Taanit 6b — La seconde revia comme horloge du monde agricole : vœux, dons aux pauvres, sentiers des champs et biour de la chemita. Puis la pluie épouse de la terre, la mesure d'une pluie qui annule la malédiction, et la bénédiction du fiancé qui sort à la rencontre de la fiancée

Taanit 6b

Sougya : Le folio poursuit l'enquête ouverte en 6a sur l'utilité pratique de la seconde revia. Quatre maîtres l'accrochent chacun à un domaine : Rav Zevid aux olives oubliées et aux dons laissés aux pauvres, Rav Papa aux sentiers que l'on peut couper à travers champs, Rav Nahman bar Yitshak au biour de la paille et du chaume de la septième année, la michna des vœux au sens du mot pluies dans la bouche des hommes.

Un même instant de l'année commande ainsi quatre régimes différents. Une digression donne l'étymologie du mot revia : ce qui féconde la terre, la pluie étant appelée par Rav Yehouda l'époux de la terre.

La sougya passe ensuite à la mesure : un tefah de pénétration pour la première revia, de quoi boucher l'ouverture d'un tonneau pour la seconde. Rav Hisda en tire trois règles sur la malédiction de il retiendra les cieux : la quantité, le moment de la journée, et la répartition sur le territoire.

Chacune se heurte à une objection et reçoit une distinction : nuées épaisses contre nuages tenus, pluie déjà tombée à Marhechvan ou non, quantité juste ou excessive. Le folio s'achève sur la bénédiction des pluies : Rabbi Abahou fixe le seuil au moment où les gouttes qui remontent du sol rencontrent celles qui descendent, image du fiancé sortant à la rencontre de la fiancée, et la guemara discute la formule de la conclusion, coupée au milieu de la réponse de Rav Papa.

La seconde revia : un seul repère de l'année, quatre domaines de loi Revia chenia - la seconde pluie assez de boue pour boucher l'ouverture d'un tonneau Vœux celui qui dit : interdit jusqu'aux pluies le mot pluies au pluriel vise la seconde Dons aux pauvres olives oubliées sur l'arbre tout homme peut alors les prendre Sentiers des champs raccourcis autorisés par le tribunal le passage cesse le grain a poussé Chemita paille et chaume de la septième année biour : on cesse d'en tirer profit Point commun : à cette date la campagne devient impraticable et vide de tout reste. Ce que le sol offrait encore à disparu, et chaque droit lié à ce reste s'éteint avec lui.
Quatre lois sans rapport entre elles se donnent rendez-vous à la même date, parce qu'elles dépendent toutes de l'état des champs après la seconde pluie.
Les trois tests de Rav Hisda : quand une pluie annule-t-elle la malédiction de il retiendra 1. Quelle quantité ? le sol est-il détrempé ? 2. À quel moment ? avant quel Chema ? 3. Sur quel territoire ? une partie du pays seulement Assez pour boucher l'ouverture d'un tonneau pas de malédiction Tombée dans la journée, avant le Chema du soir pas de malédiction Quantité juste là ou elle est tombée une région ravitaille l'autre Moins que cela la malédiction tient Seulement à l'aube, avant le Chema du matin nuée du matin sans consistance Quantité excessive sur la région arrosée les deux régions sont maudites Chaque règle de Rav Hisda reçoit une objection et se limite par une distinction : nuées épaisses contre nuages tenus pour le matin, quantité juste contre quantité excessive pour la pluie partielle. Le verset temater, elle sera un lieu de pluie, marque l'excès.
Les trois critères qui décident si une année tombe sous le verset il retiendra les cieux : combien, quand, et où.
Tevet veuf ou Tevet fangeux : deux éloges opposés, une seule question Rav Yehouda heureuse l'année dont Tevet est veuf un mois sans pluie version 1 : les lieux d'étude ne se vident pas, les chemins restent praticables version 2 : le grain ne subit pas la nielle Rav Hisda heureuse l'année dont Tevet est fangeux un mois de boue et de pluie les chemins sont souillés, et c'est le signe que la terre a bu ce qui lui manquait La pluie est-elle déjà tombée en son temps, à Marhechvan ? Oui : le monde à son compte, un Tevet sec vaut mieux. Non : il faut que Tevet rattrape le retard.
La contradiction entre les deux maîtres se résout par l'état de l'année avant Tevet : ils parlent de deux situations, non de deux règles.
1
הַנּוֹדֵר עַד הַגְּשָׁמִים — מִשֶּׁיֵּרְדוּ גְּשָׁמִים עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה.

Celui qui fait vœu « jusqu'aux pluies » : [le vœu court] depuis que les pluies sont tombées, jusqu'à ce que tombe la seconde revia.

📜 Rachi (2)
הַנּוֹדֵר עַד הַגְּשָׁמִים דְּאָמַר קוֹנָם אִם אֵהָנֶה מִדָּבָר זֶה עַד הַגְּשָׁמִים:
Celui qui fait vœu jusqu'aux pluies — celui qui dit : konam (interdit sur moi comme une offrande) si je tire profit de cette chose, jusqu'aux pluies.
עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה בִּנְדָרִים הוֹלְכִין אַחַר לְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם וְאֵין קוֹרִין גְּשָׁמִים לָרִאשׁוֹנָה עַד שֶׁתֵּרֵד שְׁנִיָּה שֶׁמִּכָּאן וְאֵילָךְ מְקֻולְקָלוֹת הַדְּרָכִים וּמְאוּסוֹת מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים ל"א עַד הַגְּשָׁמִים מַשְׁמַע תְּרֵי דְּהַיְינוּ רְבִיעָה שְׁנִיָּה:
Jusqu'à ce que tombe la seconde revia — en matière de vœux on suit le langage des hommes, et l'on n'appelle pas « pluies » la première [revia] tant que la seconde n'est pas tombée, car à partir de là les chemins sont défoncés et répugnants à cause des pluies. Autre version : « jusqu'aux pluies » implique deux, c'est-à-dire la seconde revia.
💡 Explication

La sougya cherche depuis le folio précédent à quoi sert concrètement la date de la seconde revia. Première réponse : au droit des vœux. Celui qui s'interdit un profit « jusqu'aux pluies » a employé un mot de la langue courante, et c'est cette langue qu'il faut interpréter.

Rachi donne deux lectures. Selon la première, les gens n'appellent « pluies » une saison qu'à partir du moment où les chemins deviennent impraticables, donc après la seconde revia. Selon la seconde, le pluriel du mot lui-même indique deux pluies. Les deux aboutissent à la même date.

2
רַב זְבִיד אָמַר: לְזֵיתִים. דִּתְנַן: מֵאֵימָתַי כָּל אָדָם מֻותָּרִין בְּלֶקֶט בְּשִׁכְחָה וּבְפֵאָה — מִשֶּׁיֵּלְכוּ הַנָּמוֹשׁוֹת. בִּפְרָט וּבְעוֹלֵלוֹת — מִשֶּׁיֵּלְכוּ עֲנִיִּים בַּכֶּרֶם וְיָבוֹאוּ. בְּזֵיתִים — מִשֶּׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה.

Rav Zevid dit : pour les olives. Car nous avons appris : à partir de quand tout homme est-il autorisé [à prendre] le leket (les épis glanés), la chikh'ha (la gerbe oubliée) et la pea (le coin du champ) ?

Depuis que les namochot sont passés. Pour le peret (les grains tombés) et les olelot (les grappillons) ?

Depuis que les pauvres sont allés dans la vigne et sont revenus. Pour les olives ?

Depuis que tombe la seconde revia.

📜 Rachi (6)
כָּל אָדָם אֲפִילּוּ הָעֲשִׁירִים:
Tout homme — même les riches.
פְּרָט לֹא תְּפָאֵר אַחֲרֶיךָ (דְּבָרִים כֹּד) לֹא תִטֹּול תִּפְאַרְתּוֹ מִמֶּנּוּ:
Peret — « tu ne dépouilleras pas les branches derrière toi » (Devarim 24) : ne lui ôte pas sa parure.
מִשֶּׁיֵּלְכוּ הַנָּמוֹשׁוֹת בַּשָּׂדֶה דְּמִכָּאן וְאֵילָךְ נִתְייָאֲשׁוּ שְׁאָר הָעֲנִיִּים לְפִי שֶׁיּוֹדְעִין אִם נִשְׁאַר לֶקֶט שִׁכְחָה וּפֵאָה נָמוֹשׁוֹת נְטָלוּם:
Depuis que les namochot sont passés — dans le champ ; car à partir de là les autres pauvres ont renoncé, sachant que s'il restait du leket, de la chikh'ha ou de la pea, les namochot les auraient pris.
נָמוֹשׁוֹת לְשׁוֹן מְמַשֵּׁשׁ:
Namochot — du terme memachech, tâtonner.
מִשֶּׁיֵּלְכוּ עֲנִיִּים בַּכֶּרֶם וְיָבֹאוּ כְּלוֹמַר שֶׁלָּקְטוּ וְחָזְרוּ וּבָאוּ פַּעַם שְׁנִיָּה וְהַשְׁתָּא מַסְּחִי דַּעְתַּיְיהוּ עֲנִיִּים:
Depuis que les pauvres sont allés dans la vigne et sont revenus — c'est-à-dire qu'ils ont glané, sont repartis, puis sont revenus une seconde fois ; dès lors les pauvres s'en détournent.
מִשֶּׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה דְּעַד הַהִיא שַׁעְתָּא לָקְטוּ הַכֹּל:
Depuis que tombe la seconde revia — car jusqu'à ce moment-là ils ont tout glané.
💡 Explication

Deuxième usage de la date : les dons laissés aux pauvres. Leket, chikh'ha, pea, peret et olelot appartiennent aux pauvres tant que ceux-ci n'y ont pas renoncé. La michna de Pea fixe pour chaque catégorie le signe de ce renoncement, et ce signe varie selon la façon dont on récolte.

Pour le champ, le signe est le passage des namochot, les derniers glaneurs. Pour la vigne, c'est un second passage des pauvres. Pour les olives, que l'on cueille sur l'arbre pendant des semaines, il faut un repère de calendrier : la seconde revia, après laquelle plus rien ne se ramasse.

🖼️ Schéma
À partir de quand les dons des pauvres reviennent-ils à tout le monde ? Le champ de céréales leket, chikh'ha, pea signe : le passage des namochot les derniers glaneurs sont passés, les autres renoncent La vigne peret, olelot signe : les pauvres y sont allés et revenus un second passage suffit à montrer qu'ils ont fini L'oliveraie olives oubliées signe : la seconde revia la cueillette s'étale : il faut une date, pas un passage Dans les trois cas la question est la même : à quel signe reconnaît-on que les pauvres ont renoncé à ce qui reste ?
Trois récoltes, trois manières de constater le renoncement des pauvres : c'est pour la troisième seulement que la seconde revia sert de repère.
3
מַאי ״נָמוֹשׁוֹת״? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: סָבֵי דְּאָזְלִי אַתִּיגְרָא. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: לִקּוּטֵי בָּתַר לִקּוּטֵי.

Que signifie « namochot » ? Rabbi Yo'hanan dit : les vieillards qui marchent avec un bâton.

Rech Lakich dit : les glaneurs qui viennent après les glaneurs.

📜 Rachi (2)
דְּאָזְלִי אַתִּיגְרָא הוֹלְכִין בְּנַחַת וּמְעַייְּנִי טְפֵי מַחֲזִיק בַּפֶּלֶךְ (שְׁמוּאֵל ב ג) מְתַרְגְּמָא אַתִּיגְרָא:
Qui marchent avec un bâton — ils avancent lentement et scrutent davantage. « Celui qui tient le fuseau » (Chemouel II 3) est rendu par le Targoum par atigra.
לִקּוּטֵי בָּתַר לִקּוּטֵי עָנִי מוֹלִיךְ בְּנוֹ אַחֲרָיו שֶׁמִּכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹסְקִים שְׁאָר עֲנִיִּים מִלִּלְקֹוט:
Les glaneurs après les glaneurs — un pauvre emmène son fils derrière lui ; à partir de là les autres pauvres cessent de glaner.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאָזְלִי אַתִּיגְרָא. פִּי' שֶׁהוֹלְכִים בְּמַקְלוֹת וְנִשְׁעָנִים עֲלֵיהֶם וְאָמַר דְּתַרְגּוּמָא מַחֲזִיק בַּפֶּלֶךְ דִּכְתִיב גַּבֵּי יוֹאָב הָוֵי בְּאַתִּיגְרָא:
Qui marchent avec un bâton. Explication : ils marchent avec des bâtons et s'appuient dessus ; et il dit que le Targoum de « celui qui tient le fuseau », verset écrit à propos de Yoav, est be-atigra.
💡 Explication

Le mot namochot désigne la dernière vague de pauvres, celle après laquelle plus personne ne retourne au champ. Deux lectures s'affrontent sur son identité.

Pour Rabbi Yo'hanan ce sont les vieillards appuyés sur un bâton : ils avancent lentement et voient tout, donc leur passage épuise le champ. Pour Rech Lakich ce sont les glaneurs qui repassent derrière les glaneurs, selon Rachi un pauvre accompagné de son fils. La différence porte sur la raison du renoncement : la minutie du regard, ou le second passage.

🖼️ Schéma
Qui sont les namochot ? Rabbi Yo'hanan les vieillards au bâton ils avancent lentement et ne laissent rien échapper à leur regard Rech Lakich les glaneurs après les glaneurs un second passage derrière le premier ; après lui les pauvres s'arrêtent Deux causes du renoncement : la qualité du regard pour l'un, la répétition du passage pour l'autre.
Les deux explications du mot namochot et la logique différente qu'elles donnent au renoncement des pauvres.
4
רַב פָּפָּא אָמַר: כְּדֵי לְהַלֵּךְ בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת. דְּאָמַר מָר: מְהַלְּכִין כָּל אָדָם בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת — עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה.

Rav Papa dit : pour savoir jusqu'à quand marcher sur les sentiers autorisés. Car le Maître a dit : chacun marche sur les sentiers autorisés jusqu'à ce que tombe la seconde revia.

📜 Rachi (2)
ה"ג רַב פָּפָּא אָמַר לִשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת כְּלוֹמַר שֶׁיֵּשׁ רְשׁוּת מב"ד לְעוֹבְרֵי דְּרָכִים לְקַצֵּר שְׁבִילָן לֵילֵךְ בַּשָּׂדוֹת:
Telle est la version : Rav Papa dit : pour les sentiers autorisés — c'est-à-dire que le tribunal a donné aux voyageurs l'autorisation de raccourcir leur chemin en traversant les champs.
עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה שֶׁמִּכָּאן וְאֵילָךְ גָּדְלָה הַתְּבוּאָה וְקָשֶׁה לָהּ דִּישַׁת הָרֶגֶל דְּאָמַר מַר בְּפֶרֶק מְרֻובֶּה בִּתְנָאִים שֶׁהִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ מְהַלְּכִין בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת וְכוּ':
Jusqu'à ce que tombe la seconde revia — car à partir de là le grain pousse et le piétinement lui nuit ; comme l'a dit le Maître au chapitre Merouba, parmi les conditions posées par Yehochoua : on marche sur les sentiers autorisés, etc.
🗂️ Tossefot (2)
בִּשְׁבִילֵי הָרְשׁוּת. פִּי' בְּדֶרֶךְ שֶׁעָשׂוּי דֶּרֶךְ הַשָּׂדוֹת וְהַכְּרָמִים:
Sur les sentiers autorisés. Explication : sur un chemin tracé à travers les champs et les vignes.
עַד שֶׁתִּדֹּר רְבִיעָה שְׁנִיָּה. מִכָּאן וְאֵילָךְ מַזְּקִי לְהוּ:
Jusqu'à ce que tombe la seconde revia. À partir de là, [les passants] leur causent du dommage.
💡 Explication

Troisième usage : le droit de passage. Parmi les conditions posées par Yehochoua lors du partage du pays figure la permission, pour les voyageurs, de couper à travers les champs privés par des sentiers autorisés.

Cette permission a une limite dans le temps. Après la seconde revia le grain lève, et le piétinement l'abîme ; la tolérance cesse donc à cette date. Rachi rattache la règle au chapitre Merouba de Baba Kama, où sont énumérées ces conditions.

5
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: לְבַעֵר פֵּירוֹת שְׁבִיעִית. דִּתְנַן: עַד מָתַי נֶהֱנִין וְשׂוֹרְפִין בְּתֶבֶן וּבְקַשׁ שֶׁל שְׁבִיעִית — עַד שֶׁתֵּרֵד רְבִיעָה שְׁנִיָּה.

Rav Nahman bar Yitshak dit : pour le biour (le retrait) des fruits de la septième année. Car nous avons appris : jusqu'à quand tire-t-on profit de la paille et du chaume de la septième année et les brûle-t-on ?

Jusqu'à ce que tombe la seconde revia.

📜 Rachi (1)
בְּתֶבֶן וְקַשׁ שֶׁל שְׁבִיעִית סְפִיחִים שֶׁגָּדְלוּ בִּשְׁבִיעִית דְּיֵשׁ בָּהֶן אִיסּוּר שְׁבִיעִית אוֹ תְּבוּאָה שֶׁגָּדְלָה בִּשְׁבִיעִית לְאַחַר שֶׁנִּכְנְסָה:
De la paille et du chaume de la septième année — les repousses (sefihim) qui ont poussé durant la septième année, auxquelles s'attache l'interdit de la chemita, ou le grain qui a poussé pendant la septième année après son entrée.
🗂️ Tossefot (1)
עַד מָתַי נֶהֱנִין וְשׂוֹרְפִין בְּתֶבֶן וּבְקַשׁ שֶׁל שְׁבִיעִית. פֵּירוּשׁ בְּשָׁנָה שְׁמִינִית וְכוּ' וס"ל כמ"ד סְפִיחֵי זְרָעִים מֻותָּרִים וְלֵר' עֲקִיבָא דְּאָמַר סְפִיחֵי זְרָעִים אֲסוּרִים מִקְּרָא דְּהֵן לֹא נִזְרָע וְלֹא נֶאֱסֹוף כְּדִמְפָרֵשׁ בְּמַסֶּכֶת פְּסָחִים פֶּרֶק מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ (פְּסָחִים דַּף נא:) צ"ל דְּמוּקֵי לָהּ וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה וְגוֹ' בִּסְפִיחֵי אִילָנוֹת וְלָאו דַּוְקָא תְּבוּאָה קָאָמַר אֶלָּא כְּגוֹן תְּבוּאַת הַכֶּרֶם דְּהַיְינוּ אִילָנוֹת אֲבָל סְפִיחֵי זְרָעִים אֲסוּרִים:
Jusqu'à quand tire-t-on profit de la paille et du chaume de la septième année et les brûle-t-on. Explication : pendant la huitième année, etc. Et [cette michna] suit l'avis selon lequel les repousses de semences sont permises. Mais pour Rabbi Akiva, qui tient les repousses de semences pour interdites d'après le verset « voici, nous ne sèmerons pas et nous ne récolterons pas », comme cela est expliqué au traité Pessahim, chapitre Makom che-nahagou (Pessahim 51b), il faut dire qu'il applique le verset « et pour ton bétail et pour l'animal, etc. » aux repousses d'arbres ; ce qu'il dit du grain ne se prend alors pas au sens strict, mais vise par exemple le produit de la vigne, qui relève des arbres, tandis que les repousses de semences restent interdites.
💡 Explication

Quatrième usage : la chemita. Les produits de la septième année peuvent être consommés ou utilisés tant que leur espèce se trouve encore dans les champs. Passé ce moment vient le biour, le retrait de la maison.

Pour la paille et le chaume, ce moment est la seconde revia : les pluies les transforment en fumier et il n'en reste plus rien dans la campagne. Tossefot signale que cette michna suppose une position précise sur les repousses (sefihim), position que Rabbi Akiva ne partage pas.

6
מַאי טַעְמָא? דִּכְתִיב: ״וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ״, כָּל זְמַן שֶׁחַיָּה אוֹכֶלֶת בַּשָּׂדֶה — הָאֹכֶל לִבְהֶמְתְּךָ בַּבַּיִת. כָּלָה לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה — כַּלֵּה לִבְהֶמְתְּךָ מִן הַבַּיִת.

Quel en est le motif ? Car il est écrit : « et pour ton bétail et pour l'animal qui est dans ton pays » : tant que l'animal des champs y trouve à manger, donne à manger à ton bétail dans la maison ; dès que cela a disparu des champs pour l'animal, fais-le disparaître de la maison pour ton bétail.

📜 Rachi (2)
כָּלָה לַחַיָּה מִן הַשָּׂדֶה לְשׁוֹן זָכָר כְּמוֹ (בְּרֵאשִׁית י״ח:כ״א) עֵשָׂו כָּלֶה כְּלוֹמַר כָּלָה הָאֹוכֶל:
Dès que cela a disparu des champs pour l'animal — au masculin, comme dans « kala assou » (Berechit 18,21) ; c'est-à-dire que la nourriture a pris fin.
כֻּלָּהּ לִבְהֶמְתְּךָ כְּמוֹ כָּלָה בְּחֵימָה כָּלָה וְאֵינֵימוֹ (תְּהִילִּים נ״ט:י״ד) וּמִשֶּׁיָּרְדָה רְבִיעָה שְׁנִיָּה מִכָּאן וְאֵילָךְ אֵין תֶּבֶן וָקַשׁ בַּשָּׂדוֹת שֶׁהַגְּשָׁמִים עוֹשִׂין אוֹתָן זֶבֶל:
Fais-le disparaître pour ton bétail — comme dans « anéantis dans la fureur, anéantis-les » (Tehilim 59,14). Et depuis la seconde revia, il n'y a plus ni paille ni chaume dans les champs, car les pluies les transforment en fumier.
💡 Explication

Le verset de Vayikra 25,7 associe le bétail domestique et l'animal des champs dans le même droit sur les produits de la septième année. Les Sages en tirent une règle de mesure : ce que le propriétaire garde chez lui ne doit pas dépasser ce que la nature offre encore librement à tous.

Le biour découle de cette égalité. Quand une espèce a disparu des champs, la réserve gardée à la maison perd son titre. Rachi précise grammaticalement le mot kala, employé deux fois avec deux sens : un constat, puis un ordre.

🖼️ Schéma
La règle du biour : la maison suit le champ Dans les champs l'animal des champs trouve encore de la paille et du chaume le propriétaire peut nourrir son bétail Après la seconde revia les pluies ont changé la paille et le chaume en fumier biour : la réserve de la maison s'arrête Le verset place le bétail du propriétaire et l'animal libre sur le même plan : ce que l'un ne trouve plus dehors, l'autre cesse de le recevoir dedans. La date agricole devient ainsi la date de l'obligation.
Le mécanisme du biour de la chemita : l'état des champs commande ce qui reste permis à la maison.
7
אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: מַאי לְשׁוֹן ״רְבִיעָה״ — דָּבָר שֶׁרוֹבֵעַ אֶת הַקַּרְקַע. כִּדְרַב יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: מִיטְרָא בַּעְלַהּ דְּאַרְעָא הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כַּאֲשֶׁר יֵרֵד הַגֶּשֶׁם וְהַשֶּׁלֶג מִן הַשָּׁמַיִם וְשָׁמָּה לֹא יָשׁוּב כִּי אִם הִרְוָה אֶת הָאָרֶץ וְהוֹלִידָהּ וְהִצְמִיחָהּ״.

Rabbi Abahou dit : que signifie le terme « revia » ? Une chose qui féconde la terre.

Conformément à Rav Yehouda, qui a dit : la pluie est l'époux de la terre, ainsi qu'il est dit : « Car de même que descendent la pluie et la neige depuis les cieux, et qu'elles n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, l'avoir fait enfanter et germer. »

📜 Rachi (1)
וְהוֹלִידָה כְּאָדָם שֶׁמּוֹלִיד:
Et l'avoir fait enfanter — à la manière d'un homme qui engendre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
(וַיִּקְרָא כו, ד) 'בְּעִתָּם', בְּלֵילֵי רְבִיעִיּוֹת וּבְלֵילֵי שַׁבָּתוֹת. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (תַּעֲנִית ו:) 'מִטְרָא בַּעְלָהּ דְּאַרְעָא הוּא' וּזְמַן עוֹנָה הַשָּׁוֶה לִבְנֵי אָדָם יוֹשְׁבֵי הָאָרֶץ הוּא בְּלֵיל שַׁבָּת, לָכֵן גַּם הָאָרֶץ זִוּוּג שֶׁלָּהּ עִם בַּעֲלָהּ הַמָּטָר הִיא בְּלֵיל שַׁבָּת וְהוֹאִיל דְּהַתְחָלַת הַהֲכָנָה שֶׁל הַשַּׁבָּת הִיא מִלֵּיל רְבִיעִי לְכָךְ גַּם לֵילֵי רְבִיעִי הוּא רָאוּי לִהְיוֹת בּוֹ עוֹנָה שֶׁל גּוּף הָאָרֶץ וּלְכָךְ הִקְדִּים בְּמַאֲמַר לֵילֵי רְבָעִיּוֹת לְלֵילֵי שַׁבָּתוֹת כִּי הַהַתְחָלָה הוּא מִן לֵילֵי רְבָעִיּוֹת. וְהִנֵּה הַטַּעַם לְלֵילֵי שַׁבָּתוֹת מִפְּנֵי שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם הוֹלְכִין בָּרְחוֹבוֹת. וּבָזֶה יוּבָן ' בִּרְכַּת ה' הִיא תַעֲשִׁיר ' (מִשְׁלֵי י, כב) אֵלּוּ הַגְּשָׁמִים שֶׁהֵם פַּרְנָסָה וְהֵם בִּרְכַּת ה' הִיא 'תַּעֲשִׁיר' קָרֵי בָּהּ 'עֵת שִׁיר' הוּא לֵיל שַׁבָּת שֶׁהוּא עֵת שִׁיר לְכָל אָדָם שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד אוֹמֵר שִׁיר וְשִׁבְחָהּ בְּבֵיתוֹ וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַּׁבָּת (תְּהִלִּים צב, א) , וְלֹא יוֹסִף עֶצֶב עִמָּהּ , שֶׁהַגְּשָׁמִים יוֹרְדִין בַּלַּיְלָה דַּוְקָא וְלֹא בַּיּוֹם וְאֵין בְּנֵי אָדָם נֶעֱצָבִים בָּהֶם דְּאֵין הוֹלְכִים וְשָׁבִים חוּץ לְבֵיתָם.
« En leur temps » (Vayikra 26,4) : les nuits de mercredi et les nuits de Chabbat. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la guemara (Taanit 6b) dit : « la pluie est l'époux de la terre ». Or le temps conjugal commun aux hommes qui habitent la terre est la nuit de Chabbat ; l'union de la terre avec son époux, la pluie, a donc lieu elle aussi la nuit de Chabbat. Et puisque la préparation du Chabbat commence dès la nuit du mercredi, la nuit du mercredi convient elle aussi au temps conjugal du corps de la terre ; voilà pourquoi l'énoncé place les nuits de mercredi avant les nuits de Chabbat, le commencement partant dès nuits de mercredi. Quant au motif des nuits de Chabbat, il tient à ce que les hommes ne circulent pas alors dans les rues. On comprend ainsi « la bénédiction de ה' est ce qui enrichit » (Michle 10,22) : ce sont les pluies, qui sont la subsistance et qui sont la bénédiction de ה' ; dans « taachir », elle enrichit, lis « et chir », le temps du chant, c'est-à-dire la nuit de Chabbat, temps du chant pour tous, où chacun dit un chant et une louange dans sa maison, comme il est dit « psaume, chant pour le jour du Chabbat » (Tehilim 92,1). « Et il n'y ajoute pas de peine » : les pluies descendent précisément la nuit et non le jour, et les hommes n'en sont pas attristés, puisqu'ils ne vont ni ne viennent hors de chez eux.
💡 Explication

Après quatre applications pratiques, la guemara revient au mot lui-même. La racine de revia désigne l'union féconde : la pluie pénètre le sol et le rend producteur.

Rav Yehouda appuie l'image sur Yechayahou 55,10, où le verset emploie deux verbes de naissance pour la terre arrosée. L'image explique aussi les deux mesures qui vont suivre : une pluie compte à partir du moment où elle pénètre réellement, et non lorsqu'elle mouille seulement la surface.

8
וְאָמַר רַבִּי אָבָהוּ: רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה — כְּדֵי שֶׁתֵּרֵד בַּקַּרְקַע טֶפַח. שְׁנִיָּה — כְּדֵי לָגוּף בָּהּ פִּי חָבִית. אָמַר רַב חִסְדָּא: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ כְּדֵי לָגוּף בָּהֶן פִּי חָבִית אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם ״וְעָצַר״.

Et Rabbi Abahou dit encore : la première revia — de quoi pénétrer dans le sol d'un tefah (un palme). La seconde — de quoi boucher avec [la boue] l'ouverture d'un tonneau.

Rav Hisda dit : des pluies tombées en quantité suffisante pour boucher avec elles l'ouverture d'un tonneau ne relèvent pas de « il retiendra ».

📜 Rachi (3)
גְּשָׁמִים בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה אִם בָּאִין כָּל כָּךְ שֶׁנִּימֵּס הַקַּרְקַע יָפִין הֵן וְאֵין צָרִיךְ לְהִתְעַנּוֹת:
Les pluies de la première revia — si elles viennent au point que le sol se détrempe, elles sont bonnes et il n'y a pas lieu de jeûner.
לָגוּף בָּהּ פִּי חָבִית שֶׁשּׁוֹתֵת מִן הַמַּיִם עַד שֶׁנַּעֲשָׂה תִּיחוּחַ כָּל כָּךְ שֶׁיָּכוֹל לַעֲשׂוֹת מְגוּפַת חָבִית בְּלֹא תּוֹסֶפֶת מַיִם:
De quoi boucher avec elle l'ouverture d'un tonneau — la terre est trempée par les eaux au point de devenir assez meuble pour qu'on puisse en faire un bouchon de tonneau sans y ajouter d'eau.
אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם וְעָצַר אֵין זוֹ קְלָלָה שֶׁל וְעָצַר אֶת הַשָּׁמָיִם:
Elles ne relèvent pas de « il retiendra » — la malédiction de « il retiendra les cieux » ne s'applique pas à une telle année.
💡 Explication

Deux mesures concrètes, vérifiables par n'importe quel paysan. Pour la première revia, il faut que l'eau soit descendue d'un tefah dans le sol. Pour la seconde, que la terre soit assez trempée pour qu'on en façonne un bouchon de tonneau sans ajouter d'eau.

Rav Hisda transforme la seconde mesure en critère théologique : une pluie de cette force suffit à écarter la malédiction de « il retiendra les cieux » (Devarim 11,17). Le verset ne vise que l'année où la pluie reste en deçà de ce seuil.

🖼️ Schéma
Les deux mesures de Rabbi Abahou Première revia un tefah de terre humidifiée l'eau descend d'un palme dans le sol la terre est ouverte à la semence Seconde revia bouchon façonné avec la boue, sans ajouter d'eau ce seuil écarte la malédiction de il retiendra Deux critères que chacun peut vérifier : la profondeur atteinte par l'eau, et la consistance de la terre sous la main.
Les deux mesures : un tefah de pénétration pour la première pluie, une terre assez grasse pour boucher un tonneau pour la seconde.
9
וְאָמַר רַב חִסְדָּא: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ קֹודֶם ״וְעָצַר״, אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם ״וְעָצַר״.

Et Rav Hisda dit : des pluies tombées avant « il retiendra » ne relèvent pas de « il retiendra ».

📜 Rachi (1)
קֹודֶם וְעָצַר קֹודֶם זְמַן ק"ש דִּכְתִיב בֵּיהּ וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם אע"פ שֶׁלֹּא יִהְיֶה רֹוב גְּשָׁמִים:
Avant « il retiendra » — avant le temps du Chema, où figure « il retiendra les cieux », et cela même si les pluies ne sont pas abondantes.
💡 Explication

Seconde règle de Rav Hisda, portant cette fois sur le moment. Le verset « il retiendra les cieux » se lit chaque jour dans le second paragraphe du Chema. Une pluie tombée avant cette lecture écarte la malédiction pour ce moment-là.

Rachi souligne le point important : cette règle vaut même pour une pluie faible. Le critère de quantité du segment précédent cède ici la place à un critère d'heure.

10
אָמַר אַבַּיֵּי: לָא אֲמַרַן אֶלָּא קֹודֶם ״וְעָצַר״ דְּאֻורְתָּא, אֲבָל קֹודֶם ״וְעָצַר״ דְּצַפְרָא — יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם ״וְעָצַר״. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה בַּר יִצְחָק: הָנֵי עַנְנֵי דְּצַפְרָא לֵית בְּהוּ מְשָׁשָׁא, דִּכְתִיב: ״מָה אֶעֱשֶׂה לְּךָ אֶפְרַיִם מָה אֶעֱשֶׂה לְּךָ יְהוּדָה וְחַסְדְּכֶם כַּעֲנַן בֹּקֶר וְגוֹ׳״.

Abaye dit : nous n'avons dit cela que pour le « il retiendra » du soir ; mais avant le « il retiendra » du matin, elles relèvent bien de « il retiendra ». Car Rav Yehouda bar Yitshak a dit : ces nuages du matin sont sans consistance, ainsi qu'il est écrit : « Que te ferai-je, Efraim ?

Que te ferai-je, Yehouda ? Votre bonté est comme la nuée du matin, etc. »

📜 Rachi (3)
אֲבָל יָרְדוּ קֹודֶם וְעָצַר דְּצַפְרָא יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם וְעָצַר הוֹאִיל וְלֹא יָרְדוּ בַּיּוֹם וְאֵין יָפִין לְעוֹלָם:
Mais si elles sont tombées avant le « il retiendra » du matin, elles relèvent de « il retiendra » — puisqu'elles ne sont pas tombées pendant la journée, et elles ne sont jamais bonnes.
לֵית בְּהוּ מְשָׁשָׁא וְאֵין שֶׁנָּתַן מִתְבָּרֶכֶת:
Ils sont sans consistance — et leur année ne reçoit pas de bénédiction.
וְחַסְדְּכֶם כַּעֲנַן בָּקָר שֶׁאֵין בּוֹ מַמָּשׁ:
Votre bonté est comme la nuée du matin — qui est sans substance.
🗂️ Tossefot (1)
לָא אֲמַרַן אֶלָּא קֹודֶם וְעָצַר דְּאוּרְתָּא. כְּלוֹמַר שֶׁיָּרְדוּ גְּשָׁמִים קֹודֶם ק"ש שֶׁל עַרְבִית אֲבָל קֹודֶם שֶׁל שַׁחֲרִית יֵשׁ בָּהֶם מִשּׁוּם וְעָצַר כִּדְאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק:
Nous n'avons dit cela que pour le « il retiendra » du soir. C'est-à-dire que les pluies sont tombées avant le Chema du soir ; mais avant celui du matin, elles relèvent de « il retiendra », comme l'a dit Rav Chmouel bar Rav Yitshak.
💡 Explication

Abaye restreint la règle. Une pluie qui tombe pendant la journée, donc avant le Chema du soir, témoigne d'un ciel qui donne. Une pluie tombée au petit matin, avant le Chema du matin, vient de nuées passagères.

La preuve est un verset de Hochea qui compare la bonté fugitive d'Efraim à la nuée du matin. Rachi ajoute la conséquence agricole : une telle année ne reçoit pas de bénédiction.

11
אָמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבַּיֵּי, וְהָא אָמְרִי אִינָשֵׁי: בְּמַפְתֵּחַ בְּבֵי מִיטְרָא — בַּר חַמְרָא מוֹךְ שַׂקָּךְ וְגָנֵי! לָא קַשְׁיָא: הָא דִּקְטִיר בְּעֵיבָא, הָא דִּקְטִיר בְּעַנְנֵי.

Rav Papa dit à Abaye : mais les gens disent bien : « pluie à l'heure où l'on ouvre les portes — ânier, replie ton sac et va dormir » ! [La contradiction] n'est pas difficile : ici, un ciel noué de nuées épaisses ; là, un ciel noué de nuages tenus.

📜 Rachi (3)
מִיטְרָא בְּמִיפְתַּח בְּבֵי אִם יוֹרְדִין בַּבֹּקֶר כְּשֶׁפּוֹתְחִין הַפְּתָחִים יְקַפֵּל הַחַמָּר שֶׁמּוֹכֵר תְּבוּאָה אֶת שַׂקּוֹ לִיכָּנֵס לִישֹׁן מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׁנָה מִתְבָּרֶכֶת וְיִהְיֶה שֹׂובַע בָּעוֹלָם וְלֹא יִשְׂתַּכֵּר בִּמְכִירַת תְּבוּאָתוֹ אַלְמָא יָפִין הֵן:
De la pluie à l'heure où l'on ouvre les portes — si elles tombent le matin, quand on ouvre les portes, que l'ânier qui vend du grain replie son sac et rentre dormir, car l'année sera bénie, l'abondance régnera dans le monde et il ne gagnera rien à vendre son grain. On en déduit que ces pluies sont bonnes.
דִּקְטִיר בְּעֵיבָא אִם נִתְקַשְּׁרוּ שָׁמַיִם בָּעֲנָנִים עָבִים וְלֹא קְלוּשִׁים אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם וְעָצַר:
Quand [le ciel] est noué de nuées épaisses — si les cieux se sont couverts de nuages épais et non tenus, elles ne relèvent pas de « il retiendra ».
דִּקְטִיר בַּעֲנָנָא שֶׁהִיא קְלוּשָׁה מֵעָב אֵין בּוֹ מַמָּשׁ:
Quand il est noué d'un nuage — plus ténu que la nuée épaisse, il est sans substance.
💡 Explication

Rav Papa oppose à Abaye un dicton populaire. La pluie du petit matin annonce une journée entière de pluie et une année d'abondance : le marchand de grain peut aller se coucher, son grain ne vaudra plus grand-chose.

La réponse distingue deux aspects du ciel du matin. Un ciel noué de nuées épaisses (eiba) tiendra sa promesse ; un ciel de nuages tenus (anana) se dissipera. Le dicton et la règle d'Abaye décrivent chacun l'un de ces deux matins.

🖼️ Schéma
Deux ciels du matin Katir be-eiba : nuées épaisses il pleuvra toute la journée : l'ânier peut aller dormir Katir be-anana : nuages tenus votre bonté est comme la nuée du matin : elle passe Le dicton populaire parle du premier ciel, la règle d'Abaye du second : l'épaisseur de la nuée décide.
La distinction qui réconcilie le dicton des âniers et la règle d'Abaye sur les pluies du matin.
12
אָמַר רַב יְהוּדָה: טָבָא לְשַׁתָּא דְּטֵבֵת אַרְמַלְתָּא. אִיכָּא דְאָמְרִי: דְּלָא בַּיְירִי תַּרְבִּיצֵי, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: דְּלָא שְׁקִיל שֻׁודְפָנָא. אֵינִי? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: טָבָא לְשַׁתָּא דְּטֵבֵת מְנַוַּולְתָּא! לָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲתָא מִיטְרָא מֵעִיקָּרָא, הָא דְּלָא אֲתָא מִיטְרָא מֵעִיקָּרָא.

Rav Yehouda dit : heureuse l'année dont le mois de Tevet est veuf. Certains disent : pour que les tarbitse ne restent pas en friche ; d'autres disent : pour qu'elle ne subisse pas la nielle.

En est-il ainsi ? Rav Hisda n'a-t-il pas dit : heureuse l'année dont le mois de Tevet est fangeux !

[La contradiction] n'est pas difficile : ici, la pluie était venue dès le début ; là, la pluie n'était pas venue au début.

📜 Rachi (6)
טָבָא לְשַׁתָּא אַשְׁרֶיהָ כְּלוֹמַר טוֹבָה יֵשׁ לְשָׁנָה דְּטֵבֵת אַרְמַלְתָּא שֶׁאֵין גְּשָׁמִים יוֹרְדִין בָּהּ לְהַרְבִּיעַ אֶת הָאָרֶץ:
Heureuse l'année — heureuse soit-elle, c'est-à-dire qu'il y a du bien pour l'année dont Tevet est veuf, où il ne tombe pas de pluies pour féconder la terre.
אִיכָּא דְּאָמְרִי דְּלָא בַּיְירִי תַּרְבִּיצֵי אוֹתָן מְקוֹמוֹת שֶׁמַּרְבִּיצִין בָּהֶן תּוֹרָה אֵינָן בּוֹרוֹת מִפְּנֵי שֶׁהַדְּרָכִים יָפִין הֵן וְהוֹלְכִין הַתַּלְמִידִים מִמָּקוֹם לְמָקוֹם לִלְמֹוד תּוֹרָה ל"א לָא בַּייְרִי תַּרְבִּיצֵי גִּנּוֹת שֶׁאֵינָן גְּדֵילִין עַל רוֹב מַיִם כְּגוֹן כַּרְשִׁינִין:
Certains disent : pour que les tarbitse ne restent pas en friche — les lieux où l'on enseigne la Torah ne se vident pas, parce que les chemins sont praticables et que les élèves vont d'un endroit à l'autre pour étudier. Autre version : lo bayerei tarbitse désigne les jardins, dont les cultures ne prospèrent pas sous un excès d'eau, comme les vesces.
לָא שְׁקִיל שֻׁודְפָנָא אֵין הַשִּׁדָּפוֹן נֶאֱחָז וּמִתְדַּבֵּק בַּתְּבוּאָה:
Elle ne subit pas la nielle — le chidafon ne prend pas et ne s'attache pas au grain.
מְנַוַּולְתָּא שֶׁהַדְּרָכִים מְנֻווָּלִים בְּטִיט מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים:
Fangeux — les chemins sont souillés de boue à cause des pluies.
הָא דַּאֲתָא מִיטְרָא מֵעִיקָּרָא שֶׁיָּרְדוּ הַגְּשָׁמִים בִּזְמַנָּן בְּמַרְחֶשְׁוָן וְיָרְדוּ אַף בְּטֵבֵת רָעִים הֵן שֶׁכְּבָר דַּי לְעוֹלָם בַּגְּשָׁמִים שֶׁל מַרְחֶשְׁוָן:
Ici, la pluie était venue dès le début — les pluies sont tombées en leur temps, à Marhechvan ; si elles tombent encore à Tevet, elles sont mauvaises, car les pluies de Marhechvan suffisaient déjà au monde.
דְּלָא אֲתָא מִיטְרָא מֵעִיקָּרָא טָבָא לְשַׁתָּא דְּטֵבֵת מְנַווַּלְתָּא לָשׁוֹן אַחֵר הָא דַּאֲתָא מִיטְרָא מֵעִיקָּרָא טָבָא דִּמְנַוַּולְתָּא:
La pluie n'était pas venue au début — alors heureuse l'année dont Tevet est fangeux. Autre version : lorsque la pluie était venue dès le début, il est bon que [Tevet] soit fangeux.
🗂️ Tossefot (1)
אִיכָּא דְאָמְרִי לָא בַּייְרִי תַּרְבִּיצֵי. שֶׁאֵין הַגִּנּוֹת רֵיקִים מִזְּרָעִים:
Certains disent : pour que les tarbitse ne restent pas en friche. Les jardins ne sont pas vides de semences.
💡 Explication

Un mois de Tevet veuf est un mois sans pluie. Rav Yehouda y voit un bien, pour deux raisons rapportées : selon la première lecture de Rachi, les chemins restent praticables et les maisons d'étude ne se vident pas ; selon la seconde, les jardins ne souffrent pas de l'excès d'eau et le grain échappe à la nielle.

Rav Hisda dit l'inverse : heureuse l'année où Tevet est fangeux. La guemara sépare les deux situations. Quand les pluies de Marhechvan sont tombées en leur temps, le monde à son compte et un Tevet sec vaut mieux. Quand elles ont manqué, Tevet doit rattraper le retard.

13
וְאָמַר רַב חִסְדָּא: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ עַל מִקְצָת מְדִינָה וְעַל מִקְצָת מְדִינָה לֹא יָרְדוּ — אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם ״וְעָצַר״. אֵינִי? וְהָכְתִיב: ״וְגַם אָנֹכִי מָנַעְתִּי מִכֶּם אֶת הַגֶּשֶׁם בְּעוֹד שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים לַקָּצִיר וְהִמְטַרְתִּי עַל עִיר אֶחָת וְעַל עִיר אַחַת לֹא אַמְטִיר חֶלְקָה אַחַת תִּמָּטֵר וְגוֹ׳״, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שְׁתֵּיהֶן לִקְלָלָה!

Et Rav Hisda dit encore : des pluies tombées sur une partie du pays et non sur l'autre ne relèvent pas de « il retiendra ». En est-il ainsi ?

Mais il est écrit : « Et moi aussi je vous ai retenu la pluie alors qu'il restait trois mois avant la moisson ; j'ai fait pleuvoir sur une ville et je n'ai pas fait pleuvoir sur une autre ville ; une parcelle a reçu la pluie, etc. », et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : les deux sont une malédiction !

📜 Rachi (2)
אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם וְעָצַר דְּאוֹתָן שֶׁל קְצָת מְדִינָה שֶׁיָּרְדוּ לָהֶן גְּשָׁמִים מוֹכְרִין לַאֲחֵרִים:
Elles ne relèvent pas de « il retiendra » — car ceux de la partie du pays sur laquelle les pluies sont tombées vendent aux autres.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב שְׁתֵּיהֶן לִקְלָלָה אוֹתָן שֶׁיָּרְדוּ וְאוֹתָן שֶׁלֹּא יָרְדוּ מִפְּנֵי שֶׁרֹוב גְּשָׁמִים קִלְקְלוּ אֶת תְּבוּאָתָם:
Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : les deux sont une malédiction — celles où il a plu et celles où il n'a pas plu, parce que l'excès de pluies a gâté leur récolte.
💡 Explication

Troisième règle de Rav Hisda, portant sur la répartition. Une pluie qui tombe sur une région et pas sur l'autre n'est pas une retenue des cieux, puisque la région arrosée vendra son grain à l'autre.

L'objection vient d'Amos 4,7, où ce partage est présenté comme un châtiment. Rav déclare même les deux régions maudites : celle qui n'a rien reçu, et celle qui a reçu trop, dont la récolte est gâtée.

14
לָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲתָא טוּבָא, הָא דַּאֲתָא כִּדְמִבְּעֵי לֵיהּ. אָמַר רַב אַשִּׁי: דַּיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״תִּמָּטֵר״ — תְּהֵא מְקוֹם מָטָר. שְׁמַע מִינָּה.

[La contradiction] n'est pas difficile : ici, il en est tombé beaucoup ; là, il en est tombé autant qu'il fallait. Rav Achi dit : le texte le précise aussi, car il est écrit « temater » : elle sera un lieu de pluie.

Apprends-en [qu'il en est bien ainsi].

📜 Rachi (3)
הָא דְּאִיכָּא מִיטְרָא טוּבָא יוֹתֵר מִדַּאי שְׁתֵּיהֶן לִקְלָלָה:
Ici, là où il y a beaucoup de pluie — plus qu'il n'en faut : les deux sont une malédiction.
כִּדְמִבָּעֵי לֵיהּ אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם וְעָצַר שֶׁקְּצָת מְדִינָה תְּסַפֵּק לִקְצָת מְדִינָה:
Autant qu'il fallait — elles ne relèvent pas de « il retiendra », car une partie du pays approvisionnera l'autre.
תִּמָּטֵר תְּהֵא מְקוֹם מָטָר כְּלוֹמַר יוֹתֵר מִדַּאי:
« Temater » : elle sera un lieu de pluie — c'est-à-dire plus qu'il n'en faut.
💡 Explication

La distinction porte sur la quantité reçue par la région arrosée. Si elle a reçu la mesure juste, elle nourrit sa voisine et la situation reste une bénédiction. Si elle a reçu un déluge, sa propre récolte est perdue et les deux régions souffrent.

Rav Achi lit la forme temater du verset d'Amos comme « elle sera un lieu de pluie », c'est-à-dire un endroit saturé d'eau. Le verset décrit donc l'excès, et la règle de Rav Hisda garde sa place pour la pluie mesurée.

15
אָמַר רַבִּי אָבָהוּ: מֵאֵימָתַי מְבָרְכִין עַל הַגְּשָׁמִים — מִשֶּׁיֵּצֵא חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה.

Rabbi Abahou dit : à partir de quand récite-t-on la bénédiction sur les pluies ? Depuis que le fiancé sort à la rencontre de la fiancée.

📜 Rachi (2)
מֵאֵימָתַי מְבָרְכִין עַל הַגְּשָׁמִים בְּפֶרֶק הָרוֹאֶה (בְּרָכוֹת נד.) אָמְרִינַן עַל הַגְּשָׁמִים אוֹמֵר הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב וְהָתָם (דַּף נט.) פָּרְכִינַן הַךְ בְּרָכָה דְּתַקּוּן לָהּ רַבָּנַן וּמִשָּׁנֵינַן לָהּ הָא דַּחֲזָא מִיחְזָא וְהָא דְּשָׁמַע מַשְׁמַע:
À partir de quand récite-t-on la bénédiction sur les pluies — au chapitre Ha-roe (Berakhot 54a) nous disons que sur les pluies on dit « ha-tov ve-ha-metiv » ; et là-bas (59a) nous objectons à partir de cette bénédiction-ci, instituée par les Sages, et nous répondons que l'une concerne celui qui voit de ses yeux, l'autre celui qui l'apprend par ouï-dire.
חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה שֶׁיָּרְדוּ כָּל כָּךְ שֶׁכְּשֶׁהַטִּפָּה נוֹפֶלֶת יוֹצְאָהּ אַחֶרֶת וּבוֹלֶטֶת כְּנֶגְדָּהּ מִפִּי מוֹרִי ל"א שֶׁהַשְּׁוָוקִין מְקַלְּחִין מַיִם שׁוֹק מְקַלֵּחַ וְזֶה מְקַלֵּחַ כְּנֶגְדּוֹ:
Le fiancé à la rencontre de la fiancée — qu'il en tombe assez pour que, lorsqu'une goutte tombe, une autre jaillisse et saille à sa rencontre ; ainsi de la bouche de mon maître. Autre version : les rues ruissellent d'eau, l'une ruisselle et l'autre ruisselle à sa rencontre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מֵאֵימָתַי מְבָרְכִין עַל הַגְּשָׁמִים? מִשֶּׁיֵּצֵא חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה. עַיֵּין רַשִׁ"י שְׁנֵי אוֹפַנִּים [רַשִׁ״י: שֶׁיָּרְדוּ כָּל כָּךְ שֶׁכְּשֶׁהַטִּפָּה נוֹפֶלֶת יוֹצְאָהּ אַחֶרֶת וּבוֹלֶטֶת כְּנֶגְדָּהּ, מִפִּי מוֹרִי. לִישָּׁנָא אַחְרִינָא שֶׁהַשְּׁווָקִין מְקַלְּחִין מַיִם שׁוֹק מְקַלֵּחַ וְזֶה מְקַלֵּחַ כְּנֶגְדּוֹ] וְצָרִיךְ לְהָבִין לָמָּה דִּימָּה מֵי גְּשָׁמִים בְּדִמְיוֹן חָתָן וְכַלָּה, הֵן לְפֵירוּשׁ רִאשׁוֹן הֵן לְפֵירוּשׁ שֵׁנִי, וְכִי לֹא יֵשׁ בָּעוֹלָם שְׁנַיִם יוֹצְאִים זֶה לִקְרַאת זֶה אֶלָּא רַק חָתָן וְכַלָּה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁכָּתַב רַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל שֶׁיּוֹרֵד עִם הַגְּשָׁמִים מִלְמַעְלָה כֹּחַ אוֹר הַנִּקְרָא מ"ד [מִיַּיִן דְּכוּרִין] וּכְנֶגְדּוֹ עוֹלֶה אוֹר מִן מַיִם הַתַּחְתּוֹנִים שֶׁהֵם נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה הַסְּגוּרִים לְמַטָּה וְאֵלּוּ הֵם נִקְרָאִים מ"ן [מִיַּיִן נֻוקְבִּין] , וְכַנִּזְכָּר לְעֵיל, נִמְצָא בִּירִידַת הַגְּשָׁמִים נַעֲשֶׂה חִיבּוּר וְזִוּוּג מ"ד במ"ן כְּדֻוגְמַת חִיבּוּר חָתָן וְכַלָּה כִּי מִן הֶחָתָן יוֹצֵא מ"ד וּמִן הַכַּלָּה מ"ן, וְלָכֵן דִּימָּה אֶת הַגְּשָׁמִים בְּדִמְיוֹן חָתָן וְכַלָּה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁהַגְּשָׁמִים יוֹרְדִין בְּחֶסֶד בְּאִתְעָרוּתָא דִּלְעֵילָּא קֹודֶם שֶׁתַּקְדִּים אִתְעָרוּתָא דִלְתַתָּא וְהוּא כְּדִמְיוֹן הֶחָתָן שֶׁהוּא זָכָר וְהוּא בְּחֶסֶד וְהוּא הַמַּשְׁפִּיעַ שֶׁיּוֹצֵא לִקְרַאת כַּלָּה שֶׁהִיא הַנִּשְׁפַּעַת וְהוּא הַמַּתְחִיל בְּהִתְעוֹרְרוּת כִּי הוּא הַיּוֹצֵא לִקְרָאתָהּ לַהֲבִיאָהּ אֶצְלוֹ וְלֹא הִיא יוֹצְאָהּ לִקְרָאתוֹ לַהֲבִיאוֹ אֶצְלָהּ וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ חֲזַ"ל (קִידּוּשִׁין ב:) 'כִּי יִקַּח אִישׁ אִשָּׁה' (דְּבָרִים כֹּד, א) מָשָׁל לְבַעַל אֲבֵדָה מִי מְחַזֵּר עַל מִי? וְכֵן נָהַג יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה שֶׁהוּא הֶחָתָן יָצָא לִקְרַאת כַּלָּה שֶׁיֵּצֵא מֵאַרְצוֹ (בְּרֵאשִׁית כד, י) 'וַיֵּלֶךְ אֶל אֲרָם נַהֲרַיִם' לִקְרַאת כַּלָּתוֹ וְיִקָּחֶנָּה וִיבִיאֶנָּה אֶצְלוֹ לְאַרְצוֹ, מַה שֶׁאֵין כֵּן יִצְחָק אָבִינוּ ע"ה לֹא נָהַג כֵּן שֶׁלֹּא יָצָא לִקְרַאת כַּלָּתוֹ. וְיָדוּעַ דַּאֲנָחְנוּ בֵּית יִשְׂרָאֵל יֵשׁ לָנוּ עִם הקב"ה כִּבְיָכוֹל דִּין אִשָּׁה וּבַעְלָהּ, וְנִרְצָה שֶׁיִּתְנַהֵג עִמָּנוּ כְּמִנְהַג יַעֲקֹב אָבִינוּ ע"ה, וְלָכֵן אוֹמְרִים (אֵיכָה ה, כא) 'הֲשִׁיבֶנּוּ ה' אֵלֶיךָ וְנָשׁוּבָה' וְלֹא תֹּאמַר (מַלְאָכִי ג, ז) 'שׁוּבוּ אֵלַי וְאָשׁוּבָה אֲלֵיכֶם'. וּבָזֶה יוּבָן הַפָּסוּק בִּישַׁעְיָה (יְשַׁעְיָה מט, כו) 'וְיֵדְעוּ כָּל בָּשָׂר כִּי אֲנִי ה' מוֹשִׁיעֵךְ וְגֹאֲלֵךְ אֲבִיר יַעֲקֹב' כְּלוֹמַר אֶתְנַהֵג עִמְּךָ כְּמִנְהָגוֹ שֶׁל יַעֲקֹב. וְעוֹד נִרְאֶה לִי חָתָן יוֹצֵא לִקְרַאת כַּלָּה , אִם תַּנִּיחַ אוֹתִיּוֹת חָתָן לִקְרַאת אוֹתִיּוֹת כַּלָּה, יִהְיֶה מִזֶּה צֵירוּף כ"ח ת"ל ה"ן, וְיָדוּעַ שֶׁהַיְּסוֹד נִקְרָא תֵּל בְּסוֹד (שִׁיר הַשִּׁירִים ד, ד) 'לְתַלְפִּיּוֹת' תֵּל שֶׁכָּל פִּיּוֹת פּוֹנִים בּוֹ (בְּרָכוֹת ל.) , ודו"ק. נִמְצָא לְפִי זֶה גְּשָׁמִים שֶׁיִּהְיֶה מֵהֶם שֶׁבַע וּבְרָכָה הֵם הַיּוֹצְאִים חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה, וְיָדוּעַ שֶׁהַגְּשָׁמִים נִקְרָאִים בְּשֵׁם 'שָׁלוֹם' וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים קכב, ז) 'יְהִי שָׁלוֹם בְּחֵילֵךְ שַׁלְוָה בְּאַרְמְנוֹתֶיךָ', כְּלוֹמַר 'חֵילֶךָ' רָאשֵׁי תֵּיבוֹת ח תֵּן י וְצֵא ל קָרָאתָ כ לָהּ כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעוּ הַגְּשָׁמִים שֶׁהֵם שָׁלוֹם לְשִׁיעוּר זֶה שֶׁמְּבָרְכִים עָלָיו אָז שֶׁלָּוָה בְּאַרְמְנוֹתֶיךָ שֶׁכָּל אָדָם שָׁקֵט וְשַׁאֲנָן וְנָח בְּיוֹם הַגְּשָׁמִים. וּמַה שֶׁאָמַר עַל כָּל טִפָּה וְטִפָּה , הַכַּוָּנָה מוֹדִים לְךָ דְּאַף עַל פִּי שְׁטִיפוֹת הַגְּשָׁמִים מְרֻובִּין הֵם, אַתָּה מַבְדִּיל בֵּין טִיפָּה לְטִיפָּה, כְּדֵי שֶׁלֹּא יִהְיוּ מְטַשְׁטְשִׁים אֶת הָאָרֶץ.
À partir de quand récite-t-on la bénédiction sur les pluies ? Depuis que le fiancé sort à la rencontre de la fiancée. Vois Rachi, qui donne deux explications [Rachi : qu'il en tombe assez pour que, lorsqu'une goutte tombe, une autre jaillisse et saille à sa rencontre, de la bouche de mon maître ; autre version : les rues ruissellent d'eau, l'une ruisselle et l'autre ruisselle à sa rencontre]. Il faut comprendre pourquoi il a comparé les eaux de pluie à un fiancé et à une fiancée, selon la première explication comme selon la seconde : n'y a-t-il dans le monde que le fiancé et la fiancée pour sortir l'un à la rencontre de l'autre ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'a écrit notre maître le Ari, de mémoire bénie, qu'il descend avec les pluies, d'en haut, une force de lumière appelée mem-dalet (mayin doukhrin, les eaux masculines), et qu'en face d'elle monte une lumière depuis les eaux inférieures, qui sont les étincelles de sainteté enfermées en bas, appelées mem-noun (mayin noukvin, les eaux féminines), comme il a été rappelé plus haut. Il se trouve donc que la descente des pluies opère une jonction et une union du mem-dalet dans le mem-noun, à l'image de l'union du fiancé et de la fiancée, puisque du fiancé sort le mem-dalet et de la fiancée le mem-noun ; voilà pourquoi il a comparé les pluies au fiancé et à la fiancée. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que les pluies descendent par 'hessed (bonté), par un éveil d'en haut qui précède l'éveil d'en bas, à l'image du fiancé, qui est le masculin, qui se tient dans le 'hessed et qui donne, et qui sort à la rencontre de la fiancée, celle qui reçoit ; c'est lui qui commence l'éveil, puisque c'est lui qui sort à sa rencontre pour l'amener auprès de lui, et non elle qui sort à sa rencontre pour l'amener auprès d'elle. Ainsi nos Sages ont dit (Kidouchin 2b) sur « lorsqu'un homme prend une femme » (Devarim 24,1) : une parabole du propriétaire d'un objet perdu — qui cherche qui ? Ainsi a fait Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, qui était le fiancé sortant à la rencontre de la fiancée : il est sorti de son pays, « et il alla vers Aram Naharayim » (Berechit 24,10), à la rencontre de sa fiancée, pour la prendre et l'amener auprès de lui dans son pays ; tandis qu'Yitshak notre père, que la paix soit sur lui, n'a pas agi ainsi et n'est pas sorti à la rencontre de sa fiancée. Or il est connu que nous, maison d'Israël, avons envers le Saint béni soit-Il, si l'on peut dire, le statut d'une épouse envers son mari, et nous souhaitons qu'Il se conduise avec nous a la manière de Yaakov notre père, que la paix soit sur lui ; c'est pourquoi nous disons « fais-nous revenir vers Toi, ה', et nous reviendrons » (Eikha 5,21) et non « revenez vers Moi et Je reviendrai vers vous » (Malakhi 3,7). On comprend ainsi le verset de Yechayahou (49,26) : « et toute chair saura que Moi, ה', je suis ton sauveur et ton rédempteur, le Fort de Yaakov », c'est-à-dire : je me conduirai avec toi à la manière de Yaakov. Il me semble encore : « le fiancé sort à la rencontre de la fiancée » — si tu places les lettres de hatan (fiancé) face aux lettres de kala (fiancée), il en résulte la combinaison koah, tel, hen. Or il est connu que le yessod est appelé tel, selon le sod du verset « le-talpiyot » (Chir ha-chirim 4,4), un tel vers lequel toutes les bouches se tournent (Berakhot 30a) ; médite-le. Il ressort de là que les pluies dont viennent la satiété et la bénédiction sont celles où le fiancé sort à la rencontre de la fiancée. Il est connu que les pluies sont appelées du nom de « paix » ; c'est le sens du verset « que la paix soit dans tes remparts, la quiétude dans tes palais » (Tehilim 122,7) : hedek, tes remparts, forme les initiales de hatan yotse likrat kala, le fiancé sort à la rencontre de la fiancée. Dès lors que les pluies, qui sont la paix, ont atteint la mesure sur laquelle on récite la bénédiction, alors il y a quiétude dans tes palais, chacun se trouvant calme, paisible et au repos le jour de pluie. Et ce qui est dit « pour chaque goutte et chaque goutte » veut dire : nous te rendons grâce de ce que, malgré le nombre des gouttes de pluie, Tu séparés chaque goutte de la suivante, afin qu'elles ne délayent pas la terre.
⚖️ Rosh (1)
גְּמ' אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ מֵאֵימָתַי מְבָרְכִין עַל הַגְּשָׁמִים מִשֶּׁיֵּצֵא חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה שֶׁהַטִּיפּוֹת שֶׁיָּרְדוּ עַל הָאָרֶץ עוֹלוֹת לִקְרַאת הַטִּיפּוֹת הַיּוֹרְדוֹת עוֹד. מַאי מְבָרֵךְ אָמַר רַב הוּנָא מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ עַל כָּל טִיפָּה וְטִיפָּה שֶׁהוֹרַדְתָּ לָנוּ ר' יוֹחָנָן הַמְסַיֵּים בָּהּ וְאִילּוּ פִּינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם עַד וִיקַדְּשׁוּ אֶת שִׁמְךָ אֱ-לֹהֵינוּ בָּרוּךְ רֹוב הַהוֹדָאוֹת רֹוב הַהוֹדָאוֹת וְלָא כָּל הַהוֹדָאוֹת. אָמַר רָבָא (אֶלָּא) אֵימָא אֵל הַהוֹדָאוֹת. אָמַר רַב פָּפָּא הִלְכָּךְ נֵימְרִינְהוּ לְתַרְוַוייְהוּ בָּרוּךְ רֹוב הַהוֹדָאוֹת אֵל הַהוֹדָאוֹת. וְעוֹד יֵשׁ בְּרָכָה אַחֶרֶת עַל הַגְּשָׁמִים פְּעָמִים מְבָרְכִין הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב וּפְעָמִים מְבָרְכִין שֶׁהֶחֱיָינוּ וְכֻולָּן מְפֹורָשִׁין בְּפֶ' בָּתְרָא דִּבְרָכוֹת (סִי' ט"ו):
Guemara : Rabbi Abahou dit : à partir de quand récite-t-on la bénédiction sur les pluies ? Depuis que le fiancé sort à la rencontre de la fiancée, c'est-à-dire que les gouttes tombées sur la terre montent à la rencontre des gouttes qui continuent de descendre. Quelle bénédiction dit-on ? Rav Houna dit : « Nous te rendons grâce pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous. » Rabbi Yo'hanan la conclut ainsi : « Quand notre bouche serait pleine de chant comme la mer », jusqu'à « et ils sanctifieront Ton Nom, notre D.ieu », « béni soit Celui à qui va la plupart des actions de grâce ». La plupart des actions de grâce, et non toutes les actions de grâce ? Rava dit : dis plutôt « D.ieu des actions de grâce ». Rav Papa dit : donc, qu'on dise les deux, « béni soit Celui à qui va la plupart des actions de grâce, D.ieu des actions de grâce ». Il existe encore une autre bénédiction sur les pluies : parfois on dit ha-tov ve-ha-metiv, parfois on dit chehehiyanou ; tout cela est exposé au dernier chapitre de Berakhot (siman 15).
💡 Explication

La bénédiction sur la pluie exige un seuil visible. Rabbi Abahou le décrit par une image : le moment où l'eau déjà posée sur le sol répond à l'eau qui descend. Rachi rapporte deux explications, l'une au nom de son maître : la goutte qui tombe fait jaillir une goutte à sa rencontre ; l'autre : les rues ruissellent l'une vers l'autre.

Le Roch retient la première et en fait la halakha, avant de renvoyer aux autres bénédictions sur la pluie : ha-tov ve-ha-metiv et chehehiyanou, traitées au dernier chapitre de Berakhot.

🖼️ Schéma
Le seuil de la bénédiction sur les pluies Avant le seuil la terre boit chaque goutte, rien ne remonte Au seuil : on bénit l'eau du sol rejaillit vers l'eau qui tombe Image de Rabbi Abahou : le fiancé sort à la rencontre de la fiancée. Deuxième lecture de Rachi : deux rues qui ruissellent l'une vers l'autre.
Le critère visible fixé par Rabbi Abahou : la rencontre entre l'eau qui descend et l'eau qui remonte du sol détrempé.
16
מַאי מְבָרֵךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: ״מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ עַל כָּל טִפָּה וְטִפָּה שֶׁהוֹרַדְתָּ לָנוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן מְסַיֵּים בַּהּ הָכִי: ״אִילּוּ פִּינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה כַּהֲמוֹן גַּלָּיו כּוּ׳״, עַד ״אַל יַעְזְבוּנוּ רַחֲמֶיךָ ה׳ אֱ-לֹהֵינוּ וְלֹא עֲזָבוּנוּ, בָּרוּךְ רֹוב הַהוֹדָאוֹת״.

Quelle bénédiction dit-on ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : « Nous Te rendons grâce, Hachem notre D.ieu, pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous. » Et Rabbi Yo'hanan la conclut ainsi : « Quand notre bouche serait pleine de chant comme la mer, et notre langue de jubilation comme le grondement de ses vagues, etc. », jusqu'à : « que Ta miséricorde ne nous abandonne pas, Hachem notre D.ieu, et Tu ne nous as pas abandonnés ; béni sois-Tu, à qui va la plupart des actions de grâce ».

💡 Explication

La formule de base est brève et énumérative : la reconnaissance porte sur chaque goutte prise séparément. Rabbi Yo'hanan la prolonge par le texte de Nichmat, récité le matin de Chabbat, jusqu'à sa conclusion.

C'est cette conclusion, « la plupart des actions de grâce », qui va poser une difficulté au segment suivant.

17
״רֹוב הַהוֹדָאוֹת״ וְלֹא ״כָּל הַהוֹדָאוֹת״? אָמַר רָבָא, אֵימָא: ״אֵל הַהוֹדָאוֹת״. אָמַר רַב פָּפָּא: הִלְכָּךְ

« La plupart des actions de grâce » et non « toutes les actions de grâce » ? Rava dit : dis plutôt « D.ieu des actions de grâce ».

Rav Papa dit : dès lors

📜 Rachi (1)
רֹוב הַהוֹדָאוֹת כְּלוֹמַר רֹוב הַהוֹדָאוֹת אַתָּה קוֹרֵא להקב"ה וְלֹא כָּל הַהוֹדָאוֹת וְהָכִי מַשְׁמַע בָּרוּךְ אַתָּה בְּרוֹב הַהוֹדָאוֹת וְלֹא בְּכָל אֶלָּא כָּךְ חוֹתֵם בא"י אמ"ה אֵל הַהוֹדָאוֹת דְּמַשְׁמַע כָּל הַהוֹדָאוֹת:
La plupart des actions de grâce — c'est-à-dire que tu appelles le Saint béni soit-Il « la plupart des actions de grâce » et non « toutes les actions de grâce » ; cela signifierait : béni sois-Tu dans la plupart des actions de grâce et non dans toutes. Il faut donc conclure ainsi : béni sois-Tu Hachem notre D.ieu, roi du monde, D.ieu des actions de grâce, ce qui implique toutes les actions de grâce.
💡 Explication

La formule transmise loue Hachem comme Celui à qui va la plupart des actions de grâce, ce qui laisserait entendre qu'une part revient ailleurs. Rava corrige donc en modifiant une lettre : au lieu de rov, la plupart, lire El, D.ieu des actions de grâce, ce qui les englobe toutes.

La réponse de Rav Papa est coupée au bas du folio : il proposera de dire les deux formules ensemble, comme le rapporte déjà le Roch cité plus haut. La suite se lit en 7a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).