Sukkah 9b -- Un toit de trop : l'arbre au-dessus de la soukka, et la soukka au-dessus de la soukka

Sukkah 9b

Sougya : Le folio ouvre le deuxième volet du premier chapitre : ce qui se trouve au-dessus du sekhakh. La michna pose trois cas d'un coup - une soukka faite sous un arbre vaut comme une soukka faite dans la maison ; une soukka bâtie au-dessus d'une autre rend celle du bas passoul ; et Rabbi Yehouda nuance selon qu'il y a ou non des habitants dans celle du haut.

Rava restreint aussitôt le premier cas : l'arbre n'invalide que si son ombre dépasse son ensoleillement, et il le prouve par la formulation même de la michna, qui prend le détour de la maison au lieu de dire simplement passoul. La guemara objecte alors qu'un arbre, même clairsemé, reste mehoubar - attaché au sol - et que son ombre se joint à celle du sekhakh pour compléter la mesure : c'est le tsirouf d'un sekhakh passoul avec un sekhakh kacher.

Rav Papa répond bechehavtan, lorsqu'il a rabattu les branches dans le sekhakh : mêlées et invisibles, elles s'annulent dans la majorité. Reste à savoir ce que Rava apprend encore, puisque la michna de la vigne, de la courge et du lierre disait déjà cela ; la réponse distingue bedi'avad et lekhathila.

La seconde moitié revient à la soukka sur soukka. Une braita tire les trois exclusions du verset bassoukot techevou ; on objecte que le pluriel devrait au contraire valider deux soukkot, et Rav Nahman bar Yitshak répond par la graphie défective du mot.

Rabbi Yirmeya déploie enfin quatre combinaisons - les deux kachères, les deux passoul, l'une ou l'autre seulement - réglées par deux variables : le rapport ombre / soleil de chaque sekhakh et la hauteur de vingt coudées, mesurée selon Rachi depuis le toit de la soukka du bas. Le folio s'arrête au seuil du troisième cas, qui se poursuit en 10a.

Le fil du folio : deux couvertures au-dessus d'une seule soukka Un arbre, puis une seconde soukka : quand un toit de trop invalide-t-il celui du dessous ? Segment 0 -- Michna : trois cas d'un seul coup Soukka sous un arbre = comme dans la maison. Soukka sur soukka : celle du haut kachère, celle du bas passoul. R. Yehouda nuance. Segments 1 et 2 -- Rava restreint : seulement un arbre épais Un arbre dont l'ombre dépasse l'ensoleillement. Preuve : la michna dit comme dans la maison, donc l'arbre doit ressembler à une maison. Segment 3 -- objection : le sekhakh passoul se joint au kacher Même un arbre clairsemé reste mehoubar (attaché au sol). Réponse de Rav Papa : bechehavtan -- il a rabattu les branches dans le sekhakh. Segment 4 -- alors que vient nous apprendre Rava ? Qu'on ne décrète pas le cas rabattu à cause du cas non rabattu. La crainte était un décret rabbinique, pas une invalidité de la Tora. Segments 5 et 6 -- la michna de la vigne dit déjà la même chose Hidla aleha et haguefen : si le sekhakh est plus abondant qu'eux, kachère. Réponse : là-bas bedi'avad, Rava enseigne lekhathila. Segment 7 -- la source : bassoukot techevou Une braita tire du verset trois exclusions : pas sous une soukka, pas sous un arbre, pas dans une maison. Segment 8 -- objection du pluriel, réponse par la graphie Bassoukot au pluriel devrait autoriser deux soukkot. Rav Nahman bar Yitshak : le mot est écrit sans vav, donc une seule. Segment 9 -- Rabbi Yirmeya ouvre quatre cas Parfois les deux kachères, parfois les deux passoul, parfois l'une sans l'autre. Deux variables : l'ombre de chacune, et la hauteur. Segments 10 à 12 -- les cas se déroulent un par un Les deux kachères : la basse est trop claire, la haute la couvre en deçà de vingt. Les deux passoul : la haute dépasse vingt coudées. La clé du folio Un toit passoul ne nuit que s'il fabrique l'ombre. S'il est clairsemé et rabattu dans le sekhakh, il devient invisible et s'annule dans la majorité.
Le fil du folio, segment par segment : de l'arbre au-dessus de la soukka aux quatre cas de la soukka sur soukka.
La soukka sous l'arbre : trois états du feuillage Deux questions distinctes : qui fait l'ombre, et le feuillage est-il encore visible comme couverture séparée ? 1. Arbre épais, non rabattu tsilato merouba mehamato L'ombre vient de l'arbre, pas du sekhakh. PASSOUL 2. Arbre clairsemé, non rabattu hamato merouba mitsilato Deux couvertures encore distinctes à l'œil : le feuillage complète l'ombre du sekhakh. tsirouf -- PASSOUL 3. Arbre clairsemé et rabattu bechehavtan -- branches abaissées Une seule couverture mélangée, le kacher est majoritaire : bitoul berov, rien ne se voit. KACHÈRE Vert = feuillage encore attaché au sol (mehoubar, donc sekhakh passoul). Ocre = sekhakh kacher, végétal détaché. Rachi : havata veut dire abaisser, jamais arracher -- sinon la michna n'aurait pas ajouté ou s'il les a coupés. Le Raavia au nom du Riva conteste : selon lui, si le feuillage se trouve juste au-dessus du sekhakh, même non rabattu il invalide.
Les trois états du feuillage au-dessus d'une soukka : épais, clairsemé, clairsemé et rabattu (h'avata).
Les quatre cas de Rabbi Yirmeya : soukka sur soukka Deux réglages suffisent : l'ombre de chaque sekhakh, et la hauteur du sekhakh supérieur au-dessus du sol de la soukka basse. A. Les deux kachères HAUTE : ombre majoritaire BASSE : soleil majoritaire Haute en deçà de 20 coudées du sol Le sekhakh du bas est comme inexistant : celui du haut, kacher, couvre valablement les deux. haute + basse OK B. Les deux passoul HAUTE : ombre majoritaire BASSE : ombre majoritaire Haute à plus de 20 coudées du toit du bas La haute est passoul par la hauteur ; son ombre tombe sur la basse et, sekhakh passoul, elle l'entraîne. haute + basse KO C. Basse kachère, haute passoul HAUTE : soleil majoritaire BASSE : ombre majoritaire Rachi : les deux en deçà de 20 La basse se suffit à elle-même ; la haute est trop claire pour abriter. R. Tam : la basse tient même si la haute dépasse vingt coudées. basse OK, haute KO D.ieu. Haute kachère, basse passoul HAUTE : ombre majoritaire BASSE : ombre majoritaire Haute en deçà de 20 coudées Le cas simple de la michna : la basse a deux sekhakh au-dessus d'elle, ce que le verset exclut. haute OK, basse KO Trait bleu = mesure des vingt coudées depuis le sol ; trait rouge = depuis le toit de la basse, qui est le plancher de la haute (Rachi). Le cas C'est le seul que la guemara avait besoin d'énoncer : les trois autres découlent des règles déjà connues. Le folio s'interrompt au début du cas C ; la suite est développée au début de Soukka 10a.
Les quatre combinaisons de Rabbi Yirmeya, réglées par deux variables seulement : l'ombre de chaque sekhakh et la hauteur.
1
מַתְנִי׳ הָעוֹשֶׂה סֻוכָּתוֹ תַּחַת הָאִילָן — כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת. סֻוכָּה עַל גַּבֵּי סֻוכָּה — הָעֶלְיוֹנָה כְּשֵׁרָה וְהַתַּחְתּוֹנָה פְּסוּלָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם אֵין דָּיוֹרִין בָּעֶלְיוֹנָה — הַתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה.

MICHNA. Celui qui fait sa soukka sous un arbre : c'est comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison [et elle est passoul, invalide].

Une soukka au-dessus d'une soukka : celle du haut est kachère et celle du bas est passoul. Rabbi Yehouda dit : s'il n'y a pas d'habitants dans celle du haut, celle du bas est kachère.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת וּפְסוּלָה כִּדְתַנְיָא בַּבָּרַיְיתָא בגמ':
Et elle est passoul (invalide), comme cela est enseigné dans la braita rapportée dans la guemara.
הַתַּחְתּוֹנָה פְּסוּלָה דִּשְׁנֵי סְכָכִין יֵשׁ לָהּ וּקְרָא פְּסִיל סֻוכָּה תַּחַת סֻוכָּה כְּדִלְקַמָּן:
Car elle a deux couvertures de sekhakh au-dessus d'elle, et le verset invalide une soukka placée sous une soukka, comme [on l'expliquera] plus loin.
אִם אֵין דִּיּוּרִין בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לָהּ:
La guemara l'explique.
⚖️ Rosh (2)
מַתְנֵי' הָעוֹשֶׂה סֻוכָּה תַּחַת הָאִילָן כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת:
Michna : celui qui fait une soukka sous un arbre, c'est comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison.
מַתְנֵי' סֻוכָּה עַל גַּבֵּי סֻוכָּה הָעֶלְיוֹנָה כְּשֵׁרָה וְהַתַּחְתּוֹנָה פְּסוּלָה וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אִם אֵין דִּיּוּרִים בָּעֶלְיוֹנָה אַף הַתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה:
Michna : une soukka au-dessus d'une soukka, celle du haut est kachère et celle du bas est passoul ; et Rabbi Yehouda dit : s'il n'y a pas d'habitants dans celle du haut, celle du bas aussi est kachère.
💡 Explication

La michna aligne deux invalidités qui ont la même cause profonde : un toit de trop. Une soukka doit être couverte par son sekhakh et par rien d'autre. Sous un arbre, c'est le feuillage qui abrite ; sous une seconde soukka, c'est le sekhakh supérieur.

Noter la formulation curieuse : la michna ne dit pas passoul mais comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison. La guemara va exploiter précisément cette bizarrerie de langue pour en tirer une restriction (segments 1 et 2).

Rabbi Yehouda ajoute une condition qui sera discutée plus loin : si personne n'habite la soukka du haut, celle du bas redevient kachère. Rachi renvoie à la guemara pour en comprendre le sens.

2
גְּמ׳ אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִילָן שֶׁצִּלָּתוֹ מְרֻובָּה מֵחֲמָתוֹ, אֲבָל חֲמָתוֹ מְרֻובָּה מִצִּלָּתוֹ — כְּשֵׁרָה.

GUEMARA. Rava a dit : on n'a enseigné [que la soukka est invalide] que pour un arbre dont l'ombre dépasse son ensoleillement ; mais [pour un arbre] dont l'ensoleillement dépasse son ombre, [la soukka] est kachère.

⚖️ Rosh (1)
גְּמָ' אָמַר רָבָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִילָן שֶׁצִּלָּתוֹ מְרֻובָּה מֵחֲמָתוֹ אֲבָל חֲמָתוֹ מְרֻובָּה מִצִּלָּתוֹ כְּשֵׁרָה. וְאַמַּאי וְהָא קָא מְצָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר. אָמַר רַב פָּפָּא כְּשֶׁחֲבָטָן. פרש"י הִשְׁפִּיל עֲנָפָיו לְמַטָּה עַל הַסְּכָךְ וַהֲרֵי הֵן מְעֹורָבִים עִם סְכָךְ כָּשֵׁר וְאֵין נִרְאִין בְּעַיִן וּסְכָךְ כָּשֵׁר רָבֶה עָלָיו וּמְבַטְּלוֹ דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא כָּל מִילֵּי בְּרֻובָּא בָּטֵל א"ה מַאי לְמֵימְרָא מֵהֵיכִי תַּיְתֵי לְמִפְסַל וּמִשּׁוּם שְׁנֵי סְכָכִין לֵיכָּא דְּהָא חַד סְכָכָא הוּא וְלֹא מִשּׁוּם מְחֻובָּר אִיכָּא דְּהָא בְּטִיל לֵיהּ בְּרֻובָּא מַהוּ דְּתֵימָא נִגְזוֹר הֵיכָא דַּחֲבָטָן אַטּוּ הֵיכָא דְּלֹא חֲבָטָן קמ"ל דְּלָא גָזְרִינַן וּמַיְירֵי שֶׁאֵין הַסֻּוכָּה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ אֶלָּא מֵחֲמַת אִילָן הַפָּסוּל שֶׁמַּשְׁלִימוֹ דְּאִי צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ בְּלֹא אִילָן לָא מִיפַּסְלָא מֵחֲמַת צֵירוּף סְכָךְ פָּסוּל כֵּיוָן דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לִפְסֹול אַכַּתִּי צִלָּתָהּ מְרֻובָּה וְכֵן מַשְׁמַע לְשׁוֹן צֵירוּף לְהַשְׁלִים הַשִּׁיעוּר כְּמוֹ שְׁנֵי סְדִינִין מִצְטָרְפִין לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף יד.) וְהָכִי אָמְרִינַן לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ד.) הָיְתָה גְּבוֹהָה מֵעֶשְׂרִים הוּצִין יוֹרְדִין לְתוֹךְ עֶשְׂרִים אִם צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ כְּשֵׁירָה וְעוֹד מַכְשְׁרִינַן לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף טו.) הַמִּקְרֶה בְּשַׁפּוּדִין אוֹ בַּאֲרֻוכּוֹת הַמִּטָּה כְּשֶׁיֵּשׁ רִיוַּח בֵּינֵיהֶם כְּמוֹתָן ואע"ג דְּלָא שַׁיָּיךְ בְּהוּ בִּיטּוּל בְּרוֹב כֵּיוָן דְּהַאי לְחוֹדֵיהּ קָאֵי וְהַאי לְחוֹדֵיהּ קָאֵי וְלָא מִיעָרְבָא וְלָא מִיפַּסְלָא מִשּׁוּם דְּמִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר כֵּיוָן דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ סַגִּי בְּכָשֵׁר אֲבָל רַבֵּינוּ אֲבִי הָעֶזְרִי כָּתַב בְּשֵׁם רִיבָ"א אִם לֹא חֲבָטָן אַפֵּי' חַמָּתוֹ שֶׁל הָאִילָן מְרֻובֶּה מִצֵּל הָאִילָן וְהַסֻּוכָּה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ פְּסוּלָה שֶׁהֲרֵי הַצֵּל הוּא מִן הָאִילָן וְלֹא מִן הַסֻּוכָּה שֶׁאִם נִיטַּל סְכַךְ הַסֻּוכָּה אַכַּתִּי אִיכָּא מִצֵּל הָאִילָן ל"ש קָדִים הָאִילָן לַסֻּוכָּה וְלָא שְׁנָא קָדְמָה הַסֻּוכָּה לָאִילָן כֵּיוָן שֶׁמֻּונָּחִין עַל עַנְפֵי הָאִילָן כְּנֶגֶד סְכָךְ הַכָּשֵׁר וּמִיהוּ אִם הוּא כָּךְ שֶׁעַנְפֵי הָאִילָן אֵינָן מַצִּילִין כְּנֶגֶד הַסְּכָךְ אֶלָּא כְּנֶגֶד הָאֲוִיר שֶׁבֵּין סְכָךְ הַכָּשֵׁר כְּשֵׁרָה. וּבְצִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ אֵין צֵל הָאִילָן פַיְסֶל הוֹאִיל וְאֵינָן מְכֻוָּונִין וְיֵשׁ בַּכָּשֵׁר כַּשִּׁיעוּר אִם נִיטַּל הַפָּסוּל וְהַפָּסוּל חַמָּתוֹ מְרֻובָּה ע"כ וְהַהִיא דְּהוּצִין לָא מִקְּרֵי סְכָךְ פָּסוּל בְּגָובְהָהּ גּוֹרֵם כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ ר"ת:
Guemara : Rava a dit : on n'a enseigné cela que pour un arbre dont l'ombre dépasse son ensoleillement ; mais si son ensoleillement dépasse son ombre, elle est kachère. Et pourquoi donc ? Voilà qu'un sekhakh passoul (couverture invalide) se joint à un sekhakh kacher ! Rav Papa a dit : lorsqu'il les a rabattues (h'avtan). Rachi explique : il a abaissé les branches vers le bas, sur le sekhakh, de sorte qu'elles sont mêlées au sekhakh kacher et qu'on ne les distingue plus à l'œil ; le sekhakh kacher est majoritaire sur elles et les annule, car selon la Tora toute chose est annulée dans la majorité. Si c'est ainsi, que vient nous apprendre [Rava] ? D'où aurait-on voulu l'invalider ? Ce n'est pas au titre des deux sekhakh, puisqu'il n'y en a plus qu'un seul ; et ce n'est pas au titre du mehoubar (l'attaché au sol), puisqu'il est annulé dans la majorité. [Réponse :] on aurait pu dire que l'on décrète le cas où il les a rabattues à cause du cas où il ne les a pas rabattues ; il nous apprend donc que l'on ne décrète pas. Et il s'agit d'un cas où l'ombre de la soukka ne dépasse son ensoleillement que grâce à l'arbre passoul qui vient compléter la mesure ; car si son ombre dépassait son ensoleillement sans l'arbre, elle ne serait pas invalidée au titre de la jonction (tsirouf) d'un sekhakh passoul, puisque si tu retires le passoul son ombre reste encore majoritaire. C'est bien ce qu'indique le mot tsirouf : compléter la mesure, comme dans deux draps qui se joignent, plus loin (Soukka 14a). Et ainsi avons-nous dit plus haut (Soukka 4a) : si elle était haute de plus de vingt [coudées] et que des palmes descendent en deçà de vingt, si son ombre dépasse son ensoleillement elle est kachère. De plus, nous déclarons kacher plus loin (Soukka 15a) celui qui couvre [sa soukka] avec des broches ou avec les montants d'un lit, quand l'espace entre eux égale leur largeur ; et bien que l'annulation dans la majorité ne s'y applique pas, puisque chacun se tient à part et qu'ils ne se mêlent pas, elle n'est pas invalidée au titre de la jonction d'un sekhakh passoul à un sekhakh kacher, puisque si tu le retires le kacher suffit. Mais Rabbenou Avi HaEzri (le Raavia) a écrit au nom du Riva : s'il ne les a pas rabattues, même si l'ensoleillement de l'arbre dépasse l'ombre de l'arbre et que l'ombre de la soukka dépasse son ensoleillement, elle est passoul, car l'ombre vient de l'arbre et non de la soukka : si l'on enlevait le sekhakh de la soukka, il resterait encore l'ombre de l'arbre. Et il n'y a pas de différence entre le cas où l'arbre précède la soukka et celui où la soukka précède l'arbre, dès lors que [les branches] se trouvent au-dessus du sekhakh kacher. Toutefois, si les branches de l'arbre ne font pas d'ombre au-dessus du sekhakh mais au-dessus des vides situés entre le sekhakh kacher, elle est kachère. Et lorsque son ombre dépasse son ensoleillement, l'ombre de l'arbre ne l'invalide pas, dès lors qu'elles ne sont pas superposées, qu'il y a dans le kacher la mesure requise si l'on retire le passoul, et que le passoul a un ensoleillement majoritaire. Fin de citation. Et le cas des palmes [qui descendent] n'est pas appelé sekhakh passoul : c'est la hauteur qui en est la cause, comme l'a expliqué Rabbenou Tam.
💡 Explication

Rava restreint la michna. Un arbre n'invalide pas parce qu'il est un arbre, mais parce qu'il fait de l'ombre. Le critère technique est le rapport tsel / hama (ombre / ensoleillement) : si l'ombre du feuillage domine, l'arbre joue le rôle d'un plafond ; si le soleil domine, il ne couvre rien de décisif.

Retenir le vocabulaire, qui court dans tout le traité : tsilato merouba mehamato (son ombre dépasse son ensoleillement) est l'état requis d'un sekhakh valable, et l'état qui rend un corps étranger gênant.

🖼️ Schéma
La restriction de Rava : tout dépend du rapport ombre / soleil de l'arbre tsilato merouba mehamato son ombre dépasse son ensoleillement sol majoritairement à l'ombre L'arbre se comporte comme un plafond de maison. soukka PASSOUL hamato merouba mitsilato son ensoleillement dépasse son ombre sol majoritairement au soleil Ce n'est plus une maison : le sekhakh fait l'ombre. soukka KACHÈRE Le critère n'est pas la présence de l'arbre mais l'origine de l'ombre : celui qui abrite est celui qui compte.
La restriction de Rava : selon le rapport ombre / soleil de l'arbre, la soukka bascule.
3
מִמַּאי — מִדְּקָתָנֵי: ״כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת״: לָמָּה לִי לְמִיתְנֵי ״כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת״? לִיתְנֵי ״פְּסוּלָה״! אֶלָּא, הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִילָן דֻּומְיָא דְּבַיִת: מַה בַּיִת צִלָּתוֹ מְרֻובָּה מֵחֲמָתוֹ — אַף אִילָן צִלָּתוֹ מְרֻובָּה מֵחֲמָתוֹ.

D'où [Rava tire-t-il cela] ? De ce que la michna enseigne : comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison.

Pourquoi ai-je besoin qu'elle enseigne comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison ? Qu'elle enseigne simplement : elle est passoul !

Il faut donc dire que cela vient nous apprendre que l'arbre est semblable à la maison : de même que la maison a son ombre plus grande que son ensoleillement, de même l'arbre [n'invalide que] lorsque son ombre est plus grande que son ensoleillement.

📜 Rachi (1)
גְּמָ' לָמָּה לִי לְמִתְנֵי כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת מֵהַהוּא קְרָא דְּנָפְקָא לָן תּוֹךְ הַבַּיִת נָפְקָא לָן תַּחַת הָאִילָן וְלָמָּה לִי לְמִיתְלֵי הַאי בְּהַאיְךְ:
Du verset même dont nous déduisons [l'invalidité d'une soukka faite] à l'intérieur de la maison, nous déduisons [celle d'une soukka faite] sous un arbre ; pourquoi alors faire dépendre l'une de l'autre ?
💡 Explication

Le raisonnement est un classique de la lecture des michnayot : une formulation redondante doit enseigner quelque chose. Puisque le même verset invalide les deux situations, la michna aurait pu dire sèchement passoul. Si elle prend le détour de la maison, c'est qu'elle veut aligner l'arbre sur la maison, et donc importer la caractéristique de la maison : un toit plein, qui fait plus d'ombre que de soleil.

4
וְכִי חֲמָתוֹ מְרֻובָּה מִצִּלָּתוֹ, מַאי הָוֵי? הָא קָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר! אָמַר רַב פָּפָּא: בְּשֶׁחֲבָטָן.

Et même si son ensoleillement dépasse son ombre, qu'importe ? Voilà qu'un sekhakh passoul se joint à un sekhakh kacher !

Rav Papa a dit : [il s'agit du cas] où il les a rabattues.

📜 Rachi (2)
הָא קָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל מְחֻובָּר סְכָךְ פָּסוּל הוּא דִּכְתִיב (דְּבָרִים ט״ז:י״ג) בְּאָסְפְּךָ מִגָּרְנְךָ וּמִיִּקְבֶךָ מִמַּה שֶׁאַתָּה מְאַסֵּף מִגָּרְנְךָ עֲשֵׂה סֻוכָּתְךָ בִּפְסֹולֶת גֹּורֶן כְּגוֹן קָשִׁין וּבִפְסֹולֶת יֶקֶב כְּגוֹן אֶשְׁכּוֹלוֹת רֵיקָנִיּוֹת וּזְמוֹרוֹת אַלְמָא תָּלוּשׁ בָּעֵינַן וּמְהַנֵּי צֵל הָאִילָן לְצֵל הַסְּכָךְ לְהַשְׁלִים צִלָּתָהּ שֶׁל סֻוכָּה:
Voilà qu'un sekhakh passoul se joint : ce qui est attaché au sol (mehoubar) est un sekhakh passoul, car il est écrit (Devarim 16,13) : lorsque tu rentres [les récoltes] de ton aire et de ton pressoir - de ce que tu rentres de ton aire, fais ta soukka : avec les déchets de l'aire, comme la paille, et avec les déchets du pressoir, comme les grappes vides et les sarments. Il ressort donc qu'il nous faut du détaché (talouch). Et [ici] l'ombre de l'arbre s'ajoute à l'ombre du sekhakh pour compléter l'ombre de la soukka.
בְּשֶׁחֲבָטָן הִשְׁפִּיל עֲנָפָיו לְמַטָּה מְעֹורָבִין עִם סְכָךְ כָּשֵׁר וְאֵין נִרְאִין בְּעַיִן וּסְכָךְ כָּשֵׁר רַבָּה עָלָיו וּמְבַטְּלָהּ דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא כָּל מִילֵּי בָּטֵל בְּרֻובָּא כְּדִתְנַן בְּמָתְנֵי' (לְקַמָּן סֻוכָּה דַּף יא.) אִם הָיָה סִיכּוּךְ מְרֻובֶּה מֵהֶן כְּשֵׁרָה:
Lorsqu'il les a rabattues : il a abaissé ses branches vers le bas, mêlées au sekhakh kacher, de sorte qu'on ne les distingue plus à l'œil ; le sekhakh kacher est majoritaire sur elles et les annule, car selon la Tora toute chose est annulée dans la majorité, comme nous l'avons appris dans la michna (plus loin, Soukka 11a) : si le sekhakh était plus abondant qu'eux, elle est kachère.
🗂️ Tossefot (1)
הָא קָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר. לְפִי שֶׁהָאִילָן מְחֻובָּר וּבָעֵינַן דָּבָר תָּלוּשׁ דֻּומְיָא דִּפְסֹולֶת גֹּורֶן וְיֶקֶב וְאִם הַסֻּוכָּה שֶׁתַּחַת הָאִילָן מְסֻוכֶּכֶת כָּרָאוּי שֶׁצִּלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ לָאו מִיסְתַּבֵּר שֶׁתִּיפָּסֵל מִשּׁוּם צֵירוּף סְכָךְ פָּסוּל כֵּיוָן דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לִפְסֹול אַכַּתִּי צִלָּתָהּ מְרֻובָּה אֶלָּא כְּשֶׁאֵין צִלָּתָהּ מְרֻובָּה אֶלָּא מֵחֲמַת הַפָּסוּל אַייְרֵי וְהָא דְּלָא מְשַׁנֵּי כְּגוֹן דִּבְלָאו פָּסוּל צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מִשּׁוּם דְּא"כ מַאי לְמֵימְרָא דְּהַשְׁתָּא נָמֵי דִּמְשַׁנֵּי בְּשֶׁחֲבָטָן קָא פָּרֵיךְ מַאי לְמֵימְרָא וְתֵדַע דְּגַבֵּי מִקְרֶה סֻוכָּתוֹ בְּשַׁפּוּדִין אוֹ בַּאֲרֻוכּוֹת הַמִּטָּה מַכְשִׁירִין לְקַמָּן (סֻוכָּה דַּף טו.) בְּשֶׁיֵּשׁ רִיוַּח בֵּינֵיהֶן כְּמוֹתָן ואע"ג דְּלָא מְהַנֵּי בְּהוּ חֲבָטָה לְבַטֵּל בְּרוֹב כֵּיוָן דְּמִינַּכְרִין וְלָא מִיעָרְבָן דְּהַאי לְחוּדֵיהּ קָאֵי וְלָא אָמְרִי' דְּתִפְסֹול מִשּׁוּם מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל דְּכֵיוָן דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ סַגִּי בְּכָשֵׁר וְעוֹד אָמְרִינַן לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ד:) הָיְתָה גְּבוֹהָה מֵעֶשְׂרִים וְהוּצִין יוֹרְדִין לְתוֹךְ עֶשְׂרִים אִם צִלָּתָם מְרֻובָּה מֵחֲמָתָם כְּשֵׁרָה וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּסָמוּךְ תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה כְּגוֹן שֶׁהַתַּחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וְהָעֶלְיוֹנָה חֲמָתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ וְקָיְימִי תַּרְוַייְהוּ בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים דְּמַשְׁמַע הָא קַייְמָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים תַּחְתּוֹנָה נָמֵי פְּסוּלָה מִשּׁוּם דְּמִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר הָתָם מַיְירֵי כְּשֶׁאֵין הַתַּחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה אֶלָּא מֵחֲמַת עֶלְיוֹנָה וְכִי הַאי גַּווְנָא הֲוָה מָצֵי לְאַשְׁכּוֹחֵי שְׁתֵּיהֶן פְּסוּלוֹת אִי קַייְמָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אֶלָּא דְּמַשְׁכַּח לָהּ שַׁפִּיר וא"ת כֵּיוָן דְּאֵין תַּחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה אֶלָּא מֵחֲמַת עֶלְיוֹנָה אַמַּאי כְּשֵׁרָה הָא לְקַמָּן בְּרֵישׁ הַיָּשָׁן (סֻוכָּה דַּף כב.) אָמְרִינַן סֻוכָּה הַמְדֻובְלֶלֶת כְּשֵׁרָה וּמְפָרֵשׁ שְׁמוּאֵל בַּגְּמָרָא קָנֶה עוֹלֶה קָנֶה יוֹרֵד וְקָאָמַר אַבָּיֵי לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין בֵּין זֶה לָזֶה שְׁלֹשָׁה אֲבָל יֵשׁ בֵּין זֶה לָזֶה ג' פְּסוּלָה וי"ל דְּהָא אָמַר רָבָא הָתָם דַּאֲפִילּוּ יֵשׁ בֵּין זֶה לָזֶה שְׁלֹשָׁה אִם יֵשׁ בְּגַגּוֹ טֶפַח אָמְרִינַן חֲבוֹט רְמִי וְרַבֵּינוּ תָּם מְפָרֵשׁ דִּלְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים לָא חֲשִׁיב סְכָךְ פָּסוּל מֵאַחַר שֶׁאֵין הַפָּסוּל אֶלָּא מֵחֲמַת גֹּובַהּ שֶׁקָּשֶׁה לוֹ הָא דְּקָאָמְרִינַן תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ מַהוּ דְּתֵימָא נִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר שֶׁדָּחַק בַּקּוּנְטְרֵס לְפָרֵשׁ דאע"ג דְּקַיְימָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ כ' מַהוּ דְתֵימָא נִיגְזַר לְמִיפְסַל תַּחְתּוֹנָה מִשּׁוּם דְּזִימְנִין דְּקַייְמָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים דְּלָא מַסִּיק אַדַּעְתֵּיהּ לְמִיחַשׁ אַתַּחְתּוֹנָה מִשּׁוּם צֵירוּף פָּסוּל עִם כָּשֵׁר וּמִדְּחָזֵי לָעֶלְיוֹן כִּי חַמָּתוֹ מְרֻובָּה סָבַר כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ דָּמֵי וְלָא פְּסִיל לַתַּחְתּוֹנָה קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא גָּזְרִינַן הָא אַטּוּ הָא וְדֹוחַק הוּא זֶה וְעוֹד דְּמֵהַאי טַעְמָא הֲוָה מָצֵי לְמֵימַר שְׁתֵּיהֶן כְּשֵׁרוֹת אִצְטְרִיךְ לֵיהּ וְגָרֵיס ר"ת תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְהָעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה הֵיכִי דָּמֵי כְּגוֹן דְּעֶלְיוֹנָה חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ וְתַחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וְקָייְמָא תַּחְתּוֹנָה בְּתוֹךְ כ' כְּלוֹמַר אֲבָל הָעֶלְיוֹנָה לָא חָיְישִׁינַן בְּכָל עִנְיָן דְּקַייְמָא וַאֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים לָא מִיפַּסְלָא הַתַּחְתּוֹנָה בְּהָכִי וְהַייְנוּ דְּקָאָמַר הַשַּׁ"ס מַהוּ דְתֵימָא לְיִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר כְּלוֹמַר שֶׁיֵּחָשֵׁב סְכָךְ פָּסוּל מֵחֲמַת דְּקַיְימָא הָעֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים קמ"ל דְּכִי הַאי גַווְנָא לָא חֲשִׁיב סְכָךְ פָּסוּל וּבְרֵישׁ עֵירוּבִין (דַּף ג. וְשָׁם) מַשְׁמַע קְצָת כְּפֵירוּשׁ ר"ת גַּבֵּי מִקְצָת סְכָךְ בְּתוֹךְ כ' וּמִקְצָת לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַף עַל גַּב דְּאִי שָׁקְלַתְּ לְהַהִיא יְהֵא חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ מַשְׁמַע הָתָם דִּכְשֵׁרָה מִשּׁוּם דְּעַכְשָׁיו הָוְיָא לָהּ צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וּמִיהוּ גַּבֵּי הוּצִין יוֹרְדִין פֵּירַשְׁנוּ לְעֵיל דַּאֲפִילּוּ חֲשִׁיב סְכָךְ פָּסוּל כְּשֵׁרָה דְּמַיְירֵי כְּשֶׁצִּלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ מַה שֶׁבְּתוֹךְ עֶשְׂרִים וְהָא דְּקָאָמְרִינַן (שָׁם) אִי קְלַשַׁת לָהּ וִיהֵא חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ הַייְנוּ לְפִי שֶׁלֹּא יָכוֹל לְהִתְקַייֵּם הַסְּכָךְ שֶׁבְּתוֹךְ עֶשְׂרִים דְּמֵחֲמַת קְלִישׁוּתוֹ יָבֹא הָרוּחַ וִיפַזֵּר אוֹ יִפֹּול:
Voilà qu'un sekhakh passoul se joint à un sekhakh kacher. Parce que l'arbre est attaché au sol (mehoubar) et qu'il nous faut une chose détachée, semblable aux déchets de l'aire et du pressoir. Or si la soukka qui se trouve sous l'arbre est correctement couverte, son ombre dépassant son ensoleillement, il n'est pas logique qu'elle soit invalidée au titre de la jonction d'un sekhakh passoul, puisque si tu retires le passoul son ombre reste majoritaire ; il s'agit donc nécessairement d'un cas où son ombre n'est majoritaire que grâce au passoul. Et si [la guemara] n'a pas répondu qu'il s'agit d'un cas où l'ombre est déjà majoritaire sans le passoul, c'est parce qu'alors elle aurait objecté : que vient-on nous apprendre ? - comme elle l'objecte déjà maintenant, après avoir répondu qu'il les a rabattues. Preuve en est : à propos de celui qui couvre sa soukka avec des broches ou avec les montants d'un lit, on déclare kacher plus loin (Soukka 15a) quand l'espace entre eux égale leur largeur - et bien que le rabattement (h'avata) ne serve de rien pour les annuler dans la majorité, puisqu'ils restent visibles et ne se mêlent pas, chacun se tenant à part - et l'on ne dit pas qu'elle serait invalidée au titre de la jonction d'un sekhakh passoul, puisque si tu le retires le kacher suffit. De plus, nous avons dit plus haut (Soukka 4b) : si elle était haute de plus de vingt et que des palmes descendent en deçà de vingt, si leur ombre dépasse leur ensoleillement elle est kachère. Et ce que l'on dira plus bas - celle du bas est kachère et celle du haut passoul, dans le cas où l'ombre de celle du bas dépasse son ensoleillement, que l'ensoleillement de celle du haut dépasse son ombre, et que toutes deux se tiennent en deçà de vingt, ce qui laisse entendre que si celle du haut se tenait au-dessus de vingt, celle du bas serait elle aussi passoul, au titre de la jonction d'un sekhakh passoul à un sekhakh kacher - il s'agit là-bas d'un cas où l'ombre de celle du bas n'est majoritaire que grâce à celle du haut. Et dans un tel cas, on aurait pu trouver [aussi le cas où] les deux sont passoul, si celle du haut se tient au-dessus de vingt ; mais [la guemara] le trouve déjà bien [autrement]. Et si tu objectes : dès lors que l'ombre de celle du bas n'est majoritaire que grâce à celle du haut, pourquoi est-elle kachère ? Voilà que plus loin, au début du chapitre Hayachen (Soukka 22a), nous disons qu'une soukka médoubelelet (au sekhakh inégal) est kachère, et Chmouel explique dans la guemara : une tige monte, une tige descend ; et Abaye dit : on n'a enseigné cela que s'il n'y a pas trois [tefahim] entre l'une et l'autre, mais s'il y a trois entre elles, elle est passoul. On peut répondre que Rava a dit là-bas que même s'il y a trois entre elles, s'il y a un tefah dans [la largeur de] son sommet, on applique h'avout rami (on considère le sekhakh comme rabattu). Et Rabbenou Tam explique qu'au-dessus de vingt cela n'est pas considéré comme un sekhakh passoul, puisque l'invalidité ne tient qu'à la hauteur. Ce qui lui rendait difficile ce que l'on dit - celle du bas est kachère et celle du haut passoul, qu'il fallait énoncer de peur qu'on ne dise que le sekhakh passoul se joint au sekhakh kacher - car le Kountrass (Rachi) s'est forcé à expliquer que, bien que celle du haut se tienne en deçà de vingt, on aurait pu dire : décrétons d'invalider celle du bas, parce qu'il arrive que celle du haut se tienne au-dessus de vingt et qu'alors on ne songera pas à se méfier pour celle du bas au titre de la jonction du passoul avec le kacher ; et voyant celle du haut avec un ensoleillement majoritaire, on la tiendra pour inexistante et on n'invalidera pas celle du bas ; [la guemara] nous apprend donc qu'on ne décrète pas l'un à cause de l'autre. Or cela est forcé ; de plus, pour cette raison même, on aurait pu dire qu'il fallait énoncer le cas où les deux sont kachères. Rabbenou Tam lit donc : celle du bas est kachère et celle du haut passoul - quel est le cas ? Lorsque l'ensoleillement de celle du haut dépasse son ombre, que l'ombre de celle du bas dépasse son ensoleillement, et que celle du bas se tient en deçà de vingt ; c'est-à-dire que pour celle du haut, peu importe comment elle se tient : même au-dessus de vingt, celle du bas n'en est pas invalidée. Et c'est bien ce que dit la guemara : on aurait pu dire que le sekhakh passoul se joint au sekhakh kacher, c'est-à-dire qu'il serait tenu pour sekhakh passoul du fait que celle du haut se tient au-dessus de vingt ; elle nous apprend que dans un tel cas ce n'est pas considéré comme un sekhakh passoul. Et au début d'Erouvin (3a) il ressort quelque peu comme l'explication de Rabbenou Tam, à propos d'une partie du sekhakh en deçà de vingt et d'une partie au-dessus de vingt : bien que, si tu retires celle-là, son ensoleillement dépasserait son ombre, il ressort là-bas qu'elle est kachère, parce que maintenant son ombre dépasse son ensoleillement. Toutefois, à propos des palmes qui descendent, nous avons expliqué plus haut que même si c'est considéré comme un sekhakh passoul elle est kachère, car il s'agit d'un cas où l'ombre de ce qui se trouve en deçà de vingt dépasse son ensoleillement. Et ce que l'on y dit - si tu l'amincis, son ensoleillement dépassera son ombre - c'est parce que le sekhakh situé en deçà de vingt ne pourrait pas tenir : à cause de sa minceur, le vent viendrait le disperser, ou il tomberait.
⚖️ Rosh (1)
מַתְנִי' הִדְלָה עָלֶיהָ אֶת הַגֶּפֶן וְאֶת הַדְּלַעַת וְאֶת הַקִּיסּוֹם וְסִיכֵּךְ ע"ג פְּסוּלָה וְאִם הָיָה סִיכּוּךְ הַרְבֵּה מֵהֶם אוֹ שֶׁקְּצָצָן כְּשֵׁירָה. זֶה הַכְּלָל כָּל דָּבָר שֶׁהוּא מְקַבֵּל טֻומְאָה וְאֵין גִּידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ אֵין מְסַכְּכִין בּוֹ. כָּל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה וְגִידּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ מְסַכְּכִין בּוֹ. אִם הָיָה סִיכּוּךְ הַרְבֵּה מֵהֶן אוֹקִימְנָא לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ט:) כְּשֶׁחֲבָטָן דְּאִי לָאו הָכִי הָיָה מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר וּפְסוּלָה:
Michna : s'il a fait grimper sur elle la vigne, la courge ou le lierre, et qu'il a couvert par-dessus, elle est passoul ; et si le sekhakh était plus abondant qu'eux, ou s'il les a coupés, elle est kachère. Voici la règle générale : toute chose susceptible de contracter l'impureté (mekabel toum'a) et qui ne pousse pas de la terre, on ne couvre pas avec elle ; toute chose qui n'est pas susceptible de contracter l'impureté et qui pousse de la terre, on couvre avec elle. - Si le sekhakh était plus abondant qu'eux : nous l'avons établi plus haut (Soukka 9b) comme parlant du cas où il les a rabattues ; car sinon, un sekhakh passoul se joindrait à un sekhakh kacher et elle serait passoul.
💡 Explication

Deux notions techniques se croisent ici. D'abord mehoubar : ce qui tient encore au sol est disqualifié comme sekhakh, car le verset parle des déchets de l'aire et du pressoir, c'est-à-dire d'un végétal talouch, détaché. Ensuite tsirouf : même un sekhakh passoul minoritaire peut invalider s'il complète la mesure d'ombre - sa contribution devient nécessaire, donc elle compte.

La réponse de Rav Papa, bechehavtan, joue sur un autre mécanisme : le bitoul berov, l'annulation dans la majorité. En rabattant les branches dans le sekhakh, on cesse d'avoir deux couvertures distinctes ; il n'y en a plus qu'une, majoritairement kachère.

Tossefot ajoute la précision décisive, que la guemara laisse implicite : tout ceci ne se pose que si la soukka n'atteint pas seule la mesure d'ombre. Si elle y arrive sans l'arbre, retirer le passoul ne change rien et il n'y a pas de tsirouf.

🖼️ Schéma
Pourquoi il faut encore rabattre : mehoubar, tsirouf, bitoul berov 1. Le problème de fond L'arbre est mehoubar : attaché au sol, vivant. Or le verset exige du talouch, du détaché : pessolet goren va-yekev, les déchets de l'aire et du pressoir (Devarim 16,13). Donc le feuillage reste, en soi, un sekhakh passoul. 2. tsirouf -- la jonction Même clairsemé, le feuillage ajoute son ombre à celle du sekhakh pour atteindre la mesure requise. Deux couvertures visibles, chacune se tient à part. 3. h'avata -- Rav Papa On abaisse les branches dans le sekhakh kacher. Elles se mêlent, on ne les distingue plus à l'œil. bitoul berov : le kacher étant majoritaire, tout est annulé. Tossefot précise : tout ceci ne vaut que si l'ombre de la soukka n'atteint la mesure que grâce au feuillage. Sinon, rien n'invalide.
Les trois notions en jeu : mehoubar (attaché au sol), tsirouf (jonction), h'avata et bitoul berov.
5
אִי בְּשֶׁחֲבָטָן מַאי לְמֵימְרָא! מַהוּ דְתֵימָא: נִיגְזוֹר הֵיכָא דַּחֲבָטָן אַטּוּ הֵיכָא דְּלֹא חֲבָטָן, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא גָּזְרִינַן.

Si c'est [le cas] où il les a rabattues, que vient-on nous apprendre ? [Cela était nécessaire :] on aurait pu dire que l'on décrète là où il les a rabattues à cause de là où il ne les a pas rabattues ; [la guemara] nous apprend donc que l'on ne décrète pas.

📜 Rachi (2)
מַאי לְמֵימְרָא לָמָּה לֵיהּ לְרָבָא לְמֵימַר כְּשֵׁרָה וּלְמַתְנִיתִין לָמָּה לֵיהּ לְמֵימַר כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּלָא פָּסוּל אֶלָּא דֻּומְיָא דְּבֵית הַאי לָאו תַּחַת שְׁנֵי סְכָכִים הוּא דְּכֵיוָן דְּחַמָּתוֹ מְרֻובָּה דַּעֲנָפָיו מוּעָטִין וּסְכָךְ כָּשֵׁר רַבָּה עָלָיו מֵהֵיכָא תֵּיתֵי לְמִיפְסַל לָאו מִשּׁוּם שְׁנֵי סְכָכִים אִיכָּא דְּהָא חַד סְכָכָה הוּא וְלָאו מִשּׁוּם מְחֻובָּר אִיכָּא דְּהָא בָּטֵל לֵיהּ בְּרֻובָּא שְׁמַע מִינָּה מֵהָכָא שֶׁמְּסַכְּכִין עַל קָנֵי הַגַּג שֶׁקּוֹרִין לט"ש אע"פ שֶׁסְּמוּכוֹת זוֹ לְזוֹ בְּפָחוֹת מג' כֵּיוָן שֶׁחַמָּתָן מְרֻובָּה מִצִּלָּתָן וְאוֹמֵר רַבִּי דְּזֶהוּ הַשִּׁיעוּר כְּשֶׁהַקָּנִים וְהָאֲוִיר שֶׁבֵּינֵיהֶן בְּשָׁוֶה כִּדְאָמְרִינַן (לְקַמָּן סֻוכָּה דַּף כב:) כְּזוּזָא מִלְּעֵיל כְּאִסְתְּרָא מִלְּתַחַת וּבְעוֹד שֶׁהֵן הַכִּסּוּי וְהַקָּנִים בְּשָׁוֶה אֵין צָרִיךְ לְנַעְנֵעַ אֲבָל אִם הַקָּנִים רַבָּה נוֹטֵל אַחַת מִבֵּינְתַיִם וְכָל לְשׁוֹן חֲבָטָה שבהש"ס לְשׁוֹן הַשְׁפָּלָה וְהַמְפָרֵשׁ חֲבָטָה תְּלִישָׁה אוֹ שְׁלִיפָה טוֹעֶה דְּאִי מְחֻובָּר הוּא מַאי אַהֲנֵי וְאִי תָּלוּשׁ הוּא הָא קָתָנֵי אוֹ קְצָצָן מִכְּלָל דְּרֵישָׁא מְחֻובָּרִים וְעוֹד אִי תָּלוּשׁ הוּא צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ אַמַּאי לֹא הֲלֹא נָפְלוּ עַל הַסְּכָךְ וְגַבֵּי הִדְלָה עָלֶיהָ אַמַּאי בָּעֵי סִיכּוּךְ הַרְבֵּה מֵהֶן:
Que vient-on nous apprendre : pourquoi Rava avait-il besoin de dire qu'elle est kachère, et pourquoi la michna avait-elle besoin de dire comme s'il l'avait faite à l'intérieur de la maison, pour nous apprendre qu'elle n'est invalide que dans un cas semblable à celui d'une maison ? Ici, elle ne se trouve pas sous deux sekhakh : puisque son ensoleillement est majoritaire, ses branches sont peu nombreuses et le sekhakh kacher est majoritaire sur elles ; d'où aurait-on donc voulu l'invalider ? Ce n'est pas au titre des deux sekhakh, puisqu'il n'y en a qu'un ; et ce n'est pas au titre du mehoubar, puisqu'il est annulé dans la majorité. On en déduit d'ici que l'on peut couvrir avec les perches du toit, que l'on appelle lates, bien qu'elles soient distantes l'une de l'autre de moins de trois [tefahim], dès lors que leur ensoleillement dépasse leur ombre. Et Rabbi dit que la mesure est atteinte quand les perches et l'espace vide entre elles sont égaux, comme nous disons (plus loin, Soukka 22b) : comme un zouz par en haut, comme un istera par en bas ; et tant que la couverture et les perches sont à égalité, il n'est pas nécessaire de secouer [le sekhakh] ; mais si les perches sont majoritaires, il en retire une sur deux. Et toute expression de h'avata dans le Talmud signifie abaisser ; celui qui explique h'avata au sens d'arracher ou de détacher se trompe : car si c'est encore attaché, à quoi cela sert-il ? et si c'est détaché, la michna enseigne bien ou s'il les a coupés, d'où il ressort que dans le début [de la michna] elles sont attachées. De plus, si c'était détaché, [même] lorsque son ombre dépasse son ensoleillement, pourquoi pas [kachère] ? Elles sont pourtant tombées sur le sekhakh ! Et à propos de s'il a fait grimper sur elle, pourquoi exigerait-on que le sekhakh soit plus abondant qu'elles ?
אַטּוּ הֵיכָא דְּלֹא חֲבָטָן דְּאִיכָּא מִשּׁוּם מְחֻובָּר דְּמִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל לְכָשֵׁר דְּאֵינוֹ מְעֹורָב בֵּינֵיהֶם וּלְחוּדֵיהּ קָאֵי וְלָא בְּטִיל:
À cause de là où il ne les a pas rabattues : où il y a le problème du mehoubar, un sekhakh passoul qui se joint au kacher, puisqu'il n'est pas mêlé à lui, qu'il se tient à part et qu'il n'est pas annulé.
💡 Explication

Question de méthode talmudique : une fois qu'on a répondu bechehavtan, l'enseignement de Rava semble vide - dans ce cas tout est déjà règle par le bitoul berov. La réponse déplace le problème du plan de la Tora vers celui des guezerot (décrets rabbiniques) : on aurait pu craindre que les sages interdisent le cas propre par peur du cas sale, l'observateur ne distinguant pas l'un de l'autre. Rava enseigne qu'ici ein gozrin, on ne décrète pas.

La longue glose de Rachi contient deux apports pratiques : la validation du sekhakh posé sur des lattes de toit rapprochées quand leur ensoleillement domine, et une mise au point lexicographique : h'avata veut dire abaisser, jamais arracher.

6
הָא נָמֵי תְּנֵינָא: הִדְלָה עָלֶיהָ: אֶת הַגֶּפֶן וְאֶת הַדְּלַעַת וְאֶת הַקִּיסוֹס, וְסִיכֵּךְ עַל גַּבָּן — פְּסוּלָה, וְאִם הָיָה סִיכּוּךְ הַרְבֵּה מֵהֶן אוֹ שֶׁקְּצָצָן — כְּשֵׁרָה.

Mais cela aussi, nous l'avons déjà appris [dans une michna] : s'il a fait grimper sur elle la vigne, la courge ou le lierre, et qu'il a couvert par-dessus, elle est passoul ; et si le sekhakh était plus abondant qu'eux, ou s'il les a coupés, elle est kachère.

📜 Rachi (3)
הִדְלָה הָרִים וּפָשַׁט עָלֶיהָ כְּעֵין דְּלֵית שֶׁקּוֹרִין טרייל"א:
Il a fait grimper : il a soulevé et étendu sur elle à la manière d'une treille, que l'on appelle treille.
קִיסוֹס עֵשֶׂב הַמִּתְפַּשֵּׁט מְאֹד וְשָׁרָשָׁיו כְּאִילָן וְעִיקָּרוֹ כְּאִילָן וְקוֹרִין לוֹ אידר"א וּמִתְפַּשֵּׁט וְעוֹלֶה עַל הַחוֹמוֹת:
Le lierre : une herbe qui s'étend beaucoup, dont les racines sont comme celles d'un arbre et dont la souche est comme un arbre ; on l'appelle èdre ; elle s'étend et grimpe sur les murailles.
פְּסוּלָה מִשּׁוּם מְחֻובָּר:
Elle est passoul : au titre du mehoubar (l'attaché au sol).
💡 Explication

La guemara objecte que l'enseignement de Rava serait déjà contenu dans une michna connue (celle de Soukka 11a). Trois plantes grimpantes y figurent : la vigne, la courge et le lierre - toutes des végétaux qui, poussant de la terre, seraient parfaits comme sekhakh s'ils n'étaient pas encore attachés.

Deux issues sont données dans la michna : soit le sekhakh est plus abondant qu'eux (voie de l'annulation), soit on les coupe (voie de la transformation en talouch). Rachi note que la seconde issue prouve incidemment que la première ne parle pas d'un végétal déjà détaché.

7
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא בְּשֶׁלֹּא חֲבָטָן, הָא קָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל עִם סְכָךְ כָּשֵׁר! אֶלָּא לָאו, כְּשֶׁחֲבָטָן, וּשְׁמַע מִינַּהּ דְּלָא גָּזְרִינַן! מַהוּ דְתֵימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּדִיעֲבַד — אֲבָל לְכַתְּחִילָּה לֹא, קָא מַשְׁמָע לַן.

Quel est le cas ? Si l'on dit qu'il ne les a pas rabattues, voilà qu'un sekhakh passoul se joint à un sekhakh kacher !

Il faut donc dire qu'il les a rabattues - et apprends-en que nous ne décrétons pas ! [Réponse :] on aurait pu dire que cela ne vaut qu'après coup (bedi'avad), mais pas d'emblée (lekhathila) ; [Rava] nous apprend donc [qu'on peut le faire d'emblée].

📜 Rachi (4)
הֵיכִי דָמֵי סִיכּוּךְ הַרְבֵּה מֵהֶן דְּמַכְשִׁיר לֵיהּ בְּבִיטּוּל אִי דְּלָא חֲבָטָן דְּלָא בְּטִיל אַמַּאי כְּשֵׁירָה:
Quel est le cas : [de ce] sekhakh plus abondant qu'eux, qui la rend kachère par annulation ? Si c'est qu'il ne les a pas rabattues, de sorte qu'il n'y a pas d'annulation, pourquoi serait-elle kachère ?
הָא קָמִצְטָרֵף וְנִמְצָא מְסַכֵּךְ בִּמְחֻובָּר וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא רָחוֹק וּמֻובְדָּל מְרַבֶּה הוּא אֶת הַצֵּל וְצָרִיךְ לִהְיוֹת צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ לְבַד מִזֶּה:
Voilà que cela se joint : et il se trouve qu'il couvre avec du mehoubar ; et bien que ce soit éloigné et séparé, cela augmente l'ombre - or il faut que son ombre dépasse son ensoleillement indépendamment de cela.
אֶלָּא דַּחֲבָטָן דִּבְטִיל אַגַּב כָּשֵׁר וַהֲוָה לֵיהּ כּוּלֵּיהּ כָּשֵׁר:
Il faut donc dire qu'il les a rabattues : de sorte qu'elles sont annulées du fait du kacher, et que le tout devient kacher.
דִּיעֲבַד דְּקָתָנֵי הִדְלָה:
Après coup : puisqu'elle enseigne il a fait grimper [au passé].
💡 Explication

La guemara sauve l'enseignement de Rava par une distinction constante en halakha : bedi'avad (une situation déjà constituée, que l'on valide) contre lekhathila (une manière de procéder que l'on autorise à l'avance). La michna, qui décrit quelqu'un ayant déjà fait grimper la vigne, ne parle que du premier plan ; Rava énonce une règle et couvre donc aussi le second.

Rachi souligne au passage un point facile à manquer dans l'objection : même un feuillage éloigné et séparé du sekhakh augmente l'ombre - la mesure doit donc être atteinte sans lui.

🖼️ Schéma
Que reste-t-il à Rava, si la michna de la vigne dit déjà tout ? La michna : hidla aleha Elle décrit quelqu'un qui a déjà fait grimper la vigne et couvert par-dessus. Le verbe est au passé : on juge une situation constituée. BEDI'AVAD -- après coup Rava : lo chanou ela... Il énonce une règle générale sur l'arbre, sans décrire un fait accompli. On peut donc s'installer ainsi d'emblée, sans crainte de décret rabbinique. LEKHATHILA -- d'emblée Nafka mina : une michna qui valide après coup ne dit pas encore qu'on a le droit de s'y prendre ainsi.
Bedi'avad contre lekhathila : ce que la michna valide après coup, Rava l'autorise d'emblée.
8
סֻוכָּה עַל גַּבֵּי סֻוכָּה וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״(בְּסֻוכּוֹת) תֵּשְׁבוּ״, וְלֹא בְּסֻוכָּה שֶׁתַּחַת הַסֻּוכָּה, וְלֹא בְּסֻוכָּה שֶׁתַּחַת הָאִילָן, וְלֹא בְּסֻוכָּה שֶׁבְּתוֹךְ הַבַּיִת.

Une soukka au-dessus d'une soukka, etc. Nos maîtres ont enseigné : (Dans des soukkot) vous demeurerez (Vayikra 23,42) - et non dans une soukka qui se trouve sous une soukka, ni dans une soukka qui se trouve sous un arbre, ni dans une soukka qui se trouve à l'intérieur d'une maison.

⚖️ Rosh (1)
ת"ר סִיכְּכָהּ כְּהִלְכָתָהּ וְעִיטְּרָהּ בִּקְרָמִים וּבִסְדִינִין הַמְצֻוייָּרִין וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִים שְׁקֵדִים אֲפַרְסְקִים וְרִמּוֹנִים פַּרְכִּילֵי עֲנָבִים וַעֲטָרוֹת שִׁבֳּלִים יֵינוֹת וּשְׁמָנִים וּסְלָתוֹת אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד מוֹצָאֵי יו"ט הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶם הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ וְהוּא דְּאָמַר אֵינִי בּוֹדֵל מֵהֶם כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת דְּלָא חָיְילָא קְדֻושָּׁה עֲלַייְהוּ כְּלָל . תְּנָא נוֹיֵי סֻוכָּה אֵין מְמַעֲטִין בַּסֻּוכָּה לֹא לְהַכְשִׁירָהּ אִם גָּבוֹהַּ יוֹתֵר מֵעֶשְׂרִים וְלֹא לְפָוסְלָהּ אִם אֵינָהּ גָּבוֹהַּ כִּי אִם עֲשָׂרָה וְלָא דָּמֵי לְהוּצִין יוֹרְדִין לְתוֹךְ עֲשָׂרָה לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ד.) דְּכֵיוָן דִּלְנוֹי עִשּׂוּיַן לָא מִיקְּרֵי דִּירָה סְרוּחָה אָמַר רַב שֵׁשֶׁת וּמִן הַצַּד מְמַעֲטִין מִנְיָמִין עַבְדֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי אִטְּמִישָׁא כֻּתָּונְתֵּיהּ בְּמַיָּא שֶׁטִּחְיֵהּ אַמְּטַלַּלְתָּא א"ל שְׁקָלָהּ דְּלָא לֵימְרוּ קָא מְסַכֵּךְ בְּדָבָר הַמְקַבֵּל טֻומְאָה וְהָא קָא חֲזִי דִּרְטִיבָא לִכְשֶׁיָּבְשָׁה קָאָמֵינָא:
Nos maîtres ont enseigné : s'il l'a couverte selon la halakha et l'a ornée d'étoffes et de draps peints, et y a suspendu des noix, des amandes, des pêches et des grenades, des grappes de raisin, des couronnes d'épis, des vins, des huiles et des farines fines, il est interdit d'en tirer profit jusqu'à l'issue du dernier jour de fête de la fête [de Souccot] ; et s'il a posé une condition à leur sujet, tout dépend de sa condition - à savoir qu'il ait dit : je ne me sépare pas d'eux durant tout bein hachemachot (le crépuscule), de sorte que la sainteté ne se pose pas du tout sur eux. On a enseigné : les ornements de la soukka (noyei soukka) ne diminuent pas [l'espace] de la soukka - ni pour la rendre kachère si elle est haute de plus de vingt [coudées], ni pour l'invalider si elle n'a que dix [tefahim] de haut. Et cela ne ressemble pas aux palmes qui descendent en deçà de dix, plus haut (Soukka 4a) : puisqu'ils sont faits pour l'ornement, cela ne s'appelle pas une demeure repoussante (dira serouha). Rav Chechet a dit : sur le côté, ils diminuent [l'espace]. Minyamin, serviteur de Rav Achi, avait trempé sa tunique dans l'eau et l'avait étendue sur la soukka. [Rav Achi] lui dit : retire-la, pour qu'on ne dise pas qu'il couvre avec une chose susceptible de contracter l'impureté. - Mais on voit bien qu'elle est mouillée ! - Je parle de lorsqu'elle sera sèche.
💡 Explication

La guemara passe à la seconde partie de la michna et en donne la source : le verset bassoukot techevou, dans des soukkot vous demeurerez. La braita en extrait trois exclusions par une même lecture restrictive : dans une soukka, et non dans une soukka coiffée de quelque chose d'autre - une autre soukka, un arbre, une maison.

Le passage du Roch porte, lui, sur un tout autre sujet : les noyei soukka, les ornements. Ils sont interdits à l'usage pendant la fête (leur sainteté s'attache à la soukka), et ils ne comptent pas dans le calcul de la hauteur - c'est justement parce qu'ils sont décoratifs qu'ils ne font pas de la soukka une dira serouha, une demeure incommode.

9
אַדְּרַבָּה: ״בַּסֻּוכּוֹת״ תַּרְתֵּי מַשְׁמַע! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״בַּסֻּכֹּת״ כְּתִיב.

Au contraire ! [Le mot] bassoukot (au pluriel) implique deux [soukkot] !

Rav Nahman bar Yitshak a dit : il est écrit bissoukat [en graphie défective, sans vav - une seule soukka].

🗂️ Tossefot (1)
בַּסֻּכֹּת. וַאֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּאָמַר יֵשׁ אֵם לַמִּקְרָא מוֹדֶה דְּלָא לְחִנָּם נִכְתַּב הַמָּסֹורֶת כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל (סֻוכָּה דַּף ו:):
Bissoukat. Et même celui qui soutient yech em lamikra (que la lecture vocalisée fait autorité) admet que la graphie transmise (massoret) n'a pas été écrite pour rien, comme je l'ai expliqué plus haut (Soukka 6b).
💡 Explication

L'objection est fine : si le verset dit des soukkot au pluriel, il devrait au contraire valider une superposition de deux soukkot. La réponse mobilise l'outil classique du ketiv contre le keri : le mot est lu comme un pluriel mais écrit sans vav, donc au singulier dans la graphie transmise.

Tossefot désamorce une difficulté prévisible : même selon l'avis que yech em lamikra - c'est la lecture qui fait autorité pour les derachot - personne ne prétend que la graphie soit arbitraire ; elle garde une valeur d'enseignement.

🖼️ Schéma
Le pluriel qui n'en est pas un : mikra contre massoret L'objection : ce qu'on lit בַּסֻּכּוֹת lu bassoukot -- pluriel Si la Tora dit dans des soukkot, deux soukkot superposées devraient justement être valides. yech em lamikra La réponse : ce qui est écrit בסכת écrit sans vav -- graphie défective Rav Nahman bar Yitshak : la graphie transmise donne un singulier, donc une soukka et une seule. yech em lamassoret Tossefot : même qui tranche selon la lecture admet ici que la graphie n'a pas été écrite pour rien (voir Soukka 6b).
Ce qu'on lit contre ce qui est écrit : bassoukot au pluriel, bissoukat sans vav.
10
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: פְּעָמִים שֶׁשְּׁתֵּיהֶן כְּשֵׁירוֹת, פְּעָמִים שֶׁשְּׁתֵּיהֶן פְּסוּלוֹת, פְּעָמִים שֶׁתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְהָעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה, פְּעָמִים שֶׁתַּחְתּוֹנָה פְּסוּלָה וְהָעֶלְיוֹנָה כְּשֵׁרָה.

Rabbi Yirmeya a dit : il y a des cas où les deux sont kachères, des cas où les deux sont passoul, des cas où celle du bas est kachère et celle du haut passoul, et des cas où celle du bas est passoul et celle du haut kachère.

🗂️ Tossefot (1)
תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה. כְּבָר פֵּירַשְׁתִּי לְעֵיל:
Celle du bas est kachère. J'ai déjà expliqué [cela] plus haut.
💡 Explication

Rabbi Yirmeya ne conteste pas la michna : il montre que sa formule - la haute kachère, la basse passoul - ne décrit qu'un cas parmi quatre. Deux variables suffisent à les engendrer : pour chaque soukka le rapport ombre / soleil de son propre sekhakh, et la hauteur du sekhakh supérieur.

Le principe qui gouverne le tout : un sekhakh qui n'abrite pas est comme inexistant, et un sekhakh passoul qui abrite entraîne avec lui ce qui se trouve dessous.

11
פְּעָמִים שֶׁשְּׁתֵּיהֶן כְּשֵׁירוֹת הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן שֶׁתַּחְתּוֹנָה חֲמָתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ, וְהָעֶלְיוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ, וְקָייְמָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים.

Il y a des cas où les deux sont kachères : quel est le cas ? Par exemple lorsque celle du bas a son ensoleillement plus grand que son ombre, que celle du haut a son ombre plus grande que son ensoleillement, et que celle du haut se tient en deçà de vingt [coudées].

📜 Rachi (1)
ה"ג שְׁתֵּיהֶן כְּשֵׁירוֹת הֵיכִי דָּמֵי כְּגוֹן שֶׁהַתַּחְתּוֹנָה חַמָּתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ וְעֶלְיוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וְקָייְמָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים שְׁתֵּיהֶן פְּסוּלוֹת ה"ד כְּגוֹן דְּתַרְוַיְיהוּ צִלָּתָן מְרֻובָּה מֵחֲמָתָן וְקָייְמָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מִכ' תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה הֵיכִי דָּמֵי כְּגוֹן שֶׁהַתַּחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרֻובָּה מֵחַמָּתָהּ וְהָעֶלְיוֹנָה חֲמָתָהּ מְרֻובָּה מִצִּלָּתָהּ וְקָיְימִי תַּרְוַייְהוּ בְּתוֹךְ כ' עֶלְיוֹנָה כְּשֵׁרָה וְתַחְתּוֹנָה פְּסוּלָה הֵיכִי דָּמֵי כְּגוֹן דְּתַרְוַיְיהוּ צִלָּתָן מְרֻובָּה מֵחֲמָתָן וְקָייְמָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ כ' פְּשִׁיטָא תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ מ"ד נִיגְזַר דִּילְמָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל כּוּ' וְל"ג בְּהָא סִיּוּמָא וּכְגוֹן דְּקַיְימָא עֶלְיוֹנָה כו' וּפֵירוּשׁוֹ שְׁתֵּיהֶן כְּשֵׁרוֹת ה"ד כְּגוֹן שֶׁהַתַּחְתּוֹנָה חַמָּתָהּ מְרֻובָּה דִּסְכָךְ דִּידָּה כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ הוּא דְּתַרְוַייְהוּ מִתְכַּשְּׁרָן בִּסְכָךְ הָעֶלְיוֹן וְהוּא דְּקַייְמָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ כ' לָאָרֶץ דְּהָוֵי סְכָךְ כָּשֵׁר אַף לְהַכְשִׁיר תַּחְתּוֹנָה:
Voici la version [du texte] : les deux sont kachères, quel est le cas ? Par exemple lorsque celle du bas a son ensoleillement plus grand que son ombre, que celle du haut a son ombre plus grande que son ensoleillement et que celle du haut se tient en deçà de vingt. Les deux sont passoul, quel est le cas ? Par exemple lorsque toutes deux ont leur ombre plus grande que leur ensoleillement et que celle du haut se tient au-dessus de vingt. Celle du bas est kachère et celle du haut passoul, quel est le cas ? Par exemple lorsque celle du bas a son ombre plus grande que son ensoleillement, que celle du haut a son ensoleillement plus grand que son ombre, et que toutes deux se tiennent en deçà de vingt. Celle du haut est kachère et celle du bas passoul, quel est le cas ? Par exemple lorsque toutes deux ont leur ombre plus grande que leur ensoleillement et que celle du haut se tient en deçà de vingt. [Objection :] c'est évident ! [Réponse :] c'est le cas où celle du bas est kachère et celle du haut passoul qu'il fallait énoncer, car on aurait pu dire : décrétons, de peur qu'un sekhakh passoul ne se joigne [au kacher], etc. Et l'on ne lit pas dans cette conclusion : et lorsque celle du haut se tient, etc. - Et son explication est celle-ci : les deux sont kachères, quel est le cas ? Par exemple lorsque celle du bas a un ensoleillement majoritaire, de sorte que son propre sekhakh est comme inexistant, et que toutes deux sont rendues kachères par le sekhakh supérieur ; et cela à condition que celle du haut se tienne en deçà de vingt [coudées] du sol, car alors c'est un sekhakh kacher, valable aussi pour rendre kachère celle du bas.
💡 Explication

Premier cas, contre-intuitif : la soukka du bas est sauvée par le sekhakh de celle du haut. Son propre sekhakh, trop clairsemé, est comme inexistant ; ce qui l'abrite est le sekhakh supérieur, qui est kacher et se trouve à moins de vingt coudées du sol de la soukka basse.

Rachi consacre ici une longue note à la version du texte (la guirsa) : il donne les quatre cas d'un seul tenant, indique la phrase qu'il faut retrancher, et précise que le seul cas qui avait vraiment besoin d'être énoncé est le troisième.

12
פְּעָמִים שֶׁשְּׁתֵּיהֶן פְּסוּלוֹת הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן דְּתַרְוַיְיהוּ צִלָּתָן מְרֻובָּה מֵחֲמָתָן, וְקָייְמָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה.

Il y a des cas où les deux sont passoul : quel est le cas ? Par exemple lorsque toutes deux ont leur ombre plus grande que leur ensoleillement, et que celle du haut se tient au-dessus de vingt coudées.

📜 Rachi (1)
שְׁתֵּיהֶן פְּסוּלוֹת כו' וְקַיְימָא עֶלְיוֹנָה לְמַעְלָה מִכ' לְגַגָּהּ שֶׁל תַּחְתּוֹנָה שֶׁהִיא קַרְקָעִיתָהּ שֶׁל עֶלְיוֹנָה:
Les deux sont passoul, etc., et celle du haut se tient au-dessus de vingt : [c'est-à-dire au-dessus de vingt coudées] par rapport au toit de celle du bas, qui est le sol de celle du haut.
💡 Explication

Deuxième cas, en miroir du précédent : ici les deux sekhakh abritent correctement, mais celui du haut est placé trop haut - au-delà des vingt coudées, limite posée au tout début du traité. Il est donc passoul, et comme il fait de l'ombre à celle du bas, il l'entraîne dans sa chute.

Rachi tranche le point de mesure, qui n'a rien d'évident : les vingt coudées se comptent depuis le toit de la soukka basse, qui sert de plancher à la haute, et non depuis le sol.

🖼️ Schéma
D'où compte-t-on les vingt coudées dans une soukka sur soukka ? Rachi : au-dessus de vingt se mesure depuis le toit de la basse, qui est le plancher de la haute. sekhakh de la soukka du haut sekhakh de la soukka du bas = plancher de celle du haut sol 20 coudées mesurées ici hauteur totale Si la haute dépasse vingt coudées, son sekhakh est passoul -- et son ombre entraîne aussi la soukka du bas.
Le point de mesure des vingt coudées selon Rachi : depuis le toit de la basse, plancher de la haute.
13
פְּעָמִים שֶׁתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְהָעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה

Il y a des cas où celle du bas est kachère et celle du haut passoul

💡 Explication

Le folio s'interrompt au seuil du troisième cas - celui-là même dont Rachi dit qu'il est le seul que la guemara avait besoin d'énoncer, et autour duquel Tossefot construit toute sa discussion avec Rabbenou Tam. La suite se lit au début de Soukka 10a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).