Yoma 11b -- les lois de la mezouza et des nega'im : quels lieux et quelles portes y sont assujettis ? Les trois derachot du mot bayit (habitation, honneur, profane), les six-ou-sept portes exemptes, la porte voûtée et la mahloket chokkin lehashlim, puis le double parallélisme synagogue / maison de femme / maison d'associés devant la mezouza et devant la lèpre des maisons.

Yoma 11b

Sougya : Ce daf poursuit la grande sougya sur la mezouza. Une baraita passe le champ d'application du mot bayit à trois cribles : il faut un lieu d'habitation (dira -- sont exclus loge de gardien, portique, galerie), fait pour l'honneur (kavod -- sont exclus toilettes, tannerie, bain, mikve) et profane (hol -- sont exclus le Har ha-Bayit, les chambres et les parvis) ; le mot teyouvta réfute au passage Rav Yehouda de 11a.

Rav Chmouel bar Yehouda enseigne 'six portes exemptes' mais en compte sept ; Rava résout que la porte médique (une voûte) relève d'une mahloket R. Meir / Sages.

Abaye délimite la géométrie de la voûte (kippa) et Rava en dégage le point exact : quand il y a un commencement de porte mais pas la largeur de quatre, R. Meir dit chokkin lehashlim (on creuse pour compléter) et les Sages non.

La sougya enchaîne sur un double parallélisme : synagogue, maison de femme et maison d'associés sont assujetties à la mezouza (contre l'exclusion possible tirée de beitekha, réfutée par la récompense 'pour que se multiplient vos jours' ; beitekha sert alors, selon Rava, à fixer la mezouza à droite en entrant) et susceptibles des nega'im (contre l'exclusion possible tirée de lo, réfutée par ahouzatkhem ; lo révèle que le nega vient de l'avarice). Une contradiction sur la synagogue est résolue de trois façons (mahloket R.

Meir/Sages, puis présence ou non d'un logement du bedeau), la troisième se poursuivant en 12a. Le Ben Yehoyada explique l'ordre inverse des trois maisons selon le domaine.

Le mot BAYIT (maison) exclut trois familles de lieux Chaque "j'aurais pu inclure aussi..." est refoulé par un trait du mot bayit. 1. bayit = DIRA (habitation) fait pour y demeurer Exclus (pas pour l'habitation) : - maison-porche (beit chaar) - portique (akhsadra) - balcon-galerie (mirpesset) seg 0 2. bayit = KAVOD (honneur) fait pour l'honneur de qui entre Exclus (pas pour l'honneur) : - toilettes (beit ha-kisse) - tannerie (borski) - bain (merhatz) - maison d'immersion (tevila) seg 1 3. bayit = HOL (profane) non consacré Exclus (car kodech, sacrés) : - le Har ha-Bayit - les chambres (léchakhot) - les parvis (azarot) seg 2 -- teyouvta Assujetti = maison d'habitation + faite pour l'honneur + profane.
Les trois derachot du mot bayit : habitation, honneur, profane -- et ce que chacune exclut.
La porte voûtée (kippa) : quand est-elle une "porte" ? Une porte valable = hauteur 10 tefahim ET largeur 4 tefahim. La voûte se rétrécit vers le haut. se rétrécit tout de suite Moins de 3 au pied "lav kloum" -- pas une porte même R. Meir concède (seg 4) 3 largeur < 4 3 au pied, 10 haut, mais jamais 4 de large le point de la mahloket (seg 5) 10 4 de large 10 pleins au pied TOUS d'accord : assujettie porte déjà formée (seg 4)
La porte voûtée : les deux cas où tous s'accordent et le cas précis de la mahloket chokkin lehashlim.
Synagogue, maison de femme, maison d'associés : deux baraitot parallèles Même trio, deux domaines : le "tien / à lui" au singulier masculin aurait pu les exclure -- il n'en est rien. MEZOUZA (seg 6-8) Les trois sont ASSUJETTIS. hava amina : "beitekha" (ta maison) = pas la sienne (femme), pas la leur (associés) Réfute : "pour que se multiplient vos jours" -- tous veulent vivre longtemps ! Alors "beitekha" enseigne (Rava) : derekh biatekha -- le sens de l'entrée, on lève le pied DROIT d'abord => mezouza à droite en entrant. NEGA'IM (seg 9-14) Les trois sont SUSCEPTIBLES. hava amina : "acher LÔ ha-bayit" (à lui) = pas à elle, pas à eux Réfute : "be-bayit eretz ahouzatkhem" (pluriel) -- toutes les maisons du pays. Alors "lo" enseigne : qui réserve sa maison à lui seul (refuse de prêter, dit "je n'ai pas") -- Dieu le démasque par le nega. Synagogue et nega'im : contradiction résolue par R. Meir/Sages ou par la présence d'un logement (seg 11-14).
Le même trio de maisons devant la mezouza et devant les nega'im : deux derachot symétriques.
1
בֵּית שַׁעַר, אַכְסַדְרָה וּמִרְפֶּסֶת — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיִת״, מַה בַּיִת מְיֻוחָד לְדִירָה, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין מְיֻוחָדִין לְדִירָה.

Une maison-porche (beit chaar), un portique (akhsadra) et un balcon-galerie (mirpesset) : [on aurait pu croire qu'ils sont assujettis à la mezouza] -- l'Écriture dit bayit (maison) : de même qu'une maison est destinée à l'habitation (dira), sont exclus ces lieux qui ne sont pas destinés à l'habitation.

📜 Rachi (3)
בֵּית שַׁעַר בַּיִת קָטָן שֶׁעוֹשִׂין לִפְנֵי שַׁעַר הֶחָצֵר וְהַכֹּל עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפַּנְדַּרְיָא:
'Beit chaar (maison-porche)' -- une petite construction que l'on fait devant la porte de la cour ; tout le monde en use comme d'un passage-raccourci (kappandaria).
מִרְפֶּסֶת אלרו"ד וְהוּא אָרֹוךְ לִפְנֵי פִּתְחֵי עֲלִיּוֹת הַרְבֵּה וְכֻולָּן עוֹלִין דֶּרֶךְ שָׁם:
'Mirpesset (balcon-galerie)' -- (en vieux français : sorte de galerie) ; c'est une [plateforme] longue devant les entrées de plusieurs pièces hautes (aliyot), et tous montent en passant par là.
אַכְסַדְרָה פְּרוֹזְדוֹר שֶׁלִּפְנֵי בָּתִּים:
'Akhsadra (portique)' -- un vestibule/corridor (prozdor) situé devant les maisons.
💡 Explication

La sougya poursuit la baraita qui délimite ce qui porte une mezouza. Premier crible : le mot bayit se comprend comme un lieu d'habitation (dira). Les annexes de service -- beit chaar (loge de gardien devant la cour), akhsadra (portique/vestibule) et mirpesset (galerie desservant plusieurs pièces à l'étage) -- ne sont pas des demeures : elles sont exemptes.

🖼️ Schéma
Le mot BAYIT (maison) exclut trois familles de lieux Chaque "j'aurais pu inclure aussi..." est refoulé par un trait du mot bayit. 1. bayit = DIRA (habitation) fait pour y demeurer Exclus (pas pour l'habitation) : - maison-porche (beit chaar) - portique (akhsadra) - balcon-galerie (mirpesset) seg 0 2. bayit = KAVOD (honneur) fait pour l'honneur de qui entre Exclus (pas pour l'honneur) : - toilettes (beit ha-kisse) - tannerie (borski) - bain (merhatz) - maison d'immersion (tevila) seg 1 3. bayit = HOL (profane) non consacré Exclus (car kodech, sacrés) : - le Har ha-Bayit - les chambres (léchakhot) - les parvis (azarot) seg 2 -- teyouvta Assujetti = maison d'habitation + faite pour l'honneur + profane.
Le premier crible : bayit = dira (habitation).
2
יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף בֵּית הַכִּסֵּא וּבֵית הַבֻּורְסְקִי וּבֵית הַמֶּרְחָץ וּבֵית הַטְּבִילָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיִת״, מַה בַּיִת הֶעָשׂוּי לְכָבוֹד — אַף כֹּל הֶעָשׂוּי לְכָבוֹד, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין עֲשׂוּיִין לְכָבוֹד.

J'aurais pu inclure aussi les toilettes (beit ha-kisse), la tannerie (beit ha-borski), le bain (beit ha-merhatz) et la maison d'immersion (beit ha-tevila, le mikve) -- l'Écriture dit bayit : de même qu'une maison est faite pour l'honneur (kavod), de même tout ce qui est fait pour l'honneur [est assujetti] ; sont exclus ces lieux qui ne sont pas faits pour l'honneur.

💡 Explication

Deuxième crible : bayit désigne un lieu fait pour l'honneur (kavod) de celui qui y entre. Toilettes, tannerie (lieu nauséabond), bain et mikve sont des lieux de service ou de malpropreté, non des lieux d'honneur : ils sont exempts.

3
יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף הַר הַבַּיִת וְהַלְּשָׁכוֹת וְהָעֲזָרוֹת — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיִת״, מַה בַּיִת שֶׁהוּא חֹול — אַף כֹּל שֶׁהוּא חֹול, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁהֵן קֹודֶשׁ. תְּיוּבְתָּא.

J'aurais pu inclure aussi le Mont du Temple (Har ha-Bayit), les chambres (lechakhot) et les parvis (azarot) -- l'Écriture dit bayit : de même qu'une maison est profane (hol), de même tout ce qui est profane [est assujetti] ; sont exclus ces lieux qui sont sacrés (kodech). Teyouvta (réfutation).

📜 Rachi (1)
תְּיוּבְתָּא וְעַל כָּרְחֲךָ סְתָמָא תַּנָּאֵי הִיא:
'Teyouvta (réfutation)' -- et force est [d'admettre] que le cas standard (setama) relève d'une mahloket tannaim.
💡 Explication

Troisième crible : bayit est un lieu profane (hol). Les espaces consacrés du Temple -- le Mont, les chambres, les parvis -- sont kodech et donc exempts. Le mot teyouvta clôture le retour à la question de 11a : cette baraita, qui tient certains locaux d'usage standard pour assujettis, réfute Rav Yehouda, pour qui tous s'accordaient à les exempter.

🖼️ Schéma
Le mot BAYIT (maison) exclut trois familles de lieux Chaque "j'aurais pu inclure aussi..." est refoulé par un trait du mot bayit. 1. bayit = DIRA (habitation) fait pour y demeurer Exclus (pas pour l'habitation) : - maison-porche (beit chaar) - portique (akhsadra) - balcon-galerie (mirpesset) seg 0 2. bayit = KAVOD (honneur) fait pour l'honneur de qui entre Exclus (pas pour l'honneur) : - toilettes (beit ha-kisse) - tannerie (borski) - bain (merhatz) - maison d'immersion (tevila) seg 1 3. bayit = HOL (profane) non consacré Exclus (car kodech, sacrés) : - le Har ha-Bayit - les chambres (léchakhot) - les parvis (azarot) seg 2 -- teyouvta Assujetti = maison d'habitation + faite pour l'honneur + profane.
Les trois cribles du mot bayit et la teyouvta contre Rav Yehouda.
4
תָּנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה קַמֵּיהּ דְּרָבָא: שִׁשָּׁה שְׁעָרִים פְּטוּרִין מִן הַמְּזוּזָה: בֵּית הַתֶּבֶן, וּבֵית הַבָּקָר, וּבֵית הָעֵצִים, וּבֵית הָאוֹצָרוֹת, וְשַׁעַר הַמָּדִי, וְשַׁעַר שֶׁאֵינוֹ מְקֹורֶה, וְשַׁעַר שֶׁאֵינוֹ גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה. אֲמַר לֵיהּ: פָּתַחְתָּ בְּשִׁשָּׁה, וְסִלַּקְתָּ בְּשִׁבְעָה!

Rav Chmouel bar Yehouda enseigna devant Rava : Six portes sont exemptes de la mezouza -- la grange à paille (beit ha-teven), l'étable à bétail (beit ha-bakar), le bûcher (beit ha-etzim), l'entrepôt (beit ha-otzarot), la porte médique (chaar ha-madi), la porte non couverte (sans toit), et la porte qui n'a pas dix [tefahim] de haut. Il lui dit : Tu as ouvert sur six et tu as fini sur sept !

📜 Rachi (2)
וְשַׁעַר הַמָּדִי שֶׁעוֹשִׂין בְּכִיפָּה שֶׁכֵּן עוֹשִׂין בְּמָדַי:
'La porte médique' -- on la fait en voûte (kippa), comme on le fait en Médie.
שֶׁאֵינוֹ מְקֹורֶה שֶׁהוּא פָּרוּץ מִלְמַעְלָה לְגַמְרֵי מֵאֵין כִּיסּוּי:
'Qui n'est pas couverte' -- entièrement ouverte par le haut, sans aucun toit.
💡 Explication

Rava reprend une contradiction de comptage : la baraita annonce six portes exemptes puis en énumère sept. Le problème portera sur la porte médique (une porte en voûte, sans montants droits ni linteau, à la mode de la Médie) -- est-elle une septième catégorie autonome, ou relève-t-elle d'une autre ?

5
אֲמַר לֵיהּ: שַׁעַר הַמָּדִי תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: כִּיפָּה, רַבִּי מֵאִיר מְחַייֵּב בִּמְזוּזָה, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִים. וְשָׁוִין שֶׁאִם יֵשׁ בְּרַגְלָהּ עֲשָׂרָה, שֶׁחַיֶּיבֶת בִּמְזוּזָה. אָמַר אַבַּיֵּי: דְּכֻולֵּי עָלְמָא, גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וְאֵין בְּרַגְלָהּ שְׁלֹשָׁה — וְלָאו כְּלוּם הִיא. אִי נָמֵי, יֵשׁ בְּרַגְלָהּ שְׁלֹשָׁה וְאֵינָהּ גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה — וְלָאו כְּלוּם הִיא.

Il lui dit : La porte médique relève d'une mahloket tannaim. Car on a enseigné : une voûte (kippa) -- Rabbi Meir l'assujettit à la mezouza, et les Sages l'exemptent.

Et ils s'accordent que si son pied (ses montants droits) atteint dix [tefahim], elle est assujettie. Abaye dit : de l'avis de tous, si elle est haute de dix mais que son pied n'a pas trois, ce n'est rien (pas une porte).

De même, si son pied a trois mais qu'elle n'est pas haute de dix, ce n'est rien.

📜 Rachi (6)
וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין שֶׁאֵין שֵׂעָר בְּלֹא רֹוחַב ד' וְכָל כִּיפָּה מִתְקַצֶּרֶת בְּרֹאשָׁהּ לְפָחוֹת מד':
'Et les Sages exemptent' -- car il n'y a pas de porte sans une largeur de 4 [tefahim], et toute voûte se rétrécit à son sommet à moins de 4.
וְשָׁוִין שֶׁאִם יֵשׁ בְּרַגְלֶיהָ י' קֹודֶם שֶׁיַּתְחִיל הָעִיגּוּל וְתִתְמַעֵט רָחְבָּהּ שֶׁחַייֶּבֶת שָׁאפֵי' שֶׁהַכֹּל סָתוּם מִי' וּלְמַעְלָה יֵשׁ שִׁיעוּר פֶּתַח בְּגָובְהָהּ י' בְּרֹוחַב ד':
'Et ils s'accordent que s'il y a 10 à son pied' -- avant que le cercle ne commence et que sa largeur ne diminue -- elle est assujettie : car même si tout est fermé à partir de 10 vers le haut, il existe la mesure d'une porte (hauteur 10 sur largeur 4).
גְּבוֹהָה י' בֵּין הַכֹּל:
'Haute de 10' -- en comptant le tout.
וְאֵין בְּרַגְלָהּ ג' גֹּובַהּ שֶׁנִּתְמַעֵט רָוחְבָּהּ קֹודֶם שֶׁיַּגְבִּיהַּ גָּבְהָהּ ג':
'Et n'a pas 3 à son pied' -- [pas] une hauteur de trois [à la largeur pleine] avant que sa largeur ne se réduise, avant que la voûte ne s'élève de trois.
וְלָאו כְּלוּם הִיא דְּכָל פָּחוֹת מִג' גֹּובַהּ אַרְעָא סַמֵּיכְתָּא הִיא וְאֵין כָּאן צַד שֵׁם פֶּתַח שֶׁל ד' וַאֲפִילּוּ ר"מ מוֹדֶה שֶׁאֵין כָּאן הַתְחָלָה לוֹמַר חָקוּק וְהַשְׁלֵם:
'Ce n'est rien' -- car tout ce qui est en dessous de 3 de haut est comme un sol compact (terre épaisse, principe du lavoud) ; il n'y a là aucun aspect de porte de 4, et même R. Meir concède qu'il n'y a là aucun commencement permettant de dire chok vehachlem (creuse et complète).
א"נ יֵשׁ בְּרַגְלָהּ ג' קֹודֶם שֶׁנִּתְמַעֵט רְחָבָה מד' וְאֵינָהּ גְּבוֹהָה יוֹ"ד בֵּין הַכֹּל וְלָאו כְּלוּם הִיא:
'De même, si son pied a 3' -- avant que sa largeur ne descende en dessous de 4, mais qu'elle n'est pas haute de 10 en tout -- ce n'est rien.
🗂️ Tossefot (1)
הַכֹּל מוֹדִים בִּגְבוֹהָה כּוּ' תֵּימַהּ דְּאָמַר בפ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף ז:) זָרַק לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה וְהָלְכָה וְנָחָה בְּחֹור כָּל שֶׁהוּא בָּאנוּ לְמַחְלֹוקֶת ר"מ וְרַבָּנָן אוֹמֵר רִ"י דְּהָתָם מַיְירֵי בְּחוֹר שֶׁהוּא ד' עַל ד' מִבִּפְנִים לְצַד רה"י וּלְצַד רה"ר כָּלֶה עַד כָּל שֶׁהוּא דְּאִי הָוֵי כָּל שֶׁהוּא מִכָּל צַד בְּהָא לָא הֲוָה אָמַר ר"מ חוֹקְקִים לְהַשְׁלִים כִּדְאָמַר הָכָא הַכֹּל מוֹדִים בְּאֵין בְּרַגְלֶיהָ ג' אוֹ אֵינָהּ גְּבוֹהָה י' וְלֹא כְלוּם וְהִקְשָׁה רַבֵּינוּ שִׁמְשׁוֹן אַהָא דְּקָאָמַר הָתָם הַזּוֹרֵק ד' אַמּוֹת בַּכֹּותֶל לְמַטָּה מִי' כְּזוֹרֵק בָּאָרֶץ לְמַעְלָה מִי' כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר וּפָרִיךְ לְמַטָּה מִי' כְּזוֹרֵק בָּאָרֶץ וְהָא לָא נָח וא"ר יוֹחָנָן בִּדְבֵלָה שְׁמֵינָה וַהֲדַר פָּרֵיךְ וְאִי ס"ד חוֹרֵי רה"ר כרה"ר דָּמוּ לוֹקְמָא בָּחוּר וּמְשַׁנֵּי בְּכֹותֶל דְּלֵית בֵּהּ חֹור מִמַּאי מִדְּקָתָנֵי לְמַעְלָה מִי' כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר וכ"ת דְּאִית בֵּיהּ חֹור אַמַּאי כְּזוֹרֵק בָּאֲוִיר וְכִי תֵימָא דְּלֵית בֵּיהּ ד' עַל ד' וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה כוּ' עַד בָּאנוּ לְמַחֲלֹוקֶת ר"מ וְרַבָּנָן דְּר"מ סָבַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וְהַשְׁתָּא מַאי פָּרִיךְ לוֹקְמָא בִּדְאִית בֵּיהּ חוֹר וּכְגוֹן שֶׁאֵין בּוֹ ד' עַל ד' אֲפִילּוּ מִבִּפְנִים וְתֵירֵץ סְתָם חוּרִים שֶׁבַּכְּתָלִים הֵם רְחָבִים ד' מִבִּפְנִים כְּדֵי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶם וּמִתְקַצְּרִים לְצַד רה"ר כְּדֵי שֶׁלֹּא יִקְּחוּ מִשָּׁם חֲפָצִים שֶׁבְּתוֹכוֹ וְלָא נְהִירָא לִי הַאי שִׁינּוּיָא דָּמֵי לָא מַשְׁכַּחַת לָהּ טוּבָא חוֹרִין שֶׁצָּרִים מִבַּיִת וּמִחוּץ ובלא"ה קַשְׁיָא לָן הָתָם לוֹקְמָא בְּכֹותֶל דַּקָּה שֶׁאֵינָהּ רְחָבָה וְאֵין בּוֹ לְחֹוק ד' עַל ד' וְעוֹד הִקְשָׁה שָׁם רַשִׁ"י מַאי פָּרִיךְ לוֹקְמָא כְּרַבָּנָן דְּלֵית לְהוּ חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים וְתֵירֵץ דִּסְתָם מַתְנִי' הִיא בְּפֶרֶק הַזּוֹרֵק (שַׁבָּת דַּף ק.) וּסְתַם מַתְנֵי' ר"מ הִיא וְלִי נִרְאֶה לְתָרֵץ כֻּולְּהוּ קַשְׁייָתָא דְּשַׁפִּיר פָּרִיךְ הַשַּׁ"ס דְּעַל כָּרְחֲךָ אִי אַיְירֵי דְּנָח בָּחוּר אַייְרֵי בְּחוֹר שֶׁיֵּשׁ בָּהּ ד' מִבִּפְנִים וּבְכֹותֶל עָב שֶׁיֵּשׁ לוֹ לְחֹוק וּלְהַשְׁלִים וְאָתְיָא כְּר"מ דְּאָמַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים דְּדֻומְיָא דְּהָכִי דְּהַזּוֹרֵק לְמַטָּה מִי' כְּזוֹרֵק בָּאָרֶץ מַיְירֵי נָמֵי שֶׁנָּח בָּחוּר ד' וְחַיָּיב מִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ ד' מִבִּפְנִים וְכַר' מֵאִיר דְּחוֹקְקִין לְהַשְׁלִים הֲרֵי נָח ד' עַל ד' דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי כֵּיוָן דְּלֵית בֵּיהּ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה אַמַּאי חַייָּב הָא לָא נָח בִּרְשׁוּת הָרַבִּים אֶלָּא בְּמָקוֹם פָּטוּר:
'Tous s'accordent [dans le cas d'une voûte] haute [de dix], etc.' -- Difficulté : on dit au premier chapitre de Chabbat (7b) : 'celui qui a lancé [un objet] au-dessus de dix et qu'il est allé se poser dans un trou de taille quelconque, nous en venons à la mahloket de R. Meir et des Sages.' Rabbenou Yitzhak (R''i) dit que là-bas il s'agit d'un trou de 4 sur 4 à l'intérieur, du côté du domaine privé, tandis que du côté du domaine public il se réduit à une taille quelconque ; car s'il était de taille quelconque de tous côtés, dans ce cas R. Meir ne dirait pas chokkin lehashlim, comme on dit ici : 'tous s'accordent que si son pied n'a pas 3, ou qu'elle n'est pas haute de 10, ce n'est rien.' Et Rabbenou Chimchon a soulevé une difficulté sur ce qui est dit là-bas : 'celui qui lance quatre coudées le long d'un mur, en dessous de 10 -- c'est comme lancer au sol ; au-dessus de 10 -- comme lancer en l'air' ; et [le Talmud] objecte : 'en dessous de 10 comme lancer au sol' -- mais [l'objet] ne s'est pas posé ! Et R. Yo'hanan a répondu : [il s'agit] d'une figue collante (devela chemena) [qui adhère]. Puis il objecte : 'et si tu penses que les trous du domaine public sont comme le domaine public, qu'il pose donc le cas dans un trou' ; et l'on répond : 'dans un mur qui n'a pas de trou.' D'où [le sait-on] ? De ce qu'il enseigne 'au-dessus de 10 comme lancer en l'air.' Et si tu dis qu'il y a un trou, pourquoi 'comme lancer en l'air' ? Et si tu dis qu'il n'a pas 4 sur 4 -- mais Rav Yehouda a dit... jusqu'à 'nous en venons à la mahloket de R. Meir et des Sages', car R. Meir tient chokkin lehashlim. Or, que demande-t-il [en objectant] : qu'il pose le cas là où il y a un trou et où il n'y a pas 4 sur 4 même à l'intérieur ? Et il a répondu : les trous ordinaires des murs ont 4 de large à l'intérieur pour qu'on s'en serve, et se rétrécissent vers le domaine public pour qu'on n'y prenne pas les objets qui s'y trouvent. Mais cette réponse ne me paraît pas juste (lo nehira li), car ne trouve-t-on pas beaucoup de trous étroits à l'intérieur comme à l'extérieur ? Et de toute manière nous avons là une difficulté : qu'il pose donc le cas dans un mur mince qui n'a pas [4] de large et où il n'y a pas de quoi creuser 4 sur 4. Et Rachi a encore objecte là-bas : que demande-t-il [en objectant] 'qu'il pose le cas selon les Sages, qui ne tiennent pas chokkin lehashlim' ? Et il a répondu que c'est une michna anonyme (setam) au chapitre ha-Zorek (Chabbat 100a), et une michna anonyme est [de] R. Meir. Et il me semble résoudre toutes les difficultés : le Talmud objecte à bon droit, car force est [d'admettre que] si l'on parle d'un objet posé dans un trou, il s'agit d'un trou ayant 4 à l'intérieur, dans un mur épais où il y a de quoi creuser et compléter, et cela suit R. Meir qui dit chokkin lehashlim ; car de façon semblable, 'celui qui lance en dessous de 10 est comme lançant au sol' parle aussi d'un objet posé dans un trou de 4, et il est passible parce qu'il y a 4 à l'intérieur, et selon R. Meir chokkin lehashlim -- voilà que 4 sur 4 s'est bien posé. Car si tu ne dis pas ainsi, puisqu'il n'y a pas 4 sur 4, pourquoi serait-il passible ? Il ne s'est pas posé dans le domaine public mais dans un lieu exempt (mekom petour).
💡 Explication

Une porte valable exige une hauteur de 10 tefahim et une largeur de 4. Or la voûte se rétrécit en montant. La mahloket R. Meir / Sages ne porte donc pas sur toute voûte. Abaye écarte d'abord deux cas où tous s'accordent qu'il n'y a pas de porte : (1) 10 de haut mais moins de 3 de montant droit au pied ; (2) 3 au pied mais pas 10 de haut au total. Dans ces cas, même R. Meir ne dit pas chokkin lehashlim (on creuse pour compléter).

🖼️ Schéma
La porte voûtée (kippa) : quand est-elle une "porte" ? Une porte valable = hauteur 10 tefahim ET largeur 4 tefahim. La voûte se rétrécit vers le haut. se rétrécit tout de suite Moins de 3 au pied "lav kloum" -- pas une porte même R. Meir concède (seg 4) 3 largeur < 4 3 au pied, 10 haut, mais jamais 4 de large le point de la mahloket (seg 5) 10 4 de large 10 pleins au pied TOUS d'accord : assujettie porte déjà formée (seg 4)
Les deux cas d'accord unanime (extrêmes) encadrent le cas de la mahloket.
6
לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בִּגְבוֹהָה עֲשָׂרָה וְיֵשׁ בְּרַגְלָהּ שְׁלֹשָׁה וְאֵין בְּרָחְבָּהּ אַרְבָּעָה, וְיֵשׁ בָּהּ לָחֹוק לְהַשְׁלִימָהּ לְאַרְבָּעָה. רַבִּי מֵאִיר סָבַר: חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים. וְרַבָּנָן סָבְרִי: אֵין חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים.

Ils n'ont divergé que dans le cas où [la voûte] est haute de dix, où son pied a trois, mais où sa largeur n'atteint pas quatre -- tout en ayant [assez de matière] à creuser pour la compléter à quatre. Rabbi Meir tient : on creuse pour compléter (chokkin lehashlim).

Et les Sages tiennent : on ne creuse pas pour compléter.

📜 Rachi (2)
וְיֵשׁ בְּרַגְלָהּ ג' בְּרֹוחַב ד' וְאֵינָהּ רְחָבָה ד' בְּגָובְהָהּ י' שֶׁקֹּודֶם שֶׁהִגְבִּיהָה י' נִתְמַעֵט רָחְבָּהּ מד' וְיֵשׁ בָּהּ לְחֹוק וּלְהַרְחִיב הֶחָלָל לְמַעְלָה כְּמִדָּה שֶׁל מַטָּה שֶׁאֵין הַחוֹמָה הוֹלֶכֶת וְכַלָּה מִבַּחוּץ לְפִי הֶחָלָל הַפְּנִימִי כָּזֶה אֶלָּא הַחוֹמָה אֲרֻוכָּה לְמַעְלָה מִבַּחוּץ לֶחָלָל כְּמִשְׁפַּט כָּזֶה:
'Et son pied a 3' -- à la largeur de 4, sans être large de 4 sur toute la hauteur de 10 : avant d'atteindre 10 de haut, sa largeur est descendue en dessous de 4 ; et il y a de quoi creuser et élargir le vide vers le haut à la mesure d'en bas -- car le mur ne va pas en s'amincissant vers l'extérieur selon le vide intérieur, mais reste épais au-dessus, à l'extérieur du vide.
ר"מ סָבַר הוֹאִיל וְהִתְחִיל בָּהּ ג' בְּרֹוחַב ד' שֵׁם פֶּתַח עָלָיו וְרוֹאִין כְּאִילּוּ הוּא חָקוּק לְמַעְלָה לְהַרְחִיב כְּמִדָּתוֹ שֶׁלְּמַטָּה:
'R. Meir tient' -- puisqu'elle a commencé par 3 à la largeur de 4, le nom de porte lui est attribué, et on la considère comme si elle était creusée vers le haut pour l'élargir à sa mesure du bas.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי מֵאִיר סָבַר חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים הָא דְּאָמַר בפ"ק דְּשַׁבָּת (דַּף ז.) בַּיִת שֶׁאֵין תּוֹכוֹ י' אֵין מְטַלְטְלִין בְּתוֹכוֹ כו' אָתְיָא כְּכוּלֵּי עָלְמָא וְכֵיוָן דְּאֵין גָּבוֹהַּ י' בְּשׁוּם דֻּוכְתָּא לָא אָמְרִינַן חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים:
'R. Meir tient chokkin lehashlim' -- Ce qui est dit au premier chapitre de Chabbat (7a), 'une maison dont l'intérieur n'a pas 10 [de haut], on n'y transporte pas [en Chabbat], etc.', vaut selon tous les avis (kouley alma) : puisqu'elle n'est haute de 10 en aucun endroit, on ne dit pas chokkin lehashlim.
💡 Explication

Voici le cœur de la mahloket. Cas précis : hauteur 10, montant droit de 3 au pied, mais largeur jamais égale à 4 -- pourtant la maçonnerie latérale pourrait être creusée pour élargir à 4. R. Meir : puisqu'il y a un commencement de porte (3 de haut) et de la matière à retirer, on considère la porte comme si elle était déjà creusée et complétée à 4 -- assujettie. Les Sages : on ne crée pas fictivement l'espace manquant -- exempte.

🖼️ Schéma
La porte voûtée (kippa) : quand est-elle une "porte" ? Une porte valable = hauteur 10 tefahim ET largeur 4 tefahim. La voûte se rétrécit vers le haut. se rétrécit tout de suite Moins de 3 au pied "lav kloum" -- pas une porte même R. Meir concède (seg 4) 3 largeur < 4 3 au pied, 10 haut, mais jamais 4 de large le point de la mahloket (seg 5) 10 4 de large 10 pleins au pied TOUS d'accord : assujettie porte déjà formée (seg 4)
Le point exact du litige : chokkin lehashlim (R. Meir) contre en creuser point (Sages).
7
תָּנוּ רַבָּנַן: בֵּית הַכְּנֶסֶת וּבֵית הָאִשָּׁה וּבֵית הַשֻּׁותָּפִין חַייֶּבֶת בִּמְזוּזָה. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְתֵימָא: ״בֵּיתְךָ״ — וְלֹא בֵּיתָהּ, ״בֵּיתְךָ״ — וְלֹא בָּתֵּיהֶם, קָמַשְׁמַע לַן.

Nos maîtres ont enseigné : une synagogue, la maison d'une femme et la maison d'associés sont assujetties à la mezouza. [Le Talmud demande :] c'est évident !

[Réponse :] pour que tu ne dises pas : 'ta maison (beitekha)' -- et non la sienne (celle de la femme) ; 'ta maison' -- et non la leur (celle des associés) -- il nous [l']enseigne.

💡 Explication

Nouvelle baraita. Le verset écrit beitekha (ta maison), au singulier masculin. On aurait pu en déduire une exclusion : ni la maison d'une femme, ni celle d'associés (pluriel). La baraita coupe court : les trois sont assujettis.

8
וְאֵימָא הָכִי נָמֵי? אֲמַר קְרָא: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם״, הָנֵי בָּעוּ חַיֵּי וְהָנֵי לָא בָּעוּ חַיֵּי?!

Et [pourquoi ne pas] dire qu'il en est bien ainsi [qu'elles sont exemptes] ? L'Écriture dit : 'pour que se multiplient vos jours et les jours de vos fils' (Deut.

11, 21) -- ceux-là auraient besoin de vivre [longtemps] et ceux-là n'en auraient pas besoin ?!

📜 Rachi (1)
לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם כָּל הַחֵפֶץ בַּחַיִּים חַיָּיב מַשְׁמַע:
'Pour que se multiplient vos jours' -- cela signifie : quiconque désire la vie est assujetti.
💡 Explication

Réfutation par le verset de la récompense qui suit immédiatement la mitsva de la mezouza : la longue vie. Absurde d'en exclure femmes et associés -- tous désirent vivre longtemps. Donc la mitsva vaut pour tous.

9
אֶלָּא, ״בֵּיתְךָ״ לָמָּה לִי? כִּדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: דֶּרֶךְ בִּיאָתְךָ, וְכִי עָקַר אִינִישׁ — כַּרְעֵיהּ דְּיַמִּינָא עָקַר בְּרֵישָׁא.

Mais alors, pourquoi ai-je besoin de 'ta maison (beitekha)' ? Selon [l'enseignement de] Rava, car Rava a dit : [beitekha signifie] le sens de ton entrée (derekh biatekha) ; et quand une personne se met en marche, elle lève d'abord le pied droit.

📜 Rachi (1)
דֶּרֶךְ בִּיאָתְךָ לְיָמִין בְּבוֹאוֹ לַבַּיִת וְלֹא מִיָּמִין לְצֵאתוֹ:
'Le sens de ton entrée' -- à droite en venant vers la maison, et non à la droite de celui qui en sort.
💡 Explication

Si beitekha n'exclut personne, à quoi sert-il ? Rava le rattache à l'emplacement de la mezouza : derekh biatekha, le sens de l'entrée. Comme on démarre du pied droit, la mezouza se fixe à droite en entrant.

10
תַּנְיָא אִידָךְ: בֵּית הַכְּנֶסֶת וּבֵית הַשֻּׁותָּפִין וּבֵית הָאִשָּׁה מִטַּמְּאִין בִּנְגָעִים. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְתֵימָא: ״וּבָא אֲשֶׁר לוֹ הַבַּיִת״, ״לוֹ״ — וְלֹא לָהּ, ״לוֹ״ — וְלֹא לָהֶן, קָא מַשְׁמָע לַן.

On a enseigné une autre [baraita] : une synagogue, la maison d'associés et la maison d'une femme sont susceptibles de la tumea des nega'im (l'impureté de la lèpre des maisons). [Le Talmud demande :] c'est évident !

[Réponse :] pour que tu ne dises pas -- [le verset dit] 'et celui à qui est la maison viendra' (Lev. 14, 35), 'à lui (lo)' -- et non à elle ; 'à lui' -- et non à eux -- il nous [l']enseigne.

🪔 Ben Yehoyada (2)
בֵּית הַכְּנֶסֶת וּבֵית הַשֻּׁתָּפִין וּבֵית הָאִשָּׁה מִטַּמְּאִין בִּנְגָעִים. קָשֶׁה לָמָּה גַּבֵּי מְזוּזָה נָקֵיט בַּיִת הָאִשָּׁה קַמֵּי בֵּית הַשֻּׁתָּפִין וְגַבֵּי טֻומְאַת נְגָעִים נָקֵיט בַּיִת הַשֻּׁתָּפִין קֹודֶם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד גַּבֵּי חִיּוּב מְזוּזָה אִיכָּא רְבוּתָא בְּבֵית הַשֻּׁותָּפִים טְפֵי מִבֵּית הָאִשָּׁה מִשּׁוּם דְּאַף עַל גַּב שֶׁהִיא אִשָּׁה וְלֹא אִישׁ עִם כָּל זֶה הִיא יְחִידִית וְאִם תַּעֲשֶׂה מְזוּזָה הִיא עוֹשָׂה מִצְוָה שְׁלֵימָה אֲבָל בֵּית הַשֻּׁותָּפִים אַף עַל פִּי שֶׁהֵם זְכָרִים לֵיכָּא מִצְוָה שְׁלֵימָה לְגַבֵּי כָּל חַד וְחַד. וְיָדוּעַ מַחֲלֹוקֶת הָאַחֲרוֹנִים זַ"ל גַּבֵּי סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁאִם עָשׂוּ הַשֻּׁותָּפִים סֵפֶר תּוֹרָה אֶחָד בְּשֻׁותָּפוּת אִי סַגִּי לְהוּ אוֹ בָּעֵינַן סֵפֶר תּוֹרָה לְכָל חַד? וְיֵשׁ חִילּוּקֵי דֵּיעוֹת וְהָכָא גַּבֵּי מְזוּזָה מֻוכְרָחִים הַשֻּׁותָּפִים לִקְבֹּועַ מְזוּזָה אַחַת בַּשַּׁעַר וְלֹא יוֹתֵר מִשּׁוּם בַּל תּוֹסִיף וְאִם כֵּן הֲוָה אֲמִינָא כֵּיוָן דְּלֵיכָּא שִׁיעוּר מִצְוָה שָׁלֵם לְגַבֵּי כָּל חַד וְחַד יִהְיוּ פְּטוּרִים לְגַמְרֵי לְכָךְ אַשְׁמְעִינַן דְּאַף עַל פִּי כֵּן חַיָּיבִים וְאַחַר כָּךְ נָקֵיט בֵּית הָאִשָּׁה. [רְאֵה דְּרָשַׁת רַבֵּינוּ זצ״ל בְּסִיּוּם הַתַּלְמוּד סוֹף מַסֶּכֶת עֻוקְצִין שֶׁמַּרְחִיב הַדִּיבּוּר בַּחֲקִירָה הַזֹּאת בְּאֹופֶן נִפְלָא] מִיהוּ בְּעִנְיַן טֻומְאַת נְגָעִים אִיכָּא רְבוּתָא בְּבֵית הָאִשָּׁה יוֹתֵר יַעַן כִּי נְגָעִים בָּאִים עַל צָרוֹת עַיִן שֶׁלֹּא הָיָה מַשְׁאִיל כֵּלָיו שֶׁאָמַר אֵין לוֹ לְכָךְ הקב"ה מְפַרְסְמוֹ עַל יְדֵי נְגָעִים (עֲרָכִין טז.) וַהֲוָה אָמֵינָא אֵין נְגָעִים בָּאִים בְּבָתֵּי אִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ הִתְנַצְּלוּת אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהּ כֵּלִים וְאוֹמֶרֶת לַשּׁוֹאֵל אֵין לָהּ מִפְּנֵי שֶׁהָאִשָּׁה דַּרְכָּהּ לִהְיוֹת צְנוּעָה וְאִם תַּשְׁאִיל לַנָּשִׁים יִתְלַמְּדוּ גַּם הָאֲנָשִׁים לָבֹא לְבֵיתָהּ לִשְׁאוֹל מִמֶּנָּה לְכָךְ אוֹמֶרֶת שֶׁאֵין לָהּ וְלָאו מִשּׁוּם צָרוֹת עַיִן! לְכָךְ אַשְׁמְעִינַן דְּגַם בְּבֵית הָאִשָּׁה שַׁיָּיךְ טֻומְאַת נְגָעִים דְּאֵין זוֹ הִתְנַצְּלוּת דְּהָיָה לָהּ לְהַשְׁאִיל לְנָשִׁים דַּוְקָא! וְלָכֵן הָכָא נָקֵיט בֵּית הַשֻּׁתָּפִין קֹודֶם לוֹמַר לָאו מִבַּעְיָא בֵּית הַשֻּׁתָּפִין שֶׁהֵם זְכָרִים וְאֵין לָהֶם הִתְנַצְּלוּת עַל שֶׁלֹּא הִשְׁאִילוֹ אֶלָּא אֲפִילּוּ בֵּית הָאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ הִתְנַצְּלוּת נָמֵי וּמַה שֶׁאָמְרוּ אֲמַר קְרָא: (וַיִּקְרָא יד, לד) 'בְּבֵית אֶרֶץ אֲחֻזַּתְכֶם' פֵּירוּשׁ דְּכָלַל בָּזֶה הַנָּשִׁים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם אֲחֻוזָּה מֵחֲמַת יְרֻושָּׁה וְרָמַז עַל הַשֻּׁותָּפִים גַּם כֵּן דְּנָקֵיט 'אֲחֻזַּתְכֶם' לְשׁוֹן רַבִּים.
'Une synagogue, la maison d'associés et la maison d'une femme sont susceptibles des nega'im.' Difficulté : pourquoi, à propos de la mezouza, place-t-on la maison de la femme avant celle des associés, tandis qu'à propos de la tumea des nega'im on place la maison des associés en premier ? Il me semble, avec l'aide du Ciel (be-siyata di-chmaya) : pour l'obligation de mezouza, il y a une nouveauté (rabbouta) plus grande dans la maison des associés que dans celle de la femme. Car même si elle est une femme et non un homme, elle est néanmoins une [personne] seule : si elle pose une mezouza, elle accomplit une mitsva entière ; mais dans la maison des associés, bien qu'ils soient des hommes, il n'y a pas de mitsva entière pour chacun d'eux. On connaît la mahloket des Aharonim au sujet d'un rouleau de Tora que des associés auraient fait en commun : cela leur suffit-il, ou faut-il un rouleau pour chacun ? Les avis divergent. Et ici, pour la mezouza, les associés sont contraints d'en fixer une seule à la porte, pas davantage, à cause de bal tossif (ne pas ajouter) ; on aurait donc pu penser que, puisqu'il n'y a pas de mesure complète de mitsva pour chacun, ils seraient totalement exempts -- c'est pourquoi [la baraita] nous enseigne qu'ils sont malgré tout assujettis, et ce n'est qu'ensuite qu'elle place la maison de la femme. [Voir la derachah de notre maître, de mémoire bénie, à la fin du Talmud, fin du traité Ouktzin, où il développe cette recherche de façon admirable.] En revanche, pour la tumea des nega'im, la nouveauté est plus grande dans la maison de la femme : car les nega'im viennent pour l'avarice (tzarout ayin), lorsqu'on refusait de prêter ses ustensiles en disant 'je n'en ai pas', et le Saint béni soit-Il le démasque par les nega'im (Arakhin 16a). On aurait pu penser que les nega'im n'atteignent pas les maisons de femmes, car elle a une excuse : même si elle possède des ustensiles et dit à l'emprunteur qu'elle n'en a pas, c'est parce qu'il est de la nature d'une femme d'être pudique -- si elle prêtait aux [autres] femmes, les hommes aussi apprendraient à venir chez elle pour lui emprunter ; elle dit donc n'avoir rien, et non par avarice ! C'est pourquoi [la baraita] nous enseigne que dans la maison de la femme aussi les nega'im s'appliquent, car ce n'est pas une excuse : elle aurait dû prêter aux femmes justement ! Et c'est pour cela qu'ici on place la maison des associés en premier, pour dire : non seulement la maison des associés, qui sont des hommes et n'ont pas d'excuse pour n'avoir pas prêté, mais même la maison de la femme, qui a une excuse [y est susceptible]. Et ce qu'ils ont dit, que l'Écriture dit (Lev. 14, 34) 'dans une maison du pays de votre propriété (ahouzatkhem)' -- cela inclut les femmes qui possèdent un bien par héritage, et fait aussi allusion aux associés, puisqu'il emploie 'votre propriété' au pluriel.
(וַיִּקְרָא יד, לה) "וּבָא אֲשֶׁר לוֹ הַבַּיִת".. אֶלָּא 'לוֹ', לָמָּה לִי. קָשֶׁה מַאי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר אִם לֹא יֹאמַר 'לוֹ'? וְנִרְאֶה לִי דַּהֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר 'וּבָא בַּעַל הַבַּיִת' דְּהַשְׁתָּא אוֹמֵר תֵּיבָה אַחַת בַּת שָׁלֹשׁ אוֹתִיּוֹת בִּמְקוֹם שְׁתֵּי תֵּיבוֹת שֶׁהֵם חָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת.
(Lev. 14, 35) 'Et celui à qui est la maison viendra'... 'rather, pourquoi ai-je besoin de lo (à lui)'. Difficulté : qu'aurait-il fallu dire si le verset n'avait pas dit 'lo' ? Il me semble qu'il aurait fallu dire 'et le maître de la maison viendra (ouva baal ha-bayit)' : car [en écrivant 'acher lo'] l'Écriture emploie deux mots de cinq lettres là où elle aurait pu dire un seul mot de trois lettres (baal) -- et ce surplus est précisément ce qui permet la derachah sur 'lo'.
💡 Explication

Baraita parallèle, autre domaine : la lèpre des maisons (nega'im). Le verset écrit lo (à lui), singulier masculin -- on aurait pu exclure la maison d'une femme et celle d'associés. La baraita l'affirme : les trois y sont susceptibles.

🖼️ Schéma
Synagogue, maison de femme, maison d'associés : deux baraitot parallèles Même trio, deux domaines : le "tien / à lui" au singulier masculin aurait pu les exclure -- il n'en est rien. MEZOUZA (seg 6-8) Les trois sont ASSUJETTIS. hava amina : "beitekha" (ta maison) = pas la sienne (femme), pas la leur (associés) Réfute : "pour que se multiplient vos jours" -- tous veulent vivre longtemps ! Alors "beitekha" enseigne (Rava) : derekh biatekha -- le sens de l'entrée, on lève le pied DROIT d'abord => mezouza à droite en entrant. NEGA'IM (seg 9-14) Les trois sont SUSCEPTIBLES. hava amina : "acher LO ha-bayit" (à lui) = pas à elle, pas à eux Réfute : "be-bayit eretz ahouzatkhem" (pluriel) -- toutes les maisons du pays. Alors "lo" enseigne : qui réserve sa maison à lui seul (refuse de prêter, dit "je n'ai pas") -- Dieu le démasque par le nega. Synagogue et nega'im : contradiction résolue par R. Meir/Sages ou par la présence d'un logement (seg 11-14).
Le même trio, deuxième domaine : les nega'im.
11
וְאֵימָא הָכִי נָמֵי! אֲמַר קְרָא: ״בְּבֵית אֶרֶץ אֲחֻוזַּתְכֶם״. אֶלָּא ״לוֹ״ לָמָּה לִי? מִי שֶׁמְּייַחֵד בֵּיתוֹ לוֹ, שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לְהַשְׁאִיל כֵּלָיו וְאוֹמֵר שֶׁאֵין לוֹ, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְפַרְסְמוֹ כְּשֶׁמְּפַנֶּה אֶת בֵּיתוֹ. פְּרָט לְמַשְׁאִיל כֵּלָיו לַאֲחֵרִים.

Et [pourquoi ne pas] dire qu'il en est bien ainsi [qu'elles sont exclues] ? L'Écriture dit : 'dans une maison du pays de votre propriété (ahouzatkhem)' (Lev.

14, 34) [au pluriel]. Mais alors, pourquoi ai-je besoin de 'lo (à lui)' ?

[Il enseigne :] celui qui réserve sa maison à lui seul -- qui ne veut pas prêter ses ustensiles et dit qu'il n'en a pas -- le Saint béni soit-Il le rend public quand [le nega] l'oblige à vider sa maison. Cela exclut celui qui prête ses ustensiles à autrui.

📜 Rachi (1)
לְמִי שֶׁמְּייַחֵד בֵּיתוֹ לוֹ שֶׁכְּלֵי תַּשְׁמִישׁוֹ מְיֻוחָדִין לוֹ וְאֵינוֹ מַשְׁאִילָן לִשְׁכֵנָיו כְּלוֹמַר שֶׁהַנְּגָעִים בָּאִים עַל צָרוֹת הָעַיִן:
'Celui qui réserve sa maison à lui' -- dont les ustensiles lui sont réservés et qu'il ne prête pas à ses voisins ; c'est-à-dire que les nega'im viennent à cause de l'avarice (tzarout ayin).
💡 Explication

La réfutation vient du pluriel ahouzatkhem : toutes les maisons du pays. Puisque nul n'est exclu, à quoi sert lo ? À révéler la cause morale du nega : l'avarice (tzarout ayin). Celui qui réserve tout à lui seul et prétend n'avoir rien à prêter est démasqué : le nega l'oblige à vider sa maison et tous voient ses biens. Qui prête est épargné.

12
וּבֵית הַכְּנֶסֶת מִי מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים? וְהַתַּנְיָא: יָכוֹל יִהְיוּ בָּתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת מִטַּמְּאִין בִּנְגָעִים, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא אֲשֶׁר לוֹ הַבַּיִת״ — מִי שֶׁמְּיֻוחָד לוֹ, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין מְיֻוחָדִין לוֹ!

Mais une synagogue est-elle donc susceptible des nega'im ? N'a-t-on pas enseigné : on aurait pu penser que les synagogues et les maisons d'étude (batei midrachot) sont susceptibles des nega'im -- l'Écriture dit 'et celui à qui est la maison viendra' : [une maison] qui est réservée à lui ; sont exclus ces [lieux] qui ne sont pas réservés à lui [mais publics] !

💡 Explication

Contradiction (kachia). La baraita précédente rend la synagogue susceptible des nega'im, mais une autre l'en exclut : le nega vise une maison réservée à un particulier (lo), or la synagogue est un bien public. Comment concilier ?

13
לָא קַשְׁיָא: הָא — רַבִּי מֵאִיר, הָא — רַבָּנָן. דְּתַנְיָא: בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁיֵּשׁ בָּהּ בֵּית דִּירָה לְחַזַּן הַכְּנֶסֶת — חַיָּיב בִּמְזוּזָה, וְשֶׁאֵין בָּהּ בֵּית דִּירָה — רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין.

Ce n'est pas difficile : ceci [suit] Rabbi Meir, cela [suit] les Sages. Car on a enseigné : une synagogue qui comporte un logement (beit dira) pour le bedeau (hazan ha-kenesset) est assujettie à la mezouza ; celle qui n'a pas de logement -- Rabbi Meir l'assujettit, et les Sages l'exemptent.

🗂️ Tossefot (1)
שֶׁאֵין בּוֹ בֵּית דִּירָה ר"מ מְחַיֵּיב וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין מַשְׁמַע מִכָּאן דְּבֵית הַכְּנֶסֶת וּבֵית הַמִּדְרָשׁ שֶׁאֵין בּוֹ בֵּית דִּירָה דְּלָא בָּעֵי מְזוּזָה דְּמִסְּתָמָא הִילְכְתָא כְּרַבָּנָן וְהָא דְּאָמַר פֶּרֶק הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף לג.) וְהָא הָהוּא פִּיתְחָא דַּהֲוָה עָיֵיל בֵּיהּ רַב הוּנָא לְבֵי מִדְרְשָׁא וַהֲוָה לֵיהּ מְזוּזָה וְלֵיכָּא לְמֵימַר דְּהָתָם מַיְירֵי בִּדְאִית בֵּיהּ בֵּית דִּירָה דְּא"כ מַאי פָּרֵיךְ מִינָּהּ הָתָם לְפִתְחָא דַּהֲוָה עָיֵיל בֵּיהּ רַבִּי לְבֵי מִדְרְשָׁא לָא הֲוָה לֵיהּ מְזוּזָה לִישָּׁנֵי דְּהַהִיא דְּרַבִּי לָא הֲוָה בֵּיהּ בֵּית דִּירָה וּדְרַב הוּנָא בָּאֵית בֵּיהּ בֵּית דִּירָה י"ל דְּהָתָם מַייְרֵי בְּפֶתַח הַבַּיִת שֶׁהָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא בּוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ וּבְפֶ' (הָרוֹאֶה) בְּמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת (דַּף מז.) מַשְׁמַע נָמֵי דְּהִלְכְתָא כְּמַאן. דְּפָטַר גַּבֵּי אַבַּיֵּי וְרָבָא דְּהָווּ אָזְלִי בְּאוֹרְחָא וְכִי מָטוּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא א"ל (רָבָא) לְאַבַּיֵּי לִיעוֹל מַר א"ל עַד הָאִידְנָא לָאו מַר אֲנָא א"ל הָכִי א"ר יוֹחָנָן אֵין מְכַבְּדִין בַּדְּרָכִים וְכוּ' עַד אֵין מְכַבְּדִין אֶלָּא בְּפֶתַח שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מְזוּזָה יֵשׁ בּוֹ מְזוּזָה ס"ד אֶלָּא בְּפֶתַח הָרָאוּי לַמְּזוּזָה מַשְׁמַע דְּפֶתַח בֵּית הַכְּנֶסֶת פָּטוּר מִיהוּ בִּירוּשַׁלְמִי פ"ג דִּמְגִילָּה מַשְׁמַע דְּבֵי מִדְרְשָׁא דְּר' חֲנִינָא מַמָּשׁ הֲוָה לֵיהּ מְזוּזָה גַּבֵּי מְזוּזָה שֶׁנִּיתְּנָה בַּשְּׁלִישׁ הָעֶלְיוֹן הַגֵּעַ עַצְמְךָ שֶׁהָיָה הַשַּׁעַר גָּבוֹהַּ א"ל נוֹתְנָהּ כְּנֶגֶד כְּתֵיפוֹתָיו בֵּי מִדְרְשָׁא דְּר' חֲנִינָא עֲבִיד כֵּן וי"ל דְּבֵי מִדְרְשָׁא דָּר' וּדְרַב הוּנָא וְדָר' חֲנִינָא שֶׁלָּהֶם הָיוּ וְלֹא שֶׁל רַבִּים אֶלָּא שֶׁל עַצְמָם:
'Celle qui n'a pas de logement -- R. Meir l'assujettit et les Sages l'exemptent' -- Il ressort d'ici qu'une synagogue et une maison d'étude sans logement ne requièrent pas de mezouza, car en principe la halakha suit les Sages. Et ce qui est dit au chapitre ha-Kometz Rabba (Menahot 33a) : 'mais cette porte par laquelle Rav Houna entrait à la maison d'étude avait une mezouza !' -- on ne peut pas dire que là-bas il s'agit d'un cas où il y a un logement, car si c'était le cas, quelle serait l'objection que l'on en tire la-bas contre la porte par laquelle Rabbi entrait à la maison d'étude et qui n'avait pas de mezouza ? Qu'on réponde donc que celle de Rabbi n'avait pas de logement et celle de Rav Houna en avait un ! On peut dire que là-bas il s'agit de la porte de la maison [d'habitation] par laquelle il entrait et sortait vers la maison d'étude. Et au chapitre (ha-Roeh) du traité Berakhot (47a), il ressort aussi de qui suit la halakha -- de celui qui exempte -- à propos d'Abaye et Rava qui marchaient en chemin : quand ils arrivèrent à la synagogue, [Rava] dit à Abaye 'que le maître entre' ; il lui répondit 'jusqu'à présent n'étais-je pas [ton] maître ?' ; il lui dit : 'ainsi a dit R. Yo'hanan : on ne se fait pas d'honneurs sur les chemins, etc.', jusqu'à 'on ne fait honneur qu'à une porte qui a une mezouza'. 'Qui a une mezouza' -- l'aurais-tu cru ? Plutôt : à une porte digne d'une mezouza -- ce qui implique que la porte d'une synagogue est exempte. Toutefois, dans le Yerouchalmi, chapitre 3 de Meguila, il ressort que la maison d'étude de R. Hanina avait bel et bien une mezouza : à propos de la mezouza placée au tiers supérieur, 'imagine que la porte fût haute -- il répond : on la place à hauteur de ses épaules ; la maison d'étude de R. Hanina faisait ainsi.' On peut dire que les maisons d'étude de Rabbi, de Rav Houna et de R. Hanina étaient les leurs [en propre] et non celles du public, mais bien les leurs.
💡 Explication

Première résolution : les deux baraitot reflètent la mahloket R. Meir / Sages sur la synagogue sans logement. Pour R. Meir elle a statut de maison (susceptible, assujettie à la mezouza) ; pour les Sages, non. Une synagogue avec logement du bedeau est, elle, une demeure pour tous.

14
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא רַבָּנָן, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — דְּאִית בַּהּ בֵּית דִּירָה, הָא — דְּלֵית בָּהּ בֵּית דִּירָה.

Et si tu veux, dis [une autre résolution] : celle-ci comme celle-là [suivent] les Sages, et ce n'est pas difficile : ceci [vaut pour une synagogue] qui comporte un logement, cela [pour une synagogue] qui n'a pas de logement.

💡 Explication

Deuxième résolution : les deux baraitot suivent les Sages, et se distinguent par un détail de fait -- avec logement (susceptible) contre sans logement (exclue).

15
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא דְּלֵית בָּהּ בֵּית דִּירָה,

Et si tu veux, dis [encore une autre résolution] : celle-ci comme celle-là [parlent d'une synagogue] qui n'a pas de logement,

💡 Explication

Troisième résolution, amorcée ici et poursuivie au début de 12a : les deux baraitot parlent d'une synagogue sans logement -- la distinction se fera sur un autre critère, dans la suite de la sougya.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).