Yoma 30a -- de la souillure du corps à la porte de la azara : les gouttes, le Chema, la halakha du repas, puis la michna des cinq immersions et la mahloket Ben Zoma / Rabbi Yehouda.

Yoma 30a

Sougya : Le feuillet achève d'abord la sougya de propreté ouverte en 29b. Il est une mitsva de frotter les gouttes d'urine restées sur les jambes, et cette règle appuie Rabbi Ami : sortir avec elles fait passer pour un kerout chofkha et jette un laaz de mamzerout sur ses fils.

Rav Papa étend la question à la keriat Chema - la matière fécale demeurée à sa place l'interdit -, dans un cas calibré entre l'évidence et l'impossible, puisque la Torah n'a pas été donnée aux anges du service ; la Guemara doit alors le concilier avec la mahloket de Rav Houna et Rav Hisda sur la souillure posée sur la chair, ce qu'elle fait en mesurant l'intensité de la zohama. Vient une baraita des règles du repas, entièrement gouvernée par l'apparence : une main ou deux selon qu'on s'est attardé, et surtout se laver à l'intérieur puis faire circuler la cruche, pour n'être pas soupçonné.

Le daf bascule ensuite dans la michna : nul n'entre dans la azara, même pur, sans s'immerger ; cinq immersions et dix sanctifications rythment la journée du kohen gadol, toutes en lieu saint sur le beit haParva sauf la première. Le Roch y accroche tout l'ordre du service du jour.

La Guemara demande enfin la raison de cette immersion d'un homme pur : Ben Zoma la déduit par un kal va-homer de sainteté, Rabbi Yehouda n'y voit qu'un serakh tevila, un rappel destiné à faire remonter la mémoire d'une impureté ancienne. Le feuillet s'interrompt sur la question de leur différence réelle.

Le fil de Yoma 30a : de la propreté du corps à la sainteté du lieu Le daf bascule au milieu : il quitte la sougya des mains souillées et ouvre la michna des cinq immersions. PREMIÈRE MOITIÉ - la souillure du corps SECONDE MOITIÉ - l'entrée dans la azara 1. Mitsva de frotter les nitsotsot (gouttes) Rabbi Ami : sinon on le croit kerout chofkha - laaz sur ses fils. 2. Rav Papa : tsoa bimkoma et le Chema Assis elle se voit, debout non - Rav Houna contre Rav Hisda. 3. Halakha du repas : une main, puis deux Se laver dedans et faire circuler le tafiah, à cause du soupçon. 4. Michna : nul n'entre sans s'immerger Même pur. Cinq tevilot, dix kidouchin pour le kohen gadol. 5. Ben Zoma : un kal va-homer de sainteté De kodech à kodech on s'immerge : de hol à kodech, à plus forte raison. 6. Rabbi Yehouda : serakh tevila Un rappel, pour qu'il se souvienne d'une tumea ancienne et s'écarte. Le lien entre les deux moitiés : ce qui touche le corps commande l'accès à la parole sacrée et au lieu sacré. Le daf s'arrête sur la question ouverte : be-mai ka miplegui ? - sur quoi Ben Zoma et Rabbi Yehouda divergent-ils ?
La charpente du feuillet : trois discussions sur la souillure du corps, puis la michna de la première immersion et sa raison d'être.
Les cinq immersions et les dix sanctifications du kohen gadol à Yom Kippour Chaque changement de vêtements = une tevila encadrée de deux kidouchin (avant de se dévêtir, après s'être revêtu). Tevila Service accompli ensuite Vêtements revêtus Lieu de l'immersion 1 Tamid du matin et tout le service ordinaire : encens du Heikhal, lampes, minhat havitin. C'est la tevila de tout homme qui entre pour servir. Bigdei zahav (or) 8 vêtements du kohen gadol HORS de la azara makom hol - c'est la seule exception de la michna 2 Le service propre du jour : taureau, ketoret, aspersions du sang, bouc envoyé. Bigdei lavan (butz) Sur le beit haParva 3 Son bélier, le bélier du peuple, les moussafim et les graisses du hatat. Bigdei zahav (or) Sur le beit haParva 4 Sortie de la coupe et de la pelle à encens laissées dans le Saint des saints. Bigdei lavan (butz) Sur le beit haParva 5 Tamid du soir, encens du crépuscule et allumage des lampes. Bigdei zahav (or) Sur le beit haParva 5 tevilot x 2 kidouchin (un avant de se dévêtir, un après s'être revêtu) = 10 sanctifications des mains et des pieds. La michna n'excepte que la première : elle n'est pas une obligation du jour, donc elle n'exige pas le makom kadoch.
Les cinq immersions et les dix sanctifications du kohen gadol : quel service, quels vêtements, et pourquoi seule la première se fait hors du lieu saint.
Pourquoi cette première immersion ? Ben Zoma contre Rabbi Yehouda L'homme est déjà pur. Rien ne l'a rendu impur. Que vient donc faire ce bain ? BEN ZOMA - une exigence de sainteté RABBI YEHOUDA - un simple rappel Un kal va-homer : Si celui qui passe de kodech à kodech, et d'un lieu passible de karet à un lieu passible de karet, doit s'immerger - celui qui passe de hol à kodech, et de sans-karet à karet, à plus forte raison. Serakh tevila : On ne s'immerge d'ordinaire que si l'on est impur. Le nom même de tevila lui met la chose au cœur : il se rappellera une tumea ancienne et oubliée et il s'écartera du service pour aujourd'hui. Statut de la tevila Elle est due en soi : le passage à la sainteté la réclame, même sans la moindre impureté. Statut de la tevila Elle n'est pas due pour elle-même : c'est une mesure préventive, un garde-fou de la mémoire. Tossefot, sur le kal va-homer de Ben Zoma : toutes les objections que l'on pourrait lui faire (kohen gadol, expiation plus grande, il a déjà trempé en lieu saint) renforcent le raisonnement au lieu de le briser - on les fait entrer dans le kal va-homer. Et la nafka mina ? La Guemara pose exactement cette question - et le daf s'arrête là. be-mai ka miplegui : sur quoi divergent-ils ? La réponse ouvre le feuillet suivant. Tossefot a déjà repère un enjeu : faut-il s'immerger en lieu saint, et faut-il s'immerger même sans venir servir ?
Ben Zoma contre Rabbi Yehouda : la première immersion est-elle une exigence propre de la sainteté, ou un simple garde-fou pour réveiller la mémoire d'une impureté ancienne ?
1
מִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי, דְּאָמַר רַבִּי אַמִּי: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיֵּצֵא בְּנִיצוֹצוֹת שֶׁעַל גַּבֵּי רַגְלָיו, מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה כִּכְרוּת שָׁפְכָה, וּמוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו שֶׁהֵן מַמְזֵרִים.

Il est une mitsva de frotter [les gouttes]. - Cela vient à l'appui de Rabbi Ami, car Rabbi Ami a dit : il est interdit à un homme de sortir avec les gouttes [d'urine] qui sont sur ses jambes, parce qu'il paraît être un kerout chofkha (un homme dont le membre a été tranché), et qu'il jette ainsi un laaz (un soupçon déshonorant) sur ses fils, en les faisant tenir pour des mamzerim.

📜 Rachi (1)
מִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף בְּיָדוֹ נִיצוֹצוֹת שֶׁל מֵי רַגְלַיִם הַנִּיתָּזִין עַל רַגְלָיו שֶׁלֹּא יֵצֵא בָּהֶן חוּץ וְנִרְאֶה כִּכָּרוֹת שָׁפְכָה שֶׁאֵין מֵי רַגְלָיו מְקַלְּחִין אֶלָּא שׁוֹתְתִין וּכְרוּת שָׁפְכָה אֵינוֹ מוֹלִיד וְיֹאמְרוּ עַל בָּנָיו שֶׁאֵינָם שֶׁלּוֹ:
Les gouttes d'urine qui giclent sur ses jambes : qu'il ne sorte pas dehors avec elles, car il paraîtrait être un kerout chofkha - celui dont l'urine ne jaillit pas mais s'écoule ; or un kerout chofkha n'engendre pas, et l'on dira de ses fils qu'ils ne sont pas les siens.
🗂️ Tossefot (1)
מִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף תֵּימַהּ אַמַּאי צָרִיךְ לְשַׁפְשֵׁף וְהָא מִסְּתָמָא קַיְימָא לַן כְּרַבָּנָן דר"א דְּאָסוּר לֶאֱחֹוז בָּאַמָּה וְאָמְרוּ לֵיהּ רַבָּנָן וַהֲלֹא נִיצּוֹצוֹת נִיתָּזִין עַל רַגְלָיו וְכוּ' אַלְמָא דִּכְשֶׁאוֹחֵז בָּאַמָּה אֵין נִיצּוֹצוֹת נִיתָּזִין עַל רַגְלָיו וי"ל אעפ"כ אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְהוּ מְעַט נִיתָּזִין עַל רַגְלָיו דְּזִימְנִין מִישְׁתְּלֵי וְלָאו אַדַּעְתֵּיהּ לֶאֱחֹוז בָּאַמָּה עַד לְבַסּוֹף אִי נָמֵי דְּרַבָּנָן מוֹדוֹ לְבַסּוֹף לְדִיבְרֵי ר"א תֵּדַע דִּבְפֶ' כָּל הַיָּד (נִדָּה דַּף יג.) פָּרִיךְ אַשְּׁמוּאֵל דְּאָמַר לֵיהּ לְרַב יְהוּדָה שִׁינָּנָא אֱחֹוז בָּאַמָּה וְהַתַּנְיָא ר"א אוֹמֵר כָּל הָאוֹחֵז וְכוּ' וְכֵן בְּפֶרֶק כִּירָה (שַׁבָּת דַּף מא.) וְאִי רַבָּנָן פְּלִיגִי מַאי פָּרִיךְ מִיהוּ יֵשׁ לִדְחוֹת זֶה דַּאֲפִילּוּ רַבָּנָן לָא שָׁרוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא יוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו הָא לָאו הָכִי לָא וְהַהִיא דְּכִירָה לָאו מִשּׁוּם הָכִי הֲוָה וְהָא דְּרַב יְהוּדָה אַאִיגָּרָא הֲוָה קָאֵי וּמַשְׁתִּין לְמַטָּה וְלֵיכָּא לְמֵימַר מִשּׁוּם נִיצוֹצוֹת אֶלָּא מִשּׁוּם לִכְלוּךְ הַכֹּותֶל וּמִשּׁוּם הַאי מִילְּתָא לָא הָווּ שָׁרוּ רַבָּנָן מִיהוּ יֵשׁ לְהָבִיא רְאָיָה מִדְּאָמְרִינַן פֶּרֶק כֵּיצַד מְבָרְכִין (בְּרָכוֹת דַּף מ.) אֵין מֵי רַגְלַיִם כָּלִים אֶלָּא בִּישִׁיבָה וּבְעָפָר תִּיחוּחַ אֲפִילּוּ בַּעֲמִידָה וְכוּ' אֲבָל אוֹחֵז בְּאַמָּה לָא קָאָמַר דאע"ג דְּמִסְּתָמָא כְּמוֹ כֵן כֵּלִים וְאָמְרִינַן נָמֵי בְּפֶרֶק כָּל הַיָּד (נִדָּה דַּף טז:) ג' שָׂנֵאתִי וְכוּ' וַחֲשִׁיב אוֹחֵז בְּאַמָּה וּמַשְׁתִּין וְלֹא הֻוזְכַּר שָׁם ר"א אֶלָּא ש"מ דְּחָזְרוּ רַבָּנָן וְהוֹדוּ לר"א ואע"ג דְּלָא אַשְׁכְּחַן בְּהֶדְיָא לֹא בַּמִּשְׁנָה וְלֹא בַּבָּרַיְיתָא שֶׁחָזְרוּ יֵשׁ לוֹמַר כֵּן וה"נ אַשְׁכְּחַן בְּפֶרֶק כָּל הַיָּד (נִדָּה דַּף יג:) אַמִּילְּתָא אַחֲרִיתִי דְּקָאָמַר ר' טִרְפוֹן תִּקָּצֵץ יָדוֹ עַל טִיבּוּרוֹ פִּי' עַל שֶׁנָּגַע בְּאַמָּתוֹ אָמְרוּ לוֹ יָשַׁב לוֹ קוֹץ לֹא יִטְּלֶנּוּ מַשְׁמַע דְּרַבָּנָן שָׁרוּ אֲפִילּוּ בְּלֹא קוֹץ אֶלָּא דְּהָווּ מַקְשֵׁי לֵיהּ אוֹדֵי לָן מִיהַת בְּיָשַׁב לוֹ קוֹץ וּבְמַתְנִי' דְּהָתָם בַּאֲנָשִׁים תִּיקָּצֵץ וּמִסְּתָמָא אָתְיָא נָמֵי כְּרַבָּנָן דְּאֵין סְבָרָא לְאוֹקוֹמֵיהּ כר"ט אַלְמָא דְּחָזְרוּ בָּהֶן אע"ג דְּלָא אַשְׁכְּחַן לָהּ בְּהֶדְיָא וא"ת וְכֵיוָן דְּמִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף וְיֵשׁ תַּקָּנָה לְשַׁפְשֵׁף מַאי קָא פָּרְכִי לֵיהּ רַבָּנָן לר"א אֵין לוֹ מָקוֹם גָּבוֹהַּ וְאֵין לוֹ עֲפַר תִּיחוּחַ מַאי אָמַר לָהֶם מוּטָב יוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו שֶׁהֵן מַמְזֵרִים וְאַל יִרְאֶה רָשָׁע שָׁעָה אַחַת לִפְנֵי הַמָּקוֹם וְאַמַּאי לֹא אָמַר לְהוּ מִצְוָה לְשַׁפְשֵׁף וי"ל אִם לֹא יֶאֱחֹוז בָּאַמָּה כְּלָל אָז יִהְיֶה רֹוב נִיצוֹצוֹת נִיתָּזִים עַל רַגְלָיו וַאֲפִילּוּ אִם מְשַׁפְשֵׁף יְהֵא נִיכָּר וְיוֹצִיא לַעַז עַל בָּנָיו וְגַם יֵשׁ לוֹ טֹורַח לְשַׁפְשְׁפָן הַכֹּל וּמַנִּיחַ:
Cela étonne : pourquoi faut-il frotter ? Nous tenons vraisemblablement comme les Hakhamim contre Rabbi Eliezer, qui interdisent de tenir le membre ; or les Hakhamim lui ont objecté : mais les gouttes giclent sur ses jambes ! - ce qui montre bien que lorsqu'il tient le membre, les gouttes ne giclent pas sur ses jambes. On peut répondre : malgré cela, il est impossible qu'un peu ne gicle pas sur ses jambes, car il arrive qu'il oublie et ne pense à tenir le membre qu'à la fin. Ou bien : les Hakhamim ont fini par se ranger à l'avis de Rabbi Eliezer. La preuve en est qu'au chapitre Kol haYad (Nidda 13a) on objecte à Chemouel, qui disait à Rav Yehouda : Chinena, tiens le membre - alors qu'il a été enseigné : Rabbi Eliezer dit, quiconque tient, etc. ; de même au chapitre Kira (Chabbat 41a). Or si les Hakhamim étaient en désaccord, quelle objection y aurait-il ? On peut toutefois repousser cet argument : même les Hakhamim n'ont permis que pour éviter de jeter un laaz sur ses fils, mais autrement non ; et le cas de Kira ne reposait pas sur cette raison ; quant à l'affaire de Rav Yehouda, il se tenait sur un toit et urinait vers le bas, où il n'est pas question de gouttes mais de salir le mur - et pour cela les Hakhamim n'auraient pas permis. On peut cependant apporter une preuve de ce que nous disons au chapitre Keitsad Mevarkhin (Berakhot 40a) : l'urine ne s'évacue complètement qu'assis, et sur une terre meuble même debout, etc. - or on n'y mentionne pas le fait de tenir le membre, bien qu'il produise vraisemblablement le même effet. Et l'on dit aussi au chapitre Kol haYad (Nidda 16b) : trois choses me sont odieuses, etc., et l'on y compte celui qui tient son membre en urinant, sans que Rabbi Eliezer y soit mentionné. Conclus-en que les Hakhamim se sont rétractés et lui ont donné raison. Et bien que l'on ne trouve nulle part explicitement, ni dans une michna ni dans une baraita, qu'ils se soient rétractés, on peut le soutenir. Nous trouvons de même, au chapitre Kol haYad (Nidda 13b), à propos d'une autre affaire : Rabbi Tarfon disait que sa main soit coupée sur son nombril - c'est-à-dire pour avoir touché son membre ; ils lui répondirent : si une épine s'est plantée en lui, ne l'ôtera-t-il pas ? - ce qui laisse entendre que les Hakhamim permettent même sans épine, mais qu'ils lui objectaient : concède-nous au moins le cas de l'épine. Et dans la michna de là-bas, il est dit des hommes que la main soit coupée ; or elle suit vraisemblablement les Hakhamim eux aussi, car il n'est pas raisonnable de l'établir selon Rabbi Tarfon - preuve qu'ils se sont rétractés, bien qu'on ne le trouve pas explicitement. Et si tu demandes : puisqu'il est une mitsva de frotter et qu'il existe ainsi un remède, que lui objectaient donc les Hakhamim à Rabbi Eliezer - s'il n'a ni lieu élevé ni terre meuble, que fera-t-il ? - à quoi il leur répondit : mieux vaut qu'un laaz soit jeté sur ses fils les faisant tenir pour des mamzerim, plutôt qu'il ne soit un instant un mécréant devant le Lieu ; pourquoi ne leur a-t-il pas dit qu'il est une mitsva de frotter ? On peut répondre : s'il ne tient pas du tout le membre, alors la plupart des gouttes giclent sur ses jambes, et même s'il frotte cela restera visible et jettera un laaz sur ses fils ; de plus, les frotter toutes lui serait pénible, et il en laisserait.
💡 Explication

Le feuillet s'ouvre sur la fin de la discussion commencée en 29b : pourquoi celui qui est sorti uriner doit-il se laver les mains ? Parce qu'il est une mitsva de frotter - de la main - les nitsotsot, les gouttes d'urine restées sur les jambes. La main a servi, donc la main est sale.

La Guemara remarque que cette règle appuie (mesayya) une règle énoncée ailleurs par Rabbi Ami. L'enjeu n'est pas la propreté mais la réputation : celui dont les jambes sont mouillées passe pour un kerout chofkha, un homme dont l'organe a été sectionné et dont l'urine, au lieu de jaillir, coule le long des jambes. Or un tel homme n'engendre pas. Voir ces gouttes, c'est donc conclure qu'il est stérile - et que les enfants qui portent son nom viennent d'un autre : un laaz de mamzerout pèse sur eux.

Tossefot construit sur ce point toute une discussion : si l'on tient le membre en urinant, comme le veut Rabbi Eliezer, il n'y a normalement plus de gouttes. Pourquoi alors une mitsva de frotter ? La réponse est réaliste : quelques gouttes passent toujours, et l'on n'y pense pas dès le début.

🖼️ Schéma
Les gouttes, le soupçon, et la mahloket de Tossefot Des gouttes restent sur ses jambes -> on le prend pour un kerout chofkha (dont l'urine coule au lieu de jaillir) Or un kerout chofkha n'engendre pas -> laaz sur ses fils : on les dira mamzerim. D'où : mitsva de frotter. Rabbi Eliezer Qui tient son membre en urinant, c'est comme s'il amenait le déluge sur le monde : interdit. Mieux vaut un laaz sur ses fils que d'être un instant mécréant devant le Lieu. Remède proposé : lieu élevé, ou terre meuble. Les Hakhamim Mais les gouttes giclent sur ses jambes ! Donc il tient, pour éviter le laaz. Tossefot : ils ont fini par se ranger à l'avis de Rabbi Eliezer - preuves en Nidda et Berakhot. Et même alors : quelques gouttes passent, d'où le frottement. Conclusion pratique de Tossefot : tenir ne suffit pas, frotter reste une mitsva - et le frottement salit la main.
Du laaz de mamzerout à la mitsva de frotter, et la mahloket sur le fait de tenir le membre (Tossefot).
2
אָמַר רַב פָּפָּא: צוֹאָה בִּמְקוֹמָהּ, אָסוּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּנִרְאֵית — פְּשִׁיטָא. אִי דְּלָא נִרְאֵית — לֹא נִיתְּנָה תּוֹרָה לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת! לָא צְרִיכָא: דְּיוֹשֵׁב וְנִרְאֵית, עוֹמֵד וְאֵינָהּ נִרְאֵית.

Rav Papa a dit : de la matière fécale à sa place, il est interdit de réciter le Chema. De quel cas s'agit-il ?

Si elle est visible - c'est évident ! Si elle n'est pas visible - la Torah n'a pas été donnée aux anges du service !

Non : il fallait [l'enseigner] pour le cas où, assis, elle est visible, et debout, elle ne l'est pas.

📜 Rachi (1)
בִּמְקוֹמָהּ בְּנֶקֶב פִּי הַטַּבַּעַת אָסוּר זֶה לִקְרוֹת ק"ש:
Dans l'orifice de l'anus : il est interdit à celui-là de réciter le Chema.
💡 Explication

La Guemara enchaîne par association d'idées : après la souillure sur les jambes, la souillure du corps en général et son effet sur la keriat Chema. Rav Papa énonce que tsoa bimkoma - la matière fécale demeurée à sa place, à l'orifice - interdit de réciter le Chema.

La Guemara serre l'énoncé entre deux impasses. Si elle est visible, l'énoncé n'apprend rien : c'est de la saleté apparente sur le corps. Si elle n'est pas visible, l'énoncé est intenable, car la Torah n'a pas été donnée aux anges du service - un corps humain n'est jamais absolument net, et exiger cela reviendrait à supprimer le Chema. Ce principe est l'un des grands régulateurs de la halakha : la Torah s'adresse à des hommes.

La solution est un cas intermédiaire très précis : assis, on la voit ; debout, on ne la voit plus. Elle est donc réellement là, mais elle n'est pas exposée - ni triviale, ni angélique.

3
וּמַאי שְׁנָא מִצּוֹאָה עַל בְּשָׂרוֹ? דְּאִיתְּמַר: צוֹאָה עַל בְּשָׂרוֹ, אוֹ שֶׁהָיוּ יָדָיו בְּבֵית הַכִּסֵּא, רַב הוּנָא אָמַר: מֻותָּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע, וְרַב חִסְדָּא אָמַר: אָסוּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע. בִּמְקוֹמָהּ נְפִישׁ זֻוהֲמָא, שֶׁלֹּא בִּמְקוֹמָהּ לָא נְפִישׁ זוּהֲמָא.

Et en quoi cela diffère-t-il de la matière fécale sur sa chair ? Car il a été dit : de la matière fécale sur sa chair, ou bien ses mains [introduites] dans les latrines - Rav Houna dit : il est permis de réciter le Chema ; et Rav Hisda dit : il est interdit de réciter le Chema.

[Réponse :] à sa place, la zohama (souillure) est abondante ; hors de sa place, la zohama n'est pas abondante.

📜 Rachi (3)
יָדָיו בְּבֵית הַכִּסֵּא מְחִיצָּה מַפְסֶקֶת וּבֵית הַכִּסֵּא לִפְנִים מֵהַמְּחִיצָּה וְזֶה הִכְנִיס יָדָיו דֶּרֶךְ חוֹר שֶׁבַּמְּחִיצָּה:
Une cloison fait séparation, les latrines se trouvent au-delà de la cloison, et cet homme y a introduit ses mains par un trou pratiqué dans la cloison.
וְרַב חִסְדָּא אָמַר אָסוּר מִשּׁוּם כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה וְגוֹ' (תְּהִילִּים ל״ה:י׳) טַעְמָא מִשּׁוּם כָּל עַצְמוֹתַי אֲבָל מִשּׁוּם זֻוהֲמַת הָרֵיחַ לֹא וְקַשְׁיָא לְרַב פָּפָּא מִתַּרְוַיְיהוּ:
À cause du verset Tous mes os diront, etc. (Tehilim 35,10). La raison tient donc au verset Tous mes os, mais non à la puanteur de l'odeur - et cela fait difficulté à Rav Papa, des deux côtés à la fois.
בִּמְקוֹמָהּ נְפִישׁ זֻוהֲמָא שֶׁחַמָּה הִיא שֶׁלֹּא יָצְאָה לָאֲוִיר וְלֹא נִתְפַּזֵּר רֵיחָהּ:
Parce qu'elle est chaude, n'étant pas sortie à l'air, et que son odeur ne s'est pas dispersée.
💡 Explication

L'objection est de méthode : si Rav Papa interdit pour une saleté qu'on ne voit qu'assis, il faudrait à plus forte raison interdire pour de la matière fécale posée sur la peau, en pleine vue. Or sur ce cas-là, précisément, les Amoraim sont partagés : Rav Houna permet, Rav Hisda interdit. Rav Papa semble donc contredit par les deux - Rachi le dit sans détour.

Le second cas cité est plus étrange : des mains passées, par un trou de la cloison, dans l'espace des latrines. Les mains n'ont rien touché ; elles ont seulement été dans le lieu. Rachi décrit le dispositif : une cloison sépare, les latrines sont de l'autre côté, et l'homme a passé ses mains par le trou.

La réponse distingue par l'intensité de la zohama : à sa place, elle est encore chaude, elle n'a pas pris l'air, son odeur ne s'est pas dispersée - tous conviennent qu'elle interdit. Hors de sa place, elle a sèche et perdu sa force : c'est là seulement que la mahloket a lieu.

🖼️ Schéma
Tsoa bimkoma contre tsoa sur la chair : deux régimes, deux raisons À SA PLACE (bimkoma) HORS DE SA PLACE (sur la chair) Cas de Rav Papa : assis elle est visible, debout elle ne l'est pas. Interdit de lire le Chema - sans discussion. Tsoa sur sa chair, ou mains passées par le trou de la cloison des latrines. Objet d'une mahloket d'Amoraim. Rav Houna Permis de lire le Chema. Rav Hisda Interdit - kol atsmotai tomarna (Ps 35,10). Nafish zohama - la souillure est forte Rachi : elle est encore chaude, elle n'a pas pris l'air, son odeur ne s'est pas dispersée. La difficulté : Rav Hisda interdit pour la raison de kol atsmotai (le corps entier doit louer, donc il doit être net) et non pour l'odeur ; Rav Houna permet purement et simplement. Les deux semblent donc contredire Rav Papa - Rachi le souligne : ve-kachia le-Rav Papa mi-tarvaihou. Réponse : les deux cas ne sont pas comparables. À sa place, la souillure est intense - tous en conviennent. C'est seulement hors de sa place, où la souillure est faible, que Rav Houna et Rav Hisda s'opposent.
Deux régimes distincts : l'interdit absolu de Rav Papa à sa place, et la mahloket Rav Houna / Rav Hisda hors de sa place.
4
תָּנוּ רַבָּנַן הֲלָכָה בִּסְעוּדָה: אָדָם יוֹצֵא לְהַשְׁתִּין מַיִם — נוֹטֵל יָדוֹ אַחַת וְנִכְנָס. דִּיבֵּר עִם חֲבֵירוֹ וְהִפְלִיג — נוֹטֵל שְׁתֵּי יָדָיו וְנִכְנָס. וּכְשֶׁהוּא נוֹטֵל, לֹא יִטּוֹל מִבַּחוּץ וְיִכָּנֵס, מִפְּנֵי חֲשָׁד. אֶלָּא נִכְנָס וְיוֹשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ וְנוֹטֵל שְׁתֵּי יָדָיו, וּמַחֲזִיר הַטָּפִיחַ עַל הָאוֹרְחִין.

Nos maîtres ont enseigné une halakha relative au repas : un homme qui sort pour uriner se lave une seule main et rentre. S'il a parlé avec son compagnon et s'est attardé, il se lave les deux mains et rentre.

Et lorsqu'il se lave, qu'il ne se lave pas dehors pour entrer ensuite, à cause du soupçon ; mais il entre, s'assied à sa place, se lave les deux mains, et fait circuler le tafiah (la cruche) parmi les convives.

📜 Rachi (6)
הֲלָכָה בִּסְעוּדָה כְּלוֹמַר הֲלָכָה זוֹ אָמְרוּ בְּהִלְכוֹת סְעוּדָה:
C'est-à-dire : cette halakha, ils l'ont énoncée parmi les règles du repas.
אָדָם שֶׁיָּצָא מִתּוֹךְ הַסְּעוּדָה לְהַשְׁתִּין מַיִם נוֹטֵל יָדוֹ אַחַת אוֹתָהּ שֶׁשִּׁיפְשֵׁף בָּהּ נִיצוֹצוֹת:
Qui est sorti du milieu du repas pour uriner : il se lave une seule main, celle avec laquelle il a frotté les gouttes.
וְהִפְלִיג שָׁהָה:
Il s'est attardé.
נוֹטֵל שְׁתֵּי יָדָיו דְּכֵיוָן שֶׁהִפְלִיג שָׁעָה אַחַת אוֹ שְׁתַּיִם הִסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִסְּעֻודָּתוֹ וְלֹא נִזְהַר לִשְׁמוֹר יָדָיו וְהֵן עַסְקָנִיּוֹת:
Car puisqu'il s'est attardé une heure où deux, il a détourné son esprit de son repas et n'a pas pris garde à surveiller ses mains - or elles sont askaniot (actives, touche-à-tout).
לֹא יִטֹּול מִבַּחוּץ שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ עָלָיו לֹא נָטַל:
Pour qu'on ne dise pas de lui qu'il ne s'est pas lavé.
וּמַחֲזִיר הַטָּפִיחַ עַל הָאוֹרְחִין ה"ג לָהּ בַּתּוֹסֶפְתָּא [פ"ד] דִּבְרָכוֹת טָפִיחַ פַּךְ שֶׁיּוֹצְקִין מִמֶּנּוּ מַיִם עַל הַיָּדַיִם מַחֲזִירוֹ עַל הָאוֹרְחִים הַמְסֻובִּין וְהַשַּׁמָּשׁ מַחֲזִירוֹ עֲלֵיהֶן וְאוֹמֵר יֵשׁ בָּכֶם הַצָּרִיךְ לִיטֹּול וְאֵין זֹאת אֶלָּא לְהוֹדִיעַ שֶׁנָּטַל זֶה שֶׁהִכְנִיס אֶת יָדָיו:
Telle est la leçon dans la Tossefta (chap. 4) de Berakhot : le tafiah est une petite cruche dont on verse l'eau sur les mains ; il la fait passer parmi les convives attablés, et le serviteur la fait circuler entre eux en disant : y a-t-il parmi vous quelqu'un qui doive se laver ? Et cela n'a d'autre objet que de faire savoir que celui qui vient d'entrer avec ses mains s'est bien lavé.
💡 Explication

La baraita est classée, dit Rachi, parmi les hilkhot seouda - les règles de tenue à table. Trois décisions s'y enchaînent.

D'abord la mesure exacte : une seule main, celle qui a frotté les gouttes. Puis l'aggravation : s'il a hiflig - s'il s'est attardé à parler - il lave les deux mains, car son esprit a quitté le repas et il n'a plus veille sur ses mains ; Rachi ajoute la formule classique : les mains sont askaniot, actives, elles touchent sans qu'on y prenne garde.

Enfin la règle de l'apparence : ne pas se laver dehors, mipnei hachad - pour ne pas être soupçonné de ne s'être pas lavé. Il rentre, s'assied et se lave sous les yeux de tous, puis fait circuler le tafiah, la petite cruche à verser sur les mains. Rachi explique, d'après la Tossefta de Berakhot, que le serviteur la fait passer entre les convives en demandant : y a-t-il parmi vous quelqu'un qui doive se laver ? - et cela n'a d'autre but que de faire savoir que celui qui vient de rentrer, lui, s'est bien lavé.

🖼️ Schéma
Halakha du repas : quitter la table, revenir, et n'être pas soupçonné Il sort de la seouda Il urine et revient aussitôt UNE seule main à laver : celle qui a frotté les gouttes. Il parle, il s'attarde LES DEUX mains : son esprit a quitté le repas, mains actives. Où se laver ? Pas dehors : on dirait qu'il ne s'est pas lavé. Il entre, s'assied à sa place, se lave, puis fait circuler le tafiah - la preuve visible. Rav Hisda restreint La règle ne vaut que s'il rentre pour BOIRE. Pour manger : on sait qu'il est anin daat - pas de soupçon. Rav Nahman bar Yitzhak restreint encore Moi, même pour boire je me lave dehors : on sait de moi que je suis délicat. Le ressort commun : ce n'est pas la pureté qui est en jeu ici, mais l'apparence - hachad et laaz.
Une main ou deux, ou se laver, et pourquoi faire circuler la cruche : la sougya de l'apparence à table.
5
אָמַר רַב חִסְדָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא לִשְׁתּוֹת, אֲבָל לֶאֱכֹול — נוֹטֵל מִבַּחוּץ וְנִכְנָס, דְּמִידָּע יְדִיעַ דַּאֲנִינָא דַּעְתֵּיהּ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: וַאֲנָא אֲפִילּוּ לִשְׁתּוֹת נָמֵי, מִידָּע יָדְעִי דַּאֲנִינָא דַּעְתַּאי.

Rav Hisda a dit : nous n'avons dit cela que lorsqu'il rentre pour boire ; mais s'il rentre pour manger, il se lave dehors et entre, car il est bien connu qu'il est anin daat (délicat). Rav Nahman bar Yitzhak a dit : et moi, même pour boire [je me lave dehors], car on sait bien de moi que je suis délicat.

📜 Rachi (2)
לָא אֲמָרָן דְּלָא יִטֹּול בַּחוּץ אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ עוֹד לֶאֱכֹול אֶלָּא לִשְׁתּוֹת הוּא נִכְנָס שֶׁהָיוּ רְגִילִין לְהַאֲרִיךְ לִשְׁתּוֹת בִּשְׁתִיָּה אַחַר הַמָּזוֹן וּמִיהוּ צָרִיךְ לִיטֹּול שֶׁמָּא יִתֵּן פְּרוּסָה לְתוֹךְ פִּיו:
Qu'il ne se lave pas dehors : cela ne vaut que lorsqu'il n'a plus à manger et qu'il rentre seulement pour boire - car on avait coutume de prolonger longuement la boisson après le repas. Il doit malgré tout se laver, de crainte qu'il ne porte un morceau [de pain] à sa bouche.
מִידָּע יְדִיעַ דַּאֲנִינָא דַּעְתֵּיהּ וְלָא חָשְׁדִי לֵיהּ:
Et l'on ne le soupçonne pas.
💡 Explication

Rav Hisda réduit la portée de la baraita. La crainte du soupçon ne joue que si l'homme rentre pour boire : on peut alors le croire négligent. S'il rentre pour manger, personne ne le soupçonnera, car chacun sait qu'un homme anin daat - de goût délicat, répugne à la souillure - ne toucherait pas à la nourriture sans s'être lavé.

Rachi éclaire un détail du monde antique : on prolongeait longuement la boisson après le repas, d'où l'existence d'un moment où l'on rentre pour boire seulement. Et il note qu'il faut malgré tout se laver, car il pourrait porter un morceau de pain à sa bouche.

Rav Nahman bar Yitzhak parle en son nom propre - et le trait est presque personnel : moi, on sait ce que je vaux sur ce chapitre, donc même pour boire je peux me laver dehors.

6
מַתְנִי׳ אֵין אָדָם נִכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה אֲפִילּוּ טָהוֹר עַד שֶׁיִּטְבֹּול. חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִדּוּשִׁין טוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם, וְכֻולָּן בַּקֹּדֶשׁ עַל בֵּית הַפַּרְוָה, חוּץ מִזּוֹ בִּלְבַד. פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (קִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו).

MICHNA. Nul n'entre dans la azara pour le service, même pur, avant de s'être immergé.

Cinq immersions et dix sanctifications [des mains et des pieds] : voilà ce que le kohen gadol accomplit en ce jour. Et toutes ont lieu en lieu saint, sur le beit haParva, celle-ci exceptée.

On étendit un drap de boutz (lin fin) entre lui et le peuple, (il sanctifia ses mains et ses pieds).

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' לָעֲבוֹדָה לָאו דַּוְקָא דְּאֵין אָדָם נִכְנָס לָעֲזָרָה עַד שֶׁיִּטְבֹּול וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Ce n'est pas à prendre à la lettre, car nul n'entre dans la azara avant de s'être immergé ; et la raison en est expliquée dans la Guemara.
חָמֵשׁ טְבִילוֹת וְכוּ' יָלֵיף לָהּ בַּגְּמָרָא:
Cela est déduit dans la Guemara.
עַל בֵּית הַפַּרְוָה עַל גַּג לִשְׁכַּת בֵּית הַפַּרְוָה:
Sur le toit de la chambre dite beit haParva.
חוּץ מִזּוֹ הָרִאשׁוֹנָה שֶׁאֵינָהּ בָּאָה חוֹבָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים דְּהָא כָּל יוֹמָא נָמֵי אִיתָא אֲבָל טְבִילוֹת הַבָּאוֹת חוֹבָה ליוה"כ כְּתִיב בָּהֶן בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ בְּעִנְיָינָא דְּאַחֲרֵי מוֹת:
La première, qui ne vient pas au titre d'une obligation de Yom Kippour - puisqu'elle a lieu tous les jours également. Mais des immersions qui viennent au titre de l'obligation de Yom Kippour, il est écrit qu'elles ont lieu en lieu saint, dans la section d'Aharei Mot.
🗂️ Tossefot (1)
אֵין אָדָם נִכְנָס לַעֲבוֹדָה אֲפִילּוּ טָהוֹר עַד שֶׁהוּא טוֹבֵל לָאו דַּוְקָא לַעֲבוֹדָה אֶלָּא אֲפִילּוּ לִשְׁחִיטָה דְּלָאו עֲבוֹדָה הִיא מוּכָח לְקַמָּן דְּבָעֵי טְבִילָה וַאֲפִילּוּ בְּלָאו עֲבוֹדָה רַק שֶׁנִּכְנַס לָעֲזָרָה וְכֵן מוֹכִיחַ בִּירוּשַׁלְמִי דְּקָאָמַר לֹא סוֹף דָּבָר לַעֲבוֹדָה אֶלָּא אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לַעֲבוֹדָה וְכֵן מוּכָח לְקַמָּן כְּמוֹ שֶׁאֲפָרֵשׁ בְּסָמוּךְ:
Ce n'est pas à prendre au sens strict de service : même pour la chehita, qui n'est pas une avoda, il est prouvé plus loin qu'une immersion est requise ; et même sans aucun service, du seul fait qu'il entre dans la azara. Ainsi le prouve également le Yerouchalmi, qui dit : non seulement pour le service, mais même sans service. Et cela est encore prouvé plus loin, comme je l'expliquerai bientôt.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(fol. 28a) Et lorsque arrivait le temps de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclairait, on faisait descendre le kohen gadol au lieu de l'immersion. (fol. 30a) On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple ; (fol. 31b) et c'est afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz que l'on étendait un drap de boutz. (fol. 30a) Cette immersion-là avait lieu en lieu profane, car elle ne vient pas au titre de l'obligation du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (fol. 31b) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (fol. 43b) à partir d'une aiguière d'or. Et il n'y avait pas ici de sanctification au moment de se dévêtir, parce que ce sont des vêtements profanes qu'il avait ôtés ; et nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le devetissement et l'une pour le revetissement. (fol. 31b) Et s'il était âgé, ou istenis (délicat) à qui le froid nuisait, on chauffait pour lui de l'eau chaude la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (fol. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Et bien que cela trempe le métal (metsaref), ce qui est interdit au titre de make bepatich (le coup de marteau final) - puisque c'est l'achèvement de l'ouvrage du fer, ce qui le rend tranchant -, comme il n'a pas cette intention ce n'est plus qu'un chevout (un interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (fol. 31b) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui aussi le sang, et accomplissait tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or : avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes et la minhat havitin. (fol. 34b) Après cela il venait au beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit manes - ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir ; et à eux deux ils doivent valoir trente manes. S'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Et cela vaut pour ce qui vient des fonds publics ; mais s'il veut ajouter de son bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (fol. 35b) Il venait auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace découvert entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le côté nord. (fol. 36a) Et l'on dressait la tête du taureau de façon que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest ; on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest ; il posait ses deux mains sur lui et faisait le vidouy (la confession). Et voici ce qu'il disait : de grâce, Hachem, j'ai failli, j'ai dévié, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) - conformément aux Hakhamim. Lors de la première confession, il ne confessait que pour lui-même et les gens de sa maison : de grâce, Hachem, expie donc les fautes, etc. Et il y a dans le Yerouchalmi, quant à la seconde mention du Nom dans la confession, qu'il disait ana beChem, avec un beit. (fol. 37a) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort, car il suffit qu'il se tienne dans la azara. (fol. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (fol. 62a) Et là se trouvaient deux boucs semblables d'aspect et de taille, dont l'acquisition avait été faite d'un seul coup - tout cela n'étant pas indispensable, mais relevant seulement de la mitsva. (fol. 39a) Il y avait là une urne (kalpi) [de bois, contenant deux mains] et dedans deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; et ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brassait ses mains dans l'urne de façon à ne pouvoir viser lequel est celui de laChem et lequel celui de laAzazel, et il remontait dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de laChem montait dans sa droite, le segan lui disait : lève ta droite ; et s'il montait dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : lève ta gauche. Il les posait sur les deux boucs et disait : à Hachem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel est monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'invalide pas. (fol. 41b) Il nouait un fil d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc envoyé et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil au cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit que le bouc de laChem aussi, on le place face au lieu de son abattage ; et cela étonne, car la Guemara conclut explicitement que le propos porte sur le nouage. Il venait auprès de son second taureau et confessait sur lui pour lui-même et pour ses frères les kohanim - car il faut que vienne un innocent et qu'il expie pour le coupable ; c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (fol. 43b) Il l'abattait, en recueillait le sang dans un mizrak (bassin) et le donnait à quelqu'un qui le remuait sans cesse pour qu'il ne coagule pas. Et celui qui le remuait se tenait sur la quatrième rangée de dalles du pavement de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prenait une pelle à encens (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche qui atteignait sous son bras afin que son bras l'assiste. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit lorsqu'il vient ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait comme une gaine, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il montait au milieu de l'autel, ratissait une pleine pelletée de braises dont la flamme s'était éteinte, descendait et la posait sur le pavement de la azara. (fol. 47a) On lui sortait une pelle pleine d'encens, celui qu'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et qu'on avait pilé fin pour qu'il soit le plus fin des fins ; il en prenait une pleine poignée de ses deux mains, selon ce que contenaient ses mains à lui, (fol. 48a) ni rasés ni comblés, mais bien remplis. Il le versait de ses mains dans une coupe (kaf), prenait de la main droite la pelle où étaient les braises et de la main gauche la coupe d'encens. (fol. 51b) Il allait par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux parokhot (rideaux) qui séparent le Saint du Saint des saints, à l'endroit où se trouvait, dans le premier Temple, le mur amah traksin. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul rideau, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car c'est un cas de controverse suivie d'un énoncé anonyme, et l'anonyme qui vient après la controverse fait autorité. (fol. 52b) L'extérieure était relevée du côté sud. En outre, Rabbi Hanina soutient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (fol. 58b) : il commençait à asperger en descendant - d'où commençait-il ? De l'angle nord-est - dont Rachi explique qu'elle considère que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (fol. 52b) Il marchait entre les deux jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes afin que le rideau ne brûle pas. Arrivé au nord, il tournait sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marchait jusqu'à se trouver face à l'arche ; et il posait la pelle de feu entre les deux barres. (fol. 53b) Et après que l'arche eut été ôtée, il la posait sur la even chetiya (pierre de fondation) qui était là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait dans ses mains l'encens qui était dans la coupe et l'amoncelait sur les braises. (fol. 53a) Et il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, pour écarter l'opinion des Sadducéens qui disent qu'on le pose dans le Heikhal et qu'on entre dans le nuage de la fumée de l'encens. (fol. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait de son côté, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplissait de fumée ; il y laissait la coupe et la pelle, et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait, mais cela n'est pas dans la Guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été ôtée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; depuis qu'elle fut ôtée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait dans le Heikhal une courte prière, pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (fol. 53b) Il prenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le lieu le plus intérieur, se tenait entre les barres et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet (couvercle). Et il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette. Rachi explique : dans l'ordre, une en haut puis sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle d'en haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept d'en bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortait et posait le mizrak du sang sur le support qui était dans le Heikhal. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il prenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à tout le rideau, à l'endroit visé face à l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis, du sang du bouc sur le rideau, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le rideau. Ensuite il versait le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversait du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement fait. (fol. 58b) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or. Il donnait quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture était au sud : il rencontrait donc l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout entier à une seule place et faisait le tour avec sa main - paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, lui qui dit qu'il fait le tour avec ses mains. En outre, Rabbi Elazar soutient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait en descendant vers le bas - car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait de sang, il le versait sur le fondement occidental de l'autel extérieur. (fol. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tout le temps qu'il accomplit ces services, aussi bien ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur. Mais de l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, seulement lors de ceux du Heikhal. (fol. 60a) Et s'il a changé cet ordre, il n'a rien fait. Et s'il a donné dans le Heikhal le sang du bouc avant le sang du taureau, il devra recommencer et asperger du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà fait les applications du taureau et l'encens selon la halakha. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu - les restes n'invalident pas. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa règle si son compagnon, le bouc envoyé, vient à mourir : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté.
💡 Explication

La michna ouvre le grand récit du service de Yom Kippour. Elle pose d'abord une règle générale et surprenante : même pur, nul n'entre dans la azara sans s'immerger. Rien ne l'a rendu impur ; la tevila ne répare donc pas une tumea. C'est cette anomalie qui déclenchera toute la Guemara.

Puis elle donne le compte qui structure la journée : cinq tevilot et dix kidouchin des mains et des pieds. Le chiffre s'explique par les cinq changements de vêtements du kohen gadol, chacun encadré de deux sanctifications - une avant de se dévêtir, une après s'être revêtu.

Toutes se font en lieu saint, sur le toit de la chambre du beit haParva, sauf celle-ci : la première. Rachi donne la raison - elle n'est pas une obligation propre du jour, puisque tout homme s'immerge ainsi chaque matin ; seules les immersions spécifiques à Yom Kippour sont visées par le verset qui exige un lieu saint dans la section d'Aharei Mot. Enfin, le sadin de boutz tendu entre lui et le peuple protège sa pudeur - et, note le Roch, lui signale déjà que le service du jour se fait en vêtements de lin.

Tossefot corrige d'emblée la formule pour le service : elle n'est pas à prendre à la lettre. Même la chehita, qui n'est pas à proprement parler une avoda, exige l'immersion - et même l'entrée dans la azara sans aucun service, comme l'atteste le Yerouchalmi.

🖼️ Schéma
Les cinq immersions et les dix sanctifications du kohen gadol à Yom Kippour Chaque changement de vêtements = une tevila encadrée de deux kidouchin (avant de se dévêtir, après s'être revêtu). Tevila Service accompli ensuite Vêtements revêtus Lieu de l'immersion 1 Tamid du matin et tout le service ordinaire : encens du Heikhal, lampes, minhat havitin. C'est la tevila de tout homme qui entre pour servir. Bigdei zahav (or) 8 vêtements du kohen gadol HORS de la azara makom hol - c'est la seule exception de la michna 2 Le service propre du jour : taureau, ketoret, aspersions du sang, bouc envoyé. Bigdei lavan (butz) Sur le beit haParva 3 Son bélier, le bélier du peuple, les moussafim et les graisses du hatat. Bigdei zahav (or) Sur le beit haParva 4 Sortie de la coupe et de la pelle à encens laissées dans le Saint des saints. Bigdei lavan (butz) Sur le beit haParva 5 Tamid du soir, encens du crépuscule et allumage des lampes. Bigdei zahav (or) Sur le beit haParva 5 tevilot x 2 kidouchin (un avant de se dévêtir, un après s'être revêtu) = 10 sanctifications des mains et des pieds. La michna n'excepte que la première : elle n'est pas une obligation du jour, donc elle n'exige pas le makom kadoch.
Les cinq immersions, les dix sanctifications, et la seule qui échappe au lieu saint.
7
גְּמָ׳ שָׁאֲלוּ אֶת בֶּן זוֹמָא: טְבִילָה זוֹ, לָמָּה? אָמַר לָהֶם: וּמָה הַמְשַׁנֶּה מִקֹּודֶשׁ לְקֹודֶשׁ, וּמִמָּקוֹם שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת לְמָקוֹם שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — טָעוּן טְבִילָה. הַמִּשְׁנָה מֵחוֹל לַקֹּודֶשׁ, וּמִמָּקוֹם שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת לְמָקוֹם שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — אֵינוֹ דִּין שֶׁטָּעוּן טְבִילָה?

GUEMARA. On demanda à Ben Zoma : cette immersion, pourquoi ?

Il leur dit : si celui qui passe de saint à saint, et d'un lieu où l'on est passible de karet à un lieu où l'on est passible de karet, requiert une immersion - celui qui passe de profane à saint, et d'un lieu où l'on n'est pas passible de karet à un lieu où l'on est passible de karet, n'est-il pas juste (eino din) qu'il requière une immersion ?

📜 Rachi (3)
גְּמ' טְבִילָה זוֹ שֶׁל כָּל שַׁחֲרִית לָמָּה לְטָהוֹר:
Celle de chaque matin : pourquoi, pour un homme pur ?
וּמָה הַמִּשְׁנָה מְקֻודָּשׁ וְכוּ' כֹּהֵן גָּדוֹל בְּחָמֵשׁ עֲבוֹדוֹת ביוה"כ הַמִּשְׁתַּנּוֹת מִחוּץ לִפְנִים וּמִפְּנִים לַחוּץ שֶׁשְּׁנֵי הַמְּקוֹמוֹת קֹדֶשׁ וְעַל שְׁנֵיהֶן עָנוּשׁ כָּרֵת הַנִּכְנָס בְּטֻומְאָה:
Le kohen gadol, dans les cinq services de Yom Kippour qui changent du dehors vers le dedans et du dedans vers le dehors - les deux lieux étant saints, et pour les deux celui qui y entre en état d'impureté est passible de karet.
טָעוּן טְבִילָה בֵּין עֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה כִּדְיָלֵיף בְּפִרְקִין (דַּף לב.) וְזֶה הַבָּא מִבֵּיתוֹ לָעֲזָרָה שֶׁהוּא מָחוּל אֶל הַקֹּדֶשׁ וְכוּ':
Entre un service et un autre, comme cela est déduit dans notre chapitre (fol. 32a). Et celui-ci, qui vient de sa maison à la azara, passe du profane au saint, etc.
🗂️ Tossefot (1)
וּמָה הַמִּשְׁנָה בֵּין קֹדֶשׁ לְקֹדֶשׁ כּוּ' תֵּימַהּ לִי אִיכָּא לְמִפְרַךְ מַה לְהָתָם שֶׁכֵּן רוֹצֶה לַעֲבֹוד עֲבוֹדָה אֲבָל טָהוֹר הַנִּכְנָס שֶׁלֹּא לַעֲבוֹדָה מִנַּייִן וְי"ל דְּוַדַּאי הק"ו אֵינוֹ אֶלָּא בְּטָהוֹר הַנִּכְנָס כְּדֵי לַעֲבֹוד אֶלָּא דְּמִדְּרַבָּנָן גָּזְרוּ אֲפִילּוּ בְּנִכְנַס שֶׁלֹּא לַעֲבֹוד גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַעֲבֹוד וא"ת אַכַּתִּי לִיפְרֹךְ מַה לְּיוֹם הַכִּפּוּרִים כְּשֶׁהוּא מְשַׁנֶּה מְקֻודָּשׁ לַקֹּודֶשׁ שֶׁכֵּן טוֹבֵל בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ די"ל דְּבִשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה נָמֵי יִטְבֹּול בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ מֵהַאי דִּינָא אֲבָל קָשֶׁה אִם כֵּן כִּי קָאָמַר בְּסָמוּךְ בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי לֵימָא דִּבְהָא פְּלִיגִי דִּלְבֶן זוֹמָא טְבִיל בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ וְלֵר' יְהוּדָה לֹא וְעוֹד דְּאַכַּתִּי אִיכָּא לְמִפְרַךְ מַה לְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁהוּא חָמוּר שֶׁלֹּא הֻוכְשְׁרָה עֲבוֹדַת יוֹם בְּכֹהֵן הֶדְיוֹט אֶלָּא בְּכֹהֵן גָּדוֹל אוֹ לִיפְרַךְ שֶׁכֵּן מְרֻובָּה כַּפָּרָתוֹ שֶׁל הַיּוֹם כִּדְפָרִיךְ בפ"ק דִּשְׁבוּעוֹת (דַּף ט.) אֶלָּא צ"ל דְּבֶן זוֹמָא לֹא מַחְשִׁיב לְהוּ פִּירְכוֹת דְּאַדְּרַבָּה אַלִּימֵי אַלִּים לק"ו ע"י כָּךְ וְנַכְנִיס אוֹתָן חוּמְרֵי בק"ו וְנֵימָא הָכִי וּמָה הַמְשַׁנֶּה מִקֹּודֶשׁ לְקֹודֶשׁ אע"פ שֶׁטָּבַל כְּבָר טְבִילָה חֲשׁוּבָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ ואע"פ שֶׁהוּא כֹּהֵן גָּדוֹל דְּקָדוֹשׁ טְפֵי ואע"פ שֶׁהוּטְלָה עָלָיו כָּל עֲבוֹדַת הַיּוֹם וְזָרִיז וְזָהִיר טְפֵי מִתּוֹךְ כָּךְ וּמֵחֲמַת שֶׁכַּפָּרַת הַיּוֹם מְרֻובֶּה אַפֵּ"ה צָרִיךְ טְבִילָה הַמְשַׁנֶּה מֵחֹול לְקֹודֶשׁ לֹא כ"ש וְהַאי דְּלָא טְבִיל בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ סְבָרָא הוּא כֵּיוָן דְּאַכַּתִּי לֹא נִתְקַדֵּשׁ בְּבִגְדֵי קוֹדֶשׁ שֶׁיִּטְבֹּול בְּחוֹל:
Cela m'étonne : on pourrait objecter - qu'en est-il là-bas, où il veut accomplir un service ? Mais un homme pur qui entre sans venir servir, d'où le sait-on ? On peut répondre : assurément, le kal va-homer ne porte que sur l'homme pur qui entre afin de servir, mais les Sages ont décrété rabbiniquement, même pour celui qui entre sans servir, par crainte qu'il ne vienne à servir. Et si tu dis : que l'on objecte encore - qu'en est-il de Yom Kippour, lorsqu'il passe de saint à saint, où il s'immerge en lieu saint ? On peut répondre : les autres jours de l'année aussi, il devrait s'immerger en lieu saint, par ce même raisonnement. Mais cela fait difficulté : s'il en est ainsi, lorsque la Guemara demande plus bas sur quoi ils divergent, qu'elle dise donc qu'ils divergent sur ce point - que pour Ben Zoma il s'immerge en lieu saint, et pour Rabbi Yehouda non. Et de plus, on peut encore objecter : qu'en est-il de Yom Kippour, qui est plus grave, puisque le service du jour n'est pas valide par un kohen ordinaire mais seulement par le kohen gadol ? Ou objecter que l'expiation de ce jour est plus grande, comme on objecte au premier chapitre de Chevouot (fol. 9a). Il faut donc dire que Ben Zoma ne tient pas ces objections pour des réfutations : au contraire, elles renforcent d'autant le kal va-homer, et il faut faire entrer ces rigueurs dans le kal va-homer et dire ainsi - si celui qui passe de saint à saint, bien qu'il ait déjà fait une immersion importante en lieu saint, bien qu'il soit kohen gadol, donc plus sanctifié, bien que tout le service du jour repose sur lui, ce qui le rend d'autant plus prompt et vigilant, et alors même que l'expiation du jour est grande - requiert malgré tout une immersion, celui qui passe du profane au saint, à combien plus forte raison ! Et le fait qu'il ne s'immerge pas en lieu saint relève du raisonnement : puisqu'il n'a pas encore été sanctifié par les vêtements sacrés, il doit s'immerger dans le profane.
💡 Explication

La question est exactement celle que la michna laissait en suspens : un homme pur, que rien n'a souillé, pourquoi doit-il s'immerger ? Ben Zoma répond par un kal va-homer, un raisonnement à fortiori, et non par un verset - ce qui sera décisif pour la suite.

Le cas de référence est le kohen gadol de Yom Kippour lui-même : il s'immerge entre deux services, alors qu'il passe de saint à saint et d'un lieu passible de karet à un autre lieu passible de karet. Rachi précise : ses cinq services le font passer du dehors au dedans et du dedans au dehors, et les deux lieux sont saints. Si un tel passage - où rien ne baisse - exige déjà une immersion, alors celui qui vient de sa maison, donc du hol vers le kodech, et d'un lieu sans karet vers un lieu de karet, l'exige à plus forte raison.

Tossefot examine longuement les objections que l'on pourrait dresser contre ce kal va-homer, pour conclure que Ben Zoma ne les tient pas pour des réfutations : ce sont au contraire des rigueurs, et elles renforcent le raisonnement au lieu de le rompre.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer de Ben Zoma, en deux colonnes LE CAS CONNU (le mekal) LE CAS À DÉDUIRE (le hamour) Le kohen gadol de Yom Kippour qui passe de KODECH à KODECH (d'un service à l'autre) L'homme qui vient de chez lui vers la azara, donc de HOL à KODECH D'un lieu où l'entrée en tumea est punie de karet vers un lieu également puni de karet. D'un lieu où il n'y a pas de karet vers un lieu où il y a karet. Il doit s'immerger - c'est un fait acquis Eino din qu'il doive s'immerger ? Les deux termes montent ensemble : moins de sainteté au départ, autant de gravité à l'arrivée - le raisonnement se renforce des deux côtés. Rachi précise : les cinq services du kohen gadol changent de dedans à dehors et de dehors à dedans - c'est de là que vient le mekal.
Le kal va-homer de Ben Zoma : deux termes qui montent ensemble, la sainteté de départ et la gravité d'arrivée.
8
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: סֶרֶךְ טְבִילָה הִיא זוֹ, כְּדֵי שֶׁיִּזְכֹּור טֻומְאָה יְשָׁנָה שֶׁבְּיָדוֹ וְיִפְרֹושׁ.

Rabbi Yehouda dit : ce n'est là qu'un serakh tevila (un simple appui pris sur le nom d'immersion), afin qu'il se souvienne d'une impureté ancienne qui serait sur lui, et qu'il s'écarte.

📜 Rachi (1)
סֶרֶךְ טְבִילָה הִיא זוֹ אֵין כָּאן חוֹבָה מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא לְסָרֵךְ וְלִתְפּוֹשׂ בְּשֵׁם טְבִילָה כְּדֵי לַעֲלוֹת עַל לֵב שֶׁאֵין טְבִילָה אֶלָּא לִטְמֵאִין וְלָתֵת לְלִבּוֹ אִם יֵשׁ טֻומְאָה עָלָיו וְיִזְכֹּור טֻומְאָה יְשָׁנָה שֶׁיֵּשׁ עָלָיו וּשְׁכָחָהּ וְיִפְרֹושׁ מִלָּבֹא לָעֲזָרָה הַיּוֹם עַד שֶׁיַּעֲרִיב שִׁמְשׁוֹ אַחַר הַטְּבִילָה וְלֹא יַעֲבֹוד הַיּוֹם:
Il n'y a là aucune obligation de la Torah, mais seulement un serakh - s'appuyer et se saisir du nom d'immersion, afin de lui mettre au cœur qu'on ne s'immerge que pour les impurs, et de le faire réfléchir : y a-t-il sur lui une impureté ? Il se souviendra alors d'une impureté ancienne qui pèse sur lui et qu'il avait oubliée, et il s'écartera de venir aujourd'hui à la azara, jusqu'à ce que son soleil se couche après l'immersion - et il ne servira pas aujourd'hui.
💡 Explication

Rabbi Yehouda renverse entièrement la perspective. Pour lui, l'immersion n'est due ni par la Torah ni par la logique de la sainteté : c'est un serakh, un simple accrochage au mot tevila. Rachi traduit le terme : s'appuyer sur le nom d'immersion, s'y prendre - pour que la chose lui monte au cœur.

Le mécanisme est psychologique. Comme on ne s'immerge d'ordinaire que si l'on est impur, le geste même le fait réfléchir : ai-je contracté une tumea que j'aurais oubliée ? S'il se souvient d'une impureté ancienne, il s'écartera - il ne servira pas aujourd'hui et attendra le coucher du soleil après son immersion, comme le détaille Rachi.

Les deux positions se distinguent donc par leur nature même : chez Ben Zoma la tevila est due pour elle-même, chez Rabbi Yehouda elle est un instrument de mémoire. C'est la différence que la Guemara s'apprête à interroger - et c'est là que le feuillet s'arrête.

🖼️ Schéma
Pourquoi cette première immersion ? Ben Zoma contre Rabbi Yehouda L'homme est déjà pur. Rien ne l'a rendu impur. Que vient donc faire ce bain ? BEN ZOMA - une exigence de sainteté RABBI YEHOUDA - un simple rappel Un kal va-homer : Si celui qui passe de kodech à kodech, et d'un lieu passible de karet à un lieu passible de karet, doit s'immerger - celui qui passe de hol à kodech, et de sans-karet à karet, à plus forte raison. Serakh tevila : On ne s'immerge d'ordinaire que si l'on est impur. Le nom même de tevila lui met la chose au cœur : il se rappellera une tumea ancienne et oubliée et il s'écartera du service pour aujourd'hui. Statut de la tevila Elle est due en soi : le passage à la sainteté la réclame, même sans la moindre impureté. Statut de la tevila Elle n'est pas due pour elle-même : c'est une mesure préventive, un garde-fou de la mémoire. Tossefot, sur le kal va-homer de Ben Zoma : toutes les objections que l'on pourrait lui faire (kohen gadol, expiation plus grande, il a déjà trempé en lieu saint) renforcent le raisonnement au lieu de le briser - on les fait entrer dans le kal va-homer. Et la nafka mina ? La Guemara pose exactement cette question - et le daf s'arrête là. be-mai ka miplegui : sur quoi divergent-ils ? La réponse ouvre le feuillet suivant. Tossefot a déjà repère un enjeu : faut-il s'immerger en lieu saint, et faut-il s'immerger même sans venir servir ?
Les deux compréhensions de la première immersion, et la question ouverte sur laquelle se ferme le daf.
9
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי?

Sur quoi divergent-ils ?

💡 Explication

Le daf se ferme sur cette seule ligne : be-mai ka miplegui. La Guemara ne se contente pas de deux raisons différentes pour un même geste - elle veut savoir où passe la ligne de partage, c'est-à-dire quelle conséquence pratique sépare Ben Zoma de Rabbi Yehouda.

Tossefot, plus haut, a déjà proposé un candidat qu'il a écarté : le lieu de l'immersion. La réponse véritable ouvre le feuillet suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).