Yoma 24a -- où s'arrête exactement la liste : les quatre avodot pour lesquelles un zar meurt, la quantité de cendre à prélever, et le seul mot du verset qui sépare Rav de Levi.

Yoma 24a

Sougya : Le daf liquide d'abord les dernières miettes de la sougya des vêtements ouverte en 23b -- les chehakim, vêtements usés mais non déchirés, restent valides pour toute avoda -- puis la baraita sur ve-hinicham cham : les quatre vêtements blancs de Yom Kippour exigent-ils la gueniza, ou redescendent-ils vers le cohen ordinaire comme le soutient Rabbi Dossa ? La guemara tente alors d'adosser la mahloket de Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan sur le statut du prélèvement de la cendre à celle de Rabbi Yehouda et Rabbi Dossa, et échoue : les deux tanaim veulent en réalité quatre vêtements, ils ne divergent que sur la nécessité d'un verset pour y arriver.

Vient la question de Rabbi Avin sur la quantité -- terouma du maasser ou terouma de Midian ? -- que Rabbi Hiya tranche par une gezera chava sur ve-herim : une pleine poignée, que Rachi ramène aussitôt à un plancher à l'estime, puisqu'on ne saisit pas une mesure exacte dans la braise. La seconde moitié du daf est une enquête sur un seul verset, Nombres 18,7.

Rav y lit deux filtres -- avodat matana, un service qui donne et non qui retire ; ve-avadtem, une avoda tama, achevée et non suivie d'une autre -- et n'en retient que quatre avodot passibles de mort pour un zar : zerika, haktara, libation d'eau, libation de vin. Levi en ajoute une cinquième, la teroumat hadechen, en rouvrant le premier filtre par lekhol devar ha-mizbeah ; Rav réserve ce membre de phrase aux sept aspersions du dedans et à celles du metsora, tandis que Levi découpe le surplus en deux, davar pour la cendre et kol pour les aspersions.

Le daf se referme sur une objection redoutable adressée à Levi -- et si lekhol devar ha-mizbeah était un klal et avodat matana un perat, la teroumat hadechen retomberait hors de la liste -- dont la réponse ne commence qu'avec les deux mots amar kra.

Un zar qui officie : pour quelles avodot est-il passible de mort ? Un seul verset, Nombres 18,7 - et deux de ses mots servent de filtres ve-avadtem avodat matana eten et kehounatkhem, ve-ha-zar ha-karev youmat et vous servirez : c'est un service de don que je vous donne comme sacerdoce ; l'étranger qui s'approche sera mis à mort Filtre 1 : avodat matana un service qui DONNE, qui dépose sur l'autel exclut avodat silouk, le service qui RETIRE Filtre 2 : ve-avadtem = avoda tama un service achevé, qui parfait la chose exclut ce qui appelle encore une avoda après lui Avoda Passage des deux filtres Verdict Chehita, kabbala, holakha abattage, recueil du sang, transport don : oui - achevée : NON la zerika vient encore après elles pas de mita Zerika : aspersion du sang don : oui - achevée : oui MITA Haktara : kometz, membres, graisses don : oui - achevée : oui MITA Nissoukh hamayim : libation d'eau, à Souccot don : oui - achevée : oui MITA Nissoukh hayayin : libation de vin, toute l'année don : oui - achevée : oui MITA Teroumat hadechen : prélèvement de la cendre don : NON, c'est un silouk - achevée : oui il retire de l'autel au lieu d'y déposer Rav : pas de mita Levi : MITA Où passe exactement la ligne de partage Rav applique les deux filtres et s'arrête là : quatre avodot, pas une de plus. Levi rouvre la liste par lekhol devar ha-mizbeah : tout ce qui se fait sur l'autel - donc aussi le retrait de la cendre. Cinq. Tossefot : alors pourquoi pas aussi le sidour maarakha ? Parce que la teroumat hadechen est préférable - elle précède tout.
Rav contre Levi : les deux filtres que le verset de Nombres 18,7 fait passer à chaque avoda, et le seul cas qui les sépare -- la teroumat hadechen, service achevé mais service de retrait.
lekhol devar ha-mizbeah : ce que chacun tire des mots en trop Le verset pouvait dire devar ha-mizbeah. Il dit lekhol devar ha-mizbeah. Deux surplus, deux comptabilités. le-KHOL DEVAR ha-mizbeah RAV - quatre avodot davar ou kol davar : il n'expose pas la différence Tout le membre de phrase sert à une seule chose : inclure les sept aspersions du dedans par helem davar, par kohen machiah, Yom Kippour et celles du metsora le log d'huile aspergé dans le heikhal (Lv 14,16) Elles se font hors de l'autel : sans ce mot, on aurait cru qu'elles n'y sont pas rattachées. La teroumat hadechen reste dehors : c'est un silouk LEVI - cinq avodot il compte davar et kol davar séparément DEVAR ha-mizbeah, déjà superflu inclut la teroumat hadechen : un silouk, mais une avoda tama le-KHOL, le surplus du surplus inclut les sept aspersions du dedans et celles du metsora Deux mots en trop, deux inclusions distinctes L'objection finale, adressée à Levi : et si c'était un klal ou-perat ? lekhol devar ha-mizbeah serait le klal (la généralité), avodat matana le perat (la particularité). Or la règle est : ein ba-klal ela ma che-ba-perat - la généralité ne retient que ce que la particularité nomme. Alors : avodat matana, oui ; avodat silouk, non. Et la teroumat hadechen retombe hors de la liste. amar kra... - le daf s'arrête sur les deux premiers mots de la réponse. La suite est en 24b.
Un même membre de phrase, lekhol devar ha-mizbeah : Rav n'en tire qu'une inclusion, Levi en tire deux -- puis l'objection klal ou-perat qui menace toute la lecture de Levi.
Combien de cendre ? La question de Rabbi Avin La Torah dit ve-herim - et il prélèvera - sans dire combien. On cherche un autre prélèvement pour fixer la mesure. Piste A : la terouma du maasser ve-haremotem mimenou teroumat Hachem (Nb 18,26) Le levi prélève pour le cohen une part fixe un dixième, à l'estime (Rachi) Piste B : la terouma de Midian ve-heremota mekhes la-Hachem (Nb 31,28) Le tribut prélevé sur le butin de guerre une âme sur cinq cents ta chema - viens et écoute : Rabbi Hiya tranche par une troisième voie Gezera chava : ve-herim ici / ve-herim là-bas ici : ve-herim et ha-dechen - et il prélèvera la cendre (Lévitique 6,3) là-bas : ve-herim mimenou be-koumtso - et il en prélèvera avec sa poignée (Lévitique 6,8) une pleine poignée - mêle koumtso Rachi : un plancher, pas une mesure exacte Impossible de plonger les mains dans la braise pour y saisir exactement une poignée. Donc : pas moins qu'une poignée, à l'estime - et qui veut ajouter, ajoute. Tossefot : pourquoi seulement ces deux pistes ? La terouma gedola et la halla sont écartées d'avance : leur commandement n'emploie pas le verbe harama, et surtout elles n'ont aucun shiour - rechit deganekha, même un seul grain suffit. Rien à y emprunter.
La question de Rabbi Avin sur la quantité de cendre : deux prélèvements candidats, et la gezera chava qui impose finalement la pleine poignée.
1
לְרַבּוֹת אֶת הַשְּׁחָקִים.

[Le mot superflu vient] inclure les chehakim (les vêtements usés).

📜 Rachi (1)
לְרַבּוֹת שְׁחָקִים שֶׁכְּשֵׁירִין לְכָל עֲבוֹדָה וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהוּ מְקֹורָעִין וְהָכִי קָאָמַר בִּזְבָחִים (דַּף יח.) וְאַזְדָּא רַבִּי דּוֹסָא לְטַעְמֵיהּ לֹא שַׁייָּךְ הָכָא לְמֵימַר דְּהָא כֻּולָּהּ מִלְּתָא אַגַּב גְּרָרָא נָסְבָה:
Qu'ils sont valides pour toute avoda, pourvu seulement qu'ils ne soient pas déchirés ; et c'est bien ainsi qu'il est énoncé dans Zevahim (18a). [Quant à dire] « et Rabbi Dossa suit son propre raisonnement » - cela ne convient pas ici, car toute cette affaire n'a été rapportée qu'incidemment (agav guerara).
💡 Explication

Le daf s'ouvre sur la dernière miette de la sougya de 23b. On y cherchait ce que vient enseigner le mot yilbach (il revêtira), apparemment superflu dans le verset des vêtements du prélèvement de la cendre. Rabbi Dossa y voyait l'autorisation, pour un cohen ordinaire, de porter les vêtements blancs du kohen gadol de Yom Kippour. Il reste ici une dernière inclusion : les chehakim, les vêtements devenus vieux et minces à l'usage.

Rachi précise la portée exacte : ces vêtements usés restent valides pour toute avoda, à une seule condition - qu'ils ne soient pas mekoraim, déchirés. L'usure ne disqualifie pas ; la déchirure oui. Rachi ajoute un avertissement de méthode au lecteur : ne pas dire ici ve-azda Rabbi Dossa le-taamei (Rabbi Dossa suit sa propre logique), car toute cette discussion n'a été rapportée dans notre traité qu'agav guerara, incidemment, en passant - son lieu propre est dans Zevahim.

2
״וְהִנִּיחָם שָׁם״, מְלַמֵּד שֶׁטְּעוּנִין גְּנִיזָה. רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר: רְאוּיִן הֵן לְכֹהֵן הֶדְיוֹט, וּמַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְהִנִּיחָם שָׁם״ — שֶׁלֹּא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים אַחֵר.

« Et il les déposera là » (Lévitique 16,23) - cela enseigne qu'ils requièrent la gueniza (d'être mis à l'écart). Rabbi Dossa dit : ils sont aptes [à être portés] par un cohen ordinaire ; et que vient alors enseigner « et il les déposera là » ? - qu'il ne s'en serve pas un autre Yom Kippour.

💡 Explication

La baraita porte sur les quatre vêtements de lin blanc que le kohen gadol revêt pour le service du Saint des saints à Yom Kippour, et qu'il ôte à l'intérieur du Sanctuaire avant de reprendre ses vêtements d'or. Le verset ajoute : ve-hinicham cham, « et il les déposera là ». Déposer - mais pour combien de temps ?

Le tana kama lit un retrait définitif : gueniza. Ces vêtements ont servi une fois au degré de sainteté le plus haut ; ils ne serviront plus. Rabbi Dossa refuse cette lecture maximale : ils ne sont pas neutralisés, ils redescendent d'un cran - un cohen hedyot (cohen ordinaire) peut les porter pour le service courant, puisque ce sont précisément les quatre vêtements du cohen ordinaire. Le verset ne fait alors qu'une chose : interdire au kohen gadol lui-même de les reprendre pour un Yom Kippour ultérieur.

C'est cette position de Rabbi Dossa qui l'oblige à lire le yilbach superflu comme il l'a fait - et c'est ce qui va permettre à la guemara, au segment suivant, de tenter d'y voir la source tannaitique de la mahloket entre Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan.

🖼️ Schéma
Les vêtements blancs, une fois Yom Kippour passé : que deviennent-ils ? ve-hinicham cham - et il les déposera là (Lévitique 16,23) Le kohen gadol les ôte et les dépose là Tana kama : gueniza Déposer là veut dire : les mettre à l'écart définitivement. Plus personne ne les porte. taounin gueniza Le mot yilbach en trop peut alors servir à autre chose : inclure le turban et la ceinture (position de Rabbi Yehouda). Rabbi Dossa : ils redescendent Ils restent aptes - mais pour un cran en dessous : un cohen ordinaire. reouyin hen le-kohen hedyot Déposer là veut alors dire seulement : que LUI ne s'en resserve pas un autre Yom Kippour. C'est tout ce que le mot dit. Et le mot en trop, chez Rabbi Dossa ? Puisque ve-hinicham cham est déjà pris pour interdire au kohen gadol de les reprendre à Yom Kippour, c'est le yilbach superflu qui autorise le cohen ordinaire à les porter - et il inclut encore les chehakim, les vêtements usés : valides pour toute avoda, pourvu qu'ils ne soient pas déchirés.
Les vêtements blancs après Yom Kippour : gueniza définitive pour le tana kama, redescente vers le cohen ordinaire pour Rabbi Dossa - et ce que le mot superflu peut alors encore enseigner.
3
מַאי לָאו בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, דְּמַר סָבַר: עֲבוֹדָה הִיא, וּמַר סָבַר: לָאו עֲבוֹדָה הִיא.

N'est-ce pas là-dessus qu'ils divergent : l'un (mar) tient que c'est une avoda (un service à part entière), et l'autre tient que ce n'est pas une avoda ?

📜 Rachi (1)
מַאי לַָאו רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי דּוֹסָא בְּהָא פְּלִיגִי דר"י דְּדָרֵישׁ יִלְבַּשׁ לְהָבִיא מִצְנֶפֶת וְאַבְנֵט סָבַר עֲבוֹדָה הִיא וּבָעֵי מִצְנֶפֶת וְאַבְנֵט וְר' דּוֹסָא סָבַר לָאו עֲבוֹדָה הִיא וְלָא בָּעֵי מִצְנֶפֶת וְאַבְנֵט:
Rabbi Yehouda et Rabbi Dossa divergent là-dessus : Rabbi Yehouda, qui expose « il revêtira » comme venant inclure le turban (mitsnefet) et la ceinture (avnet), tient que c'est une avoda et qu'elle requiert turban et ceinture ; et Rabbi Dossa tient que ce n'est pas une avoda et qu'elle ne requiert ni turban ni ceinture.
💡 Explication

La guemara revient à la question laissée ouverte : le prélèvement de la cendre (harama) est-il une avoda au sens plein, exigeant les quatre vêtements sacerdotaux ? Rech Lakich disait non, Rabbi Yo'hanan disait oui. On tente maintenant de leur trouver un ancrage tannaitique.

La reconstruction est élégante. Rabbi Yehouda expose le yilbach superflu comme venant inclure la mitsnefet (turban) et l'avnet (ceinture) : il en faut donc quatre, ce qui suppose une avoda à part entière. Rabbi Dossa, lui, a besoin de ce même mot pour tout autre chose - les vêtements de Yom Kippour - donc il n'inclut pas turban et ceinture : deux vêtements suffisent, et ce n'est pas une avoda. La mahloket amoraique aurait ainsi ses deux ancêtres.

4
לֹא, דְּכֻולֵּי עָלְמָא עֲבוֹדָה הִיא, וְהָכָא בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי, מַר סָבַר: צְרִיכָא קְרָא לְרַבּוֹיֵי, וּמַר סָבַר: לָא צְרִיכָא קְרָא לְרַבּוֹיֵי.

Non : de l'avis de tous c'est une avoda, et ici c'est sur ceci qu'ils divergent - l'un tient qu'un verset est nécessaire pour [les] inclure, et l'autre tient qu'aucun verset n'est nécessaire pour [les] inclure.

📜 Rachi (2)
צְרִיכָא קְרָא לְרַבּוֹיֵי דְּלָא תֵּימָא הָנֵי דַּווְקָא וּלְמֵימְרָא דְּלָאו עֲבוֹדָה:
Pour que tu ne dises pas que ce sont exclusivement (davka) ceux-là - ce qui reviendrait à dire que ce n'est pas une avoda.
וּמָר סָבַר לָא צְרִיכָא לְרַבּוֹיֵי לָהּ מִקְּרָאֵי דְּכֵיוָן דְּגַלִּי בָּהּ כְּתֹונֶת בַּד קֹדֶשׁ וּמִכְנְסֵי קֹדֶשׁ אַשְׁמְעִינַן דַּעֲבוֹדָה הִיא וּבַעְיָא כּוּלְּהוּ וְכִי אֲתָא קְרָא לְרַבּוּיֵי לְבִגְדֵי יוה"כ אֲתָא:
Puisque [la Torah] a révélé à son sujet « une tunique de lin sacrée » et « des caleçons sacrés », elle nous a appris que c'est une avoda et qu'elle les requiert tous ; et lorsque le verset [superflu] vient inclure quelque chose, c'est pour inclure les vêtements de Yom Kippour qu'il vient.
💡 Explication

La guemara refuse la reconstruction. Les deux tanaim peuvent parfaitement s'accorder sur le statut - c'est une avoda, quatre vêtements - et ne diverger que sur le chemin qui y mène.

Pour Rabbi Yehouda, un verset est nécessaire : sans lui, on lirait la mention des deux seuls vêtements comme davka (exclusive), et l'on en déduirait à tort que ce n'est pas une avoda. Le yilbach vient donc bloquer cette erreur. Pour Rabbi Dossa, aucun verset n'est nécessaire : le verset a déjà dit kutonet bad kodech et mikhnesei kodech - il a nommé des vêtements sacrés, ce qui suffit à établir que c'est une avoda ; et une avoda, par définition, se fait en quatre. Le mot superflu est donc libre pour un autre enseignement - les vêtements de Yom Kippour.

Conséquence : la mahloket de Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan reste sans appui tannaitique. Elle ne peut pas être réduite à un désaccord déjà connu ; elle tient debout par ses propres arguments.

🖼️ Schéma
Peut-on adosser Rech Lakich et Rabbi Yo'hanan à une mahloket de tanaim ? La question ouverte en 23b : la harama, le prélèvement de la cendre, est-elle une avoda à part entière ? Hava amina : mai lav be-ha ka miflegi n'est-ce pas là-dessus qu'ils divergent ? Rabbi Yehouda : yilbach inclut le turban et la ceinture Il en faut quatre - donc c'est une avoda. = la position de Rabbi Yo'hanan Rabbi Dossa : yilbach sert à autre chose Il n'a donc pas besoin d'y voir turban et ceinture : deux vêtements suffisent. = la position de Rech Lakich La ! - de-koulei alma avoda hi non : de l'avis de tous c'est une avoda Rabbi Yehouda : tsrikha kra le-rabouyei Sans verset, on lirait les deux vêtements nommés comme davka - exclusifs - et l'on en conclurait que ce n'est PAS une avoda. Rabbi Dossa : la tsrikha kra Le verset a déjà dit kutonet bad kodech et mikhnesei kodech : c'est une avoda, donc les quatre vont de soi. Le yilbach sert ailleurs. Le point commun des deux lectures de droite Les deux tanaim veulent quatre vêtements. Ils ne divergent que sur le chemin : faut-il un verset pour y arriver, où cela découle-t-il déjà du mot kodech ? C'est une mahloket de dérivation, pas de statut. Résultat : la tentative échoue La mahloket des amoraim reste sans appui tannaitique - elle tient debout toute seule.
La tentative d'adosser la mahloket amoraique à celle de Rabbi Yehouda et Rabbi Dossa, et pourquoi elle échoue : les deux tanaim veulent quatre vêtements, ils divergent seulement sur la dérivation.
5
בָּעֵי רַבִּי אָבִין: תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן בְּכַמָּה? מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר יָלְפִינַן לַהּ, אוֹ מִתְּרוּמַת מִדְיָן יָלְפִינַן לַהּ? תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבִּי חַיָּיא: נֶאֱמַר כָּאן ״וְהֵרִים״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״וְהֵרִים״. מַה לְהַלָּן — בְּקֻומְצוֹ, אַף כָּאן — בְּקֻומְצוֹ.

Rabbi Avin a demandé : la teroumat hadechen (le prélèvement de la cendre), de quelle quantité est-elle ? L'apprend-on de la terouma du maasser (la dîme), ou l'apprend-on de la terouma de Midian ?

Viens et écoute, car Rabbi Hiya a enseigné [dans une baraita] : il est dit ici « ve-herim » (et il prélèvera - Lévitique 6,3), et il est dit ailleurs « ve-herim » (Lévitique 6,8) ; de même que là-bas c'est avec sa poignée (be-koumtso), de même ici c'est avec sa poignée.

📜 Rachi (3)
מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר יָלְפִינַן לַהּ דְּהָא וְהֵרִים כְּתִיב לְשׁוֹן וַהֲרֵמֹותֶם מִמֶּנּוּ (בַּמִּדְבָּר י״ח:כ״ו) וְהָוְיָא בְּאֹומֶד אֶחָד מֵעֲשָׂרָה בְּדֶשֶׁן הַמַּעֲרָכָה:
Car « ve-herim » est écrit, du même registre que « ve-haremotem mimenou » (Nombres 18,26) ; ce serait alors, à l'estime, un dixième de la cendre du bûcher (maarakha).
אוֹ מִתְּרוּמַת מִדִּין דִּכְתִיב (שָׁם לא) וַהֲרֵמֹותָ מֶכֶס לָה' וְגוֹ' אֶחָד נֶפֶשׁ מֵחֲמֵשׁ הַמֵּאוֹת:
Ou bien de la terouma de Midian, dont il est écrit (ibid. 31[,28]) : « et tu prélèveras un tribut pour Hachem... une âme sur cinq cents ».
תָּא שְׁמַע דְּמֵהֲרָמַת קֹומֶץ יָלְפִינַן לָהּ לֹא יִפְחֹות מֵאֹומֶד מָלֵא הַקֹּומֶץ וְאִם רָצָה לְהוֹסִיף יוֹסִיף דְּהָא לֵיכָּא לְמֵימַר דַּוְוקָא קָאָמַר דְּהָא לֹא אֶפְשָׁר לִפְשֹׁוט בְּרֶמֶץ גֶּחָלִים רוֹתְחוֹת יָדָיו לִקְמֹוץ:
Viens et écoute : on l'apprend du prélèvement du kometz - qu'il ne prenne pas moins, à l'estime, qu'une pleine poignée ; et s'il veut ajouter, il ajoute. Car on ne peut pas dire que [la mesure] soit exclusive (davka), puisqu'il est impossible d'étendre les mains dans la braise de charbons brûlants pour y prendre une poignée.
🗂️ Tossefot (1)
מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר יָלְפִינַן לַהּ כּוּ' תֵּימַהּ לִי אַמַּאי לָא מְסַפְּקָא לֵיהּ נָמֵי אִי מִתְּרוּמָה גְּדוֹלָה יָלְפִינַן לָהּ וְיֵשׁ לוֹמַר מִשּׁוּם דְּבִתְרוּמַת הַדֶּשֶׁן כְּתִיב וְהֵרִים וּבִתְרוּמַת מַעֲשֵׂר נַמֵּי כְּתִיב וַהֲרֵמֹותֶם וּבִתְרוּמַת מִדִּין נָמֵי כְּתִיב וַהֲרֵמֹותָ מֶכֶס אֲבָל בִּתְרוּמָה גְּדוֹלָה לָא כְּתִיב בְּמִצְוַת צִוּוּיָהּ לְשׁוֹן הֲרָמָה אֶלָּא כְּתִיב. רֵאשִׁית דְּגָנְךָ וְגוֹ' עַד תִּתֵּן לוֹ וְהָא דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר ט״ו:כ׳) כִּתְרוּמַת גֹּורֶן כֵּן תָּרִימוּ אֹותָהּ תָּרִימוּ דִּכְתִיב בְּחַלָּה כְּתִיב וא"ת וְאַמַּאי לָא מִבָּעֲיָא לֵיהּ אִי יָלְפִינַן מֵחַלָּה יֵשׁ לוֹמַר דּוֹהֲרִים מֵהִרְמוֹתָם אוֹ מִוְּהָרְמוֹת יָלְפִינַן אֲבָל וְהֵרִים מַתְרִימוֹ לָא יָלְפִינַן דְּלָא דָּמוּ כֻּולֵּי הַאי לְהָדְדִי אִי נָמֵי יֵשׁ לוֹמַר דְּיָלְפִינַן תְּרוּמָה קַמַּיְיתָא מִתְּרוּמָה קַמַּיְיתָא דִּנְהִי דִּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר יֵשׁ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה קוֹדֵם לָהּ מ"מ בִּלְוִיִּם דְּמִשְׁתַּעֵי קְרָא זוֹ הִיא תְּרוּמָה קַמַּיְיתָא דְּחַייְּבִינְהוּ קְרָא לְאַפּוֹקֵי חַלָּה שֶׁיֵּשׁ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה קוֹדֶמֶת אִי נָמֵי יֵשׁ לוֹמַר כֵּיוָן דִּתְרוּמָה גְּדוֹלָה וְחַלָּה אֵין לָהֶם שִׁיעוּר מְפֹורָשׁ יִלְמַד סָתוּם מִן הַמְפֹורָשׁ דְּהַייְנוּ מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר אוֹ מִתְּרוּמַת מִדִּין וְאֵין לְהַקְשׁוֹת תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וְחַלָּה גּוּפַיְיהוּ אַמַּאי לָא גָּמְרִינַן בְּהַאי גְּזֵירָה שָׁוָה דִּיהֵא לָהֶם שִׁיעוּר דְּיֵשׁ לוֹמַר כֵּיוָן דִּכְתִיב בְּהוּ רֵאשִׁית דְּגָנְךָ וַאֲפִילּוּ דָּגָן אֶחָד וְכֵן בְּחַלָּה נָמֵי כְּתִיב רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם וּמַה שֶׁפֵּירֵשׁ רַשִׁ"י מִתְּרוּמַת מִדִּין אֶחָד מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת אע"ג דַּהֲוָה נָמֵי הָתָם אֶחָד מֵחֲמִשִּׁים נִרְאֶה לוֹ מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת יָלְפִינַן מִשּׁוּם דִּכְתִיב אֵצֶל. וְהֵרִימוּ וְלִי הָיָה נִרְאֶה יוֹתֵר לְלַמֵּד מִמִּדְיָן אֶחָד מִנ' כִּדְדָרְשִׁינַן . בִּירוּשַׁלְמִי בֵּינוֹנִית אֶחָד מֵחֲמִשִּׁים דִּכְתִיב אֶחָד אָחֻוז מִן הַחֲמִשִּׁים כֹּל שֶׁאַתָּה אוֹחֵז מִמָּקוֹם אַחֵר יְהֵא כָּזֶה וְתֵימַהּ לִי מַאי מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי גָּמְרִינַן מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר אוֹ מִמִּדְיָן פְּשִׁיטָא דְּיוֹתֵר סְבָרָא הוּא לִלְמֹוד מִתְּרוּמַת מַעֲשֵׂר דּוֹרוֹת מִדּוֹרוֹת מִלִּלְמֹוד מִמִּדְיָן דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה וּלְפִי מַה שֶׁפֵּירֵשׁ דְּמֵאֶחָד אָחוּז מִן הַחֲמִשִּׁים גָּמְרִינַן נִיחָא דְּמַשְׁמַע כָּל שֶׁאַתָּה אוֹחֵז מִמָּקוֹם אַחֵר יְהֵא כָּזֶה וַאֲפִילּוּ לפרש"י זַ"ל דּוֹהֲרִים שֶׁהוּא מִלְּשׁוֹן יָחִיד מִוְּהָרְמוֹת שֶׁגַּם הוּא לְשׁוֹן יָחִיד גָּמְרִינַן אֲבָל מִוְּהִרְמוֹתַם שֶׁמָּא לָא נִיחָא לֵיהּ לְמֵילַף אִי נָמֵי תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן שֶׁהִיא מִצְוַת עֲבוֹדַת צִיבּוּר מִתְּרוּמַת מִדִּין דְּשַׁייְכָא בְּכָל יִשְׂרָאֵל גָּמְרִינַן אֲבָל תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר בִּלְוִיִּם נֶאֶמְרָה אֲבָל תֵּימַהּ לִי מַאי שְׁנָא דְּלָא נִסְתַּפֵּק אִי מוֹהֲרִים מִמֶּנּוּ בְּקֻומְצוֹ גָּמְרִינַן דְּדָמְיָא לֵיהּ טְפֵי מְכֻולֵּהוּ דִּבְאִידִי וְאִידִי כְּתִיב וְהֵרִים וי"ל מִשּׁוּם דְּלֹא מָצִינוּ לְמִיגְמַר לְגַמְרֵי כִּי הָתָם שֶׁיִּתְרֹום תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן בְּקֻומְצוֹ פֶּן יִכָּוֶה כְּמוֹ שפרש"י לְהָכִי לָא הֲוָה ס"ד לְמֵילַף מִינֵּיהּ וַאֲפִילּוּ הָכֵי פְּשִׁיט דְּגָמְרִינַן מִינֵּיהּ כֵּיוָן דְּדָמֵי לֵיהּ דִּבְאִידִי וְאִידִי וְהֵרִים כְּתִיב:
Il m'est étonnant : pourquoi ne s'est-il pas demandé aussi si on l'apprend de la <b>terouma gedola</b> ? On peut répondre : parce que pour la teroumat hadechen il est écrit <i>ve-herim</i>, et pour la terouma du maasser il est écrit aussi <i>ve-haremotem</i>, et pour la terouma de Midian il est écrit aussi <i>ve-heremota mekhes</i> ; mais pour la terouma gedola, le commandement qui l'ordonne n'emploie pas le registre de la harama - il est écrit « les prémices de ton grain... tu lui donneras ». Et ce qui est écrit (Nombres 15,20) « comme la terouma de l'aire, ainsi vous prelevrez (tarimou) » - ce <i>tarimou</i>-là est écrit à propos de la halla. Et si tu objectes : pourquoi ne s'est-il pas demandé si on l'apprend de la halla ? - on peut répondre que <i>ve-herim</i> s'apprend de <i>ve-haremotem</i> ou de <i>ve-heremota</i>, mais <i>ve-herim</i> ne s'apprend pas de <i>tarimou</i>, qui ne lui ressemble pas suffisamment. Ou bien on peut dire qu'on apprend un <b>premier</b> prélèvement d'un premier prélèvement : certes, la terouma du maasser est précédée par la terouma gedola, mais pour les leviim, dont le verset parle, c'est bien le premier prélèvement que la Torah leur impose - à l'exclusion de la halla, qui est précédée par la terouma gedola. Ou bien encore : puisque la terouma gedola et la halla n'ont pas de mesure explicite, que l'implicite s'apprenne de l'explicite - c'est-à-dire de la terouma du maasser ou de la terouma de Midian. Et l'on ne peut pas objecter : pourquoi la terouma gedola et la halla elles-mêmes n'apprendraient-elles pas par cette gezera chava qu'elles ont une mesure ? - car on peut répondre que puisqu'il est écrit à leur sujet « les prémices de ton grain », même un seul grain [suffit], et de même pour la halla il est écrit « les prémices de vos pétrins ». Quant à ce qu'a expliqué Rachi, que la terouma de Midian est d'un sur cinq cents - bien qu'il y ait eu là-bas aussi un sur cinquante - il lui a semble que c'est du un sur cinq cents qu'on apprend, parce qu'il est écrit à côté de « ve-haremota ». Mais il me semblerait plutôt qu'on apprenne de Midian un sur cinquante, comme on l'expose dans le Yerouchalmi : [la terouma] moyenne est d'un sur cinquante, car il est écrit « un pris sur cinquante » - tout ce que tu prends d'un autre endroit sera comme celui-ci. Et il m'est étonnant : pourquoi hésite-t-il entre la terouma du maasser et celle de Midian ? Il est évident qu'il est plus logique d'apprendre de la terouma du maasser - une règle permanente d'une règle permanente - que d'apprendre de Midian, une règle permanente d'un cas ponctuel ! Mais selon ce qui a été expliqué, qu'on apprend du « un pris sur cinquante », cela se comprend, puisque cela signifie : tout ce que tu prends d'un autre endroit sera comme celui-ci. Et même selon Rachi, on peut dire que <i>ve-herim</i>, qui est au singulier, s'apprend de <i>ve-heremota</i>, qui est aussi au singulier, tandis que de <i>ve-haremotem</i> [au pluriel] il ne lui convenait peut-être pas d'apprendre. Ou bien : la teroumat hadechen, qui est le commandement d'un service public, s'apprend de la terouma de Midian, qui concerne tout Israël, tandis que la terouma du maasser n'a été dite qu'aux leviim. Mais il m'est encore étonnant : pourquoi ne s'est-il pas demandé si on l'apprend de « ve-herim mimenou be-koumtso », qui lui ressemble plus que tous, puisque dans l'un et l'autre il est écrit <i>ve-herim</i> ? On peut répondre : parce qu'on ne pouvait pas apprendre à l'identique de là-bas - qu'il prélève la teroumat hadechen avec sa poignée - de peur qu'il ne se brûle, comme l'a expliqué Rachi ; c'est pourquoi cela ne venait pas à l'esprit d'en apprendre. Et pourtant [la guemara] tranche qu'on en apprend, puisque cela lui ressemble - car dans l'un et l'autre il est écrit <i>ve-herim</i>.
💡 Explication

Nouvelle sougya : on quitte la question des vêtements pour celle de la quantité. La Torah dit ve-herim et ha-dechen - et il prélèvera la cendre - sans préciser combien. Rabbi Avin cherche un autre prélèvement de la Torah qui puisse servir d'étalon, par la ressemblance du verbe harama (prélever).

Deux candidats. La terouma du maasser, que le levi prélève pour le cohen sur sa dîme (Nombres 18,26 : ve-haremotem mimenou) - proportion fixe, qu'ici Rachi évalue à un dixième de la cendre du bûcher, à l'estime. Ou la terouma de Midian, le tribut prélevé sur le butin (Nombres 31,28 : ve-heremota mekhes) - une part sur cinq cents.

La réponse ne vient d'aucun des deux : Rabbi Hiya établit une gezera chava avec le ve-herim du kometz de l'oblation. La mesure est donc une pleine poignée. Rachi ajoute la nuance décisive : ce n'est pas une mesure exacte mais un plancher - car on ne peut pas plonger les mains dans la braise pour y saisir précisément une poignée. Qui veut ajouter, ajoute.

🖼️ Schéma
Combien de cendre ? La question de Rabbi Avin La Torah dit ve-herim - et il prélèvera - sans dire combien. On cherche un autre prélèvement pour fixer la mesure. Piste A : la terouma du maasser ve-haremotem mimenou teroumat Hachem (Nb 18,26) Le levi prélève pour le cohen une part fixe un dixième, à l'estime (Rachi) Piste B : la terouma de Midian ve-heremota mekhes là-Hachem (Nb 31,28) Le tribut prélevé sur le butin de guerre une âme sur cinq cents ta chema - viens et écoute : Rabbi Hiya tranche par une troisième voie Gezera chava : ve-herim ici / ve-herim là-bas ici : ve-herim et ha-dechen - et il prélèvera la cendre (Lévitique 6,3) là-bas : ve-herim mimenou be-koumtso - et il en prélèvera avec sa poignée (Lévitique 6,8) une pleine poignée - mêlé koumtso Rachi : un plancher, pas une mesure exacte Impossible de plonger les mains dans la braise pour y saisir exactement une poignée. Donc : pas moins qu'une poignée, à l'estime - et qui veut ajouter, ajoute. Tossefot : pourquoi seulement ces deux pistes ? La terouma gedola et la halla sont écartées d'avance : leur commandement n'emploie pas le verbe harama, et surtout elles n'ont aucun shiour - rechit deganekha, même un seul grain suffit. Rien à y emprunter.
Les deux prélèvements candidats de Rabbi Avin, et la gezera chava de Rabbi Hiya qui tranche par la pleine poignée - un plancher à l'estime, non une mesure exacte.
6
אָמַר רַב: אַרְבַּע עֲבוֹדוֹת זָר חַייָּב עֲלֵיהֶן מִיתָה: זְרִיקָה, וְהַקְטָרָה, וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם, וְנִיסּוּךְ הַיַּיִן. וְלֵוִי אָמַר: אַף תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן. וְכֵן תָּנֵי לֵוִי בְּמַתְנִיתֵיהּ: אַף תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן.

Rav a dit : il y a quatre avodot pour lesquelles un zar (non-cohen) encourt la mort : la zerika (aspersion du sang), la haktara (combustion sur l'autel), le nissoukh hamayim (libation d'eau) et le nissoukh hayayin (libation de vin). Et Levi a dit : la teroumat hadechen aussi.

Et de même Levi a enseigné dans son recueil [de baraitot] : la teroumat hadechen aussi.

📜 Rachi (1)
אַרְבַּע עֲבוֹדוֹת כו' אע"פ שֶׁכֻּולָּן מֻוזְהָר עֲלֵיהֶן זָר אֵין חִיּוּב מִיתָה אֶלָּא בְּאַרְבַּע הָאֵלּוּ כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Bien que le zar soit averti (sous interdit) sur toutes [les avodot], il n'y a de peine de mort que pour ces quatre-là, comme [la guemara] va l'expliquer.
💡 Explication

Changement de registre : on passe de la quantité de cendre à la gravité pénale. Un zar - quelqu'un qui n'est pas cohen - a interdiction d'accomplir tout service du Temple. Mais l'interdit et la peine ne se recouvrent pas. Rachi pose la distinction d'emblée : le zar est mouzhar, averti, sur toutes les avodot ; il n'encourt la mita bidei chamayim (mort par la main du Ciel) que sur quelques-unes.

Rav en compte quatre. Levi en compte cinq, en ajoutant la teroumat hadechen - et la guemara souligne qu'il ne s'agit pas d'une opinion isolée de sa part : sa propre collection de baraitot enseigne la même chose. Le désaccord porte donc sur le point exact où la liste s'arrête, et tout le reste du daf va chercher le mot du verset qui décide.

🖼️ Schéma
Un zar qui officie : pour quelles avodot est-il passible de mort ? Un seul verset, Nombres 18,7 - et deux de ses mots servent de filtres ve-avadtem avodat matana eten et kehounatkhem, ve-ha-zar ha-karev youmat et vous servirez : c'est un service de don que je vous donne comme sacerdoce ; l'étranger qui s'approche sera mis à mort Filtre 1 : avodat matana un service qui DONNE, qui dépose sur l'autel exclut avodat silouk, le service qui RETIRE Filtre 2 : ve-avadtem = avoda tama un service achevé, qui parfait la chose exclut ce qui appelle encore une avoda après lui Avoda Passage des deux filtres Verdict Chehita, kabbala, holakha abattage, recueil du sang, transport don : oui - achevée : NON la zerika vient encore après elles pas de mita Zerika : aspersion du sang don : oui - achevée : oui MITA Haktara : kometz, membres, graisses don : oui - achevée : oui MITA Nissoukh hamayim : libation d'eau, à Souccot don : oui - achevée : oui MITA Nissoukh hayayin : libation de vin, toute l'année don : oui - achevée : oui MITA Teroumat hadechen : prélèvement de la cendre don : NON, c'est un silouk - achevée : oui il retire de l'autel au lieu d'y déposer Rav : pas de mita Levi : MITA Où passe exactement la ligne de partage Rav applique les deux filtres et s'arrête là : quatre avodot, pas une de plus. Levi rouvre la liste par lekhol devar ha-mizbeah : tout ce qui se fait sur l'autel - donc aussi le retrait de la cendre. Cinq. Tossefot : alors pourquoi pas aussi le sidour maarakha ? Parce que la teroumat hadechen est préférable - elle précède tout.
La liste de Rav, celle de Levi, et les deux filtres du verset qui les séparent.
7
מַאי טַעְמָא דְּרַב — דִּכְתִיב: ״וְאַתָּה וּבָנֶיךָ אִתְּךָ תִּשְׁמְרוּ אֶת כְּהֻונַּתְכֶם לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ וּלְמִבֵּית לַפָּרֹוכֶת וַעֲבַדְתֶּם עֲבֹודַת מַתָּנָה אֶתֵּן אֶת כְּהֻונַּתְכֶם וְהַזָּר הַקָּרֵב יוּמָת״. ״עֲבוֹדַת מַתָּנָה״ — וְלֹא עֲבוֹדַת סִילּוּק, ״וַעֲבַדְתֶּם״ — עֲבוֹדָה תַּמָּה, וְלֹא עֲבוֹדָה שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה.

Quelle est la raison de Rav ? Car il est écrit : « Et toi et tes fils avec toi, vous garderez votre sacerdoce pour tout ce qui concerne l'autel et pour l'intérieur du voile, et vous servirez ; c'est un service de don (avodat matana) que je vous donne comme sacerdoce, et l'étranger qui s'approchera sera mis à mort » (Nombres 18,7).

« Avodat matana » - et non un service de retrait (avodat silouk) ; « ve-avadtem » (et vous servirez) - une avoda tama (un service achevé), et non un service après lequel il y a encore un service.

📜 Rachi (3)
וְאַתָּה וּבָנֶיךָ אִתְּךָ וְגוֹ' סֵיפֵיהּ דִּקְרָא וְהַזָּר הַקָּרֵב יוּמָת:
La fin du verset est : « et l'étranger qui s'approchera sera mis à mort ».
עֲבוֹדַת מַתָּנָה שֶׁאַתָּה נוֹתֵן עַל הַמִּזְבֵּחַ וְלֹא עֲבוֹדַת סִילּוּק שֶׁאַתָּה מְסַלֵּק וְסָר מֵעַל הַמִּזְבֵּחַ כְּגוֹן תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן:
[Un service] que tu donnes sur l'autel - et non un service de retrait, où tu retires et ôtes de dessus l'autel, comme la teroumat hadechen.
עֲבוֹדָה תַּמָּה עֲבוֹדָה שֶׁהִיא גּוֹמֶרֶת וּמְתַמֶּמֶת אֶת הַדָּבָר וְלֹא שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה כְּגוֹן שְׁחִיטָה וְקַבָּלָה וְהוֹלָכָה שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ זְרִיקָה אֲבָל זְרִיקָה עֲבוֹדָה אַחֲרוֹנָה שֶׁבַּדָּם וְכֵן הַקְטָרָה בְּקֹומֶץ מִנְחָה וּבְאֵבָרִים וּפְדָרִים וְכֵן נִיסּוּךְ הַיַּיִן בְּכָל הַשָּׁנָה וְכֵן הַמַּיִם בֶּחָג:
Une avoda qui achève et parfait la chose, et non [un service] après lequel il y a encore un service - comme la chehita, la kabbala et la holakha, après lesquelles il y a la zerika. Mais la zerika est le dernier service du sang ; de même la haktara, pour le kometz de l'oblation, pour les membres et les graisses ; de même la libation de vin toute l'année, et celle de l'eau pendant la fête [de Souccot].
💡 Explication

Rav ne compte pas au hasard : il lit dans le verset deux filtres, et les quatre avodot sont exactement ce qui reste après les avoir appliqués.

Premier filtre : avodat matana, un service de don. Rachi : ce que tu donnes sur l'autel - à l'exclusion d'un avodat silouk, un service où tu retires et ôtes de dessus l'autel, comme la teroumat hadechen. Second filtre : ve-avadtem, lu comme avoda tama - un service gomeret ou-metamemet, qui achève et parfait la chose ; à l'exclusion d'un service suivi d'un autre. Ainsi la chehita, la kabbala et la holakha tombent : la zerika vient encore après elles.

Restent quatre gestes terminaux et donateurs : la zerika, dernier acte du sang ; la haktara, qu'il s'agisse du kometz de l'oblation, des membres ou des graisses ; le nissoukh hayayin toute l'année ; et le nissoukh hamayim pendant Souccot.

🖼️ Schéma
avoda tama : le service qui achève, et celui qui n'est qu'une étape Rachi : une avoda qui gomeret ou-metamemet - qui finit et parfait la chose La chaîne du sang - une seule de ses étapes est tama chehita abattage kabbala recueil du sang holakha transport à l'autel ZERIKA aspersion - rien après Ces trois-là ont une avoda après elles : un zar n'y est pas passible de mort. Passible de mort Les trois autres avodot tamot - chacune se suffit à elle-même HAKTARA kometz de la min'ha, membres, graisses NISSOUKH HAYAYIN libation de vin, toute l'année NISSOUKH HAMAYIM libation d'eau, pendant Souccot Le cas qui échappe aux deux filtres en sens contraire : la teroumat hadechen Elle est achevée - rien ne la suit, elle passe le filtre de ve-avadtem. Mais elle RETIRE de l'autel au lieu d'y déposer : elle échoue au filtre de avodat matana. C'est exactement dans cet écart que Rav et Levi se séparent.
Ce que veut dire avoda tama : la chaîne du sang n'a qu'un terme, et les trois autres avodot se suffisent à elles-mêmes - tandis que la teroumat hadechen passe un filtre et échoue à l'autre.
8
וְלֵוִי — רַבִּי רַחֲמָנָא ״לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ״. וְרַב — הַהוּא לְאֵתוֹיֵי שֶׁבַע הַזָּאוֹת שֶׁבִּפְנִים וְשֶׁבִּמְצֹורָע.

Et Levi ? Le Miséricordieux a inclus [la teroumat hadechen] par « pour tout ce qui concerne l'autel ».

Et Rav ? Celui-là vient inclure les sept aspersions [faites] à l'intérieur, et celles du metsora (le lépreux).

📜 Rachi (2)
לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ לְרַבּוֹת עֲבוֹדַת סִילּוּק אִם עֲבוֹדָה תַּמָּה הִיא כְּגוֹן תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן:
Pour inclure un service de retrait, s'il s'agit d'une avoda tama - comme la teroumat hadechen.
שֶׁבַע הַזָּאוֹת שֶׁבִּפְנִים שֶׁמִּזֶּה עַל הַפָּרֹוכֶת מִפַּר הֶעֱלֵם דָּבָר וּפַר מָשִׁיחַ וְשֶׁל יוה"כ וְשֶׁבִּמְצוֹרָע שֶׁמִּזֶּה מִלֹּוג שֶׁמֶן בַּהֵיכָל כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא י״ד:ט״ז) וְהִזָּה מִן הַשֶּׁמֶן בְּאֶצְבָּעוֹ וְגוֹ' דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא לָאו דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ הוּא לְהָכִי רַבִּי לַכֹּל:
Qu'il asperge sur le voile [le sang] du taureau de l'erreur de la communauté (par helem davar), du taureau du cohen oint et de celui de Yom Kippour ; et celles du metsora, où il asperge du log d'huile dans le heikhal, comme il est écrit (Lévitique 14,16) : « et il aspergera de l'huile avec son doigt... ». Car il te serait venu à l'esprit de dire que ce n'est pas « chose de l'autel » - c'est pourquoi [le verset] a inclus par « lekhol » (pour tout).
🗂️ Tossefot (2)
וְלֵוִי רַבִּי רַחֲמָנָא לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ הָכָא לָא הֲוָה מָצֵי לְמִיפְרַךְ וּמֶה רָאִיתָ לְרַבּוֹת עֲבוֹדַת סִילּוּק וּלְמִעוּטֵי עֲבוֹדָה שֶׁאֵינָהּ תַּמָּה דְּיֵשׁ לוֹמַר דַּעֲבוֹדַת סִילּוּק דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ הִיא אֲבָל עֲבוֹדָה שֶׁאֵין תַּמָּה אֵינָהּ בַּמִּזְבֵּחַ אֲבָל קָשֶׁה לִי אִם כֵּן לִיחַייֵּב אַסִּידּוּר מַעֲרָכָה נָמֵי דְּהָא עֲבוֹדַת מִזְבֵּחַ נָמֵי הִיא וּמֶה רָאִיתָ לְמַעֵט אוֹתָהּ וּלְרַבּוֹת עֲבוֹדַת סִילּוּק אֶלָּא יֵשׁ לוֹמַר תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן עֲדִיפָא שֶׁקּוֹדֶמֶת לַכֹּל:
Ici on ne pouvait pas objecter : « et qu'as-tu vu [qui te fasse] inclure le service de retrait et exclure le service qui n'est pas achevé ? » - car on peut répondre que le service de retrait est bien « chose de l'autel », tandis que le service non achevé ne se fait pas sur l'autel. Mais il m'est difficile : s'il en est ainsi, qu'il soit passible aussi pour le sidour maarakha (la disposition du bûcher), car c'est aussi un service de l'autel ! Et qu'as-tu vu [qui te fasse] l'exclure, elle, et inclure le service de retrait ? Il faut plutôt dire que la teroumat hadechen est préférable, puisqu'elle précède tout.
לְאֵתוֹיֵי שֶׁבַע הַזָּאוֹת שֶׁבִּפְנִים וְשֶׁבִּמְצֹורָע תֵּימַהּ הוּא דְּקָא חֲשִׁיב אַרְבַּע עֲבוֹדוֹת שֶׁזָּר חַיָּיב עֲלֵיהֶם וְקָא חֲשִׁיב נִיסּוּךְ הַיַּיִן וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם בָּתַרְתִּי וְלָא חֲשִׁיב הַזָּאַת דָּם וְהַזָּאוֹת דְּשֶׁמֶן לִפְנִים נָמֵי בָּתַרְתִּי וי"ל דְּנִיסּוּךְ הַמַּיִם וְהַיַּיִן חֲשִׁיבִי וּמַשְׁכַּחַת לְהוּ שֶׁהֵן בָּאִין בִּגְלַל עַצְמָן לְהָכִי חַשְׁבִינְהוּ בְּאַנְפֵּי נַפְשַׁיְיהוּ אֲבָל הַזָּאוֹת דְּשֶׁמֶן בָּאוֹת בִּגְלַל זֶבַח שֶׁיֵּשׁ עִמָּהֶן מִינֵי דָּמִים וּלְהָכִי הֲוָה בִּכְלַל זְרִיקָה:
C'est étonnant : [la guemara] compte quatre avodot pour lesquelles le zar est passible, et elle compte la libation de vin et la libation d'eau pour deux - mais elle ne compte pas non plus l'aspersion du sang et les aspersions d'huile à l'intérieur pour deux [de plus] ! On peut répondre que les libations d'eau et de vin sont importantes, et qu'on les trouve venant pour elles-mêmes ; c'est pourquoi on les a comptées à part. Mais les aspersions d'huile viennent à cause d'un sacrifice, qui s'accompagne de sortes de sangs - elles sont donc comprises dans la zerika.
💡 Explication

Le désaccord se resserre sur un membre de phrase : lekhol devar ha-mizbeah. Pour Levi, il est là pour rouvrir ce que les deux filtres avaient fermé : tout ce qui se fait sur l'autel compte, y compris un service de retrait - donc la teroumat hadechen. Rachi précise la condition : un silouk, à condition qu'il soit une avoda tama ; le second filtre n'est pas annulé, seul le premier l'est.

Pour Rav, ce même membre de phrase sert ailleurs : à inclure des services qui ne se font pas sur l'autel et qu'on aurait donc crus hors du compte - les sept aspersions de sang sur le voile (taureau de l'erreur de la communauté, taureau du cohen oint, et celles de Yom Kippour), et les sept aspersions d'huile du metsora dans le heikhal (Lévitique 14,16).

Tossefot ajoute deux remarques importantes. D'abord, pourquoi Levi n'inclut-il pas aussi le sidour maarakha (la disposition du bûcher), qui est bien un service de l'autel ? Réponse : la teroumat hadechen est préférable, elle précède tout. Ensuite, pourquoi les aspersions ne sont-elles pas comptées comme des avodot supplémentaires dans la liste ? Parce que les libations d'eau et de vin peuvent venir pour elles-mêmes, alors que les aspersions accompagnent un sacrifice - elles sont donc englobées dans la zerika.

9
וְלֵוִי — נָפְקָא לֵיהּ מִ״דָּבָר״ ו״כל דָּבָר״. וְרַב — ״דָּבָר״ ו״כל דָּבָר״ לָא דְּרֵישׁ.

Et Levi ? Il les déduit de « davar » (chose) et de « kol davar » (toute chose).

Et Rav ? Il n'expose pas [de distinction entre] « davar » et « kol davar ».

📜 Rachi (1)
וְלֵוִי נָפְקָא לְהוּ כּוּלְּהוּ מִינֵּיהּ מְדַבֵּר לְכָל דָּבָר דְּהָא דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ גּוּפֵיהּ יְתֵירָה הוּא וְנִגְמַר מִינֵּיהּ תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן וּמֵרִיבּוּיָא דִּלְכָל דָּרֵישׁ בֵּיהּ הַזָּאָה הַפְּנִימִית:
Il les déduit toutes de là : de « davar » [et] de « lekhol davar ». Car « devar ha-mizbeah » lui-même est superflu, et l'on en apprend la teroumat hadechen ; et de l'inclusion de « lekhol », il expose l'aspersion intérieure.
💡 Explication

La question était : si Levi utilise lekhol devar ha-mizbeah pour la teroumat hadechen, d'où tire-t-il les aspersions intérieures que Rav en tirait ? Réponse : il découpe le surplus en deux.

Rachi explique le compte. L'expression devar ha-mizbeah est déjà superflue en elle-même - le verset aurait pu s'en passer - et c'est de là qu'on apprend la teroumat hadechen. Puis vient le mot lekhol (pour tout), qui est un surplus supplémentaire greffé sur le premier, et c'est de cette inclusion-là que Levi tire les aspersions intérieures. Deux mots en trop, deux enseignements.

Rav, lui, refuse ce type de découpage : il ne fait pas de différence exégétique entre davar et kol davar, et lit l'ensemble comme une seule inclusion. C'est une divergence de méthode autant que de contenu.

🖼️ Schéma
lekhol devar ha-mizbeah : ce que chacun tire des mots en trop Le verset pouvait dire devar ha-mizbeah. Il dit lekhol devar ha-mizbeah. Deux surplus, deux comptabilités. le-KHOL DEVAR ha-mizbeah RAV - quatre avodot davar ou kol davar : il n'expose pas la différence Tout le membre de phrase sert à une seule chose : inclure les sept aspersions du dedans par helem davar, par kohen machiah, Yom Kippour et celles du metsora le log d'huile aspergé dans le heikhal (Lv 14,16) Elles se font hors de l'autel : sans ce mot, on aurait cru qu'elles n'y sont pas rattachées. La teroumat hadechen reste dehors : c'est un silouk LEVI - cinq avodot il compte davar et kol davar séparément DEVAR ha-mizbeah, déjà superflu inclut la teroumat hadechen : un silouk, mais une avoda tama le-KHOL, le surplus du surplus inclut les sept aspersions du dedans et celles du metsora Deux mots en trop, deux inclusions distinctes L'objection finale, adressée à Levi : et si c'était un klal ou-perat ? lekhol devar ha-mizbeah serait le klal (la généralité), avodat matana le perat (la particularité). Or la règle est : ein ba-klal ela ma che-ba-perat - la généralité ne retient que ce que la particularité nomme. Alors : avodat matana, oui ; avodat silouk, non. Et la teroumat hadechen retombe hors de la liste. amar kra... - le daf s'arrête sur les deux premiers mots de la réponse. La suite est en 24b.
La comptabilité des mots en trop : une seule inclusion chez Rav, deux chez Levi - et l'objection de klal ou-perat qui attend au segment suivant.
10
וְאֵימָא: ״לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ״ — כְּלָל, ״עֲבוֹדַת מַתָּנָה״ — פְּרָט, כְּלָל וּפְרָט. אֵין בַּכְּלָל אֶלָּא מַה שֶׁבַּפְּרָט: עֲבוֹדַת מַתָּנָה — אִין, עֲבוֹדַת סִילּוּק — לָא! אֲמַר קְרָא:

Et dis donc : « pour tout ce qui concerne l'autel » serait un klal (une généralité), « avodat matana » un perat (une particularité) - [donc] un klal ou-perat. Or [dans un klal ou-perat] la généralité ne contient que ce qui est dans la particularité : un service de don, oui ; un service de retrait, non !

[Réponse :] le verset dit...

🗂️ Tossefot (1)
אֵין בַּכְּלָל אֶלָּא מַה שֶׁבַּפְּרָט תֵּימַהּ לִי א"כ לְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ לָמָּה לִי כִּדְקָאָמַר דָּבָר לְכָל דָּבָר [וַאֲפִילּוּ אִם תִּמְצָא לוֹמַר דִּלְכָל מַרְבֶּה הַזָּאוֹת שֶׁבִּפְנִים וְשֶׁבִּמְצוֹרָע מ"מ קַשְׁיָא כֵּיוָן דִּלְכָל מַשְׁמַע כְּלָלָא] אַדְּרַבָּה לִפְרֹוךְ לְאִידָךְ גִּיסָא דַּהֲוָה לָן לְמֵימַר דִּלְכָל דְּבַר הַמִּזְבֵּחַ הֲוָה לְהוּ שְׁנֵי כְּלָלוֹת הַסְּמוּכִין זֶה לָזֶה וְהַטַּל פְּרָט בֵּינֵיהֶם וַעֲבַדְתֶּם עֲבוֹדַת מַתָּנָה וְדוּנֵם בִּכְלָל וּפְרָט וּכְלָל וּלְכֹל חֲשִׁיב כְּלָל כְּמוֹ בְּכָל כִּדְדָרְשִׁינַן בְּכָל אֲשֶׁר תִּשְׁאָלְךָ נַפְשְׁךָ כְּלָל וְהָכִי אָמְרִינַן בְּפֶ' שׁוֹר שֶׁנָּגַח אֶת הַפָּרָה (בּ"ק דַּף נד:) ובר"פ מְרֻובֶּה (בָּבָא קַמָּא דַּף סד.) בְּכָל כְּלָלָא וא"כ נְרַבֵּי מִכְּעֵין הַפְּרָט אֲפִילּוּ דָּבָר שֶׁאֵין עֲבוֹדָה תַּמָּה וַאֲפִילּוּ עֲבוֹדַת סִילּוּק ואע"ג דְּלָא דָּמֵי כְּלָלָא בָּתְרָא לִכְלָלָא קַמָּא הָא דָּיְינִינַן בְּאֵלּוּ טְרֵיפוֹת (חֻולִּין דַּף סז.) כִּי הַאי גַווְנָא וְנִרְאֶה דְּשֶׁמָּא בְּכָל וּלְכָל לְחוּדֵיהּ לָא חֲשִׁיב כְּלָלָא אֶלָּא כְּשֶׁיֵּשׁ שׁוּם תֵּיבָה מְפֹורֶשֶׁת מֵאוֹתוֹ עִנְיָן אֶצְלוֹ כְּמוֹ הָתָם דִּכְתִיב בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ בַּבָּקָר וּבַצֹּאן וּבַיַּיִן וּבַשֵּׁכָר וְכֵן בַּדִּבְּרוֹת דִּכְתִיב וְכָל בְּהֶמְתֶּךָ וְהַהִיא דְּפֶרֶק שְׁלֹשָׁה מִינִין (נָזִיר דַּף לה.). חֲמוֹר אוֹ שׁוֹר אוֹ שֶׂה פָּרַט וְכָל כְּלַל בְּהֵמָה חָזַר וּפְרָט י"ל הַהִיא ר"א הִיא אִי נָמֵי שָׁאנֵי הָתָם דִּכְתִיב בְּרֵישָׁא חֲמוֹר אוֹ שׁוֹר וַהֲדַר וְכֹל אֲבָל הָכָא דִּכְתִיב בְּרֵישָׁא דְּעִנְיָנָא לְכָל הָוֵה לֵיהּ כְּלָל שֶׁאֵינוֹ מָלֵא וְאֵין דָּנִין אוֹתוֹ בִּכְלָל וּפְרָט וְכִי הַאי גַּווְנָא אָמְרִינַן בְּרֵישׁ פ"ק דִּזְבָחִים (דַּף ד:) אֵימָא יַעֲשֶׂה כָּלַל זֶבַח פָּרַט וּמְשַׁנֵּי אִי הֲוָה כְּתִיב יַעֲשֶׂה שְׁלָמִים זֶבַח כִּדְקָאָמְרַתְּ הַשְׁתָּא דִּכְתִיב יַעֲשֶׂה זֶבַח שְׁלָמִים הָוֵה לֵיהּ כְּלָל שֶׁאֵין מָלֵא וְכוּ':
Il m'est étonnant : s'il en est ainsi, pourquoi « lekhol devar ha-mizbeah » ? - comme [la guemara] l'a dit : « davar », « lekhol davar ». [Et même si tu veux dire que « lekhol » inclut les aspersions du dedans et celles du metsora, cela reste difficile, puisque « lekhol » indiquerait alors une généralité.] Au contraire, il faudrait objecter dans l'autre sens : il aurait fallu dire que « lekhol » et « devar ha-mizbeah » sont deux généralités voisines l'une de l'autre, qu'on place entre elles la particularité « ve-avadtem avodat matana », et qu'on les traite en <b>klal ou-perat ou-khlal</b> - car « lekhol » compte comme une généralité, tout comme « be-khôl », ainsi qu'on l'expose sur « en tout ce que ton âme demandera » : une généralité. Et c'est ainsi que nous disons au chapitre Chor che-nagah et ha-para (Baba Kama 54b) et au début du chapitre Merouba (Baba Kama 64a) : « be-khôl » est une généralité. Et s'il en est ainsi, nous inclurions tout ce qui ressemble à la particularité - même une chose qui n'est pas une avoda tama, et même un service de retrait. Et bien que la seconde généralité ne ressemble pas à la première, nous raisonnons pourtant de la sorte dans Elou terefot (Houlin 67a). Il semble donc que « be-khôl » et « lekhol » à eux seuls ne comptent peut-être pas comme généralité - sauf lorsqu'il y a à côté un mot explicite du même domaine, comme la-bas où il est écrit « en tout ce que ton âme désirera : en gros bétail, en petit bétail, en vin et en boisson forte », et de même dans les Dix Paroles où il est écrit « et tout ton bétail ». Quant à ce passage du chapitre Cheloucha minim (Nazir 35a) - « âne, ou bœuf, ou agneau » est une particularité, « et tout » une généralité, « bétail » revient et particularise - on peut répondre que c'est l'opinion de Rabbi Eliezer ; ou bien que là-bas c'est différent, puisqu'il est écrit d'abord « âne ou bœuf » et ensuite « et tout ». Mais ici, où « lekhol » est écrit en tête du sujet, c'est une généralité incomplète (klal che-eino mâle), et l'on ne raisonne pas dessus en klal ou-perat. Et de la même manière nous disons au début du premier chapitre de Zevahim (4b) : dis donc que « yaassé » est une généralité et « zevah » une particularité - et [la guemara] répond : s'il avait été écrit « yaassé chelamim zevah », ce serait comme tu dis ; mais puisqu'il est écrit « yaassé zevah chelamim », c'est une généralité incomplète, etc.
💡 Explication

Dernière objection du daf, dirigée contre Levi, et elle utilise l'artillerie lourde de l'herméneutique. Les middot (règles d'exégèse) prévoient que lorsqu'une généralité est suivie d'une particularité, la généralité se rétracte sur la particularité : ein ba-klal ela ma che-ba-perat.

Appliquée ici, la règle détruit la lecture de Levi. Lekhôl devar ha-mizbeah, qu'il traitait comme une porte ouverte incluant le silouk, deviendrait le klal ; avodat matana deviendrait le perat ; et le résultat serait exactement l'inverse de ce que Levi veut : seuls les services de don comptent, et la teroumat hadéchen retombe hors de la liste.

La guemara commence sa réponse - amar kra, le verset dit - et le daf s'interrompt sur ces deux mots. Tossefot, lui, prend le problème par l'autre bout : pourquoi ne pas lire un klal ou-perat ou-khlal, qui élargirait au lieu de restreindre ? Sa réponse tient à une finesse : le-khôl seul, sans un mot explicite du même domaine à côté de lui, ne constitue pas une vraie généralité - c'est un klal che-eino mâle, une généralité incomplète, sur laquelle on ne raisonne pas en klal ou-perat.

🖼️ Schéma
Klal ou-perat : la règle d'exégèse retournée contre Levi Quand une généralité est suivie d'une particularité, la généralité ne retient que la particularité lekhol devar ha-mizbeah ou-le-mi-beit la-parokhet - ve-avadtem AVODAT MATANA pour tout ce qui concerne l'autel et pour l'intérieur du voile - et vous servirez : un service de don KLAL - la généralité lekhol devar ha-mizbeah Tout ce qui touche à l'autel : une porte grande ouverte. PERAT - la particularité avodat matana Un seul type de geste : déposer sur l'autel. ein ba-klal ela ma che-ba-perat La généralité est ramenée à la seule particularité nommée. avodat matana : oui. avodat silouk : NON - et la teroumat hadéchen tombe. Tossefot : pourquoi ne pas plutôt y voir un klal ou-perat ou-khlal ? On aurait pu traiter lekhol et devar ha-mizbeah comme deux généralités encadrant la particularité - ce qui, au lieu de restreindre, aurait inclus tout ce qui ressemble au perat : même un silouk, même un service non achevé. Réponse : le-khôl tout seul ne fait pas un klal. Sans mot explicite à côté, c'est un klal che-eino mâle - une généralité incomplète - et l'on ne raisonne pas dessus en klal ou-perat.
La mécanique du klal ou-perat retournée contre Levi, et la parade de Tossefot : le-khôl seul ne fait pas une généralité pleine.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).