Taanit 26a — Fin du chapitre des jeûnes, puis le quatrième perek : birkat cohanim quatre fois par jour, les maamadot et les neuf temps du bois

Taanit 26a

Sougya : Le folio achève la discussion de 25b sur le Hallel HaGadol : on ne le dit que sur une âme rassasiée, d'où l'objection tirée de Rav Papa à Mehoza, résolue par le fait que l'ivresse y était courante. Le chapitre se clôt, et le quatrième perek s'ouvre sur la Michna : à trois époques de l'année — les jeûnes publics, les maamadot et Yom Kippour — les cohanim bénissent quatre fois dans la journée.

La Michna explique ensuite ce que sont les maamadot : le tamid étant l'offrande de tout Israël, et tout Israël ne pouvant se tenir auprès d'elle, les premiers prophètes ont institué vingt-quatre michmarot avec, pour chacune, un maamad de cohanim, de leviim et d'Israélites. Suivent le calendrier de leurs jeûnes, leurs lectures du récit de la Création, la mahloket de Rabbi Akiva et de Ben Azzai sur la prière que l'offrande du jour écarte, la liste des neuf temps du don du bois, et l'ouverture de la Michna des cinq malheurs du dix-sept tamouz et du neuf av.

Les trois époques où les cohanim bénissent quatre fois dans la journée Les quatre prières : chaharit — moussaf — minha — néilat chearim La néila (fermeture des portes) est la quatrième ; c'est elle qui fait passer de trois bénédictions à quatre. 1. Les jeûnes publics Jeûnes décrétés pour la pluie, ceux du troisième rang du traité. On y priait la néila comme à Yom Kippour. 2. Les maamadot Les hommes du maamad jeûnent du lundi au jeudi. Ils se tiennent auprès de l'offrande de leurs frères. 3. Yom Kippour Le jour où la néila est la règle de toute l'année. Les deux premières époques s'y calquent. Point commun : un jour de jeûne. La néila est la prière de la fermeture — des portes du Temple selon certains, des portes du Ciel selon d'autres. La Guemara du folio suivant discutera si moussaf et néila comportent vraiment la bénédiction.
La Michna d'ouverture du quatrième perek : trois époques, quatre bénédictions par jour.
Le système des vingt-quatre michmarot et des maamadot Point de départ : le tamid est acheté avec les chekalim de tout Israël. Il faudrait donc que chacun se tienne auprès de son offrande — matériellement impossible. Institution des premiers prophètes (Chemouel et David) : 24 michmarot Montent à Jérusalem Cohanim du michmar : le service de l'autel. Leviim du michmar : le chant. Une semaine de service. Le maamad de Jérusalem Cohanim, leviim, Israélites fixés dans la ville. Ils se tiennent auprès de l'offrande de leurs frères. Ils représentent le public. Les Israélites restés au pays Se rassemblent dans leurs villes, lisent le maasse berechit. Jeûnent du lundi au jeudi, quatre jours sur la semaine. Prière : que l'offrande soit agréée. Israël est divisé en 24 maamadot qui correspondent aux 24 michmarot : chaque semaine de service a son groupe de représentants. Le mot maamad vient de amad, se tenir debout : se tenir auprès de l'offrande, de près ou de loin.
Du problème (l'offrande de tout Israël) à l'institution : michmarot, maamad de Jérusalem, lecture et jeûne dans les villes.
Quelle prière l'événement du jour écarte-t-il ? Rabbi Akiva et Ben Azzai Ce que le jour comporte Rabbi Akiva (1re version) Ben Azzai / R. Yehochoua Hallel (ex. 'Hanouka) Pas de maamad à chaharit Non discuté : même règle Offrande de moussaf Pas de néila Pas de minha Offrande de bois Pas de minha Pas de néila Les deux positions inversent les deux dernières lignes : le raisonnement porte sur le moment où les gens du maamad sont occupés. Selon Rachi, l'offrande de bois précède minha et écarte donc la prière voisine ; le moussaf, plus lourd, occupe jusqu'à la néila. Conclusion de la Michna : Rabbi Akiva est revenu enseigner comme Ben Azzai.
La mahloket de la Michna et sa résolution : chaque offrande écarte la prière que son service recouvre.
1
אֶלָּא עַל נֶפֶשׁ שְׂבֵעָה וְכָרֵס מְלֵאָה. אֵינִי? וְהָא רַב פָּפָּא אִיקְּלַע לְבֵי כְּנִישְׁתָּא דַּאֲבִי גוֹבָר וּגְזַר תַּעֲנִית, וְיָרְדוּ לָהֶם גְּשָׁמִים עַד חֲצוֹת, וְאָמַר [לָהֶם: אִמְרוּ] הַלֵּל וְאַחַר כָּךְ אִכְלוּ וּשְׁתוּ! שָׁאנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא, דִּשְׁכִיחֵי בְּהוּ שִׁכְרוּת.

... que sur une âme rassasiée et un ventre plein. Est-ce ainsi ?

Or Rav Papa se trouva à la synagogue d'Abi Gover et décréta un jeûne, et la pluie tomba pour eux avant hatsot (midi) ; il leur dit : dites le Hallel — et ce n'est qu'ensuite qu'ils mangèrent et burent ! [Réponse :] les gens de Mehoza sont un cas à part, car l'ivresse est courante chez eux.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא בְּנֶפֶשׁ שִׁבְעָה מִתּוֹךְ שֶׁכָּתוּב בּוֹ נֹותֵן לֶחֶם לְכָל בָּשָׂר (תְּהִילִּים קל״ו:כ״ה) נָאֶה לְהֵאָמֵר עַל הִשָּׁבַע:
Puisqu'il y est écrit « Il donne du pain à toute chair » (Tehilim 136, 25), il convient de le dire lorsqu'on est rassasié.
דַּאֲבִי גּוֹבֵר שֵׁם אָדָם אוֹ מָקוֹם:
Nom d'un homme ou d'un lieu.
דִּשְׁכִיחַ בְּהוּ יַיִן וְשִׁכְרוּת וּפָשְׁעִי וְלֹא יֹאמְרוּ הַלֵּל:
Le vin et l'ivresse sont courants chez eux ; ils se négligeraient et ne diraient pas le Hallel.
🗂️ Tossefot (1)
שָׁאנֵי בְּנֵי מָחוֹזָא דִּשְׁכִיחִי בְּהוּ שִׁכְרוּת. וּלְהָכִי הָיוּ אוֹמְרִים הַלֵּל הַגָּדוֹל קֹודֶם שֶׁיֹּאכְלוּ וְיִשְׁתּוּ וּבִפְסוּקֵי דְּזִמְרָה נוֹהֲגִין לוֹמַר שַׁחֲרִית וְדַוְוקָא בִּפְסוּקֵי דְּזִמְרָה קֹודֶם הַתְּפִלָּה אֲבָל בִּשְׁעַת תְּפִלָּה אֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ אֶלָּא בְּנֶפֶשׁ שִׁבְעָה וּבְכֶרֶס מְלֵאָה:
C'est pourquoi ils disaient le Hallel HaGadol avant de manger et de boire. Et dans les pessoukei dezimra, l'usage est de le dire le matin — précisément dans les pessoukei dezimra, avant la prière ; mais au moment de la prière, on ne le dit que sur une âme rassasiée et un ventre plein.
🪔 Ben Yehoyada (1)
לְפִי שֶׁאֵין אוֹמְרִים הַלֵּל הַגָּדוֹל אֶלָּא בְּנֶפֶשׁ שְׂבֵעָה, וְכָרֵס מְלֵאָה. נִרְאֶה לִי בס"ד נֶפֶשׁ שְׂבֵעָה מִן בֵּירוּר נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי בִּרְכוֹת הָאֲכִילָה וּמִן הָאֲכִילָה עַצְמָהּ, וְכָרֵס מְלֵאָה הֲנָאָה גַּשְׁמִית שֶׁל אֲכִילָה שֶׁהִיא הֲנָאַת הַגּוּף.
Il me semble, avec l'aide du Ciel, que l'âme rassasiée vient du birour (tri des étincelles) de sainteté qui s'opère par les bénédictions de la nourriture et par la nourriture elle-même, et que le ventre plein désigne le plaisir matériel du manger, qui est le plaisir du corps.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la fin d'une règle énoncée en 25b : le Hallel HaGadol (Tehilim 136) ne se dit que sur une nefech seveah, une âme rassasiée, et un ventre plein. La raison est donnée par Rachi : ce chapitre contient le verset « Il donne du pain à toute chair », et de tels mots se disent après avoir mangé. La conséquence pratique est que l'on rentre chez soi manger avant de le réciter.

L'objection vient d'un fait rapporté : Rav Papa avait décrété un jeûne, la pluie est tombée avant hatsot, et il a fait dire le Hallel immédiatement, le repas venant après. La réponse ne conteste pas la règle : elle isole le cas. À Mehoza, ville où l'on buvait beaucoup, envoyer les gens manger d'abord risquait de les rendre incapables de prier.

🖼️ Schéma
Hallel HaGadol : la règle et le cas de Mehoza La règle générale La pluie tombe avant hatsot. 1. On rentre manger et boire. 2. Puis on dit le Hallel HaGadol, sur une âme rassasiée. Mehoza, chez Rav Papa La pluie tombe avant hatsot. 1. On dit le Hallel tout de suite. 2. Puis on mange et on boit. Motif : l'ivresse y est courante. La réponse ne change pas la règle : elle retire Mehoza du cas général, où le repas ne compromet pas la prière.
L'ordre repas / Hallel, et pourquoi il s'inverse à Mehoza.
2
הֲדַרַן עֲלָךְ סֵדֶר תַּעֲנִיּוֹת אֵלּוּ

Hadran alakh — nous reviendrons vers toi, chapitre « Seder taaniot elou » (l'ordre de ces jeûnes).

💡 Explication

Formule de clôture du troisième chapitre. Le quatrième perek, qui commence au segment suivant, quitte les jeûnes décrétés pour la pluie et traite des trois époques où la bénédiction des cohanim est dite quatre fois dans la journée.

3
בִּשְׁלשָׁה פְּרָקִים בַּשָּׁנָה כֹּהֲנִים נוֹשְׂאִין אֶת כַּפֵּיהֶן אַרְבַּע פְּעָמִים בַּיּוֹם; בְּשַׁחֲרִית, בְּמוּסָף, בְּמִנְחָה, וּבִנְעִילַת שְׁעָרִים: בְּתַעֲנִיּוֹת, וּבְמַעֲמָדוֹת, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים.

MICHNA. À trois époques de l'année, les cohanim élèvent leurs mains quatre fois dans la journée : à chaharit, à moussaf, à minha et à la néilat chearim (fermeture des portes) — lors des jeûnes, lors des maamadot, et le jour de Kippour.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' בִּשְׁלֹשָׁה פְּרָקִים בְּמוּסָף מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
C'est expliqué dans la Guemara.
נְעִילַת שְׁעָרִים מְפֹורָשׁ בִּבְרָכוֹת יְרוּשַׁלְמִי בְּפֶרֶק תְּפִלַּת הַשַּׁחַר אֵימָתַי נְעִילָה יֵשׁ אוֹמְרִים נְעִילַת שַׁעֲרֵי מִקְדָּשׁ וי"א נְעִילַת שַׁעֲרֵי שָׁמַיִם שֶׁנּוֹעֲלִים אוֹתָן לְעֵת עֶרֶב בִּגְמַר תְּפִלָּה וְנוֹהֲגִין הָיוּ לְהִתְפַּלֵּל תְּפִלַּת נְעִילָה בְּכָל תַּעֲנִיתָם כְּדֶרֶךְ שֶׁמִּתְפַּלְּלִין ביוהכ"פ:
C'est exposé dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot, chapitre Tefilat hachahar : quand à lieu la néila ? Certains disent la fermeture des portes du Temple, d'autres la fermeture des portes du Ciel, que l'on ferme au soir à la fin de la prière. Et l'usage était de prier la tefila de néila à chacun de leurs jeûnes, comme on la prie à Yom Kippour.
⚖️ Rosh (1)
בִּשְׁלֹשָׁה פְּרָקִים בַּשָּׁנָה הַכֹּהֲנִים נוֹשְׂאִים אֶת כַּפֵּיהֶם (כָּל זְמַן שֶׁמִּתְפַּלְּלִין) אַרְבָּעָה פְּעָמִים בַּיּוֹם בְּשַׁחֲרִית בַּמּוּסָף בְּמִנְחָה בִּנְעִילַת שְׁעָרִים בְּתַעֲנִיּוֹת וּבְמַעֲמָדוֹת וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים:
À trois époques de l'année, les cohanim élèvent leurs mains (chaque fois que l'on prie) quatre fois dans la journée : à chaharit, à moussaf, à minha, à la néilat chearim — lors des jeûnes, lors des maamadot, et le jour de Kippour.
💡 Explication

« Élever les mains » désigne la birkat cohanim. La Michna ne dit pas que ces jours comportent quatre prières et donc quatre bénédictions par accident : elle les groupe parce qu'ils ont en commun le jeûne, qui ajoute la néila aux trois prières ordinaires.

Le sens de néilat chearim est déjà discuté chez les Amoraim de Terre d'Israël, que Rachi cite : les portes fermées sont celles du Temple pour les uns, celles du Ciel pour les autres. La Guemara du folio suivant demandera si la bénédiction a vraiment lieu à moussaf et à la néila.

4
אֵלּוּ הֵן מַעֲמָדוֹת. לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי״, וְכִי הֵיאַךְ קָרְבָּנוֹ שֶׁל אָדָם קָרֵב וְהוּא אֵינוֹ עוֹמֵד עַל גַּבָּיו?

Voici ce que sont les maamadot. Puisqu'il est dit : « Ordonne aux enfants d'Israël... mon offrande, mon pain » (Bamidbar 28, 2) — or comment l'offrande d'un homme peut-elle être offerte alors qu'il ne se tient pas auprès d'elle ?

📜 Rachi (2)
אֵלּוּ הֵן מַעֲמָדוֹת הַמִּתְעַנִּין מִתְפַּלְּלִין בְּעָרֵיהֶם שֶׁיִּתְקַבֵּל בִּרְצוֹן קָרְבַּן אֲחֵיהֶם כְּדִלְקַמָּן:
Ceux qui jeûnent prient dans leurs villes pour que l'offrande de leurs frères soit agréée, comme il est dit plus loin.
לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ' שֶׁהַתָּמִיד בָּא מִן הַשְּׁקָלִים שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל וְאִי אֶפְשָׁר שֶׁיְּהוּ כָּל יִשְׂרָאֵל עוֹמְדִין עַל גַּבֵּי קָרְבָּנָם וּמִינּוּ מַעֲמָדוֹת לִהְיוֹת בִּמְקוֹמָם:
Car le tamid provient des chekalim de tout Israël, et il est impossible que tout Israël se tienne auprès de son offrande ; on a donc désigné les maamadot pour tenir leur place.
💡 Explication

Le mot maamad vient de amad, se tenir debout. La Michna part d'un raisonnement : le verset appelle le tamid « mon offrande », adressée à l'ensemble des enfants d'Israël, et le sacrifice est financé par les chekalim de tous. Chacun en est donc propriétaire.

De là la difficulté : le propriétaire d'une offrande se tient auprès d'elle quand elle est offerte, et le peuple entier ne peut se trouver à Jérusalem chaque jour. L'institution des maamadot est la réponse à cette difficulté : des représentants se tiennent pour tous, sur place et dans les villes.

🖼️ Schéma
Le raisonnement qui produit les maamadot Verset : "Ordonne aux enfants d'Israël... mon offrande, mon pain" (Bamidbar 28, 2). Le tamid est acheté avec les chekalim de tous : c'est l'offrande de chaque membre du peuple. Difficulté : le propriétaire devrait se tenir auprès de son offrande — tout Israël ne peut pas être à Jérusalem. Réponse : des maamadot sont désignés pour se tenir à la place de tous, à Jérusalem et dans les villes.
Du verset à l'institution : les quatre étapes du raisonnement de la Michna.
5
הִתְקִינוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מִשְׁמָרוֹת, עַל כָּל מִשְׁמָר וּמִשְׁמָר הָיָה מַעֲמָד בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁל כֹּהֲנִים שֶׁל לְוִיִּם וְשֶׁל יִשְׂרְאֵלִים.

Les premiers prophètes instituèrent vingt-quatre michmarot (tours de service) ; pour chaque michmar il y avait à Jérusalem un maamad de cohanim, de leviim et d'Israélites.

📜 Rachi (3)
נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים שְׁמוּאֵל וְדָוִד בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ:
Chemouel et David ; la Guemara l'explique.
עַל כָּל מִשְׁמָר אַרְבָּעָה וְעֶשְׂרִים מִשְׁמָרוֹת שֶׁל כֹּהֲנִים הָיוּ וּשְׁמוּאֵל וְדָוִד תִּיקְּנוּם וְעַל כָּל מִשְׁמָר הָיָה מַעֲמָד בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁקִּבּוּעִין וְעוֹמְדִין בָּעִיר וְעוֹמְדִין עַל קָרְבַּן אֲחֵיהֶם וּלְבַד אֵלּוּ הַדָּרִים בִּירוּשָׁלַיִם הָיוּ מַעֲמָדוֹת בְּכָל עִיר שֶׁיִּשְׂרָאֵל נֶחְלְקוּ לכ"ד מַעֲמָדוֹת כְּנֶגֶד אַרְבָּעָה וְעֶשְׂרִים מִשְׁמָרוֹת כִּדְתַנְיָא בַּבָּרַיְיתָא שֶׁל מ"ט מִדּוֹת וְהַייְנוּ דִּתְנַן הָיָה מַעֲמָד בִּירוּשָׁלַיִם כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים:
Il y avait vingt-quatre michmarot de cohanim, que Chemouel et David instituèrent, et pour chaque michmar il y avait un maamad à Jérusalem : des hommes fixés qui demeuraient dans la ville et se tenaient auprès de l'offrande de leurs frères. Et outre ceux qui habitaient Jérusalem, il y avait des maamadot dans chaque ville, car Israël fut divisé en vingt-quatre maamadot correspondant aux vingt-quatre michmarot, comme il est enseigné dans la Baraita des quarante-neuf mesures ; et c'est ce que nous avons appris : il y avait à Jérusalem un maamad de cohanim, de leviim et d'Israélites.
כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם שֶׁל מִשְׁמָר הָיוּ עוֹלִים בִּירוּשָׁלַיִם כֹּהֲנִים לַעֲבוֹדָה וּלְוִיִּם לְשִׁיר וּמִכָּל הַמַּעֲמָדוֹת הָיוּ קְבוּעִין בִּירוּשָׁלַיִם לַעֲמֹוד עַל קָרְבַּן אֲחֵיהֶם:
Les cohanim et les leviim du michmar montaient à Jérusalem, les cohanim pour le service et les leviim pour le chant ; et de tous les maamadot, certains étaient fixés à Jérusalem pour se tenir auprès de l'offrande de leurs frères.
🪔 Ben Yehoyada (1)
הִתְקִינוּ נְבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע מִשְׁמָרוֹת וְכוּ'.. בָּזֶה יוּבָן וְשַׂמְתִּי כַּדְכֹד שֶׁמִּשְׁתְּיָךְ (יְשַׁעְיָהוּ נד, יב) שֶׁיָּאִירוּ לָכֶם כ"ד וכ"ד, נִמְצָא כ"ד מַעֲמָדוֹת הֵם מִתְפַּלְּלִים בְּעַד יִשְׂרָאֵל וְקוֹרִין בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית שֶׁהִיא תְּהִלָּתוֹ יִתְבָּרֵךְ. וּבָזֶה יוּבָן (תְּהִלִּים עַד, כא) אַל יָשֹׁב דַּךְ נִכְלָם , הֵם כ"ד מַעֲמָדוֹת אֲשֶׁר מִתְפַּלְּלִין בְּעַד יִשְׂרָאֵל, וְגַם אֵלּוּ שֶׁהֵם עָנִי וְאֶבְיוֹן יְהַלְלוּ שְׁמֶךָ בִּקְרִיאַת מַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית, שֶׁבָּהֶם יִתְגַּדֵּל וְיִתְהַלָּל שִׁמְךָ בִּבְרִיאַת עוֹלָמְךָ:
Par cela se comprend « je ferai tes créneaux de kadkod » (Yechayahou 54, 12) : qu'ils brillent pour vous, kaf-dalet et kaf-dalet, vingt-quatre et vingt-quatre. Il se trouve donc que vingt-quatre maamadot prient pour Israël et lisent le récit de la Création, qui est Sa louange. Et par cela se comprend « que l'opprimé ne s'en retourne pas confondu ; que le pauvre et l'indigent louent Ton nom » (Tehilim 74, 21) : ce sont les vingt-quatre maamadot qui prient pour Israël ; et ceux-là mêmes qui sont pauvre et indigent loueront Ton nom par la lecture du récit de la Création, par laquelle Ton nom est magnifié et loué dans la création de Ton monde.
💡 Explication

Le système comporte deux étages. Les michmarot sont les tours de service des cohanim, au nombre de vingt-quatre, chacun servant environ une semaine. En face de chaque michmar, un maamad : un groupe de représentants du peuple, composé de cohanim, de leviim et d'Israélites.

Rachi ajoute une précision importante : le maamad existe à deux endroits en même temps. Une partie se tient physiquement à Jérusalem auprès de l'offrande, le reste se rassemble dans les villes. C'est cette seconde partie dont la Michna décrira ensuite les jeûnes et les lectures.

6
הִגִּיעַ זְמַן הַמִּשְׁמָר לַעֲלוֹת, כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם עוֹלִים לִירוּשָׁלַיִם, וְיִשְׂרָאֵל שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר מִתְכַּנְּסִין לְעָרֵיהֶן, וְקוֹרְאִין בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית. וְאַנְשֵׁי הַמַּעֲמָד הָיוּ מִתְעַנִּין אַרְבָּעָה יָמִים בַּשָּׁבוּעַ מִיּוֹם שֵׁנִי וְעַד יוֹם חֲמִישִׁי. וְלֹא הָיוּ מִתְעַנִּין עֶרֶב שַׁבָּת — מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת, וְלֹא בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת — כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵצְאוּ מִמְּנוּחָה וְעֹונֶג לִיגִיעָה וְתַעֲנִית וְיָמוּתוּ.

Quand venait pour le michmar le temps de monter, les cohanim et les leviim montaient à Jérusalem, et les Israélites de ce michmar se rassemblaient dans leurs villes et lisaient le récit de la Création. Et les hommes du maamad jeûnaient quatre jours dans la semaine, du lundi au jeudi.

Ils ne jeûnaient pas la veille de Chabbat — par égard pour le Chabbat — ni le dimanche, pour ne pas passer du repos et du délice à la fatigue et au jeûne, et en mourir.

📜 Rachi (2)
וְהַשְּׁאָר הָיוּ מִתְכַּנְּסִין לְעָרֵיהֶם וּמִתְפַּלְּלִין עַל קָרְבַּן אֲחֵיהֶם שֶׁיִּתְקַבֵּל בְּרָצוֹן וּמִתְעַנִּין וּמוֹצִיאִין סֵפֶר תּוֹרָה בְּיוֹם תַּעֲנִיתָם:
Et les autres se rassemblaient dans leurs villes — et priaient pour que l'offrande de leurs frères soit agréée ; ils jeûnaient et sortaient un sefer Torah le jour de leur jeûne.
וְקוֹרִין בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
La Guemara en explique la raison.
💡 Explication

Le calendrier du maamad est bâti par deux exclusions. La veille de Chabbat est écartée par égard pour le Chabbat : on ne veut pas entrer dans le Chabbat en état de jeûne. Le dimanche est écarté pour une raison d'ordre physique — le passage immédiat du repos et de la nourriture du Chabbat au jeûne est présenté comme un danger de mort.

Restent lundi, mardi, mercredi et jeudi, quatre jours. Le Chabbat lui-même n'entre évidemment pas en ligne de compte.

🖼️ Schéma
La semaine du maamad : quatre jours de jeûne Dimanche Pas de jeûne Lundi Jeûne Mardi Jeûne Mercredi Jeûne Jeudi Jeûne Vendredi Pas de jeûne Chabbat Pourquoi pas le vendredi Par égard pour le Chabbat : on n'entre pas dans le Chabbat à jeun. Pourquoi pas le dimanche Passer du repos et du délice au jeûne met la vie en danger.
Les deux exclusions qui laissent exactement quatre jours de jeûne.
7
בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן: בְּרֵאשִׁית, וַיְהִי רָקִיעַ. בַּשֵּׁנִי: יְהִי רָקִיעַ, וְיִקָּווּ הַמַּיִם. בַּשְּׁלִישִׁי: יְקַוּוּ הַמַּיִם, וַיְהִי מְאֵרַת. בָּרְבִיעִי: יְהִי מְאֵרַת, וְיִשְׁרְצוּ הַמַּיִם. בַּחֲמִישִׁי: יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם, וְתוֹצֵא הָאָרֶץ. בַּשִּׁשִּׁי: תּוֹצֵא הָאָרֶץ, וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם.

Le premier jour : Berechit et Yehi rakia. Le deuxième : Yehi rakia et Yikavou hamayim.

Le troisième : Yikavou hamayim et Yehi méorot. Le quatrième : Yehi méorot et Yichretsou hamayim.

Le cinquième : Yichretsou hamayim et Totsé haarets. Le sixième : Totsé haarets et Vayekhoulou hachamayim.

📜 Rachi (3)
בְּיוֹם הָרִאשׁוֹן שֶׁל שָׁבוּעַ:
Le premier jour — de la semaine.
קוֹרִין בְּרֵאשִׁית כו' פָּרָשָׁה רִאשׁוֹנָה וּפָרָשַׁת יְהִי רָקִיעַ לְפִי שֶׁאֵין בְּפָרָשַׁת בְּרֵאשִׁית לְבַדָּהּ תִּשְׁעָה פְּסוּקִים כְּדֵי קְרִיאַת כֹּהֵן לֵוִי יִשְׂרָאֵל וְכֵן כֻּולָּן:
On lit Berechit etc. — la première parachiya et la parachiya Yehi rakia, parce que la parachiya de Berechit à elle seule ne comporte pas neuf versets, ce qu'exige la lecture d'un cohen, d'un levi et d'un Israélite ; et il en va de même pour toutes.
בַּשִּׁשִּׁי וְתוֹצֵא הָאָרֶץ עַד וַיְכֻולּוּ לְפִי שֶׁבְּפָרָשַׁת תּוֹצֵא הָאָרֶץ אֵין בָּהּ אֶלָּא שְׁמוֹנָה פְּסוּקִים לְפִיכָךְ אוֹמֵר וַיְכֻולּוּ:
Le sixième jour, Totsé haarets jusqu'à Vayekhoulou — parce que la parachiya Totsé haarets ne comporte que huit versets, c'est pourquoi l'on ajoute Vayekhoulou.
💡 Explication

Chaque jour, on lit deux parachiyot du récit de la Création, et la seconde du jour redevient la première du lendemain : les lectures se chevauchent. La raison donnée par Rachi est arithmétique — il faut au moins neuf versets pour les trois montées (cohen, levi, Israélite), et aucune parachiya n'en compte assez à elle seule.

Le sixième jour fait exception au chevauchement : on termine par Vayekhoulou, qui n'appartient pas au jour suivant, parce que Totsé haarets ne compte que huit versets.

🖼️ Schéma
Les lectures du maasse berechit, jour par jour Jour Première parachiya Seconde parachiya Dimanche Berechit Yehi rakia Lundi Yehi rakia Yikavou hamayim Mardi Yikavou hamayim Yehi méorot Mercredi Yehi méorot Yichretsou hamayim Jeudi Yichretsou hamayim Totsé haarets Vendredi Totsé haarets Vayekhoulou (8 versets seulement)
Le chevauchement des lectures : la seconde parachiya d'un jour ouvre le jour suivant.
8
פָּרָשָׁה גְּדוֹלָה קוֹרִין אוֹתָהּ בִּשְׁנַיִם, וְהַקְּטַנָּה בְּיָחִיד. בְּשַׁחֲרִית וּבְמוּסָף. וּבַמִּנְחָה נִכְנָסִין וְקוֹרִין עַל פִּיהֶן, כְּקוֹרִין אֶת שְׁמַע. עֶרֶב שַׁבָּת בַּמִּנְחָה לֹא הָיוּ נִכְנָסִין — מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת.

Une grande parachiya, on la lit à deux ; une petite, un seul homme. À chaharit et à moussaf.

Et à minha, ils entrent et lisent de mémoire, comme on récite le Chema. La veille de Chabbat à minha, ils n'entraient pas — par égard pour le Chabbat.

📜 Rachi (2)
פָּרָשָׁה גְּדוֹלָה שֶׁבַּפָּרָשִׁיּוֹת הַלָּלוּ קוֹרִין אוֹתָהּ בִּשְׁנַיִם כְּגוֹן פָּרָשָׁה רִאשׁוֹנָה שֶׁל בְּרֵאשִׁית יֵשׁ בָּהּ חֲמִשָּׁה פְּסוּקִים הָיוּ קוֹרִין אוֹתָהּ בִּשְׁנַיִם כִּדְאָמְרִינַן בַּגְּמָרָא יְהִי רָקִיעַ בְּאֶחָד וּבַיּוֹם הַשֵּׁנִי יְהִי רָקִיעַ בְּאֶחָד יִקָּווּ בִּשְׁנַיִם שֶׁיֵּשׁ בָּהּ ה' פְּסוּקִים בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי יִקָּווּ בְּאֶחָד שֶׁאֵין בָּהּ אֶלָּא ה' פְּסוּקִים וַיְהִי מְאוֹרוֹת בִּשְׁנַיִם שֶׁיֵּשׁ בָּהּ ו' פְּסוּקִים:
Une grande parachiya — parmi ces parachiyot-ci, on la lit à deux. Ainsi la première parachiya de Berechit comporte cinq versets : on la lisait à deux, comme nous le disons dans la Guemara ; Yehi rakia par un seul. Le deuxième jour : Yehi rakia par un seul, Yikavou à deux, qui comporte cinq versets. Le troisième jour : Yikavou par un seul, car elle ne comporte que cinq versets, et Vayehi méorot à deux, qui comporte six versets.
וְקוֹרִין אוֹתָהּ עַל פִּיהֶן כָּל אֶחָד בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּבָעֵי בַּגְּמָרָא מַאי קָאָמַר מֵעִיקָּרָא קָתָנֵי פָּרָשָׁה קְטַנָּה כּוּ' דְּמַשְׁמַע דִּבְסֵפֶר תּוֹרָה קוֹרִין וַהֲדַר תְּנָא עַל פִּיהֶם. פָּרָשָׁה בִּנְעִילָה לֵיכָּא:
Et ils la lisent de mémoire — chacun pour soi. Et la Guemara demande : que dit-il ? Au départ il enseigne « une petite parachiya etc. », ce qui implique qu'ils lisent dans un sefer Torah, et ensuite il enseigne « de mémoire ». À la néila, il n'y a pas de parachiya.
💡 Explication

Trois règles se superposent. Le nombre de lecteurs dépend de la longueur de la parachiya. Le mode de lecture dépend de la prière : sur le sefer Torah a chaharit et à moussaf, de mémoire à minha. Et la veille de Chabbat, la réunion de minha est supprimée.

Rachi signale que la Guemara relèvera une tension dans la Michna : une parachiya lue par deux hommes suppose un sefer Torah, alors que la suite parle d'une lecture de mémoire. Le compte des versets rapporté ici par Rachi est d'ailleurs difficile à suivre à la lettre, et les éditions en discutent.

🖼️ Schéma
Qui lit, comment, à quelle prière Combien de lecteurs Grande parachiya : deux hommes. Petite parachiya : un seul. Sur quel support Chaharit et moussaf : le sefer Torah. Minha : de mémoire, comme le Chema. Veille de Chabbat à minha : ils n'entrent pas du tout — par égard pour le Chabbat. À la néila, il n'y a pas de lecture de parachiya (Rachi).
Les trois variables de la lecture du maamad : nombre de lecteurs, support, prière.
9
כָּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל — אֵין מַעֲמָד בְּשַׁחֲרִית, קָרְבַּן מוּסָף — אֵין בִּנְעִילָה, קָרְבַּן עֵצִים — אֵין בְּמִנְחָה. דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא.

Tout jour où il y a le Hallel — il n'y a pas de maamad à chaharit ; une offrande de moussaf — il n'y en a pas à la néila ; une offrande de bois — il n'y en a pas à minha. Telles sont les paroles de Rabbi Akiva.

📜 Rachi (3)
כָּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל אֵין בּוֹ מַעֲמָד שַׁחֲרִית אוֹתָן שֶׁהָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם לֹא הָיוּ מִתְפַּלְּלִין עַל קָרְבַּן אֲחֵיהֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל לְפִי שֶׁאֵין לָהֶן פְּנַאי לַעֲשׂוֹת מַעֲמָדָם שֶׁקּוֹרִין אֶת הַלֵּל וּמִפְּנֵי הַהַלֵּל הָיוּ דּוֹחִין אֶת הַמַּעֲמָד:
Tout jour où il y a le Hallel, il n'y a pas de maamad à chaharit — ceux qui se trouvaient à Jérusalem ne priaient pas sur l'offrande de leurs frères un jour où il y a le Hallel, parce qu'ils n'avaient pas le loisir de tenir leur maamad, occupés qu'ils étaient à lire le Hallel ; à cause du Hallel, ils repoussaient le maamad.
קָרְבַּן מוּסָף יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ קָרְבַּן מוּסַף בִּירוּשָׁלַיִם אֵין מַעֲמָד בִּנְעִילָה בִּירוּשָׁלַיִם וְכָל שֶׁכֵּן בְּמִנְחָה הַסְּמוּכָה לְמוּסָף לְפִי שֶׁהָיוּ טָרוֹדִין בְּמוּסָף שֶׁיֵּשׁ בּוֹ לְהַקְרִיב בְּהֵמוֹת יוֹתֵר מִתָּמִיד שֶׁהוּא אֶחָד אֵין לְךָ מוּסָף בְּלֹא שְׁתֵּי בְּהֵמוֹת וְלֹא הָיָה לָהֶם פְּנַאי כְּלָל שֶׁהַכֹּהֲנִים שֶׁל מַעֲמָד טְרוּדִים בְּמוּסָף וְיִשְׂרָאֵל שֶׁבָּהֶן הָיוּ טְרוּדִים לַחֲטֹוב עֵצִים וְלִשְׁאֹוב מַיִם וְדוֹחֶה אַפֵּי' מַעֲמָד דִּנְעִילָה:
Offrande de moussaf — un jour où il y a une offrande de moussaf à Jérusalem, il n'y a pas de maamad à la néila, et à plus forte raison à minha, qui est proche du moussaf, parce qu'ils étaient accaparés par le moussaf : il comporte plus de bêtes que le tamid, qui est unique, et tu ne trouveras pas de moussaf à moins de deux bêtes. Ils n'avaient donc aucun loisir, car les cohanim du maamad étaient accaparés par le moussaf et les Israélites du maamad étaient accaparés à couper le bois et à puiser l'eau ; cela repousse même le maamad de la néila.
קָרְבַּן עֵצִים בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ כְּגוֹן אֶחָד מט' זְמַנִּים וְאוֹתוֹ יוֹם שֶׁהָיָה בּוֹ קֻרְבַּן עֵצִים אֲפִילּוּ לֹא הָיָה בּוֹ מוּסָף הָיָה נִדְחֶה מַעֲמָד שֶׁל מִנְחָה מִפְּנֵי קָרְבַּן עֵצִים מִפְּנֵי שֶׁקָּרְבַּן עֵצִים קוֹדֵם לַמִּנְחָה וְדוֹחֶה מַעֲמָד הַסָּמוּךְ לוֹ [וְלֹא] שֶׁל נְעִילָה:
Offrande de bois — la Guemara l'explique : il s'agit par exemple de l'un des neuf temps, et ce jour-là, même s'il n'y avait pas de moussaf, le maamad de minha était repoussé à cause de l'offrande de bois, parce que l'offrande de bois précède minha et repousse le maamad qui lui est proche, et non celui de la néila.
🗂️ Tossefot (3)
בְּכָל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל אֵין בּוֹ מַעֲמָד שַׁחֲרִית. פִּי' דְּהַיְינוּ חֲנֻוכָּה דְּבִשְׁאָר יוֹם טוֹב לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ בְּלֹא קָרְבַּן מוּסָף:
Tout jour où il y a le Hallel, il n'y a pas de maamad à chaharit. Explication : il s'agit de 'Hanouka, car pour les autres jours de fête tu ne trouveras pas de cas sans offrande de moussaf.
קָרְבַּן מוּסָף אֵין בּוֹ נְעִילָה. פֵּירוּשׁ יוֹם שֶׁקְּרֵבִין בּוֹ מוּסָף אֵין בּוֹ נְעִילָה לְפִי שֶׁטָּרוֹדִין הֵם בְּמוּסָף וְאֵין לָהֶם פְּנַאי לוֹמַר נְעִילָה:
Offrande de moussaf, il n'y a pas de néila. Explication : un jour où l'on offre le moussaf, il n'y a pas de néila, parce qu'ils sont accaparés par le moussaf et n'ont pas le loisir de dire la néila.
קָרְבַּן עֵצִים אֵין בּוֹ מִנְחָה. מִשּׁוּם דְּעַד הַמִּנְחָה הָיוּ טְרוּדִים בְּקָרְבַּן הָעֵצִים אֲבָל יֵשׁ בּוֹ נְעִילָה דְּכָל כָּךְ לֹא הָיוּ מְאַחֲרִים עַד שְׁעַת נְעִילָה דְּאָמַר בֶּן עַזַּאי כָּךְ הָיָה וְכוּ':
Offrande de bois, il n'y a pas de minha. Parce que jusqu'à minha ils étaient accaparés par l'offrande de bois ; mais il y a la néila, car ils ne tardaient pas à ce point, jusqu'à l'heure de la néila. C'est ce que dit Ben Azzai : voici comment, etc.
💡 Explication

La règle est toujours la même : ce qui occupe les hommes du maamad écarte la réunion du maamad à la prière correspondante. Trois événements sont envisagés — le Hallel, l'offrande de moussaf, l'offrande de bois — et chacun annule une prière.

Tossefot précise le premier cas : un jour avec Hallel mais sans moussaf, c'est 'Hanouka. Les fêtes, elles, comportent toujours un moussaf, et tomberaient donc sous la deuxième règle.

🖼️ Schéma
Les trois règles de Rabbi Akiva : ce qui occupe écarte Hallel Exemple : 'Hanouka, jour sans moussaf. Offrande de moussaf Au moins deux bêtes, bois à couper, eau à puiser. Offrande de bois L'un des neuf temps, offerte avant minha. Pas de maamad à chaharit Pas de maamad à la néila Pas de maamad à minha Ben Azzai, au segment suivant, gardera les mêmes causes et échangera les deux dernières conséquences.
La position de Rabbi Akiva avant la correction de Ben Azzai.
10
אָמַר לוֹ בֶּן עַזַּאי, כָּךְ הָיָה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שׁוֹנֶה: קָרְבַּן מוּסָף — אֵין בַּמִּנְחָה, קָרְבַּן עֵצִים — אֵין בִּנְעִילָה. חָזַר רַבִּי עֲקִיבָא לִהְיוֹת שׁוֹנֶה כְּבֶן עַזַּאי.

Ben Azzai lui dit : voici comment Rabbi Yehochoua enseignait — une offrande de moussaf, il n'y a pas de maamad à minha ; une offrande de bois, il n'y en a pas à la néila. Rabbi Akiva revint enseigner comme Ben Azzai.

📜 Rachi (1)
כָּךְ הָיָה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דּוֹרֵשׁ קָרְבַּן מוּסַף אֵין בַּמִּנְחָה וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
La Guemara en explique la raison.
💡 Explication

Ben Azzai ne discute pas par raisonnement : il rapporte une tradition au nom de Rabbi Yehochoua, le maître de Rabbi Akiva. Les deux conséquences sont échangées, et la logique devient celle de la proximité dans le temps : le service du moussaf se prolonge jusqu'à minha, l'offrande de bois se fait plus tard dans la journée et atteint la néila.

La Michna note la rétractation de Rabbi Akiva. La formule hazar lichnot (il revint enseigner) indique un changement d'enseignement public, et non une simple concession dans la discussion.

🖼️ Schéma
L'échange des deux conséquences Offrande de moussaf Offrande de bois Pas de minha Pas de néila Rabbi Akiva disait l'inverse de ces deux lignes Tradition de Rabbi Yehochoua rapportée par Ben Azzai ; Rabbi Akiva revient enseigner ainsi.
La correction apportée par Ben Azzai, adoptée par Rabbi Akiva.
11
זְמַן עֲצֵי כֹהֲנִים וְהָעָם, תִּשְׁעָה: בְּאֶחָד בְּנִיסָן בְּנֵי אָרַח בֶּן יְהוּדָה, בְּעֶשְׂרִים בְּתַמּוּז בְּנֵי דָוִד בֶּן יְהוּדָה, בַּחֲמִשָּׁה בְּאָב בְּנֵי פַרְעוֹשׁ בֶּן יְהוּדָה, בְּשִׁבְעָה בּוֹ בְּנֵי יוֹנָדָב בֶּן רֵכָב, בַּעֲשָׂרָה בּוֹ בְּנֵי סְנָאָה בֶּן בִּנְיָמִין, בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר בּוֹ בְּנֵי זַתּוּא בֶּן יְהוּדָה.

Les temps du bois des cohanim et du peuple sont neuf : le premier nissan, les fils d'Arah ben Yehouda ; le vingt tamouz, les fils de David ben Yehouda ; le cinq av, les fils de Paroch ben Yehouda ; le sept du même mois, les fils de Yonadav ben Rekhav ; le dix du même mois, les fils de Senaa ben Binyamin ; le quinze du même mois, les fils de Zatou ben Yehouda.

📜 Rachi (5)
זְמַן עֲצֵי כֹהֲנִים וְהָעָם שֶׁמִּתְנַדְּבִים עֵצִים:
Qui font don du bois.
תִּשְׁעָה בְּאֵלּוּ הַט' זְמַנִּים הָיוּ הַכֹּהֲנִים וְהָעָם מִתְנַדְּבִים לְהָבִיא עֵצִים וְהָיוּ מַקְרִיבִין קָרְבַּן אוֹתוֹ הַיּוֹם וַאֲפִילּוּ הָיוּ עֵצִים הַרְבֵּה לַמַּעֲרָכָה הָיוּ אֵלּוּ מִתְנַדְּבִין וּמַקְרִיבִין בְּאֵלּוּ תִּשְׁעָה זְמַנִּים:
Neuf — en ces neuf temps, les cohanim et le peuple faisaient don du bois à apporter, et l'on offrait ce jour-là une offrande ; et même s'il y avait beaucoup de bois pour le bûcher, ceux-là faisaient leur don et l'offraient en ces neuf temps.
בְּנֵי אָרַח בֶּן יְהוּדָה שֶׁכְּשֶׁעָלוּ בְּנֵי הַגּוֹלָה הֵם הִתְנַדְּבוּ תְּחִילָּה בְּאֶחָד בְּנִיסָן וּסְפֵק לָהֶם עֵצִים עַד כ' בְּתַמּוּז שֶׁהִתְנַדְּבוּ בְּנֵי דָּוִד אָרַח שְׁמוּאֵל וּמִשֵּׁבֶט יְהוּדָה הָיָה:
Les fils d'Arah ben Yehouda — car lorsque les exilés remontèrent, ce sont eux qui firent le premier don, le premier nissan, et leur bois suffit jusqu'au vingt tamouz, date du don des fils de David. Arah était son nom, et il était de la tribu de Yehouda.
בְּנֵי דָּוִד מִמִּשְׁפַּחַת דָּוִד הַמֶּלֶךְ:
Les fils de David — de la famille du roi David.
סְנָאָה בֶּן בִּנְיָמִין זַתּוּא בֶּן יְהוּדָה בְּנֵי גּוֹנְבֵי עֱלִי וּבְנֵי קוֹצְעֵי קְצִיעוֹת מִשְׁפָּחָה אַחַת הֵן וּבַגְּמָ' מְפָרֵשׁ אַמַּאי מִיקְּרוּ הָכִי:
Senaa ben Binyamin, Zatou ben Yehouda, les fils des voleurs de pilon et les fils des coupeurs de figues sèches sont une seule famille ; la Guemara explique pourquoi on les appelle ainsi.
💡 Explication

Le bûcher de l'autel devait être alimenté en permanence. Certaines familles avaient un jour fixé où elles apportaient le bois à leurs frais, ce qui faisait de ce jour une fête pour elles. La Michna en compte neuf, dont six sont énumérées ici et trois dans le segment 12.

Rachi explique l'ordre : les premiers à donner, le premier nissan, furent ceux qui remontèrent de l'exil, et leur bois a tenu jusqu'au don suivant. Les noms renvoient aux familles des listes du retour de Babylone.

12
וְעִמָּהֶם כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם, וְכָל מִי שֶׁטָּעָה בְּשִׁבְטוֹ, וּבְנֵי גּוֹנְבֵי עֱלִי וּבְנֵי קוֹצְעֵי קְצִיעוֹת.

Et avec eux des cohanim, des leviim, quiconque s'était trompé sur sa tribu, les fils des voleurs de pilon (bnei gonvei eli) et les fils des coupeurs de figues sèches (bnei kotsei ketsiot).

💡 Explication

Le quinze av accueille des groupes qui n'ont pas de jour propre : des cohanim, des leviim, et ceux qui ignoraient de quelle tribu ils venaient. Les deux derniers noms sont des surnoms, et la Guemara racontera plus loin l'épisode qui les explique — des hommes qui, sous un décret interdisant d'apporter du bois et des premiers fruits, ont fait passer leur offrande sous une autre apparence.

13
בְּעֶשְׂרִים בּוֹ בְּנֵי פַּחַת מוֹאָב בֶּן יְהוּדָה, בְּעֶשְׂרִים בֶּאֱלוּל בְּנֵי עָדִין בֶּן יְהוּדָה, בְּאֶחָד בְּטֵבֵת שָׁבוּ בְּנֵי פַרְעוֹשׁ שְׁנִיָּה. בְּאֶחָד בְּטֵבֵת לֹא הָיָה בּוֹ מַעֲמָד, שֶׁהָיָה בּוֹ הַלֵּל וְקָרְבַּן מוּסַף וְקָרְבַּן עֵצִים.

Le vingt du même mois, les fils de Pahat Moav ben Yehouda ; le vingt éloul, les fils d'Adin ben Yehouda ; le premier tévet, les fils de Paroch revinrent une seconde fois. Le premier tévet, il n'y avait pas de maamad, car il y avait le Hallel, une offrande de moussaf et une offrande de bois.

📜 Rachi (2)
בְּנֵי עָדִין בְּאֶחָד בְּטֵבֵת שֶׁבּוֹ שָׁבוּ בְּנֵי פַרְעוֹשׁ שְׁנִיָּה וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ אַמַּאי קָבְעוּ לָהֶן אֵלּוּ הַזְּמַנִּים:
La Guemara explique pourquoi on leur a fixé ces temps-là.
בְּאֶחָד בְּטֵבֵת שֶׁהָיָה ר"ח [וַחֲנֻוכָּה] לֹא הָיָה בּוֹ מַעֲמָד כּוּ':
Le premier tévet — qui était roch hodech et 'Hanouka : il n'y avait pas de maamad, etc.
💡 Explication

Le premier tévet réunit les trois causes énumérées plus haut : c'est 'Hanouka, donc Hallel ; c'est roch hodech, donc moussaf ; et c'est le second tour des fils de Paroch, donc offrande de bois. Les trois prières du maamad sont ainsi écartées, et il ne reste plus de maamad du tout ce jour-là.

Ce cas fonctionne comme la vérification des règles du segment 8 : une seule date de l'année les fait jouer toutes ensemble.

🖼️ Schéma
Les neuf temps du don du bois, dans l'ordre de l'année 1 nissan Arah ben Yehouda 20 tamouz David ben Yehouda 5 av Paroch ben Yehouda 7 av Yonadav ben Rekhav 10 av Senaa ben Binyamin 15 av Zatou + les groupes joints 20 av Pahat Moav ben Yehouda 20 éloul Adin ben Yehouda 1 tévet Paroch, seconde fois Le premier tévet : les trois causes réunies 'Hanouka — donc Hallel : pas de maamad à chaharit. Roch hodech — donc offrande de moussaf. Second don des fils de Paroch — donc offrande de bois. Résultat : aucun maamad ce jour-là.
Les neuf dates du bois, et le cumul qui supprime tout maamad le premier tévet.
14
חֲמִשָּׁה דְּבָרִים אֵירְעוּ אֶת אֲבוֹתֵינוּ בְּשִׁבְעָה עָשָׂר בְּתַמּוּז, וַחֲמִשָּׁה בְּתִשְׁעָה בְּאָב. בְּשִׁבְעָה עָשָׂר בְּתַמּוּז

Cinq choses sont arrivées à nos pères le dix-sept tamouz, et cinq le neuf av. Le dix-sept tamouz :

🪔 Ben Yehoyada (1)
חמשה דברים ארעו את אבותינו בשבעה עשר בתמוז, וחמשה, בתשעה באב. נראה לי הטעם שנזדמן כאן חמשה וכאן חמשה, מפני שעברו על עשרת הדברות הכתובים על הלוחות חמשה בלוח זה וחמשה בלוח זה או מפני שנפגמו בה־א ראשונה ובה־א אחרונה.
Il me semble que la raison pour laquelle il se trouve cinq ici et cinq là, c'est qu'ils ont transgressé les dix paroles écrites sur les Tables, cinq sur l'une et cinq sur l'autre ; ou bien parce qu'il y eut atteinte au premier hé et au dernier hé [du Nom].
💡 Explication

Le folio se termine sur l'ouverture de la Michna des cinq malheurs du dix-sept tamouz et des cinq du neuf av. La liste elle-même se lit en 26b : les Tables brisées, l'interruption du tamid, la brèche dans la ville, l'autodafé d'Apostomos et l'idole placée dans le Sanctuaire.

Le Ben Yehoyada explique la symétrie des deux séries de cinq par les dix paroles des Tables, cinq d'un côté et cinq de l'autre.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).