Yoma 25a -- vêtements profanes ou vêtements sacrés pendant le payis, le plan de la Lichkat haGazit déduit d'un homme assis, et le second payis : treize cohanim pour un seul agneau.

Yoma 25a

Sougya : Le daf achève le débat entamé en 24b : Rav Nahman tenait que les cohanim tiraient au sort en vêtements profanes, Rav Chechet en vêtements sacrés, et la michna de Tamid -- on leur ôtait leurs vêtements et ne leur laissait que les caleçons -- se laisse lire dans les deux sens, selon qu'on y voit l'habillage des gagnants ou le déshabillage des perdants. La guemara penche pour Rav Chechet, hakhi nami mistabra, parce que la lecture de Rav Nahman oblige à une manœuvre en deux temps pour ne pas violer la règle selon laquelle rien ne précède les mikhnassaim sur la chair ; mais Rav Nahman s'en sort en glissant les caleçons sacrés sous les vêtements profanes avant de les retirer.

Rav Chechet tente alors une preuve positive -- le memouneh ôte une mitsnefet, or il n'y a pas de mitsnefet profane -- et elle tombe sur un fait de mœurs : les mères des cohanim leur faisaient à leurs frais des répliques des vêtements sacerdotaux, avec lesquelles on n'accomplit qu'un service individuel. Personne n'est réfuté.

La baraita citée au passage devient alors, entre les mains d'Abaye, un plan d'architecte : un Ancien assis à l'ouest interdit que la Lichkat haGazit soit toute en zone sacrée, un payis à l'est interdit qu'elle soit toute profane, et la règle voulant que le statut d'une chambre suive sa porte et non son terrain impose qu'elle en ait eu deux, une de chaque côté. La seconde moitié du daf passe à la michna du second payis, qui distribue en une fois l'essentiel du tamid du matin : chehita, zerika, cendre de l'autel intérieur, cendre de la menora, puis neuf porteurs -- six charges de viande, la solet, les havitin et le vin --, soit treize cohanim, avec l'ordre concurrent de Ben Azzai calqué sur la marche de la bête.

La guemara se referme sur la question de procédure que ce chiffre soulevait : tire-t-on au sort une fois, les douze autres services suivant le gagnant vers la droite, ou treize fois ? L'objection des quatre payassot est écartée par Rav Nahman bar Yits'hak, qui distingue le nombre d'entrées du nombre de tirages.

Pendant le payis, les cohanim sont-ils en vêtements profanes ou en vêtements sacrés ? Rav Nahman contre Rav Chechet - le même texte de Tamid lu dans les deux sens Michna de Tamid : on les remettait aux hazanim, qui leur ôtaient leurs vêtements et ne leur laissaient que les mikhnassaim (les caleçons) Rav Nahman : bigdei HOL on tire au sort en vêtements profanes La michna parle des GAGNANTS on leur ôte le profane pour les revêtir du sacré preuve : ils y venaient en hol Rav Chechet : bigdei KODECH on tire au sort en vêtements sacrés La michna parle des PERDANTS on leur ôte les vêtements sacrés avec lesquels ils ont fait le payis rien ne prouve donc le hol Premier test : rien ne doit précéder les mikhnassaim - ou-mikhnesei bad yihyou al bessaro (Lv 16,4) Le tour de force imposé à Rav Nahman vêtements sacrés posés sur des caleçons profanes, puis on change les caleçons dessous hakhi nami mistabra : la guemara penche pour Rav Chechet La parade de Rav Nahman tant que le profane est encore sur eux, on glisse d'abord les caleçons SACRÉS puis on ôte le profane : plus rien ne précède les mikhnassaim, et nul ne reste nu Second test : la baraita de la Lichkat haGazit - le memouneh ôte une MITSNEFET Rav Chechet : mena amina la un turban ne fait pas partie de la garde-robe profane : ils sont donc en vêtements sacrés Réponse : in - oui, cela existe un cohen dont la mère lui a fait une ketonet on portait des répliques faites à la maison Aucun des deux camps n'est réfuté : la guemara quitte le débat sans trancher et passe au plan de la Lichka
Toute la première moitié du daf tient dans cette question de garde-robe : le même texte de Tamid prouve le hol pour Rav Nahman et le kodech pour Rav Chechet. Les deux tests -- l'ordre des caleçons, la mitsnefet -- font pencher la balance puis la redressent, et personne n'est réfuté.
Abaye lit le plan de la Lichkat haGazit dans deux détails de la baraita le payis à l'est, l'Ancien assis à l'ouest - deux détails, deux conclusions HOL har habayit KODECH la azara Lichkat haGazit - comme une grande bassiliki OUEST - moitié hol zaken l'Ancien du beit din est ASSIS il enseigne l'ordre des payassot or on ne s'assied pas dans la azara EST - moitié kodech le PAYIS - cercle de cohanim disposés comme un kholyar be-veit Elokim nehalekh be-ragech porte 1 sur le hol porte 2 sur le kodech Les deux chema mina d'Abaye 1. Moitié kodech, moitié hol tout en kodech ? alors l'Ancien serait assis dans la azara - interdit sauf aux rois de David tout en hol ? alors le payis ne se ferait pas dans la Maison de Dieu - be-ragech tombe donc : la lichka est à cheval sur la limite 2. Deux portes, une de chaque côté une seule porte, sur le kodech ? tout l'intérieur devient kodech - l'Ancien ne peut plus s'asseoir une seule porte, sur le hol ? tout l'intérieur devient hol - le payis perd sa sainteté donc : chaque moitié suit sa propre porte La règle des chambres du Temple - ce n'est pas le sol qui décide, c'est la porte bâtie dans le HOL, ouvrant sur le KODECH = kodech bâtie dans le KODECH, ouvrant sur le HOL = hol Une chambre à une seule porte est donc uniforme d'un bout à l'autre : c'est exactement ce qu'Abaye ne peut pas admettre, puisque la baraita fait cohabiter dans la même pièce un homme assis et un tirage au sort qui doit se tenir en zone sacrée.
Abaye tire du seul mobilier de la baraita -- un homme assis à l'ouest, un tirage au sort à l'est -- le plan complet de la Lichkat haGazit : à cheval sur la frontière du sacré, et percée de deux portes, parce que c'est la porte et non le sol qui décide du statut de l'intérieur.
Le second payis : treize cohanim pour un seul agneau quatre services autour du sang et des cendres, puis neuf porteurs vers la rampe Les 4 premiers - le sang et les cendres 1 mi chohet - qui égorge le tamid 2 mi zorek - qui asperge le sang 3 mi medachen le mizbeah intérieur l'autel d'or, dans le Heikhal 4 mi medachen la menora cendres et mèches consumées Les 9 suivants - monter à la rampe (kevech) 5 la tête et la patte arrière droite 6 les deux pattes avant - yadaim 7 l'okets - croupion et queue - et la patte gauche 8 la poitrine - haze - et la guera - le cou 9 les deux flancs - defanot 10 les entrailles - keravaim 11 la solet - un issaron de fleur de farine 12 les havitin - le demi-issaron du kohen gadol 13 le yayin - trois loguin de libation les trois derniers ne sont pas des morceaux de la bête : ce sont les accompagnements obligatoires du tamid 4 + 9 = 13 cohanim chelocha assar kohanim zakhou bo Ben Azzai, au nom de Rabbi Yehochoua derekh hilokho haya karev - un autre ordre, calqué sur la manière dont la bête marchait La question que la guemara ouvre aussitôt Tire-t-on au sort une seule fois, pour la chehita, les douze autres suivant automatiquement le gagnant vers la droite ? Ou bien tire-t-on au sort treize fois, service par service ? La michna dit quatre payassot - Rav Nahman bar Yitshak les relit.
La michna du second payis : quatre services, puis neuf porteurs dont les trois derniers ne portent pas de viande mais les accompagnements. Treize gagnants -- et c'est ce chiffre qui ouvre la question de la guemara : treize tirages, ou un seul ?
1
מַאי לַָאו, בְּאוֹתָן שֶׁזָּכוּ לְפַייֵּס. אָמַר רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לֹא, בְּאוֹתָן שֶׁלֹּא זָכוּ לַפַּיִיס.

Quoi ! N'est-ce pas [que la michna de Tamid parle] de ceux qui ont gagné au payis ?

Rav Houna bar Yehouda a dit au nom de Rav Chechet : non — [elle parle] de ceux qui n'ont PAS gagné au payis.

📜 Rachi (1)
בְּאוֹתָם שֶׁלֹּא זָכוּ לְפַיֵּיס הָיוּ מַפְשִׁיטִין בִּגְדֵי קֹדֶשׁ שֶׁהֵפִיסוּ בָּהֶן:
De ceux qui n'ont pas gagné au payis — on leur ôtait les vêtements sacrés avec lesquels ils avaient fait le payis.
🗂️ Tossefot (1)
מַאי לָאו בְּאוֹתָן שֶׁזָּכוּ לַפַּיִיס תֵּימַהּ הוּא מַאי מַיְיתֵי רַב נַחְמָן מֵהָכָא כֵּיוָן דְּרַב שֵׁשֶׁת מָצֵי דָּחֵי לָהּ וְאַדְּרַבָּה טְפֵי יֵשׁ רְאָיָה לְרַב שֵׁשֶׁת מִכָּאן כִּדְקָאָמַר הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא וְרַב נַחְמָן אִיצְטְרִיךְ לְשַׁנּוֹיֵי בְּדֹוחַק וְי"ל מִשּׁוּם דִּלְעֵיל מִינָּהּ אַייְרֵי בְּזוֹכִין בַּעֲבוֹדָה דְּקָתָנֵי ראב"י אוֹמֵר הַמַּעֲלֶה אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ הוּא מַעֲלֶה עַל גַּב הַמִּזְבֵּחַ וַהֲדַר קָתָנֵי מְסָרוּן לַחַזָּנִים וְהַיְינוּ נָמֵי דְּקָאָמַר רַב שֵׁשֶׁת בְּסָמוּךְ מְנָא אֲמִינָא לַהּ וְלָא מַיְיתֵי מֵהָא דְּהָכָא דְּקָאָמַר אִיהוּ גּוּפֵיהּ ה"נ מִסְתַּבְּרָא אֶלָּא מֵהָא לֵיכָּא לְמִשְׁמַע מִינָא דְּדָיְיקָא כְּמַר וּכְמַר:
C'est étonnant : que vient donc prouver Rav Nahman à partir d'ici, puisque Rav Chechet peut écarter [la preuve] ? Bien au contraire, il y a plutôt ici une preuve pour Rav Chechet, comme le dit [la guemara] : « ainsi est-il en effet raisonnable » (hakhi nami mistabra), tandis que Rav Nahman est contraint de répondre de façon forcée. On peut répondre : c'est que juste avant, [la michna de Tamid] traite de ceux qui gagnent un service — car elle enseigne : « Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : celui qui monte les membres à la rampe, c'est lui qui les fait monter sur l'autel » — et elle enseigne ensuite : « on les remettait aux hazanim » ; [ce voisinage suggère que la suite parle encore des gagnants]. Et c'est aussi pourquoi Rav Chechet, plus loin, demande « d'où est-ce que je le dis ? » et ne l'apporte pas d'ici, alors que lui-même a dit « ainsi est-il en effet raisonnable » : c'est qu'en définitive on ne peut rien déduire d'ici, le texte se laissant lire aussi bien selon l'un que selon l'autre.
💡 Explication

La discussion vient de 24b : Rav Nahman soutenait que le tirage au sort se faisait en vêtements profanes (bigdei hol), et il en apportait la preuve d'une michna du traité Tamid — on remettait les cohanim aux hazanim, qui leur ôtaient leurs vêtements et ne leur laissaient que les mikhnassaim, les caleçons.

Le raisonnement de Rav Nahman est simple : si l'on doit les déshabiller après le payis, c'est qu'ils y sont venus vêtus d'autre chose que du sacré. Rav Chechet retourne la scène comme un gant : la michna ne décrit pas l'habillage des gagnants, mais le déshabillage des perdants. Tous portaient déjà les vêtements sacrés pendant le tirage ; ceux qui n'ont rien gagné les rendent.

Un même geste, deux directions opposées. C'est cette ambiguïté — le texte ne dit pas si l'on habille ou si l'on déshabille — qui va occuper toute la première moitié du daf.

2
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ בְּאוֹתָן שֶׁזָּכוּ לַפַּיִיס, ״לֹא הָיוּ מַנִּיחִין עֲלֵיהֶן אֶלָּא מִכְנָסַיִם בִּלְבַד״? וְהַתַּנְיָא: מִנַּייִן שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר קוֹדֵם לַמִּכְנָסַיִם — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּמִכְנְסֵי בַד יִהְיוּ עַל בְּשָׂרוֹ״!

Ainsi est-il en effet raisonnable [de comprendre comme Rav Chechet]. Car si tu venais à penser [qu'il s'agit] de ceux qui ont gagné au payis — [comment comprendre] « on ne leur laissait que les mikhnassaim (caleçons) seuls » ?

Or il a été enseigné [dans une baraita] : d'où [sait-on] que rien ne doit précéder les mikhnassaim ? De ce que le verset dit : « et des caleçons de lin seront sur sa chair » (Lévitique 16,4) !

📜 Rachi (1)
דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּאוֹתָן שֶׁזָּכוּ וְהַפְשָׁטָה זוֹ בִּגְדֵי חוֹל וּלְהַלְבִּישָׁן בִּגְדֵי קֹדֶשׁ וְקָתָנֵי לֹא הָיוּ מַנִּיחִין עֲלֵיהֶן אֶלָּא מִכְנְסֵי חוֹל אַלְמָא מַלְבִּישִׁין אוֹתָן בִּגְדֵי קֹדֶשׁ עַל מִכְנְסֵי חוֹל וְאַחַ"כּ פּוֹשְׁטִין מִכְנְסֵי חוֹל וְלוֹבְשִׁין לְמִכְנְסֵי קֹדֶשׁ וְהַתַּנְיָא כו':
Car si tu venais à penser [qu'il s'agit] de ceux qui ont gagné — ce déshabillage est celui des vêtements profanes, en vue de les revêtir des vêtements sacrés ; et la michna enseigne : on ne leur laissait que les caleçons profanes. Il s'ensuivrait qu'on leur met les vêtements sacrés par-dessus les caleçons profanes, puis qu'on ôte les caleçons profanes et qu'on revêt les caleçons sacrés. Or il a été enseigné, etc.
💡 Explication

La guemara prend parti — hakhi nami mistabra, « il est en effet raisonnable [de lire ainsi] » — et elle le fait au moyen d'un détail vestimentaire très précis.

Reprenons la lecture de Rav Nahman. On leur ôte leurs vêtements profanes pour les revêtir du sacré, et l'on ne laisse que les caleçons — profanes, forcément, puisqu'ils portaient du profane. Il faudra donc les changer plus tard, une fois la tunique sacrée enfilée par-dessus. Rachi décrit la manœuvre pas à pas.

Or une baraita l'interdit : le verset dit al bessaro, « sur sa chair ». Les caleçons sacrés doivent être le premier vêtement à toucher le corps ; rien ne peut les précéder. La reconstitution de Rav Nahman fait passer la ketonet avant eux — elle est donc irrecevable telle quelle.

🖼️ Schéma
Rien ne doit précéder les mikhnassaïm : trois manières d'habiller le cohen ou-mikhnesei bad yihyou al bessaro - des caleçons de lin seront sur sa CHAIR (Lévitique 16,4) A. Rav Nahman lu naïvement - et c'est ce qui le met en difficulté tenue profane complète -> caleçons PROFANES seuls -> sacré posé SUR du profane -> on change dessous INTERDIT : la ketonet sacrée a précédé les caleçons sacrés - ils ne sont plus les premiers sur la chair B. La parade de Rav Nahman - c'est ainsi qu'il faut lire la michna tenue profane complète -> on glisse les caleçons SACRÉS dessous -> on ôte tout le profane -> le sacré Deux problèmes réglés d'un coup : les caleçons sacrés touchent la chair les premiers, et nul ne se retrouve nu C. Rav Chechet - la difficulté ne se pose même pas déjà en vêtements SACRÉS au payis -> les PERDANTS sont déshabillés -> il leur reste leurs caleçons - aucun ordre à respecter On déshabille, on ne rhabille pas : la règle de Lévitique 16,4 n'a pas d'occasion de s'appliquer C'est pourquoi la guemara dit hakhi nami mistabra : la lecture C'est simple, la lecture B est une reconstitution
Le point de friction est un ordre d'habillage. La lecture de Rav Chechet n'habille personne et ne rencontre donc jamais la règle du verset ; celle de Rav Nahman doit inventer une manœuvre en deux temps pour la respecter.
3
וְאִידָךְ? הָא לָא קַשְׁיָא, הָכִי קָתָנֵי: עַד שֶׁעוֹדָן עֲלֵיהֶן בִּגְדֵי חֹול מַלְבִּישִׁין אוֹתָן מִכְנְסֵי קֹדֶשׁ, וְהָיוּ מַפְשִׁיטִין אוֹתָן בִּגְדֵי חֹול וְלֹא הָיוּ מַנִּיחִין אֶלָּא מִכְנָסַיִם בִּלְבַד.

Et l'autre [Rav Nahman, que répondra-t-il] ? Cela n'est pas une difficulté : voici ce que la michna enseigne — tant que les vêtements profanes sont encore sur eux, on leur met les caleçons sacrés ; puis on leur ôtait les vêtements profanes, et l'on ne laissait que les caleçons [sacrés] seuls.

📜 Rachi (1)
מַלְבִּישִׁין אוֹתָן מִכְנְסֵי קֹדֶשׁ כְּדֵי שֶׁלֹּא יַעַמְדוּ עֲרוּמִים כְּשֶׁהִפְשִׁיטוּם:
On leur met les caleçons sacrés — pour qu'ils ne se tiennent pas nus lorsqu'on les a déshabillés.
💡 Explication

Rav Nahman n'a pas besoin de renoncer : il lui suffit de réordonner la scène. Les caleçons sacrés sont enfilés en premier, sous les vêtements profanes encore en place ; ensuite seulement on retire tout le profane. À la fin, le cohen ne porte que les caleçons — sacrés — et le verset est respecté à la lettre.

Rachi ajoute la raison pratique qui rend cette manœuvre naturelle : pour qu'ils ne se tiennent pas nus pendant le changement. Le caleçon est le seul vêtement qu'on ne peut retirer par pudeur ; il fait donc charnière entre les deux tenues, et c'est précisément pour cela qu'on commence par lui.

La lecture tient, mais elle est manifestement plus laborieuse que celle de Rav Chechet — d'où le hakhi nami mistabra du segment précédent. La guemara ne tranche pas : elle constate seulement une asymétrie de vraisemblance.

4
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת, מְנָא אֲמִינָא לַהּ, דְּתַנְיָא: לִשְׁכַּת הַגָּזִית כְּמִין בָּסִילְקֵי גְּדוֹלָה הָיְתָה, פַּיִיס בְּמִזְרָחָהּ, וְזָקָן יוֹשֵׁב בְּמַעֲרָבָהּ. וְהַכֹּהֲנִים מֻוקָּפִין וְעוֹמְדִין כְּמִין (ב)כּוּלְיָאר, וְהַמְמֻונֶּה בָּא וְנוֹטֵל מִצְנֶפֶת מֵרֹאשׁוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן, וְיוֹדְעִין שֶׁמִּמֶּנּוּ פַּיִיס מַתְחִיל. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּבִגְדֵי חֹול — מִצְנֶפֶת בְּבִגְדֵי חֹול מִי אִיכָּא.

Rav Chechet a dit : d'où est-ce que je le dis [que le payis se faisait en vêtements sacrés] ? De ce qu'il a été enseigné [dans une baraita] : la Lichkat haGazit (la Chambre de la pierre taillée) était bâtie comme une grande bassiliki (basilique) ; le payis se tenait dans sa partie est, et un Ancien siégeait dans sa partie ouest.

Les cohanim se tenaient debout, disposés en cercle à la manière d'un kholyar (un bracelet), et le memouneh (le préposé) venait ôter la mitsnefet (le turban) de la tête de l'un d'eux — et l'on savait ainsi que c'est de lui que partait le décompte du payis. Or, si tu venais à penser [qu'ils étaient] en vêtements profanes — y a-t-il donc une mitsnefet parmi les vêtements profanes ?

📜 Rachi (6)
לִשְׁכַּת הַגָּזִית שֶׁשָּׁם הָיוּ מְפִיסִין:
La Lichkat haGazit — c'est là que l'on faisait le payis.
בְּסִילְקֵי בַּיִת גָּבוֹהַּ שֶׁעַל עֲלִיָּיה:
Bassiliki — un édifice élevé, bâti sur un étage.
פַּייִס בְּמִזְרָחָהּ קְבֻוצַת הֶיקֵּף הַמְפַייְּסִין בְּמִזְרָחָהּ הָיְתָה:
Le payis dans sa partie est — le rassemblement en cercle de ceux qui tiraient au sort se tenait dans sa partie est.
וְזָקֵן שֶׁל ב"ד הַמּוֹרֶה לָהֶן סֵדֶר הַפָּיְיסִין יוֹשֵׁב בְּמַעֲרָבָהּ:
Et un Ancien — [membre] du beit din, celui qui leur enseignait l'ordre des payassot, siégeait dans sa partie ouest.
בְּכוּלְיָאר עָגוֹל שֶׁקּוֹרִין נושק"א:
En forme de kholyar — un cercle, que l'on appelle nouchka [en langue vernaculaire].
שֶׁמִּמֶּנּוּ מַתְחִיל מִנְיַן חֶשְׁבּוֹן הַפַּיִיס כְּמוֹ שֶׁפֵּירַשְׁתִּי בְּרֹאשׁ הַפֶּרֶק:
Que c'est de lui que l'on commence — le décompte du payis, comme je l'ai expliqué au début du chapitre.
🗂️ Tossefot (1)
נוֹטֵל מִצְנֶפֶת שֶׁל אֶחָד מֵהֶם מִכָּאן קָשֶׁה לְפֵירוּשׁ רִיבָ"א דְּפֵירוּשׁ דְּשֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט קְרוּיָה מִגְבַּעַת לְפִי שֶׁהִיא רְחָבָה וְשֶׁל כ"ג מִצְנֶפֶת שֶׁהִיא קְצָרָה לְפִי שֶׁהָיָה צֹורֶךְ לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין וְצִיץ וי"ל לְשׁוֹן תּוֹרָה לְחוּד וּלְשׁוֹן חֲכָמִים לְחוּד דְּבִלְשׁוֹן תּוֹרָה קָרֵי לְשֶׁל כ"ג מִצְנֶפֶת בְּכָל דֻּוכְתָּא וְכִי הַהִיא דְּאָמְרִינַן בְּפֶ' קַמָּא דְּגִיטִּין (דַּף ז.) הָסִר הַמִּצְנֶפֶת וְהָרִם הָעֲטָרָה בִּזְמַן שֶׁמִּצְנֶפֶת בְּרֹאשׁ כ"ג יֶשְׁנָהּ לַעֲטָרָה בְּרֹאשׁ כָּל אָדָם נִסְתַּלְּקָה מִצְנֶפֶת מֵרֹאשׁ כ"ג נִסְתַּלְּקָה עֲטָרָה מֵרֹאשׁ כָּל אָדָם:
De là, une difficulté contre l'explication du Rivam, qui expliquait que [le couvre-chef] du cohen ordinaire s'appelle migbaat parce qu'il est large, et celui du kohen gadol mitsnefet parce qu'il est étroit — le kohen gadol ayant besoin de place pour y poser les tefillin et le tsits. [Or ici, c'est un cohen ordinaire qui porte une mitsnefet.] On peut répondre : la langue de la Torah est une chose et la langue des Sages en est une autre ; dans la langue de la Torah, c'est bien celui du kohen gadol qui est partout appelé mitsnefet, comme dans ce que nous disons au premier chapitre de Guittin (7a) : « Ôte la mitsnefet et enlève la couronne » (Ezechiel 21,31) — tant que la mitsnefet est sur la tête du kohen gadol, la couronne est sur la tête de tout homme ; une fois la mitsnefet ôtée de la tête du kohen gadol, la couronne a été ôtée de la tête de tout homme.
💡 Explication

Rav Chechet cherche maintenant une preuve positive, et il la trouve dans une baraita descriptive : la salle, la disposition, le geste du préposé. Le détail qui l'intéresse est le dernier — le memouneh ôte la mitsnefet de la tête d'un cohen pour marquer le point de départ du décompte.

Or la mitsnefet est l'une des quatre pièces du vêtement du cohen ordinaire, une pièce strictement sacerdotale. Si l'on peut en ôter une, c'est qu'ils en portaient : donc, pendant le payis, ils étaient en bigdei kodech.

Retenez au passage le décor, car Abaye va s'en servir deux segments plus loin : une salle en forme de bassiliki, le tirage à l'est, un Ancien assis à l'ouest. Trois détails apparemment anodins qui vont livrer le plan complet du bâtiment.

5
אִין — כִּדְתָנֵי רַב יְהוּדָה וְאִיתֵּימָא רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: כֹּהֵן שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹונֶת, עוֹבֵד בָּהּ עֲבוֹדַת יָחִיד.

Oui [il existe bel et bien une mitsnefet profane] — comme l'a enseigné Rav Yehouda, et selon d'autres Rav Chemouel bar Yehouda : un cohen dont la mère lui a confectionné une ketonet (tunique) peut accomplir avec elle un service individuel.

📜 Rachi (1)
כִּדְקָתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה לְקַמָּן בְּפֶרֶק ג' (יוֹמָא דַּף לה:) שֶׁהָיוּ אִמּוֹתֵיהֶן שֶׁל כֹּהֲנִים עוֹשׂוֹת לִבְנֵיהֶם מִשֶּׁלָּהֶם כְּמִין בִּגְדֵי כְּהֻונָּה לְהַרְאוֹת תִּפְאֶרֶת עָושְׁרָן וְנוֹי מְלָאַכְתָּן וְכַמָּה הֵן מְהַדְּרוֹת מִצְוֹת דְּקָתָנֵי כֹּהֵן שֶׁעָשְׂתָה לוֹ אִמּוֹ כְּתֹונֶת לוֹבְשָׁהּ וְעוֹבֵד בָּהּ עֲבוֹדַת יָחִיד:
Comme l'enseigne Rav Chemouel bar Yehouda — plus loin, au chapitre 3 (Yoma 35b) : les mères des cohanim confectionnaient pour leurs fils, à leurs propres frais, une sorte de vêtements sacerdotaux, pour montrer la splendeur de leur richesse et la beauté de leur ouvrage, et combien elles embellissaient les mitsvot. Car il y est enseigné : un cohen dont la mère lui a fait une tunique, il la revêt et accomplit avec elle un service individuel.
💡 Explication

La preuve de Rav Chechet tombe sur un fait de mœurs. In — « oui, cela existe » : il y avait bel et bien des couvre-chefs de facture profane, taillés sur le modèle sacerdotal.

La baraita citée le montre pour la tunique : les mères des cohanim leur confectionnaient à leurs frais des vêtements imitant ceux du Temple. Rachi explique pourquoi — montrer la splendeur de leur richesse, la beauté de leur ouvrage, et surtout kama hen mehadrot mitsvot, combien elles embellissaient les mitsvot. Ces vêtements-là n'ont pas été consacrés par la communauté : ils restent la propriété du cohen.

D'où la restriction technique : ils ne valent que pour une avodat yahid, un service individuel, et non pour le service public, qui exige des vêtements appartenant à la collectivité. Mais pour le payis, qui n'est pas un service, une mitsnefet privée suffit amplement — et la preuve de Rav Chechet perd sa force.

6
אָמַר אַבַּיֵּי: שְׁמַע מִינַּהּ לִשְׁכַּת הַגָּזִית חֶצְיָהּ בַּקֹּדֶשׁ וְחֶצְיָהּ בַּחֹול, וּשְׁמַע מִינַּהּ שְׁנֵי פְתָחִים הָיוּ לָהּ, אֶחָד פָּתוּחַ בַּקֹּדֶשׁ, וְאֶחָד פָּתוּחַ בַּחוֹל. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כֻּולָּהּ בַּקֹּדֶשׁ — זָקֵן יוֹשֵׁב בְּמַעֲרָבָהּ? וְהָאָמַר מַר: אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד בִּלְבַד.

Abaye a dit : apprends de là [de cette baraita] que la Lichkat haGazit était pour moitié en zone sacrée (kodech) et pour moitié en zone profane (hol) ; et apprends-en encore qu'elle avait deux portes, l'une ouvrant sur le kodech et l'autre ouvrant sur le hol. Car si tu venais à penser qu'elle était tout entière en zone sacrée — un Ancien siégerait dans sa partie ouest ?

Or le Maître a dit : il n'y a pas de position assise dans la azara (le parvis), sauf pour les rois de la maison de David uniquement !

📜 Rachi (2)
אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה שֶׁנֶּאֱמַר (דְּבָרִים י״ח:ז׳) לַעֲמֹוד לְשָׁרֵת הָעֹומְדִים שָׁם לִפְנֵי ה':
Il n'y a pas de position assise dans la azara — car il est dit : « pour se tenir debout et servir » (Deutéronome 18,7), [et encore] « ceux qui se tiennent là devant l'Éternel ».
אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד שֶׁמָּצִינוּ בָּהֶן יְשִׁיבָה שֶׁנֶּאֱמַר (שְׁמוּאֵל ב ז׳:י״ח) וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה' וַיֹּאמֶר מִי אָנֹכִי וּמִי בֵּיתִי וְגוֹ':
Sauf pour les rois de la maison de David — car nous trouvons chez eux la position assise, comme il est dit : « Le roi David vint et s'assit devant l'Éternel, et il dit : qui suis-je, et qu'est ma maison... » (II Samuel 7,18).
🗂️ Tossefot (1)
אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה תֵּימַהּ דְּאָמַר בפ"ב דִּזְבָחִים (דַּף טז.) וּמַה יוֹשֵׁב שֶׁאוֹכֵל אִם עָבַד חִילֵּל וְכוּ' וְהֵיכִי אָכִיל וְהָא אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה וי"ל שֶׁאוֹכֵל בְּקָדָשִׁים קַלִּים הַנֶּאֱכָלִין בְּכָל הָעִיר אִי נָמֵי אור"י בַּר אַבְרָהָם דְּאַף עַל גַּב דְּאֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד הנ"מ לִדְבָרִים דְּלָאו צֹורֶךְ עֲבוֹדָה אֲבָל אֲכִילָה צֹורֶךְ עֲבוֹדָה הִיא דִּכְתִיב וְאָכְלוּ אֹותָם אֲשֶׁר כֻּופַּר בָּהֶם שֶׁהַכֹּהֲנִים אוֹכְלִים וּבְעָלִים מִתְכַּפְּרִים מֵישְׁרָא שָׁרִי וְאָתֵי שַׁפִּיר נָמֵי הָא דְּפָרִיךְ בְּפֶרֶק שֵׁנִי דִּזְבָחִים (דַּף יט:) גַּבֵּי קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם מִן הַכִּיּוֹר דְּפָרִיךְ וְלִיתֵּיב מִיתָּב אע"ג דְּבָעֲזָרָה הֲוָה צֹורֶךְ עֲבוֹדָה שָׁרִי אֲבָל פַּיִיס דְּהָכָא לָא חֲשִׁיב צֹורֶךְ עֲבוֹדָה דְּאֶפְשָׁר בְּלֹא פַּיִיס אִי נָמֵי י"ל הַיְינוּ טַעְמָא דְּמֻותָּר לֵישֵׁב וְלֶאֱכֹול קָדָשִׁים דְּבַאֲכִילַת קָדָשִׁים כְּתִיב בְּהוּ לְמָשְׁחָה לִגְדֻולָּה כְּדֶרֶךְ שֶׁהַמְּלָכִים אוֹכְלִין וְהַיְינוּ מְיֻושָּׁב אֲבָל אֵין לְתָרֵץ דְּמֻותָּר לֶאֱכֹול מְיֻושָּׁב בִּלְשָׁכוֹת הַבְּנוּיוֹת בַּחֹול וּפְתוּחוֹת לַקֹּודֶשׁ שֶׁהֵן כַּעֲזָרָה לַאֲכִילַת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים דְּהַתּוֹרָה רִיבְּתָה חֲצֵרוֹת הַרְבֵּה וְלֵישֵׁב שָׁם מֻותָּר כְּמוֹ שֶׁאֵינָן חֲשׁוּבֵין כַּעֲזָרָה לְהִתְחַיֵּיב עֲלֵיהֶם מִשּׁוּם טֻומְאָה כִּדְאִיתָא בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נו.) דְּהָא בִּשְׁמַעְתִּין מַשְׁמַע דְּלֵישֵׁב נָמֵי הָוֵי כַּעֲזָרָה עַצְמָהּ וְאָסוּר לֵישֵׁב בָּהּ:
C'est étonnant : on dit au deuxième chapitre de Zevahim (16a) : « et si celui qui est assis et qui mange — s'il a servi, il a invalidé [le service]... » ; or comment mange-t-il [assis], puisqu'il n'y a pas de position assise dans la azara ? On peut répondre : il s'agit de manger des kodachim kalim, qui se consomment dans toute la ville. Ou encore, le Ri bar Avraham a expliqué : bien qu'il n'y ait pas de position assise dans la azara sauf pour les rois de la maison de David, cela ne vaut que pour ce qui n'est pas un besoin du service ; mais la consommation [des offrandes], elle, est un besoin du service, car il est écrit « et ils mangeront ce par quoi l'expiation a été faite » (Exode 29,33) — les cohanim mangent et les propriétaires obtiennent l'expiation ; c'est donc pleinement permis. Cela rend également claire l'objection soulevée au deuxième chapitre de Zevahim (19b) à propos du kidouch des mains et des pieds à partir du kiyor (la vasque), où l'on demande : « qu'il s'asseye donc ! » — bien que ce soit dans la azara, ce qui est un besoin du service y est permis ; tandis que le payis, ici, n'est pas considéré comme un besoin du service, puisqu'il serait possible de faire sans payis. Ou encore on peut répondre : la raison pour laquelle il est permis de s'asseoir et de manger les kodachim, c'est qu'à propos de leur consommation il est écrit « le-mochha » — [ce qui indique] la grandeur, à la manière dont les rois mangent, et c'est assis. Mais on ne peut pas répondre qu'il serait permis de manger assis dans les chambres bâties en zone profane et ouvrant sur le kodech, lesquelles sont considérées comme la azara pour la consommation des kodchei kodachim, [en argüant] que la Torah a inclus de nombreux parvis et qu'il y est permis de s'asseoir, de même qu'elles ne sont pas considérées comme la azara pour rendre passible à leur égard au titre de la toum'a, comme il est rapporté dans [le chapitre] Eizehou Mekoman (Zevahim 56a) — car notre sougya implique que pour la position assise aussi c'est comme la azara elle-même, et qu'il y est interdit de s'asseoir.
💡 Explication

La sougya change d'objet : la baraita ayant été citée, Abaye l'exploite pour ce qu'elle dit du bâtiment. Sa méthode est de lire le décor comme un plan d'architecte — chaque détail de la scène impose une contrainte sur la géographie de la salle.

Premier détail : un Ancien y est assis. Or la règle est ferme — ein yechiva ba-azara, on ne s'assied pas dans le parvis, seuls les rois de la maison de David y ont été autorisés. Rachi donne les deux versets : d'un côté « pour se tenir debout et servir » (Deut. 18,7), de l'autre « le roi David vint et s'assit devant l'Éternel » (II Sam. 7,18).

Conclusion immédiate : la moitié ouest de la lichka, celle où siège l'Ancien, ne peut pas être en zone sacrée.

7
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כֻּולָּהּ בַּחֹול — פַּייִס בְּמִזְרָחָהּ? וְהָא בָּעֵינַן ״בְּבֵית אֱ-לֹהִים נְהַלֵּךְ בְּרָגֶשׁ״, וְלֵיכָּא. אֶלָּא שְׁמַע מִינָּה: חֶצְיָהּ בַּקֹּדֶשׁ וְחֶצְיָהּ בַּחֹול.

Et si tu venais à penser qu'elle était tout entière en zone profane — le payis se tiendrait dans sa partie est ? Or nous exigeons [l'accomplissement de] « dans la Maison de Dieu nous marchions dans la foule bruissante » (Psaumes 55,15) — et cela ne serait pas [réalisé].

Il faut donc bien en conclure : moitié en kodech et moitié en hol.

📜 Rachi (1)
וְהָא בָּעֵינַן בֵּית אֱ-לֹהִים נְהַלֵּךְ בְּרָגֶשׁ אַלְמָא פַּייִס צָרִיךְ לִהְיוֹת בְּבֵית אֱ-לֹהִים:
Or nous exigeons « dans la Maison de Dieu nous marchions dans la foule » — il apparaît donc que le payis doit avoir lieu dans la Maison de Dieu.
🗂️ Tossefot (1)
וְהָא בָּעֵינַן בֵּית אֱ-לֹהִים נְהַלֵּךְ בְּרָגֶשׁ תֵּימַהּ כֵּיוָן דְּבָעֵינַן פַּיִיס בַּקֹּודֶשׁ אַמַּאי לֹא הָיוּ מְפַייְּסִין בָּעֲזָרָה עַצְמָהּ דְּקַדֵּישׁ טְפֵי ואור"ת כֵּיוָן דְּנוֹטֵל מִצְנַפְתּוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן גְּנַאי הָיָה לַעֲמֹוד בְּלֹא מִצְנֶפֶת בָּעֲזָרָה והר"ר יִצְחָק בַּר בָּרוּךְ פִּי' מִשּׁוּם דְּהָוֵי קָיְימִי כִּבְכוּלְיָיאר וְאִם הָיוּ מְפַיְּיסִים בָּעֲזָרָה הָיָה אֲחֹורֵיהֶם אֶל הֵיכַל ה':
C'est étonnant : puisque nous exigeons que le payis se fasse en zone sacrée, pourquoi ne le faisait-on pas dans la azara elle-même, qui est plus sainte encore ? Rabbenou Tam a répondu : puisque l'on ôte la mitsnefet de l'un d'eux, il y aurait eu là une indignité — se tenir sans mitsnefet dans la azara. Et Rabbi Yits'hak bar Baroukh a expliqué : parce qu'ils se tenaient disposés en cercle, comme un kholyar ; s'ils avaient fait le payis dans la azara, une partie d'entre eux aurait eu le dos tourné vers le Heikhal de l'Éternel.
💡 Explication

Abaye ferme l'autre branche. On vient de voir que l'ouest ne peut pas être sacré ; peut-on dire alors que toute la salle est profane ? Non, car le payis, lui, se tient à l'est.

Le verset invoqué vient de 24b : la répétition des quatre payassot était voulue pour le bruit qu'elle produisait — be-veit Elokim nehalekh be-ragech, l'agitation de la foule dans la Maison de Dieu, honneur rendu au Roi. Rachi le formule net : le payis doit se tenir dans la Maison de Dieu. Une salle entièrement profane ne remplirait pas cette condition.

Les deux contraintes se referment l'une sur l'autre et ne laissent qu'une seule solution : la Lichkat haGazit était à cheval sur la frontière du sacré — moitié kodech à l'est, moitié hol à l'ouest.

8
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ פֶּתַח אֶחָד יֵשׁ לָהּ וּפָתוּחַ לַקֹּודֶשׁ — זָקֵן יוֹשֵׁב בְּמַעֲרָבָהּ? וְהִתְנָן: הַלְּשָׁכוֹת הַבְּנוּיוֹת בַּחֹול וּפְתוּחוֹת לַקֹּדֶשׁ — תּוֹכָן קוֹדֶשׁ. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ פָּתוּחַ לַחֹול — פַּייִס בְּמִזְרָחָהּ? וְהִתְנָן: בְּנוּיוֹת בַּקֹּדֶשׁ וּפְתוּחוֹת לַחֹול — תֹּוכֶן חוֹל. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינָּה: שְׁנֵי פְתָחִים הָיוּ לָהּ, אֶחָד פָּתוּחַ בַּקֹּדֶשׁ וְאֶחָד פָּתוּחַ לַחֹול.

Et si tu venais à penser qu'elle n'avait qu'une seule porte, ouvrant sur le kodech — un Ancien siégerait dans sa partie ouest ? Or nous avons appris [dans une michna] : les chambres bâties en zone profane mais ouvrant sur le kodech — leur intérieur est kodech.

Et si tu venais à penser [que cette unique porte] ouvrait sur le hol — le payis se tiendrait dans sa partie est ? Or nous avons appris : [les chambres] bâties en zone sacrée mais ouvrant sur le hol — leur intérieur est hol.

Il faut donc bien en conclure qu'elle avait deux portes : l'une ouvrant sur le kodech et l'autre ouvrant sur le hol.

💡 Explication

Reste la seconde déduction d'Abaye, et elle repose sur une règle contre-intuitive : le statut d'une chambre du Temple ne se lit pas sur le terrain qu'elle occupe, mais sur la porte par laquelle on y entre. Bâtie dans le profane mais ouvrant sur le sacré : tout l'intérieur est sacré. Bâtie dans le sacré mais ouvrant sur le profane : tout l'intérieur est profane.

Conséquence immédiate : une chambre à une seule porte est uniforme d'un mur à l'autre. Or c'est exactement ce qu'Abaye vient d'exclure — il lui faut une moitié sacrée et une moitié profane dans la même pièce.

La seule sortie est architecturale : deux portes, une de chaque côté, chaque moitié recevant son statut de la porte qui la dessert. La conclusion d'un raisonnement talmudique est ici un plan de bâtiment.

🖼️ Schéma
La règle des chambres : c'est la porte qui donne le statut, pas le terrain la porte ouvre sur le HOL la porte ouvre sur le KODECH bâtie sur le HOL terrain non consacré bâtie sur le KODECH terrain consacré intérieur HOL intérieur KODECH michna citée par Abaye intérieur HOL michna citée par Abaye intérieur KODECH Conséquence : une chambre à UNE seule porte a un seul statut, d'un mur à l'autre porte sur le kodech = tout kodech, l'Ancien ne peut plus s'asseoir | porte sur le hol = tout hol, le payis perd be-ragech Ela lav chema mina : la Lichkat haGazit avait DEUX portes chaque moitié se règle sur la porte de son côté - l'est sur le kodech, l'ouest sur le hol
La règle des chambres du Temple, et pourquoi elle oblige Abaye à poser deux portes : avec une seule porte, la lichka aurait un statut unique — ce qui rend impossible la coexistence de l'Ancien assis et du payis en zone sacrée.
9
מַתְנֵי׳ הַפַּייִס הַשֵּׁנִי: מִי שׁוֹחֵט, מִי זוֹרֵק, מִי מְדַשֵּׁן מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי, וּמִי מְדַשֵּׁן אֶת הַמְּנוֹרָה, וּמִי מַעֲלֶה אֵבָרִים לַכֶּבֶשׁ.

MICHNA. Le deuxième payis [détermine] : qui égorge [le tamid], qui asperge [le sang], qui prélevait la cendre de l'autel intérieur, qui prélevait la cendre de la menora, et qui monte les membres à la rampe.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' מִי שׁוֹחֵט אֶת הַתָּמִיד:
Michna. Qui égorge — le tamid (l'offrande quotidienne).
💡 Explication

Le daf quitte la sougya des vêtements et de la lichka pour entrer dans la michna du second payis. Le premier payis, vu au chapitre précédent, attribuait la teroumat hadechen ; celui-ci distribue d'un seul coup l'essentiel du service du tamid du matin.

Cinq rubriques sont énoncées ici, mais elles ne pèsent pas le même poids : les quatre premières sont des services uniques — la chehita, la zerika, le dichoun de l'autel d'or et celui de la menora. La cinquième, « monter les membres à la rampe », va se démultiplier dans le segment suivant en neuf charges distinctes.

10
הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל, וּשְׁתֵּי הַיָּדַיִם, הָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל, וְהֶחָזֶה וְהַגֵּרָה, וּשְׁתֵּי הַדְּפָנוֹת, וְהַקְּרָבַיִם. וְהַסֹּלֶת, וְהֶחָבְיָתִין, וְהַיַּיִן. שְׁלֹשָׁה עָשָׂר כֹּהֲנִים זָכוּ בּוֹ.

[Voici la répartition :] la tête et la patte [arrière droite] ; les deux pattes avant ; l'okets (le croupion et la queue) et la patte [arrière gauche] ; la poitrine (haze) et la guera (le cou) ; les deux flancs ; les entrailles ; la solet (la fleur de farine) ; les havitin (l'offrande à la poêle) ; et le vin. Treize cohanim y ont gagné.

📜 Rachi (10)
הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל שֶׁל יָמִין בְּכֹהֵן אֶחָד וּשְׁנֵי הַיָּדַיִם בְּכֹהֵן שֵׁנִי:
La tête et la patte — celle de droite, par un premier cohen ; et les deux pattes avant, par un deuxième cohen.
הָעֹוקֶץ הוּא הַזָּנָב וְהָרֶגֶל שֶׁל שְׂמֹאל בְּכֹהֵן שְׁלִישִׁי:
L'okets — c'est le croupion avec la queue ; et la patte gauche, par un troisième cohen.
הֶחָזֶה הוּא הַשֻּׁומָּן הָרוֹאֶה אֶת הַקַּרְקַע וְחוֹתְכִין אוֹתוֹ מִכָּאן וּמִכָּאן בְּלֹא רָאשֵׁי צְלָעוֹת:
La haze (poitrine) — c'est la partie grasse qui regarde le sol ; on la découpe de part et d'autre, sans les extrémités des côtés.
וְהַגֵּרָה הוּא הַצַּוָּאר וּבוֹ מְחֻובָּר הַקָּנֶה וְהַכָּבֵד וְהַלֵּב וְהֶחָזֶה וְהַגֵּרָה בְּכֹהֵן רְבִיעִי:
Et la guera — c'est le cou, auquel sont attachés la trachée, le foie et le cœur. La poitrine et la guera : par un quatrième cohen.
וּשְׁנֵי הַדְּפָנוֹת בַּחֲמִישִׁי:
Et les deux flancs — par un cinquième.
וְהַקְּרָבַיִם בַּשִּׁשִּׁי:
Et les entrailles — par un sixième.
וְהַסֹּולֶת עִשָּׂרוֹן לְמִנְחַת נִסְכּוֹ שֶׁל תָּמִיד:
Et la solet — un issaron [dixième d'épha] pour l'offrande végétale accompagnant la libation du tamid.
וְהַחֲבִיתִּים חֲצִי עֲשָׁרוּנוּ שֶׁל כ"ג שֶׁקָּרַב עִם הַתְּמִידִין בְּכָל יוֹם שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא ו׳:י״ג-י״ד) מַחֲצִיתָהּ בַּבֹּקֶר וּמַחֲצִיתָהּ בָּעָרֶב וּסְמִיךְ לֵיהּ עַל מַחֲבַת בַּשֶּׁמֶן תֵּעָשֶׂה לְכָךְ קָרוּי חָבִיתִין:
Et les havitin — le demi-issaron du kohen gadol, offert avec les temidim chaque jour, comme il est dit : « la moitié le matin et la moitié le soir » (Lévitique 6,13), et il est écrit juste après : « sur une poêle (mahavat), dans l'huile, elle sera faite » — c'est pourquoi on l'appelle havitin.
וְהַיַּיִן שָׁלֹשׁ לֻוגִּין שֶׁל נִיסּוּךְ לַכֶּבֶשׁ הַתָּמִיד:
Et le vin — les trois loguin de la libation pour l'agneau du tamid.
י"ג כֹּהֲנִים זוֹכִין בּוֹ בְּפַייִס זֶה [הָאֶחָד] שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה עֲבוֹדוֹת כֹּהֲנִים מְנוּיוֹת כָּאן:
Treize cohanim y gagnent — dans ce payis, [l'unique second payis] : treize services de cohanim sont énumérés ici.
💡 Explication

La michna découpe l'agneau en six charges pour six cohanim, puis y ajoute trois accompagnements qui ne sont pas de la viande : la solet (un issaron de fleur de farine pour l'offrande végétale), les havitin (le demi-issaron du kohen gadol, cuit à la poêle — d'où son nom, de mahavat) et les trois loguin de vin de la libation.

Six plus trois font neuf porteurs ; ajoutés aux quatre services du segment précédent, cela donne les treize cohanim du second payis. Rachi vérifie le compte à la fin : treize avodot sont bien énumérées ici.

Deux termes valent d'être retenus : l'okets, le croupion avec la queue, et la guera — le cou, auquel restent attachés, précise Rachi, la trachée, le foie et le cœur. La haze, elle, est la pièce grasse tournée vers le sol, découpée de part et d'autre sans les extrémités des côtés.

🖼️ Schéma
Le découpage du tamid entre les neuf porteurs schéma de principe - les numéros suivent l'ordre de la michna, les couleurs identifient le porteur TÊTE roch GUERA cou DEFANOT flanc avant DEFANOT flanc arrière HAZE - poitrine KERAVAIM OKETS queue YADAIM 2 pattes avant REGUEL droite REGUEL gauche 1 2 3 4 5 6 Les six porteurs de viande 1 - la tête et la patte droite 2 - les deux pattes avant 3 - l'okets et la patte gauche 4 - la poitrine et la guera 5 - les deux flancs 6 - les entrailles Les trois accompagnements 7 - la solet : un issaron de farine 8 - les havitin : le demi-issaron du kohen gadol, moitié matin moitié soir 9 - le yayin : trois loguin pour la libation de l'agneau Ce que Rachi précise le haze est la partie grasse qui regarde le sol, coupée sans les extrémités des côtés la guera est le cou : y tiennent la trachée, le foie et le cœur tous deux vont au 4e cohen
Le découpage du tamid entre les neuf gagnants : six charges de viande, réparties de façon à en équilibrer le poids, puis les trois accompagnements — farine, havitin, vin — qui complètent le compte de treize.
11
אָמַר בֶּן עַזַּאי לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: דֶּרֶךְ הִלּוּכוֹ הָיָה קָרֵב.

Ben Azzai a dit devant Rabbi Akiva, au nom de Rabbi Yehochoua : c'est selon la manière dont il marchait [de son vivant] qu'il était offert.

📜 Rachi (1)
כְּדֶרֶךְ הִילּוּכוֹ בְּחַיָּיו הָיָה קָרֵב הַתָּמִיד וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לָהּ:
Selon la manière dont il marchait — de son vivant : c'est ainsi que le tamid était offert ; et la guemara l'explique.
💡 Explication

Une opinion dissidente vient clore la michna. Pour Ben Azzai — qui transmet ici au nom de Rabbi Yehochoua devant Rabbi Akiva —, l'ordre de montée des membres n'était pas celui que la michna vient d'énumérer.

Le principe qu'il propose est mimétique : derekh hilokho haya karev, la bête était offerte dans l'ordre où elle marchait de son vivant — l'avant avant l'arrière. Rachi renvoie à la guemara, qui détaillera cet ordre plus loin.

12
גְּמ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: כְּשֶׁהֵן מְפַייְּסִין — לַעֲבוֹדָה אַחַת מְפַיְּיסִין, אוֹ דִּילְמָא — לְכָל עֲבוֹדָה וַעֲבוֹדָה הֵן מְפַיְּיסִין? תָּא שְׁמַע: אַרְבַּע פְּייָסוֹת הָיוּ שָׁם. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְכָל עֲבוֹדָה הֵן מְפַייְּסִין — טוּבָא הָווּ! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, הָכִי קָאָמַר: אַרְבַּע פְּעָמִים נִכְנָסִין לְהָפִיס, וּלְכָל חֲדָא וַחֲדָא הָיוּ בַּהּ טוּבָא פְּיָיסוֹת.

GUEMARA. On leur a demandé : lorsqu'ils font le payis — est-ce pour un seul service qu'ils tirent au sort, ou bien peut-être tirent-ils au sort pour chaque service séparément ?

Viens et écoute [une preuve] : « il y avait là quatre payassot ». Or si tu venais à penser qu'ils tirent au sort pour chaque service, il y en aurait bien davantage !

Rav Nahman bar Yits'hak a dit : voici ce que [la michna] veut dire — quatre fois ils entrent pour tirer au sort, et dans chacune de ces fois il y avait de nombreux payassot.

📜 Rachi (2)
גְּמ' לַעֲבוֹדָה אַחַת מְפַיְּיסִין כְּגוֹן מִי שׁוֹחֵט וְלִכְשֶׁיִּזְכֶּה מִי שֶׁזָּכָה לִשְׁחִיטָה שׁוּב אֵין פַּיִיס לִשְׁאָר י"ב עֲבוֹדוֹת אֶלָּא כֹּהֲנִים שֶׁמֻּוקָּפִין לִימִינוֹ נִמְשָׁכִין אַחֲרָיו כְּפִי סֵדֶר מִשְׁנָתֵנוּ שֵׁנִי לִזְרִיקָה שְׁלִישִׁי לְדִישּׁוּן מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי רְבִיעִי לַמְנוֹרָה וְכֵן כֻּולָּן:
Guemara. Est-ce pour un seul service qu'ils tirent au sort — par exemple : qui égorge ; et une fois que celui qui a gagné la chehita l'a emporté, il n'y a plus de payis pour les douze autres services : les cohanim qui l'entourent, à sa droite, sont entraînés à sa suite selon l'ordre de notre michna — le deuxième pour la zerika, le troisième pour le prélèvement de la cendre de l'autel intérieur, le quatrième pour la menora, et ainsi de tous.
אוֹ דִּילְמָא לְכָל עֲבוֹדָה וַעֲבוֹדָה הָיוּ חוֹזְרִין וּמוֹצִיאִין אֶצְבְּעוֹתֵיהֶן לְמִנְיַן וְהַזּוֹכֶה זוֹכֶה:
Ou bien peut-être pour chaque service — ils recommençaient et tendaient leurs doigts pour un décompte, et celui qui gagne, gagne.
💡 Explication

La guemara ouvre sur la question de procédure que la liste des treize appelait : un tirage, ou treize ? Rachi décrit précisément les deux mécaniques. Dans la première, on tire au sort une seule fois — pour la chehita — et les douze autres services se distribuent automatiquement : le voisin de droite du gagnant prend la zerika, le suivant le dichoun de l'autel intérieur, et ainsi de suite dans l'ordre exact de la michna. Dans la seconde, on recommence à chaque fois : on tend de nouveau les doigts, on recompte, et le gagnant du tour l'emporte.

La preuve tentée vient de la michna elle-même : arba payassot hayou cham, il y avait là quatre payassot. Si chaque service avait le sien, le compte serait bien plus élevé — le second payis à lui seul en compterait treize.

Rav Nahman bar Yits'hak désamorce en distinguant deux sens du mot : la michna compte les entrées, les quatre rassemblements de la journée, et non les tirages eux-mêmes ; à l'intérieur de chaque rassemblement, il pouvait y avoir de nombreux payassot successifs. La preuve tombe, et la question reste ouverte.

🖼️ Schéma
Un seul tirage pour treize services, ou treize tirages ? la question de la guemara, l'objection des quatre payassot, et la relecture de Rav Nahman bar Yitshak A. Un seul payis - puis on suit le cercle 1 2 3 4 5 13 on compte, un seul gagne le gagnant prend la chehita ; son voisin de droite la zerika, et ainsi de suite B. Un payis par service payis 1 : on tend les doigts, on compte - qui égorge payis 2 : on recommence - qui asperge payis 3 : on recommence - le mizbeah intérieur . . . jusqu'au treizième chaque service a son propre tirage : rien ne se transmet au voisin Ta chema, objection contre B : arba payassot hayou cham - il y avait là QUATRE payassot Si l'on tirait au sort service par service, le compte exploserait bien au-delà de quatre : le second payis à lui seul en compterait treize. La michna semble donc imposer A. Rav Nahman bar Yitshak désamorce : le mot payis a deux sens quatre fois par jour les cohanim ENTRENT pour tirer au sort - la michna compte les rassemblements, pas les tirages et dans chacun de ces quatre rassemblements, il y avait de nombreux payassot successifs l'objection tombe : la question reste ouverte, et B redevient possible
Les deux mécaniques possibles du payis d'après Rachi, l'objection tirée des quatre payassot, et la distinction de Rav Nahman bar Yits'hak entre le rassemblement et le tirage.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).