Taanit 7b — Le jour des pluies aussi grand que la création du monde, puis le catalogue des fautes qui retiennent la pluie : teroumot et maasserot, médisance, effronterie, annulation de l'étude, vol, actions corrompues de la génération — et le remède par la prière

Taanit 7b

Sougya : Le folio s'ouvre sur la fin de l'échange entre Rabbi Yehochoua ben Hanania et la fille de l'empereur sur la Torah contenue dans un vase disgracieux, et sur une seconde comparaison : les trois boissons auxquelles la Torah est comparée ne se gâtent que par relâchement de l'attention, et les paroles de Torah ne s'oublient que de la même manière. La sougya revient ensuite à la pluie et lui donne sa plus haute mesure : Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina tire du verset d'Isaie que le jour des pluies égale le jour où furent créés les cieux et la terre, Rav Ochaya y voit le salut lui-même qui fructifie et se multiplie, Rabbi Tanhoum bar Hanilaï en fait le signe que les fautes ont été pardonnées.

À partir de la, le folio devient un catalogue : chaque maître rattache la retenue de la pluie à une faute précise, avec son verset. Israël passible d'extermination, annulation des teroumot et des maasserot, médisance, effronterie, annulation de l'étude de la Torah, vol, enfin actions corrompues de la génération.

Deux fois de suite, Ze'iri de Dihavat oppose à Ravina un autre verset pour le même enseignement. Une longue digression s'ouvre sur l'effronterie : celui qui la porte a déjà trébuché dans la faute, il est permis de l'appeler racha en face et permis de le haïr.

Le folio se clôt sur le remède, tiré deux fois du même verset qui a servi au diagnostic : multiplier la prière, redoubler de supplications, et mieux encore redresser les actions dès le départ. La dernière ligne ouvre l'enseignement de Rech Lakich sur le disciple, qui se lira en 8a.

Le catalogue du folio : sept fautes qui retiennent la pluie, chacune avec son verset Le maître La faute Le verset et sa lecture R. Tanhoum fils de R. Hiya homme de Kfar Akko Israël passible d'extermination Job 24 : le cheol, ceux qui ont fauté Ze'iri : Deut. 11, vous périrez promptement Rav Hisda Annulation des teroumot et des maasserot Job 24 : tsia, la sécheresse, lu comme tsivouy ce que Je vous ai ordonné à la saison chaude R. Chimon ben Pazi Médisance Prov. 25 : le vent du nord et la langue cachée Rav Salla au nom de Rav Hamnouna Effronterie Jer. 3 : tu avais le front d'une prostituée Rav Ketina puis Rav Yossef Annulation de l'étude Qoh. 10 : par la paresse la charpente s'affaisse Job 37 : on ne voit plus la lumière, qui est la Torah Rabbi Ami Vol Job 36 : sur les paumes Il a couvert la lumière Rabbi Ami Actions corrompues de la génération Qoh. 10 : si le fer est émoussé Le remède, tiré chaque fois de la seconde moitié du même verset Job 36 : Il ordonne à la pluie bemafgia, par supplication - qu'il multiplie la prière. Qoh. 10 : et il redoublera de forces - qu'ils redoublent de supplications ; mieux encore, des actions droites dès le départ.
Le folio procède par accumulation : chaque maître nomme une faute, produit son verset et le lit selon sa propre méthode. Les deux dernières entrées ont ceci de particulier que le remède sort du verset même qui a servi au diagnostic.
Les deux faces d'un même principe : la pluie est un verdict lisible La pluie descend R. Hama fils de R. Hanina aussi grand que la création du ciel et de la terre Rav Ochaya le salut lui-même y fructifie et s'y multiplie R. Tanhoum bar Hanilaï signe que les fautes ont été pardonnées Psaume 85 : Tu as agréé Ta terre, Tu as porte la faute de Ton peuple La pluie est retenue R. Tanhoum fils de R. Hiya Israël s'est rendu passible d'extermination Puis sept fautes nommées une à une dons, parole, effronterie, étude, vol, conduite Le ciel devient un témoin émoussé comme du fer, ou clair et sans nuage Job 24 et Deut. 11 : la sécheresse, puis vous périrez promptement Même structure des deux côtés : un état du ciel, un verset qui l'explique, une conduite humaine qui le commande. Le folio ne décrit pas un phénomène météorologique, il apprend à lire le ciel comme la réponse à ce qui se fait en bas.
Le folio articule deux volets symétriques. La pluie qui tombe atteste un pardon déjà acquis ; la pluie retenue accuse une faute précise que chaque maître nomme.
La digression sur l'effronterie : quatre énoncés enchaînés sur un seul mot, metsah Rav Salla au nom de Rav Hamnouna La pluie est retenue à cause des effrontés Même maître L'effronté finira par trébucher dans la faute lecture au futur Rav Nahman Il a déjà trébuché il est écrit haya lakh, tu avais, au passé Conséquences pratiques Rabba bar Rav Houna : on peut l'appeler racha en face R. Nahman bar Yitshak : on peut le haïr Pourquoi l'enchaînement tient : le verset de Jérémie associe dans une même phrase la retenue des ondées et le front de la prostituée. Le front, metsah, sert donc de charnière entre la sécheresse et l'impudeur, et chaque maître tire le fil un cran plus loin. Nafka mina de Rav Nahman : si la faute est déjà commise, le Tossafot explique qu'on peut l'appeler racha sans tomber sous la réprobation de Kidouchin 28a contre celui qui traite son prochain de racha, car son visage même témoigne contre lui.
Quatre énoncés successifs partent du même mot du verset de Jérémie et durcissent progressivement le statut de l'effronté, jusqu'à deux permissions de conduite.
1
אִי הָווּ סְנוּ — טְפֵי הָווּ גְּמִירִי. דָּבָר אַחֵר: מַה שְׁלֹשָׁה מַשְׁקִין הַלָּלוּ אֵין נִפְסָלִין אֶלָּא בְּהֶיסַּח הַדַּעַת — אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵין מִשְׁתַּכְחִין אֶלָּא בְּהֶיסַּח הַדַּעַת.

« S'ils avaient été laids, ils auraient été plus savants encore. » Autre explication : de même que ces trois boissons ne se gâtent que par un relâchement de l'attention, ainsi les paroles de Torah ne s'oublient que par un relâchement de l'attention.

📜 Rachi (4)
אִי הָווּ סָנוּ אוֹתָם נָאִים שֶׁהֵם חֲכָמִים:
« S'ils avaient été laids » — ces gens beaux qui sont sages.
טְפֵי הָווּ גְּמִירִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְנָאֶה לְהַשְׁפִּיל דַּעְתּוֹ וּבָא לִידֵי שִׁכְחָה:
« Ils auraient été plus savants » — car il est impossible à un homme beau d'abaisser son esprit, et il en vient à l'oubli.
בְּהֶיסַּח הַדַּעַת שֶׁאִם לֹא יִשְׁמְרֵם יָפֶה יְהוּ נִשְׁפָּכִין אוֹ נוֹפֵל לְתוֹכָן דָּבָר מָאוּס וְנִפְסָלִים מִלִּשְׁתּוֹת בְּדָבָר קַל יוֹתֵר מִשֶּׁמֶן וּדְבַשׁ שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁהֵן עָבִים צָפָה הַפְּסֹולֶת לְמַעְלָה וְאֶפְשָׁר אָדָם נוֹטֵל הָעֶלְיוֹן וְזוֹרְקוֹ לַחוּץ וְהַתַּחְתּוֹן בַּר וְנָקִי מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּמַשְׁקֶה צָלוּל שֶׁאֵינוֹ עָב קליי"ר בְּלַעַ"ז:
« Par relâchement de l'attention » — car si on ne les garde pas convenablement, elles se répandent, ou bien un objet répugnant y tombe et elles deviennent impropres à la boisson, plus facilement que l'huile et le miel : ceux-ci étant épais, l'impureté flotte à la surface, et un homme peut prendre le dessus et le jeter dehors, le fond restant pur et net. Il en va autrement d'une boisson claire, qui n'a pas cette épaisseur — clair en langue vulgaire.
בְּהֶיסַּח הַדַּעַת אִם אֵינוֹ מַחֲזִירָם תָּמִיד:
« Par relâchement de l'attention » — s'il ne les repasse pas constamment.
🗂️ Tossefot (1)
אִי הֲווֹ סְנוּ הֲווֹ חַכִּימֵי. פ' אִם הָיוּ שׂוֹנְאִים הַיֹּופִי הָווּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּיוֹתֵר:
« S'ils étaient sanou, ils seraient savants. » Explication : s'ils haïssaient la beauté, ils seraient des talmide hakhamim bien davantage.
💡 Explication

Le folio précédent rapportait l'échange entre Rabbi Yehochoua ben Hanania et la fille de l'empereur, qui s'étonnait qu'une si belle sagesse loge dans un vase disgracieux. Il lui avait répondu par l'image du vin, que l'on conserve dans des récipients de terre et non d'argent. Elle objecte alors que des gens beaux sont eux aussi savants ; il répond que leur beauté leur coûte, et que les mêmes, laids, auraient su davantage. Rachi donne la raison : un homme beau peine à abaisser son esprit, et cette hauteur conduit à l'oubli.

Le davar aher, la seconde explication, revient à la comparaison de la Torah avec l'eau, le vin et le lait. Ces trois liquides sont clairs : la moindre salissure les rend impropres. L'huile et le miel, épais, laissent l'impureté flotter et se laissent écrémer. La Torah suit le régime des liquides clairs — un seul hesseh hadaat, un relâchement de l'attention, suffit à la perdre.

2
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים כְּיוֹם שֶׁנִּבְרְאוּ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַרְעִיפוּ שָׁמַיִם מִמַּעַל וּשְׁחָקִים יִזְּלוּ צֶדֶק תִּפְתַּח אֶרֶץ וְיִפְרוּ יֶשַׁע וּצְדָקָה תַצְמִיחַ יַחַד אֲנִי ה׳ בְּרָאתִיו״. ״בְּרָאתִים״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״בְּרָאתִיו״.

Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina dit : grand est le jour des pluies, comme le jour où furent créés les cieux et la terre, ainsi qu'il est dit : « Cieux, distillez d'en haut, que les nuées fassent ruisseler la justice ; que la terre s'ouvre et qu'ils produisent le salut, et qu'elle fasse germer la justice ensemble — Moi, Hachem, Je l'ai créé. » Il n'est pas dit « Je les ai créés », mais « Je l'ai créé ».

📜 Rachi (1)
שֶׁנֶּאֱמַר הַרְעִיפוּ שָׁמַיִם מִמַּעַל וּשְׁחָקִים יִזְּלוּ צֶדֶק תִּפְתַּח אֶרֶץ וְיִפְרוּ יֶשַׁע וּצְדָקָה תַצְמִיחַ יַחַד אֲנִי ה' בְּרָאתִיו בְּרָאתִים לֹא נֶאֱמַר דְּמַשְׁמַע אַשְּׁחָקִים יִזָּלוּ קָאֵי אֶלָּא אֲנִי ה' בְּרָאתִיו לְטַל וּמָטָר שְׁמַע מִינָּה שֶׁמִּשְׁתַּבֵּחַ וּמִתְפָּאֵר הקב"ה בְּמָטָר הַשָּׁמַיִם:
« Ainsi qu'il est dit : Cieux, distillez d'en haut, que les nuées fassent ruisseler la justice ; que la terre s'ouvre et qu'ils produisent le salut, et qu'elle fasse germer la justice ensemble — Moi, Hachem, Je l'ai créé ; il n'est pas dit Je les ai créés » — car cela impliquerait que le verset porte sur « que les nuées fassent ruisseler ». Puisqu'il dit « Moi, Hachem, Je l'ai créé », au sujet de la rosée et de la pluie, on en tire que le Saint béni soit-Il se loue et se glorifie de la pluie des cieux.
🗂️ Tossefot (1)
בְּרָאתִים לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא בְּרָאתִיו. פִּי' דְּמַשְׁמַע דְּמַהְדַּר אַגֶּשֶׁם וְאִם כֵּן מִשּׁוּם דְּגָדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים כְּיוֹם שֶׁנִּבְרָא בּוֹ שָׁמַיִם וָאָרֶץ מִשְׁתַּבֵּחַ בֵּיהּ הקב"ה אִי הֲוָה כְּתִיב בְּרָאתִים הֲוָה מַשְׁמַע דְּאַהְדַּר אֲשֵׁמִים וָאָרֶץ:
« Il n'est pas dit Je les ai créés, mais Je l'ai créé. » Explication : cela indique que le verset revient à la pluie ; et s'il en est ainsi, puisque grand est le jour des pluies comme le jour où furent créés les cieux et la terre, le Saint béni soit-Il s'en loue. S'il avait été écrit « Je les ai créés », cela aurait indiqué un retour aux cieux et à la terre.
💡 Explication

Le verset d'Isaie énumère plusieurs réalités : les cieux, les nuées, la terre. On s'attendrait donc à la fin au pluriel, « Je les ai créés ». Le texte porte le singulier, bérativ, « Je l'ai créé ». Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina en conclut que le singulier vise la pluie, dont le verset vient de parler, et que Hachem s'en glorifie comme Il se glorifie de la création.

La formule gadol yom haguechamim, grand est le jour des pluies, va servir de refrain aux énoncés qui suivent. Chaque maître y ajoute une dimension : la création, puis le salut, puis le pardon.

3
אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים, שֶׁאֲפִילּוּ יְשׁוּעָה פָּרָה וְרָבָה בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תִּפְתַּח אֶרֶץ וְיִפְרוּ יֶשַׁע״. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: אֵין הַגְּשָׁמִים יוֹרְדִים אֶלָּא אִם כֵּן נִמְחֲלוּ עֲוֹנוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רָצִיתָ ה׳ אַרְצֶךָ שַׁבְתָּ שְׁבִית יַעֲקֹב. נָשָׂאתָ עֲוֹן עַמֶּךָ כִּסִּיתָ כָל חַטָּאתָם סֶלָה״.

Rav Ochaya dit : grand est le jour des pluies, car même le salut y fructifie et s'y multiplie, ainsi qu'il est dit : « que la terre s'ouvre et qu'ils produisent le salut ». Rabbi Tanhoum bar Hanilaï dit : les pluies ne descendent que si les fautes d'Israël ont été pardonnées, ainsi qu'il est dit : « Tu as agréé, Hachem, Ta terre, Tu as ramené la captivité de Yaakov.

Tu as porte la faute de Ton peuple, Tu as couvert toute leur faute, sela. »

📜 Rachi (3)
יְשׁוּעָה פָּרָה וְרָבָה בּוֹ מְלִיצֵי זְכוּת נִכְנָסִין לְפָנָיו בְּיוֹם הַגְּשָׁמִים שֶׁנִּזְכַּר לִישׁוּעָה מִתּוֹךְ שְׁעַת רָצוֹן הוּא לִישָּׁנָא דִּקְרָא וְיִפְרוּ יֶשַׁע וְאֵימָתַי בִּזְמַן שֶׁהַשְּׁחָקִים יִזְּלוּ צֶדֶק:
« Le salut y fructifie et s'y multiplie » — les défenseurs entrent devant Lui le jour des pluies, jour où l'on se souvient du salut, puisque c'est un moment de faveur. C'est là l'expression du verset, « qu'ils produisent le salut » — et quand cela ? au moment où « les nuées font ruisseler la justice ».
רָצִיתָ ה' אַרְצְךָ בְּמַיִם:
« Tu as agréé, Hachem, Ta terre » — par les eaux.
נִשֵּׂאת עָוֹן עַמְּךָ מִיָּד:
« Tu as porte la faute de Ton peuple » — aussitôt.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים, שֶׁאֲפִלּוּ יְשׁוּעָה פָּרָה וְרָבָה בּוֹ (יְשַׁעְיָה מה, ח) . יֵשׁ לְהָבִין מַאי לְשׁוֹן 'אֲפִילּוּ'? וְעוֹד מַה פְּרִיָּה וּרְבִיָּה שַׁייָּךְ בִּישׁוּעָה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאַף עַל פִּי שֶׁכָּל נֵס יְכֻונֶּה בְּשֵׁם יְשׁוּעָה, מִכָּל מָקוֹם נֵס שֶׁל פְּקִידַת עֲקָרוֹת רָאוּי לְכֵנוּתוֹ יוֹתֵר בְּשֵׁם יְשׁוּעָה, וְהַייְנוּ דְּאִם הָאִשָּׁה עֲקָרָה אֵין שָׁלוֹם בֵּינָהּ לְבֵין בַּעְלָהּ וְרַק הַבָּנִים עוֹשִׂים שָׁלוֹם בֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (תְּהִלִּים קכח, ו) 'וּרְאֵה בָנִים לְבָנֶיךָ שָׁלוֹם עַל יִשְׂרָאֵל' נִמְצָא הַבָּנִים הֵם שָׁלוֹם וְרֹאשׁ וְסוֹף י שׁוּעַ ה אוֹתִיּוֹת יָהּ שֶׁהֵם בָּא י ש וְאֵשׁ ה , שֶׁשֵּׁם י"ה בֵּינֵיהֶם וּבֵין אוֹתִיּוֹת אֵלּוּ שֶׁל אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ יֵשׁ אוֹתִיּוֹת שו " ע שֶׁהֵם מִסְפַּר שָׁלוֹם [376] לָכֵן נֵס פְּקִידַת עֲקָרוֹת יְכֻונֶּה בְּשֵׁם יְשׁוּעָה דְּכֵיוָן דְּנִפְקְדוּ אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ בְּבָנִים יֵשׁ אֶצְלָם צֵירוּף אוֹתִיּוֹת יְשׁוּעָה. וְיָדוּעַ מַה שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בְּרֵאשִׁית רַבָּה נג, ח) כֵּיוָן שֶׁנִּפְקְדוּ שָׂרָה נִפְקְדוּ כַּמָּה עֲקָרוֹת עִמָּהּ, וְהַטַּעַם מְפֹורָשׁ בְּסִפְרֵי הַמְפָרְשִׁים זַ"ל כֵּיוָן שֶׁנִּפְתַּח צִינּוֹר שֶׁל נֵס זֶה בִּפְקִידַת שָׂרָה אוֹ רִבְקָה אָז נִפְתְּחוּ בְּנָקֵל צִינּוֹרוֹת שֶׁל נֵס כָּזֶה לְכַמָּה עֲקָרוֹת אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָם רְאוּיִים לְנֵס זֶה. וְהִנֵּה כָּאן בִּירִידַת הַגְּשָׁמִים נַעֲשֶׂה עִנְיַן פְּקִידַת עֲקָרָה כִּי יְרִידַת הַגְּשָׁמִים הֵם עִנְיַן עִיבּוּר וְלֵידָה, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דַּף וָא"ו בְּגֶשֶׁם מַאי לְשׁוֹן 'רְבִיעָה'? דָּבָר שֶׁרוֹבֵעַ אֶת הַקַּרְקַע, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: מִיטְרָא, בַּעְלָהּ דְּאַרְעָא הוּא, דִּכְתִיב (יְשַׁעְיָהוּ נה, י) 'כִּי כַּאֲשֶׁר יֵרֵד הַגֶּשֶׁם וְהַשֶּׁלֶג מִן הַשָּׁמַיִם וְשָׁמָּה לֹא יָשׁוּב כִּי אִם הִרְוָה אֶת הָאָרֶץ וְהוֹלִידָהּ וְהִצְמִיחָה', וְכֵן אָמַר רַב יְהוּדָה טָבָא לְשַׁתָּא דְּטֵבֵת אַרְמַלְתָּא', וְכֵן אָמַר לְקַמָּן נֶאֶמְרָה עֲצִירָה בְּאִשָּׁה וְנֶאֱמַר עֲצִירָה בָּאָרֶץ וְנֶאֱמַר לֵידָה בְּאִשָּׁה וְלֵידָה בָּאָרֶץ עַייֵּן שָׁם. נִמְצָא הָאָרֶץ הִיא כְּדִמְיוֹן אִשָּׁה שֶׁמִּתְעַבֶּרֶת בְּיוֹם הַגְּשָׁמִים מִן הַגֶּשֶׁם וְיוֹלֶדֶת אַחַר כָּךְ כְּשֶׁתּוֹצִיא צִמְחָהּ וּלְפִי זֶה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ כֵּיוָן דְּנִפְקְדָה שָׂרָה וְרִבְקָה נִפְקְדוּ כַּמָּה עֲקָרוֹת מִטַּעַם הָאָמוּר כֵּיוָן דְּנִפְתַּח הַצִּנּוֹר שֶׁל שֶׁפַע זֶה נִפְתַּח דֻּוגְמָתוֹ לַאֲחֵרִים, כֵּן הָעִנְיָן כָּאן כֵּיוָן שֶׁיָּרְדוּ גְּשָׁמִים לָעוֹלָם שֶׁבָּהֶם מִתְעַבֶּרֶת הָאָרֶץ אָז יִהְיֶה שֶׁפַע כָּזֶה שֶׁל עִיבּוּר גַּם בִּבְנֵי אָדָם שֶׁיִּהְיוּ הַנָּשִׁים מִתְעַבְּרוֹת מִבַּעֲלֵיהֶם וְזֶה הָעִיבּוּר שֶׁל הָאִשָּׁה מִבַּעְלָהּ שֶׁמִּתְעַבֶּרֶת מִמֶּנּוּ בְּבָנִים נִקְרָא בְּשֵׁם יְשׁוּעָה כְּדַאֲמָרָן לְעֵיל לָזֶה אָמַר ' אֲפִלּוּ יְשׁוּעָה ' שֶׁהוּא שֶׁפַע עִיבּוּר אִשָּׁה מִבַּעְלָהּ בְּבָנִים ' פָּרָה וְרָבָה בּוֹ ' שֶׁיִּתְרַבֶּה שֶׁפַע זֶה אֵצֶל כַּמָּה בְּנֵי אָדָם. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד עַל יְדֵי הַגְּשָׁמִים יִהְיֶה בֵּירוּר נִיצוֹצֵי קְדֻושָּׁה לַעֲלוֹת מִן הַדּוֹמֵם, וְעַל יְדֵי זֶה יִהְיֶה עֵת רָצוֹן וְיִתְייַחֲדוּ הַדּוֹדִים לְמַעְלָה בְּעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים וְאָז נִמְשָׁכִין אוֹרוֹת הַמֹּוחִין הַנִּקְרָאִים בְּשֵׁם יְשׁוּעוֹת, וְלָזֶה אָמַר ' אֲפִלּוּ יְשׁוּעָה ' הוּא אוֹר הַמֹּוחִין ' פָּרָה וְרָבָה ' בְּעוֹלָמוֹת לְמַעְלָה.
« Rabbi Ochaya dit : grand est le jour des pluies, car même le salut y fructifie et s'y multiplie » (Isaie 45,8). Il faut comprendre ce que signifie le mot « même ». Et de plus : en quoi la fructification et la multiplication concernent-elles le salut ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, que tout miracle porte bien le nom de yéchoua, salut, mais que le miracle par lequel les femmes stériles sont visitées mérite ce nom plus que tout autre. En effet, lorsque la femme est stérile, la paix ne règne pas entre elle et son mari, et seuls les enfants font la paix entre l'homme et sa femme, comme il est dit : « et vois des fils à tes fils, paix sur Israël » (Psaumes 128,6). Les enfants sont donc la paix. Or la première et la dernière lettre de yéchoua sont le yod et le hé, les lettres mêmes qui distinguent ich, l'homme, et icha, la femme, le Nom Y-H se tenant entre eux ; et entre ces lettres de l'homme et de sa femme il reste le chin, le vav et le ayin, dont la valeur est celle de chalom, la paix [376]. C'est pourquoi le miracle de la visite des stériles porte le nom de yéchoua : dès lors que l'homme et sa femme sont visités par des enfants, la combinaison des lettres de yéchoua se trouve chez eux. On sait ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berechit Rabba 53,8) : dès que Sara fut visitée, de nombreuses stériles le furent avec elle. La raison en est expliquée dans les livres des commentateurs de mémoire bénie : une fois ouvert le canal de ce miracle par la visite de Sara ou de Rivka, les canaux d'un tel miracle s'ouvrirent aisément pour de nombreuses stériles, même si elles n'en étaient pas dignes. Or voici que dans la descente des pluies se produit précisément une visite de stérile, car la descente des pluies est affaire de conception et d'enfantement, comme il est dit dans la guemara au folio 6 au sujet de la pluie : que signifie le mot revia ? Ce qui féconde la terre, car Rav Yehouda a dit : la pluie est l'époux de la terre, ainsi qu'il est écrit « car de même que descendent la pluie et la neige depuis les cieux, et qu'elles n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, l'avoir fait enfanter et germer » (Isaie 55,10) ; et de même Rav Yehouda a dit : bonne est l'année dont le mois de Tevet est veuf ; et de même est-il dit plus loin : le terme d'atsira, fermeture, est employé pour la femme et pour la terre, et le terme d'enfantement pour la femme et pour la terre — vois-y. La terre est donc à l'image d'une femme, qui conçoit le jour des pluies par la pluie et enfante ensuite en produisant sa végétation. Dès lors, de même que nos maîtres de mémoire bénie ont dit que la visite de Sara et de Rivka entraîna celle de nombreuses stériles, pour la raison indiquée — le canal de cette abondance une fois ouvert, son semblable s'ouvre pour d'autres — ainsi en va-t-il ici : dès lors que les pluies descendent sur le monde et que la terre conçoit par elles, une même abondance de conception se répand chez les hommes, et les femmes conçoivent de leurs maris. Cette conception de la femme par son mari, par laquelle elle a des enfants, porte le nom de yéchoua, comme nous l'avons dit. C'est pourquoi il dit « même le salut », qui est l'abondance de la conception de la femme par son mari, « fructifie et se multiplie en lui », c'est-à-dire que cette abondance se répand chez de nombreux êtres. Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que par les pluies s'opère le tri des étincelles de sainteté, qui montent du règne minéral ; par là survient un temps de faveur, les bien-aimés s'unissent en haut dans les mondes supérieurs, et se répandent alors les lumières des mohin, que l'on nomme yechouot, saluts. C'est en ce sens qu'il dit « même le salut », qui est la lumière des mohin, « fructifie et se multiplie » dans les mondes d'en haut.
אין הגשמים יורדים, אלא אם כן נמחלו עונותיהן של ישראל. נראה לי בס"ד הסליחה היא לשלשה שהם חטאים עונות פשעים, והנה סליחה עם הכולל קי"ד, וג' פעמים קי"ד עולה שמ"ב ועם הכולל עולה גשם [343] , לזה אמר וסלחת לחטאת וכו' ונתתה מטר על ארצך (מלכים א' ח, לו) . ועוד נראה לי בס"ד דאמרינן בריש פרקין גשמים היינו פרנסה, וידוע הפרנסה באה משלש ספירות ראשונות שהם כח"ב [כתר, חכמה, בינה] הרמוזים בשם י־ה, הכתר בקוץ היו"ד, והיו"ד עצמה חכמה, וה"א בינה, ובשלש ספירות יש ג' הויו"ת שמספרם לחם [3×26=78] , ולכן לחם היינו פרנסה, ולכן על ידי המחילה של העונות ירדו גשמים שהם 'לחם י־ה' כי גשמים היינו פרנסה, שהיא לחם י ־ ה אותיות ' מחילה '.
« Les pluies ne descendent que si les fautes d'Israël ont été pardonnées. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que le pardon porte sur trois catégories : les hataïm, les avonot et les pechaïm. Or sélicha avec le kolel vaut 114, et trois fois 114 font 342, soit avec le kolel la valeur de guechem, pluie [343]. C'est pourquoi il est dit : « et Tu pardonneras la faute... et Tu donneras la pluie sur Ta terre » (I Rois 8,36). Il me semble encore, avec l'aide du Ciel, que nous avons dit au début de notre chapitre que les pluies sont la parnassa, la subsistance ; et l'on sait que la parnassa vient des trois premières sefirot, Keter, 'Hokhma et Bina, auxquelles renvoie le Nom Y-H : Keter dans la pointe du yod, le yod lui-même étant 'Hokhma, et le hé Bina. Dans ces trois sefirot se trouvent trois fois le Nom, la Havaya, dont la somme est celle de le'hem, le pain [3 x 26 = 78] ; c'est pourquoi le pain est la subsistance. Ainsi, par le pardon des fautes, descendent les pluies qui sont le'hem Y-H, car les pluies sont la subsistance, laquelle est le'hem Y-H, dont les lettres sont celles de méhila, le pardon.
💡 Explication

Rav Ochaya lit le même verset autrement. « Qu'ils produisent le salut » emploie un verbe de fécondité, yifrou, de la même racine que « soyez féconds et multipliez-vous ». Le jour de la pluie est donc un moment de faveur où le salut lui-même se reproduit.

Rabbi Tanhoum bar Hanilaï renverse la perspective : la pluie devient un indice rétrospectif. Le psaume 85 place « Tu as agréé Ta terre » avant « Tu as porte la faute de Ton peuple ». L'agrément de la terre, c'est-à-dire la pluie, suppose donc un pardon déjà accordé. Cette lecture fonde tout le reste du folio : si la pluie atteste le pardon, son absence accuse une faute, et il reste à savoir laquelle.

4
אֲמַר לֵיהּ זְעֵירִי מִדִּיהֲבַת לְרָבִינָא: אַתּוּן, מֵהָכָא מַתְנִיתוּ לָהּ. אֲנַן, מֵהָכָא מַתְנִינַן לָהּ: ״וְאַתָּה תִּשְׁמַע הַשָּׁמַיִם וְסָלַחְתָּ לְחַטָּאת וְגוֹ׳״.

Zé'iri de Dihavat dit à Ravina : vous, c'est d'ici que vous l'enseignez ; nous, c'est de là que nous l'enseignons : « Et Toi, Tu entendras des cieux et Tu pardonneras la faute, etc. »

📜 Rachi (2)
ה"ג א"ל מַר זְעֵירִי מִדִּיהַבְתְּ לְרָבִינָא כו' זְעֵירִי סְתָם הָיָה מִן הָרִאשׁוֹנִים וְרָבִינָא סוֹף הוֹרָאָה לֹא רָאוּ זֶה אֶת זֶה:
Telle est la leçon : « Mar Zé'iri de Dihavat dit à Ravina, etc. » — Zé'iri sans autre précision appartenait aux premiers maîtres, tandis que Ravina marque la fin de l'enseignement ; ils ne se sont pas vus l'un l'autre.
וְאַתָּה תִּשְׁמַע הַשָּׁמַיִם וְגוֹ' וְאוֹמֵר וְנָתַתָּ מָטָר עַל אַרְצָם בִּתְפִלָּה דִּשְׁלֹמֹה:
« Et Toi, Tu entendras des cieux, etc. » — et il dit ensuite « et Tu donneras la pluie sur leur terre », dans la prière de Chelomo.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲנַן מֵהָכָא מַתְנִינַן לָהּ: (מְלָכִים א' ח, לו) "וְאַתָּה תִּשְׁמַע הַשָּׁמַיִם וְסָלַחְתָּ לְחַטַּאת". נִרְאֶה לִי דְּרַבִּי תַּנְחוּם עָדִיף לֵיהּ קְרָא דִּ'רָצִיתָ' (תְּהִלִּים פה, ב) , מִשּׁוּם דְּאָמְרוּ דָּוִד הַמֶּלֶךְ ע"ה דִּקְדִים לִשְׁלֹמֹה הַמֶּלֶךְ ע"ה, אַךְ זְעֵירִי הַאי קְרָא דְּ'וְאַתָּה' עָדִיף לֵיהּ מִשּׁוּם דְּכָתוּב בַּנְּבִיאִים, וְעוֹד דְּנִזְכַּר שָׁם מָטָר לְהֶדְיָא, וּבִקְרָאֵי דְּרַבִּי תַּנְחוּם בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִילַאי וּזְעֵירִי אִיכָּא נַפְקוּתָא דִּקְרָא דִּזְעֵירִי מַשְׁמַע עַל עֲבוֹדָה זָרָה דַּוְקָא אֲבָל קְרָא דְּשָׁאוּל חָטְאוּ מַשְׁמַע גַּם עַל שְׁאָר עוֹנוֹת שֶׁרְאוּיִים לְהוֹרִידָם לִשְׁאוֹל.
« Nous, c'est de là que nous l'enseignons : Et Toi, Tu entendras des cieux et Tu pardonneras la faute » (I Rois 8,36). Il me semble que Rabbi Tanhoum préfère le verset « Tu as agréé » (Psaumes 85,2), parce qu'il a été dit par le roi David, la paix soit sur lui, qui précède le roi Chelomo, la paix soit sur lui ; tandis que Zé'iri préfère ce verset « Et Toi », parce qu'il est écrit dans les Prophètes, et aussi parce que la pluie y est mentionnée explicitement. Entre les versets de Rabbi Tanhoum fils de Rabbi Hanilaï et de Zé'iri il y a une conséquence pratique : le verset de Zé'iri porte proprement sur l'idolâtrie, tandis que le verset « le cheol, ceux qui ont fauté » porte aussi sur les autres fautes, celles qui méritent de faire descendre au cheol.
💡 Explication

Zé'iri ne conteste pas l'enseignement, il change de verset. La prière de Chelomo lors de l'inauguration du Temple décrit exactement la situation : le ciel fermé faute de pluie, la confession, puis le pardon, et enfin « Tu donneras la pluie sur Ta terre ». L'ordre y est explicite, la pluie venant après le pardon.

Rachi signale une difficulté chronologique : Zé'iri sans autre précision est un maître des premières générations, tandis que Ravina clôt l'enseignement amoraïque ; ils n'ont pas pu se parler. Il s'agit donc d'un autre Zé'iri, celui de Dihavat, d'où la précision du nom de lieu.

5
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִייָּא אִישׁ כְּפַר עַכּוֹ: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא אִם כֵּן נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל כְּלָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צִיָּה גַם חֹם יִגְזְלוּ מֵימֵי שֶׁלֶג שְׁאוֹל חָטָאוּ״. אֲמַר לֵיהּ זְעֵירִי מִדִּיהֲבַת לְרָבִינָא: אַתּוּן, מֵהָכָא מַתְנִיתוּ לָהּ. אֲנַן, מֵהָכָא מַתְנִינַן לָהּ: ״וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם וַאֲבַדְתֶּם מְהֵרָה״.

Rabbi Tanhoum fils de Rabbi Hiya, homme du village d'Akko, dit : les pluies ne sont retenues que si les ennemis d'Israël — c'est-à-dire Israël lui-même — se sont rendus passibles d'extermination, ainsi qu'il est dit : « La sécheresse et la chaleur ravissent les eaux de neige ; le cheol, ceux qui ont fauté. » Zé'iri de Dihavat lui dit : vous, c'est d'ici que vous l'enseignez ; nous, c'est de là que nous l'enseignons : « Il fermera les cieux... et vous périrez promptement. »

📜 Rachi (2)
צִיָּה גַם חֹום יִגְזְלוּ מֵימֵי שֶׁלֶג כְּשֶׁצִּיָּה גַּם חֹום גּוֹזְלִין מֵימוֹת הַשֶּׁלֶג שֶׁאֵינָן יוֹרְדִין מָטָר כְּמִשְׁפָּטָם בְּיָדוּעַ שֶׁשָּׁאוּל חָטְאוּ:
« La sécheresse et la chaleur ravissent les eaux de neige » — lorsque la sécheresse et la chaleur ravissent les eaux de neige, de sorte que la pluie ne descend pas selon sa règle, il est acquis que « le cheol, ceux qui ont fauté ».
וְלֹא יִהְיֶה מָטָר וּסְמִיךְ לֵיהּ וַאֲבַדְתֶּם:
« Et il n'y aura pas de pluie » — et il lui est juxtaposé « et vous périrez ».
💡 Explication

Le tour sonehem chel Israël, « les ennemis d'Israël », est un euphémisme : le Talmud évite de dire qu'Israël mérite l'extermination et retourne la formule.

Le verset de Job juxtapose deux propositions sans lien apparent : la sécheresse qui ravit les eaux de neige, puis « le cheol, ceux qui ont fauté ». Rabbi Tanhoum fils de Rabbi Hiya lit la juxtaposition comme une explication : le ciel se ferme quand les fautes ont déjà conduit leurs auteurs au seuil du cheol. Zé'iri répond par la juxtaposition parallèle du Chema : « il n'y aura pas de pluie » est immédiatement suivi de « vous périrez promptement ».

🖼️ Schéma
Deux fois de suite, Zé'iri oppose un autre verset pour le même enseignement Atoun mehakha - vous, d'ici Pardon puis pluie : Psaume 85 Tu as agréé Ta terre, Tu as porte la faute R. Tanhoum bar Hanilaï Anan mehakha - nous, de là Prière de Chelomo : I Rois 8 Tu pardonneras, et Tu donneras la pluie Zé'iri de Dihavat Atoun mehakha - vous, d'ici Faute puis sécheresse : Job 24 la sécheresse ravit les eaux de neige R. Tanhoum fils de R. Hiya Anan mehakha - nous, de là Second paragraphe du Chema : Deut. 11 il fermera les cieux, et vous périrez Zé'iri de Dihavat
Zé'iri ne conteste aucun des deux enseignements. Il leur substitue chaque fois un verset qu'il juge plus clair, l'un tiré des Prophètes, l'autre de la Torah.
6
אָמַר רַב חִסְדָּא: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא בִּשְׁבִיל בִּיטּוּל תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צִיָּה גַם חֹם יִגְזְלוּ מֵימֵי שֶׁלֶג״. מַאי מַשְׁמַע? תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בִּשְׁבִיל דְּבָרִים שֶׁצִּוִּיתִי אֶתְכֶם בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא עֲשִׂיתֶם — יִגָּזְלוּ מִכֶּם מֵימֵי שֶׁלֶג בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים.

Rav Hisda dit : les pluies ne sont retenues qu'à cause de l'annulation des teroumot et des maasserot, ainsi qu'il est dit : « La sécheresse et la chaleur ravissent les eaux de neige. » Où cela est-il implique ? On a enseigné à l'école de Rabbi Yichmael : à cause des choses que Je vous ai ordonnées durant la saison chaude et que vous n'avez pas faites, on vous ravira les eaux de neige à la saison des pluies.

📜 Rachi (1)
צִיָּה דְּרֵישׁ לְשׁוֹן צִוּוּי דְּבָרִים שֶׁצִּוִּיתִי אֶתְכֶם בִּימוֹת הַחַמָּה תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת גָּזְלוּ מֵימֵי שֶׁלֶג אֶת הַמָּטָר:
« Tsia » — il l'interprète au sens de tsivouy, commandement : les choses que Je vous ai ordonnées durant la saison chaude, teroumot et maasserot, ont ravi les eaux de neige, c'est-à-dire la pluie.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אין הגשמים נעצרים, אלא בשביל בטול תרומות ומעשרות. נראה לי בס"ד דהוי מדה כנגד מדה על פי מה שכתב רבינו מהר"ם אלשיך ז"ל, אדם מביא אריס לשדה נותן לו שליש או רביע, והקב"ה מוריד גשמים ומזיל טללים ומשיב רוחות דבלעדם לא תצא התבואה כלל, איך יקשה לאדם לתת המעשר לשליחא דרחמנא?! ולכן שפיר קאמר הכא דנעצרים בשביל ביטול תרומות ומעשרות. ומה שאמר ד' נעצרין בשביל מספרי לשון־הרע ' כי הדבור רוח הוא באנוש וכמו שאמרו (זהר חלק ג' דף מו: ובאונקלוס בראשית ב, ז) 'רוחא ממללא' ובעל לשון הרע קל בעיניו הדיבור שהוא רוח לכך יבא הרוח ויפזר האידים שלא יתקבצו ביחד וימטירו, כמו שנאמר (איוב לז, כא) 'רוח עברה ותטהרם', וזהו הטעם שנעצרים גם כן בשביל ביטול תורה.
« Les pluies ne sont retenues qu'à cause de l'annulation des teroumot et des maasserot. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a là mesure pour mesure, d'après ce qu'a écrit notre maître le Maharam Alchikh de mémoire bénie : un homme prend un métayer pour son champ et lui donne un tiers ou un quart ; or le Saint béni soit-Il fait descendre les pluies, fait ruisseler les rosées et souffler les vents, sans quoi la récolte ne sortirait pas du tout — comment serait-il pénible à l'homme de donner la dîme au messager du Miséricordieux ? C'est donc à bon droit qu'il est dit ici qu'elles sont retenues à cause de l'annulation des teroumot et des maasserot. Quant à ce qui est dit, qu'elles sont retenues à cause de ceux qui colportent la médisance : la parole est l'esprit dans l'homme, comme il est dit (Zohar III, 46b, et Onkelos sur Berechit 2,7) « rouha memalela », un esprit qui parle ; or celui qui pratique la médisance tient la parole, qui est esprit, pour peu de chose. Aussi le vent vient-il disperser les vapeurs, afin qu'elles ne se rassemblent pas et ne fassent pas pleuvoir, comme il est dit (Job 37,21) « un vent passe et les nettoie ». Telle est aussi la raison pour laquelle elles sont retenues à cause de l'annulation de l'étude de la Torah.
💡 Explication

Rav Hisda reprend le verset de Job que le maître précédent venait d'utiliser, et le lit autrement. Le mot tsia, sécheresse, est rapproché de tsivouy, commandement : les mêmes lettres servent aux deux mots. Le verset devient alors une phrase de mesure pour mesure.

La mécanique est exacte. Les prélèvements agricoles — teroumot et maasserot — se font à la saison chaude, quand la récolte est rentrée. Celui qui les retient à ce moment-là se voit retenir les eaux de neige à la saison suivante. Les deux moments de l'année se répondent.

7
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא בִּשְׁבִיל מְסַפְּרֵי לָשׁוֹן הָרָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רוּחַ צָפוֹן תְּחוֹלֵל גָּשֶׁם וּפָנִים נִזְעָמִים לְשׁוֹן סָתֶר״.

Rabbi Chimon ben Pazi dit : les pluies ne sont retenues qu'à cause de ceux qui colportent la médisance, ainsi qu'il est dit : « Le vent du nord écarte la pluie, et un visage courroucé, la langue cachée. »

📜 Rachi (1)
רוּחַ צָפוֹן תְּחוֹלֵל גָּשֶׁם וּפָנִים נִזְעָמִים לְשׁוֹן שָׁקֶר תְּחוֹלֵל תִּבָּטֵל כְּמוֹ לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ (בַּמִּדְבָּר ל׳:ג׳) כִּדְאָמְרִי' בִּיבָמוֹת (דַּף עב.) דְּרוּחַ צָפוֹן בָּרוּר הוּא וּמֵבִיא אוֹרָה לְעוֹלָם מַה שֶׁגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין וּפָנִים נִזְעָמִין שֶׁמַּרְאֶה הקב"ה שֶׁאֵינוֹ מֵבִיא מָטָר לְעוֹלָם מִפְּנֵי לְשׁוֹן שֶׁקֶר רְכִילוּת וּפְשַׁט הַמִּקְרָא כְּשֵׁם שֶׁרוּחַ צָפוֹן תְּחוֹלֵל גֶּשֶׁם כָּךְ פָּנִים נִזְעָמִים מִפְּנֵי לְשׁוֹן שֶׁקֶר:
« Le vent du nord teholèl la pluie, et les visages courroucés, la langue mensongère » — teholèl signifie annule, comme dans « il ne profanera pas sa parole » (Nombres 30,3), ainsi qu'on le dit dans Yevamot (72a) : le vent du nord est un vent clair et amène la lumière au monde. Si les pluies sont retenues et les visages courroucés — ce qui signifie que le Saint béni soit-Il montre qu'Il n'amène pas de pluie au monde — c'est à cause de la langue mensongère, la délation. Et le sens simple du verset : de même que le vent du nord annule la pluie, ainsi les visages sont courroucés à cause de la langue mensongère.
🗂️ Tossefot (1)
פָּנִים נִזְעָמִים לְשׁוֹן סֵתֶר. פֵּירוּשׁ בִּשְׁבִיל לְשׁוֹן שֶׁקֶר שֶׁאוֹמֵר לָשׁוֹן הָרָע הָרוּחַ צָפוּן תִּבָּטֵל הַגֶּשֶׁם וְהַיְינוּ פָּנִים נִזְעָמִים:
« Un visage courroucé, la langue cachée. » Explication : à cause de la langue mensongère de celui qui dit de la médisance, le vent du nord annule la pluie, et c'est cela « un visage courroucé ».
💡 Explication

Le verset des Proverbes met en parallèle deux couples : le vent du nord et la pluie d'un côté, le visage courroucé et la langue cachée de l'autre. Rachi lit le verbe teholèl au sens de « annuler », par rapprochement avec la racine de « il ne profanera pas sa parole ». Le vent du nord, vent clair, chasse les nuages et empêche la pluie.

Le parallèle donne alors le sens du verset : de même que le vent du nord dégage le ciel, ainsi le ciel prend un visage courroucé — sans nuages et sans pluie — à cause de la lachon hara, la langue de médisance.

8
אָמַר רַב סַלָּא אָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא בִּשְׁבִיל עַזֵּי פָנִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּמָּנְעוּ רְבִבִים וּמַלְקוֹשׁ לוֹא הָיָה וּמֵצַח אִשָּׁה זוֹנָה הָיָה לָךְ וְגוֹ׳״. וְאָמַר רַב סַלָּא אָמַר רַב הַמְנוּנָא: כָּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ עַזּוּת פָּנִים — סוֹף נִכְשָׁל בַּעֲבֵירָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמֵצַח אִשָּׁה זוֹנָה הָיָה לָךְ״. רַב נַחְמָן אָמַר: בְּיָדוּעַ שֶׁנִּכְשַׁל בַּעֲבֵירָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָיָה לְךָ״, וְלֹא נֶאֱמַר ״יִהְיֶה לְךָ״.

Rav Salla dit au nom de Rav Hamnouna : les pluies ne sont retenues qu'à cause des effrontés, ainsi qu'il est dit : « Les ondées ont été retenues et la pluie tardive n'est pas venue ; tu avais le front d'une femme prostituée, etc. » Et Rav Salla dit au nom de Rav Hamnouna : tout homme qui a de l'effronterie finit par trébucher dans la faute, ainsi qu'il est dit : « tu avais le front d'une femme prostituée ». Rav Nahman dit : il est acquis qu'il a déjà trébuché dans la faute, car il est dit « tu avais », et il n'est pas dit « tu auras ».

📜 Rachi (2)
וַיִּמָּנְעוּ רְבִיבִים מִשּׁוּם דְּמֵאַנְתְּ הֻכְלַם שֶׁהָיָה בְּךָ עַזּוּת:
« Les ondées ont été retenues » — parce que « tu as refusé d'avoir honte », c'est-à-dire à cause de l'effronterie qui était en toi.
הָיָה מַשְׁמַע כְּבָר נִכְשַׁל:
« Tu avais » — cela indique qu'il a déjà trébuché.
💡 Explication

Le verset de Jérémie réunit dans une même phrase la sécheresse et l'impudeur. Le mot charnière est metsah, le front : le front de la prostituée désigne celui qui ne rougit plus. Rav Salla en tire deux enseignements successifs, l'un sur la pluie, l'autre sur l'homme.

Rav Nahman durcit le second. Le verset emploie le passé, haya lakh, « tu avais ». L'effronterie visible atteste donc une faute déjà commise, au lieu d'annoncer une faute à venir. Cette précision commande les deux permissions du segment suivant : on ne les accorde que parce que le statut de fauteur est déjà établi.

9
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: כָּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ עַזּוּת פָּנִים — מֻותָּר לִקְרוֹתוֹ רָשָׁע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֵעֵז אִישׁ רָשָׁע בְּפָנָיו״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: מֻותָּר לְשֶׁנְּאוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעֵז פָּנָיו יִשְׂנָא״. אַל תִּקְרֵי ״יִשְׂנָא״, אֶלָּא ״יִשְׂנָא״.

Rabba bar Rav Houna dit : tout homme qui a de l'effronterie, il est permis de l'appeler racha, mécréant, en face, ainsi qu'il est dit : « L'homme mécréant durcit son visage. » Rav Nahman bar Yitshak dit : il est permis de le haïr, ainsi qu'il est dit : « et la dureté de son visage yechouneh » — ne lis pas « yechouneh », il est changé, mais « yissané », il est haï.

📜 Rachi (3)
הָעֵז אִישׁ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ עַזּוּת פָּנִים אֱמֹור לוֹ רָשָׁע בְּפָנָיו וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם מַלְקוּת כִּדְאָמְרִי' בְּמַסֶּכֶת קִדּוּשִׁין (דַּף כֹּח.) וּמִשּׁוּם דָּבָר זֶה בִּלְבַד מֻותָּר לִקְרוֹתוֹ רָשָׁע:
« L'homme mécréant durcit » — celui en qui il y a de l'effronterie, dis-lui racha en face, et il n'y a pas là de peine de flagellation, comme on le dit au traité Kidouchin (28a) ; c'est pour ce seul motif qu'il est permis de l'appeler racha.
מֻותָּר לְשֶׁנְּאוֹתוֹ אע"ג דִּכְתִיב וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ:
« Il est permis de le haïr » — bien qu'il soit écrit « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
וְעֵז פָּנָיו יְשֻׁונֶּא וְעֵז כְּתִיב חָסֵר ו' מִי שֶׁהוּא עַז פָּנִים יִשְׂנָא בשו"א:
« Et la dureté de son visage yechouneh » — il est écrit véaz, sans vav : celui qui est effronté, qu'on lise yissané, avec un chva.
🗂️ Tossefot (1)
מֻותָּר לִקְרוֹתוֹ רָשָׁע. אַף עַל גַּב דְּאָמְרִי' בְּקִדּוּשִׁין (דַּף כֹּח.) הַקּוֹרֵא לַחֲבֵירוֹ רָשָׁע יוֹרֵד עִמּוֹ לְחַיָּיו לָזֶה מֻותָּר דְּוַדַּאי נִכְשַׁל בַּעֲבֵירָה וְעוֹמֵד בְּמוֹרְדוֹ דְּהַכָּרַת פָּנָיו עָנְתָה בּוֹ:
« Il est permis de l'appeler racha. » Bien que l'on dise dans Kidouchin (28a) que celui qui appelle son prochain racha descend avec lui jusqu'à son gagne-pain, pour celui-ci c'est permis, car il a certainement trébuché dans la faute et se tient dans sa rébellion, puisque l'expression de son visage a témoigné contre lui.
💡 Explication

Deux permissions exceptionnelles. La première se heurte à la règle de Kidouchin 28a : celui qui traite son prochain de racha peut être sanctionné dans ses biens et son gagne-pain. Le Tossafot explique la différence : ici la faute est certaine, puisque l'effronterie atteste déjà le manquement, et l'homme y persiste ; son visage témoigne contre lui.

La seconde permission se heurte à « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Rachi le signale expressément. L'appui est un al tikri, un changement de vocalisation : les mêmes consonnes du verset de Qohelet se lisent « il est changé » ou « il est haï ». Rachi ajoute que le mot az y est écrit sans vav, ce qui autorise la lecture.

🖼️ Schéma
Deux permissions et les deux règles qu'elles contredisent Rabba bar Rav Houna Permis de l'appeler racha en face Proverbes 21 : l'homme mécréant durcit son visage Rav Nahman bar Yitshak Permis de le haïr Qohelet 8, al tikri : yechouneh lu yissané Règle contredite : Kidouchin 28a qui appelle son prochain racha descend avec lui jusqu'à son gagne-pain Règle contredite : Vayikra 19 tu aimeras ton prochain comme toi-même signalé par Rachi sur place Ce qui lève les deux règles : selon Rav Nahman la faute est déjà commise et l'homme y persiste. Son visage tient lieu de témoignage.
Les deux permissions du segment se paient d'une exception à une règle connue. Le verrou commun est la certitude établie au segment précédent.
10
אָמַר רַב קַטִּינָא: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא בִּשְׁבִיל בִּיטּוּל תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּעֲצַלְתַּיִם יִמַּךְ הַמִּקְרֶה״ — בִּשְׁבִיל עַצְלוּת שֶׁהָיָה בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה — נַעֲשָׂה שׂוֹנְאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָךְ. וְאֵין ״מָךְ״ אֶלָּא עָנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם מָךְ הוּא מֵעֶרְכֶּךָ״. וְאֵין ״מִקְרֶה״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַמִּקְרֶה בַּמַּיִם עֲלִיּוֹתָיו״.

Rav Ketina dit : les pluies ne sont retenues qu'à cause de l'annulation de l'étude de la Torah, ainsi qu'il est dit : « Par la paresse la charpente s'affaisse » — à cause de la paresse qui était en Israël, qui ne s'est pas adonné à la Torah, l'ennemi du Saint béni soit-Il — euphémisme pour Hachem Lui-même — est devenu makh. Et makh désigne le pauvre, ainsi qu'il est dit : « et s'il est trop pauvre pour ton estimation ».

Et mekaré désigne le Saint béni soit-Il, ainsi qu'il est dit : « Il charpente Ses hautes demeures dans les eaux. »

📜 Rachi (1)
יִמַּךְ כְּמִי שֶׁאֵין בּוֹ כֹּחַ לְהוֹרִיד טַל וּמָטָר:
« Yimakh » — comme quelqu'un qui n'a pas la force de faire descendre la rosée et la pluie.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בִּשְׁבִיל עַצְלוּת שֶׁהָיָה בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה, נַעֲשָׂה שׂוֹנְאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָךְ. נִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בְּרָכוֹת ד:) לֹא נֶאֱמַר נו'ן בְּאַשְׁרֵי מִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ נְפִילָה דִּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, וְאַף עַל פִּי כֵן סָמְכָה דָּוִד בְּרוּחַ הַקֹּודֶשׁ דִּכְתִיב (תְּהִלִּים קמה, יד) 'סוֹמֵךְ ה' לְכָל הַנְּפָלִים' וּסְמִיכָה זוֹ הִיא בִּזְכוּת הַתּוֹרָה, אַךְ יָדוּעַ דְּהַתּוֹרָה נִקְרֵאת (שַׁבָּת פח.) 'אוֹרְיָין תְּלִיתַאי' דִּמְשֻׁולֶּשֶׁת בְּעֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם אַתָּוָון רַבְרְבָן וּכְמוֹ כֵּן אַתָּווָן בֵּינוֹנִים, וּכְמוֹ כֵּן אַתָּווָן זְעִירִין שֶׁהֵם ס"ו אוֹתִיּוֹת וְלָכֵן בְּבִיטּוּל תּוֹרָה נִפְרַד אוֹתִיּוֹת ס"ו מִן ' סו מָךְ' וְנִשְׁאַר ' מָךְ ' וְדוּק. וּבְנִי יְדִידִי כְּבוֹד הָרַב יַעֲקֹב נר"ו פֵּירֵשׁ סֶמֶךְ רֶמֶז לַתּוֹרָה, וְיָדוּעַ תּוֹרָה שֶׁבְּעַל פֶּה הִיא שִׁשִּׁים מַסֶּכְתּוֹת וְכַנִּזְכָּר בַּתִּיקּוּנִים וְעַל יְדֵי בִּיטּוּל תּוֹרָה יֶחְסַר אוֹת ס' כְּנֶגֶד ס' מַסֶּכְתּוֹת, וְיִשָּׁאֵר 'מָךְ' עַד כָּאן דְּבָרָיו נר"ו.
« À cause de la paresse qui était en Israël, qui ne s'est pas adonné à la Torah, l'ennemi du Saint béni soit-Il est devenu makh. » Il me semble, avec l'aide du Ciel, que nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Berakhot 4b) que le verset du noun n'est pas dit dans le psaume Achrè, parce qu'il contient la chute de l'assemblée d'Israël ; et pourtant David l'a soutenue par l'esprit saint, ainsi qu'il est écrit « Hachem soutient tous ceux qui tombent » (Psaumes 145,14), et ce soutien vient du mérite de la Torah. Or l'on sait que la Torah est appelée (Chabbat 88a) « oraya telitaï », triple, car elle est triplée dans les vingt-deux grandes lettres, autant de lettres moyennes et autant de petites lettres, soit soixante-six lettres. C'est pourquoi, par l'annulation de l'étude, les lettres de valeur soixante-six se détachent du mot somekh, et il reste makh. Médite-le. Et mon fils bien-aimé, l'honorable Rav Yaakov, que le Miséricordieux le garde, a expliqué : le samekh renvoie à la Torah, car on sait que la Torah orale compte soixante traités, comme il est mentionné dans les Tikounim ; par l'annulation de l'étude fait défaut la lettre samekh, qui vaut soixante et correspond aux soixante traités, et il reste makh. Fin de ses paroles, que le Miséricordieux le garde.
💡 Explication

Le verset de Qohelet parle d'une maison mal entretenue : par paresse, la charpente s'affaisse. Rav Ketina le lit mot à mot, en identifiant chacun des deux termes par un autre verset. Makh, l'affaissement, vaut pauvreté, d'après Vayikra 27. Mekaré, le charpentier, désigne Hachem, d'après le psaume 104 qui Le décrit charpentant Ses demeures dans les eaux — précisément les eaux d'en haut.

Le résultat est une image forte, que le Talmud adoucit par l'euphémisme habituel : par la paresse d'Israël à l'étude, Celui qui charpente les eaux se trouve, si l'on peut dire, sans moyens. Rachi le rend ainsi : comme quelqu'un qui n'aurait plus la force de faire descendre la rosée et la pluie.

🖼️ Schéma
Comment Rav Ketina démonte le verset de Qohelet 10,18 Par la paresse, yimakh hamekaré Yimakh, il s'affaisse Vayikra 27 : et s'il est makh, trop pauvre donc makh veut dire pauvre Hamekaré, le charpentier Psaume 104 : Il charpente Ses demeures dans les eaux - donc Hachem Résultat, dit par euphémisme : la paresse à l'étude prive de moyens Celui qui charpente les eaux d'en haut. Rachi : comme sans force pour faire descendre la pluie.
Chacun des deux mots du verset reçoit sa définition par un verset extérieur, puis les deux définitions sont replacées dans la phrase de départ.
11
רַב יוֹסֵף אָמַר, מֵהָכָא: ״וְעַתָּה לֹא רָאוּ אוֹר בָּהִיר הוּא בַּשְּׁחָקִים וְרוּחַ עָבְרָה וַתְּטַהֲרֵם״, וְאֵין ״אוֹר״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר״ — ״בָּהִיר הוּא בַּשְּׁחָקִים״. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אֲפִילּוּ בְּשָׁעָה שֶׁרָקִיעַ נַעֲשֶׂה בְּהוֹרִין בְּהוֹרִין לְהוֹרִיד טַל וּמָטָר — ״רוּחַ עָבְרָה וַתְּטַהֲרֵם״.

Rav Yossef dit : d'ici — « Et maintenant, on ne voit plus la lumière ; elle est brillante dans les nuées, mais un vent passe et les nettoie » ; et « lumière » désigne la Torah, ainsi qu'il est dit : « car la mitsva est une lampe et la Torah une lumière » — « elle est brillante dans les nuées ». On a enseigné à l'école de Rabbi Yichmael : même à l'heure où le firmament se couvre de taches claires pour faire descendre la rosée et la pluie, « un vent passe et les nettoie ».

📜 Rachi (2)
וְעַתָּה לֹא רָאוּ אוֹר מִפְּנֵי שֶׁלֹּא רָאוּ אוֹר שֶׁל תּוֹרָה:
« Et maintenant, on ne voit plus la lumière » — parce qu'ils n'ont pas vu la lumière de la Torah.
אֲפִילּוּ כְּשֶׁהַשָּׁמַיִם בְּהוֹרִין כְּמוֹ בַּהֶרֶת מְנֻומָּר בְּעָבִים וְרוֹצֶה לְהוֹרִיד גְּשָׁמִים רוּחַ עָבְרָה וַתְּטַהֲרֵם מְפַזֶּרֶת הֶעָבִים:
« Même lorsque les cieux sont béhorin » — comme baheret, tacheté de nuées, et qu'ils veulent faire descendre la pluie, « un vent passe et les nettoie », dispersant les nuées.
🗂️ Tossefot (1)
בְּהוֹרִין לְשׁוֹן בֶּהָרוֹת טרוק"ש בְּלַעַ"ז:
« Béhorin » : au sens de baharot, taches — troques en langue vulgaire.
💡 Explication

Rav Yossef apporte un second verset pour la même faute que Rav Ketina. Le verset de Job se lit en deux temps : « on ne voit plus la lumière » vaut, puisque lumière signifie Torah, l'abandon de l'étude ; « elle est brillante dans les nuées » décrit alors un ciel sans nuage, donc sans pluie.

L'école de Rabbi Yichmael pousse la lecture plus loin. Le mot béhorin, que le Tossafot rattache aux baharot, les taches de la peau, décrit un ciel déjà moucheté de nuages prêts à donner. Même à ce stade, le vent peut passer et tout dissiper. L'annulation de l'étude atteint la pluie jusqu'au dernier instant.

12
אָמַר רַבִּי אַמִּי: אֵין הַגְּשָׁמִים נֶעֱצָרִין אֶלָּא בַּעֲוֹן גָּזֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל כַּפַּיִם כִּסָּה אוֹר״. בַּעֲוֹן כַּפַּיִם — כִּסָּה אוֹר. וְאֵין ״כַּפַּיִם״ אֶלָּא חָמָס, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִן הֶחָמָס אֲשֶׁר בְּכַפֵּיהֶם״, וְאֵין ״אוֹר״ אֶלָּא מָטָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָפִיץ עָנָן אוֹרוֹ״.

Rabbi Ami dit : les pluies ne sont retenues qu'à cause de la faute de vol, ainsi qu'il est dit : « Sur les paumes Il a couvert la lumière. » À cause de la faute des paumes, Il a couvert la lumière. Et « paumes » désigne la violence, ainsi qu'il est dit : « et de la violence qui est dans leurs paumes » ; et « lumière » désigne la pluie, ainsi qu'il est dit : « Il disperse la nuée de Sa lumière. »

📜 Rachi (1)
הַמַּלְאָךְ אַף בְּרִי שְׁמוֹ יָפִיץ עָנָן אוֹרוֹ גֶּשֶׁם שֶׁלּוֹ:
L'ange dont le nom est Af Beri « disperse la nuée de sa lumière » — c'est-à-dire sa pluie.
💡 Explication

Même méthode que chez Rav Ketina : les deux termes du verset reçoivent leur définition par un autre verset. Kapayim, les paumes, vaut hamas, la violence et la rapine, d'après le décret des gens de Ninive. Or, la lumière, vaut la pluie, d'après Job 37 ; Rachi précise que le verset y parle de l'ange dont le nom est Af Beri, l'ange chargé de la pluie déjà rencontré au début du traité.

Le verset se lit alors : à cause de ce que les paumes ont pris, la lumière qu'est la pluie est couverte. La suite du même verset donnera le remède.

🖼️ Schéma
Un seul verset, Job 36,32 : la première moitié donne la faute, la seconde le remède Al kapayim kisa or Vayetsav aleha bemafgia Kapayim, les paumes Yona 3 : la violence dans leurs paumes Or, la lumière Job 37 : il disperse la nuée de sa lumière Mafgia, la supplication Jérémie 7 : n'intercède pas auprès de Moi Donc pegia veut dire prière le remède : qu'il multiplie la prière Le vol couvre la lumière ; la supplication la découvre. Les deux propositions tiennent dans la même ligne de Job, lue en deux temps.
Rabbi Ami tire du même verset le diagnostic et l'ordonnance, en définissant chaque mot clé par un verset extérieur.
13
מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ — יַרְבֶּה בִּתְפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְצַו עָלֶיהָ בְּמַפְגִּיעַ״, וְאֵין ״פְּגִיעָה״ אֶלָּא תְּפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה אַל תִּתְפַּלֵּל בְּעַד הָעָם הַזֶּה וְגוֹ׳ וְאַל תִּפְגַּע בִּי״.

Quel est son remède ? Qu'il multiplie la prière, ainsi qu'il est dit : « et Il lui ordonne par supplication » ; et « pegia » désigne la prière, ainsi qu'il est dit : « Et toi, ne prie pas pour ce peuple, etc., et n'intercède pas auprès de Moi. »

📜 Rachi (3)
וַיְצַו הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא:
« Il ordonne » — le Saint béni soit-Il.
עָלֶיהָ עַל הַגֶּשֶׁם שֶׁתֵּרֵד:
« À elle » — à la pluie, pour qu'elle descende.
בְּמַפְגִּיעַ כְּשֶׁיִּתְפַּלֵּל עָלֶיהָ כְּמוֹ וְאַל תִּפְגַּע בִּי:
« Bemafgia » — lorsqu'on priera pour elle, comme dans « et n'intercède pas auprès de Moi ».
💡 Explication

La suite du verset de Job qui vient de servir au diagnostic : « et Il lui ordonne », c'est-à-dire qu'Il ordonne à la pluie de descendre, « bemafgia », par supplication. Rachi décompose : le sujet du verbe est Hachem, le pronom féminin vise la pluie, et mafgia désigne le moment où l'on priera pour elle.

La preuve que pegia vaut prière vient de Jérémie, où le prophète reçoit interdiction de prier pour le peuple, formulée par ce même verbe. Le remède d'une faute de rapine passe donc par une intercession redoublée, la restitution restant évidemment requise par ailleurs.

14
וְאָמַר רַבִּי אַמִּי, מַאי דִכְתִיב: ״אִם קֵהָה הַבַּרְזֶל וְהוּא לֹא פָנִים קִלְקַל״, אִם רָאִיתָ רָקִיעַ שֶׁקֵּיהָה כַּבַּרְזֶל מִלְּהוֹרִיד טַל וּמָטָר — בִּשְׁבִיל מַעֲשֵׂה הַדּוֹר שֶׁהֵן מְקֻולְקָלִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהוּא לֹא פָנִים קִלְקַל״.

Et Rabbi Ami dit : qu'est-ce qui est écrit — « Si le fer est émoussé et qu'on n'en aiguise pas le tranchant » ? Si tu vois un firmament émoussé comme du fer, refusant de faire descendre la rosée et la pluie, c'est à cause des actions de la génération, qui sont corrompues, ainsi qu'il est dit : « et lui n'a pas aiguisé les faces ».

📜 Rachi (2)
קֵהָה הַבַּרְזֶל כְּמוֹ הַקְהֵה אֶת שִׁינָּיו וְשִׁינֵּי בָּנִים תִּקְהֶינָה (יִרְמְיָהוּ ל״א:כ״ט):
« Si le fer est émoussé » — comme dans « il a agacé ses dents » et « les dents des fils seront agacées » (Jérémie 31,29).
וְהוּא לֹא פָנִים קִלְקַל שֶׁקִּלְקְלוּ הַדּוֹר:
« Et lui n'a pas aiguisé les faces » — que les gens de la génération ont corrompues.
💡 Explication

Le verset de Qohelet décrit un outil : une lame émoussée qu'on néglige d'affûter oblige à forcer davantage. Rabbi Ami transporte l'image au ciel. Kaha, émoussé, est le verbe employé pour les dents agacées, comme le rappelle Rachi en citant Jérémie 31.

La seconde moitié du verset fournit la cause. Le mot kilkal est rapproché de mekoulkalin, corrompus, et panim, les faces, désigne les hommes de la génération. Un ciel dur comme du fer signale donc une génération dont la conduite s'est gâtée.

🖼️ Schéma
Qohelet 10,10 lu en trois temps : le constat, la cause, le remède Im kaha habarzel si le fer est émoussé le firmament dur comme du fer, sans rosée ni pluie Véhou lo panim kilkal et il n'a pas aiguisé les faces panim : les hommes de la génération kilkal : leurs actions sont corrompues Véhayalim yegaber il redoublera de forces qu'ils redoublent de supplications et la pluie descendra La fin du verset : veyitron hakhcher 'hokhma Rachi la lit comme une comparaison : l'avantage de celui qui a redressé ses actions dès le départ l'emporte sur celui qui redouble de forces par la prière après avoir gâté sa conduite. La prière répare ; la conduite droite évite d'avoir à réparer.
Le même verset porte les trois moments : l'état du ciel, la faute qui l'explique, puis le remède et sa hiérarchie interne.
15
מַה תַּקָּנָתָן — יִתְגַּבְּרוּ בְּרַחֲמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַחֲיָלִים יְגַבֵּר וְיִתְרוֹן הַכְשֵׁיר חָכְמָה״, כָּל שֶׁכֵּן אִם הֻוכְשְׁרוּ מַעֲשֵׂיהֶן מֵעִיקָּרָא.

Quel est leur remède ? Qu'ils redoublent de supplications, ainsi qu'il est dit : « alors il devra redoubler de forces, et l'avantage de bien préparer, c'est la sagesse » — à plus forte raison si leurs actions avaient été redressées dès le départ.

📜 Rachi (1)
וכ"ש אִם הֻוכְשְׁרוּ מַעֲשֵׂיהֶן קֹודֶם לָכֵן וְהָכִי מַשְׁמַע וְיִתְרוֹן הִכְשִׁיר וְיִתְרוֹן שֶׁהִכְשִׁיר לַחָכְמָה אִם הִכְשִׁירוּ מַעֲשֵׂיהֶן מִתְּחִילָּה שֶׁיָּבוֹאוּ הַגְּשָׁמִים יוֹתֵר מִבְּחַיָּילִים יְגַבֵּר שֶׁהֵן מַגְבִּירִין חֲייָלִים וְעוֹמְדִין בִּתְפִלָּה בִּזְמַן שֶׁקִּלְקְלוּ:
« À plus forte raison si leurs actions avaient été redressées » — auparavant. Et voici ce qu'indique « et l'avantage de bien préparer » : l'avantage de celui qui a bien préparé, pour la sagesse — s'ils avaient redressé leurs actions dès le début, les pluies viendraient davantage que par « il redoublera de forces », lorsqu'ils redoublent de forces et se tiennent en prière après avoir gâté leur conduite.
💡 Explication

Le remède sort de la suite du même verset de Qohelet : vahayalim yegaber, « il redoublera de forces », entendu comme un redoublement de supplications.

La dernière proposition, veyitron hakhcher 'hokhma, est lue par Rachi comme l'énoncé d'une hiérarchie. Celui qui a redressé ses actions avant que le ciel ne se ferme obtient plus sûrement la pluie que celui qui, ayant gâté sa conduite, doit ensuite se renforcer dans la prière.

16
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אִם רָאִיתָ תַּלְמִיד

Rech Lakich dit : si tu vois un disciple

💡 Explication

La dernière ligne du folio ouvre une nouvelle lecture du même verset de Qohelet, cette fois appliquée à l'étude et au rapport entre le disciple et son maître. L'énoncé complet de Rech Lakich se lit en 8a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).