Yoma 28a -- avoda tama et payis : ce qui fait qu'un service se suffit à lui-même, puis Barkai, la première question du jour.

Yoma 28a

Sougya : Le daf achève la sougya de 27b avant de basculer dans un nouveau chapitre. Rachi ouvre par un avertissement de lecture : les lignes sur les membres et sur le prélèvement des cendres viennent de la première version de l'objection de Rabbi Zeira et n'ont pas leur place ici.

L'énoncé de Rabbi Yo'hanan est alors corrigé une seconde fois : le zar est passible pour la pose des deux bûches, non parce qu'elle serait un service de jour, mais parce qu'elle est une avoda tama -- un service achevé. Rava objecte : un tel service devrait avoir son propre tirage au sort.

De là naissent trois reformulations successives du critère du payis, chacune attaquée par un contre-exemple -- la chehita, les membres et les graisses, le prélèvement des cendres -- et chaque fois la réponse requalifie le service plutôt que de nier le fait. Mar Zoutra croit trouver un appui dans le silence de la michna, qui ne fait guetter l'aube que pour la chehita ; la Guemara le retire : on n'avertit que là où l'erreur est sans remède.

Le chapitre BaRichona se referme alors, et s'ouvre le chapitre du grand prêtre : le préposé envoie un homme sur le toit, le guetteur crie Barkai, Matya ben Chmouel exige une formule plus longue, et la michna avoue la raison de tant de prudence -- une lune prise pour l'aube avait fait abattre un tamid de nuit. Le daf se termine sur la première immersion du grand prêtre et sur la règle permanente du Temple touchant les besoins du corps, que le Roch prolonge jusqu'aux lois du jeûne et jusqu'à tout l'ordre du service de Yom Kippour.

Deux versions de l'objection de Rabbi Zeira - et pourquoi Rachi corrige le texte ici Le même personnage objecte deux fois, mais pas avec le même critère. Confondre les deux, c'est lire ici des lignes qui appartiennent là-bas. LISHNA KAMA - première version (27b) Critère : LE MOMENT As-tu un service valable DE NUIT et pourtant invalide s'il est fait par un zar ? Contre-exemples testés là-bas : - membres et graisses -> fin d'un service de jour - prélèvement des cendres -> début d'un service de jour Enoncé visé : le zar qui dresse LE BÛCHER Correction obtenue : ce sont LES DEUX BÛCHES, car elles relèvent d'un service DE JOUR - et il y a du bois le matin, Lévitique 6,5. LISHNA BATRA - seconde version (notre page) Critère : L'ACHÈVEMENT As-tu un service SUIVI D'UN AUTRE SERVICE et pourtant invalide s'il est fait par un zar ? Rachi : lo garsinan - on ne lit pas ici les lignes sur les membres et sur les cendres : elles ont déjà servi chez Rav et Levi, et le copiste les a entraînées ici par la vitesse de la lecture. Correction obtenue : les DEUX BÛCHES, parce qu'elles sont une AVODA TAMA - un service qui se suffit à lui-même. Même conclusion pratique - les deux bûches - mais deux raisons différentes : jour pour l'une, achèvement pour l'autre.
Rachi ouvre le daf par un avertissement de lecture : ces quatre lignes viennent de la première version, pas de celle-ci.
L'escalier du payis : trois fois la même question, trois critères qui se resserrent Chaque marche propose une règle du tirage au sort, reçoit un contre-exemple, et la réponse ne nie jamais le fait : elle requalifie le service. POINT DE DÉPART - l'objection de Rava Si dresser les deux bûches est un service achevé, il mérite un PAYIS - un tirage au sort - à lui seul. Réponse : il est rattaché au tirage du prélèvement des cendres, pour donner aux cohanim une raison de se lever tôt. MARCHE 1 - le critère du ZAR Règle proposée : service achevé ET zar passible de mort -> payis. Sinon -> pas de payis. Contre-exemple : LA CHEHITA Un zar peut abattre l'offrande - il n'y encourt pas la mort - et pourtant on tire la chehita au sort, c'est même le tirage principal du matin. Réponse : requalification La chehita est le DÉBUT du service du jour. Ce rang-là suffit à lui valoir un tirage, sans passer par la peine encourue par le zar. MARCHE 2 - le critère de L'ACHÈVEMENT Règle proposée : service achevé -> payis. Service suivi d'un autre service -> pas de payis. Contre-exemple A : membres et graisses Ils font l'objet d'un tirage, alors qu'ils brûlent de nuit et qu'un autre service peut les suivre. Réponse : c'est la FIN du service du jour Rien ne les suit dans la journée où ils ont commencé : ils sont donc bien achevés. Contre-exemple B : prélèvement des cendres Il a son tirage, et pourtant la sortie des cendres peut le suivre : il n'est donc pas achevé. Réponse : mishoum maase shehaya Son tirage n'est pas déduit d'une règle : il vient d'un accident - la course sur la rampe. MARCHE 3 - Mar Zoutra cherche un appui, la Guemara le retire Appui : la michna fait guetter l'aube pour la chehita, jamais pour la disposition des bûches. Donc les bûches se posent de nuit : elles ne se rattachent pas aux membres du lendemain - service achevé. Rejet : on n'avertit que là où l'erreur est sans remède. Une chehita faite trop tôt est perdue ; des bûches mal posées, on les redresse. Le silence de la michna ne prouve rien.
Rava attaque une fois, la Guemara reformule trois fois : le critère du payis se resserre à chaque marche.
Barkai - comment le Temple décidait que le jour s'était levé Nouveau chapitre. La michna ne demande pas l'heure : elle demande un témoin, une formule, et un mot de réponse. NUIT prélèvement des cendres, bûcher, deux bûches remédiable LE PRÉPOSE PARLE Sortez et voyez si le temps de la chehita est arrivé. Un homme monte sur le toit. LE GUETTEUR RÉPOND Barkai - il fait clair ou, selon Matya ben Chmouel, Oui - jusqu'à Hevron JOUR chehita du tamid sans remède DEUX FAÇONS DE POSER LA QUESTION Premier tana : Barkai un seul mot, une lueur constatée. Matya ben Chmouel : formule longue Toute la face de l'orient a-t-elle éclaire, jusqu'à Hevron ? POURQUOI CETTE PRUDENCE Une fois, la lueur de la LUNE est montée peu avant l'aube. On a cru l'orient éclairé. Le tamid a été abattu de nuit : brûlé au lieu de l'incinération. CE QUE LA MICHNA ENSEIGNE SANS LE DIRE Elle ne fait guetter l'aube que pour la chehita. Mar Zoutra y voyait la preuve que les bûches sont un service de nuit. La Guemara répond autrement : on n'avertit que là où l'erreur est irréparable - c'est un principe de prudence, pas de définition. Le même mot ouvre donc deux choses : la fin du chapitre précédent, et le chapitre du grand prêtre.
Fin du chapitre BaRichona, ouverture du chapitre Amar lahem ha-memouneh : la première question du jour est celle du jour lui-même.
1
וַהֲרֵי אֵבָרִים וּפְדָרִים! סוֹף עֲבוֹדָה דִימָמָא הִיא. וַהֲרֵי תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן! תְּחִילַּת עֲבוֹדָה דִּימָמָא הִיא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קִדֵּשׁ יָדָיו לִתְרוּמַת הַדֶּשֶׁן, לְמָחָר אֵינוֹ צָרִיךְ לְקַדֵּשׁ, שֶׁכְּבָר קִדֵּשׁ מִתְּחִלַּת עֲבוֹדָה. אֶלָּא קַשְׁיָא!

Mais voici les membres et les graisses ! — C'est la fin d'un service de jour. Mais voici le prélèvement des cendres (teroumat ha-deshen) ! — C'est le début d'un service de jour, car Rabbi Yo'hanan a dit : s'il a sanctifié ses mains pour le prélèvement des cendres, le lendemain il n'a pas besoin de les sanctifier [à nouveau], car il les a déjà sanctifiées au début du service.

Mais alors, [l'objection] reste difficile !

📜 Rachi (1)
וַהֲרֵי אֵיבָרִים וּפְדָרִים לָא גָּרְסִינַן לְכוּלֵּיהּ הַךְ גִּירְסָא דְּאֵיבָרִים וְדִתְרוּמַת הַדֶּשֶׁן הָכָא דְּהָא מָנֵינַן לְהוּ לְגַבֵּי פְּלֻוגְתַּייְהוּ דְּרַב וְלֵוִי בַּעֲבוֹדָה שֶׁאֵין אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה וְאַגַּב שִׁיטְפָא דְּרִיהֲטָא דְּגִירְסָא דִּלְעֵיל דְּלִישָּׁנָא קַמָּא דְּרַבִּי זֵירָא הָדַר וְגַרְסִינְהוּ בְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא וה"ג יֵשׁ לְךָ עֲבוֹדָה שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה וּפְסוּלָה בְּזָר אֶלָּא אִי אִיתְּמַר כו':
« Mais voici les membres et les graisses » — nous ne lisons pas ici toute cette version relative aux membres et au prélèvement des cendres, car nous les avons déjà comptés à propos du désaccord de Rav et de Levi sur le service après lequel il n'y a pas de service ; c'est par l'entraînement du flot de la version précédente — celle de la première formulation (lishna kama) de Rabbi Zeira — qu'on est revenu à les lire dans la seconde formulation (lishna batra). Et voici la lecture correcte : « As-tu un service qui soit suivi d'un autre service et qui soit pourtant invalide s'il est accompli par un zar ? Mais plutôt : si cela a été énoncé, voici comment... », etc.
💡 Explication

Ces quelques lignes achèvent la page précédente : Rabbi Zeira avait objecté à Rabbi Yo'hanan qu'un geste accompli de nuit ne saurait être un vrai service, et la Guemara cherchait un cas où nuit et interdiction au zar coexistent. Deux candidats se présentent, deux fois la réponse requalifie le moment : la combustion des membres est la fin du jour précédent, le prélèvement des cendres le début du jour qui vient. Aucune esquive ne tient : ela kashya, la difficulté demeure entière.

Rachi ouvre le daf par un avertissement de lecture d'une rare franchise : ces lignes-ci n'ont pas leur place ici. Elles appartiennent à la première version de l'objection, celle qui teste le moment ; notre passage relève de la seconde version, qui teste l'achèvement. Un copiste, emporté par l'élan de la page précédente, les a recopiées deux fois.

🖼️ Schéma
Deux versions de l'objection de Rabbi Zeira - et pourquoi Rachi corrige le texte ici Le même personnage objecte deux fois, mais pas avec le même critère. Confondre les deux, c'est lire ici des lignes qui appartiennent là-bas. LISHNA KAMA - première version (27b) Critère : LE MOMENT As-tu un service valable DE NUIT et pourtant invalide s'il est fait par un zar ? Contre-exemples testés là-bas : - membres et graisses -> fin d'un service de jour - prélèvement des cendres -> début d'un service de jour Enoncé visé : le zar qui dresse LE BÛCHER Correction obtenue : ce sont LES DEUX BÛCHES, car elles relèvent d'un service DE JOUR - et il y a du bois le matin, Lévitique 6,5. LISHNA BATRA - seconde version (notre page) Critère : L'ACHÈVEMENT As-tu un service SUIVI D'UN AUTRE SERVICE et pourtant invalide s'il est fait par un zar ? Rachi : lo garsinan - on ne lit pas ici les lignes sur les membres et sur les cendres : elles ont déjà servi chez Rav et Levi, et le copiste les a entraînées ici par la vitesse de la lecture. Correction obtenue : les DEUX BÛCHES, parce qu'elles sont une AVODA TAMA - un service qui se suffit à lui-même. Même conclusion pratique - les deux bûches - mais deux raisons différentes : jour pour l'une, achèvement pour l'autre.
Deux versions de la même objection, deux critères : le moment d'un côté, l'achèvement de l'autre.
2
אֶלָּא: אִי אִתְּמַר, הָכִי אִתְּמַר: אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זָר שֶׁסִּידֵּר שְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים — חַייָּב, הוֹאִיל וַעֲבוֹדָה תַּמָּה הִיא.

Mais plutôt : si cela a été énoncé, voici comment ce fut énoncé — Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un zar (non-cohen) qui a disposé les deux bûches (chnei guezirei etsim) est passible [de mort], puisque c'est un service achevé (avoda tama).

📜 Rachi (1)
הוֹאִיל וַעֲבוֹדָה תַּמָּה דִּשְׁלִים לֵיהּ סִידּוּר:
« Puisque c'est un service achevé » — car sa disposition est, par là, achevée.
💡 Explication

Voici la correction. L'enseignement de Rabbi Yo'hanan ne portait pas sur le dressage du bûcher entier, mais sur un geste beaucoup plus précis : la pose des deux bûches que le verset prescrit de déposer sur le feu. Et la raison n'est plus le moment mais le rang : c'est une avoda tama, un service achevé, qui ne reçoit d'aucun autre son accomplissement.

Rachi résume la notion en trois mots hébreux : de-shalim leh sidour — la disposition est, avec cela, terminée. Rien ne vient après pour la parfaire ; le geste se suffit. Or c'est précisément ce rang d'autonomie qui rend un service assez grave pour qu'un zar y encoure la mort — et, comme Rava va le montrer aussitôt, assez important pour qu'on devrait le tirer au sort.

3
מַתְקִיף לַהּ רָבָא: אֶלָּא מֵעַתָּה תָּבְעִי פַּיִיס! וְלָא בָּעֲיָא פַּייִס? וְהַתַּנְיָא: מִי שֶׁזָּכָה בִּתְרוּמַת הַדֶּשֶׁן — יִזְכֶּה בְּסִידּוּר שְׁנֵי גְּזִירֵי עֵצִים!

Rava objecte : mais s'il en est ainsi, cela devrait requérir un tirage au sort (payis) ! — Et cela n'en requiert donc pas ? Or il a été enseigné : « Celui qui a obtenu [par le sort] le prélèvement des cendres obtiendra [aussi] la disposition des deux bûches » !

💡 Explication

L'objection de Rava est une conséquence tirée du rang. Au Temple, les services les plus disputés se répartissent par payis, un tirage au sort entre les cohanim. Si la pose des deux bûches est un service achevé — donc un service majeur — elle devrait figurer dans cette liste.

La Guemara feint alors la surprise : mais elle y figure ! Une baraita l'atteste : qui a gagné le prélèvement des cendres gagne du même coup la pose des deux bûches. L'objection semble se dissoudre — et c'est ce faux départ qui va forcer à reformuler ce que Rava voulait vraiment dire.

4
הָכִי קָאָמַר: יְפַייְּסוּ לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ! כִּדְאָמְרִינַן.

Voici ce qu'il a voulu dire : qu'on procède pour elle à un tirage au sort à part ! — [Et la réponse est] comme nous l'avons dit [au début du chapitre].

🗂️ Tossefot (1)
יְפַיְּסוּ לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ כֵּיוָן דַּעֲבוֹדָה תַּמָּה הִיא דַּעֲבוֹדַת לַיְלָה הִיא וַעֲבוֹדַת הַתָּמִיד שֶׁהֵן עֲבוֹדַת יוֹם לָא שַׁייְכָא לֵיהּ הָא דְּלָא פָּרֵיךְ מִזְּרִיקָה דַּעֲבוֹדָה תַּמָּה הִיא וְאֵין מְפִיסִין לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ י"ל נְהִי דְּאֵין אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה לְפִי שֶׁהַקְטָרַת אֵימוּרִין שֶׁאַחֲרֶיהָ לָא מְעַכְּבִי וְזִימְנִין דְּלֵיתָא כְּגוֹן שֶׁנִּטְמְאוּ אֵימוּרִין אוֹ שֶׁאָבְדוּ מ"מ כֵּיוָן דְּכִי אִיתַנְהוּ מְעַכְּבִי לָא חֲשִׁיבָא זְרִיקָה [עֲבוֹדָה] תַּמָּה כ"כ לְהָפִיס לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּלְהָכִי פָּרֵיךְ וַהֲרֵי תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן דאע"ג דְּהוֹצָאַת הַדֶּשֶׁן שֶׁהִיא אַחֲרֶיהָ זִימְנִין דְּלֵיתָא מ"מ כֵּיוָן דְּזִימְנִין דְּאִיתָא לָא מֶיחֱשָׁב לְהָפִיס לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ כִּדְפָרֵישִׁית בִּזְרִיקָה א"נ י"ל שָׁאנֵי זְרִיקָה שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה בּוֹ בַּיּוֹם מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּסִידּוּר שְׁנֵי גְּזִירִין שֶׁאֵין עוֹד עֲבוֹדָה כָּל הַלַּיְלָה וא"ת קְטֹורֶת כֵּיוָן דְּיֵשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה בּוֹ בַּיּוֹם אַמַּאי מְפַיְּיסִים עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ י"ל שָׁאנֵי קְטֹורֶת מִשּׁוּם דְּבָעֵי כָּל שַׁעְתָּא חֲדָשִׁים וּמֵאִיכָּא דְּאָמְרִי עַד יְפַיְּסוּ לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ הָוֵי הַכֹּל מֵאִיכָּא דְּאָמְרִי וְעַתָּה נַחֲזֹור לְסִיּוּמָא דִּלְעֵיל מִכֹּחַ קֻושְׁיָא דְּרָבָא דְּפָרִיךְ וִיפַיְּסוּ לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ אֶלָּא אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר א"ר אַסִּי א"ר יוֹחָנָן זָר שֶׁסִּידֵּר שְׁנֵי גְּזִירִין חַייָּב מִפְּנֵי שֶׁהִיא עֲבוֹדַת יוֹם כּוּ' כְּדִלְעֵיל אֶלָּא שֶׁהַשַּׁ"ס מַאֲרִיךְ לְדַקְדֵּק יוֹתֵר בְּמִילְּתֵיהּ דְּרָבָא לְמֵימְרָא דַּעֲבוֹדָה תַּמָּה בָּעֲיָא פַּיִיס וְאַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא דְּקָא מְסַיֵּיעַ לְמִילְּתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וְכֵיוָן דְּדָחֵי לֵיהּ לְסִיַּיעְתָּא תּוּ לָא מִתּוֹקְמָא מִילְּתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן מִכֹּחַ קַשְׁיָא דְּרָבָא לְהָכִי צ"ל אֶלָּא אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר כְּדִלְעֵיל לְפִי שֶׁהִיא עֲבוֹדַת יוֹם וְהַשְׁתָּא לָא מָצֵי לְמִיפְרַךְ יְפַיְּסוּ לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ דְּטוּבָא אִיכָּא עֲבוֹדַת יוֹם שֶׁאֵין מְפִיסִין לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וא"ת ה"נ אִיכָּא נִיסּוּךְ הַיַּיִן וְהַמַּיִם שֶׁהֵן עֲבוֹדוֹת תַּמּוּת וְאֵין מְפִיסִין לָהֶן בִּפְנֵי עַצְמָן י"ל כֵּיוָן דְּיֵשׁ אַחֲרֵיהֶן כַּמָּה עֲבוֹדוֹת בּוֹ בַּיּוֹם אֵין מְפִיסִין לְהוּ בִּפְנֵי עַצְמָם אֲבָל סִידּוּר שְׁנֵי גְזִירִין אֵין אַחֲרֵיהֶן עֲבוֹדָה עוֹד כָּל אוֹתָהּ הַלַּיְלָה וּלְהָכִי הֲוָה לָן לְמֵימַר דַּחֲשִׁיבָא כֻּולֵּי הַאי לְהָפִיס עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּפָרִיךְ וַהֲרֵי אֵיבָרִים וּפְדָרִים כּוּ' וּמְשַׁנֵּי סוֹף עֲבוֹדָה דִימָמָא הִיא וְאֵין עוֹד עֲבוֹדָה אַחֲרֶיהָ בּוֹ בַּיּוֹם וּלְהָכִי מְפִיסִין לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ לְפִי דִּבְפַיִיס דְּשַׁחֲרִית הָיוּ מְפִיסִין נָמֵי אַאִיבְרֵי תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם וְהָנָךְ אֵיבָרִים אֵין אַחֲרֵיהֶם עֲבוֹדָה כָּל אוֹתוֹ הַיּוֹם וּפָרִיךְ וַהֲרֵי שְׁחִיטָה דְּמֵפִיס לָהּ בִּפְנֵי עַצְמָהּ דְּעִיקַּר הַפַּייִס הֲוָה [מִי] שׁוֹחֵט וּשְׁאָר אֶחָיו הַכֹּהֲנִים נִמְשָׁכִין עִמּוֹ אַגַּב גְּרָרָא דִּידֵיהּ:
« Qu'on procède pour elle à un tirage au sort à part » — puisque c'est un service achevé, étant un service de nuit, et que le service du tamid, qui relève du jour, ne s'y rattache pas. Et si l'on n'objecte pas à partir de la <i>zerika</i> (l'aspersion du sang), qui est un service achevé et pour laquelle pourtant on ne procède pas à un tirage à part, on peut répondre : certes aucun service ne la suit, puisque la combustion des parties grasses qui vient après elle n'est pas indispensable (elle ne bloque pas), et parfois elle fait défaut — par exemple si ces parties sont devenues impures ou ont été perdues ; malgré tout, puisque, lorsqu'elles sont là, elles bloquent, la zerika n'est pas tenue pour un service achevé au point de mériter un tirage à part. Et c'est pourquoi il objecte : « Mais voici le prélèvement des cendres » — car bien que la sortie des cendres, qui vient après lui, fasse parfois défaut, néanmoins, puisqu'elle a parfois lieu, il n'est pas considéré comme méritant un tirage à part, ainsi que je l'ai expliqué pour la zerika. On peut aussi répondre : la zerika est différente, car elle est suivie d'un service le jour même, ce qui n'est pas le cas de la disposition des deux bûches, après laquelle il n'y a plus aucun service de toute la nuit. Et si tu demandes : l'encens (ketoret), puisqu'il est suivi d'un service le jour même, pourquoi procède-t-on pour lui à un tirage à part ? — on peut répondre : l'encens est différent, parce qu'il requiert à chaque fois des [cohanim] nouveaux. — Et depuis le « certains disent » jusqu'à « qu'on procède pour elle à un tirage à part », tout relève du « certains disent ». Revenons maintenant à la conclusion énoncée plus haut, sous la pression de la difficulté de Rava, qui objectait « qu'on procède pour elle à un tirage à part » : « Mais plutôt : si cela a été énoncé, voici comment ce fut énoncé — Rabbi Assi a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un zar qui a disposé les deux bûches est passible, parce que c'est un service de jour », etc., comme plus haut ; simplement, le Talmud s'étend davantage à examiner le propos de Rava — « est-ce à dire qu'un service achevé requiert un tirage au sort ? » — et « nous aussi l'avons appris », qui vient appuyer le propos de Rabbi Yo'hanan ; et puisqu'il rejette cet appui, le propos de Rabbi Yo'hanan ne peut plus tenir face à la difficulté de Rava. C'est pourquoi il faut dire « mais plutôt : si cela a été énoncé, voici comment ce fut énoncé », comme plus haut, « parce que c'est un service de jour ». Et dès lors on ne peut plus objecter « qu'on procède pour elle à un tirage à part », car il y a beaucoup de services de jour pour lesquels on ne procède pas à un tirage à part. Et si tu demandes : ici aussi, il y a la libation du vin et celle de l'eau, qui sont des services achevés et pour lesquels on ne procède pas à des tirages à part — on peut répondre : puisqu'ils sont suivis de plusieurs services le jour même, on ne procède pas pour eux à des tirages à part ; mais la disposition des deux bûches n'est suivie d'aucun service durant toute cette nuit-là, et c'est pourquoi nous aurions dû dire qu'elle est assez importante pour qu'on procède pour elle à un tirage à part. Et il objecte : « Mais voici les membres et les graisses », etc., et il répond : « c'est la fin d'un service de jour », et aucun service ne les suit ce jour-là ; c'est pourquoi on procède pour eux à un tirage à part — car au tirage du matin on tirait aussi au sort les membres du tamid de l'après-midi, et ces membres-là ne sont suivis d'aucun service de toute cette journée. Et il objecte : « Mais voici la chehita, pour laquelle on procède à un tirage à part ! » — car le tirage principal portait sur celui qui abat, et les autres, ses frères les cohanim, sont entraînés avec lui dans son sillage.
💡 Explication

Rava ne contestait pas que les bûches soient tirées au sort : il contestait la manière. Elles sont attribuées en supplément, dans le sillage du prélèvement des cendres, comme un accessoire. Un service achevé mérite mieux : un payis à part, un tirage qui lui soit propre.

La réponse renvoie à ce que le chapitre a déjà établi : ce rattachement n'a pas de fondement dans la nature du service, c'est une mesure incitative. On a joint les bûches au lot du prélèvement des cendres pour donner aux cohanim une raison de plus de se lever avant l'aube.

🖼️ Schéma
Qui mérite un tirage au sort à lui seul ? La grille des Tossefot Un service n'a droit à son propre payis que si rien ne le suit - et le mot rien se mesure à l'échelle de la journée. SERVICE CE QUI LE SUIT PAYIS À PART ? Zerika - aspersion du sang La combustion des parties grasses. Elle n'est pas indispensable, et parfois elle manque - mais quand elle est là, elle bloque. NON Teroumat ha-deshen La sortie des cendres - qui parfois n'a pas lieu, mais qui parfois à lieu : cela suffit à lui ôter le rang de service pleinement achevé. NON par la règle OUI par l'incident Ketoret - l'encens Des services suivent le jour même - mais il exige des cohanim NEUFS à chaque fois : hadashim. OUI Sidour chnei guezirin - les deux bûches Rien du tout, pendant toute la nuit qui reste. C'est ce vide qui fait la force de l'objection de Rava. IL LE DEVRAIT Chehita - l'abattage du tamid Toute la journée du Temple. Pourtant le tirage principal porte sur elle : les autres suivent avec elle. OUI - autrement Le principe qui court sous la grille Ce n'est pas la difficulté du geste qui lui vaut un tirage, mais sa solitude : un service que rien ne prolonge se suffit, donc se dispute.
La grille des Tossefot : ce n'est pas la difficulté du geste qui vaut un tirage propre, c'est le fait que rien ne le suive.
5
לְמֵימְרָא דַּעֲבוֹדָה תַּמָּה וְזָר חַיָּיב עָלֶיהָ מִיתָה — בָּעֲיָא פַּיִיס, אֵין זָר חַייָּב עָלֶיהָ מִיתָה — לָא בָּעֲיָא פַּייִס? וַהֲרֵי שְׁחִיטָה! שָׁאנֵי שְׁחִיטָה, דִּתְחִילַּת עֲבוֹדָה דִימָמָא הִיא.

Est-ce à dire qu'un service achevé et pour lequel un zar encourt la mort requiert un tirage au sort, tandis qu'un service pour lequel un zar n'encourt pas la mort n'en requiert pas ? Mais voici la chehita [pour laquelle on tire au sort, alors qu'un zar peut l'accomplir] ! — La chehita est différente, car elle est le début du service du jour.

💡 Explication

La Guemara ne discute plus les bûches : elle interroge la règle implicite que Rava vient d'utiliser. Si l'on déduit un payis du fait qu'un service est achevé et interdit au zar sous peine de mort, alors ce qui n'a pas ces deux traits ne devrait pas être tiré au sort.

Le contre-exemple est immédiat et décisif : la chehita. Un zar peut abattre l'offrande — c'est une règle explicite — et pourtant elle fait l'objet du tirage principal du matin. La réponse ne modifie pas la règle, elle ajoute une seconde voie d'accès au rang : être le début du service du jour suffit à rendre un geste assez important pour qu'on le dispute au sort.

6
לְמֵימְרָא דַּעֲבוֹדָה תַּמָּה — בָּעֲיָא פַּייִס, עֲבוֹדָה שֶׁיֵּשׁ אַחֲרֶיהָ עֲבוֹדָה — לָא בָּעֲיָא פַּייִס? וַהֲרֵי אֵבָרִים וּפְדָרִים! סוֹף עֲבוֹדָה דִימָמָא הִיא. הֲרֵי תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן? מִשּׁוּם מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה.

Est-ce à dire qu'un service achevé requiert un tirage au sort, tandis qu'un service suivi d'un autre service n'en requiert pas ? Mais voici les membres et les graisses ! — C'est la fin d'un service de jour.

Et voici le prélèvement des cendres ? — [S'il est tiré au sort,] c'est à cause de l'incident qui s'est produit.

💡 Explication

Deuxième reformulation, plus large : on abandonne le critère du zar et on ne garde que celui de l'achèvement. Deux contre-exemples suivent, tous deux du même type — un service que l'on tire pourtant au sort alors qu'un autre le suit.

Le premier est écarté par la même requalification que dans la page précédente : les membres et les graisses sont la fin du service du jour, rien ne les suit dans leur journée. Le second, le prélèvement des cendres, ne reçoit pas d'explication de principe : son tirage vient d'un maase shehaya, un incident — les deux cohanim qui coururent sur la rampe et dont l'un se brisa la jambe. Une règle née d'un accident ne prouve rien sur la nature du service.

7
אָמַר מַר זוּטְרָא וְאִיתֵּימָא רַב אַשִּׁי: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה צְאוּ וּרְאוּ אִם הִגִּיעַ זְמַן הַשְּׁחִיטָה. וְאִילּוּ ״זְמַן סִידּוּר גְּזִירֵי עֵצִים״ לָא קָתָנֵי.

Mar Zoutra, et certains disent Rav Achi, a dit : nous aussi l'avons appris [dans une michna] — « Le préposé leur dit : sortez et voyez si le temps de la chehita est arrivé » — alors qu'il n'est pas enseigné : « le temps de la disposition des bûches de bois ».

📜 Rachi (3)
אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא דְּסִידּוּר גְּזִירִין עֲבוֹדָה תַּמָּה הִיא כְּרַבִּי יוֹחָנָן וּדְלֹא כְּרַב וְלֵוִי דְּלָא מָנוּ לָהּ בַּעֲבוֹדָה שֶׁזָּר חַיָּיב עָלֶיהָ מִשּׁוּם דְּיֵשׁ אַחֲרֶיהָ סִידּוּר אֵיבָרִים:
« Nous aussi l'avons appris » — à savoir que la disposition des bûches est un service achevé, comme Rabbi Yo'hanan, et non comme Rav et Levi, qui ne l'ont pas comptée parmi les services pour lesquels le zar est passible, au motif qu'elle est suivie de la disposition des membres.
צְאוּ וּרְאוּ עַל הַחוֹמָה אוֹ עַל הַגַּג:
« Sortez et voyez » — sur la muraille ou sur le toit.
וְאִילּוּ זְמַן שְׁנֵי גְּזִירִין לָא קָתָנֵי אַלְמָא עֲבוֹדַת לַיְלָה הִיא וְהוּא גְּמַר סִידּוּר מַעֲרָכָה וְסִידּוּר הָאֵיבָרִים שֶׁהוּא עֲבוֹדַת יוֹם תְּחִילַּת עֲבוֹדָה אַחֶרֶת הִיא וְלֹא גְּמַר סִידּוּר הַמַּעֲרָכָה הִיא:
« Alors qu'il n'est pas enseigné : le temps des deux bûches » — c'est donc bien un service de nuit, et il constitue l'achèvement de la disposition du bûcher ; quant à la disposition des membres, qui est un service de jour, elle est le début d'un autre service et non l'achèvement de la disposition du bûcher.
🗂️ Tossefot (1)
אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא וְכוּ' וְאִילּוּ שְׁנֵי גְּזִירִין לָא קָתָנֵי אַלְמָא עֲבוֹדַת לַיְלָה נִינְהוּ ואע"ג דִּכְתִיב בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר י"ל כֵּיוָן דִּכְתִיב בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר תְּרֵי זִימְנֵי נֵימָא תֵּן בֹּקֶר לְבָקְרוֹ שֶׁל לַיְלָה:
« Nous aussi l'avons appris », etc. — « alors que les deux bûches ne sont pas enseignées » : c'est donc qu'elles constituent un service de nuit. Et bien qu'il soit écrit « au matin, au matin » (<i>ba-boker ba-boker</i>), on peut répondre : puisqu'il est écrit « au matin » deux fois, disons — donne un matin au matin de la nuit, c'est-à-dire que l'une des deux mentions autorise l'aube encore nocturne.
💡 Explication

Un appui vient soutenir Rabbi Yo'hanan, et il est tiré d'un silence. La michna qui ouvre le chapitre suivant fait monter un guetteur pour vérifier l'aube — mais seulement en vue de la chehita. Jamais elle ne fait guetter le jour pour la pose des bûches.

La déduction est nette : si l'on n'attend pas le jour pour les bûches, c'est qu'elles se posent de nuit. Or, se posant de nuit, elles ne peuvent pas former un ensemble avec la disposition des membres, qui est de jour : elles sont donc bien un service achevé, contre Rav et Levi qui refusaient de les compter parmi les services interdits au zar précisément parce que les membres viennent après.

8
הָךְ דְּלֵית לַהּ תַּקַּנְתָּא — קָתָנֵי, הָךְ דְּאִית לַהּ תַּקַּנְתָּא — לָא קָתָנֵי.

Celui pour lequel il n'y a pas de remède, [la michna] l'enseigne ; celui pour lequel il y a un remède, elle ne l'enseigne pas.

💡 Explication

Rejet de l'appui, en une ligne. Le silence de la michna n'est pas une définition du service, c'est une économie de l'avertissement : on ne fait guetter l'aube que là où l'erreur serait irréparable.

Une chehita accomplie avant le jour rend l'offrande passoula, et il faut la brûler — rien ne la rattrape. Des bûches posées trop tôt, on les retire et on les repose. Puisque l'erreur y est réversible, la michna n'avait aucune raison d'en parler ; son silence ne prouve donc pas qu'elles relèvent de la nuit.

🖼️ Schéma
Pourquoi la michna n'avertit que pour la chehita Le silence n'est pas une définition du service : c'est une économie de l'avertissement. LEIT LAH TAKANTA - sans remède La chehita Abattue avant l'aube, l'offrande est passoul. Rien ne la répare : on la sort au lieu de l'incinération. -> la michna fait monter un guetteur. IT LAH TAKANTA - remédiable Les deux bûches Posées trop tôt, on les retire et on les repose au bon moment. Aucune perte, aucun sacrifice gâché. -> la michna se tait. Conséquence pour la sougya L'appui de Mar Zoutra tombe : le silence de la michna ne prouve plus que les bûches sont un service de nuit.
On n'avertit que là où l'erreur est sans retour : le silence de la michna est une règle de prudence, pas une définition.
9
הַדְרָן עֲלָךְ בָּרִאשׁוֹנָה

Hadran alakh « Ba-richona » — nous reviendrons vers toi, chapitre « Au début ».

💡 Explication

Formule de clôture du deuxième chapitre de Yoma, Ba-richona, qui traitait des tirages au sort entre les cohanim et de la répartition des services du matin. Ce qui suit ouvre le chapitre Amar lahem ha-memouneh, entièrement consacré au déroulement du service du grand prêtre à Yom Kippour.

10
אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה : צְאוּ וּרְאוּ אִם הִגִּיעַ זְמַן הַשְּׁחִיטָה. אִם הִגִּיעַ, הָרוֹאֶה אוֹמֵר: ״בַּרְקַאי״. מַתְיָא בֶּן שְׁמוּאֵל אוֹמֵר: ״הֵאִיר פְּנֵי כָּל הַמִּזְרָח עַד שֶׁבְּחֶבְרוֹן?״ וְהוּא אוֹמֵר: ״הֵן!״ וְלָמָּה הֻוצְרְכוּ לְכָךְ? שֶׁפַּעַם אַחַת עָלָה מְאוֹר הַלְּבָנָה, וְדִימּוּ שֶׁהֵאִיר מִזְרָח, וְשָׁחֲטוּ אֶת הַתָּמִיד, וְהוֹצִיאוּהוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.

MICHNA. Le préposé leur dit : sortez et voyez si le temps de la chehita est arrivé.

S'il est arrivé, celui qui regarde dit : « Barkai ! » (il fait clair). Matya ben Chmouel dit : [il demandait] « Toute la face de l'orient s'est-elle éclairée, jusqu'à Hevron ? » — et il répond : « Oui ! » Et pourquoi ont-ils eu besoin de cela ?

Parce qu'une fois la lueur de la lune s'est levée, ils se sont imaginés que l'orient s'était éclairé, ils ont abattu le tamid — et on a dû le sortir au lieu de l'incinération.

📜 Rachi (11)
מַתְנִי' אָמַר לָהֶם הַמְמֻונֶּה הוּא הַסְּגָן:
Michna. « Le préposé leur dit » — c'est le segan (l'adjoint du grand prêtre).
צְאוּ וּרְאוּ עַל הַחוֹמָה אוֹ עַל הַגַּג:
« Sortez et voyez » — sur la muraille ou sur le toit.
זְמַן הַשְּׁחִיטָה שְׁחִיטַת הַתָּמִיד כְּלוֹמַר אִם הֵאִיר הַמִּזְרָח שֶׁהַשְּׁחִיטָה פְּסוּלָה בַּלַּיְלָה כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא יט) בְּיוֹם זִבְחֲכֶם:
« Le temps de la chehita » — la chehita du tamid, c'est-à-dire : si l'orient s'est éclairé ; car la chehita est invalide de nuit, ainsi qu'il est écrit : « le jour de votre sacrifice » (Lévitique 19,6).
הָרוֹאֶה זֶה שֶׁעָלָה לַגַּג:
« Celui qui regarde » — celui qui est monté sur le toit.
בַּרְקַאי לְשׁוֹן צֹוהַר כְּמוֹ לְמַעַן (הֱיוֹת לָהּ בָּרָק (יְחֶזְקֵאל כ״א:ל״ג) הֵאִירוּ בְּרָקִים (תְּהִלִּים עז):
« Barkai » — terme de clarté, comme « afin qu'elle ait de l'éclat (barak) » (Ezechiel 21,33), « les éclairs (berakim) ont illuminé le monde » (Psaumes 77,19).
עַד שֶׁהוּא בְּחֶבְרוֹן עַד שֶׁנִּרְאָה הַצֹּוהַר עַד חֶבְרוֹן:
« Jusqu'à Hevron » — jusqu'à ce que la clarté se voie jusqu'à Hevron.
וְהוּא אָמַר לָהֶן הֵן מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
« Et il leur dit : oui » — cela sera expliqué dans la Guemara.
לָמָּה הֻוצְרְכוּ לְכָךְ לַעֲלוֹת לַגַּג וְלִרְאוֹת:
« Pourquoi ont-ils eu besoin de cela » — de monter sur le toit et de regarder.
עָלָה מְאוֹר הַלְּבָנָה צֶמַח תֹּואַר הַלְּבָנָה סָמוּךְ לְשַׁחֲרִית:
« La lueur de la lune s'est levée » — l'aspect de la lune s'est levé peu avant l'aube.
וְדִימּוּ וְחִישְּׁבוּ:
« Et ils se sont imaginés » — et ils ont pensé [que l'orient s'était éclairé].
וְהוֹצִיאוּהוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה כְּשֶׁהֵבִינוּ שֶׁנִּשְׁחַט בַּלַּיְלָה:
« Et on l'a sorti au lieu de l'incinération » — lorsqu'ils ont compris qu'il avait été abattu de nuit.
💡 Explication

La michna qui ouvre le chapitre commence par la question la plus élémentaire du Temple : fait-il jour ? Toute la journée sacrificielle en dépend, car la chehita est invalide de nuit — « le jour de votre sacrifice », dit le verset. Le memouneh, c'est-à-dire le segan, l'adjoint du grand prêtre, envoie donc un homme sur le toit ou la muraille.

Deux formulations de la réponse s'affrontent. Le premier tana se contente d'un mot, Barkai — de la racine barak, l'éclat. Matya ben Chmouel exige davantage : une question complète, « toute la face de l'orient a-t-elle éclaire, jusqu'à Hevron ? », à laquelle on répond par oui. La référence à Hevron n'est pas géographique par hasard : c'est là que reposent les patriarches.

La michna dit enfin pourquoi cette lourdeur. Une fois, la lueur de la lune est montée juste avant l'aube ; on l'a prise pour le jour, le tamid a été abattu de nuit, et il a fallu le porter au beit ha-serefa. La procédure ne naît pas d'une théorie mais d'une offrande perdue.

🖼️ Schéma
Barkai - comment le Temple décidait que le jour s'était levé Nouveau chapitre. La michna ne demande pas l'heure : elle demande un témoin, une formule, et un mot de réponse. NUIT prélèvement des cendres, bûcher, deux bûches remédiable LE PRÉPOSE PARLE Sortez et voyez si le temps de la chehita est arrivé. Un homme monte sur le toit. LE GUETTEUR RÉPOND Barkai - il fait clair ou, selon Matya ben Chmouel, Oui - jusqu'à Hevron JOUR chehita du tamid sans remède DEUX FAÇONS DE POSER LA QUESTION Premier tana : Barkai un seul mot, une lueur constatée. Matya ben Chmouel : formule longue Toute la face de l'orient a-t-elle éclaire, jusqu'à Hevron ? POURQUOI CETTE PRUDENCE Une fois, la lueur de la LUNE est montée peu avant l'aube. On a cru l'orient éclairé. Le tamid a été abattu de nuit : brûlé au lieu de l'incinération. CE QUE LA MICHNA ENSEIGNE SANS LE DIRE Elle ne fait guetter l'aube que pour la chehita. Mar Zoutra y voyait la preuve que les bûches sont un service de nuit. La Guemara répond autrement : on n'avertit que là où l'erreur est irréparable - c'est un principe de prudence, pas de définition. Le même mot ouvre donc deux choses : la fin du chapitre précédent, et le chapitre du grand prêtre.
Le jour ne se décrète pas : il se constate, se formule et se confirme — depuis qu'une lune a trompé le Temple.
11
הוֹרִידוּ כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה. זֶה הַכְּלָל הָיָה בַּמִּקְדָּשׁ: כָּל הַמֵּיסֵךְ אֶת רַגְלָיו — טָעוּן טְבִילָה, וְכָל הַמַּטִּיל מַיִם — טָעוּן קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם.

On fit descendre le grand prêtre à la maison d'immersion. Telle était la règle au Temple : quiconque « couvre ses jambes » (fait ses grands besoins) requiert une immersion, et quiconque urine requiert la sanctification des mains et des pieds.

📜 Rachi (3)
הוֹרִידוּ כ"ג כּוּ' מְפָרֵשׁ לָהּ בגמ':
« On fit descendre le grand prêtre », etc. — cela sera expliqué dans la Guemara.
מֵיסֵךְ רַגְלָיו נְקָבִים הַגְּדוֹלִים וּלְשׁוֹן מֵיסֵךְ כְּמוֹ אִילָן הַמֵּיסֵךְ עַל הָאָרֶץ (נָזִיר דַּף נד:) לְפִי שֶׁהִצְרִיךְ לִנְקָבִים גְּדוֹלִים כּוֹרֵעַ עַל בִּרְכָּיו וּמְכַסֶּה גּוּפוֹ אֶת רַגְלָיו וְכֵן בְּשָׁאוּל כְּתִיב (שְׁמוּאֵל א כד) וְשָׁם מְעָרָה וַיָּבֹא שָׁאוּל לְהָסֵךְ אֶת רַגְלָיו:
« Messikh raglav » (qui couvre ses jambes) — les grands besoins. Le terme <i>messikh</i> est comme dans « un arbre qui fait couverture (messikh) sur le sol » (Nazir 54b) : celui qui a besoin des grands besoins s'accroupit sur ses genoux, et son corps couvre ses jambes. De même est-il écrit à propos de Chaoul : « et il y avait là une caverne, et Chaoul y entra pour couvrir ses pieds » (I Samuel 24,4).
קִידּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם מִן הַכִּיּוֹר:
« Sanctification des mains et des pieds » — à partir du kior (la vasque du parvis).
⚖️ Rosh (2)
זְעֵירִי בַּר חָמָא אֻושְׁפִּיזְכָּנֵיהּ דְּרִיבָּ"ל וּדְרַב אַמִּי וּדְרַב אַסִּי וּדְכֻולְּהוּ רַבָּנַן דְּקֵיסָרִי הֲוָה. אֲמַר לֵיהּ לְיוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרִיבָּ"ל בַּר אֻורְיָא תָּא אֵימָא לָךְ מִילְּתָא מְעַלַּייְתָא דַּהֲוָה עָבֵיד אֲבוּךְ. עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב מְבִיאִין לוֹ מִטְפַּחַת וּמְקַנֵּחַ בָּהּ יָדָיו וְרַגְלָיו לְמָחָר מַעֲבִירָהּ ע"ג עֵינָיו וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. עיוה"כ שׁוֹרֶה אוֹתָהּ בְּמַיִם וְעוֹשֶׂה אוֹתָהּ כְּמִין כֵּלִים נְגוּבִין לְמָחָר מַעֲבִירָהּ עַל גַּבֵּי עֵינָיו וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. וְכֵן כִּי אֲתָא רַבָּה בַּר מָרִי אָמַר מִטְפַּחַת אַחַת הָיְתָה לוֹ לְרִיבָּ"ל עיוה"כ שׁוֹרֶה אוֹתָהּ בְּמַיִם וְעוֹשֶׂה אוֹתָהּ כְּמִין כֵּלִים נְגוּבִין לְמָחָר מַעֲבִירָהּ עַל גַּבֵּי עֵינָיו וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. אָמַר גָּאוֹן מִי שֶׁמְּבַקֵּשׁ לְקַנֵּחַ פָּנָיו ביוה"כ אִם אִיסְטְנִיס הוּא וְאֵין דַּעְתּוֹ מְיֻושֶּׁבֶת עָלָיו כָּל הַשָּׁנָה עַד שֶׁיְּקַנַּח בְּמַיִם וְכָל שֶׁכֵּן בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁצָּרִיךְ לְטַהֵר עַצְמוֹ וּלְקַנֵּחַ יְקַנֵּחַ אֲבָל שְׁאָר כָּל אָדָם אָסוּר. כִּדְאָמַר אָסוּר לוֹ לְאָדָם שֶׁיּוֹשִׁיט אֶצְבָּעוֹ קְטַנָּה בְּמַיִם בְּתִשְׁעָה בְּאָב כְּדֶרֶךְ שֶׁאָסוּר ביוה"כ אֲבָל אִם נְצוּצוֹת שֶׁל מֵי רַגְלַיִם נִתְּזוּ עַל רַגְלָיו חַיָּיב לִרְחֹוץ רַגְלָיו וּלְשַׁפְשֵׁף אוֹתָן בַּיָּד. כְּדֶרֶךְ שֶׁשָּׁנִינוּ (לְעֵיל כח.) זֶה הַכְּלָל הָיָה בַּמִּקְדָּשׁ כָּל הַמֵּסֵיךְ רַגְלָיו טָעוּן טְבִילָה וְכָל הַמֵּטִיל מַיִם טָעוּן קִידּוּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. (שָׁם כט:) בִּשְׁלָמָא רַגְלָיו מִשּׁוּם נְצוּצוֹת אֶלָּא יָדָיו לָמָּה. אָמַר רָבָא זֹאת אוֹמֶרֶת מִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף. וה"ר יִצְחָק גֵּיאוּת זַ"ל כָּתַב אִם הָיָה לִכְלוּךְ עַל פָּנָיו אוֹ לִפְלוּף עַל גַּבֵּי עֵינָיו מֻותָּר לְהַעֲבִירוֹ בְּמַיִם. אִיבַּעְיָא לְהוּ מַהוּ לָצֵאת בְּסַנְדָּל שֶׁל [דַּף עח ע"ב] שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. עָמַד ר' יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי עַל רַגְלָיו וְאָמַר אֲנִי רָאִיתִי אֶת רִיבָּ"ל שֶׁיָּצָא בְּמִנְעָל שֶׁל שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. אָמֵינָא לֵיהּ בְּתַעֲנִית צִבּוּר מַאי. אָמַר לִי לָא שְׁנָא. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אֲנִי רָאִיתִי אֶת ר' אֶלְעָזָר שֶׁיָּצָא בְּסַנְדָּל שֶׁל שַׁעַם בְּתַעֲנִית צִבּוּר. אָמֵינָא לֵיהּ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מַאי אֲמַר לִי לָא שְׁנָא. רַב יְהוּדָה נָפֵיק בִּדְהִיטָנֵי. מִין גֶּמִי. וְיֵשׁ מְפָרְשִׁים בְּקַשׁ שֶׁל חִטִּים. אַבַּיֵּי נָפֵיק בִּדְהוּצֵי עָשׂוּי מִכַּפּוֹת הַתְּמָרִים רָבָא נָפֵיק בִּדְיַבְלֵי עָשׂוּי מֵעֲשָׂבִים. רַבָּה בַּר בַּר חָנָה הֲוָה כָּרֵךְ סוּדָרָא אַכַּרְעֵיהּ וְנָפֵיק: ת"ר הַתִּינוֹקוֹת מֻותָּרִין בְּכֻולָּן בַּאֲכִילָה וּבִשְׁתִיָּה וּבִרְחִיצָה [וְסִיכָה] חוּץ מִמִּנְעָל וְסַנְדָּל. גָּרְסִי' בְּפֶרֶק מִצְוַת חֲלִיצָה (דַּף קב:) תַּנְיָא אֶחָד מִנְעָל וְסַנְדָּל וְאַנִּפְלַיָּא לֹא יְטַיֵּיל בָּהֶן לֹא מִבַּיִת לְבַיִת וְלֹא מִמִּטָּה לְמִטָּה. וּפָרִיךְ מֵהָא דְּתַנְיָא לֹא יְטַיֵּיל אָדָם בְּקוֹרְדָּקֵיסִין בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ אֲבָל מְטַייֵּל הוּא בְּאַנְפִּלְיָא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. וּמְשַׁנֵּי כָּאן בְּאַנְפִּלְיָא שֶׁל עוֹר כָּאן בְּאַנְפִּלְיָא שֶׁל בֶּגֶד. וְגָרְסִינַן נָמֵי בִּירוּשַׁלְמִי (הֲלָכָה א') אִית תַּנּוֹיֵי תָּנֵי יוֹצְאִין בְּאַנְפִּלְיָא בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. אִית תַּנּוֹיֵי תָּנֵי אֵין יוֹצְאִין. אָמַר רַב חִסְדָּא מַאן דְּאָמַר יוֹצְאִין בְּשֶׁל בֶּגֶד. וּמַאן דְּאָמַר אֵין יוֹצְאִין בְּשֶׁל עוֹר. יֵשׁ שֶׁרוֹצִים לְדַקְדֵּק מֵהַהִיא דִּיבָמוֹת מִדְּקָאָמַר אֲבָל מְטַיֵּיל הוּא בְּאַנְפִּלְיָא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ מִדְּקָאָמַר בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ מִשְּׁמַעַדְאָסוּר לָצֵאת בְּאַנְפִּלְיָא שֶׁל בֶּגֶד וּמִסְתַּייֵּעַ מֵהָא דְּתוֹסֶפְתָּא [פ"ד] דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אָסוּר בַּאֲכִילָה וּבִשְׁתִיָּה וּבִרְחִיצָה וְסִיכָה וּנְעִילַת הַסַּנְדָּל וּבְתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וַאֲפִילּוּ בְּאַנְפִּלְיָא שֶׁל בֶּגֶד. וְלָא מִיסְתַּבְּרָא כְּלָל לְחַלֵּק בֵּין בַּיִת לִרְשׁוּת הָרַבִּים בְּאִיסּוּר נְעִילַת הַסַּנְדָּל. וְעוֹד מִדְּקָתָנֵי בִּירוּשַׁלְמִי יוֹצְאִין מַשְׁמַע אֲפִילּוּ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים. וְאַגַּב דִּתְנָא גַּבֵּי אִיסּוּרָא קוֹרְדָּקֵיסִין בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאַפֵּי' טִיּוּל בַּבַּיִת אָסוּר נְקַט נָמֵי הֶיתֵּר גַּבֵּי אַנִּפְלַיָּא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. וְעוֹד דְּשֶׁל בֶּגֶד רַךְ הוּא וְאֵינוֹ מֵגֵין טְפֵי מִכָּל הָנֵי דְּשַׁעַם וּדְהִיטְנֵי דְּנָפְקִי בְּהוּ לרה"ר:
Zeiri bar Hama était l'hôte (ouchpizkhaneh) de Rabbi Yehochoua ben Levi, de Rav Ami, de Rav Assi et de tous les Sages de Césarée. Il dit à Yossef, fils de Rabbi Yehochoua ben Levi : « Fils de Torah (bar oria), viens que je te dise une belle pratique de ton père. » La veille du 9 av, on lui apportait un linge (mitpahat) avec lequel il s'essuyait les mains et les pieds ; le lendemain il le passait sur ses yeux, sans crainte [d'enfreindre l'interdit de se laver]. La veille de Yom Kippour, il le trempait dans l'eau et le rendait comme un linge essoré ; le lendemain il le passait sur ses yeux, sans crainte. De même, lorsque Rabba bar Mari arriva, il rapporta : Rabbi Yehochoua ben Levi avait un linge ; la veille de Yom Kippour il le trempait dans l'eau et le rendait comme un linge essoré ; le lendemain il le passait sur ses yeux, sans crainte. — Le Gaon a dit : celui qui veut s'essuyer le visage à Yom Kippour, s'il est <i>istenis</i> (d'une sensibilité délicate) et que son esprit ne trouve le repos, toute l'année, qu'après s'être essuyé avec de l'eau — à plus forte raison à Yom Kippour, où il doit se purifier et s'essuyer — qu'il s'essuie ; mais pour tout autre homme, c'est interdit, comme il a été dit : il est interdit à un homme de plonger son petit doigt dans l'eau le 9 av, tout comme c'est interdit à Yom Kippour. En revanche, si des éclaboussures d'urine ont jailli sur ses pieds, il doit se laver les pieds et les frotter à la main, ainsi que nous l'avons appris (plus haut, 28a) : « Telle était la règle au Temple : quiconque couvre ses jambes requiert une immersion, et quiconque urine requiert la sanctification des mains et des pieds. » (Ibid., 29b :) « Soit pour ses pieds, à cause des éclaboussures ; mais ses mains, pourquoi ? Rava a dit : cela nous apprend que c'est une mitsva de frotter. » Et Rabbenou Yits'hak ibn Guiat, de mémoire bénie, a écrit : s'il y avait de la saleté sur son visage ou de la chassie sur ses yeux, il est permis de l'ôter avec de l'eau. — On s'est demandé : qu'en est-il de sortir avec une sandale de <i>chaam</i> (liège ou roseau tressé) à Yom Kippour ? Rabbi Yits'hak bar Nahmani se leva sur ses pieds et dit : j'ai vu Rabbi Yehochoua ben Levi sortir avec une chaussure de chaam à Yom Kippour. Je lui ai dit : et un jour de jeûne public, qu'en est-il ? Il m'a répondu : il n'y a pas de différence. Rabba bar bar Hana a dit : j'ai vu Rabbi Elazar sortir avec une sandale de chaam un jour de jeûne public. Je lui ai dit : et à Yom Kippour ? Il m'a répondu : il n'y a pas de différence. Rav Yehouda sortait avec des [chaussures] de <i>hitni</i> — une espèce de jonc ; certains expliquent : de paille de blé. Abaye sortait avec des <i>hotsei</i>, faites de palmes de dattier. Rava sortait avec des <i>divlei</i>, faites d'herbes. Rabba bar bar Hana enroulait un tissu autour de son pied et sortait. — Nos Maîtres ont enseigné : les enfants sont permis en tout — manger, boire, se laver [et s'oindre] — sauf la chaussure et la sandale. Nous lisons au chapitre Mitsvat Halitsa (Yevamot 102b) : il a été enseigné — qu'il s'agisse d'une chaussure, d'une sandale ou d'un <i>anpilia</i> (chausson), on ne s'y promènera ni de maison en maison ni de lit en lit. Et l'on objecte de ce qui a été enseigné : un homme ne se promènera pas en <i>kordakisin</i> dans sa maison, mais il peut se promener en anpilia dans sa maison. Et l'on répond : ici il s'agit d'un anpilia de cuir, là d'un anpilia d'étoffe. Nous lisons également dans le Yerouchalmi (halakha 1) : certains enseignent qu'on sort en anpilia à Yom Kippour, d'autres enseignent qu'on ne sort pas ; Rav Hisda a dit : celui qui dit qu'on sort parle d'un anpilia d'étoffe, et celui qui dit qu'on ne sort pas, d'un anpilia de cuir. Certains veulent déduire du passage de Yevamot — puisqu'il dit « mais il se promène en anpilia dans sa maison », la précision « dans sa maison » impliquerait qu'il est interdit de sortir avec un anpilia d'étoffe — et ils s'appuient sur la Tossefta (chap. 4) : « Yom Kippour est interdit en fait de manger, de boire, de se laver, de s'oindre, de chausser la sandale et de rapports conjugaux, et même avec un anpilia d'étoffe. » Mais il n'est nullement raisonnable de distinguer entre la maison et le domaine public dans l'interdiction de chausser la sandale. De plus, puisque le Yerouchalmi enseigne « on sort », cela implique même dans le domaine public. Et c'est parce que l'enseignement a mentionné, du côté de l'interdit, les kordakisin « dans sa maison » — pour nous apprendre que même s'y promener dans la maison est interdit — qu'il a mentionné de même, du côté du permis, l'anpilia « dans sa maison ». De plus, celui d'étoffe est souple et ne protège pas plus que tous ces chaussages de chaam et de hitni avec lesquels on sortait dans le domaine public.
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(Fol. 28a.) Et lorsque venait le temps de la chehita du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclairait, on faisait descendre le grand prêtre à la maison d'immersion. (Fol. 30a.) On étendait un drap de lin (boutz) entre lui et le peuple ; (fol. 31b) et afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de lin, c'est un drap de boutz que l'on étendait. (Fol. 30a.) Cette immersion se faisait en lieu profane, car elle ne relève pas de l'obligation propre du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (Fol. 31b.) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (fol. 43b) à partir d'une aiguière d'or. Il n'y avait pas ici de sanctification au moment du dévêtement, puisqu'il n'avait ôté que des vêtements profanes ; et nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le dévêtement et l'autre pour le revêtement. (Fol. 31b.) S'il était âgé ou <i>istenis</i>, le froid lui étant nuisible, on chauffait pour lui de l'eau la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (fol. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Bien que cela trempe le métal (<i>metsaref</i>) et soit interdit au titre de <i>make be-patich</i> — l'achèvement du travail du fer, qui permet de le couper — puisqu'il n'en a pas l'intention, ce n'est qu'un interdit rabbinique (<i>chevout</i>), et il n'y a pas de chevout au Temple. (Fol. 31b.) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui aussi le sang, et accomplissait tous les services selon l'ordre de chaque jour, en vêtements d'or : avec l'encens du Sanctuaire, l'entretien des lampes (hatavat ha-nerot) et l'offrande des havitin. (Fol. 34b.) Ensuite il venait à la Beit ha-Parva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit mane — ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtirait le soir. À eux deux, ils doivent valoir trente mane ; et s'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit mane et retrancher à ceux du soir en dessous de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que l'ensemble fasse trente mane. Cela vaut pour ce qui provient de la communauté ; mais s'il veut ajouter de son propre bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (Fol. 35b.) Il venait auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le nord. (Fol. 36a.) On plaçait la tête du taureau de sorte qu'elle vienne vers le sud et sa face vers l'ouest. On ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le cohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest, posait ses deux mains sur lui et faisait sa confession. Voici ce qu'il disait : « De grâce, HaChem, j'ai péché, j'ai commis l'iniquité, je me suis révolté, moi et ma maison » (ibid.), selon les Sages. Lors de la première confession, il ne confessait que pour lui-même et les gens de sa maison : « De grâce, HaChem, expie donc les fautes... », etc. Et il y a dans le Yerouchalmi que, lors de la seconde mention du Nom dans la confession, il disait <i>ana be-chem</i>, avec un beit. (Fol. 37a.) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort — il suffit en effet que cela se fasse dans la azara. (Fol. 39a.) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle (roch beit av) à sa gauche. (Fol. 62a.) Il y avait là deux boucs semblables d'aspect et de taille, acquis ensemble ; tout cela n'est pas indispensable, ce n'est qu'une exigence de mitsva. (Fol. 39a.) Il y avait là une urne (<i>kalpi</i>), de bois, contenant deux mains, dans laquelle se trouvaient deux sorts : sur l'un était gravé « pour HaChem », sur l'autre « pour Azazel ». Ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brassait ses mains dans la kalpi de façon à ne pouvoir viser lequel était « pour HaChem » et lequel « pour Azazel ». Il remontait un sort dans chaque main, pour les deux boucs. Si celui « pour HaChem » était monté dans sa droite, le segan lui disait : lève ta main droite ; s'il était monté dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : lève ta main gauche. Il les posait sur les deux boucs et disait : « pour HaChem, un sacrifice pour le péché ». Et s'il n'avait pas posé les sorts sur les boucs mais les avait seulement tirés, sachant lequel était monté à droite et lequel a gauche, cela n'invalide pas. (Fol. 41b.) Il attachait un ruban d'écarlate (<i>lachon chel zehorit</i>), du poids de deux sela, à la tête du bouc émissaire, et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le faisait sortir pour l'envoyer ; et à celui destiné à l'abattage il attachait un ruban au cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc émissaire ni avec les autres boucs. Dans le [piyout] Seder Ata Konanta il est écrit qu'on plaçait aussi le bouc « pour HaChem » face au lieu de son abattage, et cela étonne, car la Guemara conclut explicitement que [l'enseignement] porte sur l'attache du ruban. Il revenait auprès de son taureau une seconde fois et confessait sur lui pour lui-même et pour ses frères les cohanim ; car il faut que vienne un innocent qui expie pour le coupable — c'est pourquoi il confessait d'abord pour lui seul, afin d'être innocent. (Fol. 43b.) Il l'abattait, recueillait son sang dans un bassin (mizrak) et le remettait à celui qui le remuait (<i>memares</i>) pour qu'il ne se coagule pas ; le memares se tenait sur la quatrième rangée du dallage de la azara, à partir du Sanctuaire vers l'extérieur. Il prenait un encensoir (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très fin, muni d'un long manche atteignant sous son bras afin que son bras le soutienne. Il avait un <i>nichtok</i> : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit à son arrivée ; Rabbenou Hananel explique un étui, comme une gaine, pour qu'il ne se brûle pas lorsqu'il s'échauffe des braises. Il montait au milieu de l'autel et raclait un plein encensoir de braises dont la flamme s'était éteinte ; il descendait et le posait sur le dallage de la azara. (Fol. 47a.) On lui sortait un encensoir plein d'encens, que l'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et pilé finement, pour qu'il soit « le plus fin du fin ». Il en prenait plein ses deux mains jointes, selon la contenance de ses mains (fol. 48a) : ni rasés, ni combles, mais bombés (<i>tefoufot</i>). Il le versait de ses mains dans une cuiller (kaf), prenait dans sa droite l'encensoir contenant les braises et dans sa gauche la cuiller de l'encens. (Fol. 51b.) Il marchait par le sud du Sanctuaire, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux paroketot séparant le Saint du Saint des Saints, à l'emplacement de l'<i>ama traksin</i> qui existait dans le premier Temple. L'extérieure était ouverte au sud, l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi tienne qu'il n'y avait là qu'une seule parokhet, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux, car c'est un cas de désaccord suivi d'un énoncé anonyme, et l'énoncé anonyme qui suit le désaccord fait autorité (fol. 52b) : « l'extérieure était relevée du côté sud ». De plus, Rabbi Hanina tient comme Rabbi Yehouda, plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et aspergeait. Et l'on ne saurait tirer preuve de cette michna (fol. 58b) : « il commençait à asperger en descendant — d'où commençait-il ? de l'angle nord-est », que Rachi explique comme tenant que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGlili, tandis que Rabbi Akiva le conteste dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva face à son collègue. (Fol. 52b.) Il marchait entre elles jusqu'à parvenir au nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il écartait avec ses coudes, afin que la parokhet ne brûle pas. Parvenu au nord, il tournait sa face vers le sud, de sorte que sa droite soit du côté de l'Arche, et marchait jusqu'à se trouver face à l'Arche ; il posait l'encensoir de feu entre les deux barres (badim). (Fol. 53b.) Après que l'Arche eut été enlevée, il le posait sur la Even Chetiya qui s'y trouvait, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait l'encens de la cuiller dans ses mains jointes et l'amoncelait sur les braises. (Fol. 53a.) Il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le Saint des Saints, pour rejeter l'opinion des Tsedoukim, qui disent qu'il le pose dans le Sanctuaire et entre dans le nuage de fumée de l'encens. (Fol. 52b.) Il commençait par le côté intérieur, qui lui est le plus éloigné ; car s'il commençait près de lui, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison se remplissait de fumée ; il y laissait la cuiller et l'encensoir et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'Arche. Dans le Seder Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait ; cela ne figure pas dans la Guemara, et au contraire il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi lit-on dans le Yerouchalmi : tant que l'Arche n'avait pas été enlevée, il entrait et sortait à la lumière de l'Arche ; une fois l'Arche enlevée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (Ibid., 53b.) Il faisait une courte prière dans le Sanctuaire, pour que l'année soit comme il convient ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (Fol. 53b.) Il prenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le Saint des Saints, se tenait entre les barres et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet. Il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet ; il aspergeait comme celui qui fouette (<i>ke-matslif</i>). Rachi explique : dans l'ordre, une en haut puis sept en bas. Les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas à viser un ordre précis : pour celle d'en haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept d'en bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et voici comment il comptait : « une » ; « une et une » ; « une et deux », etc. Il sortait et posait le bassin de sang sur le support (ken) qui se trouvait dans le Sanctuaire. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, comme il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui se trouvait dans le Sanctuaire. Il reprenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à toute la parokhet, à l'endroit exactement en face de l'Arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis du sang du bouc sur la parokhet, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas la parokhet. Ensuite il versait le sang du taureau dans le bassin contenant le sang du bouc, puis reversait du bassin plein dans le bassin vide, afin que le mélange soit parfaitement fait. (Fol. 58b.) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé entièrement l'autel d'or. Il faisait quatre applications sur ses quatre cornes, se tenant à l'angle sud-est ; et il procédait ainsi conformément à ce que j'ai expliqué plus haut, que l'ouverture était au sud — de sorte qu'il rencontrait d'abord l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait commencer la, puisqu'il devait sortir vers l'est jusqu'à avoir dépassé l'autel. C'est pourquoi il appliquait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout du long en un seul endroit et faisait le tour avec sa main — paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi HaGlili le conteste sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva face à son collègue, qui dit qu'il fait le tour avec ses mains ; de plus, Rabbi Elazar tient comme lui. Pour les trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt par le bas et tirait vers le haut ; pour la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait vers le bas — car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. À l'endroit où il achevait les aspersions, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il écartait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et le reste du sang, il le versait sur le fondement occidental (yessod maaravi) de l'autel extérieur. (Fol. 43b et 44a.) Il faut qu'aucun homme ne se trouve dans le Sanctuaire pendant qu'il accomplit ces services, qu'il s'agisse de ceux du Sanctuaire ou de ceux du Saint des Saints ; mais quant à l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'en retirer lors des services du Saint des Saints, seulement lors de ceux du Sanctuaire. (Fol. 60a.) Et s'il a modifié cet ordre, il n'a rien fait du tout. S'il a, dans le Sanctuaire, fait passer le sang du bouc avant celui du taureau, il recommencera et aspergera du sang du bouc. Par conséquent, si le bassin du sang du taureau s'est confondu avec celui du bouc, il appliquera des deux bassins trois fois : car si le premier était celui du taureau, le dernier est comme s'il n'était pas ; et si le premier était celui du bouc, celui-là est comme s'il n'était pas, et il s'acquitte par les deux derniers. Si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il n'ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens et refera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il n'en ait applique à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà accompli les applications du taureau et l'encens selon la règle. S'il a achevé les applications de l'intérieur et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Sanctuaire. S'il a achevé les applications du Sanctuaire et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et qu'il s'est répandu — les restes (chirayim) ne sont pas indispensables. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu vaut de même si son compagnon, le bouc émissaire, vient à mourir : à quelque moment que meure le bouc émissaire, à ce moment le sang est écarté.
💡 Explication

Dès que le jour est confirmé, la michna passe au grand prêtre : on le fait descendre au beit ha-tevila. C'est la première des cinq immersions de sa journée, celle qui précède le service ordinaire en vêtements d'or.

La michna énonce ensuite une règle qui déborde Yom Kippour : c'était la règle au Temple, tous les jours et pour tout cohen. Deux besoins du corps, deux exigences distinctes — l'immersion complète pour l'un, la seule sanctification des mains et des pieds au kior pour l'autre. La Guemara demandera plus loin pourquoi les mains sont concernées, puisque seules les éclaboussures touchent les pieds ; Rava en tirera qu'il y a une mitsva de frotter.

🖼️ Schéma
La règle permanente du Temple - et son application au grand prêtre Deux besoins du corps, deux exigences de purification, deux échelles différentes. MESSIKH ET RAGLAV littéralement : qui couvre ses jambes - les grands besoins -> TEVILA : immersion complète L'exigence porte sur le corps entier ; elle interrompt le service jusqu'au bain. MATIL MAYIM qui urine -> KIDOUCH YADAYIM VE-RAGLAYIM sanctification des mains et des pieds à partir du kior, la vasque du parvis. Ce que le Roch en tire pour Yom Kippour Les pieds, on comprend : à cause des éclaboussures. Mais les mains ? Rava répond : c'est une mitsva de frotter. De là, une règle pratique du jeûne : se laver est interdit, mais laver ce qui a été souillé reste un devoir de propreté. La retenue du jour ne devient jamais un motif de saleté.
La règle permanente du Temple, et le fil que le Roch en tire jusqu'aux lois du jeûne de Yom Kippour.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).