Sougya : Le daf liquide d'abord le reliquat de 26a : un tanna qui compterait cinq payassot contredirait à la fois Rabbi Yehouda, qui supprime le tirage de la mahta, et Rabbi Eliezer ben Yaakov, qui supprime celui de la rampe à l'autel. La michna ouvre ensuite un exercice de comptage : le tamid est offert par neuf, dix, onze ou douze cohanim, ni moins ni plus -- neuf en socle, plus le flacon d'eau à Souccot, plus les deux bûches de l'après-midi, plus les deux capsules d'encens du Chabbat.
De ce tableau, Rabbi Abba tire une règle par ce que la michna ne dit pas : puisqu'elle a besoin d'un Chabbat tombant dans la fête pour atteindre douze, c'est que la libation d'eau n'a lieu qu'au tamid du matin -- sans quoi un simple jour de Hol ha-Moed y suffirait. Rav Achi confirme par un détail narratif : le tsedouki qui versa l'eau sur ses pieds fut lapidé à coups d'etroguim, et on ne tient son etrog qu'à l'heure du loulav, le matin.
Suit la dérivation de Rabbi Chimon ben Yohai sur les deux bûches de l'après-midi, où la Guemara tente deux fois de tout ramener au matin avant de trancher sur un argument de style : le texte fait varier la racine du verbe, pas seulement son nombre, donc il vise deux moments distincts. Rabbi Hiya compte de treize à seize cohanim au second payis ; une baraita monte à dix-sept en ajoutant le cohen de la rampe -- elle n'est donc pas selon Rabbi Eliezer ben Yaakov, et comme les deux avis s'excluent, elle est selon Rabbi Yehouda.
La seconde michna étend le comptage au bélier (onze) et au taureau (vingt-quatre), avant de le borner : tout cela ne vaut que pour la collectivité, car pour l'offrande d'un particulier un seul cohen peut tout faire, sans tirage. Le daf s'achève sur Hizkiya, qui déduit du silence de Lévitique 1,6 -- encadré par deux versets nommant les fils d'Aharon -- que l'écorchement et le découpage sont valables même accomplis par un zar, un non-cohen.
Celui-là [ce tanna qui compte cinq payassot] n'est ni de l'avis de Rabbi Eliezer ben Yaakov, ni de l'avis de Rabbi Yehouda.
Le daf s'ouvre sur le reliquat de 26a. On y cherchait un tanna qui compterait cinq payassot (tirages au sort) au lieu des quatre de la michna. La réponse tombe ici : un tel tanna existerait bien, mais il paierait cher son cinquième tirage.
Le calcul est simple. Rabbi Yehouda supprime le payis de la mahta (l'encensoir à braises, qui accompagne la ketoret) ; Rabbi Eliezer ben Yaakov supprime celui qui fait monter les membres du kevech (la rampe) à l'autel. Un tanna qui garde les deux services et leur donne à chacun son tirage contredit donc simultanément l'un et l'autre : ve-lo ke-Rabbi Eliezer ben Yaakov ve-lo ke-Rabbi Yehouda.
Tossefot signale ici une divergence de leçon (guirsa) : tous les manuscrits portent bien cette double négation, mais Rachi la biffe et lit, plus bas (segment 11), ela ke-Rabbi Yehouda - mais selon Rabbi Yehouda. Retenir que les deux formules ne portent pas sur la même baraita : ici celle des cinq payassot, plus bas celle des dix-sept cohanim.
MICHNA. Le tamid est offert par neuf cohanim, par dix, par onze ou par douze — ni moins, ni plus.
Comment cela ? Lui-même [le tamid ordinaire] par neuf.
À la fête [de Souccot], un cohen a en main un flacon d'eau — cela fait ici dix.
Cette michna est un exercice de comptage, et elle borne son propre résultat : lo pahot ve-lo yoter, jamais moins de neuf, jamais plus de douze. Rachi pose d'emblée la clef de lecture : le compte ne démarre pas à l'égorgement mais à la holakhat evarim, le portage des membres vers l'autel. Tout ce qui précède (égorgement, réception et aspersion du sang, nettoyage de la menora et de l'autel intérieur) appartient au second payis décrit plus haut dans le traité et n'entre pas dans ces neuf.
Le socle de neuf se décompose ainsi : cinq cohanim pour les cinq lots de chair, un pour les kerabayim (les entrailles), un pour la solet (la fleur de farine de la minha qui accompagne), un pour les havitin (la galette quotidienne du kohen gadol) et un pour le vin de la libation.
Rachi relève un point d'attribution décisif pour la suite : ce chiffre de neuf suppose déjà Rabbi Eliezer ben Yaakov, qui n'ajoute personne pour faire monter les membres de la rampe à l'autel. Notre michna, sur ce point précis, n'est donc pas neutre.
[Au tamid] de l'après-midi, par onze : lui-même par neuf, et deux qui portent en main deux bûches. Le Chabbat, par onze : lui-même par neuf, et deux qui portent en main les deux capsules d'encens du pain de proposition.
Et le Chabbat qui tombe pendant la fête, un cohen a en main un flacon d'eau [ce qui fait douze].
Deux ajouts distincts, qui ne se comptent pas au même moment de la journée. Les guezirei etsim (les deux bûches) accompagnent le tamid de l'après-midi, tous les jours de l'année ; les bazikhei levona (les deux capsules d'encens du le'hem ha-panim) se consument le Chabbat au matin, lorsqu'on remplace les pains de proposition.
Rachi anticipe déjà la Guemara des segments 5 à 8 : pourquoi deux bûches par deux cohanim le soir, alors qu'au matin un seul cohen suffit ? Parce que le verset du matin, ou-vier aleha ha-kohen etsim, est au singulier. La différence n'est pas de volume mais de texte.
C'est le cumul Chabbat + Souccot qui produit le douze, et il ne peut le produire qu'au matin : les capsules d'encens sont du matin, et - c'est ce que la Guemara va établir - la libation d'eau aussi.
GUEMARA. Rabbi Abba a dit — et certains disent que c'est Rami bar Hama, et certains disent que c'est Rabbi Yo'hanan : on ne verse la libation d'eau, à la fête [de Souccot], qu'au tamid du matin.
D'où cela ? De ce que la michna enseigne : « Et le Chabbat qui tombe pendant la fête, un cohen a en main un flacon d'eau. » Or si tu venais à penser qu'on verse aussi la libation au tamid de l'après-midi, on trouverait le cas [des douze cohanim] même en semaine.
La démonstration est purement comptable, et elle procède par ce que la michna ne dit pas. Pour atteindre douze, la michna a dû empiler deux circonstances rares : le Chabbat et la fête. Si la libation d'eau avait lieu aussi l'après-midi, ce luxe serait inutile.
Il suffirait en effet d'un jour de Hol ha-Moed ordinaire, l'après-midi : neuf pour le tamid, deux pour les bûches (que l'on porte chaque jour à cette heure), un pour le flacon — soit douze, sans qu'aucun Chabbat n'intervienne. La michna aurait alors énoncé son maximum de la manière la plus simple. Puisqu'elle ne l'a pas fait, c'est que la combinaison était impossible.
Conclusion : ein menassekhin mayim ba-hag ela be-tamid chel chahar — on ne verse l'eau qu'au tamid du matin.
Rav Achi a dit : nous aussi, nous l'avons appris [dans une autre michna]. « Et à celui qui verse [la libation], on lui dit : lève ta main » — car une fois, quelqu'un versa [l'eau] sur ses pieds, et tout le peuple le lapida avec ses etroguim.
Apprends-en [que la libation d'eau n'a lieu que le matin].
Af anan nami tanina — « nous aussi, nous l'avons appris » : Rav Achi produit une seconde preuve, tirée cette fois d'un détail narratif. La michna de Souca rapporte qu'on enjoignait au cohen de lever la main, afin que la foule voie l'eau tomber dans le bassin d'argent percé ménageant l'écoulement sur l'autel.
L'origine de cette exigence est un scandale : un cohen tsedouki (sadducéen), qui ne reconnaissait pas la libation d'eau — absente du texte écrit et fondée sur la halakha le-Moche mi-Sinaï — versa ostensiblement l'eau sur ses pieds. La foule le lapida avec ses etroguim.
Rachi dégage la force probante du détail : la michna n'avait aucun besoin de préciser l'arme. Si elle le fait, c'est que l'etrog est significatif — or on ne tient son etrog qu'à l'heure de la netilat loulav, le matin. La foule était donc rassemblée le matin, et c'est bien alors que la libation avait lieu.
Il a été enseigné : Rabbi Chimon ben Yohai dit — d'où sait-on que le tamid de l'après-midi requiert deux bûches par deux cohanim ? De ce qu'il est dit : « et ils disposeront du bois » (Lévitique 1,7).
Si ce n'est pas à propos du tamid du matin — puisqu'il est écrit à son sujet « et le cohen y fera brûler du bois, matin après matin, et il disposera dessus » (Lévitique 6,5) — applique-le au tamid de l'après-midi.
Le procédé est un classique de la deracha : im eno inyan, « si ce n'est pas à propos de ceci, applique-le à cela ». Un verset qui ne peut plus rien enseigner la où il se trouve n'est pas pour autant vide : on le transporte vers le seul objet où il garde un sens.
Deux données sont mises face à face. Lévitique 6,5 traite explicitement du matin — ba-boker ba-boker — et emploie un verbe au singulier, ou-vier : un cohen. Lévitique 1,7 dit ve-arkhou etsim, au pluriel — donc deux cohanim — mais sans indiquer d'heure.
Le pluriel ne peut pas servir pour le matin, déjà pourvu. Il est donc réaffecté à l'unique autre tamid de la journée : celui de bein ha-arbayim, l'après-midi. Ce qui fonde exactement la michna du segment précédent.
Mais dis donc que l'un et l'autre [verset] visent le tamid du matin, et que le Miséricordieux a dit : fais-le, puis refais-le ! — Si c'était ainsi, que le verset dise « ou-vier », puis « ou-vier » [deux fois le même verbe].
Première tentative pour désamorcer la deracha. Rien n'oblige à chercher un second moment de la journée : les deux versets pourraient décrire deux opérations successives du même matin — on dispose une première fois, puis on recommence.
La Guemara refuse, et son argument porte sur le style, non sur le fond : pour dire « fais, puis refais », la Torah aurait répété le même verbe. Une répétition se marque par une identité, pas par une variation.
Si le Miséricordieux avait écrit « ou-vier » [les deux fois], j'aurais dit : un [cohen], oui ; deux, non. Il nous apprend donc [par ce changement] qu'on en fasse un [la première fois] et qu'on en fasse deux [la seconde] !
Riposte de la tentative précédente : le changement de verbe ne prouve pas un changement d'heure, il prouve un changement d'effectif. Si la Torah avait écrit deux fois ou-vier, au singulier, on aurait compris que chaque tour se fait par un seul cohen. En passant au pluriel ve-arkhou, elle enseigne que le second tour, toujours matinal, se fait à deux.
Rachi détaille la scène ainsi reconstituée : un cohen dispose ses deux bûches, puis deux autres cohanim viennent en apporter deux de plus — le tout avant midi. L'objection est solide, et il va falloir un argument plus fin pour la lever.
S'il en était ainsi, que le verset dise « ou-vier » [singulier] puis « ou-vaarou » [pluriel] ; ou bien « ve-arakh » puis « ve-arkhou ». Que vient donc faire « ou-vier » [d'un côté] et « ve-arkhou » [de l'autre] ?
Apprends-en qu'il en est comme nous l'avons dit.
Le coup de grâce est un argument d'économie de moyens. Pour signaler seulement un passage de un à deux cohanim, il suffisait de conjuguer la même racine à deux personnes différentes : ou-vier / ou-vaarou, ou bien ve-arakh / ve-arkhou. Le nombre aurait varié, la racine serait restée.
Or le texte fait varier les deux à la fois : la racine b-'-r (brûler, alimenter le feu) d'un côté, la racine '-r-kh (disposer, ordonner) de l'autre. Un changement de trop, qui doit enseigner quelque chose de plus qu'un simple effectif.
Ce quelque chose, c'est le moment. Deux verbes distincts désignent deux services distincts : l'un le matin, l'autre l'après-midi. Chema mina ki-de-ka amrinan — apprends-en qu'il en est comme nous l'avons dit.
Rabbi Hiya a enseigné : le payis [en désigne] tantôt treize, tantôt quatorze, tantôt quinze, tantôt seize.
Rabbi Hiya reprend le même décompte que la michna, mais sous un autre angle : non plus les cohanim présents au tamid, mais ceux qui gagnent au second payis. Le chiffre de base est celui de la michna vue plus haut dans le traité : treize services attribués au deuxième tirage.
Les trois augmentations suivent exactement la logique du tableau précédent : quatorze à Souccot (le flacon d'eau), quinze le Chabbat (les deux capsules d'encens comptent pour deux), seize lorsque le Chabbat tombe dans la fête.
Noter l'écart de périmètre entre les deux comptes — neuf à douze dans la michna, treize à seize ici — : ils ne partent pas du même point. La michna compte à partir du portage des membres, Rabbi Hiya inclut l'égorgement, le sang, la menora et l'autel intérieur.
Mais n'a-t-on pas enseigné [dans une baraita] dix-sept ?
Une baraita monte à dix-sept. L'écart d'une unité avec le maximum de Rabbi Hiya n'est pas un détail de comptable : il révèle une prise de position.
Rachi identifie l'unité supplémentaire : le cohen qui fait monter les membres du kevech (la rampe) au sommet de l'autel. C'est précisément le service que Rabbi Eliezer ben Yaakov refuse d'attribuer à un homme distinct — chez lui, ceux qui ont porté les membres jusqu'à la rampe les montent eux-mêmes.
La suite de la glose de Rachi vaut d'être lue pour sa méthode : il refuse d'imputer à Rabbi Yehouda qu'il n'y aurait aucun cohen pour la mahta — Rabbi Yehouda dit seulement qu'il n'y a pas de tirage pour elle, le gagnant de la ketoret desigant lui-même son voisin. Chez Rabbi Eliezer ben Yaakov en revanche, c'est bien le cohen qui disparaît, pas seulement le tirage. Cette asymétrie commande toute la lecture des chiffres.
Cette baraita-là n'est pas selon Rabbi Eliezer ben Yaakov, mais selon Rabbi Yehouda.
La réponse tient en une phrase, mais elle s'appuie sur la règle établie par Rava en 26a : Rabbi Yehouda et Rabbi Eliezer ben Yaakov ne peuvent pas s'accorder. Chacun supprime un tirage, mais pas le même ; s'ils convergeaient, il ne resterait que trois payassot, alors que la michna en compte quatre.
Dès lors, la disjonction est complète : dire d'une baraita qu'elle n'est pas selon Rabbi Eliezer ben Yaakov, c'est dire qu'elle est selon Rabbi Yehouda. Il n'y a pas de troisième voie.
La glose de Rachi rattachée ici porte en réalité sur la formule d'ouverture du daf (le tanna des cinq payassot), et elle en donne la raison exacte : ce tanna compte un tirage pour la mahta — contre Rabbi Yehouda — et un tirage pour la rampe à l'autel — contre Rabbi Eliezer ben Yaakov.
MICHNA. Le bélier est offert par onze : la chair par cinq ; les entrailles, la fleur de farine et le vin, par deux chacun.
Le taureau est offert par vingt-quatre : la tête et la patte — la tête par un, la patte par deux ; le croupion et la patte — le croupion par deux, la patte par deux ; la poitrine et la gorge — la poitrine par un, la gorge par trois ; les deux membres antérieurs par deux, et les deux flancs par deux ; les entrailles, la fleur de farine et le vin, par trois chacun.
La michna passe de l'agneau du tamid a des bêtes plus lourdes, en conservant la même découpe en cinq lots : tête et patte droite, croupion et patte gauche, poitrine et gorge, les deux membres antérieurs, les deux flancs. Ce qui change n'est pas le rite mais l'effectif : plus la pièce pèse, plus il faut de bras.
Pour le bélier, la chair reste à cinq cohanim ; seuls les accompagnements doublent (deux issarons de farine, un tiers de hin de vin — d'où deux cohanim chacun). Total : onze. Pour le taureau, la chair passe à quinze — la gorge seule en réclame trois — et les accompagnements à trois chacun. Total : vingt-quatre.
Tossefot avoue ici son embarras : l'ordre d'énumération ne suit ni la marche de l'animal, ni l'ordre du découpage, ni la valeur des morceaux, ni l'écorchement. Sa solution est d'ordre rédactionnel : la michna groupe d'abord les lots qui exigent plusieurs cohanim, puis ceux qui n'en demandent qu'un, en calquant pour ces derniers l'ordre déjà donné pour l'agneau.
Dans quel cas cela est-il dit ? Pour les offrandes de la collectivité.
Mais pour l'offrande d'un particulier, si [un cohen] veut l'offrir [à lui seul], il l'offre. L'écorchement et le découpage des unes et des autres sont semblables.
La michna délimite la portée de tout ce qui précède. Ces effectifs contraignants, et le payis qui les distribue, ne valent que pour les korbenot tsibour (les offrandes de la collectivité), où l'honneur du service public commande la multitude — be-rov am hadrat melekh.
Pour le korban yahid, l'offrande d'un particulier, la logique s'inverse : un seul cohen peut tout accomplir, et sans aucun tirage. Rachi le précise sur les deux points à la fois — et le tout, et sans payis.
La dernière phrase annonce la Guemara : hefchet (l'écorchement) et nitouah (le découpage) sont semblables dans les deux cas. Semblables en quoi ? La Guemara répond aussitôt : en ce qu'ils sont valables même accomplis par un zar, un non-cohen.
GUEMARA. Il a été enseigné : leur écorchement et leur découpage sont semblables [en ce qu'ils sont valables même accomplis] par un zar.
La Guemara comble aussitôt l'ellipse de la michna. « Semblables » ne veut pas dire semblables entre eux dans leur procédure, mais semblables quant à la qualification de celui qui les accomplit : ni pour le particulier ni pour la collectivité ces deux actes ne comptent parmi les avodot réservées aux cohanim.
La conséquence est directe sur les comptes du daf : si l'écorchement et le découpage ne requièrent pas la kehouna, ils n'entrent pas dans les listes de cohanim ni dans les payassot — un point que Tossefot exploitait déjà au premier segment.
Hizkiya a dit : d'où sait-on que l'écorchement et le découpage sont semblables [en ce qu'ils sont valables] par un zar ? De ce qu'il est dit : « Et les fils d'Aharon le cohen mettront du feu sur l'autel » (Lévitique 1,7) — la mise du feu requiert la kehouna [le sacerdoce], l'écorchement et le découpage ne requièrent pas la kehouna.
La preuve de Hizkiya repose sur un silence encadré. Lévitique 1 nomme explicitement les bnei Aharon à l'étape du sang (v. 5), à celle du feu (v. 7) et à celle du placement des morceaux sur le bûcher (v. 8). Entre les deux, le verset 6 — « il écorchera l'holocauste et le découpera en ses morceaux » — ne nomme personne.
Ce n'est donc pas une omission, c'est un contraste : la Torah sait nommer le cohen quand elle l'exige, et ne le fait pas ici. La règle se lit dans l'écart entre deux versets voisins.
Le daf se clôt ainsi sur une frontière nette : ce qui touche à l'autel — sang, feu, agencement — appartient au cohen ; ce qui relève de la préparation matérielle de la bête peut être fait par n'importe qui. Une conclusion qui prolonge exactement la michna : l'offrande du particulier et celle de la collectivité se rejoignent là où la kehouna n'est pas en jeu.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).