Sukkah 8b -- la dernière mesure qui s'effondre, puis les huit cabanes profanes que la fête rend kachères

Sukkah 8b

Sougya : Ce folio se lit en deux moitiés sans rapport apparent, et c'est la première qui liquide un dossier ouvert depuis 7a. Les juges de Césarée achevaient leur table de conversion : un carré tiré de l'intérieur d'un cercle perd la moitié.

Le compte tombait juste et sauvait enfin les vingt-quatre de Rabbi Yo'hanan sans aucune approximation -- pour un carré de seize de périmètre, il faut un cercle de vingt-quatre. La guemara le refuse aussitôt : ve-lo hi, il n'en est rien.

La diagonale d'un carré de quatre coudées vaut cinq coudées et trois cinquièmes, donc un tour de seize et huit dixièmes, non vingt-quatre. Tossefot refuse pourtant d'abandonner les juges de Césarée : leur règle est exacte, mais en surface.

Dans trois figures emboîtées -- carré de cent, cercle inscrit de soixante-quinze, carré inscrit de cinquante --, le cercle perd bien un quart du grand carré et le petit carré en perd la moitié. La seconde moitié du folio change entièrement de terrain.

Rabbi Levi au nom de Rabbi Meir juge les deux cabanes du potier, l'une en dedans de l'autre : l'intérieure, où il vit toute l'année, porte une mezouza mais ne peut servir de soukka faute de hekker, faute que la chose se voie ; l'extérieure, simple atelier de passage, est exempte de mezouza mais fait une soukka parfaitement valable. On objecte qu'elle devrait être le vestibule de l'intérieure et porter mezouza à ce titre ; réponse : lo kavia, aucune des deux n'a le rang d'une vraie maison.

Viennent enfin deux braitot jumelles, chacune bâtie sur un moyen mnémotechnique. GNBK -- non-Juifs, femmes, bétail, Koutim -- et RKBSh -- bergers, sécheurs de figues, guetteurs, gardiens de fruits.

Toutes ces cabanes profanes sont kachères, sous la seule réserve posée par Rav Hisda : qu'elles aient été faites pour l'ombre, et non pour se dérober aux regards. Reste à comprendre pourquoi chaque braita commence par une liste différente.

La réponse est un chiasme : l'un des tanaim classe par la permanence du bâtiment, l'autre par l'obligation du bâtisseur. Aucune divergence de halakha -- et le principe qui en ressort est large : une soukka ne vaut ni par la main qui l'a dressée ni par sa solidité, seulement par l'ombre pour laquelle elle a été couverte.

Le fil du folio : une dernière mesure qui s'effondre, puis un tout autre sujet Deux moitiés sans rapport apparent : la fin de la géométrie de 8a, puis la question de savoir qui peut avoir bâti la cabane. Rappel de 8a -- la table des juges de Césarée, premier volet Un cercle tiré de l'intérieur d'un carré : un quart de moins. Carré de seize de tour, cercle inscrit de douze. Règle déjà connue. Segment 0 -- second volet : un carré tiré d'un cercle, la moitié Selon Rachi : pour obtenir un carré de seize de périmètre, le cercle qui l'entoure doit faire vingt-quatre. Le chiffre de Rabbi Yo'hanan tombe juste. C'était la troisième et dernière tentative pour sauver les vingt-quatre. Segment 0 -- ve-lo hi : et il n'en est rien La diagonale d'un carré de quatre vaut 5 et 3/5, donc 16,8 de tour, non vingt-quatre. La règle de la moitié est fausse en périmètre. Segments 1 et 2 -- rupture : les deux cabanes du potier L'intérieure, où il vit toute l'année : pas une soukka, mais astreinte à la mezouza. L'extérieure, l'atelier : soukka valable, exempte de mezouza. Segments 3 à 7 -- deux braitot jumelles : GNBK et RKBSh Huit sortes de cabanes profanes, toutes kachères. Une seule condition, posée par Rav Hisda : qu'elle ait été faite pour l'ombre. Segments 8 et 9 -- le chiasme final Chaque braita commence par ce que son auteur juge le plus fort. L'un classe par la solidité du bâtiment, l'autre par l'obligation du bâtisseur. Aucune divergence de halakha : les huit cabanes sont kachères dans les deux listes. Seul l'ordre de présentation change.
Le folio en un coup d'oeil : la géométrie de 8a s'achève sur un échec, puis la guemara ouvre le dossier des cabanes profanes.
Le sauvetage de Tossefot : la règle de la moitié est vraie en surface, pas en périmètre Trois figures emboîtées, une seule base de comptage : le carré extérieur. Tout devient cohérent. carré extérieur : dix sur dix carré intérieur Le cercle est inscrit dans le grand carré ; le petit carré est inscrit dans le cercle, ses angles touchant le milieu des côtés. Construction de Tossefot : on quadrille le carré en chaîne et en trame, puis on joint les diagonales des petits carrés. Carré extérieur -- surface 100 C'est l'unité de référence. Tout le reste se compte sur elle. Périmètre 40, côté 10. Cercle inscrit -- surface 75 Il perd un quart du carré extérieur : 100 moins 25 égale 75. Un cercle tiré d'un carré : un quart de moins. Carré intérieur -- surface 50 Il perd la moitié du carré extérieur : 100 moins 50 égale 50. Un carré tiré d'un cercle : la moitié de moins. Ce que cela résout Le quart et la moitié se comptent tous deux sur le carré extérieur : la formule redevient symétrique, ce qu'elle n'était pas chez Rachi. Mais en surface seulement. En périmètre, la guemara a raison de refuser.
La réponse de Tossefot : les trois figures emboîtées, où le quart et la moitié se comptent enfin sur la même base.
Pourquoi deux braitot pour la même halakha : deux échelles de valeur croisées Chaque tana ouvre par les cabanes qu'il juge les plus faciles à valider, et rattrape les autres par une formule d'inclusion. Le tana de GNBK non-Juifs, femmes, bétail, Koutim Son critère : la permanence du bâtiment Ces cabanes sont fixes, solides, faites pour durer une saison entière. Il commence donc par elles : leur validité lui paraît la plus évidente. Puis il ajoute -- une soukka quelle qu'elle soit -- pour rattraper les cabanes de RKBSh, qui sont démontées dès que le travail est fini. Faiblesse tacite : leurs bâtisseurs ne sont pas astreints. Le tana de RKBSh bergers, sécheurs de figues, guetteurs, gardiens de fruits Son critère : l'obligation du bâtisseur Tous sont juifs, donc eux-mêmes astreints à la mitsva de soukka. Il commence donc par elles : la main qui a bâti était déjà tenue par la mitsva. Puis il ajoute -- une soukka quelle qu'elle soit -- pour rattraper les cabanes de GNBK, batties par qui n'a aucune obligation. Faiblesse tacite : ces cabanes sont provisoires. Nafka mina : aucune. Les huit sortes de cabanes sont kachères selon les deux tanaim. Le vrai enseignement : la validité d'une soukka ne dépend ni de qui l'a bâtie, ni de sa solidité -- seulement du fait qu'elle ait été faite pour l'ombre.
Les deux braitot jumelles : même halakha, deux hiérarchies inverses.
1
רִיבּוּעָא דְּנָפֵיק מִגּוֹ עִיגּוּלָא — פַּלְגָא. וְלֹא הִיא, דְּהָא קָחָזֵינַן דְּלָא הָוֵי כֻּולֵּי הַאי.

Un carré qui sort de l'intérieur d'un cercle : la moitié. -- Et il n'en est rien, car nous voyons bien que l'écart n'est pas si grand.

📜 Rachi (2)
אֲבָל רִיבּוּעָא מִגּוֹ עִיגּוּלָא פַּלְגָא כְּשֶׁאַתָּה מְרֻבָּע בְּתוֹךְ הָעִיגּוּל אַתָּה מוֹצִיא מִמֶּנּוּ חֲצִי הַשִּׁיעוּר הַנִּשְׁאָר בּוֹ דְּהַיְינוּ תִּילְתָּא דְּכוּלֵּיהּ הִלְכָּךְ לְשֵׁשׁ עֲשָׂרָה רִיבּוּעַ צָרִיךְ הָעִיגּוּל הַמַּקִּיפוֹ סָבִיב לִהְיוֹת עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע:
Mais un carré [tiré] de l'intérieur d'un cercle, la moitié -- lorsque tu inscris un carré dans le cercle, tu en retranches la moitié de la mesure qui y reste, c'est-à-dire le tiers du tout. Dès lors, pour un carré de seize, le cercle qui l'entoure doit être de vingt-quatre.
וְלָאו מִילְּתָא הִיא דְּהָא רָאִינוּ דְּלָא הָוֵי שִׁיעוּרָא כֻּולֵּי הַאי אֶלָּא שֶׁיְּהֵא רָחָב כְּשִׁיעוּר אֲלַכְסוֹנָא שֶׁל מְרֻובָּע וְכָל אַמְּתָא בְּרִיבּוּעַ אַמְּתָא וּתְרֵי חֻומְּשֵׁי בַּאֲלַכְסוֹנוֹ:
Et ce n'est pas la chose -- car nous avons vu que la mesure n'est pas si grande : il suffit que [le cercle] soit large comme la diagonale du carré, et toute coudée de côté fait une coudée et deux cinquièmes en diagonale.
🗂️ Tossefot (1)
רִיבּוּעָא דְּנָפֵיק מִגּוֹ עִיגּוּלָא פַּלְגָא. פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס כְּשֶׁאַתָּה מְרַבֵּעַ בְּתוֹךְ הָעִיגּוּל אַתָּה נוֹטֵל מִמֶּנּוּ חֲצִי הַשִּׁיעוּר הַנִּשְׁאָר בּוֹ דְּהַיְינוּ תִּילְתָּא דְּכֻולָּהּ הִלְכָּךְ לְשֵׁשׁ עֲשָׂרָה רִיבּוּעַ צָרִיךְ הָעִיגּוּל הַמַּקִּיפוֹ סָבִיב לִהְיוֹת כ"ד וּדְבַר תֵּימַהּ הוּא זֶה מָה עִנְיַן זֶה אֵצֶל זֶה אֶלָּא יֵשׁ לְפָרֵשׁ רִיבּוּעָא דְּנָפֵיק מִגּוֹ עִיגּוּלָא פַּלְגָא מֵרָוחְבּוֹ שֶׁל עֹוגֶל מַחֲזִיק רֹוחַב הָרִיבּוּעַ נִמְצָא זָוִיּוֹת שֶׁל רִיבּוּעַ הַמַּגִּיעִין עַד הָעִיגּוּל כִּפְלַיִים עַל רֹוחַב הָרִיבּוּעַ דְּקָא סָבַר כָּל אַמְּתָא בְּרִיבּוּעַ תְּרֵי אַמּוֹת בַּאֲלַכְסוֹנָהּ וְתֵימַהּ הֵיאַךְ טָעוּ בְּמִדָּה רַבִּי יוֹחָנָן וְדַייָּנֵי דְּקֵיסָרִי דְּמֵאַחַר שֶׁלֹּא מָדְדוּ הַדָּבָר הֵיאַךְ עָשׂוּ כְּלָל עַל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ וְיֵשׁ לוֹמַר דְּקַבָּלָה בְּיָדָם לָשׁוֹן זֶה שֶׁל רִיבּוּעַ מִגּוֹ עִיגּוּלָא פַּלְּגָא וְהוּא אֱמֶת לְעִנְיַן הַמָּקוֹם וְלֹא לְעִנְיַן אֹורֶךְ הַחוּט הַמַּקִּיף וְהָרֹוחַב דִּמְקוֹם הָרִיבּוּעַ שֶׁבְּתוֹךְ הָעִיגּוּל מִתְמַעֵט חֲצִי שֶׁל רִיבּוּעַ דְּהוּא תִּילְתָּא דְּכֻולֵּי עִיגּוּל תֵּדַע שֶׁאִם תַּעֲשֶׂה רִיבּוּעַ שֶׁל עֶשֶׂר עַל עֶשֶׂר וְתַחְלְקֶנּוּ שְׁתִי וָעֵרֶב וְתַחֲזֹור וְתַעֲשֶׂה רִיבּוּעַ בִּפְנִים לַאֲלַכְסוֹנָהּ שֶׁל רִיבּוּעִים קְטַנִּים כָּעִנְיָן שֶׁפֵּירַשְׁתִּי לְעֵיל נִמְצָא רִיבּוּעַ פְּנִימִי חֶצְיוֹ שֶׁל חִיצוֹן וְאִם תַּעֲשֶׂה עֹוגֶל שֶׁל עֲשָׂרָה עַל עֲשָׂרָה בְּתוֹךְ רִיבּוּעַ הַחִיצוֹן יְהֵא הָעִגּוּל בֵּין שְׁנֵי הָרִיבּוּעִים וְזֶה הוֹכַחְנוּ שֶׁמְּרֻובָּע יָתֵר עַל הָעִיגּוּל רְבִיעַ אִם כֵּן הָעִיגּוּל יָתֵר עַל הָרִיבּוּעַ הַפְּנִימִי חֶצְיוֹ שֶׁל פְּנִימִי דְּהַיְינוּ (תִּילְתָּא דַּעֲגֻולָּה דְּהַייְנוּ) רְבִיעַ שֶׁל רִיבּוּעַ חִיצוֹן וּקְצָת תֵּימַהּ דְּלָא נְקַט רִיבּוּעָא דְּנָפֵיק מִגּוֹ עִיגּוּלָא דְּהַיְינוּ תִּילְתָּא מִכָּל הָעִגּוּל כִּי הֵיכִי דִּנְקַט עִיגּוּלָא דְּנָפֵיק מִגּוֹ רִיבּוּעָא רִיבְעָא דְּהַיְינוּ רִיבְעָא מִכָּל הָרִיבּוּעַ לְכָךְ יֵשׁ לְפָרֵשׁ דְּהָנָךְ תְּרֵי מִילֵּי קָייְמִי דְּאַייְרֵי כְּעֵין שֶׁפֵּירַשְׁתִּי שֶׁעוֹשֶׂה עִיגּוּל בְּתוֹךְ רִיבּוּעַ וְחוֹזֵר וְעוֹשֶׂה רִיבּוּעַ אַחֵר בְּתוֹךְ אוֹתוֹ עִיגּוּל וַאֲתָא לְמֵימַר שֶׁנִּתְמַעֵט הָעֹוגֶל רֹובַע שֶׁל רִיבּוּעַ הַחִיצוֹן וְרִיבּוּעַ פְּנִימִי נִתְמַעֵט מֵרִיבּוּעַ חִיצוֹן פַּלְּגָא וְרֹובַע וּפַלְּגָא קָיְימִי אַרִיבּוּעַ חִיצוֹן וְאִם תֹּאמַר וַהֲלֹא רִיבּוּעַ שֶׁל שִׁבְעָה עַל שִׁבְעָה אִם תַּעֲשֶׂה בּוֹ עֹוגֶל שֶׁל שֶׁבַע עַל שֶׁבַע אַמּוֹת וְתַחֲזֹור וְתַעֲשֶׂה בְּתוֹךְ הָעֹוגֶל רִיבּוּעַ שֶׁל אֲלַכְסוֹנוֹ שִׁבְעָה כְּמִדַּת הָעֹוגֶל הֲוָה לֵיהּ רִיבּוּעַ פְּנִימִי חֲמִשָּׁה עַל חֲמִשָּׁה לְפִי חֶשְׁבּוֹן שֶׁל אַמְּתָא וּתְרֵי חֻומְשֵׁי בַּאֲלַכְסוֹנָהּ וּמַשְׁכַּחַת לָהּ בְּרִיבּוּעַ פְּנִימִי יָתֵר מֵחֶצְיוֹ שֶׁל חִיצוֹן דְּיֵשׁ בַּפְּנִימִי כ"ה רְצוּעוֹת שֶׁל אַמָּה עַל אַמָּה וּבַחִיצוֹן לָא מַשְׁכַּחַת אֶלָּא מ"ט וְיֵשׁ לוֹמַר שֶׁזֶּה תָּלוּי בְּמַה שֶׁהוֹכַחְנוּ דְּחֶשְׁבּוֹן שֶׁל אַמְּתָא וּתְרֵי חֻומְשֵׁי אֵינוֹ מְכֻווָּן דְּאִיכָּא טְפֵי וא"כ אֵין בְּרִיבּוּעַ הַפְּנִימִי ה' עַל ה' דְּאִם הָיָה בּוֹ ה' עַל ה' הָיָה אֲלַכְסוֹנוֹ עוֹלֶה טְפֵי מז':
Un carré qui sort de l'intérieur d'un cercle, la moitié. -- Rachi a expliqué : lorsque tu inscris un carré dans le cercle, tu lui retires la moitié de la mesure qui y reste, c'est-à-dire le tiers du tout ; dès lors, pour un carré de seize, le cercle qui l'entoure doit être de vingt-quatre. Or c'est chose étonnante : quel rapport entre l'un et l'autre -- les deux membres de la règle ne se comptent pas sur la même base. Il faut plutôt expliquer ainsi : un carré qui sort de l'intérieur d'un cercle, la moitié -- la largeur du carré ne tient que la moitié de la largeur du cercle, de sorte que les angles du carré, qui vont toucher le cercle, valent le double de la largeur du carré ; car il tient que toute coudée de côté fait deux coudées en diagonale. Et l'on s'étonne : comment Rabbi Yo'hanan et les juges de Césarée ont-ils pu se tromper dans la mesure ? Puisqu'ils n'ont pas mesuré la chose, comment ont-ils posé une règle générale sur ce qui n'est pas ? On peut répondre qu'ils tenaient par tradition cette formule -- un carré [tiré] de l'intérieur d'un cercle, la moitié -- et qu'elle est vraie quant à l'aire, non quant à la longueur du cordeau qui entoure ni quant à la largeur : car l'aire du carré inscrit dans le cercle diminue de la moitié d'un carré, ce qui fait le tiers de tout le cercle. Sache-le : si tu fais un carré de dix sur dix, que tu le quadrilles en chaîne et en trame, puis que tu formes à l'intérieur un carré sur les diagonales des petits carrés, comme je l'ai expliqué plus haut, tu trouves que le carré intérieur vaut la moitié de l'extérieur. Et si tu traces dans le carré extérieur un cercle de dix sur dix, le cercle se trouve entre les deux carrés ; or nous avons démontré que le carré dépasse le cercle d'un quart. Il s'ensuit que le cercle dépasse le carré intérieur de la moitié de ce carré intérieur -- ce qui fait (le tiers du cercle, soit) le quart du carré extérieur. Et l'on s'étonne un peu que l'on n'ait pas dit : un carré qui sort de l'intérieur d'un cercle, c'est-à-dire le tiers de tout le cercle, comme on a dit : un cercle qui sort de l'intérieur d'un carré, un quart, c'est-à-dire un quart de tout le carré. Il faut donc expliquer que ces deux énoncés se tiennent sur le même plan et parlent du cas que j'ai décrit : on trace un cercle dans un carré, puis un autre carré dans ce cercle ; et l'on vient dire que le cercle a diminué d'un quart du carré extérieur, et que le carré intérieur a diminué de la moitié du carré extérieur -- le quart et la moitié se comptant l'un et l'autre sur le carré extérieur. Et si tu objectes : voici un carré de sept sur sept ; si tu y traces un cercle de sept sur sept coudées, puis que tu formes dans le cercle un carré dont la diagonale est de sept, à la mesure du cercle, le carré intérieur sera de cinq sur cinq d'après le compte de la coudée et deux cinquièmes en diagonale ; et tu trouves alors que le carré intérieur vaut plus que la moitié de l'extérieur, puisqu'il y a dans l'intérieur vingt-cinq bandes d'une coudée sur une coudée, et dans l'extérieur quarante-neuf seulement ! On peut répondre que cela tient à ce que nous avons démontré : le compte de la coudée et deux cinquièmes n'est pas exact, il y a davantage. Dès lors le carré intérieur n'est pas de cinq sur cinq -- car s'il était de cinq sur cinq, sa diagonale monterait à plus de sept.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la fin d'une phrase commencée au verso précédent. Les juges de Césarée proposaient une table de conversion en deux volets. Le premier, déjà connu, disait qu'un cercle tiré de l'intérieur d'un carré perd un quart : carré de seize de périmètre, cercle inscrit de douze. Voici le second, tout neuf : un carré tiré de l'intérieur d'un cercle, la moitié.

Rachi en donne le calcul. Du cercle de vingt-quatre on retranche un tiers, il reste seize ; et la part retranchée, huit, vaut précisément la moitié de ce qui reste. Autrement dit : pour obtenir un carré de quatre coudées sur quatre, dont le périmètre est de seize, il faut un cercle de vingt-quatre de tour. C'est exactement le chiffre de Rabbi Yo'hanan, et sans le moindre lo dak, sans la moindre approximation. La troisième solution semblait la bonne.

La guemara la renverse d'un mot : ve-lo hi, et il n'en est rien. Nous savons calculer la chose autrement. La diagonale d'un carré de quatre coudées vaut quatre fois une coudée et deux cinquièmes, soit cinq coudées et trois cinquièmes ; c'est le diamètre du cercle circonscrit, dont le tour vaut trois fois cela : seize et huit dixièmes. Non vingt-quatre. Les vingt-quatre de Rabbi Yo'hanan restent donc sans explication satisfaisante, et la guemara abandonne la question pour passer à tout autre chose. Tossefot, lui, refusera de laisser tomber les juges de Césarée : il montrera que leur règle est parfaitement exacte -- mais en surface, non en périmètre.

🖼️ Schéma
Un carré tiré d'un cercle : la moitié -- deux lectures, puis le refus de la guemara La formule est la même ; ce qu'elle mesure change du tout au tout selon qu'on lit Rachi ou Tossefot. Lecture de Rachi -- on compte sur le reste Du cercle de vingt-quatre, on retranche un tiers : il reste seize. Et huit, la part retranchée, vaut la moitié des seize qui restent. D'où : pour un carré de seize, un cercle de vingt-quatre. 24 moins 8 égale 16 -- et 8 est la moitié de 16 Objection de Tossefot : le premier membre de la règle, lui, se compte sur le tout. Pourquoi changer de base en chemin ? Lecture de Tossefot -- on compte sur la largeur Le côté du carré ne tient que la moitié du diamètre du cercle. Les angles qui vont toucher le cercle valent donc le double. Présupposé : toute coudée de côté fait deux coudées en diagonale. diagonale égale deux fois le côté Mais la vraie diagonale ne vaut qu'une coudée et deux cinquièmes. Tossefot le sait : il transposera la règle à la surface. Ve-lo hi -- et il n'en est rien Le carré requis mesure quatre coudées de côté. Sa diagonale, au taux du Talmud, vaut quatre fois une coudée et deux cinquièmes, soit cinq coudées et trois cinquièmes. C'est le diamètre du cercle qui l'entoure ; son tour vaut trois fois cela. 5,6 fois 3 égale 16,8 -- et non 24
Les deux lectures de la règle de la moitié, et le calcul par la diagonale qui la réfute : 16,8 et non 24.
2
אָמַר רַבִּי לֵוִי מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: שְׁתֵּי סֻוכּוֹת שֶׁל יוֹצְרִים זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ — הַפְּנִימִית אֵינָהּ סֻוכָּה, וְחַייֶּבֶת בִּמְזוּזָה. וְהַחִיצוֹנָה סֻוכָּה, וּפְטוּרָה מִן הַמְּזוּזָה.

Rabbi Levi a dit au nom de Rabbi Meir : deux cabanes de potiers, l'une en dedans de l'autre -- l'intérieure n'est pas une soukka, et elle est astreinte à la mezouza ; l'extérieure est une soukka, et elle est exempte de mezouza.

📜 Rachi (5)
שְׁתֵּי סֻוכּוֹת שֶׁל יוֹצְרִים כָּךְ הָיָה דֶּרֶךְ שֶׁל יוֹצְרֵי כְּלֵי חֶרֶס בִּימֵיהֶן עוֹשִׂין לָהֶם שְׁתֵּי סֻוכּוֹת זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ בַּפְּנִימִית הוּא דָּר וּמַצְנִיעַ קְדֵרוֹתָיו וּבַחִיצוֹנָה הוּא עוֹשֶׂה מְלַאכְתּוֹ וּמוֹצִיא קְדֵרוֹתָיו לִמְכֹּור:
Deux cabanes de potiers -- telle était, en leur temps, la manière des potiers de terre cuite : ils se faisaient deux cabanes, l'une en dedans de l'autre. Dans l'intérieure il habite et range ses marmites ; dans l'extérieure il fait son travail et sort ses marmites pour les vendre.
פְּנִימִית אֵינָהּ סֻוכָּה אִם בָּא לֵישֵׁב בְּתוֹכָהּ לֶחָג לְשֵׁם סֻוכָּה ואע"ג דְּלָא בָּעֵינַן סֻוכָּה לְשֵׁם חַג דְּהָא כְּבֵית הִלֵּל קַיְימָא לַן דְּמַכְשְׁרִי סֻוכָּה יְשָׁנָה בְּמַתְנִיתִין (דַּף ט.) הָכָא אֵינָהּ סֻוכָּה דְּלָא מִינַּכְרָא מִלְּתָא דִּלְשֵׁם סֻוכָּה הוּא דָּר בּוֹ דְּהָא כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה דָּיַיר הָתָם וְרֹוב תַּשְׁמִישׁוֹ וּסְעֻודָּתוֹ וְשִׁינְתּוֹ שָׁם:
L'intérieure n'est pas une soukka -- s'il vient s'y asseoir pour la fête au titre de soukka. Et bien que nous n'exigions pas que la soukka soit faite pour la fête -- car nous tranchons comme Beit Hillel, qui déclarent kachère une vieille soukka dans notre michna (fol. 9a) --, ici ce n'est pas une soukka, parce que la chose n'est pas perceptible : rien ne montre que c'est au titre de soukka qu'il y demeure, puisque tous les jours de l'année il habite là, et que la plupart de ses usages, ses repas et son sommeil y sont.
וְחַייֶּבֶת בִּמְזוּזָה לְעוֹלָם מִשּׁוּם דְּכָל דִּירָתוֹ בָּהּ:
Et elle est astreinte à la mezouza -- toujours, parce que toute son habitation est là.
הַחִיצוֹנָה סֻוכָּה וְיוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ וְאֵין צָרִיךְ לְסָותְרָהּ וְלַעֲשׂוֹתָהּ לְשֵׁם חַג כְּבֵית הִלֵּל וּמִשּׁוּם הֶיכֵּירָא דְּמִצְוָה לֵיכָּא לְמֵיסַר דְּכֵיוָן דְּכֻולָּהּ שַׁתָּא לָאו הָכָא דִּיֵּיר וְהַשְׁתָּא דָּייַר בָּהּ אִיכָּא הֶיכֵּירָא:
L'extérieure est une soukka -- et il s'acquitte par elle de son obligation, sans avoir besoin de la démolir et de la refaire pour la fête, conformément à Beit Hillel. Et il n'y a pas lieu de l'interdire faute du signe distinctif de la mitsva : puisque toute l'année il n'y demeure pas, et que maintenant il y demeure, le signe est bien là.
וּפְטוּרָה מִן הַמְּזוּזָה לְעוֹלָם דְּלָאו דִּירָה הִיא שֶׁאֵינָהּ עֲשׂוּיָה אֶלָּא לָצֵאת וְלָבֹא דֶּרֶךְ שָׁם וּלְהַכְנִיס שָׁם תַּגָּרִים:
Et elle est exempte de mezouza -- toujours, car ce n'est pas une habitation : elle n'est faite que pour sortir et entrer par là, et pour y faire entrer les marchands.
💡 Explication

Changement complet de sujet. Le potier de l'antiquité disposait de deux cabanes emboîtées : dans celle du fond il logeait et rangeait ses poteries, dans celle de devant il tournait, cuisait et vendait. Rabbi Meir en tire un verdict croisé, et c'est ce croisement qui fait tout l'intérêt du passage.

L'intérieure est sa vraie maison : il y mange, y dort, y passe l'année. Elle est donc astreinte à la mezouza -- et pour cette raison même elle ne peut pas servir de soukka. Non que l'intention manque : nous tranchons comme Beit Hillel, une vieille soukka est kachère, on n'exige nullement qu'elle ait été bâtie pour la fête. Ce qui manque est le hekker, le caractère perceptible de la chose : rien ne distingue le fait qu'il s'y assoie pendant Soukkot de ce qu'il y fait le reste de l'année.

L'extérieure obtient l'inverse. Ce n'est pas une habitation -- on ne fait qu'y passer et y commercer -- donc pas de mezouza. Mais précisément parce qu'il n'y vit pas d'ordinaire, le fait de s'y installer pendant la fête se voit : le hekker est là, et elle est kachère sans qu'il ait à la démonter et la rebâtir.

🖼️ Schéma
Les deux cabanes du potier : ce qui fait une maison défait la soukka Un seul critère commande les quatre réponses : habite-t-on là toute l'année, ou seulement pendant la fête ? Plan de l'atelier Cabane extérieure atelier et vente il y tourne ses poteries, les sort, reçoit les clients Cabane intérieure habitation il y dort, y mange, y range ses marmites rue On traverse l'extérieure pour atteindre l'intérieure : c'est ce passage qui fera naître la question du vestibule. Les deux sont couvertes de branchages valides. Le verdict croisé de Rabbi Meir Valable comme soukka ? Astreinte à la mezouza ? NON rien ne signale qu'il y siège pour la fête OUI c'est là toute son habitation Intérieure OUI il n'y vit pas d'ordinaire : le signe est là NON simple lieu de passage et de négoce Extérieure Le point de Rachi Nous tranchons comme Beit Hillel : une vieille soukka est kachère, on n'exige pas qu'elle ait été faite pour la fête. Ce qui manque ici n'est donc pas l'intention, mais le hekker : le caractère perceptible du fait qu'il siège là pour la mitsva.
Plan des deux cabanes et verdict croisé : ce qui vaut la mezouza à l'une lui interdit d'être soukka, et réciproquement.
3
וְאַמַּאי? תִּהְוֵי חִיצוֹנָה כְּבֵית שַׁעַר הַפְּנִימִית, וְתִתְחַיֵּיב בִּמְזוּזָה! מִשּׁוּם דְּלָא קְבִיעַ.

Et pourquoi donc ? Que l'extérieure soit tenue pour le vestibule (beit chaar) de l'intérieure, et qu'elle soit astreinte à la mezouza ! -- Parce qu'elle n'est pas permanente.

📜 Rachi (2)
וְתֶיהֱוֵי כְּבֵית שַׁעַר הַפְּנִימִית דקי"ל בִּמְנָחוֹת בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לג:) דְּחַייָּב בִּמְזוּזָה מִדְּרַבָּנָן בֵּית שַׁעַר פירק"א בְּלַעַ"ז שֶׁלִּפְנֵי הַבַּיִת:
Et qu'elle soit tenue pour le vestibule de l'intérieure -- car nous tranchons dans Menahot, au chapitre Ha-kometz rabba (fol. 33b), qu'un vestibule est astreint à la mezouza par ordonnance rabbinique. Beit chaar : porche en langue vulgaire -- ce qui se tient devant la maison.
מִשּׁוּם דְּלָא קְבִיעַ לֹא זוֹ וְלֹא זוֹ דָּבָר קָבוּעַ וְאֵין הַפְּנִימִית חֲשׁוּבָה לִהְיוֹת לָהּ בֵּית שַׁעַר:
Parce qu'elle n'est pas permanente -- ni celle-ci ni celle-là n'est chose permanente, et l'intérieure n'a pas assez d'importance pour qu'on lui reconnaisse un vestibule.
🗂️ Tossefot (1)
וְתֶיהֱוֵי חִיצוֹנָה בֵּית שַׁעַר לַפְּנִימִית וְתִתְחַיֵּיב בִּמְזוּזָה. וּבֵית שַׁעַר חַייָּב בִּמְזוּזָה כִּדְתַנְיָא בְּהַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לג:) בֵּית שַׁעַר אַכְסַדְרָה וּמִרְפֶּסֶת חַיָּיבִין בִּמְזוּזָה וְתֵימַהּ דִּבְפֶרֶק קַמָּא דְּיוֹמָא (דַּף יא: וְשָׁם) אָמְרִינַן דִּמְמַעֲטִינַן לְהוּ מִמְּזוּזָה מִדִּכְתִיב בַּיִת מַה בַּיִת מְיֻוחָד לְדִירָה יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין מְיֻוחָדִין לְדִירָה וְיֵשׁ מְחַלְּקִין בֵּין פִּתּוּחִין לַבַּיִת וּלְפִתּוּחִין לְגִינָּה וְקַשְׁיָא דְּאִם כֵּן הֲוָה לֵיהּ לְשַׁנּוּיֵי הָכִי הָתָם בִּמְנָחוֹת (שָׁם) דְּפָרִיךְ אַדְּרַב חִסְדָּא דְּאָמַר אַכְסַדְרָה פְּטוּרָה מִן הַמְּזוּזָה וצ"ל הָא דְּאוֹרָיְיתָא הָא דְּרַבָּנַן וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי הָתָם בִּמְנָחוֹת דְּמַשְׁמַע לֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא פְּטוּרָה לְגַמְרֵי קָאָמַר אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן:
Que l'extérieure soit le vestibule de l'intérieure et qu'elle soit astreinte à la mezouza. -- Et le vestibule est bien astreint à la mezouza, comme il est enseigné au chapitre Ha-kometz rabba (Menahot 33b) : un vestibule, un portique (akhsadra) et une galerie (mirpesset) sont astreints à la mezouza. Or c'est étonnant, car au premier chapitre de Yoma (fol. 11b) nous disons qu'on les exclut de la mezouza à partir du mot bayit écrit dans le verset : de même que la maison est spécialement affectée à l'habitation, sont exclus ceux-là, qui n'y sont pas spécialement affectés. Certains distinguent entre ceux qui ouvrent sur la maison et ceux qui ouvrent sur le jardin. Et cela fait difficulté : s'il en était ainsi, on aurait dû répondre de la sorte là-bas, dans Menahot, où l'on objecte contre Rav Hisda, qui a dit qu'un portique est exempt de mezouza. Il faut donc dire : l'un relève de la Tora, l'autre de l'ordonnance rabbinique. Et si l'on n'a pas répondu ainsi là-bas dans Menahot, c'est qu'on y comprenait que Rav Hisda déclarait le portique exempt purement et simplement, même au regard de l'ordonnance rabbinique.
💡 Explication

Objection technique sur le second volet du verdict. Il existe une règle, enseignée dans Menahot : le beit chaar, le vestibule ou porche qui précède une maison, est astreint à la mezouza -- non pour lui-même, car on n'y vit pas, mais parce qu'il dessert une maison qui, elle, en est astreinte. Or l'extérieure du potier est exactement cela : le passage obligé vers l'habitation. Elle devrait donc porter une mezouza.

La réponse tient en deux mots : lo kavia, elle n'est pas permanente. Rachi élargit : ni l'une ni l'autre n'est une chose permanente. L'intérieure reçoit bien une mezouza, mais à titre de simple lieu d'habitation ; elle n'a pas le rang d'une vraie maison, et seule une vraie maison est assez importante pour que ce qui la précède acquière le statut de vestibule. Le vestibule vit de l'importance de la maison : là où la maison est chétive, le vestibule n'est rien.

🖼️ Schéma
Pourquoi l'extérieure n'est pas le vestibule de l'intérieure Le beit chaar n'est pas astreint pour lui-même : il l'est parce qu'il dessert une maison. Encore faut-il une maison. La règle invoquée Menahot 33b : le vestibule, le portique et la galerie sont astreints à la mezouza -- par ordonnance rabbinique. Rachi glose beit chaar par le mot français porche : la pièce qui se tient devant la maison et y donne accès. L'extérieure sert bien de passage vers l'intérieure. La réponse : lo kavia Ni l'une ni l'autre n'est chose permanente. L'intérieure reçoit une mezouza parce qu'il y vit, mais elle n'a pas le rang d'une vraie maison. Or seule une vraie maison confère à ce qui la précède le statut de vestibule. La difficulté de Tossefot, et sa solution Yoma 11b exclut au contraire ces mêmes lieux de la mezouza : le verset dit bayit, maison spécialement affectée à l'habitation. Contradiction. Réponse : Yoma parle de l'obligation de la Tora, Menahot de celle des Sages -- deux étages distincts. Le distinguo par la porte -- ouvrant sur la maison ou sur le jardin -- ne suffit pas : on l'aurait invoqué contre Rav Hisda dans Menahot.
Le vestibule n'est astreint que par ricochet : sans maison de plein rang, pas de statut de beit chaar.
4
תָּנוּ רַבָּנַן: גנב״‎ך: סֻוכַּת גּוֹיִם, סֻוכַּת נָשִׁים, סֻוכַּת בְּהֵמָה, סֻוכַּת כּוּתִים סֻוכָּה מִכָּל מָקוֹם — כְּשֵׁרָה, וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא מְסֻוכֶּכֶת כְּהִלְכָתָהּ.

Nos maîtres ont enseigné -- GNBK : cabane de non-Juifs, cabane de femmes, cabane de bétail, cabane de Koutim, une soukka quelle qu'elle soit : kachère, pourvu qu'elle soit couverte selon la règle.

📜 Rachi (2)
סֻוכַּת גּוֹיִם שֶׁעֲשׂוּיָה לָדוּר בָּהּ בִּימוֹת הַחַמָּה:
Cabane de non-Juifs -- faite pour qu'on y habite pendant les jours de chaleur.
סֻוכָּה מ"מ אֲפִילּוּ פְּחוּתָה מֵאֵלּוּ וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ מַאי הִיא:
Une soukka quelle qu'elle soit -- même moindre que celles-là ; et plus loin la guemara explique de quoi il s'agit.
🗂️ Tossefot (1)
סֻוכַּת כּוּתִים. כָּל הָנָךְ דְּקָחֲשִׁיב הָכָא אָמַר בִּשְׁמַעְתִּין דְּלָאו בְּנֵי חִיּוּבָא נִינְהוּ דְּקָסָבַר גֵּרֵי אֲרָיוֹת הֵן וְהָא דְּאָמַר פֶּרֶק שֵׁנִי דִּיבָמוֹת (דַּף בַּד:) דְּאֶחָד גֵּרֵי אֲרָיוֹת וְאֶחָד גֵּרֵי חֲלוֹמוֹת הֲלָכָה כֻּולָּם גֵּרִים הָנֵי מִילֵּי כְּשֶׁנִּתְגַּייְּרוּ לְגַמְרֵי אֲבָל גֵּרֵי כּוּתִים כְּתִיב בְּסֵפֶר מְלָכִים (ב יז) אֶת ה' הָיוּ יְרֵאִים וְאֶת אֱ-לֹהֵיהֶם הָיוּ עֹובְדִים וּמַאן דְּאָמַר כּוּתִים גֵּרֵי אֱמֶת קָסָבַר דְּאַחַר כָּךְ נִיתְקְנוּ:
Cabane de Koutim. -- Tous ceux que l'on énumère ici, notre sougya dit qu'ils ne sont pas astreints [à la mitsva], car elle tient que les Koutim sont des gerei arayot, des convertis par crainte des lions. Et ce qui est dit au deuxième chapitre de Yevamot (fol. 24b), à savoir que tant les convertis par crainte des lions que les convertis à la suite d'un songe -- la halakha est qu'ils sont tous des convertis --, cela ne vaut que lorsqu'ils se sont convertis complètement ; mais s'agissant des convertis koutim, il est écrit au livre des Rois (II Rois 17) : ils craignaient l'Éternel et servaient leurs dieux. Et celui qui dit que les Koutim sont de vrais convertis tient qu'ils ont été redressés par la suite.
💡 Explication

Une braita bâtie sur un moyen mnémotechnique : GNBK -- guimel, noun, beit, kaf -- pour goyim, nachim, behema, koutim. Quatre sortes de cabanes qu'aucune main tenue par la mitsva n'a construites : celle d'un non-Juif qui s'abrite l'été, celle de femmes, qui sont exemptes de la soukka, un abri à bétail, et celle des Koutim -- les Samaritains, tenus ici pour des gerei arayot, convertis par crainte des lions, donc non astreints.

Toutes sont kachères. La braita énonce ainsi, négativement, un principe majeur : la validité d'une soukka ne dépend pas de qui l'a bâtie ni de la destination qu'il lui donnait. Une seule réserve, sur laquelle la guemara va s'arrêter : ke-hilkhata, qu'elle soit couverte selon la règle.

5
מַאי ״כְּהִלְכָתָהּ״? אָמַר רַב חִסְדָּא: וְהוּא שֶׁעֲשָׂאָהּ לְצֵל סֻוכָּה.

Que signifie selon la règle ? Rav Hisda a dit : c'est qu'il l'ait faite pour l'ombre d'une soukka.

📜 Rachi (2)
מַאי כְּהִלְכָתָהּ מַאי אֲתָא לְאַשְׁמוּעִינַן דְּאִילּוּ שֶׁתְּהֵא צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וּבְדָבָר שֶׁכָּשֵׁר לְסַכֵּךְ בּוֹ פְּשִׁיטָא אַטּוּ מִשּׁוּם דְּרִיעָא בְּמִילֵּי אַחֲרָנְיָיתָא שֶׁלֹּא נַעֲשֵׂית לְשֵׁם סֻוכָּה תִּתַּכְשַׁר אַף בִּפְסוּלוֹת:
Que signifie selon la règle -- que vient-elle nous apprendre ? Car s'il s'agissait de dire que son ombre doit dépasser son ensoleillement et que le toit doit être d'une matière valide pour le s'khakh, cela va de soi ! Se pourrait-il que, du fait qu'elle est déficiente sur d'autres points -- n'ayant pas été faite au titre de soukka --, elle en devienne kachère même avec des matières invalides ?
אָמַר רַב חִסְדָּא הַאי כְּהִלְכָתָהּ דְּקָאָמַר הוּא שֶׁמְּסֻוכֶּכֶת יָפֶה דְּמוֹכְחָא מִלְּתָא שֶׁעֲשִׂייָּתָהּ הָרִאשׁוֹנָה לְצֵל הָיְתָה וְלֹא לִצְנִיעוּת בְּעָלְמָא דאע"ג דְּסֻוכָּה לְשֵׁם חַג לָא בָּעֵינַן לְשֵׁם סֻוכָּה בָּעֵינַן וּלְצֵל הוּא דְּמִיקַּרְיָא סֻוכָּה שֶׁסּוֹכֶכֶת מִן הַחוֹרֶב:
Rav Hisda a dit -- ce selon la règle qu'il énonce signifie qu'elle est bien couverte, de sorte que la chose est manifeste : sa confection première visait l'ombre, et non une simple mise à l'abri des regards. Car bien que nous n'exigions pas que la soukka soit faite pour la fête, nous exigeons qu'elle soit faite au titre de soukka -- et c'est en raison de l'ombre qu'elle est appelée soukka, parce qu'elle abrite de l'ardeur du soleil.
💡 Explication

Rachi pose d'abord la vraie question : que peut bien ajouter ke-hilkhata ? Si cela voulait seulement dire que l'ombre y dépasse le soleil et que le toit soit fait d'une matière valide, ce serait une évidence -- personne n'a jamais imaginé qu'une cabane de non-Juif soit dispensée des règles ordinaires du s'khakh.

Rav Hisda répond que la formule vise l'intention de la construction. Il faut qu'elle ait été faite le-tzel, pour l'ombre. Rachi précise la nuance décisive : nous n'exigeons pas le-chem hag, qu'elle ait été faite pour la fête -- c'est la position de Beit Hillel, tranchée dans la michna. Mais nous exigeons le-chem soukka, qu'elle ait été faite en tant que soukka. Or le mot soukka dit l'ombre : est soukka ce qui couvre et protège de l'ardeur du soleil.

D'où l'exclusion : une cabane dressée pour la tsniout, pour se dérober aux regards, n'est pas une soukka, même si elle donne de l'ombre par surcroît. Le critère est intentionnel, mais il se lit dans l'ouvrage : Rachi dit qu'elle doit être bien couverte, de sorte que la chose se prouve d'elle-même.

🖼️ Schéma
La seule condition qui reste : pour quoi la cabane a-t-elle été faite ? On n'exige pas qu'elle ait été faite pour la fête. On exige qu'elle ait été faite pour l'ombre. Une cabane profane, déjà debout couverte de branchages valides, ombre supérieure au soleil Faite pour l'ombre le berger s'abrite du soleil, le potier travaille au frais KACHÈRE Faite pour se dérober aux regards simple paravent de tsniout, l'ombre n'y est qu'un effet PASSOULE Le mot soukka vient de sokhekh, couvrir d'ombre : une cabane qui n'ombrage pas de propos délibéré n'est pas encore une soukka.
Le seul filtre qui subsiste : bâtie pour l'ombre, elle est kachère ; bâtie pour se cacher, elle ne l'est pas.
6
״מִכָּל מָקוֹם״ לַאֲתוּיֵי מַאי? לַאֲתוּיֵי: סֻוכַּת רקב״‎ש. דְּתָנוּ רַבָּנָן: סֻוכַּת רקב״‎ש: סֻוכַּת רוֹעִים, סֻוכַּת קַייָּצִים סֻוכַּת בֻּורְגָּנִין סֻוכַּת שׁוֹמְרֵי פֵירוֹת, סֻוכָּה מִכָּל מָקוֹם — כְּשֵׁרָה, וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא מְסֻוכֶּכֶת כְּהִלְכָתָהּ.

Quelle qu'elle soit -- qu'est-ce que cela vient inclure ? Cela vient inclure la cabane RKBSh.

Car nos maîtres ont enseigné -- cabane RKBSh : cabane de bergers, cabane de sécheurs de figues, cabane de guetteurs, cabane de gardiens de fruits, une soukka quelle qu'elle soit : kachère, pourvu qu'elle soit couverte selon la règle.

📜 Rachi (5)
רקב"ש סִימָן רוֹעִים קַיָּיצִים בֻּורְגָּנִין שׁוֹמְרֵי פֵּירוֹת וּלְקַמָּן פָּרִיךְ מַאי גְּרִיעוּתַיְיהוּ דְּהָנֵי מֵהָנָךְ דִּלְעֵיל דְּקָרֵי לֵיהּ סֻוכָּה מִכָּל מָקוֹם:
RKBSh -- notation mnémonique : ro'im (bergers), kayyatsim (sécheurs de figues), bourganin (guetteurs), chomrei perot (gardiens de fruits). Et plus loin la guemara demande en quoi ceux-ci sont inférieurs à ceux d'en haut, au point que l'on dise à leur sujet : une soukka quelle qu'elle soit.
רוֹעִים שֶׁעָשׂוּ סֻוכָּה בַּשָּׂדֶה לֵישֵׁב בְּתוֹכָהּ מִפְּנֵי הַשָּׁרָב וְשׁוֹמְרִים צֹאנָם:
Bergers -- qui ont fait une cabane dans le champ pour s'y asseoir à l'abri de la chaleur brûlante, tout en gardant leur troupeau.
קַייָּצִים שׁוֹמְרֵי קְצִיעוֹת הַשִּׁטּוּחִין בַּשָּׂדֶה לְיַיבֵּשׁ:
Sécheurs de figues -- gardiens des figues étalées dans le champ pour sécher.
בֻּורְגָּנִין שׁוֹמְרֵי הָעִיר וְכֻולָּן יִשְׂרְאֵלִים הֵם אֲבָל סֻוכָּה זוֹ לֹא לְשֵׁם חַג נַעֲשֵׂית:
Bourganin -- gardiens de la ville. Tous ceux-là sont des Juifs ; mais cette cabane-ci n'a pas été faite pour la fête.
סֻוכָּה מִכָּל מָקוֹם דַּאֲפִילּוּ פָּחוֹת מֵאֵלּוּ וְהַייְנוּ הָנָךְ דִּלְעֵיל כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן דְּהַאי תַּנָּא חֲשִׁיבִי לֵיהּ הָנֵי מִשּׁוּם דְּיִשְׂרְאֵלִים נִינְהוּ וְחַיָּיבִין בְּסֻוכָּה וּרְאוּיָה סֻוכָּתָן לְהַכְשִׁיר יוֹתֵר מִסֻּוכַּת גנב"ך גּוֹיִם נָשִׁים בְּהֵמָה כּוּתִים שֶׁאֵין חַיָּיבִין בְּסֻוכָּה:
Une soukka quelle qu'elle soit -- même moindre que celles-là ; et ce sont celles d'en haut, comme la guemara l'explique plus loin. Car ce tana-ci les tient pour plus considérables, parce qu'ils sont juifs et astreints à la soukka, et que leur cabane mérite plus d'être déclarée kachère que la cabane GNBK -- non-Juifs, femmes, bétail, Koutim --, qui ne sont pas astreints à la soukka.
💡 Explication

La clause finale de la première braita -- une soukka quelle qu'elle soit -- n'était pas une formule vide : elle ramassait une seconde liste, elle aussi mnémotechnique. RKBSh : rech, kof, beit, chin, pour ro'im (bergers), kayyatsim (gardiens des figues mises à sécher), bourganin (guetteurs postés hors la ville) et chomrei perot (gardiens de fruits).

Rachi souligne le point qui va commander la suite : ces quatre-là sont tous des Juifs, donc astreints à la mitsva de soukka -- mais leur cabane, elle, n'a pas été faite pour la fête, et elle est en outre provisoire. Étrangeté apparente : cette seconde braita traite ses quatre cabanes comme les plus fortes et se sert de la formule d'inclusion pour rattraper celles de GNBK, alors que la première braita faisait exactement l'inverse. C'est ce chiasme que les segments 8 et 9 vont expliquer.

🖼️ Schéma
Les huit cabanes profanes : deux listes de quatre, chacune incluant l'autre Aucune n'a été bâtie pour la fête. Toutes sont kachères, pourvu qu'elles aient été couvertes pour l'ombre. GNBK guimel, noun, beit, kaf -- bâtisseurs non astreints Goyim -- cabane de non-Juifs, faite pour l'été Nachim -- cabane de femmes, exemptes de la mitsva Behema -- abri à bétail Koutim -- cabane de Samaritains, convertis par crainte des lions Leur force : ce sont des constructions fixes. RKBSh rech, kof, beit, chin -- bâtisseurs juifs, astreints Ro'im -- bergers à l'abri du soleil, surveillant le troupeau Kayyatsim -- gardiens des figues étalées à sécher Bourganin -- guetteurs postés autour de la ville Chomrei perot -- gardiens de fruits dans les vergers Leur force : leurs bâtisseurs sont tenus par la mitsva. Chaque braita clôture sa liste par la même formule -- une soukka quelle qu'elle soit -- et c'est par là qu'elle avalé la liste d'en face. Deux textes, huit cabanes, une seule halakha.
Les deux listes de quatre : GNBK, bâtisseurs non astreints mais constructions fixes ; RKBSh, bâtisseurs astreints mais cabanes provisoires.
7
מַאי ״כְּהִלְכָתָהּ״? אָמַר רַב חִסְדָּא: וְהוּא שֶׁעֲשָׂאָהּ לְצֵל סֻוכָּה.

Que signifie selon la règle ? Rav Hisda a dit : c'est qu'il l'ait faite pour l'ombre d'une soukka.

💡 Explication

Mot pour mot la même question et la même réponse qu'au segment 4. La répétition n'est pas une négligence de copiste : elle marque que les deux braitot sont deux versions parallèles d'un même enseignement, bâtites sur le même moule -- une liste de quatre, une clause d'inclusion, la même réserve finale.

Le rendement de cette symétrie est immédiat : puisque tout est identique sauf l'ordre des listes, c'est l'ordre seul qui doit être expliqué. La guemara y vient aussitôt.

8
״מִכָּל מָקוֹם״ לַאֲתוּיֵי מַאי? לַאֲתוּיֵי: סֻוכַּת גנב״‎ך.

Quelle qu'elle soit -- qu'est-ce que cela vient inclure ? Cela vient inclure la cabane GNBK.

💡 Explication

La boucle se ferme. La première braita nommait GNBK et incluait RKBSh par sa clause finale ; la seconde nomme RKBSh et inclut GNBK par la même clause. Chacune tient pour acquis ce que l'autre doit rattraper.

Cela ne peut pas être indifférent : la clause quelle qu'elle soit sert toujours à ramasser le cas le plus faible, celui dont la validité ne va pas de soi. Deux textes qui se contredisent sur l'identité du cas faible réclament une explication -- c'est l'objet des deux derniers segments.

9
הַאי תַּנָּא דגנב״‎ך, אַלִּימָא לֵיהּ גַּנְבַּ״‎ךְ מִשּׁוּם דִּקְבִיעִי, וְקָא תְּנָא ״מִכָּל מָקוֹם״ לַאֲתוּיֵי רקב״‎ש, דְּלָא קְבִיעִי.

Ce tana-ci, celui de GNBK -- GNBK lui paraît plus fort parce que ces cabanes sont permanentes ; et il a enseigné quelle qu'elle soit pour inclure RKBSh, qui ne sont pas permanentes.

📜 Rachi (2)
אַלִּימָא חֲשׁוּבָה לְהַכְשִׁיר:
Plus fort -- assez considérable pour être déclarée kachère.
סֻוכַּת רקב"ש לָא קְבִיעִי פְּעָמִים רוֹעִין כָּאן וּפְעָמִים רוֹעִין כָּאן כְּשֶׁאָכְלוּ אֶת הַמִּרְעֶה וְכֵן קַיָּיצִים כְּשֶׁיָּבְשׁוּ הוֹלְכִין לָהֶם וְסוֹתְרִין סֻוכָּתָן:
Les cabanes de RKBSh ne sont pas permanentes -- tantôt ils font paître ici, tantôt là, lorsque le troupeau a brouté le pâturage ; et de même les sécheurs de figues : une fois les figues séchées, ils s'en vont et démontent leur cabane.
💡 Explication

Première moitié de la réponse. Pour le tana de la première braita, le critère de solidité est la permanence de la construction : kevi'i. La cabane du non-Juif qui passe l'été, l'abri à bétail, la cabane des Koutim sont des bâtisses fixes, faites pour tenir une saison entière. Leur alimuta -- leur force -- vient de là.

Les cabanes de RKBSh, elles, sont provisoires, et Rachi le montre concrètement : le berger dresse sa cabane là où est l'herbe et la déplace quand le troupeau a brouté ; le gardien des figues démonte la sienne dès que les fruits sont secs. C'est donc elles qui, pour ce tana, ont besoin d'être rattrapées par la clause d'inclusion.

10
וְהַאי תַּנָּא דרקב״‎ש, אַלִּימָא לֵיהּ רקב״‎ש, דִּבְנֵי חִיּוּבָא נִינְהוּ, וְתַנָּא ״מִכָּל מָקוֹם״ לַאֲתוּיֵי גנב״‎ך, דְּלָאו בְּנֵי חִיּוּבָא נִינְהוּ.

Et ce tana-là, celui de RKBSh -- RKBSh lui paraît plus fort, parce que ceux-là sont astreints à la mitsva ; et il a enseigné quelle qu'elle soit pour inclure GNBK, qui ne sont pas astreints.

💡 Explication

Seconde moitié, exactement symétrique. Pour le tana de la seconde braita, ce qui compte n'est pas le bâtiment mais la main qui l'a dressé : les bergers, les sécheurs de figues, les guetteurs, les gardiens de fruits sont des Juifs, donc bnei hiyyuva, tenus eux-mêmes par la mitsva de soukka. C'est de là que vient la force de leurs cabanes, si fragiles soient-elles. Et ce sont alors celles de GNBK, batties par qui n'a aucune obligation, qu'il faut rattraper.

Deux échelles de valeur, donc, appliquées au même corpus de huit cabanes : la solidité de l'ouvrage d'un côté, l'obligation du bâtisseur de l'autre. Chaque tana ouvre par ce qu'il juge le plus évident et ferme par une clause qui récupère le reste.

La nafka mina est nulle : dans les deux textes, les huit sortes de cabanes sont kachères. Le rendement du passage est ailleurs, et il est considérable -- il établit qu'une soukka ne tire sa validité ni de l'identité de son constructeur, ni de la permanence de sa structure, mais uniquement du fait qu'elle ait été couverte pour donner de l'ombre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).