Yoma 31b -- Le drap de boutz comme signe, la première immersion du kohen gadol, et la mahloket de Rabbi Meir et des Sages sur le placement des deux kidouchim

Yoma 31b

Sougya : Ce daf achève d'abord le calcul métrologique commencé en 31a (la source d'Eitam à vingt-trois coudées au-dessus de la azara) en écartant l'épaisseur du plafond et de la chape du bassin : les portes de marbre étaient très fines, et ce qui n'atteint pas une coudée n'entre pas dans le compte. Il explique ensuite pourquoi le drap tendu devant le kohen gadol est précisément de boutz (lin fin) : au-delà de la pudeur, c'est un signe distinctif destiné à lui rappeler que le service propre de Yom Kippour se fait en vêtements blancs seuls, et non dans les huit vêtements dont plusieurs sont d'or.

La michna décrit alors la première des cinq immersions -- dévêtissement, immersion, essuyage, vêtements d'or, un seul kidouch -- puis l'abattage du tamid, où le kohen gadol entaille (keritsa) et laisse un autre achever, car seule la réception du sang lui est réservée ; suivent l'encens du matin, les lampes, les membres, les havitin et le vin, avec la remarque que l'encens ne se place pas au même endroit le matin et l'après-midi, et l'aménagement prévu pour un kohen gadol âgé ou istenis. La guemara ouvre alors la sougya centrale : les élèves veulent déclarer la michna isolée (non conforme à Rabbi Meir) parce qu'elle ne donne qu'un seul kidouch ; Rav Papa répond que tous s'accordent sur deux kidouchim par changement de vêtements sacrés, tirés du "ve-rahats" central du verset, la divergence ne portant que sur leur placement autour du geste.

Une baraita explicite sur la première immersion, où R. Meir exige deux kidouchim alors même qu'on quitte du profane, ruine cette reconstruction, et Rav Papa se rétracte par la formule "i tanya tanya".

Où placer le kidouch (sanctification des mains et des pieds) autour d'un changement de vêtements ? Verset : "il ÔTERA les vêtements de lin... et il SE LAVERA sa chair en lieu saint... et il REVÊTIRA ses vêtements" (Lev. 16:23-24) ou-FACHAT (il ôte) -- ve-RAHATS (il se lave) -- ve-LAVACH (il revêt) ve-rahats est placé ENTRE les deux : on le rapporte aux deux côtés, comme s'il était écrit deux fois -> DEUX kidouchim : un pour le dévêtissement (pechita), un pour le revêtissement (levicha) Sur ce point Rabbi Meir et les Sages sont d'accord (c'est la réponse de Rav Papa). Ils divergent sur l'ORDRE. Rabbi Meir "mekich pechita le-levicha" lu sur l'ACTE Levicha : il REVÊT puis il sanctifie Pechita : il ÔTE puis il sanctifie Séquence : PECHITA -> kidouch -> tevila -> LEVICHA -> kidouch Le kidouch suit toujours le geste (nu entre les deux) Michna (2e immersion) : "R. Meir dit : il ôta et sanctifia" Baraita (1re immersion) : idem -- même sur du vêtement PROFANE Les Sages (Rabbanan) "mekich pechita le-levicha" lu sur l'ÉTAT Levicha : il sanctifie alors qu'il est VÊTU Pechita : il sanctifie alors qu'il est encore VÊTU Séquence : kidouch -> PECHITA -> tevila -> LEVICHA -> kidouch Le kohen n'est jamais nu au moment de sanctifier Michna (2e immersion) : le kidouch précède le dévêtissement Notre michna (1re immersion) : UN seul kidouch, après avoir revêtu Nafka mina : la PREMIÈRE immersion (on quitte des vêtements PROFANES) Sages : pas de kidouch sur ce dévêtissement (vêtements profanes) -> un seul kidouch, après avoir revêtu l'or. C'est notre michna. R. Meir (selon la baraita) : deux kidouchim quand même -- preuve que pour lui les DEUX viennent du revêtissement à venir.
La mahloket centrale du daf : R. Meir et les Sages s'accordent sur DEUX kidouchim par changement de vêtements sacrés, et divergent sur leur placement autour du geste.
Le matin de Yom Kippour : de l'immersion au sang du tamid (michna, seg 2-3) 1re des cinq immersions du kohen gadol -- ici il passe du profane aux VÊTEMENTS D'OR (service ordinaire du jour) pechita il se dévêtit (vêtements profanes : pas de kidouch) tevila + essuyage il descend, s'immerge, remonte et s'essuie bigdé zahav il revêt les vêtements d'or (8) kidouch mains et pieds (le seul de cette étape) tamid : keritsa il entaille la majeure partie des simanim kabala + zerika il reçoit le sang et le lance Pourquoi un AUTRE achève l'abattage ? La chehita est valide par tout un chacun, mais la kabalat hadam exige le kohen gadol. Pourquoi un drap de BOUTZ (lin fin) entre lui et le peuple ? (seg 1) Pudeur -- mais le tissu choisi est un SIGNE : qu'il reconnaisse que le service propre de ce jour (le saint des saints) se fait en vêtements de boutz seuls. Suite du service ordinaire, en vêtements d'or (seg 3) entrée au Heikhal : KETORET du matin + hatavat ha-nerot (parer les lampes de la menora) puis dehors : la TÊTE et les MEMBRES du tamid -- les HAVITIN (galettes du kohen gadol) -- le VIN (nessekh) Si le kohen gadol est âgé ou istenis (délicat), on tempère l'eau du mikve avec de l'eau chauffée la veille (seg 4).
Le déroulé de la michna : première immersion, vêtements d'or, tamid -- puis l'encens et les membres.
Le mouvement de la guemara (seg 5-8) : une explication élégante, puis une baraita qui la brise 1. Hava amina des élèves (seg 5) : "notre michna n'est pas selon R. Meir" Ils lisent R. Meir ainsi : les DEUX kidouchim viennent du revêtissement (alevicha). Or ici on va revêtir des vêtements sacrés. Il faudrait donc deux kidouchim dès la première immersion -- et la michna n'en donne qu'un. Donc elle n'est pas de R. Meir. 2. Réponse de Rav Papa (seg 6-7) : la michna convient à TOUT LE MONDE Pour tous : un kidouch pour le dévêtissement de vêtements SACRÉS, un pour le revêtissement. Ici on quitte du PROFANE -> un seul. Le désaccord ne porte que sur l'ordre, tiré du hekech du verset : R. Meir = ôte PUIS sanctifie ; Sages = sanctifie ENCORE VÊTU. C'est une lecture économique : plus besoin de dire que la michna est isolée (delà ke-R. Meir). 3. Kouchia des élèves (seg 8) : une baraita explicite sur la PREMIÈRE immersion Tana kama : il se dévêtit, s'immerge, s'essuie, revêt l'or, sanctifie -> UN kidouch. R. Meir : il se dévêtit ET SANCTIFIE, s'immerge, s'essuie, revêt l'or, sanctifie -> DEUX kidouchim. Or ce dévêtissement-là porte sur des vêtements PROFANES : le premier kidouch ne peut donc venir que du revêtissement à venir. 4. Rav Papa se rétracte : "i tanya tanya" -- si cela a été enseigné, cela a été enseigné. Une baraita explicite l'emporte sur une reconstruction logique, si élégante soit-elle.
Le mouvement de la guemara : la reconstruction de Rav Papa et la baraita qui l'oblige à se rétracter.
1
וְהָא אִיכָּא אַמָּה תִּקְרָה וְאַמָּה מַעֲזִיבָה! שְׁעָרִים דְּבֵית הַמִּקְדָּשׁ, כֵּיוָן דְּשֵׁישָׁא נִינְהוּ, בְּמַשֶּׁהוּ עָבְדִי לְהוּ. וְהָא אִיכָּא הַאיְךְ מַשֶּׁהוּ! כֵּיוָן דְּלָא הֲוַאי אַמְּתָא — לָא חֲשִׁיב לָהּ.

Mais il y a bien encore une coudée de plafond (tikra) et une coudée de maaziva (chape d'étanchéité) ! -- Les portes du sanctuaire, puisqu'elles sont de marbre (chayich), on les faisait d'une épaisseur minime (be-mach'ehou). -- Mais il y a bien cette épaisseur minime ! -- Puisqu'elle n'atteignait pas une coudée, on ne la compte pas.

📜 Rachi (3)
וְהָאִיכָּא אַמָּה עֳובִי תִּקְרָה עַל חֲלַל הַשַּׁעַר:
Mais il y a une coudée - l'épaisseur du plafond au-dessus du vide de la porte.
וְאַמָּה מַעֲזִיבָה שֶׁל טִיט וְחוֹל מְגֻובָּל יַחַד לִהְיוֹת הַמַּיִם נוֹחִין שָׁם לְבַד עֹומֶק הֶחָלָל שָׁלֹשׁ אַמּוֹת שֶׁחָשַׁבְתָּ:
Et une coudée de maaziva - faite d'argile et de sable pétris ensemble, pour que les eaux se tiennent bien là ; et cela s'ajoute à la profondeur du creux, les trois coudées que tu as comptées.
בְּמַשֶּׁהוּ עֲבִיד לֵיהּ תִּקְרָה שֶׁלָּהֶן:
On le faisait d'une épaisseur minime - leur plafond.
🗂️ Tossefot (1)
כֵּיוָן דְּשֵׁישָׁא הוּא בְּמַשֶּׁהוּ עָבְדִי לֵיהּ לְמַעֲזִיבָה וְכֵיוָן דְּמַעֲזִיבָה דְּשִׁישָׁא דַּקָּה הִיא מְאֹד לָא בָּעֵי נַמֵּי אַמָּה תִּקְרָה אֶלָּא מַשֶּׁהוּ:
Puisque c'est du marbre, on le faisait d'une épaisseur minime - [cela porte] sur la maaziva ; et puisque la maaziva de marbre est très fine, on n'a pas besoin non plus d'une coudée de plafond, mais seulement d'une épaisseur minime.
💡 Explication

Fin du calcul commencé en 31a : la source d'Eitam se trouvait à 23 coudées au-dessus du sol de la azara, ce qui permettait à l'eau de parvenir au bain d'immersion aménagé au-dessus de la porte de l'Eau. Le compte annoncé était : 20 coudées de hauteur de la porte + 3 coudées de profondeur du bassin.

L'objection est purement métrologique : entre le vide de la porte et l'eau, il y a encore le plafond (tikra) qui ferme l'ouverture, et la maaziva -- la chape d'argile et de sable pétris qui rend le bassin étanche. Si l'on compte une coudée pour chacun, on arrive à 25 et non 23.

La réponse joue sur le matériau : le marbre permet des dalles très fines, donc une épaisseur négligeable (mach'ehou, un rien). Et la dernière réplique donne la règle de compte : ce qui n'atteint pas une coudée entière ne figure pas dans la mesure.

🖼️ Schéma
Le compte des 23 coudées : le mikve au-dessus de la porte de l'Eau On cherche à quelle hauteur se trouvait l'eau du bain du kohen gadol, amenée par la source d'Eitam. bassin d'immersion -- 3 coudées de profondeur (les 40 seah tiennent dans cette cavité) maaziva (chape d'étanchéité sous l'eau) tikra (plafond au-dessus de l'ouverture de la porte) ouverture de la porte : 20 coudées sol de la azara Objection 20 + 3 = 23. Mais il y a en plus une coudée de tikra et une coudée de maaziva -> 25, pas 23 ! (la maaziva : argile et sable pétris, pour retenir l'eau) Réponse Les portes du Temple étaient de MARBRE (chayich) : on les faisait d'une épaisseur minime (be-mach'ehou), pas d'une coudée. Contre-objection et conclusion "Mais ce minime existe bien !" -- Certes, mais n'atteignant pas une coudée, il n'entre pas dans le compte : la mesure s'arrondit à la coudée. Tossefot : la maaziva de marbre étant très fine, le plafond aussi. 20 (porte) + 3 (profondeur du bassin) = 23 coudées -- les fractions de coudée ne sont pas comptées.
Le compte des 23 coudées et les deux épaisseurs contestées (tikra et maaziva).
2
פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ וְכוּ׳. מַאי שְׁנָא שֶׁל בּוּץ? כִּדְאָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ. הָכָא נָמֵי: שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ.

"On étendit un drap de boutz (lin fin) [entre lui et le peuple]" etc. -- Pourquoi précisément du boutz ? -- Comme l'a dit Rav Kahana [plus loin] : afin qu'il reconnaisse que le service propre de ce jour se fait en vêtements de boutz. Ici aussi : afin qu'il reconnaisse que le service de ce jour se fait en vêtements de boutz.

📜 Rachi (1)
שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ שֶׁיֵּשׁ הַיּוֹם עָלָיו עֲבוֹדָה שֶׁהִיא בְּבִגְדֵי בּוּץ לְפִי שֶׁאֵינוֹ רָגִיל לְשָׁרֵת בְּלֹא שְׁמֹנָה בְּגָדִים וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁל זָהָב כְּגוֹן צִיץ וְחֹשֶׁן וְאֵפוֹד וּפַעֲמוֹנֵי הַמְעִיל:
Que le service du jour se fait en vêtements de boutz - qu'il y a aujourd'hui sur lui un service qui se fait en vêtements de boutz ; car il n'est pas habitué à servir avec moins de huit vêtements, dont certains sont d'or, comme le tsits (la lame frontale), le hochen (le pectoral), l'efod et les clochettes du meil (le manteau).
🗂️ Tossefot (1)
כִּדְאָמַר רַב כָּהֲנָא כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר כ"ג שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם שֶׁל בּוּץ לְקַמָּן גַּבֵּי הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי לָבָן תֵּימַהּ מַאי שְׁנָא דְּאָמְרָה לְמִילְּתֵיהּ אַסֵּיפָא וְלֹא אַרֵישָׁא ונ"ל דְּאַרֵישָׁא לֹא חָשַׁשׁ לְאוֹמְרוֹ דִּפְשִׁיטָא דְּצָרִיךְ הֶיכֵּירָא שֶׁלֹּא יִטְעֶה וְיִלְבַּשׁ כָּל ח' בְּגָדִים כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה כְּשֶׁהוּא פּוֹשֵׁט בִּגְדֵי חוֹל שֶׁהוּא לוֹבֵשׁ כָּל ח' בְּגָדִים וּלְכָךְ פֵּרְסוּ בִּגְדֵי בּוּץ כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁהַיּוֹם אֵין לוֹ לִלְבֹּושׁ בִּגְדֵי בּוּץ עִם בִּגְדֵי זָהָב אֶלָּא בִּפְנֵי עַצְמָם אֲבָל בְּסֵיפָא שֶׁהוּא פּוֹשֵׁט בִּגְדֵי זָהָב וְיֵשׁ לוֹ לִלְבֹּושׁ בְּגָדִים אֲחֵרִים סד"א דְּלָא הֲוָה צָרִיךְ הֶיכֵּירָא דְּוַדַּאי לָא אָתֵי לְמִיטְעֵי וְעוֹד סד"א כֵּיוָן דִּכְבָר פֵּירְסוּ פַּעַם אַחַת סָדִין שֶׁל בּוּץ כְּדֵי שֶׁיַּכִּיר וְכוּ' סַגִּי בְּהָכִי לְהָכִי אִיצְטְרִיךְ רַב כָּהֲנָא לְפָרֵשׁ דִּתְרֵי הֶיכֵּירָא הָווּ עָבְדִי:
Comme l'a dit Rav Kahana : afin que le kohen gadol reconnaisse que le service du jour se fait en boutz - [cela se trouve] plus loin, à propos de "on lui apporta les vêtements blancs". Question : pourquoi Rav Kahana a-t-il énonce son propos sur la seifa (la fin) et non sur la reicha (le début) ? Il me semble que sur la reicha il n'a pas jugé utile de le dire, car il est évident qu'un signe est nécessaire pour qu'il ne se trompe pas et ne revête pas les huit vêtements comme il le fait tous les jours de l'année -- ou, quand il ôte ses vêtements profanes, il revêt les huit vêtements ; c'est pourquoi on étendait un [drap de] boutz, afin qu'il reconnaisse qu'aujourd'hui il ne doit pas porter les vêtements de boutz avec les vêtements d'or, mais séparément. Mais sur la seifa, où il ôte les vêtements d'or et doit revêtir d'autres vêtements, on aurait pu penser qu'aucun signe n'était nécessaire, car il ne risquait certainement pas de se tromper ; et de plus on aurait pu penser que, puisqu'on avait déjà étendu une fois un drap de boutz afin qu'il reconnaisse etc., cela suffisait. C'est pourquoi Rav Kahana a dû préciser qu'on faisait DEUX signes distinctifs.
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(fol. 28a) Et lorsque arrivait le temps de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclairait, on faisait descendre le kohen gadol au lieu de l'immersion. (fol. 30a) On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple ; (fol. 31b) et c'est afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz que l'on étendait un drap de boutz. (fol. 30a) Cette immersion-là avait lieu en lieu profane, car elle ne vient pas au titre de l'obligation du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (fol. 31b) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (fol. 43b) à partir d'une aiguière d'or. Et il n'y avait pas ici de sanctification au moment de se dévêtir, parce que ce sont des vêtements profanes qu'il avait ôtés ; et nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le dévêtissement et l'une pour le revêtissement. (fol. 31b) Et s'il était âgé, ou istenis (délicat) à qui le froid nuisait, on chauffait pour lui de l'eau chaude la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (fol. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Et bien que cela trempe le métal (metsaref), ce qui est interdit au titre de make bepatich (le coup de marteau final) - puisque c'est l'achèvement de l'ouvrage du fer, ce qui le rend tranchant -, comme il n'a pas cette intention ce n'est plus qu'un chevout (un interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (fol. 31b) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui aussi le sang, et accomplissait tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or : avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes et la minhat havitin. (fol. 34b) Après cela il venait au beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit manes - ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir ; et à eux deux ils doivent valoir trente manes. S'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Et cela vaut pour ce qui vient des fonds publics ; mais s'il veut ajouter de son bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (fol. 35b) Il venait auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace découvert entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le côté nord. (fol. 36a) Et l'on dressait la tête du taureau de façon que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest ; on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest ; il posait ses deux mains sur lui et faisait le vidouy (la confession). Et voici ce qu'il disait : de grâce, Hachem, j'ai failli, j'ai dévié, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) - conformément aux Hakhamim. Lors de la première confession, il ne confessait que pour lui-même et les gens de sa maison : de grâce, Hachem, expie donc les fautes, etc. Et il y a dans le Yerouchalmi, quant à la seconde mention du Nom dans la confession, qu'il disait ana beChem, avec un beit. (fol. 37a) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort, car il suffit qu'il se tienne dans la azara. (fol. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (fol. 62a) Et là se trouvaient deux boucs semblables d'aspect et de taille, dont l'acquisition avait été faite d'un seul coup - tout cela n'étant pas indispensable, mais relevant seulement de la mitsva. (fol. 39a) Il y avait là une urne (kalpi) [de bois, contenant deux mains] et dedans deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; et ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brassait ses mains dans l'urne de façon à ne pouvoir viser lequel est celui de laChem et lequel celui de laAzazel, et il remontait dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de laChem montait dans sa droite, le segan lui disait : lève ta droite ; et s'il montait dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : lève ta gauche. Il les posait sur les deux boucs et disait : à Hachem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel est monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'invalide pas. (fol. 41b) Il nouait un fil d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc envoyé et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil au cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit que le bouc de laChem aussi, on le place face au lieu de son abattage ; et cela étonne, car la Guemara conclut explicitement que le propos porte sur le nouage. Il venait auprès de son second taureau et confessait sur lui pour lui-même et pour ses frères les kohanim - car il faut que vienne un innocent et qu'il expie pour le coupable ; c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (fol. 43b) Il l'abattait, en recueillait le sang dans un mizrak (bassin) et le donnait à quelqu'un qui le remuait sans cesse pour qu'il ne coagule pas. Et celui qui le remuait se tenait sur la quatrième rangée de dalles du pavement de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prenait une pelle à encens (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche qui atteignait sous son bras afin que son bras l'assiste. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit lorsqu'il vient ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait comme une gaine, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il montait au milieu de l'autel, ratissait une pleine pelletée de braises dont la flamme s'était éteinte, descendait et la posait sur le pavement de la azara. (fol. 47a) On lui sortait une pelle pleine d'encens, celui qu'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et qu'on avait pilé fin pour qu'il soit le plus fin des fins ; il en prenait une pleine poignée de ses deux mains, selon ce que contenaient ses mains à lui, (fol. 48a) ni rasés ni comblés, mais bien remplis. Il le versait de ses mains dans une coupe (kaf), prenait de la main droite la pelle où étaient les braises et de la main gauche la coupe d'encens. (fol. 51b) Il allait par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux parokhot (rideaux) qui séparent le Saint du Saint des saints, à l'endroit où se trouvait, dans le premier Temple, le mur amah traksin. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul rideau, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car c'est un cas de controverse suivie d'un énoncé anonyme, et l'anonyme qui vient après la controverse fait autorité. (fol. 52b) L'extérieure était relevée du côté sud. En outre, Rabbi Hanina soutient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (fol. 58b) : il commençait à asperger en descendant - d'où commençait-il ? De l'angle nord-est - dont Rachi explique qu'elle considère que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (fol. 52b) Il marchait entre les deux jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes afin que le rideau ne brûle pas. Arrivé au nord, il tournait sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marchait jusqu'à se trouver face à l'arche ; et il posait la pelle de feu entre les deux barres. (fol. 53b) Et après que l'arche eut été ôtée, il la posait sur la even chetiya (pierre de fondation) qui était là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait dans ses mains l'encens qui était dans la coupe et l'amoncelait sur les braises. (fol. 53a) Et il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, pour écarter l'opinion des Sadducéens qui disent qu'on le pose dans le Heikhal et qu'on entre dans le nuage de la fumée de l'encens. (fol. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait de son côté, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplissait de fumée ; il y laissait la coupe et la pelle, et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait, mais cela n'est pas dans la Guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été ôtée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; depuis qu'elle fut ôtée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait dans le Heikhal une courte prière, pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (fol. 53b) Il prenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le lieu le plus intérieur, se tenait entre les barres et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet (couvercle). Et il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette. Rachi explique : dans l'ordre, une en haut puis sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle d'en haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept d'en bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortait et posait le mizrak du sang sur le support qui était dans le Heikhal. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il prenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à tout le rideau, à l'endroit visé face à l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis, du sang du bouc sur le rideau, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le rideau. Ensuite il versait le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversait du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement fait. (fol. 58b) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or. Il donnait quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture était au sud : il rencontrait donc l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout entier à une seule place et faisait le tour avec sa main - paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, lui qui dit qu'il fait le tour avec ses mains. En outre, Rabbi Elazar soutient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait en descendant vers le bas - car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait de sang, il le versait sur le fondement occidental de l'autel extérieur. (fol. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tout le temps qu'il accomplit ces services, aussi bien ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur. Mais de l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, seulement lors de ceux du Heikhal. (fol. 60a) Et s'il a changé cet ordre, il n'a rien fait. Et s'il a donné dans le Heikhal le sang du bouc avant le sang du taureau, il devra recommencer et asperger du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà fait les applications du taureau et l'encens selon la halakha. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu - les restes n'invalident pas. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa règle si son compagnon, le bouc envoyé, vient à mourir : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté.
💡 Explication

La michna (30a) disait qu'on tendait un drap entre le kohen gadol et le peuple au moment où il se dévêtit : c'est une exigence de pudeur. La guemara demande pourquoi la michna précise la matière : un drap de boutz (lin fin, le tissu des vêtements blancs).

Réponse : le tissu n'est pas seulement un écran, c'est un hekera -- un signe destiné à éviter une erreur. Toute l'année, le kohen gadol sert en huit vêtements, dont plusieurs comportent de l'or (tsits, hochen, efod, clochettes du meil). Le service spécifique de Yom Kippour, lui, se fait en quatre vêtements de lin blanc seuls. Le drap de boutz placé sous ses yeux au moment de changer de tenue lui rappelle ce régime exceptionnel.

3
מַתְנִי׳ פָּשַׁט יָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפֵּג. הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב, וְלָבַשׁ, וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. הֵבִיאוּ לוֹ אֶת הַתָּמִיד, קְרָצוֹ וּמֵירַק אַחֵר שְׁחִיטָה עַל יָדוֹ. קִבֵּל אֶת הַדָּם וּזְרָקוֹ.

MICHNA. Il se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.

On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds. On lui amena le tamid (l'agneau perpétuel) : il l'entailla (keritsa) et un autre [kohen] acheva l'abattage à sa place.

Il reçut le sang et le lança [sur l'autel].

📜 Rachi (5)
מַתְנֵי' וְנִסְתַּפֵּג מִתְעַטֵּף בַּאֲלֻונְטִית שֶׁל בֶּגֶד לַסְּפוֹג מַיִם שֶׁעַל בְּשָׂרוֹ וְנִסְתַּפֵּג וְנִתְקַנַּח:
MICHNA. Et il s'essuya - il s'enveloppe d'une serviette de tissu (alountit) pour éponger l'eau qui est sur sa chair ; nistapeg signifie : il fut essuyé, il fut nettoyé.
וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו מִן הַכִּיּוֹר כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן (יוֹמָא דַּף לב.) שֶׁצָּרִיךְ לְכָל חֲלִיפוֹת בִּגְדֵי הַיּוֹם קִידּוּשׁ לִפְשִׁיטָה קִידּוּשׁ לִלְבִישָׁה וּטְבִילָה רִאשׁוֹנָה זוֹ שֶׁהַפְּשִׁיטָה שֶׁל בִּגְדֵי חוֹל הִיא לֹא הֻוצְרַךְ לְקַדֵּשׁ עַל הַפְּשִׁיטָה:
Et il sanctifia ses mains et ses pieds - à partir du kiyor (le bassin), comme on le déduit plus loin (Yoma 32a) : chaque changement des vêtements du jour requiert une sanctification -- une pour le dévêtissement, une pour le revêtissement. Mais cette première immersion, dont le dévêtissement porte sur des vêtements profanes, n'a pas requis de sanctification pour le dévêtissement.
קְרָצוֹ מְפָרֵשׁ בַּגְּמָרָא:
Il l'entailla (kartso) - expliqué dans la guemara.
וּמֵירֵק אַחֵר וְגָמַר כֹּהֵן אַחַר שְׁחִיטָה לְפִי שֶׁאֵין קַבָּלַת הַדָּם כְּשֵׁירָה אֶלָּא בְּכֹהֵן גָּדוֹל וְצָרִיךְ לְמַהֵר וּלְקַבֵּל:
Et un autre acheva - un autre kohen acheva l'abattage, parce que la réception du sang n'est valide que par le kohen gadol, et qu'il faut se hâter de le recevoir.
עַל יָדוֹ בִּשְׁבִילוֹ כְּמוֹ קוֹצֵץ אָדָם ע"י עַצְמוֹ (בּ"מ דַּף צג.) אִי נָמֵי עַל יָדוֹ לְשׁוֹן אַחֲרָיו וְסָמוּךְ לוֹ וְהַרְבֵּה יֵשׁ בְּסֵפֶר עֶזְרָא עַל יָדוֹ הֶחֱזִיק פְּלוֹנִי אֶת הַחוֹמָה (נְחֶמְיָה ג׳:ח׳):
Al yado - c'est-à-dire : pour lui, à sa place ; comme dans "un homme coupe al yede atsmo (pour lui-même)" (Baba Metsia 93a). Ou bien al yado a le sens de "après lui, tout auprès de lui", tournure fréquente dans le livre d'Ezra : "al yado (à côté de lui) un tel répara la muraille" (Nehemie 3:8).
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(fol. 28a) Et lorsque arrivait le temps de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclairait, on faisait descendre le kohen gadol au lieu de l'immersion. (fol. 30a) On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple ; (fol. 31b) et c'est afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz que l'on étendait un drap de boutz. (fol. 30a) Cette immersion-là avait lieu en lieu profane, car elle ne vient pas au titre de l'obligation du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (fol. 31b) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (fol. 43b) à partir d'une aiguière d'or. Et il n'y avait pas ici de sanctification au moment de se dévêtir, parce que ce sont des vêtements profanes qu'il avait ôtés ; et nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le dévêtissement et l'une pour le revêtissement. (fol. 31b) Et s'il était âgé, ou istenis (délicat) à qui le froid nuisait, on chauffait pour lui de l'eau chaude la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (fol. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Et bien que cela trempe le métal (metsaref), ce qui est interdit au titre de make bepatich (le coup de marteau final) - puisque c'est l'achèvement de l'ouvrage du fer, ce qui le rend tranchant -, comme il n'a pas cette intention ce n'est plus qu'un chevout (un interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (fol. 31b) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui aussi le sang, et accomplissait tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or : avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes et la minhat havitin. (fol. 34b) Après cela il venait au beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit manes - ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir ; et à eux deux ils doivent valoir trente manes. S'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Et cela vaut pour ce qui vient des fonds publics ; mais s'il veut ajouter de son bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (fol. 35b) Il venait auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace découvert entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le côté nord. (fol. 36a) Et l'on dressait la tête du taureau de façon que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest ; on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest ; il posait ses deux mains sur lui et faisait le vidouy (la confession). Et voici ce qu'il disait : de grâce, Hachem, j'ai failli, j'ai dévié, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) - conformément aux Hakhamim. Lors de la première confession, il ne confessait que pour lui-même et les gens de sa maison : de grâce, Hachem, expie donc les fautes, etc. Et il y a dans le Yerouchalmi, quant à la seconde mention du Nom dans la confession, qu'il disait ana beChem, avec un beit. (fol. 37a) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort, car il suffit qu'il se tienne dans la azara. (fol. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (fol. 62a) Et là se trouvaient deux boucs semblables d'aspect et de taille, dont l'acquisition avait été faite d'un seul coup - tout cela n'étant pas indispensable, mais relevant seulement de la mitsva. (fol. 39a) Il y avait là une urne (kalpi) [de bois, contenant deux mains] et dedans deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; et ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brassait ses mains dans l'urne de façon à ne pouvoir viser lequel est celui de laChem et lequel celui de laAzazel, et il remontait dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de laChem montait dans sa droite, le segan lui disait : lève ta droite ; et s'il montait dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : lève ta gauche. Il les posait sur les deux boucs et disait : à Hachem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel est monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'invalide pas. (fol. 41b) Il nouait un fil d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc envoyé et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil au cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit que le bouc de laChem aussi, on le place face au lieu de son abattage ; et cela étonne, car la Guemara conclut explicitement que le propos porte sur le nouage. Il venait auprès de son second taureau et confessait sur lui pour lui-même et pour ses frères les kohanim - car il faut que vienne un innocent et qu'il expie pour le coupable ; c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (fol. 43b) Il l'abattait, en recueillait le sang dans un mizrak (bassin) et le donnait à quelqu'un qui le remuait sans cesse pour qu'il ne coagule pas. Et celui qui le remuait se tenait sur la quatrième rangée de dalles du pavement de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prenait une pelle à encens (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche qui atteignait sous son bras afin que son bras l'assiste. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit lorsqu'il vient ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait comme une gaine, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il montait au milieu de l'autel, ratissait une pleine pelletée de braises dont la flamme s'était éteinte, descendait et la posait sur le pavement de la azara. (fol. 47a) On lui sortait une pelle pleine d'encens, celui qu'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et qu'on avait pilé fin pour qu'il soit le plus fin des fins ; il en prenait une pleine poignée de ses deux mains, selon ce que contenaient ses mains à lui, (fol. 48a) ni rasés ni comblés, mais bien remplis. Il le versait de ses mains dans une coupe (kaf), prenait de la main droite la pelle où étaient les braises et de la main gauche la coupe d'encens. (fol. 51b) Il allait par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux parokhot (rideaux) qui séparent le Saint du Saint des saints, à l'endroit où se trouvait, dans le premier Temple, le mur amah traksin. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul rideau, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car c'est un cas de controverse suivie d'un énoncé anonyme, et l'anonyme qui vient après la controverse fait autorité. (fol. 52b) L'extérieure était relevée du côté sud. En outre, Rabbi Hanina soutient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (fol. 58b) : il commençait à asperger en descendant - d'où commençait-il ? De l'angle nord-est - dont Rachi explique qu'elle considère que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (fol. 52b) Il marchait entre les deux jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes afin que le rideau ne brûle pas. Arrivé au nord, il tournait sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marchait jusqu'à se trouver face à l'arche ; et il posait la pelle de feu entre les deux barres. (fol. 53b) Et après que l'arche eut été ôtée, il la posait sur la even chetiya (pierre de fondation) qui était là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait dans ses mains l'encens qui était dans la coupe et l'amoncelait sur les braises. (fol. 53a) Et il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, pour écarter l'opinion des Sadducéens qui disent qu'on le pose dans le Heikhal et qu'on entre dans le nuage de la fumée de l'encens. (fol. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait de son côté, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplissait de fumée ; il y laissait la coupe et la pelle, et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait, mais cela n'est pas dans la Guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été ôtée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; depuis qu'elle fut ôtée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait dans le Heikhal une courte prière, pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (fol. 53b) Il prenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le lieu le plus intérieur, se tenait entre les barres et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet (couvercle). Et il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette. Rachi explique : dans l'ordre, une en haut puis sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle d'en haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept d'en bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortait et posait le mizrak du sang sur le support qui était dans le Heikhal. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il prenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à tout le rideau, à l'endroit visé face à l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis, du sang du bouc sur le rideau, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le rideau. Ensuite il versait le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversait du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement fait. (fol. 58b) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or. Il donnait quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture était au sud : il rencontrait donc l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout entier à une seule place et faisait le tour avec sa main - paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, lui qui dit qu'il fait le tour avec ses mains. En outre, Rabbi Elazar soutient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait en descendant vers le bas - car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait de sang, il le versait sur le fondement occidental de l'autel extérieur. (fol. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tout le temps qu'il accomplit ces services, aussi bien ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur. Mais de l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, seulement lors de ceux du Heikhal. (fol. 60a) Et s'il a changé cet ordre, il n'a rien fait. Et s'il a donné dans le Heikhal le sang du bouc avant le sang du taureau, il devra recommencer et asperger du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà fait les applications du taureau et l'encens selon la halakha. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu - les restes n'invalident pas. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa règle si son compagnon, le bouc envoyé, vient à mourir : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté.
💡 Explication

La michna décrit la première des cinq immersions du kohen gadol. Elle le fait passer des vêtements profanes aux bigde zahav (les huit vêtements d'or), car le service du matin qui suit -- le tamid -- est le service ordinaire de tous les jours.

Un détail technique commande toute la suite du daf : ici il n'y a qu'un seul kidouch (sanctification des mains et des pieds au kiyor), après avoir revêtu. Rachi en donne déjà la raison : chaque changement de vêtements exige deux kidouchim, mais le dévêtissement qui vient d'avoir lieu portait sur des vêtements profanes, et ne mérite donc pas de kidouch.

Keritsa : le kohen gadol n'achève pas l'abattage. Il tranche la majeure partie des simanim (trachée et oesophage), puis un autre kohen termine (mirek) -- parce que la chehita est valide par tout un chacun, alors que la kabalat hadam (recevoir le sang dans le vase) doit être faite par le kohen gadol lui-même, et sans délai.

🖼️ Schéma
Le matin de Yom Kippour : de l'immersion au sang du tamid (michna, seg 2-3) 1re des cinq immersions du kohen gadol -- ici il passe du profane aux VÊTEMENTS D'OR (service ordinaire du jour) pechita il se dévêtit (vêtements profanes : pas de kidouch) tevila + essuyage il descend, s'immerge, remonte et s'essuie bigde zahav il revêt les vêtements d'or (8) kidouch mains et pieds (le seul de cette étape) tamid : keritsa il entaille la majeure partie des simanim kabala + zerika il reçoit le sang et le lance Pourquoi un AUTRE achève l'abattage ? La chehita est valide par tout un chacun, mais la kabalat hadam exige le kohen gadol. Pourquoi un drap de BOUTZ (lin fin) entre lui et le peuple ? (seg 1) Pudeur -- mais le tissu choisi est un SIGNE : qu'il reconnaisse que le service propre de ce jour (le saint des saints) se fait en vêtements de boutz seuls. Suite du service ordinaire, en vêtements d'or (seg 3) entrée au Heikhal : KETORET du matin + hatavat ha-nerot (parer les lampes de la menora) puis dehors : la TÊTE et les MEMBRES du tamid -- les HAVITIN (galettes du kohen gadol) -- le VIN (nessekh) Si le kohen gadol est âgé ou istenis (délicat), on tempère l'eau du mikve avec de l'eau chauffée la veille (seg 4).
Le déroulé de la michna, de l'immersion au lancement du sang.
4
נִכְנַס לְהַקְטִיר קְטֹורֶת שֶׁל שַׁחַר, וּלְהֵיטִיב אֶת הַנֵּרוֹת, וּלְהַקְרִיב אֶת הָרֹאשׁ וְאֶת הָאֵבָרִים וְהַחֲבִיתִּין וְאֶת הַיַּיִן. קְטֹורֶת שֶׁל שַׁחַר הָיְתָה קְרֵיבָה בֵּין דָּם לְאֵבָרִים, שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם בֵּין אֵיבָרִים לִנְסָכִים.

Il entra [dans le Heikhal] pour faire fumer l'encens du matin et pour parer les lampes [de la menora] ; puis pour offrir la tête et les membres, les havitin (les galettes du kohen gadol) et le vin. L'encens du matin était offert entre le sang et les membres ; celui de l'après-midi (bein ha-arbayim), entre les membres et les libations.

📜 Rachi (1)
קְטֹורֶת שֶׁל שַׁחַר הִיא הָיְתָה קְרֵיבָה וְכוּ' בַּגְּמ' מְפָרֵשׁ:
L'encens du matin était offert etc. - explique dans la guemara.
💡 Explication

La michna achève le service ordinaire du matin, accompli en vêtements d'or : à l'intérieur du Heikhal, la ketoret (l'encens du matin) et la hatavat ha-nerot (le nettoyage et la préparation des lampes de la menora) ; à l'extérieur, la tête et les membres du tamid, la minhat havitin (l'offrande quotidienne de galettes propre au kohen gadol) et la libation de vin.

La dernière phrase est une remarque de la michna sur le calendrier interne du jour : la place de l'encens n'est pas la même le matin et l'après-midi. Le matin il s'intercale entre le sang et les membres ; l'après-midi, entre les membres et les libations. La guemara y reviendra.

🖼️ Schéma
Où se place l'encens dans l'ordre du tamid ? Matin et après-midi ne sont pas symétriques MATIN (chahar) DAM (le sang) KETORET + hatavat ha-nerot EVARIM (les membres) NESSAKHIM (vin) l'encens s'intercale entre le SANG et les MEMBRES APRÈS-MIDI (bein ha-arbayim) DAM (le sang) EVARIM (les membres) KETORET NESSAKHIM (vin) l'encens s'intercale entre les MEMBRES et les LIBATIONS Le décalage tient à l'ordre du jour : le matin, l'encens se fait tôt ; l'après-midi, il vient plus tard, après les membres.
La place de la ketoret dans l'ordre du tamid : dissymétrie entre le matin et l'après-midi.
5
אִם הָיָה כֹּהֵן גָּדוֹל זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס מְחַמִּין לוֹ חַמִּין, וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן כְּדֵי שֶׁתָּפִיג צִינָּתָן.

Si le kohen gadol était âgé, ou istenis (de constitution délicate), on chauffait pour lui de l'eau chaude et on la versait dans l'eau froide, afin d'en atténuer la froideur.

📜 Rachi (2)
מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מִבְּעֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים וּמְטִילִין בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים לְתוֹךְ חֲקַק בִּנְיַן בֵּית טְבִילָתוֹ:
On chauffait pour lui de l'eau chaude - la veille de Yom Kippour ; et on la versait, le jour de Yom Kippour, dans le creux aménagé de son lieu d'immersion.
שֶׁתָּפִיג לְהָמִיר מִיָּד צִינָּתוֹ בְּמִקְצָת כְּמוֹ וַיָּפָג לִבּוֹ (בְּרֵאשִׁית מַה) מְפִיגִין טַעְמָן (בֵּיצָה דַּף יד.) וְרֵיחוֹ לֹא נָמָר (יִרְמְיָהוּ מח) מְתַרְגְּמִינַן וְרֵיחוֹ לֹא פָּג:
Afin qu'elle atténue - pour faire aussitôt changer une partie de sa froideur ; comme "vayafag libo (son cœur défaillit)" (Genèse 45), "mefiguin taaman (ils perdent leur goût)" (Beitsa 14a) ; et "son parfum n'a pas changé (lo namar)" (Jérémie 48), que nous traduisons [au Targoum] par "ve-reiheih lo pag".
⚖️ Rosh (1)
(דַּף כֹּח.) וּכְשֶׁהִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטַת הַתָּמִיד דְּהַייְנוּ מִשֶּׁהֵאִיר הַמִּזְרָח מוֹרִידִין כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה (דַּף ל.) וּפָרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם (דַּף לא:) וּכְדֵי שֶׁיַּכִּיר שֶׁעֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי בוּץ פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ. (דַּף ל.) וּטְבִילָה זוֹ הָיְתָה בִּמְקוֹם חוֹל שֶׁאֵינָהּ בָּאָה לְחוֹבַת הַיּוֹם שֶׁאַף בְּכָל בֹּקֶר צָרִיךְ כָּל אָדָם לִטְבֹּול הַנִּכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה. פָּשַׁט בְּגָדָיו וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג. (דַּף לא:) הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ וְקִדֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו (דַּף מג:) מִקִּיתוֹן שֶׁל זָהָב וְלֹא הָיָה כָּאן קִידּוּשׁ בִּפְשִׁיטָה לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי חוֹל וְקַייְמָא לָן דִּתְרֵי קִדּוּשֵׁי חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה. (דַּף לא:) וְאִם הָיָה זָקֵן אוֹ אִיסְטְנִיס שֶׁהַקֹּור הָיָה מַזִּיק לוֹ מְחַמִּין לוֹ חַמִּין מֵעֶרֶב [יוה"כ] וּמְטִילִין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן (דַּף לד:) אוֹ הָיוּ מְחַמִּין חֲתִיכוֹת שֶׁל בַּרְזֶל מֵאֶתְמוֹל וְנוֹתְנִין אוֹתָן הַיּוֹם בְּמַיִם לְחַמְּמָן. אע"פ שֶׁהוּא מְצָרֵף וְאָסוּר מִשּׁוּם מַכֶּה בְּפַטִּישׁ שֶׁהוּא גְּמַר מְלֶאכֶת הַבַּרְזֶל לְחָתְכוֹ כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לְכָךְ אֵינוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם שְׁבוּת וְאֵין שְׁבוּת בַּמִּקְדָּשׁ. (דַּף לא:) וְאַחַ"כּ שָׁחַט אֶת הַתָּמִיד וְקִבֵּל גַּם הוּא אֶת דָּמוֹ וְגוֹמֵר כָּל עֲבוֹדוֹת כְּסֵדֶר כָּל הַיָּמִים בְּבִגְדֵי זָהָב עִם הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּהֵיכָל הֲטָבַת הַנֵּרוֹת וּמִנְחַת חָבִיתִין. (דַּף לד:) אח"כ בָּא לְבֵית הַפַּרְוָה וְהָיָה בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ. וּפֵרְשׁוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם וְקָדַשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו לְפִי שֶׁפָּשַׁט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ. וְטָבַל וְעָלָה וְנִסְתַּפֵּג וְלָבַשׁ בִּגְדֵי לָבָן שָׁוִין י"ח מָנֶה אוֹ יוֹתֵר אוֹ פָּחוֹת רַק שֶׁיִּהְיוּ טוֹבִים יוֹתֵר מֵאוֹתָם שֶׁלָּבַשׁ בָּעֶרֶב. וּבֵין שְׁנֵיהֶם יֵשׁ לָהֶם לִהְיוֹת שָׁוִים ל' מָנֶה וְאִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף בְּשֶׁל בֹּקֶר טְפֵי מי"ח מָנֶה וְלִגְרֹועַ בְּשֶׁל עָרֵב מי"ב מָנֶה אוֹ אִיפְּכָא הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ רַק שֶׁיִּהְיֶה שֶׁל הַבָּקָר טוֹבִים יוֹתֵר וְיִהְיֶה בֵּין שְׁנֵיהֶם ל' מָנֶה. וְאֵלּוּ יֵשׁ לוֹ מִשֶּׁל צִבּוּר אֲבָל אִם יִרְצֶה לְהוֹסִיף מִשֶּׁלּוֹ יוֹסִיף כְּמוֹ שֶׁיִּרְצֶה. [וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו] (דַּף לה:) וּבָא לוֹ אֵצֶל פָּרוֹ וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן צְפוֹנִית מַעֲרָבִית שֶׁל הַמִּזְבֵּחַ בָּאֲוִיר שֶׁבֵּין הָאוּלָם וְלַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַמִּזְבֵּחַ מַמָּשׁ אֶלָּא מָשׁוּךְ לְצַד צָפוֹן. (דַּף לוֹ.) וְהָיוּ מֻוקָּמִים רֹאשׁ הַפָּר שֶׁבָּא רֹאשׁוֹ לְצַד דָּרוֹם וּפָנָיו לַמַּעֲרָב. וְלֹא הָיוּ מַעֲמִידִין אוֹתוֹ לְהֶדְיָא רֹאשׁוֹ לַמַּעֲרָב וַאֲחוֹרָיו לַמִּזְרָח שֶׁמָּא יְרַבֵּץ גְּלָלִים וְזֶה יִהְיֶה גְּנַאי לַמִּזְבֵּחַ. וְהַכֹּהֵן עוֹמֵד בַּמִּזְרָח וּפָנָיו לַמַּעֲרָב וְסוֹמֵךְ שְׁתֵּי יָדָיו עָלָיו וּמִתְוַדֶּה. וְכָךְ הָיָה אוֹמֵר אָנָא הַשֵּׁם חָטָאתִי עָוִיתִי פָּשַׁעְתִּי אֲנִי וּבֵיתִי (שָׁם:) כַּחֲכָמִים. וִידּוּי רִאשׁוֹנָה לֹא הָיָה מִתְוַדֶּה אֶלָּא עָלָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ. אָנָא הַשֵּׁם כַּפֶּר נָא לָעֲוֹנוֹת וְכוּ'. וּבִירֻושַּׁל' יֵשׁ בְּהַזְכָּרַת הַשֵּׁם שְׁנִיָּה בְּוִידּוּי הָיָה אוֹמֵר אָנָּא בְּשֵׁם בְּבֵי"ת: (דַּף לז.) וּבָא לוֹ לְמִזְרַח הָעֲזָרָה לְהַגְרִיל שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ אֶלָּא שֶׁיִּהְיֶה בָּעֲזָרָה. (דַּף לט.) וּסְגָן בִּימִינוֹ וְרֹאשׁ בֵּית אָב בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף סב.) וְשָׁם שְׁנֵי שְׂעִירִים שָׁוִין בְּמַרְאֶה וּבְקוֹמָה וְהָיָה לְקִיחָתָם כְּאֶחָד וְכָל זֶה אֵינוֹ מְעַכֵּב שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְמִצְוָה. (דַּף לט.) וְקַלְפִּי הָיָה שָׁם [שֶׁל עֵץ וּמַחֲזִיק ב' יָדַיִם] וּבָהּ שְׁנֵי גּוֹרָלוֹת הָאֶחָד חָקוּק בּוֹ לְשֵׁם וְהַשֵּׁנִי לַעֲזָאזֵל. וְהֵם כְּשֵׁרִים מִכָּל דָּבָר וְטוֹרֵף יָדָיו בַּקַּלְפִּי בְּעִנְיָן שֶׁלֹּא יוּכַל לְכַוֵּין אֵיזֶה שֶׁל שֵׁם וְאֵיזֶה שֶׁל עֲזָאזֵל. וְהֶעֱלָה בְּכָל יַד גּוֹרָל אֶחָד [לְשֵׁם שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים] אִם שֶׁל שֵׁם עָלָה בִּימִינוֹ הַסְּגָן אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת יְמִינְךָ. וְאִם בִּשְׂמֹאלוֹ עָלָה בֵּית אָב אוֹמֵר לוֹ הַגְבַּהּ אֶת שְׂמֹאלֶךָ. וּנְתָנָן עַל שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְאָמַר לָהּ' חַטָּאת וְאִם לֹא נָתַן הַגּוֹרָלוֹת עַל הַשְּׂעִירִים רַק שֶׁהֶעֱלָה וְיָדַע אֵיזֶהוּ עָלָה בִּימִינוֹ וְאֵיזוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ לֹא עִיכֵּב. (דַּף מא:) קָשַׁר לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית [מִשְׁקַל שְׁתֵּי סְלָעִים] בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְהֶעֱמִידוֹ בַּשַּׁעַר הַמִּזְרָחִי בְּמָקוֹם שֶׁמּוֹצִיאִין אוֹתוֹ לְשַׁלְּחוֹ וְלַנִּשְׁחָט הָיָה קוֹשֵׁר לָשׁוֹן אֶחָד בְּצַוָּארוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִתְעָרֵב לֹא בְּשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ וְלֹא בִּשְׁאָר שְׂעִירִים וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כְּתִיב אַף שָׂעִיר שֶׁל שֵׁם יַעֲמִידֶנּוּ כְּנֶגֶד בֵּית שְׁחִיטָתוֹ וְתֵימַהּ דִּבְהֶדְיָא בַּגְּמָרָא מַסִּיק דְּאַקְּשִׁירָה קָאֵי. וּבָא לוֹ אֵצֶל פַּר שְׁנִיָּה וְהִתְוַדָּה עָלָיו וְעַל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיָּבֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב לְכָךְ הָיָה מִתְוַדֶּה תְּחִלָּה עָלָיו לְבַדּוֹ שֶׁיִּהְיֶה זַכַּאי. (דַּף מג:) שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל דָּמוֹ בַּמִּזְרָק וּנְתָנוֹ לְמִי שֶׁהוּא מְמָרֵס שֶׁלֹּא יִקְרֹושׁ. וְהַמְמָרֵס הָיָה עוֹמֵד עַל הַשּׁוּרָה הָרְבִיעִית שֶׁל הָרִצְפָּה שֶׁל עֲזָרָה שֶׁמִּן הַהֵיכָל וְלַחוּץ. וְנָטַל מַחְתָּה מִזָּהָב אָדֹום שֶׁמַּחֲזֶקֶת שְׁלֹשָׁה קַבִּין וְהָיְתָה דַּקָּה הַרְבֵּה וְהָיָה לָהּ בֵּית יָד אָרֹוךְ שֶׁמַּגִּיעָהּ תַּחַת זְרוֹעוֹ כְּדֵי שֶׁתְּהֵא זְרוֹעוֹ מְסַיַּיעְתּוֹ. וְהָיָה לָהּ נִישְׁתֹּוק ופרש"י טַבַּעַת שֶׁיִּשְׁמַע קוֹלוֹ בְּבוֹאוֹ. וְרַבֵּינוּ חֲנַנְאֵל פִּי' נַרְתִּיק שֶׁהָיָה לָהּ כְּמוֹ נַרְתִּיק כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּווֶה כְּשֶׁהִיא מִתְחַמֶּמֶת מִן הַגֶּחָלִים. וְעוֹלָה בְּאֶמְצָעוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ וְחוֹתֶה מְלֹא הַמַּחְתָּה גַּחֲלֵי אֵשׁ שֶׁכָּלְתָה מֵעֲלֵיהֶן הַשַּׁלְהֶבֶת. וְיָרַד וְהִנִּיחָהּ עַל הָרִצְפָּה בָּעֲזָרָה. (דַּף מז.) וְהוֹצִיאוּ לוֹ מַחְתָּה מְלֵיאָה קְטֹרֶת שֶׁהֶחֱזִירוּ אוֹתָהּ עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים לְמַכְתֶּשֶׁת וּשְׁחָקוּהָ הַדַּק כְּדֵי שֶׁתְּהֵא דַּקָּה מִן הַדַּקָּה וְחָפַן מִמֶּנָּה מְלֹא חָפְנָיו שֶׁל כֹּהֵן לְפִי שֶׁהָיוּ מַחֲזִיקִין חָפְנָיו (דַּף מח.) לֹא מְחוּקוֹת וְלֹא גְּדוּשׁוֹת אֶלָּא טְפוּפוֹת. וְהֵרִיקָה מִתּוֹךְ חָפְנָיו לְתוֹךְ כַּף אַחַת וְלָקַח הַמַּחְתָּה שֶׁהָיוּ בָּהּ הַגֶּחָלִים בִּימִינוֹ וְהַכַּף שֶׁל הַקְּטֹרֶת בִּשְׂמֹאלוֹ. (דַּף נא:) וְהָלַךְ בִּדְרוֹמוֹ שֶׁל הֵיכָל בֵּין מִזְבֵּחַ וְלַמְנוֹרָה עַד שֶׁהִגִּיעַ לִשְׁתֵּי הַפָּרֹוכֹת הַמַּבְדִּילוֹת בֵּין הַקֹּודֶשׁ וּבֵין קֹודֶשׁ הַקֳּדָשִׁים בִּמְקוֹם אַמָּה טְרַקְסִין שֶׁהָיְתָה בְּבַיִת רִאשׁוֹן. וְהַחִיצוֹנָה הָיְתָה פְּתוּחָה בַּדָּרוֹם וְהַפְּנִימִית בַּצָּפוֹן. אע"ג דְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר שֶׁלֹּא הָיָה שָׁם אֶלָּא פָּרֹוכֶת אַחַת בְּהָא הֲלָכָה כְּר' יְהוּדָה שֶׁאוֹמֵר שְׁתַּיִם הָיוּ דַּהֲוָה לֵיהּ מַחֲלֹוקֶת וְאַחַ"כּ סְתָם שֶׁלְּאַחַר הַמַּחֲלֹוקֶת שׁוֹנֶה (דַּף נב:) הַחִיצוֹנָה פְּרוּפָה מִן הַדָּרוֹם וְעוֹד דְּר' חֲנִינָא סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה לְקַמָּן דְּאָמַר בְּצַד צָפוֹן הָיָה עוֹמֵד וּמְחַטֵּא. וְאֵין לְהָבִיא רְאָיָה מֵאוֹתָהּ מִשְׁנָה (דַּף נח:) הִתְחִיל מְחַטֵּא וְיוֹרֵד מֵהֵיכָן הָיָה מַתְחִיל מִקֶּרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י דְּסָבַר דְּפִתְחָהּ בַּצָּפוֹן קָאֵי וַאֲפִילּוּ לְפֵירוּשׁ רָשׁ""י הַהִיא מִשְׁנָה אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְר' עֲקִיבָא פְּלִיג עָלֶיהָ בַּבָּרַיְיתָא וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ. (דַּף נב:) וְהָיָה מְהַלֵּךְ בֵּינֵיהֶם עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַצָּפוֹן וְאִיתָא בִּירוּשַׁלְמִי שֶׁדּוֹחֵק בַּאֲצִילֵי יָדָיו שֶׁלֹּא יִשָּׂרֵף הַפָּרֹוכֶת. כְּשֶׁהִגִּיעַ לַצָּפוֹן הָפַךְ פָּנָיו לַדָּרוֹם כְּדֵי שֶׁתְּהֵא יְמִינוֹ לְצַד הָאָרוֹן וְהָלַךְ עַד שֶׁהִגִּיעַ כְּנֶגֶד הָאָרוֹן וְנָתַן הַמַּחְתָּה שֶׁל אֵשׁ בֵּין שְׁנֵי הַבַּדִּים. (דַּף נג:) וּלְאַחַר שֶׁנִּיטַּל הָאָרוֹן נִתְּנָה לְאֶבֶן שְׁתִיָּה שֶׁהָיְתָה שָׁם וְהָיְתָה גְּבוֹהָה מִן הָאָרֶץ שְׁלֹשָׁה אֶצְבָּעוֹת. וְחָפַן הַקְּטֹרֶת שֶׁבַּכַּף לְתוֹךְ חָפְנָיו וְצָבַר הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים. (דַּף נג.) וְנִזְהָר שֶׁלֹּא יִתֵּן הַקְּטֹרֶת עַל גַּבֵּי הָאֵשׁ עַד שֶׁהִכְנִיסוֹ לִפְנַי וְלִפְנִים לְהוֹצִיא מִלִּבָּן שֶׁל צַדּוּקִים שֶׁאוֹמְרִים שֶׁנּוֹתֵן בַּהֵיכָל וְנִכְנַס בֶּעָנָן עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת. (דַּף נב:) וְהָיָה מַתְחִיל לְצַד פָּנִים שֶׁהוּא חוּצָה לוֹ שֶׁאִם מַתְחִיל אֶצְלוֹ נִמְצָא הֶעָשָׁן עוֹלֶה מִיָּד וּזְרוֹעוֹ נִכְוֶוה. וְנִתְמַלֵּא הַבַּיִת עָשָׁן וְהִנִּיחַ שָׁם הַכַּף וְהַמַּחְתָּה וְיוֹצֵא דֶּרֶךְ כְּנִיסָתוֹ שֶׁהָיוּ פָּנָיו לָאָרוֹן. וּבְסֵדֶר אַתָּה כּוֹנַנְתָּ כָּתוּב טִמְטֵם עֵינָיו וְיָצָא וְאֵין זֶה בַּגְּמָרָא אַדְּרַבָּה מִתּוֹךְ הַיְּרוּשַׁלְמִי מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ. וְהָכִי אִיתָא בַּיְּרוּשַׁלְמִי עַד שֶׁלֹּא נִיטַּל הָאָרוֹן הָיָה נִכְנָס וְיוֹצֵא לְאוֹרוֹ שֶׁל אָרוֹן מִשֶּׁנִּיטַּל הָאָרוֹן הָיָה מְגַשֵּׁשׁ וְנִכְנָס מְגַשֵּׁשׁ וְיוֹצֵא. (שָׁם: נג:) וְהָיָה מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה בַּהֵיכָל שֶׁתְּהֵא הַשָּׁנָה כְּתִקְנָהּ. וְלֹא הָיָה מַאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ שֶׁלֹּא לְהַבְעִית אֶת הָעָם הַמְצַפִּים לְצֵאתוֹ. (דַּף נג:) וְנָטַל אֶת הַדָּם מִמִּי שֶׁהָיָה מְמָרֵס וְנִכְנַס לִפְנַי וְלִפְנִים וְעָמַד בֵּין הַבַּדִּים וְהִזָּה אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כְּנֶגֶד הַכַּפֹּורֶת. וְאֵין צָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ בַּכַּפֹּורֶת אֶלָּא כְּמַצְלִיף. וּפֵירֵשׁ רָשׁ""י כְּסִדְרָן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְהַתּוֹסָפוֹת מְפָרְשִׁין שֶׁלֹּא הָיָה צָרִיךְ לְכַוֵּין שֶׁיִּהְיוּ כְּסִדְרָן אֶלָּא בְּאַחַת שֶׁל מַעְלָה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַטָּה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַעְלָה. וּבְשֶׁבַע שֶׁל מַטָּה מְצַדֵּד גַּב יָדוֹ לְמַעְלָה וּמִזֶּה כְּלַפֵּי מַטָּה. וְכָךְ הָיָה מוֹנֶה. אַחַת. אַחַת וְאַחַת. אַחַת וּשְׁתַּיִם וְכוּ'. יָצָא וְהִנִּיחַ הַמִּזְרָק שֶׁל הַדָּם עַל הַכֵּן שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְשָׁחַט אֶת הַשָּׂעִיר וְעָשָׂה מִדָּמוֹ לִפְנִים כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה. וְיָצָא וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר עַל כֵּן שֵׁנִי שֶׁהָיָה בַּהֵיכָל. וְנָטַל דַּם הַפָּר מִן הָכֵן שֶׁהִנִּיחַ עָלָיו וְהִזָּה מִמֶּנּוּ כְּנֶגֶד כָּל הַפָּרֹוכֶת בְּמָקוֹם שֶׁמְּכַווֵּן כְּנֶגֶד הָאָרוֹן אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בִּפְנִים וְאָח""כ מִדַּם הַשָּׂעִיר עַל הַפָּרֹוכֶת כַּאֲשֶׁר עָשָׂה מִדַּם הַפָּר. וְלֹא הָיוּ הַדָּמִים נוֹגְעִים בַּפָּרֹוכֶת. וְאָח""כ עֵירָה דַּם הַפָּר לְתוֹךְ הַמִּזְרָק שֶׁבּוֹ דַּם הַשָּׂעִיר וְחוֹזֵר וּמֵרִיק מִמִּזְרָק הַמָּלֵא לְתוֹךְ הָרֵיקָן כְּדֵי שֶׁיְּהֵא מְעֹורָב יָפֶה יָפֶה. (דַּף נח:) וְיוֹצֵא לְצַד מִזְרָח עַד שֶׁעָבַר מִזְבַּח הַזָּהָב כֻּולּוֹ. וְנָתַן אַרְבַּע מַתָּנוֹת עַל אַרְבַּע קַרְנוֹתָיו וְהָיָה עוֹמֵד בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית וְנָתַן כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל דְּפִתְחָא בַּדָּרוֹם קָאֵי וְנִמְצָא שֶׁפָּגַע בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית וְשָׁם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַתְחִיל שֶׁהָיָה צָרִיךְ שֶׁיֵּצֵא לַמִּזְרָח עַד שֶׁיַּעֲבֹור הַמִּזְבֵּחַ לְכָךְ הָיָה נוֹתֵן תְּחִלָּה בְּקֶרֶן מִזְרָחִית דְּרוֹמִית דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית מַעֲרָבִית צְפוֹנִית צְפוֹנִית מִזְרָחִית. וְלֹא הָיָה מַקִּיף הַמִּזְבֵּחַ בְּרַגְלָיו אֶלָּא עוֹמֵד הַכֹּל בְּמָקוֹם אֶחָד וּמַקִּיף בְּיָדוֹ דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי פְּלִיג בְּהָא בַּבָּרַיְיתָא. וַהֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא מֵחֲבֵירוֹ שֶׁאוֹמֵר שֶׁמַּקִּיף בְּיָדָיו. וְעוֹד דר' אֶלְעָזָר סָבַר כְּוָותֵיהּ. וּבַג' הַקְּרָנוֹת שֶׁאֵינָן לְפָנָיו הָיָה מַתְחִיל בְּאֶצְבָּעוֹ לִיתֵּן לְמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּבְקֶרֶן שֶׁלְּפָנָיו מַתְחִיל מִלְמַעְלָה וּמוֹשֵׁךְ וְיוֹרֵד כְּלַפֵּי מַטָּה. שֶׁאִם הָיָה מַתְחִיל מִלְּמַטָּה וּמוֹשֵׁךְ לְמַעְלָה הָיָה הַדָּם זָב וְיוֹרֵד עַל גַּב יָדוֹ. וּבְמָקוֹם שֶׁגָּמַר הַהַזָּאָה דְּהַיְינוּ בְּקֶרֶן מִזְרָחִית צְפוֹנִית הָיָה חוֹתֶה הַגֶּחָלִים שֶׁעַל הַמִּזְבֵּחַ אֵילָךְ וְאֵילָךְ וּמִזֶּה עָלָיו שֶׁבַע פְּעָמִים וְהַנִּשְׁאָר לוֹ מִן הַדָּם יִשְׁפֹּוךְ עַל יְסוֹד מַעֲרָבִי שֶׁל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן. (דַּף מג: מד.) וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם אָדָם בַּהֵיכָל כָּל זְמַן שֶׁעוֹבֵד אֵלּוּ הָעֲבוֹדוֹת. בֵּין שֶׁל הֵיכָל בֵּין שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים. אֲבָל מִבֵּין הָאוּלָם וְהַמִּזְבֵּחַ אֵין צְרִיכִין לִפְרוֹשׁ בִּשְׁעַת עֲבוֹדוֹת שֶׁלִּפְנַי וְלִפְנִים אֶלָּא בְּשֶׁל הֵיכָל. (דַּף ס.) וְאִם שִׁינָּה בְּזֶה הַסֵּדֶר לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְאִם הִקְדִּים בַּהֵיכָל דַּם הַשָּׂעִיר לְדַם הַפָּר יַחְזֹור וְיַזֶּה מִדַּם הַשָּׂעִיר. הִלְכָּךְ אִם נִתְעָרֵב לוֹ מִזְרָק שֶׁל דַּם הַפָּר בְּשֶׁל שָׂעִיר יִתֵּן מִשְּׁנֵי הַמִּזְרָקוֹת שְׁלֹשָׁה פְּעָמִים שֶׁאִם הָרִאשׁוֹן שֶׁל פָּר הָוֵי הָאַחֲרוֹן כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ. וְאִם הוּא שֶׁל שָׂעִיר הֲרֵי הוּא כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ וְיוֹצֵא בִּשְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים. וְאִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַפָּר קֹודֶם שֶׁגָּמַר מַתָּנוֹת שֶׁבִּפְנִים יָבִיא פַּר אַחֵר וּקְטֹרֶת אַחֶרֶת וְיַעֲשֶׂה כְּכָל הַסֵּדֶר הַכָּתוּב לְעֵיל. אֲבָל אִם נִשְׁפַּךְ דַּם הַשָּׂעִיר קֹודֶם שֶׁנָּתַן מִמֶּנּוּ בִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לְהָבִיא אֶלָּא שָׂעִיר אַחֵר כֵּיוָן שֶׁכְּבָר עָשָׂה מַתְּנוֹת הַפָּר וְהַקְּטֹרֶת כְּהִלְכָתָם. וְאִם גָּמַר מַתָּנוֹת הַפְּנִימִית וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּהֵיכָל. וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַהֵיכָל וְנִשְׁפַּךְ אֶחָד מֵהַדָּמִים יָבִיא אַחֵר וְיַתְחִיל בַּתְּחִלָּה בַּמִּזְבֵּחַ וְאִם גָּמַר מַתְּנוֹת הַמִּזְבֵּחַ וְנִשְׁפַּךְ. שִׁירַיִים לָא מְעַכְּבִי. וְכָל הַדִּין הַנּוֹהֵג בְּדָמוֹ שֶׁל שָׂעִיר אִם נִשְׁפַּךְ כָּךְ הוּא דִּינוֹ אִם יָמוּת חֲבֵירוֹ הַמִּשְׁתַּלֵּחַ שֶׁבְּאֵיזֶה שָׁעָה שֶׁיָּמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִדְחֶה הַדָּם:
(fol. 28a) Et lorsque arrivait le temps de l'abattage du tamid, c'est-à-dire dès que l'orient s'éclairait, on faisait descendre le kohen gadol au lieu de l'immersion. (fol. 30a) On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple ; (fol. 31b) et c'est afin qu'il reconnaisse que le service du jour se fait en vêtements de boutz que l'on étendait un drap de boutz. (fol. 30a) Cette immersion-là avait lieu en lieu profane, car elle ne vient pas au titre de l'obligation du jour : chaque matin déjà, quiconque entre dans la azara pour le service doit s'immerger. Il ôtait ses vêtements, s'immergeait, remontait et s'essuyait. (fol. 31b) On lui apportait les vêtements d'or, il les revêtait et sanctifiait ses mains et ses pieds (fol. 43b) à partir d'une aiguière d'or. Et il n'y avait pas ici de sanctification au moment de se dévêtir, parce que ce sont des vêtements profanes qu'il avait ôtés ; et nous tenons pour établi qu'il y a deux sanctifications, l'une pour le dévêtissement et l'une pour le revêtissement. (fol. 31b) Et s'il était âgé, ou istenis (délicat) à qui le froid nuisait, on chauffait pour lui de l'eau chaude la veille de Yom Kippour et on la versait dans l'eau froide ; (fol. 34b) ou bien l'on chauffait des morceaux de fer la veille et on les mettait le jour même dans l'eau pour la réchauffer. Et bien que cela trempe le métal (metsaref), ce qui est interdit au titre de make bepatich (le coup de marteau final) - puisque c'est l'achèvement de l'ouvrage du fer, ce qui le rend tranchant -, comme il n'a pas cette intention ce n'est plus qu'un chevout (un interdit rabbinique), et il n'y a pas de chevout au Temple. (fol. 31b) Ensuite il abattait le tamid, en recueillait lui aussi le sang, et accomplissait tous les services dans l'ordre de tous les jours, en vêtements d'or : avec l'encens du Heikhal, l'entretien des lampes et la minhat havitin. (fol. 34b) Après cela il venait au beit haParva, qui se trouvait en lieu saint. On étendait un drap de boutz entre lui et le peuple, et il sanctifiait ses mains et ses pieds, parce qu'il ôtait des vêtements sacrés. Il s'immergeait, remontait, s'essuyait et revêtait les vêtements blancs, valant dix-huit manes - ou plus, ou moins, pourvu qu'ils soient meilleurs que ceux qu'il revêtira le soir ; et à eux deux ils doivent valoir trente manes. S'il veut ajouter à ceux du matin au-delà de dix-huit manes et retrancher à ceux du soir en deçà de douze, ou l'inverse, il en a le droit, pourvu que ceux du matin soient les meilleurs et que les deux ensemble fassent trente manes. Et cela vaut pour ce qui vient des fonds publics ; mais s'il veut ajouter de son bien, il ajoutera autant qu'il voudra. [Et il sanctifiait ses mains et ses pieds.] (fol. 35b) Il venait auprès de son taureau, qui se tenait à l'angle nord-ouest de l'autel, dans l'espace découvert entre le oulam et l'autel, exactement face à l'autel mais tiré vers le côté nord. (fol. 36a) Et l'on dressait la tête du taureau de façon que sa tête vienne du côté sud et sa face vers l'ouest ; on ne le plaçait pas directement la tête à l'ouest et l'arrière à l'est, de peur qu'il ne laisse tomber ses excréments, ce qui serait un affront pour l'autel. Le kohen se tenait à l'est, la face vers l'ouest ; il posait ses deux mains sur lui et faisait le vidouy (la confession). Et voici ce qu'il disait : de grâce, Hachem, j'ai failli, j'ai dévié, j'ai transgressé, moi et ma maison (ibid.) - conformément aux Hakhamim. Lors de la première confession, il ne confessait que pour lui-même et les gens de sa maison : de grâce, Hachem, expie donc les fautes, etc. Et il y a dans le Yerouchalmi, quant à la seconde mention du Nom dans la confession, qu'il disait ana beChem, avec un beit. (fol. 37a) Il venait à l'est de la azara pour tirer au sort, car il suffit qu'il se tienne dans la azara. (fol. 39a) Le segan à sa droite et le chef de la maison paternelle à sa gauche. (fol. 62a) Et là se trouvaient deux boucs semblables d'aspect et de taille, dont l'acquisition avait été faite d'un seul coup - tout cela n'étant pas indispensable, mais relevant seulement de la mitsva. (fol. 39a) Il y avait là une urne (kalpi) [de bois, contenant deux mains] et dedans deux sorts, l'un gravé laChem et l'autre laAzazel ; et ils sont valides en quelque matière que ce soit. Il brassait ses mains dans l'urne de façon à ne pouvoir viser lequel est celui de laChem et lequel celui de laAzazel, et il remontait dans chaque main un sort [pour les deux boucs]. Si celui de laChem montait dans sa droite, le segan lui disait : lève ta droite ; et s'il montait dans sa gauche, le chef de la maison paternelle lui disait : lève ta gauche. Il les posait sur les deux boucs et disait : à Hachem, un hatat. Et s'il n'a pas posé les sorts sur les boucs mais les a seulement remontés en sachant lequel est monté dans sa droite et lequel dans sa gauche, cela n'invalide pas. (fol. 41b) Il nouait un fil d'écarlate [du poids de deux sela] à la tête du bouc envoyé et le plaçait à la porte orientale, à l'endroit d'où on le fait sortir pour l'envoyer ; et à celui qui devait être abattu, il nouait un autre fil au cou, afin qu'il ne se mélange ni avec le bouc envoyé ni avec les autres boucs. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit que le bouc de laChem aussi, on le place face au lieu de son abattage ; et cela étonne, car la Guemara conclut explicitement que le propos porte sur le nouage. Il venait auprès de son second taureau et confessait sur lui pour lui-même et pour ses frères les kohanim - car il faut que vienne un innocent et qu'il expie pour le coupable ; c'est pourquoi il confessait d'abord sur lui seul, afin d'être innocent. (fol. 43b) Il l'abattait, en recueillait le sang dans un mizrak (bassin) et le donnait à quelqu'un qui le remuait sans cesse pour qu'il ne coagule pas. Et celui qui le remuait se tenait sur la quatrième rangée de dalles du pavement de la azara, à partir du Heikhal vers l'extérieur. Il prenait une pelle à encens (mahta) d'or rouge, contenant trois kabin, très mince, munie d'un long manche qui atteignait sous son bras afin que son bras l'assiste. Elle avait un nichtok : Rachi explique un anneau, pour qu'on entende son bruit lorsqu'il vient ; et Rabbenou Hananel explique qu'elle avait comme une gaine, afin qu'il ne se brûle pas lorsqu'elle s'échauffe au contact des braises. Il montait au milieu de l'autel, ratissait une pleine pelletée de braises dont la flamme s'était éteinte, descendait et la posait sur le pavement de la azara. (fol. 47a) On lui sortait une pelle pleine d'encens, celui qu'on avait remis la veille de Yom Kippour au mortier et qu'on avait pilé fin pour qu'il soit le plus fin des fins ; il en prenait une pleine poignée de ses deux mains, selon ce que contenaient ses mains à lui, (fol. 48a) ni rasés ni comblés, mais bien remplis. Il le versait de ses mains dans une coupe (kaf), prenait de la main droite la pelle où étaient les braises et de la main gauche la coupe d'encens. (fol. 51b) Il allait par le sud du Heikhal, entre l'autel et la menora, jusqu'à atteindre les deux parokhot (rideaux) qui séparent le Saint du Saint des saints, à l'endroit où se trouvait, dans le premier Temple, le mur amah traksin. L'extérieure était ouverte au sud et l'intérieure au nord. Bien que Rabbi Yossi soutienne qu'il n'y avait là qu'un seul rideau, la halakha suit ici Rabbi Yehouda, qui dit qu'il y en avait deux : car c'est un cas de controverse suivie d'un énoncé anonyme, et l'anonyme qui vient après la controverse fait autorité. (fol. 52b) L'extérieure était relevée du côté sud. En outre, Rabbi Hanina soutient comme Rabbi Yehouda plus loin, lorsqu'il dit qu'il se tenait du côté nord et faisait les aspersions. Et l'on ne peut tirer preuve de cette michna (fol. 58b) : il commençait à asperger en descendant - d'où commençait-il ? De l'angle nord-est - dont Rachi explique qu'elle considère que l'ouverture était au nord ; car même selon l'explication de Rachi, cette michna suit Rabbi Yossi HaGuelili, tandis que Rabbi Akiva le contredit dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue. (fol. 52b) Il marchait entre les deux jusqu'à atteindre le nord ; et il est dit dans le Yerouchalmi qu'il pousse avec ses coudes afin que le rideau ne brûle pas. Arrivé au nord, il tournait sa face vers le sud, afin que sa droite soit du côté de l'arche, et marchait jusqu'à se trouver face à l'arche ; et il posait la pelle de feu entre les deux barres. (fol. 53b) Et après que l'arche eut été ôtée, il la posait sur la even chetiya (pierre de fondation) qui était là, haute de trois doigts au-dessus du sol. Il prenait dans ses mains l'encens qui était dans la coupe et l'amoncelait sur les braises. (fol. 53a) Et il prenait garde de ne pas poser l'encens sur le feu avant de l'avoir introduit dans le lieu le plus intérieur, pour écarter l'opinion des Sadducéens qui disent qu'on le pose dans le Heikhal et qu'on entre dans le nuage de la fumée de l'encens. (fol. 52b) Et il commençait du côté intérieur, qui est le plus éloigné de lui, car s'il commençait de son côté, la fumée monterait aussitôt et son bras serait brûlé. La maison s'emplissait de fumée ; il y laissait la coupe et la pelle, et sortait par le chemin de son entrée, la face tournée vers l'arche. Et dans le piyout Ata Konanta il est écrit qu'il fermait les yeux et sortait, mais cela n'est pas dans la Guemara ; au contraire, il ressort du Yerouchalmi que ce n'est pas nécessaire. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi : tant que l'arche n'avait pas été ôtée, il entrait et sortait à la lumière de l'arche ; depuis qu'elle fut ôtée, il entrait à tâtons et sortait à tâtons. (ibid. 53b) Et il faisait dans le Heikhal une courte prière, pour que l'année soit comme il faut ; et il ne prolongeait pas sa prière, afin de ne pas effrayer le peuple qui attendait sa sortie. (fol. 53b) Il prenait le sang de celui qui le remuait, entrait dans le lieu le plus intérieur, se tenait entre les barres et aspergeait une fois vers le haut et sept fois vers le bas, face au kaporet (couvercle). Et il n'est pas nécessaire que [le sang] atteigne le kaporet, mais [il asperge] comme celui qui fouette. Rachi explique : dans l'ordre, une en haut puis sept en bas. Et les Tossefot expliquent qu'il n'avait pas besoin de viser à ce qu'elles soient dans l'ordre, mais que pour celle d'en haut il tournait le dos de sa main vers le bas et aspergeait vers le haut, et pour les sept d'en bas il tournait le dos de sa main vers le haut et aspergeait vers le bas. Et il comptait ainsi : une ; une et une ; une et deux, etc. Il sortait et posait le mizrak du sang sur le support qui était dans le Heikhal. Il abattait le bouc et faisait de son sang, à l'intérieur, ce qu'il avait fait du sang du taureau : une en haut et sept en bas. Il sortait et posait le sang du bouc sur un second support qui était dans le Heikhal. Il prenait le sang du taureau sur le support où il l'avait posé et en aspergeait face à tout le rideau, à l'endroit visé face à l'arche, une en haut et sept en bas, comme il avait fait à l'intérieur ; puis, du sang du bouc sur le rideau, comme il avait fait du sang du taureau. Et les sangs ne touchaient pas le rideau. Ensuite il versait le sang du taureau dans le mizrak où était le sang du bouc, puis reversait du mizrak plein dans le mizrak vide, afin que le mélange soit parfaitement fait. (fol. 58b) Il sortait vers l'est jusqu'à avoir dépassé tout l'autel d'or. Il donnait quatre applications sur ses quatre cornes ; il se tenait à l'angle sud-est et donnait comme je l'ai expliqué plus haut, puisque l'ouverture était au sud : il rencontrait donc l'angle sud-ouest, mais il ne pouvait pas commencer la, car il devait sortir vers l'est jusqu'à dépasser l'autel ; c'est pourquoi il donnait d'abord à l'angle sud-est, puis sud-ouest, puis nord-ouest, puis nord-est. Et il ne faisait pas le tour de l'autel avec ses pieds, mais se tenait tout entier à une seule place et faisait le tour avec sa main - paroles de Rabbi Akiva ; Rabbi Yossi HaGuelili le contredit sur ce point dans une baraita, et la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue, lui qui dit qu'il fait le tour avec ses mains. En outre, Rabbi Elazar soutient comme lui. Et aux trois cornes qui ne sont pas devant lui, il commençait avec son doigt à donner par le bas et tirait vers le haut ; et à la corne qui est devant lui, il commençait par le haut et tirait en descendant vers le bas - car s'il commençait par le bas en tirant vers le haut, le sang coulerait et descendrait sur le dos de sa main. Et à l'endroit où il achevait l'aspersion, c'est-à-dire à l'angle nord-est, il ratissait de part et d'autre les braises qui étaient sur l'autel et aspergeait dessus sept fois ; et ce qui lui restait de sang, il le versait sur le fondement occidental de l'autel extérieur. (fol. 43b, 44a) Et il faut que personne ne se trouve dans le Heikhal tout le temps qu'il accomplit ces services, aussi bien ceux du Heikhal que ceux du lieu le plus intérieur. Mais de l'espace entre le oulam et l'autel, on n'a pas à s'écarter lors des services du lieu le plus intérieur, seulement lors de ceux du Heikhal. (fol. 60a) Et s'il a changé cet ordre, il n'a rien fait. Et s'il a donné dans le Heikhal le sang du bouc avant le sang du taureau, il devra recommencer et asperger du sang du bouc. Dès lors, si le mizrak du sang du taureau s'est mélangé avec celui du bouc, il donnera des deux mizrakim trois fois : car si le premier est celui du taureau, le dernier est comme inexistant ; et s'il est celui du bouc, il est comme inexistant, et il s'acquitte par les deux derniers. Et si le sang du taureau s'est répandu avant qu'il ait achevé les applications de l'intérieur, il apportera un autre taureau et un autre encens et fera tout l'ordre écrit plus haut. Mais si le sang du bouc s'est répandu avant qu'il en ait donné à l'intérieur, il n'a besoin d'apporter qu'un autre bouc, puisqu'il a déjà fait les applications du taureau et l'encens selon la halakha. Et s'il a achevé les applications intérieures et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début dans le Heikhal. Et s'il a achevé les applications du Heikhal et que l'un des sangs s'est répandu, il en apportera un autre et recommencera depuis le début à l'autel. Et s'il a achevé les applications de l'autel et que [le sang] s'est répandu - les restes n'invalident pas. Et toute la règle qui vaut pour le sang du bouc s'il s'est répandu, telle est sa règle si son compagnon, le bouc envoyé, vient à mourir : car à quelque moment que meure le bouc envoyé, à ce moment-là le sang est écarté.
💡 Explication

Aménagement humain au milieu d'un ordre rituel très serré. Les cinq immersions du jour se font dans l'eau froide ; pour un vieillard, ou pour un istenis (terme grec passé en araméen : quelqu'un de fragile, que le froid indispose), on tempère l'eau.

Rachi précise le point halakhique implicite : l'eau est chauffée la veille de Yom Kippour -- on ne chauffe pas le jour même -- et c'est le jour même qu'on la verse dans le bassin. Le verbe tafig ne veut pas dire réchauffer, mais faire perdre, dissiper : le même mot sert pour un goût ou un parfum qui s'évente.

6
גְּמָ׳ אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא: הָא דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר. דְּאִי רַבִּי מֵאִיר, כֵּיוָן דְּאָמַר תְּרֵי קִידּוּשֵׁי אַלְּבִישָׁה עָבֵיד לְהוּ — הָכָא נָמֵי לֶיעְבֵּיד תְּרֵי קִידּוּשֵׁי אַלְּבִישָׁה!

GUEMARA. Les Sages [de l'école] le dirent devant Rav Papa : cette [michna] n'est pas conforme à Rabbi Meir.

Car si elle était selon Rabbi Meir : puisqu'il dit que les deux kidouchim se font au titre du revêtissement (alevicha), ici aussi il devrait faire deux kidouchim au titre du revêtissement !

📜 Rachi (3)
גְּמ' רַבָּנַן תַּלְמִידֵי דְּרַב פָּפָּא אָמְרוּ כָּךְ לְפָנָיו:
GUEMARA. Les Sages - les disciples de Rav Papa lui dirent ainsi devant lui.
הָא מַתְנֵי' דְּלָא תְּנַן בָּהּ שְׁנֵי קִידּוּשִׁים בִּטְבִילָה רִאשׁוֹנָה:
Cette [michna] - notre michna, dans laquelle on n'a pas enseigné deux kidouchim pour la première immersion.
דְּלָא כר"מ דִּפְלִיג בְּמָתְנֵי' בִּטְבִילָה שְׁנִיָּה אַדְּרַבָּנָן שֶׁהָיוּ מַקְדִּימִין קִידּוּשׁ לִפְשִׁיטָה וְהוּא הִקְדִּים פְּשִׁיטָה לְקִידּוּשׁ דִּתְנַן ר' מֵאִיר אוֹמֵר פָּשַׁט וְקִידֵּשׁ וְשָׁמְעִינַן מִינֵּיהּ דס"ל דִּשְׁנֵי קִידּוּשִׁין שֶׁהֻוצְרַךְ הַכָּתוּב בֵּין בֶּגֶד לְבֶגֶד כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן תַּרְוַייְהוּ מִשּׁוּם לְבִישַׁת בְּגָדִים הַמִּתְחַלְּפִים תַּחַת הָרִאשׁוֹנִים הוּא וְקָאָמְרִי מַתְנֵי' לָאו דִּכְוָותֵיהּ תְּנַן דְּאִי ר"מ בִּטְבִילָה רִאשׁוֹנָה נָמֵי נִיבְעֵי תְּרֵי קִידּוּשֵׁי דְּהָא בִּגְדֵי קֹדֶשׁ הוּא בָּא לִלְבֹּושׁ:
N'est pas conforme à R. Meir - lui qui, dans la michna, diverge des Sages à propos de la deuxième immersion : eux faisaient précéder le kidouch au dévêtissement, tandis que lui a fait précéder le dévêtissement au kidouch, comme on l'a enseigné : "R. Meir dit : il ôta et sanctifia". Nous en déduisons qu'il tient que les deux kidouchim que l'Écriture exige entre un vêtement et un autre -- comme on le déduit plus loin -- viennent tous deux au titre du revêtissement des vêtements qui remplacent les premiers. Et ils disent : notre michna n'a pas été enseignée selon lui, car si elle était de R. Meir, il faudrait aussi, lors de la première immersion, deux kidouchim, puisque ce sont bien des vêtements sacrés qu'il vient revêtir.
💡 Explication

Point de départ de la sougya. La michna de Yoma 32a fait apparaître une divergence à propos de la deuxième immersion : les Sages font sanctifier avant d'ôter les vêtements, R. Meir fait sanctifier après les avoir ôtés.

Les élèves en tirent une reconstruction du raisonnement de R. Meir : s'il place le kidouch après le dévêtissement, c'est -- pensent-ils -- que ce kidouch n'est pas dû au dévêtissement mais déjà au revêtissement à venir ; les deux kidouchim seraient donc alevicha.

Conséquence : dans notre michna, où le kohen gadol s'apprête à revêtir des vêtements sacrés (les vêtements d'or), il faudrait deux kidouchim -- or la michna n'en mentionne qu'un. Donc, concluent-ils, notre michna n'est pas de R. Meir : c'est une michna isolée (delà ke-Rabbi Meir), ce qui est toujours un résultat inconfortable.

7
אֲמַר לְהוּ רַב פָּפָּא: בֵּין לְרַבָּנַן בֵּין לְרַבִּי מֵאִיר חַד אַפְּשִׁיטָה דְּבִגְדֵי קֹודֶשׁ, וְחַד אַלְּבִישָׁה, וְהָכָא בְּהָא קָא מִיפַּלְגִי: ״וּפָשַׁט וְרָחַץ (וְרָחַץ) וְלָבַשׁ״, רַבִּי מֵאִיר סָבַר: מַקִּישׁ פְּשִׁיטָה לִלְבִישָׁה, מַה לְבִישָׁה — לוֹבֵשׁ וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ, אַף פְּשִׁיטָה — פּוֹשֵׁט וְאַחַר כָּךְ מְקַדֵּשׁ.

Rav Papa leur dit : tant pour les Sages que pour Rabbi Meir, il y a un kidouch pour le dévêtissement de vêtements sacrés et un pour le revêtissement ; et c'est sur ceci qu'ils divergent : "il ôtera... et il se lavera (et il se lavera)... et il revêtira". Rabbi Meir tient que l'Écriture rapproche (makich) le dévêtissement du revêtissement : de même que pour le revêtissement il revêt, et sanctifie ensuite, de même pour le dévêtissement il ôte, et sanctifie ensuite.

📜 Rachi (3)
חַד אַפְּשִׁיטָה וְהִלְכָּךְ הָכָא דִּפְשִׁיטָה דְּבִגְדֵי חוֹל הִיא לָא בָּעֲיָא קִידּוּשׁ וְהָכָא גַּבֵּי טְבִילָה שְׁנִיָּה שֶׁנֶּחֱלַק ר' מֵאִיר לְהַקְדִּים פְּשִׁיטָה לְקִידּוּשׁ לָאו מִשּׁוּם דִּס"ל קִידּוּשׁ רִאשׁוֹן שֶׁכָּל טְבִילָה מֵחֲמַת לְבִישָׁה בָּא אֶלָּא בִּגְזֵירַת הַכָּתוּב פְּלִיגִי:
Un pour le dévêtissement - dès lors, ici, où le dévêtissement porte sur des vêtements profanes, il ne faut pas de kidouch. Et ici, à propos de la deuxième immersion, si R. Meir s'est séparé [des Sages] pour faire précéder le dévêtissement au kidouch, ce n'est pas parce qu'il tiendrait que le premier kidouch de chaque immersion vient au titre du revêtissement, mais c'est sur un décret de l'Écriture (guezerat hakatouv) qu'ils divergent.
וּפָשַׁט וְרָחַץ וְרָחַץ וְלָבַשׁ וּפָשַׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד אֲשֶׁר לָבַשׁ וְגוֹ' וּסְמִיךְ לֵיהּ וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ וְלָבַשׁ אֶת בְּגָדָיו וְהֵטִיל הַכָּתוּב רְחִיצָה בֵּין פְּשִׁיטָה לִלְבִישָׁה וְהַאי וְרָחַץ דָּרְשִׁינַן לֵיהּ לְקַמָּן לְעִנְיַן קִידּוּשׁ וְיָלְפִינַן מִינֵּיהּ תְּרֵי קִידּוּשֵׁי דְּשָׁדֵינַן וְרָחַץ אֻופְשַׁט וְאֻולְבַּשׁ כְּאִילּוּ כְּתִיב וְרָחַץ תְּרֵי זִימְנֵי:
"Il ôtera... et il se lavera, et il se lavera... et il revêtira" - "Il ôtera les vêtements de lin qu'il avait revêtus" etc., et il y est accolé : "et il lavera sa chair dans l'eau en lieu saint, et il revêtira ses vêtements". L'Écriture a placé le lavage entre le dévêtissement et le revêtissement. Et ce "ve-rahats", nous l'exposons plus loin comme visant le kidouch [des mains et des pieds] ; nous en déduisons deux kidouchim, en rapportant "ve-rahats" à la fois sur "ou-fachat" et sur "ve-lavach", comme s'il était écrit "ve-rahats" deux fois.
ר"מ סָבַר מַקִּישׁ קִידּוּשׁ פְּשִׁיטָה לְקִידּוּשׁ שֶׁל לְבִישָׁה מַה לְבִישָׁה לוֹבֵשׁ וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ קִידּוּשׁ הַשֵּׁנִי כִּדְאָמְרִינַן לְקַמָּן הַכֹּל מוֹדִים בְּקִידּוּשׁ שֵׁנִי כְּשֶׁהוּא לָבוּשׁ מְקַדֵּשׁ וְיָלֵיף לָהּ מִקְּרָאֵי אַף קִידּוּשׁ שֶׁל פְּשִׁיטָה פּוֹשֵׁט וְאַחַ"כּ מְקַדֵּשׁ וְרַבָּנָן סָבְרִי מַה לְבִישָׁה כְּשֶׁהוּא לָבוּשׁ מְקַדֵּשׁ וּלְדִבְרֵי הַכֹּל קִידּוּשׁ בָּתְרָא אַחַר לְבִישָׁה אַף פְּשִׁיטָה כְּשֶׁהוּא לָבוּשׁ בְּגָדִים שֶׁהוּא בָּא לִפְשֹׁוט מְקַדֵּשׁ וְאַחַ"כּ פּוֹשֵׁט:
R. Meir tient qu'on rapproche - le kidouch du dévêtissement de celui du revêtissement : de même que pour le revêtissement il revêt, puis sanctifie -- le second kidouch -- comme nous le disons plus loin : "tous s'accordent que le second kidouch, il le fait alors qu'il est vêtu", et on le déduit de versets ; de même pour le kidouch du dévêtissement, il ôte puis sanctifie. Et les Sages tiennent : de même que pour le revêtissement il sanctifie alors qu'il est vêtu -- et de l'avis de tous le dernier kidouch a lieu après le revêtissement -- de même pour le dévêtissement, il sanctifie alors qu'il est encore vêtu des vêtements qu'il vient ôter, et il les ôte ensuite.
🗂️ Tossefot (1)
וּפָשַׁט וְרָחַץ וְרָחַץ וְלָבַשׁ וה"נ אָמְרִי' בְּפֶ' אֵיזֶהוּ נֶשֶׁךְ (ב"מ ד' סא.) אֶת כַּסְפְּךָ לֹא תִתֵּן לוֹ בְּנֶשֶׁךְ וּבְמַרְבִּית בְּנֶשֶׁךְ וּבְמַרְבִּית לֹא תִתֵּן אָכְלֶךָ וְתֵימַהּ דבפ"ק דְּקִידּוּשִׁין (ד' לב:) אָמְרִינַן ות"ק אִי ס"ד כִּדְאָמַר ר"י הַגְּלִילִי לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא מִפְּנֵי שֵׂיבָה תָּקוּם וְהָדַרְתָּ תָּקוּם וְהָדַרְתָּ פְּנֵי זָקֵן וְכוּ' וְאַמַּאי לָא נֵימָא אע"ג דְּלָא כְּתִיב תָּקוּם וְהָדַרְתָּ אֶלָּא חַד זִימְנָא נֵימָא דְּקָאֵי לְפָנָיו וּלְאַחֲרָיו כִּי הָכָא וְי"ל הָתָם לֹא שַׁייָּךְ תָּקוּם עַל פְּנֵי אֶלָּא עַל מִפְּנֵי כְּמוֹ לֹא אוּכַל לָקוּם מִפָּנֶיךָ (בְּרֵאשִׁית לֹא) וְהָדַרְתָּ לֹא שַׁייָּךְ אַמִּפְּנֵי אֶלָּא עַל פְּנֵי כְּדִכְתִיב (אֵיכָה ה) פְּנֵי זְקֵנִים לֹא נֶהְדָּרוּ וְהַהִיא דַּחֲמִשָּׁה פְּסוּקִים שֶׁאֵין לָהֶם הֶכְרֵעַ לְקַמָּן אֲפָרֵשׁ בְּפֶרֶק הוֹצִיאוּ לוֹ (יוֹמָא דַּף נב:):
"Il ôtera... et il se lavera, [et il se lavera] et il revêtira" - de même disons-nous au chapitre Eizehou Nechekh (Baba Metsia 61a) : "ton argent, tu ne lui donneras pas be-nechekh (à intérêt) ou-ve-marbit (et à surcroît) ; be-nechekh ou-ve-marbit tu ne donneras pas ta nourriture" [le terme central sert des deux côtés]. Et il y a lieu de s'étonner : au premier chapitre de Kidouchin (32b) nous disons : "et le tana kama, si tu penses comme le dit R. Yossi HaGuelili, que l'Écriture écrive : Devant des cheveux blancs tu te lèveras et tu honoreras ; tu te lèveras et tu honoreras la face du vieillard" etc. -- pourquoi ne pas dire que, bien que "tu te lèveras et tu honoreras" ne soit écrit qu'une seule fois, il porte sur ce qui précède et sur ce qui suit, comme ici ? On peut répondre : là-bas, "tu te lèveras" ne se construit pas avec "al penei (sur la face de)" mais avec "mipnei (devant)", comme "je ne puis me lever devant toi (mipanekha)" (Genèse 31) ; et "tu honoreras" ne se construit pas avec "mipnei" mais avec "penei", comme il est écrit "la face des anciens n'a pas été honorée" (Lamentations 5). Quant aux cinq versets dont la construction n'est pas tranchée, je l'expliquerai plus loin, au chapitre Hotsi'ou Lo (Yoma 52b).
💡 Explication

Rav Papa refuse la conclusion "delà ke-R. Meir" et reconstruit la mahloket autrement. Selon lui, personne ne conteste la source ni le nombre : le verset (Lev. 16:23-24) place ve-rahats ("il lavera") entre ou-fachat ("il ôtera") et ve-lavach ("il revêtira") ; on le rapporte aux deux côtés, comme s'il était écrit deux fois -- d'où un kidouch pour le dévêtissement et un pour le revêtissement. Et ce dévêtissement doit porter sur des vêtements sacrés : c'est pourquoi notre michna, qui quitte du profane, n'en a qu'un.

La divergence porte alors uniquement sur le contenu du hekech (rapprochement). R. Meir le lit sur l'acte : au revêtissement, on revêt d'abord et on sanctifie après -- donc au dévêtissement aussi, on ôte d'abord et on sanctifie après.

🖼️ Schéma
Comment un seul "ve-rahats" produit DEUX kidouchim Lévitique 16:23-24 -- un mot place au milieu se rapporte à ce qui précède ET à ce qui suit ou-FACHAT "il ôtera les vêtements de lin" ve-RAHATS "il lavera sa chair en lieu saint" ve-LAVACH "il revêtira ses vêtements" on lit "ve-rahats" comme s'il était écrit DEUX FOIS -> un kidouch pour la PECHITA (dévêtissement) et un kidouch pour la LEVICHA (revêtissement) Ici "rehitsa" ne désigne pas l'immersion du corps mais la sanctification des mains et des pieds au kiyor (cf. plus loin). Le même procédé ailleurs (Tossefot) Baba Metsia 61a : "be-nechekh ou-ve-marbit" sert des deux côtés du verset. En revanche Kidouchin 32b refuse ce procédé pour "takoum ve-hadarta" -- Tossefot explique que la grammaire des prépositions (mipnei / penei) l'y interdit.
Le double emploi de ve-rahats : un mot central rapporté à ce qui précède et à ce qui suit.
8
וְרַבָּנָן סָבְרִי: מַקִּישׁ פְּשִׁיטָה לִלְבִישָׁה, מַה לְבִישָׁה — כְּשֶׁהוּא לָבוּשׁ מְקַדֵּשׁ, אַף פְּשִׁיטָה — כְּשֶׁהוּא לָבוּשׁ מְקַדֵּשׁ.

Et les Sages tiennent : l'Écriture rapproche le dévêtissement du revêtissement -- de même que pour le revêtissement il sanctifie alors qu'il est vêtu, de même pour le dévêtissement il sanctifie alors qu'il est [encore] vêtu.

💡 Explication

L'autre lecture du même hekech. Les Sages ne le lisent pas sur l'ordre des gestes mais sur l'état du kohen au moment de sanctifier. Puisqu'au revêtissement il sanctifie une fois habillé, le rapprochement impose qu'au dévêtissement aussi il sanctifie habillé -- c'est-à-dire avant d'ôter.

Le résultat pratique : pour R. Meir, kidouch après la pechita ; pour les Sages, kidouch avant la pechita. Les deux avis comptent le même nombre de kidouchim (dix en tout sur la journée, pour cinq immersions) ; ils les placent différemment.

9
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַב פָּפָּא: וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהַתַּנְיָא: פֵּרְסוּ סָדִין שֶׁל בּוּץ בֵּינוֹ לְבֵין הָעָם, פָּשַׁט וְיָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפֵּג. הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב וְלָבַשׁ, וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: פָּשַׁט וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו, וְיָרַד וְטָבַל, עָלָה וְנִסְתַּפֵּג, הֵבִיאוּ לוֹ בִּגְדֵי זָהָב, וְלָבַשׁ וְקִידֵּשׁ יָדָיו וְרַגְלָיו. אֲמַר לְהוּ: אִי תַּנְיָא תַּנְיָא.

Les Sages dirent à Rav Papa : et peux-tu vraiment dire ainsi ? Mais n'a-t-on pas enseigné [dans une baraita] : "On étendit un drap de boutz entre lui et le peuple ; il se dévêtit, descendit et s'immergea, remonta et s'essuya.

On lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds. Rabbi Meir dit : il se dévêtit et sanctifia ses mains et ses pieds, puis descendit et s'immergea, remonta et s'essuya ; on lui apporta les vêtements d'or, il les revêtit et sanctifia ses mains et ses pieds." Il leur dit : si cela a été enseigné, cela a été enseigné.

📜 Rachi (3)
וּמִי מָצֵית אָמְרַת דְּלָא מַצְרִיךְ ר"מ אַטְּבִילָה רִאשׁוֹנָה תְּרֵי קִידּוּשֵׁי:
Et peux-tu dire - que R. Meir n'exige pas deux kidouchim pour la première immersion.
וְהַתַּנְיָא כו' וְגַם טְבִילָה רִאשׁוֹנָה תַּנְיָא מִדְּלָא מִצְרָכוֹ לֵיהּ רַבָּנָן אֶלָּא חַד קִידּוּשׁ אֶלָּא טַעְמָא דְר"מ מִשּׁוּם דְּקָסָבַר תַּרְוַיְיהוּ מִשּׁוּם בְּגָדִים שֶׁהוּא לוֹבֵשׁ הֲוָה:
Mais n'a-t-on pas enseigné etc. - et c'est de la première immersion aussi qu'il a été enseigné [ainsi] ; du fait que les Sages ne lui exigent qu'un seul kidouch [alors que R. Meir en exige deux], c'est bien que la raison de R. Meir tient à ce qu'il considère que les deux viennent au titre des vêtements qu'il revêt.
אֲמַר לְהוּ אִי תַּנְיָא בְּהֶדְיָא דְּמַצְרִיךְ לֵיהּ תְּרֵי קִידּוּשֵׁי תַּנְיָא וּמֵהַהִיא אִיכָּא לְמִשְׁמַע דְּטַעֲמָא דְּר"מ מִשּׁוּם תַּרְוַיְיהוּ אַלְּבִישָׁה אֲבָל אִי לָא אַשְׁכַּחְייָתוּ מַתְנֵי' בְּהֶדְיָא לָא הֲוָה שָׁמְעִינַן לֵיהּ מִפְּלֻוגְתָּא דִּטְבִילָה שְׁנִיָּה דְּמַתְנִי' אִיכָּא לְפָרוּשֵׁי כִּדְאָמְרִינַן לְהוּ:
Il leur dit : si cela a été enseigné - explicitement, à savoir qu'il lui faut deux kidouchim, alors cela a été enseigné ; et de là on peut déduire que la raison de R. Meir est que les deux [kidouchim] portent sur le revêtissement. Mais si vous n'aviez pas trouvé cette [baraita] explicite, nous n'aurions pas pu le déduire de la divergence sur la deuxième immersion de notre michna, qu'il est possible d'expliquer comme je vous l'ai dit.
💡 Explication

La réfutation est textuelle, non logique. La baraita traite précisément de la première immersion -- celle où le kohen gadol quitte des vêtements profanes. Or R. Meir y exige deux kidouchim, là où le tana kama n'en donne qu'un.

Ce second kidouch est impossible à expliquer par le dévêtissement, puisqu'il porte sur du profane. Il ne peut donc venir que du revêtissement à venir. C'était exactement la lecture des élèves que Rav Papa avait écartée, et elle est ici attestée dans un texte tannaitique.

"I tanya tanya" -- "si cela a été enseigné, cela a été enseigné" : formule de rétractation. Rav Papa avait construit sa lecture par déduction à partir de la michna ; une baraita explicite la contredit, et le texte transmis l'emporte sur la reconstruction. Rachi souligne la nuance : sans cette baraita, la michna seule ne permettait pas de trancher.

🖼️ Schéma
La baraita qui tranche : la PREMIÈRE immersion selon les deux avis On quitte ici des vêtements PROFANES -- c'est tout l'enjeu. Tana kama (les Sages) 1. on étend le drap de boutz 2. il se dévêtit 3. il descend et s'immerge 4. il remonte et s'essuie 5. il revêt les vêtements d'or 6. il sanctifie mains et pieds UN seul kidouch Rabbi Meir 1. il se dévêtit 2. il sanctifie mains et pieds 3. il descend et s'immerge 4. il remonte et s'essuie 5. il revêt les vêtements d'or 6. il sanctifie mains et pieds DEUX kidouchim Le kidouch n. 2 de R. Meir ne peut pas venir du dévêtissement (profane) : il vient donc du revêtissement à venir. La reconstruction de Rav Papa tombe -- il répond : "i tanya tanya".
La baraita sur la première immersion : un kidouch chez le tana kama, deux chez R. Meir.
10
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, הַיְינוּ דְּמַשְׁכַּחַת לָהּ

Passe encore selon Rabbi Meir : c'est ainsi que tu trouves [la chose] -- [la suite en 32a].

💡 Explication

Ouverture de la question suivante, coupée par la fin de l'amoud. Une fois admis que, pour R. Meir, le premier kidouch de chaque immersion vient du revêtissement, la guemara va confronter cette position au compte traditionnel des cinq immersions et dix kidouchim du kohen gadol : selon R. Meir on retrouve bien le compte, mais selon les Sages il faudra en rendre raison autrement. La suite en Yoma 32a.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).