Taanit 16b — L'officiant du jeûne public : ses qualités, les vingt-quatre bénédictions, et la différence entre la province et le Temple

Taanit 16b

Sougya : Le folio achève d'abord la baraita sur l'homme que l'on fait descendre devant la teva les jours de jeûne. Rav H'isda précise que sa maison vide désigne une maison vide de faute, et Abaye que sa jeunesse fut belle signifie qu'aucune mauvaise réputation n'est sortie sur lui.

Un verset de Yirmiyahou sert ensuite à condamner l'officiant indigne. La Guemara revient alors au compte de la michna : vingt-quatre bénédictions, les dix-huit de chaque jour plus six ajoutées ; elle objecte qu'il y en a sept, et Rav Nahman bar Yitshak répond que la septième est celle que l'on allonge, Goël Yisrael, qui appartient déjà aux dix-huit.

Vient enfin la longue description du déroulement : le sceau Celui qui a répondu à Avraham, la réponse de l'assemblée, l'appel du bedeau aux kohanim et l'alternance des sonneries. Le rite change au Temple, où l'on ne répond pas amen mais Baroukh chem kevod malkhouto, ce que la baraita tire de Nehemia.

Rabbi Halafta à Tsippori et Rabbi Hanania ben Teradyon à Sikhni suivirent cet usage, et les Sages jugèrent qu'il n'avait cours qu'aux portes orientales et sur le mont du Temple. Une seconde tradition et une baraita reprennent la même matière, puis s'ouvre l'explication de Rabbi Yehouda, qui remplaçait Zikhronot et Chofarot.

Les vingt-quatre bénédictions : six ajoutées, mais sept sceaux Amida ordinaire 18 bénédictions de chaque jour + 6 bénédictions ajoutées propres au jeûne public = Total : 24 bénédictions c'est le chiffre de la michna Les six ajoutées (michna 15a) 1. Zikhronot (versets de souvenir) 2. Chofarot (versets de sonnerie) 3. Vers Hachem, dans ma détresse (Teh. 120) 4. Je lève les yeux vers les montagnes (Teh. 121) 5. Des profondeurs je T'ai appelé (Teh. 130) 6. Prière du pauvre quand il défaille (Teh. 102) L'objection de la Guemara La michna des sceaux dit : sur la septième il conclut Baroukh mérahem al haaretz. Il y a donc sept sceaux, pas six. Rav Nahman bar Yitshak Septième veut dire : septième depuis celle que l'on a commencé à allonger. Conséquence La bénédiction allongée est Goël Yisrael : elle fait déjà partie des dix-huit quotidiennes. On compte sept sceaux successifs, mais on n'ajoute que six bénédictions. Le compte de la michna tient.
Six bénédictions ajoutées, sept sceaux entendus : la première que l'on allonge appartient à l'Amida ordinaire.
Province et Temple : deux rites pour la même bénédiction En province (guvulin) Au Temple (mikdach) SCEAU PRONONCÉ PAR L'OFFICIANT Baroukh Goël Yisrael (formule courte, comme toute bénédiction) Baroukh Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité. Baroukh Goël Yisrael RÉPONSE DE L'ASSEMBLÉE Amen Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed APPEL DU BEDEAU AVANT LA SONNERIE Sonnez, fils d'Aharon, sonnez Sonnez, les kohanim, fils d'Aharon, sonnez Source de la différence : Nehemia 9, 5 - sur chaque bénédiction, donne-Lui une louange propre.
Ce qui change au Temple : la formule du sceau, et surtout la réponse de l'assemblée.
Deux traditions sur le déroulement, un seul verdict des Sages Première baraita Chaque bénédiction ajoutée porte son propre sceau : Celui qui a répondu à Avraham, puis Celui qui se souvient des choses oubliées. Après chaque sceau : réponse de l'assemblée, puis appel du bedeau et sonnerie. Alternance stricte : une fois tekia, une fois teroua, jusqu'à la dernière. Province : amen. Temple : Baroukh chem. Seconde tradition (ait deamri) Les six ajoutées se disent à un endroit précis : entre Gooël Yisrael et Rofé holéi amo. L'officiant allonge dans la bénédiction de la délivrance, et l'assemblée répond amen après chacune des bénédictions. Au Temple, même formule longue, et l'on ne répond pas amen. Même source : Nehemia 9, 5. Verdict des Sages sur l'usage de Rabbi Halafta et de Rabbi Hanania ben Teradyon Ils avaient institué ce rite à Tsippori et à Sikhni. Les Sages répondirent : on n'agissait ainsi qu'aux portes orientales et sur le mont du Temple, et nulle part ailleurs.
Les deux récits du rite, et la limite posée par les Sages à son extension hors du Temple.
1
הַייְנוּ ״מְטֻופָּל וְאֵין לוֹ״, הַיְינוּ ״בֵּיתוֹ רֵיקָם״? אָמַר רַב חִסְדָּא: זֶהוּ שֶׁבֵּיתוֹ רֵיקָם מִן הָעֲבֵירָה. ״וּפִרְקוֹ נָאֶה״, אָמַר אַבַּיֵּי: זֶה שֶׁלֹּא יָצָא עָלָיו שֵׁם רַע בְּיַלְדוּתוֹ.

Chargé de famille et sans ressources, cela revient-il au même que sa maison est vide ? Rav H'isda dit : cela veut dire que sa maison est vide de toute faute.

Et sa jeunesse fut belle : Abaye dit : c'est celui sur qui aucune mauvaise réputation n'est sortie dans sa jeunesse.

📜 Rachi (3)
הַייְנוּ מְטֻופָּל וְאֵין לוֹ הַיְינוּ בֵּיתוֹ רֵיקָן הַייְנוּ כְּמוֹ (אֵיזֶהוּ):
Haynou a ici le sens de : c'est la même chose que ce qui vient d'être dit.
בֵּיתוֹ רֵיקָם מִן הָעֲבֵירָה שֶׁאֵין חָמָס וְגֶזֶל בְּבֵיתוֹ:
Sa maison est vide de faute : il n'y a chez lui ni violence ni vol.
וּפִרְקוֹ נָאֶה אֲפִילּוּ כְּשֶׁעָמַד עַל בַּחֲרוּתוֹ הָיָה נָאֶה בְּלִי שֵׁם רַע:
Et sa jeunesse fut belle : même parvenu à l'âge de la jeunesse, sa conduite était convenable, sans mauvaise réputation.
⚖️ Rosh (1)
עָמְדוּ בִּתְפִלָּה מוֹרִידִין לִפְנֵי הַתֵּיבָה זָקֵן וְרָגִיל יֵשׁ לוֹ בָּנִים וּבֵיתוֹ רֵיקָם כְּדֵי שֶׁיְּהֵא לִבּוֹ שָׁלֵם בִּתְפִלָּה. וְאוֹמֵר לִפְנֵיהֶם כ"ד בְּרָכוֹת. י"ח בְּרָכוֹת שֶׁבְּכָל יוֹם וְיוֹם וּמוֹסִיף עֲלֵיהֶם עוֹד שֵׁשׁ וְאֵלּוּ הֵן זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת אֶל ה' בַּצָּרָתָה לִּי (תְּהִילִּים ק״כ:א׳) אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים שם קכא מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה' (שָׁם קל) תְּפִלָּה לְעָנִי כִי יַעֲטֹוף (שָׁם קב) ר' יְהוּדָה אוֹמֵר לֹא הָיָה צ"ל זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת אֶלָּא אוֹמֵר תַּחְתֵּיהֶם רָעָב כִּי יִהְיֶה בָאָרֶץ דֶּבֶר כִּי יִהְיֶה שִׁדָּפוֹן וְיֵרָקוֹן אַרְבֶּה וְחָסִיל כִּי יִהְיֶה (מְלָכִים א ח׳:ל״ז) אֲשֶׁר הָיָה דְבַר ה' אֶל יִרְמְיָהוּ עַל דִּבְרֵי הַבַּצָּרוֹת (יִרְמְיָהוּ י״ד:א׳) וְאוֹמֵר חוֹתְמוֹתֵיהֶן: ת"ר עָמְדוּ בִּתְפִלָּה אע"פ שֶׁיֵּשׁ שָׁם זָקֵן אוֹ חָכָם אֵין מוֹרִידִין לִפְנֵי הַתֵּיבָה אֶלָּא הָרָגִיל. אֵיזֶהוּ רָגִיל ר"י אוֹמֵר מִיטַּפֵּל וְאֵין לוֹ וְיֵשׁ לוֹ יְגִיעָה בַּשָּׂדֶה וּבֵיתוֹ רֵיקָן וְזָקֵן וּפִרְקוֹ נָאֶה וּשְׁפַל בֶּרֶךְ וּמְרֻוצֶּה לָעָם וְיֵשׁ לוֹ נְעִימָה וְקוֹלוֹ עָרֵב וְרָגִיל לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים וּבָקִי בְּכָל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן אָמַר רַב מִיטַּפֵּל וְאֵין לוֹ הַייְנוּ בֵּיתוֹ רֵיקָן אָמַר רַב חִסְדָּא בֵּיתוֹ רֵיקָן מֵעֲבֵירָה. מַאי זָקֵן וּפִרְקוֹ נָאֶה אָמַר אַבָּיֵי שֶׁלֹּא יָצָא לְעוֹלָם עָלָיו שֵׁם רַע בְּיַלְדוּתוֹ. נָתְנָה עָלַי בְּקוֹלָהּ עַל כֵּן שְׂנֵאתִיהָ (יִרְמְיָהוּ י״ב:ח׳) אָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר זֶה שְׁלִיחַ צִבּוּר הַיּוֹרֵד לִפְנֵי הַתֵּיבָה שֶׁאֵינוֹ הָגוּן כָּל הַכָּתוּב בִּמְגִילַּת תַּעֲנִית דְּלָא לְמִסְפַּד בְּהוֹן לְפָנָיו אָסוּר לְאַחֲרָיו מֻותָּר. תְּנָא יָמִים הַכְּתוּבִים בִּמְגִילַּת תַּעֲנִית הֵם וְלִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם אֲסוּרִין. שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים הֵם אֲסוּרִין וְלִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם מֻותָּרִין. וּמָה הֶפְרֵשׁ בֵּין זוֹ לָזוֹ הַלָּלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה וְאֵין צְרִיכִין חִיזּוּק וְהַלָּלוּ דִּבְרֵי סוֹפְרִים וּצְרִיכִין חִיזּוּק. וְהָאִידָּנָא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית. כִּדְגָרְסִינַן בְּפֶרֶק קַמָּא דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה (דַּף יט.) כָּתַב הָרָאָבָ"ד זַ"ל הָא דְּאָמַר מְגִילַּת תַּעֲנִית בָּטְלָה הָנֵי מִילֵּי לְתַעֲנִית יָחִיד אֲבָל תַּעֲנִית צִבּוּר לֹא גָּזְרִינַן בֵּיהּ. כִּדְאָמְרִי' רַב נַחְמָן גְּזַר תַּעֲנִיתָא בִּתְרֵיסַר אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן הַאי יוֹם טוּרְנוּס הוּא אֲמַר לְהוּ בַּטֻּולֵּי בָּטְלָה. וְלֹא אֲמַר לְהוּ מִשּׁוּם דְּבָטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית דִּסְתָמָא הָא דְּקָאָמַר וְהָאִידָּנָא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית הָאִידָּנָא בִּימֵי הָאָמוֹרָאִים קָאָמַר בָּתַר דִּשְׁלִימֵי תַּנָּאֵי וְאִם כֵּן בִּימֵי ר"נ בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית וַאֲפִילּוּ הָכִי קָאָמַר דַּוְקָא מִשּׁוּם דְּבָטְלָה יוֹם טוּרְנוּס אֲבָל מִשּׁוּם דְּבָטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית סְתָמָא לֹא הָיָה גּוֹזֵר תַּעֲנִית צִבּוּר. וּמַה שֶׁנָּהֲגוּ לְהִתְעַנּוֹת בִּשְׁלשָׁה עָשָׂר בַּאֲדָר וְהוּא יוֹם שֶׁלִּפְנֵי פּוּרִים וַחֲנֻוכָּה וּפוּרִים לֹא בָּטְלוּ. יֵשׁ לוֹמַר כִּדְקָאָמַר בְּפֶרֶק קַמָּא דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה (דַּף יט ע"א) עַל תַּעֲנִית דְּצוֹם גְּדַלְיָה דְּדִבְרֵי קַבָּלָה כְּדִבְרֵי תּוֹרָה וּלְפָנָיו מֻותָּר. וְעוֹד זְמַן קְהִלָּה לַכֹּל הִיא שֶׁנִּקְהֲלוּ וְעָמְדוּ עַל נַפְשָׁם לַמִּלְחָמָה וּבִקְּשׁוּ רַחֲמִים וְגַם הוּא מֵעִיקַּר הַנֵּס:
Quand ils se sont levés pour la prière, on fait descendre devant la teva un ancien, habitué, qui a des enfants et dont la maison est vide, afin que son cœur soit entier dans la prière. Il dit devant eux vingt-quatre bénédictions : les dix-huit de chaque jour, auxquelles il en ajoute encore six, à savoir Zikhronot et Chofarot, Vers Hachem, dans ma détresse, j'ai appelé (Tehilim 120), Je lève les yeux vers les montagnes (Tehilim 121), Des profondeurs je T'ai appelé, Hachem (Tehilim 130), Prière du pauvre quand il défaille (Tehilim 102). Rabbi Yehouda dit : il n'avait pas à dire Zikhronot et Chofarot, mais il disait à leur place : S'il y a famine dans le pays, s'il y a peste, s'il y a nielle et rouille, sauterelle et criquet (Melakhim I 8, 37), et : Parole de Hachem adressée à Yirmiyahou au sujet des sécheresses (Yirmiyahou 14, 1) ; et il dit leurs sceaux. Nos maîtres ont enseigné : quand ils se sont levés pour la prière, même s'il y a là un ancien ou un sage, on ne fait descendre devant la teva que l'homme habitué. Qui est l'homme habitué ? Rabbi Yehouda dit : celui qui est chargé de famille et n'a pas de quoi, qui peine dans son champ, dont la maison est vide, qui est âgé et dont la jeunesse fut belle, humble, agréé du peuple, qui a de la douceur et dont la voix est agréable, habitué à lire dans la Torah, dans les Prophètes et dans les Écrits, et versé dans toutes les bénédictions. Rav a dit : chargé de famille et sans ressources revient à dire sa maison est vide. Rav H'isda a dit : sa maison est vide de faute. Que signifie âgé et dont la jeunesse fut belle ? Abaye a dit : celui sur qui jamais une mauvaise réputation n'est sortie dans sa jeunesse. Elle a donné de la voix contre moi, c'est pourquoi je l'ai haïe (Yirmiyahou 12, 8) : Rav Zoutra bar Toviya a dit au nom de Rav, et certains disent Rabbi Elazar, il s'agit de l'officiant indigne qui descend devant la teva. Tout ce qui est écrit dans la Meguilat Taanit comme jour où l'on ne fait pas d'oraison funèbre : la veille est interdite, le lendemain est permis. Il a été enseigné : les jours écrits dans la Meguilat Taanit sont interdits, eux, ainsi que la veille et le lendemain ; les chabbatot et les jours de fête sont interdits, eux, mais la veille et le lendemain sont permis. Quelle différence y a-t-il entre les uns et les autres ? Ceux-ci sont paroles de Torah et n'ont pas besoin de renforcement, ceux-là sont paroles des Scribes et ont besoin de renforcement. Et aujourd'hui la Meguilat Taanit est abolie, comme nous l'apprenons au premier chapitre de Roch Hachana (19a). Le Raavad, de mémoire bénie, a écrit : ce qui est dit, que la Meguilat Taanit est abolie, ne vaut que pour le jeûne d'un particulier, mais pour un jeûne public on ne décrète pas ainsi. Car il est rapporté que Rav Nahman décréta un jeûne le douze ; les maîtres lui dirent : c'est le jour de Tournous. Il leur répondit : il a été aboli. Il ne leur a pas dit que c'était parce que la Meguilat Taanit est abolie de manière générale. Or ce qui est dit, aujourd'hui la Meguilat Taanit est abolie, vise l'époque des Amoraim, après la fin des Tannaim ; au temps de Rav Nahman la Meguilat Taanit était donc déjà abolie, et pourtant il a répondu précisément que le jour de Tournous avait été aboli. Du seul fait de l'abolition générale de la Meguilat Taanit, il n'aurait pas décrété de jeûne public. Quant à l'usage de jeûner le treize adar, qui est la veille de Pourim, alors que 'Hanouka et Pourim n'ont pas été abolis, on peut répondre ce qui est dit au premier chapitre de Roch Hachana (19a) à propos du jeûne de Guedalia : les paroles de tradition ont le statut de paroles de Torah, et la veille en est permise. De plus, c'est un temps de rassemblement pour tous, car ils se rassemblèrent et se dressèrent pour leur vie au combat et implorèrent miséricorde ; cela aussi relève du cœur du miracle.
💡 Explication

La Guemara achève la baraita ouverte en 16a, qui énumère les qualités de l'homme habitué que l'on fait descendre devant la teva les jours de jeûne. Deux expressions se recouvraient : chargé de famille et sans ressources, et sa maison est vide. Rav H'isda écarte la redondance en changeant le sens du second : une maison vide de faute, sans violence ni vol.

Abaye traite de même perko nae, littéralement sa période est belle. Il ne s'agit pas d'une qualité du moment présent, mais du passé de l'homme : sa jeunesse n'a laissé derrière elle aucune mauvaise réputation. L'officiant d'un jeûne public porte la demande de toute la communauté, et son passé entre dans le choix.

🖼️ Schéma
Qui descend devant la teva un jour de jeûne ? Même s'il y a là un ancien ou un sage, on ne fait descendre que l'homme habitué (ragil). L'âge et le savoir ne suffisent donc pas : c'est une autre liste de critères qui décide. Sa situation chargé d'enfants et sans de quoi les nourrir il peine dans son champ sa maison est vide Rav H'isda : vide de faute, sans violence ni vol dans sa maison Sa personne et sa compétence âgé, et sa jeunesse fut belle humble, agréé du peuple, voix agréable habitué à lire Torah, Prophètes et Écrits Abaye : aucune mauvaise réputation n'est sortie sur lui dans sa jeunesse Ce que la Guemara ajoute ici Elle écarte deux redondances apparentes de la liste en donnant à chaque expression son sens propre.
Les critères de l'officiant du jeûne, et les deux précisions apportées dans notre folio.
2
״הָיְתָה לִּי נַחֲלָתִי כְּאַרְיֵה בַיָּעַר נָתְנָה עָלַי בְּקוֹלָהּ עַל כֵּן שְׂנֵאתִיהָ״, מַאי ״נָתְנָה עָלַי בְּקוֹלָהּ״? אָמַר מַר זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב, וְאָמְרִי לָהּ אָמַר רַבִּי חָמָא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: זֶה שְׁלִיחַ צִבּוּר שֶׁאֵינוֹ הָגוּן הַיּוֹרֵד לִפְנֵי הַתֵּיבָה.

Mon héritage est devenu pour moi comme un lion dans la forêt, elle a donné de la voix contre moi, c'est pourquoi je l'ai haïe. Que signifie elle a donné de la voix contre moi ?

Mar Zoutra bar Toviya a dit au nom de Rav, et certains rapportent que Rabbi Hama a dit au nom de Rabbi Elazar : il s'agit de l'officiant indigne qui descend devant la teva.

📜 Rachi (1)
זֶה הַמַּעֲמִיד חַזָּן שֶׁאֵינוֹ הָגוּן לִפְנֵי הַתֵּיבָה רָשָׁע שהקב"ה שׂוֹנֵא אוֹתוֹ יוֹתֵר מִכֻּולָּן וְהוּא נוֹתֵן בְּקוֹלוֹ לְפָנָיו:
Un homme mauvais, que le Saint béni soit-Il hait plus que tous, et c'est lui qui élève la voix devant Lui.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מַאי (יִרְמְיָהוּ יב, ח) "נָתְנָה עָלַי בְּקוֹלָהּ"? וְכוּ' זֶה שְׁלִיחַ צִבּוּר הַיּוֹרֵד לִפְנֵי הַתֵּבָה שֶׁאֵינוֹ הָגוּן. נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמְרוּ בַּחֲגִיגָה (חֲגִיגָה יג:) מַלְאָךְ סנדלפו"ן גָּבוֹהַּ מֵחֲבֵירוֹ מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה עוֹמֵד אֲחוֹרֵי הַמֶּרְכָּבָה וְקוֹשֵׁר כְּתָרִים לְקוֹנוֹ, וְכָתְבוּ הַתּוֹסָפוֹת מִתְּפִילּוֹת שֶׁל צַדִּיקִים הוּא עוֹשֶׂה עֲטָרוֹת עַייֵּן שָׁם. וְלָזֶה אָמַר 'נָתְנָה עָלַי בְּקוֹלָהּ' עַל שְׁלִיחַ צִבּוּר שֶׁאֵינוֹ הָגוּן, שֶׁאֵין לוֹ רַק קוֹל וְאֵינוֹ שָׁלֵם בְּכַוָּנָה וּמַחְשָׁבָה וְחוֹשֵׁב שֶׁהוּא נוֹתֵן עֲטָרוֹת עָלַי בְּקוֹלוֹ! עַל כֵּן שֶׁנָּאתֵיהּ, דְּקוֹל לְבַדּוֹ אֵינוֹ כְּדַאי לַעֲשׂוֹת מִמֶּנּוּ עֲטָרוֹת! אוֹ יוּבָן בס"ד מִן הַמַּעֲלוֹת שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת הַשְׁלִיחַ צִבּוּר שָׁלֵם בָּהֶם אֲשֶׁר נֶאֶמְרוּ לְעֵיל יֵשׁ שְׁלֹשָׁה שֶׁהֵם לְעִיכּוּבָא וְהֵם: ע נָוֶה ל יָמוֹד י רְאֵה, רָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'עָלַי' וְהִיא חָשְׁבָה דְּאֵלּוּ הַשָּׁלֹשׁ שֶׁהֵם רָאשֵׁי תֵּיבוֹת 'עָלַי' נָתְנָה אוֹתָם בְּקוֹלָהּ הֶעָרֵב דְּהַייְנוּ שֶׁיִּהְיֶה קוֹלָהּ הֶעָרֵב הוּא תְּמוּרַת שְׁלֹשָׁה אֵלֶּה שֶׁיַּסְפִּיק לְבַדּוֹ בְּעַד הַשְּׁלֹשָׁה לְמַלֹּאת חֶסְרוֹנָם.
Que signifie elle a donné de la voix contre moi, etc. : il s'agit de l'officiant indigne qui descend devant la teva. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qui est dit dans H'aguiga (13b) : l'ange Sandalfon dépasse son compagnon de la hauteur d'une marche de cinq cents ans ; il se tient derrière la Merkava et noue des couronnes à son Maître. Les Tossefot ont écrit que c'est des prières des justes qu'il fait ces couronnes, vois là-bas. C'est en ce sens qu'il est dit elle a donné de la voix contre moi, à propos de l'officiant indigne : il n'a que la voix, il n'est entier ni dans la kavana (l'intention) ni dans la ma'hchava (la pensée), et il s'imagine poser sur moi des couronnes par sa voix. C'est pourquoi je l'ai haïe : la voix seule ne vaut pas qu'on en fasse des couronnes. On peut aussi le comprendre, avec l'aide du Ciel, à partir des qualités dont l'officiant doit être pourvu, énumérées plus haut : trois d'entre elles sont indispensables, l'anava (l'humilité), le limoud (l'étude) et la yira (la crainte), dont les initiales forment le mot ali, sur moi. Elle a pensé que ces trois-là, dont les initiales forment ali, elle les avait mises dans sa voix agréable : autrement dit, que sa voix agréable tiendrait lieu de ces trois qualités et suffirait à elle seule à en combler le manque.
💡 Explication

Le verset de Yirmiyahou parle d'Israël devenu odieux à son Maître parce qu'il a donné de la voix contre lui. La derasha lit cette voix comme celle de l'officiant : une prière publique conduite par un homme indigne devient elle-même motif d'éloignement.

Rachi précise le mécanisme : la voix est portée devant Hachem, et c'est celui qui la porte qui la rend insupportable. Le passage donne ainsi son enjeu à toute la liste de critères qui précède, en montrant ce que coûte un mauvais choix.

3
וְאוֹמֵר לִפְנֵיהֶם עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע בְּרָכוֹת, שְׁמֹונֶה עֶשְׂרֵה שֶׁבְּכָל יוֹם וּמוֹסִיף עֲלֵיהֶן עוֹד שֵׁשׁ. הָנֵי שֵׁשׁ, שֶׁבַע הָוְוייָן! כְּדִתְנַן: עַל הַשְּׁבִיעִית הוּא אוֹמֵר ״בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ״! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאי ״שְׁבִיעִית״ — שְׁבִיעִית לָאֲרֻוכָּה.

Il dit devant eux vingt-quatre bénédictions : les dix-huit de chaque jour, auxquelles il en ajoute encore six. Ces six-là, elles sont sept !

Car nous avons appris : sur la septième il dit : Béni soit Celui qui a pitié de la terre. Rav Nahman bar Yitshak dit : que signifie la septième ?

La septième depuis celle que l'on allonge.

📜 Rachi (2)
הוּא אוֹמֵר לִפְנֵיהֶן אוֹתוֹ הַזָּקֵן הָרָגִיל וּמַאֲרִיךְ בַּגְּאֻולָּה כִּדְקָתָנֵי מַתְנֵי':
Il dit devant eux : cet ancien habitué, et il allonge dans la bénédiction de la délivrance, comme l'enseigne notre michna.
שְׁבִיעִית לָאֲרֻוכָּה שְׁבִיעִית לְאוֹתָהּ בְּרָכָה שֶׁהִתְחִיל לְהַאֲרִיךְ בָּהּ וְאוֹתָהּ אֵינָהּ מִן הַתּוֹסֶפֶת אֶלָּא מי"ח הַבְּרָכוֹת הִיא כִּדְתַנְיָא בְּגוֹאֵל יִשְׂרָאֵל הוּא מַאֲרִיךְ:
La septième depuis celle que l'on allonge : la septième à compter de la bénédiction dans laquelle il a commencé à allonger ; celle-là n'est pas du nombre des ajouts, elle fait partie des dix-huit bénédictions, comme il est enseigné : dans Goël Yisrael il allonge.
🗂️ Tossefot (2)
בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ. דְּגַבֵּי דָּוִד וּשְׁלֹמֹה שַׁייָּךְ לוֹמַר עַל הָאָרֶץ דְּדָוִד וּשְׁלֹמֹה הִתְפַּלְּלוּ עַל הָאָרֶץ דָּוִד גַּבֵּי מַלְאַךְ הַמָּוֶת בְּגֹורֶן אֲרַוְנָה וּשְׁלֹמֹה בִּתְפִלָּה דְּקָאָמַר רָעָב כִּי יִהְיֶה בָאָרֶץ וְעוֹד יֵשׁ לוֹמַר מִשּׁוּם דְּאַתְקִין בהמ"ק בָּאָרֶץ וְלָא קַשְׁיָא הָא דַּחֲשִׁיב יוֹנָה מִקַּמֵּי דָּוִד אע"ג שֶׁהָיָה קֹודֶם מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִיחְתַּם עַל הָאָרֶץ כְּדִמְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Béni soit Celui qui a pitié de la terre. À propos de David et de Chelomo il convient de dire sur la terre, car David et Chelomo prièrent pour la terre : David à propos de l'ange de la mort, à l'aire d'Aravna, et Chelomo dans sa prière, où il dit s'il y a famine dans le pays. On peut ajouter que c'est parce qu'il établit le Temple dans le pays. Et il n'y a pas de difficulté à ce que Yona soit compté avant David, bien que David lui soit antérieur, parce qu'on veut conclure la série par sur la terre, comme la Guemara l'explique.
מַאי שְׁבִיעִית שְׁבִיעִית לָאֲרֻוכָּה. פֵּירוּשׁ שֶׁמַּתְחִילִין לְהַאֲרִיךְ וְלוֹמַר בַּקָּשׁוֹת וּתְחִינּוֹת בְּתוֹךְ בְּרָכָה שֶׁל גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל אֲבָל מ"מ אֵינָהּ בִּכְלַל הַנּוֹסָפוֹת בִּימֵי תַּעֲנִית דְּלָא הָיוּ מוֹסִיפִין רַק שִׁשָּׁה וְעַל כָּל הַבְּרָכוֹת יֵשׁ טַעַם עַל מָה הֵם חוֹתָמוֹת בְּכָךְ הָרִאשׁוֹנָה שֶׁל גּוֹאֵל אֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן וּבָהּ אוֹמְרִים מִי שֶׁעָנָה לְאַבְרָהָם לְפ' שֶׁהָיָה רִאשׁוֹן לַנִּצּוֹלִין שֶׁנִּיצּוֹל מִנִּמְרוֹד וּבַשְּׁנִיָּה שֶׁהִיא רִאשׁוֹנָה מִן הַשִּׁשָּׁה הַנּוֹסָפוֹת אָמַר מִי שֶׁעָנָה לְאָבוּתֵנוּ עַל יַם סוּף וְחוֹתֵם בָּרוּךְ זוֹכֵר הַבְּרִית וּלְפִיכָךְ אוֹמְרָהּ בְּזִכְרוֹנוֹת לְפִי שֶׁהָיוּ בְּמִצְרַיִם וְנִתְיָיאֲשׁוּ מִן הַגְּאֻולָּה וְעָלָיו נֶאֱמַר (שְׁמוֹת ו׳:ה׳-ו׳) וְאֶזְכֹּור אֶת בְּרִיתִי וְכֵן בַּשְּׁלִישִׁית שֶׁהִיא שְׁנִיָּה מִן הַמִּנְיָן שׁוֹמֵעַ תְּרוּעָה בִּיהוֹשֻׁעַ שֶׁנַּעֲנָה בִּירִיחוֹ דְּהַייְנוּ בְּעוֹד יִשְׂרָאֵל בַּגִּלְגָּל בְּשׁוֹפָרוֹת הָיָה אוֹמֵר מִי שֶׁעָנָה לִיהוֹשֻׁעַ בַּגִּלְגָּל לְפִי שֶׁנַּעֲנָה בַּשּׁוֹפָרוֹת עַל הָרְבִיעִית וְהִיא שְׁלִישִׁית מִן הַמִּנְיָן מִי שֶׁעָנָה לִשְׁמוּאֵל וְכוּ' וּבִשְׁמוּאֵל כְּתִיב צְעָקָה וּתְפִלָּה וְגַבֵּי אֵלִיָּהוּ כְּתִיב תְּפִלָּה עֲנֵנִי ה' עֲנֵנִי וְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא דִּצְעָקָה גַּבֵּי שְׁמוּאֵל וּתְפִלָּה גַּבֵּי אֵלִיָּהוּ וי"א תְּפִלָּה גַּבֵּי שְׁמוּאֵל וּצְעָקָה גַּבֵּי אֵלִיָּהוּ דְּהָא דִּכְתִיב עַנְנֵי גַּבֵּי אֵלִיָּהוּ הוּא צְעָקָה שְׁמוּאֵל בַּמִּצְפָּה מֵעֵין אֶל ה' בַּצָּרָתָה לִּי לְאֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל כְּנֶגֶד אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים וְכֵן כֻּולָּם:
Que signifie la septième ? La septième depuis celle que l'on allonge. Explication : on commence à allonger et à dire des demandes et des supplications à l'intérieur de la bénédiction Goël Yisrael ; malgré tout elle n'entre pas dans le compte des bénédictions ajoutées les jours de jeûne, car on n'en ajoutait que six. Pour chacune des bénédictions il y a une raison à la formule par laquelle elle conclut. La première, celle de la délivrance, n'est pas du compte, et on y dit Celui qui a répondu à Avraham, parce qu'il fut le premier des sauvés, ayant été sauvé de Nimrod. Dans la deuxième, qui est la première des six ajoutées, il dit Celui qui a répondu à nos pères sur la mer des Joncs, et il conclut Béni soit Celui qui se souvient de l'alliance ; c'est pourquoi on la dit dans les Zikhronot, parce qu'ils étaient en Égypte et avaient désespéré de la délivrance, et c'est à leur sujet qu'il est dit : et Je me suis souvenu de Mon alliance. De même dans la troisième, qui est la deuxième du compte, dont le sceau est Celui qui entend la teroua : à propos de Yehochoua, qui fut exaucé à Yériho, c'est-à-dire tandis qu'Israël était à Guilgal, et par les chofarot, il disait Celui qui a répondu à Yehochoua à Guilgal, parce qu'il fut exaucé par les chofarot. Sur la quatrième, qui est la troisième du compte, Celui qui a répondu à Chemouel, etc. À propos de Chemouel il est écrit cri et prière, et à propos d'Eliyahou il est écrit prière : réponds-moi Hachem, réponds-moi. Nous disons dans la Guemara que le cri se rapporte à Chemouel et la prière à Eliyahou, et certains disent la prière à Chemouel et le cri à Eliyahou, car ce qui est écrit réponds-moi à propos d'Eliyahou est un cri. Chemouel à Mitspa correspond à Vers Hachem, dans ma détresse, j'ai appelé ; Eliyahou au mont Carmel correspond à Je lève les yeux vers les montagnes ; et ainsi pour toutes.
💡 Explication

La Guemara revient au compte de la michna. Celle-ci annonce six bénédictions ajoutées, mais la michna qui énumère les sceaux va jusqu'à une septième, scellée par Celui qui a pitié de la terre. Le compte semble faux.

Rav Nahman bar Yitshak répond en changeant le point de départ du décompte : septième ne veut pas dire septième ajoutée, mais septième à partir de Goël Yisrael, la bénédiction que l'officiant allonge. Cette bénédiction appartient déjà aux dix-huit quotidiennes ; on entend donc sept sceaux, tout en n'ajoutant que six bénédictions.

4
כִּדְתַנְיָא: בְּ״גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״ מַאֲרִיךְ, וּבְחוֹתָמָהּ הוּא אוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם בְּהַר הַמּוֹרִיָּה, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה. בָּרוּךְ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו ״אָמֵן״, וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר לָהֶם: ״תִּקְעוּ בְּנֵי אַהֲרֹן תִּקְעוּ״.

Comme il a été enseigné : dans Goël Yisrael il allonge, et au sceau de cette bénédiction il dit : Celui qui a répondu à Avraham sur le mont Moriya, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni soit Celui qui délivre Israël.

Et ils répondent amen après lui. Puis le bedeau de la synagogue leur dit : Sonnez, fils d'Aharon, sonnez.

💡 Explication

La baraita décrit le rite dans le détail. L'officiant allonge la bénédiction de la délivrance en y insérant demandes et supplications, puis il la scelle par une formule double : le rappel d'une délivrance passée, celle d'Avraham sur le mont Moriya, et la demande pour le jour présent.

Trois rôles se distinguent : l'officiant qui dit la bénédiction, l'assemblée qui répond amen, et le bedeau qui appelle les kohanim à sonner. La sonnerie n'est pas laissée à l'initiative de chacun, elle est annoncée.

5
וְחוֹזֵר וְאוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אֲבוֹתֵינוּ עַל יַם סוּף, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה, בָּרוּךְ זוֹכֵר הַנִּשְׁכָּחוֹת״, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו ״אָמֵן״, וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר לָהֶם: ״הָרִיעוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הָרִיעוּ״. וְכֵן בְּכָל בְּרָכָה וּבְרָכָה, בְּאַחַת אוֹמֵר: ״תִּקְעוּ״, וּבְאַחַת אוֹמֵר: ״הָרִיעוּ״.

Il reprend et dit : Celui qui a répondu à nos pères sur la mer des Joncs, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni soit Celui qui se souvient des choses oubliées.

Et ils répondent amen après lui. Puis le bedeau de la synagogue leur dit : Sonnez la teroua, fils d'Aharon, sonnez la teroua.

Et ainsi pour chaque bénédiction : après l'une il dit sonnez la tekia, après l'autre il dit sonnez la teroua.

💡 Explication

La deuxième bénédiction suit la même structure et se scelle par le souvenir. L'ensemble avance par un cycle fixe, répété autant de fois qu'il y a de bénédictions ajoutées.

La dernière phrase pose la règle d'alternance : les sonneries ne sont pas identiques d'une bénédiction à l'autre. On passe de la tekia, son continu, à la teroua, son brisé, et l'appel du bedeau indique à chaque fois laquelle est attendue.

🖼️ Schéma
Le cycle répété à chaque bénédiction ajoutée 1. Bénédiction allongée, avec supplique 2. Sceau Celui qui a répondu à... 3. Réponse amen (en province) 4. Appel du bedeau puis sonnerie des kohanim L'alternance des sonneries tekia teroua tekia teroua tekia ... jusqu'à la fin ben. 1 ben. 2 ben. 3 ben. 4 ben. 5 Le bedeau annonce à chaque fois la sonnerie attendue : sonnez la tekia, ou sonnez la teroua. L'alternance est la règle, et elle se poursuit jusqu'à la dernière des bénédictions.
Le cycle bénédiction, sceau, réponse, sonnerie, et l'alternance tekia et teroua.
6
בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — בְּגִבּוּלִין, אֲבָל בַּמִּקְדָּשׁ אֵינוֹ כֵּן, לְפִי שֶׁאֵין עוֹנִין ״אָמֵן״ בַּמִּקְדָּשׁ. וּמִנַּיִן שֶׁאֵין עוֹנִין ״אָמֵן״ בַּמִּקְדָּשׁ —

Dans quel cas cela est-il dit ? En province.

Mais au Temple il n'en va pas ainsi, car on ne répond pas amen au Temple. Et d'où sait-on que l'on ne répond pas amen au Temple ?

📜 Rachi (4)
בד"א דְּהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו אָמֵן בְּגִבּוּלִין:
Dans quel cas cela est-il dit : cette règle selon laquelle ils répondent amen après lui vaut en province.
אֲבָל בַּמִּקְדָּשׁ אוֹמֵר אוֹתוֹ הַזָּקֵן לְאַחַר הַפָּרָשִׁיּוֹת מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע קוֹל צַעֲקַתְכֶם בַּיּוֹם הַזֶּה בא"י אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם בָּרוּךְ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל וְהֵן עוֹנִים אַחֲרָיו בשכמל"ו וְכֵן בְּכָל בְּרָכוֹת שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ:
Mais au Temple : cet ancien dit, après les passages, Celui qui a répondu à Avraham, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour, béni sois-Tu Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité, béni soit Celui qui délivre Israël ; et ils répondent après lui Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed, et ainsi pour toutes les bénédictions dites au Temple.
לְפִי שֶׁאֵין עוֹנִין אָמֵן בַּמִּקְדָּשׁ כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן מִקְּרָא:
Car on ne répond pas amen au Temple : comme on le déduit plus loin d'un verset.
מִנַּייִן שֶׁאֵין עוֹנִין אָמֵן בַּמִּקְדָּשׁ דִּכְתִיב בִּתְפִלַּת עֶזְרָא בְּבַיִת שֵׁנִי קוּמוּ וּבָרְכוּ אֶת ה' אֱ-לֹהֵיכֶם וְהַיְינוּ בָּרוּךְ ה' אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל כו':
D'où sait-on que l'on ne répond pas amen au Temple : car il est écrit dans la prière d'Ezra, au temps du second Temple, levez-vous et bénissez Hachem votre D.ieu, ce qui correspond à béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, etc.
💡 Explication

Tout ce qui précède valait pour les guvulin, la province, c'est-à-dire partout hors du Temple. La baraita marque maintenant la limite de cette description et annonce un rite différent pour le Temple.

La différence tient à la réponse de l'assemblée. Au Temple on ne dit pas amen, mais Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed, et le sceau de la bénédiction est lui-même allongé. La Guemara demande aussitôt la source de cette règle.

7
שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוּמוּ בָּרֲכוּ אֶת ה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם מִן הָעוֹלָם עַד הָעוֹלָם וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבֹדֶךָ וּמְרוֹמַם עַל כָּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה״. יָכוֹל עַל כָּל בְּרָכוֹת כֻּולָּן לֹא תְּהֵא אֶלָּא תְּהִלָּה אַחַת — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּמְרוֹמַם עַל כָּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה״ — עַל כָּל בְּרָכָה תֵּן לוֹ תְּהִלָּה.

Car il est dit : Levez-vous, bénissez Hachem votre D.ieu d'éternité en éternité, et que l'on bénisse le nom de Ta gloire, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. On aurait pu penser que pour toutes les bénédictions il n'y ait qu'une seule louange ; c'est pourquoi le texte dit : élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange, c'est-à-dire sur chaque bénédiction donne-Lui une louange.

📜 Rachi (2)
וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדְךָ הַייְנוּ שֶׁעוֹנִין אַחֲרָיו בשכמל"ו כָּךְ הוּא הַפָּסוּק וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדֶךָ וּמְרוֹמַם עַל כָּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה: ה"ג יָכוֹל עַל כָּל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן תְּהִלָּה אַחַת ת"ל עַל כָּל בְּרָכָה עַל כָּל בְּרָכָה תֵּן לוֹ תְּהִלָּה:
Et que l'on bénisse le nom de Ta gloire : cela désigne le fait qu'ils répondent après lui Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed. Tel est le verset : et que l'on bénisse le nom de Ta gloire, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. Voici la version du texte : on aurait pu penser que pour toutes les bénédictions il n'y ait qu'une seule louange, c'est pourquoi le texte dit sur toute bénédiction, sur chaque bénédiction donne-Lui une louange.
ה"ג יָכוֹל עַל כָּל הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן תְּהִלָּה אַחַת ת"ל עַל כָּל בְּרָכָה עַל כָּל בְּרָכָה תֵּן לוֹ תְּהִלָּה:
Voici la version du texte : on aurait pu penser que pour toutes les bénédictions il n'y ait qu'une seule louange, c'est pourquoi le texte dit sur toute bénédiction, sur chaque bénédiction donne-Lui une louange.
💡 Explication

Le verset de Nehemia est lu comme la description d'un rite du second Temple. L'expression al kol, au-dessus de toute, est reprise dans son sens distributif : sur chacune. Chaque bénédiction reçoit ainsi sa propre louange.

Cette louange est précisément la formule Baroukh chem kevod malkhouto, que le verset désigne par que l'on bénisse le nom de Ta gloire. Le amen, réponse unique et brève, est remplacé au Temple par cette proclamation répétée.

🖼️ Schéma
La derasha de Nehemia 9, 5 Levez-vous, bénissez Hachem votre D.ieu d'éternité en éternité, et que l'on bénisse le nom de Ta gloire, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. Lecture écartée Une seule louange couvrirait l'ensemble des bénédictions. Lecture retenue Sur chaque bénédiction, donne-Lui sa louange propre. Application : au Temple, après chaque sceau, l'assemblée dit Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed.
Le mot al kol lu au sens distributif : une louange par bénédiction.
8
וְאֶלָּא בַּמִּקְדָּשׁ מַהוּ אוֹמֵר? ״בָּרוּךְ ה׳ אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם. בָּרוּךְ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״. וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״. וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר לָהֶם: ״תִּקְעוּ הַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרוֹן תִּקְעוּ״,

Alors, au Temple, que dit-il ? Béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité.

Béni soit Celui qui délivre Israël. Et ils répondent après lui : Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed.

Puis le bedeau de la synagogue leur dit : Sonnez, les kohanim, fils d'Aharon, sonnez,

📜 Rachi (2)
חַזַּן הַכְּנֶסֶת לֹא אוֹתוֹ זָקֵן נִיהוּ וְחוֹזֵר חַזַּן הַכְּנֶסֶת וְאוֹמֵר לָהֶן מִי שֶׁעָנָה כו' אע"פ שֶׁאָמְרוּ אוֹתוֹ זָקֵן:
Le bedeau de la synagogue : il ne s'agit pas de cet ancien. Le bedeau de la synagogue reprend à son tour et leur dit Celui qui a répondu, etc., bien que l'ancien l'ait déjà dit.
כְּשֶׁמְּרִיעִין תְּחִלָּה הוּא אוֹמֵר לָהֶן הָרִיעוּ בְּנֵי אַהֲרֹן וּכְשֶׁתּוֹקְעִין תְּחִלָּה הוּא אוֹמֵר לָהֶן תִּקְעוּ בְּנֵי אַהֲרֹן כו':
Quand on sonne la teroua : il leur dit d'abord sonnez la teroua, fils d'Aharon ; et quand on sonne la tekia, il leur dit d'abord sonnez la tekia, fils d'Aharon, etc.
💡 Explication

La baraita donne maintenant la formule du Temple. Le sceau s'ouvre par une proclamation longue, d'éternité en éternité, avant la formule habituelle de la délivrance, et la réponse de l'assemblée change en conséquence.

Rachi relève un point de déroulement : l'appel aux kohanim vient du bedeau, distinct de l'officiant, et il précise à chaque fois la sonnerie attendue. Au Temple, l'appel nomme explicitement les kohanim.

9
וְחוֹזֵר וְאוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם בְּהַר הַמּוֹרִיָּה, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה. בָּרוּךְ ה׳ אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל זוֹכֵר הַנִּשְׁכָּחוֹת״, וְהֵם עוֹנִים אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״, וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר לָהֶם: ״הָרִיעוּ, הַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן, הָרִיעוּ וְכוּ׳״, וְכֵן בְּכָל בְּרָכָה וּבְרָכָה, בְּאַחַת אוֹמֵר ״תִּקְעוּ״ וּבְאַחַת אוֹמֵר ״הָרִיעוּ״, עַד שֶׁגּוֹמֵר אֶת כֻּולָּן.

puis il reprend et dit : Celui qui a répondu à Avraham sur le mont Moriya, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour. Béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, qui se souvient des choses oubliées.

Et ils répondent après lui : Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed. Puis le bedeau de la synagogue leur dit : Sonnez la teroua, les kohanim, fils d'Aharon, sonnez la teroua, et ainsi de suite.

Et ainsi pour chaque bénédiction : après l'une il dit sonnez la tekia, après l'autre il dit sonnez la teroua, jusqu'à ce qu'il les achève toutes.

💡 Explication

Le même cycle se poursuit au Temple, avec la formule longue à chaque sceau et la réponse Baroukh chem kevod malkhouto à la place du amen. L'alternance des sonneries reste identique à celle de la province.

10
וְכָךְ הִנְהִיג רַבִּי חֲלַפְתָּא בְּצִפּוֹרִי, וְרַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן תְּרַדְיוֹן בְּסִיכְנִי, וּכְשֶׁבָּא דָּבָר לִפְנֵי חֲכָמִים, אָמְרוּ: לֹא הָיוּ נוֹהֲגִין כֵּן אֶלָּא בְּשַׁעֲרֵי מִזְרָח וּבְהַר הַבַּיִת.

Et c'est ainsi que Rabbi Halafta institua l'usage à Tsippori, et Rabbi Hanania ben Teradyon à Sikhni. Quand la chose parvint devant les Sages, ils dirent : on n'agissait ainsi qu'aux portes orientales et sur le mont du Temple.

📜 Rachi (2)
וְכָךְ הִנְהִיג כָּל מִנְהָג זֶה רַבִּי חֲלַפְתָּא בְּצִפּוֹרִי:
Et c'est ainsi qu'il institua : Rabbi Halafta institua tout cet usage à Tsippori.
לֹא הָיוּ נוֹהֲגִין כָּךְ שֶׁיְּהוּ עוֹנִין אַחֲרָיו בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד אֶלָּא עוֹנִין אָמֵן בְּגִבּוּלִין:
On n'agissait pas ainsi : à savoir que l'on réponde après lui Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed ; en province, on répond amen.
💡 Explication

Deux maîtres de la génération qui suit la destruction ont transposé le rite du Temple dans leurs villes. Les Sages ne les approuvent pas : cet usage était lié à un lieu, les portes orientales et le mont du Temple.

Selon Rachi, le point contesté est la réponse de l'assemblée. Hors du Temple, elle reste amen. La transposition d'un rite propre au Temple hors de son lieu est ainsi écartée.

11
וְאִית דְּאָמְרִי, כִּדְתַנְיָא: אוֹמֵר לִפְנֵיהֶן עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע בְּרָכוֹת, שְׁמֹונֶה עֶשְׂרֵה שֶׁבְּכָל יוֹם, וּמוֹסִיף עֲלֵיהֶן עוֹד שֵׁשׁ. וְאוֹתָן שֵׁשׁ הֵיכָן אוֹמְרָן? בֵּין ״גּוֹאֵל״ לְ״רוֹפֵא חֹולִי״, וּמַאֲרִיךְ בַּגְּאֻולָּה, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו ״אָמֵן״ עַל כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. וְכָךְ הָיוּ נוֹהֲגִין בִּגְבוּלִין.

Et certains rapportent qu'il en va comme il a été enseigné : il dit devant eux vingt-quatre bénédictions, les dix-huit de chaque jour, auxquelles il en ajoute encore six. Et ces six-là, où les dit-il ?

Entre Goël Yisrael et Celui qui guérit les malades. Il allonge dans la bénédiction de la délivrance, et ils répondent amen après lui sur chaque bénédiction.

Et c'est ainsi que l'on agissait en province.

📜 Rachi (1)
וְאִית דְּאָמְרִי כִּדְתָנֵי' כו' כְּלוֹמַר וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי הָכִי:
Et certains rapportent qu'il en va comme il a été enseigné, etc. : c'est-à-dire que certains enseignent la chose de cette manière.
💡 Explication

Une seconde tradition rapporte la même matière autrement. Elle précise l'emplacement exact des six bénédictions ajoutées dans l'Amida : entre la septième, Goël Yisrael, et la huitième, Celui qui guérit les malades.

Elle conserve l'allongement dans la bénédiction de la délivrance et la réponse amen après chaque bénédiction, en précisant que tel était l'usage de la province. La suite opposera de nouveau le Temple.

12
אֲבָל בַּמִּקְדָּשׁ, הָיוּ אוֹמְרִים: ״בָּרוּךְ ה׳ אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם. בָּרוּךְ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל.״ וְלֹא הָיוּ עוֹנִין אַחֲרָיו ״אָמֵן״. וְכָל כָּךְ לָמָּה? לְפִי שֶׁאֵין עוֹנִין ״אָמֵן״ בַּמִּקְדָּשׁ, וּמִנַּיִן שֶׁאֵין עוֹנִין ״אָמֵן״ בַּמִּקְדָּשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוּמוּ בָּרֲכוּ אֶת ה׳ אֱ-לֹהֵיכֶם מִן הָעוֹלָם עַד הָעוֹלָם וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדֶךָ וּמְרוֹמַם עַל כָּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה״ — עַל כָּל בְּרָכָה וּבְרָכָה תֵּן לוֹ תְּהִלָּה.

Mais au Temple, ils disaient : Béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité. Béni soit Celui qui délivre Israël.

Et ils ne répondaient pas amen après lui. Pourquoi tout cela ?

Parce que l'on ne répond pas amen au Temple. Et d'où sait-on que l'on ne répond pas amen au Temple ?

Car il est dit : Levez-vous, bénissez Hachem votre D.ieu d'éternité en éternité, et que l'on bénisse le nom de Ta gloire, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange ; sur chaque bénédiction, donne-Lui une louange.

💡 Explication

La seconde tradition reprend la même opposition et la même source. La règle du Temple et sa preuve tirée de Nehemia sont communes aux deux récits ; seuls le détail du déroulement et l'emplacement des bénédictions ajoutées les séparent.

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תָּנוּ רַבָּנַן: עַל הָרִאשׁוֹנוֹת הוּא אוֹמֵר ״בָּרוּךְ ה׳ אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם. בָּרוּךְ גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״. וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״. וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר: ״תָּקְעוּ כֹּהֲנִים תָּקְעוּ״. וְחוֹזֵר וְאוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם בְּהַר הַמּוֹרִיָּה, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה״, וְהֵן תּוֹקְעִין וּמְרִיעִין וְתוֹקְעִין, וְעַל הַשְּׁנִיָּה הוּא אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ ה׳ אֱ-לֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם. בָּרוּךְ זוֹכֵר הַנִּשְׁכָּחוֹת״. וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד״,

Nos maîtres ont enseigné : sur la première il dit : Béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité. Béni soit Celui qui délivre Israël.

Et ils répondent après lui : Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed. Puis le bedeau de la synagogue dit : Sonnez, kohanim, sonnez.

Il reprend et dit : Celui qui a répondu à Avraham sur le mont Moriya, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour. Et ils sonnent la tekia, la teroua et la tekia.

Sur la deuxième il dit : Béni soit Hachem, D.ieu d'Israël, d'éternité en éternité. Béni soit Celui qui se souvient des choses oubliées.

Et ils répondent après lui : Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed,

💡 Explication

Une baraita reprend le rite du Temple en ordonnant clairement les étapes : sceau long, réponse de l'assemblée, appel du bedeau, formule Celui qui a répondu, puis sonnerie.

Elle apporte une précision absente plus haut : la sonnerie elle-même est une suite de trois sons, tekia, teroua, tekia. L'alternance annoncée par le bedeau porte donc sur le son qui ouvre et ferme la série.

14
וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת אוֹמֵר: ״הָרִיעוּ בְּנֵי אַהֲרֹן הָרִיעוּ״. וְאוֹמֵר: ״מִי שֶׁעָנָה אֶת אֲבוֹתֵינוּ עַל יַם סוּף, הוּא יַעֲנֶה אֶתְכֶם וְיִשְׁמַע בְּקוֹל צַעֲקַתְכֶם הַיּוֹם הַזֶּה״, וְהֵם מְרִיעִין וְתוֹקְעִין וּמְרִיעִין, וְכֵן בְּכָל בְּרָכָה וּבְרָכָה. בְּאַחַת אוֹמֵר ״תִּקְעוּ״, וּבְאַחַת אוֹמֵר ״הָרִיעוּ״, עַד שֶׁיִּגְמֹור אֶת הַבְּרָכוֹת כֻּולָּן. וְכָךְ הִנְהִיג רַבִּי חֲלַפְתָּא בְּצִיפּוֹרִי וְרַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן תְּרַדְיוֹן בְּסִיכְנִי. וּכְשֶׁבָּא דָּבָר אֵצֶל חֲכָמִים, אָמְרוּ: לֹא הָיוּ נוֹהֲגִין כֵּן אֶלָּא בְּשַׁעֲרֵי מִזְרָח וּבְהַר הַבַּיִת.

et le bedeau de la synagogue dit : Sonnez la teroua, fils d'Aharon, sonnez la teroua. Et il dit : Celui qui a répondu à nos pères sur la mer des Joncs, c'est Lui qui vous répondra et entendra la voix de votre cri en ce jour.

Et ils sonnent la teroua, la tekia et la teroua. Et ainsi pour chaque bénédiction : après l'une il dit sonnez la tekia, après l'autre il dit sonnez la teroua, jusqu'à ce qu'il achève toutes les bénédictions.

Et c'est ainsi que Rabbi Halafta institua l'usage à Tsippori, et Rabbi Hanania ben Teradyon à Sikhni. Quand la chose parvint devant les Sages, ils dirent : on n'agissait ainsi qu'aux portes orientales et sur le mont du Temple.

📜 Rachi (1)
וְכֵן הִנְהִיג מִנְהָג זֶה אַמִּקְדָּשׁ קָאֵי:
Et c'est ainsi qu'il institua : cet usage se rapporte au Temple.
💡 Explication

La seconde série inverse l'ordre des sons : teroua, tekia, teroua. L'alternance se lit donc au niveau de la série entière, et l'appel du bedeau en indique à chaque fois le sens.

La baraita se referme sur le même incident et le même verdict. Selon Rachi, l'usage que Rabbi Halafta et Rabbi Hanania ben Teradyon avaient transposé est bien celui du Temple, que les Sages limitent aux portes orientales et au mont du Temple.

15
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא הָיָה צָרִיךְ לוֹמַר זִכְרוֹנוֹת כּוּ׳. אָמַר רַבִּי אַדָּא דְּמִן יָפוֹ: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה — לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת

Rabbi Yehouda dit : il n'avait pas à dire Zikhronot, etc. Rabbi Adda de Yafo dit : quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?

Parce que l'on ne dit Zikhronot et Chofarot

💡 Explication

Le folio s'achève sur l'ouverture d'une nouvelle question. La michna rapportait que Rabbi Yehouda remplaçait Zikhronot et Chofarot par des passages consacrés à la famine et à la détresse.

Rabbi Adda de Yafo commence à en donner la raison : ces deux séries ne se disent que dans un cadre précis. La phrase est interrompue par la fin du folio et se poursuit en 17a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).