Sukkah 7a -- où poser le tefah de la troisième paroi, quelle largeur lui donner selon la forme de la soukka, et jusqu'où ce tefah vaut encore quand le Chabbat tombe dans la fête

Sukkah 7a

Sougya : Le folio s'ouvre en pleine objection : Rav voulait que le tefah de la troisième paroi soit placé kenegued ha-yotse, dans le prolongement d'une des deux parois ; Rav Kahana et Rav Assi proposent le roch tor, l'angle en biais, qui donne à la soukka l'air d'en avoir quatre. Rav se tait -- et c'est une tradition parallèle au nom de Levi, puis la pratique du beit midrach, qui fixeront la halakha.

Rabbi Simon déplace ensuite la question : il ne colle pas le tefah à la paroi, il le pose à moins de trois tefahim et laisse le lavoud combler le vide, obtenant ainsi quatre tefahim -- la majeure partie des sept requis. Mais cette économie ne vaut que pour une soukka en gam, dont les deux parois se touchent.

Dans une soukka faite comme un mavoi, deux parois parallèles sans aucun angle, il faut un pass entier de quatre tefahim : la troisième paroi doit y fonder l'enclos et non l'achever. Rava intervient alors sur la nature même de ce tefah, et sa parole nous parvient en trois lechonot : la forme de porte est le seul moyen, elle est un moyen parmi deux, elle s'ajoute obligatoirement au tefah -- et Rav Kahana, surpris par Rav Achi en train de faire les deux, revendique la troisième version.

La seconde moitié du folio quitte la soukka. Rava énonce un migo : puisque ce tefah est paroi pour la soukka, il est cloison pour le Chabbat qui tombe dans la fête -- une soukka bâtie dans le domaine public devient alors domaine privé, ce que trois vraies cloisons seules permettraient d'ordinaire.

Abaye objecte d'une barayta qui semble refuser ce transfert ; Rava la relit en déplaçant le point de comparaison, du couple Chabbat-soukka au couple Chabbat ordinaire - Chabbat de Soukkot. Abaye insiste : alors le migo devrait aussi descendre du Chabbat vers la soukka, comme dans le cas du lehi.

Rava conclut que la barayta n'avait pas à l'enseigner : si le migo ose monter du léger vers le lourd, il redescend du lourd vers le léger à plus forte raison. Le folio s'interrompt sur un goufa qui rouvre, pour elle-même, la règle du skhakh posé sur une ruelle.

Le fil du folio : du tefah de la troisième paroi au migo qui le prolonge dans le Chabbat Deux moitiés : où et comment poser le tefah (seg. 0 à 9), puis que vaut-il en dehors de la soukka (seg. 10 à 18). 1. Où le place-t-on ? seg. 0 à 1 Rav : kenegued ha-yotse. Objection : et le roch tor, l'angle en diagonale ? Rav se tait -- mais Levi et le beit midrach tranchent comme lui. 2. Quelle largeur ? seg. 2 à 5 Soukka en gam : un tefah sohek posé à moins de 3 de la paroi -- lavoud : 4 sur 7. Soukka en mavoi : il faut un pass de 4 tefahim, car rien ne fait angle. 3. Et la forme de porte ? seg. 6 à 9 Trois lechonot de Rava : elle seule / elle aussi / elle en plus du tefah. Rav Kahana fait les deux : il suit la troisième leçon, la plus exigeante. 4. Le migo seg. 10 Rava : puisque ce tefah est paroi pour la soukka, il est cloison pour le Chabbat de Soukkot. Un domaine privé naît d'une paroi d'un tefah. 5. Abaye objecte, et la barayta se laisse relire seg. 11 à 18 Barayta : la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat -- mais le Chabbat exige omed merouba al ha-parouts (plus de plein que d'ajouré), la soukka non. Abaye lit : le Chabbat DE SOUKKOT est plus dur que la soukka -- donc pas de migo. Rava relit : le Chabbat ORDINAIRE est plus dur que le Chabbat de Soukkot -- le migo tient. Abaye : alors enseigne aussi l'autre sens ! Rava : inutile -- si le migo monte du léger au lourd, il descend du lourd au léger à plus forte raison (kal va-homer).
Le folio en cinq temps : la place du tefah, sa largeur selon la forme de la soukka, la forme de porte, puis le migo et l'objection d'Abaye.
Deux géométries de soukka, deux exigences pour la troisième paroi Vue de dessus. Trait épais = paroi complète. La différence tient à un seul fait : y a-t-il un angle ? A. Soukka en gam (deux parois qui se touchent) seg. 0 à 2 -- un tefah sohek suffit paroi ouest paroi nord tefah, kenegued ha-yotse (Rav) dans le prolongement de la paroi ouest roch tor : le même tefah posé en biais à l'angle libre. Rav Kahana et Rav Assi le proposent -- Rav ne répond pas ; la pratique suit kenegued ha-yotse. B. Soukka en mavoi (deux parois face à face) seg. 3 à 5 -- il faut un pass de quatre tefahim paroi nord paroi sud les deux côtés courts restent ouverts pass de 4 tefahim à moins de 3 de la paroi : lavoud -- 7 Rav Yehouda : elle est kachère, et ce tefah, on le pose du côté qu'on veut -- il y a ici quatre extrémités sortantes, aucune n'est privilégiée. Pourquoi 4 et non 1 ? Parce qu'ici rien ne fait angle : sans deux parois jointes, l'œil ne voit qu'un couloir ouvert -- il faut une vraie paroi.
Soukka en gam contre soukka en mavoi : un tefah suffit là où deux parois font angle, il faut quatre tefahim là où elles n'en font pas.
Le migo de Rava : une paroi d'un tefah crée un domaine privé Deux domaines de halakha, deux exigences opposées -- et un pont qui ne fonctionne que dans un sens. Côté SOUKKA (mitsva positive : léger) Deux parois selon leur règle + une troisième fût-ce d'un tefah -- elle est kachère. Même si l'ajouré l'emporte largement sur le plein : cela ne gêne pas. Origine du tefah : halakha de Moché au Sinaï. Côté CHABBAT (interdit grave : lourd) Pour former un domaine privé, il faut omed merouba al ha-parouts : plus de plein que d'ajouré. Un tefah face à une ouverture béante ne suffirait jamais. Sanction : karet. MIGO Ce que le migo permet concrètement Une soukka bâtie dans le domaine public, adossée à l'entrée de la maison, avec deux parois et un tefah : le Chabbat de Soukkot, on peut porter de la soukka vers la maison et retour. Le même montage un Chabbat ordinaire : interdit. Les mêmes cloisons, sans soukka : interdit. Le migo n'est pas une règle sur les murs : c'est une règle sur le moment. Ce tefah n'est paroi que là où et quand la soukka le rend paroi.
Le migo de Rava fait passer une paroi minimale du registre léger de la soukka au registre lourd du Chabbat.
1
וְיַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד רֹאשׁ תּוֹר?! שְׁתֵיק רַב.

[Mais] qu'il le place donc face au roch tor (l'angle en biais) ?! Rav resta silencieux.

📜 Rachi (1)
וְיַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד רֹאשׁ תּוֹר (רֹאשׁ שׁוּרָה) בְּמִקְצוֹעַ צְפוֹנִית מַעֲרָבִית בַּאֲלַכְסוֹן אוֹ מִזְרָחִית דְּרוֹמִית כְּשֶׁהַמְּחִיצּוֹת מַעֲרָבִית צְפוֹנִית דְּנִרְאֶה נוֹטֶה לֵב' מְחִיצּוֹת וּמֶיחֱזֵי כְּאַרְבַּע מְחִיצוֹת רֹאשׁ תּוֹר הִיא תֶּלֶם מַעֲנָה שֶׁל סוֹף שָׂדֶה שֶׁהַתְּלָמִים כָּלִים וְהוֹלְכִין בַּאֲלַכְסוֹן זֶה אָרֹוךְ מִזֶּה מְעַט:
Et qu'il le place face au roch tor -- (tête de rangée) au coin nord-ouest, en biais, ou bien [au coin] sud-est, quand les cloisons sont l'ouest et le nord [c'est-à-dire à l'un des deux angles restés libres, en diagonale] : car il paraît pencher vers les deux cloisons, et cela donne l'aspect de quatre cloisons. Le roch tor, c'est le sillon de la dernière raie d'un champ, là où les sillons s'achèvent en biais, celui-ci un peu plus long que celui-là.
🗂️ Tossefot (1)
וְיַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד רֹאשׁ תּוֹר. אע"ג דְּאַכַּיּוֹצֵא בָּזֶה אָמַר פ' קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף י:) אָתֵי אַוֵּירָא דְּהַאי גִּיסָא וּדְהַאי גִּיסָא וּמְבַטֵּל לֵיהּ גַּבֵּי וְהָרָחָב מֵעֶשֶׂר אַמּוֹת וְגַבֵּי עוֹר הָעַסְלָא הָכָא דְּטֶפַח מְחִיצָּה דְּאוֹרָייְתָא וְהִלְכְתָא גְּמִירִי לָהּ לָא אָתֵי אֲוִירָא וּמְבַטֵּל לָהּ:
Et qu'il le place face au roch tor. Bien qu'à propos d'un cas semblable on ait dit au premier chapitre de Erouvin (10b) : <i>l'air vient de ce côté-ci et de ce côté-là et l'annule</i> -- à propos de [l'ouverture] plus large que dix coudées, et à propos du cuir du siège percé (asla) -- ici, puisque le tefah est une cloison d'ordre toranique et que c'est une halakha [de Moché au Sinaï] reçue par tradition, l'air ne vient pas l'annuler.
💡 Explication

Le folio s'ouvre en pleine objection, commencée à la fin de 6b. Rav avait tranché : le tefah de la troisième paroi se place kenegued ha-yotse, dans le prolongement de l'une des deux parois, à l'angle libre. Rav Kahana et Rav Assi lui opposent une autre place : le roch tor.

L'expression vient de l'agriculture. Rachi l'explique : à la fin d'un champ, les sillons ne s'arrêtent pas tous à la même hauteur, ils s'achèvent en oblique, l'un un peu plus long que le suivant. Le roch tor, c'est cette ligne en biais. Appliqué à la soukka : au lieu de poser le tefah dans l'axe d'une paroi, on le pose en diagonale, à l'angle ouvert. L'avantage, dit Rachi, est optique : ce panneau oblique paraît pencher vers les deux parois à la fois, si bien que la soukka donne l'air d'en avoir quatre.

Rav ne répond pas. Chatik Rav -- Rav se tait. La guemara ne dit pas qu'il a tort ; elle enregistre un silence, et va aussitôt chercher ailleurs de quoi soutenir sa position.

🖼️ Schéma
Deux places possibles pour le tefah : kenegued ha-yotse ou roch tor Vue de dessus. Les deux parois pleines forment un angle ; il reste deux coins libres. angle plein kenegued ha-yotse Rav : dans l'axe de la paroi qui sort -- au coin opposé. roch tor Rav Kahana et Rav Assi : en biais, l'œil croit voir quatre cloisons. Roch tor = la fin des sillons d'un champ, qui s'achèvent en biais, l'un plus long que l'autre. Chatik Rav : Rav se tait. Le silence n'est pas une réfutation. La guemara ira chercher un appui ailleurs : Chmouel au nom de Levi, puis la pratique du beit midrach. La halakha suivra Rav -- mais par la pratique, pas par l'argument.
Deux emplacements concurrents pour le même tefah -- et un silence qui ne tranche pas.
2
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר שְׁמוּאֵל מִשְּׁמֵיהּ דְּלֵוִי: מַעֲמִידוֹ כְּנֶגֶד הַיּוֹצֵא. וְכֵן מוֹרִין בֵּי מִדְרְשָׁא: מַעֲמִידוֹ כְּנֶגֶד הַיּוֹצֵא.

Il a été dit également : Chmouel a dit au nom de Levi -- on le place face à ce qui sort (kenegued ha-yotse). Et c'est ainsi que l'on tranche au beit midrach : on le place face à ce qui sort.

💡 Explication

Faute d'argument, la guemara produit deux appuis d'un autre ordre. D'abord une tradition parallèle : Chmouel rapporte au nom de Levi exactement la position de Rav. Ensuite un fait de pratique : vekhen morin bei midracha, ainsi enseigne-t-on effectivement dans la maison d'étude.

Le second appui est le plus fort dans l'économie du passage. Une objection restée sans réponse laisse une position fragile ; mais une position que le beit midrach applique au quotidien a déjà fait la preuve de sa réception. La halakha sera kenegued ha-yotse -- non parce que le roch tor a été réfuté, mais parce que l'usage a tranché.

3
רַבִּי סִימוֹן, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: עוֹשֶׂה לוֹ טֶפַח שׂוֹחֵק, וּמַעֲמִידוֹ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה טְפָחִים סָמוּךְ לַדֹּופֶן, וְכָל פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לַדֹּופֶן כְּלָבוּד דָּמֵי.

Rabbi Simon, et certains disent Rabbi Yehochoua ben Levi, a dit : il lui fait un tefah sohek (un tefah large, mesuré les doigts écartés) et le place à moins de trois tefahim, contre la paroi -- et tout ce qui est à moins de trois contre la paroi est réputé lavoud (joint à elle).

📜 Rachi (2)
טֶפַח שׂוֹחֵק מוֹדְדִין בַּד' אֶצְבָּעוֹת שֶׁאֵינָם נוֹגְעוֹת זוֹ בְּזוֹ דְּהָוֵי טֶפַח וּמַשֶּׁהוּ:
Tefah sohek -- on mesure avec quatre doigts qui ne se touchent pas les uns les autres : cela fait un tefah et un rien de plus.
וּמַעֲמִידוֹ בְּפָחוֹת מִג' סָמוּךְ לְאַחַת הַדְּפָנוֹת וּפָחוֹת מג' כְּלָבוּד וְהָוְיָא לֵיהּ כִּמְחִיצָה שֶׁל ד' טְפָחִים וּמֶשֶׁךְ סֻוכָּה שִׁבְעָה נִמְצָא רֻובּוֹ שֶׁל דֹּופֶן עָשׂוּי:
Et il le place à moins de trois -- contre l'une des parois ; et [ce qui est à] moins de trois est lavoud, de sorte qu'il devient comme une cloison de quatre tefahim. Or l'étendue d'une soukka est de sept : il se trouve donc que la majeure partie de la paroi est faite.
🗂️ Tossefot (1)
עוֹשֶׂה לוֹ טֶפַח שׂוֹחֵק. קָנֶה בְּפָחוֹת מִג' סָמוּךְ (לֵיהּ) לַדֹּופֶן לֹא יוֹעִיל לֵיחָשֵׁב כְּטֶפַח מֵחֲמַת לָבוּד דְּהָא לְכָךְ בָּעֵי טֶפַח שׂוֹחֵק כְּדֵי שֶׁיְּהֵא דֹּופֶן זֶה רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס כְּדֵי שֶׁיְּהֵא רֹוב דֹּופֶן דְּשִׁיעוּרוֹ בְּשִׁבְעָה טְפָחִים וּמַשֶּׁהוּ וְעוֹד דְּקָנֶה מְבַטֵּל לֵיהּ אֲוִירָא:
Il lui fait un tefah sohek. Un [simple] roseau placé à moins de trois contre la paroi ne suffirait pas à être compté comme un tefah par l'effet du lavoud : car c'est précisément pour cela qu'il faut un tefah sohek -- afin que cette paroi soit large de quatre tefahim, comme l'a expliqué le Qountrass (Rachi), pour qu'elle soit la majeure partie de la paroi, dont la mesure est de sept tefahim et un rien. Et de plus, un [simple] roseau, l'air l'annule.
💡 Explication

Nouvelle voix, nouvelle question : non plus où poser le tefah, mais comment le rendre efficace. Rabbi Simon ne le colle pas à la paroi -- il le pose à distance, à un peu moins de trois tefahim. Le vide ainsi ménagé est aussitôt comblé par le lavoud : tout intervalle inférieur à trois tefahim est réputé clos.

Le calcul, que Rachi détaille : moins de trois de vide, plus le tefah lui-même, donnent une paroi qui vaut quatre tefahim. Or l'étendue minimale d'une soukka est de sept tefahim et un rien. Quatre sur sept, c'est le rov, la majeure partie -- et la paroi est faite.

D'où l'exigence du sohek : le tefah doit être mesuré généreusement, doigts écartés, pour dépasser d'un rien le tefah standard. Sans ce supplément, on tomberait exactement à la moitié de sept et un rien, et la majorité ne serait pas atteinte. Tossefot ajoute qu'un simple roseau ne ferait pas l'affaire : trop mince pour atteindre le compte, et trop mince aussi pour résister à l'air qui l'annulerait.

🖼️ Schéma
Comment un tefah devient quatre : le calcul du lavoud Le troisième côté, vu de face. Échelle : 1 tefah = 40 px. paroi existante vide tefah sohek reste ouvert moins de 3 tefahim lavoud : réputé clos 4 tefahim : la majeure partie de la paroi paroi minimale d'une soukka : 7 tefahim Pourquoi un tefah SOHEK ? Sohek = mesuré large : quatre doigts écartés, qui ne se touchent pas. Cela fait un tefah et un rien de plus. Or la paroi minimale mesure sept tefahim et un rien. Sa majeure partie exige donc un peu plus de quatre : 3 (lavoud) + 1 tomberait juste à la limite. Le rien de plus n'est pas une coquetterie : c'est ce qui fait basculer du moitié-moitié à la majorité.
Le lavoud transforme un tefah posé à distance en une paroi de quatre tefahim -- la majorité des sept requis.
4
אָמַר רַב יְהוּדָה: סֻוכָּה הָעֲשׂוּיָה כְּמָבוֹי — כְּשֵׁרָה, וְאוֹתוֹ טֶפַח מַעֲמִידוֹ לְכָל רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה.

Rav Yehouda a dit : une soukka faite comme un mavoi (une ruelle) -- elle est kachère, et ce tefah, on le place du côté que l'on veut.

📜 Rachi (3)
כְּמָבוֹי הַמְפֻולָּשׁ שֶׁשְּׁתֵּי הַדְּפָנוֹת זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ:
Comme un mavoi mefoulach -- dont les deux parois se font face l'une l'autre.
כְּשֵׁרָה דְּהָא נָמֵי קָרֵי כְּהִלְכָתָן:
Elle est kachère -- car cela aussi s'appelle [deux parois] selon leur règle.
לְכָל רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה שֶׁהֲרֵי יֵשׁ כָּאן אַרְבָּעָה יוֹצְאִין וּלְאֵיזֶה יוֹצֵא שֶׁיִּרְצֶה יַעֲשֶׂנּוּ:
Du côté qu'il veut -- car il y a ici quatre extrémités sortantes (yotsin), et il pourra le faire à l'extrémité qu'il voudra.
💡 Explication

Changement de figure. Jusqu'ici la soukka avait deux parois qui se touchent, formant un angle -- ce que Rachi appellera plus loin une forme de gam (la lettre gimel, un angle droit). Rav Yehouda envisage l'autre configuration : deux parois parallèles, comme les deux murs d'une ruelle. C'est le mavoi mefoulach, la ruelle ouverte aux deux bouts.

Deux enseignements. D'abord, cette soukka est kachère : Rachi précise que ces deux parois-là aussi méritent le nom de chetayim ke-hilkhatan, deux parois selon leur règle. Ensuite, le tefah y est libre de place : alors que dans la soukka en gam il n'y avait qu'un seul angle libre à occuper, la ruelle en offre quatre. Aucune extrémité n'a de privilège sur l'autre, donc aucune règle de placement.

5
רַבִּי סִימוֹן, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: עוֹשֶׂה לוֹ פַּס אַרְבָּעָה וּמַשֶּׁהוּ, וּמַעֲמִידוֹ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לַדֹּופֶן, וְכָל פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה סָמוּךְ לַדֹּופֶן כְּלָבוּד דָּמֵי.

Rabbi Simon, et certains disent Rabbi Yehochoua ben Levi, a dit : il lui fait un pass (un panneau) de quatre [tefahim] et un rien, et le place à moins de trois contre la paroi -- et tout ce qui est à moins de trois contre la paroi est réputé lavoud.

📜 Rachi (1)
עוֹשֶׂה פַּס דֹּופֶן גָּמוּר שֶׁל ד' טְפָחִים וּמַעֲמִידוֹ בְּפָחוֹת מִג' סָמוּךְ לַדֹּופֶן אֵצֶל מִקְצוֹעַ פַּס אַרְבָּעָה דְּכִי אָמְרִינַן לָבוּד אִיכָּא ז' טְפָחִים אָרֹוךְ כְּדֵי סֻוכָּה קְטַנָּה:
Il fait un pass -- une paroi complète de quatre tefahim, qu'il place à moins de trois contre la paroi, près de l'angle : un pass de quatre, car lorsque nous appliquons le lavoud il y a sept tefahim, la longueur qu'exige une petite soukka.
💡 Explication

Même auteur, même technique du lavoud, mais un tout autre gabarit : ici il ne s'agit plus d'un tefah, mais d'un pass -- un panneau plein de quatre tefahim et un rien. Le et un rien a la même fonction que le sohek plus haut : dépasser strictement la mesure ronde.

Le compte, que Rachi donne : moins de trois de vide, plus quatre de panneau, font sept tefahim -- non plus la majorité d'une paroi, mais une paroi entière, exactement la longueur requise d'une petite soukka. Dans la soukka en mavoi, on ne se contente pas d'une majorité : il faut le compte plein.

6
וּמַאי שְׁנָא הָתָם דְּקָאָמְרַתְּ סַגִּיא טֶפַח שׂוֹחֵק, וּמַאי שְׁנָא הָכָא דְּקָאָמְרַתְּ בָּעֲיָא פַּס אַרְבָּעָה? הָתָם דְּאִיכָּא שְׁתֵּי דְפָנוֹת כְּהִלְכָתָן — סַגִּי לֵיהּ בְּטֶפַח שׂוֹחֵק, הָכָא דְּלֵיכָּא שְׁתֵּי דְפָנוֹת, אִי אִיכָּא פַּס אַרְבָּעָה — אִין, אִי לָא — לֹא.

Et qu'y a-t-il de différent là-bas, où tu dis qu'un tefah sohek suffit, et qu'y a-t-il de différent ici, où tu dis qu'il faut un pass de quatre ? -- Là-bas, où il y a deux parois selon leur règle, un tefah sohek lui suffit ; ici, où il n'y a pas deux parois [selon leur règle], s'il y a un pass de quatre, oui ; sinon, non.

📜 Rachi (1)
שְׁתֵּי דְּפָנוֹת שְׁלֵמוֹת כְּהִלְכָתָן כְּמִין גֵּאָם דְּאֵין נִרְאוֹת מְפֻולָּשׁוֹת כִּי הַאי:
Deux parois -- entières, selon leur règle, en forme de gam (angle droit), qui ne paraissent pas ouvertes de part en part comme celle-ci.
💡 Explication

La guemara met les deux enseignements de Rabbi Simon face à face et exige la différence. La réponse tient en une formule : chetei defanot ke-hilkhatan -- y a-t-il, ou non, deux parois selon leur règle ?

Rachi donne le critère concret : des parois entières, en forme de gam, qui ne paraissent pas ouvertes de part en part comme celle-ci. Le mot décisif est paraissent. Deux parois jointes dessinent déjà un abri, un lieu fermé ; le tefah ne fait qu'achever une forme qui existe. Deux parois parallèles ne dessinent qu'un couloir : la troisième paroi doit alors fonder l'enclos, et non l'achever -- d'où l'exigence d'un vrai panneau.

🖼️ Schéma
Pourquoi un tefah ici et quatre tefahim là : la réponse de la guemara Là-bas : chetei defanot ke-hilkhatan Les deux parois se touchent : elles forment déjà un abri, une forme fermée, un gam. L'œil ne voit pas un passage ouvert. Un tefah sohek suffit. Le tefah achève ; il n'a pas à fonder. Ici : deux parois qui ne se touchent pas Un couloir ouvert des deux bouts : rien ne fait angle, rien ne suggère un lieu clos. La paroi manquante doit exister pour de bon. Il faut un pass de 4 tefahim et un rien. Avec le lavoud : sept -- une paroi entière.
Le tefah achève une forme ; le pass de quatre doit la créer. Toute la différence tient à la présence d'un angle.
7
אָמַר רָבָא: וְאֵינָהּ נִתֶּרֶת אֶלָּא בְּצוּרַת הַפֶּתַח.

Rava a dit : et elle n'est permise que par une tsourat ha-petah (une forme de porte).

📜 Rachi (1)
אָמַר רָבָא וְאֵינָהּ נִתֶּרֶת אֶלָּא בְּצוּרַת הַפֶּתַח בְּעֵירוּבִין (דַּף יא:) אָמַר הֵיכִי דָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח קָנֶה מִכָּאן וְקָנֶה מִכָּאן וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶן וְהָכָא קָאָמַר רָבָא דְּטֶפַח שֶׁשָּׁנִינוּ בַּבָּרַיְיתָא שֶׁמַּתִּיר בְּדֹופֶן שְׁלִישִׁית אֵינוֹ מַתִּיר אֶלָּא אִם כֵּן עֲשָׂאוֹ לְאוֹתוֹ טֶפַח צוּרַת הַפֶּתַח עַל פְּנֵי כָּל הַדֹּופֶן כֻּולּוֹ כֵּיצַד קָנֶה שֶׁל חֲצִי טֶפַח אֵצֶל הַיּוֹצֵא וְקָנֶה שֶׁל חֲצִי טֶפַח בַּמִּקְצוֹעַ שֶׁכְּנֶגְדּוֹ וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶם מִזֶּה לָזֶה הֲוָה לֵיהּ כְּאִילּוּ כָּל הַדֹּופֶן סָתוּם דְּפֶתַח שֶׁיֵּשׁ לוֹ צוּרַת פֶּתַח סְתִימָה מְעַלַּיְיתָא הִיא בְּפֶרֶק קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף ב:) וְזֶהוּ טֶפַח שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים:
Rava a dit : et elle n'est permise que par une tsourat ha-petah -- dans Erouvin (11b) il est dit : qu'est-ce qu'une tsourat ha-petah ? Un roseau d'un côté, un roseau de l'autre, et un roseau au-dessus d'eux. Et ici Rava dit que le tefah que nous avons appris dans la barayta, celui qui rend permise la troisième paroi, ne la rend permise que si l'on a fait de ce tefah une tsourat ha-petah sur toute la face de la paroi entière. Comment ? Un roseau d'un demi-tefah près du yotse, un roseau d'un demi-tefah à l'angle qui lui fait face, et un roseau au-dessus d'eux, allant de l'un à l'autre : c'est alors comme si toute la paroi était fermée, car une ouverture qui a une forme de porte constitue une fermeture parfaite, au premier chapitre de Erouvin (2b) -- et voilà le tefah dont ont parlé les Sages.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵינָהּ נִיתֶּרֶת אֶלָּא בְּצוּרַת פֶּתַח. פֵּירוּשׁ אֶלָּא אִם כֵּן עֲשָׂאוֹ לְאוֹתוֹ טֶפַח צוּרַת הַפֶּתַח עַל פְּנֵי כָּל הַדֹּופֶן כֻּולּוֹ כֵּיצַד קָנֶה שֶׁל חֲצִי טֶפַח אֵצֶל הַיּוֹצֵא וְקָנֶה חֲצִי טֶפַח בְּמִקְצוֹעַ שֶׁכְּנֶגְדּוֹ וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶם דַּהֲוָה לֵיהּ כְּאִילּוּ כָּל הַדֹּופֶן סָתוּם דאע"ג דִּבְפֶ' קַמָּא דְּעֵירוּבִין (ד' יא:) לָא יָהֲבִינַן שִׁיעוּרָא לְקָנֶה שֶׁל צוּרַת פֶּתַח אֶלָּא אֲפִילּוּ קָנֶה מַשֶּׁהוּ מִכָּאן וְקָנֶה מַשֶּׁהוּ מִכָּאן וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶם אֶלָּא שֶׁתְּהֵא בְּרִיאָה כְּדֵי לַעֲמֹוד בָּהּ דֶּלֶת וַאֲפִילּוּ דֶּלֶת שֶׁל קַשִּׁין גַּבֵּי סֻוכָּה הֶחְמִירוּ דְּבָעֵינַן מְחִיצּוֹת הַנִּיכָּרוֹת:
Et elle n'est permise que par une forme de porte. Explication : à moins qu'il n'ait fait de ce tefah une tsourat ha-petah sur toute la face de la paroi entière. Comment ? Un roseau d'un demi-tefah près du yotse, un roseau d'un demi-tefah à l'angle qui lui fait face, et un roseau au-dessus d'eux -- car c'est alors comme si toute la paroi était fermée. En effet, bien qu'au premier chapitre de Erouvin (11b) on ne donne aucune mesure au roseau de la forme de porte -- même un roseau de rien de ce côté-ci et un roseau de rien de ce côté-là avec un roseau au-dessus d'eux suffisent, pourvu qu'il soit assez solide pour qu'une porte puisse y tenir, fût-ce une porte de paille -- pour la soukka on a durci, car il y faut des cloisons visibles.
💡 Explication

Rava réinterprète le tefah de la barayta. Une tsourat ha-petah, telle que Erouvin la définit, ce sont trois éléments : un montant d'un côté, un montant de l'autre, une traverse posée au-dessus. Cette figure vaut fermeture parfaite en droit rabbinique -- une ouverture munie d'une forme de porte est réputée close, quelle que soit sa largeur.

Selon cette première version, le tefah dont parle la barayta n'est donc pas un panneau posé dans un coin, mais un matériau réparti : un demi-tefah près du yotse, un demi-tefah à l'angle qui lui fait face, et une traverse qui relie les deux d'un bout à l'autre du côté ouvert. Le total fait bien un tefah -- mais là où Rabbi Simon le concentrait, Rava le distribue.

Tossefot souligne le durcissement : dans Erouvin, la tsourat ha-petah n'a aucune épaisseur minimale, un roseau ténu de n'importe quelle taille suffit, pourvu qu'il soit assez solide pour porter une porte, fût-elle de paille. Pour la soukka, on a exigé davantage -- car il y faut des cloisons visibles.

8
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רָבָא: וְנִתֶּרֶת נָמֵי בְּצוּרַת הַפֶּתַח.

Certains disent : Rava a dit -- et elle est permise aussi par une tsourat ha-petah.

📜 Rachi (1)
וְנִתֶּרֶת נָמֵי בְּצוּרַת הַפֶּתַח מַשְׁמַע דְּטֶפַח שֶׁשָּׁנִינוּ הַייְנוּ כִּדְפָרֵישׁ רַבִּי סִימוֹן לְעֵיל עוֹשֶׂה סְתִימָה טֶפַח אֵצֶל הַיּוֹצֵא וַאֲתָא רָבָא לְמֵימַר דְּאִם עָשָׂה צוּרַת הַפֶּתַח עַל פְּנֵי כָּל הַדֹּופֶן בִּשְׁנֵי קָנִים כָּל שֶׁהוּא וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶם קָאֵי לֵיהּ בִּמְקוֹם טֶפַח וּמַכְשַׁר לֵיהּ כְּוָותֵיהּ דְּאוֹ הַאי אוֹ הַאי מַכְשַׁר:
Et elle est permise aussi par une forme de porte -- cela implique que le tefah que nous avons appris est bien ce qu'a expliqué Rabbi Simon plus haut : on fait une fermeture d'un tefah près du yotse. Et Rava vient dire que si l'on a fait une tsourat ha-petah sur toute la face de la paroi, au moyen de deux roseaux de n'importe quelle taille et d'un roseau au-dessus d'eux, cela tient lieu du tefah et la rend kachère -- car l'un ou l'autre la rend kachère.
💡 Explication

Un seul mot change -- ela devient nami, seulement devient aussi -- et la portée de l'enseignement s'inverse. Rava ne corrige plus Rabbi Simon : il ajoute une seconde voie à côté de la sienne.

Rachi tire la conséquence : le tefah reste ce que Rabbi Simon en disait, un panneau plein posé près du yotse. Et Rava enseigne qu'à défaut, une tsourat ha-petah faite de deux roseaux quelconques et d'une traverse tient lieu de ce tefah. Ou l'un, ou l'autre -- c'est la version la plus indulgente des trois.

9
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רָבָא: וּצְרִיכָא נָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח.

Certains disent : Rava a dit -- et il faut aussi une tsourat ha-petah.

📜 Rachi (1)
וּצְרִיכָא נָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח מַשְׁמַע דְּתַרְוַייְהוּ בָּעֵינַן טֶפַח אֵצֶל הַיּוֹצֵא וְקָנֶה בְּזָוִית שֶׁכְּנֶגְדּוֹ וְקָנֶה שֶׁעַל גַּבֵּיהֶם קָאֵי מִטֶּפַח זֶה לְקָנֶה שֶׁל זָוִית:
Et il faut aussi une forme de porte -- cela implique que les deux sont requis : un tefah près du yotse, et un roseau à l'angle qui lui fait face ; et le roseau qui est au-dessus d'eux va de ce tefah jusqu'au roseau de l'angle.
⚖️ Rosh (1)
אִתְּמַר סִיכֵּךְ ע"ג אַכְסַדְרָה שֶׁיֵּשׁ לָהּ פַּצִּימִין פִּי' הִנִּיחַ הַסְּכָךְ עַל הָאַכְסַדְרָה וְהַסְּכָךְ מְהַלֵּךְ עַל פְּנֵי כָּל הֶחָצֵר לפרש"י גַּג הָאַכְסַדְרָה רָחָב ד' אַמּוֹת דְּלֵיכָּא לְמֵימַר דֹּופֶן עֲקֻומָּה ולפר"י אֵין הַסְּכָךְ מְהַלֵּךְ עַל פְּנֵי כָּל הֶחָצֵר אֶלָּא יֵשׁ לַסֻּוכָּה שְׁתֵּי דְּפָנוֹת וּבַשְּׁלִישִׁית סִיכֵּךְ עַל גַּבֵּי אַכְסַדְרָה וּדְבָרָיו כָּתַבְתִּי בְּמַסֶּכֶת עֵירוּבִין. אִם יֵשׁ לְאַכְסַדְרָה פַּצִּימִין וְהֵן עוֹמְדִין כְּמִין חַלּוֹנוֹת וּבֵינֵיהֶם פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה טְפָחִים ד"ה כְּשֵׁרָה דְּאָמְרִינַן לָבוּד אֵין לָהּ פַּצִּימִין אַבָּיֵי אָמַר כְּשֵׁרָה דְּאָמְרִינַן פִּי תִּקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם וְרָבָא אָמַר פְּסוּלָה לָא אָמְרִינַן פִּי תִקְרָה יוֹרֵד וְסוֹתֵם מִשּׁוּם דְּפִי תִּקְרָה זֶה נַעֲשָׂה לִהְיוֹת מְחִיצָּה לֶחָלָל שֶׁבִּפְנִים וְלֹא לַאֲוִיר שֶׁחוּצָה לָהֶם אֲבָל אִם יֶשׁ לָהֶם פַּצִּימִין אע"ג דִּלְגַוַּאי עֲבִידִין אָמְרִינַן לָבוּד דְּפָחוֹת מג' כְּסָתוּם דָּמֵי וּמְחִיצָּה מְעַלַּיְיתָא הִיא: רַב אָשֵׁי אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב כָּהֲנָא דְּקָא מְסַכֵּךְ עַל גַּבֵּי אַכְסַדְרָה שֶׁאֵין לָהּ פַּצִּימִין א"ל לֹא סָבַר לָהּ מָר לְהָא דְּרָבָא דְּאָמַר יֵשׁ לָהּ פַּצִּימִין כְּשֵׁרָה אֵין לָהּ פַּצִּימִין פְּסוּלָה אַחְוִי לֵיהּ נִרְאֶה מִבַּחוּץ וְשָׁוֶה מִבִּפְנִים כָּזֶה וְאִתְּמַר נִרְאֶה מִבַּחוּץ וְשָׁוֶה מִבִּפְנִים נִידּוֹן מִשּׁוּם לֶחִי וְקָשֶׁה מָה עִנְיַן מָבוֹי לְסֻוכָּה בְּמָבוֹי אִיכָּא ג' מְחִיצּוֹת וְלֹא בָּעֵינַן לֶחִי אֶלָּא לְהֶיכֵּרָא בְּעָלְמָא הִלְכָּךְ סַגִּי בְּנִרְאֶה מִבַּחוּץ וְשָׁוֶה מִבִּפְנִים דִּבְהֶיכָּרָא כָּל דְּהוּ סַגִּי אֲבָל בְּסֻוכָּה דֹּופֶן שְׁלִישִׁי צָרִיךְ לִהְיוֹת לְיוֹשְׁבֵי בַּסֻּוכָּה כְּמוֹ שְׁתֵּי הַדְּפָנוֹת וְכִי תֵּימָא דְּאָמְרִינַן מִיגּוֹ דִּמְהַנֵּי לְשַׁבָּת מְהַנֵּי נָמֵי לְסֻוכָּה לָאו מִילְּתָא הִיא דְּלָא אָמְרִינַן מִיגּוֹ מִדְּרַבָּנָן לִדְאוֹרָייְתָא. וְעוֹד וְכִי לֹא עָשָׂה סֻוכָּה זוֹ אֶלָּא לְשַׁבָּת שֶׁל יְמֵי הַסֻּוכָּה וְי"ל דְּמַיְירֵי כְּשֶׁעָשָׂה צוּרַת הַפֶּתַח לַדֹּופֶן הַשְּׁלִישִׁית וְרַב כָּהֲנָא דְּהָכָא לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ז.) וּצְרִיכָא נָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח וְכֵיוָן דַּהֲוָה לֵיהּ צוּרַת הַפֶּתַח מִדְּאוֹרַייְתָּא סַגִּי לָהּ בְּהָכִי דבכ"מ צוּרַת הַפֶּתַח חֲשִׁיב כִּמְחִיצָה וְלָא בָּעֵי טֶפַח שׂוֹחֵק אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן הִלְכָּךְ מְהַנֵּי לֵיהּ נִרְאֶה מִבַּחוּץ מִיגּוֹ דִּמְהַנֵּי לְעִנְיַן שַׁבָּת מְהַנֵּי הָכָא כָּל שִׁבְעַת יְמֵי הַסֻּוכָּה א"נ הָא דְּאָמַר רָבָא דְּלָא מְהַנֵּי פִּי תִּקְרָה כֵּיוָן דִּמְחִיצּוֹת לְגַוַּאי עֲבִידִין וְלָא לְבָרָאֵי הַייְנוּ מִדְּרַבָּנָן בְּעָלְמָא הִלְכָּךְ לְעִנְיַן טֶפַח שׂוֹחֵק מְהַנֵּי נִרְאֶה מִבַּחוּץ.
Il a été dit : s'il a mis le skhakh sur une akhsadra (portique) pourvue de pitsimin (montants) -- explication : il a posé le skhakh sur l'akhsadra, et le skhakh court sur toute l'étendue de la cour. Selon Rachi, le toit de l'akhsadra est large de quatre coudées, de sorte qu'on ne peut pas invoquer la dofen akouma. Selon le Ri, le skhakh ne court pas sur toute la cour : la soukka a deux parois, et pour la troisième il a mis le skhakh sur l'akhsadra -- j'ai rapporté ses propos dans le traité Erouvin. Si l'akhsadra a des pitsimin dressés comme des fenêtres et qu'entre eux il y a moins de trois tefahim, tous s'accordent qu'elle est kachère, car nous disons lavoud. Si elle n'a pas de pitsimin : Abaye dit kachère, car nous disons <i>pi tikra yored ve-sotem</i> (le bord du plafond descend et ferme) ; et Rava dit passoul (invalide), car nous ne disons pas pi tikra yored ve-sotem -- puisque ce bord de plafond est fait pour former cloison à l'espace du dedans, et non pour l'air qui est au-dehors. Mais s'ils ont des pitsimin, bien qu'ils soient faits pour le dedans, nous disons lavoud, car [un intervalle de] moins de trois est réputé fermé, et c'est une cloison parfaite. Rav Achi trouva Rav Kahana qui mettait le skhakh sur une akhsadra sans pitsimin. Il lui dit : le maître ne tient-il pas ce qu'a dit Rava -- avec des pitsimin, kachère ; sans pitsimin, passoul ? Il lui montra [un montant] visible du dehors et affleurant du dedans, comme ceci ; or il a été dit : ce qui est visible du dehors et affleurant du dedans est jugé au titre du lehi. Et l'on peut objecter : quel rapport entre le mavoi et la soukka ? Dans le mavoi il y a trois cloisons, et l'on n'exige le lehi qu'à titre de simple repère (hekera) ; dès lors il suffit qu'il soit visible du dehors et affleurant du dedans, puisqu'un repère quelconque suffit. Mais dans la soukka, la troisième paroi doit être, pour ceux qui y siègent, comme les deux autres parois. Et si tu dis que nous appliquons le migo -- puisque cela vaut pour le Chabbat, cela vaut aussi pour la soukka -- ce n'est rien, car nous ne disons pas de migo du [registre] rabbinique vers le toranique. En outre : cette soukka n'a-t-elle donc été faite que pour le Chabbat des jours de Soukkot ? On peut répondre qu'il s'agit du cas où il a fait une tsourat ha-petah pour la troisième paroi ; et le Rav Kahana d'ici suit sa propre opinion, lui qui a dit plus haut (Soukka 7a) : il faut aussi une tsourat ha-petah. Or, dès lors qu'il y a une tsourat ha-petah, cela suffit d'ordre toranique -- car partout la tsourat ha-petah est tenue pour une cloison -- et le tefah sohek n'est exigé que d'ordre rabbinique. Dès lors le [montant] visible du dehors lui est utile : migo qu'il vaut pour le Chabbat, il vaut ici pour les sept jours de Soukkot. Ou bien encore : ce qu'a dit Rava, que le pi tikra ne vaut pas puisque les cloisons sont faites pour le dedans et non pour le dehors, n'est que d'ordre rabbinique ; dès lors, quant au tefah sohek, le [montant] visible du dehors est utile.
💡 Explication

Troisième version, la plus exigeante : tsrikha, il faut. Le tefah sohek de Rabbi Simon ne suffit pas à lui seul, et la forme de porte ne le remplace pas -- elle s'y ajoute.

Rachi décrit le montage qui en résulte : le tefah plein près du yotse, un roseau planté à l'angle qui lui fait face, et la traverse qui court de ce tefah jusqu'à ce roseau. Le tefah joue alors deux rôles à la fois : panneau au titre de Rabbi Simon, et montant de la porte au titre de Rava.

Les trois lechonot ne diffèrent pas par la doctrine mais par la transmission : c'est la même phrase de Rava, reçue de trois manières. La guemara ne les départage pas ici -- elle laissera le segment suivant montrer un maître qui, en pratique, a choisi.

🖼️ Schéma
Les trois lechonot de Rava sur la tsourat ha-petah Une seule phrase transmise de trois manières -- et trois soukkot différentes en résultent. 1. ELLE SEULE eina nitteret ela be-tsourat ha-petah Le tefah de la barayta n'est pas un panneau posé au coin : c'est un demi-tefah à chaque bout et une traverse au-dessus. La forme de porte n'est pas une option : c'est la seule lecture du tefah. Rabbi Simon est écarté. 2. ELLE AUSSI nitteret nami be-tsourat ha-petah Le tefah sohek de Rabbi Simon reste valable. Rava ajoute une seconde voie : deux roseaux quelconques et une traverse font aussi l'affaire. Ou l'un, ou l'autre. La version la plus indulgente. 3. ELLE EN PLUS tsrikha nami tsourat ha-petah Il faut le tefah sohek près du yotse, un roseau à l'angle opposé, et une traverse qui court de l'un à l'autre. Les deux ensemble. C'est la voie que suit Rav Kahana au segment 9. La version la plus exigeante. Nafka mina : la soukka de la lechon 1 n'a aucun panneau plein ; celle de la lechon 2 en a un OU une porte ; celle de la lechon 3 a un panneau ET une porte. Rav Achi et Rav Kahana s'expliquent là-dessus.
Ela / nami / tsrikha : trois mots pour la même phrase de Rava, trois soukkot différentes sur le terrain.
10
רַב אָשֵׁי אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב כָּהֲנָא דְּקָא עָבֵיד טֶפַח שׂוֹחֵק, וְקָא עָבֵיד צוּרַת הַפֶּתַח. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר מָר לְהָא דְּרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: וְנִתֶּרֶת נָמֵי בְּצוּרַת הַפֶּתַח? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא כְּאִידַּךְ לִישָּׁנָא דְּרָבָא סְבִירָא לִי. דְּאָמַר רָבָא: וּצְרִיכָא נָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח.

Rav Achi trouva Rav Kahana en train de faire un tefah sohek et de faire [en outre] une tsourat ha-petah. Il lui dit : le maître ne tient-il pas ce [qu'a dit] Rava, lui qui a dit -- et elle est permise aussi par une tsourat ha-petah ?

Il lui répondit : moi, je tiens comme l'autre version de Rava, celle où Rava a dit -- et il faut aussi une tsourat ha-petah.

📜 Rachi (2)
דְּקָעֲבִיד טֶפַח שׂוֹחֵק אֵצֶל הַיּוֹצֵא כִּדְרַבִּי סִימוֹן:
Qui faisait un tefah sohek -- près du yotse, comme [l'enseigne] Rabbi Simon.
לָא סָבַר לָהּ מַר וְנִתֶּרֶת נָמֵי אוֹ הַאי אוֹ הַאי:
Le maître ne tient-il pas [ce qu'a dit Rava] : et elle est permise aussi -- [c'est-à-dire] l'un ou l'autre.
💡 Explication

La scène rend visible la différence entre les lechonot. Rav Achi voit une soukka qui porte les deux dispositifs à la fois et s'en étonne : si l'un ou l'autre suffit (lechon 2), pourquoi cette redondance ?

La réponse de Rav Kahana est d'une précision remarquable : il ne conteste pas la version de Rava que cite Rav Achi, il déclare simplement en tenir une autre. Deux maîtres peuvent donc bâtir différemment non parce qu'ils raisonnent différemment, mais parce que la tradition orale leur est parvenue sous deux formes -- et chacun construit selon la sienne.

11
שְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן כו׳. אָמַר רָבָא: וְכֵן לְשַׁבָּת, מִגּוֹ דְּהָוְיָא דֹּופֶן לְעִנְיַן סֻוכָּה — הָוְיָא דֹּופֶן לְעִנְיַן שַׁבָּת.

[La barayta a enseigné :] "deux [parois] selon leur règle, etc." Rava a dit : et de même pour le Chabbat -- migo (puisque) qu'elle est paroi quant à la soukka, elle est paroi quant au Chabbat.

📜 Rachi (1)
וְכֵן לְשַׁבָּת אע"פ שֶׁצָּרִיךְ לְשַׁבָּת שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת לֵיעָשׂוֹת רְשׁוּת הַיָּחִיד שַׁבָּת שֶׁל סֻוכּוֹת מֻותָּר לִסְמֹוךְ עַל מְחִיצּוֹת הַסֻּוכָּה אִם עָשָׂה ברה"ר סָמוּךְ לְפִתְחוֹ סֻוכָּה דְּאֵין בָּהּ אֶלָּא שְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן וּשְׁלִישִׁית אֲפִילּוּ טֶפַח מַכְנִיס וּמוֹצִיא הֵימֶנָּה לְבֵיתוֹ ואע"ג דְּבִשְׁאָר שַׁבָּתוֹת לָא מִישְׁתְּרֵי אִי נָמֵי בִּשְׁאָר מְחִיצּוֹת שֶׁאֵינָן שֶׁל סֻוכָּה לָא מִישְׁתְּרוּ בְּהָכִי לְשַׁבָּת דְּסֻוכָּה שָׁרְיָא דְּמִיגּוֹ דְּהַהוּא טֶפַח אַגְּמָרֵיהּ רַחֲמָנָא לְמֹשֶׁה בִּמְחִיצּוֹת סֻוכָּה דְּלֶיהֱוֵי לֵיהּ דֹּופֶן שְׁלֵימָה לְסֻוכָּה הָוֵי דֹּופֶן נָמֵי בְּשַׁבָּת דְּסֻוכָּה לְעִנְיַן שַׁבָּת:
Et de même pour le Chabbat -- bien qu'il faille, pour le Chabbat, trois cloisons pour devenir un domaine privé, le Chabbat de Soukkot il est permis de s'appuyer sur les cloisons de la soukka : s'il a fait dans le domaine public, contre son entrée, une soukka qui n'a que deux [parois] selon leur règle et une troisième fût-ce d'un tefah, il fait entrer et sortir depuis celle-ci vers sa maison. Et bien que lors des autres Chabbats cela ne soit pas permis -- ou encore que d'autres cloisons, qui ne sont pas celles d'une soukka, ne soient pas permises ainsi -- pour le Chabbat de la soukka c'est permis : car migo que ce tefah, le Miséricordieux l'a enseigné à Moché au titre des cloisons de la soukka, pour qu'il lui vaille paroi complète quant à la soukka, il est aussi paroi, quant au Chabbat, pour le Chabbat de la soukka.
⚖️ Rosh (1)
שְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן וּשְׁלִישִׁית וְכוּ'. אָמַר רַבָּה וְכֵן לְשַׁבָּת מִיגּוֹ דְּהָוֵי דֹּופֶן לְעִנְיַן סֻוכָּה הָוֵי נָמֵי מְחִיצָּה לְעִנְיַן שַׁבָּת. הָרַב אַלְפָסִי הִשְׁמִיט מֵימְרָא זוֹ דְּרַבָּה וְכָתַב ב' מֵימְרוֹת אֲחֵרוֹת דְּרַבָּה וְהַיְינוּ טַעְמָא מִשּׁוּם דְּפָסַק דְּבָעֵי נָמֵי צוּרַת הַפֶּתַח וּמִילְּתָא דִּפְשִׁיטָא הִיא כֵּיוָן דְּאִיכָּא שְׁלֹשָׁה מְחִיצוֹת מְעַלַּיְיתָא דְּאָמְרִינַן מִגּוֹ וְאִם אִיתָא דְּסֻוכָּה הָעֲשׂוּיָה כְּמָבוֹי לָא בָּעֲיָא צוּרַת הַפֶּתַח לֹא הָיָה לוֹ לְהַשְׁמִיט מֵימְרָא זוֹ:
"Deux selon leur règle et une troisième, etc." Rabba a dit : et de même pour le Chabbat, migo qu'elle est paroi quant à la soukka, elle est aussi cloison quant au Chabbat. Le Rav Alfassi (Rif) a omis cette parole de Rabba et en a rapporté deux autres de lui. La raison en est qu'il a tranché qu'il faut aussi une tsourat ha-petah : dès lors la chose va de soi, puisqu'il y a trois cloisons parfaites, et que nous appliquons le migo. Et s'il était vrai qu'une soukka faite comme un mavoi n'exige pas de tsourat ha-petah, il n'aurait pas eu à omettre cette parole.
💡 Explication

Le folio change de registre. Jusqu'ici on demandait ce que vaut ce tefah dans la soukka ; Rava demande maintenant ce qu'il vaut en dehors d'elle. Sa réponse est un migo : un raisonnement qui fait passer une qualification d'un domaine de la halakha à un autre.

Rachi décrit le cas exact. Un homme bâtit, dans le domaine public, contre la porte de sa maison, une soukka à deux parois et un tefah. Le Chabbat qui tombe pendant la fête, il pourra porter de la soukka vers la maison et de la maison vers la soukka -- ce qui suppose que la soukka soit un domaine privé. Or, pour le Chabbat, un domaine privé requiert normalement trois cloisons dignes de ce nom.

Le levier est l'origine du tefah : ce n'est pas une invention rabbinique, c'est une halakha de Moché au Sinaï. Puisque le Ciel l'a institué comme paroi complète pour la soukka, il l'est réellement -- et il l'est donc aussi quand le Chabbat le rencontre à l'intérieur de la fête. Rachi borne aussitôt la portée : les autres Chabbats de l'année, ou des cloisons semblables qui ne seraient pas celles d'une soukka, ne bénéficient de rien.

🖼️ Schéma
Le cas concret visé par Rava : la soukka adossée à la maison reshout ha-rabbim -- le domaine public La maison reshout ha-yahid La soukka 2 parois + 1 tefah le tefah on porte librement Hors Soukkot, exactement le même montage : interdit. Un tefah ne clôture rien par lui-même. Migo de-havya dofen le-inyan soukka, havya dofen le-inyan Chabbat : puisque ce tefah a été enseigné à Moché comme paroi de soukka, il est aussi cloison pour le Chabbat qui tombe dans la fête.
Le montage visé par Rava : une soukka du domaine public devient domaine privé le Chabbat de la fête -- et lui seul.
12
אֵיתִיבֵיהּ אַבַּיֵּי: וּמִי אָמְרִינַן מִגּוֹ? וְהַתַּנְיָא: דֹּופֶן סֻוכָּה כְּדֹופֶן שַׁבָּת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא בֵּין קָנֶה לַחֲבֵרוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים.

Abaye lui objecta : et disons-nous [vraiment] migo ? Mais n'a-t-on pas enseigné : la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat, pourvu qu'il n'y ait pas entre un roseau et son voisin trois tefahim !

📜 Rachi (1)
דֹּופֶן סֻוכָּה כְּדֹופֶן שַׁבָּת כָּל צִידֵּי דְּפָנוֹת שֶׁהִתִּירוּ חֲכָמִים לְשַׁבָּת כְּגוֹן מְחִיצָּה שֶׁל שְׁתִי בְּלֹא עֵרֶב כִּדְאָמַר בְּעֵירוּבִין (ד' טז:) מַקִּיפִין בְּקָנִים וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא בֵּין קָנֶה לַחֲבֵירוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים ואע"פ שֶׁרָחָב קָנֶה אֵינוֹ אֶלָּא מָלֵא אֶצְבַּע וְיֵשׁ בֵּין קָנֶה לְקָנֶה שְׁלֹשָׁה טְפָחִים חָסֵר מַשֶּׁהוּ וְאִיכָּא פָּרוּץ מְרֻובֶּה עַל הָעוֹמֵד שַׁפִּיר דָּמֵי דְּאָמְרִינַן לָבוּד וַהֲוָה לֵיהּ כֻּולּוֹ עוֹמֵד אוֹ שֶׁל עֵרֶב בְּלֹא שְׁתִי כְּדִתְנַן הָתָם (שָׁם) מַקִּיפִין שְׁלֹשָׁה חֲבָלִים הָוֵי הֶיקֵּף נָמֵי לְדֹופֶן סֻוכָּה וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא זָהִיר שֶׁלֹּא יְהֵא בֵּין קָנֶה לַחֲבֵירוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים כְּשֶׁהוּא מַקִּיף כִּי הֵיכִי דְּאָמַר לְעִנְיַן שַׁבָּת דְּאִם כֵּן נָפֵיק לֵיהּ מִתּוֹרַת לָבוּד וְדַווְקָא בִּמְקוֹמוֹת הַרְבֵּה דְּהָוֵי לֵיהּ פָּרוּץ מְרֻובֶּה עַל הָעוֹמֵד אֲבָל מָקוֹם אֶחָד אוֹ שְׁנֵי מְקוֹמוֹת הָווּ לְהוּ כִּפְתָחִים:
La paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat -- tous les types de parois que les Sages ont permis pour le Chabbat : par exemple une cloison de chaîne (chetei) sans trame (erev), comme il est dit dans Erouvin (16b) -- on entoure de roseaux, pourvu qu'il n'y ait pas entre un roseau et son voisin trois tefahim ; et bien que la largeur du roseau ne soit que d'un doigt, et qu'il y ait entre roseau et roseau trois tefahim moins un rien, de sorte que l'ajouré l'emporte sur le plein, c'est valable, car nous disons lavoud et c'est comme si tout était plein. Ou bien [une cloison] de trame sans chaîne, comme on l'enseigne là-bas : on entoure de trois cordes -- cela vaut aussi comme entourage pour la paroi de la soukka, pourvu qu'il prenne garde, en entourant, qu'il n'y ait pas entre un roseau et son voisin trois tefahim, de même qu'on l'a dit pour le Chabbat -- car sinon il sortirait de la règle du lavoud. Et cela vaut précisément lorsqu'il y a de nombreux endroits [ajourés], de sorte que l'ajouré l'emporte sur le plein ; mais un seul endroit, où deux, sont considérés comme des ouvertures.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁלֹּא יְהֵא בֵּין קָנֶה לַחֲבֵרוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים. אֵין זֶה כַּר' יֹאשִׁיָּה דִּבְסָמוּךְ דְּבָעֵי מְחִיצּוֹת כִּסְכָךְ צִלָּתוֹ מְרֻובָּה מֵחַמָּתוֹ:
Qu'il n'y ait pas entre un roseau et son voisin trois tefahim. Ceci n'est pas conforme à Rabbi Yochia [cité] plus loin, lui qui exige que les cloisons soient comme le skhakh : que son ombre l'emporte sur son soleil.
⚖️ Rosh (2)
תַּנְיָא דֹּופֶן סֻוכָּה כְּדֹופֶן שַׁבָּת. יְרוּשַׁלְמִי יֵשׁ דְּבָרִים כְּשֵׁרִים בְּסֻוכָּה וּפְסוּלִין בְּמָבוֹי פְּסוּלִין בְּסֻוכָּה וּכְשֵׁרִין בְּמָבוֹי דּוּקְרָנִין כְּשֵׁרִים בְּסֻוכָּה וּפְסוּלִין בְּמָבוֹי וְתָנֵי' כֵּן הֵבִיא ד' דּוּקְרָנִין וְסִיכֵּךְ עַל גַּבָּן בְּמָבוֹי פָּסוּל בְּסֻוכָּה כְּשֵׁירָה שְׁתֵּי דְּפָנוֹת כְּשֵׁירוֹת בְּסֻוכָּה וּפְסוּלוֹת בַּמָּבוֹי. וְתָנֵי כֵּן שְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן וּשְׁלִישִׁית אַפֵּי' טֶפַח וּבְמָבוֹי עַד שֶׁיְּהֵא מְגֻופָּף מֵאַרְבַּע רוּחוֹתָיו. רָחָב מֵעֶשֶׂר אַמָּה בְּסֻוכָּה כְּשֵׁרָה בְּמָבוֹי פָּסוּל. חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ בְּסֻוכָּה פְּסוּלָה וּבְמָבוֹי כָּשֵׁר. תַּנְיָא דֹּופֶן סֻוכָּה כְּדֹופֶן שַׁבָּת וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא בֵּין קָנֶה לַחֲבֵירוֹ ג"ט. יְתֵירָה שַׁבָּת עַל הַסֻּוכָּה שֶׁהַסֻּוכָּה נִיתֶּרֶת בְּטֶפַח וּבְשַׁבָּת אֵינָהּ נִיתֶּרֶת אֶלָּא בְּעוֹמֵד מְרֻובֶּה עַל הַפָּרוּץ פִּי' אִם הֵי' בְּהֶיקֵּף פְּתָחִים שֶׁאֵין בָּהֶן צוּרַת הַפֶּתַח מִצְטָרְפִין עִם הַפָּרוּץ לְבַטֵּל הָעוֹמֵד מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּסֻוכָּה דְּהָא סַגִּי לֵיהּ בָּב' כְּהִלְכָתָן וְכוּ' וַאֲפִילּוּ יֵשׁ בָּב' הַדְּפָנוֹת פְּתָחִים הַרְבֵּה וְאֵין לָהֶן צוּרַת הַפֶּתַח כֵּן פרש"י וְהָרַמְבַּ"ם זַ"ל כָּתַב שָׁם הֵל' י"ב וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא שָׁם פֶּתַח יוֹתֵר עַל עֶשֶׂר אֲבָל אִם הָיָה שָׁם פֶּתַח יוֹתֵר עַל עֶשֶׂר אע"פ שֶׁיֵּשׁ לוֹ צוּרַת הַפֶּתַח צָרִיךְ שֶׁלֹּא יְהֵא פָּרוּץ מְרֻובֶּה עַל הָעוֹמֵד. וְכֵן כָּתוּב בְּסֵפֶר הַמִּצְוֹת. וְדִבְרֵי תֵּימַהּ הֵן דְּהָא תְּנַן וְאִם יֵשׁ לוֹ צוּרַת הַפֶּתַח אֵין צָרִיךְ לְמַעֵט וְאֵין הֲלָכָה כְּרַב דְּאָמַר אַתַּנְיָיה צָרִיךְ לְמַעֵט וְאֵין חִילּוּק בְּצוּרַת הַפֶּתַח בֵּין עֶשֶׂר לְיוֹתֵר מֵעֶשֶׂר:
On a enseigné : la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat. [Talmud de] Jérusalem : il y a des choses valables dans la soukka et invalides dans le mavoi, et des choses invalides dans la soukka et valables dans le mavoi. Les dokranin (piquets) sont valables dans la soukka et invalides dans le mavoi ; et l'on a enseigné ainsi : s'il a apporté quatre dokranin et mis le skhakh au-dessus d'eux, dans le mavoi c'est invalide, dans la soukka c'est valable. Deux parois sont valables dans la soukka et invalides dans le mavoi ; et l'on a enseigné ainsi : deux selon leur règle et la troisième fût-ce d'un tefah -- alors que dans le mavoi il faut qu'il soit clos de ses quatre côtés. [Une ouverture] plus large que dix coudées : dans la soukka c'est valable, dans le mavoi c'est invalide. Son soleil l'emportant sur son ombre : dans la soukka c'est invalide, dans le mavoi c'est valable. On a enseigné : la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat, pourvu qu'il n'y ait pas entre un roseau et son voisin trois tefahim ; le Chabbat est plus exigeant que la soukka, car la soukka est permise par un tefah, tandis que le Chabbat n'est permis que par omed merouba al ha-parouts. Explication : si l'enceinte comportait des ouvertures dépourvues de tsourat ha-petah, elles se joignent à l'ajouré pour annuler le plein -- ce qui n'est pas le cas dans la soukka, puisqu'il lui suffit de deux [parois] selon leur règle, etc., et cela même si les deux parois comportent de nombreuses ouvertures sans tsourat ha-petah : ainsi a expliqué Rachi. Et Maimonide, de mémoire bénie, a écrit là-bas (halakha 12) : pourvu qu'il n'y ait pas là d'ouverture de plus de dix [coudées] ; mais s'il y avait là une ouverture de plus de dix, même si elle a une tsourat ha-petah, il faut que l'ajouré ne l'emporte pas sur le plein. Et c'est aussi écrit dans le Sefer ha-Mitsvot. Ce sont là des propos étonnants, car nous avons appris dans la michna : et s'il y a une tsourat ha-petah, il n'est pas besoin de réduire ; et la halakha n'est pas comme Rav qui a dit : on lui a enseigné qu'il faut réduire ; et il n'y a, pour la tsourat ha-petah, aucune distinction entre dix et plus de dix.
מַתְנִי' הַמְשַׁלְשֵׁל דְּפָנוֹת מִלְמַעְלָה לְמַטָּה אִם גְּבוֹהוֹת מִן הָאָרֶץ ג' טְפָחִים פְּסוּלָה מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה אִם גְּבוֹהוֹת מִן הָאָרֶץ י' טְפָחִים כְּשֵׁירָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר כְּשֵׁם שֶׁמִּלְּמַטָּה לְמַעְלָה י' טְפָחִים כָּךְ מִלְמַעְלָה לְמַטָּה י' טְפָחִים הִרְחִיק אֶת הַסִּיכּוּךְ מִן הַדְּפָנוֹת שְׁלֹשָׁה טְפָחִים פְּסוּלָה. ה"ג וְרַב נַטְרוֹנַאי וְהָרַמְבַּ"ן זַ"ל וה"ר יְשַׁעְיָה זַ"ל פָּסְקוּ כְּרַבָּנָן. וְרַב עַמְרָם ור"ח וְרַבֵּינוּ אֲבִי הָעֶזְרִי פָּסְקוּ כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּנִמּוּקוֹ עִמּוֹ אע"ג דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי אֶלָּא מֵחֲבֵירוֹ וְלֹא מֵחֲבֵירָיו הָא תַּנְיָא לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף טז:) כְּוָותֵיהּ וּמַחְצֶלֶת שִׁבְעָה וּמַשֶּׁהוּ מַתֶּרֶת בְּסֻוכָּה מִשּׁוּם דֹּופֶן וְהַייְנוּ לְפִי הַסְּפָרִים דְּגָרְסִינַן וּמַאי קמ"ל דִּמְשַׁלְשְׁלִין דְּפָנוֹת מִלְמַעְלָה לְמַטָּה וְכֵן בַּעַל הָעִיטּוּר פָּסַק כְּרַבִּי יוֹסֵי מֵהַהִיא בָּרַיְיתָא וּפֵירֵשׁ קמ"ל דִּמְשַׁלְשְׁלִין מִלְמַעְלָה לְמַטָּה אֲפִילּוּ לְכַתְּחִילָּה כְּרַבִּי יוֹסֵי דְּאִי מִמַּתְנִיתִין הֲוָה אָמֵינָא דַּוְקָא בְּדִיעֲבַד אֲבָל לְכַתְּחִילָּה לָא וְזוֹ הַגִּירְסָא הִיא בְּרוֹב הַסְּפָרִים אֲבָל לְגִירְסַת רַשִׁ"י אֵין רְאָיָה מִשָּׁם דְּרַשִׁ"י גָּרֵיס כִּי תַּנְיָא הָהִיא בְּסֻוכָּה גְּדוֹלָה וְתוּ לָא פֵּירוּשׁ בְּסֻוכָּה גְּבוֹהָה הַרְבֵּה שֶׁאֵין יָכוֹל לוֹמַר בָּהּ שְׁנֵי לִבּוּדִין הִלְכָּךְ בָּעֵי מַחְצֶלֶת ז' וּמַשֶּׁהוּ וּמַעֲמִידָהּ בְּפָחוֹת מִג' סָמוּךְ לַקַּרְקַע וְאָתְיָא כְּרַבָּנָן. ורי"ץ גֵּיאוּת זַ"ל פָּסַק כְּרַבָּנָן דקי"ל לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ז.) דֹּופֶן סֻוכָּה כְּדֹופֶן שַׁבָּת וקי"ל בְּשַׁבָּת דְּאֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בַּמַּיִם וְכֵן דַּעַת ה"ר אַלְפָסִי זַ"ל מִדְּלָא פָּסַק כְּרַבִּי יוֹסֵי אַלְמָא סָבַר דַּהֲלָכָה כְּרַבִּים וְכֵן הִלְכְתָא: דַּף טז ע"ב
Michna : celui qui fait descendre les parois de haut en bas -- si elles sont éloignées du sol de trois tefahim, elle est invalide ; de bas en haut -- si elles ont dix tefahim de hauteur, elle est valable. Rabbi Yosse dit : de même que de bas en haut dix tefahim [suffisent], de même de haut en bas dix tefahim. S'il a éloigné le skhakh des parois de trois tefahim, elle est invalide. Ainsi lisent le Behag (Halakhot Guedolot), Rav Netronai, le Ramban de mémoire bénie et Rabbi Yechaya de mémoire bénie, qui ont tranché comme les Sages. Et Rav Amram, Rabbenou Hananel et Rabbenou Avi ha-Ezri ont tranché comme Rabbi Yosse, dont le raisonnement est solide (nimouko imo) -- bien que la halakha ne suive Rabbi Yosse que face à un seul collègue et non face à plusieurs -- car on a enseigné plus loin (Soukka 16b) comme lui : une natte de sept [tefahim] et un rien rend la soukka permise à titre de paroi. Et cela suit les livres qui lisent : "et que nous apprend-il ? Que l'on fait descendre les parois de haut en bas." De même l'auteur du Ittour a tranché comme Rabbi Yosse à partir de cette barayta, et il a expliqué : il nous apprend qu'on fait descendre de haut en bas même à priori, comme Rabbi Yosse -- car de la michna j'aurais dit : seulement à posteriori, mais non à priori. Cette leçon se trouve dans la plupart des livres. Mais selon la leçon de Rachi il n'y a pas de preuve à en tirer, car Rachi lit : "lorsqu'on a enseigné cela, c'est dans une grande soukka", et rien de plus -- c'est-à-dire dans une soukka très haute, où l'on ne peut pas invoquer deux lavoud ; dès lors il faut une natte de sept et un rien, qu'il place à moins de trois près du sol, et cela suit les Sages. Et Ritz Guiat, de mémoire bénie, a tranché comme les Sages, car nous tenons plus haut (Soukka 7a) que la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat, et nous tenons pour le Chabbat qu'une cloison suspendue ne rend permis que sur l'eau -- c'est un allègement que les Sages ont accordé pour l'eau. Telle est aussi l'opinion du Rav Alfassi de mémoire bénie, puisqu'il n'a pas tranché comme Rabbi Yosse : il tient donc que la halakha suit la majorité. Et telle est la halakha. (folio 16b)
💡 Explication

Abaye conteste l'usage même du migo, et pour cela il produit une barayta qui traite précisément du rapport entre les deux domaines. Son premier volet semble aller dans le sens de Rava : la paroi de la soukka est comme la paroi du Chabbat -- ce sont les mêmes techniques de clôture.

Rachi détaille lesquelles. Pour le Chabbat, les Sages ont admis des cloisons ajourées : une cloison de chetei (fils verticaux) sans erev -- on entoure de roseaux plantés, pourvu que l'écart entre deux roseaux reste sous trois tefahim, le lavoud faisant le reste ; ou l'inverse, une cloison de erev sans chetei -- trois cordes tendues horizontalement. Ces montages laissent bien plus de vide que de plein, et ils valent pourtant. La barayta dit qu'ils valent aussi pour la soukka.

Rachi ajoute une précision fine : l'exigence de rester sous trois tefahim ne vaut que lorsque les ouvertures sont nombreuses, au point que l'ajouré l'emporte. Un seul écart, ou deux, ne sont pas des brèches : ce sont des ouvertures, et les ouvertures ne se comptent pas contre la cloison.

13
וִיתֵירָה, שַׁבָּת עַל סֻוכָּה, שֶׁהַשַּׁבָּת אֵינָהּ נִתֶּרֶת אֶלָּא בְּעוֹמֵד מְרֻובֶּה עַל הַפָּרוּץ, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּסֻוכָּה.

Et le Chabbat est plus exigeant que la soukka : car le Chabbat n'est permis que par omed merouba al ha-parouts (le plein l'emportant sur l'ajouré) -- ce qui n'est pas le cas pour la soukka.

📜 Rachi (2)
שֶׁהַשַּׁבָּת אֵינָהּ נִתֶּרֶת אִם יֵשׁ בָּהּ פְּתָחִים הַרְבֵּה שֶׁאֵין בָּהֶם צוּרַת הַפֶּתַח וְרַבִּים עַל הָעוֹמֵד וּמְבַטְּלִי לֵיהּ לָעוֹמֵד:
Car le Chabbat n'est pas permis -- s'il y a de nombreuses ouvertures dépourvues de tsourat ha-petah et qu'elles l'emportent sur le plein, elles l'annulent.
מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּסֻוכָּה דְּסַגִּי לֵיהּ בִּשְׁתַּיִם כְּהִלְכָתָן וּשְׁלִישִׁית אֲפִילּוּ טֶפַח וַאֲפִילּוּ הָיוּ לָהּ פְּתָחִים בִּשְׁתֵּי הַדְּפָנוֹת אֶחָד אוֹ שְׁנַיִם דְּכִי מִצְטָרֶפֶת לְהוּ בַּהֲדֵי שְׁתַּיִם הַפְּרוּצוֹת הֲוָה לֵיהּ פָּרוּץ מְרֻובֶּה שָׁרְיָא:
Ce qui n'est pas le cas pour la soukka -- car il lui suffit de deux [parois] selon leur règle et d'une troisième fût-ce d'un tefah ; et même si les deux parois avaient des ouvertures, une ou deux, de sorte qu'en les joignant aux deux [côtés] ouverts l'ajouré l'emporte, elle est permise.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁהַשַּׁבָּת אֵינָהּ נִיתֶּרֶת אֶלָּא בְּעוֹמֵד מְרֻובֶּה עַל הַפָּרוּץ. מַשְׁמַע הָא כְּפָרוּץ אָסוּר וְהָוֵי מָצֵי לְאַקְשׁוּיֵי מֵהָכָא לְרַב פָּפָּא דְּאָמַר פּ"ק דְעֵירוּבִין (ד' טו:) פָּרוּץ כְּעוֹמֵד מֻותָּר וּבְלָאו הָכִי אִיתּוֹתַב הָתָם אַף עַל גַּב דְּהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ כִּדְאָמְרִינַן הָתָם מִשּׁוּם דְּדָיְיקִינַן מַתְנִיתִין כְּוָותֵיהּ כִּדְאָמַר הָתָם וְאִי גָּרְסִינַן הָכָא שֶׁהַשַּׁבָּת אֵינָהּ נִיתֶּרֶת בְּפָרוּץ מְרֻובֶּה עַל הָעוֹמֵד אָתֵי שַׁפִּיר:
Car le Chabbat n'est permis que par le plein l'emportant sur l'ajouré. Cela implique qu'à égalité (parouts ke-omed) ce serait interdit -- et l'on aurait pu objecter d'ici à Rav Papa, qui a dit au premier chapitre de Erouvin (15b) que parouts ke-omed est permis. Mais de toute façon il a été réfuté là-bas, bien que la halakha soit comme lui, ainsi qu'on le dit là-bas, parce que nous déduisons la michna dans son sens, comme il est dit là-bas. Et si l'on lit ici : "car le Chabbat n'est pas permis avec l'ajouré l'emportant sur le plein", tout s'accorde.
💡 Explication

Second volet de la barayta, et c'est lui qui porte l'objection. Après avoir rapproché les deux domaines, elle les sépare sur un point : le Chabbat exige omed merouba al ha-parouts, que le plein l'emporte sur l'ajouré. La soukka non.

Rachi précise ce qui se compte. Les ouvertures munies d'une tsourat ha-petah ne comptent pas contre la cloison ; celles qui n'en ont pas s'additionnent à l'ajouré et peuvent finir par annuler le plein. Pour la soukka, au contraire, deux parois et un tefah suffisent -- et même si ces deux parois sont elles-mêmes trouées d'une ou deux ouvertures, si bien qu'au total l'ajouré l'emporte largement, elle reste kachère.

Tossefot relève au passage une difficulté technique : la formulation seulement par omed merouba implique que parouts ke-omed (à égalité) serait interdit -- ce qui contredit Rav Papa. La solution proposée est une variante de lecture : si l'on lit le Chabbat n'est pas permis avec l'ajouré l'emportant sur le plein, le problème disparaît.

14
מַאי לַָאו: יְתֵירָה שַׁבָּת דְּסֻוכָּה אַסֻּוכָּה, וְלָא אָמְרִינַן מִגּוֹ!

N'est-ce pas [ceci] : le Chabbat de la soukka est plus exigeant que la soukka [elle-même] -- et [donc] nous ne disons pas migo !

📜 Rachi (1)
מַאי לַָאו אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הֶחָג קָאָמַר דְּלָא מִישְׁתַּרְיָא לְטִלְטוּלֵי וְהָכִי קָאָמַר יְתֵירָה הִלְכוֹת טִלְטוּל שַׁבָּת דְּסֻוכָּה אַהִלְכוֹת הֶכְשֵׁר סֻוכָּה לֶאֱכֹול וְלִישֹׁן וְלָצֵאת יְדֵי חוֹבַת סֻוכָּה דִּלְעִנְיַן מִיפָּק יְדֵי חוֹבָתוֹ נָפֵיק וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְטַלְטֵל בָּהּ אֶלָּא אַרְבָּעָה וְלֹא יַכְנִיס מִתּוֹכָהּ לַבַּיִת:
N'est-ce pas -- [la barayta] parle même du Chabbat qui tombe dans la fête, [disant] qu'il n'y est pas permis d'y transporter ; et voici ce qu'elle dit : les lois du transport du Chabbat de la soukka sont plus exigeantes que les lois de la validité de la soukka pour y manger, y dormir et s'acquitter de l'obligation de la soukka -- car pour s'acquitter de son obligation il s'en acquitte, mais à condition de n'y pas transporter au-delà de quatre [coudées] et de ne rien faire entrer de son intérieur vers la maison.
💡 Explication

Voici le coup porté. Abaye lit la barayta ainsi : la comparaison se fait à l'intérieur de la fête. Une même soukka, aux mêmes cloisons ajourées, est valable en tant que soukka -- on y mange, on y dort, on s'acquitte de l'obligation -- et pourtant elle ne vaut pas en tant que domaine privé le Chabbat de cette même fête.

Rachi explicite la conséquence pratique : on s'acquitte bien de la mitsva, mais à condition de n'y pas transporter au-delà de quatre coudées et de ne rien faire passer de la soukka vers la maison. Si la barayta dit cela, elle refuse exactement ce que Rava affirmait : ce qui est paroi pour la soukka n'est pas ipso facto cloison pour le Chabbat.

15
לֹא: יְתֵירָה שַׁבָּת דְּעָלְמָא עַל שַׁבָּת דְּסֻוכָּה.

Non : le Chabbat ordinaire est plus exigeant que le Chabbat de la soukka.

📜 Rachi (1)
לֹא הָכִי קָאָמַר יְתֵירָה הִלְכוֹת טִלְטוּל שַׁבָּת דְּעָלְמָא אַהִלְכוֹת טִלְטוּל שַׁבָּת דְּסֻוכָּה שֶׁשַּׁבָּת דְּעָלְמָא אֵינָהּ נִתֶּרֶת אֶלָּא בְּעוֹמֵד מְרֻובֶּה דְּלֵיכָּא לְמֵימַר בָּהּ מִיגּוֹ וְשַׁבָּת דְּסֻוכָּה נִתֶּרֶת מִשּׁוּם מִיגּוֹ:
Non -- voici ce qu'elle dit : les lois du transport du Chabbat ordinaire sont plus exigeantes que les lois du transport du Chabbat de la soukka ; car le Chabbat ordinaire n'est permis que par omed merouba, puisqu'on ne peut y invoquer aucun migo, tandis que le Chabbat de la soukka est permis en vertu du migo.
💡 Explication

Rava ne touche pas au texte : il déplace le point de comparaison. Ce n'est pas le Chabbat de Soukkot contre la soukka, c'est le Chabbat de toute l'année contre le Chabbat de Soukkot.

Ainsi lue, la barayta dit exactement l'inverse de ce qu'Abaye y voyait. Rachi : le Chabbat ordinaire exige omed merouba parce qu'il n'a rien à qui emprunter -- il n'y a là aucun migo possible ; le Chabbat de Soukkot, lui, est permis précisément en vertu du migo. La rigueur signalée par la barayta n'est plus une objection au migo : elle en est la trace.

🖼️ Schéma
Une phrase de la barayta, deux lectures : où passe la comparaison ? Yetera Chabbat al soukka -- le Chabbat dépasse la soukka. Mais quel Chabbat, et quelle soukka ? Lecture d'Abaye : le migo tombe Chabbat DE SOUKKOT porter dans la soukka SOUKKA y manger, y dormir La comparaison reste à l'intérieur de la fête : la soukka est kachère, mais on n'y porte pas. Donc le tefah vaut pour la soukka et ne vaut PAS pour le Chabbat : on ne dit pas migo. Rava est réfuté. Réponse de Rava : le migo tient Chabbat ORDINAIRE omed merouba exigé Chabbat DE SOUKKOT le tefah suffit La comparaison se fait entre deux Chabbats, et non entre le Chabbat et la soukka. Le Chabbat ordinaire est plus dur parce qu'il n'a pas de soukka à qui emprunter ses cloisons. Le migo est sauf. Même mot, même barayta : tout dépend du terme qu'on choisit comme point de comparaison. Rava ne change pas le texte -- il déplace la ligne de partage.
La même phrase, deux points de comparaison : selon celui qu'on retient, le migo tombe ou se confirme.
16
אִי הָכִי, לִיתְנֵי נָמֵי: יְתֵירָה סֻוכָּה דְעָלְמָא אַסֻּוכָּה דְשַׁבָּת, דְּאִילּוּ סֻוכָּה דְּעָלְמָא בָּעֲיָא טֶפַח שׂוֹחֵק, וְאִילּוּ סֻוכָּה דְּשַׁבָּת לָא בָּעֲיָא טֶפַח שׂוֹחֵק, וְסַגִּי בְּלֶחִי.

S'il en est ainsi, qu'elle enseigne aussi : la soukka ordinaire est plus exigeante que la soukka du Chabbat -- car la soukka ordinaire requiert un tefah sohek, tandis que la soukka du Chabbat ne requiert pas de tefah sohek, et un lehi (montant) lui suffit.

📜 Rachi (2)
וְאִי שַׁבָּת דְּעָלְמָא קָאָמַר אֲבָל שַׁבָּת דְּסֻוכָּה וְהִלְכוֹת הֶכְשֵׁר סֻוכָּה שָׁוִין מִשּׁוּם מִיגּוֹ לִיתְנֵי נָמֵי יְתֵירָה הִלְכוֹת הֶכְשֵׁר סֻוכָּה דְּעָלְמָא דְּחוֹל אַהִלְכוֹת הֶכְשֵׁר סֻוכָּה דְּשַׁבָּת:
Et si c'est du Chabbat ordinaire qu'elle parle, mais que le Chabbat de la soukka et les lois de la validité de la soukka soient égaux en vertu du migo, qu'elle enseigne aussi : les lois de la validité de la soukka en semaine sont plus exigeantes que les lois de la validité de la soukka du Chabbat.
וְאִילּוּ סֻוכָּה דְּשַׁבָּת אִם עֲשׂוּיָה כְּמָבוֹי שְׁתֵּי דָּפְנוֹתֶיהָ זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ סַגִּי לָהּ בְּלֶחִי זָקוּף אֵצֶל הַיּוֹצֵא אע"ג דְּאֵין רָחְבּוֹ טֶפַח דְּמִיגּוֹ דְּהָוֵי דֹּופֶן לְשַׁבָּת הָוֵי נָמֵי דֹּופֶן לְסֻוכָּה דְּהָא מַר מִשּׁוּם דְּאִית לֵיהּ מִיגּוֹ אָמַר הָכִי לְדִידָךְ דַּאֲמַרְתְּ לֶחִי מִשּׁוּם מְחִיצָּה וְהַזּוֹרֵק לְמָבוֹי מְפֻולָּשׁ שֶׁיֵּשׁ לוֹ לֶחִי חַיָּיב אַלְמָא מִדְּאוֹרַיְיתָּא מְחִיצָּה הִיא וּמִתּוֹכוֹ לִרְשׁוּת הַיָּחִיד נְהִי דְּמִדְּרַבָּנָן אָסוּר מִדְּאוֹרַיְיתָּא מִיהָא מֻותָּר דְּהָא מַר מִשּׁוּם דְּאִית לֵיהּ מִיגּוֹ אֲמַר הָכִי:
Tandis que la soukka du Chabbat -- si elle est faite comme un mavoi, ses deux parois se faisant face, un lehi dressé près du yotse lui suffit, bien que sa largeur n'atteigne pas un tefah ; car migo qu'il est paroi pour le Chabbat, il est aussi paroi pour la soukka. Et de fait, c'est bien le maître qui, parce qu'il tient le migo, a parlé ainsi. Selon toi qui dis que le lehi [vaut] à titre de cloison, et que celui qui lance [un objet] dans un mavoi mefoulach pourvu d'un lehi est passible -- il apparaît que d'ordre toranique c'est une cloison ; et [pour porter] de son intérieur vers le domaine privé, certes c'est interdit d'ordre rabbinique, mais d'ordre toranique du moins c'est permis. Car c'est bien le maître qui, parce qu'il tient le migo, a parlé ainsi.
💡 Explication

Abaye accepte le principe de la relecture, mais en tire une conséquence gênante. Si le migo joue vraiment, alors il joue dans les deux sens : de même que la soukka prête ses cloisons au Chabbat, le Chabbat devrait prêter les siennes à la soukka. Et la barayta devrait alors signaler aussi cette seconde asymétrie.

Le cas est précis. Dans une soukka faite comme un mavoi, il faut normalement un tefah sohek. Mais le Chabbat, un simple lehi -- le montant dressé à l'entrée d'une ruelle, de n'importe quelle largeur -- suffit déjà à rendre le mavoi praticable. Rachi rappelle pourquoi cela devrait suffire pour la soukka aussi : Rava lui-même tient que le lehi vaut à titre de cloison, puisque celui qui lance un objet dans une ruelle munie d'un lehi est passible -- preuve que d'ordre toranique il s'agit bien d'une cloison. Le migo devrait donc l'importer dans la soukka.

17
דְּהָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ: סִיכֵּךְ עַל גַּבֵּי מָבוֹי שֶׁיֵּשׁ לוֹ לֶחִי — כָּשֵׁר!

Car c'est toi-même qui as dit : s'il a mis le skhakh sur un mavoi pourvu d'un lehi -- elle est kachère !

📜 Rachi (1)
סִיכֵּךְ עַל גַּבֵּי מָבוֹי מְפֻולָּשׁ שֶׁיֵּשׁ לוֹ לֶחִי כְּשֵׁרָה בְּשַׁבָּת וְלֹא בְּחוֹל דְּמִיגּוֹ דְּהָוֵי דֹּופֶן לְשַׁבָּת לְמֶהֱוֵי רְשׁוּת הַיָּחִיד הָוֵי דֹּופֶן לְעִנְיַן סֻוכָּה:
S'il a mis le skhakh sur un mavoi mefoulach pourvu d'un lehi, elle est kachère -- le Chabbat, et non en semaine ; car migo qu'il est paroi pour le Chabbat, en sorte que ce soit un domaine privé, il est paroi quant à la soukka.
💡 Explication

Abaye ferme sa question par une citation de Rava contre Rava. La règle est bien de lui : couvrir de skhakh une ruelle munie d'un lehi produit une soukka valable. Rachi ajoute la restriction qui donne tout son sens à la citation : le Chabbat, et non en semaine. Le lehi ne devient paroi de soukka que les jours où il est déjà cloison pour le Chabbat.

C'est donc bien un migo qui descend du Chabbat vers la soukka -- exactement le mouvement inverse de celui du segment 10. Si Rava l'admet, la barayta aurait dû le mentionner.

18
הָהוּא לָא אִצְטְרִיכָא לֵיהּ, הַשְׁתָּא מִקִּילְּתָא לַחֲמִירְתָּא אָמְרִינַן, מֵחֲמִירְתָּא לְקִילְּתָא לֹא כָּל שֶׁכֵּן.

Celle-là, [la barayta] n'en avait pas besoin : maintenant que du léger vers le lourd nous disons [le migo], du lourd vers le léger -- à plus forte raison !

📜 Rachi (3)
הַהוּא לָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאַשְׁמְעִינַן דִּיתֵירָה סֻוכָּה דְעָלְמָא אַסֻּוכָּה דְשַׁבָּת מִשּׁוּם דְּמֵרֵישָׁא שָׁמְעִינַן לֵיהּ:
Celle-là, il n'en avait pas besoin -- [pas besoin] de nous enseigner que la soukka ordinaire est plus exigeante que la soukka du Chabbat, puisque du début [de la barayta] nous l'avons déjà appris.
דְּהַשְׁתָּא מִקִּילְּתָא לַחֲמִירְתָּא אָמַר מִיגּוֹ מִיגּוֹ דְּהָוֵי דֹּופֶן לְסֻוכָּה דְּקִילָא הָוֵי דֹּופֶן לְשַׁבָּת דַּחֲמִירָא:
Car maintenant que du léger vers le lourd on dit le migo -- migo qu'il est paroi pour la soukka, qui est légère, il est paroi pour le Chabbat, qui est lourd.
מֵחֲמִירְתָּא לְקִילְּתָא מִיבַּעְיָא דְּמָבוֹי שֶׁיֵּשׁ לוֹ לֶחִי זָקוּף דְּכָשֵׁר לְסֻוכָּה בְּשַׁבָּת:
Du lourd vers le léger, est-il besoin de le dire ? -- à savoir : un mavoi pourvu d'un lehi dressé, qui est valable pour la soukka le Chabbat.
💡 Explication

Rava ne nie rien : il explique un silence. La barayta n'avait pas à enseigner le second sens du migo, parce qu'il découle du premier par kal va-homer (à fortiori).

L'échelle des gravités est explicite chez Rachi : la soukka est kilta, légère -- une mitsva positive, sans sanction de karet ; le Chabbat est hamirta, lourd -- un interdit passible de karet. Or c'est le trajet du léger vers le lourd qui est audacieux : accepter une cloison venue du domaine indulgent pour trancher un interdit grave. Une fois cette audace admise (segment 10), le trajet inverse -- importer dans la soukka une cloison déjà reconnue par le Chabbat -- ne surprend plus personne. On n'enseigne pas ce qui va de soi.

🖼️ Schéma
Pourquoi la barayta n'avait pas à le dire : le migo descend tout seul SOUKKA -- kilta (léger) Mitsva positive, pas de karet. Un tefah y fait paroi. CHABBAT -- hamirta (lourd) Interdit passible de karet. Exige omed merouba. Rava l'a enseigné (seg. 10) le léger prête au lourd le lourd prête au léger : à plus forte raison Le raisonnement de Rava Si l'on ose déjà faire monter une cloison depuis le domaine léger vers le domaine lourd -- soukka vers Chabbat, la où une erreur coûte cher -- alors le trajet inverse, du lourd vers le léger, va de soi : rien à enseigner.
Le migo monte du léger vers le lourd ; le retour se déduit à plus forte raison, et n'a donc pas à être enseigné.
19
גּוּפָא. אָמַר רָבָא:

[Revenons] à la chose même (goufa). Rava a dit :

💡 Explication

Le folio s'arrête sur le mot goufa, formule technique par laquelle la guemara revient à un enseignement qu'elle n'avait cité qu'en passant, pour l'étudier cette fois pour lui-même. L'enseignement visé est celui du segment 16 : couvrir de skhakh une ruelle munie d'un lehi.

La phrase de Rava est coupée net -- sa suite, et la sougya du skhakh posé sur le mavoi et sur l'akhsadra, occupent le début de 7b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).