Yoma 19b -- le serment du Cohen Gadol contre la lecture sadducéenne de l'encens de Kippour et le châtiment du Sadducéen ; puis les règles d'interruption du Chema (ve-dibarta bam) ; enfin le dispositif pour tenir le Cohen Gadol éveillé toute la nuit de Kippour.

Yoma 19b

Sougya : Le daf achève d'abord la sougya sur le statut du Cohen Gadol : n'étant pas notre mandataire (chelia'h didan) mais celui du Ciel, la formule où les Anciens le disent leur mandataire ne concerne que le serment, prêté selon l'intention du beit din. Ce serment vise à l'empêcher d'opérer comme les Sadducéens, qui allumaient la ketoret au-dehors et n'entraient qu'avec le nuage déjà formé (lecture de ki be-anan era'é al ha-kaporet), contre la halakha qui exige de ne la poser sur le feu qu'à l'intérieur du Saint des Saints.

La Tossefta raconte le Sadducéen qui l'osa et fut châtié (vers sortant du nez, ou frappé par un ange marquant un pied de veau entre ses épaules). Une digression, partie du geste de Rav corrigeant un nom pendant le Chema, fixe les règles d'interruption : geste interdit au premier paragraphe (kavana) mais permis au second ; ve-dibarta bam autorise d'interrompre pour un propos de Torah important, non pour la Amida ni pour des propos futiles.

Le daf revient enfin à la michna : comment on empêchait le Cohen Gadol de dormir la nuit de Kippour (doigt tsereda, kidda, chants à cappella, veille des notables de Jérusalem), en souvenir de quoi on veillait aussi en province -- veille qui, a Nehardea, menait à la faute, au point qu'Eliyahou en fait un motif du retard du Machia'h.

Où allumer la ketoret de Kippour ? Sadducéens contre Pharisiens (Hazal) Le Cohen Gadol entre seul dans le Saint des Saints ; nul ne voit s'il opère selon la halakha. D'où le serment. PHARISIENS = la halakha Il entre les mains pleines : braises + ketoret, et ne pose la ketoret sur le feu qu'À L'INTÉRIEUR. Saint des Saints ☁ le nuage se forme DEDANS Verset : ve-natan et ha-ketoret al ha-ech lifnei Hachem (Lv 16,13). On lui fait jurer d'opérer ainsi. ka-cher SADDUCÉENS = devient Il prépare et allume la ketoret DEHORS (dans le Heikhal), puis entre avec le nuage déjà fait. Heikhal (dehors) ☁ nuage formé AVANT d'entrer Lecture : ki be-anan era'é al ha-kaporet (Lv 16,2) = Il n'apparaît qu'une fois le nuage là. Le Sadducéen qui l'a fait : puni de mort. pas-soûl Nafka mina : c'est tout l'enjeu du serment que les Anciens imposent au Cohen Gadol la veille de Kippour.
La mahloket centrale : les Sadducéens allument la ketoret dehors et entrent avec le nuage déjà formé ; la halakha (Pharisiens) exige qu'on ne la pose sur le feu qu'à l'intérieur du Saint des Saints. D'où le serment imposé au Cohen Gadol.
Empêcher le Cohen Gadol de s'endormir la nuit de Kippour Enjeu : le sommeil risque d'amener une pollution (keri) qui l'invaliderait pour le service. POURQUOI rester éveillé = rester ka-cher MOYENS 1. Doigt tsereda claquement du majeur contre le pouce = bruit sec devant lui 2. Effort physique lève-toi, rafraîchis-toi sur le dallage, montre la kidda (prosternation difficile) 3. Chant à cappella sans nevel ni kinor (Yom Tov) ; à la bouche : im Hachem lo yivne bayit... (Ps 127,1) 4. Rumeur de la ville les notables de Jérusalem veillent toute la nuit BUT tenir jusqu'au zeman che'hita du tamid Abba Chaoul : on veillait aussi en province, en souvenir du Temple -- mais cela menait à la faute.
Le dispositif pour tenir le Cohen Gadol éveillé toute la nuit de Kippour, jusqu'au moment de l'abattage du tamid.
Le doigt tsereda : tsara de-da, la rivale du pouce Rav Yehouda : tsereda = tsarah de-da (rivale de celle-ci) ; celle-ci = le pouce (godel). Le majeur en est la rivale. GODEL (pouce) AMTSA (majeur) le plus long : la tsara on l'arme contre le pouce... ! ...puis on lâche : il claque sur la paume Rav Houna en fit la démonstration : le bruit emplit toute la maison d'étude de Rav.
Étymologie et geste du doigt tsereda : le majeur (la rivale) claque contre le pouce.
1
מִי אִיכָּא מִידֵּי דַּאֲנַן לָא מָצֵינַן לְמֶעְבַּד, וּשְׁלוּחֵי דִידַן מָצוּ עָבְדִי? הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: מַשְׁבִּיעִין אָנוּ עָלֶיךָ עַל דַּעְתֵּינוּ וְעַל דַּעַת בֵּית דִּין.

Existe-t-il une chose que nous, nous ne pouvons pas accomplir, et que nos envoyés (chelou'hei didan), eux, pourraient accomplir ? (Le mandataire n'agit qu'au nom de son mandant : il ne peut donc faire ce que le mandant lui-même ne peut faire.

Or l'Israélite ne peut entrer dans la azara ni y officier ; les cohanim ne seraient donc pas nos mandataires mais ceux du Ciel -- ce qui semble contredire la michna où les Anciens disent au Cohen Gadol : nous sommes tes mandataires.) Voici ce qu'ils lui disent en réalité : nous te faisons prêter serment selon notre intention et selon l'intention du beit din.

📜 Rachi (1)
הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ הַאי דְּקָאָמְרִי לֵיהּ אַתָּה שְׁלוּחֵנוּ לָאו בַּעֲבוֹדָה קָאָמְרִי לֵיהּ אֶלָּא לְעִנְיַן קַבָּלַת שְׁבוּעָה כְּלוֹמַר לֹא לְפִי מַחְשָׁבָה שֶׁבְּלִבְּךָ אִם בָּאתָ לְהַעֲרִים בְּקַבָּלַת הַשְּׁבוּעָה אָנוּ מַשְׁבִּיעִין אוֹתְךָ לְפִי דַּעְתֵּינוּ וְדַעַת בי"ד:
Voici ce qu'ils lui disent - le fait qu'ils lui disent tu es notre mandataire ne se dit pas du service (avoda), mais de la réception du serment : autrement dit, tu ne prêtes pas serment selon la pensée de ton cœur ; si tu venais à ruser en recevant le serment, nous, nous te faisons jurer selon notre intention et l'intention du beit din.
🗂️ Tossefot (1)
מִי אִיכָּא מִידֵּי דַּאֲנַן לָא מָצֵינַן לְמֶעְבַּד כּוּ' תֵּימַהּ דִּבְפֶרֶק אֵין בֵּין הַמֻּודָּר (נְדָרִים דַּף לה:) מִיבַּעְיָא לָן הָנֵי כָּהֲנֵי שְׁלוּחֵי דְרַחֲמָנָא נִינְהוּ אוֹ שְׁלוּחֵי דִּידַן נִינְהוּ וְקָאָמַר ת"ש ת"ש טוּבָא הָתָם וּלְבַסּוֹף לָא אִיפְּשִׁיטָא וְאַמַּאי לָא פְּשִׁיט לַהּ מִדְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ דְּהָכָא י"ל דְּלָא בָּעֵי לְמִיפְשַׁט מִדִּבְרֵי אָמוֹרָאִים אֶלָּא מִמַּתְנִי' וּבָרַיְיתָא וְכִי הַאי גַּווְנָא צ"ל אַהָא דְּמִיבַּעְיָא לָן בְּפ"ק דב"מ (יז: וְשָׁם) וּבְפֶ' הַכּוֹתֵב (כְּתֻובּוֹת פט:) אִי אַלְמָנָה מִן הָאֵירוּסִין אִית לָהּ כְּתֻובָּה וְלָא אִיפְּשִׁיטָא אע"ג דִּבְכַמָּה דֻּוכְתֵי בַּשַּׁ"ס מַשְׁמַע בְּפֶרֶק נַעֲרָה (כְּתֻובּוֹת מד. וְשׁוּבֶפְרַק הָאוֹמֵר (קִדּוּשִׁין דַּף סה. וְשָׁם) דְּאִית לָהּ כְּתֻובָּה כְּמוֹ שֶׁהוֹכִיחַ שָׁם ר"י אֶלָּא לָא בָּעֵי לְמִיפְשַׁט אֶלָּא מִמַּתְנִי' וּבָרַייְתָא. וְלִי נִרְאֶה דִּלְעוֹלָם פְּשִׁיטָא לֵיהּ מִדְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ דִּשְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נִינְהוּ דְּאִי ס"ד שְׁלוּחֵי דִּידַן דַּווְקָא נִינְהוּ וְלָא שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא כְּלָל מִי אִיכָּא מִידִי כוּ' וְהָתָם מִיבַּעְיָא לֵיהּ אִי שְׁלוּחֵי דִּידַן קְצָת דְּהָווּ לְהוּ שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא וּשְׁלוּחֵי דִּידַן אוֹ שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא דַּוְוקָא וְהָא לָא מָצֵי לְמִיפְשַׁט מִדְּרַב הוּנָא דַּאֲפִילּוּ אִי שְׁלוּחֵי דִּידַן נָמֵי הָווּ מְקָרְבִי אע"ג דַּאֲנַן לָא מָצֵינַן לְמֶיעְבַּד כֵּיוָן דְּאַף שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נִינְהוּ וּמִילְּתָא דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ דְּאָמַר [לָאו] שְׁלוּחֵי דִּידַן נִינְהוּ לָא נָפְקָא מִינֵּיהּ מִידֵּי לְעִנְיַן מֻודָּר הֲנָאָה דְּבֵין אִי שְׁלוּחֵי דִּידַן דַּווְקָא נִינְהוּ בֵּין אִי שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נָמֵי נִינְהוּ אָסוּר בְּמֻודָּר הֲנָאָה דְּקָא מַהֲנֵי לֵיהּ אֶלָּא נִרְאֶה דְּנָפְקָא מִינָּהּ אִי אָמַר בַּעַל הַקָּרְבָּן לָא בָּעֵינָא דִּלְקֻרְבֵּיהּ [כֹּהֵן] שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר אֶלָּא כֹּהֵן אַחֵר אִי אָמְרִינַן שְׁלוּחֵי דִּידַן דַּווְקָא הָא אָמַר לָא בָּעֵינָא וְלָא נַקְרִיב לֵיהּ כֹּהֵן שֶׁבְּאוֹתוֹ מִשְׁמָר בְּעַל כָּרְחוֹ וְאִי אָמְרִינַן שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נִינְהוּ נְהִי נָמֵי דִּמְפָרְשִׁינַן אַף שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נִינְהוּ עִיקָּרָם שְׁלוּחֵי דְּרַחֲמָנָא נִינְהוּ וְלָאו כָּל כְּמִינֵּיהּ לְעַכֵּב עַל יָדָם שֶׁלֹּא יַקְרִיבוּהוּ כֹּהֲנֵי מִשְׁמָר:
Existe-t-il une chose que nous ne pouvons pas accomplir, etc. - il y a là de quoi s'étonner : au chapitre Ein bein ha-mouder (Nedarim 35b) on s'interroge pour savoir si ces cohanim sont mandataires du Ciel (chelou'hei de-Ra'hmana) ou nos mandataires (chelou'hei didan), et l'on y apporte de nombreuses preuves sans finalement trancher -- pourquoi ne pas le résoudre à partir de Rav Houna fils de Rav Yehochoua, ici ? On peut répondre qu'on ne veut pas trancher d'après les propos d'Amoraim, mais seulement d'après une michna ou une braita ; et il faut dire de même pour la question posée au premier chapitre de Baba Metsia (17b) et au chapitre Ha-kotev (Ketoubot 89b), à savoir si la veuve issue des erousin a une ketouba, question non tranchée, alors qu'en plusieurs endroits du Chas il ressort qu'elle en a une (ainsi que le Ri l'a démontré) : c'est qu'on ne veut trancher que d'après une michna ou une braita. Mais il me semble qu'en vérité cela lui est évident d'après Rav Houna fils de Rav Yehochoua : ils sont mandataires du Ciel ; car si tu pensais qu'ils sont exclusivement nos mandataires et nullement mandataires du Ciel, on objecterait aussitôt existe-t-il une chose, etc. Là-bas (à Nedarim) on se demande seulement s'ils sont en partie nos mandataires -- donc à la fois mandataires du Ciel et nos mandataires -- ou exclusivement mandataires du Ciel ; et cela, on ne peut le trancher à partir de Rav Houna, car même s'ils étaient aussi nos mandataires ils offriraient, bien que nous ne puissions le faire, puisqu'ils sont aussi mandataires du Ciel. Le propos de Rav Houna fils de Rav Yehochoua -- ils ne sont pas nos mandataires -- n'a d'ailleurs aucune incidence pour le mouder hana'a (celui à qui l'on a interdit par vœu tout bénéfice) : que le cohen soit exclusivement notre mandataire ou aussi mandataire du Ciel, il est interdit au mouder hana'a, car le cohen lui procure un bénéfice. La nafka mina semble plutôt être celle-ci : si le propriétaire du sacrifice dit je ne veux pas que ce soit tel cohen du tour de garde (michmar) qui l'offre, mais un autre -- si nous disons qu'ils sont exclusivement nos mandataires, il a dit je ne veux pas, et on ne lui offrira pas le cohen du michmar malgré lui ; mais si nous disons qu'ils sont mandataires du Ciel, même si nous expliquons qu'ils sont aussi nos mandataires, ils sont essentiellement mandataires du Ciel, et il n'est pas en son pouvoir d'empêcher les cohanim du michmar de l'offrir.
💡 Explication

Fin de la sougya sur le statut du Cohen Gadol. Un chalia'h (mandataire) ne peut accomplir que ce que son mandant pourrait faire ; comme l'Israélite ne peut ni entrer dans la azara ni officier, le cohen n'est pas chelia'h didan (notre mandataire) mais chelia'h de-Ra'hmana (mandataire du Ciel).

La michna qui fait dire aux Anciens tu es notre mandataire ne parle donc pas du service, mais du serment : on lui fait jurer selon l'intention du beit din, pour qu'il ne puisse ruser en jurant selon une interprétation personnelle.

🖼️ Schéma
De qui le Cohen Gadol est-il le mandataire (chalia'h) ? Principe : un chalia'h ne fait que ce que le mandant pourrait faire lui-même chelou'hei didan (nos mandataires) ? Impossible : l'Israélite ne peut entrer dans la azara ni officier. Il ne peut donc déléguer ce qu'il ne peut faire. chelou'hei de-Ra'hmana Mandataires du Ciel (Rav Houna b. Rav Yehochoua). Le service ne dépend pas de la délégation d'Israël. Alors la michna (nous sommes tes mandataires) ? -> se dit du SERMENT, non du service : nous te faisons jurer selon notre intention et celle du beit din.
Le raisonnement sur l'agence (chelou'hei didan vs chelou'hei de-Ra'hmana) et sa résolution.
2
הוּא פּוֹרֵשׁ וּבוֹכֶה וְהֵן פּוֹרְשִׁין וּבֹוכִין וְכוּ׳. הוּא פּוֹרֵשׁ וּבוֹכֶה — שֶׁחֲשָׁדוּהוּ צָדוֹקִי, וְהֵם פּוֹרְשִׁין וּבוֹכִין — דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כָּל הַחוֹשֵׁד בִּכְשֵׁרִים לוֹקֶה בְּגוּפוֹ.

« Il se retire et pleure, et eux se retirent et pleurent, etc. » Lui se retire et pleure -- parce qu'ils l'ont soupçonné d'être sadducéen ; et eux se retirent et pleurent -- car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : quiconque soupçonne des gens intègres (kecherim) est frappé dans son corps.

📜 Rachi (2)
שֶׁחֲשָׁדוּהוּ צָדוֹקִי לְתַקֵּן הַקְּטֹורֶת וְלָתֵת אוֹתָהּ עַל מַחְתַּת הָאֵשׁ בַּהֵיכָל וּלְהַכְנִיסָהּ אַחֲרֵי כֵן לְבֵית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים שֶׁכֵּן אוֹמְרִים הַצָּדוֹקִים כְּדִלְקַמָּן:
Parce qu'ils l'ont soupçonné d'être sadducéen - (soupçonné) de préparer la ketoret et de la poser sur l'encensoir de braises dans le Heikhal, puis de l'introduire ensuite dans le Saint des Saints, car c'est ainsi que parlent les Sadducéens, comme plus loin.
הַחוֹשֵׁד בִּכְשֵׁרִים לוֹקֶה בְּגוּפוֹ דִּכְתִיב (שְׁמוֹת ד׳:ו׳) הֵן לֹא יַאֲמִינוּ לִי וְגוֹ' וּכְתִיב וְהִנֵּה יָדוֹ מְצֹורַעַת כַּשָּׁלֶג:
Celui qui soupçonne les intègres est frappé dans son corps - car il est écrit (Ex 4,1) hen lo yaaminou li (voici, ils ne me croiront pas) -- Moche soupçonnant Israël -- et il est écrit (Ex 4,6) et voici sa main était lépreuse comme neige.
💡 Explication

Après le serment, la séparation est douloureuse des deux côtés. Le Cohen Gadol pleure de l'affront du soupçon ; les Anciens pleurent d'avoir dû le soupçonner, car celui qui soupçonne les intègres est frappé dans son corps (R. Yehochoua ben Levi) -- le Cohen Gadol pouvait fort bien être irréprochable.

3
וְכָל כָּךְ לָמָּה? שֶׁלֹּא יְתַקֵּן מִבַּחוּץ וְיַכְנִיס, כְּדֶרֶךְ שֶׁהַצָּדוֹקִין עוֹשִׂין.

Et pourquoi tout cela ? Pour qu'il ne prépare pas (la ketoret) au-dehors et ne l'introduise (déjà allumée), à la manière dont les Sadducéens agissent.

📜 Rachi (3)
וְכָל כָּךְ לָמָּה הַשְּׁבוּעָה הַזֹּאת לָמָּה:
Et pourquoi tout cela - à quoi bon ce serment.
שֶׁלֹּא יְתַקֵּן הַקְּטֹורֶת מָלֵא חָפְנַיִם הַנִּיתֶּנֶת ביוה"כ עַל הַמַּחְתָּה כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ט״ז:י״ג) וּמְלֹא חָפְנָיו וְגוֹ' וְנָתַן אֶת הַקְּטֹורֶת עַל הָאֵשׁ וְגוֹ':
Pour qu'il ne prépare pas - la ketoret, la pleine poignée que l'on pose à Yom Kippour sur l'encensoir, comme il est écrit (Lv 16,12-13) et ses deux poignées pleines... et il posera la ketoret sur le feu...
מִבַּחוּץ בַּהֵיכָל הָיוּ נוֹתְנִין אוֹתָהּ צָדוֹקִין עַל הָאֵשׁ וְאַחַ"כּ מַכְנִיסִין שֶׁהָיוּ דּוֹרְשִׁין אַל יָבֹא כִּי אִם בַּעֲנַן כִּי בֶּעָנָן אֶרְאֶה (שָׁם) וּכְתִיב בְּרֵישָׁא דִּקְרָא וְאַל יָבֹא בְכָל עֵת אֶל הַקֹּדֶשׁ וּמַשְׁמַע כִּי בֶּעָנָן עָשָׁן הַקְּטֹרֶת יָבֹא וְאָז אֶרְאֶה עַל הַכַּפֹּרֶת:
Au-dehors - c'est dans le Heikhal que les Sadducéens la posaient sur le feu, puis l'introduisaient, car ils interprétaient (Lv 16,2) qu'il n'entre pas... car c'est dans le nuage que J'apparaîtrai sur le kaporet : le début du verset dit qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire, ce qui signifie pour eux : c'est avec le nuage de fumée de la ketoret (déjà formé) qu'il doit entrer, et alors J'apparaîtrai sur le kaporet.
💡 Explication

La raison du serment : empêcher le Cohen Gadol, seul et invisible dans le Heikhal, d'opérer selon la lecture sadducéenne -- allumer la ketoret au-dehors et n'entrer qu'avec le nuage déjà formé (voir le schéma de synthèse).

4
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּצַדּוּקִי אֶחָד שֶׁהִתְקִין מִבַּחוּץ וְהִכְנִיס. בִּיצִיאָתוֹ הָיָה שָׂמֵחַ שִׂמְחָה גְּדוֹלָה. פָּגַע בּוֹ אָבִיו, אָמַר לוֹ: בְּנִי, אַף עַל פִּי שֶׁצַּדּוּקִין אָנוּ, מִתְיָרְאִין אָנוּ מִן הַפְּרוּשִׁים. אָמַר לוֹ: כָּל יָמַי הָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפֹּורֶת״, אָמַרְתִּי: מָתַי יָבוֹא לְיָדִי וַאֲקַיְּימֶנּוּ, עַכְשָׁיו שֶׁבָּא לִידֵי — לֹא אֲקַיְּימֶנּוּ?!

Nos maîtres ont enseigné (Tossefta) : il arriva qu'un certain Sadducéen prépara (la ketoret) au-dehors puis l'introduisit. À sa sortie, il se réjouissait d'une grande joie.

Son père le rencontra et lui dit : mon fils, bien que nous soyons Sadducéens, nous craignons les Pharisiens. Il lui répondit : toute ma vie j'ai été tourmenté par ce verset, car c'est dans le nuage que J'apparaîtrai sur le kaporet -- je me disais : quand cela viendra-t-il entre mes mains pour que je l'accomplisse ?

Maintenant que cela m'échoit -- je ne l'accomplirais pas ?!

🪔 Ben Yehoyada (1)
בָּנַי , אַף עַל פִּי שֶׁצַּדּוּקִין אָנוּ , מִתְיָרְאִין אָנוּ מִן הַפְּרוּשִׁים. נִרְאֶה לִי הַכַּוָּנָה אַל תַּחְשֹׁוב אֲנִי עַתָּה לִבִּי נוֹטֶה לַפְּרוּשִׁין וְלָכֵן לֹא עֵרְבוּ לִי מַעֲשֶׂיךָ אֶלָּא אַף עַל פִּי דְּגַם לְעֵת עַתָּה צָדוֹקִין אֲנַחְנוּ עִם כָּל זֶה יֵשׁ לָנוּ לָחוֹשׁ וְלִירֹא מִן הַפְּרוּשִׁין פֶּן יַרְגִּישׁוּ בָּנוּ וְיַעֲשׂוּ נֶזֶק דַּהֲמוֹן הָעָם כֻּולָּם נוֹטִין אַחֲרֵיהֶם כְּדַהֲוָה עֻובְדָּא (מִשְׁנָה סֻוכָּה ד, ט) 'שֶׁפַּעַם אַחַת נִסֵּךְ אֶחָד עַל גַּבֵּי רַגְלָיו וּרְגָמוּהוּ כָּל הָעָם בְּאֶתְרוֹגֵיהֶן'. אוֹ הַכַּוָּנָה נָקֵיט הָכָא לְשׁוֹן מְלִיצָה לוֹמַר אַף עַל פִּי שֶׁמֻּוצְדָּקִין אֲנַחְנוּ בִּדְבָרֵינוּ דְּהָאֱמֶת אִתָּנוּ, עִם כָּל זֶה יְרֵאִים אֲנַחְנוּ מִן הַפְּרוּשִׁין.
Mon fils, bien que nous soyons Sadducéens, nous craignons les Pharisiens. Il me semble que le sens est : né pense pas que mon cœur pencherait maintenant vers les Pharisiens et que ce serait pour cela que tes actes ne m'ont pas plu ; mais bien que, même à présent, nous soyons Sadducéens, nous devons malgré tout craindre les Pharisiens, de peur qu'ils ne s'aperçoivent de nous et ne nous nuisent, car la masse du peuple les suit -- comme dans l'épisode (Michna Souka 4,9) où une fois quelqu'un versa (l'eau de la libation) sur ses pieds et tout le peuple le lapida avec ses etroguim. Ou bien il emploie ici une tournure de style pour dire : bien que nous ayons raison dans nos propos, car la vérité est avec nous, malgré tout nous craignons les Pharisiens.
💡 Explication

Récit de la Tossefta : un Sadducéen parvenu à la fonction opère selon sa doctrine. Son propre père avoue que les Sadducéens, par crainte des Pharisiens, n'appliquaient pas cette lecture en pratique -- mais le fils, obsédé par le verset, saisit l'occasion. La suite (segment 4) en donne le châtiment.

5
אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִין עַד שֶׁמֵּת וְהוּטַל בָּאַשְׁפָּה, וְהָיוּ תּוֹלָעִין יוֹצְאִין מֵחָוטְמוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: בִּיצִיאָתוֹ נִיגַּף, דְּתָנֵי רַבִּי חַייָּא: כְּמִין קוֹל נִשְׁמַע בַּעֲזָרָה שֶׁבָּא מַלְאָךְ וַחֲבָטוֹ עַל פָּנָיו. וְנִכְנְסוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים וּמָצְאוּ כְּכַף רֶגֶל עֵגֶל בֵּין כְּתֵפָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרַגְלֵיהֶם רֶגֶל יְשָׁרָה וְכַף רַגְלֵיהֶם כְּכַף רֶגֶל עֵגֶל״.

Ils dirent : il ne se passa que peu de jours avant qu'il ne mourût et ne fût jeté à la décharge (achpa), et des vers sortaient de son nez. Et certains disent : à sa sortie il fut frappé, car Rabbi Hiya a enseigné : une sorte de voix fut entendue dans la azara -- un ange était venu et l'avait frappé au visage.

Ses frères les cohanim entrèrent et trouvèrent comme l'empreinte d'un pied de veau entre ses épaules, ainsi qu'il est dit (Ez 1,7) : et leurs pieds étaient un pied droit, et la plante de leurs pieds comme la plante d'un pied de veau.

📜 Rachi (1)
מֵחָוטְמוֹ שֶׁהוּא רִאשׁוֹן לָאֵבָרִים לִיכָּנֵס לַבַּיִת לְפִי שֶׁהוּא בּוֹלֵט לְפָנָיו כִּדְאָמַר נָמֵי בְּמַס' שְׁבוּעוֹת (דַּף יז:) הַנִּכְנָס לְבַיִת הַמְנֻוגָּע דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו וַאֲפִילּוּ נִכְנַס כֻּולּוֹ חוּץ מֵחָוטְמוֹ טָהוֹר אַלְמָא הַבָּא דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו נִכְנַס חָוטְמוֹ אַחֲרוֹן:
De son nez - car il est le premier des membres à entrer dans un lieu, du fait qu'il fait saillie en avant, comme on le dit aussi dans le traité Chevouot (17b) : celui qui entre à reculons dans une maison frappée (de nega) -- même s'il est entré tout entier hors son nez, il reste pur ; d'où l'on voit que pour qui entre à reculons, le nez entre en dernier.
🪔 Ben Yehoyada (2)
לֹא הָיוּ יָמִים מְעַטִּים עַד שֶׁמֵּת, וְהַטַּל בָּאַשְׁפָּה וְהָיוּ תּוֹלָעִים יוֹצְאוֹת מֵחָטְמוֹ. פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י 'לְפִי שֶׁהַחֹוטֶם בּוֹלֵט וְנִכְנָס לְבַיִת רִאשׁוֹן לָאֵיבָרִים' וּמַקְשִׁים וַהֲלֹא יָדָיו שֶׁאוֹחֲזִים בַּמַּחְתָּה מֻוכְרָח שֶׁהֵם יוֹצְאִים וּבוֹלְטִים לַחוּץ יוֹתֵר מִן הַחֹוטֶם וּבִפְרָט שֶׁכְּבָר נָתַן גֶּחָלִים עַל הַקְּטֹורֶת בַּחוּץ שֶׁמֻּוכְרָח לְהַרְחִיק הַמַּחְתָּה מִגּוּפוֹ יוֹתֵר? וְתֵירֵץ בְּנִי יְדִידִי כה"ר יַעֲקֹב הי"ו דְּאִין הָכִי נָמֵי הַיָּד נִכְנְסָה קֹודֶם הַחֹוטֶם, אַךְ אִם הָיָה לוֹקֶה בְּיָדָיו לֹא הָיָה נוֹדַע שֶׁזֶּה הָיָה צָדוֹקִי וְהִקְטִיר בַּחוּץ וְהִכְנִיס, אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר זֶה חֵטְא בְּדָבָר אַחֵר שֶׁתָּפַס הַמַּחְתָּה עַל יְדֵי בֶּגֶד בִּשְׁבִיל שֶׁהָיְתָה חַמָּה וְעָשָׂה חֲצִיצָה שֶׁפּוֹסֶלֶת בַּעֲבוֹדָה וּלְכָךְ לָקָה בְּיָדָיו עַל דֶּרֶךְ שֶׁנִּמְצָא בְּיִשָּׂשׂכָר אִישׁ כְּפַר בַּרְקַאי (כְּרִיתוֹת כח.) דַּהֲוָה כְּרִיךְ יָדֶיהָ בְּשֶׁרְאִי וַעֲבִיד עֲבוֹדָה וְנִגְזַר עָלָיו מִן הַשָּׁמַיִם שֶׁנִּקְצְצוּ יָדָיו וְכַנִּזְכָּר בַּגְּמָרָא דִּפְסָחִים (פְּסָחִים נז.) לָכֵן לָקָה בְּחָוטְמוֹ שֶׁהוּא נִכְנָס אַחַר הַיָּד קֹודֶם לִשְׁאָר אֵיבָרִים כְּדֵי שֶׁיֵּדְעוּ שֶׁזֶּה לָקָה בַּעֲבוּר חֵטְא שֶׁהָיָה לוֹ בִּכְנִיסָה שֶׁלּוֹ שֶׁנִּכְנַס עַל דֶּרֶךְ הַצָּדוֹקִים בַּעֲשַׁן שֶׁהִקְטִיר מִבַּחוּץ עַד כָּאן דְּבָרָיו נר"ו. וְרָאִיתִי לְהַגָּאוֹן חִיֵּד " א זַ"ל בְּ'כִּכָּר לְאָדֶן' (דַּף קפג) שֶׁכָּתַב עַל דִּבְרֵי רַשִׁ"י זַ"ל, יֵשׁ מִי שֶׁהִקְשָׁה אַמַּאי אִצְטְרִיךְ רַשִׁ"י לְהוֹצִיאוֹ מִדִּיּוּקָא דְּהַנִּכְנָס מֵאֲחוֹרָיו וְכוּ' הֲרֵי הוּא מְפֹורָשׁ בְּמַסֶּכֶת נָזִיר דַּף מג. עַייֵּן שָׁם, עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. וַאֲנָא עַבְדָּא לֹא רָאִיתִי בָּזֶה רֵיחַ קֻושְׁיָא דְּרַשִׁ"י בָּא לְהוֹכִיחַ שֶׁהַחֹוטֶם מֵחֲמַת שֶׁהוּא בּוֹלֵט הוּא נִכְנָס קֹודֶם שְׁאָר הַגּוּף, וְדָבָר זֶה מְפֹורָשׁ בְּמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת הַנִּזְכָּר וְלָאו מִכֹּחַ דִּיּוּקָא וּמַאי עֲדִיפוּת אִיכָּא בְּמַסֶּכֶת נָזִיר לְמֵילַף הָא מִינָּהּ טְפֵי מִמַּה שֶׁאָמַר בְּמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת נְהִי דִּבְמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת נָקֵיט זֶה עַל הַנִּכְנָס דֶּרֶךְ אֲחוֹרָיו מָה הֶפְרֵשׁ יֵשׁ לְעִנְיָן זֶה בֵּין הָא דְּנָזִיר הֲלֹא הַמְכֻוָּון שֶׁבִּשְׁנֵיהֶם הוּא דָּבָר אֶחָד דְּאָמְרִינַן שֶׁהַחֹוטֶם מֵחֲמַת שֶׁהוּא בּוֹלֵט אֵינוֹ שָׁוֶה בִּכְנִיסָה וּבַיְּצִיאָה עִם שְׁאָר הַגּוּף, וּבַעַל הַקֻּושְׁיָא הַנִּזְכָּר הָיָה לוֹ לְדַקְדֵּק עַל רַשִׁ"י כָּךְ אַמַּאי הֵבִיא דֻּוגְמָה לָזֶה מִמַּה שֶׁאָמַר בִּשְׁבוּעוֹת וְלֹא הֵבִיא מִמַּסֶּכֶת נָזִיר דִּקְדִים לְמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת? אַךְ בֶּאֱמֶת גַּם זֶה אֵינוֹ דִּקְדּוּק כָּל כָּךְ. מִיהוּ נִרְאֶה דְּיֵשׁ לְדַקְדֵּק עַל פֵּירוּשׁ רָשִׁ"י בְּעַצְמוֹ מֵהַךְ דְּמַסֶּכֶת נָזִיר (נָזִיר מג.) דְּמַקְשֵׁי בִּגְמָרָא וְהָא אִי אֶפְשָׁר דְּלָא עָיֵיל אֶצְבְּעָתָא דְכַרְעֵיהּ בְּרֵישָׁא וְעַייֵּן בְּתוֹסָפוֹת שָׁם. וְאִם כֵּן הָשְׁתָּא יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְפֵירוּשׁ רַשִׁ"י זַ"ל אֵיךְ מְפָרֵשׁ כָּאן מִשּׁוּם דְּחָוטְמוֹ נִכְנָס תְּחִילָּה וַהֲלֹא כָּאן בְּיָדוֹ הַמַּחְתָּה אֲשֶׁר תִּיקֵּן מִבַּחוּץ שֶׁהִנִּיחַ הַקְּטֹורֶת עַל הַגֶּחָלִים וְהֶעָשָׁן עוֹלֶה וּבְהֶכְרֵחַ לוֹמַר כְּשֶׁיִּכָּנֵס לֹא הָיָה שׁוֹחֶה רֹאשׁוֹ אֶלָּא דּוֹחֶה רֹאשׁוֹ לַאֲחוֹרָיו כְּדֵי לְהִתְרַחֵק מִן הֶעָשָׁן הָעוֹלֶה מִן הַמַּחְתָּה שֶׁאוֹחֵז בְּיָדוֹ לְפָנָיו וּמִתְבַּעוֹרֶת אֵשׁ הַקְּטֹורֶת, וְעַל כֵּן מֻוכְרָח דְּאֶצְבְּעוֹת רַגְלָיו קָדְמִי לְהִכָּנֵס תְּחִילָּה וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דְּנָזִיר הַנִּזְכָּר. מִיהוּ הֲרִיטֵּב " א כָּתַב טַעַם אַחֵר לְמַה שֶׁלָּקָה בְּחָוטְמוֹ מִפְּנֵי שֶׁהָרֵיחַ מִן רֵיחַ הַקְּטֹורֶת חוּץ לְקֹודֶשׁ קָדָשִׁים. וַאֲנָא עָבְדָא נִרְאֶה לִי בס"ד טַעַם אַחֵר לְהָא דְּלֵקָה בְּחָוטְמוֹ, דְּיָדוּעַ שֶׁהַחֹוטֶם מִסְפַּר ס"ג וְהוּא בְּסוֹד הַבִּינָה שֶׁשָּׁם הוּא שֵׁם ס"ג וְיָדוּעַ שֶׁיּוֹם הַכִּיפּוּרִים הוּא בְּסוֹד הַבִּינָה וְנִשְׁפָּע מִן הַבִּינָה, וְלָכֵן זֶה שֶׁקִּלְקֵל בַּעֲבוֹדָה שֶׁל יוֹם הַכִּיפּוּרִים שֶׁהוּא בְּסוֹד הַבִּינָה לָקָה בְּחָוטְמוֹ שֶׁהוּא בְּסוֹד הַבִּינָה. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ זַ"ל בְּעֵץ חַיִּים (שַׁעַר טנת"א פ"ב) שֶׁהַחֹוטֶם הוּא סוֹד רוּחַ דִּכְתִיב (בְּרֵאשִׁית ז, כב) 'כֹּל אֲשֶׁר נִשְׁמַת רוּחַ חַיִּים בְּאַפָּיו' עַיֵּין שָׁם. וְהִנֵּה זֶה קִלְקֵל בַּעֲשַׁן הַקְּטֹורֶת שֶׁהֶעֱלָהוּ בַּחוּץ וְהֶעָשָׁן הוּא רוּחַ לְכָךְ לָקָה בַּחֹוטֶם שֶׁשָּׁם הוּא סוֹד רוּחַ. אוֹ נִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ שֶׁשֵּׁם הוי"ה רָמוּז בַּחֹוטֶם הָאָדָם שֶׁהוּא צוּרַת שְׁנֵי יודי"ן וְהַכֹּותֶל הַמַּפְסִיק בֵּין שְׁנֵי הַנַּחֲרִיִּים הוּא דֻּוגְמַת וָא"ו הֲרֵי כָּאן מִסְפַּר שֵׁם הֲוָיָ"ה וְלָכֵן זֶה שֶׁהִשְׁבִּיעוּ אוֹתוֹ בְּשֵׁם הוי"ה שֶׁלֹּא יְשַׁנֶּה וְשִׁינָּה לָקָה בְּחָוטְמוֹ שֶׁשָּׁם רָמוּז מִסֵּפֶר שְׁמוֹ יִתְבָּרֵךְ. וּמַה שֶׁהָיָה לְקוּת שֶׁלּוֹ בְּתוֹלָעִים? נִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶׁכָּתַב רַבֵּינוּ זַ"ל בְּשַׁעַר הַכַּוָּנוֹת שֶׁיֵּשׁ תּוֹלַעַת בִּקְדֻושָּׁה וְהוּא סוֹד (יְשַׁעְיָה מא, יד) 'אַל תִּירְאִי תּוֹלַעַת יַעֲקֹב' וְהוּא סוֹד שֵׁם אָב " ג יָת " ץ [ א נא ב כח ג דָּלֶת י מִינָּךְ ת תִּיר צ רוּרַהּ] שֶׁהוּא בְּגֵימַטְרְיָא תּוֹלָע [506] וְהוּא סוֹד הַחֶסֶד הַמִּתְגַּבֵּר וּמִתְגַּלֶּה בְּכָל בֹּוקֶר וּבֹוקֶר, וְשֵׁם הַזֶּה הוּא בְּחֶסֶד. וְהִנֵּה בְּדִמְיוֹן הַתּוֹלָע הַזֶּה שֶׁבִּקְדֻושָּׁה יֵשׁ כְּנֶגְדּוֹ תּוֹלָע אַחֵר בְּסִטְרָא אַחֲרָא בִּקְלִיפָה וְגַם הוּא מִתְעוֹרֵר בְּכָל בֹּוקֶר לְכַלּוֹת הָעוֹלָם ח"ו וְהַשֵּׁם יִתְבָּרֵךְ בְּרַחֲמָיו מְגַלֶּה הַתּוֹלָע שֶׁבִּקְדֻושָּׁה שֶׁהוּא אוֹר הַחֶסֶד וְנִכְנַע הַתּוֹלָע הַטָּמֵא דְּסִטְרָא אַחֲרָא, וְזֶהוּ סוֹד עִנְיַן הַתָּמִיד שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ 'עוֹלַת תָּמִיד' (בַּמִּדְבָּר כח, בְּ-ד) כִּי עוֹלַת הֵם הִיפּוּךְ תּוֹלָע עַד כָּאן דְּבָרָיו, יְעֻויַּן שָׁם. וְיָדוּעַ שֶׁהַכֹּהֵן הוּא בְּסוֹד הַחֶסֶד וְלָכֵן מַעֲשָׂיו מַכְנִיעִין אֶת הַתּוֹלָע הַטָּמֵא דְּסִטְרָא אַחֲרָא, אַךְ זֶה שֶׁהָיָה צָדוֹקִי וְשִׁינָּה וּפָגַם בַּעֲבוֹדָתוֹ נִמְצָא נָתַן כֹּחַ לַתּוֹלָע הַטָּמֵא דְּסִטְרָא אַחֲרָא וְלָכֵן הָיָה עָונְשׁוֹ בְּתוֹלָעִים שֶׁהָיוּ יוֹצְאִין מֵחָוטְמוֹ וְדוּק.
Il ne se passa que peu de jours avant qu'il ne mourût, et il fut jeté à la décharge, et des vers sortaient de son nez. Rachi explique : parce que le nez fait saillie et entre le premier des membres dans la maison. On objecte : mais ses mains, qui tiennent l'encensoir, sortent et font nécessairement plus saillie que le nez, d'autant qu'il avait déjà posé les braises sur la ketoret au-dehors, ce qui l'oblige à éloigner l'encensoir de son corps ! Mon fils bien-aimé, le grand Rabbi Yaakov (qu'Hachem le garde), a répondu : en effet la main entre avant le nez ; mais s'il avait été frappé aux mains, on n'aurait pas su que celui-ci était un Sadducéen qui avait fait brûler au-dehors puis introduit. On peut dire plutôt qu'il fauta par autre chose : il saisit l'encensoir au moyen d'un tissu parce qu'il était brûlant, créant ainsi une 'hatsitsa (interposition) qui invalide le service -- c'est pourquoi il aurait été frappé aux mains, à la manière de ce qu'on trouve pour Yissakhar, homme du village de Barkai (Keritot 28a), qui enveloppait ses mains de soie pour officier et dont il fut décrété du Ciel qu'on lui couperait les mains, comme mentionné dans Pessa'him (57a). Il fut donc frappé au nez -- lequel entre après la main mais avant les autres membres -- afin qu'on sache qu'il fut frappé pour la faute de son entrée, en entrant à la manière des Sadducéens avec la fumée qu'il avait fait brûler au-dehors. Fin de ses paroles (qu'Hachem le garde). Et j'ai vu du Gaon 'HYDA, de mémoire bénie, dans Kikar la-Aden (p. 183), qui écrit sur Rachi : quelqu'un a objecté -- pourquoi Rachi avait-il besoin de le déduire du raisonnement celui qui entre à reculons, alors que c'est explicite dans le traité Nazir (43a) ? Fin de citation. Et moi, humble serviteur, je n'y vois pas l'ombre d'une objection : Rachi vient prouver que le nez, faisant saillie, entre avant le reste du corps, et cela est explicite dans Chevouot, non par simple déduction ; quel avantage y aurait-il à l'apprendre de Nazir plutôt que de Chevouot ? Certes, Chevouot le dit à propos de qui entre à reculons -- mais quelle différence pour notre propos entre le cas de Nazir et celui-ci ? Car les deux visent une seule et même chose : que le nez, faisant saillie, n'est pas à égalité avec le reste du corps à l'entrée comme à la sortie. L'auteur de l'objection aurait plutôt dû demander à Rachi : pourquoi a-t-il illustré par Chevouot et non par Nazir, qui précède Chevouot ? Mais en vérité cela non plus n'est pas vraiment une objection. Toutefois il semble qu'on puisse objecter au commentaire de Rachi lui-même depuis Nazir (43a), où la guemara demande : mais il est impossible qu'il n'introduise d'abord les doigts de son pied -- vois les Tossefot là-bas. S'il en est ainsi, on peut à présent objecter à Rachi : comment explique-t-il ici que c'est son nez qui entre en premier, alors qu'il a en main l'encensoir préparé au-dehors, la ketoret posée sur les braises et la fumée montant ? Il faut nécessairement dire qu'en entrant il ne baissait pas la tête mais la rejetait en arrière pour s'éloigner de la fumée montant de l'encensoir qu'il tient devant lui et de l'embrasement de la ketoret ; donc ce sont les doigts de ses pieds qui entrent en premier, comme dit la guemara de Nazir. Cependant le Ritva a donné une autre raison de sa frappe au nez : parce qu'il avait senti l'odeur de la ketoret hors du Saint des Saints. Et moi, humble serviteur, il me semble avec l'aide du Ciel une autre raison : on sait que le nez a la valeur numérique du nom S'G (63) et qu'il relève du secret (sod) de la Bina, où se trouve le nom S'G ; et l'on sait que Yom Kippour relève du secret de la Bina et en découle. Ainsi, celui qui corrompit le service de Yom Kippour, qui relève de la Bina, fut frappé au nez, qui relève de la Bina. Il me semble encore, d'après notre maître le Ari (Ets Haim, Chaar TaNTA, ch. 2), que le nez est le secret du roua'h (souffle), car il est écrit (Gn 7,22) tout ce qui a souffle d'esprit de vie dans ses narines ; or celui-ci corrompit par la fumée de la ketoret qu'il fit monter au-dehors, et la fumée est roua'h -- il fut donc frappé au nez, où réside le secret du roua'h. Ou encore : on sait que le nom Havaya est allude dans le nez de l'homme, qui a la forme de deux youd, la cloison entre les deux narines étant à l'image du vav -- voilà la valeur du nom Havaya ; c'est pourquoi celui-ci, qu'on avait fait jurer par le nom Havaya de ne pas dévier et qui dévia, fut frappé au nez, où est alludée la valeur du Nom béni. Et pourquoi son châtiment fut-il par des vers ? Il me semble, d'après notre maître le Ari (Chaar ha-Kavanot), qu'il existe un ver (tola'at) dans la sainteté, secret de (Is 41,14) ne crains pas, ver de Yaakov, secret du nom AB'G YT'Ts [Ana Be-koa'h Guedoulat...] dont la guematria est tola (506), nom qui relève du ''Hessed se renforçant et se révélant chaque matin. À l'image de ce ver de la sainteté il en existe un autre du côté de la sitra à'hra, dans la kelipa, qui lui aussi s'éveille chaque matin pour anéantir le monde, à Dieu ne plaise ; et le Saint béni soit-Il, dans Sa miséricorde, révèle le ver de la sainteté -- lumière du ''Hessed -- et le ver impur de la sitra à'hra est soumis. Tel est le secret du tamid, dont il est dit olat tamid (Nb 28) : car olat est l'inverse (mêmes lettres) de tola. Fin de ses paroles. Et l'on sait que le cohen relève du secret du ''Hessed, si bien que ses actes soumettent le ver impur de la sitra à'hra ; mais celui-ci, étant Sadducéen, ayant dévié et porté atteinte à son service, se trouva donner force au ver impur de la sitra à'hra -- c'est pourquoi son châtiment fut par des vers sortant de son nez. Médite bien cela.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: בִּיצִיאָתוֹ נֶגֶף. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אֵיךְ נֶחֱלָקִים בִּמְצִיאוּת שֶׁיֵּשׁ בֵּין דִּבְרֵי 'תַּנָּא קַמָּא' לְדִבְרֵי 'יֵשׁ אוֹמְרִים' הֶפְרֵשׁ גָּדוֹל? וְאֵין לְפָרֵשׁ תְּרֵי עוֹבְדֵי הָווּ. גַּם יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְדִבְרֵי תַּנָּא קַמָּא לָמָּה הָיָה מֻוטָּל בָּאַשְׁפָּה אִם מֵת יִקְבְּרוּהוּ וְאִם עוֹדֶנּוּ חַי יִהְיֶה מֻונָּח בְּבֵיתוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאוֹתָם יֵשׁ אוֹמְרִים מוֹדִים בְּכָל הַדְּבָרִים שֶׁאָמַר תַּנָּא קַמָּא וְרַק בָּאוּ לְהוֹסִיף מַה שֶׁהָיָה מְקֻובָּל אֶצְלָם תּוֹסֶפֶת דְּבָרִים בְּמַעֲשֶׂה זוֹ, וְהוּא כָּךְ הָיָה מַעֲשֶׂה לְדִבְרֵי הַיֵּשׁ אוֹמְרִים דְּאוֹתוֹ צָדוֹקִי שֶׁתִּיקֵּן מִבַּחוּץ לֹא הֱמִיתוֹ הַמַּלְאָךְ בִּמְקוֹם הַקֹּודֶשׁ אֶלָּא מֵת אַחַר שֶׁיָּצָא מִיתָה מְשֻׁונָּה וּבִיצִיאָתוֹ מִבֵּית קֹודֶשׁ קֳדָשִׁים לַהֵיכָל בָּא מַלְאָךְ וְנָגְפוּ, וּסְתָם נְגִיפָה הִיא מַכָּה מִמַּכּוֹת הַדָּבָר, וְהוּא נִגְּפוּ בְּמַכַּת הַדָּבָר וְהִיא יֵשׁ לָהּ סִימָנִים יְדוּעִים, וּבְעֵת שֶׁנִּגְּפוּ בְּמַכָּה זוֹ חֲבָטוֹ עַל פָּנָיו וְזֶה נִתְעַלֵּף מִכֹּחַ הַחֲבָטָה, וְהַכֹּהֲנִים בָּאוּ מִקּוֹל הַחֲבָטָה וְרָאוּ אוֹתוֹ נִיגַּף בַּמַּכָּה בֵּין כְּתֵפָיו שֶׁשָּׁם הֵם קְצָווֹת הַיָּדַיִם שֶׁעָשָׂה בָּהֶם שִׁינּוּי בִּקְטֹורֶת, אַךְ הוּא לֹא מֵת אֶלָּא רַק נִתְעַלֵּף לְפִי שָׁעָה וְקָם עַל רַגְלָיו וְהָלַךְ לְבֵיתוֹ כִּי מַכַּת הַדָּבָר בִּתְחִילָּתָהּ לֹא תַּחֲלִישׁ הַגּוּף לְגַמְרֵי, וּבִיצִיאָתוֹ מִן הַמִּקְדָּשׁ הָיָה שָׂמֵחַ שִׂמְחָה גְּדוֹלָה, וְאָבִיו הֵבִין שֶׁזֶּה שִׁינָּה הָעֲבוֹדָה כְּפִי דָּתָם וְאָמַר לוֹ אַף עַל פִּי שֶׁצַּדּוּקִין אָנוּ, מִתְיָרְאִין אָנוּ מִן הַפְּרוּשִׁים, וְהוּא הֵשִׁיב כָּל יָמַי הָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל הַמִּקְרָא הַזֶּה: 'כִּי בֶּעָנָן אֵרָאֶה עַל הַכַּפֹּרֶת', אָמַרְתִּי: אֵימָתַי יָבוֹא לְיָדִי וְאַקִּימָנוּ, עַכְשָׁיו שֶׁבָּא לְיָדִי, לֹא אַקִּימָנוּ?! וּכְמוֹ שֶׁאָמַר תַּנָּא קַמָּא בַּבָּרַיְיתָא, וְזֶה כְּשֶׁהָלַךְ לְבֵיתוֹ הֻוכְבַּד עָלָיו חֹולִי הַמַּכָּה וְנָפַל לְמִשְׁכָּב וְאָבִיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ כְּשֶׁרָאוּ מַכָּתוֹ הִיא מִמַּכּוֹת הַדָּבָר שֶׁיֵּשׁ לָהּ סִימָנִים יְדוּעִים וְזֶהוּ חֹולִי הַמְדַבֵּק כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ בְּדָבָר (דְּבָרִים כח, כא) 'יִדְבַּק בְּךָ אֶת הַדָּבָר' לָכֵן לֹא הִנִּיחוּ אוֹתוֹ בַּבַּיִת בְּתוֹךְ הָעִיר אֶלָּא הִנִּיחוּ אוֹתוֹ חוּץ לָעִיר בְּמָקוֹם שֶׁמְּשַׁלְּחִים הַמְצֹורָעִים וּמֻוכֵּי שְׁחִין וְזֶה הַמָּקוֹם קָרוּי אַשְׁפָּה, כִּי עָשׂוּ יֵאוּשׁ מִמֶּנּוּ כְּשֶׁרָאוּ שֶׁהִכְבִּיד עָלָיו הַחֹולִי מְאֹד וּלְכָךְ הִנִּיחוּ אוֹתוֹ שָׁם בַּמָּקוֹם שֶׁיּוֹשְׁבִים שָׁם מְצֹורָעִין וְכַיּוֹצֵא שֶׁיֵּשׁ בָּהֶם חֹולִי הַמְדַבֵּק וְזֶה הַמָּקוֹם קָרוּי אַשְׁפָּה וְעַל זֶה הָיָה בִּירוּשָׁלַיִם שַׁעַר אֶחָד בַּחוֹמָה הַנִּקְרָא 'שַׁעַר הָאַשְׁפּוֹת' שֶׁדֶּרֶךְ שָׁם יוֹצְאִין לִמְקוֹם הָאַשְׁפּוֹת וְהוּא מָקוֹם פָּנוּי מִמַּהֲלַךְ בְּנֵי אָדָם כְּדֵי שֶׁלֹּא יִזּוֹקוּ בּוֹ, וְאַחַר שֶׁהוּטַל שָׁם אָז מֵת בְּחָלְיוֹ וְתֵכֶף וּמִיָּד הָיוּ תּוֹלָעִים יוֹצְאִים מֵחָטְמוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא שָׁהָה שָׁם עֵת הַרְבֵּה כִּי תּוֹלָעִים אֵלּוּ לֹא נַעֲשׂוּ לוֹ בְּטֶבַע אֶלָּא בִּשְׁבִיל עָוֹן שֶׁחָטָא בּוֹ עַל פִּי הַטְּעָמִים הַנִּזְכָּר לְעֵיל. וּבָזֶה מוּבָן שֶׁלֹּא יֵשׁ סְתִירָה בֵּין יֵשׁ אוֹמְרִים וּבֵין תַּנָּא קַמָּא וְכֻולְּהוּ אֶתְּנֵהוּ.
Et certains disent : à sa sortie il fut frappé. On peut objecter : comment diverger sur le fait (metsiout) alors qu'il y a un grand écart entre le tana kama et les certains disent ? Et l'on ne peut expliquer qu'il s'agirait de deux épisodes distincts. On peut aussi objecter au tana kama : pourquoi était-il jeté à la décharge ? S'il est mort, qu'on l'enterre ; s'il est encore vivant, qu'il repose chez lui ! Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ces certains disent concèdent tout ce qu'a dit le tana kama et ne viennent qu'ajouter ce qui leur était transmis comme complément. Voici donc l'affaire selon eux : ce Sadducéen qui prépara au-dehors, l'ange ne le fit pas mourir dans le lieu saint ; il mourut après être sorti, d'une mort étrange. À sa sortie du Saint des Saints vers le Heikhal, un ange vint et le frappa (nigaf) -- et une nigaf ordinaire est un coup parmi les coups de la peste (dever) ; il le frappa donc d'un coup de peste, laquelle a des signes connus ; et en le frappant il l'asséna à son visage, et celui-ci s'évanouit sous la force du coup. Les cohanim vinrent au bruit du coup et le virent frappé entre les épaules -- là où sont les extrémités des mains, avec lesquelles il avait déviée dans la ketoret. Mais il ne mourut pas ; il s'évanouit seulement sur le moment, se releva et rentra chez lui, car le coup de peste, à son début, n'affaiblit pas entièrement le corps. À sa sortie du Temple il se réjouissait d'une grande joie, et son père comprit qu'il avait déviée le service selon leur doctrine et lui dit : bien que nous soyons Sadducéens, nous craignons les Pharisiens ; et il répondit : toute ma vie j'ai été tourmenté par ce verset, car c'est dans le nuage que J'apparaîtrai sur le kaporet, je me disais quand cela viendra-t-il entre mes mains pour que je l'accomplisse, maintenant que cela m'échoit ne l'accomplirais-je pas -- comme le dit le tana kama dans la braita. Ainsi, rentré chez lui, la maladie du coup s'aggrava et il tomba alité. Son père et les siens, voyant que sa plaie était un coup de peste -- qui a des signes connus -- et une maladie contagieuse (comme il est dit du dever, Dt 28,21, Hachem attachera à toi la peste), ne le laissèrent pas dans la maison à l'intérieur de la ville, mais le placèrent hors de la ville, là où l'on envoie lépreux et atteints d'ulcères, endroit appelé achpa (décharge) ; car ils avaient désespéré de lui en voyant la maladie s'alourdir. À ce propos il y avait à Jérusalem, dans la muraille, une porte appelée Chaar ha-Achpot (porte des décharges), par où l'on sortait vers ces lieux, vides de passage humain pour qu'on n'y soit pas contaminé. Une fois jeté là, il mourut de sa maladie, et aussitôt des vers sortaient de son nez, bien qu'il n'y fût pas resté longtemps -- car ces vers ne se formèrent pas naturellement, mais à cause de sa faute, selon les raisons mentionnées plus haut. Ainsi comprend-on qu'il n'y a pas de contradiction entre les certains disent et le tana kama, et que tous (les faits) coexistent.
💡 Explication

Le châtiment du Sadducéen. Deux versions : soit il meurt peu après, jeté à la décharge, des vers sortant du nez ; soit il est frappé dès sa sortie par un ange, qui laisse l'empreinte d'un pied de veau entre ses épaules -- signe reconnaissable au verset d'Ezechiel sur les 'hayot (êtres célestes) au pied de veau.

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אָמַר רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן קְבוּטָל וְכוּ׳. מַתְנֵי לֵיהּ רַב חָנָן בַּר רָבָא לְחִיָּיא בַּר רַב קַמֵּיהּ דְּרַב ״אָמַר רַבִּי זְכַרְיָה בֶּן קְפוּטָל״, וּמַחְוֵי לֵיהּ רַב בִּידֵיהּ ״קְבוּטַל״. וְנֵימָא לֵיהּ מֵימָר! קְרִיאַת שְׁמַע הֲוָה קָרֵי.

« Rabbi Zekharia ben Kevoutal a dit, etc. » Rav 'Hanan bar Rava enseignait à 'Hiya bar Rav, devant Rav : Rabbi Zekharia ben Kefoutal (avec un peh). Et Rav lui fit signe de la main : Kevoutal (avec un beit).

Mais qu'il le dise à voix haute ! (Non :) il était en train de lire le Chema.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי לֵיהּ לִחְייָא בַּר רַב א"ר זְכַרְיָה בֶּן קְפוּטָל בְּפֵ"א וּמַחְוֵי לֵיהּ רַב בְּבֵי"ת עָשָׂה לוֹ סִימָן שֶׁהוּא קְבוּטַל בְּבֵי"ת:
Rav 'Hanan enseignait à 'Hiya bar Rav : Rabbi Zekharia ben Kefoutal - avec un peh ; et Rav lui fit signe avec un beit, lui indiquant que c'est Kevoutal, avec un beit.
💡 Explication

Détail transmis au nom de R. Zekharia ben Kevoutal (qui lisait devant le Cohen Gadol, la nuit de Kippour). Rav corrige la prononciation du nom (peh -> beit) par un simple geste et non à voix haute : il récitait alors le Chema. D'où la question du segment suivant sur la licite d'un geste pendant le Chema.

7
וְכִי הַאי גַּווְנָא מִי שְׁרֵי? וְהָא אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָא: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע לֹא יִרְמֹוז בְּעֵינָיו, וְלֹא יִקְרֹוץ בְּשִׂפְתוֹתָיו, וְלֹא יוֹרֶה בְּאֶצְבְּעוֹתָיו. וְתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר חַסָּמָא אוֹמֵר: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וּמְרַמֵּז בְּעֵינָיו, וּמְקָרֵץ בְּשִׂפְתוֹתָיו, וּמַרְאֶה בְּאֶצְבָּעוֹ — עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְלֹא אֹותִי קָרָאתָ יַעֲקֹב״!

Et une telle chose est-elle permise ? Mais Rabbi Yits'hak bar Chemouel bar Marta n'a-t-il pas dit : celui qui lit le Chema ne doit pas faire de signe des yeux, ni cligner des lèvres, ni montrer du doigt ?

Et il a été enseigné (braita) : Rabbi Elazar 'Hisma dit : celui qui lit le Chema en faisant signe des yeux, en clignant des lèvres et en montrant du doigt -- de lui le verset dit (Is 43,22) : et ce n'est pas Moi que tu as invoqué, Yaakov !

📜 Rachi (1)
יִרְמֹוז יִקְרֹוץ יוֹרֶה כֻּולָּן לָשׁוֹן אֶחָד הֵן אֶלָּא שֶׁזֶּה נוֹפֵל עַל הָעֵינַיִם וְזֶה נוֹפֵל עַל הָאֶצְבָּעוֹת שֶׁנֶּאֱמַר (מִשְׁלֵי ו) קוֹרֵץ בְּעֵינָיו מוֹלֵל בְּרַגְלָיו מוֹרֶה בְּאֶצְבְּעוֹתָיו:
Yirmoz (fait signe), yikrots (cligne), yore (montre) - ce sont tous des termes de sens voisin, l'un portant sur les yeux, l'autre sur les doigts, comme il est dit (Pr 6,13) korets be-enav (il cligne des yeux), molel be-raglav, more be-etsbeotav (il montre de ses doigts).
💡 Explication

Objection : comment Rav pouvait-il faire un geste pendant le Chema, alors que gesticuler (yeux, lèvres, doigts) pendant le Chema est réprouvé -- le verset d'Isaie le compare à ne pas avoir invoqué Dieu du tout ?

8
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּפֶרֶק רִאשׁוֹן, הָא בְּפֶרֶק שֵׁנִי.

Ce n'est pas difficile : ceci (l'interdiction) vaut pour le premier paragraphe, cela (le geste de Rav) pour le second paragraphe.

📜 Rachi (1)
בְּפֶרֶק רִאשׁוֹן צָרִיךְ בּוֹ כַּווָּנָה שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ (דְּבָרִים ו׳:ו׳) וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה עַל לְבָבֶךָ:
Au premier paragraphe - il y faut de la kavana, car il y est dit (Dt 6,6) et ces paroles... seront sur ton cœur.
💡 Explication

Résolution : l'interdit de gesticuler ne vaut que pour le premier paragraphe du Chema, qui requiert la kavana (concentration) ; au second paragraphe, un geste porteur d'un message significatif est permis.

9
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם — וְלֹא בִּתְפִלָּה. ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם יֵשׁ לְךָ רְשׁוּת לְדַבֵּר, וְלֹא בִּדְבָרִים אֲחֵרִים.

Nos maîtres ont enseigné : et tu parleras d'eux (ve-dibarta bam) -- bam (d'eux) et non dans la prière (la Amida). Et tu parleras d'eux -- d'eux tu as le droit de parler, mais non d'autres choses.

📜 Rachi (4)
בָּם שֶׁיֵּשׁ לְךָ לְהַשְׁמִיעַ מַה שֶׁאַתָּה מוֹצִיא מִפִּיךָ:
Bam - tu dois faire entendre ce que tu prononces de ta bouche.
וְלֹא בִּתְפִלָּה שֶׁהַתְּפִלָּה בְּלַחַשׁ שֶׁנֶּאֱמַר (שְׁמוּאֵל א א׳:י״ג) וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמַע כָּךְ מָצָאתִי בִּשְׁאִלְתּוֹת דְּרַב אַחַאי גָּאוֹן:
Et non dans la prière - car la prière se dit à voix basse, comme il est dit (I Sam 1,13) sa voix ne s'entendait pas ; ainsi l'ai-je trouvé dans les Cheiltot de Rav A'haï Gaon.
בָּם בְּדִבְרֵי תּוֹרָה:
Bam - dans les paroles de Torah.
וְלֹא בִּדְבָרִים אֲחֵרִים שִׂיחַת הַיְּלָדִים וְקַלּוּת רֹאשׁ:
Et non d'autres choses - bavardages d'enfants et légèreté.
🗂️ Tossefot (1)
בָּם וְלֹא בִּתְפִלָּה נִרְאֶה לִי בָּם שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּמֵשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וְלֹא בִּתְפִלָּה דְּאָמְרִינַן (בְּרָכוֹת דַּף ל:) אֲפִילּוּ מֶלֶךְ שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ לֹא יְשִׁיבֶנּוּ אַפֵּי' נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵיבוֹ לֹא יַפְסִיק:
Bam et non dans la prière - il me semble : bam, on questionne par crainte et l'on répond par respect ; mais non dans la prière (la Amida), dont on a dit (Berakhot 30b) que même un roi qui le salue il ne lui répond pas, et même un serpent enroulé sur son talon il ne s'interrompt pas.
💡 Explication

Deux derachot du verset ve-dibarta bam (Dt 6,7). Première : on peut s'interrompre pour un propos important pendant le Chema et l'étude, mais pas pendant la Amida, qui ne souffre aucune interruption. Seconde : d'eux (des paroles de Torah) on parle, non d'autres choses (futilités).

🖼️ Schéma
Ve-dibarta bam : quand peut-on s'interrompre ? Deux derachot du verset (Dt 6,7) délimitent ce qui est permis et ce qui est interdit. PERMIS (bam) Interrompre le Chema pour un propos important : saluer par crainte, répondre par respect. Le geste de Rav : au 2e paragraphe (le 1er exige la kavana, Dt 6,6). Divrei Torah : en faire du keva, une occupation permanente. INTERDIT bam ve-lo bi-tfila : pas d'interruption dans la Amida (même un roi qui salue, même un serpent au talon). bam ve-lo bi-dvarim à'herim : pas de propos futiles (si'hat 'houlin). Rava : transgresse un asse ; Rav A'ha b. Yaakov : même un lav.
Ve-dibarta bam : le permis (interruption pour un propos important, Torah en keva) et l'interdit (Amida, propos futiles).
10
רַבִּי אֲחָא אוֹמֵר: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, עֲשֵׂה אוֹתָן קֶבַע וְאַל תַּעֲשֵׂם עֲרַאי. אָמַר רָבָא: הַשָּׂח שִׂיחַת חֻולִּין — עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, בָּם — וְלֹא בִּדְבָרִים אֲחֵרִים. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: עוֹבֵר בְּלָאו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כָּל הַדְּבָרִים יְגֵעִים לֹא יוּכַל אִישׁ לְדַבֵּר״.

Rabbi A'ha dit : et tu parleras d'eux -- fais-en une occupation permanente (keva) et non occasionnelle (arai). Rava dit : celui qui tient des propos futiles (si'hat 'houlin) transgresse un commandement positif (asse), car il est dit et tu parleras d'eux -- d'eux et non d'autres choses.

Rav A'ha bar Yaakov dit : il transgresse même un interdit (lav), car il est dit (Ecc 1,8) : toutes les paroles sont lassantes, nul ne peut les dire.

📜 Rachi (1)
לֹא יוּכַל אִישׁ לְדַבֵּר אֵין לוֹ רְשׁוּת:
Nul ne peut les dire - il n'en a pas le droit.
💡 Explication

Suite des derachot : la Torah doit être keva (permanente), non arai (occasionnelle). Le bavardage vain transgresse -- selon Rava un asse (via ve-dibarta bam), selon Rav A'ha bar Yaakov même un lav (via le verset de Qohelet).

11
מַתְנֵי׳ בִּקֵּשׁ לְהִתְנַמְנֵם, פִּרְחֵי כְּהֻונָּה מַכִּין לְפָנָיו בְּאֶצְבַּע צְרָדָא, וְאוֹמְרִים לוֹ: אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל! עֲמֹוד וְהָפֵג אַחַת עַל הָרִצְפָּה. וּמַעֲסִיקִין אוֹתוֹ עַד שֶׁיַּגִּיעַ זְמַן הַשְּׁחִיטָה.

MICHNA. S'il cherchait à s'assoupir, les jeunes cohanim (par'hei kehouna) claquaient devant lui du doigt tsereda, et lui disaient : Monseigneur le Cohen Gadol !

Lève-toi et rafraîchis-toi une fois sur le dallage. Et on l'occupait ainsi jusqu'à l'arrivée du moment de l'abattage (du tamid).

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' אֶצְבַּע צְרָדָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָ':
Michna. Le doigt tsereda - expliqué dans la guemara.
וְהָפֵג טַייָּל לְהָפִיג שֵׁינָה מֵעֵינֶיךָ עֲמוֹד וְהָפֵג אַחַת שְׂחוֹק לָנוּ פַּעַם אַחַת עַל הָרִצְפָּה לְהָפִיג שִׁינְתָּךְ וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ מַאי הִיא:
Et rafraîchis-toi (ve-hafeg) - promène-toi pour dissiper le sommeil de tes yeux ; lève-toi et rafraîchis-toi une fois -- amuse-nous une fois sur le dallage pour chasser ton sommeil ; la guemara explique de quoi il s'agit.
וּמַעֲסִיקִין אוֹתוֹ בַּהֲפִיגוֹתָם וּבְטִיּוּלֵיהֶם שֶׁלֹּא יִישַׁן עַד שֶׁמַּגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת תָּמִיד שֶׁל שַׁחֲרִית שֶׁהוּא בְּהֵאִיר הַמִּזְרָח:
Et on l'occupait - par ces rafraîchissements et ces promenades, pour qu'il ne dorme pas, jusqu'à l'arrivée du moment de l'abattage du tamid du matin, qui est au point du jour à l'orient.
🪔 Ben Yehoyada (1)
בִּקֵּשׁ לְהִתְנַמְנֵם, פִּרְחֵי כְהֻנָּה מַכִּין לְפָנָיו בְּאֶצְבַּע צְרֵדָה. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לְפֵירוּשׁ הָרַמְבַּ"ם זַ"ל שֶׁכָּתַב בְּבֵיאוּר הַמִּשְׁנָה דְּמַכֶּה בְּגֹודֶל עִם אֶצְבַּע הָאֶמְצָעִי, אֵיךְ יִתְייַשֵּׁב דִּבְרֵי רַב יְהוּדָה שֶׁאָמַר צָרְתָא דְּדָא? וְנִרְאֶה לִי לִהְיוֹת שֶׁהָאֶמְצָעִי הוּא מָשׁוּךְ יוֹתֵר מִכָּל הָאֶצְבָּעוֹת וְהַגּוּדָל נָמוּךְ יוֹתֵר לְכָךְ נִקְרָא הָאֶמְצָעִי צָרָה לְגֹודֶל, אִי נָמֵי כֵּיוָן דְּמַכֶּה בָּהּ בְּחֹוזֶק וְכֹחַ יוֹתֵר מִן הַשְּׁאָר לְכָךְ נִקְרָא הַגּוּדָל צַר וְאוֹיֵב לְאֶצְבַּע הָאֶמְצָעִי, וְעַיֵּין בִּתְיוֹם טוֹב.
S'il cherchait à s'assoupir, les jeunes cohanim claquaient devant lui du doigt tsereda. On peut objecter, selon le Rambam (qui explique dans son commentaire de la michna qu'on frappe le pouce avec le majeur) : comment concilier avec Rav Yehouda, qui dit tsarah de-da (la rivale de celle-ci) ? Il me semble que, le majeur étant plus long que tous les doigts et le pouce plus bas, on nomme le majeur la rivale du pouce ; ou bien, parce qu'on frappe avec plus de force et de vigueur que les autres, on nomme le pouce l'adversaire, l'ennemi du majeur. Vois le Tossefot Yom Tov.
⚖️ Rosh (1)
[דַּף ב ע"א] שִׁבְעַת יָמִים קֹודֶם יוֹם הַכִּפּוּרִים מַפְרִישִׁין כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁהוּא צָרִיךְ לַעֲבוֹדַת יוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁאֵינָהּ כְּשֵׁרָה אֶלָּא בּוֹ לְלִשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין. וּמְזַמְּנִין לוֹ אַחֵר תַּחְתָּיו שֶׁהוּא מְזֻומָּן לַעֲבֹוד אִם יֶאֱרַע בּוֹ פְּסוּל. (דַּף יג.) וְגַם מִתּוֹךְ שֶׁרוֹאֶה אַחֵר מְמֻונֶּה לְשָׁרֵת תַּחְתָּיו יִזָּהֵר יוֹתֵר. וְאֵין צָרִיךְ לְהַזְמִין לוֹ אִשָּׁה אַחֶרֶת דְּלָא חָייְשִׁי' שֶׁמָּא תָּמוּת אִשְׁתּוֹ. (דַּף יד.) וְכָל שִׁבְעַת יְמֵי הַפְּרִישָׁה הוּא עוֹשֶׂה כָּל עֲבוֹדַת הַתָּמִיד כְּדֵי לְהַרְגִּילוֹ בַּעֲבוֹדָה. (דַּף יח.) וְזִקְנֵי בֵּית דִּין קוֹרְאִים לְפָנָיו בְּכָל יוֹם בְּסֵדֶר הַיּוֹם הַכֹּל לְהַרְגִּילוֹ שֶׁמָּא שָׁכַח שׁוּם דָּבָר מֵהַסֵּדֶר. וְעֶרֶב יוה"כ שַׁחֲרִית מַעֲמִידִין אוֹתוֹ בְּשַׁעַר הַמִּזְרָח וּמַעֲבִירִין לְפָנָיו פָּרִים וְאֵילִים וּכְבָשִׂים כְּדֵי שֶׁיִּתֵּן אֶל לִבּוֹ עֲבוֹדַת הַפָּרִים וְהָאֵילִים. אֲבָל לֹא הָיוּ מַעֲבִירִין לְפָנָיו שְׂעִירִים דְּכֵיוָן שֶׁהַשָּׂעִיר בָּא עַל הַחֵטְא יִזְכֹּור הַחֵטְא וְיֻחְלַשׁ דַּעְתּוֹ. אע"פ שֶׁהַפָּר נָמֵי בָּא עַל הַחֵטְא וְעַל טֻומְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ בָּא אֶלָּא עַל חַטַּאת אֶחָיו הַכֹּהֲנִים וְאִם יֵשׁ בָּהֶם אֶחָד שֶׁחָטָא מַכִּירוֹ וּמַחֲזִירוֹ בִּתְשׁוּבָה. אֲבָל הַשָּׂעִיר שֶׁבָּא עַל חַטַּאת הַקָּהָל כֻּולּוֹ אֵינוֹ מַכִּיר בָּהֶן וּמִיחְלָשׁ דַּעְתֵּיהּ. וְכָל שִׁבְעַת יְמֵי הַפְּרִישָׁה לֹא הָיוּ מוֹנְעִין מִמֶּנּוּ מַאֲכָל וּמִשְׁתֶּה. וּבְעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לֹא הָיוּ מַנִּיחִין אוֹתוֹ לֶאֱכֹול הַרְבֵּה שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ בָּא לִידֵי שֵׁינָה וְאוּלַי יָבֹא לִידֵי קֶרִי. וּלְכָךְ מוֹנְעִין מִמֶּנּוּ כָּל הַדְּבָרִים הַמַּרְבֶּה הַזֶּרַע כְּגוֹן גְּבִינָה וּבֵיצִים וְיַיִן יָשָׁן וְלָבָן. (שָׁם:) וְזִקְנֵי ב"ד מוֹסְרִין אוֹתוֹ לְזִקְנֵי כְּהֻונָּה וּמוֹלִיכִין אוֹתוֹ לְלִשְׁכַּת אַבְטִינָס שֶׁשָּׁם מְפַטְּמִין אֶת הַקְּטֹרֶת לְלַמְּדוֹ חֲפִינָה שֶׁהִיא מֵעֲבוֹדוֹת קָשׁוֹת שֶׁבַּמִּקְדָּשׁ. וּמַשְׁבִּיעִין אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יְשַׁנֶּה בָּעֲבוֹדוֹת לְפִי שֶׁהָיוּ חוֹשְׁדִין אוֹתוֹ בְּצָדוֹקִי וְהֵם מְשַׁנִּין בַּעֲבוֹדַת הַקְּטֹורֶת ^כְּדִלְקַמָּן לָכֵן הִשְׁבִּיעוּהוּ. וְהוּא פּוֹרֵשׁ וּבוֹכֶה שֶׁחֲשָׁדוּהוּ בְּצָדוֹקִי וְהֵם פּוֹרְשִׁין וּבוֹכִים שֶׁהָיוּ צְרִיכִין לְחָושְׁדוֹ שֶׁהַחוֹשֵׁד בִּכְשֵׁרִים לוֹקֶה בְּגוּפוֹ. אִם הָיָה חָכָם שֶׁרָגִיל לִדְרֹושׁ דּוֹרֵשׁ אוֹ לִקְרוֹת קוֹרֵא. וְאִם אֵינוֹ רָגִיל דּוֹרְשִׁין וְקוֹרְאִין לְפָנָיו דְּבָרִים הַמּוֹשְׁכִין אֶת הַלֵּב כְּגוֹן אִיּוֹב וְעֶזְרָא וְדִבְרֵי הַיָּמִים וְדָנִיֵּאל הַכֹּל שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי שֵׁינָה. (דַּף יט:) וְאִם בִּקֵּשׁ לִישֹׁן מַכִּין לְפָנָיו בְּאֶצְבַּע צְרֵדָה וּמְטַיְּילִין עִמּוֹ לְהָפִיג שִׁינְתּוֹ. עַד שֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד (דַּף כ.) וְהָיוּ תּוֹרְמִין תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ הַחִיצוֹן בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. אע"ג דִּבְכָל יוֹם לֹא הָיוּ תּוֹרְמִין אֶלָּא מִקְּרִיאַת הַגֶּבֶר הָכָא הָיוּ צְרִיכִין לְמַהֵר מִפְּנֵי חֻולְשַׁת כֹּהֵן גָּדוֹל. וְרִיבָ"א פֵּירֵשׁ שֶׁכְּשֵׁרָה בְּכֹהֵן הֶדְיוֹט שֶׁאֵינָהּ חֲשׁוּבָה מֵעֲבוֹדַת הַיּוֹם. והר"ר אֶלְחָנָן פִּי' שֶׁצְּרִיכָה כֹּהֵן גָּדוֹל. וְהָיָה מְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו וְתוֹרֵם אוֹתוֹ:
[Fol. 2a] Sept jours avant Yom Kippour on sépare le Cohen Gadol -- requis pour le service de Kippour, lequel n'est valide qu'accompli par lui -- vers la lichkat parhedrin (chambre des conseillers). On lui prépare un remplaçant (a'her ta'htav), prêt à officier à sa place s'il lui survient une invalidation (possoul). (Fol. 13a) De plus, voyant un autre nommé pour servir à sa place, il redouble de vigilance. Et il n'est pas nécessaire de lui préparer une autre femme, car on ne craint pas que sa femme meure. (Fol. 14a) Durant les sept jours de séparation, il accomplit tout le service du tamid, afin de l'exercer au service. (Fol. 18a) Les anciens du beit din lisent devant lui chaque jour l'ordre du jour (seder ha-yom), le tout pour l'exercer, de peur qu'il n'ait oublié quelque chose de l'ordre. La veille de Kippour au matin, on le place à la porte orientale et l'on fait passer devant lui taureaux, béliers et agneaux, afin qu'il applique son cœur au service des taureaux et des béliers. Mais on ne faisait pas passer de boucs (se'irim), car le bouc venant pour la faute (het), il se rappellerait la faute et son esprit faiblirait. Bien que le taureau aussi vienne pour la faute -- et pour l'impureté du sanctuaire et de ses saintetés --, puisqu'il ne vient que pour la faute de ses frères les cohanim, s'il en est un parmi eux qui a fauté il le connaît et le ramène au repentir ; mais le bouc, venant pour la faute de toute la communauté, il ne les connaît pas et son esprit faiblirait. Durant les sept jours on ne le privait ni de nourriture ni de boisson ; mais la veille de Kippour on ne le laissait pas manger beaucoup, car cela amènerait au sommeil et peut-être à une pollution (keri). On le prive donc de tous les aliments qui multiplient la semence : fromage, œufs, vin vieux et vin blanc. (ibid.) Les anciens du beit din le remettent aux anciens de la kehouna, qui le conduisent à la lichkat Avtinas, où l'on compose la ketoret, pour lui enseigner la 'hafina (le prélèvement à pleines poignées), l'un des services les plus difficiles du Temple. On le fait jurer de ne pas dévier dans les services, parce qu'on le soupçonnait d'être sadducéen -- et les Sadducéens devient dans le service de la ketoret (comme plus loin) -- c'est pourquoi on le faisait jurer. Et il se retire et pleure parce qu'ils l'ont soupçonné d'être sadducéen, et eux se retirent et pleurent parce qu'ils avaient dû le soupçonner, car celui qui soupçonne les intègres est frappé dans son corps. S'il était un sage habitué à exposer (la Torah), il expose ; ou à lire, il lit. Sinon, on expose et on lit devant lui des choses qui attirent le cœur, comme Iyov, Ezra, Divrei ha-Yamim et Daniel -- le tout pour qu'il ne vienne pas à dormir. (Fol. 19b) Et s'il cherchait à dormir, on claquait devant lui du doigt tsereda et l'on se promenait avec lui pour dissiper son sommeil, jusqu'à l'arrivée du moment de l'abattage du tamid. (Fol. 20a) On prélevait la teroumat ha-dechen (prélèvement des cendres) de l'autel extérieur à Kippour ; bien que les autres jours on ne la prélevât qu'à partir du chant du coq, ici on devait se hâter à cause de la faiblesse du Cohen Gadol. Le Riva a expliqué qu'elle est valide par un cohen ordinaire (hedyot), n'étant pas considérée comme un service du jour ; et Rabbi El'hanan a expliqué qu'elle requiert le Cohen Gadol. Il sanctifiait ses mains et ses pieds et la prélevait.
💡 Explication

Michna : le dispositif pour empêcher le Cohen Gadol de dormir la nuit de Kippour -- claquement du doigt tsereda, injonction à se lever et se rafraîchir sur le dallage, occupations diverses -- jusqu'au zeman che'hita, le moment où l'on peut abattre le tamid du matin (à l'aube).

12
גְּמ׳ מַאי צְרָדָא? אָמַר רַב יְהוּדָה: צָרָתָהּ דְּדָא, מַאי הִיא — גּוּדָל. מַחְוֵי רַב הוּנָא וְאָזֵל קָלָא בְּכֻולֵּי בֵּי רַב.

GUEMARA. Qu'est-ce que le tsereda ?

Rav Yehouda dit : la rivale (tsarah) de celle-ci (da). Laquelle (est celle-ci) ?

Le pouce (godel). Rav Houna en fit la démonstration, et le bruit se propagea dans toute la maison d'étude de Rav.

📜 Rachi (2)
גְּמ' צָרָתָהּ דְּדָא צָרָתָהּ שֶׁל זוֹ אֶצְבַּע תְּהִי צָרָה לְזוֹ וּמַאי הִיא זוֹ גּוּדָל בְּאֶצְבַּע הַסְּמוּכָה לְגֹודֶל הָיָה מֵחֲבֵרוֹ לָאֲגוּדָל בַּחֲזָקָה וְשׁוֹמְטָהּ וּמַכֶּה עַל כַּפּוֹ וְנִשְׁמַע הַקּוֹל:
Guemara. Tsarah de-da - la rivale de ce doigt-ci ; qu'il soit une rivale pour celui-là. Et quel est celui-là ? Le pouce. Le doigt voisin du pouce (le majeur), on le joignait de force au pouce puis on le dégageait, et il frappait la paume : le bruit se faisait entendre.
בְּכוּלֵּיהּ בֵּי רַב בֵּית הַמִּדְרָשׁ:
Dans toute la maison de Rav - la maison d'étude.
💡 Explication

Étymologie de tsereda : contraction de tsarah de-da, la rivale du pouce -- c'est le majeur. On l'arme contre le pouce, puis on le lâche : il claque sur la paume avec un bruit sec. Rav Houna en fait la démonstration, si sonore qu'elle emplit la maison d'étude.

13
וְאוֹמְרִים לוֹ אִישִׁי כֹּהֵן גָּדוֹל הָפֵג אַחַת עַל הָרִצְפָּה וְכוּ׳. אָמַר רַב יִצְחָק: עַל חֲדַת. מַאי הִיא? אָמְרִי לֵיהּ: אַחְוִי קִידָּה.

« Et ils lui disent : Monseigneur le Cohen Gadol, rafraîchis-toi une fois sur le dallage, etc. » Rav Yits'hak dit : (ils lui disaient) une nouveauté (al 'hadat). Laquelle ?

Ils lui disaient : montre-nous la kidda.

📜 Rachi (2)
עַל חֲדַת דֶּרֶךְ חִידּוּשׁ הֶרְאָה לָנוּ:
Al 'hadat - montre-nous par manière de nouveauté.
אַחְוִי קִידָּה נוֹעֵץ גּוּדָלָיו בָּאָרֶץ וְשׁוֹחֶה וְנוֹשֵׁק אֶת הָרִצְפָּה וְעוֹמֵד כָּךְ מְפֹורָשׁ בְּמַס' סֻוכָּה (דַּף נג.):
Montre la kidda - il plante ses pouces au sol, s'incline, embrasse le dallage et se tient ainsi ; c'est expliqué dans le traité Souka (53a).
💡 Explication

On ne se contentait pas de le faire marcher : on lui demandait de montrer la kidda -- une prosternation difficile (pouces plantés au sol, on s'incline jusqu'à embrasser le dallage) dont le Cohen Gadol était expert. L'effort chassait le sommeil.

14
וּמַעֲסִיקִין אוֹתוֹ עַד שֶׁיַּגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטָה (וְכוּ׳). תְּנָא: לֹא הָיוּ מַעֲסִיקִין אוֹתוֹ לֹא בְּנֵבֶל וְלֹא בְּכִנּוֹר, אֶלָּא בְּפֶה. וּמֶה הָיוּ אוֹמְרִין — ״אִם ה׳ לֹא יִבְנֶה בַיִת שָׁוְא עָמְלוּ בוֹנָיו בּוֹ״.

« Et on l'occupait jusqu'à l'arrivée du moment de l'abattage, etc. » Il a été enseigné : on ne l'occupait ni avec le nevel ni avec le kinor (instruments), mais avec la bouche. Et que disaient-ils ?

Si Hachem ne bâtit la maison, en vain peinent ceux qui la bâtissent (Ps 127,1).

📜 Rachi (3)
אֶלָּא בַּפֶּה הָיוּ מְשׁוֹרְרִין לְפָנָיו:
Mais avec la bouche - ils chantaient devant lui.
אִם ה' לֹא יִבְנֶה בַיִת וְגוֹ' כְּלוֹמַר הִזָּהֵר בַּעֲבוֹדָתְךָ שֶׁתְּהֵא לְשֵׁם שָׁמַיִם שֶׁתְּהֵא לְרַצּוֹת שֶׁאִם אֵינָהּ רְצוּיָה אֵין טָורְחֲךָ עוֹלֶה לִכְלוּם:
Si Hachem ne bâtit la maison, etc. - autrement dit : prends garde que ton service soit au nom du Ciel, agréable (à Dieu), car s'il n'est pas agréé, ta peine ne compte pour rien.
שָׁוְא עָמְלוּ בוֹנָיו בּוֹ בְּחִנָּם יְגֵעִים בְּבִנְיַן שֶׁלֹּא יִתְקַיֵּים:
En vain peinent ceux qui la bâtissent - c'est pour rien qu'ils s'épuisent à une construction qui ne subsistera pas.
💡 Explication

Les occupations restaient a cappella (le nevel et le kinor, instruments, ne se jouent pas un jour de fête). Le verset choisi (Ps 127,1) rappelle au Cohen Gadol que son service doit être le-chem Chamayim (au nom du Ciel) et agréé -- sinon toute sa peine serait vaine.

15
מִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם לֹא הָיוּ יְשֵׁנִין כָּל הַלַּיְלָה, כְּדֵי שֶׁיִּשְׁמַע כֹּהֵן גָּדוֹל קוֹל הֲבָרָה וְלֹא תְּהֵא שֵׁינָה חוֹטַפְתּוֹ. תַּנְיָא, אַבָּא שָׁאוּל אָמַר: אַף בִּגְבוּלִין הָיוּ עוֹשִׂין כֵּן זֵכֶר לַמִּקְדָּשׁ, אֶלָּא שֶׁהָיוּ חוֹטְאִין.

Les notables de Jérusalem ne dormaient pas de toute la nuit, afin que le Cohen Gadol entende un bruit de rumeur et que le sommeil ne le saisisse pas. Il a été enseigné (braita), Abba Chaoul dit : même dans les provinces (guevoulin) on faisait ainsi, en souvenir du Temple -- sauf qu'ils péchaient.

📜 Rachi (2)
מִיַּקִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם מֵחֲשׁוּבֵי יְרוּשָׁלַיִם עוֹשִׂין כָּךְ שֶׁלֹּא הָיוּ יְשֵׁנִים:
Les notables de Jérusalem - les notables de Jérusalem faisaient ainsi, ne dormant pas.
אֶלָּא שֶׁהָיוּ חוֹטְאִין מְשַׂחֲקִין אֲנָשִׁים וְנָשִׁים יַחַד וּבָאִין לַעֲבֵירָה:
Sauf qu'ils péchaient - hommes et femmes s'amusant ensemble, on en venait à la transgression.
💡 Explication

Toute la ville participe : les notables de Jérusalem veillent pour entretenir une rumeur qui tient le Cohen Gadol éveillé. Abba Chaoul rapporte qu'on veillait aussi en province (loin du Temple), en souvenir de celui-ci -- mais cette veille commune menait à la faute.

16
אָמַר אַבָּיֵי וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: תַּרְגּוּמָא, נְהַרְדְּעָא. דַּאֲמַר לֵיהּ אֵלִיָּהוּ לְרַב יְהוּדָה אֲחוּהּ דְּרַב סַלָּא חֲסִידָא, אָמְרִיתוּ: ״אַמַּאי לָא אָתֵי מָשִׁיחַ״? וְהָא הָאִידָּנָא יוֹמָא דְּכִיפּוּרֵי הוּא וְאִבְּעוּל כַּמָּה בְּתוּלָתָא בִּנְהַרְדְּעָא. אֲמַר לֵיהּ: הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַאי אָמַר? אֲמַר לֵיהּ:

Abaye dit -- et certains disent Rav Na'hman bar Yits'hak : explique cela (la faute) de Nehardea. Car Eliyahou dit à Rav Yehouda, frère de Rav Sala 'Hassida : vous dites, pourquoi le Machia'h ne vient-il pas ?

Or aujourd'hui c'est le jour de Kippour, et l'on a eu commerce avec plusieurs jeunes filles (betoulot) à Nehardea ! Il lui dit : et le Saint béni soit-Il, que dit-Il ?

Il lui répondit :

📜 Rachi (1)
תַּרְגּוּמָא לְהַאי בַּגְּבוּלִים הֵיכָא הָיוּ חוֹטְאִין בִּנְהַרְדְּעָא:
Explique (targuema) - ce même (verset) sur les provinces : où péchaient-ils ? À Nehardea.
💡 Explication

Précision : la faute d'Abba Chaoul se situait à Nehardea. Eliyahou reproche à Rav Yehouda de s'étonner que le Machia'h tarde, alors même qu'à Kippour la veille commune débouchait sur la débauche à Nehardea. Rav Yehouda demande ce que Dieu dit de ces fautes -- la réponse se poursuit au feuillet suivant (20a).

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).