Yoma 25b -- un seul payis pour treize services, qui recueille le sang du tamid, et les quatre ordres possibles de montée des membres à la rampe.

Yoma 25b

Sougya : Le daf tranche d'abord la question laissée ouverte en 25a : tiré-t-on au sort pour chaque service, ou une seule fois ? Deux tentatives de preuve échouent sur la même baraita de Rabbi Yehouda, celle de la mahta que le gagnant de la ketoret donne à son voisin : lue dans un sens elle prouverait le payis unique, lue dans l'autre elle prouverait le contraire, et elle ne prouve finalement ni l'un ni l'autre -- mahta et ketoret ne font qu'un seul service, et si Rabbi Yehouda a nommé la mahta, c'est seulement parce qu'elle est rare et qu'elle enrichit, ce qui aurait pu justifier un tirage à part.

C'est une baraita explicite de Rabbi Hiyya qui emporte la décision : le cohen qui gagne le tamid entraîne douze de ses frères à sa suite. La guemara passe ensuite à un silence de la michna : personne n'y est désigné pour la kabala, le recueil du sang, qui s'intercale pourtant entre la chehita et la zerika.

Est-ce l'égorgeur, qui n'a rien de plus attirant à faire, ou l'aspergeur, qui est toujours cohen alors que la chehita peut être faite par un zar ? Les douze robinets du kiyor de Ben Katin donnent la réponse par le calcul : treize services, moins la chehita qui n'exige pas la sanctification des mains et des pieds, égale douze cohanim à laver -- et non treize, comme il en faudrait si l'égorgeur recueillait.

Le langage de Tamid, chahat ha-chohet, kibel ha-mekabel, ou-va lo lizrok, confirme. La dernière partie du daf compare quatre principes concurrents pour ordonner la montée des six charges de viande à la rampe -- la marche de la bête, son écorchement, son découpage, sa qualité --, écarte une objection tirée d'Ezechiel sur la cuisse et l'épaule en la renvoyant à une bête maigre, et laisse Rava réduire l'écart entre notre michna et Rabbi Yossi HaGuelili à une seule variable : la masse du membre ou son gras.

Reste le point que nul ne conteste, la tête en premier, ancré dans le verset sa tête et son peder, et il les rangera.

Un seul payis pour treize services, ou un payis par service ? Les trois tentatives de preuve, dans l'ordre où la guemara les essaie Question ouverte depuis 25a : le gagnant entraîne-t-il ses voisins, ou recommence-t-on treize fois ? Tentative 1 - Rabbi Yehouda : pas de payis pour la mahta Le gagnant de la ketoret dit à son voisin : gagne avec moi la mahta. Donc un service se donne sans tirage. Rejet : mahta et ketoret hada avoda - un seul service -> La preuve tombe : rien n'est établi Tentative 2 - ika de-amri : la même baraita lue à l'envers Si R. Yehouda précise mahta et ketoret parce qu'elles font un seul service, c'est que les AUTRES services, eux, exigent chacun leur payis. Preuve inverse. Rejet : s'il a nommé la mahta, c'est contre une hava amina précise - elle est rare (deux fois par jour) et elle enrichit ; on aurait pu lui instituer un payis à elle seule. Aucune déduction possible. Tentative 3 - la baraita de Rabbi Hiyya : explicite, décisive On ne tire pas au sort pour chaque service ; le cohen qui a gagné le tamid, douze de ses frères cohanim sont entraînés à sa suite. CHEMA MINA 1 tirage + 12 entraînés = 13 Le mot nimchakhin - être tiré, entraîné - est le terme technique : le voisin ne gagne pas, il est aspiré par le gagnant.
Le fil de la première moitié du daf : trois tentatives pour trancher si le payis vaut pour un service ou pour tous, jusqu à la baraita de Rabbi Hiyya qui le dit en toutes lettres.
Qui recueille le sang ? Le trou de la michna et la cuve de Ben Katin La michna nomme l'égorgeur et l'aspergeur, jamais le recueilleur : l'un des deux fait donc les deux chehita -> KABALA (recueil dans le vase) -> holakha -> zerika Hypothèse A : le CHOHET recueille Force : il n'a rien de plus cher à faire l'aspergeur, lui, brûle d'aller à l'autel et risque de ne pas recueillir TOUT le sang Faille : parfois c'est un zar qui égorge Hypothèse B : le ZOREK recueille Force : toujours un cohen, donc toujours valable la chehita est cachere par un non-cohen la kabala, non - min ha-kabala ve-eilakh Risque à écarter : l'empressement du zorek L'arbitre : les douze robinets du kiyor de Ben Katin 13 services au second payis moins la chehita, qui n'exige pas kidouch yadaim ve-raglaim = 12 cohanim à laver 12 robinets suffisent Si le chohet recueillait, il lui faudrait se sanctifier pour la kabala (ou un 13e cohen viendrait le remplacer) = 13 cohanim à laver or Ben Katin n'en fit que 12 Conclusion : le ZOREK recueille - confirmé par Tamid : chahat ha-chohet, kibel ha-mekabel, ou-va lo lizrok
La michna nomme l égorgeur et l aspergeur mais pas le recueilleur : les deux hypothèses, leurs failles, et la preuve arithmétique tirée des douze robinets de Ben Katin.
Dans quel ordre les six charges montent-elles à la rampe ? Quatre principes concurrents - tous partent de la tête et de la patte droite Principe invoqué 1er 2e 3e 4e 5e Ben Azzai / tanna dideh derekh hilukho sa manière de marcher tête + patte dr. poitrine + guera 2 pattes av. 2 flancs croupion + patte g. Rabbi Yossi derekh hefchteto l'ordre de l'écorchement tête + patte dr. croupion + patte g. 2 flancs 2 pattes av. poitrine + guera Rabbi Akiva derekh nitou-ho l'ordre du découpage tête + patte dr. 2 pattes av. poitrine + guera 2 flancs croupion + patte g. Rabbi Yossi HaGuelili derekh ilouyo du meilleur au moindre tête + patte dr. poitrine + guera 2 flancs croupion + patte g. 2 pattes av. Rava : le tanna de notre michna et R. Yossi HaGuelili suivent tous deux la qualité de la viande ils ne divergent que sur la mesure de cette qualité - seule la place des deux pattes avant change tanna dideh : evra - la masse du membre (3e) | R. Yossi HaGuelili : choumna - le gras (5e)
Les quatre principes concurrents d ordonnancement des six charges de viande sur la rampe, et la lecture de Rava qui rapproche le tanna de notre michna de Rabbi Yossi HaGuelili.
1
תָּא שְׁמַע, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא הָיָה פַּייִס לַמַּחְתָּה, אֶלָּא כֹּהֵן שֶׁזָּכָה בִּקְטֹרֶת אוֹמֵר לָזֶה שֶׁעִמּוֹ ״זְכֵה עִמִּי בַּמַּחְתָּה״.

Viens et écoute [une preuve] : Rabbi Yehouda dit — il n'y avait pas de payis (tirage au sort) pour la mahta (l'encensoir à braises), mais le cohen qui avait gagné la ketoret (l'encens) disait à celui qui se tenait à côté de lui : « gagne avec moi la mahta ».

📜 Rachi (1)
לֹא הָיָה פַּיִיס לַמַּחְתָּה כְּשֶׁהָיוּ מְפִיסִין לִקְטֹורֶת כְּדִתְנַן מַתְנִיתִין חֲדָשִׁים לִקְטֹורֶת בֹּאוּ וְהָפִיסוּ וְהַקְּטֹורֶת צְרִיכָה שְׁנֵי כֹּהֲנִים א' שֶׁמּוֹלִיךְ הַקְּטֹורֶת לַהֵיכָל וּמַקְטִירוֹ וְאֶחָד שֶׁחוֹתֶה גֶּחָלִים מֵעַל הַמִּזְבֵּחַ הַחִיצוֹן וּמַכְנִיס לַהֵיכָל וְנוֹתֵן עַל הַמִּזְבֵּחַ הַפְּנִימִי לְהַקְטִיר אֶת הַקְּטֹורֶת עֲלֵיהֶן כִּדְיָלְפִינַן לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף מה.) מִקְּרָאֵי שֶׁגַּחֲלֵי מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי נִיטָּלִין מִמִּזְבֵּחַ הַחִיצוֹן בְּכָל יוֹם וְקָאָמַר ר' יְהוּדָה לֹא הָיוּ מְפִיסִין מִי שֶׁזּוֹכֶה בַּמַּחְתָּה אֶלָּא מִי יִזְכֶּה בִּקְטֹורֶת וּמִי שֶׁזָּכָה בָּהּ אוֹמֵר לָזֶה שֶׁבִּימִינוֹ זְכֵה עִמִּי בַּמַּחְתָּה אַלְמָא לָאו לְכָל עֲבוֹדָה וַעֲבוֹדָה מְפַיְּסִין:
Il n'y avait pas de payis pour la mahta — lorsqu'ils tiraient au sort pour la ketoret, comme nous l'avons appris dans notre michna : « que les nouveaux [venus] à la ketoret s'avancent et tirent au sort ». Or la ketoret exige deux cohanim : l'un qui porte l'encens au Heikhal et le fait fumer, et l'autre qui racle des braises sur l'autel extérieur, les introduit dans le Heikhal et les dépose sur l'autel intérieur pour y faire fumer l'encens — comme nous le déduirons plus loin (Yoma 45a) de versets, à savoir que les braises de l'autel intérieur sont prélevées chaque jour sur l'autel extérieur. Et Rabbi Yehouda dit : on ne tirait pas au sort qui gagnerait la mahta, mais seulement qui gagnerait la ketoret ; et celui qui l'avait gagnée disait à celui qui se tenait à sa droite : « gagne avec moi la mahta ». Il apparaît donc que l'on ne tire pas au sort pour chaque service séparément.
🗂️ Tossefot (1)
תָּא שְׁמַע רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר לֹא הָיָה פַּיִיס לַמַּחְתָּה כּוּ' תֵּימַהּ מַאי מַייְתֵי מַר' יְהוּדָה לַייְתֵי מִתַּנָּא קַמָּא אִיפְּכָא וי"ל דְּהָכִי מַייְתֵי דַּאֲפִילּוּ ת"ק לָא פְּלִיג עָלֶיהָ אֶלָּא בִּקְטֹרֶת מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחָא וּמְעַתְּרָא אֲבָל בְּעָלְמָא מוֹדֶה אִי נָמֵי צ"ל דִּלְר' יְהוּדָה הַזּוֹכֶה בַּמַּחְתָּה לֹא הָיָה זוֹכֶה כְּלָל מִכֹּחַ פַּיִיס מֵחֲמַת שֶׁזָּכָה זֶה בִּקְטֹרֶת וְזָכָה זֶה שֶׁאֶצְלוֹ לִימִינוֹ בַּמַּחְתָּה אֶלָּא בְּדַעְתּוֹ דְּכֹהֵן שֶׁזָּכָה בִּקְטֹרֶת תַּלְיָא מִילְּתָא אִי בָּעֲיָא אִיהוּ עֲבִיד הַכֹּל שְׁקִיל קְטֹורֶת וּשְׁקִיל מַחְתָּה כִּדְאַשְׁכְּחַן ביוה"כ דכ"ג לְחוּדֵיהּ עֲבִיד לְכֻולָּהּ מִילְּתָא אע"ג דְּהָתָם טְרִיחָא מִילְּתָא טוּבָא דְּבָעֵי לַאֲתוּיֵי בְּחָפְנָיו כִּדְאִיתָא לְקַמָּן בְּפֶ' הוֹצִיאוּ לוֹ (יוֹמָא דַּף מז.) כּ"ש הָכָא דְּלָא טְרִיחָא מִילְּתָא דְּמָצֵי עֲבִיד לָהּ לְכֻולֵּי מִילְּתָא לְחוּדֵיהּ מִיהוּ מִשּׁוּם דִּטְרִיחָא מִילְּתָא קְצָת אוֹרְחָא דְמִילְּתָא הֲוָה שֶׁהָיָה אוֹמֵר לְאַחֵר זְכֵה עִמִּי בַּמַּחְתָּה וְרָגִיל הָיָה לוֹמַר לְאוֹתוֹ שֶׁעוֹמֵד אֶצְלוֹ לִימִינוֹ מִשּׁוּם אֵיבָה שֶׁלֹּא יַקְפִּידוּ הָאֲחֵרִים עָלָיו וּמִיהוּ אִם יִרְצֶה לְשַׁנּוֹת הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת הוּא בְּעַצְמוֹ הַכֹּל אוֹ לוֹמַר לְמִי שֶׁעוֹמֵד בִּשְׂמֹאלוֹ אוֹ לְאַחֵר שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד אֶצְלוֹ כְּלָל זְכֵה עִמִּי וְכֵן מַשְׁמַע הַלָּשׁוֹן כֹּהֵן שֶׁזָּכָה בַּמַּחְתָּה אוֹמֵר כּוּ' וְלָא קָאָמַר הָעוֹמֵד אֶצְלוֹ נִמְשָׁךְ עִמּוֹ כִּדְקָאָמַר בְּסָמוּךְ י"ב אֶחָיו הַכֹּהֲנִים נִמְשָׁכִין עִמּוֹ וְכֵן מַשְׁמַע בַּתּוֹסֶפְתָּא [פ"א] דְּקָתָנֵי בָּתַר מִילְּתָא דְּר' יְהוּדָה דְּהָכָא דִּבְרֵי ראב"י דְּמַיְיתֵי בְּסָמוּךְ לֹא הָיָה פַּייִס לָאֵבָרִים אֶלָּא הַמַּעֲלֶה אוֹתָן לַכֶּבֶשׁ מַעֲלֶה אוֹתָן לַמִּזְבֵּחַ אַלְמָא דֻּומְיָא דראב"י אַיְירֵי ר' יְהוּדָה דְּלָא הֲוָה שׁוּם צַד זְכִיַּית פַּייִס בַּמַּחְתָּה וְהַשְׁתָּא מַיְיתֵי שַׁפִּיר מַר' יְהוּדָה דע"כ לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ אֶלָּא דְּלָא ס"ל דִּבְדַעַת הַכֹּהֵן הַזּוֹכֶה בִּקְטֹורֶת תַּלְיָא מִילְּתָא וּמִיהוּ מוֹדוּ דְּאֵין חוֹזְרִין וּמְפִיסִין אֶלָּא דְּהָעוֹמֵד לִימִינוֹ זוֹכֶה מִכֹּחַ פַּיִיס וע"כ לָא פְּלִיג ראב"י עָלֶיהָ לְקַמָּן דס"ל שֶׁחוֹזֵר וּמְפַיֵּס לְצֹורֶךְ מַחְתָּה אֶלָּא כְּדֵי לְהַשְׁלִים ד' פְּייָסוֹת כִּי שׁוּם טַעַם יֵשׁ שֶׁאֵין לְפָחוֹת מד' פְּייָסוֹת וּמִדְּקָא פָּרִיךְ לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף כו.) כַּמָּה זִימְנִין א"כ בָּצְרִי לְהוּ פַּיִיס וא"כ בַּפַּיִיס הַשֵּׁנִי כֻּולֵּי עָלְמָא מוֹדוֹ כֵּיוָן דִּבְפַעַם אַחַת מְפַיְּיסוֹ דְּלָא לְכָל עֲבוֹדָה מְפַיְּיסוֹ:
Viens et écoute : Rabbi Yehouda dit, il n'y avait pas de payis pour la mahta, etc. — cela étonne : pourquoi apporter la preuve depuis Rabbi Yehouda ? Qu'on l'apporte plutôt du tanna kamma, en sens inverse ! On peut répondre que la preuve se formule ainsi : même le tanna kamma ne le contredit que pour la ketoret, parce qu'elle est rare et qu'elle enrichit ; mais dans les autres cas il en convient. Ou bien il faut dire que, selon Rabbi Yehouda, celui qui obtient la mahta ne l'obtient nullement par la force du payis — comme si le fait que l'un ait gagné la ketoret faisait gagner la mahta à celui qui est à sa droite —, mais que tout dépend de la volonté du cohen qui a gagné la ketoret : s'il le veut, il fait tout lui-même, il prend l'encens et prend la mahta, comme nous le trouvons à Yom Kippour où le Cohen Gadol accomplit à lui seul l'ensemble de l'opération, bien que la la chose soit très pénible puisqu'il doit apporter [l'encens] à pleines poignées, comme il est dit plus loin au chapitre Hotsiou Lo (Yoma 47a) — à plus forte raison ici, où la chose n'est pas pénible et où il peut fort bien tout faire seul. Toutefois, comme c'est un peu pénible, l'usage était qu'il dise à un autre « gagne avec moi la mahta » ; et il avait coutume de le dire à celui qui se tenait à sa droite, à cause de la jalousie, pour que les autres ne lui en tiennent pas rigueur. Mais s'il voulait changer, il en avait le droit : faire tout lui-même, ou le dire à celui qui se tenait à sa gauche, ou même à un autre qui ne se tenait pas du tout auprès de lui : « gagne avec moi ». Et c'est bien ce qu'implique la formule « le cohen qui a gagné dit... » : il n'est pas dit « celui qui se tient auprès de lui est entraîné avec lui », comme il est dit plus loin « douze de ses frères cohanim sont entraînés à sa suite ». C'est aussi ce qui ressort de la Tossefta (ch. 1), où l'on enseigne, après les propos de Rabbi Yehouda rapportés ici, les paroles de Rabbi Eliezer ben Yaakov citées plus bas : « il n'y avait pas de payis pour les membres, mais celui qui les monte à la rampe les monte à l'autel ». Il apparaît donc que Rabbi Yehouda parle sur le même mode que Rabbi Eliezer ben Yaakov : il n'y a aucune part de gain par payis dans la mahta. Dès lors, la preuve tirée de Rabbi Yehouda est parfaitement fondée : les rabbanan ne le contredisent que sur le point de savoir si la chose dépend de la volonté du cohen qui a gagné la ketoret ; mais ils conviennent qu'on ne recommence pas le payis, et que celui qui se tient à sa droite gagne par la force du payis [initial]. Et Rabbi Eliezer ben Yaakov, plus loin, ne le contredit — en tenant qu'on recommence un payis pour la mahta — que pour compléter les quatre payassot, car il y a une raison de ne pas descendre en dessous de quatre payassot, ainsi qu'il ressort de l'objection posée plus loin (Yoma 26a) à plusieurs reprises : « s'il en est ainsi, il leur manquerait un payis ». Il s'ensuit que, pour le second payis, tout le monde convient que, puisqu'on tire au sort en une seule fois, on ne tire pas au sort pour chaque service.
💡 Explication

La guemara cherche à trancher la question laissée ouverte à la fin de 25a : tiré-t-on au sort une seule fois, les douze autres services revenant automatiquement aux voisins du gagnant, ou treize fois ? La baraita de Rabbi Yehouda semble le dire.

Rachi expose le dispositif technique : la ketoret du matin exige en réalité deux cohanim. L'un porte l'encens dans le Heikhal et le fait fumer ; l'autre racle des braises sur l'autel extérieur avec la mahta, les introduit et les dépose sur l'autel d'or, pour que l'encens y soit brûlé. Or Rabbi Yehouda affirme qu'on ne tirait au sort que le premier poste : le gagnant désignait lui-même son second, et l'usage voulait que ce soit son voisin de droite.

Si un service se transmet ainsi, sans nouveau tirage, la question paraissait réglée : lo le-khôl avoda ve-avoda mefissin, on ne tire pas au sort pour chaque service.

🖼️ Schéma
La ketoret exige deux cohanim - mais un seul payis d'après Rachi : les braises de l'autel intérieur sont prises chaque jour sur l'autel extérieur Azara - cour Mizbeah ha-hitson autel extérieur, les braises Cohen B remplit la MAHTA (l'encensoir à braises) -> Heikhal - sanctuaire Mizbeah ha-penimi autel d'or, on y pose les braises Cohen A y verse la KETORET et la fait fumer Le payis On ne tire au sort que le cohen A - la ketoret A se tourne vers son voisin : zekhe imi ba-mahta gagne avec moi la mahta Un service se transmet donc sans nouveau tirage - c'est la preuve que la guemara essaie d'en tirer Elle sera rejetée : mahta et ketoret ne sont pas deux services, mais deux moments d'un même service
Le dispositif de la ketoret d'après Rachi : deux cohanim, deux autels, un seul tirage au sort.
2
שָׁאנֵי מַחְתָּה וּקְטֹרֶת, דַּחֲדָא עֲבוֹדָה הִיא.

[La guemara repousse la preuve :] la mahta et la ketoret, c'est différent, car elles constituent un seul et même service.

💡 Explication

Rejet en cinq mots. La mahta n'est pas un service autonome que le gagnant aurait le pouvoir de distribuer : c'est la première moitié d'un seul service, celui de la ketoret. Poser les braises et y verser l'encens sont deux gestes d'une même opération ; il est donc normal qu'un unique payis les couvre tous les deux.

La baraita ne dit alors plus rien sur les treize services du tamid, qui sont, eux, véritablement distincts. La question reste ouverte.

3
אִיכָּא דְאָמְרִי: דַּוְקָא מַחְתָּה וּקְטֹרֶת דַּחֲדָא עֲבוֹדָה הִיא, אֲבָל שְׁאָר עֲבוֹדוֹת בָּעֵי פַּיִיס!

Certains disent [que la baraita se lit au contraire dans l'autre sens] : c'est précisément la mahta et la ketoret, qui forment un seul service, [qui se partagent un payis unique] ; mais les autres services, eux, exigent chacun un payis !

💡 Explication

La même baraita, retournée. Version ika de-amri : si Rabbi Yehouda a pris soin de nommer la mahta et la ketoret — précisément le couple qui forme un seul service —, c'est que la dispense de payis ne vaut que là ; a contrario, les services réellement distincts exigent chacun leur tirage.

C'est un raisonnement classique de diyouk : on ne déduit pas du contenu de l'énoncé mais de son choix d'exemple. Pourquoi ce cas-là, si la règle était générale ?

4
מַחְתָּה אִצְטְרִיכָא לֵיהּ, סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא הוֹאִיל וְלָא שְׁכִיחָא, וּמְעַתְּרָא, נַתְקֵין לַהּ פַּייִס בִּפְנֵי עַצְמָהּ. קָא מַשְׁמָע לַן.

[Rien à en déduire :] c'est la mahta qu'il lui fallait [mentionner]. Il aurait pu te venir à l'esprit de dire : puisqu'elle est rare et qu'elle enrichit, instituons-lui un payis à elle seule.

[La baraita] nous enseigne [qu'il n'en est rien].

📜 Rachi (2)
הוֹאִיל וְלָא שְׁכִיחָא הַקְּטֹורֶת אֶלָּא פַּעֲמַייִם לַיּוֹם שֶׁאֵין הַקְּטֹרֶת בָּאָה נְדָבָה:
Puisqu'elle n'est pas fréquente — la ketoret n'a lieu que deux fois par jour, car la ketoret ne vient jamais en offrande volontaire.
וּמְעַתְּרָא וּמַעֲשֶׁרֶת אֶת הָעוֹסְקִין בָּהּ כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן בְּפִרְקִין (יוֹמָא דַּף כו.):
Et qu'elle enrichit — elle enrichit ceux qui s'en occupent, comme nous le disons plus loin dans notre chapitre (Yoma 26a).
💡 Explication

Le diyouk est désamorcé : si Rabbi Yehouda a nommé la mahta, ce n'est pas pour l'opposer aux autres services, mais parce que ce cas précis appelait une mise au point. Deux traits, dit Rachi, en faisaient un poste convoité : la ketoret n'est pas fréquente — deux fois par jour seulement, car elle ne peut jamais être apportée en offrande volontaire, contrairement aux sacrifices que tout particulier peut donner ; et elle enrichit celui qui l'accomplit, comme la guemara l'établira en 26a.

On aurait donc pu penser qu'à raison de cette convoitise il fallait lui réserver un tirage propre. Rabbi Yehouda dit non — et sa formule ne dit rien de plus. Aucune conclusion ne peut être tirée dans un sens ni dans l'autre.

5
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבִּי חַייָּא: לֹא לְכָל עֲבוֹדָה וַעֲבוֹדָה מְפַייְּסִין, אֶלָּא כֹּהֵן שֶׁזָּכָה בְּתָמִיד, שְׁנֵים עָשָׂר אֶחָיו הַכֹּהֲנִים נִמְשָׁכִין עִמּוֹ. שְׁמַע מִינָּה.

Viens et écoute, car Rabbi Hiyya a enseigné : ce n'est pas pour chaque service séparément que l'on tire au sort ; mais le cohen qui a gagné le tamid, douze de ses frères cohanim sont entraînés à sa suite. Apprends-en [qu'il en est bien ainsi].

💡 Explication

Après deux preuves indirectes écartées, la guemara produit une baraita explicite : Rabbi Hiyya énonce la règle en toutes lettres, dans les termes mêmes de la question posée (lo le-khôl avoda ve-avoda mefaissin).

Le verbe est décisif : nimchakhin — ils sont tirés, entraînés à sa suite. Les douze voisins ne gagnent rien : ils sont aspirés par le gagnant unique, chacun prenant, dans l'ordre où il se tient, le service que la michna a énuméré à ce rang. Un tirage, treize postes. Chema mina : la question est close.

🖼️ Schéma
Un seul payis pour treize services, ou un payis par service ? Les trois tentatives de preuve, dans l'ordre où la guemara les essaie Question ouverte depuis 25a : le gagnant entraîne-t-il ses voisins, ou recommence-t-on treize fois ? Tentative 1 - Rabbi Yehouda : pas de payis pour la mahta Le gagnant de la ketoret dit à son voisin : gagne avec moi la mahta. Donc un service se donne sans tirage. Rejet : mahta et ketoret hada avoda - un seul service -> La preuve tombe : rien n'est établi Tentative 2 - ika de-amri : la même baraita lue à l'envers Si R. Yehouda précise mahta et ketoret parce qu'elles font un seul service, c'est que les AUTRES services, eux, exigent chacun leur payis. Preuve inverse. Rejet : s'il a nommé la mahta, c'est contre une hava amina précise - elle est rare (deux fois par jour) et elle enrichit ; on aurait pu lui instituer un payis à elle seule. Aucune déduction possible. Tentative 3 - la baraita de Rabbi Hiyya : explicite, décisive On ne tire pas au sort pour chaque service ; le cohen qui a gagné le tamid, douze de ses frères cohanim sont entraînés à sa suite. CHEMA MINA 1 tirage + 12 entraînés = 13 Le mot nimchakhin - être tiré, entraîné - est le terme technique : le voisin ne gagne pas, il est aspiré par le gagnant.
Le fil complet de la question, des deux tentatives écartées jusqu'à la baraita de Rabbi Hiyya qui la tranche.
6
פִּייֵּס הַשֵּׁנִי וְכוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: מִי מְקַבֵּל? שׁוֹחֵט מְקַבֵּל, דְּאִי אָמְרַתְּ זוֹרֵק מְקַבֵּל — אַגַּב חַבִּיבוּתֵיהּ, לָא מְקַבֵּל לֵיהּ לְכֻולֵּיהּ דָּם.

« Le second payis, etc. ». On leur a demandé : qui recueille [le sang] ?

Est-ce l'égorgeur qui recueille ? — car si tu dis que c'est l'aspergeur qui recueille, du fait de son empressement [pour la zerika qui lui est chère], il ne recueillerait pas tout le sang.

📜 Rachi (2)
מִי מְקַבֵּל דַּם הַתָּמִיד כֵּיוָן דְּלָא מָנָה לָהּ בְּמָתְנֵי' כֹּהֵן שְׁמַע מִינָּה חַד מֵהָנֵי עֲבִיד לָהּ:
Qui recueille — le sang du tamid ; puisque la michna n'a mentionné pour cela aucun cohen, il faut en conclure que c'est l'un de ceux-là qui l'accomplit.
אַגַּב חַבִּיבוּתֵיהּ דִּזְרִיקָה שֶׁהִיא עֲבוֹדַת מִזְבֵּחַ לָא מְקַבֵּל לֵיהּ לְכֻולֵּיהּ דָּם וְאָמְרִינַן לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף מח.) צָרִיךְ שֶׁיְּקַבֵּל אֶת כָּל הַדָּם שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא ד) וְאֶת כָּל (הַדָּם) יִשָּׁפֵךְ:
Du fait de son empressement — pour la zerika, qui est un service de l'autel, il ne recueillerait pas tout le sang ; or nous disons plus loin (Yoma 48a) qu'il faut recueillir tout le sang, ainsi qu'il est dit : « et tout le sang, il le répandra » (Lv 4).
💡 Explication

Nouvelle sougya, tirée d'un silence de la michna. La liste des treize services du second payis nomme celui qui égorge et celui qui asperge — mais personne pour la kabala, le recueil du sang dans le vase, qui s'intercale pourtant obligatoirement entre les deux. Rachi en tire la déduction : si aucun cohen n'y est affecté, c'est que l'un des deux voisins s'en charge.

Première branche : ce serait l'égorgeur. L'argument est psychologique et halakhique à la fois. Le cohen désigné pour la zerika brûle d'accomplir un service de l'autel, plus prestigieux que le recueil ; agav havivouteh, emporté par cet attrait, il risquerait de se précipiter avant d'avoir recueilli la totalité du sang. Or la halakha exige (Yoma 48a) qu'on recueille tout le sang, d'après « et tout le sang, il le répandra ».

7
אוֹ דִּילְמָא: זוֹרֵק מְקַבֵּל, דְּאִי אָמְרַתְּ שׁוֹחֵט מְקַבֵּל — זִימְנִין דִּשְׁחִיט זָר.

Ou bien peut-être est-ce l'aspergeur qui recueille : car si tu dis que c'est l'égorgeur qui recueille — il arrive qu'un zar (un non-cohen) égorge.

📜 Rachi (1)
זִימְנִין דִּשְׁחִיט זָר שֶׁהַשְּׁחִיטָה כְּשֵׁרָה בְּזָר וְהַקַּבָּלָה פְּסוּלָה בּוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא א׳:ה׳) וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר וְהִקְרִיבוּ הַכֹּהֲנִים אֶת הַדָּם מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהֻונָּה לִימֵּד עַל הַשְּׁחִיטָה שֶׁכְּשֵׁירָה בְּזָר:
Il arrive qu'un zar égorge — car la chehita est valide accomplie par un zar, tandis que la kabala est invalide en ses mains, ainsi qu'il est dit : « il égorgera le jeune taureau, et les cohanim approcheront le sang » (Lv 1,5) — à partir de la kabala et au-delà, c'est un commandement réservé à la kehouna ; cela enseigne, quant à la chehita, qu'elle est valide par un zar.
💡 Explication

Branche inverse, et l'argument change de nature : il n'est plus psychologique mais structurel. La chehita est le seul acte de tout le service qui soit valide même accompli par un zar, un non-cohen — Rachi le déduit du verset « il égorgera le jeune taureau, et les cohanim approcheront le sang » (Lv 1,5) : la kehouna n'est requise qu'à partir de la kabala.

Conséquence : faire de l'égorgeur le recueilleur, ce serait bâtir la règle sur un poste qui peut ne pas être tenu par un cohen. La kabala, elle, est passoul (invalide) faite par un zar. La règle deviendrait inapplicable les jours où un non-cohen a égorgé.

8
תָּא שְׁמַע: בֶּן קָטִין עָשָׂה שְׁנֵים עָשָׂר דַּד לַכִּיּוֹר, כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ שְׁנֵים עָשָׂר אֶחָיו הַכֹּהֲנִים הָעֲסוּקִין בְּתָמִיד מְקַדְּשִׁין יְדֵיהֶן וְרַגְלֵיהֶן בְּבַת אַחַת.

Viens et écoute : Ben Katin fit douze robinets au kiyor (la cuve), afin que les douze frères cohanim occupés au tamid puissent sanctifier leurs mains et leurs pieds en une seule fois.

📜 Rachi (2)
בֶּן קַטִּין כ"ג הָיָה:
Ben Katin — il était Cohen Gadol.
י"ב דַּדִּים שֶׁהוּא יוֹצֵק בָּהֶן מַיִם:
Douze robinets — par lesquels il verse l'eau.
💡 Explication

La preuve va venir d'un détail d'orfèvrerie. Ben Katin, Cohen Gadol, améliora le kiyor — la cuve où les cohanim accomplissent le kidouch yadaim ve-raglaim, la sanctification des mains et des pieds avant tout service — en portant ses deux becs d'origine à douze, pour que toute l'équipe du tamid puisse se laver simultanément.

Le chiffre est le point sensible : douze, exactement, pour une équipe que la michna a comptée à treize. C'est cet écart d'une unité qui va trancher la question.

9
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ שׁוֹחֵט מְקַבֵּל, תְּלֵיסַר הָוֵי! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינָּה: זוֹרֵק מְקַבֵּל. שְׁמַע מִינָּה.

Or si tu venais à penser que c'est l'égorgeur qui recueille, ils seraient treize ! N'est-ce pas plutôt qu'il faut en conclure que c'est l'aspergeur qui recueille ?

Apprends-en effectivement qu'il en est ainsi.

📜 Rachi (1)
תְּלֵיסַר הָוֵי שֶׁהֲרֵי שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה עֲבוֹדוֹת נִמְנוּ בְּמִשְׁנָתֵנוּ בַּעֲבוֹדוֹת פַּיִיס הַתָּמִיד אֶלָּא שֶׁהַשְּׁחִיטָה אֵינָהּ טְעוּנָה קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם אֲפִילּוּ כְּשֶׁהִיא בְּכֹהֵן לְפִי שֶׁהִיא עֲבוֹדָה שֶׁהִיא כְּשֵׁירָה בְּזָר וְאִי אָמַרְתָּ שׁוֹחֵט מְקַבֵּל נִמְצָא שֶׁהוּא צָרִיךְ לְקַדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו בִּשְׁבִיל הַקַּבָּלָה:
Ils seraient treize — car treize services ont été comptés dans notre michna parmi les services du payis du tamid ; seulement, la chehita n'exige pas la sanctification des mains et des pieds, même lorsqu'elle est accomplie par un cohen, parce que c'est un service valide par un zar. Or si tu dis que l'égorgeur recueille, il se trouve qu'il doit sanctifier ses mains et ses pieds à cause de la kabala.
💡 Explication

Le calcul, exposé par Rachi. La michna compte treize services au second payis. Mais la chehita, précisément parce qu'elle est valide par un zar, n'exige pas le kidouch yadaim ve-raglaim, même quand un cohen l'accomplit. Il reste donc douze cohanim à laver — et douze robinets suffisent.

Fais maintenant de l'égorgeur le recueilleur : il devra se sanctifier, non pour son égorgement, mais à cause de la kabala. Ou bien, les jours où un zar a égorgé, un treizième cohen devra venir recueillir. Dans les deux cas le compte passe à treize — et Ben Katin aurait fait treize robinets.

Il n'en fit que douze. Chema mina : c'est l'aspergeur qui recueille.

🖼️ Schéma
Qui recueille le sang ? Le trou de la michna et la cuve de Ben Katin La michna nomme l'égorgeur et l'aspergeur, jamais le recueilleur : l'un des deux fait donc les deux chehita -> KABALA (recueil dans le vase) -> holakha -> zerika Hypothèse A : le CHOHET recueille Force : il n'a rien de plus cher à faire l'aspergeur, lui, brûle d'aller à l'autel et risque de ne pas recueillir TOUT le sang Faille : parfois c'est un zar qui égorge Hypothèse B : le ZOREK recueille Force : toujours un cohen, donc toujours valable la chehita est cachere par un non-cohen la kabala, non - min ha-kabala ve-eilakh Risque à écarter : l'empressement du zorek L'arbitre : les douze robinets du kiyor de Ben Katin 13 services au second payis moins la chehita, qui n'exige pas kidouch yadaim ve-raglaim = 12 cohanim à laver 12 robinets suffisent Si le chohet recueillait, il lui faudrait se sanctifier pour la kabala (ou un 13e cohen viendrait le remplacer) = 13 cohanim à laver or Ben Katin n'en fit que 12 Conclusion : le ZOREK recueille - confirmé par Tamid : chahat ha-chohet, kibel ha-mekabel, ou-va lo lizrok
Les deux hypothèses sur la kabala et la preuve arithmétique tirée des douze robinets de Ben Katin.
10
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: שָׁחַט הַשּׁוֹחֵט, וְקִבֵּל הַמְקַבֵּל, וּבָא לוֹ לִזְרֹוק. שְׁמַע מִינָּה.

Rav Aha fils de Rava dit à Rav Achi : nous aussi nous l'avons appris [dans une michna] — « l'égorgeur égorgea, le recueilleur recueillit, et il vint asperger ». Apprends-en qu'il en est ainsi.

📜 Rachi (1)
אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא בְּמַסֶּכֶת תָּמִיד וּבָא לוֹ לִזְרֹוק גָּרְסִינַן:
Nous aussi nous l'avons appris — dans le traité Tamid ; et la version que nous lisons est : « et il vint asperger ».
💡 Explication

Confirmation par un tour de phrase. La michna de Tamid décrit la séquence en changeant de sujet à chaque étape — chahat ha-chohet, kibel ha-mekabel — puis, au troisième temps, cesse de nommer un nouvel acteur : ou-va lo lizrok, « et il vint asperger ». Le « il » ne peut renvoyer qu'au recueilleur qui vient d'agir.

Donc celui qui recueille est bien celui qui asperge. Rachi précise au passage la version exacte du texte de Tamid a lire ici, la formulation étant tout l'argument.

11
אָמַר בֶּן עַזַּאי לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד דֶּרֶךְ הִלּוּכוֹ? הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל, הֶחָזֶה וְהַגֵּרָה, וּשְׁתֵּי יָדַיִם, וּשְׁתֵּי דְּפָנוֹת, הָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: דֶּרֶךְ הֶפְשֵׁטוֹ הָיָה קָרֵב. כֵּיצַד דֶּרֶךְ הֶפְשֵׁטוֹ? הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל, הָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל, וּשְׁתֵּי דְּפָנוֹת, וּשְׁתֵּי הַיָּדַיִם, הֶחָזֶה וְהַגֵּרָה.

« Ben Azzai dit devant Rabbi Akiva, etc. ». Nos maîtres ont enseigné : comment [monte-t-on les membres] selon sa manière de marcher ?

La tête et la patte [arrière droite], la poitrine et la guera (la pièce du cou), les deux pattes avant, les deux flancs, le croupion et la [seconde] patte. Rabbi Yossi dit : c'est selon la manière dont on l'écorche qu'il était offert.

Comment, selon sa manière d'écorchement ? La tête et la patte, le croupion et la patte, les deux flancs, les deux pattes avant, la poitrine et la guera.

📜 Rachi (3)
דֶּרֶךְ הִלּוּכוֹ שֶׁל צַד הָרֹאשׁ קוֹדְמִין הַקּוֹדֵם קוֹדֵם:
Selon sa manière de marcher — les [membres] du côté de la tête passent en premier : ce qui vient devant passe devant.
הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל שֶׁל יָמִין לְדִבְרֵי הַכֹּל קוֹדֶמֶת וּמִקְּרָא יָלֵיף לָהּ לְקַמָּן:
La tête et la patte — celle de droite ; de l'avis de tous elle passe en premier, et [la guemara] le déduit d'un verset plus loin.
דֶּרֶךְ הֶפְשֵׁטוֹ מִצַּד הָרַגְלַיִם לְצַד הָרֹאשׁ:
Selon sa manière d'écorchement — depuis le côté des pattes vers le côté de la tête.
💡 Explication

Retour à la michna : dans quel ordre les six charges de viande du tamid montent-elles à la rampe ? Chaque tanna répond en invoquant un principe d'ordonnancement différent, et le désaccord n'est pas de détail : c'est une divergence sur ce qui doit organiser un service.

Derekh hilukho, sa manière de marcher (Ben Azzai, au nom de Rabbi Yehochoua) : la bête est présentée comme elle avance, l'avant d'abord. Rachi glose : ha-kodem kodem, ce qui vient devant passe devant.

Derekh hefchteto, sa manière d'écorchement (Rabbi Yossi) : l'ordre suit le geste du dépouillement, qui va des pattes vers la tête. Un point ne fait jamais débat : la tête et la patte droite ouvrent toujours la marche, et la guemara le déduira d'un verset à la fin du daf.

12
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: דֶּרֶךְ נִיתּוּחוֹ הָיָה קָרֵב. כֵּיצַד דֶּרֶךְ נִיתּוּחוֹ? הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל, וּשְׁתֵּי יָדַיִם, הֶחָזֶה וְהַגֵּרָה, וּשְׁתֵּי דְּפָנוֹת, וְהָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: דֶּרֶךְ עִילּוּיוֹ הָיָה קָרֵב. כֵּיצַד דֶּרֶךְ עִילּוּיוֹ? הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל, הֶחָזֶה וְהַגֵּרָה, וּשְׁתֵּי הַדְּפָנוֹת, וְהָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל, וּשְׁתֵּי הַיָּדַיִם.

Rabbi Akiva dit : c'est selon la manière dont on le découpe qu'il était offert. Comment, selon sa manière de découpe ?

La tête et la patte, les deux pattes avant, la poitrine et la guera, les deux flancs, le croupion et la patte. Rabbi Yossi HaGuelili dit : c'est selon sa qualité qu'il était offert.

Comment, selon sa qualité ? La tête et la patte, la poitrine et la guera, les deux flancs, le croupion et la patte, les deux pattes avant.

📜 Rachi (4)
דֶּרֶךְ נִיתּוּחוֹ כַּסֵּדֶר שֶׁמְּנַתְּחִין אוֹתוֹ לְאַחַר הֶפְשֵׁטוֹ אֵבֶר אַחַר אֵבָר וְסֵדֶר נִיתּוּחוֹ מְפֹורָשׁ בְּמַס' תָּמִיד (ד' לא.) כְּמוֹ שֶׁהוּא סִדּוּר כָּאן כֵּיצַד דֶּרֶךְ נִיתּוּחוֹ כו' וּכְשֶׁהוּא מְנַתֵּחַ נוֹתֵן כָּל אֵבֶר וְאֵבֶר לְמִי שֶׁזָּכָה בּוֹ וְכֻולָּן עוֹמְדִים שָׁם עַד שֶׁיְּקַבְּלוּ שָׁם כֻּולָּן וְהוֹלְכִין וּמוֹלִיכִין אוֹתָן לַכֶּבֶשׁ זֶה אַחַר זֶה וּבְסֵדֶר הוֹלָכָתָן פְּלִיגִי הָנֵי תַּנָּאֵי מַר אָמַר הָכִי וּמַר אָמַר הָכִי:
Selon sa manière de découpe — dans l'ordre où on le découpe après l'écorchement, membre après membre ; et l'ordre du découpage est exposé dans le traité Tamid (31a) tel qu'il est rangé ici : « comment, selon sa manière de découpe, etc. ». Et pendant qu'il découpe, il donne chaque membre à celui qui l'a gagné ; tous se tiennent là jusqu'à ce que tous les aient reçus, puis ils vont et les portent à la rampe l'un après l'autre. Et c'est sur l'ordre de ce portage que divergent ces tanaim : l'un dit ceci et l'autre cela.
הָכִי גָּרְסִינַן כֵּיצַד דֶּרֶךְ נִיתּוּחוֹ הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל וּשְׁתֵּי יָדָיו וְהֶחָזֶה וְהַגֵּרָה וּשְׁתֵּי הַדְּפָנוֹת עֹוקֶץ וְהָרֶגֶל:
Voici la version que nous lisons : comment, selon sa manière de découpe ? La tête et la patte, ses deux pattes avant, la poitrine et la guera, les deux flancs, le croupion et la patte.
דֶּרֶךְ עִילּוּיוֹ דֶּרֶךְ מֵיטַב שֶׁלּוֹ וּמִבְחַר נְתָחָיו הַמֻּובְחָר קוֹדֵם:
Selon sa qualité — selon ce qu'il a de meilleur et le choix de ses morceaux : le plus choisi passe en premier.
ה"ג כֵּיצַד דֶּרֶךְ עִילּוּיוֹ הָרֹאשׁ וְהָרֶגֶל הֶחָזֶה וְהַגֵּרָה וּשְׁתֵּי דְפָנוֹת וְהָעֹוקֶץ וְהָרֶגֶל וּשְׁתֵּי יָדַיִם:
Voici la version que nous lisons : comment, selon sa qualité ? La tête et la patte, la poitrine et la guera, les deux flancs, le croupion et la patte, les deux pattes avant.
💡 Explication

Deux principes de plus. Derekh nitou'ho, l'ordre du découpage (Rabbi Akiva) : la séquence reproduit celle du dépeçage membre par membre, détaillée dans Tamid 31a. Rachi décrit la scène concrète : à mesure qu'il découpe, le cohen remet chaque pièce à celui qui l'a gagnée ; tous attendent sur place d'avoir reçu leur part, puis se mettent en marche vers la rampe l'un derrière l'autre. C'est sur l'ordre de ce cortège, et non sur le découpage lui-même, que portent toutes ces opinions.

Derekh ilouyo, selon sa qualité (Rabbi Yossi HaGuelili) : le critère n'est plus anatomique mais qualitatif — le morceau le plus choisi monte le premier. Rachi relève ici deux précisions de version (girsa) sur les listes, signe que ces énumérations circulaient sous plusieurs formes.

🖼️ Schéma
Dans quel ordre les six charges montent-elles à la rampe ? Quatre principes concurrents - tous partent de la tête et de la patte droite Principe invoqué 1er 2e 3e 4e 5e Ben Azzai / tanna dideh derekh hilukho sa manière de marcher tête + patte dr. poitrine + guera 2 pattes av. 2 flancs croupion + patte g. Rabbi Yossi derekh hefchteto l'ordre de l'écorchement tête + patte dr. croupion + patte g. 2 flancs 2 pattes av. poitrine + guera Rabbi Akiva derekh nitou-ho l'ordre du découpage tête + patte dr. 2 pattes av. poitrine + guera 2 flancs croupion + patte g. Rabbi Yossi HaGuelili derekh ilouyo du meilleur au moindre tête + patte dr. poitrine + guera 2 flancs croupion + patte g. 2 pattes av. Rava : le tanna de notre michna et R. Yossi HaGuelili suivent tous deux la qualité de la viande ils ne divergent que sur la mesure de cette qualité - seule la place des deux pattes avant change tanna dideh : evra - la masse du membre (3e) | R. Yossi HaGuelili : choumna - le gras (5e)
Les quatre ordres de montée comparés position par position, et la lecture qu'en donne Rava.
13
וְהָכְתִיב: ״כָּל נֵתַח טוֹב יָרֵךְ וְכָתֵף״? הַהִיא בִּכְחוּשָׁה.

Mais n'est-il pas écrit : « tout bon morceau, la cuisse et l'épaule » (Ez 24,4) ? — Ce verset parle d'une bête maigre.

📜 Rachi (2)
וְהָכְתִיב כָּל נֵתַח טוֹב יָרֵךְ וְכָתֵף אַלְמָא יֶרֶךְ מְעַלֵּי מְכַתֵּף:
Mais n'est-il pas écrit : « tout bon morceau, la cuisse et l'épaule » — il apparaît donc que la cuisse l'emporte sur l'épaule.
בִּכְחוּשָׁה יֶרֶךְ מְעַלֵּי דְּאַלִּים:
Dans une bête maigre — la cuisse l'emporte, car elle reste charnue.
💡 Explication

Objection contre Rabbi Yossi HaGuelili : si l'ordre suit la qualité, le verset d'Ezechiel donne le classement — la cuisse et l'épaule sont « tout bon morceau », donc elles devraient monter les premières. Rachi tire du verset la hiérarchie précise : la cuisse l'emporte sur l'épaule.

Réponse : ce verset décrit une bête maigre. Chez elle, la cuisse reste charnue quand tout le reste s'est deseche — d'où son rang. Mais l'agneau du tamid était de premier choix, et chez une bête grasse d'autres pièces la surpassent. Le verset classe une situation, pas la nature des morceaux.

14
אָמַר רָבָא: בֵּין תַּנָּא דִּידַן וּבֵין רַבִּי יוֹסֵי — בָּתַר עִילּוּיָא דְבִשְׂרָא אָזְלִינַן. מָר אָזֵיל בָּתַר אִיבְרָא דְבִישְׂרָא, וּמָר אָזֵיל בָּתַר שֻׁמְנָא דְבִישְׂרָא.

Rava a dit : tant le tanna de notre michna que Rabbi Yossi [HaGuelili] suivent la qualité de la chair. L'un suit la masse du membre de chair, et l'autre suit le gras de la chair.

📜 Rachi (2)
תַּנָּא דִידַן תַּנָּא דְּמַתְנִיתִין לֹא אָמַר כְּחַד מִנַּיְיהוּ:
Le tanna de notre michna — le tanna de la michna n'a dit comme aucun d'entre eux.
מָר אָזֵיל בָּתַר אִיבְרָא תַּנָּא דִידַן הוֹלֵךְ אַחַר עִילּוּי גֹּודֶל הָאֵיבָרִים וְר' יוֹסֵי הוֹלֵךְ אַחַר עִילּוּי הַשֶּׁמֶן:
L'un suit le membre — le tanna de notre michna suit la supériorité en taille des membres, et Rabbi Yossi suit la supériorité en gras.
💡 Explication

Rava réduit une mahloket apparente à une divergence de critère. Le tanna de notre michna et Rabbi Yossi HaGuelili ne s'opposent pas sur le principe : tous deux ordonnent selon ilouya de-bissra, la qualité de la viande. Ils ne s'accordent pas sur ce qui fait cette qualité.

Pour l'un, evra : la masse, le volume de chair du membre. Pour l'autre, choumna : le gras. Rachi note d'ailleurs que le tanna de la michna ne coïncide exactement avec aucun des tanaim nommés dans la baraita — sa liste est propre.

Toute la différence tient à un seul déplacement : la place des deux pattes avant, troisièmes chez l'un, dernières chez l'autre.

🖼️ Schéma
Rava : une seule règle - la qualité - mais deux façons de la mesurer tout se joue sur la place des deux pattes avant, les yadaim Tanna de notre michna azil batar EVRA de-bissra il suit la masse du membre : plus il y a de viande, plus le morceau est supérieur les pattes avant montent en 3e Rabbi Yossi HaGuelili azil batar CHOUMNA de-bissra il suit le gras : plus le morceau est gras, plus il est supérieur les pattes avant montent en dernier Ils ne sont donc pas en désaccord de principe : la mahloket porte sur ce qui fait la valeur d'une pièce de viande.
Un seul principe, deux mesures : evra (la masse) contre choumna (le gras), et la place des pattes avant qui en découle.
15
מַאי טַעְמָא סָלְקָא רֶגֶל בַּהֲדֵי רֵישָׁא? מִשּׁוּם דְּרֵישָׁא נְפִישִׁי בֵּיהּ עֲצָמוֹת, קְרָבָא רֶגֶל בַּהֲדֵיהּ.

Pour quelle raison la patte monte-t-elle avec la tête ? Parce que la tête comporte beaucoup d'os, on offre la patte avec elle.

💡 Explication

Détail commun à toutes les opinions : la tête ne monte jamais seule, la patte droite l'accompagne. Pourquoi cet appariement plutôt qu'un autre ?

Réponse pratique : la tête est surtout ossature, avec peu de chair. On lui adjoint donc une pièce charnue pour équilibrer la charge — la logique du couple est une logique de compensation, ce qui confirme au passage que c'est bien la quantité de viande qui organise l'ensemble du cortège.

16
דְּכֻולֵּי עָלְמָא מִיהַת רֹאשׁ קָרֵב בְּרֵישָׁא, מְנָא לַן? דְּתַנְיָא: מִנַּיִין לְרֹאשׁ וּפֶדֶר שֶׁקּוֹדְמִין לְכָל הָאֵבָרִים — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶת רֹאשׁוֹ וְאֶת פִּדְרוֹ וְעָרַךְ״. וְאִידָךְ: ״פֶּדֶר״ אַחַרְיַנָא.

De l'avis de tous, en tout cas, la tête est offerte en premier : d'où le tenons-nous ? Car il a été enseigné : d'où [sait-on] que la tête et le peder (la graisse qui recouvre) précèdent tous les [autres] membres ?

Le verset dit : « sa tête et son peder, et [le cohen] les rangera » (Lv 1,12). Et l'autre [mention du] peder [à quoi sert-elle] ?

📜 Rachi (1)
וְאִידָךְ פֶּדֶר קְרָא אַחֲרִינָא כְּתִיב אֵת הַנְּתָחִים אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הַפָּדֶר:
Et l'autre [mention du] peder — un autre verset est écrit : « les morceaux, la tête et le peder » (Lv 1,8).
🗂️ Tossefot (1)
מִנַּייִן לְרֹאשׁ וּפֶדֶר שֶׁקּוֹדְמִים כּוּ' תֵּימַהּ לִי א"כ אַמַּאי לָא חֲשִׁיב בְּמָתְנֵי' פֶּדֶר בַּהֲדֵי רֹאשׁ וְי"ל כֵּיוָן דְּאִי אֶפְשָׁר לְהַקְטִיר הָרֹאשׁ בְּלֹא פֶּדֶר וְזֶהוּ דֶּרֶךְ כָּבוֹד בִּכְלַל הָרֹאשׁ הוּא:
D'où [sait-on] que la tête et le peder précèdent, etc. — cela m'étonne : s'il en est ainsi, pourquoi la michna n'a-t-elle pas compté le peder avec la tête ? On peut répondre que, puisqu'il est impossible de faire fumer la tête sans le peder — et que c'est là une manière respectueuse [de procéder, le peder couvrant l'endroit de l'égorgement] —, il est inclus dans [la charge de] la tête.
💡 Explication

Le daf se referme en cherchant la source du seul point qui ne fait pas débat : la tête d'abord. La baraita l'ancre dans Lv 1,12, où la tête et le péder — la graisse dont on recouvre l'endroit de l'égorgement — sont nommés juste avant le verbe ve-ârakh, « et il rangera », c'est-à-dire l'agencement sur le bûcher.

La guemara enchaîne aussitôt sur une question de méthode exégétique : le péder est mentionné deux fois (Lv 1,8 et 1,12). Un mot redondant doit enseigner quelque chose — d'où la question, qui restera ouverte à la page suivante.

Tossefot soulève un problème de cohérence : si le péder précède tous les membres, pourquoi la michna n'a-t-elle pas compté un porteur pour lui ? Réponse : on ne peut jamais faire fumer la tête sans le péder — c'est une exigence de convenance, il couvre l'endroit de l'égorgement — de sorte qu'il est englobé dans la charge de la tête, et non compté à part.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).