Taanit 19b — Disette et famine, la pluie qui manque à l'un et pas à l'autre, et les douze sources de Nakdimon ben Gourion

Taanit 19b

Sougya : Le folio commence par achever la définition des mots de détresse ouverte en 19a : ce qui sépare la disette (betsorta) de la famine (kafna), selon la distance à laquelle il faut aller chercher le nécessaire, puis selon le rapport entre le prix et la disponibilité. Rabbi Yo'hanan renverse le critère : des denrées bon marché que personne ne peut acheter valent une famine, et il en témoigne par ce qu'il a vu à Tibériade.

La guemara revient ensuite à la michna du chapitre : elle cherche quel type de pluie profite aux herbes sans profiter aux arbres, ou remplit les citernes sans rien donner ni aux unes ni aux autres. Deux baraitot précisent alors quand on sonne l'alarme, dans quel territoire, et ce qu'il en est pendant la septième année ; s'y ajoutent la diphtérie et les criquets.

Rabbi Elazar ben Perata compare ensuite, par quatre paraboles, l'année dont les pluies viennent en leur temps et celle où elles viennent trop tard, trop d'un coup ou goutte à goutte. Le folio s'achève sur le récit de Nakdimon ben Gourion, qui emprunte douze sources d'eau à un hegemon pour les pèlerins de Jérusalem et se trouve au soir du terme sans une goutte de pluie.

Disette (betsorta) ou famine (kafna) : deux grilles de lecture Le nom donné à la détresse commande la gravité de la réponse publique. Première grille : la distance D'un fleuve à l'autre, ou par bateau : betsorta, disette. D'une province à l'autre, à dos d'âne : kafna, famine. Seconde grille : Rabbi Hanina, le prix Une sea pour un sela, et l'on en trouve : betsorta, disette (cher mais disponible). Quatre sea pour un sela, sans en trouver : kafna, famine (bon marché et absent). Rabbi Yo'hanan : le vrai critère est la bourse de l'acheteur Argent abondant, denrées chères : on suit l'ordre progressif des jeûnes. Argent introuvable, denrées bon marché : on sonne l'alarme immédiatement. Témoignage : quatre sea à un sela, et des gens enflés par la faim à Tibériade, faute d'un issar.
Un prix bas ne dit rien tant qu'on ignore si quelqu'un peut encore payer.
Quelle pluie profite à quoi : les quatre cas de la michna La michna énumère des manques partiels ; la guemara cherche quelle pluie les produit. Type de pluie Herbes (tsemahim) Arbres (ilan) Citernes et grottes Nicha : douce Pluie fine et lente oui non insuffisant Razya : forte Grosses gouttes non oui insuffisant Les deux, sans excès Douce et forte oui oui non : volume trop faible Chefikhouta : en trombe Averse violente non : elle les emporte non : pas razya oui : elles se remplissent
Chaque ligne du tableau répond à un cas de la michna que la guemara demandait comment trouver.
Sonner l'alarme : quand, où, et pendant la septième année Le calendrier de l'alarme Arbres : jusqu'aux abords de Pessa'h. Citernes, fosses, grottes : jusqu'aux abords de la fête de Souccot. Plus d'eau à boire : immédiatement, en tout temps. Ce que veut dire immédiatement Lundi, jeudi, puis lundi de la semaine où la détresse est constatée. Et où Seulement dans l'iparkhia touchée, non ailleurs. La septième année (chemita) Arbres : oui les six autres années ; pendant la chemita, tanna kama dit non, car les fruits sont hefker. Rabban Chimon ben Gamliel : oui, les pauvres en vivent. Ce qui ne dépend pas de l'année Citernes et grottes : même pendant la chemita, car on boit en toute année. Askara mortelle, criquets en quelque nombre que ce soit : alarme immédiate.
Trois axes commandent l'alarme : la saison, le territoire, et le statut de l'année.
1
בַּצֻּורְתָּא. מְדִינְתָּא אַמְּדִינְתָּא — כַּפְנָא. וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: סְאָה בְּסֶלַע וּשְׁכִיחָא — בַּצֻּורְתָּא. אַרְבָּעָה וְלָא שְׁכִיחָא — כַּפְנָא.

...c'est une disette (betsorta). D'une province à l'autre — c'est une famine (kafna).

Et Rabbi Hanina a dit : une sea (de blé) pour un sela, et l'on en trouve — c'est une disette ; quatre (sea pour un sela), et l'on n'en trouve pas — c'est une famine.

📜 Rachi (5)
בַּצֻּורְתָּא בַּצֹּורֶת הִיא זוֹ וְלֹא רָעָב הוֹאִיל וִיכוֹלִין לִישָּׂא בִּסְפִינוֹת:
Betsorta — il s'agit là d'une disette et non d'une famine, puisqu'on peut encore acheminer par bateaux.
מְדִינְתָּא אַמְּדִינְתָּא וּצְרִיכִין לְהוֹלִיךְ מִמְּדִינָה לִמְדִינָה עַל יְדֵי חַמָּרִים:
D'une province à l'autre — et il faut acheminer d'une province à l'autre à dos de bête, par des âniers.
כַּפְנָא רָעָב וְרָעָב קָשֶׁה מִבַּצֹּורֶת לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְהָבִיא בְּשׁוֹפִי מ"ר לָשׁוֹן אַחֵר נַהֲרָא אַנַּהֲרָא אִם יָבַשׁ מַעְיָין זֶה וְצָרִיךְ לְהָסֵב מַעְייָן אַחֵר בְּכָאן אִי נָמֵי לְהַמְתִּין עַד שֶׁיִּגְדַּל נָהָר אַחֶרֶת וְיָבֹא כָּאן בַּצֹּורֶת הוּא זֶה:
Kafna — la famine ; et la famine est plus dure que la disette, parce qu'on ne peut plus acheminer en abondance ; ainsi de la bouche de mon maître. Autre leçon : « d'un fleuve à l'autre » — si telle source s'est tarie et qu'il faut détourner ici une autre source, ou bien attendre qu'un autre fleuve grossisse et vienne jusqu'ici : c'est une disette.
מְדִינְתָּא אַמְּדִינְתָּא אִם יָבְשׁוּ כָּל הַנְּהָרוֹת שֶׁבְּתוֹךְ הָעִיר וּצְרִיכִין לְהָבִיא מַיִם מֵעִיר אַחֶרֶת כַּפְנָא רָעָב הוּא זֶה תַּקִּיפָא מִבִּצּוּרְתָּא:
D'une province à l'autre — si tous les fleuves de la ville se sont taris et qu'il faut apporter l'eau d'une autre ville : kafna, c'est une famine, plus dure que la disette.
סְאָה בְּסֶלַע וּשְׁכִיחָא כִּי זָבְנִי סְאָה שֶׁל חִיטִּין בְּסֶלַע דְּהַיְינוּ יֹוקֶר וּמְצוּיָה לִקְנוֹת בְּכָל עֵת בְּצֻורְתָּא:
Une sea pour un sela, et l'on en trouve — lorsqu'on achète une sea de blé pour un sela, ce qui est un prix élevé, et qu'il s'en trouve à acheter en tout temps : disette.
💡 Explication

Le folio reprend au milieu d'une liste de définitions commencée en 19a. La guemara y distinguait les degrés de détresse d'après la distance à laquelle il faut aller chercher le nécessaire : betsorta, la disette, quand le transport reste possible ; kafna, la famine, quand il faut faire venir d'une province entière à une autre. Rachi rapporte deux lectures de ces mots, l'une portant sur les denrées acheminées par bateau, l'autre sur les cours d'eau taris.

Rabbi Hanina propose un second critère, économique : le prix seul ne suffit pas, il faut y joindre la disponibilité. Un blé cher mais présent sur le marché signale une disette ; un blé dont le prix a chute parce qu'il n'y en a plus à vendre signale une famine.

2
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַמָּעוֹת בְּזוֹל וּפֵירוֹת בְּיֹוקֶר, אֲבָל מָעוֹת בְּיֹוקֶר וּפֵירוֹת בְּזוֹל — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ מִיָּד. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נְהִירְנָא כַּד הֲווֹ קָיְימִי אַרְבְּעָה סְאִין בְּסֶלַע, וַהֲווֹ נְפִישִׁי נְפִיחֵי כְּפַן בִּטְבֶרְיָא מִדְּלֵית אִיסָּר.

Rabbi Yo'hanan a dit : on n'a enseigné cela que lorsque l'argent est bon marché et les denrées chères ; mais si l'argent est cher et les denrées bon marché, on sonne l'alarme à leur sujet immédiatement. Car Rabbi Yo'hanan a dit : je me souviens du temps où quatre sea se tenaient à un sela, et où il y avait à Tibériade beaucoup de gens enflés par la faim, faute d'un issar.

📜 Rachi (3)
מָעוֹת בְּיֹוקֶר אֵין מָעוֹת מְצוּיוֹת לָהֶן:
L'argent est cher — les pièces ne se trouvent pas chez eux.
נְהִירְנָא אֲנִי זוֹכֵר:
Nehirna — je me souviens.
מְדַלֵּית אִיסָּר מֵאֵין מָעוֹת:
Faute d'un issar — parce qu'ils n'avaient pas de monnaie.
🗂️ Tossefot (1)
נְהִירְנָא. פֵּירוּשׁ (זָכוּר) אֲנִי:
Nehirna. Cela signifie : je me souviens.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan retourne le critère du prix. Le barème de Rabbi Hanina suppose que celui qui a de l'argent peut acheter ; lorsque c'est la monnaie elle-même qui manque, un prix bas ne protège personne. Dans ce cas on ne suit plus l'ordre progressif des jeûnes, on sonne l'alarme immédiatement.

Il en donne un témoignage direct : quatre sea pour un sela, un prix de pleine abondance, et pourtant des habitants de Tibériade enflés par la faim, faute d'un issar, la plus petite pièce de cuivre.

3
יָרְדוּ לַצְּמָחִין אֲבָל לֹא לָאִילָן. בִּשְׁלָמָא לַצְּמָחִים וְלֹא לָאִילָן — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דַּאֲתָא נִיחָא, וְלָא אָתְיָא רַזְיָא. לְאִילָן וְלֹא לַצְּמָחִין — דְּאָתְיָא רַזְיָא, וְלָא אָתְיָא נִיחָא.

« Il en est tombé pour les herbes mais non pour les arbres. » Soit : pour les herbes et non pour les arbres, on trouve le cas lorsqu'il est tombé de la pluie douce (nicha) et qu'il n'est pas tombé de pluie forte (razya) ; pour les arbres et non pour les herbes, lorsqu'il est tombé de la pluie forte et qu'il n'est pas tombé de pluie douce.

📜 Rachi (1)
דְּאָתְיָא נִיחָא וְאָמְרִינַן בְּפִירְקָא דִּלְעֵיל (תַּעֲנִית דַּף ג:) מִיטְרָא נִיחָא לְפֵירֵי וְלִתְבוּאָה וּמִיטְרָא רַזְיָא לְאִילָנֵי דְּאָתְיָא נִיחָא לְפֵירֵי וְאָתְיָא רָזָא לְאִילָנוֹת:
Lorsqu'il vient de la pluie douce — et nous avons dit au chapitre précédent (Taanit 3b) que la pluie douce est bonne pour les fruits et pour le grain, et la pluie forte pour les arbres : ici il est venu de la douce, bonne pour les fruits, et là, de la forte, bonne pour les arbres.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' וּרְמִינְהוּ רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה לִשְׁאֹול שְׁלִישִׁית לְהִתְעַנּוֹת אָמַר רַב הוּנָא ה"ק סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת הָאֵלּוּ הָאֲמוּרִים אֵימָתַי בִּזְמַן שֶׁיָּצְאוּ רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּשְׁלִישִׁית וְלֹא יָרְדוּ גְּשָׁמִים בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה אֲבָל יָרְדוּ גְּשָׁמִים בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וְצָמְחוּ וְחָזְרוּ וְשִׁינּוּ מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶם מִיָּד אָמַר ר"נ דַּוְקָא שִׁינּוּ אֲבָל יָבְשׁוּ לֹא יָרְדוּ לַצְּמָחִים אֲבָל לֹא לְאִילָן דְּאָתְיָא נַייְחָא. לְאִילָן אֲבָל לֹא לַצְּמָחִים דְּאָתְיָא בְּרַזְיָא לָזֶה וְלָזֶה וְלֹא לְבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת דְּאָתֵי הָכִי וְהָכִי. מִיהוּ לָא אָתְייָא טוּבָא. ת"ר מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּפְרוֹס הַפֶּסַח וּבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת בִּפְרוֹס הַחַג. וְאִם אֵין לָהֶם מַיִם לִשְׁתּוֹת מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד וְאֵיזֶהוּ מִיָּד שֶׁלָּהֶן שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי. וְכֻולָּן אֵין מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶם אֶלָּא בַּהִפַּרְכַיָּא שֶׁלָּהֶן. וְאַסְכָּרָא בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִיתָה מַתְרִיעִין עָלֶיהָ אֵין בָּהּ מִיתָה אֵין מַתְרִיעִין עָלֶיהָ וּמַתְרִיעִין עַל הַגּוֹבַאי בְּכָל שֶׁהוּא. ר' שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר אַף עַל הֶחָגָב:
Guemara : « et l'on oppose : la première et la deuxième revia pour demander, la troisième pour jeûner ». Rav Houna a dit : voici ce qu'elle enseigne — cet ordre de jeûnes dont on a parlé, quand s'applique-t-il ? Lorsque la première, la deuxième et la troisième revia sont passées et qu'il n'est pas tombé de pluie à la première revia. Mais s'il est tombé de la pluie à la première revia, que les plantes ont poussé puis se sont altérées, on sonne l'alarme à leur sujet immédiatement. Rav Nahman a dit : précisément lorsqu'elles se sont altérées, mais non lorsqu'elles ont sèche. « Il en est tombé pour les herbes mais non pour les arbres » : lorsque vient la pluie douce. « Pour les arbres mais non pour les herbes » : lorsque vient la pluie forte. « Pour l'un et pour l'autre mais non pour les citernes, les fosses et les grottes » : lorsqu'il vient de l'une et de l'autre, mais sans abondance. Nos maîtres ont enseigné : on sonne l'alarme au sujet des arbres aux abords de Pessa'h, et au sujet des citernes, des fosses et des grottes aux abords de la fête de Souccot ; et s'ils n'ont pas d'eau à boire, on sonne l'alarme à leur sujet immédiatement. Et quel est leur « immédiatement » ? Lundi, jeudi et lundi. Et pour tous ces cas, on ne sonne l'alarme que dans leur propre iparkhia. Et la diphtérie (askara) : lorsqu'elle est mortelle, on sonne l'alarme à son sujet ; lorsqu'elle n'est pas mortelle, on ne sonne pas l'alarme à son sujet. Et l'on sonne l'alarme au sujet du criquet (gouvai) en quelque quantité que ce soit. Rabbi Chimon ben Elazar dit : même au sujet de la sauterelle (hagav).
💡 Explication

La guemara revient à la michna, qui énumérait des pluies utiles à une culture et inutiles à une autre. Elle demande de quelle configuration météorologique il s'agit, et répond par la distinction déjà posée au premier chapitre : nicha, la pluie douce et fine qui pénètre lentement, profite aux herbes ; razya, la pluie forte aux grosses gouttes, atteint les racines profondes des arbres.

🖼️ Schéma
Nicha et razya : deux pluies, deux profondeurs Nicha : la pluie douce couche de surface Elle pénètre lentement et reste haut : les herbes en profitent, les arbres non. Razya : la pluie forte Elle descend jusqu'aux racines profondes : les arbres en profitent, les herbes non.
La profondeur atteinte par l'eau décide à qui la pluie sert.
4
לָזֶה וְלָזֶה אֲבָל לֹא לַבּוֹרוֹת וְלֹא לַשִּׁיחִין וּמְעָרוֹת — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דַּאֲתָיא רַזְיָא וְנִיחָא, מִיהוּ טוּבָא לָא אֲתָיא. אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: יָרְדוּ לְבוֹרוֹת לַשִּׁיחִין וְלַמְּעָרוֹת אֲבָל לֹא לָזֶה וְלָזֶה, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? דְּאָתְיָא בִּשְׁפִיכוּתָא.

« Pour l'un et pour l'autre, mais non pour les citernes, les fosses et les grottes » : on trouve le cas lorsqu'il vient de la pluie forte et de la pluie douce, sans que la quantité soit abondante. Mais ce qui a été enseigné dans une baraita — « il en est tombé pour les citernes, les fosses et les grottes, mais ni pour l'un ni pour l'autre » — comment le trouve-t-on ?

Lorsqu'elle vient en trombe (bichfikhouta).

📜 Rachi (1)
בִּשְׁפִיכְתָּא בְּכֹחַ גָּדוֹל יוֹתֵר מִדַּאי דְּאֵינָהּ טוֹבָה לֹא לָזֶה וְלֹא לָזֶה שׁוּב אָמַר רַבִּי שְׁפִיכוּתָא מָטָר דַּק וְעָבֶה יוֹתֵר מִדַּאי לְאִילָנֵי לָא מְהַנְּיָא דְּלָאו רַזְיָא הִיא לַצְּמָחִים נָמֵי לֹא שֶׁהַגְּשָׁמִים מְרֻובִּין בָּאִין וְשׁוֹטְפִין אוֹתָן:
En trombe — avec une force excessive, qui n'est bonne ni pour l'un ni pour l'autre. Mon maître a dit encore : chefikhouta, une pluie aux gouttes fines mais bien trop serrées ; pour les arbres elle ne sert pas, puisqu'elle n'est pas razya ; pour les herbes non plus, car les pluies arrivent en grand nombre et les emportent.
💡 Explication

Deux cas restent à expliquer. Le premier se résout par le volume : une pluie de bonne qualité, douce et forte à la fois, mais trop brève pour remplir les réserves de l'été. Le second paraît impossible — une eau qui remplit les citernes devrait profiter aux cultures — et se résout par la violence de l'averse : l'eau ruisselle, emporte les jeunes pousses et se rassemble dans les citernes sans pénétrer la terre.

5
תָּנוּ רַבָּנַן: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּפְרוֹס הַפֶּסַח, עַל הַבּוֹרוֹת וְשִׁיחִין וּמְעָרוֹת בִּפְרוֹס הַחַג. וְאִם אֵין לָהֶן מַיִם לִשְׁתּוֹת — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד.

Nos maîtres ont enseigné : on sonne l'alarme au sujet des arbres aux abords de Pessa'h ; au sujet des citernes, des fosses et des grottes, aux abords de la fête de Souccot. Et s'ils n'ont pas d'eau à boire, on sonne l'alarme à leur sujet immédiatement.

📜 Rachi (3)
בִּפְרוֹס הַפֶּסַח בִּימֵי הַפֶּסַח עַל בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת אִם לֹא יָרְדוּ לָהֶן גְּשָׁמִים:
Aux abords de Pessa'h — aux jours de Pessa'h, au sujet des citernes, des fosses et des grottes, s'il n'y est pas tombé de pluie.
אֲפִילּוּ בִּפְרוֹס הַחַג לְהַשְׁקוֹת זְרָעִים וְאֶת בְּהֶמְתָּם:
Même aux abords de la fête — pour abreuver les semences et leur bétail.
אִם אֵין לָהֶם לִשְׁתּוֹת מַתְרִיעִין וְכוּ' אֲפִילּוּ בִּפְרוֹס הַחַג דִּימוֹת הַחַמָּה נִינְהוּ אֲפִילּוּ הָכֵי מַתְרִיעִין מִשּׁוּם דְּכֻולָּן צְרִיכוֹת לִשְׁתּוֹת:
S'ils n'ont pas de quoi boire, on sonne l'alarme, etc. — même aux abords de la fête de Souccot, alors qu'on est dans les jours d'été ; on sonne pourtant l'alarme, parce que tous ont besoin de boire.
💡 Explication

La baraita fixe une limite de saison à l'alarme, propre à chaque besoin. Passé Pessa'h, la pluie ne sert plus aux arbres, et l'on cesse de sonner à leur sujet. Pour les réserves d'eau, la période utile court plus tard, jusqu'aux abords de Souccot, puisque c'est l'été qu'il faudra traverser.

Le manque d'eau de boisson échappe à tout calendrier : il ne s'agit plus d'une récolte compromise mais de la vie quotidienne, et l'alarme est immédiate en toute saison.

6
וְאֵיזֶהוּ מִיָּד שֶׁלָּהֶן — שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי. וְעַל כֻּולָּן אֵין מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן אֶלָּא בָּאִפַּרְכִיָּא שֶׁלָּהֶן.

Et quel est leur « immédiatement » ? Lundi, jeudi et lundi.

Et pour tous ces cas, on ne sonne l'alarme à leur sujet que dans leur propre district (iparkhia).

📜 Rachi (2)
וְכֻולָּן כָּל אֵלּוּ:
Et pour tous — pour tous ces cas.
בַּהִיפַּרְכַיָּא שֶׁלָּהֶן בְּאוֹתוֹ מַלְכוּת שֶׁכָּלוּ שָׁם מֵי בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת:
Dans leur iparkhia — dans ce même royaume où l'eau des citernes, des fosses et des grottes s'est épuisée.
🗂️ Tossefot (1)
בְּהַפְּרָכַיָּא שֶׁלָּהֶן. פִּי' בְּאוֹתוֹ מַלְכוּת:
Dans leur iparkhia. C'est-à-dire : dans ce même royaume.
💡 Explication

Le mot « immédiatement » reçoit ici sa définition technique : il désigne la série lundi, jeudi, lundi, les jours où l'on jeûne, et non le jour même où la détresse est constatée. Ce qui est supprimé, c'est le long escalier des jeûnes du premier chapitre, non le calendrier hebdomadaire.

La seconde règle limite l'alarme à l'iparkhia touchée, le district administratif. Une région où la pluie tombe normalement ne jeûne pas pour la région voisine.

7
וְאַסְכָּרָא, בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִיתָה — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ. בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ מִיתָה — אֵין מַתְרִיעִין עָלֶיהָ. וּמַתְרִיעִין עַל הַגּוֹבַאי בְּכָל שֶׁהוּא. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף עַל הֶחָגָב.

Et la diphtérie (askara) : lorsqu'elle est mortelle, on sonne l'alarme à son sujet ; lorsqu'elle n'est pas mortelle, on ne sonne pas l'alarme à son sujet. Et l'on sonne l'alarme au sujet du criquet (gouvaï) en quelque quantité que ce soit.

Rabbi Chimon ben Elazar dit : même au sujet de la sauterelle (hagav).

📜 Rachi (3)
וְאַסְכָּרָא בוצמל"ע בְּלַעַ"ז פְּעָמִים שֶׁנִּקְבַּע בְּתוֹךְ פִּיו שֶׁל אָדָם וּמֵת לְשׁוֹן כִּי יִסָּכֵר פִּי דוֹבְרֵי שָׁקֶר (תְּהִילִּים ס״ג:י״ב) וְהִיא סְרוֹנְכֶה מִיתָה מְשֻׁונָּה:
Et l'askara — en langue vulgaire : bouclemal. Il arrive qu'elle se fixe dans la bouche d'un homme et qu'il en meure ; du langage de « car la bouche des menteurs sera obstruée » (Tehilim 63,12) ; c'est l'esquinancie, une mort hors du commun.
בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִיתָה שֶׁהִיא מְשֻׁולַּחַת מְהַלֶּכֶת וּמֵתִים בָּהּ:
Lorsqu'elle est mortelle — qu'elle est lâchée, qu'elle se propage et qu'on en meurt.
עַל הַגּוֹבַאי שֶׁמְּכַלֶּה אֶת הַתְּבוּאָה כָּל שֶׁהוּא אֲפִילּוּ לֹא נִרְאֶה אֶלָּא קְצָת בְּיָדוּעַ שֶׁעֲתִידִין לָבוֹא לָרֹוב אֲבָל חָגָב כָּל שֶׁהוּא מָצוּי הוּא וְאֵינוֹ מְכַלֶּה כָּל כָּךְ כְּאַרְבֶּה:
Au sujet du criquet — qui dévore la récolte, en quelque quantité que ce soit : même si l'on n'en a vu qu'un petit nombre, on sait qu'ils viendront ensuite en masse. La sauterelle, en revanche, se rencontre en toute quantité et ne dévore pas autant que le criquet.
💡 Explication

La baraita ajoute deux fléaux qui ne tiennent pas à la pluie. Pour l'askara, affection de la gorge, le critère est la mortalité constatée : une maladie présente mais qui ne tue pas ne justifie pas l'alarme publique.

Pour les insectes, le critère est le pronostic. Rachi explique la différence : l'apparition du criquet, même en petit nombre, annonce une invasion, tandis que la sauterelle se rencontre couramment sans conséquence comparable. Rabbi Chimon ben Elazar étend l'alarme aux deux.

🖼️ Schéma
Deux fléaux hors de la pluie : sonne-t-on l'alarme ? Askara (affection de la gorge) Elle tue On sonne l'alarme. Elle ne tue pas On ne sonne pas l'alarme. Insectes dévorant la récolte Gouvaï, criquet En quelque quantité que ce soit : on sonne. Hagav, sauterelle Tanna kama : non. R. Chimon b. Elazar : oui. La règle commune On sonne devant le dommage déjà constaté, ou devant celui que le signe annonce avec certitude.
Le critère est le même dans les deux colonnes : un dommage avéré ou annoncé à coup sur.
8
תָּנוּ רַבָּנַן: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ. עַל הַבּוֹרוֹת וְעַל הַשִּׁיחִין וְעַל הַמְּעָרוֹת אֲפִילּוּ בַּשְּׁבִיעִית. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף עַל הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן פַּרְנָסָה לַעֲנִיִּים.

Nos maîtres ont enseigné : on sonne l'alarme au sujet des arbres pendant les autres années du cycle septennal ; au sujet des citernes, des fosses et des grottes, même pendant la septième année. Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet des arbres aussi pendant la septième année, parce qu'il y a en eux une subsistance pour les pauvres.

📜 Rachi (2)
בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ דִּשְׁמִיטָּה אֲבָל בִּשְׁמִיטָּה לֹא דְּהֶפְקֵר נִינְהוּ:
Pendant les autres années du cycle — celles de la chemita ; mais pendant la chemita, non, puisque les fruits sont hefker (sans propriétaire).
אֲפִילּוּ בִּשְׁבִיעִית כָּל שָׁעָה צְרִיכִין לִשְׁתִיָּה ואע"פ שֶׁהַגְּשָׁמִים מוֹעִילִין לַקַּרְקַע בַּשְּׁבִיעִית:
Même pendant la septième année — car on a besoin de boire à toute heure, et cela bien que les pluies profitent aussi à la terre pendant la septième année.
🗂️ Tossefot (1)
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר אַף עַל הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם פַּרְנָסָה לַעֲנִיִּים. פִּי' הֵם הַסְּפִיחִים הַיּוֹצְאִין מֵהֶן וצ"ל דְּסָבַר כמ"ד (פְּסָחִים דַּף נא:) סְפִיחֵי זְרָעִים אָסוּר דְּהַיְינוּ ר' עֲקִיבָא מִדְּקָאָמַר עַל הָאִילָנוֹת וְלָא קָאָמַר עַל הַסְּפִיחִים:
« Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet des arbres aussi pendant la septième année, parce qu'il y a en eux une subsistance pour les pauvres. » Explication : il s'agit des repousses spontanées (sefihim) qui en sortent. Et il faut dire qu'il tient l'avis de celui qui soutient (Pessahim 51b) que les sefihim des semences sont interdits, c'est-à-dire Rabbi Akiva, puisqu'il dit « au sujet des arbres » et ne dit pas « au sujet des sefihim ».
💡 Explication

La question porte sur la chemita, la septième année, où le travail de la terre est suspendu et les fruits deviennent hefker, sans propriétaire. Le tanna kama en conclut qu'il n'y a plus de récolte privée à défendre, donc plus d'alarme pour les arbres.

Les réserves d'eau échappent à ce raisonnement, parce que la boisson ne dépend pas du statut agricole de l'année. Rabban Chimon ben Gamliel rétablit l'alarme pour les arbres en déplaçant l'enjeu : les fruits abandonnés sont précisément ce dont vivent les pauvres cette année-là.

9
תַּנְיָא אִידָךְ: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ. עַל הַבּוֹרוֹת עַל הַשִּׁיחִין וְעַל הַמְּעָרוֹת אֲפִילּוּ בַּשְּׁבִיעִית. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף עַל הָאִילָנוֹת. מַתְרִיעִין עַל הַסְּפִיחִין בַּשְּׁבִיעִית, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן פַּרְנָסָה לַעֲנִיִּים.

Il a été enseigné dans une autre baraita : on sonne l'alarme au sujet des arbres pendant les autres années du cycle septennal ; au sujet des citernes, des fosses et des grottes, même pendant la septième année. Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet des arbres aussi.

On sonne l'alarme au sujet des repousses spontanées (sefihim) pendant la septième année, parce qu'il y a en elles une subsistance pour les pauvres.

📜 Rachi (1)
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת וְאַף עַל הַסְּפִיחִין שֶׁל שְׁבִיעִית שֶׁאֵינָן חֲשׁוּבֵין כָּל כָּךְ:
Rabban Chimon ben Gamliel dit — on sonne l'alarme au sujet des arbres, et même au sujet des sefihim de la septième année, qui pourtant ne comptent pas autant.
💡 Explication

La seconde baraita répète la première en y ajoutant les sefihim, les repousses venues d'elles-mêmes sans qu'on ait semé. Le motif reste le même : la subsistance des pauvres. L'ajout éclaire la position de Rabban Chimon ben Gamliel, qui étend l'alarme à ce qui a le moins de valeur agricole dès lors que quelqu'un en vit.

🖼️ Schéma
Les deux baraitot sur la septième année Objet de l'alarme Première baraita Seconde baraita Arbres Six années oui, chemita non. RSbG : oui, les pauvres en vivent. Six années oui, chemita non. RSbG : oui, sans motif exprimé. Citernes et grottes Même pendant la chemita. Même pendant la chemita. Sefihim Non mentionnés. Alarme pendant la chemita, car les pauvres en vivent.
La seconde version déplace le motif des pauvres des arbres vers les repousses spontanées.
10
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נַעֲשׂוּ גְּשָׁמִים צִימּוּקִין לָעוֹלָם. יֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מְרֻובִּין, וְיֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מוּעָטִין. יֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן, וְיֵשׁ שָׁנָה שֶׁאֵין גְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן.

Il a été enseigné : Rabbi Elazar ben Perata a dit : depuis le jour où le Temple a été détruit, les pluies sont devenues avares (tsimoukin) pour le monde. Il y a une année dont les pluies sont abondantes et une année dont les pluies sont rares ; il y a une année dont les pluies tombent en leur temps et une année dont les pluies ne tombent pas en leur temps.

📜 Rachi (1)
צִמּוּקִין שֶׁיּוֹרְדִין בְּקֹושִׁי מִלְּשׁוֹן וְשָׁדַיִים צֹומְקִים (הוֹשֵׁעַ ט):
Tsimoukin — qui tombent avec peine ; du langage de « et des mamelles taries » (Hochea 9,14).
💡 Explication

Rabbi Elazar ben Perata ouvre une courte section aggadique. Depuis la destruction du Temple, la pluie a cessé d'être réglée : elle vient en quantité variable et à des dates variables. Le désordre porte sur deux axes, la quantité et le moment, que les paraboles suivantes vont traiter séparément.

11
שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן לָמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת, נִמְצֵאת עִיסָּה נֶאֱפֵית כְּתִיקְנָהּ, וְנֶאֱכֶלֶת כְּתִיקְנָהּ. שָׁנָה שֶׁאֵין גְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּעֶרֶב שַׁבָּת, נִמְצֵאת עִיסָּה נֶאֱפֵית שֶׁלֹּא כְּתִיקְנָהּ, וְנֶאֱכֶלֶת שֶׁלֹּא כְּתִיקְנָהּ.

À quoi ressemble une année dont les pluies tombent en leur temps ? À un serviteur à qui son maître a donné sa subsistance le dimanche : la pâte se trouve cuite comme il faut et mangée comme il faut.

À quoi ressemble une année dont les pluies ne tombent pas en leur temps ? À un serviteur à qui son maître a donné sa subsistance la veille de chabbat : la pâte se trouve cuite autrement qu'il ne faut et mangée autrement qu'il ne faut.

📜 Rachi (2)
לְמָה הוּא דּוֹמֶה פַּרְנָסָתוֹ שֶׁל כָּל הַשַּׁבָּת כֻּולָּהּ:
À quoi ressemble-t-elle — sa subsistance pour toute la semaine.
נֹאָפֶת כְּתִקְנָהּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ פְּנַאי לֶאֱפוֹתָהּ:
Cuite comme il faut — car il a le loisir de la cuire.
💡 Explication

La première parabole porte sur le moment. La ration est la même dans les deux cas ; ce qui change est le délai laissé pour la préparer. Livrée le dimanche, elle est travaillée sans hâte ; livrée la veille de chabbat, elle est cuite dans l'urgence et mal consommée.

12
שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מְרֻובִּין לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּבַת אַחַת, נִמְצְאוּ רֵיחַיִם טוֹחֲנוֹת מִן הַכֹּור מַה שֶּׁטּוֹחֲנוֹת מִן הַקַּב, וְנִמְצֵאת עִיסָּה אוֹכֶלֶת מִן הַכֹּור כְּמוֹ [ש]אוֹכֶלֶת מִן הַקַּב.

À quoi ressemble une année dont les pluies sont abondantes ? À un serviteur à qui son maître a donné sa subsistance en une seule fois : les meules se trouvent moudre à partir du kor ce qu'elles moudraient à partir du kav, et la pâte se trouve consommer à partir du kor comme elle consommerait à partir du kav.

📜 Rachi (2)
פַּרְנָסָתוֹ בְּבַת אַחַת פַּרְנָסַת כָּל הַשָּׁנָה וְטוֹחֵן אוֹתָהּ בְּיַחַד:
Sa subsistance en une seule fois — la subsistance de toute l'année, qu'il moud d'un seul coup.
נִמְצֵאת רֵחַייִם בְּמַה שֶׁאוֹכֶלֶת מִן הַכּוֹר כו' שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ שֶׁמִּשְׁתַּייֵּר מִן הַקֶּמַח בְּרֵחַייִם וְכֵן כְּשֶׁהַגְּשָׁמִים יוֹרְדִין מְרֻובִּים וּמַרְבִּיעִין אֶת הָאָרֶץ וּמַה שֶׁהָיוּ טְרָשִׁים בּוֹלְעִים מִן הָרֹוב בּוֹלְעִין מִן הַמִּיעוּט וּמַה שֶׁהָרוּחַ מְנַשֶּׁבֶת וּבוֹלַעַת מִן הָרֹוב בּוֹלַעַת מִן הַמִּיעוּט:
Les meules se trouvent... ce qu'elles consomment à partir du kor, etc. — car il reste toujours de la farine dans les meules. De même, lorsque les pluies tombent en abondance et abreuvent la terre : ce que les rochers absorbaient de la grande quantité, ils l'absorbent de la petite, et ce que le vent emporte de la grande quantité, il l'emporte de la petite.
💡 Explication

La deuxième parabole porte sur la quantité. Le raisonnement repose sur une observation de meunier : la perte de mouture est à peu près fixe, quelle que soit la quantité engagée. Un kor vaut cent quatre-vingts kav ; moudre un kor d'un seul coup laisse donc dans la meule la même perte qu'un seul kav.

Rachi transpose : ce que les rochers boivent et ce que le vent emporte est un prélèvement à peu près constant. Sur une pluie abondante il compte pour peu ; sur une pluie rare il emporte presque tout.

13
שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מוּעָטִין לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ מְעַט מְעַט, נִמְצְאוּ רֵיחַייִם מַה שֶׁטּוֹחֲנוֹת מִן הַכֹּור טוֹחֲנוֹת מִן הַקַּב. נִמְצֵאת עִיסָּה כַּמָּה שֶׁנֶּאֱכֶלֶת מִן הַכֹּור אוֹכֶלֶת מִן הַקַּב.

À quoi ressemble une année dont les pluies sont rares ? À un serviteur à qui son maître a donné sa subsistance peu à peu : les meules se trouvent moudre à partir du kav ce qu'elles moudraient à partir du kor ; la pâte se trouve consommer à partir du kav autant qu'elle consommerait à partir du kor.

📜 Rachi (1)
נִמְצֵאת עִיסָּה עֲרֵיבָה שֶׁלָּשִׁין בָּהּ אֶת הַבָּצֵק שֶׁמִּשְׁתַּיֵּיר בְּשׁוּלֶיהָ מִן הָעִיסָּה אַף גְּשָׁמִים כְּשֶׁיּוֹרְדִין מְעַט מְעַט נִבְלָעִין בִּטְרָשֵׁי' וְאֵין מַרְבִּיעִין אֶת הָאָרֶץ:
La pâte se trouve — le pétrin dans lequel on pétrit la pâte, où il reste toujours de la pâte au fond. De même les pluies : lorsqu'elles tombent peu à peu, elles sont absorbées par les rochers et n'abreuvent pas la terre.
💡 Explication

Le versant négatif de la même observation. Livrée en petites fractions, la ration subit à chaque passage la perte entière : ce qu'on aurait perdu une fois sur un kor se perd désormais sur chaque kav. La pluie distribuée goutte à goutte est bue par la roche avant d'avoir atteint la terre.

14
דָּבָר אַחֵר: בִּזְמַן שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מְרֻובִּין לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְאָדָם שֶׁמְּגַבֵּל אֶת הַטִּיט, אִם יֵשׁ לוֹ מַיִם רַבִּים — מַיִם אֵינָן כָּלִין, וְהַטִּיט מְגֻובָּל יָפֶה. אִם יֵשׁ לוֹ מַיִם מוּעָטִין — מַיִם כָּלִים, וְהַטִּיט אֵינוֹ מִתְגַּבֵּל יָפֶה.

Autre explication : à quoi ressemble une année dont les pluies sont abondantes ? À un homme qui pétrit l'argile.

S'il a beaucoup d'eau, l'eau ne s'épuise pas et l'argile est bien pétrie ; s'il n'a que peu d'eau, l'eau s'épuise et l'argile n'est pas bien pétrie.

📜 Rachi (1)
ה"ג מֵימָיו מְרֻובִּין אֵינָן כָּלִין וְטִיט מִתְגַּבֵּל יָפֶה מֵימָיו מוּעָטִין הַטִּיט אֵינוֹ מִתְגַּבֵּל יָפֶה מַיִם אֵינָן כָּלִין וְיוּכְלוּ לְגַבֵּל טִיט הַרְבֵּה כַּמָּה שֶׁיִּרְצֶה:
Telle est la leçon : « ses eaux sont abondantes, elles ne s'épuisent pas et l'argile est bien pétrie ; ses eaux sont rares, l'argile n'est pas bien pétrie » — les eaux ne s'épuisent pas et l'on peut pétrir autant d'argile qu'on veut.
💡 Explication

La quatrième image reprend le même point sous une autre forme. Le pétrisseur d'argile perd de l'eau par absorption et par évaporation à chaque étape ; avec une réserve large, cette perte ne se voit pas, avec une réserve courte, elle arrête le travail avant la fin.

🖼️ Schéma
Les quatre paraboles de Rabbi Elazar ben Perata Deux désordres distincts : le moment de la pluie, puis sa répartition. 1. Le moment : la ration du serviteur Reçue le dimanche : pâte cuite comme il faut. Reçue la veille de chabbat : cuite dans l'urgence. 2. En une fois : les meules La perte de mouture est fixe. Sur un kor entier elle pèse autant que sur un seul kav. 3. Peu à peu : le pétrin Chaque petite quantité laisse au fond du pétrin la même perte : rien n'arrive à la terre. 4. L'argile à pétrir Eau large : elle ne s'épuise pas, l'argile se lie. Eau courte : elle s'épuise, l'argile reste sèche.
La même perte fixe explique les trois dernières images : elle ruine une petite quantité et se laisse absorber par une grande.
15
תָּנוּ רַבָּנַן: פַּעַם אַחַת עָלוּ כָּל יִשְׂרָאֵל לָרֶגֶל לִירוּשָׁלַיִם, וְלֹא הָיָה לָהֶם מַיִם לִשְׁתּוֹת. הָלַךְ נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן אֵצֶל הֶגְמוֹן אֶחָד, אָמַר לוֹ: הַלְוֵינִי שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה מַעֲייָנוֹת מַיִם לְעוֹלֵי רְגָלִים, וַאֲנִי אֶתֵּן לָךְ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה עֵינֹות מַיִם. וְאִם אֵינִי נוֹתֵן לְךָ — הֲרֵינִי נוֹתֵן לָךְ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה כִּכַּר כֶּסֶף, וְקָבַע לוֹ זְמַן.

Nos maîtres ont enseigné : une fois, tout Israël monta en pèlerinage à Jérusalem, et il n'y avait pas d'eau à boire. Nakdimon ben Gourion alla trouver un certain hégémon et lui dit : prête-moi douze sources d'eau pour les pèlerins, et je te donnerai douze sources d'eau ; et si je ne te les donne pas, je te donnerai douze talents d'argent.

Et il lui fixa un terme.

📜 Rachi (2)
נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן עָשִׁיר גָּדוֹל הָיָה:
Nakdimon ben Gourion — c'était un très grand riche.
וַאֲנִי אֶתֵּן לְךָ י"ב מַעְיָינוֹת מַיִם כְּלוֹמַר שֶׁיָּרְדוּ גְּשָׁמִים וְיִתְמַלְּאוּ כָּל הַמַּעְיָינוֹת מַיִם אוֹתָן מַעְייָנוֹת לֹא הָיוּ נוֹבְעִין מַיִם כָּל כָּךְ וְאֵינָן מִתְמַלְּאִין מֵאֵילֵיהֶן כִּשְׁאָר מַעְיָינוֹת:
Et je te donnerai douze sources d'eau — c'est-à-dire que la pluie tombera et que toutes les sources se rempliront d'eau ; car ces sources-là ne coulaient pas beaucoup et ne se remplissaient pas d'elles-mêmes comme les autres sources.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְאִם לָאו, הֲרֵינִי נוֹתֵן לָךְ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה כִּכָּרִי כֶּסֶף. מִן הַשָּׁמַיִם נִתְגַּלְגֵּל הַדָּבָר שֶׁעָשָׂה הַמִּקָּח בְּכֶסֶף שֶׁהוּא רַחֲמִים וְלֹא בְּזָהָב שֶׁהוּא דִּין לְסִימָן טוֹב שֶׁיַּצְלִיחַ אַחַר כָּךְ בָּזֶה. וּכְעֵין זֶה אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בְּעִנְיַן הַמָּן שֶׁקָּנָה בְּכֶסֶף וְלֹא בְּזָהָב. וְדַע דְּמַעְיָנוֹת אֵלּוּ אַף עַל גַּב דְּקָרֵי לָהֶם מַעְיָנוֹת הוּא לָשׁוֹן מֻושְׁאָל דַּעֲשׂוּיִים כְּמוֹ הַמַּעְיָנוֹת אַךְ בֶּאֱמֶת הֵם מֵי גְּשָׁמִים שֶׁמְּכֻונָּסִים בְּבוֹרוֹת.
« Et sinon, je te donnerai douze talents d'argent. » Du Ciel la chose fut ainsi amenée : il conclut le marché en argent (kessef), qui relève de la mesure de rahamim, la miséricorde, et non en or, qui relève de la mesure de din, la rigueur — signe favorable de la réussite qui allait suivre. Nos maîtres de mémoire bénie ont dit quelque chose de semblable au sujet de Haman, qui acheta avec de l'argent et non avec de l'or. Et sache que ces « sources », bien qu'on les appelle ainsi, le sont par emprunt de langage : elles étaient aménagées à la manière de sources, alors qu'en vérité il s'agissait d'eaux de pluie rassemblées dans des citernes.
💡 Explication

Le folio s'achève sur un récit. Jérusalem manque d'eau au moment où la foule des pèlerins y monte pour la fête. Nakdimon ben Gourion, un des grands riches de la ville, emprunte à un officier non juif, l'hégémon, douze réserves d'eau pour la foule.

L'engagement est double : rendre la même eau, ou payer douze talents d'argent. Rachi souligne l'audace du montage : ces réserves ne se remplissent que par la pluie, et Nakdimon gage donc son argent sur une pluie qui n'est pas encore tombée.

16
כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ הַזְּמַן וְלֹא יֵרְדוּ גְּשָׁמִים, בְּשַׁחֲרִית שָׁלַח לוֹ: שַׁגֵּר לִי אוֹ מַיִם אוֹ מָעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בְּיָדְךָ. שָׁלַח לוֹ: עֲדַיִין יֵשׁ לִי זְמַן, כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ שֶׁלִּי הוּא. בַּצָּהֳרַייִם שָׁלַח לוֹ: שַׁגֵּר לִי אוֹ מַיִם אוֹ מָעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בְּיָדְךָ. שָׁלַח לוֹ: עֲדַייִן יֵשׁ לִי שְׁהוּת בַּיּוֹם. בְּמִנְחָה שָׁלַח לוֹ: שַׁגֵּר לִי מַיִם אוֹ מָעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בְּיָדְךָ. שָׁלַח לוֹ: עֲדַיִין יֵשׁ לִי שְׁהוּת בַּיּוֹם. לִגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ הֶגְמוֹן, אָמַר: כָּל הַשָּׁנָה כֻּולָּהּ לֹא יָרְדוּ גְּשָׁמִים,

Le terme arriva sans qu'il fut tombé de pluie. Au matin, il lui envoya dire : envoie-moi ou l'eau ou l'argent que tu me dois.

Il lui répondit : j'ai encore du temps, toute la journée est à moi. À midi, il lui envoya dire : envoie-moi ou l'eau ou l'argent que tu me dois.

Il lui répondit : il me reste encore du temps dans la journée. À l'heure de minha, il lui envoya dire : envoie-moi l'eau ou l'argent que tu me dois.

Il lui répondit : il me reste encore du temps dans la journée. Cet hégémon se moqua de lui et dit : toute l'année il n'est pas tombé de pluie,

🪔 Ben Yehoyada (1)
בְּשַׁחֲרִית שָׁלַח לוֹ: שַׁגֵּר לִי אוֹ מַיִם אוֹ מָעוֹת. הָא דְּלָא הִמְתִּין עַד סוֹף הַיּוֹם, מִפְּנֵי שֶׁנִּתְפַּחֵד פֶּן בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם יִתְחַזֵּק בַּתְּפִלָּה בְּיוֹתֵר וְיָרְדוּ גְּשָׁמִים לְכָךְ שָׁלַח לוֹ דְּבָרִים אֵלּוּ לְצַעֲרוֹ כְּדֵי שֶׁיִּתְבַּלְבֵּל דַּעְתּוֹ מֵרֹוב הַצַּעַר וְלֹא יִתְפַּלֵּל בְּדַעַת צְלוּלָה וְאָז לֹא תַעֲשֶׂה תְּפִילָּתוֹ פֵּירוֹת לְהוֹרִיד גְּשָׁמִים. וְאָמַר לוֹ 'אוֹ מַיִם אוֹ מָעוֹת' הִקְדִּים מַיִם שֶׁהֶרְאָה טְלָפִים לְהַרְאוֹת דְּהַמַּיִם חֲבִיבִין אֶצְלוֹ יוֹתֵר דְּהַלְוַאי שֶׁיָּרְדוּ גְּשָׁמִים וְלֹא יִצְטָרֵךְ נַקְדִּימוֹן לִיתֵּן מָעוֹת. וְנִכְנַס לְבֵית הַמֶּרְחָץ לִרְחֹוץ גּוּפוֹ בַּמַּיִם מִשִּׂמְחָתוֹ שֶׁשָּׂמַח בְּרִיוַּח שֶׁהִרְוִיחַ בַּמַּיִם אַךְ נַקְדִּימוֹן נִכְנַס לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ שֶׁשָּׁם עוֹשִׂים יִשְׂרָאֵל שִׂמְחָה גְּדוֹלָה בְּנִיסּוּךְ הַמַּיִם כְּשִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה בְּחַג שֶׁתָּגִין מִצְוַת שִׂמְחָה זוֹ שֶׁעוֹשִׂין בַּמַּיִם לְבַטֵּל שִׂמְחַת הַגּוֹי הַזֶּה שֶׁחָשַׁב לִהְיוֹת מַרְוִיחַ מֵחֲמַת הַמַּיִם וְכֵן הָיָה.
« Au matin il lui envoya dire : envoie-moi ou l'eau ou l'argent. » S'il n'a pas attendu la fin de la journée, c'est qu'il craignait que ce jour-là Nakdimon ne se renforce davantage dans la prière et que la pluie ne tombe ; il lui envoya donc ces paroles pour l'affliger, afin que son esprit se trouble à force de peine et qu'il ne prie pas l'esprit clair, de sorte que sa prière ne porte pas de fruit et ne fasse pas descendre la pluie. Et s'il lui dit « ou l'eau ou l'argent », en plaçant l'eau en premier, c'est qu'il montrait ses sabots, à la manière du porc qui exhibe ses sabots fendus, pour faire croire que l'eau lui était plus chère : plût au Ciel que la pluie tombe et que Nakdimon n'ait pas à donner d'argent. Puis il entra à l'établissement de bains pour laver son corps dans l'eau, dans la joie du gain qu'il faisait grâce à l'eau ; tandis que Nakdimon entrait au Temple, où Israël célèbre une grande joie lors de la libation de l'eau, comme la joie de Beth haChoéva pendant la fête, afin que le mérite de cette mitsva de joie accomplie avec de l'eau annule la joie de ce non-Juif qui pensait gagner grâce à l'eau. Et il en fut ainsi.
💡 Explication

Le récit est construit sur les trois moments de la journée qui sont aussi les trois heures de prière : le matin, midi, et l'heure de minha. À chaque relance, Nakdimon répond par le droit strict du débiteur, qui dispose du jour entier jusqu'à la tombée de la nuit.

Le Ben Ich Haï lit ces relances comme une manœuvre : troubler l'esprit de Nakdimon pour l'empêcher de prier avec clarté. La suite du récit se trouve au début de 20a.

🖼️ Schéma
Le jour du terme : trois relances de l'hégémon lever du jour tombée de la nuit Au matin Envoie l'eau ou l'argent. Réponse : toute la journée est à moi. À midi Même demande. Réponse : il me reste du temps. À l'heure de minha Même demande. Réponse : il me reste du temps. L'hégémon se moque Toute l'année il n'est pas tombé de pluie : la suite du récit se lit au début de 20a.
Chaque relance tombe à une heure de prière, et la réponse reste la même : le jour n'est pas fini.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).