Yoma 32a -- Cinq immersions et dix kidouchim : pourquoi le verset "et Aharon viendra" est énoncé hors de son ordre, et les trois dérivations de Rabbi Yehouda, de Rabbi et de R. Elazar be-R. Chimon

Yoma 32a

Sougya : Le daf s'ouvre sur la fin de la discussion de 31b : les Sages, qui ne donnent qu'un seul kidouch à la première immersion puisque le kohen gadol y monte du profane, semblent n'arriver qu'à neuf kidouchim au lieu de dix ; ils répondent que le dixième se trouve à l'autre bout de la journée, lorsqu'il quitte les vêtements sacrés pour les vêtements profanes -- moment qui, pour Rabbi Meir, ne vaut aucun kidouch puisqu'il ne revêt plus rien de sacré. S'ouvre alors la sougya centrale de l'amoud : une baraita demande pourquoi le verset "et Aharon viendra à la tente d'assignation" (Lev.

16:23) est le seul de toute la paracha à être énoncé hors de l'ordre réel du service ; il n'y vient en effet que pour récupérer la cuiller et l'encensoir laissés dans le Saint des Saints. Rav Hisda répond par le calcul : les cinq immersions et les dix kidouchim sont une halakha le-Moche mi-Sinaï, et si l'on suivait l'ordre des versets on ne trouverait que trois immersions et six kidouchim -- il faut donc intercaler les deux béliers pour isoler la sortie de la cuiller et de l'encensoir et obtenir cinq alternances entre vêtements d'or et vêtements blancs.

La suite du daf confronte trois dérivations concurrentes de ces chiffres : Rabbi Yehouda les tire de la séquence ôter / se laver / revêtir de Lev. 16:23-24 ; Rabbi les tire de Lev.

16:4 en y ajoutant le hekech de "ce sont des vêtements sacrés", ce qui lui laisse le premier verset disponible pour les dix kidouchim ; R. Elazar be-R.

Chimon procède par kal va-homer depuis le kidouch exigé toute l'année, puis corrige la limite de son raisonnement -- qui ne donnerait qu'un seul kidouch -- grâce au mot superflu "qu'il avait revêtus", qui rapproche le dévêtissement du revêtissement. L'amoud se referme sur une objection restée ouverte : le verset de Rabbi Yehouda ne prouve l'immersion que pour le passage des vêtements blancs aux vêtements d'or ; d'où saura-t-on qu'elle vaut aussi dans l'autre sens ?

Yom Kippour : cinq services, cinq immersions, dix kidouchim Règle de base : chaque passage d'un service à un autre = 1 tevila (immersion) + 2 kidouchim (sanctification des mains et des pieds) No Service (avoda) Vêtements Immersion Kidouchim 1 Tamid du matin (avec l'encens du matin, les lampes, les havitin et le vin) OR (8) Tevila 1 K1 + K2 2 Service du jour : taureau et bouc, encens intérieur, aspersions dans le Saint des Saints BLANCS (4) Tevila 2 K3 + K4 3 Son bélier et le bélier du peuple (sur l'autel extérieur -- service de dehors) OR (8) Tevila 3 K5 + K6 4 Sortie de la kaf (cuiller) et de la mahta (encensoir) laissées entre les barres de l'arche -- service de dedans BLANCS (4) Tevila 4 K7 + K8 5 Moussafim et tamid de l'après-midi (et l'encens de l'après-midi, les lampes) OR (8) Tevila 5 K9 + K10 Total : CINQ tevilot et DIX kidouchim -- halakha le-Moche mi-Sinaï (Rav Hisda) Si l'on suivait l'ordre où les versets sont écrits, on ne trouverait que TROIS tevilot et SIX kidouchim Point discuté au début du daf : où tombent exactement le PREMIER kidouch du jour (on monte du profane) et le DERNIER (on redescend au profane) -- c'est la mahloket de Rabbi Meir et des Sages, qui doivent tous deux aboutir à dix.
La grille du jour : les cinq services alternent vêtements d'or et vêtements blancs ; chaque passage impose une immersion et deux kidouchim.
Pourquoi le verset "et Aharon viendra" (Lev. 16:23) est énoncé hors de l'ordre Toute la paracha suit l'ordre réel du service -- sauf ce verset. Rav Hisda : parce que sinon on ne trouve pas les cinq tevilot. A. En suivant l'ordre des versets la sortie de la kaf et de la mahta reste collée au service intérieur 1. Tamid du matin vêtements d'OR tevila 1 -- changement 2. Service du jour + sortie de la kaf et de la mahta (d'un seul tenant) vêtements BLANCS tevila 2 -- changement 3. Les deux béliers + moussafim + tamid de l'après-midi vêtements d'OR 3 tevilot seulement, 6 kidouchim contredit la tradition reçue -- impossible -> on déplace le verset B. Ordre réel du service les béliers s'intercalent, la kaf et la mahta sortent APRÈS 1. Tamid du matin -- OR 2. Service du jour -- BLANCS 3. Son bélier et le bélier du peuple -- OR 4. Sortie de la kaf et de la mahta -- BLANCS 5. Moussafim et tamid du soir -- OR 5 tevilot, 10 kidouchim conforme à la halakha le-Moche mi-Sinaï Deux services extérieurs encadrent désormais la sortie de la kaf : cela crée deux changements de vêtements supplémentaires. Tossefot : le verset seul ne suffirait pas (on croirait à trois changements) et la halakha seule ne suffirait pas non plus (on pourrait immerger cinq fois de suite). Il faut les deux : la halakha donne le nombre, le verset donne les emplacements.
Le coeur du daf : si le verset Lev. 16:23 était à sa place, il n'y aurait que trois immersions. Le déplacer en crée cinq.
Trois voies pour tirer des versets les cinq tevilot et les dix kidouchim Chacun doit fournir deux choses : le NOMBRE d'immersions (cinq) et le fait que chaque immersion porte DEUX kidouchim Rabbi Yehouda Lev. 16:23-24 "il ÔTERA les vêtements de lin ... il SE LAVERA la chair ... et il REVÊTIRA ses vêtements" Tu apprends de là : quiconque passe d'un service à un autre requiert une tevila 5 services (voir plus bas) = 5 tevilot Pour les kidouchim : le même verset ne peut pas tout porter -- il faut encore montrer que l'or et le blanc s'appellent l'un l'autre (fin de l'amoud). Question ouverte à la fin : on a trouvé blanc -> or, mais or -> blanc, d'où ? Rabbi (Yehouda ha-Nassi) Lev. 16:4 "tunique de lin sacrée ... CE SONT DES VÊTEMENTS SACRÉS, il lavera sa chair et les revêtira" La tevila est tirée d'ici (passage du tamid au service intérieur du jour) "ce sont des vêtements sacrés" hekech : or et blanc égalisés Le verset 16:23-24 reste alors libre : il sert aux KIDOUCHIM ou-fachat / ve-RAHATS / ve-lavach le lavage est placé au milieu un kidouch pour le dévêtissement, un pour le revêtissement = 2 x 5 R. Elazar be-R. Chimon kal va-homer Toute l'année : le kohen entre servir SANS tevila de la Torah -- et pourtant il doit un kidouch (Ex. 40:32) À plus forte raison à Yom Kippour, où l'on exige une tevila : il faut un kidouch Objection : le kal va-homer ne donne qu'UN SEUL kidouch, comme la-bas Réponse : "les vêtements de lin QU'IL AVAIT REVÊTUS" mot superflu -- ôte-t-on autre chose que ce qu'on a revêtu ? hekech pechita = levicha 2 kidouchim par tevila Les trois voies aboutissent au même résultat -- 5 tevilot, 10 kidouchim -- mais elles n'utilisent pas les mêmes versets : celui que l'un dépense pour les immersions, l'autre le garde pour les kidouchim (voir Rachi sur "talmoud lomar ou-fachat ve-rahats").
Rabbi Yehouda, Rabbi et R. Elazar be-R. Chimon : trois dérivations concurrentes des cinq tevilot et des dix kidouchim.
1
עֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין. אֶלָּא לְרַבָּנָן, תִּשְׁעָה הָווּ! אָמְרִי לָךְ רַבָּנָן: קִידּוּשָׁא בָּתְרָא, כִּי פָּשֵׁיט בִּגְדֵי קֹדֶשׁ וְלָבֵישׁ בִּגְדֵי חוֹל, עֲבִיד לֵיהּ הָתָם.

[...] dix kidouchim (sanctifications des mains et des pieds). Mais selon les Sages, il n'y en aurait que neuf !

Les Sages te répondront : le dernier kidouch, celui qu'il accomplit lorsqu'il ôte les vêtements sacrés et revêt des vêtements profanes [à la fin de la journée] -- c'est là qu'il le fait.

📜 Rachi (5)
עֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין לְחָמֵשׁ טְבִילוֹת:
Pour les cinq immersions : deux kidouchim par immersion.
תִּשְׁעָה הָווּ דְּחָסְרָא לֵיהּ טְבִילָה רִאשׁוֹנָה חַד קִידּוּשׁ:
Car il manque un kidouch à la première immersion.
אָמְרִי לָךְ רַבָּנָן קִידּוּשׁ עֲשִׂירִי הֶחָסֵר כָּאן:
Les Sages te répondront -- au sujet du dixième kidouch, celui qui manque ici.
קִידּוּשָׁא בָּתְרָא כְּשֶׁגָּמַר עֲבוֹדַת כָּל הַיּוֹם וּפוֹשֵׁט בִּגְדֵי קֹודֶשׁ וְלוֹבֵשׁ בִּגְדֵי חוֹל:
Le dernier kidouch : lorsqu'il a achevé le service de toute la journée, qu'il ôte les vêtements sacrés et revêt des vêtements profanes.
עֲבִיד לֵיהּ הָתָם כְּשֶׁבָּא לִפְשֹׁוט בִּגְדֵי קוֹדֶשׁ דִּלְדִידַן סְבִירָא לָן קִידּוּשׁ חַד אַפְּשִׁיטָה וְחַד אַלְּבִישָׁה וְלֵר' מֵאִיר לָא מְקַדֵּשׁ מִידִי שֶׁהֲרֵי אֵינוֹ בָּא לִלְבֹּושׁ בִּגְדֵי קוֹדֶשׁ:
Il l'accomplit là-bas -- quand il vient ôter les vêtements sacrés. Car selon nous [les Sages] nous tenons qu'il y a un kidouch pour le dévêtissement et un pour le revêtissement [de sorte que cette pechita finale a bien son kidouch] ; tandis que selon Rabbi Meir il ne sanctifie rien là, puisqu'il ne vient pas revêtir des vêtements sacrés.
💡 Explication

Suite directe de 31b. Le compte traditionnel est de cinq immersions et dix kidouchim. Pour Rabbi Meir, le kidouch est suspendu au revêtissement des vêtements sacrés, et la baraita de 31b lui fait exiger malgré tout deux kidouchim dès la première immersion : il arrive donc à dix sans difficulté.

Pour les Sages, un kidouch accompagne le dévêtissement (pechita) et un autre le revêtissement (levicha). Or à la première immersion il monte du profane (hol) : il n'ôte aucun vêtement sacré, donc pas de kidouch de la pechita. Le compte tombe à neuf.

Réponse : le dixième kidouch existe bien, mais à l'autre bout de la journée. Quand, le service achevé, il quitte les vêtements sacrés pour les vêtements profanes, cette pechita-là exige un kidouch selon les Sages. Pour R. Meir, au contraire, ce moment ne vaut rien -- il ne revêt rien de sacré ensuite (Rachi).

🖼️ Schéma
Comment chacun arrive-t-il à DIX kidouchim ? Le désaccord de 31b : le kidouch accompagne-t-il le REVÊTISSEMENT (R. Meir) ou aussi le DÉVÊTISSEMENT (Sages) ? Rabbi Meir le kidouch est suspendu au revêtissement du sacré Tevila 1 (on monte du profane) 2 Tevila 2 2 Tevila 3 2 Tevila 4 2 Tevila 5 2 Fin du jour : il ôte le sacré, revêt le profane -> aucun kidouch (il ne revêt rien de sacré) 0 Total = 10 Les Sages (rabbanan) un kidouch pour ôter, un kidouch pour revêtir Tevila 1 : rien à ôter de sacré -> 1 seul 1 Tevila 2 2 Tevila 3 2 Tevila 4 2 Tevila 5 2 Fin du jour : il ôte le sacré, revêt le profane -> le kidouch de la pechita compte ici 1 Total = 10 Le total est identique, mais le dixième kidouch n'est pas au même endroit : R. Meir le place au DÉBUT (avant de revêtir l'or du tamid du matin), les Sages à la FIN (en quittant les vêtements sacrés pour les vêtements profanes). Rachi ad loc.
Les deux comptes aboutissent à dix, mais le dixième kidouch n'est pas au même bout de la journée.
2
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וּבָא אַהֲרֹן אֶל אֹהֶל מוֹעֵד״, לָמָּה הוּא בָּא? אֵינוֹ בָּא אֶלָּא לְהוֹצִיא אֶת הַכַּף וְאֶת הַמַּחְתָּה. (שֶׁכָּל) הַפָּרָשָׁה כֻּולָּהּ נֶאֶמְרָה עַל הַסֵּדֶר, חוּץ מִפָּסוּק זֶה. מַאי טַעְמָא?

Nos maîtres ont enseigné : "Et Aharon viendra à la tente d'assignation" (Lev. 16:23) -- pourquoi vient-il [là] ?

Il ne vient que pour en sortir la kaf (cuiller à encens) et la mahta (encensoir). Car toute la paracha a été énoncée dans l'ordre, sauf ce verset.

Quelle en est la raison ?

📜 Rachi (5)
וּבָא אַהֲרֹן אֶל אֹהֶל מוֹעֵד נֶאֱמַר אַחַר שֶׁגָּמַר הַקְטָרָה וּמַתַּן דָּמִים פַּר וְשָׂעִיר:
"Et Aharon viendra à la tente d'assignation" -- ce verset est énoncé après qu'il a achevé l'encensement et l'aspersion du sang du taureau et du bouc.
לָמָּה הוּא בָּא אֶל הַהֵיכָל הֲרֵי גְּמַר עֲבוֹדוֹתָיו אַף בְּמִקְרָא זֶה לֹא פֵּירֵשׁ מַה יַעֲשֶׂה לְשֵׁם:
Pourquoi vient-il -- dans le Heikhal ? Il a pourtant achevé ses services ; et ce verset lui-même ne précise pas ce qu'il doit y faire.
אֵינוֹ בָּא אֶלָּא לְהוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה שֶׁהִנִּיחַ בֵּין הַבַּדִּים כְּדִכְתִיב וְנָתַן אֶת הַקְּטֹרֶת עַל הָאֵשׁ וְגוֹ':
Il ne vient que pour sortir la cuiller et l'encensoir -- qu'il avait déposés entre les barres [de l'arche], comme il est écrit : "et il posera l'encens sur le feu, etc."
שֶׁכָּל הַפָּרָשָׁה נֶאֶמְרוּ הַמִּקְרָאוֹת עַל סֵדֶר הָעֲבוֹדוֹת הַמֻּחְלָפוֹת כְּסִידְרָן בַּפָּרָשָׁה כָּךְ סֵדֶר עֲבוֹדָתָם חוּץ מִמִּקְרָא זֶה שֶׁכָּתַב הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה עִם עֲבוֹדוֹת הַפְּנִימִיּוֹת וְלֹא הִפְסִיק עֲבוֹדַת אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם בֵּנְתַיִים וְהָיָה לוֹ לִכְתֹּוב בַּתְּחִילָּה וְיָצָא וְעָשָׂה אֶת עֹולָתוֹ וְגוֹ' וְאַחַ"כּ וּבָא אַהֲרֹן לְהוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה וְאַחַ"כּ וּפָשַׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד וְהִנִּיחָם שָׁם וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם וְלָבַשׁ אֶת בְּגָדָיו שְׁמוֹנָה שֶׁל כָּל הַשָּׁנָה וְעָשָׂה הַמּוּסָפִין וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם:
Toute la paracha -- les versets ont été énoncés selon l'ordre des services qui alternent : tel est leur ordre dans la paracha, tel est l'ordre de leur accomplissement. Sauf ce verset, qui inscrit la sortie de la cuiller et de l'encensoir avec les services intérieurs, sans intercaler entre-temps le service de son bélier et du bélier du peuple. Il aurait fallu écrire d'abord "et il sortira et fera son holocauste, etc.", puis "et Aharon viendra" pour sortir la cuiller et l'encensoir, puis "et il ôtera les vêtements de lin et les déposera là, et il lavera sa chair dans l'eau et revêtira ses vêtements" -- les huit vêtements de toute l'année -- et il fera les moussafim et le tamid de l'après-midi.
מַאי טַעְמָא צָרִיךְ לְהַפְסִיק בְּאֵילוֹ וְאַיִל עַם בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם לְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה:
Quelle en est la raison -- pour laquelle il faut interrompre par son bélier et le bélier du peuple entre le service du jour et la sortie de la cuiller et de l'encensoir ?
💡 Explication

Nouvelle sougya. Le verset Lev. 16:23 dit qu'Aharon vient à la tente d'assignation, sans préciser pour quoi faire -- et il est placé juste après l'encens et les aspersions du taureau et du bouc, alors qu'il a déjà achevé son service intérieur. La baraita répond : il y vient pour récupérer la kaf et la mahta qu'il avait laissées entre les barres de l'arche.

Mais alors le verset est mal placé. Le principe de lecture posé ici est fort : toute la paracha de Yom Kippour est énoncée dans l'ordre réel du service -- ce qui est écrit avant se fait avant. Ce verset est la seule exception : dans les faits, le kohen gadol sort d'abord offrir son bélier et le bélier du peuple, et ce n'est qu'ensuite qu'il rentre chercher la cuiller et l'encensoir.

La question mai taama porte donc sur la nécessité de cette interruption : pourquoi couper le service intérieur par deux sacrifices extérieurs ?

3
אָמַר רַב חִסְדָּא: גְּמִירִי, חָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין טוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם. וְאִי כְּסִדְרָן, לָא מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ אֶלָּא שָׁלֹשׁ טְבִילוֹת וְשִׁשָּׁה קִידּוּשִׁין.

Rav Hisda dit : nous le tenons par tradition -- cinq immersions (tevilot) et dix kidouchim, voilà ce que le kohen gadol s'immerge et sanctifie en ce jour. Or si [les services se déroulaient] dans l'ordre où les versets sont écrits, tu n'y trouverais que trois immersions et six kidouchim.

📜 Rachi (4)
אָמַר רַב חִסְדָּא גְּמִירִי הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי:
Rav Hisda dit : nous le tenons par tradition -- il s'agit d'une halakha le-Moche mi-Sinaï.
חָמֵשׁ טְבִילוֹת בּוֹ בַּיּוֹם:
Cinq immersions -- en ce jour même.
וְאִי כְּסִידְרָן שֶׁל עֲבוֹדוֹת כְּתִיב מִקְרָא זֶה:
Et si [c'était] dans leur ordre -- si ce verset était écrit selon l'ordre réel des services.
לָא מַשְׁכַּחַת בָּהֶן אֶלָּא שָׁלֹשׁ טְבִילוֹת אַחַת לְתָמִיד שֶׁל שַׁחַר וְאַחַת בֵּינוֹ וּבֵין עֲבוֹדַת הַיּוֹם כֻּולָּהּ עִם הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה וְאַחַת בֵּין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה לְאֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וְעִמָּהֶם הַמּוּסָפִין וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם לְפִיכָךְ צָרִיךְ לְהַפְסִיק אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם בֵּין עֲבוֹדַת הַיּוֹם לְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה וְהוֹצָאָתָן תַּפְסִיק בֵּין אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם לְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם הֲרֵי חָמֵשׁ תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר בְּבִגְדֵי זָהָב עֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי לָבָן אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם בְּבִגְדֵי זָהָב עַל הַמִּזְבֵּחַ הַחִיצוֹן הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה בְּבִגְדֵי לָבָן וּמוּסָפִין וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם בְּבִגְדֵי זָהָב:
Tu n'y trouverais que trois immersions -- une pour le tamid du matin ; une entre celui-ci et tout le service du jour, sortie de la cuiller et de l'encensoir comprise ; et une entre la sortie de la cuiller et de l'encensoir et son bélier et le bélier du peuple, auxquels se joignent les moussafim et le tamid de l'après-midi. C'est pourquoi il faut intercaler son bélier et le bélier du peuple entre le service du jour et la sortie de la cuiller et de l'encensoir, et la sortie de celles-ci séparera à son tour son bélier et le bélier du peuple du tamid de l'après-midi. Voilà cinq : le tamid du matin en vêtements d'or ; le service du jour en vêtements blancs ; son bélier et le bélier du peuple en vêtements d'or sur l'autel extérieur ; la sortie de la cuiller et de l'encensoir en vêtements blancs ; les moussafim et le tamid de l'après-midi en vêtements d'or.
🗂️ Tossefot (2)
גְּמִירִי חָמֵשׁ טְבִילוֹת וְכוּ' תֵּימַהּ לִי אִי הִלְכְתָא קָרָא לָמָּה לִי לְקַמָּן וי"ל אִי לָאו קְרָא הֲוָה אָמֵינָא חָמֵשׁ טְבִילוֹת יִטְבֹּול אֲפִילּוּ בְּזֶה אַחַר זֶה כֻּולָּם בְּיַחַד לְהָכִי אִצְטְרִיךְ קְרָא דִּכְשֶׁהוּא מְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה עֲבִיד לְהוּ וְאִי לָאו הִלְכְתָא הֲוָה אֲמִינָא אֵינוֹ מְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה אֶלָּא ג' פְּעָמִים דְּהָווּ לְהוּ ג' טְבִילוֹת וְתוּ לָא:
Il m'est étonnant : si c'est une halakha [transmise de Sinaï], à quoi bon le verset invoqué plus loin ? On peut répondre : sans le verset, j'aurais pu dire qu'il accomplit les cinq immersions même l'une après l'autre, toutes ensemble ; c'est pourquoi le verset est nécessaire, pour enseigner qu'il les fait au moment où il passe d'un service à un autre. Et sans la halakha, j'aurais pu dire qu'il ne change de service que trois fois, ce qui ne donnerait que trois immersions et pas davantage.
וְאִי כְּסִדְרָן לָא מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ ה' טְבִילוֹת וא"ת וּמִנָּלַן דְּהַאי קְרָא שֶׁלֹּא עַל הַסֵּדֶר נֶאֱמַר טְפֵי מִשְּׁאָר קְרָאֵי דִּילְמָא קְטֹורֶת דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים שֶׁלֹּא עַל הַסֵּדֶר נֶאֱמַר וּמַשְׁכַּחַת לָהּ ה' עֲבוֹדוֹת תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר בְּבִגְדֵי זָהָב קְטֹורֶת דיוה"כ בְּבִגְדֵי לָבָן אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם בְּבִגְדֵי זָהָב עֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי לָבָן מוּסָפִין וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם בְּבִגְדֵי זָהָב וי"ל אִם אִיתָא דְּלָא הֲוָה הֶפְסֵק בֵּין הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה לַעֲבוֹדַת הַיּוֹם שֶׁלְּפָנֶיהָ לָמָּה נֶאֱמַר בָּהּ וּבָא אַהֲרֹן וְהָא הָתָם קָאֵי אֶלָּא ש"מ מִשּׁוּם דְּאַפְסְקָה בַּעֲבוֹדָה חִיצוֹנָה לְהָכִי כְּתַב וּבָא וא"ת א"כ לֵימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב וּבָא אַהֲרֹן ש"מ שֶׁלֹּא עַל הַסֵּדֶר נֶאֱמַר וּמַאי אִיצְטְרִיךְ רַב חִסְדָּא לְמֵימַר טַעְמָא מִשּׁוּם דִּגְמִירִי ה' טְבִילוֹת וי"ל דְּהֵ"א גְּזֵירַת הַכָּתוּב הוּא שֶׁיּוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה לְאַחַר גְּמַר עֲבוֹדַת פְּנִים וְשׁוּב חוֹזֵר לִפְנִים וּפוֹשֵׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד וְהִנִּיחָם שָׁם וְשׁוּב יוֹצֵא וְעוֹשֶׂה אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם וּמוּסָפִין וְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם וא"ת וְאֵימָא דְּהַאי וּבָא אַהֲרֹן לָאו לְהוֹצִיא כַּף וּמַחְתָּה אֶלָּא לְהַפְסִיק בַּעֲבוֹדַת פָּנִים וְנֵימָא וּבָא אַהֲרֹן לְהַקְטִיר קְטֹורֶת אוֹ לְהַזָּאַת פַּר וְשָׂעִיר וְאִי מִשּׁוּם ה' טְבִילוֹת נֵימָא דְּמַפְסִיק בְּאֵילּוּ וְאֵיל הָעָם בֵּין קְטֹורֶת לְהַזָּאוֹת אֲבָל הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה מִנָּלַן דַּעֲבוֹדָה הִיא לְהַצְרִיךְ לָהּ טְבִילָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ י"ל מִשּׁוּם דִּכְבָר כָּתַב בְּכוּלְּהוּ עֲבוֹדוֹת הַיּוֹם וּבָא וְהֵבִיא אֲבָל הוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה לָא כְּתִיב לְהָכִי אִיכָּא לְמֵימַר דִּבְהוֹצָאַת כַּף וּמַחְתָּה אַיְירֵי:
On peut objecter : d'où savons-nous que c'est précisément ce verset-ci qui est énoncé hors de l'ordre, plutôt qu'un autre ? Peut-être est-ce l'encens de Yom Kippour qui est énoncé hors de l'ordre, et l'on trouverait alors cinq services : le tamid du matin en vêtements d'or, l'encens de Yom Kippour en vêtements blancs, son bélier et le bélier du peuple en vêtements d'or, le service du jour en vêtements blancs, les moussafim et le tamid de l'après-midi en vêtements d'or. On peut répondre : s'il n'y avait pas d'interruption entre la sortie de la cuiller et de l'encensoir et le service du jour qui la précède, pourquoi le verset dirait-il à son propos "et Aharon viendra" ? Il se tient déjà là-bas ! Il faut donc en déduire que c'est parce qu'un service extérieur s'est intercalé que l'Écriture a écrit "et il viendra". On objectera alors : si c'est ainsi, qu'on dise simplement que du fait qu'il est écrit "et Aharon viendra", on apprend que ce n'est pas dans l'ordre -- pourquoi Rav Hisda a-t-il eu besoin d'invoquer la tradition des cinq immersions ? On peut répondre : j'aurais pu croire que c'est un décret de l'Écriture qu'il sorte la cuiller et l'encensoir après avoir achevé le service intérieur, qu'il retourne ensuite à l'intérieur, qu'il ôte les vêtements de lin et les dépose là, puis qu'il ressorte pour accomplir son bélier et le bélier du peuple, les moussafim et le tamid de l'après-midi. On objectera encore : et si l'on disait que ce "et Aharon viendra" ne vise pas la sortie de la cuiller et de l'encensoir, mais une interruption au sein même du service intérieur -- disons "et Aharon viendra" pour faire fumer l'encens, ou pour les aspersions du taureau et du bouc ; et quant aux cinq immersions, disons qu'il interrompt par son bélier et le bélier du peuple entre l'encens et les aspersions. D'où saurions-nous alors que la sortie de la cuiller et de l'encensoir est un service qui exige une immersion propre ? On peut répondre : pour tous les services du jour l'Écriture a déjà écrit "et il viendra" et "et il apportera", tandis que pour la sortie de la cuiller et de l'encensoir rien n'est écrit -- il y a donc lieu de dire que c'est bien d'elle qu'il s'agit.
💡 Explication

Voici la réponse de Rav Hisda, et c'est la clef de tout le daf. Le nombre de cinq immersions et de dix kidouchim est une halakha le-Moche mi-Sinaï (Rachi) : une donnée traditionnelle, non déduite d'un verset. Elle sert ici de contrainte de calcul.

Fais le compte en suivant l'ordre des versets : tamid du matin en or, puis tout le service intérieur y compris la sortie de la kaf et de la mahta en blanc, puis les béliers, les moussafim et le tamid du soir en or. Cela ne fait que trois séquences, donc trois immersions et six kidouchim. Le compte traditionnel est ruiné.

La seule façon d'obtenir cinq alternances est de déplacer la sortie de la kaf et de la mahta après les deux béliers : elle devient alors une quatrième séquence isolée, en blanc, entre deux séquences en or. C'est pourquoi ce verset -- et lui seul -- est énoncé hors de son ordre.

🖼️ Schéma
Pourquoi faut-il À LA FOIS la tradition et le verset ? (question de Tossefot) La halakha le-Moche mi-Sinaï "cinq tevilot et dix kidouchim en ce jour" Elle donne le NOMBRE. Sans le verset, on aurait pu croire qu'il les fait n'importe quand, même cinq fois de suite d'affilée. -> le nombre sans les emplacements Le verset (ou-fachat ... ve-rahats ... ve-lavach) "quiconque change de service doit s'immerger" Il donne les EMPLACEMENTS. Sans la halakha, on aurait compté seulement trois changements de service -- donc trois tevilot, et pas plus. -> les emplacements sans le nombre + Les deux ensemble : CINQ immersions, placées aux CINQ changements de service C'est ce croisement qui force à lire le verset "et Aharon viendra" hors de son ordre : seul le déplacement de la sortie de la kaf et de la mahta produit cinq alternances.
Tossefot : la tradition fournit le nombre, le verset fournit les emplacements ; aucune des deux ne suffit seule.
4
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִנַּיִן לְחָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין שֶׁטּוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא אַהֲרֹן אֶל אֹהֶל מוֹעֵד וּפָשַׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד וְרָחַץ בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ וְלָבַשׁ אֶת בְּגָדָיו וְיָצָא וְעָשָׂה״. הָא לָמַדְתָּ שֶׁכָּל הַמְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה טָעוּן טְבִילָה.

Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda dit : d'où apprend-on les cinq immersions et les dix kidouchim que le kohen gadol s'immerge et sanctifie en ce jour ? L'Écriture dit : "Et Aharon viendra à la tente d'assignation, il ôtera les vêtements de lin [...], il lavera sa chair dans l'eau en lieu saint, il revêtira ses vêtements, il sortira et fera [son holocauste]" (Lev.

16:23-24). Tu apprends de là que quiconque passe d'un service à un autre requiert une immersion.

📜 Rachi (2)
וְלָבַשׁ אֶת בְּגָדָיו שְׁמוֹנָה בְּגָדִים הַמְיֻוחָדִים לוֹ כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה:
"Et il revêtira ses vêtements" -- les huit vêtements qui lui sont propres tout le reste de l'année.
מֵעֲבוֹדָה לָעֲבוֹדָה מֵעֲבוֹדַת פְּנִים לַעֲבוֹדַת חוּץ וה"ה מִחוּץ לִפְנִים וּלְקַמָּן מְסַיֵּים מִילְּתֵיהּ וְקָתָנֵי חָמֵשׁ עֲבוֹדוֹת הָווּ הֲרֵי חָמֵשׁ טְבִילוֹת:
D'un service à un autre -- du service intérieur au service extérieur, et il en va de même de l'extérieur vers l'intérieur. Plus loin il achève son propos et enseigne qu'il y a cinq services : voilà donc cinq immersions.
💡 Explication

Première des trois dérivations. Rabbi Yehouda lit dans la séquence du verset -- ôter / se laver / revêtir -- une règle générale : kol ha-méchané me-avoda le-avoda taoun tevila, quiconque change de service doit s'immerger.

Rachi précise deux points. D'abord "il revêtira ses vêtements" désigne les huit vêtements du kohen gadol, ceux qu'il porte tout le reste de l'année. Ensuite, la règle vaut dans les deux sens -- de l'intérieur vers l'extérieur comme de l'extérieur vers l'intérieur -- point qui sera précisément questionné à la fin de l'amoud.

5
אָמַר רַבִּי: מִנַּיִן לְחָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין שֶׁטּוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כְּתֹונֶת בַּד קֹודֶשׁ יִלְבָּשׁ וּמִכְנְסֵי בַד יִהְיוּ עַל בְּשָׂרוֹ וּבְאַבְנֵט בַּד יַחְגֹּור וּבְמִצְנֶפֶת בַּד יִצְנֹוף בִּגְדֵי קֹדֶשׁ הֵם וְרָחַץ בַּמַּיִם אֶת בְּשָׂרוֹ וּלְבֵשָׁם״, הָא לָמַדְתָּ שֶׁכָּל הַמְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה — טָעוּן טְבִילָה. וְאוֹמֵר: ״בִּגְדֵי קֹדֶשׁ הֵם״, הֻוקְשׁוּ כָּל הַבְּגָדִים כֻּולָּן זֶה לָזֶה.

Rabbi [Yehouda ha-Nassi] dit : d'où apprend-on les cinq immersions et les dix kidouchim que le kohen gadol s'immerge et sanctifie en ce jour ? De ce qu'il est dit : "Il revêtira une tunique de lin sacrée, des caleçons de lin seront sur sa chair, il se ceindra d'une ceinture de lin et se coiffera d'une mitre de lin ; ce sont des vêtements sacrés, et il lavera sa chair dans l'eau puis les revêtira" (Lev.

16:4). Tu apprends de là que quiconque passe d'un service à un autre requiert une immersion.

Et il est dit : "ce sont des vêtements sacrés" -- tous les vêtements ont été rapprochés (hekech) les uns des autres.

📜 Rachi (2)
כְּתֹונֶת בַּד קֹודֶשׁ יִלְבָּשׁ וְרָחַץ בַּמַּיִם וְגוֹ' הֲרֵי כְּשֶׁהוּא מְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדַת הַתָּמִיד לְהַתְחִיל בַּעֲבוֹדַת הַיּוֹם שֶׁהִיא פְּנִימִית כְּדִכְתִיב בָּתְרֵיהּ וְלָקַח אֶת שְׁנֵי הַשְּׂעִירִים וְגוֹ' וְכוּלֵּיהּ עִנְיָינָא:
"Il revêtira une tunique de lin sacrée [...] et il lavera dans l'eau, etc." -- voilà donc le cas où il passe du service du tamid au commencement du service du jour, qui est un service intérieur, comme il est écrit ensuite "et il prendra les deux boucs, etc.", et tout le passage.
וְאוֹמֵר בִּגְדֵי קֹדֶשׁ הֵם בְּתוֹךְ מִקְרָא זֶה עַצְמוֹ לִדְרוֹשׁ יֵשׁ לְךָ שָׁלֹשׁ תֵּיבוֹת הַלָּלוּ שֶׁהֵן יְתֵירוֹת כֻּולָּן וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ מַאי דְּרָשָׁה:
Et il est dit "ce sont des vêtements sacrés" -- dans ce verset même, tu as ces trois mots à exposer, car ils sont tous superflus ; plus loin on explique quelle est cette derasha.
💡 Explication

Deuxième dérivation. Rabbi ne part pas du verset 16:23 mais de 16:4, où l'immersion (ve-rahats) précède le revêtissement des vêtements de lin. Rachi : c'est exactement le moment où il quitte le service du tamid pour commencer le service intérieur du jour.

Mais ce verset ne parle que des vêtements blancs. D'où le second temps : les trois mots "ce sont des vêtements sacrés" sont superflus, donc disponibles pour une derasha. Ils opèrent un hekech (rapprochement) : tous les vêtements sont mis sur le même plan, de sorte que le passage aux vêtements d'or exige lui aussi une immersion.

Conséquence économique importante : puisque Rabbi tire les immersions de 16:4, le verset 16:23-24 lui reste libre -- et il l'emploiera au segment suivant pour les kidouchim.

6
וְחָמֵשׁ עֲבוֹדוֹת הֵן: תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר בְּבִגְדֵי זָהָב, עֲבוֹדַת הַיּוֹם בְּבִגְדֵי לָבָן, אֵילוֹ וְאֵיל הָעָם בְּבִגְדֵי זָהָב, כַּף וּמַחְתָּה בְּבִגְדֵי לָבָן, תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם בְּבִגְדֵי זָהָב.

Et les services sont au nombre de cinq : le tamid du matin en vêtements d'or ; le service du jour en vêtements blancs ; son bélier et le bélier du peuple en vêtements d'or ; la kaf et la mahta en vêtements blancs ; le tamid de l'après-midi en vêtements d'or.

📜 Rachi (1)
וְחָמֵשׁ עֲבוֹדוֹת הֵן אָתְיָא בֵּין לְרַבִּי בֵּין לר"י:
Et les services sont au nombre de cinq -- cela vaut aussi bien selon Rabbi que selon Rabbi Yehouda.
💡 Explication

La liste canonique des cinq services, qui donne son ossature à toute la journée. Elle alterne dehors / dedans et, corollairement, vêtements d'or (les huit) et vêtements blancs (les quatre vêtements de lin). Chaque bascule impose une immersion, et chaque immersion deux kidouchim.

Rachi note que cette liste vaut aussi bien selon Rabbi que selon Rabbi Yehouda : leur désaccord porte sur les versets d'où l'on tire la règle, pas sur le déroulé effectif du jour.

🖼️ Schéma
Les cinq services : l'alternance OR / BLANC Dedans en blanc (les quatre vêtements de lin), dehors en or (les huit vêtements) -- et l'on s'immerge à chaque bascule 1. Tamid du matin DEHORS vêtements d'or 2. Service du jour DEDANS vêtements blancs 3. Les deux béliers DEHORS vêtements d'or 4. Kaf et mahta DEDANS vêtements blancs 5. Tamid du soir DEHORS vêtements d'or tevila tevila tevila tevila tevila 1 Cette liste vaut aussi bien selon Rabbi que selon Rabbi Yehouda (Rachi) : ils divergent sur les versets d'où l'on tire la règle, non sur la liste des services. Quatre bascules + l'entrée en service au matin = cinq immersions, chacune encadrée de deux kidouchim (un pour ôter, un pour revêtir) : dix en tout.
L'alternance or / blanc des cinq services : c'est elle qui produit mécaniquement les cinq immersions.
7
וּמִנַּיִן שֶׁכָּל טְבִילָה וּטְבִילָה צְרִיכָה שְׁנֵי קִידּוּשִׁין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּפָשַׁט ... וְרָחַץ״, ״וְרָחַץ ... וְלָבַשׁ״

Et d'où [apprend-on] que chaque immersion requiert deux kidouchim ? L'Écriture dit : "il ôtera [...] et il lavera", "il lavera [...] et il revêtira".

📜 Rachi (1)
ת"ל וּפָשַׁט וְרָחַץ וְגוֹ' הַךְ מִילְּתָא רַבִּי קָאָמַר לָהּ דִּגְמַר טְבִילוֹת מִוְּרַחַץ בְּמַיִם דִּכְתִיב בְּבִגְדֵי לָבָן וְאִיַּיתַּר לֵיהּ הַאי קְרָא דר"י וּדְרֵישׁ לָהּ לְקִידּוּשִׁין וּפָשַׁט וְרָחַץ וְרָחַץ וְלָבַשׁ הֵטִיל הַכָּתוּב וְרָחַץ בֵּין וּפָשַׁט וְלָבַשׁ לִיתֵּן רְחִיצָה לִפְשִׁיטָה וּרְחִיצָה לִלְבִישָׁה:
"L'Écriture dit : il ôtera [...] et il lavera, etc." -- c'est Rabbi qui énonce ce propos. Ayant déduit les immersions de "il lavera dans l'eau" écrit à propos des vêtements blancs, le verset invoqué par Rabbi Yehouda lui reste disponible, et il l'expose pour les kidouchim : "il ôtera et il lavera", "il lavera et il revêtira". L'Écriture a placé "il lavera" entre "il ôtera" et "il revêtira" pour donner une ablution au dévêtissement et une ablution au revêtissement.
💡 Explication

C'est Rabbi qui poursuit (Rachi). Ayant tiré les immersions de 16:4, il dispose encore du verset 16:23-24, qu'il exploite pour les kidouchim.

L'argument tient à la position du mot : l'Écriture a placé ve-rahats ("il lavera") entre ou-fachat ("il ôtera") et ve-lavach ("il revêtira"). On le rapporte donc aux deux côtés à la fois, comme s'il était écrit deux fois : une ablution pour la pechita et une pour la lévicha. Cinq immersions x deux = dix kidouchim.

Attention au vocabulaire : ici "rehitsa" ne désigne pas l'immersion du corps mais le kidouch, le lavage des mains et des pieds au kiyor.

8
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, קַל וָחֹומֶר: וּמַה בִּמְקוֹם שֶׁאֵין טָעוּן טְבִילָה — טָעוּן קִידּוּשׁ, מָקוֹם שֶׁטָּעוּן טְבִילָה — אֵינוֹ דִּין שֶׁטָּעוּן קִידּוּשׁ.

Rabbi Elazar be-Rabbi Chimon dit : [cela s'apprend] par un kal va-homer (à fortiori). Si la où l'on n'exige aucune immersion on exige pourtant un kidouch, là où l'on exige une immersion, n'est-il pas juste qu'on exige un kidouch ?

📜 Rachi (3)
מַה מָקוֹם שֶׁאֵין טָעוּן טְבִילָה כָּל יְמוֹת הַשָּׁנָה הַבָּא לַעֲבֹוד אֵין טָעוּן טְבִילָה מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים לִזְכֹּור טֻומְאָה יְשָׁנָה:
Là où l'on n'exige aucune immersion -- tout le reste de l'année, celui qui vient servir n'est pas tenu de s'immerger selon la Torah, mais seulement d'après les paroles des Sages (divrei sofrim), pour se souvenir d'une impureté ancienne.
טָעוּן קִידּוּשׁ דִּכְתִיב (שְׁמוֹת מ׳:ל״ב) בְּבֹואָם אֶל אֹהֶל מוֹעֵד וּבְקָרְבָתָם אֶל הַמִּזְבֵּחַ יִרְחָצוּ:
Il est tenu au kidouch -- car il est écrit (Ex. 40:32) : "quand ils entreront dans la tente d'assignation et quand ils s'approcheront de l'autel, ils se laveront".
מָקוֹם שֶׁטָּעוּן טְבִילָה ביוה"כ לְכָל חֲלִיפוֹת בְּגָדִים:
Là où l'on exige une immersion -- à Yom Kippour, pour chacun des changements de vêtements.
🗂️ Tossefot (1)
וּמַה בִּמְקוֹם שֶׁאֵין טָעוּן טְבִילָה טָעוּן קִידּוּשׁ וְכוּ' לֵיכָּא לְמֵימַר טָמֵא לִיכָּנֵס לָעֲזָרָה יוֹכִיחַ שֶׁטָּעוּן טְבִילָה וְאֵין טָעוּן קִידּוּשׁ די"ל מַה לְהָתָם שֶׁאֵינוֹ עוֹבֵד תֹּאמַר ביוה"כ שֶׁהוּא רוֹצֶה לַעֲבֹוד:
On ne saurait objecter : l'impur qui veut entrer dans la azara le réfute, puisqu'il est tenu à l'immersion sans être tenu au kidouch. Car on peut répondre : que dire de là-bas, où il n'accomplit aucun service -- alors qu'à Yom Kippour il vient précisément pour servir.
💡 Explication

Troisième dérivation, celle de R. Elazar be-R. Chimon, qui se passe de derasha et raisonne par kal va-homer.

Le terme de comparaison : tout le reste de l'année, le kohen qui vient servir n'est astreint à aucune immersion selon la Torah (l'immersion quotidienne n'est que d'institution rabbinique, divrei sofrim, pour parer à une impureté ancienne oubliée -- Rachi) ; et pourtant il doit un kidouch, d'après "quand ils entreront dans la tente d'assignation [...] ils se laveront" (Ex. 40:32).

À plus forte raison à Yom Kippour, où chaque changement de vêtements impose une immersion en bonne et due forme : le kidouch s'impose. Tossefot écarte une réfutation possible -- l'impur qui s'immerge pour entrer dans la azara sans devoir de kidouch -- au motif qu'il ne vient pas y servir, alors que notre kohen gadol vient précisément servir.

9
אִי מַה לְהַלָּן קִידּוּשׁ אֶחָד, אַף כָּאן קִידּוּשׁ אֶחָד? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא אַהֲרֹן אֶל אֹהֶל מוֹעֵד וּפָשַׁט אֶת בִּגְדֵי הַבָּד אֲשֶׁר לָבַשׁ״, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר לָבַשׁ״, כְּלוּם אָדָם פּוֹשֵׁט אֶלָּא מַה שֶּׁלָּבַשׁ! אֶלָּא לְהַקִּישׁ פְּשִׁיטָה לִלְבִישָׁה: מַה לְבִישָׁה טָעוּן קִידּוּשׁ — אַף פְּשִׁיטָה טָעוּן קִידּוּשׁ.

Si [on l'apprend ainsi], alors, de même que là-bas il n'y a qu'un seul kidouch, ici aussi un seul kidouch ? L'Écriture dit : "Et Aharon viendra à la tente d'assignation et il ôtera les vêtements de lin qu'il avait revêtus".

Que vient enseigner "qu'il avait revêtus" ? Un homme ôte-t-il donc autre chose que ce qu'il a revêtu !

Mais [ces mots viennent] rapprocher (hekech) le dévêtissement du revêtissement : de même que le revêtissement exige un kidouch, de même le dévêtissement exige un kidouch.

📜 Rachi (1)
מַה לְבִישָׁה טָעוּן קִידּוּשׁ דְּנָפְקָא לָן מק"ו מִטְּבִילָה כְּדַאֲמָרָן וּמֻופְשָׁט וְרָחַץ לָא דְּרֵישׁ ר"א בר"ש שֶׁטָּעוּן קִידּוּשִׁין דְּמִיבְּעֵי לֵיהּ לִטְבִילָה לְהַחֲלִיף בְּבִגְדֵי זָהָב כְּר' יְהוּדָה:
De même que le revêtissement exige un kidouch -- ce que nous tirons du kal va-homer à partir de l'immersion, comme nous l'avons dit. Et R. Elazar be-R. Chimon n'expose pas "il ôtera et il lavera" pour en tirer les kidouchim, car ce verset lui est nécessaire pour l'immersion, celle du changement pour les vêtements d'or, comme chez Rabbi Yehouda.
🗂️ Tossefot (1)
מַה לְבִישָׁה טָעוּן קִידּוּשׁ אַף פְּשִׁיטָה וְאִם תֹּאמַר וְהָא לְבִישָׁה גּוּפָהּ בק"ו אָתְיָא וּבַעְיָא הִיא בְּפֶרֶק אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נ:) לָמֶ"ד בָּתַר מְלַמֵּד אָזְלִינַן אִי דָבָר הַבָּא בק"ו חוֹזֵר וְלָמַד בְּהֶיקֵּשׁ בְּקָדָשִׁים וְי"ל דְּהָנֵי מִילֵּי בְּקָדָשִׁים כְּגוֹן קָרְבָּנוֹת גּוּפַיְיהוּ:
On peut objecter : le revêtissement lui-même est appris par kal va-homer, et c'est précisément une question posée au chapitre Eizehou mekoman (Zevahim 50b), selon l'avis qui suit la source enseignante (mélamed) : une chose apprise par kal va-homer peut-elle à son tour enseigner par hekech dans le domaine des kodachim ? On peut répondre : cette restriction ne vaut que pour les kodachim proprement dits, comme les sacrifices eux-mêmes.
💡 Explication

Le kal va-homer souffre d'une limite structurelle : ce qui vient d'un à fortiori ne peut pas dépasser sa source. Or la source -- le kohen qui entre servir le reste de l'année -- ne comporte qu'un seul kidouch. On n'obtiendrait donc que cinq kidouchim, pas dix.

La correction vient d'un mot superflu : "les vêtements de lin qu'il avait revêtus". Personne n'ôte ce qu'il n'a pas mis -- la précision est donc disponible pour une derasha. Elle établit un hekech entre pechita et lévicha : puisque le revêtissement exige un kidouch (acquis par le kal va-homer), le dévêtissement aussi.

Rachi ajoute la raison pour laquelle R. Elazar be-R. Chimon ne peut pas, lui, exposer "ou-fachat ve-rahats" comme le faisait Rabbi : ce verset lui est déjà nécessaire pour l'immersion lors du passage aux vêtements d'or, comme chez Rabbi Yehouda. Tossefot soulève une difficulté technique : peut-on faire enseigner par hekech une chose elle-même apprise par kal va-homer, dans le domaine des kodachim ? Réponse : cette restriction ne concerne que les sacrifices eux-mêmes.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer de R. Elazar be-R. Chimon, sa limite, et le hekech qui la corrige Étape 1 -- le kal va-homer Toute l'année, le kohen qui vient servir ne doit PAS de tevila selon la Torah, et pourtant il doit un kidouch. À Yom Kippour, où l'on exige une tevila à chaque changement -- à plus forte raison un kidouch. v Étape 2 -- la limite du raisonnement Ce qui vient d'un kal va-homer ne peut pas dépasser sa source : là-bas il n'y a qu'UN kidouch -- ici aussi, un seul ? Alors on n'aurait que cinq kidouchim, pas dix. v Étape 3 -- le mot superflu "il ôtera les vêtements de lin QU'IL AVAIT REVÊTUS" -- ôte-t-on jamais autre chose que ce qu'on a revêtu ? Le mot ne sert donc qu'à rapprocher (hekech) le dévêtissement du revêtissement. v Le revêtissement exige un kidouch -> le dévêtissement aussi : DEUX par tevila
Le kal va-homer donne un kidouch ; c'est le mot superflu "acher lavach" qui en donne deux.
10
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִנַּיִן לְחָמֵשׁ טְבִילוֹת וַעֲשָׂרָה קִידּוּשִׁין שֶׁטּוֹבֵל כֹּהֵן גָּדוֹל וּמְקַדֵּשׁ בּוֹ בַּיּוֹם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבָא אַהֲרֹן אֶל אֹהֶל מוֹעֵד וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַמַּיִם בְּמָקוֹם קָדוֹשׁ״, הָא לָמַדְתָּ שֶׁכָּל הַמְשַׁנֶּה מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה — טָעוּן טְבִילָה. אַשְׁכְּחַן מִבִּגְדֵי לָבָן לְבִגְדֵי זָהָב, מִבִּגְדֵי זָהָב לְבִגְדֵי לָבָן מִנַּיִן?

Rabbi Yehouda dit : d'où apprend-on les cinq immersions et les dix kidouchim que le kohen gadol s'immerge et sanctifie en ce jour ? L'Écriture dit : "Et Aharon viendra à la tente d'assignation [...] et il lavera sa chair dans l'eau en lieu saint".

Tu apprends de là que quiconque passe d'un service à un autre requiert une immersion. Nous avons trouvé [l'immersion] pour le passage des vêtements blancs aux vêtements d'or ; des vêtements d'or aux vêtements blancs, d'où [le sait-on] ?

💡 Explication

La guemara revient à Rabbi Yehouda pour éprouver sa dérivation, et y trouve une faille de direction.

Le verset décrit une seule bascule : le kohen gadol ôte les vêtements de lin, s'immerge, puis revêt ses vêtements (les huit d'or). Cela prouve l'immersion pour le passage blanc -> or. Mais le jour comporte aussi deux passages en sens inverse -- du tamid du matin au service intérieur, et des deux béliers à la sortie de la kaf et de la mahta -- soit or -> blanc. Aucun verset ne les a encore couverts.

Rabbi, lui, n'a pas ce problème : son hekech "ce sont des vêtements sacrés" égalise d'emblée tous les vêtements. La réponse pour Rabbi Yehouda ouvre Yoma 32b.

🖼️ Schéma
Ce que le verset prouve -- et ce qui reste à prouver Le verset décrit un seul sens de passage ; l'autre sens ouvre la sougya de 32b Acquis : BLANCS -> OR "il ôtera les vêtements de lin ... il lavera sa chair ... et il revêtira ses vêtements" le verset parle exactement de ce passage : il quitte le lin pour les huit vêtements d'or À prouver : OR -> BLANCS Le passage du tamid du matin au service intérieur, et celui des béliers à la kaf Aucun verset ne l'a encore dit : "mi-bigdei zahav le-bigdei lavan, minayin ?" Enjeu : sans réponse, on ne compte que deux ou trois immersions prouvées, et le chiffre de cinq resterait suspendu à la seule tradition. Rabbi, lui, a déjà répondu par son hekech ("ce sont des vêtements sacrés" -- tous égalisés). La réponse de Rabbi Yehouda arrive au début de Yoma 32b.
Fin de l'amoud : un seul sens de passage est prouvé par le verset ; l'autre reste en suspens jusqu'à 32b.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).