est pour cette même raison qu'on bénit sur le lavage des mains après le lavage, car la mitsva du lavage ne s'achève qu'après l'essuyage des mains. Cela ressort aussi du premier chapitre de Pessahim (7b), là où l'on diverge sur la bénédiction al bi'our hametz : l'un tient que la formule indique le passé, l'autre qu'elle indique aussi l'avenir. On objecte de la beraita : celui qui fabrique un loulav pour lui-même... l'ayant pris pour s'en acquitter, il dit al netilat loulav — et l'on demande : selon celui qui dit qu'on bénit le-va'er [au futur, comment expliquer cela] ? On répond : là c'est différent, car dès l'instant où il l'a soulevé il s'est acquitté. On objecte encore : s'il en est ainsi, il aurait fallu enseigner l'ayant pris, il s'est acquitté ! Et l'on répond : c'est parce qu'il voulait enseigner dans la seconde partie celui qui fait une souka bénit lechev ba-souka, il a enseigné aussi dans la première partie pour s'en acquitter. Or, puisqu'il s'est déjà acquitté, comment pourrait-il encore bénir ? Force est donc de dire : parce que la mitsva du na'anou'a n'est pas encore achevée. Et encore, comme il est dit plus haut dans notre chapitre (Souka 41b) : tel était l'usage des gens de Jérusalem — l'homme sort de sa maison, son loulav en main ; il entre à la synagogue, son loulav en main ; il lit le Chema et prie, son loulav en main. Bien que toutes ces choses ne soient pas indispensables, néanmoins, puisqu'il y a là une mitsva accomplie de la plus belle manière (min ha-mouvhar), cela compte comme over la-assiyatan. Et nous disons quelque chose de semblable dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot, chapitre Ha-roe : celui qui fabrique des tsitsit pour lui-même dit la'assot tsitsit ; s'en étant enveloppé, il dit lehit'atef ba-tsitsit — donc, bien qu'il se soit déjà enveloppé, il bénit. Mais ce n'est pas une preuve décisive, car là-bas la mitsva se prolonge tant qu'il demeure enveloppé, tandis que pour le loulav il s'est déjà acquitté dès l'instant de la prise. — MICHNA : Une femme peut recevoir [le loulav] de la main de son fils ou de la main de son mari et le remettre dans l'eau le Chabbat. Rabbi Yehouda dit : le Chabbat on remet [dans l'eau], le jour de fête on ajoute [de l'eau], et pendant hol ha-mo'ed on change [l'eau].
💡 Explication

La beraita illustre le hibouv par une journée entière. Les deux exceptions sont révélatrices : on le pose à terre pour la lecture de la Torah et la birkat kohanim parce que les mains y sont requises (Rachi : il faut dérouler et ouvrir le sefer Torah) ; et on le renvoie à la maison en entrant au beit ha-midrach, car l'étude absorbe au point qu'il tomberait des mains. Le contraste avec la prière est net : la prière reste compatible avec le loulav, l'étude non.

🖼️ Schéma
Une journée de Souccot à Jérusalem, loulav en main Selon Rabbi Elazar bar Tsadok : le loulav ne quitte la main que lorsqu'il le faut. sort de chez lui en main à la synagogue en main Chema et prière en main lecture de la Tora et birkat kohanim pose à terre les mains sont prises visite des malades et des endeuillés en main beit ha-midrach renvoyé à la maison par son fils ou son envoyé Ce que la beraita enseigne Non pas une obligation, mais une mesure de zerizout : jusqu'où allait leur empressement dans les mitsvot.
Le loulav tout au long de la journée, et les deux moments où on le dépose.
13
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? לְהוֹדִיעֲךָ כַּמָּה הָיוּ זְרִיזִין בְּמִצְוֹת.

Que nous enseigne cela ? Pour te faire savoir combien ils étaient empressés (zerizin) dans les mitsvot.

💡 Explication

Clôture du thème : rien de tout cela n'est obligatoire. La beraita ne fixe pas une halakha mais mesure une zerizout — l'empressement de ceux pour qui la mitsva ne se dépose que lorsqu'elle le doit. Le Roch en tirera même une conséquence pratique sur la bénédiction (voir seg. 9 et 11).

14
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר יוֹם טוֹב. אָמַר אַבַּיֵּי:

« Rabbi Yossei dit : le premier jour de fête... » Abayye a dit :

💡 Explication

La Guemara revient à la dernière clause de la Michna — l'exemption de Rabbi Yossei pour celui qui a sorti le loulav dans le domaine public. Abayye ouvre l'explication, qui se poursuit au folio suivant (42a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).