Taanit 29b — La semaine du neuf av : lessive, coupe de cheveux, et jusqu'où s'étend le deuil

Taanit 29b

Sougya : Le folio s'ouvre sur la conclusion pratique que Rav Papa tire du mazal d'av et d'adar : éviter le procès au mois d'av, le rechercher au mois d'adar. Deux enseignements de Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat au nom de Rav sont rapportés au passage, sur la consolation promise à l'exil de Babylonie et sur l'odeur des vêtements de Yaakov.

La guemara revient ensuite à la michna : durant la semaine où tombe le neuf av, il est interdit de se couper les cheveux et de laver le linge. Rav Nahman restreint l'interdit au linge qu'on lave pour le porter aussitôt, Rav Chechet l'étend au linge qu'on lave pour le ranger ; une braita tranche contre Rav Nahman.

Suivent la mesure du guihouts babylonien, le statut des vêtements de lin, puis la controverse de Rav et Chmouel : ces interdits valent-ils seulement avant le jeûne, ou aussi après lui ? La réponse passe par la braita des tanaim — Rabbi Meir, Rabbi Yehouda et Rabban Chimon ben Gamliel — dont Rabbi Yo'hanan montre qu'ils lisent tous les trois un seul verset de Hochea.

Plan du folio Taanit 29b 1. Le mazal d'av et d'adar (segments 0-1) Rav Papa : qu'un Juif en procès avec un non-Juif se dérobe au mois d'av et se rende disponible au mois d'adar. Deux enseignements de Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat au nom de Rav, rapportés parce qu'il vient d'être cité : les palmiers et le lin de Babylonie, l'odeur du champ de pommiers. 2. Laver pour porter ou laver pour ranger (segments 2-6) Rav Nahman : seul le linge lavé pour être porte aussitôt est interdit. Rav Chechet : même laver pour ranger. Objection de Rav Hamnouna tirée du jeudi, résolue par le cas de celui qui n'a qu'une seule tunique. Une braita réfute Rav Nahman. Mesure du guihouts babylonien et statut des vêtements de lin. 3. Avant le jeûne seulement, ou aussi après ? (segments 7-9) Rav : ces interdits ne valent que pour les jours qui précèdent le neuf av. Chmouel : ils valent aussi pour les jours qui suivent, jusqu'à la fin de la semaine. La braita du calendrier semble réfuter Chmouel : si le jeûne tombe un dimanche, toute la semaine qui suit reste permise au lavage. 4. La controverse des tanaim (segments 10-12) Chmouel répond : la question oppose déjà des tanaim. Rabbi Meir : depuis roch hodech jusqu'au jeûne. Rabbi Yehouda : tout le mois d'av. Rabban Chimon ben Gamliel : cette semaine-là seule. Rabbi Yo'hanan : les trois exposent un seul verset, Hochea 2, 13 — sa fête, sa néoménie, son chabbat.
Les quatre moments du folio : la conclusion pratique tirée du mazal, l'étendue de l'interdit de lessive, la controverse de Rav et Chmouel sur les jours qui suivent le jeûne, puis la braita des trois tanaim et le verset qui les porte tous les trois.
Laver pour porter, laver pour ranger : Rav Nahman contre Rav Chechet La michna interdit de laver le linge durant la semaine du neuf av. Sur quel acte porte exactement l'interdit ? Rav Nahman Interdit : laver pour mettre le vêtement aussitôt. Permis : laver et ranger le vêtement pour plus tard. L'interdit vise le plaisir du linge propre porte pendant les jours de deuil. Rav Chechet Interdit aussi : laver pour ranger. Rachi : celui qui s'occupe de laver ses habits détourne sa pensée du deuil. Preuve : les blanchisseurs de la maison de Rav chômaient. Objection de Rav Hamnouna Le jeudi est permis en l'honneur du chabbat : sur quel acte ? Réponse de la guemara Laver pour porter aussitôt, dans le cas d'une seule tunique. Appui de Rav Nahman Rabbi Binyamin au nom de Rabbi Elazar dit comme Rav Nahman. La braita tranche : tiouvta Il est interdit de laver avant le neuf av, même pour ranger jusqu'après le neuf av. La braita dit expressément ce que Rav Nahman permet : sa position est réfutée, et la halakha suit Rav Chechet.
La controverse porte sur l'acte visé par l'interdit : le port du linge propre pour Rav Nahman, l'acte même de laver pour Rav Chechet. La braita rapportée plus loin dit expressément que laver pour ranger est interdit, ce qui réfute Rav Nahman.
La semaine du neuf av selon Rav et selon Chmouel Exemple : le neuf av tombe un mercredi. Zone sombre = jours où la coupe de cheveux et la lessive sont interdites. Jour de la semaine dimanche lundi mardi 9 av jeudi vendredi chabbat Rav interdit permis dès la fin du jeûne Chmouel interdit interdit jusqu'à la fin de la semaine La braita du calendrier S'il tombe un dimanche : on peut laver toute la semaine qui suit, puisqu'elle est entièrement postérieure. S'il tombe du lundi au jeudi : interdit avant, permis après. S'il tombe un vendredi : on lave le jeudi en l'honneur du chabbat ; à défaut, le vendredi à partir de minha. Cette dernière clause a été maudite par Abaye. La réponse de Chmouel La braita du calendrier suit Rabbi Meir, pour qui l'interdit court de roch hodech jusqu'au jeûne. Chmouel s'appuie sur Rabbi Yehouda et sur Rabban Chimon ben Gamliel, chez qui les jours qui suivent le jeûne restent pris dans l'interdit. La question oppose donc déjà des tanaim.
Pour Rav, les interdits de la semaine tombent avec le jeûne ; pour Chmouel, ils courent jusqu'à la fin de la semaine. La braita du calendrier paraît réfuter Chmouel, qui répond en montrant que des tanaim soutiennent chacune des deux lectures.
1
אָמַר רַב פָּפָּא: הִלְכָּךְ בַּר יִשְׂרָאֵל דְּאִית לֵיהּ דִּינָא בַּהֲדֵי נָכְרִי, לִישְׁתְּמִיט מִינֵּיהּ בְּאָב — דְּרִיעַ מַזָּלֵיהּ, וְלִימְצֵי נַפְשֵׁיהּ בַּאֲדָר — דְּבָרִיא מַזָּלֵיהּ.

Rav Papa dit : par conséquent, un Juif qui a un procès avec un non-Juif, qu'il se dérobe à lui au mois d'av, où son mazal est affaibli, et qu'il se rende disponible au mois d'adar, où son mazal est vigoureux.

📜 Rachi (1)
נִיזֵּיל בַּהֲדֵיהּ בְּעַרְכָּאוֹת שֶׁלָּהֶן:
Qu'il aille avec lui — devant leurs instances judiciaires, les arkaot.
🗂️ Tossefot (1)
אָמַר רַב פָּפָּא הִלְכָּךְ הַאי בַּר יִשְׂרָאֵל דְּאִית לֵיהּ דִּינָא בַּהֲדֵי נָכְרִי לִישְׁתְּמִיט וְכוּ'. פֵּירוּשׁ מִשּׁוּם דְּאָמַר לְעֵיל מְגַלְגְּלִין חוֹבָה לְיוֹם הַחַיָּיב:
« Rav Papa dit : par conséquent, un Juif qui a un procès avec un non-Juif, qu'il se dérobe, etc. » C'est-à-dire : parce qu'il a été dit plus haut que l'on fait tourner la dette vers le jour déjà chargé de faute.
💡 Explication

Le folio s'ouvre sur la conclusion pratique de l'enseignement rapporté à la fin de 29a : des l'entrée d'av on diminue la joie, dès l'entrée d'adar on l'augmente. Mazal désigne ici la fortune du moment, la part de réussite attachée à une période.

Rav Papa en tire une règle de conduite : reporter le procès intenté par un non-Juif hors du mois d'av, et le faire tomber en adar. Tossefot rattache la règle au principe énoncé plus haut, meguilguelin hova leyom hayav : le malheur est dirigé vers le jour déjà marqué par la faute.

2
״לָתֵת לָכֶם אַחֲרִית וְתִקְוָה״, אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: אֵלּוּ דְּקָלִים וּכְלֵי פִשְׁתָּן. ״וַיֹּאמֶר רְאֵה רֵיחַ בְּנִי כְּרֵיחַ שָׂדֶה אֲשֶׁר בֵּרֲכוֹ ה׳״, אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כְּרֵיחַ שָׂדֶה שֶׁל תַּפּוּחִים.

« Pour vous donner un avenir et une espérance » (Yirmeya 29, 11) — Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit au nom de Rav : ce sont les palmiers et les vêtements de lin. « Il dit : vois, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que Hachem a béni » (Berechit 27, 27) — Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit au nom de Rav : comme l'odeur d'un champ de pommiers.

📜 Rachi (3)
וְנָתַתִּי לָכֶם אַחֲרִית וְתִקְוָה אַיְּידֵי דְּאַייְרֵי רַב יְהוּדָה לְעֵיל נָקֵיט וְאָזֵיל:
Puisque Rav Yehouda vient d'être cité plus haut, la guemara poursuit en rapportant ses autres enseignements.
דְּקָלִים לְהִתְפַּרְנֵס מֵהֶן שֶׁיֵּשׁ מֵהֶן בְּבָבֶל הַרְבֵּה כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק (דַּף ט:) עֻולָּא אִיקְּלַע לְבָבֶל חֲזָא מָלֵא צַנָּא דְּתַמְרֵי כו':
Pour en tirer sa subsistance, car il y en a beaucoup à Babylonie, comme il est dit au premier chapitre (folio 9b) : Oula arriva à Babylonie, il vit un panier plein de dattes, etc.
כְּלֵי פִּשְׁתָּן לִלְבֹּושׁ:
Pour s'en vêtir.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁל תַּפּוּחִים. י"מ תַּפּוּחִים כְּרֵיחַ אֶתְרוֹגִים:
« De pommiers. » Certains expliquent que ces pommes-là ont l'odeur des etroguim, les cédrats.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אֵלּוּ דְּקָלִים וּכְלֵי פִשְׁתָּן. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַאי רְבוּתַייְהוּ לְהָנֵי טְפֵי מֵאֲחֵרִים? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל בַּגְּמָרָא (פְּסָחִים פז:) לֹא גָּלוּ יִשְׂרָאֵל לְבָבֶל אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיֹּאכְלוּ תְּמָרִים וְיַעַסְקוּ בַּתּוֹרָה מִפְּנֵי שֶׁהַתְּמָרִים שֶׁהֵם מְתוּקִין פּוֹתְחִין הַלֵּב בַּתּוֹרָה, גַּם עוֹד כָּתַב בִּקְהִילַּת יַעֲקֹב זַ"ל בְּשֵׁם הָרָמָ"ק זַ"ל, תּוֹעֶלֶת גְּדוֹלָה בִּלְבִישַׁת פִּשְׁתָּן לְחָיַיִם וְלַמֵּתִים לִגְדוֹלִים וְלִקְטַנִּים שֶׁמַּצִּיל מִכָּל קִטְרוּגִים עַיֵּין שָׁם.
« Ce sont les palmiers et les vêtements de lin. » On peut demander : en quoi ces deux-là valent-ils plus que d'autres ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nos maîtres ont dit dans la guemara (Pessahim 87b) : Israël n'a été exilé à Babylonie que pour y manger des dattes et s'y adonner à la Torah, car les dattes, qui sont douces, ouvrent le cœur à la Torah. Le Kehilat Yaakov écrit en outre, au nom du Ramak, qu'il y a un grand profit à porter du lin, pour les vivants comme pour les morts, pour les grands comme pour les petits, car cela protège de toutes les accusations, les kitrouguim — voir là-bas.
כְּרֵיחַ שָׂדֶה שֶׁל תַּפּוּחִים (בְּרֵאשִׁית כה, כז) . נָקֵיט תַּפּוּחִים שֶׁהַתַּפּוּחַ מְשֻׁולָּשׁ בְּמַרְאֶה וְרֵיחַ וְטַעַם, כֵּן יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה הוּא קַו הָאֶמְצָעִי שֶׁהוּא מְשֻׁולָּשׁ, וְלָכֵן זָכָה לִשְׁלֹשָׁה שֵׁמוֹת יִשְׂרָאֵל יַעֲקֹב יְשֻׁורוּן. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיתָא בַּזֹּוהַר הַקָּדוֹשׁ כָּל הַפֵּירוֹת הֵם תַּחַת שְׁלִיטַת הַמַּלְכוּת שֶׁהוּא סוֹד נֻוקְבָּא קַדִּישָׁא וְהַתַּפּוּחַ הוּא תַּחַת שְׁלִיטַת הַתִּפְאֶרֶת שֶׁהוּא סוֹד דְּכוֹרָא, וְיַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה הָיָה אָחוּז בְּתִפְאֶרֶת, לְכָךְ הֵרִיחַ בּוֹ כְּרֵיחַ שָׂדֶה שֶׁל תַּפּוּחִים.
« Comme l'odeur d'un champ de pommiers » (Berechit 27, 27). Il retient la pomme parce qu'elle est triple : par l'aspect, par l'odeur et par le goût. Ainsi Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, est la ligne du milieu, qui est elle-même triple ; c'est pourquoi il a mérité trois noms : Israël, Yaakov, Yechouroun. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que le saint Zohar enseigne que tous les fruits sont sous la domination de Malkhout, qui est le sod de la noukva sainte, tandis que la pomme est sous la domination de Tiferet, qui est le sod du versant masculin ; or Yaakov notre père était attaché à Tiferet, et c'est pourquoi Its'hak a senti en lui comme l'odeur d'un champ de pommiers.
💡 Explication

Rachi explique l'enchaînement : Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat vient d'être cité, la guemara rapporte à cette occasion ses deux autres enseignements au nom de Rav.

Le premier lit la consolation adressée aux exilés de Babylonie dans un registre concret : l'avenir et l'espérance promis sont les palmiers, qui nourrissent, et le lin, qui habille. Le second précise l'odeur que Its'hak a perçue sur les vêtements de Yaakov.

3
שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ, אֲסוּרִין לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס. אָמַר רַב נַחְמָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ, אֲבָל לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ — מֻותָּר. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֲפִילּוּ לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ אָסוּר. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: תֵּדַע, דְּבָטְלִי קַצָּרֵי דְּבֵי רַב.

« La semaine dans laquelle tombe le neuf av, il est interdit de se couper les cheveux et de laver le linge. » Rav Nahman dit : on n'a enseigné cela que pour laver et porter, mais laver et ranger est permis. Et Rav Chechet dit : même laver et ranger est interdit.

Rav Chechet dit : sache-le, car les blanchisseurs de la maison de Rav chômaient.

📜 Rachi (4)
לֹא שָׁנוּ בְּמָתְנֵי' שֶׁכָּל הַשָּׁבוּעַ אָסוּר לְכַבֵּס:
Dans notre michna, qui interdit de laver pendant toute la semaine.
אֲפִילּוּ לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ כְּדֵי שֶׁיִּלְבֹּושׁ לְאַחַר זְמַן לְאַחַר ט' בְּאָב אָסוּר דְּנִרְאֶה כְּמֵסִיחַ דַּעְתּוֹ שֶׁעוֹסֵק בְּכִיבּוּס בְּגָדִים:
Afin de le porter plus tard, après le neuf av : c'est interdit, car il apparaît alors comme détournant sa pensée du deuil, occupé qu'il est à laver des vêtements.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת תֵּדַע דְּאַפֵּי' לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ אָסוּר:
Que même laver et ranger est interdit.
קַצָּרֵי כָּךְ שְׁמָם בִּלְשׁוֹן יִשְׁמָעֵאל וְהֵם כּוֹבְסִין שָׁמַעְתִּי אוֹמְרִים עַל שֵׁם שֶׁמְּקַצְּרִין בִּגְדֵי צֶמֶר כְּשֶׁדּוֹרְסִין אוֹתָן בְּרַגְלֵיהֶן בְּמַיִם שֶׁקּוֹרִין פורלוי"ר וְהַיְינוּ דִּמְתַרְגְּמִינַן עֵין רוֹגֵל (שְׁמוּאֵל ב יז) עֵינָא דְּקַצָּרָא:
Tel est leur nom en langue arabe : ce sont les blanchisseurs. J'ai entendu dire que ce nom vient de ce qu'ils raccourcissent, mekatsrin, les vêtements de laine en les foulant du pied dans l'eau, ce qu'on appelle en langue vulgaire fouler. C'est ainsi que le Targoum traduit Ein Roguel (Chmouel II 17) par eina dekatsra, la source du foulon.
🗂️ Tossefot (1)
קִצְרֵי דְּבֵי רַב. פֵּירוּשׁ כּוֹבְסִין הַבְּגָדִים וּלְכָךְ קָרֵי לְהוּ קִצְרֵי עַל שֵׁם שֶׁמְּקַצְּרִין הַבְּגָדִים ע"י רְחִיצַת הַמַּיִם:
« Les katsarei de la maison de Rav. » C'est-à-dire ceux qui lavent les vêtements. On les appelle katsarei parce qu'ils raccourcissent les vêtements en les lavant dans l'eau.
💡 Explication

La guemara revient à la michna. Rav Nahman lit l'interdit comme portant sur le résultat : profiter d'un vêtement frais durant les jours de deuil. Laver pour ranger jusqu'après le jeûne reste donc permis chez lui.

Rav Chechet fait porter l'interdit sur l'acte lui-même. Rachi donne la raison : celui qui s'occupe de sa lessive a l'air d'avoir l'esprit ailleurs que dans le deuil. Sa preuve est un usage observé : les katsarei, les blanchisseurs attachés à la maison de Rav, restaient inoccupés cette semaine-là.

🖼️ Schéma
Sur quoi porte l'interdit de laver ? Acte examiné Rav Nahman Rav Chechet Laver et porter aussitôt interdit interdit Laver et ranger permis interdit Preuve de Rav Chechet : les blanchisseurs attachés à la maison de Rav restaient sans travail cette semaine-là, ce qui montre que l'acte de laver est interdit par lui-même.
Les deux avis se séparent sur la seule ligne du bas : Rav Nahman permet de laver pour ranger, Rav Chechet l'interdit et invoque le chômage des blanchisseurs de la maison de Rav.
4
מֵתִיב רַב הִמְנוּנָא: בַּחֲמִישִׁי מֻותָּרִים, מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. לְמַאי? אִילֵּימָא לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ — מַאי כְּבוֹד שַׁבָּת אִיכָּא?

Rav Hamnouna objecte : « le jeudi, ils sont permis, en l'honneur du chabbat ». À quoi cela se rapporte-t-il ?

Si l'on dit : à laver et porter — quel honneur du chabbat y a-t-il là ?

📜 Rachi (1)
אִילֵּימָא לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ מִיָּד בַּחֲמִישִׁי מַאי כְּבוֹד שַׁבָּת אִיכָּא:
Immédiatement, le jeudi : quel honneur du chabbat y a-t-il là ?
💡 Explication

Rav Hamnouna attaque Rav Nahman à partir de la suite de la michna, qui lève l'interdit le jeudi en l'honneur du chabbat. La question porte sur l'acte que cette clause autorise.

Si elle autorisait de laver pour porter aussitôt, le jeudi, le vêtement serait déjà porte et sali avant l'entrée du chabbat : l'honneur du chabbat n'y trouverait rien.

5
אֶלָּא לְהַנִּיחַ. וּבַחֲמִישִׁי הוּא דְּשָׁרֵי, אֲבָל הַשַּׁבָּת כֻּולָּהּ — אָסוּר! לְעוֹלָם לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ, וּכְשֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד. דְּאָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד מֻותָּר לְכַבְּסוֹ בְּחֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי בִּנְיָמִין אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ, אֲבָל לְהַנִּיחַ — מֻותָּר.

Il faut donc dire : laver pour ranger. Or c'est le jeudi seulement que ce serait permis, alors que toute la semaine ce serait interdit ! — En vérité, il s'agit bien de laver et de porter, dans le cas de celui qui n'a qu'une seule tunique.

Car Rav Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui n'a qu'une seule tunique est autorisé à la laver pendant hol hamoed. On a également énoncé : Rabbi Binyamin dit au nom de Rabbi Elazar : on n'a enseigné cela que pour laver et porter, mais laver pour ranger est permis.

📜 Rachi (4)
אֶלָּא לָאו לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ עַד הַשַּׁבָּת:
N'est-ce pas : laver et ranger jusqu'au chabbat.
לְעוֹלָם לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ מִיָּד בַּחֲמִישִׁי:
Immédiatement, le jeudi.
וּבְמִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד דְּאֵין לוֹ לְהַחֲלִיף וּמַאי מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת דְּאִי לֹא מְכַבֵּס הַשְׁתָּא בַּחֲמִישִׁי תּוּ לָא מָצֵי לְכַבֵּס לֵיהּ:
Car il n'a pas de rechange. Et en quoi est-ce « en l'honneur du chabbat » ? Parce que s'il ne la lave pas maintenant, le jeudi, il ne pourra plus la laver ensuite.
חֻולּוֹ שֶׁל מוֹעֵד שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד דְּלָא סַגְיָא דְּלָא מְכַבֵּס מִפְּנֵי הַכְּנִימָה וְאַפֵּי' כִּיבֵּס לִפְנֵי הַמּוֹעֵד מֻותָּר לְכַבְּסָהּ בַּמּוֹעֵד:
Celui qui n'a qu'une seule tunique : il ne peut faire autrement que de la laver, à cause des poux ; et même s'il l'a lavée avant la fête, il lui est permis de la laver pendant hol hamoed.
🗂️ Tossefot (1)
מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד מֻותָּר לְכַבֵּס בַּמּוֹעֵד. (וּבִטְבוּל יוֹם) וּבְפֶ' אֵלּוּ מְגַלְּחִין (מו"ק דַּף יד.) דְּקָאָמַר וְלִיטַעְמָיךְ הָא דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד וְכוּ' דְּפָרִיךְ יֹאמְרוּ כָּל הַחֲלוּקִים אֲסוּרִים לְכַבֵּס בְּחוֹל הַמּוֹעֵד וְחָלוּק זֶה מֻותָּר וּמְתָרֵץ זֶה אֲזוֹרוֹ מוֹכִיחַ עָלָיו שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד וא"כ דַּוְקָא לָהֶם אֲבָל לָנוּ וַדַּאי אָסוּר אֲפִי' אֵין לָנוּ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד שֶׁאֵין אָנוּ אוֹגְדִין אֵזוֹר עַל חֲלוּקוֹת שֶׁלָּנוּ וְלָא הָוֵי אֲזוֹרוֹ מוֹכִיחַ עָלָיו וְכֵן צָרִיךְ לִיזָּהֵר שֶׁלֹּא לְכַבֵּס הַמִּצְנֶפֶת בְּחוֹל הַמּוֹעֵד אע"ג שֶׁאֵין לָנוּ אֶלָּא אַחַת אֲבָל מ"מ יֵשׁ לַנָּשִׁים לְכַבֵּס בִּגְדֵי הַתִּינוֹקוֹת כְּדֵי לִשְׁכּוֹב דְּהָוֵי כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא חָלוּק אֶחָד שֶׁיֵּשׁ רְגִילוּת לְהַחֲלִיף בִּגְדֵיהֶם וְכָל שָׁעָה צָרִיךְ לוֹ כָּל בְּגָדָיו וְעַל זֶה נָהֲגוּ הָעוֹלָם לְכַבְּסָם בְּחוֹל הַמּוֹעֵד:
« Celui qui n'a qu'une seule tunique est autorisé à la laver pendant la fête. » Au chapitre Elou meguelahin (Moed Katan 14a), la guemara dit : et selon ton raisonnement, ce que Rav Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan, « celui qui n'a qu'une seule tunique », etc. — elle objecte : on dira que toutes les tuniques sont interdites au lavage pendant hol hamoed et que celle-ci est permise ! Et elle répond : sa ceinture témoigne pour lui qu'il n'a qu'une seule tunique. S'il en est ainsi, cela ne vaut que pour eux ; pour nous, c'est assurément interdit même si nous n'avons qu'une seule tunique, car nous ne ceignons pas de ceinture sur nos tuniques et la ceinture ne témoigne donc pas pour nous. De même, il faut prendre garde de ne pas laver le turban pendant hol hamoed, bien que nous n'en ayons qu'un. Les femmes, en revanche, peuvent laver les vêtements des petits enfants dans lesquels ils dorment, car ceux-là sont comme celui qui n'a qu'une seule tunique : on a coutume de les changer souvent et l'enfant a besoin à chaque instant de tous ses habits. C'est sur cette base que l'usage s'est répandu de les laver pendant hol hamoed.
💡 Explication

La guemara suit d'abord la lecture qui sert Rav Nahman : la clause du jeudi autorise de laver pour ranger. Cette lecture se retourne aussitôt contre lui, puisqu'elle limite au jeudi une permission qu'il étend à toute la semaine.

La réponse maintient donc que la clause autorise de laver et de porter, dans un cas précis : celui qui ne possède qu'un seul haluk, une seule tunique de dessous. Le jeudi est sa dernière occasion de la laver avant le chabbat, et le lavage est bien fait en l'honneur du chabbat. La comparaison avec hol hamoed, les jours intermédiaires de fête où la lessive est normalement interdite, appuie cette distinction.

Un énoncé parallèle, celui de Rabbi Binyamin au nom de Rabbi Elazar, dit expressément comme Rav Nahman.

6
מֵיתִיבִי: אָסוּר לְכַבֵּס לִפְנֵי תִּשְׁעָה בְּאָב, אֲפִילּוּ לְהַנִּיחַ לְאַחַר תִּשְׁעָה בְּאָב. וְגִיהוּץ שֶׁלָּנוּ, כְּכִיבּוּס שֶׁלָּהֶן. וּכְלֵי פִּשְׁתָּן אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם גִּהוּץ. תְּיוּבְתָּא.

On objecte : il est interdit de laver avant le neuf av, même pour ranger jusqu'après le neuf av. Et notre guihouts équivaut à leur lavage ordinaire.

Et les vêtements de lin ne sont pas concernés par le guihouts. Réfutation.

📜 Rachi (1)
וְגִיהוּץ שֶׁלָּנוּ אֵינוֹ יָפֶה אֶלָּא כְּכִיבּוּס שֶׁלָּהֶן וְאָסוּר לְגַהֵץ לִפְנֵי תִּשְׁעָה בְּאָב אֲפִילּוּ לְהַנִּיחַ לְאַחַר תִּשְׁעָה בְּאָב אֲבָל כִּיבּוּס שֶׁלָּנוּ מֻותָּר:
Notre guihouts n'est pas plus soigné que leur lavage ordinaire. Il est interdit de faire ce guihouts avant le neuf av, même pour ranger jusqu'après le neuf av, tandis que notre lavage ordinaire reste permis.
💡 Explication

La braita dit expressément ce que Rav Nahman permet : laver pour ranger jusqu'après le jeûne est interdit. Sa position est donc réfutée, tiouvta, et la halakha suit Rav Chechet.

La braita ajoute deux mesures. Le guihouts, le lavage soigné qui rend au tissu son lustre, se pratiquait à Babylonie à un degré moindre qu'en Erets Israël : le guihouts babylonien atteint le niveau du lavage ordinaire d'Erets Israël, et tombe donc sous l'interdit, tandis que le lavage ordinaire de Babylonie reste en dessous. Enfin, le guihouts concerne la laine et laisse le lin de côté.

🖼️ Schéma
Trois degrés de lavage, deux pays Opération Équivalence Statut avant le neuf av Guihouts de Babylonie = lavage ordinaire d'Erets Israël interdit Lavage ordinaire de Babylonie en dessous de cette mesure permis Vêtements de lin le guihouts ne s'y applique pas port interdit malgré tout (seg. 6)
Le guihouts babylonien équivaut au lavage ordinaire d'Erets Israël et tombe sous l'interdit ; le lavage ordinaire de Babylonie reste en dessous de la mesure. Le lin échappe au guihouts, mais son port sera pourtant interdit.
7
שְׁלַח רַב יִצְחָק בַּר גִּיּוֹרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ כְּלֵי פִּשְׁתָּן אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם גִּהוּץ, אֲבָל אָסוּר לְלָובְשָׁן בְּשַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ.

Rav Yits'hak bar Guiyorei envoya au nom de Rabbi Yo'hanan : bien qu'on ait dit que les vêtements de lin ne sont pas concernés par le guihouts, il est néanmoins interdit de les porter durant la semaine dans laquelle tombe le neuf av.

📜 Rachi (1)
כְּלֵי פִּשְׁתָּן אֵין בָּהֶן לֵיאָסֵר מִשּׁוּם גִּיהוּץ אֶלָּא בִּכְלֵי מִילָת לושקי"י בְּלַעַ"ז:
Les vêtements de lin ne sont pas exposés à être interdits au titre du guihouts : cela ne vaut que pour les étoffes de laine fine, appelées loské en langue vulgaire.
💡 Explication

La clause précédente pouvait laisser croire que le lin échappe entièrement aux restrictions de la semaine. Rabbi Yo'hanan sépare les deux questions : le lin échappe à l'interdit de guihouts, qui porte sur un traitement propre à la laine, et il reste pris dans l'interdit de porter du linge frais durant cette semaine.

8
אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְפָנָיו, אֲבָל לְאַחֲרָיו — מֻותָּר. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ לְאַחֲרָיו נָמֵי אָסוּר. מֵיתִיבִי: שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ — אָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס, וּבַחֲמִישִׁי — מֻותָּרִין מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. כֵּיצַד? חָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת — מֻותָּר לְכַבֵּס כָּל הַשַּׁבָּת כֻּולָּהּ.

Rav dit : on n'a enseigné cela que pour les jours qui le précèdent, mais après lui c'est permis. Et Chmouel dit : même après lui c'est interdit.

On objecte : « la semaine dans laquelle tombe le neuf av, il est interdit de se couper les cheveux et de laver, et le jeudi c'est permis en l'honneur du chabbat. Comment cela ?

S'il tombe un dimanche, il est permis de laver toute la semaine. »

📜 Rachi (3)
לֹא שָׁנוּ שֶׁאָסוּר לְלָובְשׁוֹ בְּשָׁבוּעַ שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ אֶלָּא בַּיָּמִים שֶׁלִּפְנֵי תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁאִם חָל בְּיוֹם רְבִיעִי אָסוּר לְלָובְשׁוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי וּשְׁלִישִׁי:
L'interdit de porter ce vêtement durant la semaine où tombe le neuf av ne vaut que pour les jours qui précèdent le neuf av : s'il tombe un mercredi, il est interdit de le porter le dimanche, le lundi et le mardi.
אֲבָל לְאַחֲרָיו חֲמִישִׁי וְשִׁשִּׁי וּשְׁבִיעִי מֻותָּר:
Le jeudi, le vendredi et le chabbat, c'est permis.
חָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת מֻותָּר לְכַבֵּס כָּל הַשַּׁבָּת כֻּולָּהּ דְּהַייְנוּ לְאַחֲרָיו:
C'est-à-dire les jours qui viennent après lui.
⚖️ Rosh (1)
מִשֶּׁנִּכְנַס אָב מְמַעֲטִין בְּשִׂמְחָה. שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ אֲסוּרִין מִלְּסַפֵּר וּמִלְּכַבֵּס וּבַחֲמִישִׁי מֻותָּרִים מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב כְּשֵׁם שֶׁמִּשֶּׁנִּכְנַס אָב מְמַעֲטִין בְּשִׂמְחָה כָּךְ מִשֶּׁנִּכְנַס אֲדָר מַרְבִּין בְּשִׂמְחָה אָמַר רַב פָּפָּא הִלְכָּךְ הַאי בַּר יִשְׂרָאֵל דְּאִית לֵיהּ דִּינָא בַּהֲדֵי עוֹבֵד כּוֹכָבִים בְּאָב לִישְׁתְּמִיט לֵיהּ דְּרִיעַ לֵיהּ מַזָּלֵיהּ. וּבַאֲדָר נֵיזַל בַּהֲדֵיהּ דְּתַקִּיף מַזָּלֵיהּ. אֲסוּרִין לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס אָמַר רַב נַחְמָן. לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְכַבֵּס וְלִלְבֹּושׁ אֲבָל לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ מֻותָּר. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר אַפֵּי' לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ אָסוּר. וְקַיְימָא לַן הִלְכְתָא כְּרַב שֵׁשֶׁת בְּאִיסּוּרֵי וְעוֹד דְּלִישָּׁנָא דְּמַתְנִיתִין דְּקָתָנֵי וּמִלְּכַבֵּס מוּכָח כֵּן דלר"נ הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אָסוּר לִלְבֹּושׁ כֵּלִים מְכֻובָּסִין. וְלֹא מִסְתַּבֵּר לְמֵימַר דְּרַב נַחְמָן שָׁרִי לְמִלְבָּשׁ כֵּלִים שֶׁנִּתְכַּבְּסוּ קֹודֶם לָכֵן וְלֹא אָסַר לִלְבֹּושׁ אֶלָּא כֵּלִים שֶׁנִּתְכַּבְּסוּ וּבְאוֹתָהּ שַׁבָּת דְּמִילְּתָא בְּלֹא טַעְמָא הִיא. וְעוֹד דְּתַנְיָא כְּוָותֵיהּ אָסוּר לְכַבֵּס לִפְנֵי ט' בְּאָב אַפֵּי' לְכַבֵּס וּלְהַנִּיחַ אַחַר תִּשְׁעָה בְּאָב. וְגִיהוּץ שֶׁלָּנוּ הֲרֵי הוּא כְּכִיבּוּס שֶׁלָּהֶם וּמֻותָּר. וּכְלֵי פִּשְׁתָּן אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם גִּיהוּץ וְהַטַּעַם לְפִי שֶׁאֵין חוֹשְׁשִׁין לְגִיהוּץ יָפֶה לְפִי שֶׁקְּרוֹבִים לְבָשָׂר וּמִתְלַכְלְכִים מִיָּד מִפְּנֵי הַזֵּיעָה. שָׁלַח רַב חִסְדָּא בַּר יַעֲקֹב בַּר גִּיּוֹרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן אע"פ שֶׁאָמְרוּ כְּלֵי פִשְׁתָּן אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם גִּיהוּץ אָסוּר לְלָבְשָׁן בְּשַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ. יְרוּשַׁלְמִי (הֵל' ז) רַבִּי בָּא בַּר כֹּהֵן אָמַר קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּשֵׁם רַבִּי אָבָהוּ (אָמַר) תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת שְׁנֵי שַׁבָּתוֹת מֻותָּרִין. כֵּיוָן שֶׁנִּדְחָה הַתַּעֲנִית עַד יוֹם רִאשׁוֹן לָא הָוֵי שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ. תּוֹסֶפְתָּא (פ"ג דְּתַעֲנִית) חָל לִהְיוֹת ט"ב בְּשַׁבָּת אוֹכֵל אָדָם כָּל צָרְכּוֹ וּמַעֲלֶה עַל שֻׁלְחָנוֹ אַפֵּי' כִּסְעוּדַת שְׁלֹמה בְּשַׁעְתּוֹ וְאֵינוֹ מוֹנֵעַ מֵעַצְמוֹ כְּלוּם. כְּלוֹמַר שֶׁאֵינוֹ נִמְנָע מֵרְחִיצָה וְסִיכָה וְתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וְאֵין צָרִיךְ לִנְהֹוג דְּבָרִים שֶׁל צִנְעָא. וְרַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל כָּתַב בְּהִלְכוֹת אֲבֵלוּת שֶׁלּוֹ כָּתַב ה"ר יִצְחָק מוינ"א דְּתִשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת אע"פ שֶׁאָנוּ דּוֹחִין אוֹתוֹ עַד לְמָחָר אוֹתוֹ הַיּוֹם אָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה. מִידֵּי דְּהָוֵי אַקּוֹבֵר מֵתוֹ בָּרֶגֶל שֶׁאָנוּ דּוֹחִין אֲבֵלוּת עַד אַחַר הָרֶגֶל וַאֲפִילּוּ הָכֵי נוֹהֵג דְּבָרִים שֶׁבְּצִנְעָא בָּרֶגֶל אִם כֵּן הָכָא נָמֵי גַּבֵּי שַׁבָּת זוֹ גַּבֵּי תִּשְׁעָה בְּאָב הוּא כְּרֶגֶל וְאָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה. וְתִשְׁעָה בְּאָב וְאָבֵל שָׁיְיכִי אַהֲדָדֵי כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא בְּפֶרֶק קַמָּא דְּתַעֲנִית (דַּף יג. ) עכ"ל מוֹרִי. הַדָּבָר יָצָא מִפִּי מוֹרִי הַקָּדוֹשׁ וְכָל עֲדַת יִשְׂרָאֵל יַעֲשׂוּ אֹותוֹ כְּדַי הוּא בֵּית אֱ-לֹהֵינוּ לְאַבֵּד עָלָיו עוֹנָה אַחַת בַּשָּׁנָה. אע"פ שֶׁיֵּשׁ לִי לְהָשִׁיב דְּתִשְׁעָה בְּאָב וַאֲבֵלוּת חֲלוּקִים בְּכַמָּה דְּבָרִים כִּדְאָמְרִי' בְּפֶרֶק הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת דַּף מג.) דְּשַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ אָסוּר לְכַבֵּס וּמֻותָּר לְאָרֵס וְקֹודֶם הַזְּמַן הַזֶּה מֻותָּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס וְאָסוּר לִישָּׂא וְלִיתֵּן וְכָל הָעָם מְמַעֲטִין בַּעֲסָקִים: וְגַבֵּי אֲבֵילוּת אָמְרִינַן אִיפְּכָא ר' יוֹסֵי אוֹמֵר כָּל הַנָּשִׁים יִתְאָרְסוּ חוּץ מִן הָאַלְמָנָה מִפְּנֵי הָאִיבּוּל וְכַמָּה אִיבּוּל שְׁלֹשִׁים יוֹם וּמְשַׁנֵּי רַב אַשִּׁי הָתָם שָׁאנֵי בֵּין אֲבֵילוּת חֲדָשָׁה לַאֲבֵילוּת יְשָׁנָה בֵּין אֲבֵילוּת דְּרַבִּים בֵּין אֲבֵילוּת דְּיָחִיד.וּמְפָרֵשׁ רַבֵּינוּ תָּם שָׁאנֵי בֵּין אֲבֵילוּת חֲדָשָׁה שֶׁאָסוּר לְאָרֵס מַה שֶׁאֵין כֵּן בַּאֲבֵילוּת יְשָׁנָה.דִּבְמִילֵּי דְּיָחִיד הֵקֵילּוּ טְפֵי בַּאֲבֵילוּת יְשָׁנָה. אֲבָל לְעִנְיַן מַשָּׂא וּמַתָּן שָׁאנֵי בֵּין אֲבֵילוּת דְּיָחִיד שֶׁהִתִּירוּ בְּמַשָּׂא וּמַתָּן בַּאֲבֵילוּת דְּיָחִיד וּבַאֲבֵילוּת דְּרַבִּים אָסְרוּ כָּל דָּבָר שֶׁהָרַבִּים מִתְעַסְּקִים בּוֹ כְּגוֹן מַשָּׂא וּמַתָּן דְּאִיכָּא פִּירְסוּם וִיהֵא נִרְאֶה כְּאֵינָם חוֹשְׁשִׁין לְהִתְאַבֵּל עַל יְרוּשָׁלַיִם אַלְמָא דִּבְמִילֵּי דְּצִנְעָא וּבְיָחִיד יָכוֹל לִהְיוֹת שֶׁאָנוּ מַחְמִירִין בַּאֲבֵילוּת טְפֵי מִתִּשְׁעָה בְּאָב. וְהָא דְּאָמְרִי' בְּפֶרֶק. (קַמָּא) בפ"ד דְּתַעֲנִית (דַּף ל. ) כָּל מִצְוֹת הַנּוֹהֲגוֹת בְּאָבֵל נוֹהֲגוֹת בְּתִשְׁעָה בְּאָב הַיְינוּ בְּיוֹם תַּעֲנִית תִּשְׁעָה בְּאָב וְעוֹד קֻולָּא אַחַרְיַנָא אִיכָּא תִּשְׁעָה בְּאָב מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁאָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס כְּגוֹן שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ קָתָנֵי הָתָם וּבַחֲמִישִׁי מֻותָּר מִפְּנֵי כְּבוֹד שַׁבָּת וּבַאֲבֵילוּת מָקוֹם שֶׁאָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס לֹא הִתִּירוּ מִפְּנֵי כְּבוֹד שַׁבָּת. וּמִיהוּ נָכוֹן לְהַחְמִיר כְּדִבְרֵי מוֹרִי אַפֵּי' הוּא מֵקֵיל וַאֲנִי מַחְמִיר הָיָה לָנוּ לַעֲשׂוֹת כִּדְבָרָיו וְכָל שֶׁכֵּן שֶׁהוּא מַחְמִיר וַאֲנִי מֵקֵיל עכ"ל רַבֵּינוּ מֵאִיר זַ"ל. וּמִיהוּ לְשׁוֹן הַתּוֹסֶפְתָּא מַשְׁמַע שֶׁאֵין נִמְנָע וְכֵן עַמָּא דְּבַר. תַּנְיָא תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת וְכֵן עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה כָּל צָרְכּוֹ וּמַעֲלֶה עַל שֻׁולְחָנוֹ כִּסְעוּדַת שְׁלֹמה בְּשַׁעְתּוֹ:
« Dès l'entrée d'av on diminue la joie. La semaine dans laquelle tombe le neuf av, il est interdit de se couper les cheveux et de laver, et le jeudi c'est permis en l'honneur du chabbat. » Rav Yehouda fils de Rav Chmouel bar Chilat dit au nom de Rav : de même que dès l'entrée d'av on diminue la joie, ainsi dès l'entrée d'adar on augmente la joie. Rav Papa dit : par conséquent, un Juif qui a un procès avec un idolâtre, qu'il se dérobe à lui au mois d'av, car son mazal est affaibli, et qu'il aille avec lui au mois d'adar, car son mazal est fort. « Il est interdit de se couper les cheveux et de laver. » Rav Nahman dit : on n'a enseigné cela que pour laver et porter, mais laver et ranger est permis ; et Rav Chechet dit : même laver et ranger est interdit. Nous tenons pour établi que la halakha suit Rav Chechet en matière d'interdits. De plus, la formulation de la michna, qui enseigne « et de laver », le montre : selon Rav Nahman, elle aurait dû dire qu'il est interdit de porter des vêtements lavés. Et il n'est pas raisonnable de dire que Rav Nahman permet de porter des vêtements lavés auparavant et n'interdit que ceux qui ont été lavés durant cette semaine même, car ce serait une distinction sans raison. De plus, une braita enseigne comme lui : il est interdit de laver avant le neuf av, même pour laver et ranger jusqu'après le neuf av ; et notre guihouts équivaut à leur lavage ordinaire, qui est permis ; et les vêtements de lin ne sont pas concernés par le guihouts, la raison étant qu'on ne tient pas à leur donner un beau lustre, puisqu'ils sont portés à même la chair et se salissent aussitôt par la sueur. Rav Hisda bar Yaakov bar Guiyorei envoya au nom de Rav Nahman : bien qu'on ait dit que les vêtements de lin ne sont pas concernés par le guihouts, il est interdit de les porter durant la semaine dans laquelle tombe le neuf av. Talmud de Jérusalem (halakha 7) : Rabbi Ba bar Cohen dit devant Rabbi Yossi au nom de Rabbi Abahou : lorsque le neuf av tombe un chabbat, les deux semaines sont permises — puisque le jeûne est reporté au dimanche, on n'a pas là une semaine dans laquelle tombe le neuf av. Tosefta (Taanit chapitre 3) : si le neuf av tombe un chabbat, on mange tout ce dont on a besoin et l'on sert sur sa table jusqu'au repas de Chelomo en son temps, et l'on ne se prive de rien ; c'est-à-dire qu'on ne s'abstient ni du bain, ni de l'onction, ni des rapports conjugaux, et qu'il n'est pas nécessaire d'observer les choses qui relèvent de l'intimité. Rabbenou Meir, de mémoire bénie, a écrit dans ses lois de deuil : Rabbi Yits'hak de Vienne à écrit que lorsque le neuf av tombe un chabbat, bien que nous le reportions au lendemain, ce jour-là est interdit aux rapports conjugaux. Il en va comme de celui qui enterre son mort pendant la fête : nous reportons le deuil après la fête, et il observe pourtant durant la fête les choses qui relèvent de l'intimité. Ici de même, ce chabbat-là est à l'égard du neuf av comme une fête, et il est interdit aux rapports conjugaux ; le neuf av et le deuil se tiennent l'un l'autre, comme l'a dit Rav Hisda au premier chapitre de Taanit (13a) — fin des paroles de mon maître. La chose est sortie de la bouche de mon saint maître, et toute la communauté d'Israël la mettra en pratique : la maison de notre D.ieu mérite bien qu'on lui consacre une abstention par an. J'aurais pourtant à objecter que le neuf av et le deuil se séparent sur plusieurs points, comme nous le disons au chapitre Hahoults (Yevamot 43a) : durant la semaine où tombe le neuf av il est interdit de laver et permis de se fiancer, et avant cette période il est permis de se couper les cheveux et de laver, tandis qu'il est interdit de commercer et que tout le peuple réduit ses affaires. Or pour le deuil nous disons l'inverse : Rabbi Yossi dit que toutes les femmes peuvent se fiancer, hormis la veuve, à cause du deuil — et quelle est la durée de ce deuil ? Trente jours. Rav Achi répond : là-bas il y a une différence entre un deuil récent et un deuil ancien, et entre un deuil public et un deuil individuel. Rabbenou Tam explique : la différence tient au deuil récent, où les fiançailles sont interdites, ce qui n'est pas le cas du deuil ancien, car dans les affaires individuelles on a allégé davantage pour le deuil ancien ; mais pour ce qui est du commerce, la différence tient au deuil individuel, où il a été permis, alors que dans le deuil public on a interdit tout ce dont le public s'occupe, tel le commerce, où il y a publicité et où l'on aurait l'air de ne pas se soucier de porter le deuil de Jérusalem. Il en ressort que pour les choses d'intimité et pour l'individu, il se peut que nous soyons plus sévères dans le deuil que pour le neuf av. Quant à ce que nous disons au quatrième chapitre de Taanit (30a), que toutes les règles en vigueur pour l'endeuillé sont en vigueur pour le neuf av, cela vise le jour même du jeûne du neuf av. Il y a encore un autre allégement : pour le neuf av, la où l'usage interdit de se couper les cheveux et de laver, comme la semaine dans laquelle il tombe, il est enseigné là-bas que le jeudi c'est permis en l'honneur du chabbat, tandis que pour le deuil, la où il est interdit de se couper les cheveux et de laver, on n'a rien permis pour l'honneur du chabbat. Il convient néanmoins d'être rigoureux comme mon maître : même s'il allégeait et que je fusse rigoureux, nous devrions agir selon ses paroles, à plus forte raison lorsqu'il est rigoureux et que je suis indulgent — fin des paroles de Rabbenou Meir, de mémoire bénie. Toutefois le texte de la Tosefta indique qu'on ne s'abstient de rien, et tel est l'usage du peuple. On a enseigné : lorsque le neuf av tombe un chabbat, et de même lorsque la veille du neuf av tombe un chabbat, on mange et on boit tout ce dont on a besoin, et l'on sert sur sa table jusqu'au repas de Chelomo en son temps.
💡 Explication

Nouvelle controverse, sur l'étendue de la semaine dans le temps. Pour Rav, les interdits ne pèsent que sur les jours antérieurs au jeûne : dès la fin du neuf av ils tombent, même si la semaine n'est pas achevée. Pour Chmouel, ils courent sur toute la semaine, y compris les jours qui suivent le jeûne.

La braita du calendrier est opposée à Chmouel. Sa première clause dit que si le neuf av tombe un dimanche, on peut laver toute la semaine — c'est-à-dire la semaine entière qui suit le jeûne.

9
בַּשֵּׁנִי בַּשְּׁלִישִׁי בָּרְבִיעִי וּבַחֲמִישִׁי, לְפָנָיו — אָסוּר, לְאַחֲרָיו — מֻותָּר. חָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — מֻותָּר לְכַבֵּס בַּחֲמִישִׁי מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. וְאִם לֹא כִּבֵּס בַּחֲמִישִׁי בְּשַׁבָּת — מֻותָּר לְכַבֵּס בְּעֶרֶב שַׁבָּת מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה. לָייֵט עֲלַהּ אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, אַהָא.

« S'il tombe un lundi, un mardi, un mercredi ou un jeudi : avant lui c'est interdit, après lui c'est permis. S'il tombe la veille de chabbat, il est permis de laver le jeudi en l'honneur du chabbat ; et s'il n'a pas lavé le jeudi, il lui est permis de laver la veille de chabbat à partir de minha et au-delà. » Abaye, et certains disent Rav Aha bar Yaakov, a maudit cette dernière clause.

📜 Rachi (2)
חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי אוֹ בַּשְּׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי וּבַחֲמִישִׁי כו':
S'il tombe un lundi, ou un mardi, un mercredi et un jeudi, etc.
לָייֵט עֲלַהּ אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אַהָא הַמְכַבֵּס בְּתִשְׁעָה בְּאָב אֲפִילּוּ מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה וְאַדְּקָאֵי בַּבָּרַיְיתָא מַפְסִיק לָהּ לְמִילְּתָא וְקָאָמַר לָייֵט עֲלָהּ אַבַּיֵּי כו':
Celui qui lave le neuf av, même à partir de minha et au-delà. Comme la guemara se tenait dans la braita, elle en interrompt le fil pour rapporter cette remarque et dit : Abaye a maudit cela, etc.
💡 Explication

La braita continue à décliner le calendrier. Le cas du vendredi est le plus tendu : le jeûne occupe le dernier jour de la semaine et ne laisse aucun jour pour préparer le chabbat. La braita autorise alors de laver le jeudi, et à défaut le jour même du jeûne, à partir de minha, l'heure de l'après-midi où l'affliction se relâche déjà.

Abaye refuse cet usage et le frappe d'une malédiction, layet. La guemara place la remarque au milieu de la braita, puis en reprend le fil au segment suivant.

🖼️ Schéma
Les trois cas de la braita du calendrier Le neuf av tombe un dimanche La semaine qui suit est entière- ment postérieure au jeûne. On lave toute la semaine. C'est cette clause qui paraît réfuter Chmouel. Du lundi au jeudi La semaine se partage de part et d'autre du jeûne. Avant : interdit. Après : permis. La veille de chabbat Aucun jour ne vient après lui dans la semaine. On lave le jeudi, en l'honneur du chabbat. À défaut : le vendredi, dès minha. Abaye, ou Rav Aha bar Yaakov, a maudit celui qui use de cette dernière permission et lave le jour même du jeûne.
La braita distingue trois positions du neuf av dans la semaine. La dernière clause, qui autorise à laver le jour du jeûne à partir de minha, a été frappée d'une malédiction.
10
חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד. בַּשְּׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי — קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד. תְּיוּבְתָּא דִּשְׁמוּאֵל!

« S'il tombe un lundi ou un jeudi, trois lisent et un lit la haftara. Un mardi ou un mercredi, un seul lit et lui-même lit la haftara.

Rabbi Yossi dit : toujours trois lisent et un lit la haftara. » Réfutation de Chmouel !

📜 Rachi (3)
חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי כּוּ' סֵיפָא דְּהַהִיא בָּרַיְיתָא גוּפָהּ הִיא:
C'est la fin de cette même braita.
וּמַפְטִיר מֵאוֹתָן שְׁלֹשָׁה אַחֲרוֹן מַפְטִיר מִתּוֹךְ שֶׁאֵין מוֹסִיפִין בְּחוֹל יוֹתֵר מג' אֲנָשִׁים וְלֹא בר"ח עַל ד' שֶׁאֵין לָנוּ לְהוֹסִיף אֶלָּא בְּשַׁבָּת ובי"ט כְּדִמְפָרֵשׁ בִּמְגִילָּה (דַּף כא.) וּלְפִיכָךְ קוֹרִין ג' דִּזְמַן סֵפֶר תּוֹרָה הוּא וּבְלָאו הָכִי הֲווּ קָרוּ שְׁלֹשָׁה שֶׁהוּא מִתַּקָּנַת עֶזְרָא לִקְרוֹת בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי כֹּהֵן וְלֵוִי וְיִשְׂרָאֵל:
L'un de ces trois, le dernier, lit la haftara ; car on n'ajoute pas, en semaine, plus de trois appelés, ni à roch hodech plus de quatre : on n'ajoute qu'au chabbat et aux jours de fête, comme cela est expliqué dans Meguila (21a). C'est pourquoi trois lisent, puisque c'est le moment de la lecture du sefer Torah, et de toute façon trois auraient lu, la lecture du lundi et du jeudi étant une institution d'Ezra : un cohen, un levi et un israël.
קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד אֶחָד קוֹרֵא וְהוּא עַצְמוֹ הַמַּפְטִיר קָתָנֵי מִיהַת לְאַחֲרָיו מֻותָּר תְּיוּבְתָּא דִּשְׁמוּאֵל:
Un seul lit, et c'est lui-même qui lit la haftara. En tout cas la braita enseigne qu'après le jeûne c'est permis : réfutation de Chmouel.
🗂️ Tossefot (1)
בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי קוֹרִין שָׁלֹשׁ וּמַפְטִיר אֶחָד. מִכָּאן מוֹכִיחַ רַבֵּינוּ תָּם דְּמַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה מִדְּקָאָמַר קוֹרִין שָׁלֹשׁ וּמַפְטִיר אֶחָד שֶׁמַּפְטִיר אֶחָד מִן הַג' דְּקָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ בִּמְגִילָּה (דַּף כג. וְשָׁם) מַפְטִיר עוֹלֶה לְמִנְיַן שִׁבְעָה אוֹ לֹא מַשְׁמַע מֵהָכָא דְּעוֹלֶה:
« Un lundi et un jeudi, trois lisent et un lit la haftara. » Rabbenou Tam en tire la preuve que le maftir compte dans le nombre des sept appelés : puisqu'il est dit « trois lisent et un lit la haftara », le maftir est l'un de ces trois. La question posée dans Meguila (23a) — le maftir compte-t-il dans le nombre des sept ou non ? — se résout ici : il compte.
💡 Explication

La braita passe à la lecture publique du neuf av. Le lundi et le jeudi portent déjà une lecture instituée par Ezra, avec trois appelés ; les autres jours de semaine n'en portent aucune, et la lecture du jeûne s'y fait par un seul homme, qui lit ensuite la haftara. Rabbi Yossi uniformise à trois appelés.

Le mot qui compte pour la discussion se trouve plus haut, dans la clause « après lui c'est permis » : la braita admet que les jours suivant le jeûne échappent à l'interdit. C'est une réfutation de Chmouel.

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אָמַר לָךְ שְׁמוּאֵל: תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, וְכֵן עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה כָּל צָרְכּוֹ, וּמַעֲלֶה עַל שֻׁולְחָנוֹ אֲפִילּוּ כִּסְעוּדַת שְׁלֹמֹה בִּשְׁעָתוֹ. וְאָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְעַד הַתַּעֲנִית, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כָּל הַחֹדֶשׁ כֻּולּוֹ אָסוּר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא אוֹתָהּ שַׁבָּת בִּלְבָד.

Chmouel te dira : la question oppose des tanaim. Car on a enseigné : le neuf av qui tombe un chabbat, et de même la veille du neuf av qui tombe un chabbat, on mange et on boit tout ce dont on a besoin, et l'on sert sur sa table jusqu'au repas de Chelomo en son temps.

Et il est interdit de se couper les cheveux et de laver depuis roch hodech jusqu'au jeûne, paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : tout le mois est interdit.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : seule cette semaine-là est interdite.

📜 Rachi (2)
וְכֵן עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת אֵינוֹ מַפְסִיק סְעֻודָּתוֹ וְאֵינוֹ מְמַעֵט בַּתַּבְשִׁילִין אֶלָּא אוֹכֵל כָּל צָרְכּוֹ וּמַעֲלֶה עַל שֻׁולְחָנוֹ אַפֵּי' כִּסְעוּדַת שְׁלֹמה בְּשַׁעְתּוֹ דִּפְלוּגְתָּא הִיא בְּמַסֶּכֶת גִּיטִּין בְּפֶרֶק [מִי שֶׁאֲחָזוֹ] (דַּף סח:) דְּאִיכָּא לְמָאֵן דְּאָמַר מֶלֶךְ וְהֶדְיוֹט וּמֶלֶךְ וְאִיכָּא לָמֶ"ד מֶלֶךְ וְהֶדְיוֹט כְּלוֹמַר כְּשֶׁנִּטְרַד שׁוּב לֹא חָזַר לְמַלְכוּתוֹ לְפִיכָךְ הֻוצְרַךְ לוֹמַר בִּשְׁעָתוֹ בִּשְׁעַת מַלְכּוֹ וְתָקְפּוֹ שֶׁהָיָה אוֹכֵל הוּא וְשָׂרָיו ס' כּוֹר סֹולֶת כו':
Il n'interrompt pas son repas et ne réduit pas ses plats ; il mange tout ce dont il a besoin et sert sur sa table jusqu'au repas de Chelomo en son temps. C'est une controverse dans le traité Guitin, au chapitre Mi chéahazo (68b) : pour l'un, Chelomo fut roi, puis homme du commun, puis roi de nouveau ; pour l'autre, il fut roi puis homme du commun, c'est-à-dire qu'une fois chassé il ne revint pas à sa royauté. Il a donc fallu préciser « en son temps », au temps de sa royauté et de sa puissance, lorsqu'il consommait avec ses officiers soixante kor de fleur de farine, etc.
וְעַד הַתַּעֲנִית אַלְמָא דִּסְבִירָא לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר לְפָנָיו אָסוּר לְאַחֲרָיו מֻותָּר וְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבָּן (גַּמְלִיאֵל) סְבִירָא לְהוּ דַּאֲפִילּוּ לְאַחֲרָיו נָמֵי אָסוּר:
Rabbi Meir tient donc qu'avant le jeûne c'est interdit et qu'après lui c'est permis, tandis que Rabbi Yehouda et Rabban Chimon ben Gamliel tiennent que même après lui c'est interdit.
⚖️ Rosh (1)
וְאָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ עַד הַתַּעֲנִית דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר וְר' יְהוּדָה אוֹמֵר כָּל הַחֹדֶשׁ כֻּולּוֹ אָסוּר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא אוֹתָהּ שַׁבָּת בִּלְבָד. אָמַר ר' יוֹחָנָן וּשְׁלָשְׁתָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ שֶׁנֶּאֱמַר (הוֹשֵׁעַ ב׳:י״ג) וְהִשְׁבַּתִּי כָּל מְשׂוֹשָׂהּ חַגָּהּ חָדְשָׁהּ וְשַׁבַּתָּהּ. מַאן דְּאָמַר מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְעַד הַתַּעֲנִית מֵחַגָּהּ. וּמַאן דְּאָמַר כָּל הַחֹדֶשׁ כֻּולּוֹ אָסוּר מֵחֲדָשָׁה. וּמַאן דְּאָמַר אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא אוֹתָהּ שַׁבָּת מִשַּׁבַּתָּהּ. אָמַר רָבָא הֲלָכָה כְּר' מֵאִיר. וְאָמַר רָבָא הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְתַרְוַיְיהוּ לְקֻולָּא. וּצְרִיכָא דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּר' מֵאִיר הֲוָה אֲמִינָא אַפֵּי' מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ קָא מַשְׁמַע לַן הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. וְאִי אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הֲוָה אָמֵינָא אַפֵּי' לְאַחֲרָיו קָא מַשְׁמַע לַן הֲלָכָה כְּר' מֵאִיר:
« Et il est interdit de se couper les cheveux et de laver depuis roch hodech jusqu'au jeûne, paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : tout le mois est interdit. Rabban Chimon ben Gamliel dit : seule cette semaine-là est interdite. » Rabbi Yo'hanan dit : tous les trois ont exposé un seul et même verset, ainsi qu'il est dit (Hochea 2, 13) : « Je ferai cesser toute sa joie, sa fête, sa néoménie et son chabbat ». Celui qui dit depuis roch hodech jusqu'au jeûne le tire de « sa fête » ; celui qui dit que tout le mois est interdit le tire de « sa néoménie » ; celui qui dit que seule cette semaine-là est interdite le tire de « son chabbat ». Rava dit : la halakha suit Rabbi Meir ; et Rava dit : la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel — et ces deux règles vont toutes deux vers l'allègement. Les deux énoncés sont nécessaires : s'il ne nous avait appris que la halakha suit Rabbi Meir, j'aurais dit que l'interdit commence dès roch hodech ; il nous apprend donc que la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel. Et s'il ne nous avait appris que la halakha suit Rabban Chimon ben Gamliel, j'aurais dit que l'interdit s'étend même aux jours qui suivent le jeûne ; il nous apprend donc que la halakha suit Rabbi Meir.
💡 Explication

Chmouel répond que la question est déjà débattue entre tanaim, et il produit une braita à trois avis sur l'étendue des interdits. Rabbi Meir les fait courir de roch hodech av jusqu'au jeûne, et donc s'arrêter avec lui. Rabbi Yehouda les étend au mois entier. Rabban Chimon ben Gamliel les resserre sur la seule semaine du neuf av, jours postérieurs compris.

Rachi dégage la conséquence : les deux derniers avis maintiennent l'interdit après le jeûne, et Chmouel peut s'appuyer sur eux. La braita citée plus haut suit alors Rabbi Meir.

La braita s'ouvre sur une autre règle : lorsque le jeûne, ou sa veille, coïncide avec le chabbat, le repas n'est réduit en rien.

12
וְתַנְיָא אִידָךְ: וְנוֹהֵג אֵבֶל מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְעַד הַתַּעֲנִית, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כָּל הַחֹדֶשׁ כֻּולּוֹ אָסוּר, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא אוֹתָהּ שַׁבָּת בִּלְבָד.

Et l'on a enseigné dans une autre braita : on observe le deuil depuis roch hodech jusqu'au jeûne, paroles de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : tout le mois est interdit.

Rabban Chimon ben Gamliel dit : seule cette semaine-là est interdite.

💡 Explication

Une seconde braita reprend les trois mêmes avis, en parlant cette fois de l'observance du deuil plutôt que des seules coupe de cheveux et lessive. Les positions sont donc stables et portent sur la période elle-même.

13
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּשְׁלָשְׁתָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ, דִּכְתִיב: ״וְהִשְׁבַּתִּי כָּל מְשׂוֹשָׂהּ חַגָּהּ חָדְשָׁהּ וְשַׁבַּתָּהּ״. מַאן דְּאָמַר מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְעַד הַתַּעֲנִית —

Rabbi Yo'hanan dit : tous les trois ont exposé un seul et même verset, ainsi qu'il est écrit : « Je ferai cesser toute sa joie, sa fête, sa néoménie et son chabbat » (Hochea 2, 13). Celui qui dit depuis roch hodech jusqu'au jeûne —

💡 Explication

Rabbi Yo'hanan ramène les trois avis à une source unique : le verset de Hochea énumère trois temps de joie que Hachem fera cesser — hagah, sa fête, hodchah, sa néoménie, chabatah, son chabbat. Chaque tana retient l'un de ces mots et en tire la mesure de la période de deuil.

Le folio s'interrompt sur le premier des trois rattachements. La suite se lit en 30a.

🖼️ Schéma
Un seul verset, trois mesures du deuil Je ferai cesser toute sa joie : sa fête, sa néoménie et son chabbat (Hochea 2, 13) sa fête sa néoménie son chabbat Rabbi Meir De roch hodech jusqu'au jeûne. Après le jeûne : permis. Rabbi Yehouda Tout le mois d'av. La mesure la plus large des trois. Rabban Chimon ben Gamliel La seule semaine du neuf av, jours postérieurs compris. Appui de Chmouel.
Les trois avis se partagent les trois mots du verset de Hochea : la fête donne la période qui va de roch hodech au jeûne, la néoménie donne le mois entier, le chabbat donne la semaine du jeûne.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).