Taanit 3b — Ce qui n'est jamais retenu : rosée, vents et nuages. Les conséquences pour la prière selon la saison, la contradiction des baraitot sur les nuages et les vents, et la hiérarchie des bienfaits qui accompagnent la pluie

Taanit 3b

Sougya : Le folio achève la discussion sur la rosée : puisqu'elle n'est jamais retenue, le serment d'Eliahou ne portait que sur la rosée de bénédiction, et sa restitution n'a pas été annoncée parce qu'elle serait restée imperceptible. Rabbi Yehochoua ben Levi établit ensuite que les vents eux non plus ne sont pas retenus, à partir du verset de Zekharia qui compare Israël aux quatre vents des cieux.

Rabbi Hanina en tire la règle pratique : ce qui n'est jamais retenu n'engage pas la prière, d'où le tableau des mentions qu'il faut reprendre ou non selon la saison, avec le long développement de Tossefot et du Roch sur les cas de doute et le lieu de la réparation. La guemara confronte alors deux baraitot sur les nuages et les vents et les résout par deux distinctions : nuages précoces contre nuages tardifs, vent habituel contre vent inhabituel.

Le folio se termine sur les bienfaits qui suivent la pluie, le vent doux et le soleil, ce qui les gâte, et l'échelle de Rava qui attribue à chaque forme de précipitation son destinataire.

Rabbi Hanina : quelle erreur oblige à recommencer la bénédiction ? Ce qui a été dit ou omis Jours d'été de Nissan jusqu'à Souccot Jours de pluie de Souccot jusqu'à Pessa'h משיב הרוח machiv ha-roua'h : Il fait souffler le vent Dit : on ne fait pas recommencer le vent souffle de toute façon Omis : on ne fait pas recommencer rien n'a été perdu par l'omission מוריד הגשם morid ha-guechem : Il fait descendre la pluie Dit : on le fait recommencer la pluie d'été est un signe de malédiction Omis : on le fait recommencer la pluie est retenue, elle doit être demandée מעביר הרוח ומפריח הטל maavir ha-roua'h oumafriah ha-tal : Il fait passer le vent et envoler la rosée Même cette formule renversée : on ne fait pas recommencer vent et rosée ne sont jamais retenus, la demande inverse reste sans effet Le principe unique qui commande tout le tableau Ce qui n'est jamais retenu ne fait pas l'objet d'une obligation de mention : son omission ne prive de rien, et sa mention hors saison ne demande rien de nuisible. Seule la pluie, qui est retenue, engage la prière.
Le tableau de Rabbi Hanina : mention, omission et saison.
Ce qui est retenu et ce qui ne l'est pas Jamais retenu Rosée : elle tombe même pendant les années de sécheresse Vents : Zekharia 2, 10, comme les quatre vents des cieux Nuages précoces, avant la pluie Vent habituel, roua'h metsouya Conséquence : mention facultative dans la prière Susceptible d'être retenu Pluie : Devarim 11, 17, et il n'y aura pas de pluie Nuages tardifs, après la pluie Vent inhabituel, roua'h cheeina metsouya Les deux derniers sont inclus dans Il fermera les cieux Conséquence : seule la pluie est objet d'obligation La contradiction que la guemara doit résoudre La baraita dit que nuages et vents ne sont pas retenus ; Rav Yossef enseigne que Il fermera les cieux vise justement les nuages et les vents. Réponse pour les nuages Deux catégories : hourfei, les précoces, et aflei, les tardifs. Réponse pour les vents Deux catégories : le vent habituel et le vent inhabituel.
La carte des éléments retenus ou non, et les deux distinctions qui lèvent la contradiction.
Ce qui suit la pluie : bienfait et dommage Bienfait, selon Rav Yehouda Vent après la pluie, zika : comme une pluie Nuage après la pluie, iva : comme une pluie Soleil après la pluie, chimcha : comme deux pluies La baraita dit déjà : nuages et vents sont seconds après la pluie, c'est-à-dire seconds en rang, comme le second du roi. Dommage Vent violent, razia, qui soulève la poussière : c'est la malédiction de Devarim 28, 24 Guilhei de-lelia, la lueur nocturne Chimcha de-beinei kar'hei, le soleil qui perce entre les trouées de nuages L'échelle de Rava : a chaque forme de précipitation son destinataire תלגא tilga, la neige pour les montagnes matra razia la pluie forte pour les arbres matra niha la pluie douce pour les fruits la suite ourpila, la bruine au folio suivant La neige vaut aux montagnes cinq pluies : le verset d'Iyov 37, 6 aligne cinq termes de pluie après le mot neige.
Les suites bénéfiques ou nuisibles de la pluie, et l'échelle de Rava.
1
דְּלָא מִיעְצָר. וְכִי מֵאַחַר דְּלָא מִיעֲצַר, אֵלִיָּהוּ אִשְׁתְּבוֹעֵי לָמָּה לֵיהּ? הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: אֲפִילּוּ טַל בְּרָכָה נָמֵי לָא אָתֵי. וְלִיהַדְּרֵיהּ לְטַל דִּבְרָכָה? מִשּׁוּם דְּלָא מִינַּכְרָא מִילְּתָא.

[La rosée] n'est pas retenue. Et puisqu'elle n'est pas retenue, pourquoi Eliahou a-t-il eu besoin de jurer [qu'il n'y aurait pas de rosée] ?

Voici ce qu'il lui a dit : même la rosée de bénédiction ne viendra pas. Et qu'Il rende [alors] la rosée de bénédiction !

Parce que la chose ne serait pas perceptible.

📜 Rachi (5)
וְלָא מִיעְצָר לְעוֹלָם אֲפִילּוּ בְּאוֹתָן שָׁנִים:
Et elle n'est pas retenue — jamais, même durant ces années-là.
אִישְׁתְּבוֹעֵי לָמָּה לֵיהּ אִם יִהְיֶה הַשָּׁנִים הָאֵלֶּה טַל וּמָטָר כִּי אִם לְפִי דְבָרִי הָא לֹא נֶעְצַר:
Pourquoi a-t-il eu besoin de jurer — [il a juré] qu'il n'y aurait ces années-ci ni rosée ni pluie sinon sur ma parole ; or celle-ci, la rosée, n'est pas retenue.
אֲפִילּוּ טַל דִּבְרָכָה שֶׁיַּצְמִיחַ שׁוּם צֶמַח:
Même la rosée de bénédiction — celle qui fait croître quelque plante.
וְלִיהַדְּרֵיהּ לְטַל דִּבְרָכָה וְלֵימָא וְאֶתֵּנָה טַל וּמָטָר:
Et qu'Il rende la rosée de bénédiction — qu'Il dise donc : Je donnerai rosée et pluie.
דְּלָא מִינַּכְרָא מִילְּתָא דְּהָא טַל הֲוָה מֵעִיקָּרָא וְלֹא הָיָה אַחְאָב הָרָשָׁע מוֹדֶה בַּחֲזִירָה דְּטַל שֶׁל בְּרָכָה דְּאִי הֱוֵה אוֹמֵר וְאֶתֵּנָה טַל וּמָטָר הָיָה אַחְאָב מְקַנְטְרוֹ וְאוֹמֵר לוֹ שֶׁלֹּא נֶעֱצַר:
Car la chose ne serait pas perceptible — puisque la rosée était la dès le départ, et Ahab le mécréant n'aurait pas reconnu le retour de la rosée de bénédiction ; car s'il avait dit : Je donnerai rosée et pluie, Ahab l'aurait provoqué en lui disant qu'elle n'avait jamais été retenue.
💡 Explication

La guemara achève ici le traitement de la rosée. Puisque la rosée n'est jamais retenue, le serment d'Eliahou (Melakhim I 17, 1), qui annonçait ni rosée ni pluie, semble porter sur rien. La réponse restreint la portée du serment : ce qui a cessé est la rosée de bénédiction, celle qui fait pousser, tandis que la rosée ordinaire a continué de tomber.

D'où la seconde question : au moment où la sécheresse prend fin, le verset annonce le retour de la pluie seule ; pourquoi ne pas annoncer aussi le retour de la rosée de bénédiction ? Parce que cette restitution serait restée imperceptible, la rosée ordinaire ayant toujours été là. Rachi ajoute le motif concret : Ahab aurait pu contester l'annonce en objectant que la rosée n'avait jamais cessé.

2
אֶלָּא רוּחוֹת מְנָא לַן דְּלָא מִיעַצְרִי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר קְרָא: ״כִּי כְּאַרְבַּע רוּחוֹת הַשָּׁמַיִם פֵּרַשְׂתִּי אֶתְכֶם נְאֻם ה׳״. מַאי קָאָמַר לְהוּ? אִילֵּימָא הָכִי קָאָמַר לְהוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל: דְּבַדַּרְתִּינְכוּ בְּאַרְבַּע רוּחֵי דְעָלְמָא, אִי הָכִי — ״כְּאַרְבַּע״? ״בְּאַרְבַּע״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: כְּשֵׁם שֶׁאִי אֶפְשָׁר לָעוֹלָם בְּלֹא רוּחוֹת — כָּךְ אִי אֶפְשָׁר לָעוֹלָם בְּלֹא יִשְׂרָאֵל.

Mais les vents, d'où savons-nous qu'ils ne sont pas retenus ? Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : car le verset dit : « Car c'est comme les quatre vents des cieux que Je vous ai dispersés, parole de Hachem » (Zekharia 2, 10).

Que leur dit-il ? Si l'on dit que le Saint béni soit-Il dit ceci à Israël : Je vous ai dispersés aux quatre vents du monde — s'il en est ainsi, pourquoi « comme les quatre » ?

Il aurait fallu dire « aux quatre » ! Il faut donc dire ceci : de même qu'il est impossible au monde d'être sans vents, de même il est impossible au monde d'être sans Israël.

📜 Rachi (3)
אֶלָּא דִּמְכַנֵּיפְנָא לְכוּ מד' רוּחֵי עָלְמָא לָא גָרְסִינַן דְּהָא פֵּרַשְׁתִּי אֶתְכֶם כְּתִיב בִּקְרָא וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּגָרַס לֵיהּ וְהָכִי מִשְׁתְּמַע קְרָא כִּי מד' רוּחוֹת הַשָּׁמַיִם שֶׁפֵּרַשְׁתִּי אֶתְכֶם מִשָּׁם אֲקַבֶּצְכֶם וַאֲרִיכוּת לָשׁוֹן בְּעָלְמָא הוּא דְּלָא כְּתִיב קִיבּוּץ בִּקְרָא:
On ne lit pas « mais que Je vous rassemble des quatre vents du monde », puisque le verset écrit « Je vous ai dispersés ». On peut cependant dire qu'on lit bien ainsi, et le verset s'entendrait : des quatre vents des cieux où Je vous ai dispersés, de là Je vous rassemblerai ; ce serait alors une simple longueur de langage, car le verset ne mentionne aucun rassemblement.
כְּשֵׁם שא"א לְעוֹלָם בְּלֹא רוּחוֹת שֶׁלֹּא יִתְקַיֵּים מֵרֹוב הֶבֶל וַחֲמִימוּת:
De même qu'il est impossible au monde d'être sans vents — car il ne subsisterait pas, sous l'excès de vapeur et de chaleur.
בְּלֹא יִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין הָעוֹלָם מִתְקַייֵּם אֶלָּא בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל וְהָכִי אֲמַר קְרָא כִּי כַּד' רוּחוֹת הַשָּׁמַיִם פֵּרַשְׂתִּי אֶתְכֶם לְרוּחוֹת הָעוֹלָם כְּדֵי שֶׁיִּתְקַיֵּים שֶׁנֶּאֱמַר (יִרְמְיָהוּ לג) אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי:
Sans Israël — car le monde ne subsiste que grâce à Israël. Et voici ce que dit le verset : c'est comme les quatre vents des cieux que Je vous ai dispersés vers les vents du monde, afin qu'il subsiste, ainsi qu'il est dit (Yirmiyahou 33) : Si Mon alliance jour et nuit [n'existait pas], les lois du ciel et de la terre, Je ne les aurais pas posées.
💡 Explication

La démonstration repose sur une seule lettre. Si le verset voulait dire que la dispersion s'est faite vers les quatre points du monde, il aurait fallu la préposition be-. Le texte porte ke-, qui établit une comparaison : Israël est comme les quatre vents.

La comparaison n'a de sens que si les vents sont une donnée permanente du monde. C'est cette permanence que Rabbi Yehochoua ben Levi vient établir, et elle sert immédiatement la halakha : ce qui ne s'arrête jamais n'a pas à être demandé dans la prière.

🖼️ Schéma
Zekharia 2, 10 : une seule lettre commande la lecture כי כארבע רוחות השמים פרשתי אתכם Lecture écartée Je vous ai dispersés aux quatre vents du monde. Cette lecture exigerait la préposition be- Or le texte porte ke-, qui compare. Le verset serait alors une simple indication géographique. Lecture retenue Comme les quatre vents : une comparaison. Le monde ne tient pas sans les vents, le monde ne tient pas sans Israël. Rachi : sans eux, l'excès de vapeur et de chaleur étoufferait le monde. Conséquence pour notre sougya : la comparaison suppose des vents permanents, donc les vents ne sont pas retenus.
La lettre kaf de ke-arba et la conclusion sur la permanence des vents.
3
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: הִלְכָּךְ, בִּימוֹת הַחַמָּה: אָמַר ״מַשִּׁיב הָרוּחַ״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. אָמַר ״מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.

Rabbi Hanina a dit : dès lors, durant les jours d'été, celui qui a dit « Il fait souffler le vent » — on ne le fait pas recommencer ; celui qui a dit « Il fait descendre la pluie » — on le fait recommencer.

📜 Rachi (3)
בִּימוֹת הַחַמָּה מִנִּיסָן עַד הֶחָג:
Durant les jours d'été — de Nissan jusqu'à la fête de Souccot.
מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ דִּבְלָאו הָכִי לָא מִיעְצָר:
Il fait souffler le vent, on ne le fait pas recommencer — car de toute façon [le vent] n'est pas retenu.
מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ דְּמִיעְצָר וְכֵיוָן דִּבְעָא אַמִּיטְרָא לֹא הִתְפַּלֵּל תְּפִלָּתוֹ כַּהֹוגֶן וְחוֹזֵר לְרֹאשׁ הַבְּרָכָה וְאוֹמְרָהּ בְּלֹא מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם לְפִי שֶׁהַגְּשָׁמִים בַּקַּיִץ סִימַן קְלָלָה הֵן מִפְּנֵי הַקָּצִיר:
Il fait descendre la pluie, on le fait recommencer — car elle est retenue ; et puisqu'il a demandé la pluie, il n'a pas prié comme il convient : il revient au début de la bénédiction et la récite sans « Il fait descendre la pluie », car les pluies en été sont un signe de malédiction, à cause de la moisson.
🗂️ Tossefot (1)
בִּימוֹת הַחַמָּה אָמַר מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. אֲבָל אִם דִּילֵּג שֶׁלֹּא אָמַר לֹא גֶּשֶׁם וְלֹא טַל אֵין מַחֲזִירִין וּבִימוֹת הַגְּשָׁמִים לֹא אָמַר מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ לֹא אָמַר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ אָכֵן אִם אָמַר מוֹרִיד הַטַּל בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים אֵין מַחֲזִירִין וְאִם סָפֵק אִם הִזְכִּיר אִם לָאו אִם אֵינוֹ זָכוּר שֶׁלֹּא אָמַר שׁוּם דָּבָר בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים כָּל ל' יוֹם חֲזָקָה מַה שֶׁהוּא לִמּוּד הוּא אוֹמֵר וּמַחֲזִירִין מִסָּפֵק כָּל ל' יוֹם וְכֵן זָכְרֵנוּ וּמִי כָּמוֹךָ וְכָתוּב לַחַיִּים שֶׁאוֹמְרִים מִן הַכֶּסֶה עַד יוֹם הַכִּפּוּרִים מִסָּפֵק מַחֲזִירִין יְרוּשַׁלְמִי בְּשֵׁם רַבִּי חֲנִינָא הָיָה שַׁיָּיךְ בְּגֶשֶׁם וְהִזְכִּיר טַל אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ בְּטַל וְהִזְכִּיר שֶׁל גְּשָׁמִים מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְהָתַנְיָא בַּטַּל וּבָרוּחוֹת לֹא חִיְּיבוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר וְאִם בָּא לְהַזְכִּיר מַזְכִּיר לָא דָּמֵי הַהוּא דִּמְצַלֵּי וּמֵיקֵל לְהַהוּא דְּלָא מְצַלֵּי וְלָא מֵיקֵל וּמְפָרֵשׁ רַבֵּינוּ נְתַנְאֵל טוֹב כְּשֶׁאֵינוֹ מַזְכִּיר לֹא גֶּשֶׁם וְלֹא טַל מִכְּשֶׁהוּא מַזְכִּיר גֶּשֶׁם לְפִי שֶׁהַגְּשָׁמִים סִימַן קְלָלָה בִּימוֹת הַחַמָּה הָיָה שַׁייָּךְ בָּטֵל לֹא הִזְכִּיר לֹא טַל וְלֹא גֶּשֶׁם אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְהַדִּין לְהֵפֶךְ בְּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם דְּאָמַר בַּיְּרוּשַׁלְמִי בְּגֶשֶׁם וְהִזְכִּיר שֶׁל טַל אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְהָתַנְיָא אִם לֹא שָׁאַל בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים אוֹ שֶׁלֹּא אָמַר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים מַחֲזִירִין בְּהַהוּא דְּלָא הִזְכִּיר כְּלָל לֹא טַל וְלֹא מָטָר וּמִשָּׁם הר"ם שֶׁאֵין לוֹמַר בִּימוֹת הַחַמָּה מַשִּׁיב הָרוּחַ דְּהָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בִּימוֹת הַחַמָּה אָמַר מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מִכְּלָל דִּלְכַתְּחִילָּה אֵין לְאוֹמְרוֹ וּמִשּׁוּם הָכֵי אָמַר הר"י בְּשֵׁם א"ז לְעוֹלָם בֵּין בִּימוֹת הַחַמָּה בֵּין בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים מוֹרִיד הַטַּל דִּלְעוֹלָם לָא אָתֵי לִידֵי סָפֵק אָמַר סָפֵק לֹא אָמַר וְהֵיכָא דְּלָא מַזְכִּיר בִּגְבוּרוֹת מַזְכִּיר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה דְּהָכִי קָאָמַר בִּירוּשַׁלְמִי וּמַה שְׁאֵלָה שֶׁהִיא מִדֹּוחַק אוֹמֵר בש"ת הַזְכָּרָה שֶׁהִיא מְרֻווָּח לֹא כ"ש וְכִי הֵיכִי דְּשׁוֹאֲלִין בש"ת הוּא מַזְכִּיר בש"ת וַאֲפִילּוּ הִזְכִּיר קֹודֶם שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה אֵינוֹ אוֹמֵר עַד שֶׁיַּגִּיעַ לש"ת וְהֵיכָא דְּלָא אָמַר בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה אִי נִזְכַּר קֹודֶם שֶׁעָקַר רַגְלָיו חוֹזֵר לש"ת וְאִי לֹא חוֹזֵר לְרֹאשׁ בֵּין לֹא אָמַר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם וּבֵין לֹא אָמַר וְתֵן טַל וּמָטָר (וּמַחֲזִירִין) וְכֵן הֶפְסֵק וְהָנֵי מִילֵּי בְּיָחִיד אֲבָל שְׁלִיחַ צִבּוּר פָּסַק רַבֵּינוּ יְהוּדָה דְּאֵין מַחֲזִירִין לְפִי דְּאֵין מַחֲזִירִין שְׁלִיחַ צִבּוּר אֶלָּא מִשּׁוּם ג' דְּבָרִים מִתְּחִייַּת הַמֵּתִים וּמִבּוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם וּמְבָרֶכֶת וְלַמַּלְשִׁינִים מִשּׁוּם דְּנִרְאֶה כְּכוֹפֵר שָׁמַעְתִּי מִפִּי רַבִּי שְׁלֹמֹה לָא דָּמֵי מְצַלֵּי וּמֵיקֵל לְמָאֵן דְּלָא מְצַלֵּי וְלֹא מֵיקֵל פֵּירוּשׁ מֵיקֵל כְּמוֹ מְקַלֵּל כְּלוֹמַר שֶׁאֵין מַחֲזִירִין אִם לֹא אָמַר וְתֵן טַל וּמָטָר:
Durant les jours d'été, s'il a dit « Il fait souffler le vent », on ne le fait pas recommencer ; « Il fait descendre la pluie », on le fait recommencer. Mais s'il a sauté le passage et n'a dit ni pluie ni rosée, on ne le fait pas recommencer. Et durant les jours de pluie, s'il n'a pas dit « Il fait souffler le vent », on ne le fait pas recommencer ; s'il n'a pas dit « Il fait descendre la pluie », on le fait recommencer. Toutefois, s'il a dit « Il fait descendre la rosée » durant les jours de pluie, on ne le fait pas recommencer. Et s'il y a doute sur ce qu'il a mentionné, ou s'il ne se souvient pas d'avoir rien dit durant les jours de pluie : pendant trente jours, la présomption est qu'il dit ce à quoi il est habitué, et on le fait recommencer en raison du doute pendant tous ces trente jours. De même pour Zokhrenou, Mi khamokha et Oukhtov le-'hayim, que l'on dit de Roch Hachana a Yom Kippour : en cas de doute, on fait recommencer. Le Yerouchalmi, au nom de Rabbi Hanina : s'il se trouvait dans la saison de la pluie et a mentionné la rosée, on ne le fait pas recommencer ; s'il se trouvait dans la saison de la rosée et a mentionné la pluie, on le fait recommencer. Or on a enseigné : pour la rosée et pour les vents, les sages n'ont pas obligé à mentionner, et si l'on vient à mentionner, on mentionne. Celui qui prie et maudit ne ressemble pas à celui qui ne prie ni ne maudit. Rabbenou Netanel explique : mieux vaut ne mentionner ni pluie ni rosée que de mentionner la pluie, car les pluies sont un signe de malédiction durant les jours d'été. S'il se trouvait dans la saison de la rosée et n'a mentionné ni rosée ni pluie, on ne le fait pas recommencer ; et la règle est inverse pour « Il fait descendre la pluie », car il est dit dans le Yerouchalmi que, dans la saison de la pluie, s'il a mentionné la rosée, on ne le fait pas recommencer. Et ce qui a été enseigné : s'il n'a pas demandé dans la bénédiction des années, ou s'il n'a pas dit les puissances des pluies, on le fait recommencer — cela vise celui qui n'a rien mentionné du tout, ni rosée ni pluie. Et au nom du Ram : il ne faut pas dire « Il fait souffler le vent » durant les jours d'été, puisque Rabbi Hanina a dit que, durant les jours d'été, celui qui a dit « Il fait souffler le vent », on ne le fait pas recommencer — ce qui implique qu'a priori il ne faut pas le dire. C'est pourquoi le Ri a dit au nom de l'Avi ha-Ezri : que l'on dise toujours « Il fait descendre la rosée », aussi bien durant les jours d'été que durant les jours de pluie, ainsi on n'arrive jamais au doute de savoir si on l'a dit ou non. Et lorsqu'il n'a pas mentionné dans la bénédiction des puissances, il mentionne dans Chomea Tefila, car ainsi dit le Yerouchalmi : si la demande, qui relève de la contrainte, se dit dans Chomea Tefila, la mention, qui est plus large, à plus forte raison. Et de même qu'on demande dans Chomea Tefila, il mentionne dans Chomea Tefila ; et même s'il s'en est souvenu avant Chomea Tefila, il ne le dit qu'en y arrivant. Et lorsqu'il ne l'a pas dit dans Chomea Tefila : s'il s'en souvient avant d'avoir bougé les pieds, il revient à Chomea Tefila ; sinon, il revient au début, aussi bien s'il n'a pas dit « Il fait descendre la pluie » que s'il n'a pas dit « Donne rosée et pluie » (et on le fait recommencer). Telle est la décision. Et cela vaut pour un particulier ; mais pour l'officiant, Rabbenou Yehouda a tranché qu'on ne le fait pas recommencer, car on ne fait recommencer l'officiant que pour trois choses : la résurrection des morts, la reconstruction de Jérusalem et la bénédiction contre les délateurs, parce que [les omettre] à l'apparence d'un reniement. J'ai entendu de la bouche de Rabbi Chelomo : celui qui prie et mikal ne ressemble pas à celui qui ne prie ni ne mikal ; explication : mikal a le sens de mekalel, maudit, c'est-à-dire qu'on ne le fait pas recommencer s'il n'a pas dit « Donne rosée et pluie ».
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' תְּנָא בַּטַּל וּבָרוּחוֹת לֹא הֶחְמִירוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר וְאִם בָּא לְהַזְכִּיר מַזְכִּיר מַאי טַעְמָא א"ר חֲנִינָא לְפִי שֶׁאֵין נֶעֱצָרִין א"ר חֲנִינָא (הָעֻובָּר לִפְנֵי הַתֵּיבָה) בִּימוֹת הַחַמָּה וְאוֹמֵר מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ וְיַחֲזֹור לְרֹאשׁ הַבְּרָכָה. וְאִם סִיֵּים הַבְּרָכָה יַחְזֹור לְרֹאשׁ הַתְּפִלָּה דְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת אַחַת הֵן. בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים לֹא אָמַר מַשִּׁיב הָרוּחַ אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ לֹא אָמַר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. כָּתַב רַבֵּינוּ אבי"ה זַ"ל דְּאֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור לְרֹאשׁ הַבְּרָכָה אֶלָּא חוֹזֵר וְאוֹמֵר מַשִּׁיב הָרוּחַ מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מְכַלְכֵּל. וְלָא דָּמֵי לְאוֹמֵר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם דְּחוֹזֵר לְרֹאשׁ הַבְּרָכָה דְּהָתָם אִם הָיָה חוֹזֵר לִמְכַלְכֵּל חַיִּים לֹא הָיָה מְבַטֵּל מַה שֶׁהִזְכִּיר שֶׁלֹּא כְּדִין אֶלָּא חוֹזֵר לְרֹאשׁ הַבְּרָכָה וְאֵינוֹ מַזְכִּיר וְלִי נִרְאֶה דְּהָא דְּקָאָמַר לֹא אָמַר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם מַחֲזִירִין אוֹתוֹ הַיְינוּ אִם סִייֵּם כָּל הַבְּרָכָה וְאָז חוֹזֵר לְרֹאשׁ הַתְּפִלָּה אֲבָל אִם נִזְכַּר קֹודֶם שֶׁסִּייֵּם הַבְּרָכָה אוֹמֵר בַּמָּקוֹם שֶׁנִּזְכַּר שֶׁלֹּא קָבְעוּ חֲכָמִים מָקוֹם לְהַזְכָּרָה בְּתוֹךְ הַבְּרָכָה אֶלָּא אָמְרוּ מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִייַּת הַמֵּתִים אֶלָּא שֶׁנָּהֲגוּ הָעוֹלָם לְאוֹמְרָהּ לִפְנֵי מְכַלְכֵּל חַיִּים לְפִי שֶׁהַגְּשָׁמִים כַּלְכָּלָה וּפַרְנָסָה. אֲבָל אִם לֹא אֲמָרָהּ לִפְנֵי מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּכָל הַבְּרָכָה מְקוֹמָהּ () כָּתַב רַבֵּינוּ אבי"ה זַ"ל שֶׁאִם סִיֵּים בִּרְכַּת מְחַיֶּה הַמֵּתִים וְלֹא הִזְכִּיר וַעֲדַייִן לֹא הִתְחִיל אִתָּהּ קָדוֹשׁ אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹור אֶלָּא יֹאמַר מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם וּמַתְחִיל אַתָּה קָדוֹשׁ. וְכֵן בִּשְׁאֵלָה אִם נִזְכַּר קֹודֶם שֶׁהִתְחִיל תָּקַע בַּשּׁוֹפָר אוֹמֵר וְתֵן טַל וּמָטָר וְאוֹמֵר תָּקַע בַּשּׁוֹפָר כִּדְאָמְרִינַן פ' שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ (בְּרָכוֹת דַּף מט:) טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל ר"ח אוֹמֵר בָּרוּךְ שֶׁנָּתַן רָאשֵׁי חֳדָשִׁים לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל וְכֵן בְּשַׁבָּת וְכֵן בי"ט. לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא פָּתַח בְּהַטּוֹב וְהַמֵּטִיב אֲבָל פָּתַח בְּהַטּוֹב וְהַמֵּטִיב חוֹזֵר לָרֹאשׁ. יְרוּשַׁלְמִי (הֵל' א) הַמִּתְפַּלֵּל וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ מָה הִזְכִּיר א"ר יוֹחָנָן כָּל שְׁלֹשִׁים יוֹם חֲזָקָה מַה שֶׁהוּא לָמוּד מַזְכִּיר וְכֵן הַדִּין נָמֵי אַחַר שֶׁהִפְסִיק וַדַּאי הִזְכִּיר וְחוֹזֵר. הַהִיא דִּירוּשַׁלְמִי הָיָה עוֹמֵד בְּגֶשֶׁם וְהִזְכִּיר בָּטֵל וְכוּ'. וְדִין טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים וְלֹא שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר כָּתַבְתִּי בִּבְרָכוֹת בְּפֶ' תְּפִלַּת הַשַּׁחַר (סִי' יד):
Guemara : il a été enseigné que, pour la rosée et pour les vents, les sages n'ont pas imposé de mentionner, et si l'on vient à mentionner, on mentionne. Quelle en est la raison ? Rabbi Hanina a dit : parce qu'ils ne sont pas retenus. Rabbi Hanina a dit : [celui qui passe devant l'arche] durant les jours d'été et dit « Il fait souffler le vent », on ne le fait pas recommencer ; « Il fait descendre la pluie », on le fait recommencer, et il revient au début de la bénédiction. Et s'il a achevé la bénédiction, il revient au début de la prière, car les trois premières bénédictions n'en font qu'une. Durant les jours de pluie, s'il n'a pas dit « Il fait souffler le vent », on ne le fait pas recommencer ; s'il n'a pas dit « Il fait descendre la pluie », on le fait recommencer. Rabbenou Avia, de mémoire bénie, a écrit qu'il n'a pas besoin de revenir au début de la bénédiction, mais qu'il reprend en disant « Il fait souffler le vent, Il fait descendre la pluie, Il nourrit ». Et cela ne ressemble pas au cas de celui qui a dit « Il fait descendre la pluie » [en été] et qui revient au début de la bénédiction : là, s'il revenait à « Il nourrit les vivants », il n'annulerait pas ce qu'il a mentionné indûment ; il revient donc au début de la bénédiction et ne le mentionne pas. Et il me semble que, lorsqu'il est dit « s'il n'a pas dit Il fait descendre la pluie, on le fait recommencer », il s'agit du cas où il a achevé toute la bénédiction, et alors il revient au début de la prière ; mais s'il s'en souvient avant d'avoir achevé la bénédiction, il le dit à l'endroit où il s'en souvient, car les sages n'ont pas fixé de place à cette mention à l'intérieur de la bénédiction : ils ont seulement dit que l'on mentionne les puissances des pluies dans la bénédiction de la résurrection des morts. L'usage s'est répandu de la dire avant « Il nourrit les vivants », parce que les pluies sont subsistance et nourriture ; mais s'il ne l'a pas dite avant « Il nourrit les vivants », sa place est partout dans la bénédiction. Rabbenou Avia, de mémoire bénie, a écrit que s'il a achevé la bénédiction « qui fait vivre les morts » sans avoir mentionné, et qu'il n'a pas encore commencé « Tu es saint », il n'a pas besoin de recommencer : il dit « Il fait souffler le vent et Il fait descendre la pluie », puis commence « Tu es saint ». De même pour la demande : s'il s'en souvient avant d'avoir commencé « Sonne du chofar », il dit « Donne rosée et pluie », puis dit « Sonne du chofar », comme nous le disons au chapitre Chelocha che-akhelou (Berakhot 49b) : celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné Roch Hodech dit « Béni soit Celui qui a donné des débuts de mois à Son peuple Israël », et de même pour chabbat et pour les fêtes ; on n'a enseigné cela que s'il n'a pas encore commencé « Ha-tov ve-ha-metiv », mais s'il a commencé « Ha-tov ve-ha-metiv », il revient au début. Yerouchalmi (halakha 1) : celui qui prie et ne sait pas ce qu'il a mentionné — Rabbi Yo'hanan a dit : pendant trente jours, la présomption est qu'il mentionne ce à quoi il est habitué ; et telle est aussi la règle après qu'il a cessé [son habitude] : il a certainement mentionné [l'ancienne formule] et il recommence. Et il y a ce passage du Yerouchalmi : il se tenait dans la saison de la pluie et a mentionné la rosée, etc. Quant à la règle de celui qui s'est trompé et n'a pas mentionné les puissances des pluies dans la bénédiction de la résurrection des morts, ni demandé dans la bénédiction des années, et à la question de savoir où il reprend, je l'ai écrite dans Berakhot, chapitre Tefilat ha-chahar (siman 14).
💡 Explication

Voici la retombée pratique de tout ce qui précède. Le vent souffle en toute saison : le mentionner en été demande une chose déjà présente, et la prière reste valable. La pluie d'été relève au contraire de la malédiction, à cause de la moisson ; celui qui la demande a prié de travers et doit reprendre.

Rachi précise l'étendue des jours d'été : de Nissan jusqu'à la fête de Souccot. Il précise aussi l'ampleur de la réparation : on revient au début de la bénédiction et on la redit sans la mention fautive.

4
בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים: לֹא אָמַר ״מַשִּׁיב הָרוּחַ״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. לֹא אָמַר ״מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא אֲפִילּוּ אָמַר ״מַעֲבִיר הָרוּחַ וּמַפְרִיחַ הַטַּל״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.

Durant les jours de pluie : s'il n'a pas dit « Il fait souffler le vent » — on ne le fait pas recommencer ; s'il n'a pas dit « Il fait descendre la pluie » — on le fait recommencer. Et plus encore : même s'il a dit « Il fait passer le vent et fait envoler la rosée » — on ne le fait pas recommencer.

📜 Rachi (3)
מַעֲבִיר הָרוּחַ שֶׁלֹּא יְנַשֵּׁב:
Il fait passer le vent — pour qu'il ne souffle plus.
וּמַפְרִיחַ הַטַּל שֶׁלֹּא יֵרֵד:
Et fait envoler la rosée — pour qu'elle ne descende plus.
אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ דְּלָא מִיעַצְרִי:
On ne le fait pas recommencer — car ils ne sont pas retenus.
💡 Explication

Le second volet du tableau examine la saison des pluies. L'omission du vent reste sans conséquence, l'omission de la pluie oblige à reprendre. Le ve-lo od, plus encore, pousse la règle à sa limite : même une formule qui demande explicitement la suppression du vent et de la rosée laisse la prière valable.

La raison tient au principe général : une demande portant sur ce qui échappe à la retenue reste sans objet. La prière garde alors toute sa forme, et rien ne manque à la bénédiction.

5
תְּנָא: בֶּעָבִים וּבָרוּחוֹת לֹא חִייְּבוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר, וְאִם בָּא לְהַזְכִּיר — מַזְכִּיר, מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם דְּלָא מִיעַצְרִי.

Il a été enseigné : pour les nuages et pour les vents, les sages n'ont pas obligé à mentionner ; et si l'on vient à mentionner, on mentionne. Quelle en est la raison ?

Parce qu'ils ne sont pas retenus.

📜 Rachi (1)
בְּעָבִים מִקֶּשֶׁר עָבִים:
Pour les nuages — [la formule] « Il noue les nuages ».
💡 Explication

Cette baraita élargit la règle aux nuages. La formule de mention correspondante, selon Rachi, est mekacher avim, Il noue les nuages. La structure est la même que pour la rosée : mention facultative, fondée sur le fait que l'élément n'est jamais retenu.

6
וְלָא מִיעַצְרִי? וְהַתָּנֵי רַב יוֹסֵף: ״וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם״ — מִן הֶעָבִים וּמִן הָרוּחוֹת. אַתָּה אוֹמֵר מִן הֶעָבִים וּמִן הָרוּחוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא מִן הַמָּטָר? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְלֹא יִהְיֶה מָטָר״ — הֲרֵי מָטָר אָמוּר, הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם״ — מִן הֶעָבִים וּמִן הָרוּחוֹת.

Et ne sont-ils pas retenus ? Mais Rav Yossef a enseigné : « Il fermera les cieux » (Devarim 11, 17) — des nuages et des vents.

Tu dis : des nuages et des vents ; ou peut-être uniquement de la pluie ? Lorsqu'il dit « et il n'y aura pas de pluie », la pluie est déjà dite ; comment donc maintenir « Il fermera les cieux » ?

Des nuages et des vents.

📜 Rachi (1)
לְמֵימְרָא דְּלָא מִיעַצְרִי לְפִיכָךְ לֹא חִייְּבוּהוּ לְהַזְכִּיר:
C'est-à-dire qu'ils ne sont pas retenus — c'est pourquoi on ne l'a pas obligé à les mentionner.
💡 Explication

L'objection vient d'une baraita de Rav Yossef qui lit le verset de la seconde section du Chema. Le verset énonce deux choses : la fermeture des cieux et l'absence de pluie. Puisque la pluie est nommée dans la seconde partie, la première doit viser autre chose, et cet autre chose est précisément les nuages et les vents.

Le procédé est une règle de lecture classique : deux expressions voisines reçoivent chacune un contenu distinct. Il en résulte que nuages et vents peuvent bien être retenus, ce qui contredit frontalement la baraita précédente.

7
קַשְׁיָא רוּחוֹת אַרוּחוֹת, קַשְׁיָא עָבִים אַעָבִים! עָבִים אַעָבִים לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּחָרְפֵי, הָא — בְּאַפְלֵי.

Difficulté des vents contre les vents, difficulté des nuages contre les nuages ! Les nuages contre les nuages, pas de difficulté : ici il s'agit des [nuages] précoces, là des tardifs.

📜 Rachi (2)
בְּחָרְפֵי עָבִים בַּכִּירוֹת הַבָּאִים לִפְנֵי הַמָּטָר אֵינָן עֲצוּרוֹת:
Les précoces — les nuages hâtifs qui viennent avant la pluie ; ceux-là ne sont pas retenus.
בְּאַפְלֵי הַבָּאוֹת מְאֻוחָרוֹת לְאַחַר הַמָּטָר דִּשְׁנִיּוֹת לְמָטָר הֵן כְּדִלְקַמָּן וּבְהָנְהוּ כְּתִיב וְעָצַר וְכֵיוָן דְּאֵין כֻּולָּם נֶעְצָרוֹת לֹא חִיְּיבוּ לְהַזְכִּיר:
Les tardifs — ceux qui viennent plus tard, après la pluie, et qui sont seconds après la pluie comme il est dit plus loin ; c'est d'eux qu'il est écrit « Il fermera ». Et puisqu'ils ne sont pas tous retenus, on n'a pas obligé à mentionner.
🗂️ Tossefot (1)
הָא בְּחָרְפֵי. פִּי' הָא דְּאָמַר נֶעְצָרִים הַיְינוּ בְּחָרִיפֵי כְּלוֹמַר בְּפֵירוֹת הַמִּתְבַּכְּרוֹת וְכוּ' אֲבָל בְּאַפְלֵי בִּמְאֻוחָרוֹת לָא מִיעַצְרִי:
Ici, les précoces — explication : ce dont il a été dit qu'ils sont retenus concerne les précoces, c'est-à-dire [les nuages liés] aux fruits qui mûrissent tôt, etc. ; mais les tardifs, ceux qui viennent en retard, ne sont pas retenus.
💡 Explication

La guemara formule la double contradiction, puis résout le volet des nuages par une distinction de moment. Selon Rachi, les nuages hourfei, précoces, précèdent la pluie et ne sont jamais retenus ; les nuages aflei, tardifs, viennent après la pluie, et c'est d'eux que parle le verset de la fermeture des cieux.

Rachi tire de là le fondement de la règle pratique : une catégorie de nuages échappant à la retenue, la mention reste facultative. Tossefot renverse l'attribution, ce qui laisse la halakha identique mais change la lecture des deux baraitot.

8
רוּחוֹת אַרוּחוֹת לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּרוּחַ מְצוּיָה, הָא — בְּרוּחַ שֶׁאֵינָהּ מְצוּיָה. רוּחַ שֶׁאֵינָהּ מְצוּיָה חַזְיָא לְבֵי דָרֵי! אֶפְשָׁר בְּנָפְוָותָא.

Les vents contre les vents, pas de difficulté : ici il s'agit d'un vent habituel, là d'un vent qui n'est pas habituel. Un vent qui n'est pas habituel est pourtant utile à l'aire de battage !

Il est possible [de faire] avec les cribles.

📜 Rachi (3)
שֶׁאֵינָהּ מְצוּיָה כְּתִיב וְעָצַר וְאַפֵּ"ה לֹא חִייְּבוּהוּ לְהַזְכִּיר דְּסַגִּי לֵיהּ בִּמְצוּיָה רוּחוֹת לָא מָצֵי לְתָרוּצֵי הָא בְּחָרְפֵי הָא בְּאַפְלֵי דְּרוּחַ בֵּין בְּמָטָר בֵּין בְּלֹא מָטָר לָא מִיעְצָר כְּגוֹן רוּחַ מְצוּיָה:
Qui n'est pas habituel — c'est de lui qu'il est écrit « Il fermera », et malgré cela on n'a pas obligé à le mentionner, car le vent habituel suffit. Pour les vents, on ne pouvait pas répondre « ici les précoces, là les tardifs », car le vent, avec pluie ou sans pluie, n'est pas retenu — tel le vent habituel.
רוּחַ שֶׁאֵינָהּ מְצוּיָה נָמֵי חַזְיָא לְבֵי דָּרֵי לַגֹּורֶן לִזְרוֹת הַקַּשִּׁין מִן הַתְּבוּאָה וְנִחַיַּיב לְהַזְכִּיר:
Un vent qui n'est pas habituel est lui aussi utile à l'aire — à l'aire de battage, pour séparer la paille du grain ; qu'on oblige donc à le mentionner !
אֶפְשָׁר בְּנָפְוָותָא וו"ן בְּלַעַ"ז בְּנָפָה וּכְבָרָה:
Il est possible avec les cribles — van en langue vulgaire ; avec le tamis et le crible.
🗂️ Tossefot (1)
רוּחוֹת אַרוּחוֹת לָא קַשְׁיָא הָא בְּרוּחַ וְכוּ'. וה"ה דְּמָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי הָא בְּחָרִיפֵי הָא בְּאַפְלֵי אֶלָּא שַׁפִּיר קָא מְשַׁנֵּי לֵיהּ הָא בְּרוּחַ מְצוּיָה וְכוּ':
Les vents contre les vents, pas de difficulté : ici un vent, etc. — et il aurait tout aussi bien pu répondre « ici les précoces, là les tardifs » ; mais il répond à bon droit « ici un vent habituel », etc.
💡 Explication

Pour les vents, la distinction porte sur l'intensité : le roua'h metsouya, vent habituel, souffle toujours ; le roua'h cheeina metsouya, vent fort et rare, peut être retenu, et c'est de lui que parle le verset. Rachi explique pourquoi la distinction des nuages ne convenait pas ici : le vent habituel souffle avec ou sans pluie, indifféremment de tout calendrier.

Une objection suit : le vent fort sert à vanner le grain sur l'aire, il répond donc à un besoin réel et mériterait d'être demandé. La réponse ramène ce besoin à une commodité, puisque le van et le crible font le même travail, ce qui suffit à écarter l'obligation de mention.

🖼️ Schéma
Les deux contradictions et leurs deux réponses Nuages : distinction de moment hourfei, précoces — avant la pluie aflei, tardifs — après la pluie Rachi : les précoces ne sont pas retenus, les tardifs le sont. Tossefot : l'inverse, les précoces sont retenus. Dans les deux lectures, une catégorie échappe à la retenue. Vents : distinction d'intensité roua'h metsouya, vent habituel — jamais retenu roua'h cheeina metsouya, vent rare — retenu Rachi : la distinction des nuages ne marche pas ici, car le vent habituel souffle avec ou sans pluie. Tossefot : elle aurait pu marcher, mais celle-ci vaut mieux. Objection Le vent rare sert à vanner le grain sur l'aire. Réponse Le van et le crible font le même travail. Le résultat halakhique Une part de ces phénomènes n'est jamais retenue, donc les sages laissent leur mention facultative. Seule la pluie, retenue dans tous les cas, reste l'objet d'une obligation dans la prière.
Nuages et vents : deux distinctions, et la place de Rachi et de Tossefot.
9
תַּנָּא: הֶעָבִים וְהָרוּחוֹת שְׁנִיּוֹת לַמָּטָר. הֵיכִי דָמֵי? אָמַר עֻולָּא, וְאִיתֵּימָא רַב יְהוּדָה: דְּבָתַר מִיטְרָא. לְמֵימְרָא דִּמְעַלְּיוּתָא הִיא? וְהָכְתִיב: ״יִתֵּן ה׳ אֶת מְטַר אַרְצְךָ אָבָק וְעָפָר״, וְאָמַר עֻולָּא וְאִיתֵּימָא רַב יְהוּדָה: זִיקָא דְּבָתַר מִטְרָא!

Il a été enseigné : les nuages et les vents sont seconds après la pluie. De quel cas s'agit-il ?

Oulla a dit, et certains disent Rav Yehouda : de ceux qui viennent après la pluie. Est-ce à dire que c'est une qualité ?

Mais il est écrit : « Hachem donnera pour pluie de ta terre poussière et poudre » (Devarim 28, 24), et Oulla a dit, et certains disent Rav Yehouda : c'est le vent qui vient après la pluie !

📜 Rachi (6)
שְׁנִיּוֹת כִּמְעַט שֶׁמּוֹעִילוֹת כַּמָּטָר עַצְמוֹ:
Seconds — elles sont presque aussi utiles que la pluie elle-même.
מַאי הִיא אֵי זֶה עָבִים וְרוּחוֹת קָאָמַר דִּשְׁנִיּוֹת לְמָטָר:
De quel cas s'agit-il — de quels nuages et de quels vents parle-t-il, qui seraient seconds après la pluie.
אָמַר עֻולָּא וְאִיתֵּימָא רַב יְהוּדָה דְּבָתַר מִיטְרָא עָבִים וְרוּחוֹת שֶׁלְּאַחַר הַמָּטָר:
Oulla a dit, et certains disent Rav Yehouda, de ceux qui viennent après la pluie — les nuages et les vents qui suivent la pluie.
זִיקָא ל"ג הָכָא:
« Zika » : on ne lit pas ce mot ici.
יִתֵּן ה' אֶת מְטַר אַרְצְךָ אָבָק וְעָפָר וְגוֹ':
« Hachem donnera pour pluie de ta terre poussière et poudre », etc.
זִיקָא דְּבָתַר מִיטְרָא שֶׁהָרוּחַ מַעֲלֶה אָבָק אַחַר הַגְּשָׁמִים וְנִדְבָּק בַּתְּבוּאָה:
Le vent qui vient après la pluie — car le vent soulève la poussière après les pluies, et elle se colle au grain.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁנִיּוֹת לְמָטָר. שְׁנִיּוֹת בְּמַעֲלָה כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי מִשְׁנֶה לַמֶּלֶךְ:
Seconds après la pluie — seconds en rang, comme les gens disent : le second du roi.
💡 Explication

La guemara passe à un autre aspect des nuages et des vents : leur utilité. La baraita les place au second rang après la pluie, et Tossefot précise le sens de cheniyot : seconds en dignité, comme on dit « le second du roi ».

La difficulté vient de la section des malédictions : la pluie changée en poussière désigne, selon la même tradition de Oulla, le vent qui suit la pluie. Le même phénomène figure donc à la fois parmi les bienfaits et parmi les malédictions.

10
לָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲתָא נִיחָא, הָא דַּאֲתָא רַזְיָא. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הָא דְּמַעֲלֶה אָבָק, הָא דְּלָא מַעֲלֶה אָבָק.

Pas de difficulté : ici il vient doucement, là il vient avec violence. Et si tu veux, dis : ici il soulève la poussière, là il ne soulève pas la poussière.

📜 Rachi (2)
ה"ג הָא דַּאֲתָא נִיחָא הָא דַּאֲתָא רַזְיָא כְּשֶׁיֵּרֵד בְּנַחַת אֵינוֹ מַעֲלֶה אָבָק:
Telle est la leçon : ici il vient doucement, là il vient avec violence — lorsqu'il descend avec douceur, il ne soulève pas de poussière.
רַזְיָא בְּכֹחַ וְלָא גָּרְסִינַן וְאִי בָּעֵית אֵימָא הָא וְהָא כו' אֶלָּא ה"ג הָא דְּמַעֲלֶה אָבָק הָא דְּלָא מַעֲלֶה אָבָק וְהַיְינוּ הַךְ:
Razia — avec force. Et on ne lit pas « et si tu veux, dis : ceci et cela, etc. », mais telle est la leçon : « ici il soulève la poussière, là il ne soulève pas la poussière » — et cela revient au même.
🗂️ Tossefot (1)
הָא דַּאֲתָא נִיחָא. פִּי' כְּשֶׁיּוֹרְדוֹת בְּנַחַת חֲשׁוּבָה כָּאן בְּרַזְיָא כְּלוֹמַר בְּחֹוזֶק וְאָז אֵינָהּ טוֹבָה:
Ici il vient doucement — explication : lorsqu'elles descendent avec douceur, c'est appréciable ; ici c'est razia, c'est-à-dire avec force, et alors ce n'est pas bon.
💡 Explication

La résolution distingue deux manières de souffler. Le vent qui vient niha, avec douceur, prolonge le bienfait de la pluie ; le vent razia, violent, soulève la poussière qui se colle au grain humide et gâte la récolte.

Rachi signale que la seconde réponse revient au même et note une divergence de guirsa : selon sa leçon, le texte porte directement le critère de la poussière.

11
וְאָמַר רַב יְהוּדָה: זִיקָא דְּבָתַר מִיטְרָא — כְּמִיטְרָא. עֵיבָא דְּבָתַר מִיטְרָא — כְּמִיטְרָא. שִׁימְשָׁא דְּבָתַר מִיטְרָא — כִּתְרֵי מִטְרֵי. לִמְעוּטֵי מַאי? לִמְעוּטֵי גִּילְהֵי דְּלֵילְיָא, וְשִׁמְשָׁא דְּבֵינֵי קַרְחֵי.

Et Rav Yehouda a dit : le vent qui suit la pluie est comme la pluie ; le nuage qui suit la pluie est comme la pluie ; le soleil qui suit la pluie vaut deux pluies. Que vient-il exclure ?

Il vient exclure la lueur de la nuit et le soleil qui perce entre les trouées.

📜 Rachi (4)
כְּמִיטְרָא שְׁנִיּוֹת לְמָטָר כִּדְקָתָנֵי בַּתּוֹסֶפְתָּא:
Comme la pluie — seconds après la pluie, comme l'enseigne la tossefta.
לִמְעוּטֵי מַאי מֵאַחַר דְּכֻולְּהוּ כְּמִיטְרָא מַאי קָמָעֲטִינַן דְּהָוֵי בָּתְרֵיהּ וְלָא הָוֵי כְּמִיטְרָא:
Que vient-il exclure — puisque tous sont comme la pluie, qu'excluons-nous donc, qui vient après elle et ne vaut pas la pluie ?
גִּילְהֵי דְּלֵילְיָא אישלושטר"א בְּלַעַ"ז בְּגִילְהֵי הֲוָה קָאֵי בְּמַס' (פְּסָחִים דַּף יג.) וְרֹוב גִּילְהֵי בְּלֵילְיָא שְׁכִיחַ:
Guilhei de-lelia — [terme] en langue vulgaire ; il s'agit du guilhei dont il est question dans le traité Pessahim 13a, et la plupart des guilhei se rencontrent la nuit.
וּבְיוֹמָא שִׁמְשָׁא דְּבֵינֵי קַרְחֵי שֶׁבֵּין הֶעָבִים שֶׁנִּרְאֶה בְּמָקוֹם אֶחָד אוֹרָה וּבְמָקוֹם אַחֵר מְעֻונָּן כְּקֹרַח שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׂעָרוֹת בְּמָקוֹם אֶחָד וְקָרְחָה בְּמָקוֹם אַחֵר:
Et de jour, le soleil d'entre les trouées — celui qui paraît entre les nuages, de sorte qu'à un endroit il y a de la clarté et à un autre le ciel est couvert, comme un chauve qui a des cheveux à un endroit et une calvitie à un autre.
🗂️ Tossefot (2)
גִּילְהֵי דְּלֵילְיָא. פִּי' זְרִיחַת הַלַּיְלָה שֶׁקּוֹרִין לנישו"ר בְּלַעַ"ז:
Guilhei de-lelia — explication : la clarté de la nuit, qu'on appelle lanichour en langue vulgaire.
וְשִׁמְשָׁא דְּבֵינֵי קַרְחֵי. פִּי' כְּמוֹ דְּבַר קָרְחָה שֶׁמִּכָּאן וּמִכָּאן יוֹרְדִין הַגְּשָׁמִים וְהַשֶּׁמֶשׁ זוֹרֵחַ בְּאֶמְצַע זֶה הַשֶּׁמֶשׁ לֹא מֵעָלַי:
Et le soleil d'entre les trouées — explication : comme une chose chauve, de part et d'autre les pluies tombent et le soleil brille au milieu ; ce soleil-là ne vaut rien.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שִׁמְשָׁא דְּבָתַר מִיטְרָא, כִּתְרֵי מִיטְרֵי. נִרְאֶה לִי בס"ד הַמָּטָר הוּא בְּקַו הַגְּבוּרָה שֶׁהוּא קַו אֶחָד כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְנוּ בס"ד לְעֵיל עַל מַאֲמַר 'שֶׁיּוֹרְדִין בִּגְבוּרָה' כִּי הוּא שֶׁפַע הַפַּרְנָסָה שֶׁמִּשְׁתַּלְשֵׁל מִן הַבִּינָה לִגְבוּרָה אֲבָל הַשֶּׁמֶשׁ הוּא בְּסוֹד הַתִּפְאֶרֶת שֶׁהוּא קַו הָאֶמְצָעִי שֶׁכּוֹלֵל שְׁנֵי קַוִּין יָמִין וּשְׂמֹאל וּלְכָךְ אָמַר שִׁמְשָׁא דְּבָתַר מִיטְרָא כִּתְרֵי מִיטְרֵי.
« Le soleil qui suit la pluie vaut deux pluies. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la pluie se tient dans le kav ha-guevoura, la ligne de rigueur, qui est une ligne unique, comme nous l'avons écrit plus haut sur l'énoncé « elles descendent avec guevoura » : car elle est le chefa, l'influx de la parnassa, qui descend par degrés de la bina vers la guevoura. Le soleil, lui, se tient dans le sod de la tiferet, qui est la ligne médiane et comprend les deux lignes, la droite et la gauche. C'est pourquoi il a dit : le soleil qui suit la pluie vaut deux pluies.
💡 Explication

Rav Yehouda établit une échelle de bienfaits : vent et nuage valent une pluie, le soleil en vaut deux. La question lemaoutéi mai cherche ce que cette énumération exclut, puisque tout ce qui suit la pluie semble déjà compté.

Deux exclusions sont données. Le guilhéi de-lélia est une clarté nocturne que Rachi rattache à un passage de Pessahim. Le chimcha de-beinei kar'hei est le soleil qui perce par endroits entre les nuages, image que Rachi rend par la tête à moitié chauve : lumière ici, couverture là. Selon Tossefot, la pluie tombe de part et d'autre pendant que le soleil brille au milieu.

12
אָמַר רָבָא: מְעַלֵּי תַּלְגָא לְטוּרֵי כְּחַמְשָׁה מִטְרֵי לְאַרְעָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לַשֶּׁלֶג יֹאמַר הֱוֵא אָרֶץ וְגֶשֶׁם מָטָר וְגֶשֶׁם מִטְרוֹת עֻזּוֹ״.

Rava a dit : la neige est bonne aux montagnes autant que cinq pluies à la terre, ainsi qu'il est dit : « Car Il dit à la neige : sois terre ; et à l'averse de pluie, et aux averses de Ses pluies puissantes » (Iyov 37, 6).

📜 Rachi (2)
מְעַלֵּי תַּלְגָא לְטוּרֵי וכ"ש לְבִקְעָה אֶלָּא הָרִים אֵין לָהֶם גְּשָׁמִים אֶלָּא שֶׁלֶג שֶׁהַגְּשָׁמִים יוֹרְדִין לְמַטָּה וְאֵין הָהָר שׁוֹתֶה מֵהֶן וְעוֹד שֶׁלֶג שֶׁבָּעֲמָקִים נָמֵס וְהוֹלֵךְ מִפְּנֵי הַחֹום שֶׁשּׁוֹלֵט שָׁם כַּמַּיִם הוּא אֲבָל בֶּהָרִים קָרוּי שֶׁלֶג:
La neige est bonne aux montagnes — et à plus forte raison à la plaine ; seulement les montagnes n'ont pas de pluies mais de la neige, car les pluies descendent vers le bas et la montagne n'en boit pas. De plus, la neige des vallées fond et s'écoule à cause de la chaleur qui y domine, et elle est comme de l'eau ; mais dans les montagnes elle est appelée neige.
כַּחֲמִשָּׁה מִיטְרֵי לְאַרְעָא דְּהָכֵי מַשְׁמַע קְרָא כִּי לַשֶּׁלֶג יֹאמַר הֱוֵא אָרֶץ כְּשֶׁיֹּאמַר לְשֶׁלֶג הֲוָה אֶרֶץ הֲרֵי הוּא כַּגֶּשֶׁם מָטָר וְגֶשֶׁם מְטָרוֹת וַהֲרֵי יֵשׁ כָּאן חֲמִשָּׁה:
Autant que cinq pluies à la terre — car voici ce qu'implique le verset : « Car Il dit à la neige : sois terre », lorsqu'Il dit à la neige d'être sur la terre, la voilà comme « guechem matar ve-guechem matrôt » — et il y en a bien cinq ici.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מֵעֲלֵי תַּלְגָא לְטוּרֵי, כַּחֲמִשָּׁה מִטְרֵי לְאַרְעָא. נִרְאֶה לִי בס"ד רָמְזוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל לְפִי דַּרְכָּם תַּלְגָא רֶמֶז לַתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב, הִיא רְאוּיָה לְטוּרֵי תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן שֶׁהֵם הֶבֶל שֶׁאֵין בּוֹ חֵטְא, וְאִיתָא בְּדִבְרֵי רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בְּשַׁעַר מַאַמְרֵי רַשְׁבִּ"י וְזֶה לְשׁוֹנוֹ: קִיּוּם הָעוֹלָם הוּא הַתּוֹרָה, וּמַה גַּם לִימּוּד הַתִּינוֹקוֹת הֶבֶל שֶׁאֵין בּוֹ חֵטְא הוּא הַמַּעֲלֶה הַמַּלְכוּת לְמָקוֹם שֶׁאֵין קְלִיפּוֹת שׁוֹלְטִים וְנִגְלִים הָאָבוֹת הָעֶלְיוֹנִים בְּמוֹחוֹתֶיהָ וְכוּ' עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ, וְיָדוּעַ דְּאָבוֹת הָעֶלְיוֹנִים מְכַוְּנִים בְּשֵׁם 'הָרִים' וְגִילּוּיִים נַעֲשֶׂה עַל יְדֵי הַתִּינוֹקוֹת, לְכָךְ גַּם הֵם נִקְרָאִים בְּשֵׁם טוּרֵי עַל שֵׁם פֹּועַל שֶׁלָּהֶם. וּבָזֶה פֵּרַשְׁתִּי 'מַאן דְּאִיהוּ זְעֵיר אִיהוּ רַב' (זֹוהַר הַקָּדוֹשׁ חַיֵּי שָׂרָה קכב: תּוֹסֶפְתָּא) וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (מִשְׁנָה אָבוֹת ה, כא) 'בֶּן חָמֵשׁ לַמִּקְרָא'. וְלָזֶה אָמַר תַּלְגָא הַתּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב הִיא רְאוּיָה יוֹתֵר לְטוּרֵי תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן הֶבֶל שֶׁאֵין בּוֹ חֵטְא. וְאָמַר עוֹד ' מִיטְרָא רַזְיָא לְאִילָנֵי ' רֶמֶז מִיטְרָא רַזְיָא הוּא לִימּוּד הַפִּלְפּוּל וְהַחֲרִיפוּת נָאֶה לְאִילָנֵי, הֵם תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הַגְּדוֹלִים אֲשֶׁר יָדָם רַב לְהִלָּחֵם בְּמִלְחַמְתָּהּ שֶׁל תּוֹרָה ' וּמִיטְרָא נִיחָא לְפֵירֵי ' רֶמֶז לִימּוּד הַסְּבָרָא בְּנַחַת שֶׁיִּהְיוּ הַלּוֹמְדִין נוֹחִין זֶה לָזֶה בַּהֲלָכָה 'לְפֵירֵי' כְּלוֹמַר יוֹצֵא מִלִּימּוּד זֶה פֵּירוֹת, שֶׁאֵלּוּ זוֹכִין לְאַסּוֹקֵי שְׁמַעְתָּתָא אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ גַּבֵּי בֵּית הִלֵּל הוֹאִיל וְנוֹחִין הֵם בְּלִימּוּדָם זָכוּ לְכַוֵּין אַלִּיבָּא דֶּאֱמֶת שֶׁהֲלָכָה כְּמוֹתָם בְּכָל מָקוֹם. וְאָמַר עוֹד ' עֻורְפִּילָא אֲפִלּוּ לְפַרְצִידָא דְּתוּתֵי קָלָא מַהְנְיָא לֵיהּ ' רוֹצֶה לוֹמַר 'עֻורְפִּילָא' גְּשָׁמִים דַּקִּים, וְהוּא רֶמֶז לִלְמֹוד הַסּוֹדוֹת שֶׁהֵם דְּבָרִים קְצָרִים אַךְ אֵיכוּתָן עָצוּם וְרַב שֶׁעוֹשִׂין תִּיקּוּן גָּדוֹל לְמַעְלָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ לְרַשְׁבִּ"י בַּזֹּוהַר (חֵלֶק ג' דַּף קסז.) אִי חֲסִידָא קַדִּישָׁא כָּל מָלִין דַּי כְּגִוּוּן בְּאוֹרָיְיתָא מָלִין זְעִירִין אִינּוּן בְּכָל מִלָּה וּמִלָּה וְאִינּוּן מָלִין זְעִירִין כַּמָּה אִינּוּן מָלִין רַבְרְבִין וְעִלָּאִין עַד דְּלֵית לוֹן שִׁיעוּרָא דְּהָא לֵית בְּגִוּוּן סָפְקָא אֶלָּא בְּרִירוֹ דְּאוֹרָיְיתָא עַל בֻּורְייָהּ, עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וּבָזֶה פֵּירַשְׁתִּי רֶמֶז הַכָּתוּב (אִיּוֹב ג, יט) 'קָטָן וְגָדוֹל שָׁם הוּא' כִּי דִבְרֵי תוֹרָה שָׁם נִרְאִין קְטַנִּים בִּכְמוֹתָם אַךְ בֶּאֱמֶת רַבְרְבִין הֵם בְּאֵיכוּתָם! וְלָכֵן נִרְמַז לִימּוּד הַסּוֹד בְּעֻורְפִּילָא וְזֶה הַלִּימּוּד עוֹשֶׂה תִּיקּוּן גָּדוֹל אֲפִלּוּ לְפַרְצִידָא, רֶמֶז לְנָצוּץ נְשָׁמָה דְּתוּתֵי קָלָא שֶׁנִּכְבַּשׁ תַּחַת יַד שְׁלִיטַת פְּלוֹנִי [סמא״ל = 131] שֶׁמִּסְּפָרוֹ קל"א, מְהַנְּיָא לֵיהּ לְבָרְרוֹ וּלְתַקְּנוֹ וּלְהוֹצִיאוֹ מִשָּׁם אַף עַל פִּי שֶׁהוּא בְּמָדוֹר רֹאשׁ הַקְּלִיפּוֹת שֶׁקָּשֶׁה יְצִיאָתוֹ מִשָּׁם. וּבְאֹופֶן אַחֵר נִרְאֶה לִי בס"ד, ' תַּלְגָא לְטוּרֵי ' רֶמֶז לְכַוָּנַת הַשֶּׁלֶג [333] שֶׁהוּא ג' פְּעָמִים אָלֶ"ף [111] דְּשֵׁם אהי"ה, דְּמוֹעִיל לְשִׁכְחָה שֶׁבָּרֹאשׁ, וְיָדוּעַ שֶׁהָרֹאשׁ שֶׁל הָאָדָם מְכוֹנָה בְּשֵׁם 'הָר' כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּשַׁבָּת (שַׁבָּת קנב.) אָמַר לוֹ קֵיסָר לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה: מַאי טַעְמָא לָא אָתֵית לְבֵי אֲבִידָן? אָמַר לוֹ טוּר תְּלַג! פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'הָהָר נַעֲשָׂה שֶׁלֶג כְּלוֹמַר רֹאשׁוֹ לָבָן' עַיֵּין שָׁם. וְאָמַר ' מִיטְרָא רַזְיָא ' רָמַז 'חָכְמָה [ה]עֶלְיוֹנָה' עוֹלֶה מִסֵּפֶר 'מָטָר' [249] וְרַזְיָא רוֹצֶה לוֹמַר רָזִין וְסוֹדוֹת כְּלוֹמַר חָכְמָה עֶלְיוֹנָה שֶׁל רָזֵי תּוֹרָה זֶה הַלִּימּוּד נָאֶה לָאִילָנוֹת הֵם תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הַגְּדוֹלִים שֶׁכְּבָר מִילְּאוּ כְּרֵיסָם בְּחָכְמַת הַפְּשָׁט אָז נָאֶה לָהֶם לִלְמֹוד גַּם בְּרָזִין דְּאוֹרָייְתָא. וְאָמַר עוֹד ' מִיטְרָא נִיחָא לְפֵירֵי ' עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁאָמַר מ"א זַ"ל 'מָטָר' [249] עוֹלֶה מִסֵּפֶר 'דְּכִי רוּחַ' [248] וְזֶהוּ מִיטְרָא נִיחָא רֶמֶז לַעֲנָוִים שֶׁהֵן נוֹחִין בְּלִימּוּדָם, מָעֲלוּ לְפֵירֵי לְחַדֵּשׁ הִלְכְתָא אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא וּכְמוֹ שֶׁמָּצִינוּ בְּבֵית הִלֵּל. ו' עֻורְפִּילָא ' [397] עוֹלֶה מִסֵּפֶר יִבְטַח בְּשֵׁם ה' [397] עַל דֶּרֶךְ מַה שֶׁנֶּאֱמַר (יְשַׁעְיָהוּ נ, י) 'מִי בָכֶם יְרֵא ה' שֹׁמֵעַ בְּקוֹל עַבְדּוֹ אֲשֶׁר הָלַךְ חֲשֵׁכִים וְאֵין נֹגַהּ לוֹ יִבְטַח בְּשֵׁם ה' וְיִשָּׁעֵן בֶּאֱלֹקָיו' וּמִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ מִידַּת הַבִּטָּחוֹן בְּשֵׁם ה' יוּכַל לְתַקֵּן וּלְהַצִּיל נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה מִן הַקְּלִיפָּה, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא קָשֶׁה תִּיקּוּנוֹ וִיצִיאָתוֹ. אוֹ ' עֻורְפִּילָא ' גֵּימַטְרְיָא 'הַשְּׁבִיעִי' [397] רֶמֶז לְיוֹם שַׁבָּת קוֹדֶשׁ שֶׁקְּדֻושָּׁתוֹ מַעֲלָה נִיצוֹצוֹת רַבּוֹת כַּנּוֹדָע בְּסוֹד קַבָּלַת שַׁבָּת.
« La neige est bonne aux montagnes autant que cinq pluies à la terre. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nos maîtres, de mémoire bénie, ont fait allusion selon leur voie : tilga, la neige, fait allusion à la Torah écrite ; elle convient aux touréi, les enfants de la maison du maître, dont le souffle est sans faute. Il se trouve dans les paroles de notre maître le Ari zal, dans le Chaar Maamarei Rachbi, et voici son langage : la subsistance du monde est la Torah, et plus encore l'étude des enfants, souffle sans faute, qui élève la malkhout vers un lieu où les kelipot ne dominent pas, et où les avot supérieurs se révèlent dans ses mo'hin, etc., fin de citation. Or il est connu que les avot supérieurs sont désignés du nom de « montagnes », et que leur révélation se fait par les enfants ; c'est pourquoi eux aussi sont appelés touréi, du nom de leur action. Par là j'ai expliqué « celui qui est petit, il est grand » (Zohar, Hayei Sarah 122b, tossefta), et l'on connaît ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : « à cinq ans, le mikra » (Avot 5, 21). C'est pourquoi il a dit : tilga, la Torah écrite, convient davantage aux touréi, les enfants de la maison du maître, souffle sans faute. Il a dit encore « la pluie forte pour les arbres » : allusion, la pluie violente est l'étude du pilpoul et de l'acuité, qui convient aux arbres, c'est-à-dire aux grands talmidei hakhamim dont la main est puissante pour mener la guerre de la Torah. « Et la pluie douce pour les fruits » : allusion à l'étude de la sevara menée avec douceur, où les étudiants sont doux les uns envers les autres dans la halakha ; « pour les fruits », c'est-à-dire que de cette étude sortent des fruits, car ceux-là méritent de conclure la chemaata selon la halakha, comme on l'a dit au sujet de Beit Hillel : puisqu'ils étaient doux dans leur étude, ils ont mérité de viser juste, et la halakha est comme eux partout. Il a dit encore « l'ourpila est utile même au grain qui est sous la motte » : ourpila désigne des pluies fines, et c'est une allusion à l'étude des sodot, les secrets, qui sont des propos brefs mais dont la qualité est immense et grande, car ils opèrent un grand tikoun en haut, comme on l'a dit à Rachbi dans le Zohar (III, 167a) : « Hassid saint, toutes les paroles qui sont ainsi dans la Torah sont des paroles petites en chacun de leurs mots, et ces paroles petites, combien sont-elles grandes et élevées, au point qu'elles n'ont pas de mesure, car il n'y a en elles aucun doute mais la clarté de la Torah dans sa pureté », fin de citation. Par là j'ai expliqué l'allusion du verset (Iyov 3, 19) « petit et grand y sont » : les paroles de Torah y paraissent petites par leur quantité, alors qu'en vérité elles sont grandes par leur qualité. C'est pourquoi l'étude du sod est évoquée par l'ourpila ; et cette étude opère un grand tikoun même « pour le partsida », allusion à l'étincelle de nechama qui se trouve « sous la motte », kala, soumise à la domination d'un tel — Samael, dont le nombre est 131, comme kala — et elle lui est utile pour la clarifier, la réparer et l'en faire sortir, bien qu'elle se trouve dans la demeure de la tête des kelipot, d'où la sortie est difficile. D'une autre manière il me semble, avec l'aide du Ciel : « la neige pour les montagnes » fait allusion à la kavana de chélègue, la neige, dont le nombre est 333, soit trois fois alef, 111, du Nom E-hie, qui est utile contre l'oubli logé dans la tête ; et il est connu que la tête de l'homme est désignée du nom de « montagne », comme il est dit dans Chabbat 152a : César dit à Rabbi Yehochoua ben Hanania : pourquoi n'es-tu pas venu à la maison d'Avidan ? Il lui répondit : la montagne est neige ! Et Rachi explique : la montagne est devenue neige, c'est-à-dire que sa tête est blanche, vois-y. Il a dit « mitra razia » : allusion, car 'hokhma élyona, la sagesse supérieure, a le même nombre que matar, 249 ; et razia veut dire razin, les secrets, c'est-à-dire la sagesse supérieure des secrets de la Torah. Cette étude convient aux arbres, les grands talmidei hakhamim qui ont déjà rempli leur ventre de la sagesse du pchat ; il leur convient alors d'étudier aussi les razin de-oraita. Il a dit encore « mitra niha pour les fruits », selon ce qu'a dit mon maître et père, de mémoire bénie : matar, 249, a le même nombre que dakhéi roua'h, l'esprit humble, 248 ; c'est cela mitra niha, allusion aux humbles qui sont doux dans leur étude : ils sont bons pour les fruits, pour innover la halakha selon la halakha, comme nous le trouvons chez Beit Hillel. Et ourpila, 397, a le même nombre que « qu'il se confie au Nom de Hachem », 397, selon ce qui est dit (Yechayahou 50, 10) : « Qui parmi vous craint Hachem, écoute la voix de Son serviteur, qui a marché dans les ténèbres et n'a pas de lueur — qu'il se confie au Nom de Hachem et s'appuie sur son D.ieu » Celui qui possède la mesure du bitahon en Hachem peut réparer et sauver les étincelles de sainteté prises dans la kelipa, même lorsque leur réparation et leur sortie sont difficiles. Ou bien : ourpila a la guematria de ha-cheviï, le septième, 397, allusion au jour du chabbat saint, dont la sainteté élève de nombreuses étincelles, comme on le sait dans le sod de kabbalat chabbat.
💡 Explication

La derach compte les termes de pluie qui suivent le mot neige dans le verset d'Iyov : guechem, matar, ve-guechem, puis matrôt au pluriel, qui en vaut deux. Cela fait cinq, d'où la valeur attribuée à la neige pour les montagnes.

Rachi explique le réalisme de l'image : la pluie ruisselle vers le bas et la montagne n'en boit pas, tandis que la neige s'y dépose et y demeure. Dans les vallées, la chaleur la fait fondre aussitôt et elle redevient de l'eau ; sur les hauteurs, elle garde son nom et son effet.

13
וְאָמַר רָבָא: תַּלְגָא — לְטוּרֵי, מִטְרָא רַזְיָא — לְאִילָנֵי, מִטְרָא נִיחָא — לְפֵירֵי,

Et Rava a dit : la neige, pour les montagnes ; la pluie forte, pour les arbres ; la pluie douce, pour les fruits,

📜 Rachi (1)
מִיטְרָא נִיחָא שֶׁיּוֹרֵד בְּנַחַת יָפֶה לְפֵירוֹת הַתְּבוּאָה:
La pluie douce — celle qui descend avec douceur, bonne pour les fruits du grain.
💡 Explication

Le folio se termine sur une échelle ouverte, que la suite prolonge au folio suivant avec l'ourpila, la bruine. Chaque forme de précipitation a son destinataire : la neige tient sur les hauteurs, la pluie razia, forte, atteint les racines profondes des arbres, la pluie niha, douce, nourrit les fruits sans les abîmer.

🖼️ Schéma
À chaque précipitation son destinataire תלגא tilga, la neige pour les montagnes elle s'y dépose, la pluie y ruisselle matra razia la pluie forte pour les arbres elle atteint les racines profondes matra niha la pluie douce pour les fruits Rachi : bonne pour les fruits du grain Lecture du Ben Yehoyada : neige et Torah écrite pour les enfants, pluie forte et pilpoul pour les grands maîtres, pluie douce et sevara paisible pour les fruits de l'étude. La phrase reste ouverte : le folio suivant ajoute l'ourpila, la bruine, utile même au grain enfoui sous la motte.
L'échelle de Rava, avec la lecture allusive du Ben Yehoyada.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).