Taanit 15a — Fin du premier chapitre, puis l'ordre du jour de jeûne : la teva sur la place, la cendre, et les vingt-quatre bénédictions

Taanit 15a

Sougya : Le folio se partage en deux. Il achève d'abord la section aggadique ouverte en 14b : le verset d'Yechayahou promet que les rois se lèveront et que les ministres se prosterneront ; Rabbi Zera objecte que la lettre vav de « et ils se prosterneront » oblige à dire que les ministres font l'un et l'autre.

Rav Nahman bar Yitshak ajoute une distinction du même ordre sur un verset des Tehilim : la lumière revient aux justes, la joie aux hommes droits. Le Hadran clôt le chapitre Meeimataï.

Commence alors le deuxième chapitre, dont la longue michna décrit l'ordre du jour de jeûne public : on sort la teva sur la place de la ville, on met de la cendre de foyer sur la teva et sur les têtes, le plus âgé adresse à l'assemblée des paroles de réprimande, on fait descendre devant la teva un officiant âgé, habitué, chargé d'enfants et de maison vide, et celui-ci dit vingt-quatre bénédictions : les dix-huit de chaque jour et six ajoutées, avec sept conclusions qui rappellent chacune une prière exaucée, d'Avraham au mont Moria jusqu'à David et Chelomo à Yerouchalayim. Le folio s'interrompt sur le premier mot d'un récit.

Les deux moitiés du folio Fin du chapitre Meeimataï (aggada) Yechayahou 49,7 : les rois verront et se lèveront, les ministres se prosterneront. Objection de Rabbi Zera. Tehilim 97,11 : lumière aux justes, joie aux hommes droits. Début du chapitre Seder taaniyot Michna : l'ordre du jour de jeûne public. Téva, cendre, réprimande, officiant, vingt-quatre bénédictions, sept conclusions. Hadran alakh Vocabulaire du folio teva : l'arche portative qui contient le sefer Tora. On la sort de la synagogue sur la place, au vu de tous. efer mikla : cendre de combustion, par opposition à la simple terre. Rachi insiste : cendre véritable. divrei kevouchin : paroles qui pressent le cœur, du verbe kavach, presser, pour ramener au bien.
Le folio fait charnière : il ferme la partie aggadique du premier chapitre et ouvre la michna qui organise le jour de jeûne.
L'ordre du jour de jeûne selon la michna 1. La place On sort la teva sur la place, au dehors. 2. La cendre Sur la teva, sur le nassi, sur l'av beit din, sur chacun. 3. La réprimande Le plus âgé parle : Ninvé, les actes. 4. L'officiant Agé, habitué, avec enfants, maison vide. 5. La prière Vingt-quatre bénédictions. La règle de la réprimande Le verset dit de Ninvé : Et D.ieu vit leurs actes, qu'ils étaient revenus de leur mauvaise voie. Le sac et le jeûne sont passés sous silence. Le prophète Yoël ajoute : Déchirez vos cœurs et non vos vêtements. La téniva du jour vaut par le changement de conduite qu'elle amène. Rachi précise la portée du mot kabbala : on l'emploie quand le prophète reçoit l'ordre d'avertir, pas pour un simple récit. Les quatre critères de l'officiant zaken : âgé, donc pèse et écoute. ragil : rodé à la prière, il ne se trompera pas. yech lo banim : il a des enfants à nourrir. beito reikam : sa maison est vide, il est pauvre. Pourquoi ces critères Le motif est donné par la michna elle-même : kedei cheyehé libo chalem batéfila, afin que son cœur soit entier dans la prière. Celui qui manque de pain demande la pluie pour lui.
La michna décrit une liturgie publique en cinq temps. Chaque détail vise le même but : engager la personne entière, pas seulement le rite.
Les vingt-quatre bénédictions et leurs sept conclusions 18 de chaque jour + 6 ajoutées = 24. Mais 7 conclusions : la première est dite dans Goël Yisrael, qui appartient déjà aux dix-huit. C'est la lecture de Rachi : dans Goël Yisrael on commence à allonger, puis viennent les six bénédictions proprement ajoutées. No Mi chéana : la prière exaucée Conclusion (hatima) Passage ajouté 1 Avraham au mont Moria Goël Yisrael aucun : berakha des dix-huit 2 Nos pères à la mer des Joncs Zokher hanichkahot Zikhronot 3 Yehochoua à Guilgal Chomea teroua Chofarot 4 Chemouel à Mitspa Chomea tseaka Tehilim 120, Él Hachem batsarata 5 Eliyahou au mont Carmel Chomea tefila Tehilim 121, Essa einai el heharim 6 Yona depuis les entrailles du poisson Haoné beét tsara Tehilim 130, Mimaamakim 7 David et Chelomo à Yerouchalayim Hamerahem al haaretz Tehilim 102, Tefila leani Le principe de correspondance, selon Rachi Chaque conclusion est taillée sur le passage qui la précède : la montagne du Carmel répond à Essa einai el heharim, les entrailles du poisson à Mimaamakim, la sécheresse de Chelomo à Tefila leani.
Sept conclusions pour vingt-quatre bénédictions. Chaque hatima est accordée au passage ajouté qui la précède et au précédent biblique qu'elle invoque.
1
לִבְזֹה נֶפֶשׁ לִמְתָעֵב גּוֹי לְעֶבֶד מֹשְׁלִים מְלָכִים יִרְאוּ וָקָמוּ״. וְשָׂרִים בְּהִשְׁתַּחֲוָיָה, דִּכְתִיב: ״שָׂרִים וְיִשְׁתַּחֲווּ״. מַתְקִיף לַהּ רַבִּי זֵירָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: אִי הֲוָה כְּתִיב ״וְשָׂרִים יִשְׁתַּחֲווּ״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״שָׂרִים וְיִשְׁתַּחֲווּ״ — הָא וְהָא עֲבוּד.

« ... à celui qui est méprisé, à celui qu'abhorre la nation, au serviteur des dominateurs : des rois verront et se lèveront. » Et les ministres, par une prosternation, ainsi qu'il est écrit : « des ministres, et ils se prosterneront ». Rabbi Zera objecte, et certains disent que c'est Rabbi Chemouel bar Nahmani : s'il avait été écrit « et des ministres se prosterneront », ce serait comme tu le dis ; maintenant qu'il est écrit « des ministres, et ils se prosterneront », c'est qu'ils font l'un et l'autre.

📜 Rachi (1)
לִבְזֹה נֶפֶשׁ לִמְתָעֵב גּוֹי לְעֶבֶד מֹושְׁלִים לְיִשְׂרָאֵל הֲבִזּוּיָם וּמְתֹועָבִים וַעֲבָדִים מוֹשְׁלִין בָּהֶן:
Il s'agit d'Israël, méprisé et abhorré, et sur lequel des dominateurs exercent leur pouvoir.
💡 Explication

Fin de la section aggadique ouverte au folio précédent. Le verset d'Yechayahou (49,7) promet à Israël humilié un renversement futur : les rois verront et se lèveront, les ministres se prosterneront. La lecture initiale répartit deux gestes distincts, un par catégorie : le lever pour les rois, la prosternation pour les ministres.

L'objection de Rabbi Zera tient à une seule lettre. Le texte porte charim vayichtahavou, avec un vav de liaison placé devant le verbe et non devant le sujet. Cette place du vav rattache les ministres à ce qui précède : ils se lèvent comme les rois, et de plus ils se prosternent. Le principe de lecture est général dans la Guemara : la position d'un vav décide de ce qui se cumule et de ce qui se distribue.

2
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אַף אֲנִי אוֹמֵר: לֹא הַכֹּל לְאוֹרָהּ, וְלֹא הַכֹּל לְשִׂמְחָה. צַדִּיקִים — לְאוֹרָה, וִישָׁרִים — לְשִׂמְחָה. צַדִּיקִים לְאוֹרָה, דִּכְתִיב: ״אוֹר זֶרַע לַצַּדִּיק״. וְלִישָׁרִים שִׂמְחָה, דִּכְתִיב: ״וּלְיִשְׁרֵי לֵב שִׂמְחָה״.

Rav Nahman bar Yitshak dit : moi aussi je dis une chose semblable. Tout n'est pas destiné à la lumière, et tout n'est pas destiné à la joie.

Les justes, à la lumière ; les hommes droits, à la joie. Les justes à la lumière, ainsi qu'il est écrit : « une lumière est semée pour le juste » ; et aux hommes droits la joie, ainsi qu'il est écrit : « et pour les cœurs droits, la joie ».

📜 Rachi (1)
ה"ג לֹא הַכֹּל לְאוֹרָה וְלֹא הַכֹּל לְשִׂמְחָה דִּכְתִיב אוֹר זָרֻועַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי לֵב שִׂמְחָה יְשָׁרִים לְשִׂמְחָה דִּישָׁרִים עֲדִיפֵי מִצַּדִּיקִים:
Les hommes droits ont la joie, car les hommes droits l'emportent sur les justes.
🗂️ Tossefot (1)
אוֹר זָרֻועַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי לֵב שִׂמְחָה. פֵּירוּשׁ וְאֵין לוֹמַר כְּדִלְעֵיל וְלִישָׁרִים הַאי וְהַאי שִׂמְחָה וְאוֹרָה א"כ דְּאָמְרִינַן דְּלִישְׁרֵי לֵב קָאֵי אַהָא דִּלְעֵיל כְּמוֹ כֵן אָמְרִינַן דְּצַדִּיקִים קָאֵי אַהָא דְּאַבָּתְרֵיהּ כֵּיוָן דְּסָמוּךְ צַדִּיק לִישְׁרֵי לֵב וּבְוַדַּאי יֵשׁ הֶפְרֵשׁ בֵּין זֶה לָזֶה דְּאִם לֹא כֵן לְעָרְבִינְהוּ וְלִכְתֹּוב לַצַּדִּיקִים וּלְיִשְׁרֵי לֵב אוֹרָה וְשִׂמְחָה אֲבָל הַהִיא דִּלְעֵיל לָא הָווּ מְלָכִים וְשָׂרִים כִּי הֲדָדֵי אֶלָּא יִרְאוּ וְקָמוּ בֵּינַיְיהוּ וּכְמוֹ יִרְאוּ וְקָמוּ דְּהָוֵי קֹודֶם שָׂרִים קָאֵי עַל מְלָכִים דִּלְעֵיל קָאֵי נָמֵי אֳשָׁרִים דִּכְתִיב אַבָּתְרֵיהּ אֲבָל הָכָא אֵין לְפָרֵשׁ אֶלָּא אוֹר זָרוּעַ לַצַּדִּיקִים וּלְיִשְׁרֵי לֵב שִׂמְחָה:
« Une lumière est semée pour le juste, et pour les cœurs droits la joie. » Explication : on ne peut pas dire ici ce qui a été dit plus haut, à savoir que les hommes droits auraient l'un et l'autre, la joie et la lumière. Car si l'on soutient que « pour les cœurs droits » se rapporte aussi à ce qui précède, on devra soutenir de même que « pour le juste » se rapporte à ce qui suit, puisque le juste est placé à côté des cœurs droits ; or il y a certainement une différence entre l'un et l'autre, sinon le verset les aurait réunis et aurait écrit « pour les justes et pour les cœurs droits, lumière et joie ». Mais dans le verset cité plus haut, les rois et les ministres ne sont pas placés sur le même plan : les mots « ils verront et se lèveront » se trouvent entre eux, et de même que « ils verront et se lèveront », qui précède le mot « ministres », se rapporte aux rois nommés avant, ils se rapportent aussi aux ministres écrits après. Ici, en revanche, la seule explication possible est : une lumière est semée pour les justes, et pour les cœurs droits la joie.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לֹא הַכֹּל לְאוֹרָה, וְלֹא הַכֹּל לְשִׂמְחָה. צַדִּיקִים לְאוֹרָה, וִישָׁרִים לְשִׂמְחָה. מַקְשִׁים לָמָּה לֹא אָמַר בָּזֶה לַיְּשָׁרִים הָא וְהָא אִיתָא כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּהָנָךְ דִּלְעֵיל? וּבִשְׁלָמָא לְפֵירוּשׁ הָרַשְׁבָּ"א שֶׁפֵּירֵשׁ צַדִּיקִים עֲדִיפֵי מֵישָׁרִים נִיחָא כֵּיוָן דְּנָקֵיט יְשָׁרִים שֶׁהֵם קְטַנִּים לְבַסּוֹף אֵיךְ נְפָרֵשׁ בָּהֶם הָא וְהָא אִיתָא דְּנִמְצָא עֲדִיפֵי מִצַּדִּיקִים, אֲבָל לְרַשִׁ"י דִּסְבִירָא לֵיהּ יְשָׁרִים עֲדִיפֵי מִצַּדִּיקִים, קָשֶׁה לֵימָא בְּהוּ הָא וְהָא אִיתָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הָכָא שָׁאנֵי דְּהַכָּתוּב עָשָׂה שִׁינּוּי בֵּינֵיהֶם בְּדָבָר אֶחָד דְּאָמַר (תְּהִלִּים צז, יא) 'אוֹר זֶרַע לַצַּדִּיק' לְשׁוֹן יָחִיד וְאָמַר 'לִישְׁרֵי לֵב' לְשׁוֹן רַבִּים וְלֹא אָמַר לְיַשֵּׁר לֵב, עַל כֵּן יֵשׁ לוֹמַר דְּעָשָׂה הַכָּתוּב שִׁינּוּי זֶה לְסִימָן לוֹמַר לְךָ מֻוחְלָקִים לְגַמְרֵי שֶׁלֹּא תִּתֵּן שֶׁל זֶה בָּזֶה כְּלָל. וְהִנֵּה לְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י דִּסְבִירָא לֵיהּ ' יְשָׁרִים עֲדִיפֵי ' צָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה בִּישָׁרִים נָקֵיט שִׂמְחָה וּבְצַדִּיקִים אוֹרָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב מִדְרַשׁ שְׁמוּאֵל בְּשֵׁם רַבֵּינוּ יוֹנָה זַ"ל, הַצַּדִּיקִים עוֹבְדִים מִיִּרְאָה וְהַיְּשָׁרִים מֵאַהֲבָה עַיֵּין שָׁם, וְלָכֵן הַיְּשָׁרִים דְּהֵם עוֹבְדִים מֵאַהֲבָה מֻוכְרָח שֶׁהֵם עוֹבְדִים בְּשִׂמְחָה כִּי כָּל עוֹבֵד מֵאַהֲבָה עוֹבֵד בְּשִׂמְחָה עַל כֵּן יִזְכּוּ לְשִׂמְחָה, אַךְ הַצַּדִּיקִים שֶׁהֵם עוֹבְדִים מִיִּרְאָה לְדַעַת רַבֵּינוּ יוֹנָה זַ"ל זוֹכִין לְאוֹרָהּ כִּי יוֹ"ד דְּיִרְאֶה תִּתְאָרֵךְ וְתִהְיֶה וָא"ו וְאָז הַיִּרְאָה תִּהְיֶה אוֹתִיּוֹת 'אוֹרָה' דְּבִזְכוּת הַיִּרְאָה שֶׁהֶאֱרִיכוּ בָּהּ כָּל יְמֵיהֶם תִּתְאָרֵךְ הַיּוֹ"ד וְתִהְיֶה אוֹרָה. וְלִסְבָרַת הָרַשְׁבָּ"א זַ"ל דִּסְבִירָא לֵיהּ ' צַדִּיקִים עֲדִיפֵי מֵישָׁרִים ' יֵשׁ לְפָרֵשׁ צַדִּיקִים עַל בַּעֲלֵי תּוֹרָה וִישָׁרִים עַל בַּעֲלֵי הַמִּצְוֹת וְלָכֵן צַדִּיקִים עֲדִיפֵי מֵישָׁרִים כִּי בַּעֲלֵי תּוֹרָה עֲדִיפֵי מִבַּעֲלֵי מִצְוֹת. וְהִנֵּה בַּעַל תּוֹרָה נִקְרָא 'רַבִּי' [212] כְּמִנְיַן 'אוֹרָה' [212] לְכָךְ צַדִּיקִים יִזְכּוּ לְאוֹרָהּ וְלָכֵן יֵשׁ לִדְרֹושׁ צַדִּיק עַל בַּעַל תּוֹרָה כִּי 'צַדִּיק' [204] עוֹלֶה מִסְפַּר ר"ד, וְעִם מִסְפַּר ח' שֶׁהוּא כְּנֶגֶד ח' דַּרְגִין דְּתוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה הֲרֵי מִסְפַּר 'רַבִּי' וּמִסְפַּר 'אוֹרָה' אַךְ יְשָׁרִים הֵם בַּעֲלֵי הַמִּצְוֹת שֶׁכּוֹחָם בְּמַעֲשֶׂה וְאִם תַּחֲלִיף אוֹת ע' דְּמַעֲשֶׂה בְּחֵי"ת באחה"ע, תִּהְיֶה הַמַּעֲשֶׂה אוֹתִיּוֹת שִׂמְחָה לָכֵן יִזְכּוּ לְשִׂמְחָה.
« Tout n'est pas destiné à la lumière, et tout n'est pas destiné à la joie ; les justes à la lumière, les hommes droits à la joie. » On demande : pourquoi n'a-t-on pas dit ici, au sujet des hommes droits, qu'ils ont l'un et l'autre, comme on l'a dit dans les cas précédents ? Selon l'explication du Rachba, qui tient que les justes l'emportent sur les hommes droits, la chose se comprend : puisque le verset mentionne en dernier les hommes droits, qui sont les moindres, comment expliquer à leur sujet qu'ils ont l'un et l'autre, ce qui les rendrait supérieurs aux justes ? Mais selon Rachi, qui tient que les hommes droits l'emportent sur les justes, la difficulté demeure : que l'on dise à leur sujet, eux aussi, qu'ils ont l'un et l'autre. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ici le cas diffère, car le verset a introduit entre eux une différence sur un point : il dit « une lumière est semée pour le juste » (Tehilim 97,11) au singulier, et il dit « pour les cœurs droits » au pluriel, au lieu de dire « pour le cœur droit ». On peut donc dire que le verset a introduit ce changement comme un signe, pour t'apprendre qu'ils sont entièrement distincts et que tu ne dois rien attribuer de l'un à l'autre. Or, selon l'explication de Rachi, qui tient que les hommes droits l'emportent, il faut comprendre pourquoi la joie est attribuée aux hommes droits et la lumière aux justes. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'on peut l'expliquer d'après ce qu'écrit le Midrach Chemouel au nom de Rabbenou Yona, de mémoire bénie : les justes servent par crainte et les hommes droits par amour, vois-y. Les hommes droits, qui servent par amour, servent nécessairement dans la joie, car quiconque sert par amour sert dans la joie ; ils méritent donc la joie. Les justes, qui servent par crainte selon Rabbenou Yona, de mémoire bénie, méritent la lumière, car le youd de yira (crainte) s'allonge et devient un vav, et alors les lettres de yira deviennent les lettres de ora (lumière) : par le mérite de la crainte dans laquelle ils ont persévéré tous leurs jours, le youd s'allonge et devient ora. Et selon l'avis du Rachba, de mémoire bénie, qui tient que les justes l'emportent sur les hommes droits, on peut expliquer que les justes désignent les maîtres de la Tora et les hommes droits les maîtres des mitsvot ; les justes l'emportent alors sur les hommes droits, car les maîtres de la Tora l'emportent sur les maîtres des mitsvot. Or le maître de la Tora est appelé rabbi [212], nombre égal à ora [212] : voilà pourquoi les justes méritent la lumière. On peut aussi tirer que tsadik désigne le maître de la Tora, car tsadik [204] vaut le nombre 204, et avec le nombre huit, qui correspond aux huit degrés de la Tora orale, on obtient le nombre de rabbi et le nombre de ora. Les hommes droits, eux, sont les maîtres des mitsvot, dont la force est dans l'acte, maasse ; et si tu remplaces le ayin de maasse par un het, selon les lettres gutturales alef, het, hé, ayin, les lettres deviennent simha, la joie : voilà pourquoi ils méritent la joie.
💡 Explication

Rav Nahman bar Yitshak reprend le procédé du passage précédent et l'applique à un autre verset (Tehilim 97,11). La formule lo hakol, « tout n'est pas », signale une répartition : deux récompenses, deux catégories, chacune la sienne.

La différence avec le cas précédent est syntaxique. Dans le verset d'Yechayahou, le vav autorisait le cumul ; ici, le verset sépare. Rachi ajoute une hiérarchie : la joie, attribuée aux hommes droits, marque un degré supérieur à la lumière. Tossefot fournit la preuve de la séparation par un argument de symétrie : si l'on rattache une moitié du verset à l'autre dans un sens, il faudrait le faire dans l'autre sens, et le verset aurait alors écrit les deux termes ensemble.

🖼️ Schéma
Deux versets, deux lectures opposées Yechayahou 49,7 : on cumule melakhim yirou vakamou, charim vayichtahavou Le vav est placé devant le verbe. Les ministres se lèvent aussi, puis se prosternent : ha veha avoud. Tehilim 97,11 : on répartit or zaroua latsadik, ouleyichrei lev simha Singulier d'un côté, pluriel de l'autre. La lumière aux justes, la joie aux hommes droits. L'argument de Tossefot Rattacher une moitié du verset à l'autre vaudrait dans les deux sens. Le verset aurait alors écrit les deux sujets, puis les deux dons.
La place d'un vav décide du cumul ; l'absence d'un terme intercalé décide de la répartition.
3
הַדְרָן עֲלָךְ מֵאֵימָתַי

Hadran alakh Mééimataï — nous revenons vers toi, chapitre « À partir de quand ».

💡 Explication

Formule de clôture du premier chapitre du traité, ouvert par les mots mééimataï mazkirin guevourot guéchamim, « à partir de quand mentionne-t-on la puissance des pluies ». Le chapitre a traité de la mention et de la demande de pluie, puis de la gradation des treize jeûnes publics.

Le deuxième chapitre change d'objet : il ne traite plus du calendrier des jeûnes mais de leur déroulement, c'est-à-dire de la liturgie du jour de jeûne lui-même.

4
סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת כֵּיצַד ? מוֹצִיאִין אֶת הַתֵּיבָה, לִרְחוֹבָהּ שֶׁל עִיר, וְנוֹתְנִין אֵפֶר מִקְלֶה עַל גַּבֵּי הַתֵּיבָה, וּבְרֹאשׁ הַנָּשִׂיא, וּבְרֹאשׁ אַב בֵּית דִּין, וְכָל אֶחָד וְאֶחָד נוֹתֵן בְּרֹאשׁוֹ.

MICHNA. Quel est l'ordre des jeûnes ?

On sort la teva sur la place de la ville, on place de la cendre de foyer sur la teva, sur la tête du nassi et sur la tête du av beit din, et chacun en place sur sa propre tête.

📜 Rachi (4)
פֶּרֶק שֵׁנִי סֵדֶר תַּעֲנִית כֵּיצַד
Deuxième chapitre : quel est l'ordre du jeûne.
מַתְנִי' סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת כֵּיצַד כו':
Michna. Quel est l'ordre des jeûnes, etc.
בִּרְחוֹבָהּ שֶׁל עִיר בְּגָלוּי וְכִי הַךְ דְּאָמְרִינַן בְּמַסֶּכֶת מְגִילָּה (דַּף כֹּה:) בְּנֵי הָעִיר שֶׁמָּכְרוּ רְחוֹבָהּ שֶׁל עִיר וְהָתָם מְפָרֵשׁ בְּהֶדְיָא אָמַר ר' זֵירָא הוֹאִיל וְהָעָם מִתְפַּלְּלִים בּוֹ בְּתַעֲנִיּוֹת וּבְמַעֲמָדוֹת:
Au grand jour. C'est la place dont il est question au traité Meguila (25b) : les habitants d'une ville qui ont vendu la place de la ville. Là-bas on l'explique expressément : Rabbi Zera a dit, puisque le peuple y prie les jours de jeûne et lors des maamadot.
אֵפֶר מַקְלֶה אֵפֶר מַמָּשׁ וְלֹא עָפָר אֵפֶר סְתָם הוּא עָפָר דִּכְשֵׁם שֶׁאֵפֶר קָרוּי עָפָר דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר י״ט:י״ז) מֵעֲפַר שְׂרֵפַת הַחַטָּאת כָּךְ עָפָר קָרוּי אֵפֶר סְתָם וְהַיְינוּ דְּקָתָנֵי אֵפֶר מַקְלֶה אֵפֶר שְׂרֵיפָה אִי הֲוָה תָּנֵי אֵפֶר סְתָם הֲוָה מַשְׁמַע עָפָר וָאֵפֶר מִקְלֶה גְּנַאי יוֹתֵר מֵעָפָר סְתָם וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ מַאי טַעְמָא נוֹתְנִין אוֹתוֹ:
De la cendre proprement dite, et non de la terre. Le mot efer employé seul désigne la terre : de même que la cendre est appelée afar, ainsi qu'il est écrit « de la poussière de la combustion de la vache » (Bamidbar 19,17), ainsi la terre est appelée efer employé seul. Voilà pourquoi la michna enseigne efer mikla, cendre de combustion ; si elle avait enseigné efer employé seul, on aurait compris de la terre. Et la cendre de foyer est plus humiliante que la simple terre. La Guemara explique pour quelle raison on en place.
🗂️ Tossefot (1)
וְנוֹתְנִין אֵפֶר עַל גַּבֵּי כו'. וְאוֹתוֹ אֵפֶר הָוֵי מֵעֶצֶם אָדָם שֶׁהֲרֵי הוּא הָאֵפֶר הָוֵי לְזִכְרוֹן הָעֲקֵידָה וּבָעֲקֵידָה הָיָה עֲצָמוֹת:
« Et l'on place de la cendre sur, etc. » Cette cendre provient d'un ossement humain, car elle sert de rappel de la Akeda, et lors de la Akeda il y avait des ossements.
⚖️ Rosh (1)
סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת כֵּיצַד מוֹצִיאִין סֵפֶר תּוֹרָה עִם הַתֵּיבָה לִרְחוֹבָהּ שֶׁל עִיר וְנוֹתְנִין אֵפֶר מִקְלֶה עַל גַּבֵּי תֵּיבָה וּבְרֹאשׁ הַנָּשִׂיא וּבְרֹאשׁ אַב בֵּית דִּין וְכָל אֶחָד וְאֶחָד נוֹטֵל וְנוֹתֵן בְּרֹאשׁוֹ. וְהַזָּקָן שֶׁבָּהֶן אוֹמֵר לִפְנֵיהֶם דִּבְרֵי כִּבּוּשִׁין אַחֵינוּ לֹא נֶאֱמַר בְּאַנְשֵׁי נִינְוֵה וַיַּרְא אֱ-לֹהִים. אֶת שַׂקָּם וְאֶת תַּעֲנִיתָם אֶלָּא וַיַּרְא אֱ-לֹהִים אֶת מַעֲשֵׂיהֶם כִּי שָׁבוּ מִדַּרְכָּם הָרָעָה (יוֹנָה ג׳:י׳) וּבַקַּבָּלָה הוּא אוֹמֵר (יוֹאֵל ב׳:י״ג) וְקִרְעוּ לְבַבְכֶם וְאַל בִּגְדֵיכֶם וְשׁוּבוּ אֶל ה' אֱ-לֹהֵיכֶם:
Quel est l'ordre des jeûnes ? On sort le sefer Tora avec la teva sur la place de la ville, on place de la cendre de foyer sur la teva, sur la tête du nassi et sur la tête du av beit din, et chacun en prend et en place sur sa tête. Et le plus âgé d'entre eux dit devant eux des paroles de réprimande : « Nos frères, il n'est pas dit au sujet des gens de Ninvé : Et D.ieu vit leurs sacs et leur jeûne, mais : Et D.ieu vit leurs actes, qu'ils étaient revenus de leur mauvaise voie (Yona 3,10) ; et dans la tradition prophétique il est dit : Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez vers Hachem votre D.ieu (Yoël 2,13). »
💡 Explication

Ouverture du deuxième chapitre. La michna décrit la liturgie des jeûnes publics les plus graves, ceux où l'on sort la teva, l'arche portative qui contient le sefer Tora. Le geste est celui d'un déplacement : ce qui se tient d'ordinaire à l'abri de la synagogue est porte sur la place, au vu de tous. Rachi rattache cette place à la réhova chel ir du traité Meguila, lieu public consacré par l'usage de la prière des jours de jeûne.

La cendre de foyer, efer mikla, est distinguée de la simple terre par Rachi : le mot efer seul désignerait la poussière, et la michna précise mikla, de combustion, pour désigner une cendre véritable, signe d'humiliation plus fort. Tossefot y voit une cendre d'origine humaine, rappel de la Akeda d'Yitshak. La Guemara du folio suivant discutera ce motif.

La progression du geste est significative : la teva d'abord, puis le nassi et le av beit din, puis chacun. Les chefs reçoivent la cendre d'une main étrangère ; chaque individu se la place lui-même.

5
הַזָּקֵן שֶׁבָּהֶן אוֹמֵר לִפְנֵיהֶן דִּבְרֵי כִבּוּשִׁין: אַחֵינוּ! לֹא נֶאֱמַר בְּאַנְשֵׁי נִינְוֵה ״וַיַּרְא אֱ-לֹהִים אֶת שַׂקָּם וְאֶת תַּעֲנִיתָם״, אֶלָּא: ״וַיַּרְא הָאֱ-לֹהִים אֶת מַעֲשֵׂיהֶם כִּי שָׁבוּ מִדַּרְכָּם הָרָעָה״, וּבַקַּבָּלָה הוּא אוֹמֵר: ״וְקִרְעוּ לְבַבְכֶם וְאַל בִּגְדֵיכֶם״.

Le plus âgé d'entre eux dit devant eux des paroles de réprimande : « Nos frères ! Il n'est pas dit au sujet des gens de Ninvé : D.ieu vit leurs sacs et leur jeûne, mais : D.ieu vit leurs actes, qu'ils étaient revenus de leur mauvaise voie » ; et dans la tradition prophétique il est dit : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements ».

📜 Rachi (2)
כְּבוּשִׁין לְשׁוֹן עֲצִירָה כְּמוֹ מַכְבֵּשׁ בְּלַעַ"ז פריש"א שֶׁכּוֹבְשִׁין אֶת הַלְּבָבוֹת לְהַחֲזִירָם לַמּוּטָב וְאֵלּוּ הֵן דִּבְרֵי כִּבּוּשִׁין אַחֵינוּ כו':
Kevouchin est un terme de contrainte, comme un pressoir, presa en langue courante : ce sont des paroles qui pressent les cœurs pour les ramener au bien. Et voici ces paroles de réprimande : « Nos frères... », etc.
וּבַקַּבָּלָה שֶׁהַנָּבִיא מְצַוֶּה לְיִשְׂרָאֵל (עָמְדוּ בַּתְּפִלָּה) וְהִקְשָׁה תּוֹסְפוֹת מַאן דְּהוּ מַאי שְׁנָא בְּהַאי קְרָא דִּכְתִיב בְּיוֹנָה וַיַּרְא הָאֱ-לֹהִים אֶת מַעֲשֵׂיהֶם וְגוֹ' וְלָא קָרֵי לֵיהּ דִּבְרֵי קַבָּלָה וּבְהַאי קְרָא דִּוְקָרְעוּ לְבַבְכֶם קָרֵי לֵיהּ קַבָּלָה וּפָרֵיק אִיהוּ כָּל מָקוֹם שֶׁהַנָּבִיא מְצַוֶּה וּמוֹדִיעַ וּמַזְהִיר אֶת יִשְׂרָאֵל קָרֵי לֵיהּ קַבָּלָה וּבְכָל דֻּוכְתָּא דְּלָא אִיתְפַּקַּד נָבִיא כִּי הַאי וַיַּרְא הָאֱ-לֹהִים שֶׁהוּא כְּמִסְפַּר וְהוֹלֵךְ דְּיָלֵיף מִינֵּיהּ אַגַּב אוֹרְחֵיהּ מִילְּתָא לָא קָרֵינַן לֵיהּ קַבָּלָה:
Kabbala : parce que le prophète l'ordonne à Israël. Les Tossefot, par la bouche de l'un d'eux, ont demandé : en quoi le verset écrit chez Yona, « Et D.ieu vit leurs actes, etc. », diffère-t-il pour ne pas être appelé divrei kabbala, alors que le verset « Déchirez vos cœurs » reçoit ce nom ? Et il a résolu : partout où le prophète ordonne, fait savoir et avertit Israël, on l'appelle kabbala ; partout où le prophète n'a reçu aucun ordre, comme ce « Et D.ieu vit leurs actes » qui est un simple récit dont on tire au passage un enseignement, on ne l'appelle pas kabbala.
💡 Explication

Le discours du plus âgé tient en un argument de lecture. Le livre de Yona aurait pu attribuer le retournement de Ninvé au sac et au jeûne ; le verset (Yona 3,10) mentionne les actes et le retour de la mauvaise voie. La liturgie du jeûne se trouve ainsi relativisée par le texte même qui la fonde.

Rachi explique kevouchin par la racine du pressoir : la parole exerce une pression sur le cœur. Sa seconde glose porte sur le terme divrei kabbala, qui désigne les livres prophétiques par opposition à la Tora ; la question posée est de savoir pourquoi le verset de Yoël reçoit ce nom et le verset de Yona non. La réponse tient au statut du propos : un ordre adressé à Israël d'un côté, un récit de l'autre.

6
עָמְדוּ בִּתְפִלָּה — מוֹרִידִין לִפְנֵי הַתֵּיבָה זָקֵן וְרָגִיל וְיֵשׁ לוֹ בָּנִים, וּבֵיתוֹ רֵיקָם, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא לִבּוֹ שָׁלֵם בִּתְפִלָּה.

Ils se tinrent debout pour la prière : on fait descendre devant la teva un homme âgé et habitué, qui a des enfants et dont la maison est vide, afin que son cœur soit entier dans la prière.

📜 Rachi (2)
וְרָגִיל רָגִיל לְהִתְפַּלֵּל וּתְפִלָּתוֹ שְׁגוּרָה בְּפִיו וְלֹא יִטְעֶה שֶׁכָּל חַזָּן שֶׁטּוֹעֶה סִימָן רַע לְשׁוֹלְחָיו:
Ragil : habitué à prier, dont la prière est courante dans sa bouche et qui ne se trompera pas ; car tout officiant qui se trompe est un mauvais signe pour ceux qui l'ont envoyé.
וּבֵיתוֹ רֵיקָם מַשְׁמַע דְּהוּא עָנִי וְאֵין לוֹ מִחְיָה בְּבֵיתוֹ וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא אַחַרְיַנָא וְגוּפוֹ נָקִי מֵעֲבֵירוֹת שֶׁלֹּא חָטָא וְלֹא יָצָא עָלָיו שׁוּם שֵׁם רַע בְּשׁוּם עֲבֵירָה כו':
Béito reikam : cela indique qu'il est pauvre et qu'il n'a pas de quoi vivre dans sa maison. Dans la Guemara on explique une autre raison : que son corps soit net de fautes, qu'il n'ait commis aucune faute et qu'aucune mauvaise réputation ne se soit répandue sur lui pour quelque faute que ce soit, etc.
💡 Explication

Quatre conditions sont posées pour le cheliah tsibour du jour de jeûne : l'âge, l'habitude de la prière, la charge d'enfants, et une maison vide. Le motif est donné par la michna elle-même : kedei chéyéhé libo chalem batéfila, afin que son cœur soit entier dans la prière.

La logique est celle de l'implication personnelle. Celui qui a des bouches à nourrir et rien chez lui demande la pluie pour lui-même en la demandant pour la communauté. Rachi ajoute un motif de compétence pour ragil : l'erreur de l'officiant est tenue pour un mauvais signe pour ceux qui l'ont délégué. Il signale enfin que la Guemara donnera une autre lecture de « maison vide », entendue comme une conduite nette de fautes.

7
וְאוֹמֵר לִפְנֵיהֶן עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע בְּרָכוֹת: שְׁמֹונֶה עֶשְׂרֵה שֶׁבְּכָל יוֹם, וּמוֹסִיף עֲלֵיהֶן עוֹד שֵׁשׁ, וְאֵלּוּ הֵן: זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת, ״אֶל ה׳ בַּצָּרָתָה לִּי קָרָאתִי וַיַּעֲנֵנִי״, ״אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים וְגוֹ׳״, ״מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה׳״, ״תְּפִלָּה לְעָנִי כִי יַעֲטֹף״.

Et il dit devant eux vingt-quatre bénédictions : les dix-huit de chaque jour, auxquelles il en ajoute six autres, à savoir : Zikhronot et Chofarot, « Vers Hachem, dans ma détresse, j'ai crié et Il m'a répondu », « Je lève mes yeux vers les montagnes, etc. », « Des profondeurs je T'ai appelé, Hachem », « Prière du pauvre lorsqu'il défaille ».

📜 Rachi (2)
זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת כָּל הַפְּסוּקִים שֶׁאוֹמְרִים בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה:
Zikhronot et Chofarot : tous les versets que l'on dit à Roch Hachana.
אֶל ה' בַּצָּרָתָה לִּי כו' כֻּולָּן הֵן מִזְמוֹרִים:
« Vers Hachem, dans ma détresse », etc. : ce sont tous des psaumes.
💡 Explication

La amida du jour de jeûne public compte vingt-quatre bénédictions : les dix-huit ordinaires et six ajoutées. Les deux premières ajoutées sont les séries de versets de Roch Hachana, Zikhronot (versets de souvenir) et Chofarot ; les quatre suivantes sont des psaumes de détresse, Tehilim 120, 121, 130 et 102.

Le choix n'est pas arbitraire : chacun de ces psaumes est un appel lancé depuis une situation sans issue, et chacun trouvera son écho dans la conclusion qui lui est assortie, comme le montrent les segments suivants.

🖼️ Schéma
Composition des vingt-quatre bénédictions 18 de chaque jour La amida ordinaire, telle quelle. + 2 de Roch Hachana Zikhronot Chofarot + 4 psaumes de détresse Tehilim 120, 121, 130 et 102. 18 + 6 = 24. Mais sept conclusions, car la première est dite dans Goël Yisrael, qui fait déjà partie des dix-huit. Rabbi Yehouda remplace Zikhronot et Chofarot par deux passages de sécheresse : I Melakhim 8,37 et Yirmeyahou 14,1.
Trois blocs composent la amida du jour de jeûne : l'ordinaire, l'emprunt à Roch Hachana, les psaumes de détresse.
8
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא הָיָה צָרִיךְ לוֹמַר זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת, אֶלָּא אוֹמֵר תַּחְתֵּיהֶן ״רָעָב כִּי יִהְיֶה בָאָרֶץ דֶּבֶר כִּי יִהְיֶה״, ״אֲשֶׁר הָיָה דְבַר ה׳ אֶל יִרְמְיָהוּ עַל דִּבְרֵי הַבַּצָּרוֹת״.

Rabbi Yehouda dit : il n'avait pas besoin de dire Zikhronot et Chofarot ; il dit à leur place « S'il y a une famine dans le pays, s'il y a une épidémie », « Parole de Hachem qui fut adressée à Yirmeyahou au sujet des sécheresses ».

💡 Explication

Rabbi Yehouda conserve le nombre de six ajouts et change les deux premiers. À la place des séries de Roch Hachana, qui parlent de souvenir et de royauté, il prescrit deux passages qui traitent directement de la détresse visée : la prière de Chelomo lors de l'inauguration du Temple, qui envisage famine et épidémie (I Melakhim 8,37), et l'oracle de Yirmeyahou sur les sécheresses (Yirmeyahou 14,1).

L'enjeu est celui de l'adéquation du texte à l'occasion : Rabbi Yehouda veut une liturgie dont les mots portent sur le mal précis dont on souffre.

9
וְאוֹמֵר חוֹתְמֵיהֶן. עַל הָרִאשׁוֹנָה הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם בְּהַר הַמּוֹרִיָּה הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״. עַל הַשְּׁנִיָּה הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אֲבוֹתֵינוּ עַל יַם סוּף הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע קוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ זוֹכֵר הַנִּשְׁכָּחוֹת״.

Et il dit leurs conclusions. Sur la première il dit : « Celui qui a répondu à Avraham sur le mont Moria, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour.

Béni sois-Tu, Hachem, qui délivrés Israël. » Sur la deuxième il dit : « Celui qui a répondu à nos pères sur la mer des Joncs, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni sois-Tu, Hachem, qui Te souviens des choses oubliées. »

📜 Rachi (4)
וְאוֹמֵר חוֹתְמֵיהֶן עַל כָּל פָּרָשָׁה וּפָרָשָׁה אַחַר זִכְרוֹנוֹת חֲתִימַת זִכְרוֹנוֹת וְאַחַר שׁוֹפָרוֹת חֲתִימַת שׁוֹפָרוֹת וְכֵן אַחַר כֻּולָּם מֵעֵין הַפָּרָשָׁה כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Et il dit leurs conclusions : sur chaque passage. Après les Zikhronot, la conclusion des Zikhronot ; après les Chofarot, la conclusion des Chofarot ; et ainsi après chacun, selon le sujet du passage, comme il l'explique plus loin.
עַל הָרִאשׁוֹנָה בְּפַעַם רִאשׁוֹנָה הוּא אוֹמֵר מִי שֶׁעָנָה לְאַבְרָהָם כו' בְּגוֹאֵל יִשְׂרָאֵל הָיָה מַתְחִיל לְהַאֲרִיךְ וְהוֹלֵךְ וְאוֹמֵר לְכֻולָּן שֵׁשׁ בְּרָכוֹת:
Sur la première : la première fois il dit « Celui qui a répondu à Avraham... » ; c'est dans Goël Yisrael qu'il commençait à allonger, et il poursuit ainsi pour l'ensemble des six bénédictions.
עַל הַשְּׁנִיָּה זוֹ הִיא בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל שֵׁשׁ בְּרָכוֹת כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא וְהֵיאַךְ דְּגוֹאֵל יִשְׂרָאֵל זוֹ הִיא בְּרָכָה עַצְמָהּ שֶׁל שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וְאֵינָהּ מֵאוֹתָן שֵׁשׁ אֶלָּא שֶׁבָּהּ הָיָה מַתְחִיל לְהוֹסִיף וּלְהַאֲרִיךְ עַל הַזִּכְרוֹנוֹת הוּא אוֹמֵר זוֹכֵר הַנִּשְׁכָּחוֹת וְעַל הַשּׁוֹפָרוֹת שׁוֹמֵעַ תְּרוּעָה וְהִיא שְׁנִיָּה לְמִנְיָנָהּ וְעַל אֶל ה' בַּצָּרָתָה לִּי וְהִיא שְׁלִישִׁית לְמִנְיַן שֵׁשׁ שׁוֹמֵעַ צְעָקָה שְׁלִישִׁית וְכֵן כֻּולָּן:
Sur la deuxième : celle-ci est la première des six bénédictions, comme il est dit dans la Guemara. Celle de Goël Yisrael appartient aux bénédictions mêmes des dix-huit et ne fait pas partie de ces six, sauf qu'en elle il commençait à ajouter et à allonger. Sur les Zikhronot il dit « qui Te souviens des choses oubliées », et sur les Chofarot « qui entends la teroua », laquelle est la deuxième au compte ; sur « Vers Hachem, dans ma détresse », troisième au compte des six, il dit « qui entends le cri » ; et ainsi de toutes.
וּמִי שֶׁעָנָה אֶת אֲבוֹתֵינוּ עַל יַם סוּף לְפִיכָךְ אוֹמְרָהּ בְּזִכְרוֹנוֹת לְפִי שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל נִשְׁכָּחִים בְּמִצְרַיִם כַּמָּה שָׁנִים וְנִתְיָיאֲשׁוּ מִן הַגְּאֻולָּה וְזִכְרָם הַמָּקוֹם וּגְאָלָם דִּכְתִיב (שְׁמוֹת ו׳:ה׳) וְאֶזְכֹּור אֶת בְּרִיתִי:
Et celui qui a répondu à nos pères sur la mer des Joncs : il la dit dans les Zikhronot parce qu'Israël avait été oublié en Égypte pendant de nombreuses années et qu'ils avaient désespéré de la délivrance ; l'Omniprésent s'est souvenu d'eux et les a délivrés, ainsi qu'il est écrit : « et Je me suis souvenu de Mon alliance » (Chemot 6,5).
💡 Explication

Chaque ajout reçoit une hatima, une formule de conclusion propre, précédée d'une invocation de forme fixe : mi chéana, celui qui a répondu à un tel en tel lieu, c'est Lui qui vous répondra. La liturgie invoque ainsi une série de précédents de prière exaucée.

Rachi résout ici une difficulté de comptage. La michna annonce six ajouts et donne sept conclusions. La première, Goël Yisrael, appartient déjà aux dix-huit ; c'est la septième bénédiction ordinaire, que l'officiant allonge au lieu d'en créer une nouvelle. Les six suivantes sont les ajouts proprement dits.

Le lien entre Yam Souf et les Zikhronot est expliqué par Rachi : la délivrance d'Égypte est le cas où un peuple oublié est rappelé au souvenir, d'où la conclusion zokher hanichkahot, qui se souvient des choses oubliées.

10
עַל הַשְּׁלִישִׁית הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת יְהוֹשֻׁעַ בַּגִּלְגָּל הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ שׁוֹמֵעַ תְּרוּעָה״. עַל הָרְבִיעִית הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת שְׁמוּאֵל בַּמִּצְפָּה הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ שׁוֹמֵעַ צְעָקָה״. עַל הַחֲמִישִׁית הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״.

Sur la troisième il dit : « Celui qui a répondu à Yehochoua à Guilgal, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni sois-Tu, Hachem, qui entends la teroua. » Sur la quatrième il dit : « Celui qui a répondu à Chemouel à Mitspa, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour.

Béni sois-Tu, Hachem, qui entends le cri. » Sur la cinquième il dit : « Celui qui a répondu à Eliyahou au mont Carmel, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni sois-Tu, Hachem, qui entends la prière. »

📜 Rachi (2)
וּבְשׁוֹפָרוֹת הָיָה אוֹמֵר מִי שֶׁעָנָה אֶת יְהוֹשֻׁעַ בַּגִּלְגָּל לְפִי שֶׁנַּעֲנָה בַּשּׁוֹפָרוֹת בִּירִיחוֹ וְזֶהוּ בְּעוֹד שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בַּגִּלְגָּל:
Et sur les Chofarot il disait « Celui qui a répondu à Yehochoua à Guilgal », parce qu'il fut exaucé par les chofarot à Yériho, et cela se passait tandis qu'Israël se trouvait encore à Guilgal.
וְאֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל כְּנֶגֶד אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים וְכֵן כֻּולָּן לְפִי עִנְיַן הַמִּזְמוֹרִים אֵלִיָּהוּ נַעֲנָה בְּהַר הַכַּרְמֶל מֵעֵין אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים וּשְׁמוּאֵל בַּמִּצְפָּה דִּכְתִיבִי קְרָאֵי וּמֵעֵין אֶל ה' בַּצָּרָתָה לִּי:
Et Eliyahou au mont Carmel : en correspondance avec « Je lève mes yeux vers les montagnes » ; et ainsi de toutes, selon le sujet des psaumes. Eliyahou fut exaucé au mont Carmel, ce qui répond à « Je lève mes yeux vers les montagnes » ; et Chemouel à Mitspa, sur quoi des versets sont écrits, ce qui répond à « Vers Hachem, dans ma détresse ».
💡 Explication

Trois conclusions, trois précédents. La troisième est accordée aux Chofarot : Rachi rattache Guilgal à la prise de Yériho, obtenue au son des chofarot, alors qu'Israël campait encore à Guilgal ; de là, la formule choméa teroua.

Les deux suivantes suivent l'ordre des psaumes ajoutés. Chemouel à Mitspa (I Chemouel 7) répond au psaume « Vers Hachem, dans ma détresse », d'où choméa tseaka ; Eliyahou au mont Carmel répond au psaume « Je lève mes yeux vers les montagnes », d'où choméa tefila, car il est écrit chez Eliyahou anéni, réponds-moi, qui est le terme de la prière.

11
עַל הַשִּׁשִּׁית הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת יוֹנָה מִמְּעֵי הַדָּגָה, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ הָעוֹנֶה בְּעֵת צָרָה״. עַל הַשְּׁבִיעִית הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת דָּוִד וְאֶת שְׁלֹמֹה בְּנוֹ בִּירוּשָׁלַיִם, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ הַמְרַחֵם עַל הָאָרֶץ״.

Sur la sixième il dit : « Celui qui a répondu à Yona depuis les entrailles du poisson, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni sois-Tu, Hachem, qui réponds au temps de la détresse. » Sur la septième il dit : « Celui qui a répondu à David et à Chelomo son fils à Yerouchalayim, c'est Lui qui vous répondra et qui entendra la voix de votre cri en ce jour.

Béni sois-Tu, Hachem, qui prends en pitié la terre. »

📜 Rachi (3)
מִמְּעֵי הַדָּגָה מֵעֵין מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה' וְעוֹנָה בְּעֵת צָרָה שֶׁכֵּן כְּתִיב בְּיוֹנָה קָרָאתִי מִצָּרָה לִי (יוֹנָה ב׳:ג׳) וּבִשְׁמוּאֵל כְּתִיב וַיִּזְעַק אֶל ה' (שְׁמוּאֵל א ו) וּבְאֵלִיָּהוּ כְּתִיב (מְלָכִים א יח) עֲנֵנִי זוֹ תְּפִלָּה:
Depuis les entrailles du poisson : cela répond à « Des profondeurs je T'ai appelé, Hachem », et « qui réponds au temps de la détresse », car il est écrit chez Yona : « j'ai appelé depuis ma détresse » (Yona 2,3) ; chez Chemouel il est écrit « et il cria vers Hachem » (I Chemouel 7) ; et chez Eliyahou il est écrit « réponds-moi » (I Melakhim 18), ce qui est la prière.
וְעַל הַשְּׁבִיעִית מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא מַאי שְׁבִיעִית מִי שֶׁעָנָה דָּוִד וַיְהִי רָעָה בִּימֵי דָוִד שָׁלֹשׁ שָׁנִים שָׁנָה אַחַר שָׁנָה (שְׁמוּאֵל ב כא):
Et sur la septième : la Guemara explique ce qu'est cette septième. « Celui qui a répondu à David » : car il y eut une famine aux jours de David durant trois ans, année après année (II Chemouel 21).
וּשְׁלֹמֹה כְּשֶׁהִכְנִיס הָאָרוֹן לְבֵית קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים אִי נָמֵי רָעָב כִּי יִהְיֶה בָאָרֶץ וְגוֹ' (מְלָכִים א ח׳:ל״ז) וּלְפִיכָךְ חוֹתֵם מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ שֶׁהֵן הִתְפַּלְּלוּ עַל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וּתְפִלָּה לֶעָנִי כִּי יַעֲטֹוף עַל דֹּוחַק גְּשָׁמִים נוֹפֵל וּכְתִיב בֵּיהּ (שָׁם) בְּהֵעָצֵר שָׁמַיִם:
Et Chelomo : lorsqu'il fit entrer l'arche dans le Saint des saints ; ou bien d'après « s'il y a une famine dans le pays, etc. » (I Melakhim 8,37). Voilà pourquoi il conclut par « qui prend en pitié la terre », puisqu'ils ont prié pour la terre d'Israël. Et « Prière du pauvre lorsqu'il défaille » se rapporte à la pénurie de pluies, et il y est écrit « lorsque les cieux seront fermés » (ibid.).
💡 Explication

Les deux dernières conclusions achèvent la série. Yona, exaucé depuis les entrailles du poisson, répond au psaume « Des profondeurs je T'ai appelé » ; la conclusion haoné béet tsara reprend le mot même du verset de Yona, « j'ai appelé depuis ma détresse ».

La septième réunit David et Chelomo. Rachi signale que la Guemara s'interrogera sur ce couple : David pour la famine de trois ans (II Chemouel 21), Chelomo pour l'inauguration du Temple, ou pour sa prière sur la famine et la sécheresse. La conclusion haméraheim al haaretz est accordée à l'objet de leur prière, la terre, et au psaume « Prière du pauvre lorsqu'il défaille », que Rachi rapporte à la pénurie de pluies.

12
מַעֲשֶׂה

Il advint que...

💡 Explication

Le folio s'interrompt sur le premier mot d'un récit, que la michna développe au folio suivant : l'épisode où Rabbi Halafta et Rabbi Hanania ben Teradyon observèrent des usages différents lors des bénédictions du jeûne.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).