Sougya : Le folio achève d'abord le dossier du migo ouvert en 7a. Rava avait enseigné que le skhakh posé sur une ruelle munie d'un lehi donne une soukka kachère, et de même celui qu'on pose sur les passei bira'ot, ces quatre panneaux d'angle qui tiennent lieu de cloisons autour d'un puits.
La guemara démontre par une tsrikhouta que ni l'un ni l'autre ne suffisait : la ruelle a deux parois pleines mais pas le nom de quatre cloisons, les passin ont le nom de quatre cloisons mais pas une seule paroi pleine -- et aucun des deux n'aurait appris que le migo joue aussi du léger vers le lourd. La michna reprend ensuite : une soukka dont le soleil l'emporte sur l'ombre est passoul.
Mais quel soleil ? Pour les Sages, celui du skhakh seul ; pour Rabbi Yochia, celui des parois aussi -- car le verset ve-sakota al ha-aron appelle skhakh un simple rideau, le parokhet, signe que la cloison doit valoir la couverture.
Les Sages répondent que le verset prescrivait seulement de replier un peu le haut du rideau. Abaye rassemble alors huit positions éparses -- Rabbi et ses quatre coudées, Rabbi Yochia et ses parois opaques, Rabbi Yehouda qui valide au-dessus de vingt coudées, Rabbi Chimon et sa quatrième paroi, Rabban Gamliel qui refuse le chariot et le navire, Beit Chammai qui veut la table dedans, Rabbi Eliezer qui exige un vrai toit, Aherim qui exigent des angles -- et montre qu'un seul principe les tient : la soukka doit être une dirat keva, une demeure permanente.
Tossefot avertit qu'ils ne s'accordent pourtant pas sur la mesure, et le Roch que cette liste est une chita dont la halakha ne suit personne. Le folio se termine sur Rabbi Yo'hanan et sa soukka ronde en forme de four, qui doit pouvoir asseoir vingt-quatre personnes le long de son tour.
Rattachée à Rabbi, la mesure est aussitôt contestée par un calcul : un homme occupe une coudée, vingt-quatre coudées de tour font huit de diamètre, le double des quatre requis. Douze auraient suffi -- et la réponse attendra 8a.
S'il a posé le skhakh au-dessus d'une ruelle (mavoi) qui possède un lehi (montant latéral) -- elle est kachère.
Le folio s'ouvre sur la suite immédiate du goufa commencé à la fin de 7a : la série des enseignements de Rava bâtis sur le migo. Le principe est toujours le même : ce qui vaut comme cloison dans un domaine du droit vaut aussi comme paroi dans l'autre.
Le mavoi est la ruelle fermée sur trois côtés par les murs des maisons et ouverte d'un côté sur le domaine public. Pour y transporter le Chabbat, les Sages exigent un aménagement (tikoun) à l'entrée : un lehi, montant vertical posé contre l'un des côtés, ou une kora, poutre horizontale posée en travers. Rava enseigne que ce lehi, qui n'est qu'un signe pour la ruelle, tient lieu de paroi pour la soukka bâtie sous ce skhakh.
Tossefot voit tout de suite l'objection : si la ruelle a déjà trois murs pleins, la soukka est kachère sans le lehi, puisque nous tranchons comme les Sages -- deux parois selon leur règle et une troisième fût-elle d'un tefah. Il faut donc supposer que le skhakh n'a été posé que dans la partie proche du lehi : la soukka n'a alors que deux parois, et c'est bien le lehi qui fournit la troisième.
Et Rava a dit : s'il a posé le skhakh au-dessus des passéi bira'ot (les panneaux dressés autour d'un puits) -- elle est kachère.
Deuxième application du migo, et beaucoup plus audacieuse. Les passéi bira'ot sont une institution décrite dans Erouvin : pour que les pèlerins montant à Jérusalem puissent puiser l'eau des puits situés en plein domaine public, les Sages ont dispensé d'y bâtir de vraies cloisons. Il suffit de quatre diyomadin -- des équerres doubles, une coudée de chaque côté -- plantées aux quatre angles. La halakha considère alors qu'une cloison relie chaque panneau au suivant, et l'espace devient domaine privé.
Rava enseigne que ce même dispositif fait paroi pour la soukka. La hardiesse saute aux yeux : ici, presque tout est ouvert. Il n'y a pas une seule paroi pleine, seulement quatre angles et beaucoup de vide -- et pourtant le skhakh posé par-dessus donne une soukka valide, alors même que nous exigeons d'ordinaire deux parois selon leur règle, comme le relève Rachi.
Tossefot pousse plus loin encore : cette permission des puits n'avait été donnée qu'aux pèlerins, et même pour eux seulement pour abreuver leurs bêtes -- un homme, lui, devait descendre et remonter en s'agrippant. Malgré cette étroitesse, on applique le migo, parce que d'un point de vue toranique l'enclos vaut en toute hypothèse, et que la mitsva de soukka justifie de ne pas ajouter d'interdit rabbinique.
Et il fallait [les trois enseignements]. Car s'il ne nous avait enseigné que la ruelle, [j'aurais dit que c'est] parce qu'il y a là deux parois pleines ; mais s'agissant des passéi bira'ot, où il n'y a pas deux parois pleines -- j'aurais dit que non.
La guemara entreprend une tsrikhouta : montrer qu'aucun des trois enseignements de Rava ne se déduit des autres, et qu'il a donc fallu les énoncer tous les trois. Rachi précise le compte : les trois sont la ruelle à lehi, les passéi bira'ot, et le vekhen là-Chabbat énoncé à la fin de 7a.
Première branche : la ruelle a bien deux defanot me'alyata, deux parois pleines et véritables -- les murs des maisons qui la bordent. On aurait pu croire que le migo n'opère que sur ce socle solide, et qu'il ne fait qu'achever ce que la construction a déjà presque acquis.
Et s'il ne nous avait enseigné que les passéi bira'ot, [j'aurais dit que c'est] parce qu'il y a là la dénomination de quatre parois ; mais s'il a posé le skhakh au-dessus d'une ruelle, où il n'y a pas là dénomination de quatre parois -- j'aurais dit que non.
Deuxième branche, symétrique de la première. Les passéi bira'ot n'ont aucune paroi pleine, mais ils ont autre chose que la ruelle n'a pas : le chem arba mehitsot, la dénomination de quatre cloisons. Rachi décrit le dispositif : quatre diyomadin orientés vers les quatre points, chacun offrant une coudée de chaque côté de l'angle -- soit deux panneaux pour chaque cloison virtuelle.
Les deux premiers cas se neutralisent donc exactement : l'un a la substance sans le nombre, l'autre le nombre sans la substance. Aucun ne peut servir de source unique.
Et s'il ne nous avait enseigné que ces deux-là, [j'aurais dit que le migo ne joue que] du plus sévère vers le plus léger ; mais du plus léger vers le plus sévère -- j'aurais dit que non. Il fallait donc [les trois].
Troisième branche, et elle change d'axe. Les deux premiers cas partaient tous deux du Chabbat -- domaine sévère -- pour arriver à la soukka. Le troisième enseignement, vekhen là-Chabbat (fin de 7a), fait le trajet inverse : le tefah qui est paroi pour la soukka devient cloison pour le Chabbat de la fête.
Sans cet énoncé, on aurait limité le migo au sens descendant, me-hamirta le-kilta. Rava a donc dû dire les trois. On notera que la question de fond -- le migo monte-t-il vraiment du léger vers le lourd ? -- a occupé la seconde moitié de 7a, avec l'objection d'Abaye et le kal va-homer final de Rava.
[Michna] : <i>Et celle dont le soleil est plus abondant que son ombre -- elle est passoul (invalide).</i>
La guemara revient à la michna du début du traité et reprend sa dernière clause. La règle est simple dans son énoncé : le skhakh doit donner plus d'ombre que de soleil. Une couverture trop clairsemée ne couvre pas.
Mais la formule est ambiguë : hamatah meruba mi-tsilatah, son soleil plus abondant que son ombre -- le soleil de quoi ? De la seule couverture, ou de tout ce qui laisse entrer la lumière, parois comprises ? C'est la question que va poser la barayta.
Nos maîtres ont enseigné : [il s'agit de] son soleil venu du fait du skhakh, et non du fait des parois. Rabbi Yochia dit : du fait des parois aussi.
La barayta tranche l'ambiguïté -- et ouvre une controverse. Pour le tana kama, seul compte le soleil qui traverse le skhakh : si la couverture donne plus d'ombre que de lumière, la soukka est kachère, même si les parois sont si ajourées que l'ensemble baigne dans le soleil. Les parois de la soukka n'ont pas à être opaques ; elles n'ont qu'à délimiter.
Rabbi Yochia refuse cette dissociation : af me-hamat defanot, même le soleil qui entre par les côtés invalide. Autrement dit, la paroi doit être de même qualité que la couverture. On verra au segment suivant qu'il tire cela d'un verset, et au segment 9 qu'Abaye en fait un cas particulier d'un principe beaucoup plus large : la soukka doit ressembler à une maison.
Rav Yeimar bar Chelemya a dit au nom d'Abaye : quel est le motif de Rabbi Yochia ? -- Car il est écrit : <i>Et tu masqueras (ve-sakota) l'arche avec le parokhet</i> (Ex. 40, 3).
Or le parokhet est une cloison, et pourtant l'Écriture l'a appelé <i>skhakh (couverture)</i> : c'est donc que nous exigeons que la cloison soit comme le skhakh.
Le motif de Rabbi Yochia est un rapprochement de vocabulaire. Le verset ordonne de ve-sakota -- de couvrir, de la racine s-k-k, celle-là même du skhakh -- l'arche avec le parokhet. Or le parokhet n'est pas un toit : c'est un rideau tendu verticalement, une mehitsa, une cloison, comme le montre Rachi par le verset et le parokhet séparera pour vous.
La Torah appelle donc skhakh une cloison. Rabbi Yochia en tire une équivalence de statut : la paroi doit avoir les propriétés du skhakh -- et en premier lieu celle d'arrêter le soleil. D'où sa position : le soleil qui entre par les parois invalide comme celui qui traverse la couverture.
Tossefot prévient une confusion. Nous savons déjà, depuis 6b, que les parois de la soukka se dérivent du mot ba-soukkot. Pourquoi Rabbi Yochia n'a-t-il pas tiré son équivalence de là ? Parce que cette dérivation-là repose sur un yitoura, un mot superflu, qui enseigne l'existence de parois mais rien de leur nature. La preuve : nul ne soutient que les parois doivent être faites de déchets de l'aire et du pressoir, alors que le skhakh, lui, y est tenu.
Et les Sages ? -- Ce [verset leur enseigne] qu'il faut en replier un peu [le haut], de sorte qu'il ait l'apparence d'un skhakh.
Réponse des Sages : le verbe ve-sakota n'établit aucune équivalence entre paroi et couverture. Il prescrit un détail de montage : que l'on replie le haut du parokhet, de façon qu'une petite portion fasse comme un toit au-dessus de l'arche. Le mot garde ainsi son sens propre de couverture, sans qu'on ait à l'appliquer à une cloison.
Rachi décompose la réponse en deux temps : d'abord la question que les Sages retournent -- que signifie donc ce ve-sakota ? -- puis la réponse : qu'il en fasse, sur une partie, comme une sorte de toit.
Abaye a dit : Rabbi, Rabbi Yochia, Rabbi Yehouda, Rabbi Chimon, Rabban Gamliel, Beit Chammai, Rabbi Eliezer et Aherim -- tous tiennent que nous exigeons de la soukka une demeure permanente (dirat keva).
Abaye opère ici un geste de synthèse qui donne au folio sa seconde moitié. Huit positions dispersées dans le traité, chacune portant sur un détail différent -- la surface, la hauteur, le nombre de parois, la stabilité, le toit, les angles -- se laissent ramener à un seul désaccord de principe : la soukka doit-elle être une dirat keva, une demeure permanente, ou une dirat arai, une demeure de passage ?
Rachi définit la dirat keva de façon concrète : apte à un usage permanent et qui a l'aspect d'une maison. Chacun des huit tanaim exige donc de la soukka un trait de maison, et invalide ce qui ne l'a pas.
Tossefot pose aussitôt la limite de l'exercice : ils ne sont pas identiques. Rabbi réclame quatre coudées sur quatre ; Beit Chammai se contente de la place d'une tête, d'un corps et d'une table. Le principe commun ne prescrit pas la même mesure à chacun -- c'est une famille de raisonnements, non une position unique. Tossefot renvoie à un cas de figure identique dans Yevamot 51b.
Rabbi -- comme il est enseigné : Rabbi dit : toute soukka qui n'a pas quatre coudées sur quatre coudées est passoul.
Première pièce du dossier. Quatre coudées sur quatre, c'est la surface minimale d'une pièce habitable : la mesure d'une maison, non d'un abri. Rabbi est celui qui exige le plus grand format -- ce dont la guemara se souviendra au segment 19, lorsqu'il faudra trouver un tana assez exigeant pour soutenir Rabbi Yo'hanan.
Rabbi Yochia -- c'est ce que nous venons de dire.
Pas besoin de nouvelle source : la position de Rabbi Yochia vient d'être citée au segment 6. Exiger que les parois arrêtent le soleil comme le fait le skhakh, c'est exiger des murs de maison. Le lien avec la dirat keva est direct.
Rabbi Yehouda -- comme nous l'avons appris : une soukka haute de plus de vingt coudées est passoul ; Rabbi Yehouda la rend kachère.
Le raisonnement est ici indirect, et c'est ce qui le rend intéressant. Ce n'est pas l'exigence de Rabbi Yehouda qui révèle sa position, c'est sa permissivité. Au-dessus de vingt coudées, une construction légère ne tient pas debout : pour bâtir si haut, il faut des murs solides. Valider une telle soukka, c'est donc admettre -- et même supposer -- qu'on la bâtisse en dur.
Tossefot signale que ce maillon est le plus discuté des huit, puisque la guemara a précisément conclu plus haut, avec Rava, que le motif des Sages tenait à la dirat arai -- et qu'Abaye, ici, est celui qui conteste cette lecture. Il maintient néanmoins le classement, en s'appuyant sur une formule explicite de Soukka 21b.
Et Rabbi Chimon -- comme il est enseigné : deux [parois] selon leur règle et une troisième fût-elle d'un tefah ; Rabbi Chimon dit : trois selon leur règle et une quatrième fût-elle d'un tefah.
Rabbi Chimon déplace tout d'un cran : là où les Sages se satisfont de deux parois pleines plus un tefah, il exige trois parois pleines plus un tefah. Une maison est fermée de quatre côtés ; une soukka doit l'être aussi.
Rachi renvoie à l'exégèse donnée en 6b : le verset pour abri et pour refuge contre l'averse (Isaie 4, 6) sert de fondement scripturaire au nombre des parois -- un abri qui ne protège que de deux côtés ne mérite pas ce nom.
Rabban Gamliel -- comme il est enseigné : celui qui fait sa soukka au sommet d'un chariot ou au sommet d'un navire -- Rabban Gamliel l'invalide, et Rabbi Akiva la rend kachère.
Ici, le trait de maison qui manque est l'immobilité. Rachi donne deux raisons distinctes : sur un navire de mer, très haut, le vent survient et arrache la soukka -- elle ne tient pas ; sur un chariot, c'est le déplacement lui-même qui la fait paraître provisoire.
Tossefot conteste toutefois le texte de la barayta. Rabbenou Tam et Rabbenou Hananel ne lisaient pas ici les mots au sommet d'un chariot : selon la conclusion de Soukka 23a, le désaccord de Rabban Gamliel et de Rabbi Akiva porte uniquement sur la résistance au roua'h metsouya, le vent ordinaire -- celui de la terre ferme, auquel elle résiste, contre celui de la mer, auquel elle ne résiste pas. Le chariot n'entre pas dans ce critère.
Beit Chammai -- comme nous l'avons appris : celui dont la tête et la majeure partie du corps étaient dans la soukka mais dont la table était dans la maison -- Beit Chammai l'invalident, et Beit Hillel la rendent kachère.
Le débat porte sur la soukka ketana, la petite soukka, trop exiguë pour contenir à la fois l'homme et sa table. Beit Chammai l'invalident. Rachi ramène leur motif au principe d'Abaye : nous exigeons une soukka apte à l'usage -- une pièce où l'on vit réellement, pas seulement où l'on tient.
Le Roch, en 7b même, conteste ce rattachement : selon lui le motif de Beit Chammai n'est pas la dirat keva mais un décret, la crainte que l'homme ne se laisse entraîner à la suite de sa table et ne sorte de la soukka sans s'en apercevoir.
Rabbi Eliezer -- comme nous l'avons appris : celui qui fait sa soukka en forme de hutte (tserif), ou qui l'appuie contre un mur -- Rabbi Eliezer l'invalide parce qu'elle n'a pas de toit, et les Sages la rendent kachère.
Le trait de maison en cause est ici le toit distinct. Rachi décrit les deux cas : la hutte conique, dont le toit et les parois viennent d'un seul tenant comme une ruche, sans qu'on puisse dire où finit l'un et où commence l'autre ; et l'appentis, fait de longs roseaux appuyés d'un bout contre un mur et posés de l'autre à terre, où la surface inclinée tient lieu à la fois de toit et de paroi.
Dans les deux cas, dit Rachi, elle n'a pas de toit et ne convient pas à l'habitation. Une maison a un toit au-dessus et des murs sur les côtés ; ces constructions-là n'ont qu'un plan incliné.
Aherim (d'autres) -- comme il est enseigné : Aherim disent : une soukka faite en forme de pigeonnier (chovakh) est passoul, parce qu'elle n'a pas d'angles.
Dernier nom de la liste, et l'exigence la plus étonnante : une maison a des angles. Une construction ronde, fût-elle grande et solide, ne ressemble pas à une demeure ; Rachi glose simplement chovakh par ronde.
Tossefot identifie Aherim à Rabbi Meir -- l'appellation désigne habituellement Rabbi Meir après sa mise à l'écart. Il résout ensuite une contradiction : Rabbi Meir dit ailleurs (8b) que la soukka extérieure des potiers est exempte de mezouza, ce qui semblerait indiquer qu'il n'y voit pas une demeure permanente. Réponse : cette exemption vaut pour le reste de l'année ; pendant la fête, précisément parce qu'il exige une dirat keva, elle est astreinte à la mezouza -- comme le montre Yoma 10a.
Rabbi Yo'hanan a dit : une soukka faite en forme de four (kivchan, donc ronde) -- si sa circonférence offre de quoi y asseoir vingt-quatre personnes, elle est kachère ; sinon, elle est passoul.
Nouveau dossier, qui prolonge le précédent. Rabbi Yo'hanan parle d'une soukka ronde comme un four -- ce qui montre d'emblée, note Rachi, qu'il ne suit pas Aherim : pour lui, une soukka ronde peut être valide, à condition d'être assez grande.
Sa mesure est singulière : elle ne se donne pas en coudées mais en personnes assises. Vingt-quatre hommes doivent pouvoir prendre place le long de la circonférence, à l'intérieur -- Rachi précise bien tout autour de sa circonférence, à l'intérieur, et non en remplissant l'espace.
Selon qui ? -- Selon Rabbi, qui dit : toute soukka qui n'a pas quatre coudées sur quatre coudées est passoul.
La guemara cherche à qui rattacher une exigence aussi lourde. Rachi explique que la question s'énonce sur le ton de l'étonnement : puisque nous n'avons aucun tana qui élargisse la mesure de la soukka autant que lui, au nom de qui Rabbi Yo'hanan a-t-il dit cela ? La réponse ne peut être que Rabbi, seul à réclamer quatre coudées sur quatre.
Or donc : un homme assis occupe une coudée ; et tout [cercle] dont la circonférence est de trois tefahim a un tefah de largeur [de diamètre] -- douze [personnes] ne devraient-elles donc pas suffire ?
La guemara vérifie le compte, et il ne tombe pas juste. Un homme assis occupe une coudée : vingt-quatre places font donc vingt-quatre coudées de circonférence. Or la règle géométrique du Talmud pose que la circonférence vaut trois fois le diamètre -- Rachi la tire du verset de la mer de Salomon (II Chroniques 4, 2), large de dix coudées et ceinte d'un cordeau de trente.
Vingt-quatre coudées de tour donnent donc huit coudées de diamètre : le double des quatre coudées exigées par Rabbi. Douze personnes auraient suffi, puisque douze coudées de tour donnent quatre coudées de diamètre.
Le folio s'interrompt sur cette difficulté -- la réponse, et les corrections successives du calcul, occuperont le début de 8a.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).