Sukkah 5a -- dix tefahim séparent deux domaines : la frontière que nul ne franchit, et la chasse au tefah manquant du kapporet

Sukkah 5a

Sougya : Le folio achève la démonstration commencée à la fin de 4b : d'où vient que dix tefahim soient la borne d'une soucca valable ? La preuve tient à un calcul -- l'arche fait neuf tefahim, son kapporet un tefah, et c'est au-dessus du kapporet que la voix parle à Moche.

La parole divine s'arrête donc à dix tefahim du sol. Encore faut-il que cette limite soit une loi et non un hasard : c'est le rôle de la baraita de Rabbi Yosse, qui pose que jamais la Chekhina n'est descendue en bas ni Moche et Eliyahou montés en haut.

Quatre versets semblent la contredire -- le Sinaï, le mont des Oliviers, la montée de Moche, la tempête d'Eliyahou -- et quatre fois la réponse rétablit la ligne : au-dessus de dix, en dessous de dix. Quand le verset de Job dit que Moche saisit la face du trône, c'est le trône qui s'est allongé jusqu'à dix.

La seconde moitié du folio traque le tefah du kapporet, que la Torah n'écrit nulle part -- Rabbi Hanina atteste ce silence. On l'emprunte à la misgueret de la table, un tefah explicite, en s'appuyant sur le principe tafasta merouba lo tafasta : devant deux lectures possibles, prendre la petite.

Suivent trois objections en cascade : pourquoi pas le tsits, large de deux doigts seulement ? pourquoi pas le zer, de taille quelconque ? et si le zer est écarté comme simple finition, la misgueret ne l'est-elle pas aussi ? La réponse -- sa misgueret était en dessous, elle portait le plateau -- ne vaut que pour un des deux avis de Menahot.

La guemara change alors de critère : on ne déduit pas un ustensile d'un ustensile, on déduit une chose mesurée par la Torah d'une chose mesurée par la Torah. Le tsits et le zer sortent d'eux-mêmes, leurs dimensions n'étant que rabbiniques.

Rav Houna offre enfin une voie sans analogie : le verset dit sur la face du kapporet, et il n'y a pas de visage de moins d'un tefah. Le folio s'interrompt sur l'objection qui attaque cette lecture, et qui se poursuivra en 5b.

Le fil du folio : prouver que dix tefahim font un domaine, puis prouver le tefah du kapporet Quatre étapes. Une baraita de frontière, un calcul, une longue chaîne d'objections sur la source du tefah, une dernière lecture de verset. 1. La frontière seg. 0 à 3 -- R. Yosse Jamais la Chekhina n'est descendue en bas, jamais Moche ni Eliyahou ne sont montés en haut. Sinaï, mont des Oliviers, la tempête d'Eliyahou, le trône saisi : chaque fois la ligne tient. Dix = séparation de domaines 2. Le calcul seg. 4 -- arche et kapporet La voix parle à Moche au-dessus du kapporet. arche 9 + kapporet 1 = 10 Neuf est écrit : coudée et demie de hauteur. Mais le tefah du kapporet n'est écrit nulle part : R. Hanina l'atteste. 3. La chaîne seg. 5 à 10 -- d'où le tefah ? De la misgueret de la table : un tefah, écrit dans la Torah. Quatre objections : les autres ustensiles, le tsits, le zer, et la misgueret elle-même. Conclusion : on ne déduit une mesure que d'une chose à qui la Torah en a donné une. 4. Rav Houna seg. 11 à 12 -- panim Autre voie, sans hekech ni comparaison : le verset dit sur la face du kapporet. Il n'y a pas de face humaine de moins d'un tefah. Objection ouverte à la fin du folio : et si panim ne désignait pas un visage d'homme ? Suite en 5b. L'enjeu de tout le folio : la michna a dit qu'une soucca de moins de dix tefahim est passoul. Pourquoi dix ? Parce que dix tefahim séparent deux domaines. Preuve : la parole divine s'arrête à dix tefahim du sol -- au-dessus du kapporet, qui coiffe une arche de neuf. Toute la longue discussion sur l'épaisseur du kapporet ne sert qu'à verrouiller ce dixième tefah. Sans lui, la preuve donne neuf, et la michna reste sans source.
Les quatre étapes du folio : la baraita de la frontière, le calcul neuf plus un, la chaîne d'objections sur la source du tefah, et la lecture de Rav Houna.
Neuf plus un : ou se tient exactement la parole Coupe verticale de l'arche dans le Saint des saints. Un tefah vaut un sixième de coudée ; la coudée de l'arche fait six tefahim. sol du Saint des saints l'arche une coudée et demie de hauteur = 9 tefahim (écrit dans la Torah) à l'intérieur : les Tables le kapporet = 1 tefah hauteur non écrite : tout le folio la cherche les deux kerouvim dix tefahim -- frontière de domaine 9 + 1 = 10 l'arche, puis son couvercle et je te parlerai de dessus le kapporet la voix ne descend jamais plus bas que cette ligne Si le kapporet ne faisait pas un tefah, la parole s'arrêterait à neuf, et la borne des dix tefahim de la michna perdrait sa source.
L'arche et son kapporet en coupe : où se tient la parole, et pourquoi le dixième tefah décide de toute la démonstration.
Quatre candidats pour donner le tefah du kapporet -- et les règles qui en éliminent trois La guemara ne cherche pas la plus petite mesure du Michkan, mais la mesure légitimement comparable au kapporet. la misgueret bordure de la table 1 tefah écrit dans la Torah : une bordure d'un tefah tout autour RETENUE les ustensiles eux-mêmes 1 coudée mesure plus grande, donc plus risquée tafasta merouba ECARTEE le tsits plaque frontale d'or 2 doigts plus petit qu'un tefah, mais ce n'est pas un ustensile ÉCARTE -- ornement le zer couronne de bordure quantité infime aucune mesure écrite, simple parure d'un ustensile ÉCARTE -- finition Les règles successivement invoquées 1. tafasta merouba lo tafasta -- devant deux lectures possibles, prendre la petite : elle est incluse dans la grande, on ne perd rien. 2. danin keli mi-keli -- un ustensile se déduit d'un ustensile, ni d'un tachchit (ornement porté), ni d'un hekhcher keli (finition décorative). Le point faible et la reformulation finale La règle 2 se retourne : la misgueret est elle aussi une finition. Réponse -- elle était en dessous, portant le plateau, donc partie de la table. Mais l'avis inverse existe. D'où la reformulation : on déduit une chose mesurée par la Torah d'une chose mesurée par la Torah. Tsits et zer sortent d'eux-mêmes.
Les quatre mesures candidates du Michkan, les deux règles qui en éliminent trois, et la reformulation qui sauve la déduction.
1
וְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵעוֹלָם לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה, וְלֹא עָלוּ מֹשֶׁה וְאֵלִיָּהוּ לַמָּרוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַה׳ וְהָאָרֶץ נָתַן לִבְנֵי אָדָם״.

Et il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yosse dit -- jamais la Chekhina n'est descendue en bas, et jamais Moche et Eliyahou ne sont montés en haut, ainsi qu'il est dit : Les cieux sont les cieux de l'Éternel, et la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme.

📜 Rachi (1)
וְתַנְיָא מֵעוֹלָם לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה וּקְרָא כְּתִיב דְּעַל כַּפֹּורֶת יָרַד ש"מ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מִיפַּסְקָא רְשׁוּתָא:
Et il est enseigné : jamais la Chekhina n'est descendue en bas. -- Or le verset écrit qu'Il descendait sur le kapporet ; apprends-en qu'à partir de dix tefahim et au-dessus le domaine est séparé.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵעוֹלָם לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. נִרְאֶה לִי בס"ד לְפָרֵשׁ הָעִנְיָן עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב מהרח"ו [מוֹרֵנוּ הָרַב רַבִּי חַיִּים וִיטַאל] זַ"ל (בְּשַׁעֲרֵי קְדֻושָּׁה חֵלֶק ג' שַׁעַר וָא"ו) כִּי ד' עוֹלָמוֹת הֵן הַנִּקְרָאִים אבי"ע [אֲצִילוּת, בְּרִיאָה, יְצִירָה, עֲשִׂיָּיה] וּלְמַטָּה מִכֻּולָּם עוֹלָם הַשָּׁפֵל הַנֶּחֱלָק לְאַרְבָּעָה יְסוֹדוֹת וְנֶחֱלָקוֹת כְּעֵין עֶשֶׂר סְפִירוֹת, וְנִתְבָּאֵר כִּי בְּכָל עוֹלָם יֵשׁ אוֹר פְּנִימִי הֵם הָעֶשֶׂר סְפִירוֹת וְחוּצָה לָהֶם אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת וְהוּא גַּם כֵּן נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה, וְחוּצָה לוֹ אוֹר מַחְצַב הַמַּלְאָכִים וְהוּא גַּם כֵּן נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה, וְחוּצָה לוֹ אוֹר חָשׁוּךְ שֶׁל מַחְצֵב הַקְּלִיפּוֹת וְגַם כֵּן נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה, וְחוּצָה לוֹ הָעוֹלָם עַצְמוֹ שֶׁהֵם הָרְקִיעִים שֶׁבְּאוֹתוֹ עוֹלָם וְהֵם גַּם כֵּן נֶחֱלָקִים לְעֶשֶׂר בְּחִינוֹת. וְזֶה הוּא עִנְיָן מַרְאוֹת יְחֶזְקֵאל הַנָּבִיא ע"ה הַנִּקְרָא מַעֲשֵׂה הַמֶּרְכָּבָה, לִהְיוֹת הַמַּדְרֵגוֹת מֻורְכָּבוֹת זוֹ עַל זוֹ וּתְחִלָּה נִפְתְּחוּ הַשָּׁמַיִם שַׁעֲרֵי הָרְקִיעִים וּמִשָּׁם נִכְנַס אֶל הַקְּלִיפּוֹת, וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר (יְחֶזְקֵאל א, ד) ' וָאֵרֶא וְהִנֵּה רוּחַ סְעָרָה בָּאָה מִן הַצָּפוֹן עָנָן גָּדוֹל וְאֵשׁ מִתְלַקַּחַת וְנֹגַהּ לוֹ סָבִיב וּמִתּוֹכָהּ כְּעֵין הַחַשְׁמַל מִתּוֹךְ הָאֵשׁ' וּמִשָּׁם נִכְנָס לִמְחִיצַת הַמַּלְאָכִים, כַּנּוֹדָע כִּי בֵּין כָּל אוֹר וְאוֹר יֵשׁ פַּרְגּוֹד מַפְסִיק, וְזֶהוּ סוֹד הַנֶּעְלָם שֶׁיֵּשׁ בְּעִנְיַן הַ'חַשְׁמַל' כִּי הוּא בְּגֵימַטְרְיָא מַלְבּוּשׁ [378] וְאָז רָאָה עֶשֶׂר כִּיתּוֹת הַמַּלְאָכִים אֲשֶׁר כֻּולָּם נֶחֱלָקִים לְאַרְבַּע חַיּוֹת וְד' מַחֲנוֹת שְׁכִינָה, וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר 'וּמִתּוֹכָהּ דְּמוּת אַרְבַּע חַיּוֹת' וּמִשָּׁם נִכְנַס אֶל הַכִּסֵּא שֶׁהוּא אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת בְּסוֹד הָאָבוֹת הֵן הֵן הַמֶּרְכָּבָה, וּמִשָּׁם הִגִּיעַ אֶל אוֹר הָעֶשֶׂר סְפִירוֹת עַצְמָן שֶׁהוּא אוֹר הַפְּנִימִי שֶׁבְּכָל הָעוֹלָם שֶׁהוּא הַנִּקְרָא אָדָם הָעֶלְיוֹן, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (יְחֶזְקֵאל א, כו) 'וְעַל דְּמוּת הַכִּסֵּא דְּמוּת כְּמַרְאֵה אָדָם עָלָיו מִלְּמַעְלָה' עַד כָּאן דְּבָרָיו זלה"ה יְעֻויַּן שָׁם: וּבָזֶה תָּבִין מַה שֶׁאָמַר רַבִּי יוֹסִי מֵעוֹלָם לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה שֶׁהִיא סוֹד הַמַּלְכוּת שֶׁבְּעֶשֶׂר סְפִירוֹת לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה הוּא אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת, שֶׁהוּא גַּם כֵּן נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה שֶׁהוּא עוֹמֵד חוּצָה מֵאוֹר הָעֶשֶׂר סְפִירוֹת, וְכֵן נָמֵי לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה מֵאוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה הוּא אוֹר מַחְצַב הַמַּלְאָכִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ, שֶׁגַּם הוּא נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה, שֶׁלָּכֵן כָּתַב הָרַב זַ"ל בְּמַחְצַב הַזֶּה שֶׁרָאָה עֶשֶׂר כִּיתּוֹת הַמַּלְאָכִים. וְהַשְׁתָּא לְפִי דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי מַה שֶׁנֶּאֱמַר (שְׁמוֹת יט, כ) 'וַיֵּרֶד ה' עַל הַר סִינַי' אֲשֶׁר הוּא 'לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים' כְּדִמְשַׁנֵּי בַּגְּמָרָא, הַכַּוָּנָה הוּא דְּאוֹר הַשְּׁכִינָה שֶׁהִיא הַמַּלְכוּת שֶׁבְּעֶשֶׂר סְפִירוֹת אֲשֶׁר בְּמַחְצַב הַסְּפִירוֹת שֶׁהוּא אוֹר פְּנִימִי, לֹא בָּקַע וְעָבַר כָּל אוֹתָם הַמַּדְרִיגוֹת שֶׁהֵם עוֹמְדִים חוּצָה שֶׁהֵם הַמַּחְצָבִים שֶׁמָּנָה אוֹתָם רַבֵּינוּ זַ"ל כַּנִּזְכָּר לְעֵיל אֶלָּא יָרַד בַּמֶּרְכָּבָה כְּלוֹמַר בִּהְיוֹת כָּל הַמַּדְרֵגוֹת שֶׁל הַמַּחְצָבִים הַנִּזְכָּרִים מֻורְכָּבִים זֶה עַל זֶה, וְאוֹר הַשְּׁכִינָה שֶׁל מַחְצַב הַסְּפִירוֹת רוֹכֵב עֲלֵיהֶן וְלִהְיוֹת כִּי כָּל הַמַּדְרֵגוֹת שֶׁל הַמַּחְצָבִים הַנִּזְכָּרִים הֵם כֻּולָּם נֶחֱלָקִים לַעֲשָׂרָה, לְהָכִי קָרֵי לְהוּ עֲשָׂרָה טְפָחִים בְּדֶרֶךְ רֶמֶז. וּמַה שֶׁאָמַר טְפָחִים וְלֹא אָמַר אַמּוֹת, נִרְאֶה כִּי טֶפַח הוּא אַרְבָּעָה גּוּדָלִים, וְאֵלּוּ הַמַּדְרֵגוֹת שֶׁל מַחְצַבִּים הַנִּזְכָּרִים אֲשֶׁר אוֹר הַשְּׁכִינָה שֶׁבַּסְּפִירוֹת רוֹכֵב בָּהֶם הֵמָּה אַרְבָּעָה, וְכֻולָּם בְּחִינַת עֶשֶׂר עָשָׂר דְּאוֹר הָעֶשֶׂר סְפִירוֹת הוּא אוֹר פְּנִימִי, וְחוּצָה לוֹ אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת שֶׁהוּא נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה הֲרֵי זֶה מַדְרֵגָה אַחַת, וְחוּצָה לוֹ אוֹר מַחְצֵב הַמַּלְאָכִים שֶׁנֶּחֱלַק גַּם כֵּן לַעֲשָׂרָה הֲרֵי מַדְרֵגָה שֵׁנִית, וְחוּצָה לוֹ אוֹר חָשׁוּךְ שֶׁהוּא מַחְצַב הַקְּלִיפּוֹת וְגַם כֵּן נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה הֲרֵי מַדְרֵגָה ג', וְחוּצָה לוֹ הָרְקִיעִים שֶׁהוּא הָעוֹלָם עַצְמוֹ, וְגַם כֵּן זֶה נֶחֱלָק לַעֲשָׂרָה כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְנוּ לְעֵיל, וַהֲרֵי זוֹ מַדְרֵגָה ד', וְאֵלּוּ הַמַּדְרֵגוֹת שֶׁל הַמֶּרְכָּבָה שֶׁהֵם עָשָׂר עָשָׂר הִרְכִּין הַקב"ה עַל הַר סִינַי וְאוֹר שְׁכִינָתוֹ רוֹכֵב עֲלֵיהֶם. וְלָזֶה אָמַר רז"ל בְּנֹועַם לְשׁוֹנָם בְּרֶמֶז דַּק 'לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים' דְּרָמְזוּ בָּזֶה עַל כָּל הַמַּדְרֵגוֹת הַנִּזְכָּר לְעֵיל שֶׁהֵם עֲשָׂרָה עֲשָׂרָה בְּכָל מַחְצֵב וּמַחְצֵב וְדוֹק הֵיטֵב. וְאוֹמְרוֹ 'וְלֹא עָלָה מֹשֶׁה וְאֵלִיָּהוּ לַמָּרוֹם' נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דַּחֲגִיגָה (חֲגִיגָה יב:) שִׁבְעָה רְקִיעִין הֵן וִילוֹן אֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ כְּלוּם וְכוּ', עֲרָבוֹת שֶׁבּוֹ צֶדֶק וּמִשְׁפָּט וּצְדָקָה גִּנְזֵי חַיִּים וְגִנְזֵי שָׁלוֹם וְגִנְזֵי בְּרָכָה וְנִשְׁמָתָן שֶׁל צַדִּיקִים וְרוּחוֹת וּנְשָׁמוֹת שֶׁעֲתִיד לְהַבְרָאוֹת וְטַל שֶׁעָתִיד הקב"ה לְהַחֲיוֹת בּוֹ הַמֵּתִים, וְשָׁם אוֹפַנִּים וּשְׂרָפִים וְחַיּוֹת הַקֹּודֶשׁ וּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת וְכִסֵּא הַכָּבוֹד וּמֶלֶךְ אֵל חַי רָם וְנִשָּׂא שֹׁוכֵן עֲלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים סח, ה) 'סֹלּוּ לִרְכֹּב בְּעַרְבוֹת' עַיֵּין שָׁם. וּפֵרַשְׁנוּ דְּכִסֵּא הַכָּבוֹד דְּנָקֵיט כָּאן הוּא אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת, וּמַה שֶׁאָמַר מֶלֶךְ אֵל חַי רָם וְנִשָּׂא שֹׁוכֵן עֲלֵיהֶם הִיא אוֹר מַחְצַב הַסְּפִירוֹת, שֶׁעָלָיו אָמַר יְחֶזְקֵאל הַמֶּלֶךְ ע"ה (יְחֶזְקֵאל א, כו) 'וְעַל דְּמוּת הַכִּסֵּא דְּמוּת כְּמַרְאֵה אָדָם עָלָיו מִלְּמַעְלָה'. וּמַה שֶׁאָמַר כָּאן רַבִּי יוֹסֵי מֵעוֹלָם לֹא עָלָה מֹשֶׁה לַמָּרוֹם הוּא עַל אוֹר מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת, וְקָרֵי לֵיהּ מָרוֹם, כִּי הוּא לְמַעְלָה מֵאוֹר מַחְצַב הַמַּלְאָכִים, וּמַקְשֵׁי בַּגְּמָרָא וְהָא כְּתִיב (שְׁמוֹת יט, ג) 'וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל הָאֱלֹקִים' שֶׁהוּא מַחְצַב הַנְּשָׁמוֹת הַנִּקְרָא כִּסֵּא הַכָּבוֹד, כִּי אֱלֹקִים גֵּימַטְרְיָא הַכִּסֵּא [86] ? וּמְשַׁנֵּי 'לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה' רוֹצֶה לוֹמַר לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה חֲלָקִים שֶׁיֵּשׁ בָּעוֹלָם הַכִּסֵּא, וְכַוָּנָתוֹ לוֹמַר בְּחֵלֶק הָעֲשִׂירִי שֶׁבָּעֲשִׂירִי שֶׁבּוֹ דַּוְקָא, וַהֲדַר מַקְשֵׁי וְהָכְתִיב (אִיּוֹב כו, ט) 'מְאַחֵז פְּנֵי כִסֵּה פַּרְשֵׁז עָלָיו עֲנֵנוּ' דְּמַשְׁמַע שֶׁהִגִּיעַ שָׁם בְּכֻולּוֹ? וּמְשַׁנֵּי 'אִשְׁתַּרְבַּב לֵיהּ כִּסֵּא עַד עֲשָׂרָה' פֵּירוּשׁ עַד חֵלֶק הָעֲשִׂירִי שֶׁבָּעֲשִׂירִי שֶׁבָּעוֹלָם הַהוּא וְנָקֵיט בֵּיהּ.
Il est enseigné, Rabbi Yosse dit : jamais la Chekhina n'est descendue en dessous de dix. -- Il me semble avec l'aide du Ciel qu'il faut expliquer la chose d'après ce qu'a écrit notre maître le Rav Rabbi 'Hayim Vital, de mémoire bénie, dans Chaarei Kedoucha, troisième partie, sixième portique. Il y a quatre mondes appelés ABYA -- Atsilout (émanation), Beria (création), Yetsira (formation), Assia (action) -- et au-dessous d'eux tous le monde inférieur, divisé en quatre éléments qui se subdivisent à la manière des dix sefirot. Et il est expliqué que dans chaque monde il y a une lumière intérieure, ce sont les dix sefirot ; à l'extérieur d'elles, la lumière du gisement des âmes (mahtsav ha-nechamot), elle aussi divisée en dix ; à l'extérieur de celle-ci, la lumière du gisement des anges, elle aussi divisée en dix ; à l'extérieur, la lumière obscure du gisement des kelipot (écorces), elle aussi divisée en dix ; et à l'extérieur encore, le monde lui-même, c'est-à-dire les firmaments de ce monde, eux aussi divisés en dix aspects. Tel est le sens des visions du prophète Ye'hezkel, la paix soit sur lui, appelées maasse merkava (l'œuvre du char) : les degrés sont montés l'un sur l'autre. D'abord se sont ouverts les cieux, c'est-à-dire les portes des firmaments, et de là il est entré dans les kelipot -- c'est ce qui est dit : J'ai vu, et voici un vent de tempête venant du nord, une grande nuée et un feu qui s'embrase, une clarté autour de lui, et du milieu comme l'éclat du hachmal du milieu du feu. De là il est entré dans l'enceinte des anges -- car il est connu qu'entre chaque lumière et chaque lumière il y a un rideau (pargod) qui sépare ; et tel est le secret caché que renferme le mot hachmal, dont la valeur numérique est celle de malbouch, vêtement [378]. Il vit alors les dix groupes d'anges, tous divisés en quatre hayot et quatre camps de la Chekhina -- c'est ce qui est dit : et du milieu, la forme de quatre hayot. De là il est entré jusqu'au Trône, qui est la lumière du gisement des âmes, selon le secret : les patriarches sont eux-mêmes le char. Et de là il est parvenu à la lumière des dix sefirot elles-mêmes, qui est la lumière intérieure de chaque monde, celle qu'on appelle Adam Elyon (l'Homme d'en haut), comme il est dit : et sur la forme du trône, une forme comme l'apparence d'un homme sur lui, par en haut. Jusqu'ici ses paroles, que sa mémoire soit une bénédiction pour la vie du monde à venir ; vois-y. Par là tu comprendras ce que dit Rabbi Yosse : jamais la Chekhina -- qui est le secret de la Malkhout parmi les dix sefirot -- n'est descendue en dessous de dix, c'est-à-dire dans la lumière du gisement des âmes, lui aussi divisé en dix et qui se tient à l'extérieur de la lumière des dix sefirot. Et de même, la Chekhina n'est pas descendue de la lumière du gisement des âmes en dessous de dix, c'est-à-dire dans la lumière du gisement des anges, qui lui est extérieure et qui elle aussi se divise en dix -- c'est pourquoi le Rav, de mémoire bénie, a écrit au sujet de ce gisement qu'il y vit dix groupes d'anges. Dès lors, selon les paroles de Rabbi Yosse, ce qui est dit -- et l'Éternel descendit sur le mont Sinaï -- et qui se trouve au-dessus de dix tefahim, comme la guemara le répond, signifie ceci : la lumière de la Chekhina, qui est la Malkhout parmi les dix sefirot dans le gisement des sefirot, laquelle est lumière intérieure, n'a pas percé ni traversé tous ces degrés qui se tiennent à l'extérieur, c'est-à-dire les gisements que notre maître, de mémoire bénie, a énumérés comme il est dit plus haut ; mais elle est descendue dans le char (merkava), c'est-à-dire : tous les degrés des gisements mentionnés étant montés l'un sur l'autre, la lumière de la Chekhina du gisement des sefirot chevauche sur eux. Et puisque tous les degrés de ces gisements se divisent chacun en dix, on les appelle par allusion dix tefahim. Et s'il est dit tefahim et non amot (coudées), il semble que ce soit parce qu'un tefah vaut quatre gudalim (pouces), et que ces degrés des gisements mentionnés, sur lesquels chevauche la lumière de la Chekhina qui est dans les sefirot, sont au nombre de quatre, tous d'aspect dix par dix. Car la lumière des dix sefirot est lumière intérieure ; à l'extérieur d'elle la lumière du gisement des âmes, divisée en dix -- voilà un premier degré ; à l'extérieur, la lumière du gisement des anges, elle aussi divisée en dix -- voilà un deuxième degré ; à l'extérieur, la lumière obscure du gisement des kelipot, elle aussi divisée en dix -- voilà un troisième degré ; à l'extérieur, les firmaments qui sont le monde lui-même, eux aussi divisés en dix comme nous l'avons écrit plus haut -- voilà un quatrième degré. Et ces degrés du char, qui sont dix par dix, le Saint béni soit-Il les a inclinés sur le mont Sinaï, et la lumière de Sa Chekhina chevauche sur eux. C'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit dans la douceur de leur langue, par une allusion ténue : au-dessus de dix tefahim -- ils ont fait allusion par là à tous les degrés mentionnés plus haut, qui sont dix et dix dans chaque gisement. Approfondis-le bien. Quant à ce qu'il dit -- et Moche et Eliyahou ne sont pas montés en haut -- il me semble avec l'aide du Ciel qu'il faut rappeler ce qui est dit dans la guemara de Haguiga (12b) : sept firmaments il y a ; Vilon ne sert à rien, etc. ; Aravot, où se trouvent la justice, le droit et la charité, les trésors de vie, les trésors de paix, les trésors de bénédiction, les âmes des justes, les esprits et les âmes destinés à être créés, et la rosée par laquelle le Saint béni soit-Il ressuscitera les morts ; et là se trouvent les ofanim, les serafim, les hayot ha-kodech, les anges du service, le Trône de gloire, et le Roi, Dieu vivant, élevé et exalté, qui demeure sur eux, ainsi qu'il est dit : Exaltez Celui qui chevauche sur les aravot. Vois-y. Nous avons expliqué que le Trône de gloire mentionné ici est la lumière du gisement des âmes ; et ce qu'il dit -- le Roi, Dieu vivant, élevé et exalté, qui demeure sur eux -- c'est la lumière du gisement des sefirot, celle dont Ye'hezkel a dit : et sur la forme du trône, une forme comme l'apparence d'un homme sur lui, par en haut. Et ce que dit ici Rabbi Yosse -- jamais Moche n'est monté en haut (marom) -- vise la lumière du gisement des âmes, qu'il appelle marom parce qu'elle est au-dessus de la lumière du gisement des anges. La guemara objecte : mais il est écrit, et Moche monta vers Dieu (Elokim), c'est-à-dire vers le gisement des âmes appelé Trône de gloire, car Elokim a la même valeur numérique que ha-kisse, le trône [86] ! Et elle répond : en dessous de dix -- c'est-à-dire en dessous des dix parties qui existent dans le monde du Trône, entendant par là : dans la dixième partie de la dixième, précisément. Puis elle objecte encore : mais il est écrit, Il saisit la face du trône, Il déploie sur lui Sa nuée -- ce qui implique qu'il y soit parvenu tout entier ! Et elle répond : le trône s'est allongé jusqu'à lui, jusqu'à dix -- c'est-à-dire jusqu'à la dixième partie de la dixième de ce monde-là, et il s'y est agrippé.
💡 Explication

La guemara vient de construire la preuve des dix tefahim : l'arche mesure neuf tefahim de haut, le kapporet qui la couvre en mesure un, et c'est de là, au-dessus du kapporet, que la voix parle à Moche. La parole divine s'arrête donc à dix tefahim du sol. Mais cela ne prouve encore rien : peut-être la voix parlait-elle de là simplement parce que l'arche est haute de neuf, sans qu'aucune loi de domaine ne soit en jeu.

La baraita de Rabbi Yosse est la pièce qui transforme cette observation en principe. Elle pose une frontière : le haut et le bas sont deux domaines étrangers l'un à l'autre, et rien ne les traverse. Le verset des Psaumes est lu comme un partage de territoires -- les cieux à Lui, la terre aux hommes. Si la parole s'est arrêtée à dix tefahim, ce n'est pas un accident de mobilier : dix tefahim est la ligne même du partage.

De là, la michna se comprend : une soucca de moins de dix tefahim ne délimite aucun domaine propre, elle n'est qu'un creux dans l'espace ambiant, et elle est passoul.

🖼️ Schéma
La ligne que personne ne franchit, dans aucun des deux sens Quatre versets qui semblent la franchir, quatre réponses qui la rétablissent. EN HAUT -- le domaine d'en haut Moche monta vers Dieu -- en fait, il est resté en dessous de dix. Eliyahou monta dans la tempête vers les cieux -- en dessous de dix. Il saisit la face du trône -- le trône est descendu jusqu'à dix, et il s'y est agrippé. les cieux sont les cieux de l'Éternel DIX TEFAHIM frontière infranchissable : ni la Chekhina en descendant, ni l'homme en montant on redescend EN BAS -- le domaine donné aux hommes Et l'Éternel descendit sur le mont Sinaï -- en fait, au-dessus de dix tefahim. Ses pieds se tiendront sur le mont des Oliviers -- au-dessus de dix tefahim. et la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme La descente est réelle, mais elle s'arrête à la ligne. on remonte à peine Conséquence pour la michna : au-delà de dix tefahim commence un autre domaine -- une soucca plus basse n'en constitue aucun.
La ligne des dix tefahim vue des deux côtés : chaque verset qui semble la franchir reçoit une réponse qui la rétablit.
2
וְלֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה? וְהָכְתִיב: ״וַיֵּרֶד ה׳ עַל הַר סִינַי״! לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים. וְהָכְתִיב: ״וְעָמְדוּ רַגְלָיו בַּיּוֹם הַהוּא עַל הַר הַזֵּיתִים״! לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים.

Et la Chekhina n'est jamais descendue en bas ? Mais il est écrit : Et l'Éternel descendit sur le mont Sinaï ! -- Au-dessus de dix tefahim.

Mais il est écrit : Et Ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur le mont des Oliviers ! -- Au-dessus de dix tefahim.

📜 Rachi (1)
לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים תֵּירוּצָא הוּא:
Au-dessus de dix tefahim. -- C'est la réponse.
💡 Explication

La guemara vérifie la baraita en la confrontant à deux versets où la descente est explicite : le Sinaï au passé, le mont des Oliviers au futur des temps messianiques. Les deux fois, la réponse est la même formule, lemaala mi-assara tefahim : au-dessus de dix tefahim.

Il faut bien entendre ce que la réponse concède et ce qu'elle refuse. Elle ne nie pas la descente -- le verset est maintenu. Elle nie que la descente ait franchi la ligne. La Chekhina descend jusqu'à la limite du domaine d'en haut et s'y arrête ; elle ne pénètre pas dans le domaine donné aux hommes. Rachi note d'ailleurs sobrement que ces mots ne sont pas une nouvelle question mais la réponse elle-même, répétée telle quelle.

3
וְלֹא עָלוּ מֹשֶׁה וְאֵלִיָּהוּ לַמָּרוֹם? וְהָכְתִיב: ״וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל הָאֱ-לֹהִים״! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. וְהָכְתִיב: ״וַיַּעַל אֵלִיָּהוּ בַּסְעָרָה הַשָּׁמָיִם״! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. וְהָכְתִיב: ״מְאַחֵז פְּנֵי כִּסֵּא פַּרְשֵׁז עָלָיו עֲנָנוֹ״, וְאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם: מְלַמֵּד שֶׁפֵּירַשׂ שַׁדַּי מִזִּיו שְׁכִינָתוֹ וַעֲנָנוֹ עָלָיו! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה.

Et Moche et Eliyahou ne sont jamais montés en haut ? Mais il est écrit : Et Moche monta vers Dieu ! -- En dessous de dix.

Mais il est écrit : Et Eliyahou monta dans la tempête vers les cieux ! -- En dessous de dix. Mais il est écrit : Il saisit la face du trône, Il déploie sur lui Sa nuée -- et Rabbi Tanhoum a dit : cela enseigne que le Tout-Puissant a étendu sur lui du rayonnement de Sa Chekhina et de Sa nuée ! -- En dessous de dix.

📜 Rachi (1)
שֶׁפֵּירַשׂ שַׁדַּי מִזִּיו שְׁכִינָתוֹ פִּרְשֵׁז נוֹטָרִיקוֹן קָא דְּרֵישׁ:
Que le Tout-Puissant a étendu du rayonnement de Sa Chekhina. -- Il interprète le mot parchez comme un notarikon (acronyme).
💡 Explication

Symétrie exacte du segment précédent, dans l'autre sens. Trois versets de montée, trois fois la même réponse : lemata mi-assara, en dessous de dix. Moche monte, Eliyahou est emporté par la tempête, mais aucun des deux ne quitte le domaine terrestre.

Le troisième verset est le plus difficile, et c'est pourquoi la guemara le cite avec son interprétation. Le mot parchez (Job 26,9) est lu par Rabbi Tanhoum comme un notarikon, un acronyme -- Rachi le précise : peracha Chaddai ziv chekhinato, le Tout-Puissant a étendu le rayonnement de Sa présence. Le verset décrirait donc Moche enveloppé dans la nuée divine, ce qui suppose qu'il ait atteint le lieu de la nuée. La réponse maintient pourtant la ligne : la nuée s'est étendue jusqu'à lui, et non lui jusqu'à elle.

4
מִכָּל מָקוֹם ״מַאֲחָז פְּנֵי כִּסֵּא״ כְּתִיב! אִישְׁתַּרְבּוֹבֵי אִישְׁתַּרְבַּב לֵיהּ כִּסֵּא עַד עֲשָׂרָה, וּנְקַט בֵּיהּ.

Quoi qu'il en soit, il est écrit : Il saisit la face du trône ! -- Le trône s'est allongé jusqu'à lui, jusqu'à dix, et il s'y est agrippé.

💡 Explication

La réponse précédente réglait la nuée, elle ne réglait pas la prise. Le verset dit que Moche saisit la face du trône ; or le trône de gloire n'est pas ici-bas. Pour saisir, il faut atteindre, et atteindre le trône semble bien franchir la ligne.

La guemara ne déplace donc pas Moche, elle déplace le trône : ichtarbouvei ichtarbav, il s'est allongé, étiré vers le bas, jusqu'à dix tefahim -- et c'est là que Moche l'a saisi. La solution est typique du raisonnement de toute la sougya : ce qui bouge, c'est toujours le domaine d'en haut qui s'abaisse jusqu'à la frontière, jamais l'homme qui la franchit. La frontière reste intacte, et avec elle la preuve de la michna.

5
בִּשְׁלָמָא אָרוֹן תִּשְׁעָה, דִּכְתִיב: ״וְעָשׂוּ אֲרוֹן עֲצֵי שִׁטִּים אַמָּתַיִם וָחֵצִי אָרְכּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי רָחְבּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי קֹומָתוֹ״. אֶלָּא כַּפֹּורֶת טֶפַח, מִנָּלַן? דְּתָנֵי רַבִּי חֲנִינָא: כָּל הַכֵּלִים שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה, נָתְנָה בָּהֶן תּוֹרָה מִדַּת אָרְכָּן וּמִדַּת רָחְבָּן וּמִדַּת קוֹמָתָן. כַּפֹּורֶת, מִדַּת אָרְכָּהּ וּמִדַּת רָחְבָּהּ — נִתְּנָה, מִדַּת קוֹמָתָהּ — לֹא נָתְנָה.

Soit, l'arche fait neuf, puisqu'il est écrit : Ils feront une arche de bois d'acacia, deux coudées et demie sa longueur, une coudée et demie sa largeur, une coudée et demie sa hauteur. Mais le kapporet, un tefah -- d'où le tenons-nous ?

Car Rabbi Hanina a enseigné : tous les ustensiles que Moche a faits, la Torah a donné à leur sujet la mesure de leur longueur, la mesure de leur largeur et la mesure de leur hauteur. Le kapporet : la mesure de sa longueur et la mesure de sa largeur, elle les a données ; la mesure de sa hauteur, elle ne l'a pas donnée.

📜 Rachi (1)
מִדַּת קוֹמָתָהּ לֹא נָתְנָה מִדַּת עָובְיָהּ הִיא קוֹמָתָהּ שֶׁהִיא הָיְתָה לָאָרוֹן כְּכִסּוּי תֵּיבָה:
La mesure de sa hauteur, elle ne l'a pas donnée. -- La mesure de son épaisseur est sa hauteur, car il était à l'arche comme le couvercle d'un coffre.
💡 Explication

La guemara revient sur le chiffre lui-même. Le neuf est acquis sans discussion : une coudée et demie fait neuf tefahim, puisque la coudée vaut six tefahim, et le verset donne la hauteur de l'arche. Reste le dixième tefah, celui du kapporet, le couvercle d'or massif posé sur l'arche et surmonté des kerouvim.

Et là, rien n'est écrit. Rabbi Hanina l'atteste comme une anomalie du texte : partout ailleurs la Torah donne les trois dimensions ; pour le kapporet elle donne deux coudées et demie sur une coudée et demie -- exactement les dimensions du dessus de l'arche -- et se tait sur l'épaisseur. Rachi précise que cette hauteur manquante est en réalité l'épaisseur de la plaque, puisque le kapporet ne fait office que de couvercle.

Toute la suite du folio découle de ce silence. Il faut aller chercher ailleurs, dans une autre mesure du Michkan, de quoi combler ce tefah -- et c'est le régime de cette importation qui va être discuté.

🖼️ Schéma
Neuf plus un : ou se tient exactement la parole Coupe verticale de l'arche dans le Saint des saints. Un tefah vaut un sixième de coudée ; la coudée de l'arche fait six tefahim. sol du Saint des saints l'arche une coudée et demie de hauteur = 9 tefahim (écrit dans la Torah) à l'intérieur : les Tables le kapporet = 1 tefah hauteur non écrite : tout le folio la cherche les deux kerouvim dix tefahim -- frontière de domaine 9 + 1 = 10 l'arche, puis son couvercle et je te parlerai de dessus le kapporet la voix ne descend jamais plus bas que cette ligne Si le kapporet ne faisait pas un tefah, la parole s'arrêterait à neuf, et la borne des dix tefahim de la michna perdrait sa source.
Neuf tefahim écrits pour l'arche, un tefah introuvable pour le kapporet : le point exact où la démonstration a besoin d'une source.
6
צֵא וּלְמַד מִפָּחוּת שֶׁבַּכֵּלִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָשִׂיתָ לּוֹ מִסְגֶּרֶת טֹפַח סָבִיב״, מַה לְהַלָּן טֶפַח, אַף כָּאן טֶפַח. וְנֵילַף מִכֵּלִים גּוּפַיְיהוּ! תָּפַשְׂתָּ מְרֻובֶּה — לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט — תָּפַשְׂתָּ.

Sors et apprends du plus petit des ustensiles, ainsi qu'il est dit : Et tu lui feras une bordure (misgueret) d'un tefah tout autour. De même que là-bas c'est un tefah, de même ici un tefah. -- Et déduisons-le des ustensiles eux-mêmes ! -- Si tu as saisi beaucoup, tu n'as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi.

📜 Rachi (2)
מִסְגֶּרֶת שָׂפָה כְּעֵין לְבִזְבְּזִין סָבִיב הַשֻּׁלְחָן:
Misgueret. -- Une bordure, à la manière d'un rebord, tout autour de la table.
תָּפַשְׂתָּ מְרֻובֶּה כו' כָּל דָּבָר שֶׁמִּשָּׁמְעוֹ מְרֻובֶּה וּמוּעָט אִם תָּפַשְׂתָּ אֶת הַמּוּעָט יָפֶה תָּפַשְׂתָּ דִּבְצִיר מֵהָכִי לָא מַשְׁמַע וְאִם יִמָּצֵא שֶׁהָיָה לְךָ לִתְפֹּוס הַמְרֻובֶּה הֲרֵי הוֹסִיפוּ לְךָ וְלֹא נָטְלוּ מִמַּה שֶׁבְּיָדְךָ כְּלוּם וְאִם תָּפַשְׂתָּ הַמְרֻובֶּה לֹא תָּפַשְׂתָּ שֶׁאַתָּה נִרְאֶה כְּשַׁקְרָן בִּדְבָרֶיךָ וְשֶׁמָּא הַמּוּעָט יֵשׁ לְךָ לִתְפֹּוס וְאַתָּה הָרִבִּית לִתְפֹּוס חָסְרוּ לְךָ מִמַּה שֶׁבְּיָדְךָ וְהַייְנוּ לֹא תָּפַשְׂתָּ אֲבָל כְּשֶׁתִּתְפּוֹשׂ הַמּוּעָט אִם יוֹסִיפוּ טוֹב וְאִם לָאו מַה שֶׁתָּפַשְׂתָּ תָּפַשְׂתָּ וּמָשָׁל הוּא:
Si tu as saisi beaucoup, etc. -- Toute chose dont le sens peut être grand ou petit : si tu as saisi le petit, tu as bien saisi, car en dessous de cela le mot ne signifie rien ; et s'il se trouve que tu aurais dû saisir le grand, on t'a ajouté, on ne t'a rien retiré de ce que tu tenais. Mais si tu as saisi le grand, tu n'as rien saisi, car tu apparais comme un menteur dans tes paroles ; et peut-être fallait-il saisir le petit, alors que tu as saisi davantage -- on te retranche alors de ce que tu tenais, et c'est cela : tu n'as pas saisi. Tandis que si tu saisis le petit, si l'on ajoute tant mieux, et sinon, ce que tu as saisi, tu l'as saisi. C'est une image.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מַה לְהַלָּן טֶפַח, אַף כָּאן טֶפַח. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת הַכַּפֹּורֶת הַמַּלְבֶּשֶׁת הָאָרוֹן טֶפַח, שֶׁהַכַּפֹּורֶת רוֹמֶזֶת לְתוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה הַמְלַבֶּשֶׁת לַתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב שֶׁרְמוּזָה בַּלּוּחוֹת שֶׁהֵם בְּתוֹךְ הָאָרוֹן, וְלָכֵן תִּמְצָא הַכַּפֹּורֶת הִיא אוֹתִיּוֹת תּוֹרָה פ ', כְּלוֹמַר תּוֹרָה שֶׁהִיא בְּעַל פֶּה, וְיָדוּעַ דְּתוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה הִיא ד' חֲלָקִים שֶׁהֵם פַּרְדֵּ"ס [פָּשַׁט, רֶמֶז, דְּרָשׁ, סוֹד] לָכֵן צָרִיךְ לִהְיוֹת עָובְיָהּ טֶפַח שֶׁהוּא אַרְבָּעָה גּוּדָלִין.
De même que là-bas un tefah, de même ici un tefah. -- Il me semble avec l'aide du Ciel que la raison pour laquelle le kapporet qui revêt l'arche doit faire un tefah est que le kapporet fait allusion à la Torah orale, laquelle revêt la Torah écrite, évoquée par les Tables qui sont à l'intérieur de l'arche. C'est pourquoi tu trouves que ha-kapporet a les lettres de Torah pe -- c'est-à-dire la Torah qui est be-al pe (orale). Et il est connu que la Torah orale comporte quatre parties, PaRDeS -- pchat (sens simple), remez (allusion), drach (exégèse), sod (secret) -- c'est pourquoi son épaisseur doit être d'un tefah, qui vaut quatre gudalim (pouces).
💡 Explication

Première réponse : puisque la Torah se tait, on emprunte la plus petite mesure attestée dans le Michkan. C'est la misgueret de la table des pains de proposition, dont le verset donne explicitement un tefah. Rachi la décrit comme une bordure à la manière d'un rebord (levazbazin) tout autour de la table.

Objection : pourquoi la bordure et non les ustensiles eux-mêmes, dont la plus petite dimension est d'une coudée ? La réponse est un principe herméneutique général, tafasta merouba lo tafasta : quand un texte peut viser une grande ou une petite valeur sans trancher, il faut retenir la petite.

Rachi en donne la logique, qui n'est pas une règle de modestie mais un calcul de risque. La petite mesure est contenue dans la grande : en la retenant, on est certain de tenir au moins ce que le texte vise ; s'il fallait davantage, on ajoutera, sans rien retirer de ce qu'on tenait déjà. La grande mesure, elle, n'est pas contenue dans la petite : si le texte visait moins, on a affirmé au-delà du vrai et l'on perd tout. Rachi ajoute que c'est un machal, une image de la vie courante.

🖼️ Schéma
Tafasta merouba lo tafasta : pourquoi la petite mesure gagne toujours Explication de Rachi : ce n'est pas une règle d'humilité, c'est un calcul de risque. Tu prends le peu : 1 tefah Si la vérité était le peu -- tu as juste. Si la vérité était le beaucoup -- on t'ajoute ce qui manque, on ne te retire rien. Dans les deux cas tu tiens quelque chose. Tu prends le beaucoup : 1 coudée Si la vérité était le beaucoup -- tu as juste. Si la vérité était le peu -- tu passés pour menteur, et on te retire ce que tu tenais. Un cas sur deux te laisse les mains vides. Le peu est contenu dans le beaucoup : un tefah est inclus dans une coudée. L'inverse est faux. Prendre le peu, c'est donc prendre la part sur laquelle les deux lectures s'accordent. 1 tefah -- terrain commun 1 coudée = 6 tefahim -- terrain contesté
Le principe tafasta merouba lo tafasta selon la lecture de Rachi : la petite mesure est le terrain sur lequel les deux lectures possibles s'accordent.
7
וְנֵילַף מִצִּיץ, דְּתַנְיָא: צִיץ דּוֹמֶה כְּמִין טַס שֶׁל זָהָב, וְרָחָב שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת וּמֻוקָּף מֵאֹזֶן לְאֹזֶן, וְכָתוּב עָלָיו שְׁתֵּי שִׁיטִין: ׳יוֹד הָא׳ מִלְמַעְלָה, וְ׳קֹדֶשׁ לָמַד׳ מִלְּמַטָּה. וְאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי: אֲנִי רְאִיתִיו בְּרוֹמִי, וְכָתוּב עָלָיו ״קֹדֶשׁ לָה׳״ בְּשִׁיטָה אַחַת!

Et déduisons-le du tsits ! Car il est enseigné : le tsits ressemble à une sorte de plaque d'or, large de deux doigts, et il fait le tour d'une oreille à l'autre ; et sur lui sont écrites deux lignes -- yod hé en haut, et kodech lamed en bas.

Et Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yosse a dit : moi, je l'ai vu à Rome, et il y était écrit kodech là-Hachem sur une seule ligne !

📜 Rachi (3)
וְנֵילַף מִצִּיץ שֶׁהוּא מוּעָט מִמִּסְגֶּרֶת:
Et déduisons-le du tsits. -- Car il est plus petit que la misgueret.
קָדַשׁ לָמֶ"ד מִלְּמַטָּה גָּרְסִינַן:
Kodech lamed en bas -- telle est notre version du texte.
אֲנִי רְאִיתִיו בְּרוֹמִי שֶׁהִכְנִיסוּהוּ לְאוֹצַר הַמֶּלֶךְ כִּדְאָמְרִינַן בִּמְעִילָה (דַּף יז:) בְּבֶן תְּלַמְיוֹן:
Moi, je l'ai vu à Rome. -- Car on l'avait fait entrer dans le trésor du roi, comme nous le disons dans Meila (17b) à propos de Ben Talmion.
🗂️ Tossefot (2)
יוֹ"ד הֵ"א מִלְמַעְלָה. אע"פ שֶׁיּוֹ"ד הֵ"א שֵׁם גָּמוּר אֵין זֶה הוֹגֶה שֵׁם בְּאוֹתִיּוֹתָיו אִם מַזְכִּיר שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת כֵּיוָן דְּאֵינוֹ מַזְכִּירָם לְשֵׁם שֵׁם שָׁלֵם וְעוֹד הַהוֹגֶה שֵׁם בְּאוֹתִיּוֹתָיו פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס שֶׁדּוֹרֵשׁ אוֹתִיּוֹת שֶׁל שֵׁם בֶּן אַרְבָּעִים וּשְׁתַּיִם ואעפ"כ נִזְהָרִין בְּכָל הַשֵּׁמוֹת:
Yod hé en haut. -- Bien que yod hé soit un Nom à part entière, ce n'est pas là prononcer le Nom par ses lettres que de mentionner deux lettres, dès lors qu'on ne les mentionne pas pour former un Nom complet. Et de plus, celui qui prononce le Nom par ses lettres, Rachi l'a expliqué de celui qui épelle les lettres du Nom de quarante-deux ; et malgré cela on prend garde à tous les Noms.
קָדַשׁ לָמֶ"ד מִלְּמַטָּה. י"מ לְמַטָּה מַמָּשׁ זֶה לְמַעְלָה מִזֶּה וְלֹא מִיסְתַּבֵּר דְּאֵין זֶה כְּדֶרֶךְ קְרִיאָתוֹ אֶלָּא יֵשׁ לְפָרֵשׁ זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה קֹדֶשׁ לָמֶ"ד בִּתְחִילַּת שִׁיטָה הַתַּחְתּוֹנָה וְשֵׁם בְּסוֹף שִׁיטָה עֶלְיוֹנָה:
Kodech lamed en bas. -- Certains expliquent : en bas au sens propre, l'un au-dessus de l'autre. Cela n'est pas plausible, car ce ne serait pas conforme à l'ordre de la lecture. Il faut plutôt expliquer : l'un pas en face de l'autre -- kodech lamed au début de la ligne inférieure, et le Nom à la fin de la ligne supérieure.
💡 Explication

Si l'on cherche la plus petite mesure du Michkan, le tsits devrait l'emporter : la plaque d'or portée sur le front du grand prêtre ne fait que deux doigts de large, soit moins d'un tefah -- le tefah vaut quatre doigts. Rachi résume l'objection en un mot : il est plus petit que la misgueret.

La baraita citée au passage porte sur ce qui était gravé sur la plaque. Selon sa version, deux lignes : le Nom divin au-dessus, le mot kodech avec le lamed au-dessous -- l'ensemble se lisant kodech là-Hachem, consacré à l'Éternel, le Nom étant placé en haut par déférence. Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yosse oppose un témoignage oculaire : il a vu le tsits à Rome, dans le trésor impérial où les objets du Temple avaient été emportés -- Rachi renvoie à l'épisode de Ben Talmion dans Meila 17b -- et l'inscription y tenait sur une seule ligne.

🖼️ Schéma
Le tsits : deux doigts de large, et une divergence sur ce qui y était gravé Plaque d'or ceignant le front du grand prêtre, d'une oreille à l'autre. Deux doigts, c'est moins d'un tefah -- d'où l'objection. La baraita : deux lignes yod hé kodech lamed le Nom en haut, par déférence R. Eliezer fils de R. Yosse kodech la-Hachem je l'ai vu à Rome, sur une seule ligne vs L'objection : deux doigts, c'est plus petit qu'un tefah. Pourquoi ne pas en tirer l'épaisseur du kapporet ? Réponse du segment suivant : le tsits n'est pas un keli, c'est un tachchit -- une parure que l'on porte. On ne déduit pas d'ustensile à partir d'une parure. Tossefot ajoute que graver yod hé ne constitue pas prononcer le Nom par ses lettres -- on n'y désigne pas un Nom complet. Et que kodech lamed en bas ne veut pas dire juste en dessous : les deux mots ne se font pas face, sinon la lecture serait impossible.
Le tsits : sa largeur de deux doigts fonde l'objection, et la divergence sur son inscription -- deux lignes ou une seule.
8
דָּנִין כְּלִי מִכְּלִי, וְאֵין דָּנִין כְּלִי מִתַּכְשִׁיט.

On déduit un ustensile d'un ustensile, et on ne déduit pas un ustensile d'un ornement.

📜 Rachi (1)
תַּכְשִׁיט מַלְבּוּשׁ לָאָדָם:
Ornement (tachchit). -- Un vêtement pour l'homme.
💡 Explication

Réponse en une formule : danin keli mi-keli. Le kapporet est un keli, un ustensile du service ; sa mesure ne peut être importée que d'un autre keli. Le tsits, lui, n'est pas un ustensile mais un tachchit, une parure -- Rachi le glose : un vêtement pour l'homme. Il appartient aux habits du grand prêtre, non au mobilier du sanctuaire.

Noter le déplacement de terrain : la guemara ne conteste pas que le tsits soit plus petit. Elle conteste sa comparabilité. La déduction n'est pas une recherche de minimum, c'est une analogie, et une analogie exige que les deux termes appartiennent à la même catégorie.

9
וְנֵילַף מִזָּר. דְּאָמַר מָר: זָר מַשֶּׁהוּ! דָּנִין כְּלִי מִכְּלִי, וְאֵין דָּנִין כְּלִי מֵהֶכְשֵׁר כְּלִי. אִי הָכִי, מִסְגֶּרֶת נָמֵי הֶכְשֵׁר כְּלִי הוּא! מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה.

Et déduisons-le du zer (la couronne) ! Car le Maître a dit : le zer, une quantité quelconque ! -- On déduit un ustensile d'un ustensile, et on ne déduit pas un ustensile de la finition d'un ustensile. -- S'il en est ainsi, la misgueret aussi est une finition d'ustensile ! -- Sa misgueret était en dessous.

📜 Rachi (3)
מִזָּר שֶׁל אָרוֹן אוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ אוֹ שֶׁל מִסְגֶּרֶת זָר אֵינוֹ כְּלִי אֶלָּא תִּיקּוּן כְּלִי לְקַשְּׁטָן:
Du zer. -- Celui de l'arche, ou celui de l'autel, ou celui de la misgueret. Le zer n'est pas un ustensile mais l'arrangement d'un ustensile, pour l'embellir.
מִסְגֶּרֶת נָמֵי הֶכְשֵׁר קִישּׁוּט שֻׁלְחָן הוּא:
La misgueret aussi est une finition. -- C'est un ornement de la table.
לְמַטָּה הָיְתָה מֵרֶגֶל לָרֶגֶל הָיְתָה נְתוּנָה בְּרֹאשָׁם וְדַף הַשֻּׁלְחָן מֻונָּח עָלָיו:
Elle était en dessous. -- Elle était posée d'un pied à l'autre, à leur sommet, et le plateau de la table reposait dessus.
🗂️ Tossefot (1)
מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה. מַשְׁמַע מִכָּאן דִּלְדִידֵיהּ לֹא הָיְתָה מִסְגֶּרֶת הֶכְשֵׁר כְּלִי שֶׁלֹּא הָיְתָה מִסְגֶּרֶת בַּשֻּׁלְחָן אֶלָּא בָּרֶגֶל הָיְתָה מֻונַּחַת בְּרֹאשָׁהּ וְדַף הַשֻּׁלְחָן מֻונַּחַת עָלֶיהָ וְלֹא כְּמוֹ שֶׁמְּפָרֵשׁ ר"ת דִּלְמַאן דְּאָמַר לְמַטָּה הָיְתָה מְחֻובֶּרֶת נָמֵי בַּשֻּׁלְחָן מִשּׁוּם דְּקָשֵׁי' לֵיהּ הָא דְּאָמַר ר' יוֹחָנָן פֶּרֶק שְׁתֵּי הַלֶּחֶם (מְנָחוֹת דַּף צו:) לְמָאֵן דְּאָמַר לְמַטָּה הָיְתָה טַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת טְמֵאָה וּבְפֶרֶק אֵלּוּ מוּמִין (בְּכוֹרוֹת דַּף לח.) לָא מַשְׁכַּחַת טֻומְאָה דְּאוֹרָייְתָא לְאֵין לוֹ תּוֹךְ בִּכְלִי שֶׁטֶף אֶלָּא בְּהָנָךְ דַּחֲזוּ לְמִדְרָסוֹת וּבְפֶרֶק הַמּוֹכֵר אֶת הַבַּיִת (ב"ב דַּף סו.) גַּבֵּי דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין מַסְּקִינַן שָׁאנֵי פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ דְּרַבָּנָן וְלֹא מִיסְתַּבֵּר לְמֵימַר דַּאֲתָא כְּמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַעְלָה הָיְתָה דִּלְהָהוּא נָמֵי אָמַר בִּמְנָחוֹת (דַּף צו:) טַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת תִּיבְּעֵי וּמִתּוֹךְ כָּךְ הָיָה דֹּוחַק רַבֵּינוּ תָּם דִּלְמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה הָיָה לָהּ בֵּית קִיבּוּל מִלְּמַטָּה וְהַייְנוּ מִתְהַפֶּכֶת שֶׁאִם הָיְתָה מִתְהַפֶּכֶת הָיָה לָהּ בֵּית קִיבּוּל מִלְמַעְלָה וּלְכָךְ טְמֵאָה טְפֵי מִשְּׁאָר פְּשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ וְזֶה לֹא יִתָּכֵן כִּדְמוֹכַח הָכָא וְצָרִיךְ לוֹמַר דְּהָא דְּאָמְרִינַן גַּבֵּי דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין דְּרַבָּנָן הַיְינוּ כְּמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַעְלָה הָיְתָה דְּמִדְּרַבָּנָן טְמֵאָה וּמִדְּאוֹרַיְיתָּא תִּיבְּעֵי וְר' אֱלִיעֶזֶר דְּמֵיקֵל מִשּׁוּם דְּשֶׁמָּא מִדְּאוֹרַייְתָּא טְהוֹרָה א"נ הַהוּא שִׁנּוּיָא דְּפֶ' הַמּוֹכֵר אֶת הַבַּיִת דְּלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן וּמַסְּקָנָא לָא קָאֵי וְכֵן פֵּירֵשׁ שָׁם רַשְׁבָּ"א דְּהַהִיא מַסְּקָנָא לָא קַיְימָא וְעוֹד י"ל דְּהָא דְּמִיבַּעְיָא לָן בְּטַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת הַייְנוּ מִשּׁוּם דִּמְשַׁמֶּשֶׁת אֶת הָאָדָם וּמְשַׁמְּשֵׁי מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם כִּדְתַנְיָא בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים פָּרָשַׁת וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי כְּלִי עֵץ יָכוֹל אַף הַסֻּולָּם וְהַקּוֹלָב וְהַנִּחוּתָא וְהַמְנוֹרָה ת"ל מִכָּל כְּלִי עֵץ וְלֹא כָּל כְּלִי עֵץ יָכוֹל שֶׁאֲנִי מוֹצִיא אֶת הַשֻּׁלְחָן וְאֶת הַטַּבְלָא וְאֶת הַדֻּולְבְּקִי ת"ל כָּל כְּלִי רִיבָּה מֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת אֶת אֵלּוּ וּלְהוֹצִיא אֶת אֵלּוּ אַחַר שֶׁרִיבָּה הַכָּתוּב וּמִיעֵט ת"ל שַׂק מַה שַׂק מְיֻוחָד שֶׁמְּשַׁמֵּשׁ אָדָם וְאֶת מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם אַף אֲנִי מְרַבֶּה אֶת הַשֻּׁלְחָן וְאֶת הַטַּבְלָא וְאֶת הַדֻּולְבְּקִי שֶׁמְּשַׁמֵּשׁ אָדָם וְאֶת מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וּמוֹצִיא אֲנִי אֶת הַסֻּולָּם שֶׁמְּשַׁמֵּשׁ אָדָם וְאֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ חֵת מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וְקוֹלָב וְהַנִּחוּתָא וְהַמְנוֹרָה שֶׁמְּשַׁמֵּשׁ אֶת מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וְאֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ אָדָם וְעַל כְּרִחְיַן כְּשֶׁאֵין רְאוּיָן לְמִדְרָס מַיְירֵי מִדְּלָא נְקַט מִטָּה כִּסֵּא וְסַפְסָל וְעוֹד דְּהָוֵי מָצֵי לְרַבּוֹיִינְהוּ מִמִּשְׁכָּב וּכְשֶׁאֵין לָהֶם בֵּית קִיבּוּל נָמֵי מַייְרֵי מִדְּלָא קָאָמַר מַה שַׂק מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן וּמִיבַּעְיָא לָן בִּמְנָחוֹת (שָׁם) אִי דְּרָשָׁה גָּמוּר' אוֹ אַסְמַכְתָּא בְּעָלְמָא מִשּׁוּם דְּעַל כְּרִחְיָךְ אֲפִילּוּ לָמֶ"ד מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה אע"פ שֶׁכָּל הַדְּרָשׁוֹת צְרִיכוֹת הַהִיא דת"כ לְרַבּוֹיֵי מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וּמְשַׁמְּשֵׁי מְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וְהַשֻּׁלְחָן הַטָּהוֹר אִצְטְרִיךְ לְלַמֵּד שֶׁמַּגְבִּיהִין אוֹתוֹ לְעוֹלֵי רְגָלִים מ"מ לְעִנְיַן טַבְלָא לָאו דְּרָשָׁה גְּמוּרָה דְּטַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת נָפְקָא לָן מִשֻּׁלְחָן הַטָּהוֹר וְהַשְׁתָּא דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין דִּפְשִׁיטָא לָן שֶׁהִיא מִדְּרַבָּנָן אֵינָהּ מְשַׁמֶּשֶׁת אָדָם וּמְשַׁמְּשֵׁי אָדָם וְהָא דְּמַשְׁמַע בְּכָל דֻּוכְתָּא דִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ אֲפִילּוּ טֻומְאָה דְּרַבָּנָן לֵית בְּהוּ כִּדְמַשְׁמַע בְּרֵישׁ חֻולִּין (דַּף ג. וְשָׁם) דְּקָאָמַר טָמֵא בְּמֻוקְדָּשִׁין שֶׁבָּדַק קְרוּמִית שֶׁל קָנֶה וְשָׁחַט בָּהּ וְעַל כָּורְחִין כְּשֶׁעֲשָׂאָהּ כְּלִי מַייְרֵי דְּעוֹלָה טְעוּנָה כְּלִי וּבְפֶ' בְּכָל מְעָרְבִין (עֵירוּבִין דַּף לא.) דְּשָׁקִיל לֵיהּ בִּפְשׁוּטֵי כְּלֵי עֵץ וּבְפֶרֶק כָּל הַכֵּלִים (שַׁבָּת דַּף קכג:) גַּבֵּי קָנֶה שֶׁל זֵיתִים דְּפָרִיךְ בַּגְּמָרָא פְּשׁוּטֵי כְלֵי עֵץ הוּא ובפ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף טז.) כְּלֵי עֵץ וּזְכוּכִית פְּשׁוּטֵיהֶן טְהוֹרִין אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן דֻּומְיָא דִּכְלֵי זְכוּכִית וּלְקַמָּן בְּפִירְקִין (סֻוכָּה דַּף יב:) דְּאָמַר סִיכְּכָהּ בְּחִצִּים זְכָרִים כְּשֵׁירָה וְאִי מְקַבְּלִי טֻומְאָה אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן הָווּ פְּסוּלִין לְסִיכּוּךְ דַּאֲפִילּוּ מַטְלָנִיּוֹת שֶׁאֵין בָּהֶן שָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ וַאֲנִיצֵי פִּשְׁתָּן פָּסְלִינַן אַף עַל גַּב דְּלָא מְקַבְּלִי טֻומְאָה כָּל הָנֵי לָא דָּמוּ לְדַף שֶׁל נַחְתּוֹם מֵחֲמַת שֶׁהַדַּפִּין רְחָבִין וְרָאוּי לְהַנִּיחַ עֲלֵיהֶן דָּבָר גָּזְרוּ עֲלֵיהֶן דְּדָמוּ לְבֵית קִיבּוּל כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס בִּמְנָחוֹת (דַּף צו:) דְּמֵהַאי טַעְמָא טְמֵאָה טַבְלָא הַמִּתְהַפֶּכֶת מִדְּאוֹרַייְתָּא לָמֶ"ד מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה וְאִי הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין הֲוָה כְּטַבְלָא הַמְשַׁמֶּשֶׁת אָדָם וּמְשַׁמְּשֵׁי אָדָם כָּל שֶׁכֵּן דְּנִיחָא טְפֵי דְּלָא דָּמוּ לְכָל הָנֵי דַּאֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן טְהוֹרִין:
Sa misgueret était en dessous. -- Il ressort d'ici que, selon cet avis, la misgueret n'était pas la finition d'un ustensile, car la misgueret n'était pas sur la table : elle était posée sur le sommet des pieds et le plateau de la table reposait dessus -- et non comme l'explique Rabbenou Tam, selon qui, pour celui qui dit qu'elle était en dessous, elle était aussi jointe à la table. Ce qui embarrassait Rabbenou Tam, c'est ce que dit Rabbi Yo'hanan au chapitre Chetei ha-le'hem (Menahot 96b) : selon celui qui dit qu'elle était en dessous, une tablette qui se retourne est impure. Or au chapitre Elou moumin (Bekhorot 38a) on ne trouve d'impureté de la Torah, pour un objet sans réceptacle parmi les ustensiles rincés, que dans ceux qui sont propres au midras (le fait d'être foulé) ; et au chapitre Ha-mokher et ha-bayit (Baba Batra 66a), à propos de la planche des boulangers, nous concluons que les objets plats en bois (pechoutei kelei ets) ne sont impurs que d'une impureté rabbinique. Et il n'est pas plausible de dire que Rabbi Yo'hanan suivrait l'avis selon lequel la misgueret était au-dessus, car pour cet avis aussi il est dit dans Menahot (96b) que la tablette qui se retourne fait question. C'est pourquoi Rabbenou Tam était forcé de dire que, selon celui qui dit que la misgueret était en dessous, elle avait un réceptacle par en bas -- et c'est cela qui se retourne : si elle était retournée, elle avait un réceptacle par en haut, et elle est donc plus impure que les autres objets plats en bois. Cela ne peut tenir, comme le prouve notre passage. Il faut donc dire que ce qui est enseigné à propos de la planche des boulangers, qu'elle est impure de rabbin, suit l'avis selon lequel la misgueret était au-dessus : elle est impure de rabbin, et son statut selon la Torah fait question ; et Rabbi Eliezer, qui allège, le fait parce que selon la Torah elle est peut-être pure. Ou bien : cette réponse du chapitre Ha-mokher et ha-bayit n'est pas conforme à Rabbi Yo'hanan, et la conclusion n'y tient pas -- ainsi l'a expliqué là-bas le Rachba, que cette conclusion ne tient pas. On peut encore répondre que si la tablette qui se retourne fait question pour nous, c'est parce qu'elle sert l'homme et sert ce qui sert l'homme, comme il est enseigné au Torat Kohanim, section Va-yehi ba-yom ha-chemini : ustensile de bois -- on pourrait croire que cela inclut l'échelle, le portemanteau, le support et le lampadaire ; le texte dit : de tout ustensile de bois, et non tout ustensile de bois. On pourrait croire que j'exclus la table, la tablette et le plateau ; le texte dit : tout ustensile -- il a inclus. Qu'as-tu vu pour inclure ceux-ci et exclure ceux-là ? Après que le texte a inclus puis exclu, le texte dit : le sac. De même que le sac se distingue en ce qu'il sert l'homme et sert ce qui sert l'homme, de même j'inclus la table, la tablette et le plateau, qui servent l'homme et servent ce qui sert l'homme ; et j'exclus l'échelle, qui sert l'homme mais ne sert pas ce qui sert l'homme, ainsi que le portemanteau, le support et le lampadaire, qui servent ce qui sert l'homme mais ne servent pas l'homme. Et il faut bien qu'il s'agisse d'objets impropres au midras, puisque le texte ne mentionne pas le lit, la chaise et le banc ; et de plus, il aurait pu les inclure à partir du mot michkav (couche). Il s'agit aussi d'objets sans réceptacle, puisqu'il ne dit pas : de même que le sac se transporte plein et vide. Et nous demandons dans Menahot (ibid.) si c'est une exégèse complète ou un simple appui scripturaire, car nécessairement, même selon celui qui dit que la misgueret était en dessous -- bien que toutes les exégèses soient nécessaires : celle du Torat Kohanim pour inclure ce qui sert l'homme et ce qui sert ce qui sert l'homme, et le verset la table pure pour enseigner qu'on la soulevait devant les pèlerins -- en tout cas, quant à la tablette, ce n'est pas une exégèse complète, puisque la tablette qui se retourne nous vient du verset la table pure. Dès lors, la planche des boulangers, dont il nous est évident qu'elle n'est impure que de rabbin, ne sert ni l'homme ni ce qui sert l'homme. Quant à ce qui ressort partout, que les objets plats en bois n'ont même pas d'impureté rabbinique -- comme il ressort du début de Houlin (3a), où il est dit : impur quant aux consacrés, s'il a fendu un éclat de roseau et abattu avec ; et il s'agit nécessairement d'un cas où il en a fait un ustensile, puisque l'holocauste requiert un ustensile ; et au chapitre Be-khôl mearvin (Erouvin 31a), où l'on retient les objets plats en bois ; et au chapitre Kol ha-kelim (Chabbat 123b), à propos du roseau des olives, où la guemara objecte que c'est un objet plat en bois ; et au premier chapitre de Chabbat (16a) : les ustensiles de bois et de verre, leurs objets plats sont purs -- même de rabbin, à l'instar des ustensiles de verre ; et plus loin dans notre chapitre (Souca 12b), où il est dit que si l'on a couvert la soucca de flèches mâles, elle est valide, alors que si elles recevaient l'impureté, même de rabbin, elles seraient invalides pour la couverture, puisque nous invalidons même les chiffons de moins de trois sur trois et les étoupes de lin, bien qu'ils ne reçoivent pas l'impureté -- tous ces cas ne ressemblent pas à la planche du boulanger : parce que ces planches sont larges et qu'on peut y poser un objet, on a décrété à leur sujet, car elles ressemblent à un réceptacle, comme Rachi l'a expliqué dans Menahot (96b) : c'est pour ce motif que la tablette qui se retourne est impure selon la Torah pour celui qui dit que la misgueret était en dessous. Et si l'on pouvait dire que la planche des boulangers est comme une tablette qui sert l'homme et sert ce qui sert l'homme, ce serait plus commode encore, car alors elle ne ressemblerait pas à tous ces cas-là, qui sont purs même de rabbin.
💡 Explication

Nouvelle candidate, encore plus petite : le zer, la bordure en couronne qui ceignait l'arche, l'autel et la table. Aucune mesure ne lui est donnée, elle peut donc être infime. Rachi précise ce qu'elle est : ni un ustensile ni une parure portée, mais l'arrangement d'un ustensile, ce qui l'embellit.

La règle est donc affinée : on ne déduit pas d'un hekhcher keli, la finition d'un ustensile. Mais la guemara retourne aussitôt l'objection contre la réponse : la misgueret, sur laquelle repose toute la déduction, est elle aussi un simple ornement de la table !

D'où la précision décisive : misgarto lemata hayta, sa misgueret était en dessous. Elle n'entourait pas le plateau par le haut ; elle joignait les pieds à leur sommet, et le plateau reposait sur elle. Elle porte la table, donc elle en fait partie -- c'est un keli, non une finition.

🖼️ Schéma
La misgueret de la table : en dessous ou au-dessus, et pourquoi cela décide de tout Machloket de Menahot 96b. La question n'est pas décorative : elle détermine si la misgueret est la table ou seulement sa finition. En dessous -- la réponse de la guemara plateau misgueret -- 1 tefah Elle joint les pieds à leur sommet, et le plateau repose dessus. Elle porte la table : c'est un keli, pas un hekhcher keli. Au-dessus -- l'avis qui gêne misgueret -- rebord décoratif plateau Simple bordure posée sur le plateau, comme un garde-fou. Elle ne porte rien : c'est un hekhcher keli, la règle se retourne. C'est pour cet avis que la guemara abandonne la règle keli mi-keli et reformule : on déduit d'une chose à laquelle la Torah a donné une mesure. Ainsi la misgueret sert de source même si elle n'est qu'une finition -- et le tsits comme le zer restent exclus, faute de toute mesure écrite.
Misgueret en dessous ou au-dessus : selon le côté où on la place, elle porte la table ou ne fait que l'orner -- et la déduction tient ou tombe.
10
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַעְלָה הָיְתָה, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? הַאי הֶכְשֵׁר כְּלִי הוּא!

Cela va bien selon celui qui dit que sa misgueret était en dessous ; mais selon celui qui dit que sa misgueret était au-dessus, que peut-on dire ? Celle-ci est bien la finition d'un ustensile !

📜 Rachi (2)
הָנִיחָא כוּ' פְּלוּגְתָּא בִּמְנָחוֹת (דַּף צו:):
Cela va bien, etc. -- La controverse figure dans Menahot (96b).
מַאי אִיכָּא לְמֵימַר אַדְּיָלֵיף מִינָּהּ נֵילַף מִזָּר:
Que peut-on dire ? -- Puisqu'on en déduit tout de même, déduisons alors du zer.
💡 Explication

La réponse précédente n'a sauvé la déduction que pour un des deux avis. Rachi renvoie à la machloket, qui figure dans Menahot 96b. Selon celui qui place la misgueret au-dessus, elle n'est qu'un rebord posé sur le plateau, une pure décoration -- donc un hekhcher keli, et la règle que la guemara vient d'invoquer contre le zer l'élimine également.

Rachi éclaire la portée exacte de la question : si la misgueret est disqualifiée, ce n'est pas seulement qu'on perd une source -- c'est qu'on retombe sur le zer, et alors rien n'empêche plus d'en tirer une mesure infime. La règle keli mi-keli devient inutilisable, et il faut un autre critère.

11
אֶלָּא: דָּנִין דָּבָר שֶׁנָּתְנָה בּוֹ תּוֹרָה מִדָּה מִדָּבָר שֶׁנָּתְנָה בּוֹ תּוֹרָה מִדָּה, וְאַל יוֹכִיחוּ צִיץ וְזֵר, שֶׁלֹּא נִתְּנָה בָּהֶן תּוֹרָה מִדָּה כְּלָל.

Plutôt : on déduit une chose à laquelle la Torah a donné une mesure d'une chose à laquelle la Torah a donné une mesure -- et que le tsits et le zer ne fassent pas preuve, eux auxquels la Torah n'a donné aucune mesure du tout.

🗂️ Tossefot (1)
וְאַל יוֹכִיחַ צִיץ וְזֵר שֶׁלֹּא נִתְּנָה בָּהֶן תּוֹרָה מִדָּה. וְהָא דְּאָמַר לְעֵיל דְּצִיץ רָחָב שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת אֵין זֶה אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן מִשּׁוּם דִּכְתִיב (שְׁמוֹת כֹּח) עַל מִצְחוֹ שִׁיעוּר מִצְחוֹ וּסְתָם מֵצַח רֹוחַב שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת וּמִיהוּ רִיבָ"א מְפָרֵשׁ הַצִּיץ הָיָה מֻונָּח בְּרֹאשׁ מִשּׁוּם דְּקַשְׁיָא לֵיהּ מַאי שְׁנָא גַּבֵּי כֹּהֵן גָּדוֹל דִּקְרָאָהּ מִצְנֶפֶת כְּדִכְתִיב (שָׁם כט) וְשַׂמְתָּ הַמִּצְנֶפֶת עַל רֹאשׁוֹ וּכְתִיב (וַיִּקְרָא טז) וּבְמִצְנֶפֶת בַּד יִצְנֹף וְאָמַר פּ"ק דְּגִיטִּין (דַּף ז. וְשָׁם) בִּזְמַן שֶׁהַמִּצְנֶפֶת בְּרֹאשׁ כֹּהֵן גָּדוֹל תְּהֵא עֲטָרָה בְּרֹאשׁ כָּל אָדָם וּבְכֹהֵן הֶדְיוֹט קְרָאָהּ מִגְבָּעוֹת כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת כֹּח) (וְעָשִׂיתָ לָהֶם מִגְבָּעוֹת) אֶלָּא וַדַּאי מְשֻׁונּוֹת הָיוּ זוֹ מִזּוֹ דְּשֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט גְּדוֹלָה מִשֶּׁל כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁהַצִּיץ הָיָה דּוֹחֶה אוֹתָהּ וְכֵן הַתְּפִלִּין כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק שֵׁנִי דִּזְבָחִים (דַּף יט.) שְׂעָרוֹ הָיָה נִרְאֶה בֵּין צִיץ לְמִצְנֶפֶת שֶׁשָּׁם מַנִּיחַ תְּפִלִּין וְכֹהֵן הֶדְיוֹט אע"ג דַּהֲוָה לֵיהּ נָמֵי תְּפִלִּין הָיָה יָכוֹל לְהַנִּיחָם בְּמָקוֹם שֶׁכֹּהֵן גָּדוֹל מַנִּיחַ אֶת הַצִּיץ דְּיֵשׁ מָקוֹם בָּרֹאשׁ שֶׁרָאוּי לְהַנִּיחַ בּוֹ שְׁנֵי תְּפִלִּין כִּדְאָמְרִינַן בְּרֵישׁ הַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין דַּף צה:) ואע"ג דְּגַבֵּי צִיץ כְּתִיב מֵצַח וּמְתַרְגְּמִינַן בֵּין עַיֵּנּוֹהִי וְאָמְרִינַן פֶּרֶק הָאוֹמֵר (קִידּוּשִׁין סו.) גַּבֵּי יַנַּאי הַמֶּלֶךְ הָקֵם לָהֶם בַּצִּיץ שֶׁבֵּין עֵינֶיךָ וְהַאי בֵּין עֵינֶיךָ מַשְׁמַע כְּמוֹ בֵּין עֵינֶיךָ דִּכְתִיב גַּבֵּי תְּפִלִּין שֶׁהַכֹּל בְּגֹובַהּ שֶׁל רֹאשׁ וּמִיהוּ אֵינוֹ מִתְיַשֵּׁב כָּל כָּךְ מִשּׁוּם דִּתְפִלִּין יָלֵיף בְּסוֹף הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מִכֹּחוֹת דַּף לז:) בִּגְזֵרָה שָׁוָה שֶׁבֵּין עֵינֶיךָ בְּגֹובַהּ הָרֹאשׁ מִלֹּא תָּשִׂימוּ קָרְחָה בְּרֹאשָׁם בִּמְקוֹם שֵׂעָר ומ"מ אֲפִילּוּ הָיָה צִיץ עַל הַמֵּצַח מַמָּשׁ מ"מ הָיָה צָרִיךְ לִקְשֹׁור הַצִּיץ וְהַתְּפִלִּין מֵאֲחוֹרֵי רֹאשׁוֹ וְהָיוּ שְׁנֵיהֶם דּוֹחִין שָׁם אֶת הַמִּצְנֶפֶת וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּפֶרֶק רִאשׁוֹן דְּיוֹמָא (דַּף יב:) דְּבִגְדֵי כה"ג ביה"כ כְּשֵׁרִין לְכֹהֵן הֶדְיוֹט אע"ג דִּבְבִגְדֵי לָבָן כְּתִיב מִצְנֶפֶת בִּשְׁאָר בְּגָדִים אַיְירֵי חוּץ מִן הַמִּצְנֶפֶת וּמִיהוּ בִּלְשׁוֹן גְּמ' אַשְׁכְּחַן דְּקָרֵי מִצְנֶפֶת לְהַהִיא דְּכֹהֵן הֶדְיוֹט דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' בָּרִאשׁוֹנָה (יוֹמָא כה. וְשָׁם) גַּבֵּי פַּיִיס שֶׁנּוֹטֵל מִצְנַפְתּוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶם וְעוֹד קָשֶׁה דְּלָא הָיָה צִיץ ביוה"כ בְּבִגְדֵי לָבָן וְלָמָּה קָרֵי לֵיהּ מִצְנֶפֶת וְשֶׁמָּא אעפ"כ הָיְתָה קְטַנָּה כְּמִצְנֶפֶת שֶׁל כָּל הַשָּׁנָה [וְעִי' תּוֹסָשׁוֹת עֵירוּבִין צה: ד"ה מָקוֹם]:
Et que le tsits et le zer ne fassent pas preuve, eux auxquels la Torah n'a donné aucune mesure. -- Ce qui a été dit plus haut, que le tsits était large de deux doigts, n'est que d'origine rabbinique, parce qu'il est écrit sur son front : la mesure de son front, et un front ordinaire est large de deux doigts. Toutefois le Riva explique que le tsits était posé sur la tête, car il était embarrassé par ceci : pourquoi, chez le grand prêtre, le couvre-chef est-il appelé mitsnefet (turban), comme il est écrit, et tu placeras le turban sur sa tête, et encore, et il ceindra le turban de lin, et comme il est dit au premier chapitre de Guittin (7a) : tant que le turban est sur la tête du grand prêtre, que la couronne soit sur la tête de tout homme -- alors que chez le prêtre ordinaire il est appelé migbaot, comme il est écrit, et tu leur feras des migbaot ? Nécessairement, elles différaient l'une de l'autre : celle du prêtre ordinaire était plus grande que celle du grand prêtre, parce que le tsits la repoussait ; de même pour les tefilin, comme nous disons au deuxième chapitre de Zevahim (19a) : ses cheveux se voyaient entre le tsits et le turban, et c'est là qu'il posait les tefilin. Le prêtre ordinaire, bien qu'ayant lui aussi des tefilin, pouvait les poser à l'endroit où le grand prêtre pose le tsits, car il y a sur la tête un emplacement propre à recevoir deux paires de tefilin, comme nous le disons au début de Ha-motse tefilin (Erouvin 95b). Et bien qu'à propos du tsits il soit écrit metsah (front), que nous traduisons par entre ses yeux, et que nous disions au chapitre Ha-omer (Kidouchin 66a), à propos du roi Yannai : lève-toi contre eux par le tsits qui est entre tes yeux -- or ce entre tes yeux a le même sens que le entre tes yeux écrit à propos des tefilin, qui désigne le haut de la tête. Cela ne s'ajuste pourtant pas tout à fait, car pour les tefilin on déduit à la fin de Ha-kometz raba (Menahot 37b), par une guezera chava (analogie verbale) sur entre tes yeux, que c'est le haut de la tête, à partir de vous ne ferez pas de tonsure sur leur tête -- à l'endroit des cheveux. En tout état de cause, même si le tsits était bel et bien sur le front, il fallait de toute façon attacher le tsits et les tefilin derrière la tête, et tous deux repoussaient là le turban. Quant à ce que nous disons au premier chapitre de Yoma (12b), que les vêtements du grand prêtre de Kippour conviennent au prêtre ordinaire -- bien que la mitsnefet soit mentionnée dans les vêtements blancs -- il s'agit des autres vêtements, à l'exclusion du turban. Toutefois, dans la langue de la guemara nous trouvons qu'on appelle mitsnefet celui du prêtre ordinaire, puisque nous disons au chapitre Ba-richona (Yoma 25a), à propos du tirage au sort, qu'il prenait le turban de l'un d'eux. Et il y a encore une difficulté : il n'y avait pas de tsits à Kippour avec les vêtements blancs -- pourquoi alors l'appeler mitsnefet ? Peut-être était-elle malgré tout petite, comme le turban de toute l'année. [Voir aussi Tossefot Erouvin 95b, s.v. makom.]
💡 Explication

La guemara abandonne le critère de la catégorie (keli, tachchit, hekhcher keli) pour un critère de régime textuel. Ce qui compte n'est plus la nature de l'objet mais l'origine de sa mesure : une dimension donnée par la Torah ne se déduit que d'une dimension donnée par la Torah.

Le découpage change du tout au tout. La misgueret redevient une source valable, même si elle n'est qu'un ornement, parce que son tefah est écrit dans le verset. Le tsits et le zer tombent tous deux, non parce qu'ils sont des parures, mais parce que la Torah ne leur assigne aucune mesure -- leurs dimensions sont d'origine rabbinique.

C'est précisément le point que développe Tossefot : les deux doigts du tsits ne sont pas un chiffre biblique mais une déduction des Sages à partir des mots sur son front, un front ordinaire mesurant deux doigts de large. La discussion glisse alors vers l'emplacement du tsits, du turban et des tefilin sur la tête du prêtre.

12
רַב הוּנָא אָמַר, מֵהָכָא: ״עַל פְּנֵי הַכַּפֹּורֶת קֵדְמָה״, וְאֵין פָּנִים פָּחוֹת מִטֶּפַח.

Rav Houna dit : d'ici -- sur la face du kapporet, vers l'orient -- et il n'y a pas de face de moins d'un tefah.

📜 Rachi (1)
וְאֵין פָּנִים שֶׁל אָדָם פְּחוּתִין מִטֶּפַח:
Et il n'y a pas de face -- d'homme -- de moins d'un tefah.
💡 Explication

Rav Houna propose une source entièrement différente, qui ne passe par aucune analogie et échappe donc à toutes les objections précédentes. Le verset de Vayikra 16,14, sur l'aspersion du sang par le grand prêtre à Kippour, dit al penei ha-kapporet kedma, sur la face du kapporet, vers l'orient.

Le mot panim désigne un visage ; or, comme le précise Rachi, il n'y a pas de visage humain qui mesure moins d'un tefah. En parlant de la face du kapporet, le verset lui attribue implicitement cette dimension minimale.

13
וְאֵימָא כְּאַפֵּי

Et dis : comme la face

💡 Explication

Le folio se termine au milieu de l'objection, qui se poursuit sur 5b. La lecture de Rav Houna repose entièrement sur une hypothèse non dite : que panim désigne ici un visage d'homme. Mais le mot s'emploie aussi pour la face d'autres êtres, et la guemara va proposer des visages plus étroits que le tefah -- ce qui ruinerait la mesure.

La suite examinera ces contre-exemples et cherchera pourquoi le visage humain doit servir d'étalon.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).